AU BOUT DES FAUBOURGS, MARIE-NOËL (1883-1967), POEME, POEMES

Au bout des faubourgs (Marie-Noël)

Au bout des faubourgs

 

Au bout des faubourgs là-bas,
Hors de ville est la chaumine
A tout le monde. Un bœuf las
Y dort – ou bien il rumine –
 
Entre là qui veut. Les fous,
Les rôdeurs, les rien qui vaille,
Les faiseurs de mauvais coups
Par terre ont usé la paille
Et laissé dedans leurs poux.

Le vent de la nuit déserte
Y pénètre tout transi.
La porte en est grande ouverte,
Les murs et le toit aussi.
 
Mais qui donc s’arrête ici,
Ce soir ? … Une femme lasse,
Un vieux, un âne peureux…
Il ne reste pas de place
Sous les autres toits pour eux.

Pour loger à la froidure
Ils ne sont guère exigeants.
Ils n’ont pas belle figure,
Ils n’ont pas beaucoup d’argent ;
Ils n’ont pas grand’couverture.
 
Mais ô ciel, quelle aventure !
Voici qu’en ce pauvre lieu,
Ces pauvres gens sur la dure
A minuit ont couché Dieu,

Dieu, le Roi des Cieux, qui passe

Sa nuit sur la terre basse.

marienoel01

 

« Au bout des faubourgs » : poème de Marie Noël  (1883-1967) pour le temps de l’Avent et de Noël : extrait de « Noël et morale aux maisons sur la prudence », Le Rosaire des joies, Stock, 1930.

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