APOSTOLAT, EGLISE CATHOLIQUE, EVANGELISATION, EVANGELISER ? OUI !.... MAIS !....., MISSION

Evangéliser ? Oui …. Mais !…..

Evangéliser ? oui …. mais !

 evangeliser-cest-quoi

 

A lire une certaine presse catholique, à lire certains commentaires sur les réseaux sociaux on peut constater plusieurs choses dont on peut soit se réjouir soit être vraiment désespéré ou en colère même parfois.

 

On pourrait se réjouir pourtant de voir le zèle de certains pour l’annonce de l’Evangile ! Mais il y a la manière comme dirait la chanson ! On voit fleurir ça et là la rêve d’une «France chrétienne », le rêve d’un âge d’or d’une Europe où tout le monde était chrétien ; sinon catholique ; mais c’est oublier qu’il n’y avait pas d’autre choix : les vaudois, les cathares, les protestants, les juifs ont été bannis, pourchassés quand ils n’étaient pas brûlés sur les bûchers !  Quand on rappelle cela on se fait traiter d’ennemi de l’Eglise : pourtant cela fait partie de son histoire. Tout comme fait parti de son histoire la Contre-Réforme avec le Concile de Trente qui a donné à l’Eglise de grands saints : François de Sales, Charles Borromée…. et combien d’autres qui ont incarnés par leur vie l’Evangile.

Pour expliquer la déchristianisation d’aujourd’hui on invoque la période des Lumières, la Révolution française, l’instauration de la République, les lois de Séparation de l’Eglise et de l’Etat, la Révolution de Mai 68…. et même le Concile Vatican II et aujourd’hui l’immigration et tant d’autres facteurs ! La barque est chargée ! Tant et si bien qu’aujourd’hui on assiste à une volonté de reconquête : slogans, pétitions, manifestations, constructions dans l’espace public de crèches plus grandioses les unes que les autres, inscription dans les Constitutions des « racines chrétiennes » de l’Europe. Les politiques doivent aussi donner des gages de leur attachement à l’Eglise catholique. Mais tous ces signes que l’on réclame feront-ils des hommes des chrétiens selon l’Evangile ? On aura peut-être beau brandir les croix et les bannières dans les espaces publics cela suffira-t-il à changer le cœur de l’homme ? Toutes ces manifestations donneront-elles au monde le désir de se tourner vers Dieu ?

 

Poser la question c’est déjà d’une certaine manière y répondre au risque de se faire traiter de chrétien « tiède » ou pire d’avoir pactisé avec le diable ! Pourtant si Jésus avait voulu au soir des Rameaux comme le voulait la foule se faire roi et faire en sorte que le monde entier croit en Lui c’était tellement facile ! Au lieu de cela les insultes, les crachats, la dérision et la mort sur la croix ! Pourquoi ? A Pilate Jésus répond « Mon royaume n’est pas de ce monde ! » Aux pharisiens qui lui demandaient si il fallait payer l’impôt à César : « Rendez à César ce qui est César, à Dieu ce qui est à Dieu ! ». Jésus ne se laisse pas saisir Il se donne ! Jésus n’impose pas sa domination sur le monde : Il se laisse contempler, Il veut que nos regards s’élèvent vers Lui : « ils regarderont celui qu’ils ont transpercé ! »

Si le zèle missionnaire nous est demandé par le Christ, par l’Eglise il y a une manière de témoigner qui est demandé : par la charité. « J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.  J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. » (Saint Paul dans la Première Epître aux Corinthiens, 1-2).

On pourrait penser que saint Paul ne nous commande que la charité envers les membres de notre communauté ! Il est vrai qu’aimer ceux qui nous sont proches, aimer les membres de notre communauté chrétienne est difficile … mais aimer les autres ! Mais aimer ceux qui ne pensent pas comme nous, aimer qui nous insultent, aimer ceux qui persécutent ? Et pourtant !

 

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (chapître 5)

01 Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.

02 Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

03 « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.

04 Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

05 Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

06 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

07 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

08 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

09 Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.

11 Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

21 « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.

22 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.

23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,

24 laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.

25 Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.

38 Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent.

39 Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.

40 Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.

41 Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.

42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

43 Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.

44 Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,

45 afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.

46 En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?

47 Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?

48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait

 

Cet extrait des Béatitudes de l’Evangile de saint Matthieu pourrait peut-être aider également dans notre manière de concevoir la mission que le Christ nous donne. Certes cette mission demande d’être d’un amour jaloux pour Dieu et Sa Parole. Mais il demande aussi d’aimer l’autre : cet autre qui ne croit pas ou qui ne veut pas croire est un frère créé par Dieu, créé lui aussi à l’image de Dieu.

Quand Jésus a rencontré ceux qui étaient en marge des règles du judaïsme, Il ne leur a pas demandé un certificat  de bonne pratique : « Il le regarda et Il l’aima ! ».  A la Samaritaine, à Marie-Madeleine Il ne demande pas de certificat de bonne conduite : c’est une parole qui libère et qui guérit pour amener à la conversion, pour amener à Le reconnaître, tout comme pour Zachée ou Lévi (deux collaborateurs de l’occupant romain). Aux apôtres qui l’abandonnent au moment de la Passion Il ne fait aucun reproche ; à Pierre qui l’a renié trois fois Jésus Le regarde au sortir du Prétoire (mais quel regard qui bouleverse tant Pierre !) et après la Résurrection Il lui demande simplement : « Pierre m’aimes-tu ? »  Même Judas n’a pas été condamné par Jésus puisque celui-ci l’appelle « Mon ami ! » !

 

Ces quelques exemples tirés de l’histoire, tirés surtout de l’Evangile devraient nous inciter à plus de charité entre nous et faire en sorte que les commentaires sur les réseaux sociaux, que nos comportements ne charrient ces flots de haine, ces torrents d’injures, d’anathèmes que l’on se lance entre chrétiens ! Et cela devrait nous inciter aussi à une charité encore plus vraie envers tous ceux qui ne croient pas !

L’annonce de l’Evangile se fait en vivant pleinement de ces trois vertus théologales enseignées par l’Eglise : la foi, la charité et l’espérance. Il faut que nos vies brûlent de ces trois vertus et l’Esprit Saint pourra se répandre comme au matin de Pentecôte sur les Apôtres afin d’annoncer la Bonne Nouvelle du Salut de Dieu.

 

« Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.
Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.

Car mes trois vertus, dit Dieu.
Les trois vertus mes créatures.
Mes filles mes enfants.
Sont elles-mêmes comme mes autres créatures.
De la race des hommes.
La Foi est une Épouse fidèle.
La Charité est une Mère.
Une mère ardente, pleine de cœur.
Ou une sœur aînée qui est comme une mère.
L’Espérance est une petite fille de rien du tout.
Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière.
Qui joue encore avec le bonhomme Janvier.
Avec ses petits sapins en bois d’Allemagne couverts de givre peint.
Et avec son bœuf et son âne en bois d’Allemagne.
Peints.
Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas.
Puisqu’elles sont en bois.
C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.
Cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus.

[…]

Mais l’espérance ne va pas de soi.

L’espérance ne
va pas toute seule.

Pour espérer, mon enfant,
il faut être bien heureux, 
il faut avoir obtenu,
reçu une grande grâce.

[…]

La petite espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs et on ne prend pas seulement garde à elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur
le chemin raboteux du salut, sur la route interminable, sur la route entre ses deux sœurs la
petite espérance
S’avance.
Entre ses deux grandes sœurs.
Celle qui est mariée.
Et celle qui est mère.
Et l’on n’a d’attention, le peuple chrétien n’a d’attention que pour les deux grandes sœurs.
La première et la dernière.
Qui vont au plus pressé.
Au temps présent.
À l’instant momentané qui passe.
Le peuple chrétien ne voit que les deux grandes sœurs, n’a de regard que pour les deux grandes sœurs.
Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
La petite, celle qui va encore à l’école.
Et qui marche.
Perdue entre les jupes de ses sœurs.
Et il croit volontiers que ce sont les deux grandes qui traînent la petite par la main.
Au milieu.
Entre les deux.
Pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.
Les aveugles qui ne voient pas au contraire.
Que c’est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
Et que sans elle elles ne seraient rien.
Que deux femmes déjà âgées.
Deux femmes d’un certain âge.
Fripées par la vie.

C’est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la Foi ne voit que ce qui est.
Et elle elle voit ce qui sera.
La Charité n’aime que ce qui est.
Et elle elle aime ce qui sera.

La Foi voit ce qui est.
Dans le Temps et dans l’Éternité.
L’Espérance voit ce qui sera.
Dans le temps et dans l’éternité.
Pour ainsi dire le futur de l’éternité même.

La Charité aime ce qui est.
Dans le Temps et dans l’Éternité.
Dieu et le prochain.
Comme la Foi voit.
Dieu et la création.
Mais l’Espérance aime ce qui sera.
Dans le temps et dans l’éternité.

Pour ainsi dire dans le futur de l’éternité.

L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera.
Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera
Dans le futur du temps et de l’éternité.

Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé.
Sur la route montante.
Traînée, pendue aux bras de ses deux grandes sœurs,
Qui la tiennent pas la main,
La petite espérance.
S’avance.
Et au milieu entre ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner.
Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher.
Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle.
Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres.
Et qui les traîne.
Et qui fait marcher tout le monde.
Et qui le traîne.
Car on ne travaille jamais que pour les enfants.

Et les deux grandes ne marchent que pour la petite.

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912

Il faut que le monde retrouve le chemin de l’Espérance, le chemin de la confiance en un Dieu qui nous dit « Je serais avec vous jusqu’à la fin des temps ! » Il faut que le monde sache qu’il aura au  bout de nos Carêmes des matins de Pâques, des matins de Pentecôte ! 

©Claude-Marie T.

6 mars 2018

 

1 réflexion au sujet de “Evangéliser ? Oui …. Mais !…..”

Répondre à Jean-Pierre Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s