ECRIVAIN AMERICAIN, LITTERATURE AMERICAINE, PHILIP ROTH (1933-2018)

Philip Roth (1933-2018)

Philip Roth (1933-2018)

 

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Œuvres principales

Pornoy et son complexe (1969)

Ma vie d’homme (1976)

La Contrevie (1989)

Le Théâtre de Sabbath (1997)

Pastorale américaine (1999)

La Tâche (2002)

Un homme (2007)

 Philip Roth, né en mars 1933 à Newzrk (New Jersey) est mort le 19 mai 2018 à Manathtan (New York) est un écrivain américain.

 

Biographie

Jeunesse et formation

Petit-fils d’immigrés juifs originaires de Galicie arrivés aux Etats-Unis   au tournant du xxe siècle, fils d’un agent d’assurances le jeune Philip a une enfance heureuse à Weequahic, quartier de la petite classe moyenne juive de Newark, qui sera la scène principale d’un grand nombre de ses livres. Après des études à l’Université Rutgers de Newark, à l’université Bucknelle en Pensylvanie, puis à l’université de Chicago, il y enseigne les lettres, puis la composition à l’université de l’Yowa jusqu’au début des années 1960  lorsqu’il s’établit à New York pour se consacrer à l’écriture. Il reprendra ses activités d’enseignant de manière intermittente, en littérature comparée, à Princeton et l’université de Pensylvanie, jusqu’en 1992.

 

Débuts littéraires

Les influences les plus fortes sur l’écriture de Philip Roth sont les réalistes du xixe siècle, particulièrement Henry James et Gustave Flaubert, les grands romanciers juifs-américains de la génération précédente, Saul Bellow et Bernard Malamud, ainsi que les humoristes du circuit des cabarets de New York et des hôtels de Catskill, berceau de l’humour Borschtt Belt, où Henry Youngman, Lenny Bruce et autres Woody Allen firent leurs débuts.

Roth publie avec succès un premier recueil de nouvelles, Goodbye, Columbus en 1959. Dix ans plus tard, il obtient une célébrité phénoménale avec la publication de Portnoy et son complexe roman comique en forme de monologue d’un jeune avocat juif traumatisé par une mère à l’amour étouffant sur le divan de son psychanalyste. Satires vives et crues des mœurs de la petite bourgeoisie   juive-américaine, ces deux livres suscitent la controverse au sein de la communauté juive, et valent à l’auteur d’être considéré comme l’« enfant terrible » du roman juif-américain jusqu’aux années 1990. Roth reviendra avec humour sur les attaques de ses plus virulents détracteurs dans son autobiographie Les Faits, et dans les premiers romans du « cycle Zuckerman », L’Ecrivain des ombres, Zukerman délivré  et La Leçon d’anatomie, qui transposent ses débuts d’écrivain par le biais de son double fictionnel de prédilection, Nathan Zuckerman, auteur du scandaleux Carnovsky, qui n’est pas sans faire penser à Portnoy et son complexe.

Années 1970

Au début des années 1970 Roth s’essaie successivement à la satire politique (dans Tricard Dixon et ses copains), à la parodie), à la parodie kafkaïenne (dans Le Sein) et à la fable postmoderniste (dans Le Grand Roman américain), avant de revenir à un registre intimiste, avec Ma vie d’homme   (1974), et à l’alliage ambigu d’autobiographie et de fantaisie romanesque qui faisait toute la réussite de Portnoy et son complexe et qui, dans Operation Shylock (1993), puis dans Le Complot contre l’Amérique (2004), l’imposera comme le maître de l’autofiction contemporaine.

Se prenant de passion pour Franz Kafka il se rend régulièrement à Prague où il se lie aux dissidents et romanciers tchèques, parmi lesquels Milan Kundera et Ivan Klima, ce qui lui vaut d’être interdit de séjour en Tchécoslovaquie en 1975. L’épisode inspirera l’intrigue de L’Orgie de Prague (1985), et Roth contribuera néanmoins à faire découvrir ces écrivains ainsi que d’autres romanciers d’Europe de l’Est, tel que Bruno Schulz, dans le monde anglophone en tant que directeur de collection pour les éditions Penguin.

 

Années 1980 et 1990

Jusqu’au milieu des années 1980 Roth partage sa vie entre les Etats-Unis et Londres, avec sa compagne, l’actrice britannique Claire Bloom (en couple à partir de 1975, ils divorcent en 19943). Il livre les sentiments mêlés que lui inspire la société anglaise dans La Contrevie (1986) et Tromperie, et rédige deux livres autobiographiques, Les Faits et Patrimoines (1991) qui conte la dernière année de la vie de son père, Herman.

Ayant renoué avec le succès critique et commercial grâce à son livre Théatre de Sabbath (1995), portrait crépusculaire, cocasse et bouleversant d’un vieux marionnettiste nihiliste et lubrique, Roth entame l’une des périodes les plus prolifiques de son œuvre, et lui donne, depuis Pastorale américaine (1997), une inflexion historique, pour se pencher sur quelques-uns des grands moments de crise de la gauche américaine au xxe siècle et l’histoire de l’acculturation des Juifs originaires d’Europe de l’Est aux Etats-Unis.

 

Dernier roman

En octobre 2012, il annonce, lors d’un entretien avec Nelly Kaprièllian   pour Les Incockuptibles, qu’il arrête l’écriture et que Némésis restera comme son dernier roman.

 

Analyse de l’œuvre

Thématiques

Comme celle de Thomas Wolfe, lecture qui le marqua quand il était adolescent, l’œuvre de Philip Roth forme une vaste fresque à la lisière de la fiction et de l’autobiographie, qui traite dans une prose aux qualités uniques d’ironie et de clairvoyance des thèmes aussi puissants que les tumultes de la sexualité et de la psychologie masculines, le poids de l’Histoire et de l’héritage, la hantise de la désagrégation du corps et de la mort, et la place du judaïsme et de la littérature dans la civilisation occidentale.

 

Notoriété et reconnaissance critique

Philip Roth accède à la reconnaissance internationale avec le recueil de nouvelles Goodbye, Colombus, qui remporte le National Book Award en 1960 et grâce à son best-seller Portoy et son complexe (Portnoy’s Complaint), paru en 1969. Son œuvre est notamment dédiée à son personnage et alter ego Nathan Zuckerman, dont le cycle débute avec L’Ecrivain des ombres (Ghost Writer, 1979) et s’achève avec Exit le fantôme en 2007.. Les romans de Zuckerman comptent neuf volumes, notamment les trois romans universellement célébrés de la « trilogie américaine » : Pastorale américaine (American Pastoral, 1997) qui remporte le prix Pulitzer ; J’ai épousé un communiste (I Married a Communist, 1998) ; et La Tâche (The Human Stain, 2000). Auteur de vingt-huit romans, Philip Roth a également été acclamé pour Opération Shylock (Operation Shylock, 1993) et Le Complot contre l’Amérique (The Plot Against America, 2004).

Cité parmi les quatre principaux auteurs américains vivants, avec Cornac McCarthy, Don DeLillo et Thomas Pynchin, il est avec ces deux derniers l’un des principaux représentants du courant postmoderne, mais son œuvre variée ne s’y résume pas. Adoptant un style satirique aussi bien que plus sérieux, mêlant souvent à ses romans des aspects autobiographiques, parfois même de façon avouée comme dans Tromperie (Deception, 1990) et Opération Shylock, Philip Roth est célébré comme l’un des grands auteurs juifs américains avec Saul Bellow et Bernard Malamud, identité qui nourrit souvent ses intrigues sur un ton humoristique (Portnoy et son complexe), et dans lequel évoluent le plus souvent ses personnages (à commencer par Nathan Zuckerman).

La réflexion de Roth sur l’identité américaine, notamment à travers l’histoire des années 1940 à 1960, nourrit ses œuvres les plus récentes (Pastorale américaineLe Complot contre l’Amérique). Philip Roth est souvent cité parmi les favoris du prix Nobel de littérature, mais ne l’a pour l’instant pas reçu, fait qualifié d’anomalie par diverses autorités comme le New York Times ou encore Toni Morrison, dernier lauréat américain. Philip Roth est enfin le seul auteur américain vivant à voir son œuvre faire l’objet d’une édition par la Library of America, ce qui n’est arrivé que deux fois par le passé, avec Eudora Welty et Saul Bellow ; la publication des huit volumes devrait s’achever à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’écrivain, en 2013.

 

Œuvres

 

Romans et nouvelles (1959-1977), trad. de l’anglais (États-Unis) par Georges Magnane, Henri Robillot et Céline Zins et révisé par Brigitte Félix, Aurélie Guillain, Paule Lévy et Ada Savin. Édition de Brigitte Félix, Aurélie Guillain, Paule Lévy et Ada Savin. Préface de Philippe Jaworski, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2017, 1280 p.

 

Cycle Nathan Zuckerman

Première apparition de Nathan Zuckerman dans My Life as a Man, 1974, trad. Georges Magnane, Ma vie d’homme, 1976.

L’Ecrivain des ombres, 1981. The Ghost Writer, 1979), trad. Henri Robillot

Réédité sous le titre L’Écrivain fantôme dans Zuckerman enchaîné en 1987

Zuckerman délivré, 1982 (en) Zuckerman Unbound, 1981), trad. Henri Robillot

La Leçon d’anatomie, 1985 (The Anatomy Lesson, 1983), trad. Jean-Pierre Carasso

L’Orgie de Prague, 1987 (The Prague Orgy, 1985), trad. Henri Robillot et Jean-Pierre Carasso

Publié dans Zuckerman enchaîné en 1987

Les quatre romans ci-dessus sont réunis dans Zuckerman Bound (Zuckerman enchaîné)trilogie et épilogue.

La Contrevue, 1989 (The Counterlife, 1986), trad. Michel Waldberg

Nouvelle traduction par Josée Kamoun en 2004.

Pastorale américaine, 1999  (American Pastoral, 1997), trad. Josée Kamoun

J’ai épousé un communiste, 2001 (I Married a Communist, 1998)), trad. Josée Kamoun

La Tâche , 2002  (The Human Stain, 2000), trad. Josée Kamoun

Exit le fantôme, 2009 (Exit Ghost, 2007), trad. Marie-Claire Pasquier

 

Cycle David Kepesh

Le Sein, 1975 (The Breast, 1972), trad. Georges Magnane

Professeur de désir, 1979 (The Professor of Desire, 1977), trad. Henri Robillot

La Bête qui meurt, 2004 (The Dying Animal, 2001), trad. Josée Kamoun

 

Cycle Nemesis

Un homme, 2007 (Everyman, 2006), trad. Josée Kamoun

Indignation, 2010 (Indignation, 2008), trad. Marie-Claire Pasquier

Le Rabaissement, 2011 ( The Humbling, 2009), trad. Marie-Claire Pasquier

Némésis, 2012 (Nemesis, 2010) trad. Marie-Claire Pasquier

 

Romans indépendants

Laisser courir, 1966 (Letting Go, 1962), trad. Jean Rosenthal

Quand elle érait gentille, 1971 (When She Was Good, 1967), trad. Jean Rosenthal

Portnoy et son complexe, 1970 ( Portnoy’s Complaint, 1969), trad. Henri Robillot

Tricard Dixon et ses copains, 1972 (Our Gang, 1971), trad. Jean-René Major

Le Grand Roman américain, 1980 (The Great American Novel, 1973), trad. Sylvie Salade

Ma vie d’homme, 1976 (My Life as a Man, 1974)

Tromperie, 1994 (Deception, 1990), trad. Maurice Rambaud

Opération Shylock : Une confession,1995 (Operation Shylock: a Confession, 1993), trad. Lazare Bitoun

Le Théâtre de Sabbath, 1997  (Sabbath’s Theater, 1995), trad. Lazare Bitoun

Le complot contre l’Amérique 2006 (The Plot against America, 2004), trad. Josée Kamoun

 

Recueil de nouvelles

Goodbye, Columbus, 1962 (Goodbye, Columbus, 1959

 

Mémoires et essais

Du côté de Portnoy et autres essais, 1978 (Reading Myself and Others, 1975), trad. Michel et Philippe Jaworski

Les Faits : Autobiographie d’un romancier, 1990 (The Facts: a Novelist’s Autobiography, 1988), trad. Michel Waldberg

Patrimoine : Une histoire vraie, 1992 (Patrimony: a True Story, 1991), trad. Mirèse Akar et Maurice Rambaud

Parlons travail, 2004 (Shop Talk: a Writer and His Colleagues and Their Work, 2001), trad. Josée Kamoun

 

Bibliographie

Rémi Astruc, Le Renouveau du grotesque dans le roman du xxe siècle, Paris, Classiques-Garnier, 2010

Patrick Badonnel, Daniel Royot et Derek Parker Royal, Philip Roth,

Entretien avec Philip Roth, Le Magazine Littéraire,  n° 512, octobre 2011

Roth délivré : Un écrivain et son œuvre, Claudia Roth-Pierpont, trad. Juliette Bourdin, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Hors série Littérature », 2016.

 

Source : Wikipedia

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