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Livres en bibliothèque

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Trois biblio-choses : l’ombre des bibliothèques

Lucrèce Luciani

Paris, Editions La Bibliothèque, 2019. 103 pages.

Après Le Démon de saint Jérôme où elle mit ses pas dans ceux de saint Jérôme, explora l’aube du livre et connut le bonheur édénique de subir le même jour un article de Roger Pol-Droit dans Le Monde et un autre de Sébastien Lapaque dans Le Figaro, Lucrèce Luciani récidive ici autour du livre et du sol y sombra des bibliothèques. Sous l’égide de Verlaine et autour de trois maîtres en peinture, Magnasco, Arcimboldo, Magritte, cet ouvrage explore et raconte la part d’ombre de la bibliothèque, sa face cachée comme souvent ignorée. Cet envers du décor, si morbide qu’il paraît, ne doit pas occulter ce déjà-là fondamental : Bibliothèque est autant vivante que vous et moi. Trois-biblio choses ou trois ekphrasis menées jusqu’au vertige par trois titres de tableaux : La Bibliothèque du couvent (Alessandro Magnasco), Le Bibliothécaire (Giuseppe Arcimboldo), La lectrice soumise (René Magritte).

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Le bibliothécaire de Giuseppe Archiboldo

Ce qu’on perçoit de prime abord, c’est le portrait d’un homme en buste. Il occupe tout le centre de la toile. Le fond est séparé en diagonale par un rideau vert qui se termine en cape. Pourtant, on s’aperçoit rapidement que la représentation de la figure humaine n’est qu’une illusion créée par un amoncellement de livres et d’objets familiers des bibliothèques (liens, marque-pages et queues d’hermine pour nettoyer les livres). L’agencement, apparemment désordonné des livres est fait de telle sorte qu’il compose une figure humaine, celle du bibliothécaire. Portrait physique (on pense à l’autoportrait du peintre, qui fut lui-même bibliothécaire), portrait psychologique (on ressent le poids du savoir et des responsabilités) et portrait professionnel (le bibliothécaire semble porter des livres). Si bien que ce portrait peut se lire à plusieurs niveaux, bien qu’on ne puisse jamais observer en même temps la représentation des objets et l’illusion du portrait.

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Giuseppe Arcimboldo

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La lectrice soumise de René Magritte

Pourquoi « soumise »? « Soumise » à quoi?
Soumise au livre, à l’histoire, comme le montre l’expression de cette lectrice (qui pourrait aussi bien être un lecteur si on n’avait pas le titre pour nous aiguiller) avec sa bouche ouverte, suspendue au récit qui se déroule devant ses yeux (sans lunettes, on le remarque!).
Aussi, on note qu’elle est adossée à un mur (dans la position exacte que j’adopte quand je lis debout contre la porte du métro, un peu avachie quand même) donc qu’elle ne peut s’empêcher de continuer de lire, absolument ferrée par la narration. Le confort passe après.

 

Pourquoi une femme ? 
On peut penser à Northanger Abbey, de Jane Austen, dans lequel l’auteure explique qu’au 19e encore (au 18e c’est une évidence), les romans sont affaire de femmes. Les hommes, eux, lisent des mémoires (tournant principalement autour de la guerre). Dans un roman du XVIIIè ou du XIXè siècle on nous parle d’une femme qui, invitée à un dîner, a été retrouvée par sa servante assise par terre au milieu de sa garde-robe, un roman à la main et les joues baignées de larmes. En fait je me demande si ce n’est pas dans Jane Austen d’ailleurs…

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René Magritte

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La bibliothèque du couvent d’Alessandro Magnasco

Alessandro Magnasco

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