CONRAD DE MEESTER (1936-2019), EGLISE CATHOLIQUE, FOYERS DE CHARITE, GEORGRS FINET (1898-1951), LA FRAUDE MYSTIQUE DE MARTHE ROBIN, LEON FAURE (1873-1955), LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, MARTHE ROBIN (1902-1981), MYSTIQUES, SPIRITUALITE

La fraude mystique de Marthe Robin : le livre choc du Père Conrad De Meester

 La fraude mystique de Marthe Robin

Conrad de Meester

Paris, Le Cerf, 2020. 416 pages.

61X0yyS71aL

 

Présentation de l’éditeur.

Jeûne perpétuel, stigmates hebdomadaires, conversations mystiques et dictées divines : quel miracle n’a pas connu Marthe Robin (+1981) ? Tout était faux, cependant, car tout était simulé. Cette investigation renversante d’un grand expert catholique ne fait pas que dévoiler une fraude. Elle démasque la  » bonne foi  » qui l’a permise. Un document brûlant.

Il est des livres d’investigation dont les révélations provoquent un avant et un après. Parce qu’ils dévoilent un mensonge établi, en démontant chaque raison secrète, chaque rouage caché, en démasquant les auteurs, les complices et les victimes.
Tel est cet ouvrage, appelé à causer un séisme au sein de l’univers catholique.
C’est en odeur de sainteté que meurt Marthe Robin en 1981. La paralysée de la Drôme a passé des décennies à se nourrir seulement de la communion, à connaître des visions surnaturelles, à éprouver les stigmates du Christ et à transmettre ses dialogues avec Dieu. Elle a reçu des milliers de visiteurs et inspiré le mouvement international des Foyers de Charité. Ses disciples voulaient qu’elle soit béatifiée et canonisée. Pensant en faire l’avocat de leur cause, ils confièrent ses archives au carme Conrad De Meester.
Mais le spécialiste de la mystique féminine, va se faire le procureur de Marthe Robin. Le rapport circonstancié qu’il adresse à Rome, dans lequel il démontre et dénonce une fraude systématiquement organisée, est enterré. Au soir de sa vie, il reprend son réquisitoire, entraînant le lecteur dans la reconstitution de son enquête, déroulant une à une les pièces à conviction, enchaînant les découvertes graphologiques, textuelles, chronologiques, factuelles, médicales qui démontrent la construction de l’imposture.
C’est le manuscrit retrouvé dans la cellule de Conrad De Meester à sa mort, le 6 décembre 2019, que publie les Éditions du Cerf, son éditeur historique. Afin que, selon son vœu , triomphe l’exigence évangélique de la vérité.

 Biographie de l’auteur

CM7

Né en mars 1936 près de Gand, et rentré à 18 ans dans l’ordre des carmes déchaux dans la Province des Flandre, Conrad De Meester a été ordonné prêtre en 1963, à Rome. Après une thèse remarquée sur la théologie de Thérèse de Lisieux », il se spécialise dans la spiritualité carmélitaine, comme il le prouvera avec ses ouvrages importants sur Thérèse d’Avila, sur le carme français Laurent de la Résurrection (1614-1691), ainsi que sur la carmélite de Dijon; Élisabeth de la Trinité (1880-1906) et sur la carmélite juive allemande Édith Stein (1891-1942).  Il publiait également beaucoup dans des revues. Il est décédé en décembre 2019.

 

 

 «La fraude mystique de Marthe Robin», un livre-brûlot

Le dossier de Marthe Robin était en bonne voie pour une béatification de cette mystique catholique, jusqu’à ce que le Père Conrad De Meester, spécialiste en mystique carmélitaine, dans un livre posthume affirme qu’il s’agit d’une imposture.

L’Eglise catholique n’avait pas besoin de ce scandale de plus. La plupart des mouvements spirituels nés dans la deuxième partie du siècle dernier sont aujourd’hui gravement mis en cause par les révélations d’abus spirituels ou des comportements sexuels déviants de leurs fondateurs. Et l’on apprend qu’une des personnalités les plus populaires de la France qui a été déclaré Vénérable par le pape François le 7 novembre 2014 voit sa cause de béatification (peut-être ?) remise en question..

Durant des décennies, des nombreuses personnalités religieuses et nombre de laïcs catholiques ont défilé à Châteauneuf-de-Galaure (Drôme) pour prier au chevet de Marthe Robin et prendre des conseils pour leur vie. Née en 1902, malade très jeune, condamnée à garder la lit, la jeune fille a rapidement fait part de visions de la Vierge Marie et de Jésus. À partir de 1930, elle ne se nourrit, d’après les témoignages de ses proches, que de l’hostie quotidienne. Les visites de grandes figures catholiques se multiplient à son chevet. Avec son père spirituel, l’abbé Georges Finet, Marthe Robin créée le premier Foyer de charité, maison animée par un prêtre destinée à l’accueil de retraitants. Ces Foyers se sont fortement développés depuis en France et dans le monde.

 

Marthe Robin, une fausse mystique?

À la mort de la mystique en 1981, une cause en béatification est engagée, longtemps en bonne voie au Vatican. Mais depuis quelques années, les nuages s’accumulent. En 2017, le père Bernard Peyrous, postulateur (en charge) du dossier, est contraint de démissionner. Motif : « accusation de gestes gravement désordonnés», ceci dans un contexte où des abus sexuels sont révélés et sèment le trouble chez tous les catholiques. Deux ans plus tard, les mêmes soupçons atteignent le père Finet (mort en 1990), certaines femmes ayant raconté son comportement durant les confessions alors qu’elles étaient adolescentes. Et les Foyers de Charité doivent diligenter une enquête interne.

C’est donc dans ce contexte que le libre du carme Conrad de Meester est publié. Religieux flamand, docteur en théologie, auteur d’études sur Thérèse de Lisieux et d’autres grandes mystiques, il est décédé en décembre 2019. Les proches de Marthe Robin lui avaient confié ses archives. Mais ses travaux où il passe au crible la vie et les écrits de la « mystique de la Drôme » le font fortement douter de la véracité des phénomènes mystiques de Marthe Robin ; son rapport qui est envoyé à Rome ne sera pas retenu. Le manuscrit retrouvé dans sa cellule après sa mort est publié aujourd’hui par les éditions du Cerf, son éditeur historique. Le titre ne laisse pas de place à l’équivoque : La fraude mystique de Marthe Robin.

Dans le dernier chapitre intitulé « En guise d’épilogue : Un vécu pauvre » l’opinion de l’auteur est sans appel :

« La découverte des secrets de fabrication les plus douteux, dans les mots et les actes, quant à la construction volontaire d’une fiction qui aura caractérisé la destinée de la ‘stigmatisée de la Drôme’ ne laisse aucun doute sur le jugement qu’il faut lui appliquer.

« C’est pourquoi à mon sens, de la fraude mystique de Marthe Robin, il n’y a rien, à proprement parler, non seulement à vénérer, mais aussi à conserver. »

Une affaire qui interroge le goût du miracle et le culte voué à certaines personnes !

L’étude du religieux établirait que les propos des prétendues visions de Marthe Robin seraient en fait des plagiats de textes spirituels trouvés dans des ouvrages du XIXe siècle. Quant aux chaussons de celle qui vivait prisonnière de son lit par la maladie, ils montreraient des marques d’usure inexplicables.

L’affaire Marthe Robin peut offrir l’occasion au monde catholique d’une saine interrogation sur une certaine soif de miracle. Et de l’aveuglement qui peut en découler. Sans parler de la question des visions, peut-on réellement croire à la survie d’une femme affaiblie, nourrie par une hostie par jour durant des décennies ? Et, plus important sans doute, en quoi, une telle dévotion peut-elle affermir sa foi dans le Christ ?

La question de l’authenticité

Le père Bernard Peyrous, membre de la Communauté de l’Emmanuel et postulateur du dossier de béatification de Marthe Robin, a été démis de ses fonctions par l’Eglise catholique le 30 octobre 2017 à la suite d’accusations de « gestes gravement inappropriés ».

Une commission de recherches fait état en mai 2020 d’ « agissements  gravement déviants » de la part du père Georges Finet, le père spirituel de Marthe Robin et fondateur des Foyers de Charité. La Conférence des évêques de France  a publié un communiqué de presse encourageant « les membres des Foyers et les amis des Foyers à mener à bien [le] travail de révision et de renouveau, en s’appuyant sur l’exemple et l’intercession de Marthe Robin.

En octobre 2020 paraît le livre du père Conrad De Meester, La Fraude mystique de Marthe Robin. Ce document est, selon le journal catholique La Vie, « une claire contestation de la décision romaine ». Selon l’auteur, les écrits mystiques et correspondances de Marthe Robin, courant sur des milliers de pages, sont des plagiats d’au moins vingt-neuf mystiques plus ou moins connues des siècles précédents, notamment Madeleine Sémer, Marie-Antoinette de qGeuser – jusqu’à 23 passages dans une seule note –, V éronique Giuliani, Anne-Catherine Emmerich, Catherine de Sienne, et Thérèse d’Avila, dont les livres lui avaient été recommandés ou offerts. De nombreux passages sont par ailleurs réutilisés dans ses « passions » du vendredi, qui procèdent, selon Conrad de Meester, de mises en scène plus que d’expériences mystiques véritables. Par ailleurs, selon ses analyses graphologiques, les écrits de cinq secrétaires non identifié(e)s seraient en réalité de la main même de Marthe Robin, ce qui jette un doute sur la réalité de sa paralysie. Enfin, l’auteur soulève de nombreuses questions médicales, jamais abordées du vivant de Marthe Robin, ni juste après sa mort (absence d’autopsie), avançant des éléments tentant à faire douter de l’inédie de l’intéressée.

Selon un article de Jean-Marie Guénois dans Le Figaro, cette « thèse est vigoureusement contestée, depuis l’annonce de la publication, par la famille de Marthe Robin, par les Foyers de Charité, œuvre qu’elle a fondée. Et, sur un mode officieux pour l’heure, mais formel, par le Vatican ». Sophie Guex, postulatrice de la cause de béatification de Marthe Robin depuis l’éviction de Bernard Peyrous, s’oppose aux conclusions du père De Meester. La Congrégation pour les causes des saints, pour sa part, affirme que ce livre n’apporte rien de neuf : Conrad De Meester a été auditionné, son rapport a été reçu et étudié, l’Eglise a répondu à ses objections sans retenir ses théories.

Marthe Robin : biographie d’une mystique, ses prédictions et stigmates

unnamed (72)

Marthe Robin est une mystique française qui a vécu plus de 50 ans en ne mangeant que des hosties. Sa maladie invalidante, ses stigmates et ses visions font d’elle une candidate pour la béatification.

Marthe Robin est née le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure dans la Drôme. La vie de la mystique est marquée par la maladie, la douleur et la réclusion. En 1903, elle montre les symptômes d’une fièvre typhoïde. À l’âge de 16 ans, elle sombre pendant 27 mois dans le coma, après une encéphalite léthargique. Miraculée, elle échappe de peu à la mort, mais elle gardera toute sa vie des séquelles et une santé fragile. À partir de 1928, après plusieurs rechutes, ses membres inférieurs se paralysent. Incapable de se mouvoir ni de dormir, la pieuse Marthe Robin garde le lit jusqu’à la fin de ses jours. En 1936, avec l’aide du père Georges Finet, Marthe Robin fonde les Foyers de Lumière, de Charité et d’Amour.

Marthe Robin reçoit d’abord une vision mariale : la vierge lui est apparue en 1921. Les stigmates de la passion apparaissent en 1930 : elle présente les mêmes plaies que le Christ sur la croix. Elle est également connue pour avoir vécu 50 ans malgré un jeûne strict. Le corps de la jeune femme rejetant toute autre forme de nourriture ou de boisson, Marthe Robin se nourrissait uniquement d’hosties qu’elle prenait occasionnellement, une à deux fois par semaine. Cette inédie de 51 ans n’a pu être prouvée cliniquement. Dans la ferme familiale, jusqu’à la fin de ses jours, aveugle et épuisée par la maladie, Marthe Robin reçut jusqu’à 100 000 personnes. En effet, dans sa chambre à coucher, plongée dans l’obscurité, puisque Marthe Robin ne supportait pas la lumière, la jeune mystique délivre visions mystiques, messages et conseils spirituels, jusqu’au bout de ses maigres forces. Quant à ses prédictions, elles se rapportent principalement à la Pentecôte d’amour, un renouveau spirituel. Après des années de maladie, la jeune femme décède le 6 février 1981 à Châteauneuf-de-Galaure. Elle est enterrée au cimetière de Saint-Bonnet de Galaure.

Les Foyers de charité

Z5FTs2DuLTiN9TH7DikiTlhUOVM@500x310

Les Foyers de charité, co-fondés en 1936 par Marthe Robin et le Père Georges Finet, sont des communautés qui rassemblent des laïcs, hommes et femmes, célibataires ou mariés, et des prêtres.

À l’exemple des premiers chrétiens, ils vivent ensemble et mettent en commun leurs biens et leurs compétences. La prière y tient une place prépondérante. Leur mission principale est de contribuer à la « nouvelle évangélisation » par le moyen de retraites spirituelles.

 Origines

Les Foyers de charité (forme abrégée de Foyers de lumière, de charité et d’amour) ont été fondés en 1936 par Marthe Robin et le père Georges Finet à Châteauneuf-de-Galaure (Drôme). En 1986, le Conseil pontifical pour les laïcs a reconnu l’œuvre des Foyers de charité comme association privée internationale de fidèles   puis l’a confirmée en 1999.

 Description

Les Foyers sont des lieux de prière où vivent des laïc, hommes et femmes (consacrés dans le célibat qui à l’exemple des premiers chrétiens mettent en commun leurs biens, leurs compétences et leurs charismes pour vivre et annoncer l’Evangile (avec un prêtre, le « père du Foyer »).

Par leur travail, leur prière, leur vie fraternelle et leur accueil, ils manifestent l’amour de Dieu pour tout homme et la beauté de la vie avec le Christ.

Leur mission principale est l’animation de retraites spirituelles, , dans un cadre familial et un climat de silence. On peut trouver là une mise en œuvre originale des intuitions développées au cours du concile Vatican II.

En 2016, l’œuvre fête ses 80 ans, à cette occasion, les 250 délégués représentant toutes les communautés se retrouvent à Châteauneuf-de-Galaure et élisent un nouveau père modérateur, le sénégalais Moïse Ndione.

 Revue

L’œuvre des Foyers de charité publie régulièrement une revue, intitulée L’Alouette , qui aborde différents thèmes, relatifs à la vie de l’Église et à la vie spirituelle.

 Rayonnement

170px-Carte_Europe_des_Foyers_de_Charité

L’œuvre de Marthe Robin s’est étendue dans le monde entier. Il existe aujourd’hui 78 foyers de charité répartis dans 42 pays et comprenant environ mille membres. En 2015, Domitille et Alexandre Roduit créent le projet Resplandor dont l’objectif est de mettre en place une structure destinée à soutenir l’envoi de jeunes volontaires dans les foyers de charité du monde 

 Abus sexuels

En septembre 2019, après des témoignages sur internet, une enquête interne est engagée concernant des actes pédophiles commis en particulier par le père Georges Finet Un rapport, publié en mai 2020, présente le témoignage de 26 femmes qui auraient été victimes d’agressions sexuelles notamment pendant la confession.

Le Père Léon Faure (1873-1955)

Né à Manthes (Drôme) en 1873 et décédé en 1955. Prêtre du diocèse de Valence. Curé de Châteauneuf-de-Galaure à partir de 1923. Il fut le premier père spirituel de Marthe Robin avant d’être remplacé par le Père Finet

 

Georges Finet

40_PereGeorgesFinet_statueViergeMarie-300x400

Georges Finet, né le 6 septembre 1898 à Villeurbanne et mort le 14 avril 1990 à Châteauneuf-de-Galaure. est un prêtre catholique et prédicateur français, principalement connu en tant que père spirituel de Marthe Robin et cofondateur des Foyers de Charité..

Biographie

Formation

Georges Finet naît le 6 septembre 1898 à Villeurbanne au sein d’une famille bourgeoise, travailleuse, pieuse et unie dont il restera proche toute sa vie. Il est baptisé le lendemain en la basilique Notre-Dame-de-Fourvière. Fils de Ludovic et Marie-Antoinette Finet, il a deux frères dont un, Pierre, deviendra jésuite et trois sœurs dont une deviendra petite sœur de l’Assomption.

À l’âge de 12 ans, il entre comme pensionnaire à l’institut des Chartreux, où il est un bon élève. Fin mai 1915, à l’âge de 17 ans, il part pour une brève retraite de fin d’études à Ars-sur-Formans, où il ressent un appel à la prêtrise alors qu’il est en adoration eucharistique en la petite chapelle de la Providence. Il est alors envoyé au séminaire français de Rome,   où il découvre Le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de Louis-Marie Grignon de Montfort qui représente une étape décisive. Après cette lecture, il décide en effet de remettre à la Vierge Marie la conduite de sa vie intérieure et ses actions extérieures.

Il doit cependant interrompre ses études car il est mobilisé en 1917. Durant la guerre, il apprend notamment à « commander en se faisant aimer par ses hommes ».  Il entre ensuite à l’Université pontificale grégorienne.

Missions

Georges Finet est ordonné le 8 juillet 1923 en la chapelle des Chartreux à Lyon, par le cardinal Louis-Joseph Maurin. Il est alors nommé vicaire de la paroisse ouvrière d’Oullins, puis devient curé de la primatiale Saint-Jean-de-Lyon en 1925. Il est parallèlement responsable d’un groupe de jeunes et passe beaucoup de temps à confesser.

En 1933, il devient sous-directeur de l’enseignement libre et doit ainsi gérer 850 écoles. Considérant que la foi est présentée aux enfants de manière peu satisfaisante, il publie notamment, en 1948, un manuel de doctrine catholique. De 1930 à 1939, il organise également des conférences dominicales chez les Sœurs de Notre-Dame-du-Cénacle pour faire connaître et aimer la Vierge Marie. Le succès de sa prédication est tel que les auditrices passent de 12 à 300.

Foyers de Charité

Le 10 février 1936, Georges Finet rencontre à Châteauneuf-de-Galaure la vénérable Marthe Robin, dont il devient le père spirituel. Ensemble, ils créent les Foyers de Charité dont il devient également le responsable. Il les définit comme un « séminaire pour les laïcs » marqué par des retraites « riches de l’essentiel », dans le silence, la prière liturgique et personnelle et une forte dévotion à la Sainte Vierge. Réputé pour son zèle religieux, il prêche au total 486 retraites et fait de nombreux voyages pour développer d’autres foyers.

En 1986, soit 5 ans après la mort de Marthe Robin, l’Œuvre des Foyers de Charité est enfin reconnue par le Conseil pontifical pour les laïcs. Entretemps, d’autres foyers ont été érigés en France, en Amérique latine (1958), en Afrique  (1961) et à Saïgon 1968), puis dans d’autres pays en Asie . Le père Finet meurt finalement le 14 avril 1990 l, pendant le Samedi-Saint.

 Controverses

Le 22 février 2019, suite aux scandales d’abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique, France-Culture diffuse plusieurs témoignages de victimes présumées avoir été abusées par des prêtres pendant leur minorité. L’une d’elles durant son témoignage (d’abus en pensionnat dans un tout autre cadre) rapporte des propos que lui aurait confiés une amie décédée depuis plusieurs années, « les confessions avec le Père Finet c’était pas drôle, c’était la tête entre ses cuisses »

Le 19 septembre 2019, La Croix révèle que le Père Georges Finet fait l’objet d’une commission de recherche composée d’experts indépendants ayant gardé l’anonymat et présidée par Françoise Gaussen, ancienne directrice de l’enseignement catholique du diocèse de Marseille. En effet les foyers de la charité ont été « interpellés à plusieurs reprises au sujet du père Georges Finet sans pouvoir vérifier la véracité des témoignages » selon le père Moïse Ndione, modérateur de la communauté.

Le 7 mai 2020, l’œuvre des Foyers de Charité rend publique la synthèse du rapport de la commission de recherche qui a récolté 143 témoignages sur une large période allant de 1945 à 1983. La synthèse note que « la majorité des personnes qui ont contacté la commission ont souhaité apporter un témoignage de reconnaissance envers le père Finet » et « n’ont jamais rencontré de problèmes avec le père Finet, notamment en confession, sinon d’éventuelles maladresses dans les questions posées ». Néanmoins, « 26 femmes, principalement des anciennes élèves de Châteauneuf-de-Galaure, alors âgées pour la plupart de 10 à 14 ans, ont dénoncé le comportement du père Finet au cours de confessions. Des témoignages concordants relatent des touchers du corps, parfois à même la peau, sous les vêtements, et des questions intrusives sur leur sexualité. Ces agissements ont constitué de graves intrusions dans la vie intime de ces jeunes filles et jeunes femmes, et leur ont causé des blessures psychologiques et spirituelles. 15 personnes victimes témoignent de souffrances encore vives aujourd’hui. ».

Cette enquête et sa méthodologie sont critiquées par la philosophe et théologienne Aline Lizotte et par l’abbé Bernard du Puy-Montbrun, docteur en droit canonique, selon qui ce rapport serait contraire au droit pénal notamment en transformant la présomption d’innocence en présomption de culpabilité et en accusant un mort alors qu’il n’existe pas de procès post-mortem.

De son côté, l’hebdomadaire Golias avance que selon ses informations « c’est la direction des Foyers de Charité qui a rédigé la synthèse du rapport de la Commission » et suggère qu’il s’agit « d’une tentative de se débarrasser d’un fondateur » : « sa figure d’envergure gênait pour la transformation souhaitée de l’œuvre des Foyers. »

Le 7 juin 2020, le père Moïse Ndione fait état dans une lettre aux membres de l’Œuvre de vingt nouveaux témoignages s’ajoutant aux 26 autres qui « confirment de manière concordante des agissements graves du père Finet ».

Le 10 juin, un collectif d’anciennes élèves de l’école du Foyer de Châteauneuf-de-Galaure conteste l’enquête de la Commission Gaussen qu’elle estime « illicite et non fondée malgré les apparences ».

Répondant aux critiques, Thierry Coustenoble, secrétaire général des Foyers, déclare au magazine Famille chrétienne que « la composition de la commission a respecté les directives données par le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, et s’est faite en collaboration avec les services de la Conférence des évêques de France (CEF). ». L’information est confirmée à l’hebdomadaire par Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la CEF qui explique : « L’objectif n’est pas de condamner le Père Finet, mais de faire la vérité sur ses actes ».

En septembre 2020, 42 anciennes élèves de Châteauneuf-de-Galaure portent plainte contre X avec constitution de partie civile pour « diffamation envers la mémoire d’un mort » devant le Tribunal judiciaire de Paris..

3 réflexions au sujet de “La fraude mystique de Marthe Robin : le livre choc du Père Conrad De Meester”

  1. Bonjour – j’ai entendu hier dimanche une émission je crois sur Cnews – j’alterne avec France culture ! – c’est l’un ou l’autre – l’ opinion d’une journaliste de La Croix qui n’approuve pas du tout ce livre, publié de façon posthume. Beaucoup, beaucoup de doute, et de réserves.
    Bien à vous

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s