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Massoud, biographie

Massoud : De l’islamisme à la liberté 

Michael Barry

Paris, Louis Audibert, 2002. 303 pages.

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Depuis la mort du commandant Massoud, assassiné par des membres d’Al-Qaida deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001, les biographies et les témoignages sur le celui qui a symbolisé la résistance aux Russes durant la décennie 80 et au régime taliban depuis 1996 se sont succédé, à commencer par le Massoud l’Afghan, de Christophe de Ponfilly, qui date même d’avant la mort du héros.
C’est sur le même ton du portrait sensible et avec la même révérence vis-à-vis d’un personnage hors norme, charismatique, courageux et humble, que Michael Barry peint Massoud. Barry, spécialiste américain de la littérature persane, traducteur du poète Nazâmi et auteur du Royaume de l’insolence, l’Afghanistan : 1504-2001, a rencontré plusieurs fois Massoud au cours de voyages humanitaires pour Médecins du monde. Il est devenu un proche, un ami. Parlant sa langue, le persan, et partageant avec lui la lecture des poètes mystiques du XIIe siècle, il dépeint Massoud comme un chef exemplaire, toujours soucieux des préoccupations des autres et toujours prêt à expliquer idéologiquement et stratégiquement le pourquoi de sa lutte. Barry reprend par le fil biographique la vie de Massoud : Ahmad Shâh, fils de notable tadjik – colonel de l’armée royale de surcroît – élevé en partie dans la vallée du Panjshir, brillant élève du lycée de Kaboul et étudiant au Pakistan, devient l’un des leaders de la lutte contre l’envahisseur russe qui entre à Kaboul le 27 avril 1978. Ahmad Shâh devient Massoud, nom de guerre donné par les siens, qui signifie « le Bienheureux », « le Chanceux ». Dans la vallée du Panjshir, il mène dix ans durant une résistance héroïque. Le 15 février 1989, les modjâhedîn, les soldats de la résistance, font fuir les derniers Russes. Mais les vainqueurs sont incapables de s’entendre entre eux : après une entrée sanglante dans Kaboul, la mise en place de la République afghane où Massoud exerce des hautes fonctions à la Défense, la guerre civile continue. En 1996, le pouvoir tombe aux mains des talibans, les « étudiants », qui imposent à la presque totalité du pays un régime islamiste extrémiste. Massoud retourne alors en résistance dans les montagnes, et tente, sans grand succès, de reprendre du terrain avec l’Alliance du Nord.
Visiblement fasciné par son sujet, Michael Barry tente malgré tout de camper le personnage de Massoud dans toute sa complexité. Il montre un homme qui, sans se départir de sa foi, a évolué vers un islam modéré compatible avec les préceptes d’un régime politique démocratique et défendu la réconciliation nationale dans son pays au-delà des luttes ethniques. Pour Barry, Massoud est un personnage historique car « aucune figure proprement musulmane dans sa lutte contre l’islamisme n’aura atteint, au XXe siècle finissant, l’envergure héroïque de Massoud ». Au lecteur d’en juger… –Denis Gombert

Quatrième de couverture

Le 9 septembre 2001, les fanatiques d’al-Qaida assassinaient le commandant Massoud, sinistre prélude aux attentats de New York. Qui était vraiment cet homme charismatique et secret ? Un génie stratégique, symbole de la résistance afghane qui a tenu en échec les chars de l’armée soviétique, puis contenu longtemps les fondamentalistes appuyés par le Pakistan ? Un politique visionnaire qui voulait restaurer dans Kaboul un Etat nationaliste et laïc ? Un mystique engagé dans l’action, épris de poésie et tenant d’un Islam hautement spiritualisé ? L’un des meilleurs connaisseurs de l’histoire afghane, Michael Barry trace le portrait et l’itinéraire de cette personnalité fascinante et énigmatique, qui a rompu avec l’extrémisme islamiste, pour le combattre jusqu’à son dernier souffle en s’identifiant à l’amour de son pays. C’est dans une prestigieuse lignée historique de sages guerriers – Marc Aurèle, Lincoln, Abd El Kader – que Michael Barry inscrit Massoud l’Afghan.

À la fin du livre, l’auteur, qui s’est lui-même longtemps méfié de l’aura quasi christique qui entourait Massoud, se rend à l’évidence : «De 1989 à 2001, la combinaison hétéroclite entière, de Riyâdh à Washington, d’Islâmâbâd aux camps d’al-Qâ‘ida, des humanitaires piégés par leurs canaux pakistanais aux magnats pétroliers et aux marchands de sous-marins dernier cri, allaient tous buter sur un seul et même obstacle – et cela, de manière répétée : Massoud. Il fallait que Massoud meure. Al-Qâ‘ida l’a tué. Mais l’Occident l’aura laissé mourir. […] Un résistant issu d’une archaïque société paysanne, profondément convaincu de sa foi, défendait, plus ou moins habilement, une indépendance nationale et maintenait ces mêmes droits les plus élémentaires (notamment celui des femmes d’étudier, travailler, être soignées) quand toutes les puissances mondiales se liguaient contre lui, ou préféraient l’ignorer.»

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Biographie de l’auteur

Michael Barry, né à New York en 1948, réside en France. Sa connaissance de l’Afghanistan, où il a mené de nombreuses missions humanitaires, lui a valu une réputation internationale. Lauréat de plusieurs prix littéraires, il est l’auteur du Royaume de l’insolence (Flammarion, 1984, 2002) et traducteur du poète persan Nezâmi (Le pavillon des sept princesses, Gallimard, 2000).

Ahmed Chah Massoud

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Ahmed Chah Massoud, fréquemment appelé le commandant Massoud, né le 2 septembre 1953 à Bazarak (Afghanistan) et mort tué lors d’un attentat-suicide le 9 septembre 2001 à Darqad (Afghanistan), est le commandant du Front uni islamique et national pour le salut de l’Afghanistan, du Jamiat-e-Islami – parti pour lequel il est ministre de la Défense de 1992 à 1996 — et le chef de l’Armée islamique, une armée combattant contre l’occupation soviétiquz puis l’Emira islamique d’Afghanistan de 1996 à 2001.

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Sa réputation de chef militaire et notamment son surnom de « Lion du Pandjchir » vient du fait qu’il réussit à repousser sept attaques d’envergure des troupes soviétiques contre la allée du Pandchir, au nord-est de Kaboul, puis protège sa vallée contre les talibans qui ont pris le pouvoir et qui ne parviendront jamais à la contrôler. Alors qu’il n’a eu de cesse de prévenir les Occidentaux de la menace internationale notamment constituée par la présence d’Oussama Ben Laden et d’Al-Quaïda sur le sol afghan, son assassinat par cette organisation survient deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001.

Les talibans fêtant la prise de Kaboul

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