1991, 1991 : LE DERNIER THILLIEZ, ECRIVAIN FRANÇAIS, FRANCK TILLIEZ (1973-....), LITTERATURE FRANÇAISE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, ROMAN, ROMANS, ROMANS FRANÇAIS, ROMANS POLICIERS

1991 : le dernier Thilliez

1991

Franck Thilliez

Paris, Fleuve Editions, 2021. 504 pages.

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Quatrième de couverture

La première enquête de Franck Sharko !
En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l’école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l’affaire des Disparues du Sud parisien. L’état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau. Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours.
Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu’à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d’entrer en possession d’une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac. Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu’il a pu imaginer…

Critique

Un polar qui se veut comme une « Madeleine de Proust » puisque Franck Thilliez remonte le temps jusqu’aux années 90. Dans 1991 l’auteur tout en racontant les débuts de son héro Kranck Sharko au 36 Quai des Orfèvres nous décrit une police fonctionnant à l’ancienne : il n’y a ni Internet, ni téléphone portable, ni recherche ADN pour résoudre les enquêtes : les flics battent le pavé à la recherche du moindre indice, tapent leurs rapports sur du papier ; l’ambiance au 36 est parfaitement décrite : une ambiance où chaque policier porte avec lui les fantômes du passé, un corps de policiers parfaitement soudé en cas de coups durs mais où les egos s’affrontent durement.

Au début de décembre 1992 un certain Philippe Vasquez arrive affolé au Quai des Orfèvres avec la photo d’une femme attachée sur un lit et la tête enveloppée dans un sac. C’est Sharko le dernier arrivé dans le groupe qui reçoit l’homme paniqué ; le bleu de l’équipe de Thierry Brossard (une équipe qui n’a pas pu résoudre « l’Affaire des disparues du Sud parisien ». Bien décidé à ne pas rater une affaire il se rend à l’adresse indiquée au dos de la photo et découvre le cadavre au grand dam de certains….

C’est le début d’une enquête qui s’annonce longue et difficile. Au fil du livre on plonge dans le côté noir de l’homme : le tueur, comme toujours dans les romans de Thilliez s’amuse avec la police et par procuration avec le lecteur. Avec le reste de l’équipe et la seule membre femme du groupe ils vont plongés dans le monde de la magie, du vaudou  mais aussi dans un milieu médical où certains flirtent avec la pédophilie.

Si on apprend beaucoup su cette police des années 90 on apprend pourquoi Sharko est entré dans la police : comme il le confie à sa fiancée Suzanne il reste hanté par le meurtre de Brigitte Dewervre à Bruay-en-Artois.

Ecrit pendant le confinement de 2020 ce dernier opus de la série Sharko nous fait découvrir la genèse de la carrière du « Requin » qu’est devenu le héros au fil des ouvrages et des années. On comprend également pourquoi les liens se forgent au sein d’une équipe de policiers au point de ressembler à une famille. Mais comme toujours dans les romans de Thilliez l’horreur est au rendez-vous contre lesquels il faut lutter au risque d’y perdre son âme.

Ainsi donc dans un ouvrage parfaitement maîtrisé et haletant jusqu’à la fin, 1991 donne à Franck Thilliez la possibilité de présenter les débuts de Sharko au 36 avec une enquête aux multiples rebondissements qui embarque le lecteur dans l’univers de la magie, des pratiques occultes et des névroses diverses.

Quelques extraits

Aujourd’hui, ils en plaisantaient, les gaillards de la PJ. mais derrière les sourires, une moisissure invisible grandissait, se ramifiait, insidieuse, et finissait toujours par fendre les carapaces les plus solides. La plupart des hommes qui arpentaient ce bâtiment étaient des écorchés vifs.

 Dès qu’il y a un soupçon d’intelligence dans la tête d’un criminel, ça complique les choses.

 Derrière chaque meurtre, il y a un homme ou une femme qui a franchi une frontière.

 Désormais, pourtant, même la lumière la plus vive, les ors les plus purs ne pourraient dissiper les ténèbres qui, à jamais, emprisonneraient les deux habitants du pavillon. Il n’existait pas de recette, pas de formule magique pour les soustraire à leur souffrance.

Un parcours aussi classique que sinistre, comme si leur malheur n’était pas assez grand. Le pris à payer pour espérer, un jour, accéder à la vérité.

Ils vibraient à l’unisson pour de tels moments de chasse. De l’adrénaline pure, en intraveineuse, qui les maintenaient en vie.

Il fallait fouiller ce chaos, explorer, s’attendre à voir apparaître la mort entre les débris.

 Une fois dehors, il se tourna vers le bâtiment et eut un pincement au coeur. Il comprit que cet endroit où il avait fourré les pieds, le36, quai des Orfèvres, n’était pas qu’un lieu de prestige.
C’était une arène sanglante
La fosse aux lions.

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