ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, LA BIBLE ET SES SYMBOLES, NOUVEAU TESTAMENT, RELIGION, RELIGON, SYMBOLES, SYMBOLISME DANS LA BIBLE

La Bible et ses symboles

LA BIBLE ET SES SYMBOLES

35qsgk2sllwl3fpxnvsu6qhpi36jc3sachvcdoaizecfr3dnitcq_1_0

Les les sources et les puits, synonymes des promesses divines

LE-DELUGE

L’eau, élément des plus rares dans les pays de la Bible, s’avère être un élément vital au quotidien. Sources et puits constituent des lieux incontournables qui prendront rapidement de riches significations tout au long de l’Ancien Testament jusqu’aux Évangiles.

Pas moins d’une soixantaine de fois, l’Ancien Testament emploie le mot « source », signe de son importance. Des premières tribus nomades, où ces points d’eau étaient incontournables, jusqu’aux nombreux villages après l’installation en Terre sainte bâtissant de nombreux puits, les sources font non seulement partie du quotidien, mais en constituent un élément vital. Aussi les textes bibliques ont  eu recours à ces puissants symboles dans les régions arides du Proche-Orient. À la différence des citernes qui n’offrent pas l’eau vive, la source symbolise la richesse des promesses divines (Jr 2, 13)

Ce symbole se trouve repris de manière éclatante lors de la rencontre de Jésus et de la Samaritaine au puits de Jacob. Alors que Jésus, fatigué, s’était assis près de la source à l’heure la plus chaude de la journée, une femme de Samarie s’approche pour puiser de l’eau. Jésus lui demande alors à boire, ce qui surprend la femme. Les Juifs ne fréquentant habituellement pas les Samaritains (Jn 4, 1-42).

La portée symbolique de l’eau de la source vive apparaît manifeste, la Parole venant de Jésus est source de vie éternelle signifiant par-là, qu’au-delà des biens terrestres pourtant indispensables, il est un bien plus grand encore.

Lieux de vie et de rencontres

angelika_kauffmann_-_christus_und_die_samariterin_am_brunnen_-1796

L’épisode de la Samaritaine démontre également que les puits et sources ont toujours été dans la Bible des lieux de rencontres et d’échanges essentiels. C’est d’ailleurs près d’un puits que l’Ange de Dieu annonce à Agar, la servante d’Abraham, qu’elle attendra un enfant. (Gn16, 21).

La rencontre fertile sous la forme de la fécondité s’accomplit ainsi près d’une source. De même, de nombreux serments (Abraham et Abimélek) sont prêtés sous le signe de cet élément essentiel, sans oublier les innombrables rencontres de futurs époux tels Isaac et Rébecca, Jacob et Rachel, Moïse et Séphora. Mais le plus beau symbole de la Bible tiré du Cantique des Cantiques pou la Vierge Marie « Ô source des jardins, puits d’eaux vives qui ruissellent du Liban ! ».

L’eau du Déluge, préfiguration du baptême

LE-DELUGE (1)

Si l’eau symbolise souvent dans la Bible l’origine de la vie et la fertilité de la création, elle peut aussi revêtir des aspects plus terribles lorsqu’elle devient synonyme de destruction.

Le chrétien peut rester étonné lorsqu’il apprend que le thème si connu du Déluge recouvrant de ses eaux la terre entière avec la célèbre arche de Noé et tous ses animaux était déjà familier des civilisations antérieures à la Bible. C’est en fait un vaste fonds culturel et mythologique du Proche-Orient dont ont hérité les Hébreux. Avant eux, les civilisations mésopotamiennes et même indiennes connurent ce thème étrange d’un renouvellement de la vie par l’anéantissement des eaux.

L’histoire la plus connue est celle de l’épopée de Gilgamesh à l’époque mésopotamienne au XVIIIe siècle av. J-C. Ce héros cherchait, en vain, à parvenir à l’immortalité, mais au terme de son parcours il apprit que les dieux avaient fustigé les hommes qui ne cessaient par leur vacarme continu de les déranger. La vengeance des dieux Anou et Enlil fut terrible puisqu’elle consista à recouvrir la terre des eaux. Seul un homme en réchappa, Utanapishtim, embarqué sur une arche avec tous les animaux de la terre.

Noé et le Déluge

Si l’archéologie a révélé des traces très anciennes de déluge et même de bitume recouvrant les fondations de palais mésopotamiens pour les protéger des eaux, le récit biblique relaté au livre de la Genèse prend un tout autre sens symbolique que celui des civilisations du Proche-Orient. Cette catastrophe provoquée par le déchaînement des éléments et l’anéantissement des eaux sur toute la terre ne résulta pas, en effet, du caractère irascible et imprévisible des dieux mais bien de l’idée de punition des hommes ayant péché contre le Dieu unique (Gn 6, 7- 17) 

L’eau prendra désormais dans le récit biblique un autre symbole à côté de celui de la vie. Elle sera également synonyme de punition et de purification avant la nouvelle alliance (Gn 6, 17) ; Gn 9, 11).

L’eau primordiale et féconde

cascade

La Bible a retenu de nombreux traits des Babyloniens, puissante civilisation qui s’inscrit dans l’Histoire dès 2500 av. J-C. L’eau en ces temps reculés comptait parmi les éléments essentiels nourrissant toute une symbolique dont les Écritures ont hérité.

Le récit des origines ou cosmogonie des plus anciennes civilisations antiques débutait la plupart du temps par une immensité liquide d’où naissait la vie. Les Babyloniens ont ainsi fait des eaux primordiales — existantes avant toute chose — le point de départ de l’histoire des dieux et des hommes. Tiamat, déesse de l’eau, donna alors naissance aux autres dieux de la terre et aux nuées… Abraham, originaire d’Ur en Mésopotamie, connaissait très probablement ces récits qui influenceront les premiers rédacteurs de l’Ancien

Eau et fécondité

Très rapidement, l’eau va apparaître comme le symbole de la fécondité dans toutes les religions antiques et notamment dans la Bible. Ainsi, parlant du puissant cèdre du Liban, le prophète Ezéchiel rappelle que « Les eaux l’ont fait grandir ; l’Abîme qui lui a donné de croître faisait couler ses fleuves autour du lieu où il était planté, et dirigeait ses canaux vers tous les arbres de la campagne ».

Les Psaumes célèbrent également de manière poétique cet élément fertile qu’est l’eau, source d’abondance (Ps 103, 6-13)

Le Seigneur féconde la terre par des eaux fertiles, un symbole puissant en ces contrées souvent arides du Proche-Orient où l’eau est un élément rare et vital. Transposée, l’eau deviendra source de vie spirituelle, là où règne l’aridité de l’incroyance…

L’ambivalence des eaux sombres

Cependant, soulignons que l’eau peut aussi prendre parfois dans la Bible des significations plus sombres et inquiétantes lorsque leur profondeur reste insondable ainsi que le soulignent les Psaumes quant à la navigation sur mer, symbole éclatant des doutes et faiblesses possibles du parcours spirituel du croyant (Ps 106, 23-27).

Nous le voyons, dans ces passages, l’eau peut être synonyme de foi vacillante, de doute voire de mort. Un symbole pouvant représenter également les ennemis des premiers Hébreux pourchassés, ainsi qu’en témoignent encore les psaumes (Ps 123, 2-5).

Ainsi, en des terres où les crues fréquentes des fleuves comme celles de l’Euphrate ou du Nil dévastaient tout sur leur passage, l’eau peut à la fois évoquer la peur et la crainte, signe de sa toute-puissance, mais aussi la fertilité qui résultera de ses riches limons déposés sur la terre.

Le feu des prophètes

téléchargement (14)

Les prophètes de l’Ancien Testament évoquent très souvent le feu dans leurs visions. Que ce dernier manifeste la présence de Dieu ou bien qu’il soit, comme pour le prophète Élie, un moyen d’accéder directement à cette même puissance grâce au char de feu, le feu visionnaire demeure l’un des quatre éléments le plus cité dans le récit biblique.


L’épisode du char de feu dérobant Élie à la vue d’Élisée et de ceux qui l’accompagnaient peut sembler troublant à notre époque habituée au rationalisme. Le deuxième Livre des Rois l’évoque en ces termes (2 R, 11-12). :

Quel peut bien être le symbolisme de cet équipage incandescent ? Il faut rappeler que cette image martiale est à rapprocher de celle de Dieu conduisant son peuple tel une armée. Aussi n’est-il pas étonnant que l’attelage ait été retenu pour décrire ce transport du prophète au ciel qui, à l’image d’un général victorieux, va trouver repos et paix auprès de Dieu. 

Le fait que ce déplacement s’accomplisse par le feu des animaux et du char souligne combien rien n’est impossible à la puissance divine, le feu venant renforcer la pureté de cette présence, à l’image du Buisson ardent. Cette image du char de feu se retrouve également chez un autre prophète essentiel de l’Ancien Testament avec Isaïe (Is 66, 14-16).

Ici, c’est un autre aspect qui se trouve souligné dans ce passage d’Isaïe, à savoir la dimension belliqueuse de l’action divine, le feu combat et purifie du mal en un jugement sans appel. La colère divine n’est assouvie que par cette action purificatrice du feu. Ceci explique pour quelle raison le char de feu acquiert dans la Bible, plus précisément dans l’Ancien Testament, une telle force divine.

Feu et gloire du Seigneur

Un autre prophète, Ezéchiel, décrit en une de ses visions prophétiques la gloire du Seigneur en ces termes (Ez 1, 4 ; 27, 28).

Toutes ces visions ont en commun de souligner combien la manifestation de Dieu se réalise toujours dans la clarté et la puissance du feu. Ainsi, le prophète parvient à décrire ce qui ne peut être vu du commun des hommes, Dieu y apparaît comme l’éblouissement d’un feu puissant, une force rayonnante manifestant sa gloire inaccessible et que les fidèles se doivent pourtant de louer et d’approcher. Le feu dès lors n’est plus destructeur du mal, mais invite au contraire à une communion purificatrice des âmes.

La colonne de feu

BUISSON-ARDENT-RU500305A

Parmi les manifestations prodigieuses observées par les Hébreux lors de l’Exode, figure assurément au premier plan la fameuse colonne de feu et de nuée qui les guidera lors de cette longue traversée. Signe éclatant de la puissance divine pour ce peuple persécuté, ce symbole s’avère riche de sens encore de nos jours…

Dans l’Ancien Testament, le Livre de l’Exode dévoile deux types de colonnes associées aux Israélites, ainsi que leurs significations ( Ex 13, 21).

Deux sortes de colonnes sont ainsi distinguées dans ce passage : une colonne de feu qui éclaire la nuit, et celle de nuée – nuage formé de vapeur –  réservée au jour. Quelles sont les fonctions réservées à ces manifestations impressionnantes ? La colonne éclaire et guide. La lumière et la nuée tracent ainsi le chemin à suivre, celui indiqué par Dieu à son peuple. Jour et nuit, c’est-à-dire à tous les instants de la vie, le croyant doit suivre la lumière, signe de la manifestation glorieuse de Dieu. Le feu, signe de purification et de puissance, vient rassurer au quotidien ce peuple persécuté et encore hésitant dans sa foi. Il est intéressant de relever que ce symbole précède les Israélites dans leur pérégrination, une manière là encore de rappeler à tous croyants que ce puissant phare doit toujours rester devant soi.

Le bras armé contre l’ennemi de la foi

bra014749

« L’arrivee des Hebreux en terre promise apres le passage de la mer Rouge » Peinture de Frans Francken I dit l’ancien (1542-1616), 17eme siecle Aix en Provence, musee Granet (Photo by Photo Josse / Leemage via AFP)

Cette immense torche embrasée guidant les Hébreux dans leur cheminement vers la Terre promise peut également avoir d’autres fonctions, ainsi que le souligne la Bible (Ex 14, 19-20).

Cette fabuleuse colonne qui guide peut ainsi également avoir pour fonction de protéger Israël de ses ennemis. C’est alors qu’elle peut se déplacer, de l’avant à l’arrière, signe que d’où viennent les menaces, Dieu sera toujours présent. Cette manifestation rayonnante peut également se transformer en écran protecteur, rendant invisible le peuple d’Israël aux yeux des Égyptiens. Cette symbolique puissante souligne combien toute personne ayant foi dans le Dieu unique se trouve protégée de ses ennemis.

Manifestation de la gloire divine

La colonne de feu et de nuée ne survient pas uniquement pour guider et protéger, elle peut également revêtir encore d’autres fonctions lorsque la foi d’Israël faiblit, notamment lors de la traversée du désert (Ex 16, 10 ; 40, 34-38).

Nuée et feu s’introduisent désormais en un lieu précis essentiel, la tente de la Rencontre, demeure de Dieu. Ces éléments symbolisent la présence divine et la manifestation la plus puissante de sa gloire en un lieu déterminé, préfigurant ainsi la sacralité et les rituels qui commencent à poindre dans la religion juive. Au IVe siècle après la mort du Christ, saint Ambroise, dans son Traité des mystères, soulignera combien la colonne de nuée de l’Ancien Testament annonce le baptême chrétien :

 « Saint Paul nous enseigne que nos ancêtres ont tous été sous la protection de la colonne de nuée, qu’ils ont tous passé la mer Rouge et que tous, en Moïse, ont été baptisés dans la nuée et dans la mer. […] Tu entends annoncer que nos ancêtres ont été sous la nuée. Une nuée bienfaisante, qui refroidit le feu des passions charnelles ; une nuée bienfaisante, qui couvre de son ombre ceux que l’Esprit Saint visite. Ainsi est-il venu sur la Vierge Marie et la puissance du Très-Haut l’a-t-elle prise sous son ombre, lorsqu’elle engendra la rédemption pour le genre humain… »

téléchargement

C’est enfin cette même manifestation, cette nuée, qui recouvrira Jésus transfiguré et lors de l’Ascension (Ac 1, 9 ; Mt 9, 7).

Le sens oublié du candélabre

Sephardic style Menorah.
Sephardic style Menorah.

Le candélabre sacré, nommé menorah en hébreu, compte assurément parmi les symboles de la lumière dans la religion d’Israël. Sa forme caractéristique à six branches répond à une symbolique bien précise dont le christianisme a hérité certains traits.

Le candélabre ou grand chandelier à plusieurs branches constitue un symbole fort de lumière et de foi dans la religion juive. Destiné à recevoir des chandelles ou bougies, cet objet ne sert cependant point à des finalités pratiques d’éclairage comme la lampe, mais est plutôt spécifiquement destiné aux liturgies. Cette subtilité provient du fait que le candélabre sacré représente la lumière divine, la lumière de Dieu elle-même, et non, telle la lampe, symbole de la Bible également, la lumière qui éclaire le chemin.

C’est au Livre de l’Exode dans l’Ancien Testament que l’on trouve la première référence à ce bel objet qui s’imposera comme essentiel dans la religion d’Israël lorsque les Hébreux purent échapper au joug des Égyptiens et ainsi mieux honorer Dieu qui les avait libérés. Le Livre de l’Exode en donne une première description (25, 31-32.

Nous retrouvons ici le candélabre à sept branches (un corps et trois branches de chaque côté comportant chacune trois points lumineux) indissociable de la religion juive. À la lecture du Livre de l’Exode de l’Ancien Testament, il ressort que rien ne sera trop précieux pour fabriquer ce candélabre. La Bible rapporte en effet qu’un lingot d’or pur sera nécessaire afin de le forger d’une seule pièce, avec tous ses accessoires, telles ses pincettes et porte-lampes.

Les Écritures rappellent également que le candélabre biblique doit représenter un amandier : 

« Sur une branche, trois coupes en forme d’amande avec bouton et fleur et, sur une autre branche, trois coupes en forme d’amande avec bouton et fleur ; de même pour les six branches sortant du chandelier. Le chandelier lui-même portera quatre coupes en forme d’amande avec boutons et fleurs : un bouton sous les deux premières branches issues du chandelier, un bouton sous les deux suivantes et un bouton sous les deux dernières ; ainsi donc pour les six branches qui sortent du chandelier ». 

L’amande, dont on tire une huile sainte et dont le fruit demeure caché par une coque très dure, révèle le caractère précieux et difficilement accessible de ce fruit. Plus tard, le christianisme en retiendra également une image symbolique, la mandorle, cet ovale en forme d’amande encadrant les représentations sculptées les plus saintes.

Usages rituels

Le Livre de l’Exode souligne enfin que le candélabre des Hébreux ne brillait que la nuit et devait être alimenté par l’huile d’olive la plus pure ( Ex 27, 20-21).

 La flamme issue du candélabre sacré et de cette huile d’olive la plus pure sert donc à dissiper les ténèbres devant la tente de la Rencontre où l’Arche d’Alliance était protégée. La flamme placée ainsi devant le Seigneur avait pour but rituel d’écarter la pénombre, signe du mal, soulignant par là même la fidélité du peuple d’Israël veillant aux moments les plus sombres. 

Significations symboliques

Le candélabre à sept branches, objet liturgique si essentiel à la foi d’Israël symbolise souvent avec l’Étoile de David l’identité juive. Symbole puissant, il revêt également plusieurs significations, dont la plus connue est celle rapportée par le prophète Zacharie : 

« Je vois un chandelier tout en or, avec un vase à son sommet, surmonté de sept lampes et de sept canaux pour ces lampes ; sur lui, il y a deux oliviers, l’un à la droite du vase et l’autre à sa gauche. » (Za 4, 2-3)

Zacharie reste étonné devant la forme élaborée du candélabre. Alors, l’ange répond à Zacharie que ces sept lampes représentent les yeux du Seigneur qui inspectent toute la terre. Les deux oliviers dont les branches déversent une huile dorée pour la flamme symbolisent, quant à eux, deux hommes, le prêtre et le roi, qui seront candidats à l’onction. 

C’est cette symbolique puissante de ces deux fonctions servant la lumière divine que retiendra le christianisme durant les premiers siècles de notre ère. Ces deux pouvoirs temporel et spirituel seront, en effet, appelés à une longue destinée jusqu’au Moyen Âge avec la papauté et la royauté. Aux siècles suivants, le candélabre demeurera pour le christianisme un symbole important de la Bible mais qui sera le plus souvent réinterprété dans les liturgies catholiques par les cierges d’autel… 

La lampe, rappel de la lumière divine

LAMPE-À-HUILE-shutterstock_182536394

Si les Écritures offrent souvent des pages d’une limpidité « biblique », certains passages recèlent d’images et de symboles souvent difficiles à comprendre. Découvrez aujourd’hui la lampe, symbole de la lumière divine.

La lampe rapprochée de la lumière divine est certainement un des symboles bibliques les plus forts. Les Psaumes offrent l’un des plus beaux exemples de ce symbole suggéré par la Bible (Ps 17, 29-30 ; Ps 118, 105)).

Ce dernier extrait du psaume 118 fut retenu par le cardinal Carlo Maria Martini afin d’être gravé sur sa tombe au Duomo de Milan tant pour lui, bibliste réputé, ce symbole demeurait essentiel. À une époque où l’éclairage public était, dans la plupart des villes antiques, inexistant et que chaque foyer peinait à conserver le foyer pour la cuisson des aliments, la lampe à huile faisait figure de rayonnement essentiel pour accéder à la lumière. Aussi, afin de sortir de l’obscurité et des ténèbres, signes de peurs et d’égarements, l’Ancien Testament rapproche-t-il la lampe de la lumière divine, les posant comme synonymes ou du moins inséparables. Tel ce Psaume 118 où la parole de Dieu éclaire les pas du fidèle, et la lampe, le chemin emprunté.

La lampe symbolise ainsi cette lumière divine éclairant le chemin qui se matérialisera par la loi, cette « parole » qui éloigne les ténèbres comme le rappellent les Proverbes dans l’Ancien Testament (Pr 6, 23) ; Mt 5, 14-16).

Ainsi, la lumière des disciples ne saurait rayonner en eux seuls, mais leur exemple doit resplendir pour la multitude comme la lampe posée sur le lampadaire. Mais pour que cela soit possible, Jésus prend soin d’avertir que les disciples de la Parole se doivent d’être eux-mêmes dans la lumière et la sainteté (Lc 11, 34-36).

L’esprit prévoyant dans les ténèbres

LAMPE

La parabole des dix vierges évoquée par Jésus constitue peut-être le point culminant de ce puissant symbole biblique qu’est la lampe, synonyme également de prévoyance pour mieux accueillir l’époux, c’est-à-dire Jésus et la Parole. Cinq des dix vierges avaient prévu une réserve suffisante d’huile en cas de retard de sa venue, les autres insouciantes sortirent avec leur lampe sans emporter d’huile et les conséquences sont sans appel à leur encontre (Mt 25, 6-13). 

Vierges folles et vierges sages

À la fin des temps, le livre de l’Apocalypse rappelle que ni la lampe ni sa lumière ne seront plus nécessaires car « La nuit aura disparu, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; ils régneront pour les siècles des siècles » (Ap 22, 5. 

L’olivier, symbole de paix et de martyre

téléchargement (15)

L’art religieux, chrétien en particulier, a moins de limites qu’on pourrait l’imaginer. Les scènes bibliques et la vie des saints s’ouvrent largement sur la création, mettant à l’honneur le règne végétal, de façon parfois inattendue. Découvrez aujourd’hui la symbolique de l’olivier.

Dans la Bible, l’olivier apparaît dès la Genèse dans l’épisode de l’arche de Noé sous la forme d’un rameau. La colombe envoyée par le patriarche revient avec une branche (Gn 8, 11).

Dans l’art chrétien, le formidable imaginaire du poisson

jonah-mosaic-024_3203512

L’art religieux, chrétien en particulier, a moins de limites qu’on pourrait l’imaginer. Les scènes bibliques et la vie des saints s’ouvrent largement sur la création, mettant à l’honneur le règne animal, de façon parfois inattendue. À l’instar du poisson.

Quand on évoque la vie aquatique dans la Bible, l’épisode de Jonas dans la baleine nous vient à l’esprit, mais s’il y avait d’autres pistes ? Les artistes ont été fascinés par ce passage incroyable de l’ancien testament dans lequel Jonas se retrouve dans le ventre d’un gros poisson, qu’on transformera plus tard en baleine… et en ressort trois jours après, image de la Résurrection.

L’imagination s’en est emparée, nous laissant de saisissantes évocations, comme cette miniature du XIVe siècle, provenant de la bible du pape Jean XXII…

multiplication-des-pains-poissons-duc-de-berry-1

Dans le Nouveau Testament, quelques exemples peuvent illustrer combien le thème de la pêche et du poisson est constant. Le poisson représente l’abondance dans l’Évangile : Jésus permet aux apôtres de faire une pêche tellement inhabituelle qu’elle en est miraculeuse.

Le poisson est alors le symbole de la vie et de l’infinie bonté de Dieu pour son peuple. L’ambiance est sereine face au Christ dans le panneau de Witz, réalisé pour la cathédrale de Genève…

images (2)

Lorsque Jésus multiplie les pains et les poissons, il le fait avec les produits simples qui lui ont été apportés, nourriture quotidienne de ces familles qui l’ont suivi. Ce miracle est un des premiers épisodes à être repris dans les églises, à l’image de cette mosaïque de l’église de la multiplication des pains et des poissons, sur le site présumé de l’événement. 

Il continuera à l’être, puisqu’on le retrouvera aussi bien dans les Très riches heures du duc de Berry au XVe siècle.

Dans les premiers temps de l’Église, la nécessité de la discrétion face aux persécutions incite les chrétiens à utiliser le poisson pour se reconnaître, et dire l’essentiel de la foi. ICHTUS : le poisson, en grec ancien, est aussi l’acronyme de Jésus-Christ, Fils de Dieu Sauveur. Les mosaïques et objets usuels utilisant ce symbole sont ainsi fréquentes au début de notre ère. Il sera progressivement remplacé par la croix.

Dans les premiers temps de l’Église, la nécessité de la discrétion face aux persécutions incite les chrétiens à utiliser le poisson pour se reconnaître, et dire l’essentiel de la foi. ICHTUS : le poisson, en grec ancien, est aussi l’acronyme de Jésus-Christ, Fils de Dieu Sauveur. Les mosaïques et objets usuels utilisant ce symbole sont ainsi fréquentes au début de notre ère. Il sera progressivement remplacé par la Croix. Les deux symboles cohabitent d’ailleurs sur cette sculpture copte du Ve siècle.

La mosaïque de la maison du poisson à Ostie contribue à nous rappeler à la fois l’eau baptismale et l’eucharistie. Un riche symbole à redécouvrir.

brotvermehrungskirche_bw_3-2

La montée vers Dieu, signe de l’élévation de l’âme

LE-SONGE-DE-JACOB-IT324798A

L’idée d’ascension vers Dieu est récurrente dans la Bible. L’élévation de l’âme vers le divin se traduit très tôt dans l’Ancien Testament par des symboles puissants et évocateurs. Le songe de Jacob compte parmi eux…

La Genèse rapporte un curieux songe du patriarche Jacob, fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham. Alors que Jacob avait quitté Bershéba et se dirigeait vers Harane, il fit une halte et s’endormit. Il eut alors un songe étonnant : une échelle était dressée sur la terre et son sommet atteignait le ciel. Plus étrange encore, des anges de Dieu ne cessaient d’y monter et d’en descendre… C’est alors que le Seigneur, qui se tenait près de lui, dit (Gn 28, 13-16).

Par ces paroles, précise la Bible, Jacob réalisa alors que Dieu était présent en ces lieux et que cette rencontre renouvelait la promesse du don de la terre, faite à lui et à ses descendants. Le songe et l’échelle de Jacob s’avèrent riches d’enseignements et représentent un symbole puissant dont les théologiens ne manqueront pas de développer la portée, et les plus grands artistes, la beauté.

 La montée vers Dieu

Par ce rêve, Jacob prend ainsi conscience qu’à l’image de ses parents, Abraham et Isaac, Dieu se tient toujours près de lui alors qu’il ne s’en rendait même pas compte (Gn 18, 16).

Cette proximité et fidélité l’aideront à accueillir cette réalité désormais indéfectible pour cet homme de foi ; le récit biblique rapporte en effet qu’il fut alors aussitôt saisi de crainte et qu’il ajouta (Gn 18, 16).

Ainsi, le songe sous la forme d’une échelle qui conduit à la porte du ciel, à « la maison de Dieu », signifie également par sa force symbolique que tout croyant se doit d’élever son âme aux choses d’en haut, une élévation et une montée que l’échelle symbolise. La tradition juive verra dans cette échelle la représentation des différentes épreuves du peuple juif avant la venue du Messie, tout autant qu’un véritable pont entre le ciel et la terre, image puissante que l’évangile de Jean reprendra dans les paroles de Jésus : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. » (Jn 1, 51)

 La consécration du lieu saint

L’échelle de Jacob aura aussi pour conséquence un acte de consécration de la part du patriarche. Conscient de la sacralité du lieu où Dieu lui est apparu, Jacob va dès lors se lever « de bon matin » rapporte la Bible, signifiant ainsi que cet évènement d’importance ne saurait attendre. De même, Jacob avant de s’endormir avait pris une pierre comme oreiller, et c’est cette même pierre dont il se servira pour dresser une stèle sur laquelle il versera de l’huile pour la consacrer. Dès la Genèse, nous voyons ainsi des rites de consécration très anciens apparaître, symbolisant le lieu divin. Du songe de Jacob naitront ainsi un lieu consacré et une promesse (Gn 28, 19-22.

Le contraste saisissant entre le songe d’une échelle et la matérialité de la pierre souligne l’importance des pratiques sacerdotales en devenir. Afin de servir la Maison de Dieu, élevée dans les hauteurs, le croyant se devra de faire reposer sa foi à partir d’une assise sûre et tangible avec les lieux consacrés et dont le Temple de Jérusalem sera en retour le sommet.

La montagne sainte, un lieu privilégié entre terre et ciel

MOISE-ET-LE-BUISSON-ARDENT-043_MC_LC20_SPAIN_MC_251

La montagne dans la Bible prend immédiatement une valeur symbolique des plus sacrées. Contrairement aux plaines où l’homme réside, c’est le lieu par excellence des hauteurs inatteignables où Dieu apparaît.

Dès la Genèse, la montagne représente un lieu où se protéger à l’abri du mal. C’est la direction à suivre, intimée notamment par les deux anges à Loth et ses deux filles fuyant le mal de Sodome et de Gomorrhe (Gn 19, 17). C’est également sur une hauteur escarpée que Moïse découvrira le buisson-ardent et où Dieu lui ordonnera d’ôter ses sandales (Ex 3, 5). 

Dans le livre des Rois, cette montagne se nomme Horeb, « montagne aride » ou « Montagne de Dieu ». La montagne par ses hauteurs difficiles à gravir forme un espace privilégié intermédiaire entre le ciel et la terre, entre Dieu et l’homme. Le récit d’Élie dans le Livre de l’Exode le rappelle une nouvelle fois, lorsque le prophète découragé, marchera 40 jours et nuits pour atteindre la montagne de Dieu après avoir écouté l’ange : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » Ainsi, c’est sur la montagne que Dieu apparaîtra aux élus. On comprend pourquoi, dès lors, celle-ci a très tôt acquis, dans le récit biblique, une telle puissance symbolique.

 Un lieu terrifiant

Mais, la montagne prend également rapidement dans la Bible une valeur de lieu mystérieux et terrifiant pour l’homme. Ainsi, la sainteté de la montagne, lieu élevé et escarpé, s’imposera-t-elle au peuple d’Israël sous la forme de manifestations imposantes et par des tremblements terribles, des orages effrayants ou encore de fumées… : (Ex 19, 16-19).

Face à ces éléments déchaînés, tonnerres, nuées, éclairs, le peuple conduit par Moïse ne pouvait, en effet, qu’être tourmenté et la Bible rapporte, nous l’avons souligné, que Dieu intima alors à Moïse que son peuple respecte ce lieu saint qu’est la montagne et ne la profane pas. 

 Un espace sacré

La montagne de Dieu délimite ainsi pour la première fois un espace sacré, distinct des espaces profanes, où l’homme ne peut se rendre s’il n’a pas été choisi par Dieu. En une préfiguration du Temple et des églises à venir, la montagne va désormais imposer un code à respecter. Le Livre de l’Exode le rappelle avec force : la montagne de Dieu exige le respect d’ablutions et représente surtout un lieu sacré inviolable (Ex 19, 10-12).

Ces ablutions nécessaires pour pouvoir regarder la montagne montrent combien cette dernière témoigne de la transcendance divine et symbolise sa force par sa hauteur. Ce lieu saint ne saurait être violé impunément au risque de la peine de mort enjoint la Bible. Seuls Moïse, son frère Aaron avec ses deux fils et soixante-dix des anciens d’Israël pourront gravir ces hauteurs où les Tables de la Loi seront données à Moïse pour son peuple.

Le souffle divin, synonyme de vie et de mort

TRINITÉ-GODONG

Le souffle divin se manifeste à de nombreuses reprises dans la Bible. Expression la plus discrète de l’air, il n’en est pas moins un symbole de vie et de naissance non seulement de l’homme, mais aussi de l’âme. À l’heure du bruit omniprésent de nos vies modernes, apprenons à mieux percevoir ce souffle divin.

La Genèse dans l’Ancien Testament livre un témoignage sensible et poétique de la Création en relevant que la naissance de l’homme ne résulta pas du fracas et du tonnerre, mais bien d’un souffle léger, celui de l’haleine de Dieu dont fut habité le premier homme créé sur terre  (Gn 2, 7).

Ce symbole riche et puissant, ce souffle divin que chaque mère perpétue lors de la maternité lorsque son enfant prend vie, habite et nourrit chacun d’entre nous. L’origine de l’homme se trouve à la conjonction de deux éléments fondamentaux, la terre et l’air, ce dernier prenant la forme du souffle de vie sans lequel nos existences ne seraient que factices. 

 Symbole de vie et de sagesse

Si le souffle divin se trouve à l’origine de la vie, il symbolise également le souffle vital nécessaire tout au long de la vie des hommes. C’est ce souffle originel qui guide, en effet, l’homme à suivre les commandements divins, ainsi que le souligne le Livre de Judith  (Jdt 16, 14).

Dieu grâce à son souffle de vie propose à l’homme de suivre son chemin et sa sagesse, ce que confiera également avec une touchante émotion Job dans les terribles épreuves qu’il eut à souffrir (Jb 32, 8).

Le souffle de la colère

Mais, si le souffle divin peut être, bien qu’imperceptible, doux et chemin de vie, il peut aussi devenir le symbole de la colère divine lorsque son peuple se pervertit et ne suit pas ses voies (Is 4, 4).

Dieu peut alors souffler sa colère contre ses ennemis. Un souffle impitoyable, source de jugement divin et de feu destructeur souligné également par le prophète Isaïe (Is 30, 33).

Ainsi, symbole ambivalent, le souffle divin donne vie mais peut aussi la retirer, ce qu’exprime avec scepticisme le Qohéleth (Qo 3, 20-21).

Le souffle divin s’impose ainsi en un symbole riche et puissant de la Bible, synonyme de vie, comme de mort. Aussi, pouvons-nous retenir pour conclure la comparaison suggérée par la lettre de saint Jacques Apôtre : « Ainsi, comme le corps privé de souffle est mort, de même la foi sans les œuvres est morte »(Jc 2, 26).

L’Esprit, ce souffle invisible mais perceptible

VN021033A

La Bible emploie plus de cinq cents fois le terme « esprit », signe de la force et de la puissance de ce symbole biblique. Ce mot venant du latin « spiritus » est assimilé au souffle invisible et pourtant perceptible aux hommes qui souhaitent écouter Dieu…

Si le terme même de souffle est encore usité dans notre quotidien, le mot « esprit » semble bien plus complexe à comprendre pour nos contemporains. Or la Bible associe dès le départ ces deux notions en des symboles puissants à l’origine de la vie. L’esprit, rapidement, se trouve ainsi présent dans l’Ancien Testament et distingue l’être pensant de l’animal. Les Psaumes usent à plusieurs reprises du terme afin de souligner la rectitude du cœur :  » (Ps 50, 12)

Cet esprit qui habite et guide l’homme peut également s’entendre en une dimension collective lorsqu’il touche tout un pays ou une communauté entrés dans la confusion par volonté divine ainsi que le relève le prophète Isaïe (Is 19, 2-3)

Les esprits du mal

Très rapidement l’Ancien Testament, puis le Nouveau, distingueront esprit du bien et esprit du mal. Si l’esprit de sagesse doit guider les hommes dans leur conduite,  d’autres formes d’esprit pourront cependant également les en éloigner. Ainsi parlera-t-on d’esprit de jalousie ou de luxure afin de symboliser les comportements contraires aux commandements divins. Une multitude d’esprits du mal peuplera dès lors la Bible pour montrer combien le cœur de l’homme est faillible et peut se trouver aux prises de ces entités qui le détruiront s’il n’y prend garde. 

Jésus dans les dernières années de sa vie sera réputé dans la Galilée entière pour chasser ces mauvais esprits qui tourmentaient les femmes et les hommes qui lui étaient présentés : « Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies ». (Mt 8, 16-17)

 À l’origine de tout

Paradoxalement, ce pouvoir de chasser les mauvais esprits valut à Jésus l’accusation par les pharisiens d’être l’instrument de Béelzéboul (Lc 11, 14-23).

Par cette réponse implacable à ses détracteurs, Jésus souligne combien le pouvoir qu’il possède sur les esprits du mal lui vient d’un souffle lui-même plus grand et plus puissant à savoir l’Esprit saint qui fut à l’origine même de son incarnation (Lc 1, 35).

Cet Esprit, ou Paraclet, à l’origine de tout par la volonté de Dieu et l’incarnation de son Fils complète la Trinité. Il guidera non seulement les apôtres dès la Pentecôte mais également toute l’Église naissante pour gagner chaque fidèle qui sera guidé par cet esprit de vérité et consolateur.

La terre, à l’origine de la vie

CREATION-FR284169A

Les premiers versets de la Bible débutent par le récit de la Création. Première à être citée avec le ciel, la terre symbolise le début de nos origines. Sans elle, rien n’est possible. C’est de l’argile que Dieu créera le premier homme et c’est elle qui recueillera la vie à venir.

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». (Gn 1, 1) La terre se trouve dans le récit biblique « au commencement », traduction en hébreu du premier mot de la Bible — Beréchith — que les traducteurs grecs présenteront par le terme Génésis ou origines. « Aux origines », la Bible précise également que « La terre était informe et vide », c’est-à-dire qu’elle n’avait pas encore la physionomie que nous lui connaissons. Cet aspect informe qui s’apparente à la notion de chaos de la mythologie grecque trouve également des éléments de correspondance avec la physique moderne des premières secondes de l’univers. Divinité chtonienne chez les Grecs connue sous le vocable de Gaia, la terre s’impose dans la Bible en symbole de toute vie et succède ainsi au chaos : « Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon ». (Gn 1, 10)

La terre, source de vie

La terre symbolisera ainsi rapidement l’origine de la vie dans le récit biblique. Véritable pivot, c’est à partir de sa formation que toute création sera possible selon le plan divin. Le livre de de la Genèse montre en effet combien l’alternance du jour et la nuit, le nombre de jour de la semaine, les premières plantes et les premiers animaux ne peuvent se réaliser qu’à partir de cet élément. La terre dans la Bible symbolise ainsi les conditions de la vie, elle rend possible un ordre parfait à partir duquel la Création pourra s’organiser selon la volonté divine. Pour que cette partition divine soit parfaite, c’est de la terre que l’homme sera créé (Gn 2, 7)

Ce récit des origines insiste sur la matière qui constitue l’homme, cette terre provenant du sol forme l’élément à partir duquel celui-ci est créé par Dieu, et non point l’air ou l’eau, signe de l’importance de cet élément symbolique. 

 Terre nourricière et ordre divin

C’est bien un ordonnancement divin qui se trouve, en effet, symbolisé par ce récit des origines rappelé par la Genèse. Au lieu et place du chaos originel, c’est un ordre parfait qui se trouve ainsi institué régissant la terre et la vie qu’elle portera désormais. L’élément nourricier que constitue la terre prendra rapidement une valeur sacrée dans un grand nombre de civilisations et de religions dont la religion chrétienne.

L’homme qui vivra sur cette terre aura dès lors pour devoir de préserver cet ordre divin et nourricier par des règles qui devront veiller au respect de la terre et de ses éléments. Lorsqu’il suivra cette prescription, l’abondance de la nature récompensera son action, lorsqu’il enfreindra cet impératif, les ronces et le désert prévaudront. Ce que l’homme moderne appellera « écologie » et que la dernière encyclique Laudato S i du pape François célèbre. 

La tempête, manifestation de la puissance divine

image_5540063_20211201_ob_bc1ae2_tempete-sur-le-lac-at394433a

Manifestation extrême du vent, la tempête divine intervient en de multiples références dans la Bible. Simple comparaison de la puissance de cet élément ou subtile référence aux nombreux états de l’âme du croyant, ce symbole s’avère riche d’enseignements encore aujourd’hui.

La tempête divine apparaît plusieurs fois citée dans l’Ancien Testament comme étant un des instruments au service de Dieu pour se manifester et punir les hommes. Les Psaumes multiplient ainsi les références à ce symbole biblique de manière tout autant poétique qu’explicite (Ps 10, 6). La référence à la tempête, ici, ne fait point débat, la colère divine s’abat sur ceux qui ne respectent pas sa parole sous la forme des éléments déchaînés dont le vent de tempête est l’une des manifestations extrêmes. La fameuse phrase du prophète Osée est même passée en proverbe populaire lorsque le peuple de Dieu s’était perdu avec les idoles et le veau d’or : « Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête ». (Os 8, 7) 

L’idée d’un Dieu punisseur est ici flagrante et reprise également par le prophète Jérémie à trois reprises, notamment lorsque les hommes n’accomplissent pas les desseins divins (Jr 30, 23-24).

 Une tempête alliée

Mais, la tempête divine n’est pas toujours symbole dans la Bible de la colère divine pour son peuple. Elle peut en effet dans certaines situations prendre également la forme d’une alliée à son service, notamment à l’encontre de ses ennemis dont le sort s’annonce terrifiant selon les termes mêmes du Psaume 82, 14-16.).

La tempête soumise à Jésus

S’il est un épisode biblique passé à la postérité quant aux éléments tempétueux, c’est bien le récit du Nouveau Testament lorsque Jésus fera taire les flots déchaînés sur le lac Tibériade. Une tempête s’était levée sur la barque transportant Jésus endormi et ses disciples. Ces derniers s’affolent et perdent constance ; Jésus commande alors aux éléments au grand étonnement de ses compagnons (Mc 4, 37-39).

L’évangile de Marc souligne deux réactions bien humaines des disciples à savoir leur peur de périr dans les flots avec la tempête et leur crainte encore plus grande quant à la force de Jésus sur les éléments qui allaient les engloutir. La tempête prend ici valeur de commandement aux fidèles : n’ayez pas peur ! La foi surmonte toutes les épreuves, même celles qui peuvent apparaître les plus terrifiantes.

Le vent divin, la force invisible

Le_Christ_sur_le_lac_de_Génésareth_huile_sur_toile_1854_Eugène_Delacroix_3

La Bible abonde de références au vent. Le terme se trouve employé plus d’une centaine de fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Cet élément naturel omniprésent dans la vie de tous les jours tisse progressivement tout un réseau de symboles riches de sens.

Le psaume 103 intime aux vents une mission importante, celle d’être les messagers divins. Cet élément de la vie terrestre transporte ainsi le Verbe et le fait connaître aux hommes, symbole à la fois de son immatérialité et de sa force. À l’image de Dieu invisible, le vent demeure insaisissable (Jn 3, 8).

Mais, porteur de vie avec les pluies qu’il véhicule, il peut être également symbole de destruction et de désolation lors des tempêtes qui manifestent sa force. La Bible se sert abondamment de ces symboles afin de souligner la richesse de la puissance divine au service de l’homme lorsqu’il suit fidèlement son chemin ou pour le punir lorsqu’il s’en écarte ainsi que le souligne Ben Sirac le Sage (Si 39, 28).

 Symbole de fragilité

Cependant, la Bible use également du symbole du vent afin de souligner la fragilité de la vie de l’homme « tel un souffle qui passe ». C’est alors l’évanescence et la brièveté de sa vie qui se trouvent au cœur de ces nombreuses références au vent biblique et que souligneront par la suite les philosophes stoïciens Ps 102, 15).

 Vent d’orgueil

Enfin, soulignons que le vent peut également être dans le récit biblique synonyme d’orgueil et de mensonge. Son caractère instable et ses multiples revirements témoignent alors de ce symbole négatif comme le relève le prophète Osée (Os 12,2).

Orgueil et mensonge deviennent, ici, synonymes du vent qui trompe et qui ruine, le peuple de Dieu s’éloigne alors de la vérité pour l’illusion des biens terrestres. Dès lors, comment ne pas retenir l’avertissement de saint Paul aux Corinthiens si criant d’actualité dans notre vie de tous les jours :

« Vous de même, si votre langue ne produit pas un message intelligible, comment reconnaître ce qui est dit ? Vous serez de ceux qui parlent pour le vent »…

Le baptême, un véritable acte de conversion

téléchargement (16)

Le baptême est certainement le symbole lié à l’eau le plus puissant au cœur du Nouveau Testament. Annoncé par les rites d’ablution sous l’Ancien Testament et anticipé par Jean le Baptiste, le baptême sera consacré par Jésus au Jourdain et perdurera jusqu’à nos jours.

Lorsque Jean, surnommé Le Baptiste, se tient sur les rives du Jourdain et verse de l’eau sur les fidèles nombreux qui se pressent autour de lui, il ne s’agit pas d’un rite d’ablution de plus, mais bien d’un symbole nouveau le distinguant des rites anciens. Le symbole puissant de cet acte dépasse en effet les prescriptions religieuses héritées du judaïsme pour appeler à une véritable conversion du cœur. L’eau depuis l’aube des origines est purificatrice, et l’acte d’immersion du croyant lave ses péchés pour une nouvelle naissance : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » (Mt 3,2)

L’imminence du royaume des Cieux impose au fidèle de convertir son cœur, c’est-à-dire de le tourner vers Dieu et sa Parole. Laver son corps par les eaux du baptême à l’époque de Jean Baptiste, c’est aussi laver son âme de tout ce qui l’entrave et l’obscurcit pour une renaissance du croyant.

 Un sacrement essentiel

Le baptême auquel Jésus consentira lui-même des mains du Baptiste consacre cette humilité du cœur indispensable au fidèle. Celui qui n’avait pourtant pas connu le péché accepte le baptême des mains de son parent qui reconnaît en Jésus le Messie (Mt 3, 11).

Le baptême, s’il est matérialisé par l’ablution de l’eau sur le corps du chrétien, prend ainsi avec Jésus un sens plus profond encore. Jésus préfigure en quelque sorte avec cette immersion au plus profond des eaux sa mort prochaine. Mais celle-ci n’aura pas le dernier mot, en remontant vers la lumière, c’est à la vie éternelle qu’est invité par le baptême chaque croyant.

Symbole puissant de la Bible, le baptême prendra rapidement, dès les premiers siècles, chrétiens une place toujours plus importante, en témoignent les nombreuses mosaïques et autres arts paléochrétiens. Figurant parmi les sept sacrements de l’Église, le baptême ouvre la vie du chrétien ainsi que le rappelait le théologien Tertullien aux IIe et IIIe siècles : « On ne naît pas chrétien, on le devient ». Rapidement dès les premiers siècles de notre ère, la communauté chrétienne se réunira lors de la nuit de Pâques autour de ce sacrement essentiel. L’eau bénite par l’évêque, le cierge pascal puis les premiers baptistères, ces lieux où seront pratiqués les baptêmes, constituent autant de rites composant le baptême qui sont parvenus jusqu’à nous.

Les ablutions, acte de purification

téléchargement (17)

Si le mot ablution n’est guère plus utilisé de nos jours dans le langage courant, cette pratique qui consiste à se laver le corps, en partie ou totalement, a toujours occupé une place importante dans les religions. La Bible n’y fait pas exception avec de nombreux symboles dont certains sont parvenus jusqu’à nous.

Le livre de la Genèse évoque les premières ablutions rituelles partagées par la plupart des civilisations antiques de cette époque lointaine  (Gn 18, 4).

Le lavement des pieds prend ici une double signification. Celle hygiénique du soin du corps doublée d’un sens spirituel de purification, sens que l’on retrouve d’ailleurs dans l’épisode du Buisson ardent où Dieu intime à Abraham d’ôter ses sandales impures sur le lieu saint où il se trouvait. Les ablutions d’eau prennent dès lors un sens religieux essentiel, le Lévitique fournira d’ailleurs toute une liste de nombreuses prescriptions enjoignant les fidèles à cette pratique rituelle (Lv 14, 8-9).

Les contemporains de ces textes savaient que l’eau à elle seule ne pouvait suffire à guérir le lépreux de son mal, attribuant ainsi aux ablutions une dimension essentiellement symbolique par laquelle le rite confère à celui qui en bénéficie la protection divine. L’exemple le plus flagrant d’ablutions conduisant à la guérison réside certainement avec l’épisode du général de l’armée du roi d’Aram, nommé Naaman et atteint de la lèpre. Cet ennemi d’Israël accepte de rencontrer le prophète Élisée qui lui enjoint d’aller faire ses ablutions sept fois dans le Jourdain, un acte de soumission difficile à accepter pour le fier guerrier occupant (2 R 5°.

Après avoir tourné bride et être reparti en colère, Naaman accepta finalement de se soumettre à l’injonction et fut guéri instantanément

Les ablutions au temps de Jésus

Jésus donnera un sens plus profond encore aux pratiques rituelles d’ablutions lors de l’émouvant épisode du lavement des pieds de ses disciples (Jn 13, 1-15).

Jésus par cette ablution répétée chaque année lors de la Semaine sainte dans nos églises dépasse la pratique rituelle pour lui conférer une autre dimension symbolique, celle de l’humilité et du don total de Celui qui va donner sa vie pour la multitude.

Du Jardin d’Eden au Jardin des Oliviers

adam_et_ecc80ve_au_paradis_terrestre

Les premiers instants de la Genèse laissent apparaître non point un champ, une montagne, un lac ou une mer, mais un jardin luxuriant à la nature foisonnante. Ce lieu paradisiaque décidé par Dieu pour sa création livre un symbole essentiel que la culture occidentale développera abondamment…

 Le Jardin d’Éden et le Paradis

« Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé ». (Gn 2, 8) Le tout début de la Genèse situe ainsi précisément en Éden à l’orient l’endroit protégé où toute la création de Dieu aura place, et en premier, l’homme à qui Dieu vient d’insuffler la vie. 

Si la Bible ne précise pas où se situe en Orient l’Éden, la tradition semble privilégier un lieu situé en Mésopotamie. En cette région, lieu de terres fertiles et bénies, Dieu assura la luxuriance des arbres aux fruits savoureux. Tout y a été créé pour profiter à l’homme sans qu’il n’ait à se soucier de rien. Le jardin d’Éden prend ainsi rapidement dans la Bible valeur d’un espace sacré où le plan divin a été ordonné afin que l’homme croisse et dispose de tout ce dont il a besoin (Gn 2, 16-17).Une seule injonction, mais non des moindres, et  malheureusement, nous connaissons la suite…

web-saint-february-01-brigid-of-ireland-public-domain

 Le Jardin des Oliviers

C’est également dans un jardin – le Jardin des Oliviers – que Jésus connaîtra ses dernières heures terrestres avant sa Passion. L’évangile de Jean nous rappelle que Jésus aimait à s’y rendre entouré de ses disciples (Jn 18, 1-2).

En un singulier retour de l’Histoire biblique, le jardin, celui des Oliviers, réunira ainsi à la fois la paix et la joie d’enseigner à ses disciples, mais révèlera aussi le fruit de la tentation qui le livrera à ses ennemis. Jésus ne choisit pas un lien mondain où il est bon d’être vu mais un lieu retiré, à l’écart, loin du bruit de la ville voisine de Jérusalem pour prier et s’adresser à son Père. 

Le contraste saisissant entre l’habitude paisible de se rendre en ce lieu aimé, lieu de partage avec ses disciples, et les instants tragiques qui allaient s’y dérouler, ne peut que questionner le fidèle. Lieu de vie et d’abondance, le jardin le plus agréable peut aussi se métamorphoser en espace d’angoisses, de trahisons et de violence, les racines du mal s’immisçant ainsi au cœur de l’homme.

the_garden_of_earthly_delights_by_bosch_high_resolution_2

Le Jardin des délices

téléchargement (19)

Le peintre primitif flamand Jérôme Bosch (~1450-1516) a certainement livré l’une des plus belles évocations du jardin paradisiaque. En un contraste étonnant et qui n’a pas fini de nourrir les thèses les plus folles, l’artiste a dépeint de manière saisissante l’évolution entre les premiers instants du Paradis dans le Jardin de l’Éden sur le panneau de gauche, jusqu’à la terrible représentation de l’Enfer sur le volet de droite en passant par le dérèglement des passions au centre de l’œuvre. 

Ce jardin nommé « Jardin des Délices » apparaît à la fois comme le symbole de la Création la plus sereine évoquée au début de la Genèse, mais aussi l’occasion de la perdition la plus extrême, contraste singulier à l’époque où cette œuvre fut conçue à la croisée du Moyen âge et de la Renaissance, mais aussi à la veille des Guerres de religion… 

Les jardins dans la Bible, lieux de salut

adam_et_ecc80ve_au_paradis_terrestre-1

Dieu aime les jardins. Il en fait des lieux de salut et la Bible en visite un nombre incalculable. Trois d’entre eux entourent le destin de l’humanité et créent une magnifique parabole : tout commence et tout finit dans un jardin.

Le premier jardinier de la Bible, c’est Dieu. C’est Lui qui dessine le jardin d’Éden qui est un « paradis terrestre ». Mais ce n’est qu’un début. Dieu plante des jardins un peu partout. Ils composent les lieux d’une œuvre  qui se joue en plusieurs actes.

L’histoire du salut de l’homme commence dans le jardin d’Éden, le jardin du commencement de la vie dans lequel Adam et Ève sont en relation directe avec Dieu. Elle se termine dans un autre jardin, celui de la Résurrection.

 Le jardin parle, l’esprit respire

Un jardin, c’est d’abord une clôture : « un espace délimité, protégé des regards et du monde, un lieu à part, secret. Car dans le jardin biblique, Dieu rencontre l’humanité, Il lui donne rendez-vous. « Il attend l’homme, dans le secret du cœur. Et pour ceux qui croient à la Résurrection du Fils de Dieu, le jardin de Dieu est désormais partout où l’on trouve un homme qui prie (…) Le jardin parle et l’esprit respire. »

La première mention du jardin dans le judaïsme se trouve dans l’Ancien Testament, dans le récit biblique du jardin d’Éden. Selon saint Augustin, c’est là que naît le temps. Le livre d’Ézéchiel le décrit comme « la sainte montagne de Dieu » , couverte de cyprès et de platanes, de pierres précieuses, de diamants, de saphirs, d’émeraudes et d’or. C’est le jardin où Dieu crée le premier homme, Adam (Gn 2, 8).

Ce paradis terrestre – Éden ­signifie « délices » – est le délice de Dieu : sa créature y est comblée. Le bonheur de Dieu est le bonheur de l’homme. Et réciproquement. Adam et Ève, le couple qui bouleverse l’histoire de l’humanité, y vit heureux en parfaite harmonie avec la nature : la terre produit le fruit nécessaire, les animaux sont soumis à l’homme, la souffrance et la mort sont exclues. Les lois de la nature sont directement commandées par la puissance divine. La vie y est douce. Mais ce paradis sera perdu. Adam et Ève en seront chassés. Le serpent, entré en scène, a fait miroiter au premier couple humain la possibilité d’être «comme des dieux ». Créés libres, l’un et l’autre se laissent alors tenter. Ainsi commence la longue histoire du mal.

Après la Cène, Jésus se rend au mont des Oliviers. Il laisse ses disciples à l’entrée du jardin, n’emmenant avec lui que Pierre, Jacques et Jean. II prie. Jésus ressent l’angoisse la plus profonde. Il sait que son heure d’être livré est venue, mais il fait confiance à son Père. Il leur dit :

«Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez» (Mc 14, 32-34).

Mais malgré les demandes du Christ qui a besoin de les savoir près de Lui, Pierre, Jacques et Jean s’endorment… Le Christ est seul face à la mort. Gethsémani, le lieu de l’agonie et de l’arrestation du Christ n’est pas un jardin de plaisir aux fleurs et aux senteurs envoûtantes. C’est une oliveraie, le lieu de transformation où les olives sont pressées : c’est aussi le jardin de l’abandon. :  « c’est au jardin d’Éden que l’homme trahit une première fois Dieu ; au jardin des Oliviers, il fait bien pire : il Le livre. » (Anne Ducrocq in Les Jardins spirituels).

Le récit de la Passion selon saint Jean commence dans un jardin, celui de Gethsémani. Il s’achève dans un autre où se trouve un tombeau neuf : là où sera déposé le corps de Jésus. Les récits de la Résurrection ont lieu dans un jardin (Jn 19, 41).

Marie-Madeleine y arrive au petit jour, éperdue de chagrin. Émue, elle veut voir le corps de Jésus. Mais le tombeau est vide. Elle sent une présence et se retourne. Un inconnu est là. Elle ne reconnaît Jésus ni à la vue ni à la voix. Car dans ce jardin de la Résurrection, Il ressemble à un jardinier. C’est ainsi que le Ressuscité l’arrache à la sidération de la mort. Il la rappelle au présent en l’appelant par son prénom, Marie-Madeleine. La grande amoureuse retrouve alors son Seigneur vivant.

 Trois jardins qui entourent l’humanité

Le Christ est crucifié dans un jardin. Il est ressuscité dans un jardin, où il prend l’apparence d’un jardinier. La boucle est bouclée. Quand l’histoire du salut commence dans un jardin, elle se termine dans un autre jardin, celui de la Résurrection. Ainsi trois jardins entourent le destin de l’humanité : celui du Paradis, celui de l’Agonie et celui de la Résurrection. Ces trois jardins sont aussi ceux de nos vies. 

Les pierres précieuses, un scintillement dans les ténèbres

téléchargement (20)

S’il est une source lumineuse récurrente dans la Bible, c’est bien celle provenant des multiples pierres précieuses qui y scintillent. Symboles de royauté et de puissance céleste, ces joyaux participent au premier plan à la lumière divine.

Les pierres les plus fines sont rapidement devenues dans l’histoire de l’humanité symbole de pouvoir et d’autorité du fait de leur rareté et de leur prix. Aussi n’est-il pas étonnant que parmi les plus riches présents apportés par la reine de Saba au roi David figurent, précise le récit biblique, en première place les pierres les plus précieuses de son pays (1 R, 10,2).

Quelle place tiennent ces trésors terrestres sur un plan divin ? Ce qu’il y avait de plus rare et de plus riche constituait toujours un cadeau de prix au détenteur du pouvoir. Aussi le scintillement de ces gemmes uniques symbolisait-il la lumière provenant de celui-là même qui exerçait la fonction royale. Ceci explique le présent mythique de la reine de Saba. Par son abondance et rareté, il souligne l’importance qu’elle accordait au roi David qui à son pouvoir terrestre superposait une autre dimension, celle-ci toute spirituelle. Cette dimension se retrouve, bien sûr, également dans l’or, qui par son éclat à nul autre pareil, sa rareté et son caractère inaltérable se place avant ou vient sertir les pierres précieuses. Ainsi, parmi les présents apportés par les rois mages à Jésus nouveau-né dans la crèche figure en première place l’or, symbole de lumière et de royauté nous précisent les Évangiles  (Mt 2, 11).

Un scintillement dans les ténèbres

La Bible abonde de références aux pierres précieuses afin de souligner l’incomparable lumière divine. Parmi ces dernières, le saphir semble, de par sa couleur, s’imposer comme la pierre précieuse du firmament (Ex 24, 9-10).

Le saphir, pierre très dure, se caractérise en effet par sa couleur et sa transparence bleutée. C’est ainsi la pierre du firmament et des trônes dont la pureté demeure extraordinaire, ce que confirme également le prophète Ezéchiel lorsqu’il perçoit la gloire du Seigneur  (Ez 1, 26).

Ce thème de la cité céleste où trône le Seigneur dans une lumière minérale se retrouve également chez le prophète Isaïe qui promet au peuple exilé une Jérusalem nouvelle reposant sur les pierres les plus précieuses, allégorie de la foi au Dieu d’Israël (Ap 21, 8-12).

Saphir, jaspe, calcédoine, émeraude, sardoine, cornaline, chrysolithe… et autres pierres précieuses qui ornent les douze portes de la Jérusalem céleste soulignent l’extraordinaire rayonnement de la lumière divine.

 Pierres précieuses et fonctions sacerdotales

Lumière divine, le scintillement des pierres les plus précieuses doit également rayonner sur le représentant du Seigneur lors des liturgies. Aussi Aaron, le grand prêtre, se devait-il de porter un pectoral, grande plaque portée sur la poitrine ornée de pierres précieuses, dont les soins apportés à sa fabrication par les plus grands artisans témoignent de son importance (Ex 28, 15, 21).

téléchargement (2)

Ici, sardoine, topaze, émeraude, saphir, jaspe, agate, améthyste et autres pierres précieuses représentent les douze tribus d’Israël, des joyaux chargés de faire resplendir la gloire de Dieu. Nous retrouvons aujourd’hui toute cette puissante valeur symbolique des pierres précieuses par leur présence sur certains objets liturgiques, et plus modestement leurs incomparables couleurs dans les diverses parures liturgiques.

téléchargement (1)

images (8)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s