ANCIEN TESTAMENT, DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, EVANGILE SELON SAINT LUC, LETTRE DE SAINT PAUL AUX COLOSSIENS, LIVRE DU DEUTERONOME, NOUVEAU TESTAMENT, PSAUME 18

Dimanche 10 juillet 2022 : 15ème dimanche du Temps Ordinaire : Lectures et commentaires

Dimanche 10 juillet 2022 :

15ème dimanche du Temps Ordinaire

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Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,

1ère lecture

Psaume

2ème lecture

Evangile

PREMIERE LECTURE – Deutéronome 30,10-14

Moïse disait au peuple :
10 « Écoute la voix du SEIGNEUR ton Dieu,
en observant ses commandements et ses décrets
inscrits dans ce livre de la Loi,
et reviens au SEIGNEUR ton Dieu
de tout ton cœur et de toute ton âme.
11 Car cette loi que je te prescris aujourd’hui
n’est pas au-dessus de tes forces
ni hors de ton atteinte.
12 Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises :
‘Qui montera aux cieux
nous la chercher ?
Qui nous la fera entendre,
afin que nous la mettions en pratique ?’
13 Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises :
‘Qui se rendra au-delà des mers
nous la chercher ?
Qui nous la fera entendre,
afin que nous la mettions en pratique ?’
14 Elle est tout près de toi, cette Parole,
elle est dans ta bouche et dans ton cœur,
afin que tu la mettes en pratique. »

EST-CE DONC SI DIFFICILE D’OBSERVER LA LOI ?
Le livre du Deutéronome se présente comme le dernier discours de Moïse, son testament spirituel en quelque sorte : mais il n’a certainement pas été écrit par Moïse lui-même puisqu’il répète à de nombreuses reprises : Moïse a dit, Moïse a fait… Et l’auteur use de beaucoup de solennité pour rappeler ce qui lui semble être l’apport majeur de Moïse : il est celui qui a fait sortir d’Egypte le peuple d’Israël et a conclu l’Alliance avec Dieu au Sinaï. Par cette Alliance, Dieu s’engageait à protéger son peuple tout au long de son histoire, mais réciproquement, le peuple s’engageait à toujours respecter la Loi de Dieu car il y reconnaissait le meilleur garant de sa liberté retrouvée.
Mais une chose est de s’engager, une autre de respecter l’engagement. Or le peuple y a trop souvent manqué. Le royaume du Nord a fait lui-même son propre malheur, et depuis la victoire des Assyriens, il est rayé de la carte. Les habitants du royaume du Sud feraient bien d’en tirer les leçons et c’est à eux que l’auteur s’adresse ici : « Écoute la voix du SEIGNEUR ton Dieu, en observant ses commandements et ses décrets inscrits dans ce livre de la Loi ».
Et pourtant il a l’air de dire que ce ne serait pas bien difficile d’observer cette Loi : elle n’est ni difficile à comprendre ni difficile à appliquer : « Cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. »
Alors pourquoi les hommes, du temps de Moïse, comme du temps de l’auteur du Deutéronome, comme aujourd’hui sont-ils si rétifs à des commandements pourtant bien simples : tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas le bien d’autrui ? A cette question, Moïse répondait : le peuple a « la nuque raide » ; à la fin de sa vie, quand il réfléchissait sur le passé, il pouvait dire : « Sache bien que ce n’est pas à cause de ta justice que le SEIGNEUR te donne à posséder ce bon pays, car tu es un peuple à la nuque raide. Souviens-toi. N’oublie pas que tu as irrité le SEIGNEUR ton Dieu dans le désert. Depuis le jour où vous êtes sortis d’Egypte jusqu’à ce que vous soyez arrivés en ce lieu, vous avez été rebelles au SEIGNEUR. » (Dt 9,6-7).
UN PEUPLE A LA NUQUE RAIDE
Je m’arrête sur cette expression « nuque raide » : il y a une superbe image qui se cache derrière cette formule que nous disons malheureusement toujours trop vite ; il faut avoir devant les yeux un joug, cette pièce de bois qui unit deux bœufs pour labourer. L’expression « nuque raide » évoque donc un attelage, ou plus exactement une bête qui refuse de courber son cou sous l’attelage ; si une bête est rétive, on se doute bien que l’attelage est moins performant : or, justement, l’Alliance entre Dieu et son peuple était comparée à une attache, un joug d’attelage. Pour recommander l’obéissance à la Loi, Ben Sirac, par exemple, disait : « Placez votre cou sous le joug et recevez l’instruction. » (Si 51,26). Jérémie reprochant au peuple d’Israël ses manquements à la Loi disait dans le même sens : « Depuis longtemps, tu as brisé ton joug, rompu tes liens » (Jr 2,20 ; Jr 5,5).
On comprend mieux du coup la phrase célèbre de Jésus : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples… Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. » (Mt 11,29-30). Cette phrase de Jésus a peut-être bien ses racines justement dans notre texte du Deutéronome : « Cette Loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. » Autrement dit, Dieu ne demande pas à son peuple des choses impossibles. Peut-être ce passage s’adresse-t-il à des croyants découragés, à l’instar des disciples qui se plaignirent un jour à Jésus en lui demandant « Qui donc peut être sauvé ? » (Mt 19,25).
On retrouve bien là, dans le Deutéronome d’abord, chez Jésus ensuite, le grand message très positif de la Bible : la Loi est à notre portée, le mal n’est pas irrémédiable ; l’humanité va vers son salut : un salut qui consiste à vivre dans l’amour de Dieu et des autres, pour le plus grand bonheur de tous. Mais, l’expérience aidant, on a appris aussi que la pratique d’une vie juste, c’est-à-dire en conformité avec ce projet de Dieu est quasi-impossible aux hommes s’ils comptent sur leurs seules forces. Et la leçon est toujours la même : Jésus répond à ses disciples : « Pour les hommes c’est impossible, mais pour Dieu, tout est possible. » (Mt 19,26).
Oui, à Dieu tout est possible, y compris de transformer nos nuques raides. Puisque son peuple est désespérément incapable de fidélité, c’est Dieu lui-même qui transformera son cœur  : « Le SEIGNEUR ton Dieu te circoncira le cœur , à toi et à ta descendance, pour que tu aimes le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton cœur  et de toute ton âme, afin de vivre. » (Dt 30,6).
Par « circoncision du cœur  », on entend l’adhésion de l’être tout entier à la volonté de Dieu. On a longtemps espéré que le peuple lui-même atteindrait cette qualité d’adhésion à l’Alliance « de tout son coeur, de toute son âme, de toutes ses forces » (comme dit la fameuse phrase du « Shema Israël », la grande profession de foi, Dt 6,4) ; mais il a bien fallu se rendre à l’évidence ; et des prophètes comme Jérémie, Ezéchiel prennent acte de ce qu’il y faudra une intervention de Dieu : « Je mettrai ma loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur . Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. » (Jr 31,33).

PSAUME 68 (69),14.17.30-31.33-34.36ab.37

———-
14  Moi je te prie, SEIGNEUR :
c’est l’heure de ta grâce :
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.

17  Réponds-moi, SEIGNEUR,
car il est bon ton amour ;
dans ta grande tendresse,
regarde-moi.

30 Et moi, humilié, meurtri,
Que ton salut, Dieu, me redresse.
31 Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
Je vais le magnifier, lui rendre grâce.

33  Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie à vous qui cherchez Dieu ! »
34 Car le SEIGNEUR écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.

36 Car Dieu viendra sauver Sion
Et rebâtir les villes de Juda :
37 patrimoine pour les descendants de ses serviteurs,
Demeure pour ceux qui aiment son nom.
———————–

LE SEIGNEUR ECOUTE LES HUMBLES
C’est bien parce que le psalmiste est convaincu de cette dernière phrase : « Le SEIGNEUR écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés » qu’il ose dire tout ce qui précède. Car ce psaume est justement le cri de détresse d’un malheureux, d’un humilié, peut-être d’un emprisonné. Apparemment, il s’agit d’un croyant persécuté pour sa foi, puisqu’il dit : « C’est pour toi (sous-entendu toi-Dieu) que j’endure l’insulte et que la honte me couvre le visage : l’amour de ta maison m’a perdu ; on t’insulte et l’insulte retombe sur moi » (versets 8 et 10).
La persécution est malheureusement une situation bien connue en Israël : d’une part, les prophètes ont tous été persécutés au sein même de leur peuple ; d’autre part, et surtout, le peuple lui-même a été persécuté par les autres peuples. Si on y réfléchit, il n’est pas étonnant que le peuple choisi par Dieu pour être son prophète subisse le même sort que les prophètes individuels.
Mais pourquoi un prophète ne meurt-il presque jamais dans son lit ? Pourquoi faut-il qu’il subisse la honte et les insultes ? De la même manière Jésus dira : « Il fallait que le Fils de l’homme souffrît… » Pourquoi est-ce inévitable ? On peut dire qu’un prophète est un peu l’interprète de Dieu, on dit qu’il est la « bouche de Dieu » puisqu’il proclame sa Parole. Or on sait bien que « nos pensées ne sont pas les pensées de Dieu et que ses chemins ne sont pas nos chemins », et qu’il y a la même distance entre nos pensées et celles de Dieu qu’entre la terre et le ciel ! comme dit Isaïe (Is 55,8-9). Si donc le prophète se fait l’écho fidèle des pensées de Dieu, il est sans cesse en contradiction avec à peu près tout le monde ; il est condamné à être sans cesse à contre-courant. Sa parole, parfois sa simple présence est un appel à la justice, à la sainteté (c’est-à-dire concrètement l’amour des frères), au partage, toutes choses dont nous n’avons guère envie. Ecouter de belles paroles, c’est facile, mais les prophètes ne se contentent pas de dire de belles paroles, ils appellent à changer de vie, ce qui est autrement plus dérangeant. La prédication des véritables prophètes ressemble à un projecteur braqué sur les recoins de notre vie et tout spécialement sur notre attitude envers les autres. Dans bien des cas, nous préférons éteindre la lumière.
Par moments, cette hostilité submerge le prophète : Moïse a eu ses moments de découragement ; Elie a supplié de mourir ; Jérémie a regretté d’être né ; voici quelques lignes de lui qui éclairent la première lecture de ce dimanche : « Maudit, le jour où je fus enfanté ! Le jour où ma mère m’enfanta, qu’il ne devienne pas béni ! Maudit l’homme qui annonça à mon père : ‘Un fils t’est né !’… Et pourquoi Dieu ne m’a-t-il pas fait mourir dès le sein ? Ma mère serait devenue ma tombe, sa grossesse n’arrivant jamais à terme. Pourquoi suis-je donc sorti du sein, pour connaître peine et affliction, pour être chaque jour miné par la honte ? » (Au passage, on ne peut que remarquer la parenté de ce texte avec le livre de Job ; ce qui n’a rien d’étonnant puisque le personnage de Job représente le peuple d’Israël dans ses moments de détresse).
Je reviens à notre psaume : celui qui parle se compare à un noyé qui est en train de perdre pied : il n’a plus la force de remonter ; je vous lis les premiers versets qui ne font pas partie de la liturgie de ce jour : « Sauve-moi, mon Dieu : les eaux montent jusqu’à ma gorge ! J’enfonce dans la vase du gouffre, rien qui me retienne ; je descends dans l’abîme des eaux ; le flot m’engloutit ». (Là on croit entendre les paroles de Jonas).
DANS TON GRAND AMOUR, DIEU, REPONDS-MOI
Mais même au fond du gouffre, un vrai prophète ne perd pas confiance : la Parole qui lui cause tant de malheurs est en même temps son soutien ; et notre psaume, après toute une série de lamentations se transforme en prière pour se terminer en action de grâce, déjà, car il est sûr, malgré tout, d’être exaucé. Commençons par la prière : « Et moi, je te supplie, SEIGNEUR, c’est l’heure de ta grâce… Tire-moi de la boue, sinon je m’enfonce : que j’échappe à ceux qui me haïssent, à l’abîme des eaux. Que les flots ne me submergent pas, que le gouffre ne m’avale, que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi ». Là on croirait entendre Jérémie en personne, lui qui a été jeté un jour dans un puits pour avoir tenu sur le Temple des propos qui n’ont pas plu : il a osé dire « cette Maison sur laquelle le Nom de Dieu a été proclamé, vous la prenez pour une caverne de bandits ».
Entre parenthèses, Jésus a tenu à son tour à peu près les mêmes propos en chassant les vendeurs du Temple et quand Saint Jean raconte cet épisode, il cite justement une phrase de notre psaume d’aujourd’hui : « Le zèle de ta maison me dévorera. » (Jn 2,17).
Enfin ce psaume se termine par une prière d’action de grâce : c’est une donnée permanente de la prière juive que la supplication et l’action de grâce soient toujours étroitement mêlées. Ici, le psalmiste chante déjà victoire : non seulement lui-même sera sauvé, mais le peuple entendra enfin la voix de son Dieu et le bonheur pour tous pourra s’installer : « Je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce. Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »

PSAUME – 18 (19), 8, 9, 10, 11

8 La loi du SEIGNEUR est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du SEIGNEUR est sûre,
qui rend sages les simples.

9 Les préceptes du SEIGNEUR sont droits,
ils réjouissent le cœur  ;
le commandement du SEIGNEUR est limpide,
il clarifie le regard.

10 La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du SEIGNEUR sont justes
et vraiment équitables :

11 plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

LA LOI, COMME UN CODE DE LA ROUTE
C’est une vraie litanie en l’honneur de la Loi : « La Loi du SEIGNEUR », « la charte du SEIGNEUR », « les préceptes du SEIGNEUR », « le commandement du SEIGNEUR », « les décisions du SEIGNEUR »… En réalité, il n’est question que de Dieu, celui qui a révélé son Nom à Moïse : le SEIGNEUR. Celui qui a choisi ce peuple parmi tous les peuples de la terre, et l’a libéré… Celui qui a proposé à ce peuple son Alliance pour l’accompagner dans toute son existence… Celui, enfin, qui poursuit son œuvre  de libération en proposant sa Loi…
Il ne faut jamais oublier qu’avant toute autre chose, le peuple juif a expérimenté la libération apportée par son Dieu. Et les « commandements » sont dans la droite ligne de la sortie d’Egypte : ils sont une entreprise de libération. Dieu a « fait sortir » (c’est l’expression consacrée) son peuple des chaînes de l’esclavage, il le fera sortir de toutes les autres chaînes qui empêchent l’homme d’être heureux. C’est cela l’Alliance Eternelle. L’Exode était route vers la Terre Promise ; l’obéissance à la Loi est cheminement vers la véritable Terre Promise, la Patrie future de l’humanité.
Le livre du Deutéronome y insiste à plusieurs reprises : « Puisses-tu écouter Israël, garder et pratiquer ce qui te rendra heureux » (Dt 6,3). A quoi notre psaume répond en écho : « Les préceptes du SEIGNEUR sont droits, ils réjouissent le cœur  ».
La grande certitude qu’ont acquise les hommes de la Bible, c’est que Dieu veut l’homme heureux, et il lui en donne le moyen, un moyen bien simple : il suffit d’écouter la Parole de Dieu inscrite dans la Loi. Le chemin est balisé, les commandements sont comme des poteaux indicateurs sur le bord de la route, pour alerter notre regard sur un danger éventuel : « Le commandement du SEIGNEUR est limpide, il clarifie le regard ». Au jour le jour, la Loi est notre maître, elle nous enseigne : on sait que la racine du mot « Torah » en hébreu signifie d’abord « enseigner ». « La charte du SEIGNEUR est sûre, qui rend sages les simples ». Ici les simples, ce sont ceux justement qui acceptent tout humblement de se laisser enseigner par Dieu : « Et maintenant, Israël, qu’est-ce que le SEIGNEUR ton Dieu attend de toi ? Il attend seulement que tu craignes le SEIGNEUR ton Dieu en suivant tous ses chemins, en aimant et en servant le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton être, en gardant les commandements du SEIGNEUR et les lois que je te donne aujourd’hui pour ton bonheur ». (Dt 10,12-13).
Et le prophète Michée reprend en écho : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu ». (Mi 6,8). Il n’y a pas d’autre exigence, il n’y a pas non plus d’autre chemin pour être heureux.
DIEU VEUT L’HOMME HEUREUX
« Les décisions du SEIGNEUR sont justes et vraiment équitables, plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons. » Là, on touche du doigt la distance culturelle qui nous sépare de l’auteur de ce psaume : pour nous comme pour lui, l’or est un métal à la fois inaltérable, et précieux, donc désirable. Pour le miel, c’est autre chose : il n’évoque sûrement pas pour nous ce qu’il représentait pour un habitant d’Israël ; quand Dieu appelle Moïse pour la première fois et lui confie la mission de libérer son peuple, il lui promet : « Je vous ferai monter de la misère d’Egypte… vers le pays ruisselant de lait et de miel » (Ex 3,17). On ne sait pas à quand remonte cette expression : apparemment, elle est très ancienne et les Cananéens l’employaient déjà. Pour eux, comme pour Israël, elle caractérise l’abondance et la douceur. Du miel, on en trouve évidemment bien ailleurs qu’en Israël : le goût sucré des gâteaux de miel est apprécié dans de nombreux pays. On en trouve même dans le désert : la preuve, c’est que Jean-Baptiste « se nourrissait de miel sauvage » (Mt 3,4), mais c’est quand même rare ! Et justement, ce qui sera merveilleux dans la Terre Promise, ce sera la profusion, le miel « ruissellera ».
Cette abondance, cette douceur est attribuée à l’action de Dieu ; mais, me direz-vous, cela non plus n’est pas propre au peuple d’Israël : partout ou presque on pense que notre vie est dans les mains des dieux ; et tous les rites religieux sont justement faits pour obtenir les faveurs des divinités : on cherche à leur plaire pour obtenir la pluie en temps voulu, pour éviter la grêle, les sauterelles et tout ce qui pourrait compromettre les récoltes… Parce que les divinités ont tout pouvoir.
Ce qui est propre à Israël, c’est son expérience de l’œuvre  de Dieu, et cela change tout ! Il ne s’agit pas de l’amadouer pour obtenir ses bienfaits ; ses bienfaits sont acquis d’avance. Ce qui est propre à Israël, c’est son expérience de la générosité de Dieu. Dieu a pris l’initiative de créer le monde, simplement par amour ; Dieu a pris l’initiative de sauver son peuple, simplement par amour. Et le miel devient pour eux symbole de la douceur même de Dieu. Le livre du Deutéronome, quand il rappelle au peuple toute la sollicitude que Dieu lui a prodiguée pendant l’Exode, dit : « Il rencontre son peuple au pays du désert, Il lui fait sucer le miel dans le creux des pierres » (Dt 32,13). La manne, aussi, parce qu’elle est douce et parce qu’elle est cadeau de Dieu, est comparée à du miel : « C’était comme de la graine de coriandre, c’était blanc, avec un goût de beignets au miel » (Ex 16,31). Désormais on parlera des oignons d’Egypte, mais du miel de Canaan : il y a pourtant du miel aussi en Egypte, mais on n’avait pas encore fait l’expérience de l’Exode et de la Présence de Dieu.
Désormais, Israël ne sait pas seulement que la Parole de Dieu a créé le monde, Israël sait mieux encore que sa Parole sauve le monde : « La loi du SEIGNEUR est parfaite, qui redonne vie ; la charte du SEIGNEUR est sûre, qui rend sages les simples. »
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Complément
– C’est dans le Livre du Deutéronome qu’on trouve les plus belles méditations sur la Loi ; par exemple : « Interroge donc les jours du début, ceux d’avant toi, depuis le jour où Dieu créa l’humanité sur la terre, interroge d’un bout à l’autre du monde : est-il rien arrivé d’aussi grand ? A-t-on rien entendu de pareil ?… A toi, il t’a été donné de voir, pour que tu saches que c’est le SEIGNEUR qui est Dieu : il n’y en a pas d’autre que lui… Reconnais-le aujourd’hui et réfléchis : c’est le SEIGNEUR qui est Dieu, en haut dans le ciel et en bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre. Garde ses lois et ses commandements que je te donne aujourd’hui pour ton bonheur et celui de tes fils après toi, afin que tu prolonges tes jours sur la terre que le SEIGNEUR ton Dieu te donne, tous les jours. » (Dt 4,32… 40).

DEUXIEME LECTURE – lettre de Saint Paul apôtre aux Colossiens 1,15-20

15 Le Christ Jésus est l’image du Dieu invisible,
le premier-né, avant toute créature :
16 en lui, tout fut créé,
dans le ciel et sur la terre.
Les êtres visibles et invisibles,
Puissances, Principautés,
Souverainetés, Dominations,
tout est créé par lui et pour lui.
17 Il est avant toute chose,
et tout subsiste en lui.
18 Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église :
c’est lui le commencement,
le premier-né d’entre les morts,
afin qu’il ait en tout la primauté.
19 Car Dieu a jugé bon
qu’habite en lui toute plénitude
20 et que tout, par le Christ,
lui soit enfin réconcilié,
faisant la paix par le sang de sa Croix,
la paix pour tous les êtres
sur la terre et dans le ciel.

EN CONTEMPLANT JESUS-CHRIST, L’HUMANITE EST RECONCILIEE AVEC DIEU
Je commence par la dernière phrase qui est peut-être pour nous la plus difficile : « Dieu a jugé bon que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. » Paul ici compare la mort du Christ à un sacrifice comme on en offrait habituellement au Temple de Jérusalem. Il existait en particulier des sacrifices qu’on appelait « sacrifices de paix ».
Paul sait bien que ceux qui ont condamné Jésus n’avaient aucunement l’intention d’offrir un sacrifice : tout d’abord parce que les sacrifices humains n’existaient plus en Israël depuis fort longtemps ; ensuite parce que Jésus a été condamné à mort comme un malfaiteur et exécuté hors de la ville de Jérusalem. Mais il contemple une chose inouïe : dans sa grâce, Dieu a transformé l’horrible passion infligée à son fils par les hommes en œuvre de paix ! Pour le dire autrement, c’est la haine des hommes qui tue le Christ, mais, par un mystérieux retournement, parce que Dieu accomplit cette œuvre  de grâce, ce paroxysme de haine des hommes est transformé en un instrument de réconciliation, de pacification.
Et pourquoi sommes-nous réconciliés ? Parce qu’enfin, nous connaissons Dieu tel qu’il est vraiment, pur amour et pardon, bien loin du Dieu punisseur que nous imaginons parfois. Et cette découverte peut transformer nos cœurs  de pierre en cœurs  de chair (pour reprendre l’expression d’Ezéchiel) si nous laissons l’Esprit du Christ envahir nos cœurs . Dans cette lettre aux Colossiens, nous lisons la même méditation que développe également saint Jean et qui est inspirée par Zacharie. De la part de Dieu, le prophète annonçait :
« Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, … ils pleureront sur lui amèrement. » (Za 12,10). En d’autres termes, c’est Dieu qui nous inspire de contempler la croix et, de cette contemplation, peut naître notre conversion, notre réconciliation.
Paul nous invite donc à cette même contemplation : en levant les yeux vers le transpercé (comme dit Zacharie) nous découvrons en Jésus l’homme juste par excellence, l’homme parfait, tel que Dieu l’a voulu. Dans le projet créateur de Dieu, l’homme est créé à son image et à sa ressemblance ; la vocation de tout homme, c’est donc d’être l’image de Dieu. Or le Christ est l’exemplaire parfait, si l’on ose dire, il est véritablement l’homme à l’image de Dieu : en contemplant le Christ, nous contemplons l’homme, tel que Dieu l’a voulu. « Il est l’image du Dieu invisible », dit Paul. « Voici l’homme » (Ecce homo) dit Pilate à la foule, sans se douter de la profondeur de cette déclaration !
QUI M’A VU A VU LE PERE
Et c’est pour cela que Paul peut parler de plénitude, au sens d’accomplissement : « Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude ». Je reprends le début du texte : « Le Christ Jésus est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en lui tout fut créé dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles… tout est créé par lui et pour lui. »
Mais Paul va plus loin : en Jésus, nous contemplons également Dieu lui-même : dans l’expression « image du Dieu invisible » appliquée à Jésus-Christ, il ne faudrait pas minimiser le mot « image » : il faut l’entendre au sens fort ; en Jésus-Christ, Dieu se donne à voir ; ou pour le dire autrement, Jésus est la visibilité du Père : « Qui m’a vu a vu le Père » dit-il lui-même dans l’évangile de Jean (Jn 14,9). Un peu plus bas dans cette même lettre aux Colossiens, Paul dit encore : « En lui, dans son propre corps, habite toute la plénitude de la divinité. » (Col 2,9). Il réunit donc en lui la plénitude de la créature et la plénitude de Dieu : il est à la fois homme et Dieu. En contemplant le Christ, nous contemplons l’homme… en contemplant le Christ, nous contemplons Dieu.
Reste un verset, très court, mais capital : « Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Eglise : c’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. » C’est peut-être le texte le plus clair du Nouveau Testament pour nous dire que nous sommes le Corps du Christ. Il est la tête d’un grand corps dont nous sommes les membres. Dans la lettre aux Romains (Rm 12,4-5) et la première lettre aux Corinthiens (1 Co 12,12), Paul avait déjà dit que nous sommes tous les membres d’un même corps. Ici, il précise plus clairement : « Le Christ est la tête du corps, la tête de l’Eglise ». (Il développe la même idée dans la lettre aux Ephésiens : Ep 1,22 ; 4,15 ; 5,23).
Evidemment, il dépend de nous que ce Corps grandisse harmonieusement. A nous de jouer, donc, maintenant, si j’ose dire : la Nouvelle Alliance inaugurée en Jésus-Christ s’offre à la liberté des hommes ; pour nous, baptisés, elle est (ou elle devrait être) un sujet sans cesse renouvelé d’émerveillement et d’action de grâce ; un peu plus haut, l’auteur commençait sa contemplation par : « Dans la joie, vous rendrez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints, dans la lumière. » (Col 1,12). Il s’adressait à ceux qu’il appelle « les saints », c’est-à-dire les baptisés. L’Eglise, par vocation, c’est le lieu où l’on rend grâce à Dieu. Ne nous étonnons pas que notre réunion hebdomadaire s’appelle « Eucharistie » (littéralement en grec « action de grâce »).

EVANGILE – selon Saint Luc 10,25-37

En ce temps-là,
25 un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
26 Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
27 L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
28 Jésus lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
29 Mais lui, voulant se justifier,
dit à Jésus :
« Et qui est mon prochain ? »
30 Jésus reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
31 Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
32 De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
33 Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
34 Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
35 Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
36 Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
37 Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

QUI EST MON PROCHAIN ?
Tel est pris qui croyait prendre ! S’il espérait mettre Jésus dans l’embarras, le docteur de la Loi en a été pour ses frais et c’est lui, en définitive, qui a dû se trouver bien embarrassé. En posant à celui qui est l’Amour même la question : « Jusqu’où faut-il aimer ? », il s’est attiré une réponse bien exigeante ! Si l’on veut rester tranquille, en effet, il y a des questions à ne pas poser ! Surtout si ce sont des questions aussi importantes que la première posée par le docteur de la Loi : « Maître, que dois-je faire, pour avoir en héritage la vie éternelle ? » ou, plus compromettante encore, la question suivante : « Et qui est mon prochain ? » Devant de telles interrogations, Jésus ne peut que désirer conduire son interlocuteur jusqu’au plus intime du cœur  de Dieu lui-même.
Ce cheminement, Jésus va le situer très exactement sur une route bien connue de ses auditeurs, les trente kilomètres qui séparent Jérusalem de Jéricho, une route en plein désert, dont certains passages étaient à l’époque de véritables coupe-gorge. Ce récit d’attentat et cette histoire de secours au blessé étaient d’une vraisemblance criante. L’homme est donc tombé aux mains de brigands qui l’ont dépouillé et laissé pour mort. A son malheur physique et moral, s’ajoute pour lui une exclusion d’ordre religieux : touché par des « impurs », il a contracté lui aussi une impureté. C’est probablement l’une des raisons de l’indifférence apparente, voire de la répulsion qu’éprouvent à sa vision le prêtre et le lévite soucieux de préserver leur intégrité rituelle. Le Samaritain, bien sûr, ne va pas avoir de scrupules de ce genre.
La scène au bord de la route dit en images ce que Jésus a fait lui-même bien souvent concrètement : en guérissant le jour du sabbat, par exemple, en se penchant sur des lépreux, en accueillant les pécheurs, et en citant plusieurs fois la parole du prophète Osée : « Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. » (Os 6,6).
La connaissance de Dieu, parlons-en : quand Jésus avait posé la question : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? », le docteur de la Loi avait récité avec enthousiasme : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur , de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui avait dit : « Tu as répondu correctement. » Car la seule chose qui compte, on le savait déjà en Israël, c’est la fidélité à ce double amour. Saint Jean écrira plus tard : « Si quelqu’un dit J’aime Dieu et qu’il n’aime pas son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. » (1 Jn 4,20). Et encore : « Aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (1 Jn 4,7).
CELUI QUI AIME EST NE DE DIEU ET CONNAIT DIEU

Le fin mot de cette connaissance que nous révèle la Bible, Ancien et Nouveau Testaments confondus, c’est que Dieu est « miséricordieux » (littéralement en hébreu « ses entrailles vibrent ») ; or, nous dit le récit, quand le Samaritain vit l’homme blessé, « il fut saisi de compassion » (en grec « ému aux entrailles »). Ce n’est pas par hasard si Luc emploie exactement la même expression pour dire l’émotion de Jésus, à la porte du village de Naïm, à la vue de la veuve conduisant son fils unique au cimetière (Lc 7)… ou pour décrire l’émotion du Père au retour du fils prodigue (Lc 15).
Je reviens à la parabole : ce voyageur miséricordieux n’est pourtant aux yeux des Juifs qu’un Samaritain, c’est-à-dire ce qu’il y a de moins recommandable. Car Samaritains et Juifs étaient normalement ennemis : les Juifs méprisaient les Samaritains qu’ils considéraient comme hérétiques et les Samaritains, de leur côté, ne pardonnaient pas aux Juifs d’avoir détruit leur sanctuaire sur le mont Garizim (en 129 av.J.C.). Le mépris, à vrai dire, était ancestral : au livre de Ben Sirac, on cite parmi les peuples considérés comme détestables les Samaritains, « le peuple fou qui habite à Sichem » (Si 50,26). Et c’est cet homme méprisé qui est déclaré par Jésus plus proche de Dieu que les dignitaires et servants du Temple (le prêtre et le lévite passés à côté du blessé sans s’arrêter). Cette émotion « jusqu’aux entrailles » (tout le contraire de la dureté des cœurs de pierre dont parlait Ezéchiel), nous dit que le Samaritain, (ce mécréant aux yeux des Judéens) est capable d’être « l’image de Dieu » ! A son niveau personnel, on voit quelle attitude Jésus lui-même a choisie, lui qui dispense sans compter compassion et guérison.
Jésus propose donc ici un renversement de perspective : à la question « qui est mon prochain », il ne répond pas, comme on s’y attendrait, en traçant le cercle de ceux que nous devons considérer comme notre prochain. Car un cercle, aussi large soit-il pose une limite. Jésus refuse de donner une « définition » (dans « définition », il y a le mot latin « finis », limite), il en fait une affaire de cœur et non d’intellect. A ce propos, gare au vocabulaire ! A lui seul le mot « prochain » laisse entendre qu’il y a des « lointains ».
Alors, si on demande à Jésus « Qui donc est mon prochain ? », il nous répond : A toi de décider jusqu’où tu acceptes de te faire proche. Et si l’on se pose la question : Pourquoi le Samaritain nous est-il donné en exemple ? La réponse est toute simple : parce qu’il est capable d’être saisi de pitié. A nous aussi, Jésus dit : « Va, et toi aussi, fais de même. » Sous-entendu, ce n’est pas facultatif : « Fais ainsi et tu vivras » avait-il dit à son interlocuteur un peu avant ; Luc répète souvent cette exigence de cohérence entre parole et actes : c’est bien beau de parler comme un livre (c’est le cas du docteur de la Loi, ici), mais cela ne suffit pas : « Ma mère et mes frères, disait Jésus, sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » (Lc 8,21). Et là, notre capacité d’inventer est sollicitée : si les dimensions du cercle de notre prochain dépendent de notre bon vouloir, si les considérations de catégories sociales et de convenances doivent céder le pas à la pitié (ce qui semble bien être la leçon de cette parabole), alors, il ne nous reste plus qu’à inventer l’amour sans frontières !
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Complément
– Si la question « Quel est le plus grand commandement ? » se retrouve dans les évangiles de Matthieu et de Marc, la parabole du Bon Samaritain, en revanche, est propre à Luc. On notera également que chez Luc, c’est le docteur de la Loi qui donne lui-même la réponse « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même. » Alors Jésus reprend : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
– Il est intéressant de noter que cette présentation éminemment sympathique d’un Samaritain (Luc 10) suit de très près dans l’évangile de Luc le refus d’un village samaritain de recevoir Jésus et ses disciples en route de la Galilée vers Jérusalem (Luc 9). Ce qui semble vouloir dire que Jésus se refuse catégoriquement à tout amalgame !
– Le bon Samaritain ou le choix des priorités : la parabole du bon Samaritain, c’est une affaire de choix de priorités en somme. Un homme est en détresse sur le bord de la route et son état nécessite des secours urgents. Oui mais… le prêtre et le lévite qui passent leur chemin ont certainement une raison sérieuse de ne pas s’arrêter. Leur vie entière est consacrée à Dieu dans le service du Temple : or ils doivent respecter des règles de pureté très strictes pour avoir le droit d’officier. Tout contact avec du sang leur est interdit, par exemple.

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