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14 juillet : par Eric Vuillard

14 juillet

Eric Vuillard

Arles, Actes Sud Editions, 2016. 208 pages

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Dans « 14 juillet », Éric Vuillard raconte la prise de la Bastille en s’affranchissant de l’historiographie officielle telle que l’on peut l’apprendre dans les livres d’histoire. Menant avec brio un récit alerte composé de personnages vivants, il nous parle pour les lecteurs du 21e siècle, et rend justice à ceux qui ont mis en marche la Révolution française sans en avoir conscience.

Au départ, un sentiment d’injustice sourd au sein du Tiers-Etat qui trime et ne peut plus se nourrir : « un journalier gagne dix sous par jour, un pain de quatre livres en vaut quinze ». Alors la révolte gagne le peuple de Paris : à Versailles pendant ce temps-là c’est la gabegie,  les banquiers spéculent sur la dette, les esprits s’échauffent et les femmes réclament du pain. Faute d’être entendu, on commence à piller les palais, puis on recherche des armes. C’est finalement à la Bastille, prison d’Etat et symbole de l’arbitraire de l’Ancien Régime, que l’on va s’attaquer et devant la résistance de son gouverneur, la rage du peuple va se cristalliser autour de la forteresse.

Éric Vuillard se place au milieu de la foule, « le » personnage principal de cette chronique. Il donne un nom et un visage sortant les émeutiers de l’anonymat où les historiens les avaient entassés, en dressant des listes de noms, des listes de métiers, en décrivant les trognes et les vêtements de gros drap et de laine, l’organisation sur le tas, les idées lancées à la volée, les mots qu’on se répète dans un mouvement improvisé qui, parti du faubourg Saint-Antoine, enfle et se répand comme une traînée de poudre dans tout Paris et au-delà. Grâce à un travail d’archives remarquable, on les imagine, on peut les voir comme si on y était, ces hommes qui ont quitté échoppes et ateliers pour venir prêter main forte ; le lecteur a l’impression de la vivre heure après heure, cette prise de la Bastille, d’en connaître les protagonistes, et même ceux qui ont été tués, auxquels l’auteur donne une identité et des histoires de vie tellement plus riches que ce que contiennent les procès-verbaux, tout en dépeignant ces femmes du petit peuple, humbles et dignes qui viennent réclamer à l’administration le cadavre d’un mari ou d’un frère : des cœurs simples flaubertiens.

Eric Vuillard (1968-…)

Biographie :

Éric Vuillard est un écrivain, cinéaste et scénariste français.

Il publie un premier récit, « Le Chasseur », en 1999, puis deux livres aux tons poétiques (dont « Tohu », 2005), et un roman épique, sur la conquête du Pérou par Pizarro et la chute de l’Empire inca, « Conquistadors » (2009) qui a reçu le Prix Ignatius J. Reilly 2010.

Il a réalisé en 2008 un long métrage, « Mateo Falcone », qui est une adaptation de la nouvelle de Prosper Mérimée.

En 2012, il reçoit le Prix franco-allemand Franz Hessel pour « La Bataille d’Occident » et « Congo », puis le prix Valery-Larbaud 2013 pour les mêmes livres. En 2014, il publie « Tristesse de la terre » qui obtient un beau succès. Il est sélectionné pour plusieurs prix littéraires.

Son livre sur les coulisses de la Seconde Guerre mondiale, « L’Ordre du jour », remporte le prix Goncourt 2017.

En 2019, il publie un court récit littéraire aux confins de la fiction, de l’histoire et de la politique, relatant des luttes sociales du Moyen Âge, « La guerre des pauvres ».

Éric Vuillard vit actuellement à Rennes.

14 JUILLET 1790 : FÊTE DE LA FEDERATION

Je vis de survivre : cantique du réfugié

Je vis de survivre : cantique du réfugié

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Je vis de survivre 

Fuite, par mille pas recommencés

Par mille pas, recommencer ma vie

O Brûlures, tunique de Nessus

Tunique de Nessus, brasier de vie

Chute, dans le ventre du container,

Ventre du container, coffre de vie.

Ombres crucifiées, pied du Golgotha

Au pied du Golgotha, pleurer la vie

O ma douleur, tu es signe de vie

Signe de la croix du vivre vivant

Je vis de survivre 

Détresse, une précarité sans fin

Précarité sans fin, tourment de vie

Mélancolie, unique nuit d’amour

Unique nuit d’amour, féconde vie

Tragique, dans le flot, ta main perdue

Ta main perdue, noyée, pleine de vie

Ombres crucifiées, pied du Golgotha

Au pied du Golgotha, pleurer la vie

O ma douleur tu es signe de vie

Signe de la croix du vivre vivant

Je vis de survivre 

O Mort, en embuscade, à l’affût

A  l’affût, en tension, désir de vie

Humiliée l’âme, dernière lueur

Dernière lueur, lumignon de vie

Sans tombes, sans noms, morts anonymes

Morts anonymes, filiation de vie

Ombres crucifiées, pied du Golgotha

Au pied du Golgotha, pleurer la vie

O ma douleur tu es signe de vie

Signe de la croix du vivre vivant

Je vis de survivre 

Secrète, la violence du courant

Dans le courant, passer le gué de vie

Dure, la galère quotidienne

Quotidienne rage, ancre de vie

Oasis, l’eau fraîche, ton sourire

Ton sourire illumine ma vie

Ombres crucifiées, pied du Golgotha

Au pied du Golgotha, pleurer la vie

O ma douleur tu es signe de vie

Signe de la croix du vivre vivant

Je vis de survivre 

Sans lieux, à l’assaut des points cardinaux

Points cardinaux, périmètre de vie

Sans toit, dévêtu, nu, corps exposé

Corps exposé à la passion de vie 

Sans biens, dans les pas du Fils de l’homme

Du Fils de homme, l’éternité de vie

Ombres crucifiées, pied du Golgotha

Au pied du Golgotha, pleurer la vie

O ma douleur tu es signe de vie

Signe de la croix du vivre vivant

Christiane Giraud-Barra

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14 juillet 1790 : Fête de la Fédération

14 juillet 1790

La Fête de la Fédération

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Le 14 juillet 1790, à Paris, les Français commémorent en grande pompe le premier anniversaire de la prise de la Bastille. La Fête nationale du 14 juillet perpétue le souvenir de cette fête, qui, elle-même, commémorait la prise de la Bastille.

Pour des motifs divers, chacun dans le pays est désireux de clore la Révolution entamée de façon pacifique avec l’ouverture des états généraux. Les députés, qui se sont depuis lors érigés en assemblée nationale constituante, ont beaucoup légiféré, modernisé les structures administratives et mis sur pied un projet de monarchie constitutionnelle. 

Le roi Louis XVI, son épouse Marie -Antoinetteet la cour s’en accommodent contraints et forcés. Il s’agit de célébrer ce grand moment d’unité retrouvée…

Fabienne Manière

L’union nationale

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Des fêtes civiques spontanées organisées çà et là dans les départements ont inspiré l’idée de cette grande fête d’union nationale aux députés de l’Assemblée constituante et au marquis de La Fayette, homme de confiance du roi.

Deux jours après le vote mémorable de la Constitution civile du Clergé, les députés et les délégués de tous les départements, les « Fédérés » forment un immense cortège qui traverse la Seine et gagne la vaste esplanade du Champ-de-Mars.

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Dans les tribunes, sur les côtés de l’esplanade, on compte 260 000 Parisiens auxquels s’ajoutent une centaine de milliers de fédérés, rangés sous les bannières de leur département.

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https://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=17900714&ID_dossier=18