ANGLETERRE, ELIZABETH II D'ANGLETERRE (1926-2022), EUROPE, HISTOIRE, HISTOIRE DE L'EUROPE, HISTOIRE DU ROYAUME-UNI, LA REINE ELIZABETH II D'ANGLETERRE (1926-2022), ROYAUME-UNI

La reine Elizabeth II d’Angleterre (1926-2022)

Mort d’Elizabeth II, reine éternelle des Britanniques

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Portrait 

Née le 21 avril 1926, la reine du Royaume-Uni et du Commonwealth, au pouvoir depuis 70 ans, s’est éteinte le 8 septembre à l’âge de 96 ans. Monarque la plus prestigieuse du monde, Elizabeth II a incarné la fonction royale avec une dignité qui lui vaut le respect de ses sujets britanniques et du Commonwealth, et, plus largement, l’admiration de bon nombre de républicains.

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Couronnement d’Elisabeth II d’Angleterre à l’abbaye de Westminster. Londres (Angleterre), 2 juin 1953.TOPFOTO / ROGER-VIOLLET

La reine Elizabeth, qui vient de mourir à l’âge de 96 ans, a impressionné tous ceux qui l’ont approchée par son maintien. Une façon de se tenir très droite, sans raideur pourtant, mais sans relâchement, jamais. Elle conférait à la personne de cette dame anglaise à chapeau, une autorité indiscutable, renforcée par un regard perçant et vif, de nature à établir immédiatement l’évidence d’une domination et d’une distance, impressionnant tout ceux qui l’ont rencontrée. Elle en aura fait preuve jusqu’au bout, de la tourmente du Brexit jusqu’à la perte en avril 2021 de son époux adoré, le prince Philip.

 De la dignité avant tout chose, aurait pu être sa devise, si la reine n’avait pas endossé celle de l’Angleterre, « Dieu et mon droit ». Jean-Paul II, avec sa perception pénétrante de la nature humaine, l’avait saluée en ces termes en 1982 : « Depuis de très nombreuses années et durant les changements de l’époque, vous avez régné avec une dignité et un sens du devoir qui ont édifié des millions de gens à travers le monde. »Benoît XVI, la visitant à son tour en septembre 2010, rendait, lui, hommage à la fermeté avec laquelle « la Grande-Bretagne et ses dirigeants ont combattu la tyrannie nazie qui cherchait à éliminer Dieu de la société ».

Une fillette consciente de ses prérogatives

Née le 21 avril 1926, Elizabeth Alexandra Mary n’était pourtant pas destinée, à ce moment-là, à régner. Mais l’abdication d’Edouard VIII, en 1936, fait de son père le duc d’York, le roi George VI, et place Elizabeth, à 10 ans, au premier rang de l’ordre de la succession. Lilibeth, comme on l’appelle alors, est l’aînée, sa sœur Margaret a quatre ans de moins qu’elle.

La future reine, une fillette sérieuse, consciente de ses prérogatives, passionnée par les chevaux – elle a reçu son premier poney à 3 ans – et les chiens, étudie les langues étrangères et l’histoire, se montre très faible en mathématiques, travaille les questions d’étiquette, son maintien, s’entraîne sans relâche à porter la traîne et les diadèmes qui la préparent aux couronnes, à donner audience…

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Elizabeth II à cheval, en surplomb du château de Balmoral (Écosse), l’une des résidences d’été favorites de la famille royale. La reine a toute sa vie été passionnée par les chevaux et les chiens. / Lichfield/Lichfield/Getty Images

À 13 ans, elle rencontre Philip Schleswig-Holstein-Sonderburg-Glucksbourg, également appelé Philippe de Grèce, un cousin lointain de 19 ans, élève officier de marine, et en reste éblouie. La guerre éclate cette année-là, et la princesse Elizabeth s’installe avec sa famille au château de Windsor, près de Londres, en 1940. Alors que les bombardements du Blitz font rage, on pense à envoyer les princesses Elizabeth et Margaret à la campagne, comme la plupart des enfants de Londres, ou au Canada. La reine Elizabeth, leur mère, aurait alors déclaré : « Les enfants ne partiront pas sans moi ; je ne partirai pas sans le roi. Et le roi ne partira jamais. » On installe les ­princesses à Windsor, à l’ouest de Londres, jugé moins vulnérable que Buckingham.

Une reine et quatorze chefs de gouvernement

Le courage de la famille royale durant les années de guerre reste, sans doute, encore aujourd’hui la première source de légitimité des Windsor auprès de leurs sujets. Comme les autres membres de la famille royale, Elizabeth paie de sa personne. En 1940, en pleine bataille d’Angleterre, elle intervient à la radio dans « Children’s hour », pour remonter le moral des Anglais. Elle est nommée grenadier de la garde royale à 16 ans. Elle apprend à conduire pour être ambulancière à 18 ans, puis conductrice de camion de l’armée de réserve, en 1944.

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Dès la fin de la guerre, que son beau cousin, renommé Philip Mountbatten (un patronyme plus anglais), a faite dans la Navy, on annonce leurs fiançailles. Ils se marient le 20 novembre 1947, et il devient duc d’Édimbourg. Ils auront quatre enfants, Charles, prince de Galles, en 1948, Anne en 1950, Andrew en 1960 et Edward en 1964.

Partie faire le tour de ses sujets du Commonwealth, un voyage de plusieurs mois, Elizabeth apprend la mort de son père à la suite d’une embolie le 6 février 1952, au Kenya. Elle rentre aussitôt à Londres où Winston Churchill, 79 ans, en redingote noire, le premier de ses premiers ministres, l’attend sur le tarmac, entouré des personnalités du royaume.

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23 mars 1950 : le premier ministre Winston Churchill saluant la princesseElizabeth. Celle-ci débutera son règne sous les auspices de cet illustre mentor. / TopFoto/Roger-Viollet

Elle commence son règne sous les auspices de son mentor, elle qui connaîtra durant son règne, quinze chefs de gouvernement : Winston Churchill, Anthony Eden, Harold Macmilan, Alec Douglas-Home, Harold Wilson, Edward Heath, James Callaghan, Margaret Thatcher, John Major, Tony Blair, Gordon Brown David Cameron et Theresa May, Boris Johnson et Liz Truss.

« Pipolisation » de la famille royale

Le sacre d’Elizabeth II, le 2 juin 1953, dans l’abbaye de Westminster, est resté dans les mémoires, comme une cérémonie somptueuse et émouvante : la reine n’a que 27 ans. C’est aussi la première grande retransmission télévisée de portée mondiale, vue par 300 millions de téléspectateurs en Eurovision, sur la décision d’Elizabeth elle-même, contre l’avis de Winston Churchill et de l’archevêque de Cantorbéry, primat de l’Église d’Angleterre.

Rapprochant la monarchie du peuple, elle ouvre également la voie à la médiatisation mondiale de la famille royale, qui prendra, bien contre son gré, au cours de son règne, le tour outrancier de la « pipolisation ». Quand l’archevêque de Cantorbéry la couronne reine, et que retentissent les « God save the Queen », elle devient non seulement le chef de l’État du Royaume-Uni, mais aussi la présidente de la Fédération du Commonwealth (53 états membres aujourd’hui, dont 15 la reconnaissent comme leur souveraine), et également le gouverneur suprême de l’Église ­d’Angleterre.

Un long règne commence, avec ses rituels, comme celui du « discours de la reine », qui la voit tous les ans, dans la Chambre des lords, lire la liste des projets de loi que le gouvernement souhaite soumettre au vote des deux chambres durant la session parlementaire. Un texte qu’elle n’a pas écrit, et dont elle ne doit rien changer, mais auquel elle confère la solennité de son autorité. Une illustration parmi d’autres du rôle politique d’Elizabeth II, limité dans les faits, mais indispensable au bon fonctionnement de la démocratie britannique.

Une reine apolitique et politique

Apolitique, la reine se fait communiquer les documents ministériels, et se tient au courant des grands dossiers. Une fois par semaine, le mardi, elle reçoit le premier ministre du moment, qui la consulte avant de convoquer les élections, et qu’elle désigne toujours elle-même, respectant le verdict des urnes.

Politique, cependant, dans son incarnation du Royaume-Uni aux yeux du monde, elle se distingue sur la scène internationale. Ainsi, sa visite en Irlande, en mai 2011, la première d’un roi d’Angleterre depuis l’indépendance du pays en 1922, a été perçue comme une reconnaissance de l’apaisement entre les deux voisins, autrefois ennemis, aujourd’hui parvenus à un règlement conjoint du conflit nord-irlandais. Après le vote britannique du 23 juin 2016 en faveur d’une sortie de l’Union européenne, Elizabeth II devait encore avaliser ce Brexit auquel elle n’aurait pas été favorable, même si elle ne s’était pas exprimée sur le sujet.

Durant son règne, Elizabeth II a manifesté une résistance à la modernité qui a suscité à la fois les réserves et l’admiration de ses sujets. Des réserves quand, au nom de la raison d’État, elle force les membres de la famille royale à adopter les comportements qui lui paraissent nécessaires.

Ainsi, elle met fin en 1955 à la romance de sa jeune sœur avec Peter Townsend, elle arrange le mariage de son fils aîné avec Lady Diana Spencer. On lui reproche sa froideur, voire sa dureté envers la jeune princesse de Galles impulsive et populaire. Sa très grande maîtrise de soi, assimilée à de l’indifférence, lors de la mort de la princesse Diana à Paris en 1997, fait plonger sa popularité au plus bas. La presse anglaise lui reproche son manque de compassion et l’accuse d’avoir été plus émue par l’incendie du château de Windsor en 1992 que par la perte de son ex-belle-fille.

Un peuple attaché à sa reine

Une réputation qu’Elizabeth II a sérieusement améliorée aux yeux de son peuple, en encourageant le mariage de son petit-fils William, futur roi, avec la roturière Catherine Middleton, le 29 avril 2011, le 29 avril 2011, puis en se réjouissant de la naissance de leur premier enfant, le prince George, en 2013, premier de ses arrière-petits-enfants. De même, elle laisse le prince Harry, marié à Meghan Markle, prendre du champ.

La reine au train de vie fastueux, accepte les règles. Elle s’est soumise à partir de 1993 à l’impôt sur le revenu et a cédé au gouvernement en 2006 le contrôle des finances de ses palais.

Mais les sujets d’Elizabeth II n’ont, au fond, jamais cessé d’avoir de l’admiration pour leur souveraine. Au fil des années, ils se sont attachés sincèrement à cette femme stricte, au style de vie si anglais, avec ses chevaux et ses chiens, dont la droiture ne leur a jamais fait défaut. Sa dignité, en toutes circonstances, leur en a imposé. Comme elle en a imposé au monde entier.

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La vie d’Elizabeth II en dates

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21 avril 1926. Naissance de la princesse Elizabeth.

  1. Mort du roi George V, suivie de l’abdication de son fils aîné Edward VIII. George VI monte sur le trône.

20 novembre 1947. Élisabeth épouse le prince Philippe de Grèce et de Danemark.

  1. Naissance du prince Charles.
  2. Naissance de la princesse Anne.
  3. Mort du roi George VI. Sa fille aînée devient reine sous le nom d’Elizabeth II.

2 juin 1953. Couronnement à l’abbaye de Westminster.

  1. Naissance du prince Andrew.
  2. Naissance du prince Edward.
  3. Mort de Winston Churchill.
  4. Le prince Charles épouse lady Diana Spencer.
  5. Naissance du prince William.
  6. Naissance du prince Harry.
  7. « Annus horribilis » du fait des problèmes conjugaux entre son fils Charles et Diana, qui divorceront en 1996.
  8. Mort de Diana.
  9. Mort de sa sœur Margaret et de la reine mère.

29 avril 2011. Mariage de William avec Catherine Middleton.

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  1. Jubilé de diamant de la reine pour ses 60 ans de règne.
  2. Naissance du prince George, fils de William et Catherine.
  3. Naissance de Charlotte, fille de William et Catherine.
  4. Naissance de Louis, fils de William et Catherine. Mariage de Harry avec Meghan Markle.

6 mai 2019. Naissance d’Archie, fils de Harry et Meghan.

9 avril 2021. Mort du prince Philip.

4 juin 2021. Naissance de Lilibet Diana, fille de Harry et Meghan.

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Les liens entre la reine d’Angleterre et l’anglicanisme 

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Comprendre. Quelques semaines avant son mariage, ce samedi, avec le petit-fils de la reine d’Angleterre le prince Harry, l’actrice américaine Meghan Markle a été discrètement baptisée et confirmée dans l’Église d’Angleterre. Une église où la reine tient toujours un rôle symbolique.

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La reine Elizabeth arrive à l’abbaye de Westminster, accompagnée de l’archevêque de Cantorbéry,
pour inaugurer le Synode général de l’Église d’Angleterre, en 1995.BIG PICTURES/MAXPPP

Quelle est la place de la reine d’Angleterre dans l’anglicanisme ?

Comme tous les souverains britanniques depuis la Réforme, la reine Elizabeth II est « défenseur de la foi et gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre ». Le premier titre a été décerné en 1521 par le pape Léon X à Henry VIII qui avait vigoureusement pris la défense du catholicisme contre les positions de Luther. Cela ne l’empêchera pas de se séparer de Rome qui refusait d’annuler son mariage avec Catherine ­d’Aragon : en 1534, le Parlement anglais lui conférera le titre de « chef suprême de l’Église ­d’Angleterre », que rejettera sa fille Mary Ire, demeurée catholique. C’est ­Elizabeth Ire qui, en 1558, prendra définitivement le titre de « gouverneur suprême de l’Église ­d’Angleterre », passé depuis à tous ses successeurs.

Depuis lors, en effet, les monarques anglais promettent solennellement, lors de leur couronnement, de « maintenir et préserver de manière inviolable l’établissement de l’Église ­d’Angleterre et la doctrine, le culte, la discipline et le gouvernement de celle-ci, comme l’établit la loi en Angleterre ». Ainsi en 1953, ­Elizabeth II, établissant son autorité sur l’Église ­d’Angleterre, l’a fait seulement sur la branche anglaise de la Communion anglicane, dont le primat, l’archevêque de ­Cantorbéry, est toutefois nommé par elle.

En tant que reine d’Écosse, la souveraine britannique a aussi la charge de « maintenir l’Église d’Écosse ». Mais cette Église presbytérienne ne reconnaît que le Christ comme « roi et chef », et la reine ne peut donc être son « gouverneur suprême » : quand elle est à Balmoral, elle assiste donc aux offices comme « membre ordinaire » de l’Église d’Écosse. Elle est toutefois représentée à son assemblée générale par un lord haut-commissaire, nommé sur l’avis du premier ministre, mais qui n’a qu’un rôle honorifique.

Comment s’exprime ce rôle ?

C’est officiellement la reine qui nomme les archevêques, évêques et doyens de cathédrales de l’Église d’Angleterre. Comme les prêtres et diacres, ceux-ci lui doivent un serment d’allégeance, et ils ne peuvent démissionner sans son consentement. Dans les faits, c’est une Commission des nominations de la Couronne qui procède à la sélection des candidats, le premier ministre étant désormais obligé de choisir le premier de la liste pour le présenter à la nomination royale.

L’autorité suprême de l’Église d’Angleterre est désormais le ­Synode de l’Église d’Angleterre, présidé par les archevêques de Cantorbéry et York. Depuis les années 1970, la reine a néanmoins pris l’habitude d’en ouvrir la première session après l’élection des membres, tous les cinq ans. Symboliquement, les décisions du Synode doivent être validées par le Parlement et recevoir l’assentiment royal pour avoir force de loi. En matière liturgique et doctrinale, le Synode agit seul, mais il doit là encore recevoir l’assentiment de la reine après avis du ministre de l’intérieur.

Ces dispositions expliquent que, aujourd’hui encore, le monarque britannique doit obligatoirement être de confession anglicane. C’est ainsi que, en 2001, lord ­Nicholas Windsor, fils du duc de Kent et alors 37e dans l’ordre de succession au trône, a dû renoncer à ses droits lors de sa réception dans l’Église catholique.

Depuis 2013, et l’abolition des dispositions de l’Acte d’établissement de 1701, il n’est toutefois plus obligatoire que les membres de la famille royale épousent un anglican. Contrairement à Autumn Kelly, née catholique, qui avait ainsi dû devenir anglicane avant son mariage en 2008 avec Peter Phillips, petit-fils de la reine.

Quelle est la foi de la reine Elizabeth ?

« Pour la reine, la foi est très importante », relève Christopher Lamb, correspondant à Rome de l’hebdomadaire britannique The Tablet. Elle va ainsi régulièrement à la messe, où on sait qu’elle apprécie les homélies brèves. « Plus que tout, l’onction sainte qu’elle a reçue au jour de son couronnement est centrale pour elle, poursuit Christopher Lamb. Elle se voit comme un monarque sous le regard de Dieu et croit fermement à son rôle de reine dans une optique de service. C’est en grande partie de sa foi que lui vient la haute idée qu’elle se fait de son devoir. » Un devoir presque sacré pour elle.

Si elle ne s’est jamais exprimée sur le fonctionnement de l’Église d’Angleterre – elle ne serait pas très à l’aise avec l’idée des femmes évêques, même si elle a dû l’accepter –, elle a eu plusieurs fois l’occasion de parler de sa foi. Notamment dans ses messages télévisés de Noël, plus particulièrement depuis les années 2000, dans un contexte de sécularisation grandissante en Grande-­Bretagne. « Pour moi, Jésus-Christ, Prince de la paix, dont nous célébrons la naissance, est une inspiration et une ancre dans ma vie », a ainsi témoigné en 2015 celle dont la série télévisée The Crown a récemment rappelé combien l’évangéliste américain Billy Graham, qu’elle a plusieurs fois rencontré, l’avait aidée à approfondir sa foi.

Pour ce qui est du prince Charles, il serait, dans sa pratique, plus proche des anglo-catholiques, la branche de l’anglicanisme à la liturgie plus traditionnelle et plus marquée par le catholicisme. Le petit-fils de la princesse Alice de Grèce, devenue religieuse orthodoxe, a aussi été influencé par l’orthodoxie (il aurait fait des retraites au Mont Athos) et, très impliqué dans le dialogue interreligieux, il s’est intéressé à l’islam et au judaïsme comme aux religions orientales. L’héritier du trône a d’ailleurs expliqué envisager son futur rôle de défenseur de la foi plutôt comme celui de « défenseur de foi », afin d’« assurer que les autres fois puissent aussi être pratiquées, chacun, quelle que soit sa foi, faisant partie de l’ensemble ».

Quant à la génération la plus jeune, si elle pratique officiellement l’anglicanisme, elle n’a pas encore eu l’occasion de s’exprimer réellement sur sa foi. Néanmoins, et alors que cela n’est plus obligatoire, Meghan Markle d’origine protestante, élevée dans une école catholique mais jamais baptisée, a-t-elle été discrètement baptisée et confirmée le 6 mars dernier dans l’Église ­d’Angleterre, juste avant son mariage ce samedi avec le prince Harry. De même, Kate Middleton, baptisée enfant, avait-elle été confirmée peu avant son mariage avec le prince William.

https://www.la-croix.com/Journal/liens-entre-reine-dAngleterre-langlicanisme-2018-05-19-1100940221

ANGLETERRE, HISTOIRE, HISTOIRE DE L'EUROPE, PHILIPPE, DUC D'EDIMBOURG (1921-2021), ROYAUME-UNI

Philippe Mountbatten, duc d’Edimbourg (1921-2021)

Philip Mountbatten

Philippe de Grèce

 

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Philip Mountbatten, du d’Edimbourg, , né Philippe de Grèce  le 10 juin 1921 à Corfou, en Grèce et mort le 9 avril 2021 à Windsor, au Royaume-Uni, est le mari d’Elisabeth II, reine du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth..

Prince de Grèce et de Danemark   jusqu’à son mariage, il est le cinquième enfant et seul fils du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Battenberg, le petit-fils du roi des Hellènes Georges Ier et un cousin germain des rois Georges II et Paul Ier. Il est également un petit-neveu de la dernière tsarine Alexandra Fiodorovna Romanov et de la princesse Irène de Prusse, belle-sœur de l’empereur allemand Guillaume II. Par sa mère Alice de Battenberg, Philip Mountbatten est aussi arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria du Royaume-Uni.

Membre de la maison dano-allemande de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksburg, le prince Philip naît dans la famille royale de Grèce, mais sa famille s’exile alors qu’il a un an et demi. Après des études en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Écosse, il rejoint la Royal-Navy à l’âge de 18 ans en 1939. En juillet 1939, il commence à correspondre avec la princesse Élisabeth, la fille aînée et héritière présomptive du roi George VI. Pendant la Seconde Guerre mondiale, , il sert dans les flottes de Méditerranée et du Pacifique. Après la guerre, Philip obtient la permission de George VI d’épouser Élisabeth. Avant l’annonce officielle des fiançailles, il renonce à ses titres et prédicats royaux grecs et danois, se convertit de la religion orthodoxe grecque à l’anglicanisme et devient sujet naturalisé britannique, adoptant le nom de famille Mountbatten de ses grands-parents maternels britanniques.

Après cinq mois de fiançailles, devenu le lieutenant Philip Mountbatten, il épouse la princesse Élisabeth le 20 novembre 1947. Le jour de son mariage, il reçoit de son beau-père le prédicat d’altesse royale et le titre de duc d’Edimbourg. Philip quitte le service actif, ayant atteint le grade de commander, quand Élisabeth devient reine en 1952. Sa femme le fait prince du Royaume-Uni en 1957 et Lord-Grand-Amiral en 2011. Philip a quatre enfants avec Élisabeth : Charles, Anne, Andrew et Edward. Depuis un décret en conseil datant de 1960, les descendants de Philip et Élisabeth ne portant pas de titres royaux peuvent utiliser le nom de famille Mountbatten-Windsor. Sportif passionné, Philip aide au développement de l’attelage-équestre e. Il est le président de plus de 800 organisations et le président du Duke of Edinburg’s Award pour les personnes âgées de 14 à 24 ans.

Retiré de la vie publique à partir de 2017, il meurt deux mois avant son centième anniversaire. Il est la personnalité ayant occupé le plus longtemps le rôle de consort du Royaume-Uni ainsi que le conjoint étant resté le plus longtemps marié à un monarque britannique régnant (plus de 69 ans).

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Philippe d’Edimbourg : une vie au service de Sa Majesté

Philippe Delorme

Paris, Tallandier, 2017. 268 pages.

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Il a tout abandonné : sa carrière dans la Royal Navy, son nom, son âme de « chef né » pour devenir le mari d’Élisabeth II. Voici raconté pour la première fois le destin singulier de Philippe d’Édimbourg, ce célèbre inconnu. Étrangement, aucune biographie du « mari de la Reine » n’existait en France. Est-ce parce que le personnage s’est condamné lui-même à vivre dans l’ombre ? Lui qui avait été élevé pour devenir un meneur d’hommes, il aura dû se contenter de jouer les utilités? C’est du moins ce qu’un regard superficiel pourrait laisser croire, bien à tort.

Né en 1921 prince Philippe de Grèce et de Danemark, descendant par sa mère de la reine Victoria, le jeune garçon a tout de suite été ballotté aux vents de l’Histoire. Exilé en France avec ses parents, il est éduqué en Angleterre selon les rigoureux principes du dépassement de soi et découvre là sa véritable patrie. Aux premières heures de la Seconde Guerre mondiale, il s’engage avec brio dans la carrière maritime. Mais son avenir est ailleurs. Sa rencontre avec l’héritière du trône du roi George VI l’entraîne à tout sacrifier à l’amour. Il deviendra son « roc », le véritable chef de famille. En 1947, leurs noces à l’abbaye de Westminster puis, en 1953, le couronnement d’Élisabeth II retransmis dans le monde entier marquent le début d’un long roman qui, soixante-dix ans plus tard, n’est pas encore achevé. Par sa volonté de faire entrer la monarchie dans la modernité, son soutien indéfectible lors des crises, son engagement visionnaire dans l’écologie, sans oublier son charme et son humour si british, le duc d’Édimbourg, prince du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, a su laisser son empreinte dans l’aventure du XXe siècle.

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ANGLETERRE, CHARLES VI (roi de France ; 1368-1422), CHARLES VII (roi de France ; 1403-1461), FRANCE, GUERRE DE CENT ANS (1337-1453), HENRI VI (roi d'Angleterre ; 1421-1471), ISABEAU DE BAVIERE (reine de France ; 1370-1435), TRAITE DE TROYES (21 mai 1420)

Le Traité de Troyes : en mai 1420, la France devient anglaise

21 mai 1420 : « L’infâme Traité de Troyes »

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Il y a six cents ans, en mai 1420, au cours de la guerre de Cent Ans, Charles VI déshéritait son fils au profit du roi anglais Henri V.

L’« infâme traité de Troyes », tant décrié par les historiens du XIXe siècle, se voulait la promesse d’une paix perpétuelle entre les deux pays ennemis. Il contribua au contraire à la formation d’un premier sentiment national dans le royaume, qui s’est illustré par la geste de Jeanne d’Arc, mais aussi par des mouvements de résistance dans les zones que les Anglais occupaient, notamment la Normandie.

 

Traité de Troyes

Le traité de Troyes est un traité signé en 1420 à Troyes entre Henri V d’Angleterre et Charles VI de France, qui prévoyait que ce dernier, après sa mort, passerait sa couronne au premier, puisqu’il était devenu son gendre.

Il marque l’apogée de la suprématie du royaume d’Angleterre, qui possédait à l’époque la Guyenne et la Normandie, au cours de ce qui fut appelé la guerre de Cent Ans.

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Historique

Signé le 21 mai 1420 dans la cathédrale Saint-Pierre à Troyes, il prévoyait que le roi de France, Charles VI, après sa mort aurait pour successeur son gendre le roi d’Angleterre, Henri V.

Ce traité fut avant tout l’œuvre de Philippe III de Bourgogne dit le Bon, Charles VI, du fait de sa maladie, ne dirigeant plus directement le pays depuis 1392. Philippe III de Bourgogne et Henri V d’Angleterre formèrent à cette occasion une alliance contre le dauphin Charles, futur Charles VII.

En effet, la légitimité à succéder du « soi-disant dauphin » est niée dans le traité, en raison de ses « crimes énormes ». On lui reproche essentiellement d’avoir commandité l’assassinat du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, père de Philippe III de Bourgogne, le 10 septembre 1419, sur le pont de Montereau. Les rumeurs concernant une illégitimité liée à une infidélité de la reine Isabeau de Bavière furent colportées par les Bourguignons, mais une telle affirmation ne pouvait être inscrite sans heurter le roi de France.

Charles, réfugié à Bourges, est nié dans tous ses titres mais conserve de fait le gouvernement du Sud de la France. Les signataires du traité convinrent par ailleurs qu’Henri V épouserait Catherine de Valois, la fille de Charles VI et d’Isabeau. Il aspirait, à ce titre, à être le seul héritier de la couronne de France et exerçait immédiatement une régence. Charles VI léguerait donc sa couronne à son gendre, puis, éventuellement, à un petit-fils à naître. Ce mariage fut célébré le 2 juin 1420, jour de la Trinité, dans l’église Saint-Jean-du-Marché.

Le 1er décembre 1420, Henri V fit une entrée triomphale à Paris en compagnie du roi Charles VI et de Philippe III de Bourgogne. L’université de Paris, avec à sa tête le recteur Pierre Cauchon, et les états généraux de langue d’oïl lui apportèrent leur soutien en enregistrant le traité de Troyes.

Le 31 août 1422, Henri V décéda, peu avant Charles VI, le 21 octobre suivant. Le fils d’Henri V, âgé de dix mois, fut proclamé « roi de France et d’Angleterre » (il deviendra Henri VI). Le duc de Bedford assura la régence en France, et mit le siège devant Orléans le 12 octobre 1428, la dernière ville au nord de la Loire fidèle à Charles VII.

Par la suite, les victoires du parti de Charles VII avec l’aide de Jeanne d’Arc (bataille de Patay et chevauchée vers Reims), rendent caduc le traité de Troyes, par ailleurs cassé par les juristes fidèles à la Dynastie de Valois, arguant, d’une part que la couronne de France n’appartenait pas au roi de France, qui ne pouvait donc en disposer et que, d’autre part, la succession au trône de France était liée à l’application de la Loi salique , qui interdit d’accorder la succession du trône de France à une fille ou à un gendre du roi défunt. Cependant, les rois d’Angleterre, bien que ne possédant, de facto, aucun pouvoir au royaume de France, conservèrent officiellement le titre de roi de France près de quatre siècles, avant de l’abandonner en 1802, à la suite de la paix d’Amiens.

Extrait

Ratification du Traité de Troyes conclu entre Henri V et Charle

« Charles par la grâce de Dieu, roi de France […] Premièrement que, pour que ce que par l’alliance de mariage faite pour le bien de la dite paix en notre dit fils le roi Henri et notre très chère et très aimée fille Catherine, il est devenu notre fils […] — 6. Item, est accordé que tantôt après notre trépas et dès lors en avant, la couronne et le royaume de France, avec tous leurs droits et appartenances demeureront et seront perpétuellement à notre dit fils le roi Henri et ses hoirs. — 7. Item, que pour ce que nous sommes tenus et empêchés le plus du temps, par telle manière que nous ne pouvons en notre personne entendre ou vacquer à la disposition des besognes de notre royaume, la faculté et exercice de gouverner et ordonner la chose publique dudit royaume seront et demeureront, notre vie durant, à notre fils dit le roi Henri, avec le conseil des nobles et sages du royaume… — 12. Item, que notre fils labourera de son pouvoir, et le plutôt que faire se pourra profitablement, à mettre en notre obéissance toutes et chacunes villes cités et châteaux, lieux, pays et personnes dedans notre royaume, désobéissants à nous et rebelles, tenant le parti ou étant du parti vulgairement appelé du Dauphin ou d’Armagnac… — 29. Item, considéré les horribles et énormes crimes et délits perpétrés audit royaume de France, par Charles, soi-disant dauphin de Viennois, il est accordé que nous, ni notre dit fils le roi Henri, ni aussi notre très cher Philippe, duc de Bourgogne, ne traiterons aucunement de paix ou de concorde avec ledit Charles, ne ferons ou ferons traiter, sinon du conseil et assentiment de tous et chacun de nous trois et des trois États des deux royaumes dessus dits…

 

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Isabeau de Bavière

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Isabeau de Bavière, aussi connue sous le nom d’Isabelle de Bavière ou d’Isabeau de Wittelsbach-Ingolstadt (en haut-allemand : Elisabeth von Wittelsbach-Ingolstadt), née vers 1370 à Munich, dans le duché de Bavière-Landshut, et morte le 24 septembre 1435 à Paris, dans le royaume de France, est reine de France du 17 juillet 1385 au 21 octobre 1422 en tant qu’épouse de Charles VI. Issue de la puissante maison de Wittelsbach-Ingolstadt, elle est la fille aînée du duc Étienne III de Bavière et de son épouse Taddea Visconti, originaire d’une éminente famille noble qui règne sur la ville italienne de Milan. À environ quinze ans, Isabeau de Bavière est envoyée en France pour y épouser le roi Charles VI, avec lequel elle convole quelques jours après leur première rencontre.

Le couronnement d’Isabeau de Bavière est fastueusement organisé en 1389 et est suivi par son entrée triomphale à Paris. En 1392, Charles VI souffre de sa première crise de folie, qui l’écarte progressivement des affaires gouvernementales. Ces épisodes de démence apparaissent de manière irrégulière et sèment la confusion au sein de la cour. Le tristement célèbre « Bal des ardents », organisé par la reine en 1393, provoque de peu la mort du roi. Malgré ses demandes récurrentes que son épouse soit mise à l’écart, Charles l’autorise fréquemment à agir en son nom. Isabeau devient de ce fait une régente officieuse au nom des dauphins, ses fils successifs qui deviennent héritiers du trône, et prend part au conseil royal, y détenant une autorité jusque-là inégalée pour une reine de France.

La maladie de Charles VI crée un vide politique qui aboutit finalement à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons entre les partisans de son frère Louis Ier d’Orléans et les ducs de Bourgogne. Dans l’intérêt des dauphins, Isabeau change régulièrement d’alliance avec les deux factions : lorsqu’elle rejoint les Armagnacs, les Bourguignons l’accusent d’adultère avec le duc d’Orléans, tandis qu’elle est chassée de Paris et emprisonnée par les Armagnacs lorsqu’elle traite avec les Bourguignons. En 1407, le duc Jean Ier de Bourgogne ordonne l’assassinat de Louis d’Orléans, ce qui déclenche les hostilités entre les deux partis. La situation se complexifie en 1419, quand, à l’instigation des Armagnacs, le dauphin Charles orchestre l’assassinat du duc de Bourgogne.

L’assassinat de son allié sur ordre de son propre fils provoque la rupture définitive entre Isabeau de Bavière et ce dernier. La reine négocie dès lors avec le roi Henri V d’Angleterre, qui a profité du conflit entre les Armagnacs et les Bourguignons pour réinitialiser en 1415 la guerre de Cent Ans et entamer une conquête méthodique du Nord du royaume de France. Les tractations entre Henri V, Isabeau et les Bourguignons aboutissent en 1420 à la signature du traité de Troyes, qui prive le dauphin de ses droits au trône et promet à Henri V la couronne de France à la mort de Charles VI. Après le trépas de son époux en 1422, Isabeau de Bavière s’établit définitivement à Paris, désormais aux mains des Anglais, et mène une existence reculée jusqu’à sa mort en 1435.

De son vivant déjà, Isabeau de Bavière a été sévèrement critiquée pour son train de vie dispendieux et ses infidélités supposées. Son règne, commencé sous les meilleurs auspices, est effectivement l’un des plus sombres de l’Histoire du royaume de France, qui n’est sauvé du désastre qu’après la patiente reconquête de son fils Charles VII. Jusqu’au xixe siècle, l’historiographie a fait d’Isabeau l’archétype de la mauvaise reine. Pourtant, depuis le xxe siècle, les historiens ont réexaminé les différentes descriptions contemporaines de son règne et concluent que, même si son action à la tête du royaume a été catastrophique, de nombreux éléments de sa réputation sont exagérés et proviennent du factionnalisme ambiant et de la propagande conçue par les partisans de Charles VII.

 

Biographie de Charles VI le Bien-Aimé, aussi appelé Charles VI le Fol

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Charles VI le Bien-Aimé est né à Paris en 1368 et est mort à Paris en 1422.

Roi de France de 1380 à 1422

Charles VI, né le 3 décembre 1368 et mort le 21 octobre 1422, est le dix-neuvième roi capétien et le quatrième de la branche des Valois. C’est le fils de Charles V, roi de France de 1364 à 1380, et de Jeanne de Bourbon.

A la mort de son père, Charles VI monte sur le trône. Trop jeune pour gouverner, la régence est assurée par ses oncles Philippe II duc de Bourgogne, dit Philippe le Hardi, Jean Ier duc de Berry, dit Jean le Magnifique, Louis Ier d’Anjou, duc de Naples, et Louis II, duc de Bourbon. La régence est troublée par les querelles entre les oncles de Charles VI, qui en profitent pour s’enrichir au détriment des finances de l’Etat et mener des guerres à leur profit (comme le fit Philippe le Hardi avec la Bataille de Roosebeke en 1382). Parallèlement, ils lèvent de nouveaux impôts : la hausse de la pression fiscale entraînent de nombreuses révoltes dans différentes contrées du royaume, parmi lesquelles la Révolte de la Harelle (en Normandie), la Révolte des Maillotins (à Paris) ou encore la Révolte des Tuchins en Languedoc.

En 1385, Charles VI épouse Isabeau de Bavière : ils eurent douze enfants, parmi lesquels le futur Charles VII et Catherine, qui épousera le roi d’Angleterre, Henri V.

En 1388, Charles VI met un terme à la Régence et prend personnellement le pouvoir. Il s’entoure aussitôt des conseillers de son père, appelés les Marmousets : Jean de Montagu (secrétaire du roi Charles V), Olivier V de Clisson (conseiller de Charles V), Bureau de la Rivière (premier chambellan de Charles V), Jean Le Mercier et Pierre le Bègue de Villaines (général des armées en France et en Espagne). La compétence de ce groupe de conseillers unis permet d’améliorer significativement la situation économique du pays, d’où le premier surnom du roi : Charles le Bien-Aimé. Il aura un deuxième surnom, plus connu, celui de Charles le Fol. En effet, en 1392, alors qu’il était dans la forêt du Mans, Charles VI est atteint d’une crise de folie : il tue plusieurs des soldats qui l’entourent. Le roi retrouve ses esprits deux jours après. Le 28 janvier 1393, le Bal des ardents tourne à la tragédie : plusieurs des compagnons du roi périssent accidentellement, brûlés vifs. A partir de cet événement, le roi devient irrémédiablement fou. Incapable de prendre des décisions, le pouvoir retombe entre les mains des princes de sang : c’est le début d’une importante crise dans l’Histoire de la France. En effet, une bataille pour le pouvoir se développe entre Louis d’Orléans, frère de Charles VI, et Jean sans Peur, duc de Bourgogne et fils de Philippe le Hardi. En novembre 1407, Jean sans Peur fait assassiner Louis d’Orléans dans l’actuelle rue Vieille-du-Temple à Paris (quartier du Marais) : c’est le début de la guerre civile entre les Armagnacs, qui défendent les intérêts de Louis d’Orléans, et les Bourguignons, qui défendent les intérêts de Jean sans Peur. Le roi d’Angleterre, Henri V, compte tirer profit de la guerre civile qui se déroule en France (rappelons que nous sommes alors en pleine guerre de Cent-Ans) et débarque en Normandie. En 1415, il écrase l’armée française à Azincourt et, en 1418, il prend la Normandie. Le 10 septembre 1419, Jean sans Peur est assassiné par les Armagnacs. Son fils, Philippe III de Bourgogne, dit le Bon, s’allie aux Anglais. Ces derniers forcent Charles VI à signer le traité de Troyes (1420), qui reconnaît Henri V comme le successeur légitime au trône de France et, de ce fait, déshérite le Dauphin Charles. De plus, par ce traité, la fille de Charles VI, Catherine, est donnée en mariage au roi d’Angleterre.

En 1422, Charles VI meurt : son fils Charles VII lui succède, mais hérite d’un pouvoir royal extrêmement affaibli, tant géographiquement (Henri V règne alors sur une grande partie de la France) que politiquement.

Mariage et descendance :

Le 17 juillet 1385, Charles VI épouse Isabeau de Bavière, fille d’Etienne III de Wittelsbach, duc de Bavière Ingolstadt, et de Taddea Viscconti, elle-même fille du duc de Milan. Le couple eut 12 enfants :

– Charles (1386)
– Jeanne (1388-1390)
– Isabelle (1389-1409), épouse de Richard II d’Angleterre puis, en secondes noces, de Charles d’Orléans
– Jeanne (1391-1433), épouse de Jean V, duc de Bretagne
– Charles (1392-1401)
– Marie (1393-1438), abbesse de Poissy
– Michelle (1395-1422), épouse de Philippe III de Bourgogne, dit Philippe le Bon
– Louis (1397-1415), duc de Guyenne, époux de Marguerite de Bourgogne, fille de Jean sans Peur. Ils n’eurent pas de descendance.
– Jean (1398-1417), duc de Touraine, époux de la comtesse Jacqueline de Hainaut.
– Catherine (1401-1438), épouse du roi Henri V d’Angleterre
– Charles VII (1403-1461), roi de France de 1422 à 1461. Il épousa Marie d’Anjou.
– Philippe (1407)

Charles VI eut également une fille légitimée avec Odette de Champdivers : Marguerite de Valois (1407-1458), dite Demoiselle de Belleville.

 

Henri VI Windsor (1421-Londres 1471),

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roi d’Angleterre (1422-1461 et 1470-1471), fils d’Henri V et de Catherine de France.

Il porte aussi le titre de « roi de France », conjointement avec son rival Charles VII. Sous sa minorité, la paix intérieure est troublée par l’agitation fomentée par son oncle, Humphrey de Gloucester, heureusement combattue par le cardinal Henri Beaufort, épaulé au moment critique par Bedford et par le Parlement. Cette minorité favorise aussi une renaissance nationale française, appuyant les protestations de Charles VII contre les clauses du traité de Troyes. Le régent Bedford, qui réside en France pour mieux diriger les opérations militaires, maintient quelque temps l’avenir en balance. Mais l’échec devant Orléans (1428-1429) marque le début du reflux. La réconciliation de Charles VII avec Philippe de Bourgogne, en 1435, rend intenable la position anglaise. La pression du parti belliciste, mené par Gloucester, ne permet pas au roi de se dégager à temps de l’aventure.

Pendant ce temps, l’anarchie s’aggrave en Angleterre. Aussi les désastres s’accumulent-ils de 1449 à 1453, faisant perdre aux Anglais la totalité des possessions françaises. Ces défaites provoquent des émeutes en Angleterre. En 1453, la naissance d’un héritier, Édouard de Lancastre, semble devoir arrêter les intrigues autour de l’éventuelle succession, mais, peu après, le roi subit une première crise de folie. L’hostilité accrue qui en résulte, entre yorkistes et lancastriens, aboutit, en 1455, à l’éclatement d’un premier accès de guerre civile, début de la guerre des Deux-Roses.

La guerre civile reprend en 1459 et en 1461. Édouard d’York se fait couronner sous le nom d’Édouard IV et triomphe à Towton. Capturé en juillet 1465, enfermé à la Tour de Londres, restauré par Richard Neville, comte de Warwick, en octobre 1470, Henri VI perd son fils Édouard, tué à Tewkesbury (mai 1471). De nouveau emprisonné à la Tour de Londres, il y meurt dans la nuit du 21 au 22 mai 1471, après avoir reçu la visite du duc de Gloucester.

 

BIOGRAPHIE DE CHARLES VII –

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Charles VII est né le 22 février 1403 à Paris (France). Il est mort le 22 juillet 1461 à Mehun-sur-Yèvre (France).

Charles VII est un roi de France du XVe siècle, de la branche des Valois (héritière des Capétiens). Généralement associé à la destinée de Jeanne d’Arc, en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, il parvient à relever la couronne de France face aux Anglais et à solder la guerre de Cent Ans en 1453. Fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, Charles VII naît à Paris le 22 février 1403, et meurt dans sa résidence royale de Mehun-sur-Yèvre, près de Bourges, le 22 juillet 1461. Il est enterré à la basilique Saint-Denis. À partir de 1443, Charles VII a pour favorite Agnès Sorel, qui lui donne trois filles légitimées. Son fils aîné (né de son mariage avec Marie d’Anjou en 1422) lui succède sous le nom de Louis XI.

Héritier de la couronne de France après la disparition de ses frères aînés en 1417, Charles doit prendre son destin en main dès 1418 à l’âge de 15 ans, en fuyant les Bourguignons venus le capturer à Paris, et en se réfugiant à Bourges, capitale des Armagnacs. En pleine guerre de Cent Ans, il s’agit de contrecarrer les plans pro-Anglais fomentés par Charles VI, atteint de sénilité mentale, et de casser le traité de Troyes (1420) qui entendait livrer le royaume de France à la dynastie anglaise des Plantagenêt.

Deux personnages providentiels interviennent activement auprès de Charles VII : Jeanne d’Arc, en prenant le siège d’Orléans et en ouvrant la route du sacre royal à Reims (7 juillet 1429), puis Jacques Coeur, un riche négociant banquier établi à Bourges, en reconstituant les institutions monarchiques (levée automatique de l’impôt, composition d’une armée permanente). En 1435, par le traité d’Arras, Charles VII se réconcilie avec les Bourguignons, et de 1449 à 1453, il reprend successivement la Bretagne, la Normandie et la Guyane, mettant ainsi fin aux conflits engagés depuis 1337 entre les Valois et les Plantagenêt.

CHARLES VII : DATES CLÉS

22 février 1403 : Naissance de Charles VII, futur roi de France

Le 22 février 1403, Charles VII, dit Charles le Victorieux ou encore Charles le Bien Servi, naît à Paris. Fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, il est passé à la postérité pour avoir notamment accordé sa confiance à Jeanne d’Arc en lui donnant une armée, ce qui permettra de reprendre aux Anglais la ville d’Orléans, et de remporter de nombreuses autres victoires contre eux. Il se fait couronner roi à Orléans le 17 juillet 1429, et meurt en 1461.

6 janvier 1412 : Naissance de Jeanne d’Arc

L’héroïne française Jeanne d’Arc, dite « la pucelle », naît à Domrémy. d’après ses dires, elle entendit, à l’âge de 13 ans, des voix lui commandant de libérer la France, lors de la guerre de Cent ans, des Anglais et de leurs alliés bourguignons. Prenant le parti de Charles VII (1428), après avoir délivré Orléans du joug anglais (mai 1429) et enquillé les victoires, elle s’ouvrit la route de Reims, où elle fit sacrer le roi (juillet 1429). Capturée par les Bourguignons devant Compiègne, elle fut vendue aux Anglais, jugée hérétique et brûlée vive, à Rouen, le 29 mai 1431. Réhabilitée par Charles VII, elle fut béatifiée en 1909, canonisée en 1920 et fêtée le 8 mai.

5 avril 1417 : Mort prématurée du dauphin : le futur Charles VII lui succède

Jean de France (né le 31 août 1398), quatrième fils et neuvième enfant de Charles VI le Fou (1368-1422) et d’Isabeau de Bavière, décède à Compiègne. Devenu dauphin à la mort de Louis de Guyenne (1415), il aurait été, selon les rumeurs, soit empoisonné par les Armagnacs, soit victime d’un abcès à la tête. Quoiqu’il en soit, Charles de Ponthieu, futur Charles VII (1403-1461), prend la place de son frère et est reconnu héritier du trône de France (13 avril), fait duc de Touraine et recevant le duché de Berry et le Poitou en apanage.

16 septembre 1418 : Charles VII refuse la main tendue des Bourguignons

Est signé le traité de Saint-Maur entre Jean sans Peur, duc de Bourgogne, et Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI le Fou. Sous couvert de réconciliation, il y était stipulé que le dauphin, futur Charles VII (1403-1461), nommé régent de France en raison de la démence de son père, serait placé sous tutelle bourguignonne. Traité que le jeune Charles rejeta avec vigueur lorsqu’il lui fut apporté à Saumur par le duc de Bretagne, Jean le Sage.

1 février 1419 : Par les Tractatus, Charles VII se prémunit de tout renoncement (forcé ou non) au trône

Le juriste Jean de Terrevermeille (né en 1370 à Nîmes) s’astreint à la rédaction des Tractatus (traités), lesquels établissent la loi fondamentale du royaume de France, à savoir la pérennité et successibilité de la Couronne. Au service du dauphin, futur Charles VII, autoproclamé régent suite aux crises de démence de son père Charles VI le Fou, alors inapte à gouverner, ses écrits devaient justifier la prise de pouvoir de son protecteur, le roi ne pouvant ni déshériter son fils ni renoncer au trône.

21 octobre 1422 : Mort du roi de France, Charles VI le Fou

Charles VI le Fou (né en 1368) meurt à Paris. Dans l’incapacité de gouverner suite à ses crises de démence de plus en plus fréquentes et prononcées, il laisse la place au dauphin, qui devient enfin Charles VII. Henry V, qui expira peu de temps avant lui (31 août), au faîte de sa gloire, ne put ceindre sa couronne, que le Traité de Troyes (1420) lui offrait en lieu et place du dauphin.

30 octobre 1422 : Charles VII se confère le titre de roi de France

Désavouant le Traité de Troyes (1420) qui le déshéritait au profit d’Henry V d’Angleterre, Charles VII, dit « le Victorieux » ou le « Bien servi », se proclame roi de France à Mehun-sur-Yèvre (près de Bourges), en lieu et place du successeur légitime, Henry VI. Véritablement sacré à Reims (1429) par Jeanne d’Arc, qui venait de délivrer Orléans, son règne, durant lequel la France connut un net essor commercial et une réorganisation politique d’envergure, s’acheva en 1461. De son mariage avec Marie d’Anjou naquit Louis XI, qui lui succède.

17 avril 1423 : Alliance entre les ducs de Bourgogne, de Bretagne et les Anglais contre Charles VII

Mandatés dans la cité d’Amiens par le duc de Bedford, lequel assure la régence du trône d’Angleterre au nom du très jeune Henry VI, les ducs Jean V de Bretagne et Philippe de Bourgogne signent une triple alliance avec les Anglais, connue sous le nom de Traité d’Amiens. Malgré les termes du Traité de Troyes (1420), Charles VII, alors réfugié à Bourges, envisage en effet de reconquérir les terres au nord de la Loire, occupées dans leur grande majorité par les Anglais.

3 juillet 1423 : Naissance de Louis XI, fils et héritier de Charles VII

Louis XI (mort le 30 août 1483), futur roi de France, naît à Bourges, de l’union de Marie d’Anjou et de Charles VII. Succédant à son père en 1461, sixième roi de la branche des Valois (dynastie capétienne), il hérita d’un royaume dévasté par la guerre de Cent Ans, à laquelle vint se greffer la sanglante guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Dit « le prudent », Il s’attela à fortifier l’autorité royale, mettant au pas les grands feudataires, dont le royaume de France se rattacha les principautés, Maine, Anjou, Provence, Bourgogne.

31 juillet 1423 : Défait par les Anglais, Charles VII doit se retirer à Bourges

L’armée anglaise et ses alliés bourguignons vainquent les Français de Charles VII, lors de la bataille de Cravant (Yonne), reprise officieuse des hostilités après le Traité de Troyes (1420), qui déshéritait le dauphin. Occupant la quasi-totalité des terres au nord de la Loire, les forces anglaises, supérieures en nombre, contraignent Charles VII à un repli défensif vers les provinces du sud, qu’il gouverne encore. Il en hérite le surnom de « roi de Bourges ».

17 août 1424 : Défaite de Charles VII face aux Anglais à Verneuil

Les forces françaises de Charles VII (1403-1461), sont défaites par les Anglais du régent, le duc de Bedford, alliés aux Bourguignons, lors de la bataille de Verneuil (Normandie). Malgré l’appui d’un fort contingent écossais, l’armée du « dauphin » ne put résister à l’assaut des archers anglais, commandés par Jean de Lancastre. Connue comme un véritable duel d’archerie, la déroute de Verneuil se solda par la perte de 6 000 soldats français (sur les 12 000 engagés) et la mort des commandants écossais John Stuart, fait grand connétable de France lors de la guerre de Cent Ans, et Archibald Douglas.

29 avril 1429 : Jeanne d’Arc entre à Orléans

Une jeune Lorraine, Jeanne d’Arc, qui se dit envoyée de Dieu (pour proclamer la légitimité de Charles et chasser les Anglais du royaume), entre à la tête d’une armée à Orléans. La ville est assiégée par les Anglais depuis octobre 1428. La dernière armée de Charles VII libèrera Orléans le 8 mai 1429 et Jeanne d’Arc conduira Charles VII se faire sacrer à Reims le 17 juillet 1429. Celui-ci est alors prêt à reconquérir le royaume et réorganiser le pouvoir royal.

1 juin 1429 : L’armée de Charles VII lance la campagne de la Vallée de la Loire

Après avoir délivré Orléans, l’armée du dauphin s’empare de Jargeau (12 juin), défaisant les 5 000 Anglais de William de la Pole, puis Meung-sur-Loire (14 juin), Beaugency (15-16 juin) et Patay, où Jeanne d’Arc prend le dessus sur Talbot (18 juin). C’est la dernière des cinq batailles de la campagne de la Vallée de la Loire (1428-1429), qui permit la libération de ses pays riverains. Ce fut un tournant décisif de la guerre de Cent ans.

9 juillet 1429 : Prise de Troyes par Charles VII

Alors dernière bastide avant Châlons et Reims, Troyes ouvre ses portes à l’armée du dauphin grâce à Jeanne d’Arc, après quelques jours de siège. Ayant prêté serment d’allégeance au roi d’Angleterre, la cité refusa de donner ses clés avant de céder, à la simple vue de la « pucelle » selon la légende. s’ouvrant ainsi la route de Reims, la cité vit le sacre du dauphin, en tant que Charles VII, roi de France (juin 1429).

14 juillet 1429 : Le couronnement de Charles VII

Charles VII est couronné dans la cathédrale de Reims, en présence de Jeanne d’Arc.

17 juillet 1429 : Couronnement de Charles VII

Charles VII est couronné dans la cathédrale de Reims. Le dauphin s’est semble-t-il laissé convaincre par Jeanne d’Arc, qui est d’ailleurs présente lors de la cérémonie.

30 mai 1431 : Jeanne d’Arc au bûcher

Jeanne d’Arc est brûlée vive comme « relapse » (retombée dans l’hérésie) sur la place du Vieux-Marché, à Rouen (Haute-Normandie). Le bûcher étant trop haut, le bourreau ne peut étrangler Jeanne d’Arc avant que le feu ne l’atteigne… Deux ans plus tôt, Jeanne avait réussi à délivrer Orléans assiégée par les Anglais et à faire sacrer Charles VII à Reims. Mais elle fut arrêtée par les Bourguignons à Compiègne et vendue aux Anglais. Le roi ne fit pas un geste en sa faveur.

12 novembre 1437 : Entrée dans Paris de Charles VII

Après dix-neuf ans d’absence, le roi Charles VII (1403-1461) entre triomphalement dans Paris, sa capitale s’étant rendue d’elle-même – les troupes anglaises en furent chassées quelques mois plus tôt. C’est le point d’orgue de la campagne de reconquête entamée depuis la levée d’Orléans (1429), jusqu’à la signature du traité d’Arras (1435) avec Philippe III de Bourgogne. La France est désormais presque entièrement libérée du joug anglais. La trêve de Tours (20 mai 1444) parachève le succès du roi, mettant fin à la guerre de Cent Ans.

2 novembre 1439 : Charles VII instaure la paiement de « la taille »

Pour pouvoir bouter définitivement les Anglais hors de France, le roi doit restaurer son armée. L’argent nécessaire à l’effort de guerre sera prélevé comme un impôt dans chaque famille du royaume, il prendra le nom de « taille ». Le clergé et la noblesse en sont dispensés. Les délégués des états généraux accordent à Charles VII la permission de relever la taille tous les ans. L’impôt annuel sera aboli à la fin de l’Ancien Régime.

4 juin 1441 : Prise de Pontoise par Charles VII

Les troupes du roi de France, Charles VII, galvanisées par leur victoire à Creil, investissent la cité fortifiée de Pontoise, dernière place forte encore tenue par les Anglais dans les environs de Paris, et clé de la mainmise sur l’Ile-de-France. Après trois mois d’un siège long et épuisant, la ville finit par rendre les armes, exsangue. Occupée dès 1417 par les troupes d’Henri V puis par leurs alliés bourguignons (1419) Pontoise ne fut libérée qu’en 1436, avant qu’un énième assaut anglais ne finisse de la ravager.

8 juin 1442 : Départ de l’armée de Charles VII pour la campagne de Guyenne

A la tête de l’expédition de Guyenne (mai), à la tête de près de 30 000 hommes, Charles VII parvient devant Toulouse. Unissant autour de lui toute la noblesse française, comtes d’Armagnac, de Foix, d’Albret, puis s’assurant l’appui des grands vassaux du midi, il marche sur la cité gasconne de Tartas, près de Dax, qu’il prend (24 juin) aux Anglais, démunis et à court de renforts, sans rencontrer de résistance. La campagne se poursuivit victorieusement à Agen puis à Montauban, l’armée royale libérant alors durant l’été le pays des Landes, l’Aquitaine et tout le Languedoc.

11 octobre 1443 : Création du parlement de Toulouse par Charles VII

Par édit royal, Charles VII fonde le parlement de Toulouse, cédant aux demandes des Etats du Languedoc, lesquels œuvraient activement pour l’ouverture d’une cour de justice à même de statuer au nom du roi, malgré l’éloignement de la capitale parisienne, et tenant compte des usages spécifiques du droit méridional. Premier parlement créé en province, étendant ses attributions du Rhône aux côtes atlantiques, et du massif central jusqu’aux Pyrénées, le parlement de Toulouse prend officiellement ses fonctions le 4 juin 1444, au château Narbonnais.

22 juillet 1461 : Disparition du roi de France Charles VII

Le 22 juillet 1461, Charles VII, alors roi de France, meurt à Mehun-sur-Yèvre. Fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, Charles VII est proclamé roi de France en 1422. Durant son règne, celui qu’on appellera « le Victorieux » mit fin à la guerre de Cent Ans, en 1453. Charles VII est aussi le roi qui réhabilita Jeanne d’Arc lors de son deuxième procès. Louis XI lui succédera.