ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION, MISERICORDE, PELERINAGE, PELERINAGE A LOURDES

Comment vivre le Jubilé de l’Année Sainte à Lourdes

MISERICORDE

Avec ces paroles le Saint Père nous invite à célébrer l’Année jubilaire de la Miséricorde qui commencera avec l’ouverture de la Porte Sainte à Rome, dans les cathédrales et sanctuaires du monde entier, du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016.

Le Sanctuaire de Lourdes, par décision de Mgr Brouwet, se fait écho de cette invitation du Pape François et c’est avec une joie immense qu’il offre ces réflexions autour de la miséricorde pour aider tous les pèlerins à vivre cette Année Jubilaire accompagnés de Notre-Dame de Lourdes, Mère de Miséricorde, et Bernadette témoin de la miséricorde de Dieu.

1 – Qu’est-ce que la Miséricorde ?

Dans le langage quotidien, la miséricorde est un sentiment qui inspire une attitude et certains gestes. Le dictionnaire donne la définition suivante : «C’est le sentiment par lequel la misère d’autrui touche notre cœur.» Il s’agit en effet, d’un cœur qui devient sensible à toute situation de misère que traverse notre prochain. La compassion, est une manière d’exprimer la miséricorde, elle consiste à compatir avec celui qui souffre, même si l’on ne peut prendre totalement la place de celui qui est dans la souffrance. Mais la miséricorde se pratique aussi à l’égard de celui qui ne souffre pas et fait souffrir les autres. Dans ce cas, il ne s’agit plus d’un sentiment, mais d’un acte de notre volonté qui consiste à pardonner. Ainsi, lorsque nous parlons de la miséricorde nous faisons à la fois référence au sentiment de compassion à l’égard de celui qui est dans la souffrance et à l’acte volontaire de pardonner, et d’effacer le mal qu’il a commis.

Dieu est Miséricorde

Si Dieu est miséricorde cela signifie que la miséricorde est un don. Don du Père parce qu’il nous livre son Fils unique «car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… (Jn 3,16). Il a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.» (Jn 3, 17) Don du Fils qui se livre à nous pour nous révéler la miséricorde du Père : «Voici pourquoi le Père m’aime: parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de  moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père.» (Jn 10, 17) Don de l’Esprit Saint… « L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé,  proclamer aux captifs la délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.»(Lc 4, 18-19) Ainsi, «le regard fixé sur Jésus et son visage miséricordieux, nous pouvons accueillir l’amour de la Sainte Trinité. La mission que Jésus a reçue du Père a été de révéler le mystère de l’amour divin dans sa  plénitude. L’évangéliste Jean affirme pour la première et unique fois dans toute l’Écriture : «Dieu est amour» (1 Jn 4, 8-16). Cet amour est désormais rendu visible et tangible dans toute la vie de Jésus. Sa personne n’est rien d’autre qu’amour, un amour qui se donne gratuitement. Les relations avec les personnes qui s’approchent de lui ont quelque chose d’unique et de singulier. Les signes qu’il accomplit, surtout envers les pauvres, les exclus, les malades et les souffrants, sont marqués par la miséricorde.  Rien en lui ne manque de compassion.» (Pape François, “Misericordiæ vultus”, § 8)

L’Église, sacrement de la Miséricorde du Christ

«La miséricorde est le pilier qui soutient la vie de l’Église. Dans son action pastorale, tout devrait être  enveloppé de la tendresse par laquelle on s’adresse aux hommes. Dans son annonce et le témoignage qu’elle donne au monde, rien ne peut être privé de miséricorde. La crédibilité de l’Église passe par le chemin de l’amour miséricordieux et de la compassion. L’Église “vit un désir inépuisable d’offrir la miséricorde”. Peutêtre avons-nous parfois oublié de montrer et de vivre le chemin de la miséricorde. D’une part, la tentation d’exiger seulement la justice a fait oublier qu’elle n’est qu’un premier pas, nécessaire et indispensable, mais l’Église doit aller au-delà pour atteindre un but plus haut et plus significatif. D’autre part, il est triste de voir combien l’expérience du pardon est toujours plus rare dans notre culture. Même le mot semble parfois disparaître. Sans le témoignage du pardon, il n’y a qu’une vie inféconde et stérile, comme si l’on vivait dans un désert. Le temps est venu pour l’Église de retrouver la joyeuse annonce du pardon. Il est temps de revenir à l’essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l’avenir avec espérance.» (Pape François, “Misericordiæ Vultus”, § 10)

«Le langage et les gestes de l’Église doivent transmettre la miséricorde pour pénétrer le cœur des personnes et les inciter à retrouver le chemin du retour au Père. Là où l’Église est présente, la  miséricorde du Père doit être manifestée… là ou il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde. » (Pape François, “Misericordiæ vultus”, § 12)

La miséricorde crée la fraternité : «les œuvres de miséricorde»

«J’ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles…

Redécouvrons les œuvres de miséricorde corporelles: Donner à manger aux affamés. Donner à boire à ceux qui ont soif. Vêtir ceux qui sont nus. Accueillir les étrangers. Assister les malades. Visiter les prisonniers. Ensevelir les morts. Et n’oublions pas les œuvres de miséricorde spirituelles : Conseiller ceux qui sont dans le doute. Enseigner les ignorants. Avertir les pécheurs. Consoler les affligés. Pardonner les offenses. Supporter patiemment les personnes ennuyeuses. Prier Dieu pour les vivants et les morts. » (Pape François, “Misericordiæ Vultus”, § 15)

Dans l’Évangile, la Béatitude de la Miséricorde : «Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde» (Mt. 5, 7), nous apprend : – qu’elle est solidarité et engagement d’amour efficace à l’égard des frères qui sont dans le besoin et dans la misère, – et qu’elle est pardon et réconciliation des offenses reçues et commises. Le Seigneur nous apprend que la pratique de la miséricorde est une voie universelle qui crée des liens de fraternité entre les hommes. C’est le message de la parabole du bon Samaritain (Lc. 10, 29-37). A la fin de la parabole, Jésus pose cette question : «Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ?» Cela veut dire que tous n’ont pas été frères du blessé. Ils auraient pu l’être mais en fait le seul fut «celui qui s’est montré miséricordieux avec lui». Pour Jésus, être frère n’est pas quelque chose d’“automatique”, comme un droit acquis. Nous ne sommes pas frères tant que nous n’avons pas agi en tant que tel, nous sommes invités à le devenir par la pratique de la miséricorde.

L’Évangile nous apprend que de fait nous ne sommes pas frères. L’expérience de la haine, de la division, de l’injustice et de la violence nous prouve tous les jours que c’est le contraire. Nous ne sommes pas frères, mais nous sommes invités à le devenir. En effet, Jésus nous invite et nous donne la force pour «devenir frères». Mais cela dépend d’un choix concret que nous devons faire et qui engage notre liberté, celui d’être charitables et miséricordieux.

Le Samaritain est devenu le frère du blessé. Non pas à cause de sa religion, de sa race, de sa nationalité, de son idéologie mais tout simplement par la pratique d’une attitude de miséricorde. Ainsi mon prochain n’est pas celui qui partage ma religion, ma patrie, ma famille ou mes idées. Mon prochain est celui avec qui je partage ma vie parce que nous avons besoin les uns des autres. Pour s’approcher de l’homme blessé, le bon Samaritain a dû faire un effort pour sortir de lui-même, de sa race, de sa religion, de ses préjugés. «… En effet, les juifs ne fréquentent pas les Samaritains.» (Jn.4, 9) Il a dû laisser de  côté son monde et ses intérêts personnels. Il a abandonné ses projets, il a donné son temps et son argent. En ce qui concerne les autres personnages de la parabole, le prêtre et le lévite, eux n’ont pas voulu abandonner leurs projets les considérant plus importants que l’invitation à devenir frères du blessé.

Être frère de quelqu’un suppose donc de sortir de «son monde» pour entrer dans le «monde de l’autre». Partager sa culture, sa mentalité, ses besoins, sa pauvreté. Devenir le frère de l’autre, c’est comme un exode, une réconciliation. Les «œuvres de la miséricorde» sont l’occasion qui nous est donnée durant le pèlerinage de notre vie, pour être «miséricordieux comme le Père», c’est-à-dire, justes et charitables pour être en communion les uns avec les autres.

La miséricorde qui va plus loin que la justice : le pardon

La miséricorde en tant que pardon des offenses est l’autre visage de l’amour fraternel. Si la miséricorde en tant qu’engagement construit la fraternité, le pardon mutuel reconstruit et consolide la fraternité. Elle évite que la division et la rancune que produisent les offenses ne paralysent la communauté.

Qu’est-ce que la réconciliation chrétienne ? La réconciliation est le retour de l’amitié ou de la fraternité entre personnes, familles, groupes sociaux ou pays, appelés à être frères, qui ont cassé cette fraternité ou cette amitié. La réconciliation est plus grande que la «conciliation» (qui est un compromis plus ou moins provisoire entre les partis) : c’est la restauration de la fraternité détruite. C’est pour cela que la réconciliation prend la formule d’un «retour», d’une reconstruction, de retrouvailles : «Je me lèverai et j’irai vers mon père…» (Lc. 15,18) «…il se leva et s’en alla vers son père…» (Lc 15, 20), dans cette parabole,  l’enfant prodigue cherche à revenir à la maison du père.

La célébration du sacrement de la réconciliation est le lieu où la conversion à Dieu et la réconciliation avec Lui et les autres devient un événement réel dans nos vies. Là, réellement et sacramentellement nous regrettons les fautes commises et nous accueillons la présence de Dieu, qui nous attend pour recevoir notre conversion et nous donner sa grâce d’amour et de miséricorde. Dans la célébration de ce sacrement, la rencontre vivifiante avec le Christ prend la forme du pardon et de la miséricorde. C’est vrai que nous sommes invités à nous repentir et à demander pardon, en dehors du sacrement de la   réconciliation. Mais ces repentirs sont comme une préparation pour la grande rencontre sacramentelle  avec Celui qui est la source de toute miséricorde : le Christ. En même temps, notre repentir et notre conversion sont confirmés par la grâce du sacrement, et acquièrent ainsi une dimension ecclésiale, ils contribuent au bien de tout le Corps du Christ et de toute l’Église.

En conclusion, notre authentique participation au sacrement de la réconciliation nous introduit dans une authentique expérience de l’Esprit Saint qui nous identifie avec la mort du Christ, et nous fait mourir à nos propres péchés, à nos racines, aux tendances profondes du mal qui sont en nous, et que seul l’Esprit  peut arracher. La célébration de ce sacrement est toujours un recommencement, un renforcement de notre esprit pour aller au-delà de nos faiblesses et de nos tentations: c’est une expérience qui nous fait rencontrer le visage miséricordieux du Christ.

2 – Lourdes, le pèlerinage de la Miséricorde

La porte de la Miséricorde

«Le pèlerinage est un signe particulier de l’Année sainte : il est l’image du chemin que chacun parcourt au long de son existence. La vie est un pèlerinage, et l’être humain un «viator» (marcheur), un pèlerin qui parcourt un chemin jusqu’au but désiré. Pour passer la Porte Sainte à Rome, et en tout lieu, chacun devra, selon ses forces, faire un pèlerinage. Ce sera le signe que la miséricorde est un but à atteindre, qui demande engagement et sacrifice. Que le pèlerinage stimule notre conversion : en passant la Porte sainte, nous nous laisserons embrasser par la miséricorde de Dieu, et nous nous engagerons à être miséricordieux avec les autres comme le Père l’est avec nous.» (Pape François, “Misericordiæ Vultus”, § 14).

En cette année jubilaire, notre pèlerinage, personnel ou communautaire, aura l’opportunité de traverser la porte de la Miséricorde qui sera située à l’entrée Saint-Michel. Cette porte sera en communication directe avec le Calvaire Breton. Là nous pourrons contempler Jésus crucifié, mort pour nous et porte de la  miséricorde. Au même moment nous contemplerons la Vierge Marie, mère du crucifié, au pied de la  Croix. «Or, près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: “Femme, voici ton fils.” Puis il dit au disciple : “Voici ta mère.” Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.» (Jn. 19, 25-27)

«Voici ton fils…», cette parole prononcée par Jésus n’est pas une simple recommandation que Jésus fait à sa mère, c’est une manière de mettre en évidence une nouvelle façon d’être engendré grâce à la  maternité de Marie. «Le disciple que Jésus aimait…» est celui que Jésus aime d’un amour préférentiel, l’amour qui occupe la première place dans la relation : «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure.» (Jn. 15,16) Il s’agit  aussi d’un amour qui fait de l’autre un «disciple», un «ami», c’est l’amour qui perfectionne (rend parfait) :  «Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour.» (Jn. 15, 10) Et le fruit de cet amour est la joie parfaite : «Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.» (Jn. 15, 11)

L’expression «le disciple que Jésus aimait» est moins l’indication d’un amour de prédilection pour un disciple en particulier, qu’une explication visant à situer le disciple en tant que tel dans la sphère de l’amour et de la miséricorde. L’expression a donc une valeur symbolique et désigne tous les croyants. C’est le croyant qui est confié à Marie et qui la reçoit comme Mère. C’est le pèlerin qui est confié à Marie. C’est dans cette perspective qu’il faut entendre qu’«à partir de cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui» (Jn 19,27). Ce «chez lui» ne désigne pas la seule maison, mais désigne aussi les biens propres qui lui appartiennent en tant que disciple : le lien de foi qui le rattache au Christ et qui s’exprime dans la pratique du commandement de l’amour. C’est dans cet espace spirituel que le disciple reçoit Marie comme mère. C’est dans cet espace spirituel que Bernadette et les pèlerins de tous les temps accueillent la présence de Marie comme mère.

Marie, mère de miséricorde, est toujours présente dans la vie du croyant au service de l’alliance entre son Fils et ses disciples. Et cette alliance a un nom : la miséricorde.

Le 11 février 1858 Bernardette reçoit la grâce de «bien faire le signe de la croix» : «J’ai voulu faire le  signe de la croix, ma main tomba elle était paralysée ; jusqu’à ce que la Dame l’eût fait et à ce moment-là, moi aussi, j’ai pu le faire.» Pour «bien faire le signe de la croix» il lui a suffi de regarder la Dame et de le faire comme elle-même l’accomplit. De nombreux témoins nous diront que par ce simple geste, bien faire le signe de la croix, elle semblait, en effet, entrer dans une autre réalité.  Cette autre réalité est celle que le Seigneur nous propose dans l’Évangile : passer du péché à la grâce, de l’égoïsme au partage, de la division à la communion, de l’isolement à la rencontre, de la tristesse à la joie, de la haine au pardon, etc.

En franchissant la Porte de la Miséricorde nous sommes invités, avec Marie et Bernadette, à faire le signe de la croix pour ainsi montrer notre décision d’entrer dans la réalité de la grâce de la  miséricorde pour nous et pour tous ceux que nous côtoyons.

La Grotte

La Grotte de Lourdes est le lieu où Bernadette Soubirous a rencontré 18 fois, entre le 11 février et le 16 juillet 1858, la Vierge Marie, la Mère de Dieu. Cette rencontre entre ces deux personnes était en vue d’une troisième rencontre, celle du Christ. En effet, tout au long des apparitions, la Vierge se présente toujours comme celle qui se met au service de Bernadette pour lui faire découvrir petit à petit, et à travers une catéchèse et une pédagogie formidable, la présence de la source au fond de la cavité. La source, que Bernadette découvrira lors de la neuvième apparition, est le symbole même de tout le message que Marie confie à Bernadette. Cette source symbolise la personne même du Christ. Lorsque la Dame dit à Bernadette : «Allez boire à la source et vous y laver», c’est une invitation qu’Elle lui adresse à entrer dans le mystère de la vie de son Fils. Il ne suffit pas de découvrir la source (le Christ), il faut encore boire à la source et s’y laver. Cela veut dire se nourrir de la Parole de Dieu et se laisser transformer par sa présence sacramentelle dans la Réconciliation et l’Eucharistie.

La Grotte est aussi le lieu du silence et de la prière nécessaires pour dialoguer avec le Seigneur. La Grotte est aussi le lieu d’un commencement, d’un début, d’un départ, d’une nouveauté, la Grotte est un lieu de rencontre où l’homme et la femme se découvrent beaux aux yeux de Dieu, aimables aux yeux des autres.

A la Grotte de Lourdes, naissent des amours et des amitiés de toute une vie et nombreux sont ceux qui entendent l’appel et reçoivent la grâce de consacrer leur existence au Seigneur et à leurs frères.

Devant la Grotte, nous découvrons la présence maternelle de Marie et nous faisons l’expérience de ce visage maternel de l’Église, c’est pour cela que la Grotte est un lieu d’accueil, d’écoute, de compréhension, d’ouverture à l’autre, de la préférence de l’autre à soi exprimée par le don de soi, du service de l’autre.

La Grotte est le reflet de l’humanité nouvelle, d’une création nouvelle.

La Grotte, c’est la beauté de l’Immaculée Conception, la merveilleuse rencontre entre la Sainte Vierge et Bernadette, et la grâce qui s’ensuivit a marqué à jamais ces lieux.

La Grotte est un lieu qui accueille notre humanité telle qu’elle est, avec ses joies et ses peines, ses  blessures, ses frustrations, ses échecs et ses triomphes. Et en même temps, c’est un lieu où nous faisons l’expérience de l’irruption de Dieu dans la personne de Marie. Comme le dit l’Apôtre Paul : «Là où le péché a abondé, là-même a surabondé la Grâce.» (Rm. 5, 20)

La Grotte est ainsi le lieu de toutes les miséricordes.

Les piscines et les fontaines

A la Grotte de Lourdes, Marie introduit Bernadette dans l’Évangile. La catéchèse de Marie rejoint Bernadette dans ce qu’elle est : sa condition humaine marquée par le péché. En même temps, elle est rejointe dans sa réalité, sa pauvreté, son ignorance, sa maladie, son indigence.

Durant les apparitions pénitentielles (8ème-11ème), à la demande de la Dame, Bernadette réalisera trois gestes : marcher à genoux et embrasser le sol de la Grotte, manger quelques herbes et se  barbouiller le visage avec la boue de la Grotte. Ces gestes sont des gestes bibliques, éminemment pénitentiels qui nous renvoient aux grands moments de la Passion du Fils de Dieu.

Marcher à genoux et embrasser le sol de la Grotte : c’est le geste de l’abaissement du Fils de Dieu, c’est le geste de l’Incarnation : «Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.  Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu  homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.»  (Ph. 2, 5-8)

Manger quelques herbes qui poussaient à l’intérieur de la Grotte. Les herbes amères du Livre de l’Exode nous parlent de l’agneau immolé avec lequel les Hébreux appelleront les bonnes grâces de Dieu : «Le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera  sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.» (Ex. 12, 3b-8). Les herbes amères dans la Bible signifient le péché, ce qui fait du mal à l’homme. Et  voilà Bernadette à l’image de l’agneau de Dieu qui mange ces herbes pour nous signifier que l’homme est libéré du péché par le sacrifice de l’agneau de Dieu, le Christ.

La boue qui défigure le visage de Bernadette est l’image du «serviteur souffrant de Dieu» dont nous parle le prophète Isaïe (Is. 52, 14).

Ces gestes réalisés par Bernadette à la demande de la Dame de manière répétée ont pour objectif de nous faire découvrir une autre réalité. Marcher à genoux et embrasser le sol sont des gestes d’abaissement qui sont aussi des gestes de tendresse envers le sol de la Grotte. Les deux autres, manger de l’herbe et prendre de la boue, expriment le désir de désencombrer ce sol. Il faut passer  par cette purification pour que puisse apparaître ce qui est caché et qui est le véritable trésor : la  source.

Il faut aimer l’homme, enfant de Dieu, qui est pécheur, pour le libérer du péché, afin qu’il puisse découvrir dans son cœur la source d’amour et de charité, car l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu : «Allez à la source, boire et vous y laver», dira Marie à Bernadette le 25 février, lors de la neuvième apparition. Dans la contemplation du Fils de l’Homme défiguré, couronné d’épines, ensanglanté, nous contemplons le tragique de l’histoire des hommes. Mais  simultanément, dans le Fils de l’Homme, se manifeste l’amour de Dieu envers l’humanité : «L’un  des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau.» (Jn. 19, 34) En faisant le geste de boire et de nous laver nous exprimons le besoin de cette purification de nos sentiments et de nos paroles afin que nous puissions communiquer avec nos frères, non pas au niveau superficiel, mais au niveau de la source de charité qui sommeille en nous. À l’exemple de la Samaritaine, notre conversion est possible selon les paroles du Christ : «L’eau que je lui donnerai  deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle.» (Jn. 4, 14)

En passant par les piscines et en faisant le geste de l’eau, le pèlerin que nous sommes veut signifier ce besoin d’être purifié par la grâce de Dieu et en même temps il explicite le désir de faire jaillir du plus profond de son cœur la charité qui est déjà en lui pour la communiquer aux autres.

En conclusion, nous sommes invités à nous donner à boire les uns aux autres. Cela veut dire donner à l’autre le meilleur de nous-mêmes. J’ai soif de la miséricorde de mon frère et mon frère a soif de la miséricorde de mon cœur. L’époux doit pouvoir boire et se laver dans le cœur miséricordieux de son épouse et vice versa. La famille est appelée à communiquer au niveau le plus profond de la miséricorde.

La chapelle de la réconciliation

Le 11 février 1858, Bernadette, déjà marquée par l’asthme, la malnutrition et la faim, se rend devant une grotte humide et obscure à la recherche de bois sec et d’os. Et c’est à ce moment précis, après avoir écouté «comme un coup de vent», qu’elle tourne son regard vers la Grotte et voit une Dame vêtue de blanc et enveloppée de lumière. Celle-ci se reflète sur son visage qui devient ainsi le signe de la lumière. Marie réfléchit la lumière de Celui qui est la lumière, le Christ. Et si Bernadette réfléchit cette lumière sur son visage, c’est parce que son cœur est illuminé par cette lumière. En même temps, cette lumière lui  montre les ténèbres de son cœur. C’est pour cela que la jeune fille, le samedi suivant, va chercher l’Abbé Pomian pour lui confier l’extraordinaire expérience qu’elle vient de vivre et se confesser pour la première fois de sa vie. Rencontre avec le prêtre hautement significative, puisqu’elle nous suggère que cette même lumière qu’elle voit dans la Grotte se trouve dans le sacrement de la réconciliation, de l’eucharistie, dans la vie sacramentelle, dans la vie en l’Église.

«Le Christ est la lumière des peuples. Le Saint Concile souhaite donc, en annonçant à toutes les  créatures la bonne nouvelle de l’Évangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église.» (Con. Vat. II Lumen Gentium, n°1)

En face de l’Accueil Notre-Dame, lieu de rencontre des personnes malades et des hospitaliers, sur l’autre rive du Gave, se trouve la chapelle de la réconciliation. Elle occupe l’ancien Asile Notre-Dame. C’est un beau symbole : Dieu veut la guérison totale de l’homme. Maladie et péché doivent être bien distingués. Jésus est très clair sur ce point. Mais l’être humain souffre d’être divisé. Il aspire à la réconciliation: avec lui-même, avec les autres, avec le monde qui l’entoure mais aussi avec Dieu, son Créateur et son Sauveur.

La chapelle de la réconciliation est la plus belle de toutes les chapelles du Sanctuaire, non pas par sa beauté matérielle mais par la beauté de ce qui se vit à l’intérieur de ce bâtiment: un pénitent, animé par un désir de conversion à travers le pardon demandé et reçu, et un prêtre, ministre de la miséricorde, redisent d’une manièreconcrète le Oui de l’alliance de miséricorde que Dieu fait avec toute l’humanité.

Les accueils de malades : Notre-Dame, Saint-Frai et Salus

«Les accueils des malades ne seraient que des structures collectives analogues à toutes les autres s’il n’y avait pas les Hospitalités, ces dizaines de milliers de bénévoles qui, chaque année, donnent de leur temps et dépensent de leur argent pour accompagner ou accueillir à Lourdes des personnes malades ou handicapées. Lourdes est un lieu où il est possible à bien des personnes de vivre la parabole du bon Samaritain. Le Samaritain s’est arrêté, alors qu’il était peut-être pressé. Il n’a pas reculé devant la blessure de l’homme à demi mort. De même, les Hospitaliers arrêtent la course de leurs occupations ou de leurs loisirs et acceptent de regarder ceux que notre mode de vie actuel relègue souvent dans des lieux à part. Le Samaritain est bien content de trouver une auberge où il peut conduire en toute sécurité le blessé du bord de la route. Il le confie à quelqu’un d’autre, sans se désintéresser de lui puisqu’il repassera et réglera le supplément. C’est un bon exemple pour les hospitaliers : le malade ne leur appartient pas. Ce ne serait plus Lourdes si nous avions construit de beaux Accueils, gérés par un personnel qualifié, mais sans la gratuité de la présence des bénévoles. Ce serait dommage pour les personnes accueillies mais, tout autant, pour les bénévoles, car servir est un chemin de découverte, un chemin de foi au Serviteur. Il est heureux que tant de jeunes aiment à remplir ce service » (Mgr Jacques Perrier «L’Évangile de Lourdes»).

Père Horacio Brito, Missionnaire de l’Immaculée Conception de Lourdes, chapelain

Prière du Jubilé de la Miséricorde

Seigneur Jésus-Christ,

toi qui nous as appris à être miséricordieux comme le Père céleste, et nous as dit que te voir, c’est Le voir. Montre-nous ton visage, et nous serons sauvés.

Ton regard rempli d’amour a libéré Zachée et Matthieu de l’esclavage de l’argent, la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers les seules créatures ; tu as fait pleurer Pierre après son  reniement, et promis le paradis au larron repenti. Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine comme s’adressant à nous : Si tu savais le don de Dieu ! Tu es le visage visible du Père invisible, du Dieu qui manifesta sa toute puissance par le pardon et la miséricorde : fais que l’Eglise soit, dans le monde, ton visage visible, toi son Seigneur ressuscité dans la gloire. Tu as voulu que tes serviteurs soient eux aussi habillés de faiblesse pour ressentir une vraie compassion à l’égard de ceux qui sont dans l’ignorance et l’erreur : fais que quiconque s’adresse à l’un d’eux se sente attendu, aimé, et pardonné par Dieu. Envoie ton Esprit et consacre-nous tous de son onction pour que le Jubilé de la Miséricorde soit une  année de grâce du Seigneur, et qu’avec un enthousiasme renouvelé, ton Eglise annonce aux pauvres la bonne nouvelle, aux prisonniers et aux opprimés la liberté, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue. Nous te le demandons par Marie, Mère de la Miséricorde, à toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Pape François

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION, JUBILE (ANNEE DU), MISERICORDE

BULLE DU JUBILE (extrait)

  1. misericorde
  2. Le jubilé amène la réflexion sur l’indulgence. Elle revêt une importance particulière au cours de cette Année Sainte. Le pardon de Dieu pour nos péchés n’a pas de limite. Dans la mort et la résurrection de Jésus-Christ, Dieu rend manifeste cet amour qui va jusqu’à détruire le péché des hommes. Il est possible de se laisser réconcilier avec Dieu à travers le mystère pascal et la médiation de l’Eglise. Dieu est toujours prêt au pardon et ne se lasse jamais de l’offrir de façon toujours nouvelle et inattendue. Nous faisons tous l’expérience du péché. Nous sommes conscients d’être appelés à la perfection (cf. Mt 5, 48), mais nous ressentons fortement le poids du péché. Quand nous percevons la puissance de la grâce qui nous transforme, nous faisons l’expérience de la force du péché qui nous conditionne. Malgré le pardon, notre vie est marquée par les contradictions qui sont la conséquence de nos péchés. Dans le sacrement de la Réconciliation, Dieu pardonne les péchés, et ils sont réellement effacés, cependant que demeure l’empreinte négative des péchés dans nos comportements et nos pensées. La miséricorde de Dieu est cependant plus forte que ceci. Elle devient indulgencedu Père qui rejoint le pécheur pardonné à travers l’Epouse du Christ, et le libère de tout ce qui reste des conséquences du péché, lui donnant d’agir avec charité, de grandir dans l’amour plutôt que de retomber dans le péché.

L’Eglise vit la communion des saints. Dans l’eucharistie, cette communion, qui est don de Dieu, est rendue présente comme une union spirituelle qui lie les croyants avec les Saints et les Bienheureux dont le nombre est incalculable (cf. Ap 7,4). Leur sainteté vient au secours de notre fragilité, et la Mère Eglise est ainsi capable, par sa prière et sa vie, d’aller à la rencontre de la faiblesse des uns avec la sainteté des autres. Vivre l’indulgence de l’Année Sainte, c’est s’approcher de la miséricorde du Père, avec la certitude que son pardon s’étend à toute la vie des croyants. L’indulgence, c’est l’expérience de la sainteté de l’Eglise qui donne à tous de prendre part au bénéfice de la rédemption du Christ, en faisant en sorte que le pardon parvienne jusqu’aux extrêmes conséquences que rejoint l’amour de Dieu. Vivons intensément le Jubilé, en demandant au Père le pardon des péchés et l’étendue de son indulgence miséricordieuse.

 

 

 

 

 

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION, MISERICORDE

BULLE DE LA MISERICORDE (extrait)

miserorde-jouques

 

 

  1. Que puisse parvenir à tous la parole de pardon et que l’invitation à faire l’expérience de la miséricorde ne laisse personne indifférent! Mon appel à la conversion sadresse avec plus dinsistance à ceux qui se trouvent éloignés de la grâce de Dieu en raison de leur conduite de vie. Je pense en particulier aux hommes et aux femmes qui font partie d’une organisation criminelle quelle qu’elle soit. Pour votre bien, je vous demande de changer de vie. Je vous le demande au nom du Fils de Dieu qui, combattant le péché, n’a jamais rejeté aucun pécheur. Ne tombez pas dans le terrible piège qui consiste à croire que la vie ne dépend que de l’argent, et qu’à côté, le reste n’aurait ni valeur, ni dignité. Ce n’est qu’une illusion. Nous n’emportons pas notre argent dans l’au-delà. L’argent ne donne pas le vrai bonheur. La violence pour amasser de l’argent qui fait couler le sang ne rend ni puissant, ni immortel. Tôt ou tard, le jugement de Dieu viendra, auquel nul ne pourra échapper.

Le même appel s’adresse aux personnes fautives ou complices de corruption. Cette plaie puante de la société est un péché grave qui crie vers le ciel, car il mine jusqu’au fondement de la vie personnelle et sociale. La corruption empêche de regarder l’avenir avec espérance, parce que son arrogance et son avidité anéantissent les projets des faibles et chassent les plus pauvres. C’est un mal qui prend racine dans les gestes quotidiens pour s’étendre jusqu’aux scandales publics. La corruption est un acharnement dans le péché qui entend substituer à Dieu l’illusion de l’argent comme forme de pouvoir. C’est une oeuvre des ténèbres, qui s’appuie sur la suspicion et l’intrigue. Corruptio optimi pessima, disait avec raison saint Grégoire le Grand, pour montrer que personne n’est exempt de cette tentation. Pour la vaincre dans la vie individuelle et sociale, il faut de la prudence, de la vigilance, de la loyauté, de la transparence, le tout en lien avec le courage de la dénonciation. Si elle n’est pas combattue ouvertement, tôt ou tard on s’en rend complice et elle détruit l’existence.

Voici le moment favorable pour changer de vie ! Voici le temps de se laisser toucher au coeur. Face au mal commis, et même aux crimes graves, voici le moment d’écouter pleurer les innocents dépouillés de leurs biens, de leur dignité, de leur affection, de leur vie même. Rester sur le chemin du mal n’est que source d’illusion et de tristesse. La vraie vie est bien autre chose. Dieu ne se lasse pas de tendre la main. Il est toujours prêt à écouter, et moi aussi je le suis, comme mes frères évêques et prêtres. Il suffit d’accueillir l’appel à la conversion et de se soumettre à la justice, tandis que l’Eglise offre la miséricorde.

 

 

  1. Dans ce contexte, il n’est pas inutile de rappeler le rapport entre justiceet miséricorde. Il ne s’agit pas de deux aspects contradictoires, mais de deux dimensions d’une unique réalité qui se développe progressivement jusqu’à atteindre son sommet dans la plénitude de l’amour. La justice est un concept fondamental pour la société civile, quand la référence normale est l’ordre juridique à travers lequel la loi s’applique. La justice veut que chacun reçoive ce qui lui est dû. Il est fait référence de nombreuses fois dans la Bible à la justice divine et à Dieu comme juge. On entend par là l’observance intégrale de la Loi et le comportement de tout bon israëlite conformément aux commandements de Dieu. Cette vision est cependant souvent tombée dans le légalisme, déformant ainsi le sens originel et obscurcissant le sens profond de la justice. Pour dépasser cette perspective légaliste, il faut se rappeler que dans l’Ecriture, la justice est essentiellement conçue comme un abandon confiant à la volonté de Dieu.

Pour sa part, Jésus s’exprime plus souvent sur l’importance de la foi que sur l’observance de la loi. C’est en ce sens qu’il nous faut comprendre ses paroles, lorsqu’à table avec Matthieu et d’autres publicains et pécheurs, il dit aux pharisiens qui le critiquent: «Allez apprendre ce que signifie: Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs» (Mt 9, 13). En face dune vision de la justice comme simple observance de la loi qui divise entre justes et pécheurs, Jésus indique le grand don de la miséricorde qui va à la recherche des pécheurs pour leur offrir le pardon et le salut. On comprend alors pourquoi Jésus fut rejeté par les pharisiens et les docteurs de la loi, à cause de sa vision libératrice et source de renouveau. Pour être fidèles à la loi, ils posaient des poids sur les épaules des gens, rendant vaine la miséricorde du Père. Le respect de la loi ne peut faire obstacle aux exigences de la dignité humaine.

L’évocation que fait Jésus du prophète Osée – «Je veux la fidélité, non le sacrifice» (6, 6) – est très significative. Jésus affirme que la règle de vie de ses disciples devra désormais intégrer le primat de la miséricorde, comme Lui-même en a témoigné, partageant son repas avec les pécheurs. La miséricorde se révèle une nouvelle fois comme une dimension fondamentale de la mission de Jésus. Elle est un véritable défi face à ses interlocuteurs qui s’arrêtaient au respect formel de la loi. Jésus au contraire, va au-delà de la loi; son partage avec ceux que la loi considérait comme pécheurs fait comprendre jusqu’où va sa miséricorde.

L’apôtre Paul a parcouru un chemin similaire. Avant de rencontrer le Christ sur le chemin de Damas, il consacrait sa vie à observer de manière irréprochable la justice de la loi (cf. Ph 3, 6). La conversion au Christ l’amena à changer complètement de regard, au point qu’il affirme dans la Lettre aux Galates: «Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus pour devenir des justes par la foi au Christ, et non par la pratique de la Loi» (2, 16). Sa compréhension de la justice change radicalement. Paul situe désormais en premier la foi, et non plus la loi. Ce n’est pas l’observance de la loi qui sauve, mais la foi en Jésus-Christ, qui par sa mort et sa résurrection, nous a donné la miséricorde qui justifie. La justice de Dieu devient désormais libération pour ceux qui sont esclaves du péché et de toutes ses conséquences. La justice de Dieu est son pardon (cf. Ps 50, 11-16).

  1. La miséricorde n’est pas contraire à la justice, mais illustre le comportement de Dieu envers le pécheur, lui offrant une nouvelle possibilité de se repentir, de se convertir et de croire. Ce qu’a vécu le prophète Osée nous aide à voir le dépassement de la justice par la miséricorde. L’époque de ce prophète est parmi les plus dramatiques de l’histoire du peuple hébreu. Le Royaume est près d’être détruit; le peuple nest pas demeuré fidèle à lalliance, il sest éloigné de Dieu et a perdu la foi des Pères. Suivant une logique humaine, il est juste que Dieu pense à rejeter le peuple infidèle: il na pas été fidèle au pacte, et il mérite donc la peine prévue, c’est-à-dire l’exil. Les paroles du prophète l’attestent: «Il ne retournera pas au pays d’Égypte; Assour deviendra son roi, car ils ont refusé de revenir à moi» (Os 11, 5). Cependant, après cette réaction qui se réclame de la justice, le prophète change radicalement son langage et révèle le vrai visage de Dieu: «Mon cœur se retourne contre moi; en même temps, mes entrailles frémissent. Je nagirai pas selon lardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme: au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer» (11, 8-9). Commentant les paroles du prophète, saint Augustin écrit: «Il est plus facile pour Dieu de retenir la colère plutôt que la miséricorde».[13]C’est exactement ainsi. La colère de Dieu ne dure qu’un instant, et sa miséricorde est éternelle.

 

Si Dieu s’arrêtait à la justice, il cesserait d’être Dieu; il serait comme tous les hommes qui invoquent le respect de la loi. La justice seule ne suffit pas et lexpérience montre que faire uniquement appel à elle risque de lanéantir. Cest ainsi que Dieu va au-delà de la justice avec la miséricorde et le pardon. Cela ne signifie pas dévaluer la justice ou la rendre superflue, au contraire. Qui se trompe devra purger sa peine, mais ce n’est pas là le dernier mot, mais le début de la conversion, en faisant l’expérience de la tendresse du pardon. Dieu ne refuse pas la justice. Il l’intègre et la dépasse dans un événement plus grand dans lequel on fait l’expérience de l’amour, fondement d’une vraie justice. Il nous faut prêter grande attention à ce qu’écrit Paul pour ne pas faire la même erreur que l’Apôtre reproche à ses contemporains juifs: «En ne reconnaissant pas la justice qui vient de Dieu, et en cherchant à instaurer leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu. Car l’aboutissement de la Loi, c’est le Christ, afin que soit donnée la justice à toute personne qui croit» (Rm 10, 3-4). Cette justice de Dieu est la miséricorde accordée à tous comme une grâce venant de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. La Croix du Christ est donc le jugement de Dieu sur chacun de nous et sur le monde, puisqu’elle nous donne la certitude de l’amour et de la vie nouvelle.

 

 

 

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION, MISERICORDE

JUBILE DE LA MISERICORDE (extrait)

  1. CONVERSION de rappeler le rapport entre justiceet miséricorde. Il ne s’agit pas de deux aspects contradictoires, mais de deux dimensions d’une unique réalité qui se développe progressivement jusqu’à atteindre son sommet dans la plénitude de l’amour. La justice est un concept fondamental pour la société civile, quand la référence normale est l’ordre juridique à travers lequel la loi s’applique. La justice veut que chacun reçoive ce qui lui est dû. Il est fait référence de nombreuses fois dans la Bible à la justice divine et à Dieu comme juge. On entend par là l’observance intégrale de la Loi et le comportement de tout bon israëlite conformément aux commandements de Dieu. Cette vision est cependant souvent tombée dans le légalisme, déformant ainsi le sens originel et obscurcissant le sens profond de la justice. Pour dépasser cette perspective légaliste, il faut se rappeler que dans l’Ecriture, la justice est essentiellement conçue comme un abandon confiant à la volonté de Dieu.

Pour sa part, Jésus s’exprime plus souvent sur l’importance de la foi que sur l’observance de la loi. C’est en ce sens qu’il nous faut comprendre ses paroles, lorsqu’à table avec Matthieu et d’autres publicains et pécheurs, il dit aux pharisiens qui le critiquent: «Allez apprendre ce que signifie: Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs» (Mt 9, 13). En face dune vision de la justice comme simple observance de la loi qui divise entre justes et pécheurs, Jésus indique le grand don de la miséricorde qui va à la recherche des pécheurs pour leur offrir le pardon et le salut. On comprend alors pourquoi Jésus fut rejeté par les pharisiens et les docteurs de la loi, à cause de sa vision libératrice et source de renouveau. Pour être fidèles à la loi, ils posaient des poids sur les épaules des gens, rendant vaine la miséricorde du Père. Le respect de la loi ne peut faire obstacle aux exigences de la dignité humaine.

L’évocation que fait Jésus du prophète Osée – «Je veux la fidélité, non le sacrifice» (6, 6) – est très significative. Jésus affirme que la règle de vie de ses disciples devra désormais intégrer le primat de la miséricorde, comme Lui-même en a témoigné, partageant son repas avec les pécheurs. La miséricorde se révèle une nouvelle fois comme une dimension fondamentale de la mission de Jésus. Elle est un véritable défi face à ses interlocuteurs qui s’arrêtaient au respect formel de la loi. Jésus au contraire, va au-delà de la loi; son partage avec ceux que la loi considérait comme pécheurs fait comprendre jusqu’où va sa miséricorde.

L’apôtre Paul a parcouru un chemin similaire. Avant de rencontrer le Christ sur le chemin de Damas, il consacrait sa vie à observer de manière irréprochable la justice de la loi (cf. Ph 3, 6). La conversion au Christ l’amena à changer complètement de regard, au point qu’il affirme dans la Lettre aux Galates: «Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus pour devenir des justes par la foi au Christ, et non par la pratique de la Loi» (2, 16). Sa compréhension de la justice change radicalement. Paul situe désormais en premier la foi, et non plus la loi. Ce n’est pas l’observance de la loi qui sauve, mais la foi en Jésus-Christ, qui par sa mort et sa résurrection, nous a donné la miséricorde qui justifie. La justice de Dieu devient désormais libération pour ceux qui sont esclaves du péché et de toutes ses conséquences. La justice de Dieu est son pardon (cf. Ps 50, 11-16).

 

 

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION, JUBILE (ANNEE DU), MISERICORDE

ANNEE DE LA MISERCORDE (Extrait)

  1. bon-pasteur-det appelles, le Seigneur répondra; si tu cries, il dira: «Me voici.» Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais» (Is 58, 6-11).

L’initiative appelée «24 heures pour le Seigneur» du vendredi et samedi qui précèdent le IVème dimanche de Carême doit monter en puissance dans les diocèses. Tant de personnes se sont de nouveau approchées du sacrement de Réconciliation, et parmi elles de nombreux jeunes, qui retrouvent ainsi le chemin pour revenir au Seigneur, pour vivre un moment de prière intense, et redécouvrir le sens de leur vie. Avec conviction, remettons au centre le sacrement de la Réconciliation, puisqu’il donne à toucher de nos mains la grandeur de la miséricorde. Pour chaque pénitent, ce sera une source d’une véritable paix intérieure.

Je ne me lasserai jamais d’insister pour que les confesseurs soient un véritable signe de la miséricorde du Père. On ne s’improvise pas confesseur. On le devient en se faisant d’abord pénitent en quête de pardon. N’oublions jamais qu’être confesseur, c’est participer à la mission de Jésus d’être signe concret de la continuité d’un amour divin qui pardonne et qui sauve. Chacun de nous a reçu le don de l’Esprit Saint pour le pardon des péchés, nous en sommes responsables. Nul d’entre nous n’est maître du sacrement, mais un serviteur fidèle du pardon de Dieu. Chaque confesseur doit accueillir les fidèles comme le père de la parabole du fils prodigue: un père qui court à la rencontre du fils bien quil ait dissipé tous ses biens. Les confesseurs sont appelés à serrer sur eux ce fils repentant qui revient à la maison, et à exprimer la joie de lavoir retrouvé. Ils ne se lasseront pas non plus d’aller vers l’autre fils resté dehors et incapable de se réjouir, pour lui faire comprendre que son jugement est sévère et injuste, et n’a pas de sens face à la miséricorde du Père qui n’a pas de limite. Ils ne poseront pas de questions impertinentes, mais comme le père de la parabole, ils interrompront le discours préparé par le fils prodigue, parce qu’ils sauront accueillir dans le coeur du pénitent l’appel à l’aide et la demande de pardon. En résumé, les confesseurs sont appelés, toujours, partout et en toutes situations, à être le signe du primat de la miséricorde.

 

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION, MISERICORDE

ANNEE SAINTE (Extrait de la Bulle)

  1. Dans l’Evangile de Luc, nous trouvons un autre aspect important pour vivre avec foi ce Jubilé. L’évangéliste raconte qu’un jour de sabbat, Jésus retourna à Nazareth, et comme il avait l’habitude de le faire, il entra dans la synagogue. On l’appela pour lire l’Ecriture et la commenter. C’était le passage du prophète Isaïe où il est écrit: «Lesprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur ma consacré par lonction. Il ma envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur» (Is 61, 1-2). «Une année de bienfaits»: cest ce que le Seigneur annonce et que nous voulons vivre. Que cette Année Sainte expose la richesse de la mission de Jésus qui résonne dans les paroles du Prophète: dire une parole et faire un geste de consolation envers les pauvres, annoncer la libération de ceux qui sont esclaves dans les nouvelles prisons de la société moderne, redonner la vue à qui n’est plus capable de voir car recroquevillé sur lui-même, redonner la dignité à ceux qui en sont privés. Que la prédication de Jésus soit de nouveau visible dans les réponses de foi que les chrétiens sont amenés à donner par leur témoignage. Que les paroles de l’Apôtre nous accompagnent: «celui qui pratique la miséricorde, quil ait le sourire» (Rm 12, 8).

 

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION, BIBLIOGRAPHIE, MISERICORDE

BIBLIOGRAPHIE : ANNEE DE LA MISERICORDE

BIBLIOGRAPHIE SUR LE THEME DE LA MISERICORDE

 bon-pasteur-det 

BENOIT XVI. – Le sacrement de l’amour. : exhortation apostolique. – Paris, Fayard, Editions Cerf/Mame, 2007.

BIANCHI, Enzo. – Don et pardon. – Paris, Albin Michel, 2015.

CHÖNBORN, cardinal Christoph. – Luc : l’Evangile de la miséricorde. – Paris, Le Cerf, 2015.

CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTIUON DE LA NOUVELLE EVANGELISATION. – Les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. – Paris, Mame, 2015.

DEVILLERS, LUC. – L’Evangile de Luc. – Paris, Le Cerf, 2016.

C’est Luc Devillers, dominicain, enseignant à l’École biblique de Jérusalem (1995-2008), président de l’Association catholique française pour l’étude de la Bible (2009-2014) et depuis 2009, professeur d’exégèse et de théologie du Nouveau Testament à l’université de Fribourg, qui se fait ici votre guide pour entrer dans l’Évangile de Luc. Identification de l’auteur ou des auteurs, contexte scripturaire, historique, culturel et rédactionnel, analyse littéraire, structure et résumé, examen détaillé des grands thèmes, étude de la réception, de l’influence et de l’actualité, lexiques des lieux et des personnes, tables chronologiques, cartes géographiques, bibliographie : les plus grands spécialistes de l’Écriture se font votre tuteur. « Mon ABC de la Bible », ou la boîte à outils d’une lecture informée et vivante du Livre des Livres.

 DESCOUVEMEONT, Pierre. – L’homme, ce chef-d’œuvre … à peine moindre qu’un dieu. – Paris, Editions de l’Emmanuel, 2013.

DI FALCO LEANDRI, Jean-Michel. – L’amour crucifié. – Notre-Dame du Laus/Editions de l’Emmanuel, 2015.

La doctrine de la justification, déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Eglise catholique. – Paris, Le Cerf, 1999. (à consulter également sur le site du Vatican).

 Hélène Dumont. – La divine miséricorde : une grâce pour notre temps. – Editions de l’Emmanuel, 2015

 Hélène Dumont. – A l’écoute du Christ miséricordieux. – Editions de l’Emmanuel. 2015.

 Hélène Dumont. – La divine miséricorde : une grâce pour notre temps. – Editions de l’Emmanuel, 2015.

 DUMONT, Hélène . – A l’écoute du Christ miséricordieux. – Editions de l’Emmanuel. 2015.

 DUMONT, Hélène. – Sur les pas de la divine miséricorde. – Pari, Editions de l’Emmmanuel, 2015.

 Mariée et mère de quatre enfants, Hélène Dumont est auteur de quatre livres sur l’ enseignement du Christ à Sainte Faustine :

« A l’Ecoute du Christ Miséricordieux », « Sur les pas de la Miséricorde Divine avec Marie » et « La Miséricorde Divine, une grâce pour notre temps », « Guide spirituel La Divine Miséricorde » et a participé à la création du CD Prier le Chapelet avec Sainte Faustine.

Depuis plusieurs années, elle donne des conférences et anime des retraites sur la Miséricorde Divine dans des paroisses, des Communautés nouvelles, des associations ou des sanctuaires en France et à l’ étranger. Auparavant, elle était responsable pastorale scolaire dans un établissement privé de plus de 500 élèves. En 1996-97, elle a suivi les cours de l’ Institut Missionnaire de l’Ecole Cathédrale à Paris.

 FRANÇOIS (pape). – Le nom de Dieu est miséricorde : conversations avec Andrea Tornielli. Suivi de « Misericordiae Vultus » : bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la Miséricorde.- Paris, R. Laffont/Presses de la Renaissance, 2016. 230 p.

PAPE FRANÇOIS. L’amour est contagieux. Paris, Albin Michel

PAPE FRANÇOIS. – Méditer la miséricorde avec le Pape François

FRERE, Ludovic. – Au cœur de la miséricorde. – Perpignan, Artège, 2016.

 GUIBERT, Joël. – Rendre amour pour amour : une spiritualité du Cœur de Jésus. – Paris, Téqui, 2015.

 GUIBERT, Joël. – Que vienne ta miséricorde. – Paris, Editions de l’Emmanuel, 2015.

 Prêtre du diocèse de Nantes, le père Joël Guibert a été de nombreuses années curé dans ce diocèse. Il est maintenant détaché par son évêque pour animer des retraites spirituelles pour tous et pour des communautés monastiques. Il a publié par ailleurs, plusieurs ouvrages de spiritualité, en particulier Renaître d’en haut (Presses de la Renaissance).

 

GUIZiOU, Sébastien. – L’Eucharistie comme source et chemin de la miséricorde. – (cf. au site « Portail de la liturgie catholique)

 HUBAUT, Michel. – Grâce et miséricorde : commentaire de l’Evangile de Saint Luc. – Paris, Salvator, 2015.

 HUGUENIN, Marie-Joseph. – Au cœur de la miséricorde avec Thérèse d’Avila. – Nouan-le-Fuzelier, Editions des Béatitudes, 2015.

Le père Marie-Joseph Huguenin, docteur en théologie, a été ordonné prêtre en 1982. Il a publié une thèse sur L’expérience de la miséricorde divine chez Thérèse d’Avila, Fribourg-Paris 1993 (2e édition) et une nouvelle édition de La Montée du Mont Carmel avec un guide de lecture, Toulouse 1999. Il anime des Écoles de Prière et exerce un ministère de proximité en paroisse.

 

JANGUENIN, Gilles. – Humour et sainteté chez François de Sales. – Paris, Salvator, 2013.

Le Père Gilles Jeanguenin est prêtre exorciste du diocèse d’Albenga-Imperia (Italie). Il est l’auteur de nombreux livres sur les anges, notamment Le Prince des anges – Saint Michel (Téqui, 2002) et l’excellent Les anges existent !, paru aux éditions Salvator en 2005.

 KASPER, William. – La miséricorde. – Paris, EdB, 2015.

 LANDECHE, Anne. – Je t’ai gravé dans la paume de mes mains : récits d’un médecin de prison. –

« Mes textes sont nés d’un besoin de déposer ce qui m’envahissait après des journées de consultation comme médecin généraliste dans l’univers si violent de la prison. Ils sont peu à peu devenus le lieu de ma recherche de Dieu, le lieu de mon chemin de foi. Ce qui permettait de donner sens à mon travail. Ils ont surtout comme vocation d’être partagés d’abord à des chercheurs de Dieu, aussi peut-être à des citoyens intéressés par la prison : pour qu’un regard, au-delà des clichés habituels, fasse revivre ces hommes abîmés qui vivent derrière nos murs ». Un regard bouleversant sur ces hommes blessés

 

LE GUILLOU, Marie-Joseph. – L’amour du Père révélé dans sa Parole. – Paris, Parole et Silence, 2015.

 

LETHEL, Jean-François. – , . – connaître l’amour du christ qui surpasse toute connaisssance : la théologie des saints. – Vénasque, Editions du Carmel, 1989.

 

François-Marie Léthel, né à Paris en 1948, est entré dans l’Ordre des Carmes Déchaux (Province

de Paris) en 1967 et a été ordonné prêtre en 1975. Après la licence en philosophie, il a obtenu la

licence en théologie à l’Institut Catholique de Paris, avec une thèse sur saint Maxime le Confesseur, sous la direction du P. Marie-Joseph Le Guillou o.p(Théologie de l’Agonie du Christ. La liberté humaine du Fils de Dieu et son importance sotériologique mises en lumière par saint Maxime le Confesseur, Paris, 1979,ed. Beauchesne, col « Théologie Historique, n°52). Il a obtenu le doctorat en théologie à l’Université   de Fribourg (Suisse) en 1989, sous la directiondu P. Christoph Schönborn o.p. avec une thèse intitulée: Connaître l’Amour du Christ qui surpasse toute Connaissance. La Théologie des Saints(Venasque, 1989, ed. du Carmel). Professeur au Studium de Notre-Dame de Vie à partir de 1976, le Père Léthel vit à Rome depuis 1982, enseignant la théologie dogmatique et spirituelle à la Faculté Pontificale de Théologie Teresianum. Nommé Consulteur pour les Causes des Saints par Jean-Paul II en 2004, il a été ensuite nommé PrélatSecrétaire de l’Académie Pontificale de Théologie par Benoît XVI en 2008, charge qu’il a exercé jusqu’en 2013.

Parmi ses nombreux écrits sur la théologie des saints, on peut indiquer particulièrement ses livres sur Thérèse de Lisieux: L’Amour de Jésus. La Christologie de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Paris, 1997, ed Desclée , col « Jésus et Jésus-Christ »), Louis-Marie Grignion de Montfort: L’amour de Jésus en Marie(Genève, 2000, ed. Ad Solem, 2 vol.)et Gemma Galgani: L’Amore di Gesù Crocifisso Redentore dell’uomo. Gemma Galgani(Roma, 2004, Libreria Editrice Vaticana). En 2011, le Pape Benoît XVI a invité le P. Léthel à prêcher la Retraite de Carême pour Lui et la Curie romaine. Le texte des méditations a été publié en italien (La Luce di Cristo nel Cuore della Chiesa, Libreria Editrice Vaticana, 2011) et en français (La Lumière du Christ dans le Coeur de l’Eglise, Parole et Silence, 2011).

  

LOUIS GRIGNON DE MONTFORT (saint). – L’amour de la sagesse éternelle. – Poitiers, Editions DMM, 1997.

 

MOLEON, Albert-Marie de. – Au cœur de la miséricorde. – Parole et Silence, 2015.

Formation

À l’issue de ses études secondaires au lycée Condorcet et au lycée Louis-le-Grand de Paris, Albert-Marie de Monléon a poursuivi sa formation pour partie à Institut catholique de Paris et pour partie dans les facultés dominicaines de philosophie et de théologie du Saulchoir à Étiolles. Il est licencié en théologie.

Il a été ordonné prêtre le 5 juillet 1964 pour l’ordre des Dominicains chez qui il était entré dès 1957.

Principaux ministères

Son ministère sacerdotal a été marqué par le Centre d’études en théologie Istina[1] dont il a été membre pendant 20 ans de 1968 à 1988.

Il a également été responsable des prêtres et séminaristes de la Communauté de l’Emmanuel et de la Fraternité de Jésus de 1983 à 1988.

Nommé évêque de Pamiers le 5 août 1988, il a été consacré le 1er octobre 1988. Il est évêque de Meaux depuis le 17 août 1999.

Au sein de la Conférence des évêques de France, il a présidé la Commission de la liturgie et de la pastorale sacramentelle. Il est actuellement membre de la commission doctrinale. Le 8 novembre 2008, il a été réélu dans cette commission pour un mandat de trois ans[2].

Il se retire le 9 août 2012

 

 

NOUWEN, Henri J.-M. – Le retour de l’enfant prodigue. – Paris, Albin Michel, 2015.

Henri J. M. Nouwen (Nijkerk, 24 janvier 1932Hilversum, 2 octobre 1996) est un prêtre et un écrivain catholique hollandais qui fut l’auteur d’une quarantaine de livres de spiritualité au cours de sa vie. Il fut aumônier pour la Communauté de l’Arche et ami de Jean Vanier.

Sa spiritualité est orientée vers la filiation divine de l’humanité à travers le Christ. Il avait enseigné à l’Université Notre-Dame, l’Université Yale et l’Université Harvard. Il travailla longtemps avec les personnes handicapées.

Pendant les années 1970, il était influencé par la théologie de la libération. Selon son biographe Michael Ford, qui écrit dans Wounded Prophet, il aurait finalement accepté son homosexualité à la fin de sa vie après avoir vécu des difficultés spirituelles à propos du célibat. Il est décédé en 1996.

En 2003, la revue The Christian Century (en) le cita comme un des auteurs spirituels importants du XXe siècle.

Quelques œuvres

Adam

Compassion

Life of the Beloved

Le retour de l’enfant prodigue

Au cœur de ma vie, l’Eucharistie, 1995

Vivre sa foi au quotidien, 1996

Les trois mouvements de la vie spirituelle, 1998 (Reaching Out, 1974)

La voix intérieure de l’amour : de l’angoisse à la libertê, 2000 (The Inner of Love, 1996)

PAUL VI. – Constitution apostolique Indulgentiarum doctrina sur la révision des indulgences. – In « La Documentation catholique, n° 1487, 5 février 1967. Coll. 197-2018.

 

CHÖNBORN, cardinal Christoph. – Luc : l’Evangile de la miséricorde. – Paris, Le Cerf, 2015.

CHRISTOPH SCHONBORN. – Nous avons obtenu miséricorde.. – Paris, Parole et Silence, 2015.

 

PAUL VI. – Constitution apostolique Indulgentiarum doctrina sur la révision des indulgences. – In « La Documentation catholique, n° 1487, 5 février 1967. Coll. 197-2018.

 

SESBOUË, Bernard. – Les indulgences. Problème oecuménique à nouveau posé ? . – In « Etudes », juillet-août 1983 (pp. 116-121).

 

VANNIER, Marie-Anne. – Dieu, le Père mystère de charité. – Paris, Le Cerf, 2015.

 

Une petite collection intéressante

 

La confession sacrement de la miséricorde. – Paris, Mame, 2015

 

Les paraboles de la miséricorde. – Paris , Mame, 2015.

 

Les psaumes de la miséricorde. – Paris, Mame, 2015.

 

Les langages de l’amour de Dieu. Paris, Mame, 2015.

 Bibliographie pour l’année de la Miséricorde conseillée par le site de la Conférence des Evêques de France

Publié le 26 novembre 2015

Textes officiels :

Pape FRANÇOIS, Le visage de la miséricorde, Bulle d’indiction du l’Année Sainte de la miséricorde.

Livrets du conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mame :

– Célébrer la miséricorde, – La Confession, sacrement de la Miséricorde, – Les œuvres de miséricordes corporelles et spirituelles, – Les psaumes de miséricorde, – Les paraboles de la miséricorde, – La miséricorde chez les pères de l’Eglise, – Saints dans la Miséricorde, – Les papes et la miséricorde

Jean-Paul II, Lettre encyclique, Dieu riche en miséricorde, 1980.

Des évêques parlent de la miséricorde :

Pape FRANCOIS, La Miséricorde, Mame, 2013, 188 p. (Recueil de textes et homélies du Cal Bergoglio)

Cardinal Walter KASPER, La Miséricorde, Notion fondamentale de l’Évangile, EdB, coll. Clé de la vie chrétienne, 2015, 216 p.

Pierre d’ORNELLAS, Jean-Paul II : La Miséricorde dessine l’image de mon pontificat, Parole et Silence, Cahier de l’Ecole Cathédrale,

Mgr Albert-Marie de MONLEON, Miséricorde, bonheur pour l’homme, Lethielleux, 2011. Mgr Albert-Marie de MONLEON, Au cœur de la Miséricorde, décembre 2015

Cardinal Christoph SCHÖNBORN, Nous avons obtenu miséricorde, Parole et Silence, 2015.

Témoignages :

Gérard DAUCOURT – Jean-Marie GUEULLETTE, Le Père Lataste, prêcheur de la Miséricorde, Cerf, 1992, 406 p.

Tim GUENARD, Plus fort que la haine,. Paris J’ai lu.

Richard BORGMAN, Une vie conduite par la miséricorde, Ed. de l’Emmanuel, 2015, 192 p.

Autres textes :

Pierre DESCOUVEMONT, Dieu de justice ou de Miséricorde ?, Ed. de l’Emmanuel, 2015, 192 p.

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION, JUBILE (ANNEE DU), MISERICORDE, PAPE FRANÇOIS

LES OEUVRES DE MISERICORDE

Sbon-pasteur-detQu’est-ce qu’une œuvre de miséricorde ?

Les œuvres de miséricorde sont les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses besoins corporels et spirituels.

Les œuvres de miséricorde « spirituelles » nous ont été transmises par une tradition qui trouve son origine dans les écrits des Pères de l’Eglise et qui devient probablement définitive au cours du XIIe siècle. Les œuvres de miséricorde « corporelles » sont issues de la parabole du Jugement dernier (Mt 25,31 ss) : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »

Extrait de la Bulle :

« J’ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le coeur de l’Evangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. La prédication de Jésus nous dresse le tableau de ces oeuvres de miséricorde, pour que nous puissions comprendre si nous vivons, oui ou non, comme ses disciples. Redécouvrons les oeuvres de miséricorde corporelles : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les oeuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts. » Pape François, Bulle d’indiction N°15

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION

ANNEE JUBILAIRE (Extrait)

  1. icone de la misericorde aix.jpgAu cours de cette Année Sainte, nous pourrons faire l’expérience d’ouvrir le coeur à ceux qui vivent dans les périphéries existentielles les plus différentes, que le monde moderne a souvent créées de façon dramatique. Combien de situations de précarité et de souffrance n’existent-elles pas dans le monde d’aujourd’hui! Combien de blessures ne sont-elles pas imprimées dans la chair de ceux qui nont plus de voix parce que leur cri sest évanoui et sest tu à cause de lindifférence des peuples riches ! Au cours de ce Jubilé, lEglise sera encore davantage appelée à soigner ces blessures, à les soulager avec l’huile de la consolation, à les panser avec la miséricorde et à les soigner par la solidarité et l’attention. Ne tombons pas dans l’indifférence qui humilie, dans l’habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté, dans le cynisme destructeur. Ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et soeurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide. Que nos mains serrent leurs mains et les attirent vers nous afin qu’ils sentent la chaleur de notre présence, de l’amitié et de la fraternité. Que leur cri devienne le nôtre et qu’ensemble, nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme.

J’ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le coeur de l’Evangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. La prédication de Jésus nous dresse le tableau de ces oeuvres de miséricorde, pour que nous puissions comprendre si nous vivons, oui ou non, comme ses disciples. Redécouvrons les oeuvres de miséricorde corporelles: donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les oeuvres de miséricorde spirituelles: conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés: aurons-nous donné à manger à qui a faim et à boire à qui a soif? Aurons-nous accueilli l’étranger et vêtu celui qui était nu? Aurons-nous pris le temps de demeurer auprès de celui qui est malade et prisonnier? (cf. Mt 25, 31-45). De même, il nous sera demandé si nous avons aidé à sortir du doute qui engendre la peur, et bien souvent la solitude; si nous avons été capable de vaincre l’ignorance dans laquelle vivent des millions de personnes, surtout des enfants privés de l’aide nécessaire pour être libérés de la pauvreté, si nous nous sommes faits proches de celui qui est seul et affligé; si nous avons pardonné à celui qui nous offense, si nous avons rejeté toute forme de rancoeur et de haine qui porte à la violence, si nous avons été patients à l’image de Dieu qui est si patient envers nous; si enfin, nous avons confié au Seigneur, dans la prière nos frères et soeurs. C’est dans chacun de ces «plus petits» que le Christ est présent. Sa chair devient de nouveau visible en tant que corps torturé, blessé, flagellé, affamé, égaré… pour être reconnu par nous, touché et assisté avec soin. Noublions pas les paroles de Saint Jean de la Croix: «Au soir de notre vie, nous serons jugés sur lamour».[12]

 

ANNEE SAINTE - BULLE D'INDICTION

JUBILE DE LA MISERICORDE

DES CLES POUR COMPRENDRE L’ANNEE DE LA MISERICORDE

Suivi de cardinaux, évêques, religieux et laïcs, le pape François franchit mardi 8 décembre la porte sainte de la basilique Saint-Pierre, ouvrant l’Année de la miséricorde.

Aux yeux du pape François, le Jubilé extraordinaire de la miséricorde doit servir de chemin de« conversion spirituelle » pour son Église en réforme.

1/POURQUOI UN JUBILÉ DE LA MISÉRICORDE?

Le pape François avait créé la surprise le 13 mars 2015, en annonçant un Jubilé extraordinaire de la miséricorde au deuxième anniversaire de son pontificat. Le pape veut une Église miséricordieuse, c’est-à-dire témoin de la miséricorde de Dieu pour le monde et, pour cela, il encourage chaque chrétien à cultiver en soi cette attitude du cœur. « C’est un chemin qui commence par une conversion spirituelle; et nous devons faire ce chemin », expliquait-il.

Premier à entamer cette démarche, il franchit mardi 8 décembre la porte sainte de la basilique Saint-Pierre à Rome (en présence du pape émérite Benoît XVI), même s’il a symboliquement ouvert en premier lieu celle de Bangui, la capitale centrafricaine, le 29 novembre.

Les évêques du monde entier ouvriront à leur tour des portes saintes dans leurs diocèses, ce dimanche. Toute l’année jusqu’au 20 novembre 2016, les catholiques seront invités à les passer, dans une démarche de pénitence et de rapprochement avec le Christ. Aux yeux du pape, l’Année sainte doit servir de chemin de « conversion spirituelle » pour son Église en réforme. Une conversion à la lumière du concile Vatican II, dont ce Jubilé promeut aussi l’héritage.

Au-delà de l’Église, la miséricorde est aussi nécessaire à un monde que le pape voit partout en guerre, « à la limite du suicide ». Soulignant à quel point le monde « se débat » avec la question du mal, le cardinal Georges Cottier, théologien de Jean-Paul II, explique dans un entretien à I.Media combien « la miséricorde émerge comme une réponse face au mal que l’on ne comprend pas toujours ». Après les attentats de Paris, le Vatican a jugé plus nécessaire encore la démarche jubilaire.

2/ QU’EST-CE QUE LA MISÉRICORDE N’EST PAS?

L’apanage du christianisme. Dans la tradition juive, les psaumes célèbrent la miséricorde divine. Le « miséricordieux » est également l’un des noms de Dieu le plus fréquemment utilisés par les musulmans.

Un mot dépassé. On lui préfère souvent aujourd’hui la compassion ou la bienveillance. Néanmoins, la miséricorde a été remise au goût du jour par Jean-Paul II, avec la Fête de la Divine miséricorde, puis par le pape François, qui l’a inscrite dans sa devise (à l’origine épiscopale) signifiant par là qu’il se définit comme pécheur.

Qu’une histoire de péché. Si dans le Catéchisme de l’Église catholique, l’entrée « Miséricorde » figure uniquement dans l’article consacré au péché, dans le Compendium de 2005, en revanche, elle apparaît aussi dans les chapitres sur les sacrements de guérison, sur le Notre Père, ou dans les parties consacrées à la Vierge Marie, « Mère de Miséricorde », et les œuvres de miséricorde.

Un concept mièvre. La miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, affirme le pape dans sa bulle Misericordiae vultus. Il s’appuie sur la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin, selon lequel « la miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde ».

3/ QU’EST-CE QUE LA MISÉRICORDE?

Le mot vient du latin misèreor (« j’ai pitié ») et cor (« cœur »). On la compare souvent à la compassion, dont le sens latin est semblablecum patior (« je souffre avec »). Même si l’on attribue avant tout la miséricorde à Dieu, le pape en fait une définition très incarnée, « une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d’un père et d’une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d’eux-mêmes par leur fils ». Le pape va jusqu’à parler d’un amour « viscéral », qui vient du cœur comme « un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon ».

La miséricorde est aussi le pilier qui soutient la vie de l’Église, notamment par le témoignage du pardon. Dans son action pastorale, « tout devrait être enveloppé de la tendresse par laquelle on s’adresse aux croyants », souhaite François. D’elle dépend la crédibilité de l’Église, ne cesse-t-il de répéter, regrettant que les chrétiens aient « peut-être parfois oublié de montrer et de vivre le chemin de la miséricorde ».

Elle se manifeste à travers des œuvres décrites pour la plupart dans le Nouveau Testament. Des œuvres « corporelles » – vêtir celui qui est nu; donner lhospitalité; visiter les malades et les prisonniers; nourrir ceux qui ont faim; donner à boire à ceux qui ont soif; ensevelir les morts – déclinées aussi sous une forme « spirituelle »: instruire les ignorants; prier pour le prochain; consoler les affligés; reprendre les pécheurs; supporter le prochain; conseiller son prochain dans le doute; pardonner les offenses.

4/ COMMENT SE DÉROULE UN JUBILÉ?

Le Jubilé est appelé « Année sainte » car c’est un moment qui encourage la sainteté de vie. Le passage de la porte sainte évoque « le passage que tout chrétien est appelé à effectuer du péché à la grâce ». 

Dans ce but, une indulgence – c’est-à-dire, selon le droit canonique, « la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée » – est accordée aux fidèles. Les conditions d’obtention de ce don seront précisées ce 8 décembre, mais l’indulgence s’obtient généralement par la visite de lieux saints, la prière à certaines intentions, la participation à la messe et le sacrement de réconciliation.

Le pape a souhaité mettre un accent fort sur cette dimension de pardon. C’est pourquoi il a décidé de l’envoi de « missionnaires de la miséricorde » dans les diocèses, à partir du début du Carême. Il a autorisé exceptionnellement les prêtres à absoudre des péchés réservés d’habitude au Siège apostolique en raison de leur gravité, notamment l’avortement.

5/ À QUI S’ADRESSE L’ANNÉE SAINTE?

À tous les catholiques et pas seulement aux pèlerins qui feront le voyage à Rome: pour la première fois dans lhistoire des jubilés, celui-ci est entièrement décentralisé. Le signe le plus manifeste en sera louverture, dimanche, des portes saintes dans toutes les cathédrales du monde. Le pape a d’ailleurs montré l’exemple à Bangui.

Quel que soit le lieu, ce Jubilé veut montrer la générosité d’une Église qui n’exclut personne: les femmes ayant vécu le drame de lavortement, mais aussi ceux et celles qui vivent le drame de la prison et que le pape a invité à franchir le seuil de leur cellule comme s’ils traversaient une porte sainte… Il s’adresse aussi « aux hommes et aux femmes qui font partie d’une organisation criminelle », comme la mafia, et aux personnes « fautives ou complices de corruption » afin qu’elles se détournent de leur conduite.

Le Jubilé s’accompagne par ailleurs d’un geste particulier envers la Fraternité sacerdotale ­Saint-Pie-X: aller se confesser auprès d’un prêtre lefebvriste sera valable durant toute l’Année sainte. Celle-ci doit aussi servir à se rapprocher des juifs et musulmans, dont la miséricorde, rappelle le pape, est également au centre de la foi. Il ira ainsi à la synagogue de Rome en plein Jubilé.

SOURCE : LA CROIX – 8 DECEMBRE 2015logo année de la miséricorde