EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, ART SACRE, EGLISES, ARCHITECTURE, ART RELIGIEUX, ART ET SPIRITUALITE, VISITER UNE EGLISE, LEXIQUE ET PLAN D'UNE EGLISE

Visiter une église

Lexique et plan d’une église

PLAN D-UNE EGLISE

LEXIQUE 

I–L’église est un édifice catholique en forme de croix latine orientée, c’est-à-dire disposée en direction de l’orient, symbole du jour qui se lève et de la Résurrection.

La CROIX  dont l’église prend la forme est le symbole chrétien de la rédemption. La liturgie tout entière repose sur le mystère de la Croix et de la Résurrection.

Les différentes parties de l’édifice sont ainsi définies :

1-       Le PARVIS : lieu de rencontre à l’extérieur  devant

la façade de l’église ou de la chapelle devient NARTHEX lorsqu’il se situe à l’intérieur dans le prolongement de la nef.

2-  La PORTE de l’église est l’ouverture aménagée dans la façade ou les murs latéraux  pour permettre l’accès au sanctuaire.

Lorsqu’elle est grande, ébrasée et ornée, on parle de PORTAIL

3-   La NEF : du latin navis, le vaisseau, par analogie de forme est la partie comprise entre le portail et le chœur dans le sens longitudinal où se rassemblent les fidèles.

Le terme de vaisseau est aussi le symbole de la barque de l’Eglise gouvernée par Pierre et par ses successeurs.

4-       Le TRANSEPT est une nef transversale qui coupe la nef principale en lui donnant la forme d’une croix.

5-       Le CHŒUR  est la partie de l’église  qui précède  le maître-autel. Elle était  ainsi appelée parce que dans l’usage liturgique le « chœur » (du grec choros qui signifie cercle de chanteurs) abritait  la « chorale » qui chante les louanges de Dieu. Aujourd’hui cette vocation ne concerne plus que le chœur des abbayes ou des cathédrales où les chanteurs occupent les stalles  édifiées à cet effet. La chorale actuelle se tient dans le transept ou dans une tribune au-dessus de la nef.

6-       Le CHEVET mot dérivé de l’ancien français, chef, la tête, est la partie de l’église qui se trouve à la tête de la nef, derrière le chœur. Lorsque cette partie est arrondie en hémicycle on parle d’ABSIDE.

II–Le service du culte ou liturgie est célébré en plusieurs endroits :

7-    L’AUTEL  est le haut-lieu  (du lat.altus, élevé) où le culte est célébré. Point central de l’église où les chrétiens font mémoire de la Cène, dernier repas du Christ avec ses disciples où il institua l’Eucharistie.

8-   L’AMBON est le lieu de la proclamation de la Parole de Dieu. Situé sur le côté, un peu en avant de l’autel, c’est un emplacement surélevé qui a remplacé la chaire, où désormais se fait aussi l’homélie qui suit l’Evangile.

9-   La CHAIRE, en bois ou en pierre, est la tribune élevée au milieu de la nef qui était le lieu de la prédication.

10-   Le TABERNACLE, du latin tabernaculum, tente, est une petite armoire verrouillée  où l’on conserve les hosties consacrées lors de l’eucharistie et destinées à être portées aux malades. Sa présence est signifiée aux fidèles par une lampe toujours allumée.

La LAMPE est le symbole de la présence du Christ lumière du monde. Cette lumière est aussi présente sur l’autel où les bougies sont allumées lors de la célébration de la messe. Elle est particulièrement sensible dans l’art des vitraux qui la font pénétrer dans le sanctuaire.

11-   Les FONTS BAPTISMAUX, du latin fons, source,  fontaine,  désignent la vasque  qui reçoit l’eau baptismale, signe de la vie nouvelle conférée au nouveau baptisé.

 Pour cette raison, les fonts sont placés auprès de l’entrée de l’église  pour qu’il puisse ainsi  être introduit dans la maison de Dieu. Parfois, depuis le Concile, ils se trouvent proches de l’autel où le baptême a lieu après que le futur baptisé ait été accueilli dans l’assemblée.

12-   Le  BENITIER est la vasque située à la porte de  l’église, destiné à contenir l’eau bénite à l’usage des fidèles.

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Quelques termes sur l’architecture et le mobilier d’église

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L’architecture

Abat-Son : lame de bois ou de métal disposée dans les ouvertures du clocher destinées à orienter vers le sol le son des cloches.

 Abside : extrémité ou « tête » de l’église, son plan est le plus souvent semi-circulaire mais peut-être polygonal ou plat. Du mot grec « apsis » (Voute)

 Absidioles : petites absides, servant de chapelles, situées à l’extrémité des bas-côtés (église romane) ou autour l’abside centrale (église gothique).

 Acanthe : plante méditerranéenne proche du chardon, utilisée pour le décor les chapiteaux mais aussi des frises ou tout autre surface sculptée dans les édifices religieux.

 Arc-boutant : Contrefort en forme d’arc qui sur le flan des églises gothiques, empêche l’écartement des murs sous le poids de la voûte. L’arc-boutant est une invention romaine dont la première utilisation dans les églises de France fait suite à l’effondrement de la voûte de Cluny.

 Arc d’ogive : Arc tendu diagonalement pour renforcer les arêtes d’une voûte.

 Archivolte : Ensemble de voussures encadrant une fenêtre ou un portail.

 Armarium : Niche creusée dans le mur du cloître dans laquelle sont rangés les livres du monastère, destinés à l’éducation des moines. Quand le nombre de livres à augmenté, une pièce spécifique leur a été consacrée.

 Baldaquin : Voir Ciborium

 Baptistère : Édifice, lieu où est administré le baptême, il est généralement à extérieur de l’église comme dans les édifices du haut Moyen-Age. Ce qui est différent des « fonts baptismaux », cuve contenant l’eau bénite utilisée pour le baptême, qui sont situés soit dans le baptistère, soit dans l’église dans une pièce dénommée « chapelle des fonts ».

 Bas-côtés : espaces de circulation situés de chaque côté de la nef. Ils sont séparés de la nef par des grandes arcades qui portent colonnes ou piliers. La voûte des bas côtés est moins élevée que la nef principale.

 Bretèche : Petite construction en surplomb au-dessus d’une porte constituée d’une ouverture permettant de lancer des projectiles à la verticale de l’ennemi (au moyen âge). Par extension abri en bois ou en pierre pour protéger les cloches dans certaines régions (Périgord et Aquitaine).

 Campanile : qui signifie clocher en italien est une structure en fer forgé qui coiffe un toit en général plat. On les trouve souvent dans les régions « venteuses » (Provence par exemple).

 Chapelle : Elles sont dites rayonnantes lorsqu’elles sont autour du déambulatoire. Lorsque ces chapelles communiquent entre elles on parle de « couronne de chapelles jointives ».

Elle est dite axiale lorsqu’elle est située dans l’axe de la nef sur le déambulatoire.

 

Chapiteau : Élément élargi formant le sommet d’un pilier ou d’une colonne. Il comporte en principe, de bas en haut: l’Astragale, disque surmontant le fût de la colonne; la Corbeille, volume dont les divers faces se prêtent à recevoir la décoration; le Tailloir, élément assurant la la liaison entre corbeille et partie soutenue par la colonne.

 Chevet : nom donné au fond de l’église. Il peut être plat, en abside (demi-circulaire) , pans coupés.

 Chœur : le terme désigne l’espace situé au-delà de la nef ou des transepts et réservé au clergé, qui officie autour du maître-autel.

 Ciborium : Petite construction édifiée en forme de baldaquin à colonnes élevées au-dessus de l’autel d’une église, de la cuve baptismale ou parfois d’un tabernacle (armoire où est déposé le ciboire). Aujourd’hui on utilise surtout le terme baldaquin.

 Claveau : pierre taillée en trapèze, qui placé conjointement àune autre de même forme permet d’édifier arcs et voussures.

 Clocher : élément architectural d’une église, généralement en forme de tour plus ou moins élevée, qui héberge une ou plusieurs cloches.

 Clocher-Porche : clocher dont le rez-de-chaussée sert d’entrée dans une église.

 Colonne : support architectural dont la section est circulaire par opposition au pilier de section quadrangulaire.

 Coupole : voûte dont la forme globale est celle d’une demi-sphère. On la désigne, vue de l’extérieur par le nom de dôme.

Croisée du transept : espace déterminé par l’intersection entre le vaisseau principal de la nef et le transept.

 Croisée d’ogives : Armature d’une voûte formée de deux ou trois arcs d’ogives se croisant. (Caractéristique de l’art gothique.)

 Croix : Elle est dite grecque lorsque les branches sont égales.

Elle est dite latine lorsque l’une des branches est plus longue que les trois autres.

 Crypte : salle souterraine abritant la sépulture d’un saint ou des reliques vénérées par des pèlerins. Le plus souvent elle est située sous le chœur.

Plan d’une église en élévation

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Cul-de-four : Voûte couvrant les absides et absidioles formée d’un quart de sphère rappelant la forme du four à pain.

 Culot : Ornement architectural à demi engagé dans un mur, parfois doté d’une fonction de support d’un arc ou d’une base de colonne et généralement décoré de sculpture.

 Déambulatoire : espace de circulation tournant autour du chœur permettant aux pèlerins de se déplacer. Le déambulatoire peut déboucher sur des chapelles rayonnantes.

 Dôme : Coupole à base circulaire ou polygonale.

 Fronton : ornement architectural triangulaire ou en forme de segment de cercle, au-dessus d’un portail ou d’une façade (art classique).

 Galonnière : porche donnant accès à l’intérieur de l’église, servant autrefois aux funérailles des pauvres. Élément assez typique de certaines églises beaujolaises.

 Gargouille : pierre saillante et sculptée destinée à déverser l’eau de pluie loin des murs. Représente souvent des animaux fantastiques ou des monstres. Leurs gueules crachant l’eau de pluie.

 Jubé : tribune ou clôture de pierre ou de bois séparant le chœur de la nef. Il remplaçait la poutre de gloire dans les grandes églises. Il est composé de trois éléments : la tribune (le jubé proprement dit), la clôture et le groupe sculpté de la crucifixion. Il servait à la lecture de l’épître et de l’évangile depuis la tribune. La clôture a pour fonction d’isoler le chœur qui est réservé aux clercs et aux seigneurs ; des fidèles.

 Lanternon ou lanterneau : Partie supérieure d’un dôme ou d’une coupole en forme de Lanterne.

 Linteau : Élément architectural de pierre ou de bois qui sert à soutenir les matériaux d’une baie, d’une porte, d’une fenêtre. Le linteau peut servir notamment de base au tympan au-dessus du portail.

 Narthex : autrefois les catéchumènes (personnes adultes demandant le baptême) se tenaient à cet endroit pendant les offices jusqu’à la nuit de Pâques où ils étaient baptisés.

 Nef : espace principal d’accueil des fidèles qui forme un vaisseau qui s’étend entre le portail et le chœur.

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Plan d’une église romane

 Parvis : espace extérieur située devant l’entrée principale qui est souvent un lien d’échange, de rencontre et de rassemblement

Piscine liturgique : Elle servait pendant la messe à déposer et vider les burettes. C’est donc un équipement lié au rituel de purification. Inclus généralement dans l’épaisseur d’un mur intérieur, non loin du chœur, cette piscine n’est en général pas taillé dans une seule pierre, mais trouve sa place dans l’agencement de la maçonnerie, en creux comme une niche. Elle peut être plus ou moins richement sculpté.

 Porche : construction élevée devant le portail d’une église, en bois ou en pierre

Poutre de gloire ou Tref : Elle porte le Christ en croix, la Vierge, Saint-Jean, et parfois d’autres personnages du calvaire

 Pyramidion : Petite pyramide servant au couronnement des obélisques et des pyramides d’Egypte. Par extension petite pyramide servant au couronnement sur un édifice tel une église ou une villa.

 Sacraire : Petite pièce voûtée, située près du chœur des églises, où l’on renfermait les vases sacrés. Dans un grand nombre d’églises, la sacristie servait de sacraire.

 Sacristie : annexe de l’église où sont déposés les vêtements sacerdotaux, les vases sacrés, etc.

 Supports : comme leurs noms l’indiquent, ils sont destinés à porter une voûte, un arc. De deux sortes : la colonne, support de section circulaire ou polygonale ; le pilier ou pile , support de section carrée ou cruciforme.

 Travée : division transversale d’un vaisseau comprise en deux piliers ou piles.

 Transept : vaisseau central qui coupe la nef à la hauteur du chœur. Cet élément d’architecture donne à l’église son plan en croix. L’intersection de ces deux vaisseaux forme la croisée du transept. Le transept n’existe pas toujours.

 Tribune : Galerie haute et large courant au dessus des bas-côtés.

 Triforium : A l’intérieur d’une église, galerie haute donnant sur la nef. Une galerie non couverte est une Coursière.

 Tympan : partie supérieure d’un porche, souvent sculptée, soutenue par un linteau horizontal.

 Voussures : partie cintrée qui encadre le portail de l’église. Les voussures sont souvent couvertes de sculptures.

Termes d’archéologie

 

Arcatures

Suite de bandes verticales, semblables à des pilastres, mais de très faible saillie, répétées à intervalles réguliers. Ces arcades ont presque toujours été élevées dans un but décoratif. On parle d’une arcature aveugle lorsqu’elle « colle » au mur contre lequel elle est construite.

 Bandes lombardes

À l’origine, les bandes lombardes eurent un rôle de raidissement du mur mais sont devenues par la suite un élément de décoration. Ce mode de décoration en arcatures rythme les murs de clochers ou églises. C’est un élément d’architecture caractéristique de l’époque romane. Ces arcatures portent souvent le nom d’arcatures lombardes car l’on a pensé que cette technique de construction, que l’on retrouve sur beaucoup d’églises romanes du sud, est venue des maçons lombards. Il semble que des travaux récents remettent en cause cette origine lombarde. Elles sont reliés à leur sommet par une frise d’arcatures en plein-cintre.

 Boudin

Nervure semi-cylindrique en fort relief.

 Crédence

Petite table supportée par un cul-de-lampe, une console, une figure ou tout autre ornement, et qu’on place dans une église près de l’autel pour recevoir les burettes, encensoir, etc.

 Enfeu

L’enfeu est une case hors-sol dans laquelle on place les cercueils plutôt que de les inhumer en pleine terre comme c’est le cas dans une tombe ou un caveau. On les trouve dans certains cimetières du sud de la France ou bien dans les murs de certains édifices religieux anciens où reposaient les nobles ou religieux.

 Géminé(e)

Se dit de parties qui sont disposées ou unies deux à deux :

Arcs géminés.

Colonnes géminées : colonnes groupées deux à deux, mais avec quelque intervalle.

Fenêtres géminées : fenêtres groupées par deux sans être directement en contact ; séparées par une colonne par exemple.

Litre ou litre funéraire

Bande peinte en noir, portant les armoiries des seigneurs et faisant le tour d’une chapelle. La litre était placée d’autant plus haut que la noblesse du seigneur était plus grande.

 Gloire

Auréole entourant un personnage.

 Mandorle

Gloire en forme d’amande, de l’italien mandorla qui signifie amande.

 Meneau

Traverse de pierre compartimentant une baie ou une lucarne.

 Modillon ou corbeau

Petit bloc de pierre, généralement sculpté semblant soutenir une corniche.

 Oculus

Baie de forme circulaire.

 Phylactère

Banderole portant une inscription.

 Pilastre

Pilier plat engagé dans un mur sur lequel il forme saillie.

 Tierceron

Arc qui naît des angles dans une voûte ogivale.

Motif ornemental

 

Rinceau : Motif sculpté ornemental constitué d’éléments végétaux.

 Tétramorphe : Ensemble des quatre figure d’homme (l’homme, le lion, le taureau et l’aigle) symbolisant les évangélistes (Matthieu, Marc, Luc et Jean).

 Monogramme : Chrisme : Le chrisme superpose les lettres grecques X (khi) et ϱ (rhô), les deux premières lettres du mot Christ. Aux branches du X sont souvent accrochées les lettres α (alpha) et ω (oméga) pour signifier que le Christ est au principe et au terme de la création.

IHS : Le monogramme IHS (parfois JHS) est une abréviation et une translittération imparfaite du nom de « Jésus » en grec : Ι = J, Η = E et Σ = S

Vitraux :  Rosace : grande baie circulaire ornée de vitraux qui s’ouvre sur la façade d’une église ou aux extrémités du transept.

Vitraux : illustrent les épisodes de la bible (ancien et nouveau testament) et de la vie des saints.

 

Mobilier

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 Ambon :Lieu surélevé d’où est lue la Bible pendant l’office. L’ambon a au cours du temps pris la forme d’un lutrin.

Antependium :Élément décoratif ornant le devant de l’autel, en métal, pierre sculptée, bois peint ou tissu brodé.

 Autel :Situé au centre de l’édifice, c’est l’objet le plus saint de l’église. Il rappelle à la fois la prière du sacrifice et la table de la Cène (dernier repas de Jésus avec ses disciples).

 Bénitier : Vasque parfois en forme de coquille contenant l’eau bénite avec laquelle les chrétiens tracent sur eux le signe de croix en entrant dans l’église.

 Cathèdre : Siège, trône de l’évêque, dont l’église est dite cathédrale.

 Chaire : Située au milieu ou en haut de la nef, surélevée grâce à un escalier, elle permet au prêtre de faire entendre son homélie aux fidèles. La chaire est constituée de la cuve (place du prédicateur) et parfois d’un dossier reliant la cuve à la partie supérieure appelée « porte-voix ».

 Châsse : Reliquaire, grand coffre en forme de sarcophage, généralement en métal avec un couvercle à deux pentes, dans lequel est conservé la dépouille d’un saint ou d’une sainte.

 Confessionnal : Lieu où le fidèle reçoit le sacrement de pénitence.

 Fonts baptismaux : Cuve destinée à recevoir l’eau utilisée lors du sacrement du baptême.

 Gisant :Statue ornant un tombeau et représentant le décédé, allongé, le plus souvent les mains jointes.

 Godron : Un godron est un motif d’ornementation en forme de moulure creuse ou saillante, ou de cannelure en relief, de forme ovoïde, servant à décorer la panse rebondie d’un vase, d’une cuve de fonts baptismaux.

 Lutrin : Pupitre destiné à recevoir le livre de la parole de Dieu qui est lu au cours de toute célébration.

 Pierre tombale ou plate-tombe : Monument funéraire à l’intérieur d’un édifice, constitué d’une dalle en pierre encastrée au sol ou légèrement surélevée, généralement gravée.

 Retable : Décor vertical entourant l’ancien maître-autel situé au fond de l’église.

 Statues :Représentent les saints honorés par l’Église en raison de la qualité religieuse de leur vie. Elles sont souvent fleuries en raison d’une dévotion particulière (patron de la paroisse, légende locale, saint guérisseur, etc.). Durant la période gothique, le statuaire devient un art en soi et demeure, jusqu’au XVe siècle, une expression de l’art local, avec comme principal sujet la Vierge à l’Enfant, ainsi que quelques Christs aux liens (Colomby, Quettehou, Saint-Sauveur-le-Vicomte).

 Table de communion : La table de communion (quand elle existe encore) est le lieu entre le chœur et les fidèles où on se met à genoux pour recevoir la sainte communion.

 Tabernacle : Petite armoire située dans le chœur, fermant à clé où sont conservées les hosties consacrées. Il est souvent situé au centre du retable.

 Orgues

 Accouplement : procédé par lequel l’organiste peut faire jouer simultanément plusieurs claviers.

 Boîte expressive : grand caisson dans lequel sont installés l’ensemble des tuyaux des jeux d’un clavier

 Buffet : les parties de l’instrument extérieures de menuiserie qui contiennent tous les mécanismes et tuyaux de l’instrument.

 Chamade : jeu dont les tuyaux sont postés horizontalement, très souvent en façade de l’orgue.

 Console : c’est l’endroit depuis lequel l’organiste commande tout l’instrument.

 Jalousies : persiennes pivotantes qui assurent l’ouverture et la fermeture de la boîte expressive.

 Jeu : timbre ou différentes sonorités de l’orgue. A chaque jeu correspond une série de tuyau pour tout le clavier.

 Marche : c’est le nom donné aux touches du clavier de pédale.

 Sommier : réservoir à air sur lesquels sont posés les tuyaux.

 Soufflerie :ensemble des appareils fournissant l’air.

 Tirasse : procédé par lequel l’organiste peut utiliser les jeux d’un clavier en jouant sur le pédalier.

  Tuyau : ce sont les tuyaux soit à bouche, soit à anche, qui produisent le son de l’orgue.

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ART ET SPIRITUALITE, ART RELIGIEUX, EVANGILE SELON SAINT JEAN, LES NOCES CANA DE VERONESE, LES NOCES DE CANA, PAUL VERONESE (1528-1588), PEINTRE ITIALIEN

Les noces de Cana de Véronèse

Les noces de Cana

Les noces de Cana de Véronèse : mais où sont passés les mariés ?

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Agglutinés devant le portait de la Joconde, les touristes du Louvre manquent (trop souvent) une œuvre digne d’intérêt placée… sur le mur d’en face ! Il est pourtant difficile de la manquer au vue de ses dimensions exceptionnelles ! Les noces de Cana, toile réalisée par Paul Véronèse, mort le 19 avril 1588, est en effet aussi impressionnante par sa taille que par sa composition.

Comme Titien, Tintoret ou Tiepolo, Véronèse est l’un des « princes » de Venise. Originaire de Vérone, il montre, très tôt, de fortes dispositions pour la peinture. À l’âge de 20 ans, il a déjà acquis une bonne réputation et peint pour les plus grandes familles d’Italie. Après un passage à Rome, il s’installe à Venise en 1552 et assoit sa célébrité. Admirable décorateur, il excelle dans la réalisation de toiles immenses, domaine dans lequel il peut laisser libre court à son génie : composition rigoureuse, couleurs vives, presque acides, intensité lumineuse, souci du détail, ornements somptueux, architectures théâtrales… Véronèse exalte tout ce qu’il conçoit par une virtuosité innée.

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© Domaine Public

Une commande bénédictine

Un de ses grands chefs-d’œuvre vénitien, Les noces de Cana, est conservé en France depuis 1797, époque durant laquelle Napoléon — arrivé triomphant à Venise durant sa campagne d’Italie — demande à la Sérénissime de payer un lourd tribu en œuvres d’art pour honorer le traité de paix de Compio-Formo. L’immense toile est alors roulée et transportée en bateau au cours d’un long périple avant d’arriver au Louvre.

Cette toile était à l’origine conservée dans le couvent bénédictin de San Giorgio Maggiore à Venise. Commandée en 1562 par les moines, elle était destinée à orner leur nouveau réfectoire. Les commanditaires avaient exigé que l’œuvre soit monumentale afin d’occuper tout le mur du fond. Répondant à leur demande, Véronèse avait fourni une toile colossale, mesurant quasiment 7 x 10 mètres.

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© Public domaine Le maître de maison découvrant l’eau changée en vin.

Entre iconographie profane et sacrée

La toile surprend par son choix iconographique. Un banquet fastueux placé au dessus de la tête des moines, qui, on imagine, étaient en train de manger un repas plutôt maigre. Idée étonnante. Les noces de Cana, épisode biblique relaté par saint Jean (Jn 2, 1-11)), évoque le premier miracle accomplit par le Christ. Alors qu’il est invité à un repas de mariage dans la ville de Cana, le vin vient à manquer à la fin du banquet. Il ordonne alors aux serviteurs de remplir d’eau les grandes jarres de pierre puis de servir le maître de maison. Soudain, ce dernier constate que l’eau s’est changée en vin.

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© Public domaine Les mariés placés en bout de table.

Cet épisode sacré est transposé habilement, avec une grande liberté iconographique, dans le cadre d’une fastueuse noce vénitienne. Dans cette scène de mariage, le Christ est, étonnamment, placé au centre, entouré de la Vierge et les disciples, reléguant — comme si ce n’était qu’anecdotique — les mariés en bout de table. Cette composition, renforcée par la position de la table, n’est pas sans rappeler l’épisode de la Cène et la fameuse fresque de Léonard de Vinci conservée à Milan. D’ailleurs, la figure prédominante du Christ est renforcée, à la fois par les rayons lumineux qui émanent de sa tête mais surtout par son regard fixe. Il est l’unique personnage à regarder en direction du spectateur.

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© Public domaine Le Christ entouré de sa mère et des disciples.

La faste vénitien mis à l’honneur

Tandis que le Christ et ses disciples sont vêtus de simples tuniques à l’antique, les autres personnages, clercs, princes, aristocrates vénitiens, serviteurs, sont parés et coiffés somptueusement. Le mobilier, les coupes et vases de cristal, tout rappelle les fêtes vénitiennes. Mais à y regarder de plus près, Véronèse y a inséré de subtils détails faisant référence à la future Passion du Christ. C’est une double lecture à laquelle nous invite l’artiste : dans la partie supérieure, espace céleste symbolisé par le ciel, un serviteur coupe la viande, symbole du corps du Christ prochainement sacrifié. La partie basse, espace terrestre où s’agglutinent les invités, est réservée au Hommes.

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© Public domaine La viande coupée par les serviteurs dans l’axe de la figure du Christ.

Disposant avec aisance les 130 personnages qui composent la scène, Véronèse arrive à combiner, avec une étonnante audace, les noces de Cana — préfiguration de l’Eucharistie — et le faste des grandes fêtes vénitiennes comme on en rencontrait souvent à son époque. Dans cette œuvre subtile, Véronèse orchestre ainsi une ingénieuse mise en scène et réussit à mêler deux époques éloignées de plus de 1500 ans.

https://fr.aleteia.org/2018/04/18/les-noces-de-cana-de-veronese-mais-ou-sont-passes-les-maries/

 

Les noces de Cana (Jn 2, 1-12)

Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était.
2- Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples.
3- Or il n’y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit :  » Ils n’ont pas de vin. « 
4- Jésus lui dit :  » Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée. « 
5- Sa mère dit aux servants :  » Tout ce qu’il vous dira, faites-le. « 
6- Or il y avait six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures.
7- Jésus leur dit :  » Remplissez d’eau ces jarres.  » Ils les remplirent jusqu’au bord.
8- Il leur dit :  » Puisez maintenant et portez-en au maître du repas.  » Ils lui en portèrent.
9- Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau changée en vin – et il ne savait pas d’où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l’eau – le maître du repas appelle le marié
10- et lui dit :  » Tout homme sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent ! « 
11- Tel fut le premier des signes de Jésus, il l’accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.
12- Après quoi, il descendit à Capharnaüm, lui, ainsi que sa mère et ses frères et ses disciples, et ils n’y demeurèrent que peu de jours.

ART ET SPIRITUALITE, ART RELIGIEUX, ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE, PEINTRES, PEINTURE, PROVENCE, VIERGE MARIE

L’Assomption de la Vierge en Provence au XVIIème siècle

 

L’Assomption en Provence au XVIIème siècle.

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Rétable du Parlement d’Aix. Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence


par Charlotte Siat
Aix-Marseille Université – Master II Histoire de l’Art moderne spécialité Art moderne et contemporain 2013

 Assomption de la Vierge au XVIIè siècle en Provence

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Assomption par Trophime Bigot. Cathédrale Sainte- Trophime (Arles)

Biographie

Trophime Bigot naît à Arles en 1579 où il reçoit sa formation artistique ; il aurait été en particulier l’élève de Louis Finson lors du passage de ce dernier à Arles vers 1613.  Entre 1620 et 1634 , il passe de nombreuses années en Italie, en particulier à Rome. On le retrouve à Arles dès 1634 où il exécute des tableaux, une Assomption de la Vierge (1635) et un Saint Laurent condamné au supplice (1638) pour des églises locales, notamment l’église Saint-Trophime. Propriétaire en Camargue, il y fait exploiter quelques biens. De 1638 à 1642, il vit à Aix-en-Provence, place des Prêcheurs, où il peint une autre Assomption de la Vierge. Il revient à nouveau à Arles et partage à cette date ses activités entre sa ville natale et Avignon où il meurt en 1650.

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La spiritualité de Gaugun

Gauguin – Les chemins de la spiritualité

Christian Jamet

Edition Cohen et Cohen, 2020. 353 pages.

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Présentation de l’éditeur

Malgré les célèbres Vision du sermon ou Christ jaune, l’image répandue de Paul Gauguin n’est pas celle d’un être enclin à la spiritualité. Sa formation religieuse au petit séminaire d’Orléans l’a pourtant marqué d’une empreinte durable. Notre ouvrage analyse les étapes d’un parcours spirituel qui a conduit Gauguin de la théologie de sa jeunesse à la réfutation des dogmes.

En dépit de son aphorisme provocateur  » Il faut tuer Dieu « , Gauguin n’a en fait jamais cessé d’être fasciné par ce qu’il nommait  » l’Insondable Mystère « . Confrontant la religion de son enfance à diverses formes de pensée et de spiritualité au fil de ses lectures et de ses rencontres, il est resté convaincu de la valeur universelle de l’Évangile dont il a toutefois contesté l’interprétation littérale. Sous l’influence de la théosophie, il a peu à peu évolué vers un syncrétisme religieux mêlant Jésus, Bouddha, les divinités hindoues et polynésiennes à l’animisme le plus primitif dans une quête passionnée du divin.
Le présent ouvrage se propose d’analyser les étapes d’un parcours spirituel qui a conduit Gauguin de la théologie de sa jeunesse à la réfutation des dogmes. Outre une analyse des œuvres et des textes du peintre-écrivain nécessaires à la compréhension de sa spiritualité, on trouvera ici une présentation des livres majeurs qui ont directement ou indirectement nourri sa réflexion.

 

Biographie de l’auteur

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Agrégé de l’Université et docteur en littérature comparée, Christian Jamet a enseigné durant de nombreuses années en classes préparatoires aux grandes écoles en partageant cette activité avec l’écriture. Dans des romans où se mêlent fiction et réalité, il a notamment fait revivre le peintre du Bain turc dans M. Ingres et Magdeleine ou encore Claude Monet. Il est également auteur de plusieurs ouvrages d’histoire de l’art : Botticelli – Le sacré et le profane, Delacroix – Images de l’Orient, Introduction à la peinture, Célébration de l’offrande (en collaboration avec Michel Tournier)… Le livre qu’il a consacré aux années orléanaises de Paul Gauguin, en 2013, lui a valu un Laurier vert, prix littéraire qui lui a été remis par Gonzague Saint Bris lors de la 18e édition de la Forêt des Livres présidée par René de Obaldia de l’Académie française.

 

 

Paul Gauguin : une vie, une oeuvre 

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Peintre français (Paris 1848-Atuona, îles Marquises, 1903).

Voyageur dans l’âme, Paul Gauguin suit une trajectoire artistique qui fait la transition entre l’impressionnisme et le symbolisme. Par ses formes et ses couleurs, il exerce une influence décisive sur les peintres fauves et expressionnistes.

 

  1. LA VOCATION FORCÉE

De sa prime enfance passée au Pérou, Paul Gauguin gardera le goût de l’inconnu. Il s’engage dans la marine en 1865, mais, suivant les conseils de son tuteur Gustave Arosa (qui est un collectionneur de peintures), il la quitte en 1871 pour entrer chez un agent de change parisien.

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Marié en 1873 avec une Danoise, Mette-Sophie Gad, dont il aura cinq enfants, il peint le dimanche et fréquente l’académie fondée par l’Italien Filippo Colarossi. Camille Pissarro, ami des Arosa, le conseille et l’incite à participer, à partir de 1879, aux expositions impressionnistes ; il l’invite ensuite à travailler à Pontoise avec Jean-Baptiste Armand Guillaumin et Paul Cézanne, dont l’exemple pousse Gauguin à se détacher de l’impressionnisme.

À la fin de 1883, chassé de la Bourse par la crise économique, Gauguin tente d’abord de vivre de sa peinture à Rouen, où Pissarro et Claude Monet sont en relation avec de riches amateurs, puis il décide de faire du commerce au Danemark. Il échoue et regagne Paris en 1885, sans femme ni enfants. Son destin est scellé : pendant des années, il continue à rêver d’affaires, mais la peinture est devenue sa vie.

 

  1. L’IMPRÉGNATION BRETONNE
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Paul Gauguin, Lutte de Jacob avec l’ange

Au retour d’un premier voyage à Pont-Aven, Gauguin expose en 1886 les toiles qu’il en rapporte avec celles de la période de Rouen et du Danemark, aux tonalités denses et sourdes.

L’année suivante, faisant un séjour en Martinique où il s’essaye au métier de planteur, il y exécute des tableaux discrètement pointillistes où apparaissent l’exotisme et la couleur dont ses souvenirs du Pérou et ses voyages en mer ont inscrit les émerveillements dans sa mémoire (Bord de mer).

Le second séjour de Gauguin à Pont-Aven se situe en 1888. Des longues discussions avec le jeune Émile Bernard naît alors une esthétique nouvelle opposant au néo-impressionnisme le synthétisme (couleurs pures posées à plat, cernes sombres), dont la Vision après le sermon (1888) – ou la Lutte de Jacob avec l’Ange – est l’œuvre manifeste.

 

  1. EN ARLES AVEC VAN GOGH

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Paul Gauguin, Vieilles Femmes à Arles

Gauguin apparaît comme le chef de l’école symboliste au cours de cette période, où s’intercalent, de novembre à décembre 1888, le séjour en Arles chez Vincent Van Gogh et les toiles éclatantes (les Alyscamps). Gauguin quitte Van Gogh après une violente crise de folie de ce dernier. La Belle Angèle (1889), le Christ vert (1889) reflètent les préoccupations plastiques et morales de cette période, que va suivre le premier voyage à Tahiti (1891-1893).

 

  1. L’APPEL DE L’EXOTISME

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Paul Gauguin, Quoi ? Tu es jalouse ?

La vie de Paul Gauguin s’est partagée entre l’Europe et les Tropiques. C’est la Polynésie qui lui insuffle une force créatrice nouvelle en faisant de lui le premier grand peintre à apprécier et à étudier les arts que l’on dit aujourd’hui « premiers », puis à en livrer les clés à l’Occident.

« Je pars pour être tranquille, pour être débarrassé de l’influence de la civilisation », déclare Gauguin avant de s’embarquer pour Tahiti, au printemps 1891. « Je ne veux faire que de l’art simple ; pour cela, j’ai besoin de me retremper dans la nature vierge […] sans autre préoccupation que de rendre, comme le ferait un enfant, les conceptions de mon cerveau avec l’aide seulement des moyens d’art primitifs, les seuls bons, les seuls vrais. »

 

  1. RECONNAISSANCES D’ARTISTES

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Paul Gauguin, Arearea (« Joyeusetés »)

Gauguin trouve à Tahiti l’univers relativement préservé dont il rêvait (Femmes de Tahiti, 1891). Mais, craignant à la fois les intrigues et l’oubli, il revient à Paris dès qu’il a suffisamment de tableaux nouveaux pour exposer chez Durand-Ruel (Arearea [ou Joyeusetés], 1892 ; la Lune et la Terre, 1893).

Voyant ses œuvres, Stéphane Mallarmé s’émerveille d’y trouver « tant de mystère dans tant d’éclat ». Non seulement les écrivains – dont August Strindberg  et Charles Morice, avec lequel il compose son autobiographie, Noa-Noa (1897) – mais aussi les musiciens fréquentent son atelier.

Pourtant, le succès financier se fait attendre. Un procès perdu, une échauffourée à Concarneau, où des marins se moquent de sa compagne Annah la Javanaise, et Gauguin, écœuré par l’Europe, repart en 1895 pour Tahiti.

 

  1. ENFER ET PARADIS.

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Paul Gauguin, Nevermore

À la religiosité confuse des œuvres bretonnes succèdent en Polynésie les grands mythes (plaisir, peur, mort), les formes massives aux couleurs saturées. La joie d’un retour aux sources baigne les tableaux de 1896 (Jours délicieux), puis l’angoisse s’infiltre (Nevermore, 1897).

Souffrant et déprimé par l’annonce de la mort de sa fille Aline, Gauguin pense au suicide. D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? (1897) a dès lors valeur de testament.

Le regain d’enthousiasme qui suit son installation au village d’Atuona, dans l’île d’Hiva-Oa, aux Marquises (1901), est générateur de chefs-d’œuvre où passe son sentiment d’un univers édénique (Contes barbares, 1902 ; Cavaliers au bord de la mer, ibid.). Gauguin exécute également des sculptures. Mais, épuisé par la maladie, par l’alcool et par de lancinants démêlés avec les autorités locales, il trouve la mort peu avant d’atteindre l’âge de 55 ans.

 

  1. CITATIONS

Paul Gauguin

« Le laid peut être beau, le joli, jamais. »

Paul Gauguin

« Les impressionnistes cherchent autour de l’œil et non au centre mystérieux de la pensée. »

Paul Gauguin, cité par André Breton (le Surréalisme et la peinture).

 

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Paul_Gauguin/120941

Paul Gugun

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Paul Gauguin jouant de l’harmonium à l’atelier d’Alphonse Mucha, rue de la Grande-Chaumière, Paris (vers 1895)