ARTISTE, ARTISTES FRANÇAIS, CHANTEUR FRANÇAIS, GRAEME ALLWRIGHT (1926-2020)

Graeme Allwright (1926-2020)

Graeme Allwright

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Graeme Allwright né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) et mort le 16 février 2020 à Couilly-Pont-aux-Dames, est un chanteur auteur-compositeur-interprète français d’origine néo-zélandaise. Il a adapté et introduit en français les œuvres du protest song américain (Woody Guthrie et Pete Seeger notamment), ainsi que de nombreuses chansons de Leonard Cohen mais aussi composé des chansons entrées dans la mémoire collective française.

Graeme Allwright est le père des acteurs Christophe Allwright, Jacques Allwright et Nicolas Allwright (de son union avec Catherine Dasté, fille de Jean Dasté) et de Jeanne Allwright (de son union avec Claire Bataille, qui fut aussi son agent artistique).

 

Biographie

 L’enfance et l’adolescence en Nouvelle-Zélande, le départ, le théâtre, les petits métiers

Graeme Allwright est né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) où il passe toute son enfance avec sa famille. Adolescent, il est passionné de théâtre. Ayant obtenu une bourse pour intégrer la compagnie de théâtre du théâtre Old Vic de Londres, il décide de quitter sa famille pour s’installer à Londres et y apprendre le théâtre. Il fait la traversée en s’engageant comme mousse sur un bateau, car il n’a pas d’argent pour se payer le voyage. À Londres, il fait la rencontre de la comédienne Catherine Dasté, issue d’une famille du théâtre, puisqu’elle est la petite-fille de Jacques Copeau (fondateur du théâtre du Vieux-Colombier) et la fille de Jean Dasté (directeur de la Comédie de Saint-Étienne) et de Marie-Hélène Dasté.

En 1948, il suit Catherine Dasté et s’installe en France et l’épouse en 1951 à Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), le village de Jacques Copeau. Graeme Allwright y exerce de très nombreux métiers, de la scène à la régie. Il devient ensuite apiculteur, animateur pour enfants à l’hôpital, moniteur en hôpital psychiatrique, professeur d’anglais (il a notamment comme élève Philippe Lavil) et de théâtre à l’école secondaire de la Roseraie à Dieulefit (Drôme).

 Les débuts à succès du chanteur

Encouragé par des amis stéphanois amateurs de blues, il monte à Paris au début des années 1960 et chante dans des cabarets (notamment à La Contrescarpe). Les conditions sont dures. Il rode souvent ses chansons chez des amis peintres ou sculpteurs à La Ruche à Montparnasse. Il est alors accompagné par le guitariste stéphanois Genny Detto. Au Centre américain du boulevard Raspail, il retrouve bientôt deux musiciens de folk traditionnel. Son talent séduit Colette Magny et Mouloudji, et ceux-ci le poussent à enregistrer son premier disque, Le Trimardeur, produit par Marcel Mouloudji en 1965 alors que Graeme est âgé de 39 ans. S’ensuit un premier contrat avec Philips, et ses deux albums de 1966 et de 1968, aux tonalités protest-song, le projettent au premier plan chez les jeunes.

 Les sources et l’œuvre musicale 

Graeme Allwright est parmi les premiers introducteurs en France du folk américain, dans sa veine protest-song. Il se revendique chanteur, il écrit assez peu, préférant « se glisser dans les mots d’un autre » quand il ressent que le message est commun. Il s’inscrit dans la lignée de Woody Guthrie et de Pete Seeger. Il a adapté de nombreux textes de Guthrie, parmi lesquels sa première chanson Le Trimardeur (Hard Travelin’), Le clochard américainLa Femme du mineurLa Mouche bleue, etc. Il a également adapté des chansons de Tom Paxton (Sacrée bouteille), Pete Seeger (Jusqu’à la ceinture), Malvina Reynolds (Petites Boîtes) ainsi que de Bob Dylan (Qui a tué Davy Moore ?). Ses mots simples et son accent charmeur donnent à ses textes une proximité immédiate, et une force empathique singulière.

Il a également largement contribué, par ses adaptations très fidèles de Leonard Cohen, à faire découvrir ce dernier au public français (SuzanneL’ÉtrangerDemain sera bien, etc.)

Cependant, ses propres textes ont également une grande puissance (Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille)JohnnyJoue joue joue, etc.). Politiquement engagé pour la non-violence, contre les essais nucléaires, contre la société de consommation, il écrit ou adapte de nombreux textes de protest-song (le Jour de clartéla Ligne HolworthJusqu’à la ceinture, etc.)

En 1970, après les deux disques qui ont fait son succès, il produit deux albums en anglais, A Long Distant Present From Thee… Becoming et Recollections, qui sont peu connus (et n’ont pas été complètement réédités en dehors de compilations). Le premier de ces disques, en développant un genre folk psychédélique, tranche notamment avec la période précédente de Graeme Allwright.

Assez rapidement, Graeme Allwright s’éloigne volontairement de l’industrie du spectacle, car cela ne correspond pas à sa philosophie. Refusant la relation artiste/fan classique malgré son succès dans les années 1970, il mène une carrière en marge des médias (dont les directions le censurent depuis sa participation à la lutte du Larzac, et l’adresse directe dans sa chanson Pacific blues en particulier contre Valéry Giscard d’Estaing et les essais nucléaires français).

En 1980, Graeme Allwright chante avec Maxime Le Forestier  au Palais des sports. Le bénéfice des concerts et du double album sont entièrement reversé à l’association Partage pour les enfants du tiers-monde, fondée par Pierre Marchand, et que Graeme Allwright a soutenue à ses débuts.

Dans les années 80, il produit plusieurs albums où l’on retrouve une association de titres à consonance folk et d’interprétations de textes d’amis poètes ou penseurs dont Maurice Cocagnac et Luis Porquet. En 1985, Graeme Allwright interprète des adaptations en anglais de chansons de Georges Brassens adaptées par Andrew Kelly.

Plusieurs de ses chansons deviennent des classiques familiers de la chanson française : Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille)Petit Garçon (adaptation en français de la chanson Old Toy Trains de Roger Miller), Jolie bouteilleJusqu’à la ceinture, etc. Ses classiques sont connus de plusieurs générations en France, même si le nom de leur auteur est souvent ignoré.

Dans les années 2000, il ajoute le jazz, passion de son adolescence, à son répertoire (album Tant de joies avec le Glenn Ferris quartet). Puis il reprend inlassablement la scène, accompagné le plus souvent de ses amis musiciens malgaches Erik Manana et Dina Rakatomanga, offrant toujours régulièrement « dans les p’tits patelins » de chaleureux concerts, au cours desquels, en toute simplicité et dans une intense empathie, il communique sa quête « d’une étoile qu’il n’a jamais vraiment nommée ».

En janvier 2010, l’Académie Charles-Cros lui décerne un « grand prix in honorem » pour l’ensemble de sa carrière, et un « coup de cœur » pour son album Des inédits… Pour le plaisir. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. En 2014, son adaptation française de la chanson Petit garçon (Old Toy Trains, de Roger Miller) devient l’hymne du Téléthon. Alors qu’il avait déclaré vouloir continuer à chanter pour apporter du bonheur tant que sa santé lui permettrait, il annonce dans ses concerts de 2015, à l’âge de 89 ans, arrêter la scène. En 2017, il co-signe avec l’artiste Yanne Matis la chanson Leonard, en hommage à son « double », Leonard Cohen, mort l’année précédente.

 

Les voyages

Graeme Allwright fait de sa chanson un art de vivre, une philosophie, et un partage. Ses textes où l’émotion, la dénonciation moqueuse du conformisme ou des injustices et les appels à la liberté se conjuguent à des mélodies « country » ou « blues », remportent l’adhésion d’un public de tout âge. Mais, « dépassé » par son succès, craignant sous la pression du « show-bizz » de perdre de sa liberté, il préfère multiplier les séjours à l’étranger (en Éthiopie notamment), au retour desquels il enregistre des albums. Il fait de nombreux séjours en Inde, participe dans les années 1970 à l’aventure de la cité utopique d’Auroville, initiée par La Mère, compagne de Sri Aurobindo, en travaillant au reboisement de cette zone alors désertifiée. Un peu plus tard, il découvre l’île de La Réunion, où il vit pendant un an et demi (l’album Questions lui est en grande partie consacré). Il y fait la rencontre d’excellents artistes malgaches, dont Erick Manana et Dina Rakotomanga, qui dès lors l’accompagneront très souvent lors de ses tournées en France.

En 2005, il retourne sur la terre de son enfance en effectuant une tournée en Nouvelle-Zélande, son pays d’origine où il était totalement inconnu (le film Pacific Blues réalisé en 2009 par Chantal Perrin et Arnaud Delplagne retrace ce voyage, et pour une des premières fois, l’artiste s’y livre sur sa vie et son œuvre).

 

Philosophie

Graeme Allwright milite contre l’injustice sociale, la main-mise des « grands » sur les faibles, et pour la non-violence. Son œuvre et sa pensée sont fortement imprégnées de la philosophie du penseur indien Sri Aurobindo (la chanson Lumière est un exemple de cette influence). Graeme Allwright prône un changement du monde par un travail de conscience de chacun, plus que par un mouvement révolutionnaire3. Il pense que ce monde-ci, matérialiste, doit aller à son terme parallèlement à des mutations évolutives de la conscience humaine, avant qu’un grand changement ne survienne.

Il milite pour le changement des paroles de La Marseillaise, qu’il juge « belliqueuses » et « racistes », se disant « choqué » qu’on puisse enseigner ces « paroles épouvantables » à de jeunes enfants à l’école. En 2005 il propose de nouvelles paroles pour La Marseillaise en compagnie de Sylvie Dien et en enregistre une version diffusée sur le site de son association La Marseillaise de Graeme Allwright4. Il propose au public d’entonner cette chanson au début de chacun de ses concerts, où plusieurs générations se retrouvent avec enthousiasme.

 

Œuvre

 Théâtre

1956 : Aujourd’hui ou Les Coréens de Michel Vinaver, mise en scène Roger Planchon, théâ.tre de la Comédie de Lyon ;

1957 : Les Coréens de Michel Vinaver, mise en scène Jean-Marie Serreau, théâtre de l’Alliance française ;

1960 : Les Coréens de Michel Vinaver, mise en scène Gabriel Monnet, Aix-en-Provence

 Participations

En 1966, il interprète la chanson Akou du générique final du film de Georges Lautner Ne nous fâchons pas ;

En 1967 et 1976, il contribue à la bande originale des films L’Or des pistoleros et Le Petit Marcel ;

En 1973, il participe au Concert pour les orphelins du Vietnam durant lequel il interprète deux chansons : La plage et l’inédit Hymne à Himalaya ;

En 1995, il incarne le rôle de Paddy, le gardien de phare, dans le conte musical Le Petit Arthur, de l’auteur-compositeur Alan Simon. Il y interprète la chanson La Berceuse ;

En 2002, il chante On peut bien, avec Indigo et Philippe Roussel, sur le CD Les voisins de ce dernier.

 Quelques chansons

Abouélita ;

Akou (générique de fin du film Ne nous fâchons pas, 1966) ;

Au cœur de l’arbre (paroles de Maurice Cocagnac) ;

Automne ;

Avalanche (Leonard Cohen) ;

Ballade de la désescalade ;

Billy Boy ;

Bonne chance ;

Ça je ne l’ai jamais vu (proche de Seven Drunken Nights) ;

Chanson pour un peuple perdu ;

Chasseur de qui ? ;

Comme un vrai gamin (On the road again, Willie Nelson) ;

Comment faire pour te chanter ? ;

Condamnés ;

Dans la fumée de mon cigare ;

Danse-moi vers la fin de l’amour (Dance Me to The End of Love, Leonard Cohen) ;

De passage (Leonard Cohen) ;

Demain sera bien (Tonight Will Be Fine, Leonard Cohen) ;

Deux jeunes frères ;

Diamants dans la mine (Diamonds in The Mine, Leonard Cohen) ;

Dommage ;

Emmène-moi (Take Me Home, Johnny Cash) ;

Garde le souvenir ;

Henrik ;

Identity (chanson de Youenn Gwernig) ;

Il faut que je m’en aille (Les Retrouvailles) ;

J’m’envolerai (traditionnel) ;

Je perds ou bien je gagne (Blues Run The Game, Jackson C. Frank) ;

Je veux quitter ce monde, heureux, Maxime Le Forestier ;

Je voulais te quitter (I tried to leave you, Leonard Cohen) ;

Jeanne d’Arc (Leonard Cohen) ;

Johnny ;

Joue, joue, joue ;

Jusqu’à la ceinture (Waist Deep in the Big Muddy, Pete Seeger) ;

L’Étranger (The Stranger Song, Leonard Cohen) ;

L’homme de l’an passé (Last year’s man, Leonard Cohen) ;

L’homme donna des noms aux animaux (Man Gave Names to All the Animals, Bob Dylan) ;

La Berceuse du clochard ;

La Chanson de l’adieu (paroles de Luis Porquet, musique de Graeme Allwright, 1979 ; reprise par Nana Mouskouri, 1994) ;

La Femme du mineur ;

La Gomme ;

La Ligne Holworth ;

La Marseillaise (nouvelles paroles pour l’hymne national français) ;

La Mer est immense (The water is wide, traditionnel écossais) ;

La Petite route ;

La Petite souris ;

La Plage ;

Leonard (avec Yanne Matis) ;

Le Jour de clarté ;

Les Sœurs de la miséricorde (The Sisters of Mercy, Leonard Cohen) ;

Lover, Lover, Lover (Leonard Cohen) ;

Lumière ;

Michael ;

Ne laisse pas passer ta chance ;

Océane ;

Petit Garçon (Old Toy Trains, Roger Miller) ;

Petites boîtes (Little Boxes, Malvina Reynolds) ;

Qu’as-tu appris à l’école ? (What Did You Learn in School Today?, Tom Paxton) ;

Qui a tué Davy Moore ? (Who Killed Davey Moore?, Bob Dylan) ;

Sacrée bouteille (Bottle of Wine, Tom Paxton) ;

Si c’est ta volonté (If it be your will, Leonard Cohen) ;

Suzanne (adaptation en français de la chanson de Leonard Cohen) ;

Tant de joies ;

Tu n’es plus là cet automne ;

Tout le monde le sait (Everybody Knows, Leonard Cohen) ;

Vagabonde (Winter Lady, Leonard Cohen) ;

Viendras-tu avec moi ?

ARTISTE, ECRIVAIN ESPAGNOL, ESPAGNE, LITTERATURE ESPAGOLE, PEINTRE ESPAGNOL, SALVADOR DALI (1904-1989)

Salvador Dali (1904-1989)

Salvador Dalí

18271375

Peintre, graveur et écrivain espagnol (Figueras 1904-Figueras 1989).

Génie protéiforme, cultivant l’extravagance et l’autocélébration, Salvador Dalí pratiqua une forme d’art de l’inconscient dont il eut la révélation en lisant Freud. Il marqua de sa personnalité le surréalisme en peinture comme au cinéma.

 

L’ENTRÉE DANS LE SURRÉALISME

Élève rêveur et indiscipliné jusqu’à son entrée à l’École des beaux-arts de Madrid, Salvador Dalí se place à la croisée de plusieurs influences, qui mêlent les réalismes hollandais et espagnol, l’impressionnisme et le cubisme (Jeune Fille assise, vue de dos, 1925, Centre d’art Reina Sofía, Madrid). C’est à Madrid qu’il fait la connaissance de Luis Buñuel, tandis que De Chirico et la « peinture métaphysique », Magritte ou encore Miró décident de sa vocation, qui s’affirme dès 1927 par un style que caractérise une exécution minutieuse mise au service de représentations oniriques. Dans ses compositions apparaît aussi l’obsession des paysages marins qui ne le quittera plus (Femme devant les rochers, 1926, collection privée, Milan). C’est après un premier voyage à Paris qu’il « s’insinue » dans le surréalisme, selon le mot d’André Breton. Sa contribution au mouvement est moins celle du peintre que de l’auteur, avec Buñuel, d’Un chien andalou (1928). À peine moins déterminante est sa part dans la réalisation de l’Âge d’or (1930), qui restera longtemps interdit. La carrière cinématographique de Dalí s’achève en 1932 avec la publication d’un scénario, Babaouo, qui « se passe en 1934 dans n’importe quel pays d’Europe pendant la guerre civile ».

Dalí, qui a pour compagne et inspiratrice Gala Éluard, est le pourvoyeur d’un feu d’artifice ininterrompu. Il a « une idée par minute », de préférence incongrue ou obscène, mettant au service du mouvement surréaliste une publicité ingénieuse et tapageuse. Ses œuvres, telle l’Énigme du désir – Ma mère, ma mère, ma mère (1929, collection privée, Zurich), illustrent sa théorie de la « paranoïa critique » qu’il expose dans son livre la Femme visible (1930). Il s’agit d’une « libre interprétation des associations délirantes ». De là ces peintures où, sous l’apparence d’un trompe-l’œil, les objets s’allongent, se dissolvent, se métamorphosent ; de là ces loufoqueries à propos de tableaux célèbres, comme l’Angélus de Millet, où le chapeau de l’homme dissimule, selon Dalí, un sexe en érection. Malgré le reniement de Breton, en 1934, l’art hallucinatoire de Dalí relève bien de l’esthétique surréaliste (Persistance de la mémoire, ou les Montres molles, 1931, MoMA, New York ; Prémonition de la guerre civile, 1936, Philadelphie), résumée par cet aphorisme : « La culture de l’esprit s’identifiera à la culture du désir. »

 

DALÍ AIME DALÍ

En 1936, Dalí affecte un retour spectaculaire au « classicisme » italien, qui consacre sa rupture définitive avec le surréalisme historique. De 1940 à 1948, il vit aux États-Unis. De retour en Espagne, il s’installe à Port Lligat, en Catalogne. Il épousera religieusement Gala en 1958. Puisant à toutes les sources, réalisme et baroque (Christ de Saint-Jean-de-la-Croix, 1951, Glasgow), expressionnisme abstrait et pop art, il a aussi recours, à partir des années 1970, à des procédés capables de donner l’illusion du relief comme l’holographie et la stéréoscopie.

 

Salvador Dalí, définition du surréalisme

À force d’inventions et de rodomontades, d’avances aux gens du monde, de compromissions avec les puissances politiques et religieuses, Dalí entretient son mythe personnel et continue de passer, aux yeux du grand public, pour l’authentique représentant du surréalisme. Vie et œuvre se confondent alors dans une imposture générale qui pourrait bien être aussi une œuvre d’art digne de forcer, sinon l’approbation, du moins une attention moins sceptique. Un musée Dalí, dont le peintre sera lui-même le promoteur, sera créé en 1974 à Figueras, où verra aussi le jour en 1984 la fondation Gala-Salvador-Dalí. Cinq ans plus tard, c’est elle qui recevra le corps de l’artiste.

 

AVIDA DOLLARS

Le sobriquet, en forme d’anagramme, a pour auteur André Breton. Il s’applique malicieusement à Salvador Dalí, à l’époque de son séjour aux États-Unis, où il n’eut pas d’autre choix que se proclamer le peintre le plus riche du monde ! Dalí, au demeurant, toujours situé aux frontières du dandysme et de la clownerie, ne laissa à personne d’autre qu’à lui-même le soin de faire valoir sa personne. Il endossa la défroque de l’histrion génial, à la moustache hilarante, et entreprit son propre panégyrique sur un ton glorieux et outrancier qui atteignait précisément à la dérision théâtrale… celle-là même dont il usa dans une célèbre publicité où il déclarait être « fou » d’un certain chocolat…

 

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Biographie Salvador Dalí

« A six ans je voulais être cuisinière. A sept ans Napoléon. Depuis, mon ambition n’a cessé de croître comme ma folie des grandeurs. » Salvador Dalí

L’artiste surréaliste espagnol Salvador Dalí naît le 11 mai 1904 à Figueres. Il y décède le 23 janvier 1989 à l’âge de 84 ans. Il est le fils du notaire Salvador Dalí Cusí et de Felipa Domènech Ferrés.

En 1908, son père l’inscrit à l’École publique maternelle de Figueres, avec le maître Esteban Trayter. Deux ans plus tard et, au vu de l’échec de cette option, son père décide de l’inscrire au collège hispano-français Inmaculada Concepción de Figueres, où il apprend le français, sa future langue de culture.
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Salvador Dali with ocelot and cane – Library of Congress. New York World-Telegram & Sun Collection. 1965 – Auteur : Roger Higgins, World Telegram staff photographer

En 1916, Salvador Dalí passe une période aux alentours de Figueres, dans la propriété El Molí de la Torre, de la famille Pichot – famille d’intellectuels et d’artistes – où, grâce à la collection que possède le peintre Ramon Pichot, il découvre l’impressionnisme. Après une scolarité primaire médiocre, il commence, en automne, ses études secondaires au collège des Frères Maristes et au Lycée de Figueres. Il assiste également aux classes du professeur Juan Núñez à l’École municipale de dessin de Figueres. Au cours de cette année et de la suivante, Salvador Dalí dessine des contes pour sa soeur Anna Maria (née en 1908) lorsque celle-ci est malade.

En 1917, son père lui organise, chez lui, une exposition de dessins au charbon. En 1918, Salvador Dalí collabore, avec une vignette, à la revue populaire catalane Patufet. En 1919, il participe à une exposition collective dans les salons de la Societat de Concerts, au Théâtre municipal de Figueres (futur Théâtre-musée Dalí). Avec un groupe d’amis du lycée, il fonde la revue Studium, où il publie ses premiers écrits : une série de chroniques d’art dans lesquelles, sur un ton académique et scolaire, il écrit sur les artistes qu’il admire : Goya, El Greco, Dürer, Léonard de Vinci, Michel-Ange et Vélasquez. Il collabore également, avec un autre groupe d’amis de Figueres, à la revue humoristique El sanyó Pancraci, dont il peint un portrait imaginaire. Il commence un journal personnel sous le titre Mes impressions et souvenirs intimes (publié en espagnol en 1919-1920), qu’il continue l’année suivante.

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Salvador Dalí, 29 novembre 1939 – Library of Congress, Prints and Photographs Division, Van Vechten Collection – Photographe : Carl Van Vechten

En 1920, Dalí commence à écrire un roman, Soirs d’été. Son père lui impose, comme condition pour être peintre, d’aller étudier à Madrid, à l’École des beaux-arts, afin d’obtenir un diplôme de professeur. Dalí l’accepte. La mère de Dalí meurt en février 1921.

A Madrid, en 1922, Dalí assiste à l’École spéciale de peinture, sculpture et gravure (Real Academia de Bellas Artes de San Fernando) et il habite à la Residencia de Estudiantes. Il s’y lie d’amitié avec un groupe de jeunes qui, avec le temps, deviendront d’importantes personnalités intellectuelles et artistiques : Luis Buñuel, Federico García Lorca, Pedro Garfias, Eugenio Montes et Pepín Bello, entre autres. Il commence à écrire un cahier qu’il intitule Pantins. C’est probablement à cette époque qu’il reçoit les premières informations sur la peinture cubiste à travers le catalogue futuriste Peinture et sculpture futuriste (dynamisme plastique) que Pepito Pichot lui avait apporté de Paris et également à travers des revues étrangères comme Esprit nouveau ou Valori Plastici que lui procure son oncle Anselm Domènech, propriétaire d’une importante librairie à Barcelone, à laquelle il demande d’être abonné.

En 1923, Salvador Dalí publie dans la revue Empordà Federal son poème intitulé « De la feria ». Il est expulsé de l’Académie de San Fernando, accusé d’avoir mené une révolte étudiante contre la non-concession au peintre Daniel Vázquez Díaz de la chaire de Peinture de l’École. Il revient à Figueres, où il reprendra ses classes avec Juan Núñez, qui l’instruit dans la modalité de la gravure. En 1924, ses dessins sont publiés dans les revues Alfar et España. En automne, il revient à l’Académie où il se voit obligé de redoubler son année.

En 1925, Dalí participe à la Ie Exposition de la Société des artistes ibériques à Madrid et sa première exposition individuelle est présentée aux Galeries Dalmau de Barcelone. Certaines des oeuvres présentées dans ces expositions se situent à mi-chemin entre les tendances cubistes du moment et les oeuvres des métaphysiciens italiens qu’il avait contemplées dans Valori Plastici. C’est son époque de rejet de l’avant-garde et de recherche d’une tradition picturale, essentiellement italienne. Dalí entre en contact avec une peinture, en particulier celle de Giorgio Morandi, qui lui est très utile dans le processus d’épuration qu’il a commencé. Durant cette année scolaire, 1925-1926, il ne revient pas à l’Académie de San Fernando. Federico García Lorca passe ses vacances avec Dalí à Cadaqués.

En 1926, Dalí participe à plusieurs expositions. En compagnie de sa tante et de sa soeur, il réalise son premier voyage à Paris, ville dans laquelle il fait la connaissance de Picasso et il visite le Musée du Louvre. Il est expulsé définitivement de l’École des beaux-arts de Madrid pour avoir déclaré incompétent le jury qui doit l’examiner. Il revient de nouveau à Figueres et se consacre intensément à peindre.

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Salvador Dalí, 29 novembre 1939 – Library of Congress, Prints and Photographs Division, Van Vechten Collection – Photographe : Carl Van Vechten

En 1927, Dalí réalise sa deuxième exposition individuelle aux Galeries Dalmau de Barcelone et participe au IIe Salon d’automne de la Salle Parés de cette même ville. Dans les oeuvres présentées, les premières influences claires du surréalisme peuvent être observées, ainsi que l’anticipation de beaucoup de composants de l’esthétique future de Dalí : les mains et les têtes coupées, les corps amputés, les veines et les artères, le poisson, les figures coupées en morceaux, les ânes pourris, les animaux en état de décomposition…, autrement dit, les premiers pas dans une nouvelle esthétique qui recherche de nouveaux principes formels et qu’il ne fonde plus autant sur ce qui est classique et clairement défini.

En 1928, Dalí participe à l’exposition collective Manifestation d’art d’avant-garde, aux Galeries Dalmau. La Gaceta Literaria publie son poème « À Lydia de Cadaqués » et son article « Réalité et surréalité ». Il réalise l’emblème de Gallo, la revue de Grenade à inspiration superréaliste, ainsi que toutes les illustrations du premier numéro. Avec Lluís Montanyà et Sebastià Gasch, il publie le Manifeste jaune (manifeste antiartistique catalan). Il participe au IIIe Salon d’automne de la Salle Parés et à la XXVIIe Exposition internationale de peintures de Pittsburgh aux États-Unis.

En 1929, Salvador Dalí participe à l’Exposition de peintures et sculptures d’Espagnols résidant à Paris, qui se tient au Jardin Botanique de Madrid. Le dernier numéro de L’Amic de les Arts est publié : la conception et la majeure partie des textes sont réalisés par Salvador Dalí, qui fait une profession de foi surréaliste. Il se rend de nouveau à Paris et, au travers de Joan Miró, il entre en contact avec le groupe des surréalistes, dirigé par André Breton. Durant son séjour dans la capitale française, le journal La Publicitat de Barcelone publie sous le titre « Documentaire-Paris-1929 » les sept articles qui recueillent ses impressions sur tout ce qui se passe dans cette ville. Le film Un chien andalou, fruit de sa collaboration avec Luis Buñuel, est projeté au cinéma Studio des Ursulines de Paris. Il passe l’été à Cadaqués, où il reçoit la visite du galériste Camille Goemans et sa compagne, de René Magritte et son épouse, de Luis Buñuel, de Paul Eluard et Gala, avec la fille de ces derniers, Cécile. À partir de ce moment-là, Gala restera pour toujours à ses côtés. Il participe à l’exposition collective Abstrakte und surrealistische Malerei und Plastik à la Kunsthaus de Zurich. Sa première exposition individuelle a lieu à la Galerie Goemans de Paris.

Au début de la décennie des années 1930, Dalí trouve son propre style, son langage particulier et la forme d’expression qui l’accompagneront toujours et, bien qu’il change et qu’il évolue, ce seront, dans le fond, ceux que nous connaissons tous et qui le définissent si bien. Un mélange d’avant-garde et de tradition. Ses premières toiles impressionnistes restent en arrière, ainsi que ses oeuvres influencées, entre autres mouvements, par le cubisme, le purisme et le futurisme. Dalí est complètement intégré dans le surréalisme et c’est le début de sa consécration comme peintre. L’Âge d’or, le deuxième film réalisé en collaboration avec Buñuel, passe en exclusivité au Studio 28 de Paris.

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Salvador Dalí – Photographe : Philippe Halsman

En 1931, Dalí réalise sa première exposition individuelle à la Galerie Pierre Colle de Paris où il expose son oeuvre La persistance de la mémoire. Il participe à la première exposition surréaliste aux États-Unis qui a lieu au Wadsworth Atheneum de Hartford. En 1932, Dalí participe à l’exposition Surréalisme : peintures, dessins et photographies, de la Julien Levy Gallery de New York. Sa deuxième exposition individuelle a lieu à la Galerie Pierre Colle de Paris. Son livre Babaouo, dans lequel il expose sa conception du cinéma, est publié aux Éditions des Cahiers Libres. À la fin de cette année, Dalí annonce au vicomte de Noailles la création du « groupe du Zodiaque », un groupe d’amis qui s’unissent pour aider économiquement Salvador Dalí, en lui commandant des oeuvres qu’ils achètent régulièrement.

En 1934, Dalí épouse civilement Gala (née Elena Ivanovna Diakonova), en présence des témoins Yves Tanguy et André Gaston. Il expose à l’Exposition du cinquantenaire au Salon des Indépendants du Grand Palais de Paris, sans prendre en compte l’opinion du reste des surréalistes qui avaient décidé de ne pas y participer, un fait qui suppose pratiquement son expulsion du groupe dirigé par Breton. La librairie Quatre Chemins de Paris expose les 42 eauxfortes et les 30 dessins qu’il avait réalisés pour illustrer Les chants de Maldoror d’Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont. Il réalise sa première exposition individuelle à la Zwemmer Gallery de Londres. Il embarque avec Gala à bord du Champlain pour effectuer son premier voyage aux États-Unis. Pour l’occasion, il publie un tract, « New York me salue ». Deux expositions individuelles de Dalí sont organisées : l’une à la Julien Levy Gallery et l’autre à l’Avery Memorial du Wadsworth Atheneum, Hartford (Connecticut).

En 1935, Dalí réalise une série de dessins et de textes pour American Weekly où il décrit différents concepts de la vie moderne et urbaine américaine. Le couple rentre en Europe à bord du Normandie. Il illustre avec Arp, Max Ernst, Marcel Duchamp, Alberto Giacometti, Valentine Hugo, Oscar Domínguez, Man Ray, Marcel Jean et Yves Tanguy, le programme du Cycle systématique de conférences sur les plus récentes positions du surréalisme. Il participe à l’exposition surréaliste de la Salle d’exposition de la commune de La Louvière (Belgique) et à l’Exposition internationale de peintures de 1935 du Carnegie Institute de Pittsburgh.

En mai 1936, il participe à l’Exposition surréaliste d’objets à la Galerie Charles Ratton de Paris, où il expose La veste aphrodisiaque et Monument à Kant. En juin, il participe à l’Exposition surréaliste internationale qui se tient aux New Burlington Galleries de Londres. Le 14 décembre, la revue Time lui consacre sa couverture, la photo est de Man Ray. Il participe à l’exposition Surréalisme dadaïsme fantastique au MoMA de New York. C’est à la Julien Levy Gallery de New York que se tient sa troisième exposition individuelle.

En février 1937, il fait la connaissance des frères Marx à Hollywood. Il commence à travailler avec Harpo sur le scénario d’un film, Salade de girafes à cheval (connu dans sa dernière version comme La femme surréaliste), qui n’arrivera jamais à être tourné. Dalí et Gala rentrent en Europe. À Paris, à la Galerie Renou et Colle, il présente son portrait de Harpo Marx et les dessins qu’ils avaient réalisés ensemble pour le film.

Le 17 janvier 1938 a lieu l’inauguration à la Galerie Beaux-Arts de Paris de l’Exposition internationale du surréalisme, organisée par André Breton et Paul Eluard. À l’entrée de la galerie, le Taxi pluvieux de Salvador Dalí est exposé. Dalí rend visite à Sigmund Freud à Londres, en compagnie de Stefan Zweig et d’Edward James.

En 1939, les grands-magasins Bonwit-Teller de New York chargent Salvador Dalí de la décoration de deux de ses vitrines. Le jour de la présentation, la direction change certains éléments sans en avertir Dalí. Lorsque celui-ci voit qu’une partie de sa création a été modifiée, une petite algarade se produit et Dalí passe même quelques heures en détention. Au mois de mai, Dalí signe un contrat pour participer à la World’s Fair de New York. Il dessine le pavillon Rêve de Vénus, qui est présenté dans la zone de divertissement de la Foire. Il publie la Déclaration de l’indépendance de l’imagination et des droits de l’homme à sa propre folie pour protester contre la décision du comité de la Foire mondiale de lui interdire d’exposer sur la façade une reproduction de la Vénus de Sandro Botticelli avec une tête de poisson. L’article de Breton « Des tendances les plus récentes de la peinture surréaliste » suppose l’expulsion de Dalí du groupe surréaliste. En septembre, le couple rentre de nouveau en Europe.

En 1940, son article « Les idées lumineuses. Nous ne mangeons pas de cette lumière-là » paraît dans la revue L’usage de la parole. Avec l’incursion des troupes allemandes à Bordeaux, le ménage Dalí abandonne Arcachon, où ils habitent depuis un certain temps et ils s’en vont vivre aux États-Unis, où ils resteront jusqu’en 1948. À leur arrivée, ils s’installent chez Caresse Crosby, à Hampton Manor (Virginie).

En 1941, l’intérêt de Dalí dans la création de bijoux s’éveille. Tout d’abord en collaboration avec le Duc de Verdura. Plus tard, associé à deux bijoutiers établis à New York, Alemany et Ertman. Dalí entame sa relation professionnelle avec le photographe Philippe Halsman qui continuera jusqu’à la mort de celui-ci en 1979. Il publie dans la revue Vogue « Le rêve de bijoux de Dalí ». Le MoMA de New York inaugure le 18 novembre une exposition anthologique de Dalí et Miró.

En avril 1943, le couple Reynolds Morse achète le premier tableau de Dalí, Araignée du soir… Espoir. C’est le début d’une importante collection d’oeuvres du peintre. Au printemps, à New York, il réalise la décoration de l’appartement d’Helena Rubinstein. En mai, il conçoit un nouveau ballet, Café de Chinitas, sur la base d’une histoire réelle adaptée par Federico García Lorca, qui est représentée à Detroit et au Metropolitan Opera House de New York.

En 1945, Dalí se rend à Hollywood pour travailler avec Alfred Hitchcock dans le film La maison du docteur Edwardes dont il réalise les séquences oniriques. L’exposition Peintures récentes de Salvador Dalí est inaugurée à la Bignou Gallery. En cette occasion, il présente le premier numéro du Dalí News, qu’il édite lui-même et où il ne parle que de son personnage et de son oeuvre.

En 1946, Dalí participe aux expositions Quatre espagnols : Dalí, Gris, Miró, Picasso à l’Institute of Modern Art de Boston, Une sélection de peintures contemporaines à la Bignou Gallery et IIe Exposition d’été d’art contemporain qui se tient à l’Université d’Iowa. En 1947, se tient la deuxième exposition de Dalí à la Bignou Gallery dans laquelle le deuxième et le dernier numéro du Dalí News sont présentés.

En 1949, Dalí annonce qu’il a écrit un scénario pour un « film paranoïaque » intitulé La carretilla de carne, qui n’arrive jamais à être tourné. En décembre, Anna Maria Dalí publie le livre Salvador Dalí vu par sa soeur. À la fin de la décennie des années 40, il commence son étape mystique et nucléaire – dont il expose le corpus dans son Manifeste mystique – caractérisée par le traitement des thèmes religieux et de ceux rattachés aux avances scientifiques de l’époque. Il se montre particulièrement intéressé par les progrès relatifs à la fusion et à la fission nucléaires. Dans ses créations de cette période, nous pouvons observer comment le lancement de la bombe atomique et ses effets ont une influence sur sa création.

En septembre 1950, le père de Dalí meurt. En 1951, Dalí participe à la Ie Exposition biennale hispano-américaine d’art créée par l’Institut de Culture Hispanique. Il présente à Paris le Manifeste mystique avec des oeuvres fondées sur celui-ci. Carlos de Beistegui organise un bal masqué au Palais Labia de Venise. Les Dalí y font leur apparition, dans des costumes créés par l’artiste et confectionnés par la maison Christian Dior. Il prononce la conférence « Picasso et moi » au Théâtre María Guerrero de Madrid. Il expose à Londres à la Lefevre Gallery.

En 1953, la revue Connaissance des arts publie « Salvador Dalí explique sa propre peinture ». Il participe à l’Exposition de la fiesta 1953 : Picasso, Gris, Miró, Dalí au Santa Barbara Museum of Art de Santa Barbara. En 1954, Dalí expose ses dessins au Palais Pallavicini de Rome pour illustrer La divine comédie de Dante. À l’occasion de cette exposition, Dalí apparaît soudain sortant d’un « cube métaphysique » qui symbolise sa renaissance.

En 1955, Dalí réalise le Portrait de Laurence Olivier dans le rôle de Richard III, pour la promotion du film Richard III, d’après l’oeuvre de Shakespeare et mis en scène par Alexander Korda. Il peint au zoo de Vincennes, dans l’enceinte d’un rhinocéros, une interprétation paranoïaque-critique de l’oeuvre de Vermeer La dentellière et prépare un film sur ce sujet.

Au cours de l’année 1958, Dalí reçoit différentes commandes : il dessine pour Hoechst Ibérica une carte de voeux pour Noël. La collaboration avec cette entreprise se prolongera durant 19 ans. Pour les laboratoires Wallace, il conçoit une exposition pour la promotion de la pilule tranquillisante Miltown. Pour la Foire de Paris, il commande un pain de douze mètres qui lui sert à illustrer la conférence qu’il prononce au Théâtre de l’Étoile. Le 8 août, Dalí et Gala se marient au sanctuaire des Àngels, à Sant Martí Vell, près de Gérone.

En 1964, la Grande Croix d’Isabelle la Catholique, la plus haute distinction espagnole, lui est concédée. Une grande rétrospective organisée par Mainichi Newspapers est inaugurée à Tokyo. L’exposition parcourt ensuite différentes villes japonaises.

En 1968, Dalí participe à l’exposition Surréalisme et dadaïsme et leur héritage qui se tient au Museum of Modern Art de New York.À l’occasion des événements du mois de mai français, il publie Ma révolution culturelle, qui est distribué entre les étudiants de l’Université de La Sorbonne.

En 1969, Dalí achète le château de Púbol qu’il décore pour Gala. Dans les années 1960 et 1970, l’intérêt du peintre s’accroît pour la science et l’holographie, qui lui offrent de nouvelles perspectives dans sa quête constante de la maîtrise des images tridimensionnelles. Dalí étudie et utilise les possibilités des nouvelles découvertes scientifiques, surtout celles relatives à la troisième dimension. Il s’intéresse à tous les procédés qui ont pour but d’offrir au spectateur l’impression de plasticité et d’espace. Avec la troisième dimension, il aspire à accéder à la quatrième, c’est à dire, à l’immortalité.

En 1970, il tient une conférence de presse au Musée Gustave Moreau de Paris où il annonce la création du Théâtre-musée Dalí de Figueres. Le Musée Boijmans-van Beuningen de Rotterdam organise pour lui une grande rétrospective, qui pourra être admirée l’année suivante à la Staatliche Kunsthalle de Baden-Baden. En 1971, le Musée Dalí qui accueille la collection d’A. Reynolds Morse est inauguré à à Cleveland. Dalí crée un jeu d’échecs, dédié à Marcel Duchamp, pour l’American Chess Foundation. Le 28 septembre 1974, le Théâtre-musée Dalí est inauguré.

En 1978, Dalí présente au Solomon R. Guggenheim Museum de New York sa première peinture hyperstéréoscopique, Dalí soulevant la peau de la mer Méditerranée pour montrer à Gala la naissance de Vénus. Pendant les années 80, Dalí peint ses dernières oeuvres, fondamentalement inspirées dans Michel-Ange et Raphaël, qu’il avait toujours admirés.

Du 14 mai au 29 juin 1980, une rétrospective de Salvador Dalí est présentée à la Tate Gallery de Londres, où sont montrées un total de deux cent cinquante et une oeuvres. En 1982, The Salvador Dalí Museum, propriété du couple Reynolds Morse, est inauguré à St. Petersburg (Floride). Le 10 juin, Gala meurt à Portlligat. Le roi Juan Carlos I le nomme Marquis de Púbol. Salvador Dalí s’installe au château de Púbol.

En 1983, une grande exposition anthologique : « 400 oeuvres de Salvador Dalí de 1914 à 1983 », se tient à Madrid, Barcelone et Figueres. Ses dernières oeuvres picturales datent de cette période. En 1984, suite à un incendie au château de Púbol, Dalí transfère définitivement sa résidence à Torre Galatea, Figueres, où il vit jusqu’à sa mort.

Salvador Dalí meurt à Torre Galatea le 23 janvier 1989.

« Le véritable peintre, c’est celui qui est capable de peindre des scènes extraordinaires au milieu d’un désert vide. Le véritable peintre, c’est celui qui est capable de peindre patiemment une poire au plus fort des tumultes de l’histoire. » Salvador Dalí.

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Fondations et expositions Guggenheim

LES EXPOSITIONS GUGGENHEIM

En collaboration avec The Solomon R. Guggenheim Foundation, New York

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L’Hôtel de Caumont-Centre d’art présente un ensemble de chefs-d’oeuvre impressionnistes, postimpressionnistes et d’avant-gardes du début du XXe siècle de la Fondation Solomon R. Guggenheim de New York.

Pour la première fois, près de 50 oeuvres majeures issues de la collection Thannhauser, ou liées à son histoire, sont présentées en Europe dans une exposition itinérante commencée au Guggenheim de Bilbao. De Manet à Picasso en passant par Degas, Gauguin, Cézanne, Van Gogh, Braque et Matisse, ces chefs-d’oeuvre retracent plus d’un demi-siècle d’activité en faveur de l’art moderne de la part de ces marchands d’art et collectionneurs parmi les plus influents et renommés d’Europe.

Depuis les années 1900, Heinrich Thannhauser (1859–1935) et son fils Justin (1892–1976) ont été les mécènes, les amis et les promoteurs des artistes novateurs qui, entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle, ont bouleversé le panorama artistique occidental. Tout en constituant une collection prestigieuse, père et fils conçoivent un programme d’expositions remarquables dans leurs galeries de Munich, Berlin, Lucerne et Paris, mais aussi à New York, où Justin s’installe dans les années 1940. 

Installé à New York, Justin Thannhauser s’affirme rapidement comme marchand d’art aux États-Unis. Sans successeur, dans les années 1960 Justin et sa deuxième épouse, Hilde, décident de léguer les oeuvres principales de leur collection à l’institution fondée en 1937 par Solomon R. Guggenheim, dont ils partagent la philanthropie et l’esprit moderne. Depuis, elles constituent l’un des noyaux forts de cet important musée, où elles sont montrées dans une galerie qui porte le nom de leur légataire. Ce legs a enrichi considérablement le corpus d’oeuvres de Cézanne du musée new-yorkais, qui ne possédait auparavant qu’un seul tableau de l’artiste (L’Homme aux bras croisés, vers 1899). 

L’exposition regroupe des oeuvres emblématiques : des toiles majeures de Picasso telle que Le Moulin de la Galette (1900), prêt exceptionnel du Guggenheim, ainsi que des chefs-d’oeuvre de Van Gogh et de Manet qui viennent de retrouver tout leur éclat, grâce à une campagne de restauration récente, mise en oeuvre à l’occasion de cette exposition. Bibémus revient pour la première fois à Aix-en-Provence où il a été peint vers 1894-1895.
Ces oeuvres majeures de cette prestigieuse collection sont accompagnées par d’autres tableaux du Guggenheim qui, sans être issus du legs Thannhauser, ont fait partie de l’histoire de la galerie ou de la collection, dont ils permettent ainsi de compléter l’aperçu.

L’exposition est aussi l’occasion de retracer l’histoire des galeries et de la Collection Thannhauser y compris à travers des photographies, des livres d’inventaire et d’autres documents d’archives issus du fonds de la galerie, qui mettent en lumière les relations de la famille Thannhauser avec les artistes d’avant-garde, les collectionneurs et les marchands de l’époque.

 

De la misère à la gloire, la saga des Guggenheim, originaires de Suisse

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La saga Guggenheim 

De New York à Bilbao en passant par Venise, la dynastie des Guggenheim, originaires de Lengnau en Argovie, brille dans le monde de l’art. Gilberte Favre publie l’histoire de cette famille aux Editions Z.

L’ouvrage de Gilberte Favre « Guggenheim Saga, de la Suisse à l’Amérique », journaliste vaudoise, est né de sa curiosité pour les racines helvétiques de la dynastie Guggenheim. Un parcours qui a permis aux descendants de Simon Guggenheim, pauvre tailleur juif de Lengnau, de faire fortune aux Etats-Unis en exportant la broderie de Saint-Gall avant d’investir dans les mines à Philadelphie puis de prospérer dans le monde de l’art.

Oublier la pauvreté

En 1792 naît Simon Guggenheim père. Il a 10 ans lorsque La guerre des Pruneaux (Zwetschgenkrieg) éclate à Lengnau et que les chrétiens essaient de faire fuir les juifs. Simon Guggenheim a fait un apprentissage de tailleur et se marie en 1824 avec une jeune femme très fragile, Charlotte, avec qui il aura six enfants, dont un garçon, Meyer. Charlotte tombe extrêmement malade, Simon Guggenheim est placé sous tutelle et les six enfants éparpillés. La famille connaît très tôt la pauvreté et l’humiliation.

La richesse aux États-Unis

En 1847, Meyer Guggenheim a 19 ans. Avec son père, ils décident de prendre le bateau pour se rendre aux États-Unis, à Philadelphie. À l’époque, la ville est le deuxième centre industriel du pays. Père et fils vont d’abord faire du colportage, en vendant rubans et crèmes pour les mains aux ménagères. Mais c’est grâce à la broderie de Saint-Gall qu’ils vont faire fortune pendant trente ans.

Meyer Guggenheim, patriarche de la famille Guggenheim. [Wikipedia ]

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Meyer Guggenheim a une revanche à prendre. Séparé très jeune de ses soeurs, il a vu son père en proie à de graves difficultés, à la honte. Meyer rêve d’une famille soudée avant de rêver de richesse.

En 1880, grâce à la broderie, la famille Guggenheim possède déjà 800’000 dollars. En 1918, d’après Forbes, la famille se place au deuxième rang des plus grandes fortunes américaines et détient 80% des réserves mondiales de cuivre, de fer et d’argent. Ils possèdent aussi des mines un peu partout. À l’époque, la famille a une image de capitaliste assez redoutable.

Meyer Guggenheim décide de partir s’installer à New York. Ses deux plus jeunes fils, Benjamin et William ne le suivront pas, préférant quitter l’industrie familiale pour le monde de l’art et « les belles choses ».

En 1918, selon Forbes, ils étaient aux 2e rang des fortunes américaines et ils détenaient 80% des réserves de cuivre, de fer et d’argent au monde. 

Gilberte Favre, auteure de « Guggenheim Saga, de la Suisse à l’Amérique » (Ed. Z)

L’addiction à l’art de Peggy Guggenheim

Benjamin Guggenheim, l’un des fils de Meyer Guggenheim, meurt dans le naufrage du Titanic. Sa fille, Peggy ne se remettra jamais de sa disparition. À 22 ans, elle retourne à Paris, où vivait son père.

Elle y fréquente des artistes et s’intéresse à l’art grâce à son père qui l’y a initié très jeune. Elle a l’oeil pour découvrir les talents et les artistes. Véritable passionnée, elle achète pendant un temps une oeuvre par jour. Elle possède des oeuvres de Dali, Picasso, Miro et bien d’autres.

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Peggy Guggenheim (1898 – 1979) 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle rentre aux États-Unis avec plusieurs artistes dont elle finance le voyage et qu’elle a continué à aider, une fois arrivée à New York. Sans elle, on ne connaîtrait sans doute pas Jackson Pollock, Mondrian et d’autres grands artistes.

Les Musées Guggenheim

L’homme d’affaires Solomon Guggenheim, l’un des oncles de Peggy, était lui aussi passionné d’art. Il commence dès 1890 à collectionner les oeuvres d’art et en 1937, il créé la fondation Guggenheim à New York. C’est en 1949, après sa mort, que le fameux Musée Guggenheim de New York a été inauguré.

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Guggenheim New-York. [Justin Lane – Keystone]

Les Guggenheim ont su s’entourer de grands architectes tels que Frank Gehry et Frank Wright pour réaliser leurs musées. Après Venise, New York et Bilbao, c’est à Abu Dhabi qu’ouvre en 2017 un autre Musée Guggenheim.

Famille créative unique, les Guggenheim ont vécu des destins variés. Ils ont tous contribué à faire connaître mondialement le nom de Guggenheim.

Endingen et Lengnau

Du 18e siècle à 1866, ces deux communes argoviennes furent les seules où les Juifs avaient le droit de s’établir durablement. 

Sous la République helvétique (1798-1803), des réformateurs essayèrent de promouvoir la liberté d’établissement des Juifs. Dénonçant l’influence de la France, les opposants à la République helvétique se focalisèrent sur cette question, avec pour résultat la mise à sac des deux villages en 1802. L’Histoire se souvient de cet épisode sous le nom de Guerre des Pruneaux (Zwetschgenkrieg). 

En 1862, le parlement du canton d’Argovie adopta une loi sur l’émancipation des Juifs. Mais les opposants lancèrent avec succès une initiative pour révoquer le parlement. Résultat, un nouveau parlement cantonal fut élu, qui révoqua la loi. 

Avec la liberté d’établissement accordée au niveau fédéral en 1866, les Juifs quittèrent progressivement les deux villages pour s’installer ailleurs en Suisse. Mais en raison de cette longue présence, de nombreux Juifs suisses sont originaires de ces deux villages. C’est notamment le cas de l’ancienne présidente de la Confédération Ruth Dreifuss (Endingen).

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ARTISTE, HISTOIRE DE L'ART, LEONARD DE VINCI (1452-1519), PEINTRES, RENAISSANCE

Léonard de Vinci (1452-1519)

Léonard de Vinci (1452-1519)

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Artiste et savant italien (Vinci, près de Florence, 1452-manoir du Cloux, aujourd’hui château du Clos-Lucé, Amboise, 1519).

Léonard de Vinci, la Joconde

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Initiateur de la seconde Renaissance, Léonard de Vinci est la figure même du peintre visionnaire, mais aussi du génie universel. Il observa la nature avec l’acuité du savant et, passionné de technique, fut un inventeur trop en avance sur son temps pour que ses projets fussent réalisés.

  1. Les débuts à Florence

Fils de Ser Piero, notaire de la seigneurie de Florence, et d’une paysanne, Léonard de Vinci entre, en 1469, dans l’atelier de Verrochio, de  qui lui enseigne la sculpture et la peinture – et lui apprend à maîtriser la perspective.

Il habite Florence jusque dans les années 1481-1482. Ses tableaux d’alors – l’Annonciation(1473), Portrait de Ginevra Benci (vers 1478-1480) – montrent combien il est sensible à l’esthétique ambiante.

Dans l’Adoration des Mages (vers 1481, [inachevé]), il initie la technique du « sfumato », sorte de voile qui dilue les masses plastiques dans une réalité nouvelle, plus suggestive, plus poétique, et qui rend imperceptible la transition entre les couleurs, les ombres et les lumières.

  1. À Milan chez les Sforza

Léonard de Vinci, la Cène

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À la demande de Laurent de Médicis, qui, pour des raisons de prestige, cherche à diffuser le savoir-faire florentin, Léonard se rend en 1482 à Milan, où il se met au service du duc Ludovic le More. À la cour des Sforza, , il sera à la fois ingénieur militaire, architecte, peintre, sculpteur et grand ordonnateur des fêtes (mascarade du Paradis, 1490 ; Divertissement de Jupiter et Danaé, 1496).

Seize ans durant, il travaille à la statue équestre de François Sforza, œuvre aux proportions colossales qui ne sera jamais fondue. Léonard participe aussi aux discussions sur la construction des cathédrales de Milan et de Pavie. Les recherches picturales auxquelles il s’adonne s’expriment dans deux chefs-d’œuvre : La Vierge aux rochers (vers 1482-1483) et La Cène (1497).

  1. Des œuvres mythiques

Léonard de Vinci, la Joconde

Lorsque le duché de Milan tombe aux mains des Français, en 1499, Léonard se rend à Mantoue, où il fait le portrait d’Isabelle d’Este. À Rome, il travaille comme ingénieur militaire pour César Borgia, puis il revient à Florence.

Il donne alors des œuvres qui ont, toujours aujourd’hui, un retentissement universel : La Joconde (vers 1503-1507) et La Vierge à l’Enfant-Jésus et sainte Anne (vers 1508-1510). La Bataille d’Anghiari, peinture murale destinée au Palazzo Vecchio (vers 1503-1505), n’est connue que par des dessins, tout comme la Léda (entre 1504 et 1508).

  1. Dernières pérégrinations

En 1508, Léonard est de nouveau à Milan, où les peintres  Bernardini Luini et Andrea Solario seront ses continuateurs les plus directs. Il y compose un monument équestre pour le tombeau du condotierre Trivulce (1511-1512).

Appelé ensuite à Rome par Julien de Médicis, frère du pape Léon X, , il y passe deux années. De cette époque est daté le Saint Jean-Baptiste du Louvre (vers 1514-1515). Enfin, en 1516, Léonard répond à l’offre de François Ier, qui l’invite à sa cour et l’installe au manoir du Cloux (actuel château du Clos-Lucé), près du château d’Amboise. Il y propose les plans d’un château idéal pour le roi de France – lequel confie qu’il ne croyait pas « qu’un homme possédât autant de connaissances ». C’est au Clos-Lucé qu’il s’éteindra le 23 avril 1519.

  1. L’héritage esthétique

Léonard de Vinci, la Vierge à l’Enfant avec sainte Anne et saint Jean-Baptiste

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Dans la continuité de toutes les aspirations du quattrocento florentin, Léonard de Vinci aura parachevé, en peinture, la conquête du clair obscur, dont l’influence sera si décisive. Auteur de dix-huit tableaux achevés seulement, il laisse une œuvre dont la valeur est immense.

Elle se complète d’écrits théoriques, publiés en français en 1942 sous le titre de Carnets de Léonard de Vinci ; ils comprennent notamment le Traité de la peinture dont l’artiste conçoit le projet vers 1490 (et qui sera édité en 1651 d’après une compilation du xvie siècle).

  1. L’activité du savant et de l’ingénieur

La passion de la connaissance

Léonard de Vinci, étude

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Léonard de Vinci se sera intéressé à toutes les branches de la science, ainsi qu’en témoignent ses écrits et ses étonnants carnets de dessins (importantes collections au château de Windsor, en Angleterre, et au Clos-Lucé). En tant que savant, une seule passion l’anime : la connaissance totale de l’univers visible, dans ses structures et ses mouvements.

Avec une sorte de stoïcisme serein, avec le culte de la solitude, il rejette les arguments d’autorité et fonde son jugement sur l’expérience. Son image du cosmos, jeu de forces harmoniques et réceptacle de la lumière, avec une unité profonde du monde de la nature et du monde de l’âme, relève du platonisme diffus de l’époque, auquel s’ajoutent les doctrines de Nicolas de Cues sur le mouvement, principe de toute vie.

Léonard ne deviendra jamais un savant du type de Copernic ou de Newton, de ceux qui renouvellent la science par leurs découvertes ou leurs hypothèses. Sa terminologie physique reste imprécise et contradictoire. En fait, tout en célébrant « la suprême certitude des mathématiques », il est avant tout un « visuel », pour qui l’œil, « fenêtre de l’âme, est la principale voie par laquelle notre intellect peut apprécier pleinement l’œuvre infinie de la nature ». Sa curiosité universelle refuse nos distinctions entre science pure et science appliquée, entre beaux-arts et arts mécaniques.

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Trois domaines de prédilection

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Sa recherche embrasse l’astronomie et la géologie, la géométrie et la mécanique, l’optique et l’acoustique, la botanique et la métallurgie. Mais on relève dans ses carnets trois dominantes, qui frappent par l’abondance ou la singularité des notations.

La première est l’anatomie, avec des descriptions minutieuses, fruits de multiples dissections, illustrées de magnifiques dessins, dont certains sont consacrés à l’anatomie comparée. Léonard, par là, est une sorte de précurseur isolé de Vésale, le fondateur de l’anatomie moderne.

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Vient ensuite , la mécanique appliquée aux travaux de l’ingénieur – avec les inventions balistiques, les chars d’assaut, les pompes et les dragues, les ponts et les canaux – ainsi qu’à des projets de machines volantes, dont les croquis se fondent sur une analyse sagace du vol des oiseaux.

On trouve enfin la vie du globe terrestre, à travers la mécanique des fluides et la géologie (études de tourbillons, croquis panoramiques qui montrent la formation des vallées alpines, analyses de fossiles, de la forme des coquilles, de la raison de leur présence sur les montagnes comme dans les mers).

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  1. Citations

Léonard de Vinci, la Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne

« Le caractère divin de la peinture fait que l’esprit du peintre se transforme en une image de l’esprit de Dieu. »

Léonard de Vinci (Traité de la peinture)

« Peintre, ne fais pas décroître tes couleurs dans la perspective plus que les figures qui portent ces couleurs. »

Léonard de Vinci (Traité de la peinture)

« En temps de paix, je puis égaler, je crois, n’importe qui dans l’architecture, construire des monuments privés et publics, et conduire l’eau d’un endroit à l’autre. »

Léonard de Vinci, dans une lettre au duc de Milan, Ludovic Sforza le More.

Larousse en ligne

 

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Léonard de Vinci (1452 – 1519)

Le génie paradoxal

Fils illégitime d’un notaire de Vinci, village proche de Florence, Léonard se forme à la peinture et aux autres arts dans l’atelier de l’illustre Andrea del Verrochio, aux côtés de Botticelli, Lorenzo di Credi, Pérugin…

Élégant et beau autant que surdoué, le jeune Leonardo da Vinci devient un familier de Laurent le Magnifique  maître tout-puissant de la République de Florence et grand mécène.

Jugé pour sodomie, il s’exile en 1476 pour ne revenir qu’en 1478 et même alors, il ne parvient pas à obtenir la réputation qu’il estime, à juste titre, mériter. Il faut dire que l’homme est ombrageux, avec une fâcheuse tendance à ne pas achever ce qu’il entreprend. Dépité, il part en 1482 à Milan, où il espère obtenir les bonnes grâces du duc Ludovic le More.

Créateur malchanceux

Aussi surprenant que cela nous paraisse aujourd’hui, ce n’est pas comme peintre que Léonard est alors célèbre, mais comme organisateur de fêtes. Là, il déploie tout son génie d’inventeur pour développer des machines et mettre en place des spectacles comme personne n’en avait jamais vu.

À Milan, Léonard de Vinci peint néanmoins la Vierge aux rochers, le premier de ses chefs-d’œuvre  picturaux. Puis, Ludovic demande à Léonard de peindre la Cène pour le réfectoire du monastère Santa Maria delle Grazie. L’œuvre obtient enfin un succès général, mais quelques années plus tard, elle commence à se détériorer, victime de l’humidité et des techniques trop innovantes et mal maîtrisée que le peintre a tenu à employer…

En 1499, le roi Louis XII envahit le Milanais et dépose Ludovic. Il rencontre Léonard de Vinci, dont la célébrité dépasse d’ores et déjà les frontières de l’Italie, et lui commande un portrait de Sainte Anne, mère de la Vierge, pour honorer son épouse Anne de Bretagne qui vient de lui donner une fille. Le peintre va travailler sur cette oeuvre jusqu’à sa mort, près de vingt ans plus tard, portant à la perfection la technique du sfumato dont il est le maître inégalé…

Faute de ressources, il quitte Milan pour Mantoue et Venise, où il ne reste que quelques mois, sans parvenir à «percer».

À Florence, un marchand, Francisco del Giocondo, lui commande un portrait de sa troisième femme, Madonna Lisa (ou pour faire court, Mona Lisa). Ce sera le plus célèbre tableau du monde, la Joconde.

Léonard refusera de s’en séparer et l’amènera en France en 1516, où le jeune roi François 1er lui donne le manoir royal du Cloux, ou Clos-Lucé, près d’Amboise.

Handicapé de la main droite, le vieil homme ne peut plus guère peindre. Mais il organise quelques belles fêtes pour son protecteur, ébauche le plan du futur château de Chambord, jette les plans d’une nouvelle capitale royale à… Romorantin, au coeur de la Sologne, et meurt trois ans plus tard, non sans avoir réglé ses obsèques dans le plus grand détail.

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Le symbole de la Renaissance

Par son génie, Léonard symbolise la Renaissance italienne. Pourtant, il n’a pas reçu de formation poussée, ne lit ni le grec ni le latin et connaît mal les œuvres antiques.

Les tableaux qui lui sont attribués avec certitude se comptent au nombre d’une vingtaine au maximum (quatre d’entre eux sont au Louvre : La Vierge aux RochersSaint Jean-BaptisteSainte AnneLa Joconde).

Il a projeté de rédiger 120 traités sur les sujets les plus divers, sans jamais en écrire un seul. Ses carnets de notes reflètent avant tout son insatiable curiosité et son ouverture aux idées et aux techniques de son temps.

Hérodote.net

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Léonard de Vinci

 Léonard de Vinci (Leonardo di ser Piero da Vinci , dit Leonardo da Vinci), né à Vinci (Toscane) en avril 1452 et mort à Amboise (Touraine) en mai 1519, est un peintre toscan et un homme d’esprit universel, , à la fois artiste, organisateur de spectacles et de fêtes, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain.

Après son enfance à Vinci, Léonard est élève auprès du célèbre peintre et sculpteur florentin Andrea del Verrocchio.. Ses premiers travaux importants sont réalisés au service du duc Ludovic Sforza à Milan. Il œuvre ensuite à Rome, Bologne et Venise et passe les trois dernières années de sa vie en France, à l’invitation du roi François Ier.

Léonard de Vinci est souvent décrit comme l’archétype et le symbole de l’homme de la Renaissance, un génie universel, un philosophe humaniste, observateur et expérimentateur, avec un « rare don de l’intuition de l’espace », et dont la curiosité infinie est seulement égalée par la force d’invention3. Nombre d’auteurs et d’historiens le considèrent comme l’un des plus grands peintres de tous les temps et certains comme la personne la plus talentueuse dans le plus grand nombre de domaines différents ayant jamais vécu.

C’est d’abord comme peintre que Léonard de Vinci est reconnu. Deux de ses œuvres, La Joconde et la Cène, sont des peintures mondialement célèbres, souvent copiées et parodiées, et son dessin de l’homme de Vitruve est également repris dans de nombreux travaux dérivés. Seule une quinzaine d’œuvres sont parvenues jusqu’à nous. Ce petit nombre est dû à ses expérimentations constantes et parfois désastreuses de nouvelles techniques et à sa prorocrastination   chronique. Néanmoins, ces quelques œuvres, jointes à ses carnets   contenant dessins, diagrammes scientifiques et réflexions sur la nature de la peinture, sont un legs aux générations d’artistes qui lui ont succédé. Nombre de ces derniers le considèrent comme n’ayant été égalé que par Michel-Ange.

Comme ingénieur et inventeur, Léonard développe des idées très en avance sur son temps, comme l’avion, l’hélicoptère, le sous-marin et même jusqu’à l’automobile.. Très peu de ses projets sont réalisés ou même seulement réalisables de son vivant, mais certaines de ses plus petites inventions comme une machine pour mesurer la limite élastique d’un câble entrent dans le monde de la manufacture. En tant que scientifique, Léonard de Vinci a beaucoup fait progresser la connaissance dans les domaines de l’anatomie, du génie civil, de l’optique et de l’hydrodynamique.

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ARTISTE, MARC CHAGALL (1887-1985)

Marc Chagall (1887-1985)

Marc Chagall (1887-1985)

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Biographie Marc Chagall

 

« Ma chambre s’éclairait du bleu foncé, tombant de la fenêtre unique. La lumière venait de loin : de la colline, où se trouvait l’église. J’éprouve toujours du plaisir à peindre une fois de plus cette église et cette petite colline sur mes tableaux. » Marc Chagall 

Marc Chagall, peintre juif naturalisé français, de son vrai nom Moïshe Zakharovich Shagalov, naît le 7 juillet 1887 à Vitebsk, en Russie blanche, au sein d’une famille juive hassidique, dont la vie est rythmée par le temps rituel de la pratique religieuse. Il décède le 28 mars 1985 à Saint-Paul de Vence.

Son père travaille comme commis dans un dépôt de harengs et sa mère tient une petite épicerie. Chagall prend des cours de violon et de chant et assiste même le cantor de la synagogue, la culture de la musique faisant partie de la tradition hassidique. 
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En 1906, à la fin de sa scolarité, Chagall entre à l’école de Jehuda Pen, peintre de scènes de genre et de portraits, qui lui apprend les bases de la peinture. La représentation de la figure humaine étant interdite dans la religion juive, la vocation de Chagall ne peut s’accomplir qu’en rupture avec son milieu.

En 1907, Chagall se présente à l’École de dessin fondée par la Société impériale pour la protection des beaux-arts de Saint-Pétersbourg. Il est directement inscrit en 3e année et se voit accorder une bourse mais le style trop académique de cette école ne lui convient pas et il décide de partir. Chagall se rend chez Léon Bakst, professeur de l’école privée de Svanseva, école de tradition libérale et ouvertes aux expressions artistiques modernes.

En 1909, Chagall rencontre Bella Rosenfeld, cadette d’une famille de bijoutiers fortunés et étudiante à Moscou. Dorénavant, la découverte de l’amour se reflète par un éclat tout particulier dans ses peintures et l’assurance du peintre se nourrit des passions que Bella lui fait partager pour la peinture italienne et hollandaise du XVIIe siècle, ainsi que pour le théâtre.

Au début des années 1910, grâce à une bourse accordée pour 4 ans par son mécène Vinaver, Chagall quitte la Russie. Il arrive à Paris et y rencontre notamment Apollinaire, Cendrars et Jacob. Soutenu par Delaunay il expose au salon des Indépendants. Parmi ses souvenirs de Russie surgissent des motifs et des personnages de caractère judaïque, occupant dorénavant pratiquement toute la toile.

En juin 1914, à Berlin, Herwarth Walden organise la première exposition personnelle de l’artiste à la galerie Der Strurm. Chagall rentre à Vitebsk initialement pour quelques mois mais la guerre le contraint à rester. À la veille de la Révolution d’Octobre, les efforts déployés autour de la création d’un art juif nouveau s’intensifient. Les artistes juifs sont exposés et le collectionneur Kagan-Chabchaj envisage même la construction d’un musée juif pour lequel il acquiert les toiles importantes de Chagall. 

Lounatcharski nomme Marc Chagall commissaire des Beaux Arts et directeur de la nouvelle école des Beaux-Arts de Vitebsk. Chagall organise l’enseignement de l’école en invitant Pougny, Lissitzky, Malévitch. Après un différend avec le courant suprématiste, Chagall démissionne et s’installe à Moscou. Alexeï Granovski lui commande le décor du Théâtre d’art juif. Il crée les décors pour « Le Revizor » de Gogol, « Les Miniatures » de Sholem Aleikhem… 
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En 1923, Chagall rentre à Paris. Il rencontre Ambroise Vollard, marchand de tableaux, qui lui propose d’illustrer « Les Âmes mortes » de Gogol.

Au début des années 30, Ambroise Vollard commande à Chagall des illustrations pour la Bible. Sur l’invitation de Dizengoff, l’un des grands pionniers d’Israël, maire et fondateur de Tel-Aviv, le peintre part en Palestine. Il découvre, ébloui, bouleversé, la Terre Sainte, le lieu originel de toute l’aventure du peuple élu. Bouleversement tant spirituel que plastique : l’intense lumière palestinienne dicte à Chagall la quarantaine de gouaches qui seront à l’origine de son travail de graveur. Ce voyage aura alors un impact important et marquera à jamais le peintre. « Ces tableaux, dans ma pensée, ne représentent pas le rêve d’un seul peuple mais celui de l’humanité. » En 1937, Chagall acquiert la nationalité française.

La famille Chagall part pour les États-Unis en 1941 sur invitation du Museum of Modern Art de New York où Marc Chagall expose. La guerre les oblige à rester là-bas. En 1944, quelques jours avant leur retour en France, Bella décède brutalement. Terrassé par le chagrin, Chagall ne trouvera assez d’énergie pour se remettre au travail qu’au bout de 9 mois.

En 1948, Chagall rentre en France, il s’installe aux environs de Paris. Aimé Maeght devient son marchand. Après la mort de Vollard, en 1939, c’est Efstratios Eleftheriades, critique d’art grec installé en France, qui va proposer à Chagall de publier ses illustrations. Les éditions Tériade éditent « les Âmes mortes ». Ses gravures remportent le Grand Prix à la 24e Biennale de Venise.

A partir des années 1950 et pendant deux décennies, Chagall se consacre à de nouvelles techniques d’expression artistique : la céramique, la mosaïque, la tapisserie et le vitrail. Il fréquente l’atelier du célèbre imprimeur lithographe Fernand Mourlot. Commence alors une longue collaboration entre l’artiste et les artisans de l’atelier, notamment avec Charles Sorlier. Ce dernier deviendra le chef du département lithographique de l’imprimerie, et constituera une importante collection de lithographies de Chagall.

En 1950, Marc Chagall s’installe dans le sud de la France, à Vence, où il rencontre régulièrement Matisse et Picasso. En 1952, il épouse Valentina (Vava) Brodsky. Un nouveau chapitre de la vie de l’artiste s’ouvre. « Les Fables de la Fontaine » avec ses illustrations sont publiées par Tériade. Il voyage en Grèce pour l’illustration de « Daphnis et Chloé ». Il y retournera deux ans plus tard, s’en suivra une série de dessins et de gouaches traduisant les fortes impressions que produit ce pays sur lui.

En 1956, « la Bible » de Chagall est éditée par Tériade, près de 26 ans après son voyage en Palestine. Le peintre poursuit la série des peintures murales du « Message Biblique », commencé vers 1950, qu’il souhaite réunir en un lieu. En 1957, Chagall réalise des vitraux et une céramique murale, « La Traversée de la mer Rouge », pour le baptistère de l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du Plateau d’Assy.

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En 1958, il fait la connaissance de Charles Marq, maître verrier et directeur de l’atelier Simon à Reims, qui va fournir à Chagall le moyen technique de prolonger sa peinture dans le vitrail. En 1960, Chagall se consacre aux maquettes destinées aux douze vitraux, « les Douze Tribus d’Israël », de la synagogue du Medical Center Hadassah, en Israël. Il se rendra sur place l’année suivante pour leur inauguration. En 1962, le musée Rath de Genève rend hommage au peintre à travers l’exposition « Chagall et la Bible ».

En 1963, André Malraux propose à l’artiste de concevoir un nouveau plafond pour l’Opéra de Paris au Palais Garnier. Il peint deux grandes maquettes qu’il présente au général de Gaulle et à André Malraux. En 1964, le nouveau plafond est inauguré et remporte un franc succès. Le directeur du Metropolitan Opera de New York lui commande deux peintures murales, et les décors et les costumes pour « La Flûte enchantée ». Il réalise également les vitraux de la chapelle Rockefeller à Pocantico Hills à New York.

En 1966, Chagall termine son cycle du « Message Biblique » comportant 17 tableaux. En 1967, cette oeuvre est présentée au Musée du Louvre et Chagall en fait une donation à l’Etat français. En 1968, Chagall travaille sur les vitraux pour le triforium de la cathédrale de Metz. En 1969-70, Chagall se rend en Israël à l’occasion de l’inauguration du nouveau parlement, la Knesset, où sont placées sa mosaïque murale, « Le Mur des Lamentations », et trois grandes tapisseries. 

En 1972, Chagall exécute une grande mosaïque pour le Musée National Message Biblique à Nice, « Le Char d’Élie ». En 1973, sur l’invitation de Jekaterina Furzewa, Ministre de la Culture d’Union Soviétique, Chagall se rend avec Vava à Moscou (pour la première fois depuis son départ en 1922). À cette occasion, l’artiste signe, 50 ans plus tard, les panneaux du théâtre d’Art juif et retrouve deux de ses soeurs à Leningrad. La même année, le Musée National Message Biblique Marc Chagall, pour lequel l’artiste a conçu trois vitraux sur le thème de « La Création du monde », est inauguré en présence d’André Malraux. 

En 1977, Marc Chagall reçoit la grand-croix de la Légion d’honneur, décoration remise par Valéry Giscard d’Estaing. Teddy Kolek, maire de Jérusalem, nomme Chagall citoyen d’honneur de la ville. En 1978, le premier vitrail – d’un ensemble de neuf vitraux exécutés entre 1978 et 1985 – est inauguré à l’église Saint-Étienne de Mayence. 

En 1985, une gande rétrospective de l’oeuvre peinte de Marc Chagall se tient à la Royal Academy of Arts à Londres. Malgré son âge, l’artiste continue à travailler, tous les jours, en particulier à des lithographies. Il s’éteint le 28 mars 1985.

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Citations de Marc Chagall.

« Je ne voudrais pas être pareil aux autres ; je veux voir un monde nouveau » Marc Chagall 

« Un vase debout n’existe pas, il faut qu’il tombe pour prouver qu’il est stable »

« La Russie se couvrait de glaces. Lénine l’a renversée sens dessus dessous, comme moi je retourne mes tableaux »

« L’armée s’avançait, et à mesure la population juive s’éloignait, abandonnant les villes et les petits faubourgs […] J’avais envie de les faire transporter sur mes toiles, pour les mettre en sûreté »

« Je marche par le monde comme dans une forêt
Sur les pieds, sur les mains, de-ci de-là
D’arbre en arbre les feuilles tombent
Elles me réveillent, j’ai peur »

« Un homme qui marche a besoin d’un vis-à-vis à l’envers pour souligner son mouvement »

« Pourquoi la vache est-elle verte et pourquoi le cheval s’envole-t-il dans le ciel ? »

« Je plonge dans mes réflexions, je vole au-dessus du monde » 

Une autre facette de son œuvre

Très prolifique, Chagall réalise entre 1949 et 1972 plus de 220 céramiques, pièces uniques, car contrairement à Pablo Picasso, il refuse le principe de l’édition.

Les premières productions s’adaptent aux formes traditionnelles de la céramique culinaire. Très vite Chagall tire parti des formes mais aussi des cuissons pour obtenir le velouté des couleurs, jouant de la lumière et de la profondeur grâce à l’alternance des vernis mats et brillants.

En 1951, il profite de l’aspect grenu et poreux de la terre chamottée pour donner une intensité dramatique ou une nouvelle sensualité aux sujets. Il travaille ensuite le volume et obtient une complexité formelle de plus en plus grande, les vases deviennent de purs volumes plastiques et atteignent ainsi un statut d’objets autonomes. Sa réflexion sur les oppositions entre espaces intérieurs et extérieurs l’amène à innover dans la céramique comme le ferait un sculpteur. les séries réalisées à partir de 1950 comme Les Fables de La Fontaine ou les ensembles pour la Bible affichent clairement leur correspondance avec celles réalisées en peinture et lithographie sur les mêmes thèmes.

Chagall joue des motifs en accentuant ou simplifiant les traits pour adapter la lisibilité du sujet à la céramique mais il dirige aussi ses recherches vers la céramique murale : comment agrandir l’image sans détruire l’unité visuelle. Là aussi, les premières créations sont directement liées aux thèmes de ses œuvres  picturales (L’Horloge, Le Saint Voiturier, Le Village…).

L’exposition s’attache ainsi, pour la première fois, à valoriser les transpositions réalisées par Marc Chagall entre le dessin, la gravure, la peinture et la céramique. Un accent particulier est mis sur les œuvres  en céramique : pièces de forme, plats ou plaques, qui sont parfois accompagnées de leurs dessins préparatoires ou des toiles qui ont exploité les mêmes thèmes. Transversalement, toutes les thématiques de Chagall sont ici abordées dans leur grande richesse : couples, religion, cirque, Fables de La Fontaine, monuments, nus, mythologie et natures mortes.
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Liens Marc Chagall

Site officiel du Musée National Marc Chagall

Un site pour découvrir les principales œuvres de Chagall

https://www.beauxarts.com/grand-format/marc-chagall-en-2-minutes/

ARTISTE, FRA ANGELICO (1387-1455), PEINTRE ITIALIEN

FRA ANGELICO (1387-1455)

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Fra Angelico

 

Guido di Pietro – Fra Giovanni da Fiesole (chez les dominicains) Né vers 1387 à Vicchio di Mugello – Mort en 1455 à Rome Nationalité : italienne

Attaché aux courants : Gothique et première renaissance Guido di Pietro rentre à 21 ans chez les dominicains au couvent de Fiesole, situé sur les hauteurs de Florence, en 1408.. Selon l’usage de l’ordre, il change de patronyme pour un nom religieux : Fra Giovanni. Ses contemporains, en raison de la haute spiritualité de sa peinture ainsi que de la profusion d’anges dont il aime parer ses oeuvres, le surnommeront Fra Angelico. Les règles strictes et la vie de pénitence de l’ordre religieux resteront profondément ancrées chez le peintre pour qui le renoncement au monde et à soi-même permettent d’atteindre la pureté, sur le plan spirituel ce qui transparait dans l’expression de son travail. Encouragé par ses supérieurs, Fra Angelico abrège ses études théologiques pour se consacrer exclusivement à la peinture, les dominicains considérant l’art comme un moyen efficace de transmettre la foi. Les évènements religieux liés au concile de Pise en 1409 obligèrent les dominicains à quitter Fiesole. Fra Angelico connu alors l’exil ce qui lui permis de voyager à travers l’Italie où il eu l’occasion de contempler les oeuvres de ses prédécesseurs à Cortone, Sienne, Assise, Pérouse… Il découvre et assimile les règles mises en place par Duccio un siècle avant lui. Il étudie Simone Martini, Ambrogio Lorenzetti, Taddeo di Bartolo et surtout Giotto. Si Fra Angelico propose une peinture empruntée de la tradition de ses aînée, il s’en démarque par une personnalité et une originalité particulière. Il signe des chef- d’oeuvres dès jeunesse et c’est dans l’évolution technique plus que dans le résultat visuel que l’on peut constater l’évolution de sa maturité picturale. Il s’éloigne du style de Lorenzetti et de Simone Martini ( attaché à la représentation de la vie quotidienne) pour une peinture plus spirituelle. Il trouve son inspiration dans la méditation et la prière.

Le concile de Constance en 1414 met fin au schisme de l’Eglise avec l’abdication du pape Grégoire XII et l’élection de Martin V. Fiesole est rendu aux dominicains et Fra Angelico y revient en 1418. Il y restera jusqu’en 1436. Entre 1423 et 1428 il rencontre Masaccio qui s’occupe de la décoration de l’église Santa Maria del Carmine à Florence. Son travail sur la perspective linéaire influence l’Angelico même s’il préférère un style plus mystique. Il découvre également les oeuvres de Spinello Arentino dont il partage le sentiment d’intimité. Dans les années 1430 il travaille pour diverses églises et corporations de Florence. A partir de 1436 il est appelé à travailler à la décoration du couvent San Marco, pour ses frères dominicains. Il crée des figures sobres mais non dépouillées des accessoires symboliques utilisés d’ordinaire dans le gothique international. Les oeuvres sont à caractère décoratif mais contiennent aussi une volonté de prédication à l’attention des moines du couvent. Les fresques et tableaux de San Marco sont réalisés dans un style beaucoup plus simple que dans les autres oeuvres du peintre. Il offre une narration qui ne s’attache pas au détail matériel, même si si les techniques d’ombre et de lumière, de perspective et d’anatomie sont maîtrisées. Le message peint se présente dans une simplicité voulue, proche du message évangélique. Comparé à d’autres peintres contemporains, Fra Angelico peut sembler n’avoir jamais atteint l’excellence d’un point de vue technique. Ses personnages manquent quelquefois de souplesse mais il a su leur donner une âme, dans un sentiment en accord avec sa foi et son mode de vie. Sa peinture invite à la méditation et à la prière

 

Hormis son travail pour l’ordre dominicain, Fra Angelico est particulièrement apprécié de Cosme de Médicis qui lui passe plusieurs commandes personnelles. Vers 1445 il est appelé à travailler à Rome pour le pape Eugène V et son successeur Nicolas V. A cette même époque, il passe en une année à Ovierto où il commence la décoration de la nouvelle chapelle. Mais il ne termine pas son travail. Le jugement dernier qu’il réalise sur la voute inspirera certainement Michel-Ange pour son travail sur la chapelle Sixtine. Dans ses travaux au Vatican, Fra Angelico utilise le style cher à la première renaissance : l’imitation de l’architecture de l’antiquité. Cela indique que le peintre participait à la mouvance générale de son époque avec une recherche consciente de modernité, sans que cela n’entre en conflit avec l’idéal chrétien. Durant sa longue carrière il fût le maître de Benozzo Gozzoli et aura influencé le celèbre Filippo Lippi. Il meurt à Rome en 1455 à l’âge de 68 ans. D’une manière générale son oeuvre est caractérisée par l’utilisation de couleurs éclatantes où les bleus et les rouges se détachent sur fond d’or. Ses profusions de personnages, et plus particulièrement d’anges, se présentent dans un ordonnancement harmonieux. Leur visage emprunts d’humanité exprime la joie et un sentiment de paix. La béatitude et l’expression de la douleur sont placées au même niveau. S’il conserve toute sa vie les codes du gothique international, Fra Angelico a su créer un langage moderne qui s’insère parfaitement dans l’esprit nouveau de laŒuvres

 

Miniatures

Saint Dominique en gloire (1424) Messale 558, musée du couvent San Marco, Florence

Vierge de miséricorde avec frères agenouillés (1424), Messale 558, San Marco

Le Roi David (1443-1445), San Marco

 

Dessins

L’institution de l’Eucharistie (v. 1445-1446) plume et encre brune, lavis brun, musée du Louvre, Paris

 

Fresques

Fresques de la voûte de la chapelle San Brizio : Jugement dernier, les Anges et les Prophètes (1447-1449), cathédrale d’Orvieto (terminées par Luca Signorelli en 1499-1504)

Vierge à l’Enfant (1435), salle capitulaire du couvent San Domenico de Fiesole (transférée sur masonite avec sa sinopia)

Vierge de l’humilité avec saint Dominique, saint Pierre martyr et les quatre évangélistes (1438), musée diocésain, Cortone (transférée sur masonite)

L’Annonciation du couvent San Marco en entrée du corridor nord, la Madone des ombres du couloir Est et les fresques des 44 cellules des moines du couvent san Marco (certaines assistées de Benozzo Gozzoli).

Fresques de la chapelle Nicoline (entre 1447 et 1451) : Épisodes de la vie de saint Étienne, Scènes de la vie de saint Laurent, voûte et pilastres.

Le Calvaire, vers 1440 – 1445, 435 × 260 cm, musée du LouvreParis.

 

Tableaux

Preghiera nell’orto

Martirio di San Marco, tempera sur panneau, musée national San Marco, Florence

Cristo coronato di spine, Duomo de Livourne

La Conversion de saint Augustin, tempera sur bois, 22,5 × 34,5 cm, musée Thomas-HenryCherbourg

Les Stigmates de saint François et le martyre de saint Pierre, tempera sur bois, 24,3 × 43,8 cm, galerie Strosmayer, ZagrebCroatie.

 

Datés avant 1440

Incoronazione della Vergine (1420 circa)

La Thébaïde (1420 circa), musée des Offices, Florence.

L’Annonciation (vers 1426), panneau central d’un retable pour le couvent Saint-Dominique de Fiesole, conservée au musée du Prado, Madrid, Espagne.

San Nicola da Bari e San Michele Arcangelo (1424)

Vierge à l’Enfant avec saint Dominique et saint Thomas, v. 1424-1430, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg

Vierge à l’enfant avec des anges15, v. 1425, Tempera sur bois, 81 × 51 cm, musée de l’Ermitage Saint-Pétersbourg, Russie

La Preuve par le feu de saint François devant le sultan, 1425, Lindenau Museum, Altenbourg16

Dieu le Père (1425-1430), musée du Louvre, Paris17.

Incontro fra san Domenico e san Francesco (1430 environ)

Scena della vita dell’apostolo Giacomo: liberazione di Ermogene (1430 environ)

L’Annonciation de San Giovanni Valdarno (1430-1432), panneau principal, tempera sur panneau de195 × 158 cm, Museo della Basilica di Santa Maria delle Grazie, San Giovanni Valdarno

L’Annonciation de Cortone (1432-1434 environ), musée diocésain, Cortone

Le Jugement dernier (1432-1435 environ), partie supérieure de siège, musée national San Marco

Vierge de l’humilité18, début xve siècle, Tempera sur panneau, 33 × 28 cm, Académie Carrara, Bergame

Le Mariage de la Vierge, 1430, tempera sur bois, 19 × 50 cm, musée national San Marco

La Décollation de saint Jean Baptiste et le Banquet d’Hérode (vers 1430), huile sur bois, 21 × 32 cm, musée du Louvre, Paris.

Ange en adoration, tourné vers la droite et Ange en adoration, tourné vers la gauche (vers 1430 – 1440 ?), 37 × 23 cm, musée du Louvre, Paris.

Le Couronnement de la Vierge (1430-1432), tempera à l’œuf sur panneau, 209 × 206 cm (panneau central), 29,5 × 210 cm (prédelle) , musée du LouvreParis.

La Descente de Croix (1432 – 1434), musée national San Marco

Vierge de l’Humilité ou Madonna dell’Umiltà (1433, 1435)25, Tempera sur bois, 147 × 91 cm, Collection Thyssen-Bornemisza au musée national d’art de Catalogne, Barcelone

Le Couronnement de la Vierge (1434-1435), tempera sur bois, 112 × 114 cm, Galerie des Offices, Florence

Madonna di Pontassieve (1435), Galerie des Offices, Florence.

Sant’Antonio (1435-1440)

Deposizione (1437-1440 environ)

Deposizione (1438, 1440)

Le Martyre des saints Cosme et Damien (entre 1438 et 1443), 37 × 46 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Datés après 1440

L’Annonciation dans La Vie du Christ

Musée national San Marco

1451-1452

Natività (1440-1441)

La Trasfigurazione (1441-1443 environ)

Crucifixion avec saint Dominique29, 1445, musée du Louvre

Vierge à l’Enfant, 1449-1453, musée des beaux-arts de Berne30

San Lorenzo riceve i tesori della Chiesa e fa la carità (1447-1450 environ)

La predica di Santo Stefano e la disputa nel Sinedrio (1447-1450 environ)

L’Annonciation du musée San Marco un des éléments de la Vie du Christ de l’Armoire des ex-voto d’argent de la Santissima Annunziata, l’Armadio degli Argenti (v. 1451-1452), en tempera et or sur bois de 123 × 123 cm, musée national San Marco

Vierge d’humilité (1440), Rijksmuseum, Amsterdam, inv. no  SK-A-3011

 

Polyptyques dispersés

Polittico Guidalotti (1448) pour l’église San Domenico de Pérouse,

L’ensemble est conservé à la Galerie nationale de l’Ombrie, mais deux parties de la prédelle sont des copies

Les panneaux originaux de gauche et du centre des Scènes de la vie de saint Nicolas, sont à la Pinacothèque vaticane

Éléments dispersés de la prédelle d’un retable non identifié  

Saint Jacques délivrant le magicien Hermogène, Fort Worth, musée d’art Kimbell, 26 × 24 cm

Imposizione del nome al Battista ou Saint Zacharie donnant à son fils le nom de Jean, ant 1435, 26 × 24 cm, musée national San Marco 

La Dormition de la Vierge, Philadelphia Museum of Art ;

La Vision de sainte Lucie, Richard L. Feigen Collection, New York ;

La Rencontre de saint François et saint Dominique, The Fine Arts Museum, San Francisco.

 etable de San Domenico dit Pala di Fiesole 

ce retable était placé sur le maître-autel du chœur (séparé des fidèles par un jubé) au couvent San Domenico de Fiesole, puis retouché par Lorenzo di Credi (fonds) ; il est dispersé entre :

la chapelle latérale de gauche de l’église du couvent San Domenico de Fiesole : partie centrale de la Vierge à l’Enfant avec saints Thomas d’Aquin, Barnabé, Dominique et Pierre martyr (fort effet perspectif et dallage) ;

la National Gallery de Londres : prédelle en cinq panneaux centrés sur le Christ ressuscité, qui comporte près de 300 figures dont 24 dominicains sur les panneaux extérieurs (peut-être peints avec l’aide de son frère Benedetto) ;

les saints des pilastres latéraux San Marco et San Matteo (musée Condé de Chantilly), San Nicola et San Michele Arcangelo (collection Hawkins-Jones de Sheffield), les deux derniers sont égarés.

des trois quadrilobes de la cimaise, deux Angelo annunziante et Vergine annunziata sont dans la collection Tucker de Vienne, la troisième est égarée.

 

Volets d’un triptyque d’une dévotion privée

Saint François et un saint évêque (1430 – 1433), Getty Center, Los Angeles ;

Saint Jean-Baptiste et saint Dominique (1430 – 1433), Getty Center.

Pala di San Marco

Retable destiné à la chapelle du maître-autel de l’église du couvent San Marco, il est dispersé entre :

le musée national San Marco : le panneau central de la Vierge en majesté ; deux saints des pilastres retrouvés en 2006 ;

divers musées pour les autres éléments (panneaux de la prédelle et six saints des pilastres).

l’encadrement a été détruit lors du démantèlement.

Éléments de prédelle conservés à la National Gallery of Art 

ARTISTE, DAVID BOWIE (1947-2016)

DAVID BOWIE (1947-2016)

david bowieDavid Bowie (1947-2016)

 

David Bowie, nom de scène de David Robert Jones, né le 8 janvier 1947 à Londres, dans le quartier de Brixton, et mort le 10 janvier 2016 à New York, est un chanteur, compositeur, producteur de disques et acteur britannique.

Durant plus de cinq décennies d’une carrière marquée par des changements fréquents de style, une réinvention permanente de son personnage et de ses approches musicales, il s’est imposé comme un des artistes musicaux les plus originaux, les plus importants et novateurs de la musique pop et rock, au point que de très nombreux artistes se sont réclamés de son influence. Il a vendu plus de 140 millions d’albums dans le monde

Après des débuts hésitants entre folk et variété, dans la deuxième moitié des années 1960, et un détour par le mime, il se fait connaître du public, en juillet 1969, lorsque son titre Space Oddity entre dans le top five des meilleurs ventes au Royaume-Uni.

Mais c’est trois ans plus tard, en 1972, que Bowie devient réellement une vedette par l’intermédiaire de son alter ego décadent, Ziggy Stardust. Il s’impose alors avec un glam rock sophistiqué et apocalyptique et des spectacles flamboyants. À cette époque, il produit et collabore aussi aux carrières solo de Lou Reed et d’Iggy Pop.

Pendant le reste de la décennie, il s’intéresse aux musiques noires (soul, funk et disco) et à la musique électronique émergente, et crée des mélanges nouveaux notamment avec la complicité du producteur et musicien Brian Eno. Dans les années 1980, devenu une vedette grand public, il remplit les stades avec une pop efficace, mais finit la décennie avec un revirement complet, en s’associant au groupe de garage rock, Tin Machine.

Dans les années 1990, il retourne à un style plus expérimental intégrant les influences de musiques contemporaines telles la techno et la drum and bass.

Il est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 1996

Absent de la scène musicale à partir de 2004, David Bowie ne fait plus de tournées depuis le « Reality Tour » de 2003-04, et sa dernière prestation sur scène remonte à 2006. Son dernier album studio, Blackstar, sort en France le 8 janvier 2016.

En 2004, Rolling Stone le place en 39e place de son Top 100 des « Meilleurs artistes de tous les temps », et 23e de sa liste des « Meilleurs Chanteurs de tous les temps ».

Au cinéma, il a joué dans un certain nombre de films de divers genres : drame historique, science-fiction, thriller gothique, film pour enfants. Son fils Duncan Jones est réalisateur de films.

Amateur d’art contemporain, Bowie collectionne les œuvres, entre autres, de Peter Howson et de Derek Boshier.

 

Discographie

Albums studio

1967 : David Bowie

1969 : Space Oddity

1970 : The Man Who Sold the World

1971 : Hunky Dory

1972 : The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars

1973 : Aladdin Sane

1973 : Pin Ups

1974 : Diamond Dogs

1975 : Young Americans

1976 : Station to Station

1977 : Low

1977 : « Heroes »

1979 : Lodger

1980 : Scary Monsters (and Super Creeps)

1983 : Let’s Dance

1984 : Tonight

1987 : Never Let Me Down

1993 : Black Tie White Noise

1993 : The Buddha of Suburbia

1995 : 1. Outside

1997 : Earthling

1999 : ‘hours…’

2002 : Heathen

2003 : Reality

2013 : The Next Day

2016 : Blackstar

 Filmographie

1967 : The Image : The Boy

1969 : The Virgin Soldiers : Soldier

1976 : L’Homme qui venait d’ailleurs (The Man Who Fell to Earth) : Thomas Jerome Newton

1979 : C’est mon gigolo (Schöner Gigolo, armer Gigolo) : Paul Ambrosius von Przygodski

1981 : Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… : lui-même

1982 : Baal (TV) : Baal

1982 : The Snowman : Narrateur (réédition)

1983 : Les Prédateurs (The Hunger) : John

1983 : Furyo (Merry Christmas Mr. Lawrence) : Maj. Jack ‘Strafer’ Celliers

1983 : Barbe d’or et les pirates (Yellowbeard) : The Shark

1984 : Jazzin’ for Blue Jean (vidéo) : Screamin’ Lord Byron / Vic

1985 : Série noire pour une nuit blanche (Into the Night) : Colin Morris

1986 : Absolute Beginners : Vendice Partners

1986 : Labyrinthe (Labyrinth) : Jareth the Goblin King

1988 : La Dernière tentation du Christ (The Last Temptation of Christ) : Ponce Pilate

1991 : The Linguini Incident de Richard Shepard : Monte

1991, dans la série télévisée Dream on : Sir Roland

1992 : Twin Peaks: Fire Walk with Me : Phillip Jeffries

1996 : Basquiat : Andy Warhol

1998 : Il Mio West : Jack Sikora

1999 : Everybody Loves Sunshine : Bernie

2000 : Mr. Rice’s Secret : Mr. Rice

2000 : Les Prédateurs (The Hunger) (série TV) : Julian Priest

2002 : Zoolander : lui-même

2006 : Arthur et les Minimoys (Arthur and the Invisibles) : Maltazard

2006 : Le Prestige (The Prestige) : Nikola Tesla

2007 : Bob l’éponge (Spongebob Squarepants) : LRH : le roi heureux (voix)

2008 : August (August) : Ogilvie

2008 : College Rock Stars : Lui-même

 Dans la culture populaire

« Bowie » est le nom du 6e épisode de la première saison de la série Flight of the Conchords. On y croise une parodie de Bowie à trois époques de sa carrière : en Ziggy Stardust, en Bowie du clip de Ashes to Ashes, et en Jareth, le roi des gobelins du film Labyrinthe (1986).

Le chanteur a composé la musique et même joué dans le jeu The Nomad Soul du studio français Quantic Dream en 1999.