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Joséphine Baker entre au Panthéon

Biographie de Joséphine Baker (1906-1975)

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Elle est née Freda Josephine McDonald à St. Louis, Missouri, le 3 juin 1906 de la blanchisseuse Carrie McDonald et du batteur de vaudeville Eddie Carson. Eddie les a abandonnés peu de temps après, et Carrie a épousé un homme gentil mais perpétuellement sans emploi nommé Arthur Martin. Leur famille s’est finalement agrandie pour inclure un fils et deux autres filles.

Joséphine a grandi en nettoyant des maisons et en faisant du babysitting pour de riches familles blanches qui lui ont rappelé « assurez-vous de ne pas embrasser le bébé ». Elle a obtenu un emploi de serveuse au Old Chauffeur’s Club à l’âge de 13 ans. En attendant les tables, elle s’est rencontrée et a eu un bref mariage avec Willie Wells. Alors qu’il était inhabituel pour une femme à son époque, Joséphine n’a jamais dépendu d’un homme pour un soutien financier. Par conséquent, elle n’a jamais hésité à partir lorsqu’une relation s’est détériorée. Elle s’est mariée et a divorcé trois autres fois : avec l’Américain Willie Baker en 1921 (dont elle a choisi de garder le nom de famille), le Français Jean Lion en 1937 (dont elle a obtenu la nationalité française) et le chef d’orchestre français Jo Bouillon en 1947 (qui a aidé pour élever ses 12 enfants adoptés).

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Joséphine a fait une tournée aux États-Unis avec The Jones Family Band et The Dixie Steppers en 1919, interprétant divers sketchs comiques. Lorsque les troupes se sont séparées, elle a essayé de devenir chorus girl pour The Dixie Steppers dans la production Shuffle Along de Sissle et Blake. Elle a été rejetée parce qu’elle était « trop maigre et trop foncée ». Sans se laisser décourager, elle a appris les routines de la ligne de choeur tout en travaillant comme habilleuse. Ainsi, Joséphine était la remplaçante évidente lorsqu’une danseuse partait. Sur scène, elle a levé les yeux au ciel et a délibérément agi maladroitement. Le public a adoré sa touche comique et Joséphine a été un tirage au sort au box-office pour le reste de la série.

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Sa carrière a prospéré dans la société parisienne intégrée; à la fermeture de La Revue Nègre, Joséphine joue dans La Folie du Jour au Théâtre des Follies-Bergère. Sa performance à couper le souffle, y compris un costume de 16 bananes enfilées dans une jupe, a cimenté son statut de célébrité. Joséphine rivalisait avec Gloria Swanson et Mary Pickford en tant que femme la plus photographiée au monde, et en 1927, elle gagnait plus que n’importe quel artiste en Europe. Elle a joué dans deux films au début des années 1930, Zou-Zou et Princesse Tam-Tam, et a déménagé sa famille de Saint-Louis aux Milandes, sa propriété de Castelnaud-Fayrac, en France.

Un retour aux États-Unis en 1936 pour jouer dans les Ziegfeld Follies s’est avéré désastreux, malgré le fait qu’elle était une célébrité majeure en Europe. Le public américain rejetait l’idée d’une femme noire avec tant de sophistication et de pouvoir, les critiques de journaux étaient tout aussi cruelles (le New York Times l’appelait une « fille noire ») et Joséphine retourna en Europe le cœur brisé.
Joséphine a servi la France pendant la Seconde Guerre mondiale de plusieurs manières. Elle a joué pour les troupes et était une correspondante honorable de la Résistance française (le travail d’infiltration comprenait la contrebande de messages secrets écrits sur ses partitions) et un sous-lieutenant dans l’armée de l’air auxiliaire féminine. Elle a ensuite été décorée de la Médaille de la Résistance avec rosette et nommée Chevalier de la Légion d’honneur par le gouvernement français pour son travail acharné et son dévouement.

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Joséphine a visité les États-Unis dans les années 50 et 60 avec une vigueur renouvelée pour lutter contre le racisme. Lorsque le populaire Stork Club de New York a refusé son service, elle a engagé une bataille médiatique frontale avec le chroniqueur pro-ségrégation Walter Winchell. L’Association nationale pour l’avancement des personnes de couleur (NAACP) a nommé le 20 mai Josephine Baker Day en l’honneur de ses efforts.

C’est également à cette époque qu’elle a commencé à adopter des enfants, formant une famille qu’elle appelait souvent « The Rainbow Tribe ». Joséphine voulait qu’elle prouve que « les enfants d’ethnies et de religions différentes pouvaient toujours être frères ». Elle emmenait souvent les enfants avec son cross-country, et lorsqu’ils étaient aux Milandes, des visites étaient organisées pour que les visiteurs puissent se promener sur le terrain et voir à quel point les enfants de « The Rainbow Tribe » étaient naturels et heureux.

Joséphine a continué à voyager aux États-Unis, et au cours de ses visites, elle a développé une amitié étroite avec l’artiste américain Robert Brady. Désormais divorcée de son quatrième mari Jo Bouillon, elle cherchait une compagnie à un niveau plus platonique. Brady a ressenti la même chose et lors d’un voyage à Acapulco, au Mexique, en septembre 1973, ils se sont rendus dans une église vide et ont échangé leurs vœux de mariage. Bien qu’aucun membre du clergé ne soit présent et qu’ils n’aient jamais été légalement joints, c’était un lien personnel important qu’elle et Brady ont maintenu le reste de sa vie. Joséphine a parlé à très peu de gens du pseudo-mariage, craignant que la presse ne le ridiculise.

Joséphine a accepté de se produire au Carnegie Hall de New York la même année. En raison de son expérience antérieure, elle était nerveuse quant à la façon dont le public et les critiques la recevraient. Cette fois, cependant, la croissance culturelle et raciale était évidente. Joséphine a reçu une ovation debout avant même le début du concert. L’accueil enthousiaste fut si touchant qu’elle pleura sur scène.

Le 8 avril 1975, Joséphine est créée au Théâtre Bobino à Paris. Des célébrités telles que la princesse Grace de Monaco et Sophia Loren étaient présentes pour voir Joséphine, 68 ans, exécuter un mélange de routines de ses 50 ans de carrière. Les critiques étaient parmi ses meilleures. Quelques jours plus tard, cependant, Joséphine a sombré dans le coma. Elle est décédée d’une hémorragie cérébrale à 5 heures du matin le 12 avril.

Plus de 20 000 personnes ont envahi les rues de Paris pour assister au cortège funèbre en route vers l’église de la Madeleine. Le gouvernement français l’a honorée d’une salve de 21 coups de canon, faisant de Joséphine Baker la première femme américaine enterrée en France avec les honneurs militaires. Sa tombe se trouve au Cimetière de Monaco, Monaco.

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Joséphine Baker n’a cessé d’intriguer et d’inspirer les gens du monde entier. En 1991, HBO a publié L’histoire de Joséphine Baker. Le film a remporté cinq Emmy Awards. Le film a également remporté l’un des trois Golden Globes pour lesquels le film a été nominé pour cette saison.

http://www.cmgww.com/stars/baker/about/biography/

 

 

Joséphine Baker (1906 – 1975)

Amoureuse de la France

 

Quelle personnalité ! Rarement une artiste aura, tout au long de sa vie, fait preuve d’une telle vitalité ! Rien ne pouvait arrêter Joséphine Baker devenue le temps d’une drôle de danse sauvage une des plus grandes vedettes de music-hall de son époque, mais aussi une farouche militante contre toutes les formes d’exclusion. Cette Française de cœur et d’adoption sut rendre au centuple ce que notre pays lui avait donné…

L’enfant de la balle

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Comment Freda Josephine McDonald, née le 3 juin 1906, aurait-elle pu ne pas aimer la danse ? Ne dit-on pas que sa mère continuait à danser alors qu’elle était enceinte de 7 mois ?

Quant à son père, ce batteur de Saint-Louis, dans le Missouri, il courait les théâtres pour proposer ses spectacles. Malheureusement il aimait un peu trop la liberté et abandonna femme et enfant à un dénommé Arthur Martin, beaucoup moins flamboyant.

C’est dans le froid et la misère que grandit la petite Joséphine qui comprit rapidement qu’elle devait travailler pour aider sa famille. La voici à 8 ans bonne à tout faire avant d’alterner école et petits boulots jusqu’à un premier mariage, à 13 ans, avec Willie Wells et un second, l’année suivante, avec Willie Baker.

Mais celle qui se veut danseuse finit par fuir Saint-Louis, seule, pour tenter sa chance à Broadway. En fait New York ne sera qu’une étape, le temps de prendre le bateau pour Paris…

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En haut de l’affiche

La mécène Caroline Dudley Reagan a bien vu que cette jeune fille avait un talent peu ordinaire. Avec son corps musclé, ses mimiques burlesques et sa forte personnalité elle est parfaite pour devenir la vedette de La Revue nègre, un spectacle musical qui compte bien profiter de l’engouement des Parisiens pour le jazz et les artistes noirs.

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Et tant mieux si son numéro de charleston dans lequel elle se présente à demi-nue reprend tous les clichés de l’Afrique mystérieuse et sauvage ! Joséphine joue avec cette image caricaturale qui renvoie les blancs à leurs préjugés et lui permet de clamer sa totale liberté d’artiste et de femme.

L’avant-garde parisienne, en pleine découverte des arts primitifs, se pâme devant la « sauvageonne » qui devient une véritable star et peut dès lors se permettre de choisir ses scènes.

La voici qui monte en 1926 sur celle des Folies-Bergères où son numéro dans La Folie du jour fait date : on n’a pas fini de parler de la fameuse ceinture de bananes ! Mais Joséphine ne craint plus d’afficher sa nudité et de provoquer les bien-pensants en se promenant avec un guépard.

De toute façon, on pardonne tout à celle qui est désormais chanteuse et qui chante en 1930 devant un public ravi : « J’ai deux amours, mon pays et Paris… » 

Ça swingue à Paris !

En 1917, lorsque les Harlem Hellfighters mettent le pied sur le sol français, ils sont loin de se douter qu’ils vont participer d’une manière originale à la belle histoire des liens entre la France et les Afro-américains. L’armée américaine refusant qu’ils combattent aux côtés de ses soldats blancs, les recrues du 369e régiment d’infanterie sont confiées à l’armée française et c’est sous son drapeau qu’elles paieront un lourd tribut à la guerre. Parmi ces hommes, on retiendra le nom de James Reese Europe qui, avec son orchestre, fait découvrir à la France le ragtime. Quel succès ! Le pays tombe sous le charme et accueille à bras ouverts ces artistes qui fuient la ségrégation et l’absence de perspective que leur réserve leur pays. À l’exemple du trompettiste Sidney Bechet qui accompagne Joséphine Baker dans la tournée de la Revue nègre, toute une génération vient trouver refuge en France pour vivre ses rêves. Voici Eugene Bullard et Ada Bricktop Smith qui enchantent les nuits de Paris, Loïs Mailou Jones qui mêle dans ses peintures Afrique et Occident, ou encore le poète Claude McKay qui va profiter de la sérénité trouvée sur notre sol pour y poursuivre le mouvement de « La Renaissance de Harlem » en faveur de la culture afro-américaine.

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La petite fille de Saint-Louis est désormais riche et célèbre en France mais aussi en Europe : il est temps de revenir au pays avec dans ses bagages cette nouvelle consécration !

En 1935, elle retraverse donc l’Atlantique sur le Normandie avec l’espoir de conquérir son Amérique natale.

La désillusion est totale : les rebuffades racistes s’accumulent, on lui refuse l’entrée des hôtels et des restaurants, même les plus grands journaux lui font comprendre qu’elle n’est pas à sa place : « La nuance fauve particulière de la peau nue de la grande et filiforme Joséphine Baker a fouetté le sang des Français.

Mais pour les spectateurs de Manhattan, qui l’ont vue la semaine dernière, ce n’était qu’une négresse aux dents de lapin […] qui, pour la danse et le chant, se serait fait évincer de pratiquement partout en dehors de Paris » (Time).

On la trouve « trop française » ? Elle rentre à Paris et court demander un changement de nationalité, profitant de son mariage avec l’industriel Jean Lion avec lequel elle achète le château Renaissance des Milandes, en Dordogne.

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En France, je n’ai jamais eu peur…

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Toute sa vie, Joséphine Baker s’est engagée contre les injustices, à commencer par le racisme. C’est donc tout naturellement qu’elle prend part au combat des Noirs américains pour leurs droits civiques. Le 28 août 1963, quelques minutes avant le pasteur Martin Luther King, elle s’avance au micro face aux 250 000 participants de la « Marche pour l’emploi et la liberté »
« Lorsque j’étais enfant, ils ont brûlé ma maison, j’ai eu peur et je me suis enfuie. J’ai fini par m’enfuir très loin. Jusqu’à un endroit qu’on appelle la France. […] Je peux vous dire, mesdames et messieurs, que dans ce pays qui semblait sorti tout droit d’un conte de fées, je n’ai jamais eu peur. […] Quand j’ai quitté Saint-Louis il y a très longtemps, le conducteur du train m’a directement orientée vers le dernier wagon. Vous savez tous très bien ce que cela signifie… Mais quand j’ai fui, oui, fui, vers un autre pays, je n’ai plus eu à subir ça. Je pouvais aller dans n’importe quel restaurant, je pouvais boire de l’eau partout où j’en avais envie, et je n’avais pas besoin d’aller dans les toilettes réservées aux personnes de couleur. Et je peux vous dire que c’était agréable […]. Mais, en Amérique, je ne pouvais pas entrer dans un hôtel pour commander un café. Ça m’a rendue folle de rage. Et vous me connaissez : quand je deviens folle de rage, j’ouvre ma grande bouche. Et alors attention, parce que quand Joséphine l’ouvre, on l’entend aux quatre coins du monde ! » (Discours du 28 août 1963).

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Une Française libre

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L’arrivée de la guerre est l’occasion pour Joséphine de montrer son attachement à son pays d’adoption.

Dès 1939, elle multiplie les actions en faveur des réfugiés avant d’être recrutée par Jacques Abtey, chef du contre-espionnage, qui utilise les entrées de cette « Honorable Correspondante » dans les cocktails pour obtenir des informations.

L’année suivante, c’est son château qu’elle met à disposition des Résistants avant de servir de couverture à Abtey qui l’accompagne en tant qu’ « artiste » au Maghreb où elle assiste au débarquement de 1942.

L’infatigable « Fifine » va alors multiplier les concerts bénévoles pour les troupes en parcourant en jeep l’Afrique du nord comme le Moyen-Orient. En parallèle, elle parvient à rassembler 10 millions de francs de cachet qu’elle reverse aux œuvres sociales de l’armée. Même la Croix de Lorraine en or, offerte par de Gaulle, finira vendue au profit de la Résistance !

En mai 1944 elle intègre les forces féminines de l’Armée de l’air avec lesquelles elle débarque à Marseille en octobre. Un beau parcours qui valait bien une Croix de guerre, une médaille de la Résistance et une Légion d’honneur !

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Les combats d’un grand cœur

« La tribu arc-en-ciel » : c’est sous ce nom que Joséphine parlait de la famille qu’elle avait créée en adoptant avec son quatrième mari, le chef d’orchestre Joe Bouillon épousé en 1947, pas moins de 12 enfants.

Ne pouvant elle-même enfanter, elle a en effet choisi de recueillir des orphelins venus du monde entier pour assouvir son idéal de « fraternité universelle ». Tout ce petit monde grandit au château des Milandes transformé en « village de la fraternité », véritable complexe touristique ouvert dès 1949 où les visiteurs peuvent profiter de restaurants, d’un mini-golf, d’une piscine…

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Mais ce projet avant-gardiste coûte une fortune à la chanteuse qui ne recule devant rien pour réaliser son rêve. Entre les aménagements fastueux, comme sa salle de bains aux murs incrustés de pâte de verre Murano, et la centaine d’employés, la faillite arrive vite pour la star qui se montre à la fois trop extravagante, trop généreuse et trop naïve.

Lorsque son mari, découragé, la quitte en 1960, la situation devient catastrophique. Ses tournées ne suffisant plus à éponger les millions de dettes, le domaine est finalement vendu en 1968. Mais Joséphine est bien décidée une fois de plus à ne pas se laisser faire : elle campe dans la cuisine jusqu’à ce qu’on la fasse sortir de force et qu’on l’abandonne, en robe de chambre, sur le perron de son ancien château.

C’est au tour de la princesse Grâce de Monaco de lui venir en aide en lui proposant un hébergement à Roquebrune où elle se refait une santé avant de remonter une fois de plus sur scène, à près de 70 ans. Son spectacle Joséphine à Bobino est son dernier triomphe : elle meurt d’une attaque cérébrale le 12 avril 1975.

Bibliographie

Phyllis Rose, Joséphine Baker, Une Américaine à Paris, éd. Fayard, 1989.

https://www.herodote.net/Amoureuse_de_la_France-synthese-2959-39.php

ARTISTES FRANÇAIS, CINEMA, FILMS, FILMS FRANÇAIS, MICHAEL LONSDALE (1931-2020)

Michael Lonsdale (1931-2020)

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Michael Lonsdale (prénom écrit sans tréma et prononcé à l’anglaise /ˈmaɪkəl/), né le 24 mai 1931 à Paris, est un acteur français de théâtre, de cinéma, et de dramatiques radiodiffusées. Il est également artiste-peintre.

Né à Paris, le 24 mai 1931, d’une mère française et d’un père anglais — il est parfaitement bilingue —, il passe le début de son enfance à Londres puis au Maroc à partir de 1939. Il anime des émissions enfantines sur Radio-Maroc dès 1943. Revenu en France en 1947, il rencontre Roger Blin qui lui fait découvrir le théâtre.

La francisation de son prénom provient de l’acteur belge Raymond Rouleau qui ne parvenait pas à prononcer correctement Michael.

Il a tourné dans des films dits d’avant-garde (films de Marcel Hanoun) comme dans des productions hollywoodiennes (Munich de Steven Spielberg).


Dans sa carrière, il a aussi bien joué pour des metteurs en scène comme Orson Welles, François Truffaut, Joseph Losey, Louis Malle, Luis Buñuel, Jean-Pierre Mocky ou Jean Eustache que joué au théâtre des textes contemporains (Dürrenmatt, Beckett, Duras…) et participé à des films grand public, dont un James Bond, Moonraker en 1979, dans le rôle du méchant ou la comédie Ma vie est un enfer de Josiane Balasko, ainsi qu’à des téléfilms.

Il rencontre Michel Puig et ensemble ils fondent en 1972 le Théâtre musical des Ulis, compagnie de théâtre musical subventionnée par le ministère de la Culture
.

Michael Lonsdale a également mis en scène de nombreux textes, dont parmi les plus récents Marie Madeleine des Frères Martineau et La Nuit de Marina Tsvetaeva de Valeria Moretti en 2001.

Michael Lonsdale a aussi prêté sa voix à la lecture de grands textes de littérature et de philosophie (voir livres audio), ainsi qu’à Erik Satie au sein des Maisons Satie d’Honfleur.

Il met en scène en 2010 un spectacle sur Sœur Emmanuelle, après d’autres spectacles sur Thérèse de Lisieux et François d’Assise
.

Le 25 février 2011, il remporte le premier César de sa carrière en tant que meilleur second rôle masculin pour Des hommes et des dieux. Il reçoit une distinction, la Médaille Grand Vermeil de la Ville de Paris, la même année.

Catholique engagé, il participe au mouvement pour le Renouveau charismatique et a co-fondé un groupe de prière appelé «Magnificat», destiné plus spécialement aux artistes
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Formation 

Après une enfance passée au Maroc, Michael Lonsdale s’installe avec sa mère à Paris et suit les cours de théâtre de Tania Balachova de 1952 à 1955. Il monte sur les planches pour la première fois en 1955 sous la direction de Raymond Rouleau dans Pour le meilleur et pour le pire qui se joue au Théâtre des Mathurins. Il débute au cinéma l’année suivante dans C’est arrivé à Aden de Michel Boisrond. En 1958, Gérard Oury, son partenaire de Pour le meilleur et pour le pire, passe à la mise en scène et lui offre un rôle dans La main chaude.

Carrière au cinéma

Michael Lonsdale débute au cinéma en 1956 dans C’est arrivé à Aden de Michel Boisrond. En 1959, Gérard Oury, son partenaire de Pour le meilleur et pour le pire, passe à la mise en scène et lui offre un petit rôle dans La main chaude. Lonsdale enchaîne les seconds rôles ou les rôles de figuration ; sa très haute taille, sa diction et sa voix si particulières le distinguent des jeunes premiers. Il tourne devant la caméra des grands réalisateurs de l’époque. En 1961 il joue pour Jean-Pierre Mocky dans Snobs ; leur collaboration s’étalera sur six autres films.
En 1962, Lonsdale apparaît sous la soutane d’un prêtre dans Le Procès d’Orson Welles ; pour un jeune comédien quasi inconnu, travailler pour Welles est une expérience unique. Le jeune homme timide, à la
sensibilité exacerbée (comme il se qualifie lui-même quand il évoque sa jeunesse) prend alors de l’assurance en même temps qu’il rencontre Truffaut – qui l’engage pour La Mariée était en noir (1967) où l’acteur est un politicien sûr de lui qui finit asphyxié, enfermé dans un cagibi par Jeanne Moreau puis pour Baisers volés (1968) où il joue un riche personnage tourmenté de ne pas être aimé. Louis Malle et Luis Buñuel se chargent quant à eux de faire émerger les côtés douteux de l’homme aux manières trop raffinées. Il est ainsi un confesseur pédophile dans Le souffle au coeur du premier (1970) ou un chapelier masochiste et exhibitionniste dans Le fantôme de la liberté (1974) du second. Michael Lonsdale devient alors tout naturellement l’un des plus célèbres seconds rôles du cinéma français ; travailleur infatigable du septième art, il apparaît dans plus de 130 longs métrages. Distillant un jeu minimaliste mais percutant, ses apparitions, même courtes ou elliptiques, ne s’oublient pas. La distanciation volontaire que Lonsdale insuffle à ses personnages ne les rend que plus forts, et l’acteur dispose d’un gros capital sympathie auprès des spectateurs, même lorsqu’il interprète des rôles de méchants ou des personnages ambigus.
Après Mocky, Welles, Bunuel et Truffaut, Michael Lonsdale fait une rencontre marquante avec Marguerite Duras, qui deviendra une grande amie. Elle le fait tourner sur Détruire dit-elle (1969), Jaune le soleil (1971) et India Song (1974) où il est le vice-consul de Lahore, l’un de ses seuls premiers rôles au cinéma. Jusque-là,
Lonsdale met son flegme britannique, sa diction posée et sa prestance au service presque exclusif des films « d’auteurs », travaillant pour Carné, Rivette, Hanoun, Lautner, Resnais, Joseph Losey etc. On l’avait tout de même vu dans la comédie populaire Hibernatus (Edouard Molinaro, 1969) dans le rôle du professeur Loriebat.
L’acteur se décide à réapparaître dans un film « commercial » dix ans plus tard : il incarne Hugo Drax, le méchant du James Bond signé Lewis Gilbert, Moonraker (1979). Ce rôle restera culte dans la filmographie de Lonsdale. Durant la décennie 80, l’acteur reste fidèle à son engagement en faveur des films d’avant-garde. Il apparaît sous les traits de saint Eloi dans Le bon Roi Dagobert (Dino Risi, 1984), revêt encore la robe ecclésiastique pour s’illustrer en père abbé obscurantiste dans Le nom de la rose de Jean-Jacques Annaud (1986).

Les années 90 voient moins souvent l’acteur sur grand écran (Lonsdale se consacre alors au théâtre). Claude Sautet le fait néanmoins jouer dans Nelly et monsieur Arnaud (1994) dans le rôle de Dollabella ; Lonsdale est même retenu pour le César du Meilleur second rôle.
Il est l’étrange professeur Stangerson dans Le Mystère de la chambe jaune (2002) et Le Parfum de la dame en noir (2004), signés Bruno Podalydès. De grands réalisateurs l’engagent, tel Milos Forman sur Les fantômes de Goya (2005) où Michael Lonsdale campe un grand inquisiteur, ou Spielberg sur Munich (2005). Catherine Breillat lui fait jouer le rôle du vicomte de Prony dans son adaptation de Une vieille maîtresse (2006).
Dans La Question humaine (Nicolas Klotz, 2006), l’acteur est tête d’affiche, au côté de Matthieu Almaric ; directeur général d’une multinationale, Lonsdale incarne un personnage inquiétant, au bord de la folie – un rôle qui lui vaut une nouvelle fois d’être sur la liste des prétendants au César du Meilleur acteur dans un second rôle. Ultime récompense, que Michael Lonsdale reçoit enfin en 2011 pour sa magistrale interprétation dans Des hommes et des dieux (2010). Devant la caméra de Xavier Beauvois, Lonsdale est l’humble frère Luc, l’un des huit moines français du monastère de Tibhirine en Algérie, retrouvés assassinés en 1996. Manoel de Oliveira lui confie un beau rôle dans Gébo et l’ombre (2011), un mélodrame où Lonsdale est un modeste père de famille âgé, qui continue à faire vivre sa famille malgré les difficultés.

Autres activités

Michael Lonsdale est autant comédien de théâtre qu’acteur de cinéma. Ses rôles sur les planches sont innombrables (plus de soixante-dix). Michael Lonsdale apparaît aussi dans plus de soixante-dix téléfilms ou documentaires pour la télévision. Il se lance aussi dans la mise en scène (spectacles musicaux et pièces du répertoire contemporains). Il prête sa voix si particulière à l’enregistrement de livres audio.
Michael Lonsdale est passionné par la peinture et expose ses toiles régulièrement. En 2012 paraît un livre, En chemin avec la bonté, où il présente les toiles et les photos qui ont influencé sa vie intérieure. Très croyant, Michael Lonsdale fait état de son engagement dans la religion catholique dans de nombreuses interviews et livres d’entretiens où il n’hésite pas à dire que sa foi est une composante essentielle de sa vie, comme dans un autre de ses livres, L’Amour sauvera le monde.

Prix

Prix

Meilleure interprétation masculine dans un 2d rôle, 2011 au Césars du Cinéma Français pour le film : Des hommes et des dieux

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ARTISTES FRANÇAIS, ARTS, GILLES GARCIN (1929-2020), GILLES GARCIN, PHOTOGRAPHE MARSEILLAIS, PHOTOGRAPHIE

Gilles Garcin, photographe marseillais

 

Gilbert Garcin (1929-2020)

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Gilbert Garcin, né à La Ciotat le 21 juin 1929, et mort le 17 avril 2020, est un photographe français.

 

Biographie

Originaire de La Ciotat, Gilbert Garcin nait le 21 juin 1929. Vendeur de luminaires à Marseille, il commence à faire des photographies à l’âge de la retraite.

C’est en 1995, après un stage avec Pascal Dolémieux aux Rencontre de la Photographie d’Arles, qu’il découvre le photomontage en noir et blanc, où il se met en scène dans différentes situations, dans des paysages irréels pour la plupart. Il expose pour la première fois ses œuvres en 1998 à l’âge de 69 ans.

Gilbert Garcin possède un style singulier : ses montages mettent en scène différentes situations qui ont en commun la dérision et l’absurdité de la condition humaine. Ses photographies en noir et blanc traitent, en général, de sujets existentiels (amour, mort, vie, solitude, image de soi…) qu’il expose avec un humour qui s’apparente parfois à celui du théâtre de l’absurde d’Eugène Ionesco. Ses images font aussi écho à la mythologie et à la peinture

Gilbert Garcin meurt le 17 avril 2020 à l’âge de 90 ans.

 

Publications

Simulacres, préface d’Yves Gerbal, Allauch, Phocal, 1999

La vie est un théâtre, texte d’Yves Gerbal, Trézélan, éditions Filigranes, 1999

L’Homme qui est une image, texte d’Yves Gerbal, Marseille, Autres temps, 1999

Le Témoin, texte d’Armelle Canitrot, Trézélan, éditions Filigranes, 2005

Tout peut arriver, texte de Magali Jauffret, Trézélan, éditions Filigranes, 2007

Réel en option – Gilbert Garcin, Teun Hocks, Luc Chéry, textes de Patrick Roegiers, Jean-Marc Lacabe et Anne-Marie Garat, Éditions Le Château d’eau, Toulouse, 2008.

MISTER G Gilbert Garcin, textes d’Yves Gerbal, Christine Ollier, éditions Filigranes, 2009

Faire de son mieux, textes d’Yves Gerbal et Marie Darrieussecq, éditions Filigranes, 2013

Lorsque le vent viendra, texte de Vincent Josse, éditions Filigranes, 2013

Gilbert Garcin (préf. Magali Jauffret), Arles, Actes Sud, coll. « Photo Poche » (no 157), 2016, 144 p.

 

 

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Le photographe marseillais Gilbert Garcin s’en est allé

Le photographe marseillais Gilbert Garcin, dont les montages en noir et blanc mettant en scène l’absurdité de la condition humaine évoquaient tantôt Magritte ou Tati, est décédé dans son sommeil à l’âge de 90 ans. Notre journaliste Armelle Canitrot l’avait rencontré en 2013, lorsque les Rencontres d’Arles lui avait consacré une grande exposition.

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Gilbert Garcin lors des Rencontres d’Arles 2013.FRANÇOIS

  « Dans ma vie antérieure je n’aurai jamais imaginé avoir une telle activité entre 65 et 84 ans. Je me voyais bien aller à la pêche. Je suis surpris, disons-le de façon prétentieuse, du côté universel de mes photographies qui sont aussi bien reçues à Kobé qu’à Istanbul. » Rencontré dans son exposition arlésienne de 2013, entouré de 150 tableaux dans lesquels son clone – Mister G. – se plie à ses moindres volontés, l’artiste Gilbert Garcin n’en revient toujours pas d’être ainsi sous le feu des interviews et le héros d’un documentaire sur son œuvre.

Tout commence en 1995, lorsque Gilbert Garcin remporte le concours de photographie amateur du photo-club d’Aubagne. La récompense ? Un stage dans le cadre des Rencontres internationales d’Arles. À cette occasion, le sympathique Marseillais de 65 ans ne perd pas une miette des conseils donnés par le photographe Pascal Dolémieux expliquant qu’il n’est pas nécessaire d’aller au bout du monde, ni de louer des studios exorbitants pour faire œuvre photographique. Sable, galets, sucre en morceaux ou en poudre, allumettes et bouts de papier, chacun peut se contenter de ces petits riens pour s’inventer un univers…

Esprit « magrittien », narcissisme hitchcockien

Ancien patron d’une petite entreprise de luminaires, Gilbert Garcin trouve dans ces recommandations de quoi occuper sa retraite, passant le plus clair de son temps, désormais, à photo-graphier – soit « écrire avec la lumière », sous le regard médusé de sa femme Monique, sceptique, de son fils, ébloui, de Christine Ollier, directrice de la galerie les Filles du Calvaire, à Paris, qui décide de promouvoir son œuvre.

« Le Funambule » de Gilbert Garcin / gilbert-garcin.com

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Allure de Monsieur Hulot, état d’esprit « magrittien », narcissisme hitchcockien, Gilbert Garcin devient alors le héros de son petit théâtre de carton-pâte, se photographiant dans diverses postures pour mieux se miniaturiser ensuite, et mettre son effigie en scène dans des saynètes plus « surréalisantes » les unes que les autres. Tentant de remettre de l’ordre dans un fouillis de lignes (Changer le monde), jouant à saute-mouton sur lui-même (L’Égoïste), marchant en équilibre sur une ligne noire tracée au sol (Le Funambule)… Chaque titre est en soi tout un programme.

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Le moulin de l’oubli

Autodérision et lampe de poche

« Un titre ne doit pas être descriptif, ni fermer le sens de la photo à laquelle je souhaite que l’on donne des interprétations multiples, voire contradictoires », explique-t-il. Dans Le Visionnaire – tableau dans lequel il a réussi à entraîner sa femme –, il montre avec l’autodérision qui le caractérise la direction à suivre tandis qu’elle s’essouffle derrière lui à pousser un énorme rouleau.

Ingrédients ? Une table peinte en noir, une bobine de fil blanc, deux figurines de quinze centimètres, deux néons, deux spots et une lampe de poche. « Pour avoir un fond noir et un objet lumineux, je balade ma lampe de poche dessus. C’est si élémentaire que personne ne fait de la mise en scène par ce procédé, s’amuse-t-il.

 Un univers « philosophico-humoristico-angoissé »

Lorsqu’on lui parle de son univers « philosophico-humoristico-angoissé », Gilbert Garcin approuve : « C’est un bon condensé de mon caractère. » Quoique. Depuis le décès de sa femme, le troisième terme tente d’avoir la peau des deux autres. « Il y a peut-être là derrière comme une autobiographie masquée. De nombreuses photographies correspondent à des circonstances de ma vie », concède Gilbert Garcin, qui se dérobe toujours au décryptage de ses images.

« Je produis moins, ajoute-t-il. Avant le décès de Monique, je lui montrais, on discutait, elle me donnait son point de vue. Aujourd’hui, j’ai tendance à me dire : à quoi bon. » Gilbert Garcin oublie juste de préciser un point : les expositions internationales et les livres qui se succèdent lui laissent peu de temps pour de nouvelles images. Début avril 2020, la galerie Lisa Sette lui avait consacré une exposition Gilbert Garcin dans le cadre du salon « Paris-Photo New-York » 2020.

http://www.gilbert-garcin.com/

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Divergences

https://www.la-croix.com/Culture/Le-photographe-marseillais-Gilbert-Garcin-sen-alle-2020-04-19-1201090084

ARTISTE, ARTISTES FRANÇAIS, CHANTEUR FRANÇAIS, GRAEME ALLWRIGHT (1926-2020)

Graeme Allwright (1926-2020)

Graeme Allwright

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Graeme Allwright né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) et mort le 16 février 2020 à Couilly-Pont-aux-Dames, est un chanteur auteur-compositeur-interprète français d’origine néo-zélandaise. Il a adapté et introduit en français les œuvres du protest song américain (Woody Guthrie et Pete Seeger notamment), ainsi que de nombreuses chansons de Leonard Cohen mais aussi composé des chansons entrées dans la mémoire collective française.

Graeme Allwright est le père des acteurs Christophe Allwright, Jacques Allwright et Nicolas Allwright (de son union avec Catherine Dasté, fille de Jean Dasté) et de Jeanne Allwright (de son union avec Claire Bataille, qui fut aussi son agent artistique).

 

Biographie

 L’enfance et l’adolescence en Nouvelle-Zélande, le départ, le théâtre, les petits métiers

Graeme Allwright est né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) où il passe toute son enfance avec sa famille. Adolescent, il est passionné de théâtre. Ayant obtenu une bourse pour intégrer la compagnie de théâtre du théâtre Old Vic de Londres, il décide de quitter sa famille pour s’installer à Londres et y apprendre le théâtre. Il fait la traversée en s’engageant comme mousse sur un bateau, car il n’a pas d’argent pour se payer le voyage. À Londres, il fait la rencontre de la comédienne Catherine Dasté, issue d’une famille du théâtre, puisqu’elle est la petite-fille de Jacques Copeau (fondateur du théâtre du Vieux-Colombier) et la fille de Jean Dasté (directeur de la Comédie de Saint-Étienne) et de Marie-Hélène Dasté.

En 1948, il suit Catherine Dasté et s’installe en France et l’épouse en 1951 à Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), le village de Jacques Copeau. Graeme Allwright y exerce de très nombreux métiers, de la scène à la régie. Il devient ensuite apiculteur, animateur pour enfants à l’hôpital, moniteur en hôpital psychiatrique, professeur d’anglais (il a notamment comme élève Philippe Lavil) et de théâtre à l’école secondaire de la Roseraie à Dieulefit (Drôme).

 Les débuts à succès du chanteur

Encouragé par des amis stéphanois amateurs de blues, il monte à Paris au début des années 1960 et chante dans des cabarets (notamment à La Contrescarpe). Les conditions sont dures. Il rode souvent ses chansons chez des amis peintres ou sculpteurs à La Ruche à Montparnasse. Il est alors accompagné par le guitariste stéphanois Genny Detto. Au Centre américain du boulevard Raspail, il retrouve bientôt deux musiciens de folk traditionnel. Son talent séduit Colette Magny et Mouloudji, et ceux-ci le poussent à enregistrer son premier disque, Le Trimardeur, produit par Marcel Mouloudji en 1965 alors que Graeme est âgé de 39 ans. S’ensuit un premier contrat avec Philips, et ses deux albums de 1966 et de 1968, aux tonalités protest-song, le projettent au premier plan chez les jeunes.

 Les sources et l’œuvre musicale 

Graeme Allwright est parmi les premiers introducteurs en France du folk américain, dans sa veine protest-song. Il se revendique chanteur, il écrit assez peu, préférant « se glisser dans les mots d’un autre » quand il ressent que le message est commun. Il s’inscrit dans la lignée de Woody Guthrie et de Pete Seeger. Il a adapté de nombreux textes de Guthrie, parmi lesquels sa première chanson Le Trimardeur (Hard Travelin’), Le clochard américainLa Femme du mineurLa Mouche bleue, etc. Il a également adapté des chansons de Tom Paxton (Sacrée bouteille), Pete Seeger (Jusqu’à la ceinture), Malvina Reynolds (Petites Boîtes) ainsi que de Bob Dylan (Qui a tué Davy Moore ?). Ses mots simples et son accent charmeur donnent à ses textes une proximité immédiate, et une force empathique singulière.

Il a également largement contribué, par ses adaptations très fidèles de Leonard Cohen, à faire découvrir ce dernier au public français (SuzanneL’ÉtrangerDemain sera bien, etc.)

Cependant, ses propres textes ont également une grande puissance (Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille)JohnnyJoue joue joue, etc.). Politiquement engagé pour la non-violence, contre les essais nucléaires, contre la société de consommation, il écrit ou adapte de nombreux textes de protest-song (le Jour de clartéla Ligne HolworthJusqu’à la ceinture, etc.)

En 1970, après les deux disques qui ont fait son succès, il produit deux albums en anglais, A Long Distant Present From Thee… Becoming et Recollections, qui sont peu connus (et n’ont pas été complètement réédités en dehors de compilations). Le premier de ces disques, en développant un genre folk psychédélique, tranche notamment avec la période précédente de Graeme Allwright.

Assez rapidement, Graeme Allwright s’éloigne volontairement de l’industrie du spectacle, car cela ne correspond pas à sa philosophie. Refusant la relation artiste/fan classique malgré son succès dans les années 1970, il mène une carrière en marge des médias (dont les directions le censurent depuis sa participation à la lutte du Larzac, et l’adresse directe dans sa chanson Pacific blues en particulier contre Valéry Giscard d’Estaing et les essais nucléaires français).

En 1980, Graeme Allwright chante avec Maxime Le Forestier  au Palais des sports. Le bénéfice des concerts et du double album sont entièrement reversé à l’association Partage pour les enfants du tiers-monde, fondée par Pierre Marchand, et que Graeme Allwright a soutenue à ses débuts.

Dans les années 80, il produit plusieurs albums où l’on retrouve une association de titres à consonance folk et d’interprétations de textes d’amis poètes ou penseurs dont Maurice Cocagnac et Luis Porquet. En 1985, Graeme Allwright interprète des adaptations en anglais de chansons de Georges Brassens adaptées par Andrew Kelly.

Plusieurs de ses chansons deviennent des classiques familiers de la chanson française : Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille)Petit Garçon (adaptation en français de la chanson Old Toy Trains de Roger Miller), Jolie bouteilleJusqu’à la ceinture, etc. Ses classiques sont connus de plusieurs générations en France, même si le nom de leur auteur est souvent ignoré.

Dans les années 2000, il ajoute le jazz, passion de son adolescence, à son répertoire (album Tant de joies avec le Glenn Ferris quartet). Puis il reprend inlassablement la scène, accompagné le plus souvent de ses amis musiciens malgaches Erik Manana et Dina Rakatomanga, offrant toujours régulièrement « dans les p’tits patelins » de chaleureux concerts, au cours desquels, en toute simplicité et dans une intense empathie, il communique sa quête « d’une étoile qu’il n’a jamais vraiment nommée ».

En janvier 2010, l’Académie Charles-Cros lui décerne un « grand prix in honorem » pour l’ensemble de sa carrière, et un « coup de cœur » pour son album Des inédits… Pour le plaisir. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. En 2014, son adaptation française de la chanson Petit garçon (Old Toy Trains, de Roger Miller) devient l’hymne du Téléthon. Alors qu’il avait déclaré vouloir continuer à chanter pour apporter du bonheur tant que sa santé lui permettrait, il annonce dans ses concerts de 2015, à l’âge de 89 ans, arrêter la scène. En 2017, il co-signe avec l’artiste Yanne Matis la chanson Leonard, en hommage à son « double », Leonard Cohen, mort l’année précédente.

 

Les voyages

Graeme Allwright fait de sa chanson un art de vivre, une philosophie, et un partage. Ses textes où l’émotion, la dénonciation moqueuse du conformisme ou des injustices et les appels à la liberté se conjuguent à des mélodies « country » ou « blues », remportent l’adhésion d’un public de tout âge. Mais, « dépassé » par son succès, craignant sous la pression du « show-bizz » de perdre de sa liberté, il préfère multiplier les séjours à l’étranger (en Éthiopie notamment), au retour desquels il enregistre des albums. Il fait de nombreux séjours en Inde, participe dans les années 1970 à l’aventure de la cité utopique d’Auroville, initiée par La Mère, compagne de Sri Aurobindo, en travaillant au reboisement de cette zone alors désertifiée. Un peu plus tard, il découvre l’île de La Réunion, où il vit pendant un an et demi (l’album Questions lui est en grande partie consacré). Il y fait la rencontre d’excellents artistes malgaches, dont Erick Manana et Dina Rakotomanga, qui dès lors l’accompagneront très souvent lors de ses tournées en France.

En 2005, il retourne sur la terre de son enfance en effectuant une tournée en Nouvelle-Zélande, son pays d’origine où il était totalement inconnu (le film Pacific Blues réalisé en 2009 par Chantal Perrin et Arnaud Delplagne retrace ce voyage, et pour une des premières fois, l’artiste s’y livre sur sa vie et son œuvre).

 

Philosophie

Graeme Allwright milite contre l’injustice sociale, la main-mise des « grands » sur les faibles, et pour la non-violence. Son œuvre et sa pensée sont fortement imprégnées de la philosophie du penseur indien Sri Aurobindo (la chanson Lumière est un exemple de cette influence). Graeme Allwright prône un changement du monde par un travail de conscience de chacun, plus que par un mouvement révolutionnaire3. Il pense que ce monde-ci, matérialiste, doit aller à son terme parallèlement à des mutations évolutives de la conscience humaine, avant qu’un grand changement ne survienne.

Il milite pour le changement des paroles de La Marseillaise, qu’il juge « belliqueuses » et « racistes », se disant « choqué » qu’on puisse enseigner ces « paroles épouvantables » à de jeunes enfants à l’école. En 2005 il propose de nouvelles paroles pour La Marseillaise en compagnie de Sylvie Dien et en enregistre une version diffusée sur le site de son association La Marseillaise de Graeme Allwright4. Il propose au public d’entonner cette chanson au début de chacun de ses concerts, où plusieurs générations se retrouvent avec enthousiasme.

 

Œuvre

 Théâtre

1956 : Aujourd’hui ou Les Coréens de Michel Vinaver, mise en scène Roger Planchon, théâ.tre de la Comédie de Lyon ;

1957 : Les Coréens de Michel Vinaver, mise en scène Jean-Marie Serreau, théâtre de l’Alliance française ;

1960 : Les Coréens de Michel Vinaver, mise en scène Gabriel Monnet, Aix-en-Provence

 Participations

En 1966, il interprète la chanson Akou du générique final du film de Georges Lautner Ne nous fâchons pas ;

En 1967 et 1976, il contribue à la bande originale des films L’Or des pistoleros et Le Petit Marcel ;

En 1973, il participe au Concert pour les orphelins du Vietnam durant lequel il interprète deux chansons : La plage et l’inédit Hymne à Himalaya ;

En 1995, il incarne le rôle de Paddy, le gardien de phare, dans le conte musical Le Petit Arthur, de l’auteur-compositeur Alan Simon. Il y interprète la chanson La Berceuse ;

En 2002, il chante On peut bien, avec Indigo et Philippe Roussel, sur le CD Les voisins de ce dernier.

 Quelques chansons

Abouélita ;

Akou (générique de fin du film Ne nous fâchons pas, 1966) ;

Au cœur de l’arbre (paroles de Maurice Cocagnac) ;

Automne ;

Avalanche (Leonard Cohen) ;

Ballade de la désescalade ;

Billy Boy ;

Bonne chance ;

Ça je ne l’ai jamais vu (proche de Seven Drunken Nights) ;

Chanson pour un peuple perdu ;

Chasseur de qui ? ;

Comme un vrai gamin (On the road again, Willie Nelson) ;

Comment faire pour te chanter ? ;

Condamnés ;

Dans la fumée de mon cigare ;

Danse-moi vers la fin de l’amour (Dance Me to The End of Love, Leonard Cohen) ;

De passage (Leonard Cohen) ;

Demain sera bien (Tonight Will Be Fine, Leonard Cohen) ;

Deux jeunes frères ;

Diamants dans la mine (Diamonds in The Mine, Leonard Cohen) ;

Dommage ;

Emmène-moi (Take Me Home, Johnny Cash) ;

Garde le souvenir ;

Henrik ;

Identity (chanson de Youenn Gwernig) ;

Il faut que je m’en aille (Les Retrouvailles) ;

J’m’envolerai (traditionnel) ;

Je perds ou bien je gagne (Blues Run The Game, Jackson C. Frank) ;

Je veux quitter ce monde, heureux, Maxime Le Forestier ;

Je voulais te quitter (I tried to leave you, Leonard Cohen) ;

Jeanne d’Arc (Leonard Cohen) ;

Johnny ;

Joue, joue, joue ;

Jusqu’à la ceinture (Waist Deep in the Big Muddy, Pete Seeger) ;

L’Étranger (The Stranger Song, Leonard Cohen) ;

L’homme de l’an passé (Last year’s man, Leonard Cohen) ;

L’homme donna des noms aux animaux (Man Gave Names to All the Animals, Bob Dylan) ;

La Berceuse du clochard ;

La Chanson de l’adieu (paroles de Luis Porquet, musique de Graeme Allwright, 1979 ; reprise par Nana Mouskouri, 1994) ;

La Femme du mineur ;

La Gomme ;

La Ligne Holworth ;

La Marseillaise (nouvelles paroles pour l’hymne national français) ;

La Mer est immense (The water is wide, traditionnel écossais) ;

La Petite route ;

La Petite souris ;

La Plage ;

Leonard (avec Yanne Matis) ;

Le Jour de clarté ;

Les Sœurs de la miséricorde (The Sisters of Mercy, Leonard Cohen) ;

Lover, Lover, Lover (Leonard Cohen) ;

Lumière ;

Michael ;

Ne laisse pas passer ta chance ;

Océane ;

Petit Garçon (Old Toy Trains, Roger Miller) ;

Petites boîtes (Little Boxes, Malvina Reynolds) ;

Qu’as-tu appris à l’école ? (What Did You Learn in School Today?, Tom Paxton) ;

Qui a tué Davy Moore ? (Who Killed Davey Moore?, Bob Dylan) ;

Sacrée bouteille (Bottle of Wine, Tom Paxton) ;

Si c’est ta volonté (If it be your will, Leonard Cohen) ;

Suzanne (adaptation en français de la chanson de Leonard Cohen) ;

Tant de joies ;

Tu n’es plus là cet automne ;

Tout le monde le sait (Everybody Knows, Leonard Cohen) ;

Vagabonde (Winter Lady, Leonard Cohen) ;

Viendras-tu avec moi ?

ABBAYE NOTRE-DAME DE LA FIDELITE DE JOUQUES, ART RELIGIEUX, ART SACRE, ARTISTES FRANÇAIS, ARTS, GENEVIEVE GALLOIS (1888-1962), MERE GENEVIEVE GALLOIS (1888-1962)

Geneviève Gallois, moniale et artiste

 LE GÉNIE ET LE VOILE :

UN DOCUMENTAIRE SUR MERE GENEVIEVE GALLOIS

 

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L’œuvre à la fois réaliste et surnaturelle de cette « moniale inspirée » est sans doute une des aventures mystiques les plus passionnantes du XXe siècle.

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Artiste aux multiples facettes, extraordinairement douée, Geneviève Gallois quitte son registre satirique lorsque, convertie, elle entre chez les bénédictines en 1917.

Tout est fort en elle, sa foi, son trait, son langage, son art.

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Geneviève Gallois, connue comme Mère Geneviève Gallois, née à Montbéliard le 22 septembre 1888 et morte à Paris le 19 octobre 1962, est une moniale, artiste peintre, graveur et peintre de vitrail.

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Source : site de la Paroisse de Martigues

 

MÈRE GENEVIÈVE GALLOIS, MONIALE ET ARTISTE

Notre famille monastique est marquée par le souvenir, l’œuvre et la spiritualité de Mère Geneviève Gallois (1888-1962), moniale et artiste de génie.
Lorsqu’elle entre au monastère de la Rue Monsieur en 1917, alors qu’une carrière artistique brillante s’ouvre à elle, sœur Geneviève fait, avec le don d’elle-même, le sacrifice de son art. Son caractère intransigeant et son sens aigu de l’absolu de Dieu ne la portent pas aux demi-mesures !
Vingt ans plus tard, elle est remarquée par un amateur d’art, le docteur Paul Alexandre. Elle donne alors une inimitable série de dessins sur la vie monastique, ainsi que des eaux fortes et des vitraux.
Elle écrit beaucoup, et note ici ou là ses réflexions sur la vie monastique, dans un style aussi vigoureux que celui de ses dessins.
A Jouques, comme à Limon, une exposition permanente offre aux visiteurs la possibilité de parcourir l’itinéraire artistique de Mère Geneviève, depuis ses huiles de jeunesse jusqu’aux maquettes des vitraux.

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Il est possible de visiter l ‘exposition des tableaux et dessins de Mère Geneviève Gallois sur rendez-vous, en nous contactant trois jours à l’avance au 04 42 57 80 17 ou par mail à l’adresse suivante : contact@abbayedejouques.org. Une moniale vous fera découvrir cette oeuvre exceptionnelle.

L’exposition est également ouverte au public lors des Journées du Patrimoine.

Pour moi, l’Art se fond de plus en plus avec la vie, et la vie se fond de plus en plus avec Dieu ; elle descend toujours plus profond, au fond de moi-même, dans un trou qui n’a pas de fond ; et tout ce que j’ai à exprimer, en Art, est ce corps à corps avec Dieu, cette lutte pour éliminer tout ce qui sépare du cœur à cœur avec Lui. Le vitrail que je fais maintenant porte cette inscription : « Aperi mihi, soror mea… Ouvre-moi, ma sœur, mon amie ». C’est le résumé de la vie chrétienne : Dieu qui veut entrer, et l’âme qui Lui ouvre.

Mère Geneviève, octobre 1952

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https://www.abbayedejouques.org/notre-histoire/mere-genevieve-gallois-moniale-et-artiste/

 

 

Geneviève Gallois (1888-1962)

Geneviève Gallois, connue comme Mère Geneviève Gallois, née à Montbéliard le 22 septembre 1888 et morte à Paris le 19 octobre 1962, est une moniale, artiste peintre, graveur et peintre de vitrail. En religion elle était Mère Geneviève.

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Biographie

Fille d’un sous-préfet anticlérical, Marcelle Gallois est éduquée dans une famille bourgeoise. Elle entre à l’École des beaux-arts de Montpellier, puis à l’École des beaux-arts de Paris et expose en Suisse, en Belgique et, à Paris, au Salon des dessinateurs humoristes car elle est alors d’abord une caricaturiste.

En 1917, après une crise spirituelle, elle entre chez les Bénédictines de la rue Monsieur à Paris

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L’artiste

Au début de sa vie monastique, Geneviève Gallois rejoint l’atelier d’ornements liturgiques. Progressivement elle est autorisée à peindre des gouaches illustrant son quotidien conventuel. Elle est découverte par des patrons de broderies pour une Vie de Jeanne d’Arc. Ce n’est qu’en 1939 qu’elle est admise à prononcer ses vœux définitifs car une partie de la communauté était réticente face à celle qui conserve une forte personnalité et ne répugne pas à peindre des tâches banales comme l’épluchage des légumes ou la vaisselle. En 1942 elle est déchargée de beaucoup de tâches quotidiennes pour se consacrer à l’art alors que la règle bénédictine prône les travaux manuels.

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Progressivement sa réputation s’étend et elle est visitée par des artistes comme Marie Laurencin à la suite de sa série Via Crucis qui comprend 18 eaux-fortes sur les dernières heures du Christ. Ensuite elle se consacre au vitrail, dont des modèles sont conservés à l’église du Petit Appeville près de Dieppe, ou à l’église abbatiale de Vauhallan.

Son livre illustré Vie du Petit Saint Placide a été comparé à une bande dessinée théologique .

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Bibliographie

Alexandre Noël, Mère Geneviève Gallois, bénédictine, peintre, graveur verrier, Bruxelles 1999.

Aubin Hellot et Lizette Lemoine Le Génie et le Voile , film documentaire de 54 min , Les Films Du Large / La Huit Production 2012 http://www.lahuit.com/fr/content/le-genie-le-voile [archive]

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Yves Frémion, « Ma très chère Mère est une pionnière », Les Cahiers de la bande dessinée, no 7,‎ avril-juin 2019, p. 10

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ARTISTES FRANÇAIS, CHANTEUR FRANÇAIS, JACQUES BREL, JACQUES BREL (1929-1978)

« Le grand Jacques »

Jacques Brel (1929-1978)
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Le 9 octobre 1978 mourait Jacques Brel. Il avait 49 ans. Françoise Giroud lui avait rendu cet hommage dans « le Nouvel Observateur ».

Par Françoise Giroud

Ce n’est rien. Un homme qui meurt. Cancer. Quarante-neuf ans. Il y en a tous les jours.

Mais celui-là, on le connaissait avec sa grande gueule d’adolescent qui n’en finira jamais de grandir, et son accent de bière et de brume.

Et puis nous avions reçu son faire-part, en forme de disque noir.

J’arrive, il disait. «J’arrive, mais qu’est-ce que j’aurais bien aimé encore une fois traîner mes os jusqu’à l’été, jusqu’au printemps, jusqu’à demain. Pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi déjà et où aller? J’arrive, bien sûr j’arrive, mais ai-je jamais rien fait d’autre qu’arriver?»

Puis un second faire-part nous avait avertis. «Je les vois déjà me couvrant de baisers, et s’arrachant les mains, et demandant tout bas : est-ce que la mort s’en vient, est-ce que la mort s’en va, est-ce qu’il est encore chaud, est-ce qu’il est déjà froid… Ah ! Je les vois déjà, compassés et frileux, suivant mon costume de bois, pensant au prix des fleurs et trouvant indécent de ne pas mourir au printemps quand on aime les lilas…

« Ah ! Je te vois déjà, trop triste, trop à l’aise, protégeant sous le drap des larmes lyonnaises… S’accroche à ton bras ton quelconque, ton dernier qui te fera pleurer plus souvent que moi… Je me vois tout au bout de ce voyage-là où l’on revient de tout, et on aurait le brave culot de me demander de ne boire que de l’eau, de ne plus trousser les filles, de mettre de l’argent de côté, d’aimer les filets de maquereaux et de crier ‘‘Vive le Roi’’.»

Mais qui le croyait, le croyait vraiment qu’il était mourant, Jacques Brel, et qu’il le chantait, ce qui n’est pas fréquent ?

Pourtant, on aurait dû le savoir : ce n’était pas un qui parlait pour ne rien dire, pour faire trente-trois tours et puis s’en aller.

Quand il disait que la guerre, c’est bête ; que les femmes, c’est méchant ; que les curés, c’est sournois ; que les bourgeois, c’est comme les cochons, plus ça devient vieux plus ça devient… oui, ce n’était pas original.

Ce n’était pas Verlaine, ce n’était pas Prévert.

Mais ce qu’il y avait dans ses mots à lui, dans sa voix à lui, forte, franche, furieuse, c’était la nécessité. Le poids, la vertu, l’inimitable de la nécessité. Celle qui manque à tant de bons faiseurs de chansons, de livres, de films, de pièces, de peinture, de musique, de tout ce par quoi les hommes et les femmes disent joie et douleur.

Quand la nécessité a, pour lui, cessé d’être, qu’il s’est senti au point où il allait se parodier, il s’est tu. Il était bien, Jacques Brel.

Serait-il resté le prospère héritier d’une prospère entreprise de son plat pays, au lieu de descendre faire le chansonnier, comme il disait, à Paris, il se fût étouffé, peut-être de tant de colère, de rêves et de larmes ravalées. Qui n’a eu, un jour, sa nausée… Mais tant que l’on peut crier, et qu’il y a quelqu’un pour vous entendre, on s’en sort.

Il y a eu beaucoup de monde pour l’entendre, et même pour l’écouter. Et de bonne heure. Quatre ans d’honnête audience pour apprendre son métier avant de s’éclater pendant dix années, ce n’est pas cher payé. Avec lui, les hommes ont rêvé d’être une heure seulement, une heure quelquefois, rien qu’une heure durant, beaux, beaux et cons à la fois.

Ils ont attendu Madeleine, qui est tellement jolie, qui est tellement tout ça, et qui ne viendra pas… Ils ont prié pour son salut lorsque Mathilde, sacrée Mathilde, est revenue. Ils ont maudit les filles, parce que ça veut aller voir Vesoul et ça n’aime plus Vesoul, ça veut aller Vierzon et ça n’aime plus Vierzon, ça veut aller à Honfleur et ça n’aime plus Honfleur, ça vous pend au nez, ça se pend au cou, ça dépend de vous, ça dépend des heures, et surtout, surtout ça dépend des sous, les filles.

A consoler Jef, à enterrer Fernand, à porter des bonbons à Germaine bien que les fleurs, ça soye plus présentable, à arpenter les chemins de pluie sous le ciel gris avec la mer du Nord pour dernier terrain vague et le cœur à marée basse, ce n’est pas le public qu’il a lassé. C’est lui.

Les mots pour dire l’amant délaissé, le soldat encaserné, le Flamand enivré, s’étaient usés au tour de quatre cents chansons.

Le succès prolongé, ça n’arrange personne. (L’insuccès non plus, d’ailleurs.)

Alors le mal est venu lui manger les poumons.

Il n’a pas gesticulé, il n’a pas gémi, il s’est caché. Il était bien, Jacques Brel.

Pourquoi lui ?… Pourquoi pas lui ?… Mais qu’est-ce qu’il aurait aimé encore une fois prendre un amour comme on prend le train, traîner ses os jusqu’à l’été, jusqu’au printemps, jusqu’à demain…

Françoise Giroud

Article paru dans « le Nouvel Observateur » du 16 octobre 1978.

 

 

 

 

ARTISTES FRANÇAIS, CHANSON FRANÇAISE, CHARLES AZNAVOUR (1924-2018), Non classé

Charles Aznavour (1924 – 2018) — Blog Histoire Géo

Le chanteur Charles Aznavour est mort cette nuit après une carrière de soixante – douze ans et de multiples textes, dont celui-ci très beau et très connu : Ou encore celui-là : Né à Paris en 1924, Charles Aznavour, de son vrai nom Shahnourh Varenagh Aznavourian, était aussi l’héritier d’un génocide, celui des Arméniens de […]

via Charles Aznavour (1924 – 2018) — Blog Histoire Géo

 

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ARCABAS (1926-2018), ART SACRE, ARTISTES FRANÇAIS, JEAN-MARIE PIROT (1926-2018)

Arcabas (1926-2018)

Arcabas (1926-2018)

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Jean-Marie Pirot, connu sous le nom d’artiste d’Arcabas, né le 26 décembre 1926 à Trémery (Lorraine) et mort le 23 août 2018. à Saint-Pierre de Chartreuse était un peintre et sculpteur francais.  Il était reconnu en France et à l’étranger pour ses œuvres d’art sacré contemporain.

 

Biographie

Fils d’instituteur, Jean-Marie Pirot devenu plus tard Arcabas, naît le 26 décembre 1926 à Trémery (Moselle). Arcabas passe son enfance à Metz. La première grande déchirure de sa vie est la Seconde Guerre mondiale. Comme tant d’autres Malgré nous en Moselle annexée, Jean-Marie Pirot est incorporé de force dans l’armée allemande, et voit le sang couler à 17 ans.

Formé à l’Ecole nationale supérieure des Beaux arts de Paris, où il est admis définitivement le 9 juin 1945 à l’Atelier de Nicolas Untersteller (1900-1967) qui deviendra directeur de l’école en 1948. Il y a pour condisciples : Ernest Risse peintre verrier, Hubert Villaret, Geneviève Laurent, Henriette Lambert et d’autres de l’Atelier de Jean Dupas, dont le peintre fresquiste Geoffroy Dauvergne. Il se tourne vers l’enseignement à l’Ecole des beaux-arts de Grenoble :; ce sont ses étudiants qui lui donnent son surnom.

À partir de 1953, il se fait connaître à travers une œuvre monumentale réalisée en plusieurs étapes pendant plus de 30 ans : l’ensemble d’art sacré de l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse à Saint-Pierre-de-Chartreuse dans le massif du même nom, commencée en 1951 et terminée en 1986. L’église Saint-Hugues est devenue musée départemental d’art sacré en octobre 1984, lors de la donation de cette œuvre par l’artiste au Conseil général de l’Isère.

Jean-Marie Pirot est professeur titulaire, chef d’atelier de peinture à l’École des Beaux Arts de Grenoble de 1950 à 1969.. Il expose à la première Biennale de Paris en 1959. De 1961 à 1972, il crée les décors et les costumes de : La Danse de la mort d’August Strindberg ; Le Journal d’un curé de campagne de Bernanos, Les Justes d’Albert Camus, L’histoire du soldat de Ramuz et Stravinsky à l’Opéra du centre national des arts du Canada. Puis, de 1969 à 1972, il est « artiste invité » par le Conseil national des arts du Canada,   et professeur titulaire à l’université d’Ottawa, , où il crée et dirige « l’atelier collectif expérimental ». De retour en France, il fonde un atelier d’arts plastiques « Éloge de la Main » à l’université des sciences sociales de Grenoble.

Il a reçu depuis des commandes du gouvernement français, de collectivités locales ou de communautés religieuses.

En 1994, il réalise, à la Cathédrale Saint-Pierre de Rennes, l’autel de célébration, le mobilier liturgique, l ambon, et la cathèdre, clipeata. Cette œuvre fut consacrée par Monseigneur Jacques Jullien, archevêque de Rennes, en 1995

Il a réalisé le mobilier liturgique de la chapelle où est inhumé Robert Schuman à Scy-Chazelles en Moselle.. Il s’agit de l’œuvre la plus importante réalisée par l’artiste dans son département d’origine.

Cependant, dauphinois de cœur, l’artiste est très présent dans différentes collections privées ou publiques en Rhône-Alpes :  préfecture de Grenoble (fresque et toile), basilique de la Salette (peintures et vitraux), église œcuménique de Chamrousse (mur de lumière, tabernacle et toile), église de Pontcharra (retable), églises de Moirans, du Sappey, de l’Alpe d’Huez (vitraux de l’Eglise de Notre-Dame-des-Neiges de l’Alpe-d’Huez Mais aussi ailleurs en France (mobilier liturgique pour la cathédrale de Saint-Malo ; mosaïques de l’école de Ferette en Alsace) ainsi qu’à l’étranger : à Bruxelles, Francfort, Berlin, Ottawa (Musée des Beaux Arts), au Panama, au Japon, au Mexique et aux Etats-Unis. En 2008 il fut chargé de l’aménagement complet (peintures, sculptures, vitraux, céramique du sol, mobilier liturgique, chasubles) de la Chapelle de la communauté de Piturello à Torre de Roveri à Bergame (Italie) en  Chapelle de la Peta, à Costa Serina : vitraux, toile, mobilier liturgique. En 2012 il est pressenti pour créer les vitraux de la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble   en cours de rénovation : 24 vitraux (de 13 m² chacun) sur le thème de la Création. En mars 2016, les vitraux monumentaux sont inaugurés dans la basilique.

Arcabas a par ailleurs fait de nombreuses expositions, à Paris, Berlin, Bruxelles, Luxembourg, Ottawa, Bergame, Francfort, Lyon, Grenoble, Marseille ou Strasbourg.

Depuis 1986, Jean-Marie Pirot vivait et travaillait à Saint-Pierre de Chartreuse en Isère   où il est décédé le 23 août 2018.

 

Caractéristiques de l’œuvre

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Arcabas a exercé différentes formes d’expression plastique telles que la gravure, la sculpture, le vitrail, la tapisserie, la verrerie, l’ébénisterie et la mosaïque.Il a également créé des décors et costumes de théâtre. La peinture reste cependant son moyen d’expression privilégié.

Son travail, qui s’inspire des paraboles et récits de la Bible, se présente souvent de manière linéaire et narrative : généralement sous forme de fresques, de cycles de tableaux et de polyptiques complétés par des prédelles.. C’est le cas de ses polyptyques L’Enfance du Christ(onze panneaux à l’huile exécutés entre 1995 et 1997) ou Passion/Résurrection. Arcabas réintroduit généralement une part de profane dans le traitement de sujets sacrés : éléments et figures de la vie quotidienne actuelle, allusions à des thèmes d’actualité ou à une universalité qui dépasse largement les cadres bibliques.

L’usage de la couleur doit également être remarqué : les toiles de l’artiste se caractérisent par leur intense chromatisme, et par l’application de feuilles d’or, qui font de son travail une véritable œuvre sacrée.

 

Symbolique utilisée

Les anges protecteurs et la violence de la vie sont les deux grands thèmes qu’aborde son œuvre1. Les symboles  sont omniprésents dans le travail du peintre, jusqu’à composer exclusivement certains petits tableaux, ce qui leur confère une dimension abstraite. Parmi les symboles utilisés, nous pouvons évoquer une petite croix trapue comme le signe +, généralement réalisée à l’aide de la feuille d’or. Ainsi, la croix devient un signe de vie, d’une grande richesse. À plusieurs reprises, l’artiste utilise également un « x » mais ne donne pour explication qu’une inspiration abstraite.

 

Ouvrages

Arcabas, N.D. de la Salette, Arcabas et Patrick Laudet. Le Cerf, 2006

Arcabas, Passion Résurrection, Arcabas et Fabrice Hadjad. Le  Cerf, 2004

Arcabas, L’Enfance du Christ, Arcabas et Jean Bastaire. Le Cerf, 2002

Arcabas et les pèlerins d’Emmaüs, Arcabas et François Boespflug. Le Cerf, 1995

Arcabas, Saint-Hugues-de-Chartreuse, Arcabas, François Boespflug et Helmut Nils Loose, Cerf, 1988

 

Bibliographie

Les pèlerins d’Emmaüs dans l’œuvre d’Arcabas et dans l’histoire de l’art, François Boespflug, Éditions Scriptoria, Éditions du Tricorne, 2011

Arcabas, ou la recherche infinie de la Beauté, Manuelle-Anne Renault-Langlois, Éditions Scriptoria, 2012

Arcabas, scènes de vie, Manuelle-Anne Renault-Langlois, Éditions Scriptoria, 2013

Arcabas, peintures, Régis Ladous, Bernard Berthod. CLD éditions, 2013

Arcabas, réalisations monumentales, Éditions Scriptoria, 2015

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Source : Wikipédia

ARTISTES FRANÇAIS, CES ETOILES QUI NOUS ONT QUITTE, ECRIVAIN FRANÇAIS, POEMES

Ces étoiles qui nous ont quitté

 

LES ETOILES QUI NOUS ONT QUITTES

 

nos idoles

Les étoiles qui ont brillés

Sur la terre

Se sont envolées là haut

Se sont accrochées au firmament

Dans la voute céleste

 

Les étoiles qui éclairent

Toutes nos nuits

Sont ces étoiles  éteintes

Un soir d’hiver un soir d’été

Sont ces étoiles que l’on voit

Les soirs de pleine lune

 

Ces étoiles dans le ciel

Bercent nos nuits

De leurs chants

Brillent encore longtemps

Dans nos rêves

Peuplent encore

Nos souvenirs

Ces étoiles qui se sont éteintes

Se sont accrochées

A la voute céleste

Et on continuera à les regarder

Les soirs de pleine lune

Pour ne pas les oublier

 

©Claude-Marie T.

8 janvier 2018