ANTOINE GODEAU (1605-1672), BEATITUDES, POEME, POEMES, PRIERE, PRIERES, VOUS QUE L'ON CROIT L'OBJET DE LA FUREUR CELESTE

Vous que l’on croit l’objet de la fureur céleste par Antoine Godeau

« Vous que l’on croit l’objet de la fureur céleste » –

Antoine Godeau

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BIENHEUREUX CEUX QUI SONT PERSECUTES POUR LA JUSTICE CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX

 Vous que l’on croit l’objet de la fureur céleste,
Dont les jours sont ourdis de continus malheurs,
Qu’on fuit comme frappés d’une maligne peste,
Qui donnez votre bien, et qu’on traite en voleurs ;

Vous qui servez chacun, et que chacun déteste,
Dont on fait vanité d’accroître les douleurs,
A qui tout est contraire, à qui tout est funeste,
Et qu’on peint lâchement de si noires couleurs ;

Vous enfin qui souffrez, défendant la Justice,
Bienheureux êtes-vous dans ce cruel supplice,
Par qui de votre Dieu vous soutenez les lois ;

L’Eternel vous prépare, après votre victoire,
Dans l’empire du Ciel, où vous serez tous Rois,
Pour un moment de peine une éternelle Gloire.

 

 

Antoine Godeau

Antoine Godeau, né à Dreux le 24 septembre 1605 et mort à Vence le 21 avril 1672 est un homme de lettres et évêque français.

Biographie

Cousin et ami de Conrart, il fréquente le salon de Mme de Scudéry et l’hôtel de Rambouillet, où il est affublé du sobriquet « le Nain de Julie ». Petit et laid, il doit son succès à son esprit inventif et joyeux. Participant dans sa jeunesse au cénacle des Illustres Bergers, il devient l’un des premiers membres de l’Académie française en 1634.

Ordonné prêtre à Paris le 7 mai 1636, Richelieu   lui octroie le 21 juin l’évêché de Grasse ; il est consacré le 14 décembre par Léonore d’Estampes de Valençay, évêque de Chartres et il s’installe le 28 septembre 1637.   Il devient membre de la Compagnie du Saint-Sacrement en 1639 et crée à Grasse en 1640 un mont-de-piété pour venir en aide aux plus démunis. Il obtient le brevet d’union des diocèses de Grasse et de Vence en décembre 1639. En 1653, il est forcé de choisir entre les deux évêchés ; il choisira le diocèse de Vence.

BEATITUDES, BEATITUDES, NOUVEAU TESTAMENT, SERMONS

Sermon de Saint Léon le Grand sur les Béatitudes

 

SERMON DE SAINT LÉON LE GRAND SUR LES BÉATITUDES

« Heureux ceux qui ont faim et» soif de justice 

Le Seigneur a dit : Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Cette faim n’a rien de corporel, cette soif ne désire rien de terrestre. Elles aspirent à être rassasiées de justice et, lorsqu’elles ont été introduites dans le secret de tous les mystères, elles souhaitent être comblées du Seigneur lui-même.

Heureuse l’âme qui convoite cette nourriture et qui brûle de désir pour une telle boisson : elle n’y aspirerait pas si elle n’avait déjà goûté quelque chose de sa douceur. Elle a entendu l’Esprit qui fait parler les prophètes, quand il lui disait : Goûtez et voyez comme le Seigneur est doux ! Alors elle a reçu comme une parcelle de la douceur d’en haut, elle s’est enflammée d’amour pour cette volupté très pure. Aussi, méprisant tous les biens corporels, elle a brûlé de toute son ardeur pour cette nourriture et cette boisson de la justice, et elle a saisi la vérité de ce premier commandement qui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toute ta force. Car aimer Dieu n’est rien d’autre que désirer la justice.

Enfin, de même que le souci du prochain se rattache à l’amour de Dieu, ainsi la vertu de miséricorde s’unit à ce désir de la justice, si bien qu’il est dit : Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !

Reconnais, chrétien, la valeur de ta sagesse ; comprends à quelles récompenses tu es appelé, et par la pratique de quels enseignements tu les obtiendras. La Miséricorde veut que tu sois miséricordieux ; la Justice, que lu sois juste, afin que le Créateur apparaisse dans sa créature et que, dans le miroir du cœur humain, resplendisse l’image de Dieu exprimée par les traits qui la reproduisent. Ta foi peut être assurée, si elle s’accompagne de la pratique : tout ce que tu désires viendra à ta rencontre, et tu posséderas sans fin ce que tu aimes.

Et parce que tout est pur pour toi grâce à ton aumône, tu parviendras aussi à la béatitude que le Seigneur promet ensuite lorsqu’il dit : Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ! Quelle grande félicité, mes bien-aimés, pour laquelle est préparée une telle récompense ! Qu’est-ce donc qu’avoir le cœur pur, sinon s’appliquer aux vertus qui viennent d’être énumérées ? Voir Dieu, quel esprit peut concevoir, quelle langue peut exprimer une telle béatitude ? C’est cependant ce qu’on obtiendra lorsque la nature humaine sera transformée : ce ne sera plus comme une image obscure, dans un miroir, mais face à face, qu’elle verra, telle qu’elle est, la divinité que nul être humain n’a jamais pu voir. Et alors, ce que personne n’avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le cœur de l’homme n’avait pas imaginé, elle le possédera dans la joie indicible d’une éternelle contemplation.