ANCIEN TESTAMENT, ANDRE WENIN (1953-...), BIBLE, LA BIBLE OU LA VIOLENCE SURMONTEE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, VIOLENCE DANS LA BIBLE

La Bible ou la violence surmontée

La Bible ou la violence surmontée 

André Wénin

Paris, Desclée de Brouwer, 2008. 257 pages.

51l2nokEhVL._SX325_BO1,204,203,200_

Pourquoi une telle violence dans la Bible, tant d’êtres brutaux au fil de ses pages ? Pourquoi souvent son Dieu ne cède-t-il en rien aux hommes sur ce plan ? La présence massive de la violence, en particulier dans le premier Testament, dérange en effet. A cause d’elle, d’aucuns voudraient que les croyants renvoient ce livre aux oubliettes de l’Histoire, comme un sombre témoignage du potentiel destructeur que constitue toute religion. Et des chrétiens préfèrent ignorer des pans entiers de ce livre, pourtant au centre de leur foi, indispensable pour saisir le message du Nouveau Testament. Bibliste de renom, André Wénin répond à cette critique : tout le paradoxe de la sagesse de la Bible est justement d’indiquer à l’humanité des impasses à éviter, en premier lieu la violence. Pour cela, il lui faut cultiver la justice et, lorsque celle-ci connaît des dérives, aller plus loin, vers la fraternité, la sagesse véritable. Car le Dieu de la Bible ne veut pas le malheur de l’homme, mais sa vie et son épanouissement.

Extrait de l’introduction :

Pourquoi une telle violence dans la Bible ? Pourquoi tant d’êtres violents au fil de ses pages ? Pourquoi souvent son Dieu ne cède-t-il en rien aux humains sur ce plan ? Ce sont ces questions qui ouvrent la réflexion proposée dans cet essai. La présence massive de la violence en particulier dans le premier Testament dérange, en effet. À cause d’elle, d’aucuns voudraient que les croyants renvoient ce livre aux oubliettes de l’histoire avec d’autres ouvrages anciens du même genre, comme un sombre témoignage du potentiel destructeur que constitue toute religion. À cause d’elle, des chrétiens préfèrent ignorer des pans entiers de ce livre, qui est pourtant au centre de leur foi et leur est indispensable pour saisir le coeur du message du Nouveau Testament. Le problème n’est pas nouveau, du reste. Car si la tradition juive n’a guère vu dans la violence un obstacle à son étude des Ecritures, il n’en a pas été de même chez les chrétiens. La première «hérésie» n’est-elle pas celle de Marcion qui, dès avant 150 de l’ère commune, rejetait le Testament de la première alliance ? Selon Irénée, il affirmait que «le Dieu qu’ont annoncé la Loi et les Prophètes est un être malfaisant, aimant la guerre, inconstant aussi dans ses jugements et en contradiction avec lui-même».
En réalité, celui qui, avec Marcion, se contente de se scandaliser de la violence qu’il lit dans le premier Testament se dispense à bon compte de penser la question qu’elle soulève. Or, on peut au moins trouver à cette violence un aspect salutaire, ne serait-ce que parce qu’elle peut nous guérir de la tentation de voir la Bible comme un livre religieux véhiculant des vérités à croire, des règles à pratiquer ou des figures édifiantes à imiter. Si, en effet, ce Livre dit et la vie et la mort pour donner à penser et à vivre l’existence humaine sans rien ôter de sa complexité, il est indispensable qu’il parle de la violence. Qui songerait, en effet, à nier que cette complexité est due en bonne partie à la violence que les humains subissent et produisent ? Aussi, en racontant abondamment la violence, en légiférant à son propos, en en faisant l’un des objets de sa prière, le premier Testament ne fait-il que refléter la réalité humaine pour apprendre à la lire, y compris dans ce qu’elle a de révoltant. Et s’il ne craint pas de mêler Dieu à la violence, c’est pour presser le lecteur de se poser la question du rapport entre eux, peut-être aussi – qui sait ? – pour lui apprendre à haïr un Dieu qui serait l’allié de la mort. Mais un allié de la vie ne doit-il pas également déployer parfois une certaine violence ? Car, la Bible l’enseigne aussi : toute violence n’est pas forcément négative.

Biographie de l’auteur

AVT_Andre-Wenin_9452

André Wénin enseigne à l’université de Louvain. Il est notamment l’auteur de L’homme biblique (Cerf), Joseph ou l’invention de la fraternité (Lessius) et récemment, D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain. Lecture de Genèse 1,1-12,4 (Cerf).

Passage-de-la-Mer-Rouge-Raphael-1

violence_dans_la_bible

images (14)

lampe_20161014

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, CHRISTIANISME, ISRAËL, JUDAÏSME, PERSONNAGES DE L'ANCIEN TESTAMENT

Personnages de l’Ancien Testament

Principaux personnages de l’Ancien Testament

Six personnages de l'Ancien Testament
Fra Angelico (Guido di Pietro, dit Fra Giovanni da Fiesole)Italie Toscane Florence, Musée du Louvre, Département des Peintures, RF 310 – https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010066550https://collections.louvre.fr/CGU

Abraham

Abraham_476659_1601589600000

Abraham est un personnage central pour les chrétiens. Il l’est aussi pour les juifs et les musulmans. Sa vie est racontée dans la Genèse, le premier livre de la Bible..

Abraham, c’est celui qui fait totalement confiance en Dieu. Et pourtant, sa vie n’est pas facile :

Il quitte son pays et sa tribu pour se mettre en marche vers une terre désignée par Dieu. Il changera même de nom « Abram » pour devenir « Abraham ».

Sarah, la femme qu’il aime, n’a pas d’enfant. Ce n’est que très tardivement, lorsque tout espoir semble perdu, que Dieu exhaussera leur attente à tous les deux.

Dieu testera jusqu’au bout sa fidélité en lui demandant de sacrifier cet enfant, Isaac, qu’il a eu avec Sarah : c’est l’épisode du sacrifice d’Isaac (Dieu retenant le bras d’Abraham avant qu’il ne tue Isaac).

La vie d’Abraham

Abraham, s’appelle d’abord Abram. Il est descendant de Sem, fils de Noé. Il se marie avec sa demi-sœur Saraï (Sarah), mais cette dernière est stérile.
Un jour, Abram quitte Ur avec sa famille et s’installe à Harran. À la demande de Dieu, et alors qu’il est âgé de 75 ans, il quitte à nouveau sa terre et avec sa famille, va dans le pays de Canaan, à Sichem puis au Chêne de Mambré. C’est là que Dieu lui promet de donner ce pays à sa descendance.
Mais sa route est semée d’embuches. C’est ainsi qu’Abram demande à Saraï de faire croire aux Égyptiens qu’elle est sa sœur. En effet, il craint d’être tué s’il se présente comme mari d’une si belle femme. Le Pharaon prend Saraï pour femme, et Abram reçoit de nombreux cadeaux. Mais Dieu inflige de grands malheurs au Pharaon, qui après avoir reproché son mensonge à Abram, les congédie.
Alors qu’Abram passe par le Néguev, il se sépare de Loth, son neveu. En effet, leurs troupeaux sont tellement grands que le pays ne subvient plus à l’ensemble de leurs besoins. C’est ainsi que Loth partira s’installer à Sodome (Abram mènera par la suite une expédition pour libérer Loth qui a été fait prisonnier).

Abraham fait un enfant à Agar

Abram accepte la proposition de Saraï qui, pour avoir un fils, lui donne sa servante égyptienne Agar comme femme… Tombée enceinte, Agar méprise Saraï, qui s’en plaint à Abram. Comme il répond qu’elle peut faire d’Agar ce qu’elle veut, elle la maltraite et provoque sa fuite. Après avoir vu un ange, Agar revient et donne naissance à Ismaël.

L’Alliance d’Abraham

Treize ans après, Abram a 99 ans. Dieu lui apparaît et lui propose à nouveau une Alliance… Dieu le nomme Abraham, car il lui promet de nombreux descendants. En échange, Abraham et ses descendants devront le reconnaître comme leur Dieu, et pratiquer la circoncision sur les enfants mâles.
Dieu change aussi le nom de Sarah en Saraï et promet qu’elle enfantera dans un an un fils : Isaac

La chute de Sodome et Gomorrhe

Dieu annonce qu’il va à Sodome et Gomorrhe pour juger ces villes, dont la population se conduit mal… Abraham le supplie de ne pas détruire Sodome s’il y trouve 50 justes. Dieu accepte, puis Abraham négocie jusqu’à obtenir que 10 justes sauvent la cité.
Dieu s’éloigne, et Abraham rentre chez lui. Mais Dieu ne trouvera pas 10 justes et le lendemain, Sodome est anéantie, mais Dieu a épargné son neveu Loth et ses enfants.

Le sacrifice d’Isaac

A la naissance d’Isaac, Sarah demande à Abraham de chasser Ismaël. Elle ne veut pas qu’Isaac ait à partager l’héritage avec Ismaël… Abraham en est contrarié, mais Dieu lui dit d’écouter Sarah car l’Alliance passe par Isaac. Alors Abraham chasse Agar et Ismaël.
Un jour, Dieu demande à Abraham d’offrir Isaac en holocauste sur le Mont Moriah. Après trois jours de marche, il demande aux serviteurs de garder l’âne et charge Isaac des bûches. Sur la route, Isaac demande où est l’agneau qui sera brûlé. Abraham répond qu’il s’en remet à Dieu.
Une fois arrivés, Abraham élève un autel, dispose les bûches et lie son fils au bûcher. Alors qu’il tend la main pour immoler Isaac, un ange, convaincu de la crainte qu’il place en Dieu, crie à Abraham d’épargner Isaac. Un bélier, qu’Abraham voit pris au piège dans un fourré, est sacrifié à sa place. L’ange bénit Abraham et s’engage à faire proliférer sa descendance, promettant que toutes les nations de la terre se béniront en elle.

La descendance d’Abraham

Descendance d’Abraham

a2c1-abraham-240x300

Sarah

260px-Sarah_Abraham

Voici l’histoire de Sarah. Épouse d’Abraham, elle connaît l’exil, le Pharaon et la jalousie… mais espère toujours un fils. Dans la Bible, Sarah apparaît au début du récit de la Genèse, sous le nom de Saraï.

L’histoire de Sarah

Dans la Bible, Sarah apparaît au début du récit de la Genèse, sous le nom de Saraï. Elle vit avec son mari Abram dans la ville de Harran et l’accompagne quand il quitte le pays pour suivre l’ordre de Dieu.
Ils arrivent dans le pays de Canaan qui est frappé par la famine et doivent trouver refuge en Égypte. Mais le Pharaon prend pour lui les plus jolies femmes de son royaume. Or, comme Saraï est très belle et pour éviter de la perdre, Abram demande à sa femme de se faire passer pour sa sœur.

Quand le Pharaon prend Saraï dans son harem, la maison royale est frappée de malheurs. Pharaon découvre qu’en réalité Saraï est la femme d’Abram et que tous ses malheurs proviennent de là, il libère alors Abram et son épouse en leur demandant de quitter l’Égypte.
Malgré la promesse de Dieu faite à Abram d’être le père de nombreuses nations et donc d’avoir une descendance importante pour les peupler, sa femme Saraï reste désespérément stérile. Saraï décide alors d’offrir sa servante égyptienne Agar comme concubine à son époux. Agar donne un enfant à Abram: Ismaël.
Abram continue de faire confiance en Dieu et accepte l’Alliance qu’il lui a offerte. Comme Abram accepte l’Alliance proposée par Dieu, celui-ci va lui donner un nom nouveau: Abram devient alors Abraham et Saraï devient Sarah.

Des années plus tard, Abraham voit passer trois étrangers. Il court auprès d’eux et les invite sous sa tente. Les trois messagers viennent informer Abraham de l’imminence de la destruction de Sodome et Gomorrhe. Ce sont deux villes détruites par Dieu à cause de leur péché.

L’un des messagers annonce l’enfant à venir. Sarah, âgée de plus de 80 ans, et qui ne dort plus avec son époux centenaire, rit d’entendre une telle nouvelle. L’enfant naîtra un an plus tard et s’appellera donc Isaac,ce qui veut dire : « il rira ».
À la naissance d’Isaac, Sarah ne supporte plus les moqueries et l’influence de sa servante Agar et d’Ismaël sur son enfant. Elle demande à Abraham de les renvoyer. Abraham suit le conseil de sa femme et renvoie Agar et son fils dans le désert après que Dieu l’ait assuré de la grande destinée qui attend Ismaël.

A la fin de sa vie, Abraham est mis à l’épreuve par Dieu (« Yahvé ») qui lui demande de lui sacrifier son fils Isaac.
Sarah décède à Hébron à l’âge de 127 ans. Abraham achète alors un terrain dans la région de Hébron avec une grotte dans laquelle il enterre Sarah. Trois patriarches et trois de leurs épouses (appelées parfois matriarches) sont enterrés dans ce qui est désormais le Tombeau des Patriarches, qui est un lieu saint datant de l’époque d’Hérode le Grand.

Les âges respectables que peuvent atteindre les personnages du début de la Genèse sont les signes de la bénédiction divine. Les personnages bibliques, d’avant le Déluge, peuvent vivre plusieurs centaines d’années, le record étant détenu par Mathusalem qui vécut 969 ans. Après le Déluge, la durée de la vie humaine va diminuer pour être inférieure à 200 ans pour les patriarches, signe du progrès du mal dans le monde.

Sarah : sens du texte biblique

Dans l’Ancien Testament, Sarah est humiliée par sa condition de femme stérile et bénéficie d’un extraordinaire retournement de situation grâce à l’intervention de Dieu. En effet, dans le texte, grâce à l’intervention de Dieu, elle devient féconde. Elle personnifie dans son itinéraire que « Rien n’est impossible à Dieu ! ».

Le comportement de Sarah pose une question : comment accepte-t-elle que son mari ait un enfant de sa servante ? En effet, malgré les promesses répétées de Dieu, elle n’a pas eu d’enfant après dix ans. Elle en conclut que Dieu est donc la cause de sa stérilité. Pourtant, ce n’est pas à Lui qu’elle demande d’y mettre un terme. Non elle invente plutôt une solution : son mari prendra sa servante et elle adoptera l’enfant né de leur union.
Une fois que c’est fait, comment Sarah vit-elle cette situation ? Elle ne supportera pas de voir Agar la toiser du haut de sa grossesse. Humiliée, elle s’en prend à Abraham. Elle a raison car son mari n’a pas osé résister à sa mauvaise solution. 

Plus tard, la naissance de son fils Isaac viendra couronner le long mûrissement d’une relation mal ajustée au départ, où la stérilité aura été finalement moins une malédiction que la chance d’un devenir lent et difficile, mais fécond pour Sarah comme pour Abraham.

Lors du sevrage de son fils, la jalousie saisit Sarah à l’égard de sa servante Agar et d’Ismaël, le fils que cette dernière a eu avec Abraham. Alors, elle anticipe et exige d’Abraham qu’il renvoie la servante et son fils. Sarah parle par jalousie et son ton est dur !

Sarah, une femme qui a lutté pour vivre une relation juste et ouverte à une vraie fécondité. C’est là sa grandeur et elle demeure même si le désir ardent qui l’a fait se battre pour la vie n’a pas été sans dureté.
Sarah est la première femme qui apparait vraiment dans la Bible. En effet, on ne peut pas considérer qu’Ève dispose du même statut car elle représente plus une femme symbole de l’émergence de la vie. Les autres femmes qui sont citées ne sont que des noms et leur histoire n’est pas relatée.

Isaac, l’enfant du miracle

El_sacrificio_de_Isaac_(Domenichino)

Né de Sara, âgée et stérile, Isaac révèle la gloire de Dieu quant à l’alliance proposée à Abraham son père. Moins connu que son père qui se dirigea le premier vers le pays de Canaan, Isaac renouvelle cependant cette adhésion au plan divin, préalable à l’essor du peuple d’Israël.

L’épreuve du sacrifice

Alors qu’Ismaël, ancêtre du peuple arabe, et sa mère Agar sont chassés dans le désert, Isaac, le fils unique d’Abraham, est demandé en sacrifice par Dieu. Sans s’opposer à ce commandement incompréhensible pour l’homme, Abraham s’exécute dans l’une des scènes les plus représentées par l’art. Le vieil homme résigné mène son fils sur la montagne pour l’immoler. Rares paroles, confiance absolue en l’impératif divin. Le père charge le bois sur le dos de son fils et tous deux gravissent en silence jusqu’à la question ultime et douloureuse de son fils : « Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? », ce à quoi Abraham répond : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils ».

Préfiguration de la Passion du Christ

Au moment où sa main se lève pour porter le coup fatal, l’ange de Yahvé arrête Abraham et lui ordonne de sacrifier un bélier proche dont les cornes sont prises dans un buisson. Rien ne saurait être refusé à Dieu, et pour ce total abandon à l’ordre divin, même pour ce qui lui avait été promis, Abraham est resté célèbre jusqu’à nos jours. L’Ancien Testament dans ces pages éminemment dramatiques préfigure le sacrifice du Christ, Isaac porte le bois de l’holocauste, le Christ sa propre croix, Abraham consent à sacrifier son fils unique, Dieu offre Jésus pour le rachat de la multitude. Confiance d’Isaac dans la volonté de son père, total abandon du Christ dans le jardin de Gethsémani à la veille de sa Passion en ce qui a été décidé par Dieu : « Toutefois non pas ce que je veux mais ce que tu veux ». Une même force spirituelle unit Abraham et son fils, celle de la foi témoignée par le Christ lors de sa vie terrestre.

Creuser de nouveaux puits…

Après la mort de son père Abraham, les nombreux puits que ce dernier avait creusés se trouvent comblés par les Philistins. Isaac décide de les rouvrir et leur donner les mêmes noms. Mais ils furent l’objet de querelles et de disputes. Au lieu de batailler avec ses ennemis, Isaac en fore un nouveau qu’il nomme Rehobot et qui ne sema pas la discorde. Juste après, Yahvé  lui apparaît et lui dit : « Je suis le Dieu de ton père Abraham. Ne crains rien, car je suis avec toi. Je te bénirai, je multiplierai ta postérité, en considération de mon serviteur Abraham ». L’alliance est confirmée, Isaac bâtit sur le lieu de l’apparition un autel, installe sa tente et décide d’y forer un nouveau puits. Isaac épousera Rébecca choisie dans la famille d’Abraham par le vieil intendant Eliézer. De cette union naîtront Esaü et Jacob et la fameuse ruse quant à celui des deux qui succèdera à leur père, mais ceci est une autre histoire…

Jacob, une lutte incessante

téléchargement (2)

Petit-fils d’Abraham, fils d’Isaac, Jacob est le troisième des grands patriarches. Sa vie sera marquée par cette lutte entre instinct et destin. Suivre ses inclinations ou rejoindre le plan divin, voilà le combat mené par Jacob.

Un esprit de conquête dès la naissance

Rébecca, comme Sarah la femme d’Abraham, est stérile. Sa prière est pourtant exaucée avec deux jumeaux, Esaü, l’aîné, et Jacob. Alors qu’Esaü naît le premier, Jacob le retient par le talon, signe d’une lutte déjà entamée… Jacob grandit dans les tentes parmi les femmes et a belle allure alors qu’Esaü est robuste, plein de poils et passe son temps à chasser. Esaü a la préférence de son père, Jacob, celle de sa mère. L’opposition entre les deux frères est marquée, un oracle avait prédit à sa mère que « L’aîné servira le cadet ».

La ruse pour la primauté

Jacob ruse à deux reprises pour duper son frère et obtenir la bénédiction de son père. Profitant de la gourmandise d’Esaü, il lui achète son droit d’aînesse contre un plat de lentilles. Pire encore, complice avec sa mère Jacob se fait passer pour son aîné devant son père Isaac, aveugle en raison de son grand âge. Sa mère aide Jacob à recouvrir ses bras et son cou de peau de bête pour imiter la pilosité de son frère. Le subterfuge réussit, le père lui transmet sa bénédiction faisant de Jacob l’héritier des Promesses divines. Lorsqu’Esaü apprend la duperie, il veut tuer son frère, Jacob s’enfuit vers Hâran d’où était parti Abraham, éternel retour…

L’Échelle de Jacob

Le destin de Jacob ne semblait pas propice à ce qu’il plaise à Dieu. Pourtant dans sa fuite, c’est à Bethel qu’il a ce fameux songe « L’Échelle de Jacob » dans lequel il aperçoit une échelle reliant la terre au ciel et dont des anges en gravissent et descendent les degrés inlassablement, symbole de l’ouverture du ciel aux aspirations de l’homme. Par ce songe, Dieu renouvelle à Jacob les promesses faites à Abraham et à Isaac, le destin de Jacob est scellé ou presque…

La Lutte avec l’Ange

Jacob doit subir à son tour la ruse en trimant pour le compte du berger Laban dont il demande sa fille Rachel en échange de son labeur. Mais, c’est Léa voilée, moins convoitée, qui lui sera cependant donnée la nuit de noces. Dépité, il accepte de travailler autant pour obtenir la main de Rachel. Jacob aura ainsi deux épouses et douze enfants, à l’origine des douze tribus d’Israël. Cherchant à se réconcilier avec son frère, il repart vers Canaan mais en route, au gué de Yabboq, Jacob luttera toute une nuit contre un inconnu dont il devine la nature divine, l’Ange de Jacob. À l’aube, il obtient qu’il le bénisse et reçoit un nouveau nom : « On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu t’es montré fort avec Dieu ». Grâce à cette reconnaissance, il se réconcilie avec son frère Esaü qui l’accueille à bras ouvert, la bénédiction d’Israël et de tous les croyants peut continuer.

Joseph et les songes

200px-Joseph_Forgives_His_Brothers

 Joseph est le premier-né de Rachel, longtemps stérile, et l’enfant préféré de son père Jacob. Suscitant rapidement la jalousie de ses autres frères, sa vie va prendre l’allure d’une épopée trépidante digne d’être portée au cinéma, ce qu’elle n’a pas manqué d’être.

Une jalousie attisée par les songes

Joseph grandit parmi ses frères mais à leur différence il a des songes. Il a l’imprudence un jour d’en raconter la teneur à ses frères (Gn. 37). Dans son rêve, avec eux aux moissons, il voit sa gerbe entourée par celles de ses autres frères qui se prosternent devant elle. Dans un autre songe, ce sont le soleil, la Lune et onze étoiles qui se trouvent à ses pieds… L’interprétation ne fait aucun doute et les frères de Joseph répliquent vexés : « Allons-nous […] venir nous prosterner à terre devant toi ? » La jalousie était semée.

La vengeance meurtrière

Souhaitant se débarrasser de lui, ses frères dépouillent Jacob de sa précieuse tunique que son père lui avait donnée, suscitant déjà leur jalousie, et le jettent dans une citerne vide. Alors qu’ils annoncent sa mort à leur père effondré, deux versions coexistent. Dans la première, Joseph est vendu directement par ses frères comme esclave à des Ismaélites, dans l’autre il est trouvé dans son trou par des marchands qui l’emmènent en tant qu’esclave en Égypte.

Un destin qui dépasse les épreuves

Mais la bénédiction de Dieu accompagne Joseph même dans les pires épreuves. Esclave, il provoque de nouvelles jalousies en refusant les avances de la femme de son maître et est emprisonné. Mais il est remarqué dans sa captivité pour sa qualité à interpréter les songes, et est appelé auprès de Pharaon pour un de ses rêves qu’aucun ne parvient à expliquer dans sa cour. C’est le fameux songe des sept vaches maigres dévorant sept vaches grasses que seul Joseph parvient à décrypter : il prédit à l’Égypte sept années de fertilité, suivie de sept autres de famine. Émerveillé par son savoir, Pharaon fait de Joseph son grand vizir, intendant de ses biens. Il est dorénavant puissant et gère les récoltes afin de faire des stocks dans la perspective de la disette à venir. Lorsque les années de « vaches maigres » surviennent, l’Égypte est non seulement à l’abri de la famine mais peut même revendre à prix d’or son surplus aux nations voisines.

Une interprétation christique

Alors que ses frères se rendent en Égypte pour justement y acheter du blé, Joseph après leur avoir fait subir des péripéties en rappel du mal qu’ils lui avaient causé se réconcilie avec eux. Il sait que seul le dessein divin l’a mené en Égypte et non la jalousie de ses frères. Un mal pour un grand bien ayant servi non seulement sa réussite mais ayant surtout sauvé un grand nombre d’Égyptiens et de nations. Sa sagesse dépasse la rancœur pour atteindre le pardon, élément essentiel de cette histoire épique qui préfigure celle du Christ, vendu par l’un des siens et dont le sacrifice sauvera le monde.

Moïse, sauvé des eaux, sauveur d’Israël

Amiens,_musée_de_Picardie,_Moïse_et_les_Tables_de_la_Loi_par_Philippe_de_Champaigne_(1663)_02

La figure de Moïse demeure familière bien des millénaires après le récit laissé par la Bible. Eaux changées en sang, bâton se transformant en serpent, sans oublier la fameuse traversée de la mer Rouge, chaque détail de sa vie a donné lieu à de mémorables peintures, sculptures, musiques…

Fils d’Hébreux et prince d’Égypte

Le destin de Moïse dépasse de loin un grand nombre de personnages de la Bible. Promis à la mort par la décision de Pharaon d’éliminer tous les enfants mâles des Hébreux jugés en surnombre, il échappe, déposé dans une corbeille d’osier par sa mère sur le Nil, à cette fin tragique. Recueilli par la fille de Pharaon qui l’élève, et lui donne pour nom Moïse qui signifie « Sauvé des eaux »,  il devient prince d’Égypte proche de Pharaon. Un tel destin aurait pu suffire, mais l’histoire de Moïse ne fait que commencer ! Découvrant l’oppression de son peuple alors qu’il visitait un chantier, il tue un Égyptien qui molestait un ouvrier hébreu. Le meurtre découvert, Moïse du jour au lendemain, n’est plus prince mais doit fuir.

Appelé par Dieu, libérateur d’Israël

Il trouve refuge à Madiân au nord-ouest de la péninsule arabique. Là, il épouse la fille de Jéthro, Séphora. Alors que Moïse mène une vie simple de berger survient le fameux épisode du buisson ardent au mont Horeb. Avec ce buisson qui brûle, mais ne se consume pas, Yahweh se révèle à lui et lui intime de libérer les fils d’Israël du joug égyptien. Répondant à cet appel, Moïse repart en Égypte, se confronte à Pharaon en lui demandant de libérer son peuple. Devant ces refus s’abattent les dix terribles Plaies d’Égypte. Mais ces avertissements divins demeurent ignorés de Pharaon jusqu’au dernier, le plus terrible, qui condamne tous les premiers nés au pays d’Égypte, à l’exception de ceux des Hébreux ayant pris soin de marquer leur porte de sang d’agneau. Le fils de Pharaon meurt, cette nuit restera gravée dans la mémoire et commémorée avec la Pâque juive. Pharaon, abattu, libère alors les Hébreux, Moïse est à la tête d’une foule immense, sans terres et en exode.

Un peuple en Exode

Mais dans cet exode, comment échapper à la vengeance du Pharaon se ravisant de son erreur d’avoir libéré les Hébreux et franchir une mer qui empêche toute fuite ? Dieu renouvelle son Alliance avec Moïse qui intime aux flots de laisser passer son peuple à pied sec, scène immortalisée par l’inoubliable  film Les Dix Commandements. L’armée du Pharaon, elle, est engloutie par les flots, Moïse et les siens sont sauvés. Reste la traversée du désert, la faim et la soif, bientôt les récriminations du peuple contre Moïse et son Dieu qui, patient, renouvelle ses bienfaits : source sortie d’un rocher, manne et cailles à portée de main. Cette traversée symbolise celle de la vie, avec ses joies et ses peines, l’aide apportée et souvent négligée, naissance et renaissance.

 

Le don de la loi

Pour le peuple d’Israël, c’est aussi un don essentiel, celles des Tables de la Loi dictées à Moïse sur le mont Sinaï scellant l’Alliance. Alors que ce Décalogue dispose qu’aucune image ni idole ne doivent être adorées, le peuple au bas de la montagne s’est construit un veau d’or auquel il sacrifie en l’absence de Moïse. Colère divine, fureur de Moïse, les tables sont brisées et le peuple devra encore errer dans le désert avant la Terre promise que Moïse, âgé de 120 ans, ne fera qu’apercevoir, mais ne franchira pas.

Aaron, le premier des prêtres

aaron-origine-pierres-naissance

Aaron, le frère aîné de Moïse.

Frère aîné de Moïse, Aaron vécut à la fois dans l’ombre de son illustre frère tout en étant son porte-parole auprès des Hébreux et de Pharaon. Cité plus de trois cents fois par la Bible, ce personnage accompagne toute la vie de Moïse et symbolise la fonction sacerdotale en étant le premier grand prêtre des Hébreux.

Une parole partagée

Les relations entre frères avant Moïse et Aaron dans les récits bibliques n’avaient pas laissé de souvenir d’entente cordiale. Or, avec ces deux frères, c’est un tout autre lien qui s’établit. Si Moïse est prédestiné à recueillir la parole divine, il avoue humblement ne pas savoir la transmettre. Ce rôle incombera à son frère plus éloquent : « Aaron répéta toutes les paroles que Yahvé avait dite à Moïse ; il accomplit les signes aux yeux du peuple» (Ex 4, 30). Il s’adresse ainsi à Pharaon, lui intimant de libérer son peuple de l’esclavage selon la volonté révélée à Moïse. Face au refus du maître de l’Égypte, Aaron jette alors devant Pharaon un bâton qui se transforme en serpent afin de démontrer la grandeur de Yahvé. C’est ce même bâton qu’il brandira sur les flots pour les changer en sang et infliger par la suite de nombreuses autres plaies à l’Égypte, jusqu’à l’ultime, avec la mort des premiers nés égyptiens, dont le fils de Pharaon, et obtiendra la libération des Hébreux.

Aaron, l’intercesseur de Moïse

Aaron continue à jouer un rôle important dès la sortie d’Égypte avec l’Exode. Il recueille les doléances du peuple affamé dans le désert qui récrimine contre Moïse, regrettant la nourriture des Égyptiens. De là, découlera la fameuse manne, nourriture providentielle tombée du ciel. Aidé de Hur, il soutient les bras de son frère dans la grande bataille à Réphidim opposant les Hébreux aux Amalécites, chaque fois que Moïse avait les bras levés en prière, son peuple gagnait. C’est encore lui qui accompagnera Moïse au mont Sinaï pour rencontrer Yahvé.

L’erreur du Veau d’or

Alors irréprochable Aaron ? Oui, jusqu’à cette terrible méprise durant l’absence de Moïse, parti depuis quarante jours sur le Sinaï, pour recueillir les lois de l’Alliance. Le peuple s’impatiente et pense que son chef âgé de quatre-vingts ans est mort. Ils s’assemblent alors autour d’Aaron et lui demandent de leur faire des dieux qui pourront les conduire dans la traversée du désert. Aaron accepte, leur réclame tout leur or qu’il fait fondre et leur façonne alors le fameux veau d’or. Le polythéisme et l’idolâtrie sont revenus au galop moins de trois mois après leur condamnation et Yahvé vite oublié. Moïse lorsqu’il redescend de la montagne apostrophe son frère pour ce si grand péché. Dieu se met en colère et Moïse brise les tables de la Loi et le Veau d’or. Mais, Yahvé pardonne et aide Moïse à tailler les nouvelles et fragiles tables.

Le grand prêtre fondateur

Ce mémorable épisode n’empêche pas Aaron, pardonné par Dieu et dès lors par son frère, de devenir le prêtre du culte de Yahvé avec ses fils. Il reçoit l’onction d’huile sainte appelée à une longue tradition, il est le prêtre par excellence dont le Pentateuque détaillera chaque attribut et rituel avec précision. Premier pontife, sa lignée perpétuera cette tradition sacerdotale. Mais par ses fautes, pas plus que Moïse, il ne pourra entrer en Terre promise, et c’est juste avant d’y parvenir qu’il meurt comme son frère. L’inspiration de ce grand prêtre franchira les siècles et les religions ; la crosse de l’évêque, mémoire du bâton d’Aaron, en est une des résurgence

Josué, le conquérant

Prise_de_Jéricho

Josué, le successeur de Moïse.

Puisque l’entrée en Terre promise a été refusée à Moïse, c’est Josué qui prendra le relais divin. Le livre de Josué, situé juste après le Pentateuque (Torah), fait en effet de lui son successeur. Moins célèbre que l’illustre prophète, Josué n’en demeure pas moins une figure importante de l’Alliance.

Un proche de Moïse

Avant la mort de Moïse, Josué apparaît comme un auxiliaire de confiance de celui qui a mené le peuple d’Israël dans le désert depuis la sortie d’Égypte. Il est le fils de Noun et s’est déjà fait remarquer lors de la bataille de Réphidim qu’il a remporté grâce à l’aide divine. Il accompagne Moïse au mont Sinaï, le laissant seul atteindre le sommet pour rencontrer Dieu, et c’est encore lui qui sera le témoin éloigné de la perversion du peuple d’Israël avec le Veau d’or.

La traversée du Jourdain

Avec la disparition de Moïse avant d’atteindre la Terre promise, c’est à Josué qu’il incombe de traverser le fleuve Jourdain afin d’y faire entrer son peuple après quarante années d’errance dans le désert. Cet épisode renouvelle et commémore ce qui s’est passé avec la mer Rouge. Josué et les prêtres portant l’Arche d’alliance s’approchent de la rive ; le fleuve à leur passage stoppe ses flots pour laisser passer le peuple d’Israël à pied sec. La Parole divine portée par Josué préfigure l’entrée triomphale en Terre promise, ce don de Dieu. Reste cependant à conquérir ces terres déjà habitées…

Les trompettes de Jéricho

Or, les épaisses murailles de Jéricho sont réputées indestructibles et le peuple d’Israël n’a pas encore d’armée puissante, aussi c’est sur la foi qu’il faudra compter pour abattre les murs de cette cité imprenable. Josué envoie en reconnaissance à Jéricho deux espions accueillis par la prostituée Rahab qui adhère à leur religion et sera sauvée pour cela. Mais, ce ne sera pas par les armes que les murailles seront abattues, Dieu ayant intimé à Josué de suivre un rituel reposant sur le chiffre symbolique 7 : six jours de procession avec l’Arche d’alliance autour des murailles au terme desquels, le septième jour, les terribles trompettes font abattre l’enceinte pourtant indestructible. Cet épisode inspirera à Victor Hugo dans Les Châtiments ces célèbres vers « Sonnez, sonnez toujours… ». Tout ce que contient la ville est anathème et détruit, à l’exception de Rahab et des siens sauvés pour avoir accueilli l’étranger et la Parole divine.

Josué arrête la course du soleil

La conquête de la Terre promise doit tout au soutien divin : « Nul ne tiendra devant toi, tant que tu vivras » annonce Dieu à celui qui mourra à 110 ans. La suite du livre de Josué en témoignera. Même les éléments lui seront soumis et à l’occasion d’une bataille contre les Amorrites, Josué implore Dieu pour que la journée se prolonge plus longtemps afin de remporter la victoire. Josué intime alors au soleil de suspendre sa course, de même qu’à la lune, et la victoire est acquise grâce à ce soutien divin. Josué, comme Moïse, a la confiance de Dieu, l’Alliance est renouvelée et le nom de Josué, Yeshoua qui signifie en hébreu « Dieu sauve », préfigure celui de Jésus signifiant également « Dieu sauve » en grec.

  

Rahab, prostituée et sauveur d’Israël

260px-Rahab_of_Jericho

 Rahab compte parmi les personnages de la Bible dont les mœurs sont réprouvées par la morale de l’époque. À la périphérie de la société, c’est pourtant par elle que la volonté divine s’accomplira en permettant la chute de Jéricho et la prise de la ville par Josué.

Jéricho, passage obligé

Jéricho dont le nom signifie « Lune » est un lieu stratégique sur la rive ouest du Jourdain à une vingtaine de kilomètres de Jérusalem. Première ville du pays de Canaan, cette Terre promise est convoitée par les fils d’Israël menés par Josué selon la promesse divine. Or, ce promontoire qui surveille le passage vers le reste du pays est aussi célèbre pour ses puissantes fortifications. Josué et ses hommes qui viennent de franchir le Jourdain se doivent donc d’abattre cette cité pour entreprendre le reste de leur conquête. Aux fins de trouver une faille dans l’impressionnant dispositif de défense de l’une des plus puissantes villes de l’époque, Josué envoie deux espions qui sont accueillis au sein même de la cité par une femme de Jéricho : Rahab.

Rahab, la prostituée

La Bible rapporte qu’à peine arrivés, les émissaires de Josué trouvent, en effet, refuge chez Rahab, dont le nom zan peut être traduit par largegénéreusenourricière, aubergiste, mais aussi prostituée. Si l’historien antique Flavius Josèphe évoque sa qualité de tenancière d’auberge, l’histoire retiendra une image moins honorable en la décrivant comme une prostituée notoire, peut-être pour un effet de contraste plus saisissant encore avec la suite de son comportement. Une condamnation morale maintes fois répétée dans la Bible qui trouve là également une occasion de stigmatiser les prostitutions sacrées qui étaient alors pratiquées dans les temples de Canaan.

Un comportement valeureux

Informé par ses propres espions, le roi de Jéricho intime à Rahab de lui livrer ces espions. Mais, par un courage exemplaire, cette dernière les ayant cachés sur la terrasse de sa maison dans des tiges de lin, prétend qu’elle les a accueillis sans savoir qui ils étaient, et qu’ils sont déjà repartis à la nuit. Une fois le danger éloigné, Rahab prête encore secours aux deux émissaires en leur donnant une corde de fil écarlate pour qu’ils puissent descendre par sa fenêtre donnant sur le rempart. La femme de Jéricho ne demande qu’une seule chose : qu’elle-même et ses parents aient la vie sauve lors de la prise de la ville, car elle sait qu’elle risque la mort non seulement pour avoir abrité des espions, mais aussi pour son mensonge. Les deux hommes lui promettent par serment de les sauver et lui demandent d’attacher la même corde à la fenêtre pour qu’elle et les siens soient épargnés lors de l’assaut.

Rahab sauvée par ses œuvres

Josué tint parole et lorsque les fameux cors des Israélites eurent abattu les enceintes fortifiées de Jéricho, Rahab et toute sa famille furent sauvés, la Bible rapporte qu’elle habitat à partir de ce jour au milieu d’Israël car elle avait été l’auteur d’une véritable profession de foi avec un mémorable aveu de la toute puissance de Dieu : « Le Seigneur, Votre Dieu, est Dieu là-haut dans les cieux et ici-bas sur la terre ». Cette piété dans le Dieu d’Israël lui vaudra ainsi non seulement d’avoir la vie sauve lors de la prise de la ville, mais également sa conversion. Les écrits rabbiniques la présentent également comme l’épouse de Josué, la mère de Booz et par là-même l’aïeule de David, symbole qu’une païenne pouvait atteindre le Salut. Rahab est donnée comme ayant le don de prophétie et figure même dans la généalogie de Jésus, ce qui fera dire à Jean Calvin : « Elle est la vision des choses invisibles  […] quelque petite et fragile que fût la connaissance de Dieu de cette femme, malgré tout, quand elle se soumit à l’autorité de Dieu, elle produisit l’attestation de son élection ».

 

 Gédéon, le héros sauveur

13014291097

Gédéon, juge et guerrier, compte parmi cette succession de héros qui viendront sauver le peuple d’Israël de l’oppression ennemie après avoir péché contre Dieu. Anticipant sur la royauté à venir, ceux qui porteront le nom de Juges dirigeront les Israélites sur le champ de bataille comme au quotidien.

Un paysan élu

Originaire de la tribu de Manassé, Gédéon est un paysan qui subit comme tous les autres Israélites les razzias de bédouins et pillards du désert syro-arabe, dont les Madianites et Amalécites. C’est une époque troublée. Le peuple d’Israël peine à lutter contre sa tendance à l’idolâtrie avec notamment le culte si présent de Baal, la divinité cananéenne de l’orage et de la pluie qui avec le Nouveau Testament de « Baalzebub » se transformera en Belzébuth ou Satan.

La rencontre avec l’ange

Alors qu’il bat du blé pour le soustraire aux razzias, l’ange du Seigneur apparaît à Gédéon, comme il était apparu naguère à Abraham, et lui révèle : « Yahvé avec toi, lui dit-il, vaillant guerrier ». Par ce signe, l’humble paysan devient guerrier. Mais, Gédéon, circonspect, s’étonne et interroge l’ange en lui demandant comment il se fait que son peuple subisse tant d’épreuves si Dieu est avec lui. Éternelle question sur le destin de l’homme et des épreuves qu’il a à subir, interrogation à laquelle l’ange répond : « Va avec la force qui t’anime… ».

Des signes divins sollicités

Mais Gédéon est un homme prudent et il n’est pas sans savoir que sa condition de paysan est peu compatible avec celle d’un sauveur d’Israël, aussi, demande-t-il à l’ange de lui accorder un signe. À l’offrande que Gédéon lui présente, l’ange met le feu avec son bâton, levant ainsi tous ses doutes… ou presque. Il comprend qu’il a pour mission de lutter contre Baal et ses admirateurs, ce qu’il fait en détruisant son autel et le pieu sacré. Mais encore empreint de doute, c’est Dieu directement maintenant qu’il interpelle lui demandant un autre signe : qu’une toison soit humide de rosée au matin alors que le sol resterait sec, ce qui se réalise le lendemain. Gédéon met pourtant une dernière fois Dieu à l’épreuve en sollicitant de lui un dernier prodige inverse : que la toison soit sèche alors que le sol serait détrempé, ce qui s’accomplit de nouveau la nuit suivante. C’est donc bien à lui avec le soutien de Dieu que revient la tâche de libérer son peuple et de devenir juge.

Les victoires de Gédéon

Fort de cet appui divin, Gédéon mène une guerre sainte contre les oppresseurs et, avec une troupe nombreuse, s’apprête à attaquer les Madianites, lorsque Yahvé lui intime de réduire leur nombre pour démontrer la force de sa victoire. Des milliers de soldats composant son armée, seuls 300 seront retenus qui, par la ruse, feront croire à l’ennemi à leur grand nombre provoquant leur déroute. Dieu accompagne Gédéon comme il accompagnera tous ses prophètes. C’est la victoire éclatante qui vaut à Gédéon la proposition de devenir le roi de son peuple, ce qu’il décline. Une fois encore, prudent, Gédéon leur répond que seul « Yahvé sera votre souverain ». Cependant, après la mort de Gédéon au terme de quarante ans de paix, Israël rechutera dans l’idolâtrie et recommencera à se prostituer aux Baals avant que ne soit désigné un nouveau juge, un schéma qui se répétera encore bien longtemps.

 

 

Débora, l’unique femme juge évoquée dans la Bible

téléchargement (7)

La dénomination « Débora » en hébreu désigne l’abeille, animal perspicace qui bâtit la maison nourricière. La métaphore peut s’appliquer à cette femme courageuse et tenace qui pendant quarante ans comptera parmi les Juges d’Israël, une époque délicate et tendue opposant son peuple à l’oppression des Cananéens au XIIe av. J.-C. Son nom apparaît dans le livre biblique des Juges. Elle est décrite ainsi : « Or Débora, une prophétesse femme de Lappidoth, jugeait Israël en ce temps-là. Elle siégeait sous le Palmier de Débora, entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm, et les fils d’Israël venaient vers elle pour faire arbitrer leurs litiges. » (Jg 4, 5). À cette époque, les juges étaient des hommes, consultés, parcourant le pays pour régler les différends et veillant au maintien des coutumes d’Israël. Débora fait donc figure d’exception, et ce, à plus d’un titre…

La prophétie de Débora

Débora dans la Bible apparaît en effet également douée de dons de prophétie. Un jour, elle fait appeler Baraq, général des Israélites, et lui révèle : « Va, fais venir au mont Tabor et prends avec toi dix mille hommes parmi les fils de Nephtali et les fils de Zabulon. Je ferai venir vers toi, au torrent de Qishone, Sissera, le chef de l’armée de Yabine, avec ses chars et ses troupes, et je le livrerai entre tes mains ». Baraq obtempère à l’injonction de la prophétesse en levant un grand nombre d’hommes venus de six tribus sans pour autant les réunir toutes, ce qui sera reproché aux absents par la suite. Baraq demande à la prophétesse de marcher à ses côtés, conscient qu’elle est inspirée par Dieu, ce à quoi acquiesce Débora : « Je marcherai donc avec toi. Mais, sur la voie où tu marches, l’honneur ne sera pas pour toi : car c’est à une femme que le Seigneur abandonnera Sissera. ».

La bataille engagée

Sous la conduite, de Baraq accompagné de Débora, une bataille effrénée oppose alors les forces levées d’Israël à l’ennemi cananéen dirigé par Sissera avec ses neuf cents chars de fer et tout son peuple avec lui. Véritable scène de péplum, la lutte est féroce. L’armée de Sissera est supérieure en force et se devait de remporter facilement la victoire. Mais une manœuvre tactique des Hébreux aidée d’une pluie diluvienne providentielle ramollit la terre sous les roues des chars ennemis qui s’embourbent et s’ajoute à la débâcle des Cananéens. L’armée de Sissera est défaite, pas un soldat n’en réchappe, tous sont passés au fil de l’épée… Lors de la déroute, le chef cananéen prend la fuite et trouve refuge dans la tente de Yaël, femme de son allié Hèber. Cette femme viole les lois de l’hospitalité et n’hésite pas durant le sommeil du chef vaincu à prendre un pieu pour le planter dans sa tempe, la victoire reviendra bien à une femme comme l’avait prédit Débora…

Le cantique de Victoire

À l’issue de la victoire, Débora entame l’un des cantiques les plus anciens et les plus connus pour sa beauté et sa poésie dont voici un extrait : « Du haut des cieux, les étoiles ont combattu ; depuis leurs sentiers, elles ont combattu Sissera. Le torrent de Qishone les a balayés, le torrent d’autrefois, le torrent de Qishone. Avance hardiment, ô mon âme ! ». Ce cantique souligne la réussite d’Israël en Galilée. Après les épreuves subies par Israël pour son inconduite, l’esprit de Dieu est de nouveau avec son peuple et le soutient dans sa conquête guerrière contre cet ennemi symbolisant le polythéisme. Ce récit puissant par l’initiative d’une seule femme marque la paix du peuple d’Israël pendant quarante années. Il imprégnera longtemps la littérature biblique, notamment les Psaumes et demeure surtout une belle leçon de courage et de ministère d’une femme, nommée Débora, dans les temps bibliques anciens.

 

 Samson et Dalila, une histoire de séduction

01-people-of-the-bible-samson-delilah_4x3

 Le récit biblique de Samson et Dalila est l’un des plus célèbres de l’Ancien Testament. Tout concourt à rendre passionnante cette histoire d’amour et de trahison.

À cette époque de l’histoire d’Israël, certaines tribus sont sous la domination des Philistins. Samson est le fils de Manoach, de la tribu de Dan. La femme de Manoach, jusqu’alors stérile, apprend de l’ange de Dieu qu’elle enfantera un fils qui délivrera Israël des Philistins. Cet enfant devra être consacré à Dieu, dès sa naissance. En tant que « Nazir », Samson est donc soumis à des lois qui  impliquent notamment que le rasoir ne passe jamais sur sa tête et qu’il ne consomme jamais d’alcool.

 

Les exploits de Samson jusqu’à sa mort

Samson est présenté comme un héros d’une force herculéenne, force qu’il doit, selon le récit biblique, à sa longue chevelure.

Ainsi Samson tue un lion à mains nues. De même, il tue trente hommes d’Ashkelon pour les dépouiller de leurs habits. Prisonnier des Philistins, il parvient à défaire ses liens et, armé d’une mâchoire d’âne, il défait les 1 000 Philistins.

Mais l’épisode le plus célèbre est sa séduction par Dalila. Celle-ci est sollicitée par les Philistins, pour qu’elle les aide à découvrir le secret de la force de Samson. Elle séduit alors Samson et apprend ainsi que sa force lui vient de sa chevelure de nazir, car il est consacré à Dieu. Dalila le trahit et après avoir rasé les sept tresses de Samson elle appelle des Philistins pour qu’ils lui crèvent les yeux.

Enfermé par ses ennemis à Gaza, Samson est sorti du cachot pour les divertir. Lors d’un sacrifice à leur dieu Dagon, alors que ses cheveux ont commencé à repousser, il est placé entre deux colonnes et implore Dieu de le rendre assez fort. Il écarte les colonnes du palais à mains nues afin de le faire s’écrouler et tue ainsi avec lui plusieurs milliers de Philistins.

 

Samson et Dalila : sens du texte

Le récit se situe dans le Livre des Juges. Mais il ne faut pas lire le livre des Juges comme une histoire continue. L’objectif du livre reste essentiellement théologique : montrer comment l’éloignement du Seigneur entraîne l’oppression, alors que le retour au Seigneur permet la libération.
Le livre des Juges établit un contraste entre :

ces héros charismatiques temporaires,

et la période royale marquée par la stabilité au pouvoir de rois souvent peu charismatiques et incompétents.

 

Les personnages de Samson et Dalila

  Samson

L’un des douze juges, Samson n’est ni un chef de guerre, ni un chef politique, mais plutôt un héros local. Consacré dès sa naissance, il possède une force exceptionnelle qu’il utilise contre les ennemis Philistins. Il meurt en faisant tomber sur lui et ses ennemis le temple de Dagôn, le dieu des Philistins.

  Dalila

Samson tomba amoureux de Dalila. Soudoyée par les Philistins, elle arracha à Samson le secret de sa force qui résidait dans sa longue chevelure. Elle lui fit couper les cheveux et le livra aux Philistins. Dans la culture populaire, elle est le symbole de la femme tentatrice.

 

 Samuel, juge et prophète

Samuel_anointing_David_-_British_Library_Add_MS_42131_f73r

Samuel est le dernier des Juges et fait la transition avec la royauté qui lui succèdera. Il mène bataille contre les Philistins, devient un juge itinérant, mais restera surtout dans les mémoires pour avoir conféré l’onction au premier roi d’Israël. La Bible, à ce titre, lui consacre deux livres.

 

L’appel

Samuel est le fils d’Elqana et d’Anne, elle aussi longtemps stérile, jusqu’à ce que ses implorations soient entendues. Elle donnera son nom au fameux « Cantique d’Anne » (1 S 1, 2). L’enfant sera appelé Samuel, « Nom de Dieu », et sera, très jeune, associé au sanctuaire de Silo où se tenait l’Arche d’alliance. En ces lieux sacrés, il apprend la loi et sert le prêtre Éli. Une nuit, alors qu’il dort près de l’Arche et du vieux prêtre, Samuel entend par trois fois une voix qui l’appelle. Le vieux prêtre réalise alors que c’est Dieu qui cherche à parler au jeune enfant et lui enjoint de lui répondre. Dieu livre alors à Samuel la terrible annonce : Il sévira contre le peuple d’Israël pour sa mauvaise conduite.

L’intercesseur

Les révélations faites à Samuel s’accomplissent, les Israélites perdent la bataille contre les Philistins, l’Arche est enlevée et les fils d’Éli tués. Samuel recommande alors à son peuple de se détourner des idoles s’il veut retrouver la paix. Une nouvelle fois, l’idolâtrie a perdu Israël, tout est à rebâtir et Samuel s’impose en nouveau prêtre, confesseur et prophète. Le peuple d’Israël l’écoute et accepte de jeûner lui demandant d’intercéder pour eux. Leur cri est étendu, et une victoire sur les Philistins ne se fait pas attendre.  Alors que Dieu gronde et tonne contre les Philistins, Samuel, juge et intercesseur, offre un agneau pour son peuple. Samuel en redonnant toute la force à la parole divine saura dire la prière qui sauvera Israël.

L’institution de la royauté

Par certains aspects Samuel peut être comparé à Moïse. C’est lui qui va redonner à Israël sa grandeur en invitant son peuple à rester fidèle à l’Alliance. C’est par cette fidélité que les victoires seront remportées et Samuel jugera de longues années son peuple. Sa renommée va bien au-delà du sanctuaire et touche toutes les tribus. Cependant, les Anciens demandent à Samuel vieillissant de leur instituer un roi, comme chez les autres nations. Le problème se pose : faut-il abandonner le traditionnel pouvoir des Juges, efficace parfois lorsque leur personnalité est forte, insuffisant d’autres fois selon les conjonctures ? Ou bien lui préférer un pouvoir centralisé fort et plus stable, au risque d’être détourné en tyrannie ? Prudent, le vieil homme consulte Dieu qui lui enjoint de réaliser ce que le peuple demande. Israël aura dorénavant un roi, et il aura pour nom Saül.

Saül, le premier roi d’Israël

Saul_1878

Avec Saül, le peuple d’Israël connaît l’institution de son premier roi remplaçant l’organisation des Juges. Souhaité pour plus de stabilité et éviter les dérives des choix précédents, ce premier essai de royauté ne répondra cependant pas plus aux attentes divines espérées. Saül est un roi au destin tragique avant l’ère lumineuse du roi David.

L’onction du premier roi par Samuel

Le prophète et juge Samuel est chargé d’oindre le premier roi d’Israël à la demande insistante du peuple. Un jour, un jeune homme prénommé Saül appartenant à la tribu de Benjamin vient le consulter car il est parti en vain à la recherche d’ânesses perdues. Saül come tous les prophètes a le don de voyance et ce jeune homme grand et beau qui dépassait de taille tout le monde pense pouvoir trouver la réponse, ici. Lorsque Samuel aperçoit Saül venu le consulter, il sait que c’est l’homme providentiel. Il lui indique que si ses ânesses ont été retrouvées, c’est cependant un bien plus grand trésor dont il va hériter. Le prophète prend alors une fiole d’huile, la verse sur la tête de Saül, c’est le début de la royauté en Israël…

Un roi guerrier contre l’ennemi philistin

Une lourde responsabilité pèse désormais sur les épaules de Saül. Israël est opprimé par les Philistins et cinq métropoles prospères. Il lève une armée de 30.000 hommes et les entraîne au combat. La femme de Saül prénommée Ahinoam lui a donné deux filles et quatre fils dont Jonathan qui sera à la tête de 1.000 hommes pour épauler son père. Vaillant combattant, il lui permet de remporter de nombreuses victoires sur les Philistins grâce à ses faits d’armes. Malgré toutes ces victoires, Saül déplaît à Dieu en ne respectant pas les prescriptions sacrées quant aux offrandes. Saül tombe donc en disgrâce divine.

La rencontre de Saül avec David

L’armée philistine menace encore une fois Israël et un géant prénommé Goliath propose un combat singulier avec leur champion dont le vainqueur donnera la victoire à tout son peuple. Saül et tous ses chefs sont transis de peur, personne n’ose relever le défi jusqu’à ce qu’un jeune homme prénommé David décide d’affronter le terrible guerrier. Saül lui propose son armure, David encore trop jeune ne peut avancer d’un pas en raison du poids de l’armement. C’est à mains nues, avec sa fronde et un bâton, comme un berger qu’il est, qu’il affrontera le guerrier philistin. Une pierre lancée au front suffira à abattre le colosse qui s’effondre. David est la gloire de son peuple et pourtant une rivalité commence à poindre entre le roi jaloux de ce succès et le jeune homme. D’autres traditions font remonter la rencontre entre Saül et David lorsque le premier est aux proies à des crises fréquentes de neurasthénie depuis qu’un esprit mauvais s’est emparé de lui, abandonné par Dieu. Lors d’une de ses crises, on fait venir un jeune homme qui sait jouer merveilleusement de la lyre, il se prénomme David et la musique qu’il dispense à son roi sait calmer sa fièvre. Musicien à la lyre divine, guerrier aux armes de berger, David aura dans le récit biblique un long destin.

La déchéance de Saül et la gloire de David

La déchéance de Saül est croissante à la mesure de la gloire de David qui a les faveurs de tous, y compris de son fils Jonathan qui lui voue une amitié sans réserve. Saül, jaloux, cherche même un jour à jeter une lance contre le jeune homme qui effrayé par ce geste s’enfuit pour échapper à la colère royale. Dans sa fuite, David se réfugie dans la montagne et le désert de Juda où de nombreux compagnons le rejoignent pour s’associer à lui. Saül erre et cherche l’issue de son destin chez une voyante, déguisé car il avait lui-même auparavant proscrit cette science de son royaume. La nécromancienne fait revenir l’esprit de Samuel mort entre-temps, lui révélant ainsi sa mort prochaine lors de la bataille contre les Philistins. Profitant, en effet, de la division des Israélites qui combattent sans David, les Philistins remportent la victoire dans laquelle Saül perdra la vie. Les portes sont désormais ouvertes à la royauté de David…

David

Roi_David_gravure_imprimée_en_1817

Le roi David est un personnage central pour les chrétiens. Il l’est aussi pour les juifs et les musulmans. Sa vie est racontée dans plusieurs livres de la Bible :

  •  Premier et Deuxième Livres de Samuel
    •    Premier Livre des Rois

La tradition fait remonter son règne au 10ème siècle av. J-C, ce que des découvertes archéologiques du début des années 1990 tendent à confirmer.

La vie du roi David

La jeunesse de David

David est le plus jeune d’une famille de 8 frères. Quand il naît à Bethléem en Judée, le roi Saül règne sur le peuple d’Israël on s’attend à ce qu’un des fils de Saül prenne la succession de son père.
A l’adolescence, le jeune David est berger pour les brebis et les chèvres de son père Jessé. Le prophète Samuel est appelé par Dieu pour annoncer à David un destin étonnant. En versant de l’huile sur la tête de David, Samuel lui apprend que Dieu l’a choisi pour devenir roi sur son peuple. A partir de ce moment, David est rempli de l’esprit de Dieu, alors que le roi Saül devient de plus en plus taciturne et tourmenté.
Car il sait jouer de la lyre, le jeune David est appelé auprès de Saül qui se prend d’affection pour lui et en fait son écuyer. David parvient ainsi à adoucir par sa musique les états dépressifs du roi Saül.

David et Goliath

Tout bascule dans la vie de David, le jour où les Philistins viennent menacer les armées du roi Saül. Ils ont dans leur rang un soldat immense nommé Goliath. Ce dernier défie Israël en combat singulier. Les guerriers les plus redoutables de l’armée de Saül sont morts de peur. Personne n’ose relever le défi… sauf David qui n’admet pas que le Dieu d’Israël soit ainsi déshonoré. Habitué à manier la fronde pour chasser les bêtes féroces, David frappe en plein front le géant qui s’écroule terrassé. Immédiatement, David devient un héros pour tout le peuple d’Israël.

L’errance de David

Mais peu à peu, les succès de David rendent Saül jaloux de son ancien protégé. Saül se met à pourchasser celui qu’il avait autrefois admiré. David devient un hors-la-loi, constamment en fuite pour échapper à Saül. Il rassemble dans son errance une troupe de mercenaires et se met à harceler les ennemis d’Israël et à protéger les communautés isolées qui lui offrent en échange l’abri et la nourriture.
A plusieurs reprises, David se trouve en position de tuer Saül facilement, mais il ne le fait pas. Il n’ose pas lever la main sur celui qui a été choisi par Dieu et par son peuple.

David devient roi

A l’âge de 30 ans, Saül ayant été tué dans une bataille, David est d’abord établi comme roi de la tribu de Juda à Hébron où il règne sept ans. Au Nord, règne un fils de Saül qui sera trahi et assassiné par ses propres généraux. C’est alors que David devient roi sur tout le peuple d’Israël.
A la tête de ses armées, David parvient à vaincre définitivement toutes les nations alentours. En établissant l’influence d’Israël depuis l’Égypte jusqu’à l’Euphrate, David ouvre ainsi une ère de prospérité et de paix pour son peuple. Il fait de Jérusalem la capitale de son royaume et il y installe l’Arche d’Alliance qui marque le lieu de la présence de Dieu.

La faute de David

Cependant, au sommet de sa gloire, David se rend coupable d’un acte grave : il commet un adultère avec Bethsabée, la femme d’un de ses généraux. David va encore plus loin car il se débrouille pour faire assassiner le mari gênant. Suite à l’intervention du prophète Nathan, David prend alors la mesure de la gravité de ses actes. Il s’en repend sincèrement, mais le mal est fait. A cause de la faute de David, la violence est entrée dans sa famille et se prolongera même après la mort du roi.
Son successeur est son fils Salomon, un roi qui s’illustrera par sa sagesse dans le gouvernement d’Israël.
Guerrier, musicien et poète, l’écriture de nombreux psaumes compilés dans le Livre des Psaumes lui est traditionnellement attribuée.

Le roi David et les chrétiens

David a reçu de Dieu la promesse d’une alliance indéfectible envers sa dynastie. Après sa mort, le peuple d’Israël se met à espérer un nouveau David qui ne soit pas seulement un roi, mais l’Envoyé même de Dieu, le Messie, restaurateur de la grandeur d’Israël. Voilà pourquoi Jésus sera souvent appelé « Fils de David ».
Les chrétiens font en effet de Jésus-Christ l’héritier de la promesse messianique faite à David. Ensuite, à travers Jésus-Christ, l’héritage se transmet à tous les prêtres mais aussi dans une mesure moindre aux rois de la chrétienté, à l’instar de Charlemagne qui se proclame « nouveau David », et même à tous les fidèles qui sont prêtres, prophètes et rois.
David, le premier partage du pain :
C’est pour David le Messie, et pour la première fois dans la Bible, que le pain de Dieu est partagé et qu’il devient le pain des hommes. Un programme que Jésus réalise par sa vie.

la sagesse de Salomon

F083-poussin-salomon-b-f

Salomon est aussi célèbre que son père, David, dont il a hérité une royauté forte et unie. Dernier monarque avant le morcellement de l’autorité royale, il s’est fait connaître pour sa sagesse proverbiale, mais aussi son goût des richesses et des femmes.

La continuité du pouvoir

Avec Salomon, on assiste à la continuité du pouvoir. Selon les souhaits de son père, le pouvoir du jeune roi a été consolidé afin de le préserver des rivalités de ses proches, la progéniture de David ne manquant pas. Éliminations et règlements de compte entachent néanmoins les premières années de son règne avant qu’il ne soit incontesté.

Le songe de Gabaôn et la reine de Saba

Une fois l’unité et le pouvoir assurés, qu’allait être le règne de Salomon ? C’est un songe prophétique qui vint en décider le cours, vision dans laquelle Yahvé lui propose de lui accorder ce qu’il lui plairait. Salomon ne demanda que l’offrande de la sagesse, ce qui lui fut donné. Inspiré par elle, Salomon est présenté comme l’auteur des Proverbes, de l’Ecclésiaste et du Cantique des Cantiques. L’orient le verra même comme un roi doté de pouvoirs magiques dont celui de vaincre les démons avec le « sceau de Salomon », une étoile à six branches. Sa renommée fut si grande qu’elle dépassa les frontières du royaume pour atteindre celui de la reine de Saba. Intriguée, la riche reine décida en effet de constater par elle-même cette sagesse proverbiale du roi d’Israël. Pierres précieuses, aromates et autres trésors accompagnèrent cette visite qui resta gravée pour toujours dans les mémoires. Chacune des énigmes qu’elle posa au monarque trouva une réponse avisée, ce qui ne manqua pas de l’éblouir. Salomon n’avait pas usurpé sa réputation et elle repartit en ayant foi dans le Dieu unique, source de ce discernement si élevé…

Le jugement de Salomon

Quelle était la nature de cette sagesse qui habitait Salomon ? Son fameux jugement au cours duquel deux prostituées se disputèrent la maternité d’un nouveau-né en est l’illustration. L’histoire est restée célèbre jusqu’à nos jours et lorsque le roi décide de trancher la question en coupant l’enfant en deux parties à donner aux deux requérantes, la véritable mère décide de s’effacer et de laisser son bébé à l’autre femme. La vérité est établie et Salomon révèle ainsi ce qui anime sa justice, non une légalité abstraite et rigide, mais bien une justice venue du cœur et reposant sur l’amour.

Le roi pacifique et bâtisseur

Si le roi David s’était fait connaître par ses faits d’armes, Salomon restera célèbre par la richesse de son royaume et l’efficacité de son administration. Salomon ne mène plus de guerres. Épousant la fille d’un pharaon, le roi renforce encore son pouvoir et sa sphère d’influence sur toute l’Égypte. Salomon aime le faste et son palais en sera le symbole le plus éclatant : « Le roi fit que l’argent, à Jérusalem, était aussi commun que les pierres et les cèdres ». Mais c’est surtout le Temple qu’il édifie pour la gloire de Dieu répondant aux promesses de son père qui marquera les mémoires. Tout ce qu’il y a de plus beau est utilisé pour édifier le Saint des saints abritant la précieuse Arche et les autres bâtiments sacrés.

Une fin de royaume fragilisée

L’unité sera cependant de courte durée, le temps du royaume de Salomon. Son goût pour les femmes pousse le monarque vieillissant à de trop nombreuses unions étrangères dont il suit également les croyances. Cette idolâtrie et les nombreux impôts qu’il fait lever sur son peuple pour ses travaux de prestige sonneront la fin de son règne. Après quarante ans, Salomon s’éteint, son fils Roboam lui succède et avec lui arrivent les multiples révoltes des tribus du nord qui aboutiront à la scission du royaume en deux.

Judith, une femme révoltée

téléchargement (16)

 Judith aurait pu naître au XXIe siècle. Femme courageuse, que rien n’effraie, son prénom la rattache à la tribu de Juda – Yehudit – c’est-à-dire à l’identité même du judaïsme. Héroïne du peuple hébreu, figure biblique méconnue, elle a pourtant été la muse de nombreux artistes et son audace face à l’adversité peut encore de nos jours inspirer nos vies.

Le courage d’une dame de cœur

Le courage de Judith, héroïne biblique, est tel qu’il a donné naissance à la dame de cœur dans les jeux de cartes. C’est une femme forte, entière et prête à tout, mais jusqu’où ? C’est ce que la Bible nous enseigne dans le livre qui porte son nom — le Livre de Judith — relevant de l’Ancien Testament pour les Catholiques et Orthodoxes, écarté en revanche par les Juifs et les Protestants. Le récit se déroule à l’époque de Nabuchodonosor II (605 av. J.-C. – 562 av. J.-C.), roi de l’Empire néobabylonien, monarque puissant et célèbre pour avoir été un bâtisseur, notamment des fameux jardins suspendus de Babylone. Mais il sut être également un destructeur, tout aussi tristement célèbre, faisant démolir le Temple de Salomon. Un de ses généraux, Holopherne, règne en maître, détruisant tout sur son passage et exigeant une soumission sans condition des vaincus. Judith est une belle et riche veuve descendante de Siméon. Vertueuse, sa vie est conforme aux commandements bibliques « car elle craignait Dieu grandement ». Alors que règne le désespoir dans la ville de Béthulie et que ses habitants sont prêts à se rendre, Judith s’y oppose farouchement : « Qui donc êtes-vous pour tenter Dieu en ce jour et pour vous dresser au-dessus de lui parmi les enfants des hommes ? ». La femme téméraire accompagnée d’une servante décide alors de se rendre dans le camp ennemi et d’apporter au général Holopherne de fausses informations sur le peuple Juif.

La victoire sur le farouche guerrier

Séduit par sa beauté, le général l’accueille à un festin. Il faut dire que Judith avait auparavant quitté ses vêtements de deuil pour se parfumer et revêtir ses plus beaux habits et bijoux. Le subterfuge opère. Alors que le général est ivre, elle se saisit d’un couteau et frappe par deux fois le cou du redoutable guerrier avant d’en arracher la tête qu’elle prend soin d’envelopper dans un drap. Sortie du camp, c’est à Bethulie qu’elle exhibera, victorieuse, son trophée en clamant : « Voici la tête d’Holopherne, le général en chef de l’armée d’Assur […] Le Seigneur l’a frappé par la main d’une femme ! ». La liesse est totale devant la victoire de Judith, signe du soutien du Dieu d’Israël. Les cœurs sont gonflés pour maintenant attaquer l’ennemi qui sera mis en déroute. Ce récit haut en couleur s’avère être une formidable leçon de courage rappelant l’exploit du jeune David face à Goliath. Ce n’est pas par la force que la victoire est emportée, mais bien par la foi dans le Dieu d’Israël.

  Face à l’adversité, la prière d’Esther

Esther_haram

 Esther, personnage biblique à la destinée singulière, s’avère une fois de plus une femme de courage et d’action. Seule, et face au destin tragique du peuple juif, elle sut résister en une mémorable prière.

Le destin d’Esther ne cesse d’étonner des siècles après son évocation dans la Bible. Cette jeune juive à la beauté légendaire porte un prénom de fleur, la myrte ou hadassah en hébreu. C’est cette beauté qui la fait remarquer alors qu’elle est captive avec le reste de son peuple à Babylone après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor. Nièce de Mardochée, elle entre dans le harem royal sans révéler sa parenté, ni son peuple. Choyée, elle reçut, comme toutes les jeunes vierges promises au roi, de l’huile de myrrhe, du baume et des onguents. Ainsi parée, C’est elle qui trouvera grâce aux yeux du roi Assuérus. Ébloui, il en fera sa nouvelle épouse et la reine de Perse…

La terrible menace

Mais un destin tragique devait rattraper Esther. Les jalousies croissent à l’égard d’Esther et de son oncle Mardochée qui avait gagné les faveurs du roi en déjouant un complot contre lui. Aman, descendant d’Amalec, l’ennemi héréditaire des Juifs, devient le nouvel officier en chef du roi et cherche à faire tomber Mardochée et tout le peuple juif. A cette fin, il prétend qu’ils ne respectent pas les coutumes religieuses de l’empire et refusent de se plier aux lois royales. Furieux, Assuérus suit l’avis d’Aman et lui donne pouvoir d’exterminer tout le peuple juif avec Mardochée, et sans le savoir sa propre épouse…

L’imploration d’Esther

La situation est désespérée car la haine d’Aman contre les Juifs n’a d’égal que la toute-puissance qu’il tient désormais du roi pour assouvir sa vengeance. Aman met son plan à exécution et programme l’extermination de tous les Juifs, femmes et enfants inclus, dans toutes les provinces du royaume. C’est à ce moment tragique que surgit cette mémorable prière d’Esther qui débute par ces mots fervents : « Mon Seigneur, notre Roi, tu es l’Unique ; viens me secourir, car je suis seule, je n’ai pas d’autre secours que toi, et je vais risquer ma vie… » Véritable abandon dans la miséricorde divine, cette prière a traversé les temps jusqu’à nos jours.

La victoire éclatante

Ce récit plein de suspens montre combien la jeune reine, après avoir osé demander à parler au roi sans audience préalable, tremble, s’évanouissant même à la vue de ce monarque, son époux. Car elle sait trop bien qu’elle risque non seulement sa vie, mais aussi celle de tout son peuple dont la survie dépend de cette rencontre. Assuérus, toujours aussi ébloui, la rassure et lui accorde tout ce qu’elle souhaite, le renversement est total : la reine relate le complot d’Aman, le roi est furieux et exige qu’il périsse sur le champ, la potence prévue pour les Juifs sera la sienne ! Avec 75.000 de ses coreligionnaires qui avaient comploté contre les Juifs passés au fil de l’épée, la victoire est sanglante et impitoyable, victoire commémorée chaque année par la fête de Pourim en février-mars.

Esther, source d’inspiration

La force de cette seule prière désespérée a inspiré Racine avec sa célèbre pièce Esther, écrite pour Madame de Maintenon, et faisant de ce récit biblique une tragédie sacrée. C’est cette même puissance de l’oraison face à l’adversité qui a également touché la philosophe Elisabeth de Fontenay en un essai personnel et délicat « La prière d’Esther » (Seuil). La peinture a su aussi reprendre ce thème avec magnificence, en témoigne Esther et Assuérus de Filippo Lippi, représentant la jeune femme acceptant son destin humblement agenouillée devant le monarque à l’image de Marie dans les scènes de l’Annonciation ; scène qui tranche avec l’évocation langoureuse et orientaliste de Théodore Chassériau dans son tableau La Toilette d’Esther.

 

 

 Suzanne et les vieillards, un harcèlement sexuel dénoncé par la Bible

suzanne_lely

Singulière histoire biblique que celle de Suzanne et les vieillards. Évoquée plus par l’art que lors des liturgies, ce récit surprenant a beaucoup à nous apprendre et trouve des échos dans l’actualité quant au respect des femmes et de leur intégrité physique et morale.

Un harcèlement sexuel dénoncé par la Bible

Suzanne ou Shoshana («lys » en hébreu) est fille d’Helcias. Chaste et d’une grande beauté, elle a été élevée dans la crainte de Dieu, à Babylone, pendant l’Exil. Elle a pour époux Ioakim, personnage fort riche et estimé. Suzanne a l’habitude de se promener dans son jardin, vite repérée par deux anciens nommés juges cette année-là, et emplis de désir pour la jeune femme. Un jour qu’elle se trouvait seule s’apprêtant à se baigner, les deux vieillards cachés pour l’observer fondent sur elle et lui intime de céder à leurs avances. Usant d’un stratagème inique pour forcer sa résistance, ils la menacent de la dénoncer en inventant un adultère si elle n’accepte pas leur proposition malhonnête. Éperdue, Suzanne ne cède pas. Accusée par les deux vieillards, l’affaire est portée devant le peuple.

L’honneur sauvé de Suzanne

L’affaire est délicate. Les deux anciens sont juges, des personnalités estimées par leur fonction, face à eux, Suzanne, jeune et belle de surcroît. Dans cette société patriarcale, l’honneur d’une femme peut-il peser ? N’est-il pas plus léger que le témoignage accablant de deux juges ? Ces derniers affirment avoir vu un jeune homme s’introduire dans le jardin et coucher avec Suzanne. Face à cette ignominie, ils ont cherché à intervenir sans pouvoir s’emparer de lui… L’issue est évidente : Suzanne est condamnée à mort. Alors qu’elle est conduite à son supplice et implore Dieu, un jeune enfant du nom de Daniel conteste le témoignage des vieillards et parvient à les confondre en les interrogeant séparément. Les deux hommes subirent alors le sort qu’ils avaient comploté et réservé à Suzanne. N’est-ce pas une belle leçon que nous donne à lire ce chapitre 13 du livre de Daniel, appartenant aux livres deutérocanoniques de la Bible, c’est-à-dire relevant de l’Ancien Testament pour les catholiques et orthodoxes, mais écartés comme apocryphes par les juifs et protestants ? La force de la parole juste, rompant le silence face aux faux témoignages, à l’heure de toutes les affaires de harcèlement sexuel subies par des milliers de femmes, l’emporte, la notoriété ou la puissance ne pouvant rien face à la sagesse inspirée de Dieu, celle-là même qui anima le jeune prophète Daniel face aux notables pour préserver la pureté de Suzanne.

Un grand thème de l’art

Ce thème atypique dans le récit biblique ne pouvait qu’inspirer les artistes par le contraste qu’il offre d’une chaste et belle jeune femme prenant son bain face à deux vieillards libidineux masqués et l’observant avec concupiscence. Nombreuses seraient les analyses à faire sur ces représentations, celle du regard et du regardé, du voyeurisme des deux hommes et par là-même du spectateur de l’œuvre… Le tableau du Tintoret ne pose-t-il pas ces mêmes questions lorsque la belle et jeune Suzanne se mire dans son miroir et que le bassin reflète une partie de son image que cherche à percevoir les deux hommes de part et d’autre du mur végétal ? Lorenzo Lotto propose une version bien différente, une Suzanne dénudée représentée en un décor plus austère, la main levée en signe de refus. L’interprétation qu’en donnera quant à elle la peintre Artemesia Gentileschi est celle d’une femme qui comprend mieux que quiconque cette scène, elle qui sera violée par un peintre de l’atelier de son père.

 

 Élie, le prophète de la vie

elie-chariots-de-feu-01

Les prophètes ont toujours été un rappel, parfois violent, à la conduite de l’homme dans les voies de Dieu. À contre courant et au péril de leur vie, ils s’opposent à l’intérêt individuel et à l’égoïsme pour élever les aspirations de l’homme à un stade plus élevé. Élie fait partie de ces prophètes qui se sont violemment opposés au pouvoir pour établir la gloire de Dieu.

La sécheresse de l’idolâtrie

Le roi d’Israël Achab s’est perverti en adoptant le culte de Baal suivi par son épouse Jézabel. Le prophète Élie provoque alors, sur ordre divin, la sécheresse pendant trois ans sur Israël en punition de cette conduite impie. Puissante métaphore de ce que provoque l’idolâtrie, la sécheresse menace même le prophète qui doit lui-même s’échapper et se rendre au torrent de Kérit où des corbeaux lui apportent chaque jour sa nourriture. Mais le torrent vient, lui aussi, à se tarir et Élie se rend à Sarepta entre Tyr et Sidon.

La veuve de Sarepta

La situation est également dramatique en ces lieux et Élie n’a plus rien à boire ni à manger. Il rencontre une veuve qui ramasse deux bouts de bois pour cuisiner le peu de vivres qui lui reste avant de mourir avec son fils. Le prophète lui demande auparavant de lui préparer un pain avec le dernier reste de farine et d’huile. Démunie, elle s’exécute néanmoins et le miracle survient : la jarre d’huile et le pot de farine ne désemplirent plus dès ce jour jusqu’aux nouvelles récoltes. Une belle leçon de charité laissée à l’occasion du passage du prophète. Mais, lors de son séjour chez la veuve, son fils vient à mourir, provoquant le désarroi de sa mère. Élie, stupéfait, apostrophe alors Dieu en lui demandant s’il l’a fait venir chez cette veuve pour faire mourir son fils. Le prophète invoque encore la puissance divine pour qu’il fasse revenir cet enfant avant que le miracle n’opère. Le fils de la veuve revient à la vie : l’intercession peut tout lorsqu’elle est en accord avec l’amour divin.

Bataille de prophètes au mont Carmel

Un film pourrait-il rendre la puissance et la violence d’un des combats les plus terribles entre Élie et les prophètes de Baal ? La Bible en nous livrant ce récit haut en couleur entend manifester la puissance du Dieu unique, non sans humour parfois. Élie défie le roi Achab et intime aux prophètes du culte de Baal de démontrer la puissance de leurs divinités. C’est alors un véritable concours d’holocaustes présentés par les prêtres de Baal sous le regard sarcastique d’Élie qui n’hésite pas à ironiser face à l’inaction de ces derniers. Rien ne se passe, les bêtes offertes en sacrifice ne sont pas consommées par les dieux absents… Élie s’en amuse et les interroge pour savoir si leurs dieux ne seraient pas par hasard absentés ou trop occupés à d’autres taches ?! Le prophète, enfin, pour enlever tout doute sur la manifestation divine invoquera Dieu afin qu’il consume l’holocauste présenté par ses soins, une offrande au préalable pourtant abondamment arrosée d’eau afin que la manifestation soit plus encore éclatante. En un éclair, tout est brûlé jusqu’aux pierres et la terre. La sanction est terrible pour les adorateurs de Baal et Élie passera tous ces faux prophètes au fil de l’épée…

Les dernières péripéties du prophète

Mais, les épreuves ne sont pas terminées pour autant pour Élie. Jézabel, l’épouse du roi, cherche à se venger et veut la mort d’Élie qui doit de nouveau s’enfuir au désert. Sur le point de mourir de faim et de soif, l’Ange de Dieu lui apporte de l’eau et du pain, préfiguration de l’Eucharistie, avant que rassasié il ne reparte quarante jours et quarante nuits, comme Moïse, vers le mont Horeb. En ce lieu sacré, de terribles signes sont annonciateurs de la venue divine mais c’est lorsque qu’une simple brise légère se manifestera que Dieu apparaîtra à Élie lui intimant d’oindre Hazaél roi d’Aram, Jéhu roi d’Israël et Élisée, comme son successeur. Cela fait, Élie sera élevé au ciel sur un char de feu sous les yeux ébahis d’Élisée…

Élisée, disciple d’Élie et inlassable défenseur de la fidélité au Dieu unique

deux-miracles-du-prophete-elisee-bible-italienne-venise-1498-dejfex

Fêté par l’Église le 14 juin, saint Élisée, disciple du prophète Élie, apparaît dans l’Ancien Testament, et notamment dans le premier Livre des Rois. Il n’a cessé de défendre la fidélité au Dieu unique.

Si Élie est un des prophètes les plus cités dans la Bible, Élisée qui lui succède demeure moins connu alors même que son action n’en est pas moins éclatante, marquée par de nombreux miracles merveilleux. En opposition à l’idolâtrie récurrente des rois, le prophète sonnera une fois de plus le rappel à l’ordre divin.

La succession d’Élie

Élisée, issu d’une famille aisée du Jourdain, apparaît comme le disciple d’Élie qu’il suit en serviteur de Dieu. Paysan labourant ses terres avec douze bœufs, il décide en effet de tout quitter lorsqu’Élie croise un jour son chemin et que Dieu le recommande à sa protection. Quand les temps sur terre sont terminés pour Élie, une scène mémorable survient. Le prophète informe son jeune disciple qu’il allait le quitter et qu’il peut dorénavant suivre son propre chemin. Mais Élisée souhaite accompagner son maître jusqu’au terme. Aussi, arrivés au bord du Jourdain, Élie prend-il son manteau, frappe l’eau qui s’écarte pour laisser passer les deux hommes à pied sec, comme Moïse le fit naguère. À la question « Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi avant d’être enlevé loin de toi », Élisée répond : « Que je reçoive une double part de l’esprit que tu as reçu ! ». Élie lui promet qu’il l’obtiendra s’il parvient à le voir s’éloigner dans les cieux, signe que cette succession ne dépend pas de lui mais de Dieu. Alors, surgit un char de feu avec des chevaux qui emporte le prophète dans un ouragan. Élisée voit son maître s’élever dans les nuées et lance ce cri célèbre : « Mon père !… Mon père !…

Son maître disparu, L’héritage prophétique

Élisée ramasse son manteau, celui avec lequel Élie l’avait déjà couvert lors de leur rencontre initiale pour marquer sa destination prophétique. Il s’arrête sur les rives du Jourdain, et fort des enseignements de son maître, frappe les eaux avec, mais rien ne se passe. Élie interroge : « Où est donc le Seigneur, le Dieu d’Élie ? » (2 R 2, 14) et les eaux se retirent, signe que l’invocation divine sera nécessaire pour son action. À partir de ce jour, l’esprit d’Élie reposera sur Élisée. Son premier prodige sera d’assainir les eaux de la ville en mettant du sel dans une écuelle et en la versant dans la source qui se trouva alors purifiée définitivement. Le deuxième Livre des Rois relate un fait curieux lorsqu’Élisée décide de se rendre à Béthel où des gamins l’accueillent en se moquant de lui. Le prophète les maudit au nom du Seigneur, deux ourses surgissent alors du bois et déchiquettent ces quarante-deux enfants… rappelant ainsi que les prophètes doivent être pris au sérieux !

Les miracles

La Bible rapporte également un grand nombre de miracles attribués à l’action prophétique d’Élisée, certains semblants même en « doublon » de ceux accomplis par Élie, tel celui de la résurrection du fils d’une veuve qui l’héberge après une insolation mortelle. Préfigurant le partage des pains du Christ, Élisée nourrit cent personnes avec seulement vingt pains d’orge. L’un des miracles les plus connus reste certainement la guérison du païen Naamân, général du roi d’Aram. Cet homme puissant est atteint par la lèpre et aucun remède ne peut le guérir de son mal. Ayant appris les actions thaumaturges du prophète, le général se rend auprès d’Élisée qui lui demande de se plonger sept fois dans les eaux du Jourdain. Vexé, l’homme orgueilleux s’attendant à un geste plus noble de guérison décide de s’éloigner lorsque ses proches lui recommandent de suivre les conseils du prophète. Naamân se baigne sept fois dans les eaux du Jourdain et sa peau se trouva aussi belle que celle d’un bébé ! Ce baptême de foi, bien avant ceux pratiqués par Jean le Baptiste, verra la conversion du général païen au Dieu d’Israël. Élisée, avant de disparaître, oint Jéhu comme roi d’Israël. Celui-ci éliminera Achab, qui règne encore, et sa femme Jézabel conformément à la prophétie d’Élie. Un dernier miracle surviendra après la mort d’Élisée. Un homme enterré à la hâte dans le tombeau du prophète touche les os de ce dernier et ressuscite, signe de la force prophétique de ce personnage habité par la puissance divine au-delà de sa vie terrestre.

 

 

Ézéchiel, le prophète de l’exil

images (2)

 Ézéchiel compte parmi les Grand Prophètes, après Isaïe et Jérémie, et avant Daniel. Son témoignage demeure unique sur cette période troublée que connaît Israël avec la déportation en Babylonie. Prophète accompagnant cet exil terrible, ses visions resteront gravées dans la mémoire collective du peuple juif et influenceront grandement toute la chrétienté.

La déportation à Babylone

Le siècle d’Ézéchiel est marqué par l’épreuve de la chute de Jérusalem devant l’empire néo-babylonien. En 597 av. J.-C. Nabuchodonosor II, roi de Babylone, conquiert  le royaume de Juda et détruit le Temple de Salomon. C’est alors le temps de la déportation pour le roi Joiakîn avec l’élite des Judéens et le prophète Ézéchiel. Ce dernier, fils de prêtre, deviendra prêtre lui-même et sera fortement influencé par le prophète Jérémie. C’est dans ce contexte troublé que Dieu apparaît à Ézéchiel, lui intimant de rester tout d’abord silencieux, ce mutisme semblant préparer le peuple à la force du message qu’il lui sera réservé dans des visions surprenantes de force et de beauté.

Les visions D’Ézéchiel

Il faut lire et relire le livre d’Ézéchiel pour apprécier la force prophétique de son message et la poésie de son témoignage.  Le livre de la Bible rapporte en effet la vision extatique du prophète captif du fleuve du Kebar. Il vit une gerbe de feu, « comme de l’airain poli, sortant du milieu du feu », et au centre, le tétramorphe avec les quatre « Vivants », animaux à ressemblance humaine que le christianisme rapprochera des quatre Évangélistes. Chacun avait quatre faces (bœuf, aigle, lion et homme) et quatre ailes, des mains d’homme et des pieds de veau.  Leurs ailes soutiennent le trône de Dieu en pierre de saphir. Et au-dessus, une figure d’homme rayonnant dans un arc en ciel de feu et d’airain poli, c’est la gloire de Dieu qui intime à Ézéchiel d’accompagner dans son exil le peuple d’Israël, rebelle et idolâtre

Le malheur sur Jérusalem

Alors que le peuple croit encore à la fin de leur exil, espérant une intervention divine, Ézéchiel leur annonce au contraire la destruction totale de la Ville sainte et du royaume de Juda. Pire encore, il leur  ôte toute illusion d’une déportation de courte durée et n’hésite pas à manger des aliments souillés pour préfigurer ce qui les attend. « Voici venir la Fin ! », le message est sans concession. Les visions du prophète révèlent que Dieu lui-même abandonnera la Ville sainte lorsque la « Gloire de Dieu » quittera Jérusalem. Après Jérémie, Ézéchiel est assurément un prophète du malheur.

L’espérance après l’épreuve

Mais Dieu n’abandonne pas les siens et la suite du livre de la Bible apporte un message d’espérance dans cette noirceur absolue. Alors que Jérusalem a été mise à sac et que de nouvelles déportations ont été entreprises, le découragement est total. Ézéchiel livre alors ce message d’espoir : Dieu, lui-même, va prendre soin de son peuple, il sera le « Bon Pasteur » qui soignera ses brebis à la différence de ces mauvais bergers qui ont provoqué leur perte, une vive critique non masquée de la royauté pervertie. Ézéchiel évoque cette représentation puissante des « ossements desséchés » retrouvant le souffle de vie pour témoigner de cette nouvelle vie qui attend les déportés. C’est une image messianique d’une grande puissance qui est ainsi développée dans ces pages inspirées nourrissant l’espérance du peuple d’Israël dans l’exil jusqu’à l’Apocalypse de saint Jean qui s’en fera l’écho dans le Nouveau Testament…

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, FIGURES BIBLIQUES QUI ANNONCENT LA PÂQUE DE JESUS, JESUS CHRIST, NOUVEAU TESTAMENT, PÂQUES

Figures bibliques qui annoncent la Pâque de Jésus

Ces figures bibliques qui annoncent la Pâque de Jésus

arbre-de-jesse-920x500

téléchargement (19)

Le chant du Serviteur souffrant par le prophète Isaïe, n’est pas la seule annonce du martyre de Jésus dans l’Ancien Testament. Depuis Abel, de nombreux personnages de la Bible prédisent, par leurs paroles et par l’exemple de leurs vies, la Pâque du Seigneur. Leur découverte éclaire notre vision de la Passion et de la Résurrection, selon le dessein de Dieu, de toute éternité.

Aux pèlerins d’Emmaüs, déconcertés par l’échec apparent du prophète galiléen, le Christ répond que le Messie qu’ils attendaient devait souffrir avant d’entrer dans sa gloire (Lc 24, 26). Cette parole de Jésus est une invitation à chercher dans la Bible les personnages qui annoncent sa mort et sa résurrection, comme il le fit lui-même à l’attention de ses compagnons de route le soir de Pâques « en commençant par Moïse et parcourant tous les prophètes ». Le Carême constitue ainsi le moment privilégié de relire l’Ancien Testament à la lumière de la mort-résurrection de Jésus, de manière à y découvrir toutes les figures bibliques qui l’annoncent, et enrichir de la sorte notre méditation de la Pâque du Fils.

Personnages du livre de la Genèse

web3-lamentation-jeremiah-public-domain

Premier personnage : Abel. Comme le fils cadet d’Adam et Ève, tombé sous les coups de Caïn, Jésus sera la victime innocente de la jalousie de ses frères.

Avec Abraham, nous sommes en présence d’un personnage qui est élu en faveur de tous. Dieu dit en effet au patriarche : « Par toi se béniront tous les clans de la terre » (Gn 12, 3). Jésus sera également élu au bénéfice de tous les hommes. Les chefs du peuple qui le raillent au Calvaire proclament, même si c’est ironiquement, que Jésus, comme le père des croyants, est l’élu : « Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ de Dieu, l’Élu ! » (Lc 23, 35).

La figure de Joseph, le fils de Jacob et de Rachel, est tout aussi parlante que celle de son aïeul sous le rapport de sa dimension prophétique du destin de Jésus. Vendu comme esclave par ses frères, après avoir été lynché, Joseph trouve grâce auprès de Pharaon en Égypte. Devenu Premier ministre, il sauve le pays de la famine. Le clan de Jacob et de ses fils, venu se réfugier et trouver du pain chez son puissant voisin, est sauvé par le frère qui était tenu pour disparu. C’est ainsi que l’histoire de Joseph annonce la Pâque du Christ. Comme Jésus le réalise avec l’Eucharistie et le sacrement de réconciliation qu’il institue le dimanche de Pâques, après être revenu à ses disciples qui l’avaient abandonné le Vendredi saint, le fils de Jacob pourvoit à la nourriture de ses frères après leur avoir pardonné.

  

Moïse et David

téléchargement (6)

'King_David',_painting_by_Giovanni_Francesco_Barbieri_(il_Guercino)_c._1768

Moïse préfigure le Christ en ce qu’il est le libérateur de son peuple auquel il fait traverser la mer rouge, comme le Christ sera le Rédempteur du genre humain en traversant la mort. À l’exemple du législateur d’Israël, Jésus sera également en butte à la contradiction et à l’incompréhension.

Jésus est fils de David. Le second roi d’Israël est une figure du Christ parce qu’il fut berger de son peuple. Comme son descendant, David prend le chemin du mont des Oliviers quand le temps se gâte pour lui avec la révolte de son fils Absalom (2S 15, 30). Cependant, contrairement à son illustre devancier, Jésus ne fuira pas, et se laissera arrêter à Gethsémani. Jésus fut livré par l’un des Douze. De même David fut trahi par son fils qu’il aimait. Autre similitude entre leurs destins respectifs : Judas, tout comme Ahitophel, ancien conseiller du roi passé à son fils rebelle, finit par se pendre (2S 16, 23). Jésus pourra reprendre les mots du roi-poète dans le psaume : « Même mon ami en qui j’avais confiance, celui qui mange mon pain, a levé contre moi son talon » (PS 41, 10).

  

Le prophète Élie

téléchargement (16)

Entre le père du prophétisme, Élie, et Jésus, les points communs sont nombreux. Comme Jésus à Gethsémani qui s’éloigne de ses disciples pour prier, le prophète, fuyant Jézabel frémissante de colère contre lui, se sépare de son serviteur pour aller à la rencontre de Dieu sur l’Horeb, (1R 19, 1-2). Élie, désespéré dans le désert, s’abat à terre, puis se relève, comme le Christ le fera au jardin des Oliviers. Autre ressemblance : tous les deux seront réconfortés deux fois par un ange (1R, 19,5). Différence : dans les évangiles, ce sont les disciples qui s’endorment, comme Élie, et non le Christ. Sur la montagne sainte, Élie sera initié à la douceur de Dieu qui, au lieu de se manifester dans la fureur des éléments, se révélera à son serviteur dans « une voix de fin silence » (1R, 19, 12). Pareillement, sur la Croix, le Christ montrera la douceur de l’Agneau qui triomphe du péché et de la mort par la non-violence et la tendresse du pardon.

Toujours sur le Golgotha, Jésus invoque Dieu « à la neuvième heure » (trois heures de l’après-midi) : c’était celle du sacrifice du soir, où on immolait un agneau dans le Temple. C’est aussi le moment que choisit Élie pour prier Dieu sur le mont Carmel dans son combat contre les faux prophètes de Baal (2R, 18, 36). Enfin, à l’instar du Christ après sa résurrection, Élie est enlevé au ciel (2R 2, 11). Mais à la différence du prophète, Jésus sera moins réticent que lui à donner son esprit à ses disciples, alors qu’Élisée devra insister auprès de son maître pour avoir droit à « une double part de son esprit » (2R, 2,9). Jésus, au contraire, prodiguera à profusion l’Esprit promis.

  

Jérémie

cache_53060500

Jérémie constitue également une figure prophétique majeure de Jésus. Seul contre tous dans une ville de Jérusalem qui continue de vivre dans un déni confortable, il annonce la déportation à Babylone. Mais loin de prêcher la résistance, il annonce au contraire que cette dispersion sera l’occasion d’une renaissance. D’où la fureur et la colère des autorités. De même, le Christ sera le seul à croire qu’avec sa mort adviendra le salut. Jésus en effet sera bien esseulé sur le Golgotha ! Lors de la Cène, il institue le sacrement de la nouvelle alliance qu’avait prophétisée Jérémie : « Voici venir des jours dit le Seigneur, où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda un alliance nouvelle » (Jr 31,31).

Autres points communs entre les deux : le célibat (qui était une anomalie de leur temps), leur dénonciation sans relâche des infidélités du peuple, des fausses sécurités (la croyance que le Temple préservera du malheur, pour Jérémie, Jr 7,4), le mépris des pauvres. Dénonciations qui seront reprises par le Christ, et qui le conduiront à être condamné par l’élite sacerdotale de Jérusalem.

  

« Selon les Écritures »

téléchargement (17)

Voilà les principales figures bibliques qui annoncent, par leurs paroles, mais plus encore par leurs existences, la Pâque de Jésus. C’est la raison pour laquelle saint Paul écrira aux Corinthiens que « le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures » (1 Cor 15, 3-4). Ainsi, l’aller-retour entre l’Ancien et le Nouveau Testaments nourrit-elle notre spiritualité et notre attachement à Jésus.

L’Ancien nous fait découvrir des significations auxquelles nous n’aurions pas pensées en lisant la description abrupte du supplice et de la résurrection du Christ. En retour, la lumière que sa Pâque projette sur le passé de l’histoire d’Israël nous permet de deviner le plan providentiel de Dieu sous la trame des événements historiques contingents, comme une invitation à l’espérance pour aujourd’hui. Dieu est le maître du temps : Il ne laissera pas Sa création livrée au non-sens, malgré le mal et le péché des hommes.

CAPPELLA_SISTINA_Ceiling

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, ISAÏE (personnage biblique), JESUS CHRIST, JESUS-CHRIST, LA PASSION DU CHRIST, LE SERVITEUR SOUFFRANT, LE SERVITEUR SOUFFRANT, PERSONNAGE DE L'ANCIEN TESTAMENT, LIVRE D'ISAÎE, LIVRE D'ISAÏE, LIVRE D'SAÏE, PASSION DE JESUS

Le Serviteur souffrant, personnage de l’Ancien Testament

Le Serviteur souffrant,

plus grand personnage de l’Ancien Testament

sans-titre-5

Isaïe de Michel Ange

 Parmi les grandes figures bibliques qui annoncent la Passion de Jésus, le Serviteur est le plus grand. Le Vendredi saint, l’Église nous invite à méditer, lors de la célébration de la Passion, le poème de ce Serviteur souffrant du livre d’Isaïe.

Quelle figure puissante que celle du Serviteur ! Et mystérieuse de surcroît, car ce Serviteur ne possède pas de nom… Cependant, on peut dire de lui qu’il est le plus grand personnage de l’Ancien Testament pour la raison qu’il opère la guérison d’une multitude, ce qu’aucun prophète biblique n’avait réussi à faire avant lui. Il y avait bien eu des hommes de Dieu guérisseurs, mais leurs miracles étaient ponctuels, ou des libérateurs politiques, mais qui restaient impuissants à toucher le cœur de leurs semblables.

 

Un retournement collectif

Avec le Serviteur, nous sommes en présence d’un homme qui dessille les yeux d’une multitude, en retournant de l’intérieur ceux qui avaient applaudi à sa condamnation : « Les multitudes de nations seront dans la stupéfaction […] pour avoir vu ce qui ne leur avait pas été raconté, pour avoir appris ce qu’ils n’avaient pas entendu dire » (Is 52, 15). Le Serviteur leur donne à voir « ce qu’ils n’avaient pas entendu ». Illuminés de l’intérieur, ceux qui avaient assisté à sa condamnation reconnaissent que « le châtiment qui nous vaut la paix était sur lui » (Is 53,5) et que c’est « nos douleurs dont il était chargé ».

Le mystère de cette action s’accroît de ce que cette révélation suprême est délivrée paradoxalement par un personnage « devant qui on se voile la face » ! Le Serviteur est bien « l’alliance du peuple, la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles » (Is 42,6-7), ainsi que l’annonçait Dieu dans le premier chant. Après les persécutions dont ils ont été victimes, les auteurs des psaumes témoignent que le Seigneur les a arrachés à la mort. La situation est différente avec le Serviteur. Lui ne revient pas se dire sauvé. Ce sont au contraire ses persécuteurs qui reviennent pour témoigner de leur guérison opérée par ses soins ! « C’est grâce à ses plaies que nous sommes guéris » (Is 53,5).

Qui parle dans les poèmes du Serviteur ?

Stupéfiantes guérison et révélation que celles réalisées par ce mystérieux Serviteur qui n’ouvre pas la bouche, comme un « agneau qui se laisse mener à l’abattoir » (Is 53, 7) ! Qui est-il ? Qui parle dans ce poème ? Au début (Is 42), Dieu annonce le résultat de l’œuvre de son serviteur. Ensuite, c’est lui-même (chap. 49 et 50) qui se définit comme celui qui tend l’oreille pour écouter comme un disciple (50,4). Enfin, au chapitre 53, un « nous » mystérieux prend la parole. Un « nous » qui semble être la foule anonyme de ceux qui ont assisté à l’élimination du Serviteur. À quoi est due leur conversion ? Le poème est peu explicite à ce sujet.

Quoiqu’il en soit, il faut que le témoignage de sa mort ait été bien puissant pour qu’il arrive à retourner les lyncheurs, et à travers eux tous les rois de la terre (49,7). Cette révélation agit comme la nouvelle Alliance prophétisée par Jérémie : « Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur  » (Jr 31,33). Pareillement, l’ouverture des yeux des aveugles au sujet du Serviteur ne vient pas de l’extérieur, mais elle sourd du cœur des témoins et des auditeurs du récit de ses malheurs.

Une œuvre prodigieuse

L’œuvre accomplie par le personnage du livre d’Isaïe est prodigieuse. « Il justifiera les multitudes » (53, 11). Comment le Serviteur arrive-t-il à rendre justes les pécheurs, alors qu’il ne fait rien de grandiose en apparence ? Voilà un mystère que la Passion de Jésus lèvera. D’ailleurs, à l’instar du Serviteur, le Christ ne fera pas lui-même le récit de son action salvifique. Le Serviteur « portait le péché des multitudes » (53,12) : c’est là une action qui n’a pas d’équivalent dans les autres textes de l’Ancien Testament. Le résultat est d’autant plus prodigieux que la tâche est menée par quelqu’un qui n’a plus d’« apparence qui nous eût séduit ».

 

Un mystère que seule la Résurrection est capable d’éclaircir

Ainsi, dans l’histoire du Serviteur, trois mystères concomitants se télescopent : le retournement de la foule, la justification des multitudes et son exaltation finale (52,13). De ces événements inouïs, Dieu nous avait prévenus au début du poème : « Les premières choses, voilà qu’elles sont venues, et je vous en annonce de nouvelles ; avant qu’elles ne paraissent, je vous les fais entendre » (Is 42,9), en nous avertissant qu’elles susciteraient de l’« étonnement » (52,14) et de l’« émerveillement » (52,15). Il faudra attendre la mort-résurrection de Jésus pour que la lumière se fasse sur les multiples implications de l’œuvre du Serviteur. Et encore, n’en épuiserons-nous jamais toutes les richesses.

322597.761369652.2.o1003236140

13473_20211223093649-640x360

maxresdefault

BIBLE, CHJRISTIANISME, CHRISTIANISME (30-600), CHRISTIANISME PRIMITIF (30-600), EGLISE CATHOLIQUE, EGLISE PRILITIVE (30-600), EPITRES, EPITRES CATHOLIQUES, NOUVEAU TESTAMENT

La Bible livre par livre (8)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

Le Nouveau Testament

 

56b086b0-df9e-4f9b-9f9e-c1a2c09fd262

Epîtres catholiques ou générales

440px-Liturgical_codex_Louvre_E10094

 

Epître aux Hébreux

images (10)

13 chapitres

Ecrit anonyme, l’épître aux Hébreux s’adressait à des Juifs convertis au christianisme et peut-être tentés de retourner au judaïsme. Elément par élément, l’auteur montre que Christ et son œuvre sont supérieurs aux anges, à Moïse et à tout le système de sacrifices instauré par la loi de l’Ancien Testament. Le fait qu’il parle de ce système au présent indique que la lettre date d’avant la prise de Jérusalem et la destruction du temple par les Romains, événements survenus en 70 apr. J.-C.

Epître de Jacques

images (12)

5 chapitres

Frère (ou plutôt cousin) de Jésus, Jacques montre dans sa lettre qu’une foi véritable est une foi qui se traduit dans des actes et qui ne reste pas au simple niveau d’un savoir théorique.

Première épître de Pierre

téléchargement (17)

5 chapitres

Le disciple et apôtre Pierre écrit aux chrétiens de diverses provinces d’Asie Mineure pour les encourager à tenir ferme dans l’épreuve et à se comporter de manière conforme à l’appel que Dieu leur a adressé. Il montre que la souffrance n’est pas anormale et que le chrétien peut glorifier Dieu en son sein même.

Deuxième épître de Pierre

téléchargement (19)

3 chapitres

La deuxième lettre de Pierre contenue dans le Nouveau Testament est un écrit d’avertissement contre la menace des faux docteurs et de leurs enseignements erronés. Il invite les chrétiens à s’appuyer sur la Parole de Dieu transmise par les apôtres et à vivre dans l’attente du retour de Christ.

Première épître de Jean

images (13)

5 chapitres

Bien qu’anonyme, cette épître est unanimement, et dès le 2e siècle apr. J.-C., attribuée au disciple de Jésus nommé Jean. Dans un contexte (fin du 1er siècle) où les hérésies commencent à fleurir en Asie Mineure, il réaffirme l’identité de Jésus-Christ ainsi que le rôle de Dieu le Père et du Saint-Esprit, tout en définissant les critères d’une vie chrétienne authentique. L’amour pour les frères et l’obéissance aux commandements de Christ y figurent en bonne place.

Deuxième épître de Jean

téléchargement (20)

1 chapitre

Très brève, la deuxième lettre de Jean, le disciple et apôtre, s’adresse à une dame. Certains y ont vu une personne en chair et en os, d’autres le symbole d’une Eglise. Toujours est-il que l’apôtre invite des chrétiens à faire preuve de discernement dans l’accueil qu’ils réservent aux prédicateurs itinéran itinérants: certains sont de faux docteurs. Le chrétien doit vivre dans la vérité et dans l’amour.

Troisième épître de Jean

images (14)

1 chapitre

Très brève elle aussi, la troisième lettre de Jean est adressée à un certain Gaïus, responsable d’une Eglise d’Asie Mineure. L’apôtre félicite Gaïus et le met en garde contre un dénommé Diotrèphe, un homme au comportement dictatorial dans l’Eglise.

 

Epître de Jude

images (16)

1 chapitre

Probablement de la parenté de Jésus, Jude met en garde ses destinataires, peut-être des chrétiens d’Asie Mineure ou d’Egypte, contre l’infiltration des hérétiques dans les Eglises. Dans ce bref écrit, il dénonce la conduite immorale des faux docteurs et le jugement qui les attend, en invitant les chrétiens à rester attachés à la foi transmise par les apôtres.

BIBLE, CHRISTIANISME, CHRISTIANISME (30-600), CHRISTIANISME PRIMITIF (30-600), EGLISE CATHOLIQUE, EGLISE PRILITIVE (30-600), EPITRES, LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE (6), NOUVEAU TESTAMENT, PAUL (saint ; Apôtre)

La Bible livre par livres (7)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

Le Nouveau Testament

File_-Saint_Paul_Writing_His_Epistles__by_Valentin_de_Boulogne

 

Epîtres de Paul

la-vie-et-l-epitres-de-stpaul-ersion-de-la-bible-426-triopium-promontoire-de-la-troade-557-544-description-des-voir-alex-andria-troas-trogyllium-560-435-455-trophime-n-tryphena-535-535-tryphose-tullianum-l-23

Epître aux Romains

téléchargement (12)

16 chapitres

L’apôtre Paul est l’auteur de treize lettres qui ont été incluses dans le Nouveau Testament par ordre dégressif de grandeur. Sa lettre aux chrétiens de Rome, écrite avant sa visite chez eux, expose les raisons d’être de la venue et de la mort de Jésus-Christ: apporter le salut offert par Dieu. Elle montre qu’on n’obtient pas ce salut en accomplissant des œuvres, mais seulement en croyant au Christ.

Première épître aux Corinthiens

220px-Voyage_Paul_3

16 chapitres

Fondée par Paul en 51 apr. J.-C., l’Eglise de Corinthe, en Grèce, était marquée par les désordres et avait posé un certain nombre de questions à l’apôtre. Cinq ans après, absent de Corinthe, il cherche à montrer à ces jeunes chrétiens comment la doctrine de la croix de Christ devrait être appliquée à leur vie.

Deuxième épître aux Corinthiens

images (6)

13 chapitres

2 Corinthiens a été écrite quelques mois après 1 Corinthiens (fin 56-début 57 apr. J.-C.). Certains lançaient des attaques contre l’apôtre Paul dans l’Eglise de Corinthe. Il se défend donc contre ces attaques afin de rétablir son autorité.

Epître aux Galates

330px-Galatia_Map

6 chapitres

Adressée à des chrétiens d’Asie Mineure (leur localisation précise est discutée) par l’apôtre Paul, l’épître aux Galates oppose le véritable Evangile à un faux évangile prêché par les judaïsants. Certains voulaient en effet imposer le respect des rites juifs et de la loi juive aux chrétiens, même lorsqu’ils étaient d’origine non juive. Paul rappelle qu’on accède au salut par la foi.

Epître aux Ephésiens

téléchargement (13)

6 chapitres

Probablement lettre circulaire destinée aux Eglises d’Asie Mineure, l’épître aux Ephésiens expose le plan de Dieu, d’avant la création jusqu’à l’éternité, en mettant l’accent sur l’Eglise. En prison à Rome, Paul montre que la venue de Jésus-Christ a fondé un nouveau «peuple» formé de Juifs et de non-Juifs: l’Eglise.

Epître aux Philippiens

téléchargement (14)

4 chapitres

Fondée par Paul, l’Eglise de Philippes (en Macédoine) avait envoyé un don à l’apôtre en prison. Il écrit à ces chrétiens pour les remercier et, paradoxalement vu les circonstances qu’il rencontrait, il mentionne à de nombreuses reprises la joie.

Epître aux Colossiens

images (7)

4 chapitres

Ecrite en même temps que l’épître aux Ephésiens, la lettre adressée par Paul aux Colossiens met un accent particulier sur la personne de Christ et sur l’œuvre de salut qu’il a accomplie, ainsi que sur les répercussions que cela a (ou devrait avoir) dans la vie des chrétiens.

Epîtres aux Thessaloniciens

téléchargement (15)

5 et 3 chapitres

Fondée par Paul, l’Eglise de Thessalonique bénéficie, avec ces deux lettres que l’apôtre lui adresse à quelques mois d’intervalle (en 51 ou 52 apr. J.-C.), d’enseignements sur le retour de Christ.

Epîtres à Timothée

images (8)

6 et 4 chapitres

Adressées par Paul à l’un de ses proches collaborateurs (d’où le nom d’épîtres pastorales qu’elles portent avec l’épître à Tite), les deux épîtres à Timothée contiennent des avertissements sur les dangers que court l’Eglise, en particulier du fait des fausses doctrines, et des instructions sur la manière de l’organiser et de se conduire en tant que responsable. Timothée était en effet responsable de l’Eglise d’Ephèse.

 

Epître à Tite

téléchargement (16)

3 chapitres

Responsable de l’Eglise de Crète, Tite était un collaborateur de Paul. L’apôtre lui demande de le rejoindre tout en lui donnant des directives pour la vie dans l’Eglise, la vie en famille et la vie dans la société.

 

Epître à Philémon

images (9)

1 chapitre

Brève missive de l’apôtre Paul à un membre de l’Eglise de Colosses, l’épître à Philémon traite des rapports entre le maître et l’esclave chrétiens. Un dénommé Onésime s’était en effet enfui de chez son maître Philémon avant de devenir chrétien au contact de Paul à Rome. L’apôtre invite Philémon à accueillir l’esclave fugitif comme un frère.

Voyages_de_St_Paul___[...]Gratia_N_btv1b531361053

BIBLE, CHJRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, EVANGILE, EVANGILES, JESUS-CHRIST, LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE (6), NOUVEAU TESTAMENT

La Bible livre par livre (6)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

Le Nouveau Testament

images (1)

 

Livres historiques

Nouveau_Testament_475684_1605654000000

Symboles-des-quatre-evangelistes-Maitre-de-Gysbrecht-de-Brederode-1460

Evangile selon Matthieu

5815c75aecf3aef3ece9e0ad12214a2e002a90cd_1358456

28 chapitres

Etant l’un des douze disciples de Jésus, Matthieu était bien placé pour faire le récit de sa vie. Son texte contient de nombreuses allusions à l’Ancien Testament et plusieurs discours importants (dont le fameux Sermon sur la montagne). Il utilise souvent l’expression «royaume des cieux» là où les autres Evangiles parlent de «royaume de Dieu», probablement pour respecter la coutume juive qui veut que l’on évite de prononcer le nom divin.

Evangile selon Marc

330px-Fol._69v-70r_Egmond_Gospels

16 chapitres

L’Evangile de Marc est le plus court des quatre. Alors que Matthieu s’adressait plutôt à des Juifs, il vise apparemment plutôt un public romain. Le texte a probablement été rédigé sous l’autorité de l’apôtre Pierre. Il met l’accent sur ce que Jésus a fait plus que sur ce qu’il a dit. Un mot revient fréquemment: aussitôt.

Evangile selon Luc

téléchargement

24 chapitres

L’Evangile de Luc, écrit par un médecin non juif, est la première partie d’un ouvrage en deux volumes adressé aux Grecs et Romains cultivés. Il cherche à montrer que Jésus est venu pour être le Sauveur de tous les hommes, qu’ils soient juifs ou non, en relatant ses œuvres aussi bien que ses paroles.

Evangile selon Jean

téléchargement (11)

21 chapitres

Apparemment écrit après les trois autres Evangiles pour les compléter, et ce par un disciple de Jésus, l’Evangile de Jean propose une sélection d’actes du Maître et contient de larges extraits de ses discours, et surtout l’un des versets les plus célèbres de la Bible:
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».

Actes des apôtres

ApostleFedorZubov

actes-apotres-ville-ville-94865_2

28 chapitres

Deuxième volume de l’ouvrage écrit par Luc, les Actes constituent le dernier texte historique du Nouveau Testament. Ils relatent les événements consécutifs à la mort et l’ascension de Jésus: les débuts de l’Eglise, avec deux apôtres particulièrement en vue, Pierre puis Paul. Deux de ces événements ont donné lieu à des fêtes chrétiennes: l’Ascension et la Pentecôte, respectivement 40 et 50 jours après Pâques.
L’Evangile est annoncé à Jérusalem, puis dans toute la région, avant de gagner le reste de l’Empire romain, notamment grâce à l’important réseau routier existant. Le texte se termine avec les deux années de détention de l’apôtre Paul à Rome (vers 62-63 apr. J.-C.).

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, CHRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, ISRAËL, JUDAÏSME, LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE (5), LIVRE DES PROVERBES, PROPHETES

La Bible livre par livre (5)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

L’Ancien Testament :

web-painting-elijah-vhariot-fire-giuseppe-angeli-public-domain

Livres prophétiques

200px-Michelangelo_Buonarroti_031

Les prophètes, des porte-parole de Dieu, sont mentionnés tout au long de l’histoire d’Israël, en particulier dès l’instauration de la monarchie. Ils invitent régulièrement le peuple à revenir à Dieu, parfois conseillent les rois. Certains ont laissé des écrits, de sorte que nous avons accès à leurs oracles. Ils nous permettent d’avoir un autre regard sur la période qui va du 9e au 5e siècle av. J.-C.

Grands prophètes

Esaïe

téléchargement (11)

66 chapitres

Homme du 8e siècle avant J-C , Esaïe avait ses entrées à la cour royale, Il est l’un des plus grands prophètes, par la taille de son livre mais aussi par la conscience qu’il avait à la fois de la sainteté de Dieu et de son amour, de son salut. Il annonce la naissance d’un enfant-roi destiné à s’asseoir sur le trône davidique.
Esaïe annonce l’exil à venir pour le peuple de Juda en raison de l’immoralité, de l’injustice et de la violence qui règnent en son sein. Plusieurs de ses oracles concernent un personnage nommé le «serviteur de l’Eternel». L’un d’eux prédit son œuvre en rapport avec les péchés des hommes et le salut.

Jérémie

téléchargement (12)

52 chapitres

Le prophète Jérémie est connu surtout pour ses lamentations (voir le livre qui porte ce nom), d’où le terme de «jérémiades». Après un temps d’influence à la cour de Juda, son ministère (entre 625 et 580 av. J.-C.) est en effet caractérisé par les brimades et le rejet. Il met sans cesse son peuple en garde contre les alliances avec l’Egypte, l’Assyrie et la Babylonie, les grandes puissances de l’époque. Il fustige aussi l’idolâtrie et la déchéance morale de ses compatriotes. Son message le plus original est celui dans lequel il annonce la conclusion d’une nouvelle alliance.
Jérémie connaîtra la chute de Jérusalem en 586 av. J.-C. et sera contraint par plusieurs de ses compatriotes de fuir en Egypte, non sans avoir prédit la venue et la durée de l’exil.

Lamentations

images (10)

5 chapitres

Le livre des Lamentations de Jérémie était lu le neuvième jour du mois d’Ab, anniversaire de la destruction du temple de Jérusalem par les Babyloniens. Anonyme, il est attribué au prophète Jérémie par la tradition juive, y compris la version grecque des Septante. Le texte compte 5 élégies qui évoquent le siège de Jérusalem, la famine, la fuite du roi, la destruction du temple et des murailles, les massacres et les déportations, soit des événements survenus lors de la chute de la capitale du royaume de Juda en 586 av. J.-C.

Livre de Baruch

téléchargement (14)
Le livre de Baruch se présente comme l’œuvre  du secrétaire de Jérémie (début du VIe siècle avant J.-C.), mais il n’a pas été rédigé avant le IIe siècle. Son attribution à Baruch est un procédé littéraire, d’ailleurs fréquent à cette époque.

L’ouvrage comporte quatre parties indépendantes, qui ne sont pas nécessairement du même auteur:

1) une introduction précisant dans quelles conditions ce livre, envoyé de Babylone par les déportés, devait être lu à Jérusalem lors d’une cérémonie de confession des péchés (1.1-14) ;

2) le texte même de cette confession des péchés (1.15-2.10), inspirée par celle de Daniel 9; elle est suivie d’une supplication (2.11-3.8), émaillée de nombreuses citations bibliques;

3) une méditation sur la Sagesse (3.9-4.4);

4) enfin un discours d’encouragement adressé à Jérusalem (4.5-5.9).

Ezéchiel

téléchargement (15)

48 chapitres

Emmené en exil en Babylonie, Ezéchiel exerce son ministère prophétique de 593 à 571 av. J.-C. Il prononce des oracles de jugement contre les Judéens restés au pays, puis contre les nations qui contribuent à la chute de Jérusalem, avant d’ouvrir des perspectives d’avenir (retour au pays, restauration du temple).

Daniel

images (12)

12 chapitres

Membre de l’aristocratie juive emmené en déportation à Babylone en 605 av. J.-C., Daniel y occupe des postes à haute responsabilité. Le livre qui porte son nom contient des récits narrant la vie de Daniel et de ses amis juifs à la cour babylonienne, puis perse, ainsi que des visions prophétiques relatives notamment aux divers Empires mondiaux successifs ou encore au Messie. Les chapitres 2 à 7 présentent la particularité d’être écrits en araméen, et non en hébreu comme le reste de l’Ancien Testament et du livre.

 Petits prophètes

 

Osée

téléchargement (16)

14 chapitres

Seul prophète né dans le royaume du nord, Osée exerce son ministère entre 786 et 724 av. J.-C. Son message est principalement dirigé contre l’idolâtrie qui accompagnait la prospérité matérielle en Israël. Les cultes païens de Baal et d’Ashéra étaient particulièrement marqués par la corruption: prostitution sacrée, violence, ivrognerie. Osée compare la relation entre Israël et son Dieu à une relation entre un mari et son épouse volage et adultère.

Joël

images (13)

4 chapitres (3 dans certaines versions)

Particulièrement difficile à dater (entre les 9e et 4e siècles selon les commentateurs), Joël voit dans un fléau qui s’est abattu sur Juda (invasion de sauterelles et sécheresse) une manifestation de la colère de Dieu, un «jour de l’Eternel». Il annonce le jour où l’Esprit sera répandu sur toute créature.

Amos

images (14)

9 chapitres

Paysan de Juda, Amos dénonce avec vigueur les injustices sociales qui voient les riches s’enrichir et les pauvres s’appauvrir dans une période de prospérité (entre 765 et 750 av. J.-C.).

Abdias

téléchargement (17)

1 chapitre

Située entre les 9e et 6e siècles selon les commentateurs, la prophétie d’Abdias, très courte, porte essentiellement contre les Edomites. Il prononce leur condamnation en raison de l’attitude hostile dont ils ont fait preuve contre les Judéens.

Jonas

images (15)

4 chapitres

Peut-être le plus connu des prophètes en raison de son séjour dans le ventre d’un grand poisson, Jonas présente la particularité d’adresser un appel à la repentance à des ennemis des Israélites, les habitants de Ninive, et de le faire de très mauvais gré! Ce livre prophétique contient plus de récits que d’oracles.

Michée

téléchargement (19)

7 chapitres

Contemporain d’Esaïe et d’Osée (8e siècle), Michée est le seul prophète qui s’adresse à la fois à Israël et à Juda. Il dénonce leur mauvaise situation morale, sociale et spirituelle tout en encourageant les pauvres et les faibles à regarder à Dieu. Il annonce que le lieu de naissance du libérateur à venir, le Messie, sera Bethléhem.

Nahum

images (16)

3 chapitres

Prophète du 7e siècle av. J.-C., Nahum nous a laissé un message centré sur l’annonce de la chute de Ninive, la capitale du tyrannique et cruel Empire assyrien. C’est le seul prophète dont le message ne se termine pas sur une parole de consolation ou d’espérance.

Habakuk

images (17)

3 chapitres

La courte prophétie contenue dans le livre d’Habakuk semble dater de 609-608 av. J.-C. Elle prend la forme d’un dialogue entre le prophète, perplexe devant l’apparent silence de Dieu face au mal, et ce Dieu qui va utiliser les cruels Babyloniens pour punir son peuple.

Sophonie

images (18)

3 chapitres

Sophonie est le premier des prophètes de Juda (vers 626-625 av. J.-C.) à inviter ses compatriotes à se repentir afin de ne pas connaître le même sort que l’Israël du nord. Il annonce le jugement contre Juda, mais aussi contre les autres nations, et les fruits positifs que ce jugement apportera: purification, joie.

Aggée

images (19)

2 chapitres

Prononcées entre septembre et décembre 520 av. J.-C., les prophéties d’Aggée sont autant d’invitations adressées aux Judéens de retour d’exil pour qu’ils reprennent la construction du temple de Jérusalem.

Zacharie

téléchargement (20)

14 chapitres

Probablement né en exil à Babylone, Zacharie commence de prophétiser en novembre 520 av. J.-C., en compagnie d’Aggée. Il rapporte une série de visions pour encourager les Judéens à la reconstruction du temple et les inviter à la purification, mais il annonce surtout la venue du Messie, d’abord dans l’humilité puis en gloire. C’est le prophète le plus souvent cité dans le Nouveau Testament après Esaïe.

Malachie

images (20)

3 chapitres (4 dans certaines versions)

La prophétie de Malachie se situe au 5e siècle av. J.-C., à une période où l’Empire perse domine le Proche-Orient. Le temple de Jérusalem a été reconstruit et le culte y a repris, mais Malachie doit dénoncer le formalisme religieux et le relâchement de la moralité régnants. Sa prophétie se présente sous la forme de questions-réponses entre Dieu et son peuple.

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, CHJRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, ISRAËL, JUDAÏSME, LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE (4), LIVRES POETIQUES

La Bible livre par livre (4)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

L’Ancien Testament :

 

images (9)

Livres poétiques

cours-11-0521makmaclassecoptefreefr-7-728

Job

250px-Blake_Book_of_Job_Linell_set_7

42 chapitres

«Pauvre comme Job»: qui n’a jamais entendu cette expression? L’histoire de Job, c’est celle d’un homme juste qui est accablé par le malheur. Le thème du livre est donc celui de la souffrance, qui paraît difficilement conciliable avec la bonté de Dieu. Après un prologue qui présente les épreuves de Job comme le fruit d’une sorte de pari entre Dieu et Satan, la majeure partie du livre se compose de dialogues entre Job et trois de ses amis (auxquels vient s’ajouter un quatrième) qui ne parviennent pas à résoudre le problème de la souffrance. Il apparaît clairement qu’elle n’est pas nécessairement le fruit d’un péché. Dans l’épilogue, Dieu s’adresse à Job sans lui expliquer le pourquoi de son malheur, mais en montrant sa propre grandeur.

Psaumes

images (8)

150 chapitres

Appelés Tehillim («louanges») en hébreu, les 150 Psaumes sont autant de cantiques ou prières de louange, de supplication ou d’imprécation. Composés entre les 15e et 6e siècles av. J.-C. dans des circonstances très diverses et par des auteurs différents (Moïse, le roi David, Asaph, Koré, Héman, Ethan et des anonymes), ils pouvaient être utilisés dans le culte familial ou au temple, parfois lors de fêtes religieuses. Certains sont appelés messianiques parce qu’ils contiennent des prophéties relatives à ce libérateur annoncé (Psaumes 22; 69; 110 par exemple).

Proverbes

61OR+TpuiGL

31 chapitres

Trois auteurs sont mentionnés dans les Proverbes: le roi Salomon, Agur et Lemuel, ce qui implique une époque de rédaction qui va du 10e au 7e voire 5e siècle. La recherche de la sagesse était répandue dans l’Antiquité, sagesse qui consiste dans l’art de profiter de ses connaissances pour les appliquer dans la vie courante. Ces maximes touchent donc à tous les domaines de la vie. Elles prennent souvent la forme de pensées à deux vers.

Ecclésiaste

41f3Dj0+YqL._SX311_BO1,204,203,200_

12 chapitres

L’Ecclésiaste était lu lors de la fête juive des Tabernacles (aussi appelée fête des Huttes, des Cabanes ou encore des Tentes). Son auteur se nomme Qohéleth, peut-être le chef de l’assemblée ou l’enseignant, et est assimilé par la tradition au roi Salomon. Le ton du livre surprend: l’auteur affirme et répète que tout manque de consistance sous le soleil; les différents objectifs que les hommes se fixent sont sans valeur, qu’il s’agisse des richesses, des plaisirs, de la sagesse ou de la moralité. Ils ne font pas le sens de la vie. L’homme doit penser à son Créateur.

Cantique des cantiques

téléchargement (2)

8 chapitres
Ce livre controversé était lu lors de la fête juive de la Pâque. Il est attribué au roi Salomon (10e siècle av. J.-C.) et se compose de dialogues entre un homme et une femme, avec l’intervention d’autres personnages. On peut l’interpréter, au sens littéral, comme un texte qui chante les divers aspects de l’amour: joie de la présence de l’être aimé, jouissance partagée de la nature, attrait physique mutuel. Diverses interprétations allégoriques ont été proposées. La principale voit dans cette sorte de pièce théâtrale une évocation de l’amour entre Dieu et le peuple d’Israël.

Livre de la Sagesse

téléchargement (6)

Le Livre de la Sagesse (appelé en grec Sagesse de Salomon) est un livre de l’Ancien Testament.

Ce livre de rédaction grecque fait partie du canon des Ecritures dans le canon catholique et orthodoxe mais ne figure pas chez les protestants ni chez les Juifs.

Présentation

Le livre a reçu anciennement le titre de Sagesse de Salomon parce que les chapitres 7-9 font parler ce roi que la tradition juive considérait comme « le sage » par excellence.
Sa date est incertaine. Divers indices, tirés du vocabulaire et d’une allusion aux revendications contemporaines des Juifs d’Égypte à l’égalité civique (Sg 19, 16), invitent à ne pas remonter au-delà des années 50 av. J.-C. et même à descendre en période romaine, à partir de la prise d’Alexandrie par Auguste (30 av. J.-C.). Par sa date probable (ier siècle av. J.-C.), c’est sans doute le dernier en date des écrits de l’Ancien Testament. Il se compose de deux principales parties : le thème sapientiel de la sagesse (thème du juste souffrant, la sagesse pour épouse), et un long midrash des plaies d’Égypte.

Contenu

Le Livre de la Sagesse cherche à répondre au défi de la sagesse païenne (notamment, la philosophie) par rapport à la Révélation divine. On y trouve notamment, reprises de la philosophie grecque, les quatre vertus cardinales : « Aime-t-on la rectitude ? Les vertus sont les fruits de ses travaux, car elle enseigne tempérance et prudence, justice et force. » (Sg 8,7).

Dans une optique chrétienne, le livre est lu comme abordant, de façon cryptée, le thème de la résurrection de la chair, de la création nouvelle. De la même façon, ce livre comprend des affirmations qui préparent le Nouveau Testament, comme celle-ci : « Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité » (Sg 2,23). La Sagesse divine y est personnifiée au point de fournir aux apôtres Paul et Jean des formules théologiques que l’on retrouve, notamment, dans l’Épître aux Colossiens.

 Siracide

1200px-Fugger_Ehrenbuch_001

Le Siracide, appelé aussi l’Ecclésiastique ou encore La Sagesse de Ben Sira, est l’un des livres sapientiaux de l’Ancien Testament écrit vers 200 av. J.-C. Le Siracide tient son nom de son auteur, Jésus Ben Sira (Ben Sira, Ben Sirakh, Ben Sirach).

L’ouvrage est un mélange de deux genres littéraires : tantôt des « proverbes », tantôt des développements structurés qui proposent des réflexions sur un sujet. Il s’agit toujours de la « Sagesse », représentée comme une personnification de la Sagesse divine. Elle est pour le disciple une mère, une épouse, une sœur. La rechercher, c’est atteindre Dieu. Vivre avec elle, c’est vivre avec Dieu.

La fin de l’ouvrage exalte des personnages historiques, comme le font les Livres des Maccabées. Vers la fin du ier siècle, il est exclu du canon biblique par les rabbins pharisiens. Il est cependant populaire parmi les Juifs et il est cité dans le Talmud et dans la littérature rabbinique qui en approuve certains passages.

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, CHRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, ISRAËL, JUDAÏSME, JUDEE, LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE (3), LIVRES HISTORIQUES

La Bible livre par livre (3)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

L’Ancien Testament :

  

Livres historiques

fposter,small,wall_texture,product,750x1000.u3

jsc_the_battle_of_jericho

Josué

250px-Prise_de_Jéricho

24 chapitres

Le livre de Josué, du nom de son personnage principal, relate l’entrée d’Israël dans le pays promis après la mort de Moïse. Le texte contient donc essentiellement des récits de conquête et de répartition du territoire entre les différentes tribus, sur une durée d’environ 25 ans. Une conquête restée fameuse est celle de la ville de Jéricho, qui est chantée par un non moins fameux gospel: «Joshua fit the battle of Jericho». Au début du livre, Josué est invité par Dieu à prendre courage et à respecter la loi laissée par Moïse; à la fin, juste avant de mourir, c’est lui qui invite le peuple d’Israël à rester fidèle à son engagement de servir l’Eternel plutôt que les autres dieux.

Juges

images (6)

21 chapitres

La mort de Josué a laissé les Israélites quelque peu orphelins. Bien vite, ils oublient leur engagement de servir l’Eternel et se mettent à adorer d’autres dieux. Le corps du livre des Juges est formé de sept cycles similaires: les Israélites se détournent de l’Eternel; des ennemis les oppriment; les Israélites appellent à l’aide; l’Eternel leur envoie un libérateur (le juge). Douze de ces chefs sont mentionnés, les plus connus étant Samson (avec ses cheveux longs et la perverse Dalila), Débora (une femme) et Gédéon. Cette période de quatre siècles environ prépare l’instauration de la monarchie en constatant par quatre fois, dont une à la toute fin du livre: «A cette époque-là, il n’y avait pas de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon» (Juges 21.25).

Ruth

téléchargement (1)

4 chapitres

Le livre de Ruth était lu lors de la fête juive de la Pentecôte. Plutôt court (4 chapitres), il porte le nom de son personnage principal: une jeune femme moabite – c’est-à-dire issue d’un peuple exclu de toute possibilité d’entrer dans le peuple de Dieu – qui devient la grand-mère de David, le célèbre roi d’Israël.

1 et 2 Samuel

Eli_and_Samuel

31 et 24 chapitres

1 et 2 Samuel constituaient à l’origine un seul volume. C’est la version des Septante qui a procédé à la division en deux. Là aussi, le livre porte le nom de l’un de ses personnages principaux, en commençant avec sa naissance: Samuel, prophète et juge, qui procède à l’onction (forme de consécration) des deux premiers rois d’Israël: Saül (intronisé en 1050 av. J.-C.) et David (oint en 1025 av. J.-C.). Le récit du règne de Saül, rejeté par Dieu et en lutte quasi incessante contre David, se termine à la fin de 1 Samuel. 2 Samuel commence avec le début du règne de David sur la tribu de Juda (1010 av. J.-C.), puis, sept ans plus tard, sur l’ensemble d’Israël. Le dernier chapitre le voit acheter le terrain sur lequel sera érigé plus tard le temple de Jérusalem. Malgré les fautes dont cet homme se rend coupable (adultère, meurtre, négligence vis-à-vis de ses enfants), il bénéficie d’une relation particulière avec l’Eternel, et celui-ci lui fait la promesse d’une royauté éternelle de sa famille. Cette promesse a été quasi unanimement interprétée comme annonçant le Messie-roi à venir, ce qui a donné lieu au titre messianique «fils de David».

1 et 2 Rois

images (7)

Nicolas_Poussin_-_The_Judgment_of_Solomon_-_WGA18330-e1579613006481

22 et 25 chapitres

Les deux livres des Rois n’en formaient qu’un à l’origine. Le texte commence avec la désignation du successeur de David (970 av. J.-C.): Salomon, au règne d’abord flamboyant, qui construit le temple de Jérusalem. Il se poursuit avec l’histoire de 20 rois de Juda et 19 rois d’Israël. En effet, dès le règne de Roboam, le fils de Salomon, un schisme intervient, et les dix tribus du nord d’Israël se séparent de celles de Juda et Benjamin, qui seules restent fidèles à la dynastie davidique. Les divers règnes successifs des deux royaumes sont passés en revue avec un critère de jugement: le roi a fait ce qui est bon, ou au contraire ce qui est mal, aux yeux de l’Eternel. L’idolâtrie récurrente des Israélites du nord conduit à la prise de leur capitale, Samarie, par les Assyriens et à la déportation de la population (722 av. J.-C.). Le royaume de Juda connaît le même sort quelque temps plus tard, mais sous les coups des Babyloniens: prise de Jérusalem en 586 av. J.-C., destruction du temple et déportation d’une partie de la population en trois vagues successives.

1 et 2 Chroniques

440px-Paris_psaulter_gr139_fol6v

29 et 36 chapitres

Appelés «Paroles des jours» dans la Bible hébraïque, «Paraleipomena» (c’est-à-dire «omissions») dans la Septante, les livres des Chroniques doivent leur nom français à la Vulgate. Certains attribuent leur rédaction à Esdras, au 5e siècle av. J.-C. Ils récapitulent toute l’histoire d’Israël, depuis Adam jusqu’au décret de Cyrus autorisant la reconstruction du temple de Jérusalem. L’intérêt de l’auteur porte essentiellement sur les aspects cultuels de cette histoire: les rois et les prophètes mentionnés avec force détails sont ceux qui ont contribué à la célébration d’un culte conforme aux exigences divines. L’objectif est probablement de rappeler aux exilés de retour de Babylone que leur Dieu est fidèle à ses promesses et souverain sur l’histoire et qu’il continue à agir pour les siens, pourvu qu’ils lui obéissent.

Esdras

Nehemiah-850x500

10 chapitres

Pendant longtemps, le livre d’Esdras a été couplé avec celui de Néhémie. Plusieurs passages sont à la première personne du singulier, et le récit concerne le retour des exilés en Juda, avec la reconstruction du temple puis le rétablissement de l’ordre politique et religieux par Esdras, un scribe. On se situe donc entre 537 et 458 av. J.-C.

Néhémie

109.Ezra_Reads_the_Law_to_the_People-237x300

13 chapitres

Ecrit à la première personne, le livre a pour thème principal la reconstruction des murailles de Jérusalem, entre 444 et 431 av. J.-C., malgré l’opposition des peuples voisins, et la restauration civile et politique de la communauté rapatriée.

Livre de Tobie

Nantes_musee_dobree_maitre_fils_prodigue

Le Livre de Tobie, parfois appelé Livre de Tobit (Tobie étant le fils de Tobit dans la Septante), est un livre deutérocanonique de l’Ancien Testament. Il raconte l’histoire d’un Israélite de la tribu de Nephthali nommé Tobie (le texte latin de la Vulgate donne le même nom au père et au fils, Tobias). Déporté à Ninive, il devient aveugle après avoir reçu de la fiente d’oiseau dans les yeux et envoie son fils Tobie recouvrer une dette en Médie auprès de leur parent Gabaël.

Le texte est écrit en grec et figure dans la Septante. Rédigé sans doute initialement en hébreu ou en araméen, l’original a été perdu, mais un fragment en araméen avec un texte correspondant en grec a été retrouvé dans les années 1950, dans la grotte no 4 près des ruines de Qumrân parmi les manuscrits de la mer Morte. Ce livre ne figure pas au canon des Écritures hébraïques Il est déclaré canonique par l’Église au concile de Carthage III en 397, mais il était déjà largement utilisé par les différentes communautés chrétiennes.

Livre de Judith

260px-Judith_decapitando_Holofernes

Le Livre de Judith est un livre deutérocanonique de la Bible. Il relate comment la belle et jeune veuve Judith ( « Louée » ou « Juive ») écarte la menace d’une invasion assyrienne en décapitant le général ennemi Holopherne, et restaure du même coup la foi du peuple juif en la puissance salvatrice de son Dieu.

Il en existe trois versions en grec dans lesquelles on distingue la trace linguistique de l’original hébreu, plusieurs versions latines dont celle de la Vulgate  « hâtivement traduite » de l’araméen selon l’aveu de saint Jérôme – et plusieurs versions tardives en hébreu, dont une dans laquelle l’ennemi est séleucide et non assyrien.

Sa date de rédaction est en général située au iie siècle av. J.-C.. Il ferait partie des textes inspirés par la révolte des Maccabées

 

1 et 2. Livres des Maccabées

mosaique-huqoq-galilee-detail (1)

Les livres de Maccabées sont des écrits juifs en langue grecque dont le thème est lié à la révolte des Maccabées qui eut lieu dans la Judée de l’époque hellénistique. Les Maccabées doivent leur nom à Judas Maccabée dont le frère Simon fonda la dynastie hasmonéenne qui régna sur la Judée de 140 à 37 av. J.-C.. Malgré le nom qui leur est traditionnellement appliqué, ces livres sont indépendants. Leurs dates de composition et leurs styles sont différents.

Le livre I couvre une période s’étendant du déclenchement de la révolte des Maccabées à l’accession au pouvoir de Jean Hyrcan. Ce récit constitue une épopée dynastique à la gloire des Hasmonéens. Il s’agit d’une traduction grecque d’un livre en hébreu.

Le livre II se veut un abrégé d’une chronique de Jason de Cyrène. Il s’étend de la grande prêtrise d’Onias III à la victoire de Judas Maccabée contre Nicamor Il donne une large part au miraculeux et aux considérations théologiques.

Le livre III relate une crise subie par les Juifs d’Égypte sous le règne de Ptolémée IV Philopator.

Le livre IV est un ouvrage philosophique produit par le milieu juif d’Antioche .

Esther

260px-Esther_haram

10 chapitres

Le livre d’Esther était lu lors de la fête juive dont il relate l’origine: la fête des Pourim. Il porte le nom de son héroïne, une jeune Juive devenue l’épouse de Xerxès, souverain de l’Empire perse (486-465 av. J.-C.). Sa position lui permettra d’éviter le massacre des Juifs. L’une des particularités de ce texte est l’absence totale de mention de Dieu.