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La Bible divisée en chapitres et en versets

Qui a divisé la Bible en chapitres et en versets ?

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Shutterstock / Pamela D. Maxwell

Les « originaux » de la Bible étaient des blocs de textes, sans chapitres ni versets. Mais qui a introduit ces séparations ?

Des blocs de textes ! Dans les « originaux » de la Bible, aucun chiffre indiquant les chapitres et les versets auxquels nous sommes habitués aujourd’hui. Aucune séparation entre les mots, ni même les voyelles. Et aucune ponctuation, aucun titre de chapitre permettant de s’y retrouver dans les passages bibliques. Mais qui a introduit chapitres et versets dans la Bible ?

Dans l’Antiquité, et surtout s’agissant de la lecture liturgique, la nécessité de diviser le texte sacré se fit très vite sentir. Pour découper les évangiles en 1162 sections, il existait divers systèmes, aussi bien chez les juifs (« Sedarim », « Perashiyyot », « Pesuquim ») que chez les chrétiens (« Canones eusabiani », d’Eusèbe de Césarée).

Qui a ajouté les chapitres ?

C’est au XIIIe siècle, probablement autour de l’année 1226, que l’ecclésiastique anglais Étienne Langton, archevêque de Canterbury et grand chancelier de l’Université de Paris, divisa en chapitres l’Ancien Testament et le Nouveau Testament sur ​​le texte latin de la Vulgate de Saint Jérôme

De la Vulgate, il passa au texte de la Bible hébraïque, au texte grec du Nouveau Testament et à la version grecque de l’Ancien Testament. Il établit une division en chapitres, plus ou moins égaux, très semblable à celle de la plupart de nos Bibles actuelles.

Vers 1226, les libraires de Paris introduisirent ces divisions en chapitres dans le texte biblique, donnant lieu à la « Bible parisienne ». Dès lors, cette division se répandit dans le monde entier.

Qui a ajouté les versets ?

Santes Pagnino (1541), juif converti, puis dominicain, natif de Lucques (Italie) consacra 25 années de sa vie à sa traduction de la Bible, publiée en 1527. Il fut le premier à diviser le texte en versets numérotés. Sa Bible fut imprimée à Lyon. C’était une version très littérale qui constitua une référence parmi les humanistes de l’époque et fut réimprimée plusieurs fois.

Robert Estienne, le célèbre imprimeur et humaniste français, réalisa en 1551 l’actuelle division en versets du Nouveau Testament. En 1555 il publia l’édition latine de toute la Bible. Pour les versets de l’Ancien Testament hébraïque, il prit la division faite par Santes Pagnino. Pour les autres livres de l’Ancien Testament, il élabora sa propre division et utilisa pour le Nouveau Testament celle que quelques années auparavant, il avait lui-même réalisé. Dès lors, le découpage du texte biblique en chapitres et en versets permet d’en retrouver immédiatement un passage, quelle que soit la mise en page adoptée par l’éditeur. Il s’agit d’un outil fondamental pour les chercheurs, qui permet à tous d’utiliser une même référence.

Première Bible imprimée avec chapitres et versets

La première Bible imprimée qui comporta totalement la division en chapitres et en versets sera ladite Bible de Genève, qui parut en 1560 en Suisse. Les éditeurs de la Bible de Genève optèrent pour les chapitres d’Étienne Langton et les versets de Robert Estienne, conscients de leur grande utilité pour la mémorisation, la localisation et la comparaison des passages bibliques.

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Bible de Genève. © Commons Wikimedia

En 1592, le pape Clément VIII, fit publier une nouvelle version de la Bible en latin pour l’usage officiel de l’Église catholique, qui comportait la division actuelle en chapitres et en versets. C’est ainsi qu’à la fin du XVIe siècle, les juifs, les protestants et les catholiques avaient adopté la division en chapitres introduite par Étienne Langton et la subdivision des versets par Robert Estienne. Dès lors, ces divisions en chapitres et en versets seront de plus en plus acceptées comme forme standard pour localiser les versets de l’Écriture et seront universellement adoptées.

https://fr.aleteia.org/2016/03/19/qui-a-divise-la-bible-en-chapitres-et-en-versets/?fbclid=IwAR3uIYolUVMHPcdTj2UX5g1lV3GvQIAs_CEXmYQbJxLWPXTntFnZ9ZGPDv4

CHEMIN DE COMPOSTELLE, CHEMIN DE COMPOSTELLE : DE RONCEVAUX A BURGOS, CHJRISTIANISME, COMPOSTELLE, PELERINAGE A LOURDES, PELERINAGE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE, SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE

Chemin de Compostelle : de Roncevaux à Burgos

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Roncevaux

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Roncevaux (espagnol : Roncesvalles, basque : Orreaga), est une commune de la comarque d’Auñamendi, en Navarre, dans le nord de l’Espagne.

Roncevaux est aussi le nom du principal village de cette commune. Il compte quelques maisons groupées autour d’un monastère dont la fondation remonte au xiie siècle. Ce monastère comprenait une hôtellerie pour les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Aujourd’hui, ce village des Pyrénées est aussi doté d’une église et d’un musée.

Roncevaux est connu dans l’histoire par la bataille de Roncevaux. C’est là que l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne, au retour d’une expédition à Pampelune, fut détruite le 15 août 778 par un guet-apens vascon au cours duquel plusieurs personnalités du royaume franc furent tuées, dont le chevalier Roland. L’histoire est relatée par le moine Eginhard dans la Vita Karoli Magni (chapitre Ix), mais a surtout été édulcorée dans la Chanson de Roland, une des plus célèbres chansons de geste, composée au xie siècle, dont le personnage principal est le chevalier Roland, et qui fait notamment porter la responsabilité de l’attaque aux Sarrasins. Un mémorial célèbre aujourd’hui le fameux paladin dans la commune.

Géographie

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Le col de Roncevaux, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Pampelune, correspond à l’ancien passage axial d’Ibañeta à 1 066 m d’altitude, voie de passage naturel utilisée depuis la préhistoire pour accéder à la péninsule Ibérique.

Le point culminant de cette commune est le mont Ortzanzurieta avec ses 1 567 m.

Cuisine de la posada de Roncevaux au milieu de xixe siècle

La légendaire brèche de Roland se trouve beaucoup plus à l’est dans les Pyrénées centrales, au-dessus du cirque de Gavarnie, dans le département des Hautes-Pyrénées.

Le Pas de Roland se trouve beaucoup plus au nord, sur la commune d’Itxassou dans le département des Pyrénées-Atlantiques, le long de la Nive.

Les pèlerins de Saint-Jacques trouvaient des maisons et institutions religieuses à Roncevaux pour les accueillir, au pied d’Ibañeta, où se déroula vraisemblablement la très célèbre bataille contre les Carolingiens ; l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne y fut battue et mise en déroute par les Vascons.

Au fil du temps, le village continue d’être une étape fondamentale pour les pèlerins du chemin de Saint-Jacques. Le Camino navarro, prélude du Camino francés y passe, en venant d’Ibañeta. C’est le même chemin que parcourut Aimery Picaud au xiie siècle, en direction d’Obanos, près de Puente la Reina (Navarre), où il est rejoint par un autre itinéraire venant du Somport via Huesa (Aragon), connu comme le Camino aragonés.

Toponymie

Le toponyme Roncesvalles

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Roncevaux, mémorial de Roland.

Traditionnellement le toponyme Roncesvalles était traduit par « vallée d’aubépines », et le nom en basque se base sur cette interprétation : Orreaga « lieu de genévriers », c’est probablement la corruption de l’ancien toponyme « Orierriaga ». D’autres théories donnent comme origine le toponyme « Erro-zabal », la « plaine d’Erro », la vallée à laquelle Roncesvalles fut associée pendant plusieurs siècles.

Les successifs mouvements de pèlerins ont fini par franciser le nom : Rozabal, Ronzaval, Roncesvals, et enfin Roncevaux. Sans doute, l’influence française est aussi la conséquence du tragique souvenir de l’échec de l’armée de Charlemagne en 778.

Néanmoins, le nom de Roncevaux faisait originairement référence à la petite plaine ; puis, depuis le XIIè siècle, à la commune d’origine de l’actuelle Auritz-Burguete.

Quelques décennies plus tard, après la fondation de l’Église Collégiale, on a dû différencier la commune et l’hôpital. La première, connue comme « Bourg de Roncevaux » ou même « Roncevaux » pendant le Moyen Âge, et a finalement dû être connue par le toponyme « Burguete » (le « petit bourg »), à cause de sa taille. Bien qu’il ait été fondé plus tard, l’hôpital s’est approprié le vieux toponyme.

Notes au sujet de la toponymie

Les toponymes latins et romains, employés depuis le Moyen Âge pour se référer à l’enclave pyrénéenne, sont nombreux et variés. Si bien que quelques-uns sont à considérer comme erronés à cause de mauvaises interprétations de copistes et de personnages éloignés de Navarre, aux orthographes dérivées et d’autres erronées ou supposées qu’ils étaient mal écrits. En voici quelques-unes : Errozabal, Roncidevallibus, Roncisdevalles, Roncisdevallis, Roncisvalle, Roncisvallis, Roncisvals, Ronsasvals, Ronzalsvals, Roscidavallis, Rozavalles, Runcevallis, Runciavallis, Runciavalle, Runzasvals, Rainchevaux, Rencelvals, Rencesvals, Renceval, Renchevax, Rescesval, Roncallis, Ronças, Ronçasvals, Roncavallis, Roncavalls, Roncavallus, Roncesvalls, Roncevall, Roncevallis, Roncesvalhes, Roncevax, Roncevaux.

Ibaéneta aussi a eu les mêmes interprétations imprécises dues à des réminiscences légendaires si spéciales de cette région : « Pyrenei jugo », « Pyrenei saltus summitate », « Summi Portus », « Vertex Pyrenei Wasconum », « Vertice montis qui dicitur Ronsasvals », « Summi montis verticae », « Mons qui dicitur Ronsasvals », « Montis qui dicitur Runciavallis », « Capella Caroli », « Capella Rotolandi », « Hospital Rollandi », « Hospitale Rotolandi », « Hospital de Summo Portu », « Hospital Sant Salvador de Summi Port », « Monasterium Sant Salvador de Ybenieta », « Monasterium Sanctus Salvator », « Hospitale de Sancti Salvatoris », « San Salvador de Ibañeta », « Ecclesia Sancti Salvatoris »…

Le haut de Valcarlos a été connu comme : « Portus Cisere », « Puerto de Císera », « Portus Ciséreos » et « Porz de Sizer », à ne pas confondre avec « Port de Cize » proposé par Picaud, en relation avec la traversée romaine des crêtes. Le Valcarlos proprement dit dérive de « Vallis Caroli » et « Karlestal », espace qui occupe la frontière internationale d’Arneguy et le col de Moccosalia, où la tradition suppose que Charlemagne a campé au milieu des vascons qui étaient en train d’anéantir l’arrière garde.

Division linguistique

En accord avec la Loi forale 18/1986 du 15 décembre sur le basque, la Navarre est linguistiquement divisée en trois zones. Cette municipalité fait partie de la zone bascophone où l’utilisation du basque est majoritaire. Le basque et le castillan sont utilisés dans l’administration publique, les médias, les manifestations culturelles et l’éducation ; cependant l’usage du basque y est courant et encouragé le plus souvent.

Histoire

Roncevaux a toujours été un passage pour accéder à la péninsule ibérique. De Roncevaux ont pénétré les Celtes, les Vandales (409), les Wisigoths qui s’établirent le long de la Ribera del Duero et, naturellement, Charlemagne avec la plus puissante armée du viiie siècle, en route vers Saragosse.

Charlemagne, après l’échec de son expédition à Saragosse, décida de réduire en cendres Pampelune, la capitale du royaume de Navarre. Il rentrait en France, via les Pyrénées et, entre le col d’Ibañeta et le ravin de Valcarlos, il dut subir une embuscade des natifs basques de cette région. Ce fut la bataille de Roncevaux. La Chanson de Roland, écrite quelque part en France à la fin du XIè siècle, attribue le désastre, localisé entre Roncevaux et Burguete, aux Sarrasins, tandis que les historiens s’accordent aujourd’hui à dire que les attaquants étaient Vascons.

L’ancienne chapelle et l’hôpital des pèlerins d’Ibañeta y furent transférés en 1132 sur ordre de l’évêque de Pampelune, Sanche Larrosa

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Cachet de passage à Roncevaux délivré par les hospitaliers pour les pèlerins de Compostelle

En quelques années, la grande charité des chanoines de Saint-Augustin chargés de l’accueil leur valut de nombreux dons venus des quatre coins de Navarre, d’Espagne et de plusieurs pays d’Europe. Les pèlerins, dont le flot pouvait osciller entre 30 000 et 50 000 à l’heure des jubilés, y étaient jusqu’au XVIIè siècle reçus, entretenus et nourris trois jours durant.

Sinistré par une avalanche au XVIè siècle, le monastère eut également à souffrir de l’armée impériale française lors de son reflux d’Espagne.

Quoi qu’il en soit, ce monument, point de départ du Camino francés, est l’un des hauts lieux du chemin européen de Saint-Jacques. Depuis une vingtaine d’années, la tradition hospitalière y a été restaurée par la petite communauté canoniale (désormais sécularisée) qui doit faire face à un afflux croissant de pèlerins.

C’est en 1982 que le monastère a été rouvert pour l’accueil des pèlerins.

Culture et patrimoine

Pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino navarro du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Luzaide-Valcarlos ou de Honto, les haltes suivantes sont Auritz-Burguete puis Aurizberri-Espinal.

 

Patrimoine religieux

La Real colegiata de Santa Maria

La Cruz de los Peregrinos

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Croix des pèlerins de Compostelle.

Cette « croix des Pèlerins » se trouve à environ 300 mètres au sud de Roncevaux, sur le côté gauche de la route de Burguete.

Il s’agit d’un calvaire gothique en pierre du XIVè siècle, orné de l’image de la Vierge et des effigies du roi Sanche VII le Fort et de son épouse Clémence.

 

Patrimoine civil

Musée de la Collégiale

Installé dans les anciennes écuries, il possède de très belles pièces (d’orfèvrerie ancienne : coffret mudéjar, évangéliaire roman, reliquaire émaillé du xive siècle, etc.).

Au rez-de-chaussée, la bibliothèque où sont exposées de remarquables pièces d’orfèvrerie, comme l’évangéliaire des rois de Navarre du xiie siècle, ou un reliquaire enrichi d’argent, d’or et d’émail, dit échiquier de Charlemagne, sans doute à cause de sa disposition en petits compartiments géométriques du xive siècle.

On peut y voir une masse d’arme, dite de Roland, qui imite celles de l’époque de Sanche le Fort. On montre aussi les chaînes dont on raconte que le roi les rapporta de la Bataille de Las Navas de Tolosa, ce sont celles qui figurent sur le blason de la Navarre, ainsi qu’une émeraude qui aurait orné le turban du sultan Miramamolín le Vert.

Parmi les belles peintures sur bois, il faut citer la Sainte Famille de Luis de Morales du xviie siècle, et le triptyque de la Crucifixion, œuvre néerlandaise de l’atelier de Jérôme Bosch du xvie siècle.

L’objet le plus important du musée de la Real colegiata est une statue de la Vierge de Roncevaux, en bois de cèdre, dorée et argentée, datant du xiiie siècle. Selon la légende, elle aurait été révélée par un cerf, dans les montagnes voisines.

La collégiale.

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Le portail

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Sanche Le Fort

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Chapelle Santiago

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Sépulcre

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Chapelle Sancti Spiritus

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Zubiri

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Zubiri (en basque et en espagnol) est un village situé dans la commune d’Esteribar dans la Communauté forale de Navarre, en Espagne. Il est doté du statut de concejo.

Zubiri est situé dans la zone linguistique bascophone de Navarre.

Histoire

Il y eut à Zubiri, dès 1042, un monastère dépendant de celui de Leyre.

Culture et patrimoine

Pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino navarro du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Lintzoain dans la commune d’Erro. La prochaine halte est Ilárraz dans la commune d’Esteribar.

 

Patrimoine religieux

Patrimoine civil

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L’hôpital que l’on voit avant le pont fut probablement une léproserie transformée en une imposante usine, les Magnésitas de Navarra, une usine de magnésite.

A l’entrée de Zubiri, un ouvrage médiéval à la puissante étrave franchit le rio Arga. On l’appelait el puente de la rabia, car, disait-on, un animal qui passait trois fois dessous, guérissait de la rage. Pour certains pèlerins, il fut aussi le pont du paradis, peut-être à cause de l’aspect verdoyant de la vallée du rio Arga, I’Esteribar, que l’on va suivre jusqu’à Pampelune, et que l’on retrouvera à Puente la Reina.

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Pampelune

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Pampelune (en espagnol : Pamplona /pamˈplona/ ; en basque : Iruña /iɾuɲa/, officiellement, ou Iruñea /iɾuɲea/, selon l’académie de la langue basque), est une ville et une commune espagnole, capitale de la communauté forale de Navarre. C’est la troisième plus grande ville du Pays basque.

Elle se situe à 440 mètres d’altitude. Elle a une population de 204 000 habitants et c’est la ville principale de la cuenca de Pampelune, aire urbaine de plus de 350 000 habitants. Elle est située dans la zone linguistique mixte de la province.

Géographie

Situation

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Représentations cartographiques de la commune

Histoire

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Les murailles vues de la citadelle (le 18 octobre 2008).

D’origine romaine, Pompaelo aurait été fondée vers 75 av. J.-C. par Pompée qui lui aurait donné son nom. Elle fut occupée par les Wisigoths en 476. Au viiie siècle, les Maures occupent la ville. Ils en sont chassés en 778 avec l’aide des troupes de Charlemagne qui profite de la faiblesse de ses alliés pour démanteler leurs remparts. Pour se venger, les Vascons contribuent à l’écrasement de l’arrière-garde des armées impériales au col de Roncevaux lors de la bataille de Roncevaux. Le royaume de Pampelune, constitué en 905, fut le noyau de celui de Navarre.

Sous Alphonse VII (1126-1157), des francos s’établirent dans le bourg de San Cernin. Un autre bourg franc, San Nicolas, fut créé à la fin du xiie siècle.

Tout au long du Moyen Âge, la vie de la cité sera troublée par des luttes entre les habitants du vieux quartier, la Navarreria, partisans de l’alliance avec la Castille, et les francos des faubourgs de San Cernin et San Nicolàs, favorables au maintien de la couronne navarraise sous une dynastie française, chacun protégé de murailles. Ces conflits ne freinèrent pas le développement généré par le passage des pèlerins.

Ces luttes se terminent en 1423 avec le privilège del Fuero (charte) ou de l’Union promulgué par Charles III le Noble. Les trois municipalités se fondent alors en une seule et Pampelune connaît son apogée.

La ville est prise par les troupes de Ferdinand le Catholique à Jean III d’Albret le 25 juillet 1512. Celui-ci tente de reconquérir son royaume et met le siège devant Pampelune le 3 novembre, mais en vain. Son fils Henri II de Navarre fait reprendre la ville le 19 mai 1521 (siège de Pampelune (1521)), mais son chef militaire André de Foix est battu à la bataille de Noain. En 1571, sous le règne de Philippe II, débute la construction de la citadelle. Au xvie siècle, des murailles cernèrent l’agglomération et les jacquets pénétraient dans son enceinte par la porte de France, proche de la cathédrale Sainte-Marie. Elle fut prise par les Français en 1808.

Pour certains partisans du nationalisme basque, Pampelune serait la capitale historique d’Euskal Herria (littéralement le « pays de l’euskara » ou plus communément le « Pays basque » au sens large).

 

Guerre civile

Aux élections de février 1936, Pampelune avait vu le « bloc de droite » remporter les élections localement avec près de cinq fois plus de votes que le front populaire.

Cela permit au général rebelle Mola de réaliser sans difficulté la prise du pouvoir de la ville. La seule opposition sérieuse fut celle du commandant de la guardia civile, fidèle à la République. Celui-ci fut assassiné par un de ses hommes.

Les rebelles tuèrent 303 habitants de Pampelune dont les élus de gauche de la municipalité.

La citadelle fut le lieu d’exécution pendant toute la durée de la guerre civile.

 

Culture locale et patrimoine

Édifices religieux

La ville compte plusieurs églises, parmi lesquelles :

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la cathédrale Santa Maria de Pampelune ;

l’église Saint-Nicolas ;

l’église San-Saturnino (ou de San-Cernín, ou San-Sernín) au nom de San Saturnino (ou San Cernín, ou San Sernín) l’évangélisateur de la ville. Elle garde une tradition du pèlerinage de Compostelle. En plein cœur d’un quartier ancien aux rues étroites, cet édifice composite mêle les styles roman (tours de brique) et gothique (porche et voûtes du xiiie siècle) à de nombreux ajouts postérieurs. Elle a un aspect de forteresse flanquée par des tours robustes.

Édifices civils

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L’hôtel de ville (Ayuntamiento) de Pampelune xviie siècle.

L’hôtel de ville (Ayuntamiento) possède une façade baroque de la fin du xviie siècle, qui fut reconstruite avec ses statues, balustrades et frontons ;

Le musée de Navarre est élevé à l’emplacement d’un hôpital du xvie siècle, dont il a conservé la porte Renaissance. L’époque romaine est représentée par des vestiges lapidaires : stèles funéraires, inscriptions et pavements de mosaïques provenant de « villas » des iie siècle et ive siècle. L’art roman est en vedette avec les chapiteaux du xiie siècle de l’ancienne cathédrale de Pampelune : l’artiste inconnu qui sculpta les trois scènes bibliques des chapiteaux exposés au milieu de la salle – Passion, Résurrection et Histoire de Job – se montre aussi minutieux dans les détails que puissant dans la composition et génial dans l’invention. Peinture gothique et Renaissance. Les trois premières salles reconstituent l’intérieur du palais d’Oriz décoré de panneaux peints en grisaille du xvie siècle, relatant l’histoire d’Adam et Ève et les guerres de Charles Quint. Les salles suivantes exposent de nombreux fragments de peintures murales venues de toute la province : Artalz (xiiie siècle), Artajona et Pampelune (xiiie – xive siècle), Gallipienzo (xive – xve siècle), Dilate (xve siècle). Si les genres apparaissent divers, on retrouve le trait légèrement appuyé, l’accumulation des personnages, le hanchement prononcé, hérités de la miniature française et illustrés par Juan Oliver qui décora en 1330 le réfectoire de la cathédrale (salle 24.) Parmi les chefs-d’œuvre exposés dans ce musée, citons le coffret hispano-arabe de Leyre en ivoire venant de Cordoue du début du xie siècle, et le portrait du marquis de San Adrian peint par Goya. En sortant, voir, dans la cour, la grande mosaïque de la villa de Liédena du iie siècle ;

la Chambre des Comptes de Navarre ;

le Palais des Rois de Navarre ;

le Palais épiscopal ;

le Théâtre Gayarre.

Festivités

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Encierro (le 8 juillet 2013).

Fêtes de San Fermin

Du 6 au 14 juillet, les fêtes de la Saint-Firmin donnent lieu à de bruyantes réjouissances populaires. Une atmosphère de liesse règne alors dans la ville qui voit doubler le nombre de ses habitants. De nombreuses attractions sont proposées aux Navarrais et aux touristes : concerts de musique folklorique, de jazz, de txistu (flûte basque à trois trous), bals, procession de la statue de saint Firmin, etc.

De grandes courses de taureaux sont organisées mais la manifestation la plus spectaculaire et la plus prisée des Pamplonicas reste l’encierro qui a lieu tous les matins à 8 h. Les taureaux qui combattront le soir même sont lâchés dans les rues suivant un itinéraire précis, long de 800 m, qui les mène aux arènes en quelques minutes. Les jeunes gens vêtus de blanc avec foulard et ceinture rouges et vestes de différentes couleurs vont à la rencontre des puissants taureaux fonçant toutes cornes en avant, et se mettent à courir devant eux.

Il y existe une version allégée de cette fête appelée : San Fermin txiki. La date est fixée autour du 25 septembre, et il est dépourvu de touristes, mais aussi de taureaux.

Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

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Chemin de Saint-Jacques (Camino de Santiago) en Navarre :
jonction des Camino navarro et Camino aragonés à Puente la Reina.

Pampelune est située sur le Camino navarro du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, entre Villava et Cizur Menor. C’est la deuxième étape d’après le Guide du Pèlerin d’Aimery Picaud. Le pèlerin jouissait à Pampelune d’une protection spéciale grâce au privilège de l’Union. Dans les rues de Dormitalería au no 13 et Compañía au no 3, il existait des hospices pour les pèlerins. Au xvie siècle on a construit un hôpital général, aujourd’hui le musée de Navarre.

 

Le miracle de l’âne

C’est le sixième miracle du De miraculi sancti Jacobi. En 1100, un pèlerin français de Poitiers arrive à Pampelune avec sa famille. Ils font halte dans cette ville pour se reposer et reprendre des forces.

Ils se logent dans un « hostal ». La femme du pèlerin tombe alors malade et ils doivent rester plus longtemps que prévu. Cette dernière décède finalement des suites de sa maladie. L’hôtelier, voyant que son hôte risquait de partir sans payer, lui réclame une grosse somme en alléguant que le séjour avait été long. N’ayant pas suffisamment d’argent, le pèlerin lui laisse son cheval et se remet en route avec ses deux fils en bas âge. Chemin faisant il s’arrête pour prier saint Jacques et lui demander de l’aide.

À la sortie de Pampelune, une personne vénérable l’aborde et lui prête un âne pour l’aider dans son voyage. Quand ils arrivèrent enfin à Santiago, le pèlerin eut une vision de l’Apôtre en qui il reconnut la personne vénérable de Pampelune. De retour à Pampelune, il prit des nouvelles de l’aubergiste et apprit qu’il avait trouvé la mort dans un accident. Les gens de l’hostal déclarèrent qu’il avait subi une punition divine à cause de son manque de charité envers les pèlerins.

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Puente la Reina-Gares

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Puente la Reina en espagnol, ou Gares en basque est une ville et une municipalité de la communauté forale de Navarre, dans le Nord de l’Espagne.

Elle est le chef-lieu de la comarque de Puente la Reina. Son nom officiel, juxtaposition des noms castillan et basque, est Puente la Reina-Gares. C’est aussi le nom de la ville chef-lieu de la municipalité.

Le Camino navarro des chemins de Compostelle rejoint en amont de cette ville (cf. infra) le Camino aragonés pour former le Camino francés. Elle est située dans la zone linguistique mixte de la province.

Histoire

Il ne fait aucun doute que le site de Gares ait été peuplé dès l’antiquité, en effet une voie unissait la ville de Pampelune à la vallée de l’Èbre et la cité romaine d’Andelos est toute proche. Il est vrai que les sources écrites sont inexistantes et que cela reste des hypothèses. Jusqu’à l’an mil, au débouché de la Valdizarbe, vallée qui longe la rivière Arga, affluent de l’Èbre, de Pampelune à Puente la Reina en passant par Echarri, il y avait ici un gué redouté des pèlerins, tant à cause des crues que des passeurs.

Gares tout entière s’est tournée vers les revenus du pèlerinage, avec la construction d’un pont pour faciliter le passage des pèlerins. L’ancien site a été par la suite abandonné pour une ville neuve au plan rigoureux. Elle est enfermée dans une enceinte avec une église.

À l’intérieur de cette enceinte, des parcelles ont été définies de part et d’autre de la route. À l’extérieur et pendant au pont, l’hospice et le monastère avec sa chapelle ont été édifiés à l’attention des pèlerins rejetés.

Puente la Reina qui signifie littéralement Pont de la Reine, tire son nom du pont à six arcs brisés et piliers ajourés que fit bâtir au xie siècle une souveraine pour les pèlerins, mais laquelle ? Les historiens ne se sont toujours pas prononcés, hésitant entre Doña Elvira, dite Doña Mayor, épouse de Sanche III el Mayor (le grand) (981-roi 1000-1035) et Doña Estefania, épouse de Garcia de Nàjera (1021-roi 1035-1054). Ce pont est mentionné dans la chronique du Pseudo-Turpin, Charlemagne étant venu, selon le texte, « usque ad pontem Arge » .

En 1090, à la demande de l’abbé du monastère d’Irache, des Francs construisirent des moulins sur la rivière et, en 1121, Alphonse Ier d’Aragon, dit le Batailleur (1073-roi 1104-1134) confiait, à un certain Monètario, la responsabilité de fonder, en cet endroit, une ville nouvelle en accordant aux jacquets qui s’y fixent des privilèges identiques à ceux d’Estella. Pour encourager ceux qui souhaitaient venir s’y installer, il leur céda des terrains entre l’Arga et le pré d’Obanos. Dès lors, un noyau de Francs s’y fixa pour l’accueil des pèlerins.

La charte signée (fors) entre Alphonse Ier d’Aragon et les villageois va permettre un grand développement économique, et le nom de la ville Gares change son nom basque pour celui de Puente la Reina, nom du pont déjà construit depuis près d’un siècle.

Le plan rectangulaire et régulier de la ville, organisé autour de l’axe central que constitue la Calle Mayor, rappelle celui de certaines bastides d’Aquitaine et du Languedoc, de fondation plus tardive. Puente la Reina prend alors cette disposition si caractéristique de ville rue du Camino.

Le carlisme, sous la devise « Dieu, Patrie et Roi » fut très bien accueilli en Navarre. Plusieurs localités navarraises situées prinicipalement au nord et au centre furent le théâtre d’affrontaments et de rencontres depuis 1833 jusqu’à 1876. Lors des conflits carlistes, la région de Puente la Reina-Gares devint un lieu de passage vers la conquête de Pampelune, et fut le scénario de nombreuses batailles ; cette localité était sous le pouvoir des libéraux lorsque les carlistes commencèrent à l’asséger en juillet 1835. Les libéraux, se voyant traqués, sortirent du siège et reussirent à tuer par surprise les artilleurs carlistes qui étaient en train de les canonner, ce qui obligea ces derniers à se retirer.

 

Les Templiers et les Hospitaliers

Des Templiers furent invités à s’établir dans la ville dès 1142 et reçurent, du roi Garcia V Ramírez de Navarre (1107-roi 1134-1150), le droit de vendre du pain et du vin. Ils firent construire, à l’entrée de la ville, l’église de Santa Maria de las Huertas, appelée aujourd’hui, l’église du Crucifix car elle abrite un magnifique Christ rhénan du xive siècle.

Après la dissolution de l’Ordre du Temple par le roi de France, Philippe le Bel, en 1312, ce furent les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui reprirent ses biens.

En 1442, Jean de Caumont, le prieur des Hospitaliers, fonda, à proximité de l’église du Crucifix, un grand hôpital de pèlerins.

Culture et patrimoine

Patrimoine civil

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Le pont des pèlerins.

La rúa Mayor

La grande rue garde une atmosphère médiévale avec ses maisons à portes gothiques et à chapiteaux, ses fréquentes églises… Elle traverse toute la ville jusqu’au fameux pont des pèlerins.

Le pont des pèlerins

Il enjambe le rio Arga, un affluent de l’Èbre. Avec ses six arches, il a conservé son aspect d’origine, à l’exception de la porte fortifiée, construite postérieurement, où les pèlerins devaient acquitter un péage, et celle de la chapelle Notre-Dame, aujourd’hui disparue.

 

Patrimoine religieux

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L’église del Crucifijo

Christ de bois

L’église du Crucifix, d’allure carrée, coiffée d’un fort clocheton ajouré en plein cintre, garde la marque des Templiers qui la bâtirent et y tinrent un hôpital, auquel a aujourd’hui succédé un collège.

Le portail ogival est décoré de coquilles et de plantes.

L’intérieur de l’église est à l’image du dépouillement voulu par les « moines-soldats, » le silence est propice au recueillement face à la statue romane de Santa Maria de las Huestas. La simple nef romane d’origine du xiie siècle, a été doublée au xive siècle, d’une autre nef à trois travées sous laquelle se trouve un Christ de bois du xive siècle, cloué sur la croix en position de Y, œuvre sans doute apportée par un pèlerin allemand.

L’église de Santiago

Elle se trouve à mi-rue de la rúa Mayor, mentionnée dès 1142, restaurée au xvie siècle, garde de ses origines un portail roman qui fut exécuté à la fin du xiie siècle, à cinq voussures. Elle offre l’exemple de l’un des rares emprunts effectués par les portails navarrais à l’art musulman. Il s’agit du dessin polylobé et ajouré de la voussure centrale. On retrouve cette particularité à San Pedro de la Rúa à Estella, ainsi qu’à San Román de Cirauqui.

Sur les voussures historiées du portail de l’église de Santiago le décor disposé dans le sens de la courbure des arcs, s’ordonne de part et d’autre de sujets placés à la clef. Le nombre des sujets approche quatre-vingt-dix.

À l’intérieur de l’église Saint-Jacques, le retable baroque raconte la vie de saint Jacques. Face à l’entrée, on admirera la splendide statue, taillée dans le cèdre, de saint Jacques pèlerin, pieds nus, bourdon en main, coquilles sur le chapeau, le visage émacié et extatique. On l’appelait beltza, le noir en basque, car la fumée des cierges l’avait noirci, et, récemment, il fut sauvé de justesse du bois de chauffage auquel il était promis… Derrière le maître-autel plusieurs scènes illustrent la vie de l’apôtre, patron de l’église.

L’église San Pedro Apostol

Avant d’atteindre le pont, une ruelle sur la gauche conduit à l’église Saint-Pierre Apôtre. Récemment restaurée, l’église avec sa croisée d’ogives simple, est du début du xve siècle, avec de nombreuses adjonctions baroques. Les chapelles, le retable et les orgues sont de 1694.

Elle succéda sans doute à une première église Saint-Pierre qui appartenait déjà en 1174 au monastère de Leyre. Dans la première chapelle du côté de l’autel, le retable de Notre-Dame du Puy ou du Txori, de l’oiseau, conserve la statue de pierre qui, jusqu’en 1834, se trouvait sur le pont.

 

Pèlerinage de Compostelle

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L’entrée de la ville et le clocher de l’église du Crucifix.

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La statue moderne du Pèlerin.

Comme au Moyen Âge, l’entrée dans la ville se fait entre deux tours, vestiges d’une des portes qui s’ouvraient dans les murailles, dont il ne reste pratiquement rien. Puis on passe sous la voûte reliant l’ancien hôpital, qui accueillait les pèlerins, à la « Iglesia del Crucifijo » (l’église du Crucifix), fondée par les Templiers.

Le chemin de Saint-Jacques se confond avec la rue principale, la rúa Mayor ou calle de los Romeus.

Les étapes adjacentes

Puente la Reina se trouve sur le chemin du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins qui ont pris le Camino navarro arrivent d’Obanos ; ceux qui ont pris le Camino aragonés arrivent d’Eunate.

La prochaine halte est Mañeru, puis Cirauqui, qui signifie « nid de vipère » en basque, et son église San Roman (Saint-Romain).

Un seul chemin

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Chemin de Saint-Jacques (Camino de Santiago) en Navarre :
Jonction des Camino navarro et Camino aragonés à Puente la Reina-Gares.

À l’entrée de Puente la Reina en venant d’Obanos, une statue moderne du pèlerin, érigée en 1965, porte une plaque rappelant qu’ici « el Camino aragones » et « el Camino navarro » se fondent en un seul « Camino frances, » le chemin français : « Y desde aqui, todos los caminos a Santiago se hacen uno solo. » (et à partir d’ici, tous les chemins à Santiago ne font plus qu’un.)

Cette inscription reprend le Guide du Pèlerin d’Aimery Picaud au Chapitre Premier, Les Chemins de Saint-Jacques. « La route qui passe par Sainte-Foy, celle qui traverse Saint-Léonard et celle qui passe par Saint-Martin se réunissent à Ostabat et après avoir franchi le col de Cize, elles rejoignent à Puente la Reina celle qui traverse le Somport ; de là un seul chemin conduit à Saint-Jacques. »

Mais elle comporte deux erreurs :

d’une part, elle oublie que d’autres chemins de Saint-Jacques commencent à être mieux connus, comme celui du littoral cantabrique, celui du littoral français qui le rejoint à Vitoria-Gasteiz, ou bien la Ruta mozarabe et la Víafoulard de la Plata, par Séville et Salamanque.

d’autre part, concernant le chemin français, elle est également inexacte, car elle a été reportée à l’actuel carrefour des routes nationales, carrefour qui se situait en fait à 1 500 mètres en amont. Les pèlerins venus par l’Aragon rejoignaient le Camino navarro à la sortie d’Obanos, très exactement à l’ermitage San Salvador.

 

L’étape du Codex Calixtinus

Dans le Guide du Pèlerin, Aimery Picaud cite au Chapitre VI, Fleuves bons et mauvais que l’on rencontre sur le chemin de Saint-Jacques : « Voici les fleuves que l’on rencontre depuis le port de Cize et le Somport jusqu’à Saint-Jacques : […] du port de Cize jaillit un fleuve sain que beaucoup appellent la Runa, et qui traverse Pampelune. À Puente la Reina coulent à la fois l’Arga et la Runa ; […] dont les eaux sont saines. »

 

Légende

La Vierge et le petit oiseau

Jusqu’au siècle dernier, se dressait au milieu du pont une Vierge Renaissance, la statue de Nuestra Señora del Puy (Notre-Dame du Puy), témoignage des liens du pèlerinage de Compostelle avec le grand sanctuaire marial du Puy-en-Velay. Or selon la légende, un petit oiseau remontait le fleuve en s’y mouillant les ailes pour laver ensuite le visage de la Vierge. Devant la foule des habitants, il répétait son manège jusqu’à ce que le visage fût parfaitement propre, puis disparaissait.

Tous les habitants voyaient là un signe d’abondance et de prospérité. Hélas ! Victime de l’outrage des ans, la statue, fort abîmée, fut transportée en 1846 à l’église San Pedro, où elle est connue sous le nom de la Vierge du « Chori » ou « Txori » (oiseau en basque).

Depuis cette année-là, jamais le petit oiseau ne reparut.

 

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Estella-Lizarra

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Estella en espagnol, ou Lizarra en basque, est une municipalité située dans le Nord de l’Espagne, chef-lieu de la Comarque de Tierra Estella (Lizarrerria), dans la communauté forale de Navarre.

Elle est située dans la zone linguistique mixte de la province. Le Camino francés du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passe par cette ville.

Géographie

Dispersée sur un terrain accidenté de part et d’autre de l’Ega, Estella est morcelée en « paroisses » qui ont grandi sans perdre leur personnalité.

Située à 426 mètres d’altitude, elle est entourée par les monts : MontejurraPeñagudaCruz de los CastillosSanta Bárbara et Belástegui. Ce cercle de montagnes la protège des vents.

Estelle est située sur la rivière Ega, affluent de l’Èbre.

Toponymie

Dans les archives diplomatiques d’Iratxe, village situé à 3 km de la ville, les références à ce toponyme sont fréquentes dans des documents du xie siècle, et selon les cas, on y trouve les noms suivants: « Leizarrara », « Lizarrara », « Liçarrara », « Lizarara », « Liçarra » et « Lizarra ». Le toponyme, évidemment basque, a été interprété dans certains cas comme ilizar, « ancienne ville », et aussi comme elizar, « ancienne église »; toutefois il paraît y avoir une plus grande solvabilité étymologique pour « Lizar », frêne en euskera, donc « Lizarra », « le frêne ». Cette étymologie est en rapport avec la possible abondance de cet arbre à cet endroit.

Ce village existait déjà au temps des romains sous le nom basque de Lizarra qui signifie L’étoile (Izarra). Quand Sancho Ramirez de Navarre décida d’y installer une colonie de francs, il décréta un fuero en 1090 qui déclarait la ville sous le nom d’Étoile en espagnol: Estrella.

La légende rapporte qu’en 1085, des bergers alertés par une pluie d’étoiles, miraculeuse, découvrirent la statue dite de Notre-Dame-du-Puy. Et depuis ce temps-là, le bourg primitif, dont il est fait mention, à l’époque romaine sous le nom de Gebalda, fut appelé Estella, nom proche du terme castillan estrella, étoile. En tout cas, pour les pèlerins, la ville était Estella Bella, Estella la belle et la Basilique de la Vierge du Puy veille sur la ville.

Histoire

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Estella, site d’intérêt militaire vers 1840

La cité est établie près du bourg primitif de Lizarra, reconquise en 914 par Sancho Garcés.

En 1090 le roi Sanche Ramirez, (Sanche Ier d’Aragon, roi de Navarre et d’Aragon) décide de développer et de susciter un repeuplement afin de pourvoir la cité de commerçants, d’hommes libres et d’ecclésiastiques. Cette population s’occuperait de l’afflux croissant des pèlerins de Compostelle. Pour cela il a dévié le chemin primitif du pèlerinage et construit un château sur la rive droite du rio Ega, au pied d’un petit relief rocheux. La même année il a accordé un « fuero » (charte), basé celui de Jaca, en autorisant l’installation de « Francos », mais en soumettant les Navarrais au pouvoir royal.

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Estella et le rio Ega

En 1187, Sanche le Sage (Sanche VI de Navarre, 1150-1194) décide de repeupler la cité avec des Navarrais, en accordant aux nouveaux habitants un juridiction identique à celle qui avait été rédigée en 1164 pour les « Francos ». En 1188 il a accordé la même juridiction au quartier de Arenal. Ont coexisté, par conséquent, trois noyaux de population différents, qui ont été réunis en une seule commune en 1266.

Sa situation sur le chemin de Compostelle a attiré des commerçants, principalement des « francos » et des juifs, provenant du Puy-en-Velay et de Tours, comme l’ont montré les récentes fouilles et études des églises et cimetières.

Dans Estella des commerces et des hospices se sont établies, ce qui a engendré un essor économique, qui a eu pour conséquence une importante activité ; le noyau commercial primitif a été transformé un ensemble urbain bien défini dans un bref espace de temps.

À partir du xiie siècle on construit des bâtiments, principalement religieux, qui, suivant l’expression de Julio Caro Baroja, ont fait d’Estella « la capitale de l’art roman navarrais ». Au xiiie siècle, Estella était la ville des négociants et possédait une bourse de change.

Estella atteint son apogée au xiiie siècle ; sa décadence commence au siècle suivant. Ceci est dû à des faits comme la dissolution des confréries en 1323 et des conflits entre la Navarre et la Castille tout au long des xive et xve siècles.

La ville, appauvrie par la guerre civile et par les inondations qui l’ont détruite, est tombée entre les mains des troupes de Ferdinand le Catholique en 1512. Cinquante années plus tard on a décidé la démolition de sa forteresse. Durant la troisième guerre carliste (1872-1876), Estella devint la capitale de l’État carliste, siège de son gouvernement jusqu’à la prise de la ville par les troupes alphonsines (1876), et la fuite du roi Carlos VII.

Culture et patrimoine

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Le pont del Càrcel (de la prison)

 

Pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

On vient de Villatuerta, la prochaine étape est le Monastère Santa Maria la Real d’Irache.

Aimery Picaud, dans son Guide du Pèlerin rapporte que : « le pain est bon, le vin excellent, la viande et le poisson abondants, et qui regorge de tous délices. » Il fait aussi l’éloge des qualités de l’eau de l’Ega, « une rivière d’eau douce, saine et extraordinaire ».

« Estella la bella » ainsi l’appelaient au Moyen Âge les pèlerins, était une étape importante du « chemin », la troisième du Guide du Pèlerins. En 1354 il existait six hôpitaux.

 

Patrimoine religieux

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L’église de San Pedro de la Rúa

Sur les contreforts de la falaise où se trouvait le château, l’église se dresse face au Palais des rois de Navarre.

Cette église était connue au xiiie siècle sous le nom Saint Pierre le Majeur. Elle était mentionnée comme église paroissiale depuis 1174, bien qu’il soit possible qu’elle existait antérieurement. En 1256 elle a eu comme fonction d’église principale d’Estella, iglesia mayor de la ciudad.

Le portail, au sommet d’un escalier monumental, ouvre sur le mur Nord ; les chapiteaux et les voussures sont richement sculptés à caractère végétal, géométrique et figurée, mais son originalité réside dans l’arc d’entrée en tiers-point, bordé de petits lobes, qui témoigne de l’influence de l’art d’al-Andalus, avec de grandes similitudes avec les portails des proches églises de San Román de Cirauqui, et celle Santiago à Puente la Reina. Sur les jambages de la porte une riche figuration classique et de type scatologique, avec sirènes, centaures, harpies et griffons.

L’intérieur présente des parties de la première église du xiie siècle quand on a conservé le chevet de l’église. Les nefs sont du xiiie siècle et la baie vitrée est gothique, situé dans la paroi nord de l’église. Le narthex et la tour sont du xve siècle. Les voutes des nefs sont des xvie et xviie siècles.

Elle abrite diverses œuvres entre lesquelles il convient de souligner le Retable de la Vierge du Rosaire (première moitié du xviie siècle), dans la nef centrale se trouve un tableau de la Vierge de la O, du xive siècle. La chapelle de San Andres, patron de la ville, est construite dans un style baroque à partir de 1706. Le Retable, réalisé à la fin du xviiie siècle, est de style rococo.

À remarquer les trois absides romanes, dans celle du centre une colonne est faite de trois serpents entrelacés.

Dans le Presbytère se trouve un tableau de la Vierge de Bethléem, fin du xiiie siècle. D’autres retables dont celui de San Nicolás et celui de la Santísima Trinité, du xviie siècle.

Les fonts baptismaux sont du xiie siècle, seul objet liturgique du bâtiment primitif.

Le cloître.

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Le cloître de l’église San Pedro de la Rúa

Le cloître roman a perdu deux galeries en 1572, lorsqu’on fit sauter le château voisin, on conserve seulement les galeries occidental et septentrional, datées de 1170.

La virtuosité technique et l’esprit inventif du sculpteur des chapiteaux font regretter les parties manquantes. La galerie Nord représente des scènes de la vie du Christ et des saints Laurent, André et Pierre. Les thèmes végétaux et animaliers occupent la galerie ouest où l’architecte facétieux a glissé un groupe de quatre colonnes obliques.

 

L’église de San Miguel

Des documents démontrent l’existence d’une paroisse peuplé de Navarrais, et consacrée à San Miguel depuis 1145.

Située au-dessus de « la Mota », un escarpement rocheux adapté pour la défense de la ville. Cependant, les restes les plus anciens qui sont conservés démontrent une construction probablement entre 1187 et 1196, date de l’invasion de la Navarre par les castillans pendant le règne de Sanche le Fort (Sanche VII de Navarre, 1194-1234). Les travaux se sont prolongés dans le temps, de ce fait on trouve différents styles.

Le chevet, de la fin du roman est composé de cinq absides. Les cinq chapelles sont couvertes de voûtes en berceaux. Les trois nefs, de trois travées chacune, sont du début du gothique, et elles correspondent à une restauration effectuée dans la première moitié du xvie siècle.

On accède par deux portails, situées de chaque côté de l’épître et de l’évangile. Côté Sud, du xiiie siècle, il est très simple, avec des archivoltes soutenues dans des chapiteaux décorés avec des végétaux stylisés. Le portail Nord semble avoir été conçu comme un défi lancé aux habitants de l’autre rive. Au tympan, le Christ est entouré des évangélistes et de personnages énigmatiques. Sur les voussures, on distingue des anges portant des encensoirs, les vieillards de l’apocalypse, les prophètes et patriarches, des scènes évangéliques et les martyres des saints. Sur les chapiteaux : enfance du Christ et scènes de chasse. Sur les murs au registre du haut, huit statues colonnes représentent des apôtres. Au registre du bas deux hauts-reliefs, les plus achevés et expressifs du portail, montrent à gauche saint Michel terrassant le dragon, à droite les trois Maries arrivant du Sépulcre. Par la noblesse des attitudes, l’élégance des drapés, l’expression des visages, cette dernière scène est un chef-d’œuvre de la sculpture romane.

Elle conserve d’importants trésors artistiques, notamment le retable de sainte Hélène, offert par Martín Pérez de Eulate et Toda Sánchez de Yarza, dont les tombes se trouvent dans l’intérieur de l’église.

 

L’église du Santo Sepulcro

Située dans l’ancienne Rúa des Pèlerins, actuelle rue de Tanneurs, c’est une des paroisses plus anciennes que la ville. Elle figure dans un registre de 1123, et était déjà siège de la confrérie du Saint-Sépulcre. Son élaboration montre des traces d’un long processus constructif, entamé pendant la période romane et qui s’est poursuivi jusqu’au xvie siècle. En 1881 elle n’a plus été utilisée comme église paroissiale.

De l’église originale (du xiie siècle) on conserve la nef de l’évangile avec son abside semi-circulaire. Au xive siècle, les chevets de la chapelle centrale et de celle du côté sud furent construites, toutefois il ne subsiste qu’une partie des murs de la chapelle centrale, tandis que la chapelle sud il ne reste plus que les fondations.

On accède à l’intérieur par un portail gothique du début du xive siècle. Il est composé de douze archivoltes qui reposent sur des colonnes rehaussés par des chapiteaux décorés avec des motifs végétaux. On reconnaît sur trois registres : la Cène, les trois Maries au Sépulcre et l’enfer, le Calvaire. Les niches qui encadrent le portail abritent des saintes et des saints traités avec un certain maniérisme.

 

La Basilique de Notre-Dame du Puy

L’actuelle basilique remplace une précédente église, de style baroque, selon un plan élaboré en 1929. Le projet a été totalement modifié en 1949, et s’est prolongé jusqu’en 1951.

À partir d’un élément symbolique – un plan sous forme d’étoile, évocation de l’apparition de la Vierge -, il s’agit d’un bâtiment de style gothique, où la principale préoccupation de l’architecte a été la diffusion de la lumière.

La basilique possède un tableau de la Vierge du Puy en majesté, patronne de la ville, couverte en argent, du xive siècle. À signaler deux tableaux du Christ, réalisés au xviie siècle.

 

Patrimoine civil

Plaza de San Martin

À l’origine, c’était le centre du quartier des Francs Bourgeois tout bouillant de l’animation de ses échoppes et de ses auberges. Aujourd’hui rien ne trouble le calme de cette harmonieuse petite place si ce n’est le clapotis de sa fontaine. Sur un des côtés, l’ancien hôtel de ville arbore une façade blasonnée du xvie siècle.

La calle de la Rùa

C’était le chemin qu’empruntaient les pèlerins. Au no 7 le palais de Fray Diego de Estella présente une façade plateresque décorée d’un blason.

Le Palais des Rois de Navarre

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Aussi connu comme le « Palais des Ducs de Grenade d’Ega », c’est le seul bâtiment roman à caractère civil existant en Navarre.

Il s’agit d’un bâtiment roman construit dans la seconde moitié du xiie siècle, situé sur la place de San Martín et en faisant angle avec la rue de San Nicolás, ancienne rues des pèlerins.

L’élément le plus significatif est sa longue façade principale, située face au perron de San Pedro de la Rúa, percée d’arcades et de baies géminées remarquables par leurs chapiteaux.

Il est composé de deux étages, qui sont divisés en hauteur par une corniche simple. Le corps inférieur constitue une galerie de quatre arcs encadrés par des colonnes adossées à la paroi, avec comme décoration des chapiteaux de type végétal et figuré. Dans la partie gauche on trouve des scènes stylisées qui racontent un épisode de la Légende de Roland, concrètement la scène de la lutte de Roland contre Ferragut, en essayant d’exemplifier la lutte du bien contre le mal. Il est signé par Martinus de Logroño. Dans la partie droite la décoration est formée par de fines feuilles

 

Gastronomie

C’est à Estella en Navarre, et nulle part ailleurs en Espagne, que l’on peut consommer le gorrín, succulent cochon de lait qui fond sous la dent. On le trouve dans les asadores, ces restaurants de feu de braise. Les meilleurs sont dans les rues adjacentes à la place centrale du marché de ce solide bourg ecclésiastique. On braise le porcelet après le marché du mercredi et les restaurants font le plein pour le weekend. Il est donc peu opportun de se présenter un lundi ou mardi pour en consommer.

Il existe aussi le cochinillo de Segovia, mais les fins connaisseurs locaux vous le diront, rien ne vaut le gorrín d’Estella en comparaison, surtout accompagné du cogollo de Tudela, la laitue provenant du Sud de la Navarre réputée sur toutes les marchés de la péninsule.

Après avoir fait honneur à la gastronomie locale pour le déjeuner, vient un appel à l’herbe tendre qui entoure par les rives de l’eau passante ; la promenade parmi les herbes et essences d’arbres bordant la rivière semble aller de rigueur en continuation du menu précité.

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Vue sur Estella et le rio Ega

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Torres del Río

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Torres del Río, appelée aussi autrefois Torres de Sansol, est une municipalité de la communauté forale de Navarre, dans le Nord de l’Espagne. C’est aussi le nom du chef-lieu de la municipalité.

Il est situé dans la zone non bascophone de la province, dans la mérindade d’Estella et à 70 km de sa capitale, Pampelune. Le castillan est la seule langue officielle alors que le basque n’a pas de statut officiel.

Le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passe par cette localité.

Histoire

Torres del Rio, appelée aussi Torres de Sansol, existait avant l’invasion musulmane comme le signalent les chroniques, et fut reconquise après la prise de Villamayor de Monjardín. Son monastère a été construit par don Jimeno Galíndez, abbé du monastère d’Irache en 1109.

Son suzerain Alvar Díaz de Medrano, fils de Juan Martínez de Medrano, qui avait acheté les droits sur la région, les donna en 1341 au roi de Navarre, à la condition de pouvoir jouir de la juridiction de Viguera. Quelques années plus tard cette donation a été confirmée par le roi Philippe III de Navarre.

Par la sentence du roi Louis XI, dans les conflits qui opposaient Henri IV Castille et Juan II d’AragonTorres del Rio fut annexée par la Castille en 1463, tout comme Los Arcos et les villes environnantes.

Culture et patrimoine

Patrimoine civil

Dans le village se trouvent des maisons blasonnées.

 

Patrimoine religieux

L’église du Saint-Sépulcre

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Cette église, qui appartenait aux chanoines de ce nom, est l’un des monuments les plus singuliers du chemin et l’un des meilleurs exemples du roman tardif en Navarre. Sa principale originalité, en dehors de son plan octogonal, réside dans les influences qu’il a subies de la part de l’art musulman d’Espagne. Ainsi s’expliquent notamment la présence des nervures qui s’entrecroisent sous sa coupole, que supportent de grosses ogives rectangulaires.

Le toit est surmonté d’un lanternon octogonal qui brillait dans la nuit, évoquant ceux des minarets, et qui servait jadis de lanterne des morts. On accède au lanternon par une tourelle accolée à l’ouest, tandis qu’à l’est s’arrondit le chevet semi-circulaire de la chapelle absidiale, voûtée en cul-de-four. À l’intérieur, les lignes verticales dominent, la magnifique coupole en étoile, d’influence mudéjare, est d’une géométrie parfaite, et ressemble à celles de l’église Sainte-Croix à Oloron-Sainte-Marie et de L’Hôpital-Saint-Blaise, sur le versant français.

Les magnifiques fenêtres disposées au bout des branches de l’étoile, les modillons et chapiteaux historiés sont les seuls éléments décoratifs. Le plan et la mise en œuvre de cet édifice laissent à penser que la construction, les conditions, fut le fait soit d’un personnage important du xiie siècle ou des Templiers. De beaux chapiteaux et un Christ hiératique.

Sa ressemblance avec la chapelle d’Eunate et celle du Sancti Spiritus de Roncevaux a frappé les spécialistes qui y voient une chapelle funéraire car elle a conservé sa lanterne des morts.

La chapelle Nuestra Señora del Poyo

Reconstruite au xviiie siècle, la chapelle Nuestra Señora del Poyo (Notre-Dame du Puy), haut perchée sur son belvédère, fut signalée par des pèlerins aux XIIe, XIIIe, et XVe siècles.

L’église San Andrés

Église du xvie siècle.

 

Pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Sansol.

Le prochain jalon est Viana, dernière halte en Navarre, avec son église Santa Maria et son ermitage Nuestra Séñora del Poyo (Notre-Dame du Puy).

Dans le Guide du Pèlerin, Aimery Picaud l’appelle « Turres » où « coule un fleuve qui donne la mort aux chevaux et aux hommes qui en boivent l’eau. »

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Nájera

 Nájera, ou Naiara en basque, est une commune située dans le Nord de l’Espagne, dans la Communauté autonome de La Rioja.

C’est aussi le chef-lieu de la commune ainsi que de la Comarque de Nájera.

Le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passe par cette localité.

Géographie

Nájera se trouve sur le rio Najerilla, à 28 km de Logroño. La ville est dominée par le Pico Nájera au sud-est (666 m) et les collines (cerros) Malpica avec sa grande croix de fer, De la Horca, Mal Vecino, La Atalaya y Castillo, à l’est.

Histoire

Nájera est une ville d’origine préhistorique. Terre de passage, située en un lieu stratégique, elle a vécu différentes cultures et colonisations : Ibères, Celtes, Vascons, Romains, Suèves, Arabes, etc.

Entre les viiie et xe siècles Nájera fit partie des domaines du clan des Banu Qasi, des nobles wisigoths convertis à l’Islam. Depuis le début du xe siècle, Nájera est mentionnée dans les chroniques sur les luttes continues entre les maures et les chrétiens. Les arabes lui ont donné le nom de Náxara (« lieu entre les rochers ») son rio Naila, appelée Naxarilla. Les arabes y avaient construit deux châteaux aux extrémités des éperons ouest et sud.

Elle a été définitivement reconquise par Ordoño II (914-924) de León en 923, avec l’aide de Sancho Garcés Ier de Navarre (905-925).

Au xie siècle, Sanche III le Grand de Navarre (1000-1035), maître des lieux, accorda un fuero (charte) à la ville, origine de la législation navarraise. Il y aménagea un palais dans lequel furent frappées les premières monnaies connues de la Reconquista.

Nájera atteint son apogée sous le règne de Garcia IV, dit El de Nájera (1035-1054), qui favorise l’essor de la ville, et veille à héberger confortablement les pèlerins en édifiant un hôpital et une auberge. Il fonda le monastère de Santa Maria la Real. Nájera devint alors la deuxième capitale de la Navarre jusqu’à la bataille d’Atapuerca le 1er septembre 1054, où il trouva la mort. Il a aussi institué l’Ordre Militaire des Chevaliers de la Terraza ou de la Jarra, premier ordre religieux militaire créé en Espagne.

En 1076, Alphonse VI de Castille (1072-1109) s’empara définitivement de la ville, en lui conservant ses « fors » (chartes). Il confia le monastère à l’ordre de Cluny.

Au xiie siècle, Nájera s’entoura de murailles et au xve siècle, elle reçut le titre de Villa.

Le 3 avril 1367, la commune est le théâtre de la bataille opposant Henri de Trastamare, appuyé par les troupes de Bertrand Du Guesclin, au Prince Noir qui soutient Pierre le Cruel. Cette bataille se solde par une défaite des troupes franco-castillanes et la capture de Du Guesclin et de ses lieutenants.

Culture et patrimoine

 Pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino francés du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Navarrete. En partant de Nájera, certains pèlerins ne se dirigeaient pas directement vers Santo Domingo de la Calzada mais faisaient un détour, via Berceo, par San Millán de la Cogolla. Ceux qui se dirigeaient directement vers Santo Domingo de la Calzada passaient par Azofra.

Nájera est la quatrième halte du Guide du Pèlerin d’Aimery Picaud.

Plusieurs scènes jacquaires sont figurées au Monastère Santa Maria la Real, dans les stalles, dans le chœur et dans les sculptures du Claustro de los Caballeros (le cloître des chevaliers).

 

Patrimoine religieux

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Le Monastère Santa Maria la Real de Nájera.

Le Monastère Santa Maria la Real.

Le Monastère Santa Maria la Real. a été fondé par le roi García de Nájera et son épouse la reine Estefanía de Foix, dite aussi Étiennette de Foix, ou Étiennette de Bigorre, fille du comte de Foix et de Bigorre, à la suite de la découverte d’une image mystérieuse de la Vierge, selon la légende que les moines de Cluny ont transcrit au xvie siècle.

L’église Santa Cruz

Elle était située, bien avant le xiie siècle, dans une chapelle de l’église du monastère de Sainte María. Elle a été érigée comme tel par l’évêque diocésain indépendamment des moines clunisiens. Les ecclésiastiques responsables de l’église ont coexisté avec les moines dans les dépendances du Cénacle jusqu’en 1230, quand un décret du pape Honorius III (1216-1227), a interdit à des moines et à des ecclésiastiques de cohabiter dans les mêmes murs.

Depuis cette chapelle, des ecclésiastiques ont continué leurs tâches pastorales jusqu’à ce qu’ils aient été transférés, définitivement, vers une nouvelle église consacrée en 1611 c’est l’actuelle Paroisse de Sainte Croix. L’architecte Juan de Raón lui a adjoint une coupole hémisphérique, terminée par une lanterne et quatre fenêtres. Le portail est du xviie siècle.

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Le Pont sur le Najerilla

L’église est une construction en pierre de taille et composée de trois nefs, avec plusieurs retables néoclassiques et diverses statues et tableaux. À remarquer un Christ gothique du xiiie siècle. Elle conserve des vêtements liturgiques des XIVe, XVIe et xviie siècles exposés au public dans un musée de l’ancienne sacristie.

 

Patrimoine civil

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Le pont sur la Najerilla

L’actuel pont sur la Najerilla, construit par l’État en 1886, a remplacé celui à sept arches qu’avaient construit au xiie siècle Santo Domingo de la Calzada et San Juan de Ortega.

Le pont primitif existait déjà en 1020 et il est mentionné dans la Juridiction de Nájera.

Grañón

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Grañón est une commune située dans le Nord de l’Espagne, dans la comarque de Santo Domingo de la Calzada, dans la Communauté autonome de La Rioja.

Sa population était de 315 habitants en 2010.

Le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passe par cette localité.

Géographie

Le paysage de Grañón est divisé deux secteurs : montagneux au sud et plat au nord.

Histoire

Les origines connues de Grañón remontent à la construction du château, à la fin du ixe siècle, par le roi de Castille Alphonse III, sur une colline situé au Nord-ouest de ville, connue aussi comme Mirabel. Les premières mentions d’un château à Grañón datent précisément de l’an 885 ; on les trouve dans la Crónica Najerense (Chronique de Nàjera), qui indique l’an 889 comme la date de construction du château de Grañon. Il faisait partie d’une ligne de défense avec les châteaux de PazuengosCerezoCellórigo et Bilibio. L’objectif de cette ligne de défense était de protéger les passages de Las Conchas, de Haro, La Morcuera et Pancorbo, à travers lesquels les musulmans pénétraient pour attaquer les territoires orientaux du royaume de León. À l’abri du château de Grañón sont apparus des petits quartiers où on a établi la population, comme ceux de San Martín del Castillo, San Miguel, Sparsa ou Santa María.

Grañón est cité dans des documents généralement liée à des donations. On peut mentionner comme exemples l’an 925, date à laquelle le religieux Enneco fait don au monastère d’Albelda du hameau de Zahal. Dans le document de donation est cité la « via de Griñone » (voie de Griñone). De même, en 934 dans le privilège du comte Fernán González dans les donations faites à Santiago de Compostela et à San Millán de la Cogolla après la bataille de Simancas, on mentionne « Grañón con sus aldeas » (Grañón et ses hameaux).

En 1187, Alphonse VIII a accordé un « fuero » (charte) à la ville. Les habitants des quartiers qui étaient apparus dans les siècles précédents se sont concentrés autour du monastère de San Juan, qui était situé dans le même lieu que l’actuelle église paroissiale de San Juan Bautista. Le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle a revitalisé le village, grâce au fait que Santo Domingo de la Calzada l’a fait passer vers Burgos, via Grañón et Redecilla del Camino.

Grañón a été entouré de murailles, dont il ne reste aucun vestige actuellement. Au fur et à mesure qu’a été consolidé le nouveau centre urbain, le château a perdu de l’importance ; la ville a évolué et sa population a augmenté, depuis ce noyau initial apparu au xiie siècle.

En 2020, une nécropole datant de l’époque wisigothique est découverte à Grañón.1

Culture et patrimoine

Le Pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Santo Domingo de la Calzada.

La prochaine étape est Redecilla del Camino. Le chemin quitte alors La Rioja et entre en Castille.

Aimery Picaud décrit le royaume de Castille, comme un pays d’abondance, mais paraît ne pas apprécier son peuple, il cite dans son Guide du Pèlerin : « Après cette contrée (la Rioja), on traverse la forêt d’Oca et la terre d’Espagne continue vers Burgos, c’est la Castille et sa campagne. Ce pays est plein de richesses, d’or et d’argent, il produit heureusement du fourrage et des chevaux vigoureux, et le pain, le vin, la viande, les poissons, le lait et le miel y abondent. Cependant il est dépourvu de bois et peuplé de gens méchants et vicieux… »

 

Patrimoine religieux

L’église San Juan Bautista

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Le portail de l’église Saint Jean Baptiste (à remarquer : sur la chaussée une coquille).

 

Histoire

La construction de l’église eu lieu entre les xve et xvie siècles, en correspondant aux la sacristie et la tour sont du xviie siècle. Dans les travaux de construction sont intervenus, probablement de nombreux tailleurs de pierres, mais on connaît seulement Fernando, maître d’œuvre en 1537, Juan de Huequel et Juan d’Elgorriaga, qui ont travaillé dans l’église vers 1573.

 Description

Elle est composée d’une nef de trois travées, un presbytère et d’un chevet vouté de trois pans. Au sud du chevet se trouve la sacristie, qui est prolongée avec une autre plus moderne. Au sud-ouest est située la tour de deux corps, en pierre de taille. Quant au portail, il possède un arc cintré d’un demi-point, un autre portail dans le côté nord de la croisée du transept avec six archivoltes et un troisième portail, aveugle, dans le bras sud.

 L’intérieur

À remarquer les fonts baptismaux romans du xiie siècle, seul vestige du primitif monastère de San Juan et, surtout, le Retable consacré à Saint Jean. Il s’agit d’une œuvre de grande richesse ornementale, effectuée entre 1545 et 1556, avec des motifs plateresques. Parmi les artistes qui sont intervenus dans la construction du retable figurent, probablement, Natura Borgoñón comme architecte, Bernal Forment et Juan de Beaugrant dans la sculpture, et Francisco de Lubiano dans la polychromie. Actuellement on peut admirer l’œuvre dans toute sa splendeur, grâce à la restauration qui a été menée à bien en 1993.

 

Ermita de los Judíos

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Ermita de los Judíos (Ermitage des juifs).

 

Ermita de Carrasquedo

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Ermita de Carrasquedo.

 

Patrimoine civil

La cité a perdu ses hôpitaux et ses murailles, mais garde sa forme de bastide : le pourtour ovoïde de l’enceinte disparue est toujours cloisonné par trois grandes rues est-ouest, et deux courtes rues nord-sud. La calle Mayor (grand rue) centrale garde quelques vestiges anciens.

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Belorado

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Belorado est une commune située dans le Nord de l’Espagne, dans la comarque de Montes de Oca, dans la Communauté autonome de Castille-et-León, province de Burgos.

Sa population était de 2 135 habitants en 2000.

Le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passe par cette localité.

Géographie

À 45 km à l’est de Burgos, Belorado est traversé par le río Tirón, affluent de l’Èbre.

Histoire

L’origine de Belorado est celte, comme le démontre l’archéologie.

C’était le passage naturel de la Vallée de l’Ebre vers la Meseta et pour le contrôler on a construit, au début de la Reconquista, le Château sur une colline au pied duquel on a transféré la population qui se trouvait à l’époque romaine l’autre côté de la rivière. Les rues du centre historique, étroites et tortueuses, avec des passages typiques dénotent la nombreuse population qui habitait dans ses murs. Aujourd’hui du château il ne reste plus qu’un mur terreux depuis lequel on aperçoit un beau panorama.

L’apogée économique de Belorado a été précoce, début du Moyen Âge, au croisement de chemins entre la vallée agricole et la montagne d’élevage, entre les royaumes de Castille et de Navarre qui favorisaient la ville pour l’attirer.

Au xe siècle, le premier comte de Castille indépendant, en remerciement aux habitants de Belorado qui l’ont libéré du Roi de Navarre qui le détenait prisonnier (comme le dit le poème de Fernán González), il accorda à ville le privilège de tenir un marché le lundi, coutume qui anime toujours la Plaza Mayor.

En 1116, Alphonse Ier «le Batailleur», roi de Navarre et d’Aragon, lui accorde un « fuero » (charte).

Les archives municipales de Belorado conservent un parchemin de plus d’un mètre de long, relatant un procès que la municipalité soutint pour ne pas avoir à payer le tribut du voto de Santiago. Elle estimait ne pas appartenir à la juridiction du monarque qui l’avait institué après la victoire de Clavijo. On peut être pieux et veiller cependant à ses intérêts. Le procès dura jusqu’en 1408, date du document qui porte la signature du roi Juan II.

Si les Rois ont renforcé ville au Moyen Âge, entre les xve et xviiie siècle Belorado compte d’importantes familles nobiliaires qui ont marqué les expéditions en Amérique ; Hipólito Ruiz dirigea au xviiie siècle une expédition scientifique pour étudier la flore américaine.

 

Le fuero de Belorado

Alphonse Ier d’Aragon, «le Batailleur», octroie en 1116 une charte de privilèges (fuero) à Belorado. Le fuero accorde aux Castillans et aux Francos qui peuplent la ville, le même droit et des franchises personnelles, financières et commerciales. De plus, et pour la première fois, il concède aux citadins le droit d’élire des magistrats.

« Au nom du Christ. Moi, Alphonse, par la grâce de Dieu roi et magnifique empereur, à mes fidèles colons de Belorado. Je veux que tous sachent que moi, le susdit roi Alphonse, je vous accorde, à vous, mes fidèles colons, Francos et castillans de Belorado que vous peuplerez selon ce fuero, que vous donnerez 100 sous pour l’homicide et que vous ne donnerez pas la mainmorte. Pour l’homicide, la fornication, le vol ou tout autre délit vous ne donnerez que le tiers.

Pour territoire, que Belorado ait de Otercorvo jusqu’à Terrazas, et de Villa de Pun jusqu’à Villafranca. Que vous ayez le petit ruisseau qui y coule seulement pour pêcher et faire des moulins à votre volonté, de Sainte-Marie de Pedroso jusqu’aux limites indiquées. Et que dans toute ma terre, vous ne donnerez que la moitié du péage, pour l’utilisation de mes montes [bois], vous n’acquitterez pas le montaticum, ni pour couper du bois, ni pour faire paître. Et à Cereso, vous ne donnerez pas le péage.

Et pour chaque maison, vous donnerez seulement chaque année deux sous pour la Saint-Michel.

Et vous aurez votre marché le lundi, et chaque année une foire pour la Saint-Michel.

Qui viendra peupler à Belorado, aura sa propriété [hereditas] libre dans toute ma terre…

Si vous cuisez dans mes fours, donnez un pain sur trente comme fournage, et que tous les fours soient à moi…

Tous les habitants [moradores] ou colons [pobladores] à Belorado, qu’ils soient francos, castillans, chevaliers [caballarios] ou vilains, auront le même fuero, en ce qui concerne les amendes…

En cas de blessure infligée par un juif à un chrétien ou par un chrétien à un juif, l’amende sera la même, mais elle sera diminuée des deux tiers pour le salut de mon âme comme il a été écrit ci-dessus.

[…] Et vous, Francos, vous désignerez un juge franco, et vous le relèverez à votre gré ; et vous, Castillans, de même, désignez et relevez votre juge à votre gré parmi mes gens. Et tous ensemble vous désignerez les alcaldes pour faire la justice.

[…] Et de vos églises vous ne donnerez pas d’autres « tertias » à l’évêque que dix sous par an, et nos clercs paient à notre volonté.

À vous mes fidèles francos, je concède vos honneurs, à l’intérieur et à l’extérieur, comme je vous l’avais promis auparavant ; je vous enlève seulement treize maisons, que j’ai données à mes chevaliers…

Charte faite le dimanche 8 des Ides d’août, l’an 1154 de l’Ere. Régnant le roi Alphonse en Aragon, à Pampelune, à Nàjera, à Cereso, à Belorado à Carrión, à Sahagùn et à Tolède. »

Culture et patrimoine

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Belorado, musée San Miguel

 

Le Pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Villamayor del Río.

La prochaine halte est Tosantos.

Belorado est le Belforatus, le « bien percé », d’Aimery Picaud, dans le Guide du Pèlerin.

 

Patrimoine religieux

L’église Santa Maria.

Riche en souvenirs jacquaires, un Saint-Jacques pèlerin et, au-dessus, un Saint-Jacques Matamoros figurent sur le retable Renaissance sculpté dans la pierre. Deux bas-reliefs narrent son martyre et l’un de ses miracles.

Près du maître-autel, se trouve une Vierge assise du xiie siècle. On remarque aussi sur l’autel latéral une Sainte Famille et un Christ entre les deux larrons, belle œuvre en ivoire.

l’Ermitage de Santa Maria de Belén (Bethléem).

Avec son clocher-mur à trois pointes, sur l’emplacement d’un ancien hôpital mentionné en 1175 et reconstruit au xviiie siècle.

L’hôpital Saint-Lazare.

Il se trouvait à la sortie, dont la chapelle conserve un Christ gothique du xive siècle, entouré d’ex-voto qui célèbrent ses faveurs. Le plus curieux est la peau d’un grand serpent dont saint Lazare protégea un pèlerin…

 

Patrimoine civil

Au cœur du bourg se trouve une plaza Mayor à arcades, ombragée et fleurie.

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San Juan de Ortega

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San Juan de Ortega est une localité du municipio (canton ou municipalité) de Barrios de Colina, comarca (communauté historiquepays ou comté) de l’Arlanzón, dans la communauté autonome de Castille-et-León, province de Burgos, située dans le Nord de l’Espagne.

Sa population était de 29 habitants en 2008.

Le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passe par cette localité.

Géographie

San Juan de Ortega est à 24 km à l’est de Burgos et à 2,5 km de Barrios de Colina, le chef-lieu du municipio.

Histoire

Le village de San Juan de Ortega est né auprès d’une chapelle et d’une auberge établies vers 1115 par san Juan de Ortega (le saint bâtisseur saint Jean des orties).

Ainsi, est né un noyau de population qui reçut en 1202 des privilèges par le roi Alphonse VIII de Castille. Ce document, un fuero (charte) accordait des libertés à ceux qui s’établissaient dans la localité, tout en leur rappelant les liens qu’ils devaient au monastère. Ce document est considéré comme le moment où le village est constitué comme tel, en prenant le nom du monastère.

Peu à peu le peuplement a crû et, quand les ermites de l’ordre espagnol de Saint Jérôme se sont établis dans le monastère, l’évêque de Burgos s’est engagé à supprimer sa juridiction, engagement qu’il n’a jamais tenu.

Culture et patrimoine

 Pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Villafranca Montes de Oca.

La prochaine halte est : soit Agés à l’ouest, soit par une variante sud à plus grande circulation, Santovenia de Oca au sud-ouest. Les deux localités appartiennent au municipio (municipalité ou canton) de Arlanzón.

Patrimoine religieux

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Le monastère de San Juan de Ortega est dédié au « saint cantonnier » San Juan de Ortega, c’est-à-dire en français « saint Jean des Orties ».

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Burgos

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Burgos est une ville du nord de l’Espagne, chef-lieu de la comarca de l’Alfoz de Burgos, dans la Communauté autonome de Castille-et-León, capitale de la province de Burgos. Elle est traversée par la rivière Arlanzón, qui appartient au bassin du Duero. Elle compte en 2021 une population recensée de 174 051 habitants répartis sur une superficie de 107,06 km, ce qui en fait la 36e commune la plus peuplée du pays et la deuxième de la communauté autonome.

Burgos, berceau de la Vieille-Castille, montre aux visiteurs les flèches aiguës et dentelées de sa célèbre cathédrale.

Localisation

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La ville se divise en deux parties, de part et d’autre de l’Arlanzón, reliées entre elles par de nombreux ponts : la vieille ville, sur la rive occidentale, et un quartier moderne, sur la rive orientale.

Sa position isolée sur un plateau à près de 900 m d’altitude l’expose souvent aux rigueurs des vents froids (« neuf mois d’hiver, trois mois d’enfer ».)

La ville est une étape sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, à la jonction avec la Ruta de la Lana et la branche ouest de la Ruta de Bayona. C’est une étape remarquable citée dans le Guide du Pèlerin.

Toponymie

Le nom de la ville vient peut-être du gotique *baurgs « ville fortifiée », ou du latin tardif burgus, « fortin, bourg ».

Histoire

 

Préhistoire

Il existe des traces de présence humaine sur la colline du château qui domine la ville à la période du Néolithique (4500 ans av. J.-C.) et au premier âge du fer (850 ans av. J.-C.).

 

Fondation

Toutefois, la ville de Burgos fut fondée comme telle par le comte castillan Diego Rodríguez « Porcelos » en 884, dans le cadre de la politique de repeuplement des territoires reconquis par les chrétiens.

Alphonse III, roi de Léon en essayant de freiner l’avance des musulmans, ordonna au comte Diego Rodríguez de créer une ville sur les bords de l’Arlanzón. L’origine de la ville est, par conséquent, militaire.

Burgos fut peuplée par ordonnance royale et soumise directement à l’autorité des rois de León.

 

Capitale et archevêché au milieu du Moyen Âge

Vers 930, elle devint capitale du comté de Castille quand celui-ci prit son indépendance du royaume de León, sous l’impulsion de Fernán González.

Par la suite, Burgos fut également choisie comme capitale du royaume unifié de Castille et León en 1037, titre qu’elle céda à Valladolid en 1492, au moment de la chute de Grenade.

Elle fut proclamée siège épiscopal en 1074, puis élevée au rang d’archevêché en 1574.

 

Ville commerciale et artistique à la fin du Moyen Âge

À l’oubli politique correspondit le dynamisme commercial et artistique. La ville centralisait la laine des grands éleveurs de la « Mesta ».

Des architectes et des sculpteurs venus surtout du Nord mirent alors la cité à la mode gothique. Burgos devint la capitale de cet art en Espagne avec des réalisations remarquables comme la cathédrale, le monastère royal de las Huelgas et la chartreuse de Miraflores.

 

xvie siècle

Au début de l’année 1582, Thérèse d’Avila se rend à Burgos pour y fonder un couvent de carmélites à la demande de pères jésuites et avec le soutien de l’archevêque de la ville. Elle est accompagnée de 8 carmélites (qui vont fonder le couvent) et de 3 pères carmes dont Jérôme Gratien, le provincial3. Elle arrive le 25 janvier 1582, alors que la ville subit une grande inondation4. Logée un temps dans l’hôpital de la ville, les religieuses souffrent du froid et du manque de nourriture. Après quelques tracas administratifs, le couvent Saint-Joseph est fondé : c’est le dernier couvent de carmélites réformées fondé par Thérèse d’Avila. Grandement malade, Thérèse souhaite rejoindre Ávila ; elle passe par Palencia, mais trop faible pour poursuivre, elle s’arrête à Alba de Tormes et y décède le soir du 4 octobre 1582.

À la fin du xvie siècle, ce fut le déclin de la mesta et de la prospérité burgalaise.

 

xixe siècle

En 1833, elle devint le chef-lieu de sa province.

xxe siècle

Au moment de la Guerre d’Espagne (1936-1939), Burgos devint le siège du gouvernement nationaliste du dictateur Franco et le demeura jusqu’à la prise de Madrid en mars 1939. Les accords Bérard-Jordana, reconnaissant la légitimité de Franco sur l’Espagne en échange de la neutralité espagnole dans l’imminent conflit entre la France et l’Allemagne, furent signés à Burgos le 25 février 1939. La ville a aussi accueilli le premier gouvernement national d’Espagne (1939-1939), au cours duquel Franco a officiellement assumé les fonctions de chef d’État et de gouvernement. Le 9 août, le deuxième gouvernement franquiste fut formé, toujours à Burgos, dans laquelle il demeura jusqu’au 18 octobre 1939, date à laquelle il s’installa à Madrid.

Culture et patrimoine

 

Le pèlerinage de Compostelle

Sur le Camino francés du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Gamonal de Riopico et Villafría de Burgos par le nord-est ; ou bien de Villayuda et Castañares par l’est le long du rio Arlanzón.

Sur la Ruta de Bayona qui se termine à Burgos, en provenance de Bayonne au nord, on peut venir de Villayerno Morquillas, si on n’a pas préalablement obliqué pour rejoindre d’abord Gamonal de Riopico.

La Ruta de la Lana se termine également à Burgos en provenance du sud.

La prochaine halte est Villalbilla de Burgos.

C’est la cinquième halte du Guide du pèlerin dans le Codex Calixtinus.

Du temps d’Aimery Picaud, on entrait dans Burgos par la porte Gamonal au nord-est de la ville. On s’y s’attardait peu, la ville étant une simple étape sur le Camino francés.

Lors de la traversée de Burgos, à partir de 1221, les pèlerins passaient à côté de la cathédrale en travaux. Au xve siècle, ils pouvaient apercevoir de loin les deux flèches de la cathédrale.

La ville ne comptait pas moins de trente deux hôpitaux de pèlerins, dont l’hôpital San Juan Evangelista et l’Hospital del Rey.

 

L’Hôpital de San Juan Evangelista

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Mentionné dès 1085, l’Hospital de San Juan Evangelista était situé sur la rive gauche de la Vena, en face de l’église appelée aujourd’hui San Lesmes. Il fut confié en 1091 par Alphonse VI (v.1040-1109) aux bénédictins de la Chaise-Dieu. Son premier prieur fut San Lesmes (en français Saint Aleaume) de Loudun.

Du monastère, il ne reste aujourd’hui que le cloître et la salle capitulaire, tous deux de style Renaissance. Ses belles ruines ont été rénovées pour abriter le musée Marceliano Santamaria, réunissant cent cinquante toiles de ce peintre de Burgos (1866-1952) dont la peinture impressionniste est proche de celle de Zuloaga ou de Sorolla.

 

L’Hospital del Rey

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Cet Hôpital du Roi fut créé, en 1195, par Alphonse VIII (1158-1214), il dépendait de l’abbaye de Las Huelgas Reales, située à quelques centaines de mètres et fondée, en 1187, par le même souverain. Les pèlerins atteignaient l’Hospital del Rey après être sortis de la ville par la porte Saint-Martin et avoir franchi l’Arlanzón par le pont de Malatos.

Cet hôpital pouvait accueillir, à n’importe quel moment, tout pèlerin qui se présentait à sa porte. Au xvie siècle, l’hôpital avait encore une grande importance car il était possible de s’y confesser dans toutes les langues. Les pèlerins pauvres y étaient soignés et même habillés.

La porte du Romero et le portail de l’église ont été reconstruits sous Charles Quint ; le plateresque y domine. Les vantaux de bois ont été sculptés par Juan de Valmaseda ; y sont représentées trois générations d’une même famille en route pour Compostelle. Parmi les personnages, se distingue une femme donnant le sein à son enfant.

Aujourd’hui, les bâtiments sont occupés par la Faculté de droit de Burgos.

 

L’église de San Lesmes

Elle fut détruite par les guerres. Reconstruite à partir du xve siècle, elle est gothique et Renaissance. On y voit des tableaux flamands, une chaire, et la sépulture de San Lesmes, dont les restes complets ont été retrouvés en 1968. Le tombeau a alors été replacé dans le chœur en présence de pèlerins de Loudun.

 

La chapelle de San Amaro

Elle se trouve dans le cimetière des pèlerins ; tout ce qui reste de cet établissement date du xvie siècle, mais il reste dans la cour les grands piliers romans du premier hôpital.

Ce grand bâtiment historique a été rénové en 1991 pour abriter la Faculté de droit.

La cathédrale de Santa María

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La cathédrale Santa Maria de Burgos.

La cathédrale Santa Maria de Burgos.

Burgos est connue pour sa cathédrale gothique (xiiie siècle-xvie siècle), où repose la dépouille de Rodrigo Diaz de Vivar, surnommé le Cid.

Commencée en 1221, sa construction prendra plus de trois siècles. Troisième cathédrale d’Espagne par ses dimensions (84 m de long et 60 m de large), elle a été classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

 

La chartreuse de Miraflores

Située à quatre kilomètres de la ville, cette chartreuse a été fondée au xve siècle. Elle abrite dans ses bâtiments austères de précieuses œuvres d’art; en particulier un retable et un gisant de Gil de Siloé. Avant d’être cédé aux moines chartreux, l’édifice fut la résidence de repos du roi Henri III. Il se trouvait sur une chasse gardée du monarque. Ce palais fut restauré lorsque son fils, le roi Jean II, monta sur le trône. La conception fut l’œuvre de Jean de Cologne. La construction ne commença que sous le règne d’Isabelle la Catholique. À cette occasion on fit appel aux meilleurs architectes, sculpteurs et peintres, dont Simon de Cologne, Gil de Siloé et Pedro Berruguete. La chartreuse devint l’un des joyaux du gothique de la fin du xve siècle.

 

Le monastère royal de Las Huelgas

Le Monastère royal de las Huelgas de Burgos est un monastère cistercien fondé en 1187 par le roi Alphonse VIII et sa femme Aliénor Plantagenêt. Accueillant toujours des moniales, il est situé à 1,5 kilomètre à l’ouest du centre de la ville.

 

L’église de San Nicolàs

Son retable de taille imposante fut exécuté en 1505 par Simon de Cologne. Sa décoration extrêmement profuse ne compte pas moins de 465 figures. Dans la partie haute, la Vierge couronnée apparaît encerclée d’une théorie d’anges. Autour de la statue centrale de saint Nicolas, le sculpteur a retracé la vie du saint, son voyage en caravelle à Alexandrie. En bas les apôtres de la Cène assis de dos.

 

Le Pont de Sainte-Marie

Ce pont mène à la vieille ville par le triomphal Arco de Santa Maria. Tout près, l’esplanade du Paseo del Espolón, ponctuée de cafés et de jardins, offre une agréable promenade le long du fleuve, à l’écart de toute circulation automobile. Une plaisante animation y règne de jour comme de nuit, à deux pas des restaurants et des bars à tapas.

 

La Porte de Sainte-Marie

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La Porte Sainte-Marie

El Arco de Santa Maria. Parure très populaire de la cité, c’est une porte des murailles du xive siècle, dont la façade fut modifiée au xvie siècle, comme arc de triomphe pour l’empereur Charles Quint. Elle présente les grands personnages de Burgos : en bas, Diego Rodríguez Porcelos est encadré par les deux juges mi-légendaires qui auraient dirigé les affaires de Castille au xe siècle ; en haut, le comte Fernán González et le Cid (à droite) tiennent compagnie à Charles Quint.

La Maison du Cordon

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La casa del Cordón. Récemment restaurée, elle est occupée par la Caja de Ahorros. Édifiée au xve siècle, pour les Connétables de Castille, cette demeure arbore toujours, sur sa façade, le grand cordon franciscain qui lui a donné son nom. Les Rois Catholiques y reçurent Christophe Colomb au retour de son second voyage; Philippe le Beau y mourut subitement d’un refroidissement pris après une partie de pelote, ce qui rendit son épouse Jeanne folle de désespoir; François Ier libéré de la captivité que lui valut sa défaite de Pavie en 1525, logea en ces lieux avant de retourner en France. (copie du guide vert)

Le Musée de Burgos

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Frère Alonso de San Vítores
Juan Andres Ricci, xviie siècle

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Vue extérieure du Musée de Burgos.

Il comprend deux sections, installées chacune dans une demeure différente.
La section de préhistoire et d’archéologie. Aménagée dans la Casa de Miranda, belle demeure Renaissance à l’agréable patio, elle abrite le produit de fouilles effectuées dans la province de Burgos, couvrant la période de la préhistoire à l’époque wisigothique.
Remarquer les salles consacrées aux sites de l’Âge du fer, à la ville romaine de Clunia, ainsi que la collection de stèles funéraires romaines.
La section des Beaux-Arts. La production artistique de la région de Burgos du ixe au xxe siècle, est présentée dans la Casa de Angulo. On remarquera deux pièces très précieuses provenant du monastère de Santo Domingo de Silos : un coffret hispano-arabe, sculpté dans l’ivoire à Cuenca au xie siècle, et orné de plaques émaillées, un devant d’autel en cuivre repoussé et émaillé du xiie siècle.
La sculpture funéraire des xive et xve siècles, compte le tombeau de Juan de Padilla où Gil de Siloé a mis tout son talent dans la représentation de la physionomie et de l’habit somptueux du défunt. Dans la collection de peinture du xve siècle, le « Christ aux larmes » est attribué à Jan Mostaert, peintre flamand.

 

Le Musée du Retable – L’Église de San Esteban

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Église de San Esteban, qui abrite le Museo del Retablo, située près du Castillo.

 

Le Musée de l’Évolution Humaine (MEH)

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Museo de la Evolución Humana (MEH) (Musée de l’Évolution Humaine)

Construit à partir de 2006, inauguré par la Reine Sophie le 13 juillet 2010, ce musée présente notamment les trouvailles de la Sierra d’Atapuerca, dans la Province de Burgos. On y a découvert les restes fossiles de l’Homo antecessor, le plus ancien représentant du genre Homo en Europe occidentale. Le bâtiment a été conçu par l’architecte Juan Navarro Baldeweg.

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L’Homo antecessor

L’histoire de l’évolution humaine est illustrée en dix personnages, avec un réalisme saisissant, par la paléoplasticienne française Élisabeth Daynès.

 

La Plaza Mayor

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La statue du Cid

Cette charmante grand-place circulaire, typiquement ourlée d’une galerie couverte, sert de cadre aux réjouissances populaires. Cette place attire beaucoup de touristes.

 

Blason

Burgos arbore, sur son blason, les titres de Caput Castellae (Tête de Castille), et Camera regia, Prima voce et fide (Chambre des Rois, première à parler, et en fidélité). Son drapeau a deux franges horizontales de la même largeur, la supérieure est rouge et celle qui se trouve en dessous est bordeaux, avec le blason de la ville au centre. Il existe également un Hymne à Burgos (Himno a Burgos).

Démographie

La population de Burgos s’élevait à 169 682 habitants en 2004, et environ 10 000 de plus dans sa banlieue.

Gastronomie

Les spécialités de Burgos sont l’agneau de lait rôti, le pot-pourri, les soupes à l’ail, les lentilles à la mode de Burgos, le hachis de porc et la truite à la mode de Castille, sans oublier ses boudins.

Climat

Burgos a un climat méditerranéen continental. La saison la plus pluvieuse est le printemps, l’été est plus doux et plus humide que dans l’Espagne méditerranéenne. Les hivers sont froids, avec des températures minimales qui descendent parfois jusqu’à -10 °C. Deux dictons espagnols illustrent la rudesse du climat de la ville : « Burgos tiene dos estaciones: el invierno y la estacion de tren » (soit, en Français : « Burgos a deux saisons/stations : l’hiver et la gare de train ») et « Corto como el verano en Burgos » (soit, en Français : « Court comme l’été à Burgos »). Sans aucun doute, la ville la plus froide d’Espagne.

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Pont de San Pablo (Burgos) en hiver.

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Rio Arlanzon (Burgos).

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Armorial de la Cofradia di Santiago

CATECHESE, CATECHISME DE L'EGLISE CATHOLIQUE, CHJRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, ESPRIT SAINT, SAINT ESPRIT, SYMBOLES ET REPRESENTATIONS DU SAINT-ESPRIT DANS LA BIBLE

Symboles et représentations du Saint-Esprit dans la bible

Symboles et représentations du Saint-Esprit dans la Bible.

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Dieu étant conscient de notre côté humain, du fait que pour arriver à nous faire comprendre certaines choses spirituelles, il faut passer par les éléments physiques, il existe dans la Bible certaines représentations pour mieux nous expliquer ce qui est spirituel. Dans cette même optique, pour que nous saisissions mieux la nature et l’action du Saint-Esprit, la Bible utilise des symboles bien adaptés à notre condition actuelle. Quand nous parcourons la Bible, nous voyons que le Saint-Esprit est représenté de différentes manières, dont voici quelques-unes:

1- La colombe.

C’est sous cette forme que le Saint-Esprit s’est matérialisé lors du baptême de Jésus au Jourdain. La Bible dit dans Luc 3 :16 LSG: « et le Saint-Esprit descendit sur Lui sous une forme corporelle, comme une colombe… »

Pourquoi la Bible emploie-t-elle cette image ? Sans doute pour nous rappeler que, comme la colombe, le Saint-Esprit n’est pas seulement une puissance irrésistible, Il se caractérise aussi par la douceur, la tendresse et la pureté. Il est aussi un Esprit d’amour, de grâce, de consolation et d’innocence.

2- Le souffle ou le vent.

Ce symbole vient directement de la signification du mot « Esprit » dans les langues bibliques originales:

en hébreu, rouah désigne à la fois le souffle (haleine), et le vent (l’air en mouvement);

en grec, pneuma désigne aussi à la fois le vent et la respiration.

L’immatérialité de l’Esprit-Saint a conduit naturellement à utiliser ces termes pour Le désigner et pour désigner l’esprit de l’homme. En lisant l’histoire de la création, d’après Genèse 2 : 7, Dieu communique à Adam un souffle de vie, comme Il donnera plus tard à l’homme nouveau le souffle de l’Esprit. Et dans Job 32 :8 Lsg, la Bible dit: « mais en réalité, dans l’homme, c’est l’Esprit, le souffle du Tout-puissant, qui donne l’intelligence »; et dans Job 33:4 Lsg : « l’Esprit de Dieu m’a créé, et le souffle du Tout-puissant m’anime ».

Symboliser l’Esprit comme souffle ou vent, souligne l’action impétueuse, invisible et imprévisible du Saint-Esprit; cela montre aussi que cette action est souveraine et infiniment au-dessus de l’homme. Si l’Esprit est appelé le souffle du Tout-puissant, c’est qu’Il est Son émanation directe, Sa présence-même manifestée. Le vent accompagnait souvent dans l’Ancien Testament des manifestations divines. C’est bien Dieu, le Saint-Esprit, qui descend faire Sa demeure personnelle dans les croyants. Comme le vent, l’Esprit Saint est donc libre, puissant, actif et ne peut pas être enfermé dans nos petits schémas que le vent ne peut être enfermé dans une boîte.

3- L’eau.

En l’absence d’eau, toute vie est impossible. Notre besoin d’eau est tellement vital qu’un être humain normalement constitué, ne peut survivre à la privation totale d’eau. On comprend alors pourquoi le Seigneur a utilisé l’image de l’eau pour illustrer l’action du Saint-Esprit qui donne la vie et qui l’entretient. Jésus dit : « … Celui qui croit en Moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Ecriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui… » (Jean 7 :38-39 Lsg). Le Seigneur déclare aussi à la Samaritaine, parlant certainement de l’Esprit qui vient habiter dans le croyant: « … l’eau que Je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle » (Jean 4 :14). Et voici encore un texte d’Esaïe: « Je répandrai des eaux sur le sol altéré et des ruisseaux sur la terre desséchée; Je répandrai Mon Esprit sur ta race… » (Esaïe 44 : 3 Lsg).

Ce symbole est facile à comprendre. Comme l’eau vive, la présence du Saint-Esprit rafraîchit et désaltère; elle fait apparaître la vie où régnaient la désolation et la mort; elle apporte la plénitude et l’abondance, et la déverse tout autour en flots de bénédictions.

4- Le feu.

Le feu, suivant l’usage constant de l’Ecriture, nous semble faire allusion non pas à la puissance du Saint-Esprit, mais à Son action purificatrice, qui juge et consume toute impureté. L’Esprit-Saint convainc de péché et de jugement, et Il brûle en nous tout ce qui n’est pas conforme à la volonté de Dieu.

A deux reprises, Jean-Baptiste, parlant de Jésus, dit: « Il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il a Son van à la main; Il nettoiera Son aire, et Il amassera Son blé dans le grenier, mais Il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point » (Matthieu 3 : 11-12 et Luc 3 : 16-17).

Remarquez que les deux passages cités ci-dessus, où Matthieu et Luc rapportent les paroles de Jean-Baptiste: « Il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » sont aussitôt suivis d’une allusion très claire au feu du jugement éternel. Par contre, lorsque Marc (1 : 8) et Jean (1 : 33) parlent dans les mêmes termes du baptême de l’Esprit, n’ayant pas mentionné le feu, ils ne font pas allusion non plus au jugement. Rapprochez de cela les paroles mêmes de Jésus à propos de la géhenne: « Tout homme sera salé de feu » (Marc 9 : 49), et celles de Paul: « le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun… S’il perd sa récompense, il sera sauvé comme au travers du feu »  (1 Corinthiens 3 :13-15). Le croyant sincère verra le péché jugé et consumé en lui par le Saint-Esprit, qui le régénère et le sanctifie; son œuvre sera jugée au dernier jour, et toute imperfection brûlée par le feu. Par contre, celui qui refuse de se laisser sauver et purifier sera jeté dans le feu éternel.

Ainsi donc, si nous demandions à être « baptisés de feu », cela reviendrait à demander à Dieu de consumer le péché en nous.

5- Le sceau.

Chez les Juifs, le sceau marquait la fin d’une transaction. Lorsque l’accord était réalisé, l’acte passé et le prix payé, on apposait le sceau sur le contrat pour le rendre définitif (Jérémie: 32 : 9-10).

Lorsque nous croyons, nous sommes scellés du Saint-Esprit pour le jour de la rédemption (Éphésiens 1 :13 ; 4 :30). Le Saint-Esprit devient ainsi sur nous l’empreinte divine, la marque de la propriété de Dieu. Il nous communique l’assurance que nous sommes sauvés et mis à part pour le jour où, dans la gloire, notre rédemption sera devenue parfaite. Si l’Esprit est comparé à un sceau, c’est précisément pour indiquer que son habitation en nous est définitive, ce sceau signale un acte accompli une fois pour toute et l’Esprit-Saint en nous garantit que nous appartenons à Dieu pour l’éternité. Le lien entre Christ et nous est ferme (2 Corinthiens 1 :21-22). Quelle assurance ce symbole procure quant à notre salut ? Comme le sceau, l’Esprit-Saint marque la propriété, donne la sécurité, assure la protection.

6- Le gage et Les arrhes.

Lors d’une transaction, il était (et il est encore souvent) d’usage de verser des arrhes. Il s’agit d’une somme irrémédiablement acquise au propriétaire, en jouissance anticipée de la pleine propriété. Paul dans Ephésiens 1 :13-14 Lsg : « Vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage » et dans 2 Corinthiens 1:21-22 Lsg: « Celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu, lequel nous a aussi marqués d’un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit » utilise ces deux images pour nous faire comprendre que le don actuel du Saint-Esprit est la garantie solennelle, et en quelque sorte le premier acompte de notre salut final. Si nous avons reçu l’Esprit, nous pouvons nous appuyer dès maintenant sur une merveilleuse certitude, et tressaillir d’allégresse en pensant au moment où nous serons effectivement remplis de toute la plénitude de Dieu. Dans notre condition présente, nous ne jouissons pas encore de tout ce qui sera notre partage éternel au ciel, mais nous en avons déjà une anticipation grâce à l’Esprit de Dieu dans nos cœurs.

En conclusion, remercions Dieu de nous avoir fait mieux comprendre par de tels symboles, plusieurs précieuses vérités sur Son Esprit, et efforçons-nous de les réaliser par la foi.

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CHJRISTIANISME, CLAUDE TRICOIRE (1951-...), EVANGILES, JUDAS DE LANZA DEL VASTO, JUDAS ISCARIOTE (Ier siècle), LANZA DEL VASTO (1901-1981), LITTERATURE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

Judas de Lanza del Vasto

Judas

Lanza del Vasto

Paris, Gallimard, 1992. 245 pages

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«Tu savais bien, depuis longtemps, ce qui allait arriver. Pourquoi ne m’as-tu pas empêché ? Pourquoi, quand je mettais avec toi la main au plat, ne m’as-tu pas pris la main, ne m’as-tu pas dit « Ami » […] Pourquoi m’as-tu dit avec impatience : « Va et ce que tu as à faire fais-le » ? Tu voulais me perdre, et, vois, je t’ai entraîné avec moi. Oh Seigneur, tu m’as appelé pour me repousser, […] tu ne m’as pas même fait la grâce d’un regard. Seigneur, oh Seigneur, comme tu m’as trahi.»

C’est ainsi que Judas parle au pied de la Croix où Jésus vit les dernières heures de sa vie terrestre. Ces dernières paroles résument tout le drame de Judas.

Judas l’Iscariote a longtemps été une énigme pour les auteurs chrétiens et aussi non croyants : pourquoi a-t-il trahi Jésus ? Une longue littérature a tenté de dresser un portrait de Judas : des Pères de l’Eglise jusqu’à la première moitié du XXè siècle Judas a été considéré comme « le traitre » et a servi a alimenté la thèse du déicide contre les Juifs et ce n’est qu’après les années cinquante que la figure de Judas a évolué pour en faire un nationaliste déçu par Jésus ou encore un instrument servant la mission du Messie en le trahissant.

Lanza del Vasto écrivant son livre en 1938 nous livre un Judas certes fort peu sympathique mais à l’âme torturé. Après avoir fui le foyer paternel il rencontre Jean le Baptiste qu’il suit au désert. Puis il quitte Jean pour suivre Jésus et les disciples : il fera ainsi parti des douze. Il s’attache à Jésus et tente de conquérir son amitié mais sans résultat car Jésus l’ignore. Envoyé en mission il fait du zèle pour annoncer la Bonne Nouvelle. Lui qui est assoiffé de reconnaissance ne rencontre qu’indifférence auprès de celui dont il voudrait être l’ami. Quand Jésus entre à Jérusalem sur un âne il est dégoutté par cette scène vulgaire. Le moment où Judas décide de trahir Jésus se situe dans la scène où Marie-Madeleine (dont il était l’amant avant qu’elle ne rencontre Jésus et qu’il désire l’avoir pour lui seul) chez Simon le pharisien verse le parfum sur les pieds de Jésus.

A ce moment là il se décide à aller trouver les pharisiens et à mettre au point l’arrestation de Jésus au jardin de Gethsémani. Il se sent délivré : « Tu as toujours voulu m’ignorer : maintenant tu vas devoir t’apercevoir que moi je suis, que moi je suis moi ».  Et pourtant il confessera que Jésus est innocent et souffrant il se pend au figuier qui avait été maudit par Jésus.

En lisant cet ouvrage on s’aperçoit combien l’auteur prend des libertés avec les Evangiles. Il brosse un portait haut en couleur de cet apôtre qui aurait suivi Jean avant de s’attacher à Jésus. L’auteur met dans la bouche même de Judas des paroles prononcées par ce même Jésus, paroles que l’on retrouve certes dans les Evangiles mais dans une perspective tout autre. Si Lanza del Vasto fait de Judas celui qui tenait les comptes de la communauté des douze il en fait également un intellectuel bien supérieur aux pêcheurs de Galilée.

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On peut voir dans cet ouvrage plus qu’un portrait de Judas. Le prétexte est l’occasion d’explorer les aspects de la condition humaine : on voit un être assoiffé de reconnaissance et d’être aimé mais qui par son attitude tortueuse à l’égard de ses semblables court à la catastrophe. Judas nous offre ici un miroir de ce que l’on peut être. L’auteur veut nous dire : Judas c’est moi aussi.

©Claude Trcoire

26 avril 2022.

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The kiss of Judas, detail of Christ’s Capture, detail of the fresco cycle by Giotto, in the Scrovegni Chapel, Padua

Pour aller plus loin : Judas dans la littérature

https://www.evangile-et-liberte.net/elements/archives/129.html

Lanza del Vasto (1901-1981)

Né(e) à : San Vito dei Normanni, Pouilles , le 29/09/1901
Mort(e) à : Elche de la Sierra, Espagne , le 05/01/1981

Giuseppe Lanza di Trabia-Branciforte, né Giuseppe Giovanni Luigi Maria Enrico Scansa-Lanza, dit Joseph Lanza del Vasto, connu sous le patronyme de Lanza del Vasto, est un philosophe italien.

Issu d’une famille aristocratique du sud de l’Italie, il étudie à Paris au lycée Condorcet, en 1913. Il s’inscrit à la rentrée 1920 en faculté de philosophie à l’Institut royal d’études pratiques supérieures et de perfectionnement de Florence puis en 1921 à celle de Pise où il soutient en 1928 une thèse de doctorat en philosophie.

En décembre 1936, Lanza part en Inde. Au centre de ce voyage, la rencontre décisive avec Gandhi, en 1937, qui lui donne un nouveau nom : « Shantidas », serviteur de paix. Il est reçu pour un mois comme novice dans un monastère mahayana.

Il est à Paris le 10 juillet 1939 au moment où la Seconde Guerre mondiale éclate. Six semaines plus tard, il part pour la Suisse.
En octobre 1943, il revient s’installer à Paris quand Le Pèlerinage aux sources, récit de son voyage en Inde paru chez Denoël, trouve son public et rencontre le succès.

En 1948, il épouse Chanterelle Gibelin, chanteuse et instrumentiste. C’est alors qu’avec des amis qui ont l’habitude de se réunir chez lui, le couple installe, sur le modèle de l’ashram, une première « Communauté de l’Arche » en Saintonge, au lieu dit Tournier, sur la commune de La Genétouze.

En 1963, la Communauté, à laquelle il se dévouera pendant trente-trois ans, délivrant dans le monde entier un message de sagesse et de paix, se transfère dans les Cévennes biterroises, à Roqueredonde.

Militant de la paix chrétien, poète, sculpteur et dessinateur, il a été un précurseur des mouvements de retour à la nature.

site : https://www.lanzadelvasto.com/fr

CHJRISTIANISME, CHRISTIANISME (30-600), CHRISTIANISME PRIMITIF (30-600), EGLISE CATHOLIQUE, LA DERNIERE PRIERE DES MARTYRS CHRETIENS, MARTYRS CHRETIENS, PERSECUTIONS CONTRE LES CHRETIENS, PRIERE, PRIERES

La dernière prière des martyrs chrétiens

La Dernière Prière des martyrs chrétiens,

Poème de Louis Veuillot (extrait des Satires – 1864)

Peinture de Jean-Léon Gérôme, 1883

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Rome régnait sans lutte. Esclave souveraine,

Enchaînée et tenant le monde sous sa chaîne,

Redoutable et soumise à ses maîtres pervers,

Rome aux pieds de César dévorait l’univers.

Elle dévorait tout, les biens, les corps, les âmes!

En ses horribles jeux, en ses festins infâmes,

Elle voulait du sang : le monde en fournissait;

Sur l’appétit romain l’empereur le taxait.

Quand le peuple ennuyé couvait quelque tempête,

Dix mille hommes mouraient en un seul jour de fête;

Et la Bête repue alors battait des mains

A César, intendant du plaisir des Romains;

Puis l’on recommençait. Sinon, plus affamée,

Rome contre César criait avec l’armée,

Et l’empereur tombait, atteint d’un coup d’épieu;

Mais en l’assassinant, Rome le faisait dieu.

Elle donnait au ciel de tels dieux en grand nombre;

Plus encore à la terre humiliée et sombre.

Agents inassouvis du monstre turbulent,

Et faisant son pouvoir toujours plus insolent,

Les rudes proconsuls, parcourant ses royaumes,

Taxaient tout, prenaient tout, arrachaient jusqu’aux chaumes:

Il fallait obéir. Il fallut adorer,

Quand Rome aux fils du Christ ordonna d’abjurer.

Alors l’espèce humaine à cette frénésie

Dut payer un tribut nouveau, l’apostasie.

La Bête, prévoyante en ses corruptions,

Ne voulait pas laisser le Christ aux nations:

Le règne de Jésus sapait son propre empire;

Elle impose ses dieux sous peine de martyre.

Les chrétiens meurent. Rome, ayant goûté ce sang,

En devint plus avide : il était innocent!

Or, des enfants du Christ la troupe clairsemée

N’apportait pas au monde une parole aimée:

Ils étaient étrangers, sans art et sans esprit;

Ils adoraient un juif, moins qu’un juif, un proscrit!

Un Dieu jadis traîné dans un obscur prétoire,

Muet, battu, pendu, pour finir son histoire!

Devant sa croix de bois chacun d’eux, se courbait.

Cette croix, qui n’était encore qu’un gibet,

On la devait porter dans l’âme! Leur doctrine

Surpassait tout le reste en âpreté chagrine;

Ses règles entravaient l’homme de tous côtés:

Dédain de la richesse, horreur des voluptés,

Amour des ennemis remplaçant la vengeance;

Enfin, pour dernier trait, pour comble de démence,

Dans un monde où la gloire était chose sans prix,

Ces chrétiens prétendaient faire aimer les mépris.

Docteurs extravagants et rudes ! Leur caprice

Ôtait la verge au maître, à l’esclave le vice.

Enfermant tout le coeur dans un cercle cruel,

Ils ne lui laissaient plus d’essor que vers leur ciel!

Aussi quelle fureur et quelle ample risée

A l’aspect des chrétiens couraient le Colysée,

Insultant, flagellant ces malfaiteurs têtus

Qui dans Rome apportaient la peste des vertus!

On aimait leur supplice, et la joie inhumaine

En ce plaisir de choix se doublait par la haine.

On a vu quelquefois les tigres attendris,

Mais le peuple romain, jamais. Les beaux esprits.

Chevaliers, sénateurs, qui disaient avec grâce

Dans l’entracte de sang quelque couplet d’Horace,

Les femmes, dont le coeur semblait moins endurci,

Les vestales, César, nul ne faisait merci.

« Les chrétiens aux lions ! » ainsi criait la Bête.

Partout les proconsuls donnaient semblable fête.

Rome, en cela, c’était le monde. Point de lieu

Qui ne fût enivré de la haine de Dieu!

Les peuples asservis, les plus bas tributaires,

Ceux à qui l’on prenait leurs champs héréditaires,

Ceux qui voyaient leurs fils, battus par les licteurs, 

Devenir histrions, mimes, gladiateurs,

Et ces derniers enfin, ces malheureux eux-mêmes,

Tous appuyaient l’enfer dans ses efforts suprêmes.

Rome semblait divine à leurs yeux fascinés.

Du Christ libérateur ennemis forcenés,

Ils donnaient contre lui la main à tous les crimes;

Et sur leurs fronts abjects, révoltantes victimes, 

Ils maintenaient ainsi ce joug deux fois fatal,

Et l’empire de Rome et l’empire du mal.

Cependant les chrétiens souriaient aux supplices.

Dieu leur avait promis de nouvelles délices;

Il les leur envoyait par les mains de la mort.

César et ses bourreaux en vain faisaient effort:

Le spectre d’autrefois, la parque, était un ange.

Dans la flamme enchaînés ou noyés dans la fange,

Liés aux chevalets ou jetés aux lions,

Abandonnés à l’art des bourreaux histrions

Qui savaient insulter en déchirant la proie,

Les doux martyrs du Christ ne perdaient point leur joie.

Couronné de lumière et d’immortelles fleurs,

L’ange envoyé du ciel l’ouvrait à leurs douleurs,

Et des cirques sanglants, et des bouges infâmes,

Dans sa main rayonnante il emportait les âmes.

O belles morts des saints, ô trépas enviés!

O fécondes ardeurs de ces suppliciés!

O puissance du Christ, ô divine victoire!

Il parle maintenant, le muet du prétoire;

Il ordonne à la mort, et, comme il a dicté,

Elle enfante la vie et l’immortalité.

Le sang se change en fleurs, et sous la faux jalouse

On voit naître la vierge et se former l’épouse;

L’orgueil vient trébucher au tombeau triomphant,

Le sage s’interroge à la voix de l’enfant;

Dans la noire prison, où chante la parole,

Le geôlier, du captif épelant le symbole,

Reconnaît en pleurant cet homme garrotté:

C’est son Dieu, c’est son frère, et c’est la liberté!

Un sentiment nouveau remplit son coeur, il aime;

De la main qu’il délie il reçoit le baptême,

Et demain, à son tour expirant sur la croix,

Il verra ses bourreaux se dire entre eux : Je crois!

Ainsi combat le Christ, ainsi Rome étonnée

Devant la Croix un jour se trouve prosternée.

Le sceptre avec le glaive est tombé de ses mains.

Dieu veut une autre Rome et fait d’autres Romains;

Il chasse de ce lieu le démon de l’empire,

Le Vatican s’élève et le monde respire.

Le mal n’est plus stérile en ses convulsions,

De l’empire broyé naissent les nations;

A ces enfantements le Vatican préside:

Les peuples nouveau-nés, placés sous son égide,

Y grandissent vainqueurs assurés de leurs droits;

Le vicaire du Christ est le premier des rois;

Les princes ont un juge et les peuples un père.

Mais, protecteur aussi du pouvoir qu’il tempère,

Le pontife romain, successeur des Césars,

Aux rois comme aux sujets fait d’équitables parts;

Il veut devant le droit que la force fléchisse.

Empereur de la paix, gardien de la justice,

Pour remplir ce devoir, seul et sans légions,

Il brave les tyrans et les séditions;

Il dit non à l’injure, au poignard, à l’épée,

A l’erreur insolente, à la candeur trompée;

Et, même renversé, poursuivant ces combats,

Il résiste, et le droit lésé ne périt pas;

Et ce vieux nom romain, jadis plein d’épouvante,

Du faible est le rempart et l’armure vivante;

Et proclamant le Dieu qui brise tous les fers,

Rome aux pieds de la Croix affranchit l’univers.

Et moi, j’ai de mes yeux vu dans le Colysée

La Loi du Christ honnie et sa Croix méprisée!

Et je sais une vieille à l’effronté maintien

Qui vint là clabauder contre le nom chrétien,

Et qui fit applaudir ses gloussements sinistres!

Et le monde est rempli d’histrions et de cuistres

Dont la noble espérance attend quelque soudard

Qui leur ôte le Christ et leur rende César !…

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La Bible livre par livre (8)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

Le Nouveau Testament

 

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Epîtres catholiques ou générales

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Epître aux Hébreux

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13 chapitres

Ecrit anonyme, l’épître aux Hébreux s’adressait à des Juifs convertis au christianisme et peut-être tentés de retourner au judaïsme. Elément par élément, l’auteur montre que Christ et son œuvre sont supérieurs aux anges, à Moïse et à tout le système de sacrifices instauré par la loi de l’Ancien Testament. Le fait qu’il parle de ce système au présent indique que la lettre date d’avant la prise de Jérusalem et la destruction du temple par les Romains, événements survenus en 70 apr. J.-C.

Epître de Jacques

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5 chapitres

Frère (ou plutôt cousin) de Jésus, Jacques montre dans sa lettre qu’une foi véritable est une foi qui se traduit dans des actes et qui ne reste pas au simple niveau d’un savoir théorique.

Première épître de Pierre

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5 chapitres

Le disciple et apôtre Pierre écrit aux chrétiens de diverses provinces d’Asie Mineure pour les encourager à tenir ferme dans l’épreuve et à se comporter de manière conforme à l’appel que Dieu leur a adressé. Il montre que la souffrance n’est pas anormale et que le chrétien peut glorifier Dieu en son sein même.

Deuxième épître de Pierre

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3 chapitres

La deuxième lettre de Pierre contenue dans le Nouveau Testament est un écrit d’avertissement contre la menace des faux docteurs et de leurs enseignements erronés. Il invite les chrétiens à s’appuyer sur la Parole de Dieu transmise par les apôtres et à vivre dans l’attente du retour de Christ.

Première épître de Jean

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5 chapitres

Bien qu’anonyme, cette épître est unanimement, et dès le 2e siècle apr. J.-C., attribuée au disciple de Jésus nommé Jean. Dans un contexte (fin du 1er siècle) où les hérésies commencent à fleurir en Asie Mineure, il réaffirme l’identité de Jésus-Christ ainsi que le rôle de Dieu le Père et du Saint-Esprit, tout en définissant les critères d’une vie chrétienne authentique. L’amour pour les frères et l’obéissance aux commandements de Christ y figurent en bonne place.

Deuxième épître de Jean

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1 chapitre

Très brève, la deuxième lettre de Jean, le disciple et apôtre, s’adresse à une dame. Certains y ont vu une personne en chair et en os, d’autres le symbole d’une Eglise. Toujours est-il que l’apôtre invite des chrétiens à faire preuve de discernement dans l’accueil qu’ils réservent aux prédicateurs itinéran itinérants: certains sont de faux docteurs. Le chrétien doit vivre dans la vérité et dans l’amour.

Troisième épître de Jean

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1 chapitre

Très brève elle aussi, la troisième lettre de Jean est adressée à un certain Gaïus, responsable d’une Eglise d’Asie Mineure. L’apôtre félicite Gaïus et le met en garde contre un dénommé Diotrèphe, un homme au comportement dictatorial dans l’Eglise.

 

Epître de Jude

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1 chapitre

Probablement de la parenté de Jésus, Jude met en garde ses destinataires, peut-être des chrétiens d’Asie Mineure ou d’Egypte, contre l’infiltration des hérétiques dans les Eglises. Dans ce bref écrit, il dénonce la conduite immorale des faux docteurs et le jugement qui les attend, en invitant les chrétiens à rester attachés à la foi transmise par les apôtres.

BIBLE, CHJRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, EVANGILE, EVANGILES, JESUS-CHRIST, LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE (6), NOUVEAU TESTAMENT

La Bible livre par livre (6)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

Le Nouveau Testament

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Livres historiques

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Evangile selon Matthieu

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28 chapitres

Etant l’un des douze disciples de Jésus, Matthieu était bien placé pour faire le récit de sa vie. Son texte contient de nombreuses allusions à l’Ancien Testament et plusieurs discours importants (dont le fameux Sermon sur la montagne). Il utilise souvent l’expression «royaume des cieux» là où les autres Evangiles parlent de «royaume de Dieu», probablement pour respecter la coutume juive qui veut que l’on évite de prononcer le nom divin.

Evangile selon Marc

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16 chapitres

L’Evangile de Marc est le plus court des quatre. Alors que Matthieu s’adressait plutôt à des Juifs, il vise apparemment plutôt un public romain. Le texte a probablement été rédigé sous l’autorité de l’apôtre Pierre. Il met l’accent sur ce que Jésus a fait plus que sur ce qu’il a dit. Un mot revient fréquemment: aussitôt.

Evangile selon Luc

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24 chapitres

L’Evangile de Luc, écrit par un médecin non juif, est la première partie d’un ouvrage en deux volumes adressé aux Grecs et Romains cultivés. Il cherche à montrer que Jésus est venu pour être le Sauveur de tous les hommes, qu’ils soient juifs ou non, en relatant ses œuvres aussi bien que ses paroles.

Evangile selon Jean

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21 chapitres

Apparemment écrit après les trois autres Evangiles pour les compléter, et ce par un disciple de Jésus, l’Evangile de Jean propose une sélection d’actes du Maître et contient de larges extraits de ses discours, et surtout l’un des versets les plus célèbres de la Bible:
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».

Actes des apôtres

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28 chapitres

Deuxième volume de l’ouvrage écrit par Luc, les Actes constituent le dernier texte historique du Nouveau Testament. Ils relatent les événements consécutifs à la mort et l’ascension de Jésus: les débuts de l’Eglise, avec deux apôtres particulièrement en vue, Pierre puis Paul. Deux de ces événements ont donné lieu à des fêtes chrétiennes: l’Ascension et la Pentecôte, respectivement 40 et 50 jours après Pâques.
L’Evangile est annoncé à Jérusalem, puis dans toute la région, avant de gagner le reste de l’Empire romain, notamment grâce à l’important réseau routier existant. Le texte se termine avec les deux années de détention de l’apôtre Paul à Rome (vers 62-63 apr. J.-C.).

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La Bible livre par livre (4)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

L’Ancien Testament :

 

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Livres poétiques

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Job

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42 chapitres

«Pauvre comme Job»: qui n’a jamais entendu cette expression? L’histoire de Job, c’est celle d’un homme juste qui est accablé par le malheur. Le thème du livre est donc celui de la souffrance, qui paraît difficilement conciliable avec la bonté de Dieu. Après un prologue qui présente les épreuves de Job comme le fruit d’une sorte de pari entre Dieu et Satan, la majeure partie du livre se compose de dialogues entre Job et trois de ses amis (auxquels vient s’ajouter un quatrième) qui ne parviennent pas à résoudre le problème de la souffrance. Il apparaît clairement qu’elle n’est pas nécessairement le fruit d’un péché. Dans l’épilogue, Dieu s’adresse à Job sans lui expliquer le pourquoi de son malheur, mais en montrant sa propre grandeur.

Psaumes

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150 chapitres

Appelés Tehillim («louanges») en hébreu, les 150 Psaumes sont autant de cantiques ou prières de louange, de supplication ou d’imprécation. Composés entre les 15e et 6e siècles av. J.-C. dans des circonstances très diverses et par des auteurs différents (Moïse, le roi David, Asaph, Koré, Héman, Ethan et des anonymes), ils pouvaient être utilisés dans le culte familial ou au temple, parfois lors de fêtes religieuses. Certains sont appelés messianiques parce qu’ils contiennent des prophéties relatives à ce libérateur annoncé (Psaumes 22; 69; 110 par exemple).

Proverbes

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31 chapitres

Trois auteurs sont mentionnés dans les Proverbes: le roi Salomon, Agur et Lemuel, ce qui implique une époque de rédaction qui va du 10e au 7e voire 5e siècle. La recherche de la sagesse était répandue dans l’Antiquité, sagesse qui consiste dans l’art de profiter de ses connaissances pour les appliquer dans la vie courante. Ces maximes touchent donc à tous les domaines de la vie. Elles prennent souvent la forme de pensées à deux vers.

Ecclésiaste

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12 chapitres

L’Ecclésiaste était lu lors de la fête juive des Tabernacles (aussi appelée fête des Huttes, des Cabanes ou encore des Tentes). Son auteur se nomme Qohéleth, peut-être le chef de l’assemblée ou l’enseignant, et est assimilé par la tradition au roi Salomon. Le ton du livre surprend: l’auteur affirme et répète que tout manque de consistance sous le soleil; les différents objectifs que les hommes se fixent sont sans valeur, qu’il s’agisse des richesses, des plaisirs, de la sagesse ou de la moralité. Ils ne font pas le sens de la vie. L’homme doit penser à son Créateur.

Cantique des cantiques

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8 chapitres
Ce livre controversé était lu lors de la fête juive de la Pâque. Il est attribué au roi Salomon (10e siècle av. J.-C.) et se compose de dialogues entre un homme et une femme, avec l’intervention d’autres personnages. On peut l’interpréter, au sens littéral, comme un texte qui chante les divers aspects de l’amour: joie de la présence de l’être aimé, jouissance partagée de la nature, attrait physique mutuel. Diverses interprétations allégoriques ont été proposées. La principale voit dans cette sorte de pièce théâtrale une évocation de l’amour entre Dieu et le peuple d’Israël.

Livre de la Sagesse

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Le Livre de la Sagesse (appelé en grec Sagesse de Salomon) est un livre de l’Ancien Testament.

Ce livre de rédaction grecque fait partie du canon des Ecritures dans le canon catholique et orthodoxe mais ne figure pas chez les protestants ni chez les Juifs.

Présentation

Le livre a reçu anciennement le titre de Sagesse de Salomon parce que les chapitres 7-9 font parler ce roi que la tradition juive considérait comme « le sage » par excellence.
Sa date est incertaine. Divers indices, tirés du vocabulaire et d’une allusion aux revendications contemporaines des Juifs d’Égypte à l’égalité civique (Sg 19, 16), invitent à ne pas remonter au-delà des années 50 av. J.-C. et même à descendre en période romaine, à partir de la prise d’Alexandrie par Auguste (30 av. J.-C.). Par sa date probable (ier siècle av. J.-C.), c’est sans doute le dernier en date des écrits de l’Ancien Testament. Il se compose de deux principales parties : le thème sapientiel de la sagesse (thème du juste souffrant, la sagesse pour épouse), et un long midrash des plaies d’Égypte.

Contenu

Le Livre de la Sagesse cherche à répondre au défi de la sagesse païenne (notamment, la philosophie) par rapport à la Révélation divine. On y trouve notamment, reprises de la philosophie grecque, les quatre vertus cardinales : « Aime-t-on la rectitude ? Les vertus sont les fruits de ses travaux, car elle enseigne tempérance et prudence, justice et force. » (Sg 8,7).

Dans une optique chrétienne, le livre est lu comme abordant, de façon cryptée, le thème de la résurrection de la chair, de la création nouvelle. De la même façon, ce livre comprend des affirmations qui préparent le Nouveau Testament, comme celle-ci : « Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité » (Sg 2,23). La Sagesse divine y est personnifiée au point de fournir aux apôtres Paul et Jean des formules théologiques que l’on retrouve, notamment, dans l’Épître aux Colossiens.

 Siracide

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Le Siracide, appelé aussi l’Ecclésiastique ou encore La Sagesse de Ben Sira, est l’un des livres sapientiaux de l’Ancien Testament écrit vers 200 av. J.-C. Le Siracide tient son nom de son auteur, Jésus Ben Sira (Ben Sira, Ben Sirakh, Ben Sirach).

L’ouvrage est un mélange de deux genres littéraires : tantôt des « proverbes », tantôt des développements structurés qui proposent des réflexions sur un sujet. Il s’agit toujours de la « Sagesse », représentée comme une personnification de la Sagesse divine. Elle est pour le disciple une mère, une épouse, une sœur. La rechercher, c’est atteindre Dieu. Vivre avec elle, c’est vivre avec Dieu.

La fin de l’ouvrage exalte des personnages historiques, comme le font les Livres des Maccabées. Vers la fin du ier siècle, il est exclu du canon biblique par les rabbins pharisiens. Il est cependant populaire parmi les Juifs et il est cité dans le Talmud et dans la littérature rabbinique qui en approuve certains passages.

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L’Eglise à la maison : histoire des premières communautés chrétiennes (Ier-IIIè siècle)

L’Eglise à la maison : histoire des première communautés chrétiennes Ier-IIIè siècle

Marie-Françoise Baslez

Paris, Salvator, 2021. 202 pages

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Quatrième de couverture

Et si c’est par là que tout avait commencé ? Les églises « domestiques » ou de « maisonnées » (en d’autres termes « l’Église à la maison ») ne sont-elles pas à l’origine de l’essaimage et de la croissance du christianisme durant les trois premiers siècles de notre ère ? Ne constituent-elles pas le vecteur d’une foi qui va se répandre sans rester cantonnée à quelques communautés isolées ? À partir de leurs modes de vie et d’action, mieux perçus désormais par l’évolution générale de l’histoire antique, Marie-Françoise Baslez rejoint au plus concret la condition des chrétiens de cette période. Ni cachés, ni confinés, ceux-ci portent des questions qui sont parfois aussi les nôtres : l’émergence de l’individu, la place des femmes, la condition d’immigré ou d’esclave, la synodalité, le sens de la mission… À leur manière, ils témoignent déjà de l’annonce de la foi dans un milieu hostile ou indifférent. Loin des idées reçues ou des inévitables anachronismes, Marie-Françoise Baslez met en évidence avec force la dynamique de la christianisation à l’oeuvre  à l’époque, celle qui permet à « l’Église à la maison » de s’ouvrir à la dimension de l’universel.

AUTEUR

Marie-Françoise Baslez est professeur émérite d’histoire des religions de l’Antiquité à Paris IV. Elle a notamment publié Comment notre monde est devenu chrétien (Seuil, coll. « Points-Histoire », 2015) et Jésus : dictionnaire historique des Évangiles (Tallandier, coll. « Texto », 2020).

CRITIQUES

« Ce livre innovant permet de voir comment des groupes chrétiens particuliers, très divers, enracinés dans un cadre communautaire local, se sont organisés en réseau dans l’Église universelle.

Marie-Françoise Baslez, historienne reconnue des religions de l’Antiquité et en particulier des premiers temps de la religion chrétienne, développe dans cet ouvrage ses recherches sur la dynamique missionnaire de l’Église sous l’Empire romain, en particulier lors des trois premiers siècles.

S’appuyant sur les écrits du Nouveau Testament, sur des sources non canoniques et sur les œuvres des Pères de l’Église, mais aussi sur les documents officiels du monde gréco-romain, elle s’intéresse au rôle joué par la famille et la maisonnée comme composante essentielle de l’organisation de la société et à ce qui a pu favoriser l’essaimage d’Églises de maisonnées urbaines dans le territoire rural.

Elle réfléchit à partir des données que sont, aux premiers siècles, les Églises domestiques ou de maisonnée pour ensuite aborder des questions qui intéressent l’individu (place des femmes, vie et rôle des esclaves) et la communauté chrétienne (les associations chrétiennes dans la cité, l’Église domiciliée, l’Église en réseaux).

L’Église de la maisonnée ne s’est pas construite sur des rapports de domination, car les communautés chrétiennes réfléchirent à l’idée de service mutuel et s’inscrivirent dans le cadre des associations caritatives tolérées par le droit romain.

Au-delà de l’égalité des hommes et des femmes devant Dieu, ces Églises ont affirmé la liberté comme droit de la personne face à la communauté collective, familiale, civique et ethnique – ce qui a été déterminant dans la pratique des maisonnées et dans la vie ecclésiale. Ce livre innovant permet de voir comment des groupes chrétiens particuliers, très divers, enracinés dans un cadre communautaire local, se sont organisés en réseau dans l’Église universelle.

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Le rassemblement des Églises en maisonnée pendant près de trois siècles a été déterminant pour la diffusion et la croissance du christianisme naissant.

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Art paleochretien : « representation du christ, probablement la premiere » 3eme siecle apres JC. Marbre marquete. Musee ostiense, Ostia ©Luisa Ricciarini/Leemage (Photo by leemage / Leemage via AFP)

L’une de toutes premières représentations du Christ. Marbre du IIIe siècle. 
Musée archéologique d’Ostia (Italie).LEEMAGE VIA AFP

Ce livre aux dimensions modestes est tout simplement passionnant. Marie-Françoise Baslez, spécialiste de l’Antiquité chrétienne, mobilise les connaissances amassées durant toute une vie, pour faire découvrir à son lecteur que depuis ses origines – comme en témoigne déjà la littérature paulinienne – et jusqu’au tournant constantinien, les premières communautés chrétiennes se sont retrouvées dans des maisonnées, qui étaient les « cellules de base de la vie communautaire ».

Ces lieux où l’on se rassemblait pour le culte étaient aussi des petits laboratoires où s’est expérimentée peu à peu l’organisation de la vie des premiers chrétiens, souligne l’historienne.

Brassage social

Une telle configuration a permis autant un réel brassage social, avec la participation des esclaves, qu’une émancipation non négligeable des femmes, qu’elles soient mariées ou bien vierges ou veuves. Marie-Françoise Baslez consacre d’ailleurs un chapitre à chacune de ces deux réalités, battant en brèche bien des idées reçues.

Pareillement, elle use, tranquillement mais fermement, de son autorité pour tailler en pièces un mythe pourtant bien enraciné jusqu’à nos jours, celui des Églises cachées dans les catacombes : « L’Église souterraine est un fantasme romantique, nourri au XIXe siècle par des réminiscences de messes clandestines et de prêtres cachés, issues de la Révolution française. »

Églises-sœurs

Ces premières Églises réunies dans des (grandes) maisons n’étaient pas pour autant repliées sur elles-mêmes. Déjà, elles avaient été fondées autour d’axes de circulation déjà existants empruntés par les commerçants et les voyageurs. Elles fonctionnaient plutôt en réseaux, au maillage souple qui pouvait être étendu, où l’échange épistolaire entre elles fut décisif pour leur développement.

L’étude fouillée de la vie des communautés chrétiennes primitives montre aussi la mise en place d’Églises métropoles et d’une « multipolarisation générale ». L’autrice n’hésite pas à parler d’Églises-sœurs fonctionnant de façon synodale.

Elle montre également que le tournant constantinien, au début du IVe siècle, va accélérer le passage de l’Église des maisonnées vers un bâtiment propre à usage collectif – une évolution amorcée bien auparavant. Le fait que durant presque trois siècles les chrétiens se sont réunis dans des maisons particulières ne saurait être oublié, et peut certainement inspirer les chrétiens d’aujourd’hui dans leurs manières de concevoir et de vivre l’Église…

https://www.la-croix.com/Culture/LEglise-maison-Marie-Francoise-Baslez-Eglises-domestiques-origines-christianisme-2021-12-06-1201188740

Fiche de l’Observatoire Foi et culture du mercredi 19 janvier 2021 à propos de l’ouvrage de Marie-Françoise Baslez sur L’histoire des premières communautés chrétiennes au 1er et au 3e siècle.

À partir de sources plurielles, Marie-Françoise Baslez nous offre une histoire des premiers chrétiens, du  1er au IIIème siècle. Les écrits du Nouveau Testament, les textes des Pères de l’Église, l’apport récent de  l’archéologie, les apocryphes, les Actes des martyrs sont autant de données documentaires précieuses pour  comprendre les débuts du christianisme. Le risque est pourtant « d’écrire une histoire rétrospective et  anachronique en remontant le temps et en projetant sur le passé le regard et les exigences du présent »  (p. 7). L’objectif de ce livre est de classer toute une documentation disponible et de montrer le rôle joué par  la famille et la maisonnée, cellule de base de la société dans l’Antiquité.

Marie-Françoise Baslez essaie de donner un contenu sociologique au concept d’Église domestique, d’Église  de maisonnée. « Replacer la première mission chrétienne dans son cadre authentique conduit à inventorier  les potentialités de la maisonnée antique, avec toujours le même souci d’éviter les anachronismes » (p. 14).

Agrégée d’histoire, Marie-Françoise Baslez a travaillé sur le christianisme ancien, les romans grecs et l’histoire  du judaïsme de langue grecque. Elle est spécialisée dans les questions sociales des périodes hellénistique et  romaine. Elle s’applique notamment à l’analyse des relations entre hellénisme et judaïsme, depuis la  traduction de la Septante jusqu’à l’émergence du christianisme.

Au fil des pages de nouvel essai, elle fait  particulièrement référence à l’expérience de Paul qui a réinterprété des notions empruntées au monde  gréco-romain en développant une réflexion qui lui est propre. Dans le Nouveau Testament, l’évangéliste Luc  présente l’Église de maisonnée comme un lieu de la convivialité, le lieu de la fraction du pain après le dernier  repas de Jésus et le lieu de l’enseignement. La toute première communauté, dans les Actes des Apôtres est  décrite comme un idéal d’unanimité. La maison est aussi le lieu des professions de foi et des conversions qui  aboutissent à un baptême familial collectif (cf. La conversion du centurion Romain en Ac 10). La prédication de Paul se déroule rarement en public, mais plutôt dans une maison. Elle vise la fondation de communautés  stables comme c’est le cas avec le baptême de la maisonnée de Lydia, ou encore avec celui du gardien de la prison de Philippes.

Parmi les thématiques abordées par Marie-Françoise Baslez, il y a celui de la maison, espace privé,  fonctionnant comme un refuge naturel lorsque les chrétiens rencontraient l’hostilité. La maisonnée était-elle  devenue un lieu caché et confiné imposé par les circonstances ou par le choix de préserver l’identité  chrétienne ? L’archéologie récente a mis fin au mythe des catacombes. Celles-ci ne furent pas une invention  des chrétiens pourchassés, qui s’y seraient frileusement réunis pour célébrer l’eucharistie, y tenir leurs  réunions d’Église. Les catacombes n’ont jamais eu le rôle de cachettes : « L’Église souterraine est un fantasme  romantique, nourri au XIXème par des réminiscences de messes clandestines et de prêtres cachés issus de la  Révolution française » (p. 46). Il est vrai cependant que les chrétiens se réunissaient dans les cimetières pour  y honorer leurs morts.

La place de la femme dans la maisonnée et son influence dans l’Église au cours des trois premiers siècles est  à remarquer. Le travail domestique fournissait aux femmes une certaine indépendance économique. Parmi  les femmes ayant eu une certaine autorité, il faut citer Lydia (Ac 16, 14-15), Phoibè (Rm 16, 1-2), Chloé  (1Co 1,11).

Le modèle du couple n’existe pas dans les évangiles à l’exception de la Sainte famille. En revanche, Paul  présente plusieurs couples engagés dans l’évangélisation : Philémon et Apphia (Phm 1, 2), Aquilas et Prisca  (Ac 18, 1), Andromicos et Junia (Rm 16, 7).

Quant aux esclaves, ils sont associés à la vie de la maisonnée qui leur assure protection et attachement. Les  premières communautés chrétiennes ont développé une réflexion sur l’esclavage en mettant en valeur l’idée  de service et la notion de rachat. « Engagés dans un processus d’identification au Christ depuis leur baptême,  les chrétiens ont le devoir de racheter ceux des leurs qui ont perdu leur liberté… » (p. 81). L’Église de  maisonnée ne s’est pas uniquement construite sur des rapports de domination.

Après un chapitre sur l’évangélisation portée par des réseaux marchands et commerciaux, par des figures  d’intellectuels itinérants (cf. l’introduction du christianisme à Lyon par Irénée), et aussi par des familles de  soldats, Marie-Françoise Baslez expose comment les échanges épistolaires ont permis une organisation de la  communication chrétienne. La capacité des Églises à faire des réseaux est ainsi démontrée au IIIème siècle.  Apparaissent aussi les synodes pour examiner des questions théologiques et structurer l’Église au niveau  « catholique » et régional. Marie-Françoise Baslez met en évidence la dynamique de christianisation à  l’œuvre au cours des trois premiers siècles. Elle montre comme « l’Église à la maison » s’est ouverte peu à  peu à la dimension de l’universel.

Cette recherche historique peut être utile pour comprendre certains aspects de l’évangélisation et  l’expérience de synodalité que les chrétiens sont appelés à vivre aujourd’hui.

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Marie-Christine Baslez (1946-2022)

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https://www.la-croix.com/Religion/Mort-Marie-Francoise-Baslez-historienne-christianisme-primitif-2022-01-31-1201197802