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Livre des Actes des Apôtres (24)

LIVRE DES ACTES DES APÔTRES

chapitre 24

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01 Cinq jours plus tard, le grand prêtre Ananias descendit à Césarée avec quelques anciens et un avocat, un certain Tertullus. Ils exposèrent devant le gouverneur leurs griefs contre Paul.

02 On fit appeler celui-ci, et Tertullus commença son discours d’accusation : « Nous qui jouissons d’une grande paix grâce à toi et aux réformes dont ta prévoyance a fait bénéficier cette nation,

03 nous accueillons, de toute manière et en tout lieu, ce qui nous vient de toi, Très excellent Félix, avec une immense reconnaissance.

04 Mais pour ne pas t’importuner davantage, je te prie de nous écouter un instant avec toute ta bienveillance.

05 Nous avons constaté que cet homme est un fléau ; il suscite l’émeute chez tous les Juifs du monde entier, étant le chef du groupe des Nazaréens.

06 Il a même tenté de profaner le Temple ; alors nous l’avons arrêté.

08 En l’interrogeant lui-même, tu pourras mieux connaître tout ce dont nous l’accusons. »

09 Les Juifs appuyèrent ce discours en affirmant qu’il en était bien ainsi.

10 Le gouverneur lui ayant fait signe de parler, Paul répliqua : « Sachant que, depuis des années, tu as cette nation sous ta juridiction, c’est avec confiance que je présente la défense de ma cause.

11 Tu peux vérifier qu’il n’y a pas plus de douze jours que je suis monté à Jérusalem pour adorer.

12 On ne m’a pas trouvé dans le Temple en train de discuter avec qui que ce soit, ni dans les synagogues ou en ville en train d’ameuter la foule,

13 et ils ne peuvent alléguer aucun fait à l’appui de ce dont ils m’accusent maintenant.

14 Mais je le déclare devant toi : c’est selon le Chemin du Seigneur – ce qu’ils désignent comme un groupe – que je rends un culte au Dieu de nos pères ; je crois à tout ce qu’il y a dans la Loi et à tout ce qui est écrit dans les prophètes ;

15 mon espérance en Dieu, et ce qu’ils attendent eux-mêmes, c’est qu’il va y avoir une résurrection des justes et des injustes.

16 C’est pourquoi, moi aussi, je m’efforce de garder une conscience irréprochable en toute chose devant Dieu et devant les hommes.

17 Au bout de plusieurs années, je suis venu apporter le produit des aumônes destinées à ma nation, et présenter des offrandes rituelles.

18 C’est à cette occasion qu’on m’a trouvé dans le Temple après une cérémonie de purification, sans qu’il y ait eu ni attroupement ni tumulte.

19 Il y avait, ce jour-là, des Juifs venus de la province d’Asie ; ils devraient se présenter devant toi et m’accuser s’ils avaient quelque chose contre moi.

20 Ou bien alors, que ceux qui sont là disent quel délit ils ont constaté quand j’ai comparu devant le Conseil suprême.

21 À moins qu’il ne s’agisse de cette seule parole que j’ai criée, debout au milieu d’eux : “C’est à cause de la résurrection des morts que je passe aujourd’hui en jugement devant vous.” »

22 Félix, qui avait une connaissance approfondie de ce qui concerne le Chemin du Seigneur, ajourna l’audience en disant : « Quand le commandant Lysias descendra de Jérusalem, je rendrai une sentence sur votre affaire. »

23 Il donna l’ordre au centurion de garder Paul en détention avec un régime adouci, et sans empêcher les siens de lui rendre des services.

24 Quelques jours plus tard, Félix vint avec sa femme Drusille, qui était juive. Il envoya chercher Paul et l’écouta parler de la foi au Christ Jésus.

25 Mais quand l’entretien porta sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir, Félix fut pris de peur et déclara : « Pour le moment, retire-toi ; je te rappellerai à une prochaine occasion. »

26 Il n’en espérait pas moins que Paul lui donnerait de l’argent ; c’est pourquoi il l’envoyait souvent chercher pour parler avec lui.

27 Deux années s’écoulèrent ; Félix reçut comme successeur Porcius Festus. Voulant accorder une faveur aux Juifs, Félix avait laissé Paul en prison.

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Livre des Actes des Apôtres (18)

LIVRE DES ACTES DES APÔTRES

chapitre 18

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01 Après cela, Paul s’éloigna d’Athènes et se rendit à Corinthe.

02 Il y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire de la province du Pont, récemment arrivé d’Italie, ainsi que sa femme Priscille ; l’empereur Claude, en effet, avait pris la décision d’éloigner de Rome tous les Juifs. Paul entra en relation avec eux ;

03 comme ils avaient le même métier, il demeurait chez eux et y travaillait, car ils étaient, de leur métier, fabricants de tentes.

04 Chaque sabbat, Paul discutait à la synagogue et s’efforçait de convaincre aussi bien les Juifs que les Grecs.

05 Quand Silas et Timothée furent arrivés de Macédoine, Paul se consacra entièrement à la Parole, attestant aux Juifs que le Christ, c’est Jésus.

06 Devant leur opposition et leurs injures, Paul secoua ses vêtements et leur dit : « Que votre sang soit sur votre tête ! Moi, je n’ai rien à me reprocher. Désormais, j’irai vers les païens. »

07 Quittant la synagogue, il alla chez un certain Titius Justus, qui adorait le Dieu unique ; sa maison était tout à côté de la synagogue.

08 Or Crispus, chef de synagogue, crut au Seigneur, avec toute sa maison. Beaucoup de Corinthiens, apprenant cela, devenaient croyants et se faisaient baptiser.

09 Une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence.

10 Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux. »

11 Paul y séjourna un an et demi et il leur enseignait la parole de Dieu.

12 Sous le proconsulat de Gallion en Grèce, les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal,

13 en disant : « La manière dont cet individu incite les gens à adorer le Dieu unique est contraire à la loi. »

14 Au moment où Paul allait ouvrir la bouche, Gallion déclara aux Juifs : « S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave, je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit.

15 Mais s’il s’agit de débats sur des mots, sur des noms et sur la Loi qui vous est propre, cela vous regarde. Être juge en ces affaires, moi je m’y refuse. »

16 Et il les chassa du tribunal.

17 Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue, et se mirent à le frapper devant le tribunal, tandis que Gallion restait complètement indifférent.

18 Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe. Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquilas. À Cencrées, il s’était fait raser la tête, car le vœu qui le liait avait pris fin.

19 Ils arrivèrent à Éphèse ; il laissa là ses compagnons, mais lui, entrant à la synagogue, se mit à discuter avec les Juifs.

20 Comme ceux-ci lui demandaient de rester plus longtemps, il n’accepta pas.

21 En faisant ses adieux, il dit : « Je reviendrai encore chez vous, si Dieu le veut. » Et, quittant Éphèse, il reprit la mer.

22 Ayant débarqué à Césarée, il monta saluer l’Église de Jérusalem, puis descendit à Antioche.

23 Après y avoir passé quelque temps, Paul partit. Il parcourut successivement le pays galate et la Phrygie, en affermissant tous les disciples.

24 Or, un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, venait d’arriver à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures.

25 Il avait été instruit du Chemin du Seigneur ; dans la ferveur de l’Esprit, il parlait et enseignait avec précision ce qui concerne Jésus, mais, comme baptême, il ne connaissait que celui de Jean.

26 Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu.

27 Comme Apollos voulait se rendre en Grèce, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Quand il fut arrivé, il rendit de grands services à ceux qui étaient devenus croyants par la grâce de Dieu.

28 En effet, avec vigueur il réfutait publiquement les Juifs, en démontrant par les Écritures que le Christ, c’est Jésus.

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Livre des Actes des Apôtres (16)

LIVRE DES ACTES DES APÔTRES

CHAPITRE 16

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01 Il arriva ensuite à Derbé, puis à Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée ; sa mère était une Juive devenue croyante, mais son père était Grec.

02 À Lystres et à Iconium, les frères lui rendaient un bon témoignage.

03 Paul désirait l’emmener ; il le prit avec lui et le fit circoncire à cause des Juifs de la région, car ils savaient tous que son père était Grec.

04 Dans les villes où Paul et ses compagnons passaient, ils transmettaient les décisions prises par les Apôtres et les Anciens de Jérusalem, pour qu’elles entrent en vigueur.

05 Les Églises s’affermissaient dans la foi et le nombre de leurs membres augmentait chaque jour.

06 Paul et ses compagnons traversèrent la Phrygie et le pays des Galates, car le Saint-Esprit les avait empêchés de dire la Parole dans la province d’Asie.

07 Arrivés en Mysie, ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus s’y opposa.

08 Ils longèrent alors la Mysie et descendirent jusqu’à Troas.

09 Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, debout, qui lui faisait cette demande : « Passe en Macédoine et viens à notre secours. »

10 À la suite de cette vision de Paul, nous avons aussitôt cherché à partir pour la Macédoine, car nous en avons déduit que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle.

11 De Troas nous avons gagné le large et filé tout droit sur l’île de Samothrace, puis, le lendemain, sur Néapolis,

12 et ensuite sur Philippes, qui est une cité du premier district de Macédoine et une colonie romaine. Nous avons passé un certain temps dans cette ville

13 et, le jour du sabbat, nous en avons franchi la porte pour rejoindre le bord de la rivière, où nous pensions trouver un lieu de prière. Nous nous sommes assis, et nous avons parlé aux femmes qui s’étaient réunies.

14 L’une d’elles nommée Lydie, une négociante en étoffes de pourpre, originaire de la ville de Thyatire, et qui adorait le Dieu unique, écoutait. Le Seigneur lui ouvrit l’esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul.

15 Quand elle fut baptisée, elle et tous les gens de sa maison, elle nous adressa cette invitation : « Si vous avez reconnu ma foi au Seigneur, venez donc dans ma maison pour y demeurer. » C’est ainsi qu’elle nous a forcé la main.

16 Comme nous allions au lieu de prière, voilà que vint à notre rencontre une jeune servante qui était possédée par un esprit de divination ; elle rapportait de gros bénéfices à ses maîtres par ses oracles.

17 Elle se mit à nous suivre, Paul et nous, et elle criait : « Ces hommes sont des serviteurs du Dieu Très-Haut ; ils vous annoncent le chemin du salut. »

18 Elle faisait cela depuis plusieurs jours quand Paul, excédé, se retourna et dit à l’esprit : « Au nom de Jésus Christ, je te l’ordonne : Sors ! » Et à l’instant même il sortit.

19 Les maîtres, voyant s’en aller l’espoir de leurs bénéfices, se saisirent de Paul et de Silas et les traînèrent sur la place publique auprès des autorités.

20 Puis, ils les firent comparaître devant les magistrats en disant : « Ces gens troublent notre cité : ils sont Juifs,

21 et ils prônent des coutumes que nous n’avons pas le droit d’accepter ni de pratiquer, nous qui sommes citoyens romains. »

22 Alors, la foule se déchaîna contre Paul et Silas. Les magistrats ordonnèrent de leur arracher les vêtements pour leur donner la bastonnade.

23 Après les avoir roués de coups, on les jeta en prison, en donnant au geôlier la consigne de les surveiller de près.

24 Pour appliquer cette consigne, il les mit tout au fond de la prison, avec les pieds coincés dans des blocs de bois.

25 Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les autres détenus les écoutaient.

26 Tout à coup, il y eut un violent tremblement de terre, qui secoua les fondations de la prison : à l’instant même, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les détenus se détachèrent.

27 Le geôlier, tiré de son sommeil, vit que les portes de la prison étaient ouvertes ; croyant que les détenus s’étaient évadés, il dégaina son épée et il était sur le point de se donner la mort.

28 Mais Paul se mit à crier d’une voix forte : « Ne va pas te faire de mal, nous sommes tous là. »

29 Ayant réclamé de la lumière, le geôlier se précipita et, tout tremblant, se jeta aux pieds de Paul et de Silas.

30 Puis il les emmena dehors et leur demanda : « Que dois-je faire pour être sauvé, mes seigneurs ? »

31 Ils lui répondirent : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. »

32 Ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui vivaient dans sa maison.

33 À l’heure même, en pleine nuit, le geôlier les emmena pour laver leurs plaies. Aussitôt, il reçut le baptême avec tous les siens.

34 Puis il fit monter chez lui Paul et Silas, il fit préparer la table et, avec toute sa maison, il laissa déborder sa joie de croire en Dieu.

35 Quand il fit jour, les magistrats envoyèrent leurs gardes dire au geôlier : « Relâche ces gens ! »

36 Le geôlier rapporta ces paroles à Paul : « Les magistrats ont envoyé dire de vous relâcher. Sortez donc maintenant et partez en paix. »

37 Mais Paul dit aux gardes : « Ils nous ont fait flageller en public sans jugement, alors que nous sommes citoyens romains, ils nous ont jetés en prison ; et maintenant, c’est à la dérobée qu’ils nous expulsent ! Il n’en est pas question : qu’ils viennent eux-mêmes nous faire sortir ! »

38 Les gardes rapportèrent ces paroles aux magistrats. Ceux-ci furent pris de peur en apprenant que c’étaient des Romains.

39 Ils vinrent donc les apaiser ; ils les firent sortir en leur demandant de quitter la ville.

40 Une fois sortis de la prison, Paul et Silas entrèrent chez Lydie ; ils virent les frères et les réconfortèrent, puis ils partirent.

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Livre des Actes des Apôtres (15)

LIVRE DES ACTES DES APÔTRES

CHAPITRE 15

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01 Des gens, venus de Judée à Antioche, enseignaient les frères en disant : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »

02 Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question.

03 L’Église d’Antioche facilita leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie en racontant la conversion des nations, ce qui remplissait de joie tous les frères.

04 À leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l’Église, les Apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.

05 Alors quelques membres du groupe des pharisiens qui étaient devenus croyants intervinrent pour dire qu’il fallait circoncire les païens et leur ordonner d’observer la loi de Moïse.

06 Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire.

07 Comme cela provoquait une intense discussion, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu, dans les premiers temps, a manifesté son choix parmi vous : c’est par ma bouche que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi.

08 Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ;

09 sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs cœurs par la foi.

10 Maintenant, pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ?

11 Oui, nous le croyons, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, de la même manière qu’eux. »

12 Toute la multitude garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul exposer tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis grâce à eux parmi les nations.

13 Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi.

14 Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom.

15 Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit :

16 Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en reconstruirai les parties effondrées, je la redresserai ;

17 alors le reste des hommes cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, – déclare le Seigneur, qui fait ces choses

18 connues depuis toujours.

19 Dès lors, moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu,

20 mais écrivons-leur de s’abstenir des souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang.

21 Car, depuis les temps les plus anciens, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisque, dans les synagogues, on en fait la lecture chaque sabbat. »

22 Alors les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas.

23 Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut !

24 Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part, tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi,

25 nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul,

26 eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ.

27 Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit :

28 L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent :

29 vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous gardez de tout cela. Bon courage ! »

30 On laissa donc partir les délégués, et ceux-ci descendirent alors à Antioche. Ayant réuni la multitude des disciples, ils remirent la lettre.

31 À sa lecture, tous se réjouirent du réconfort qu’elle apportait.

32 Jude et Silas, qui étaient aussi prophètes, parlèrent longuement aux frères pour les réconforter et les affermir.

33 Après quelque temps, les frères les laissèrent repartir en paix vers ceux qui les avaient envoyés.

35 Quant à Paul et Barnabé, ils séjournaient à Antioche, où ils enseignaient et, avec beaucoup d’autres, annonçaient la Bonne Nouvelle de la parole du Seigneur.

36 Quelque temps après, Paul dit à Barnabé : « Retournons donc visiter les frères en chacune des villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont. »

37 Barnabé voulait emmener aussi Jean appelé Marc.

38 Mais Paul n’était pas d’avis d’emmener cet homme, qui les avait quittés à partir de la Pamphylie et ne les avait plus accompagnés dans leur tâche.

39 L’exaspération devint telle qu’ils se séparèrent l’un de l’autre. Barnabé emmena Marc et s’embarqua pour Chypre.

40 Paul, lui, choisit pour compagnon Silas et s’en alla, remis par les frères à la grâce du Seigneur.

41 Il traversait la Syrie et la Cilicie, en affermissant les Églises.

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Livre des Actes des Apôtres (14)

LIVRE DES ACTES DES APÔTRES

CHAPITRE 14

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01 À Iconium, la même chose se produisit : Paul et Barnabé entrèrent dans la synagogue des Juifs, et parlèrent de telle façon qu’un grand nombre de Juifs et de Grecs devinrent croyants.

02 Mais ceux des Juifs qui avaient refusé de croire se mirent à exciter les païens et à les monter contre les frères.

03 Paul et Barnabé séjournèrent là un certain temps. Ils mettaient leur assurance dans le Seigneur : celui-ci rendait témoignage à l’annonce de la parole de sa grâce, et il leur donnait d’accomplir par leurs mains des signes et des prodiges.

04 La population de la ville se trouva divisée : les uns étaient pour les Juifs, les autres pour les Apôtres.

05 Il y eut un mouvement chez les non-Juifs et chez les Juifs, avec leurs chefs, pour recourir à la violence et lapider Paul et Barnabé.

06 Lorsque ceux-ci s’en aperçurent, ils se réfugièrent en Lycaonie dans les cités de Lystres et de Derbé et dans leurs territoires environnants.

07 Là encore, ils annonçaient la Bonne Nouvelle.

08 Or, à Lystres, il y avait un homme qui était assis, incapable de se tenir sur ses pieds. Infirme de naissance, il n’avait jamais pu marcher.

09 Cet homme écoutait les paroles de Paul. Celui-ci le fixa du regard et vit qu’il avait la foi pour être sauvé.

10 Alors il lui dit d’une voix forte : « Lève-toi, tiens-toi droit sur tes pieds. » L’homme se dressa d’un bond : il marchait.

11 En voyant ce que Paul venait de faire, les foules s’écrièrent en lycaonien : « Les dieux se sont faits pareils aux hommes, et ils sont descendus chez nous ! »

12 Ils donnaient à Barnabé le nom de Zeus, et à Paul celui d’Hermès, puisque c’était lui le porte-parole.

13 Le prêtre du temple de Zeus, situé hors de la ville, fit amener aux portes de celle-ci des taureaux et des guirlandes. Il voulait offrir un sacrifice avec les foules.

14 Informés de cela, les Apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements et se précipitèrent dans la foule en criant :

15 « Pourquoi faites-vous cela ? Nous aussi, nous sommes des hommes pareils à vous, et nous annonçons la Bonne Nouvelle : détournez-vous de ces vaines pratiques, et tournez-vous vers le Dieu vivant, lui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent.

16 Dans les générations passées, il a laissé toutes les nations suivre leurs chemins.

17 Pourtant, il n’a pas manqué de donner le témoignage de ses bienfaits, puisqu’il vous a envoyé du ciel la pluie et des saisons fertiles pour vous combler de nourriture et de bien-être. »

18 En parlant ainsi, ils empêchèrent, mais non sans peine, la foule de leur offrir un sacrifice.

19 Alors des Juifs arrivèrent d’Antioche de Pisidie et d’Iconium ; ils se rallièrent les foules, ils lapidèrent Paul et le traînèrent hors de la ville, pensant qu’il était mort.

20 Mais, quand les disciples firent cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé.

21 Ils annoncèrent la Bonne Nouvelle à cette cité et firent bon nombre de disciples. Puis ils retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie ;

22 ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. »

23 Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui.

24 Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie.

25 Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent au port d’Attalia,

26 et s’embarquèrent pour Antioche de Syrie, d’où ils étaient partis ; c’est là qu’ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils avaient accomplie.

27 Une fois arrivés, ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi.

28 Ils passèrent alors un certain temps avec les disciples.

CHJRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, PELERINAGE, PROVENCE, SAINTES-MARIES-DE-LA-MER

Santuaire des Saintes-Marie-de-la-Mer

Sanctuaire des  Saintes-Maries-de-la-Mer

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Historique

LE PREMIER SANCTUAIRE

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Une église primitive de dimensions modestes est construite autour du puits avant le VI°. Conservée à l’intérieur de l’église forteresse, elle est démolie lors des fouilles ordonnées par le roi René en 1448.

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Dans son testament de 542, saint Césaire, évêque d’Arles, mentionne une église dédiée à Notre Dame du Radeau. De dimensions modestes – on parle d’environ 15 mètres – elle était fermée devant par une grille de fer  et sur les trois autres cotés par une muraille de pierre de taille. Elle occupait la partie centrale de la nef actuelle, touchant le chœur. On l’avait construite autour du puits que l’on peut toujours voir de nos jours car la tradition disait que les Saintes avaient élevé là un autel à la Sainte Vierge, le premier sur la terre des Gaules, et avaient vécu près de ce puits.

Au moment de l’édification du premier sanctuaire, le pays jouissait d’un temps de paix : on ne le fortifia donc pas. A partir du IX°, les incursions des sarrasins venus de la mer entrainent la construction d’une église forteresse qui englobe l’église primitive. Celle-ci gênait la circulation : pour aller de la nef au cœur, il fallait passer par des couloirs entre les murs des deux églises ! On la conserva cependant car on pensait qu’elle renfermait le corps des Saintes et parce que c’est là que les pèlerins les priaient et déposaient des couronnes. En 1448, le roi René ordonna les fouilles pour retrouver les corps des Saintes. On les retrouve ! Les reliques, placées dans les châsses sont élevées à la chapelle haute. Le premier sanctuaire est alors démoli.

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LES SAINTES

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Les Saintes

PARENTES DE LA VIERGE ET MÈRES DES APÔTRES

Qui sont les Saintes ? Comment sont-elles arrivées ici ?

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Nos Saintes, Marie-Salomé et Marie-Jacobé, nous sont connues par l’Evangile (Mt 27/56; Jn 19,25; Mc 15,40; 16,1, etc…).

Marie-Salomé est la mère de Jacques le Majeur, vénéré à Compostelle, et de Jean l’évangéliste.

Marie-Jacobée est la mère de plusieurs apôtres dont Jacques le Mineur et José.

Proches parentes de Jésus, elles le suivent jusqu’au pied de la Croix avec d’autres femmes dont Marie-Madeleine. Venues au tombeau le dimanche de Pâques avec des parfums pour embaumer le corps du Christ, elles sont les premiers témoins de la Résurrection.

Lors de la persécution des chrétiens dans les années 45, elles sont chassées de Palestine.

La tradition les dit poussées à la mer, sur une barque sans voile ni rame, promises à une mort certaine, avec Marie-Madeleine, Marthe, Lazare, Maximin, et d’autres disciples.

Elles parviennent en Camargue où commence l’évangélisation de la Gaule.

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Dans l’Évangile de Saint Matthieu : Mt 27/50 – 28/10

Or Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit.
Et voilà que le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent,
les tombeaux s’ouvrirent et de nombreux corps de saints trépassés ressuscitèrent :
ils sortirent des tombeaux après sa résurrection, entrèrent dans la Ville sainte et se firent voir à bien des gens.
Quant au centurion et aux hommes qui avec lui gardaient Jésus, à la vue du séisme et de ce qui se passait, ils furent saisis d’une grande frayeur et dirent : « Vraiment celui-ci était fils de Dieu ! »
27/55-56 : Il y avait là de nombreuses femmes qui regardaient à distance, celles-là même qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et le servaient,entre autres Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
Le soir venu, il vint un homme riche d’Arimathie, du nom de Joseph, qui s’était fait, lui aussi, disciple de Jésus.
Il alla trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remît.
Joseph prit donc le corps, le roula dans un linceul propre.
et le mit dans le tombeau neuf qu’il s’était fait tailler dans le roc ; puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla.
27/61 : Or il y avait là Marie de Magdala et l’autre Marie, assises en face du sépulcre.

28/1 : Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre.
Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit

Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige.
A sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts.
28/5-10 : Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : « Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.
Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée; c’est là que vous le verrez. Voilà, je vous l’ai dit. »
Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre :
 » Je vous salue « , dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. »

 Dans l’Évangile de Saint Marc : Mc 15/37-16/6.

Jésus, jetant un grand cri, expira.
Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »

15/40-41 : Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat,

Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps.
Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.
15/47 : Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis.


16/1-6 : Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps.

Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé.
Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? »

Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande.
Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur.
Mais il leur dit :  » Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis

 Dans l’Évangile de Saint Jean : Jn 19/25-27.

Jn 19/25 : Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.
Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple :  » Voici ta mère.  » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui.

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LE MESSAGE DES SAINTESbando_message.jpg

Le message des Saintes

PRÉSENTATION DU PÈRE JEAN-RÉMY FALCIOLA

Novembre 2016

Au moment où je viens de faire mes premiers pas en Terre de Camargue et plus précisément à la Paroisse Sanctuaire des Saintes Maries de la Mer je souhaitais à vous Saintois, pèlerins ou personnes de passage vous adresser ces quelques mots ayant été nommé prêtre desservant en étroite collaboration avec P. Michel DESPLANCHES, Vicaire Général du Diocèse d’Aix et Arles et qui en sera l’Administrateur.

Mon nom P. FALCIOLA est très chantant…marquant mes origines familiales de la région des lacs du nord de l’Italie mais aussi ardéchois du sud, mon prénom Jean-Rémy a un petit accent provençal ayant vécu quelques années dans la région de Nîmes, Avignon et Carpentras.

Mes passions ont d’abord été liées au théâtre puis sans transition au monde financier de la banque mais sans éteindre en moi ma passion pour le Christ et l’Evangile dès ma petite enfance pour la concrétiser en devenant prêtre diocésain. Mon ministère dans le Diocèse de Lyon d’où je suis natif a été très varié et m’a toujours apporté de grandes joies, en paroisse, dans des services diocésains, dans des Mouvements de Jeunes le MEJ, les Scouts puis comme Recteur du Sanctuaire de ND de Fourvère et Curé de la Cathédrale St Jean.

Mais assez parlé de moi… sinon vous saurez tout de moi alors que je souhaite d’abord vous connaître, vous découvrir pour me révéler progressivement le « Mystère spirituel » de ce haut lieu de la foi qu’est l’Eglise des Saintes.

C’est le bout du monde m’avait-on dit…pourtant en peu de jours, ayant vécu déjà des moments de grande profondeur spirituelle j’ai pris conscience que se trouvaient là à mes pieds la vague déferlante qui avait ancré le commencement de l’évangélisation de notre pays à ses origines chrétiennes.

Quelle joie de penser et de croire que le « bout du monde » est à l’origine de la merveilleuse Annonce de la Bonne Nouvelle : « Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité… »

Ici nous touchons du doigt grâce aux Saintes Femmes Marie Jacobé, Marie Salomé et Sainte Sara notre proximité au Christ dans l’ordinaire de notre vie.

Combien sont bénies ces rives de la mer qui ont accueilli le message des premiers témoins de la Foi. En débarquant en Terre de Camargue « les Saintes Maries » ont permis que le noble fleuve Rhône unisse ses deux bras pour faire remonter à contre courant jusqu’à Lyon (Lugdunum) et au-delà le souffle puissant de l’Evangile qui nous a offert le plus des cadeaux : la Miséricorde de Dieu.

Chers(es) Amis(es) ne cessons pas d’en rendre grâce chaque jour….   

Père Jean-Rémy 

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Sara

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Sainte Sara, humble servante ?
Patronne des gens du voyage, sainte Sara reste une énigme. L’histoire a conservé plusieurs traditions qui évoquent cette figure non attestée par l’Evangile. On raconte ce qu’elle a vécu de façon symbolique, comme bien des récits bibliques.

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Qui donc est sainte Sara ? La question revient sans cesse, très naturellement. D’autant plus que jusqu’à nos jours personne ne peut donner de réponse historique et scientifique définitive. Nos anciens prêtres, Père Morel et Causse, pour ne citer qu’eux, ont régulièrement répondu à cette question, se référant au mot de Mgr de Provenchères, ancien Archevêque d’Aix et Arles, qui disait : « Le culte de Sara est immémorial, c’est pourquoi je le maintiens sous sa forme traditionnelle ». Nous reproduisons ici un article du Père Causse paru dans LA ROULOTTE, journal de l’aumônerie des Gitans, en avril 1999 : « Quant à SARA, la légende chrétienne nous la présente comme l’humble servante, la familière, qui pleure sur la grève le départ de ses maîtresses Jacobé et Salomé, que la fureur des Juifs a jetées avec d’autres dans cette « barque sans rame ni voile ». Révoltée, Sara veut partager le sort des condamnées, quel qu’il soit. Alors, Salomé lui jette son manteau sur lequel elle marche à travers les flots et vient prendre place auprès de ses amies.
Tout autre est le récit de la tradition camarguaise. Pas plus qu’elle n’est servante, Sara n’est du voyage.

Une prêtresse ?
Comme la tige de lotus sacré, Sara, issue de race noble, monte des profondeurs mystérieuses s’épanouir au soleil. Reine autochtone de sa tribu, elle campe dans les forêts de pins parasols qui ombragent le territoire. Sylves et marécages, boeufs et chevaux sauvages font de ce pays une source d’abondance incomparable. Longtemps avant le Christ, cette population nomade avait en Camargue son port d’attache, sa vie, son temple. Sara ne serait-elle pas une de ses prêtresses? A l’arrivée des Saintes, Sara les accueillit, se convertit à leur prédication et reçut le baptême ainsi que sa tribu. Selon d’autres versions, il s’agirait de Sara l’Egyptienne, abbesse d’un grand couvent de Libye et fêtée par l’Eglise le 13 juillet. Ou bien encore, d’une Sara qui figurait dans un groupe de martyrs persans avec deux Maries et une Marthe et dont les reliques seraient parvenues jusqu’en Gaule. Enfin, la lettre apocryphe des Apôtres remontant incontestablement au II° siècle, nous présente une Sara découvrant, avec Marthe et Marie le tombeau vide et partant annoncer aux apôtres la Résurrection du Christ.

Honorée le 24 mai
La première version de Sara se trouve dans un texte de Vincent Philippon, baïle (ou préposé) du viguier du comté de Provence, rédigé vers 1521: « La légende des Saintes Maries » et dont le manuscrit est à la bibliothèque d’Arles. On l’y voit quêtant à travers la Camargue pour subvenir aux besoins de la petite communauté chrétienne. En vérité, nul ne sait qui est Sainte Sara, ni comment son culte s’instaura aux Saintes Maries de la Mer. Ce qui est certain, c’est que la dévotion à Sara commença dans cette église bien avant que les Gitans la fassent leur. Toutes les versions concordent en tout cas à montrer que Sara aimait nos Saintes, qu’elle a cru en leur parole, en leur témoignage sur la Résurrection du Christ. Nous ne pouvons mieux faire que de lui ressembler, et d’aimer nous aussi Marie-Salomé et Marie-Jacobé comme elle les a aimées. Sainte Sara est à jamais associée dans notre prière aux Saintes Femmes de l’Évangile. Nous l’acclamerons donc avec ferveur lors du pèlerinage du 24 Mai qui lui est particulièrement consacré : « Vive Sainte Sara ! »

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http://www.sanctuaire-des-saintesmaries.fr/le-sanctuaire-au-quotidien.html

 

 

CHJRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, GNOTICISME, HERESIES CHRETIENNES, HISTOIRE DE L'EGLISE, PELEGIANISME

Des hérésies chrétiennes : le pélégianisme et le gnoticisme

DEUX HERESIES CHRETIENNES :

PELEGIANISME ET GNOTICISME

 

ob_590985_pelagianismeLE PÉLÉGIANISME, UNE HÉRÉSIE CHRÉTIENNE

Comprendre le pélagianisme

Depuis le début de son pontificat, le pape François ne cesse de mettre en garde contre le retour du gnosticisme et du pélagianisme, d’anciennes hérésies qu’il considère toujours comme « deux ennemis subtils de la sainteté ».

Qu’est-ce que le pélagianisme ?

Dans les années 380-390, le moine britannique Pélage commence à Rome une prédication auprès d’un groupe aristocratique qui forme bientôt autour de lui une « élite de la vertu ». Il enseigne alors que, grâce à son libre arbitre, tout chrétien peut atteindre la sainteté par ses propres forces.

En prenant en compte les mérites de l’homme, il s’agissait pour lui de ne pas le déresponsabiliser dans sa réponse à Dieu. Mais, au fur et à mesure de sa pensée, il en est venu à minimiser le rôle de la grâce divine dans la réponse de l’homme à l’appel de Dieu.

La doctrine de Pélage se répand rapidement. En Afrique du Nord, elle est fermement combattue par saint Augustin d’Hippone (354-430). En 418, sous son impulsion, le concile de Carthage affirme que, à cause du péché originel, la grâce divine est absolument nécessaire pour faire le bien. Il condamne Pélage et « quiconque dit que (…) si la grâce n’était pas donnée, nous pourrions pourtant, quoique avec moins de facilité, observer sans elle les commandements de Dieu ». Cette condamnation sera réitérée au concile œcuménique d’Éphèse (431).

Comment les idées de Pélage se sont-elles diffusées ?

Les efforts d’Augustin n’empêchent pas la diffusion des idées pélagiennes, notamment dans les milieux monastiques de Gaule où certains craignent que le rôle trop important accordé à la grâce divine n’entraîne un relâchement des efforts humains pour parvenir à la sainteté.

Autour des abbayes de Lérins et Saint-Victor de Marseille, se développe alors le semi-pélagianisme qui enseigne que l’homme peut coopérer à son salut en faisant, sans l’aide de la grâce, le premier pas vers Dieu qui, ensuite, peut achever le travail de rédemption.
Augustin va fermement s’opposer à cette vision semi-pélagienne. Après sa mort en 430, ses disciples, menés par saint Prosper d’Aquitaine (v. 390-463), un laïc, vont longuement s’opposer aux évêques du Sud-Est de la Gaule.

La controverse va durer près d’un siècle, avec des exagérations de part et d’autre, certains disciples d’Augustin rejetant tout libre arbitre et allant jusqu’à l’idée d’une prédestination totale de l’homme. En 473, un concile local réuni à Arles rejette ces thèses, notamment « celui qui dit qu’il ne faut pas joindre le travail de l’obéissance humaine à la grâce de Dieu » et « celui qui enseigne qu’après la chute du premier homme le libre arbitre est entièrement éteint ».

Comment l’Église a-t-elle tranché ?

Il faudra attendre en 529 pour que le concile d’Orange, mené par saint Césaire d’Arles, se prononce finalement contre tous ceux qui donnent un rôle plus important au libre arbitre : « Si quelqu’un prétend que certains peuvent arriver à la grâce du baptême par la miséricorde, d’autres par le libre arbitre, dont il est clair qu’il est vicié en tous ceux qui sont nés de la prévarication du premier homme, il démontre qu’il est étranger à la vraie foi. »

Le débat entre grâce et libre arbitre va néanmoins se perpétuer au cours des siècles. Ainsi, quand les luthériens vont affirmer le rôle prépondérant de la grâce (sola gratia), le concile de Trente, tout en rappelant le rôle prépondérant de celle-ci, va aussi affirmer le libre arbitre de l’homme dans sa relation à Dieu. Un libre arbitre « affaibli et dévié » mais non « éteint ». Le concile rappelle aussi que nous sommes « justifiés gratuitement parce que rien de ce qui précède la justification, que ce soit la foi ou les œuvres, ne mérite cette grâce ».

Aujourd’hui, le Catéchisme de l’Église catholique rappelle qu’« à l’égard de Dieu, il n’y a pas, au sens d’un droit strict, de mérite de la part de l’homme » et que « l’initiative appartenant à Dieu dans l’ordre de la grâce, personne ne peut mériter la grâce première, à l’origine de la conversion, du pardon et de la justification » (§2007 et 2010).

Pourquoi le pape parle-t-il de néopélagianisme ?

Dans la ligne de la doctrine catholique, le pape François ne manque jamais de rappeler que « Dieu nous primerea », un mot du dialecte de Buenos Aires qui souligne que Dieu fait toujours le premier pas : « Il nous précède, et il nous attend toujours, il est devant nous. »

Dès son ehortation apostolqiue Evangeli gaudium, il a aussi dénoncé « le néopélagianisme autoréférentiel et prométhéen de ceux qui, en définitive, font confiance uniquement à leurs propres forces et se sentent supérieurs aux autres parce qu’ils observent des normes déterminées ou parce qu’ils sont inébranlablement fidèles à un certain style catholique justement propre au passé » (§94).

En février 2018, la lettre Placuit Deo de la Congrégation pour la doctrine de la foi explicitait les propos du pape en soulignant combien « notre époque est envahie par un néopélagianisme, qui donne à l’individu, radicalement autonome, la prétention de se sauver lui-même, sans reconnaître qu’au plus profond de son être, il dépend de Dieu et des autres ».

« Le salut repose alors sur les forces personnelles de chacun ou sur des structures purement humaines, incapables d’accueillir la nouveauté de l’Esprit de Dieu », mettaient en garde les gardiens du dogme.

Ce que le pape François a rappelé une nouvelle fois dans sa dernière exhortation Gaudete et exsultate, sur la sainteté, parue en avril dernier. Il y regrettait que les néopélagiens font « passer l’idée que tout est possible par la volonté humaine, comme si celle-ci était quelque chose de pur, de parfait, de tout-puissant, auquel s’ajoute la grâce » (§49). Or celle-ci, prévient François « ne fait pas de nous, d’un coup, des surhommes » : « le prétendre serait placer trop de confiance en nous-mêmes » (§50).

Concrètement, il met en cause des attitudes que l’on retrouve bien au-delà de l’opposition conservateurs-progressistes : « L’obsession pour la loi, la fascination de pouvoir montrer des conquêtes sociales et politiques, l’ostentation dans le soin de la liturgie, de la doctrine et du prestige de l’Église, la vaine gloire liée à la gestion d’affaires pratiques, l’enthousiasme pour les dynamiques d’autonomie et de réalisation autoréférentielle » (§58). Une manière de mettre en garde autant contre un certain traditionalisme vidé de sens que contre un activisme oublieux de la relation à Dieu.

Source : La Croix (17 novembre 2018)

 

Le Vatican rappelle la doctrine chrétienne du salut

La Congrégation pour la doctrine de la foi a publié  une lettre aux évêques du monde entier sur le salut chrétien, intitulée Placuit Deo (Il a plu à Dieu).

Rome met en garde contre deux dérives possibles de la foi sous l’influence de la culture contemporaine, l’individualisme et le subjectivisme qui nient « l’action salvifique du Christ ».

La notion de salut parle-t-elle encore aujourd’hui ? Il faut bien reconnaître qu’il se résume souvent, y compris pour les chrétiens, à la recherche de la santé physique, du bonheur et de la réalisation personnelle, ou encore de la prospérité économique.

Conscient de l’impact des « récentes transformations culturelles » sur la foi, le Vatican vient de publier une lettre sur le salut, « Placuit Deo », à la demande du pape François qui, à plusieurs reprises, a mis en garde contre des interprétations erronées de la manière de penser et de vivre le salut chrétien.

La Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) y pointe donc deux tentations qui s’apparentent aux anciennes hérésies des premiers siècles et concernent les croyants modernes.

Une vie chrétienne réduite à une imitation enthousiaste et courageuse du Christ

D’une part, une manière « pélagienne » de comprendre et de vivre sa foi, c’est-à-dire qu’on croit obtenir le salut en faisant de son mieux, dans un « individualisme centré sur le sujet autonome », dont la « réalisation dépend de ses seules forces ».

Dans cette optique, la vie chrétienne est réduite à une imitation enthousiaste et courageuse du Christ, considéré simplement comme « un modèle qui inspire des actions généreuses », mais pas identifié dans sa « radicale nouveauté », comme « celui qui transforme la condition humaine ». « On oublie alors que le salut nous est offert par lui, à travers l’Église, la vie communautaire et les sacrements », souligne le père Henri-Jérôme Gagey, théologien et vicaire général du diocèse de Créteil.

« Le salut que la foi nous annonce ne concerne pas seulement notre intériorité »

D’autre part, une manière « gnostique » de vivre sa foi, en cherchant « un salut purement intérieur ». La foi est vécue et comprise comme une expérience éminemment intérieure et personnelle de Dieu, mais qui, du coup, déresponsabilise, ne pousse pas à s’engager dans ce monde et peut faire oublier qu’on a besoin des autres.

Le corps et le monde créé sont alors considérés comme une « limitation de la liberté absolue de l’esprit humain », dont il faut se dégager. Or, rappelle la CDF, « le salut que la foi nous annonce ne concerne pas seulement notre intériorité, mais l’intégralité de notre être. C’est toute la personne, en effet, corps et âme, qui a été créée par l’amour de Dieu à son image et à sa ressemblance, et qui est appelée à vivre en communion avec Lui ».

 « Nous sommes créés pour un salut plus grand que nous, et qui prétend transformer nos relations aux autres et nous donner de vivre dans un monde lui-même sauvé où la mort est vaincue », appuie le père François-Marie Humann, abbé de l’abbaye prémontrée Saint-Martin de Mondaye (Calvados) et professeur de théologie à l’Institut catholique de Paris.

« Mettre en garde contre la tendance à l’autosuffisance, à l’isolement »

Comment ces tendances se manifestent-elles aujourd’hui concrètement ? Le document ne le précise pas. « Il ne s’agit pas de pointer des comportements! Simplement de mettre en garde contre la tendance à l’autosuffisance, à l’isolement alors que le salut est éminemment communautaire », a souligné jeudi matin 1er mars Mgr Luis Francesco Ladaria Ferrer, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi en présentant le texte.

On peut toutefois reconnaître ces tendances contemporaines derrière le succès du développement personnel, de la méditation de pleine conscience en Occident, ou encore derrière l’invasion des thématiques de la guérison et de la réussite personnelle dans les prédications en Afrique…

 

« Entrer dans une vie nouvelle avec Dieu »

« Tout cela n’est pas contraire au salut chrétien. Certaines expériences personnelles ou collectives de libération peuvent permettre de comprendre quelque chose du salut de Dieu. Toutefois il ne faut pas le réduire à nos efforts humains »

Qu’est-ce que le salut, alors ? « Il est plus simple de dire ce qu’il n’est pas que ce qu’il est, les conciles n’en ont d’ailleurs jamais donné de définition dogmatiqueIl ne s’agit pas seulement d’être libéré de ce qui nous pèse mais d’entrer dans une vie nouvelle avec Dieu. »

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Des échos avec les hérésies antiques

Une note accompagnant la lettre publiée jeudi 1er mars par le Vatican sur le salut rappelle le contenu de deux hérésies des premiers siècles chrétiens, qui rencontrent un écho dans certaines tendances contemporaines : « Selon l’hérésie pélagienne, qui s’est développée au Ve siècle, autour du moine Pélage, l’homme, pour accomplir les commandements de Dieu pour être sauvé, a besoin de la grâce seulement comme une aide externe à sa liberté », et non « comme un assainissement et une régénération radicale de la liberté, sans mérite préalable ».

Le mouvement gnostique, lui, est plus complexe. Apparu dès les Ier et IIe siècles, il a pris différentes formes. « D’une façon générale, les gnostiques croient que le salut s’obtient à travers une connaissance ésotérique, la gnose. Cette gnose révèle au gnostique sa véritable essence, c’est-à-dire une étincelle de l’Esprit divin qui habite dans son intériorité, laquelle doit être libérée du corps, étranger à sa véritable humanité. »

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L’Evangile de Judas donne à voir le gnosticisme – philosophie ésotérique qui s’est développée entre le II e et le IV e siècle – et permet de mieux comprendre les réponses des chrétiens de l’époque.

Les gnostiques, petits groupes d’initiés, inspirés par certaines idées philosophiques grecques et par les Ecritures bibliques, interprétaient à leur façon le christianisme. Ils pensaient que la création n’était pas l’acte d’un dieu bon, mais d’un créateur inférieur et mauvais, le « démiurge », qu’ils identifiaient au dieu biblique.

A leurs yeux, le véritable Dieu est inconnaissable et « incréé ». Si l’homme parvient à échapper à la supercherie du dieu biblique créateur, à trouver en lui-même la connaissance du monde d’en-haut, il devient alors « gnostique » : il se connaît lui-même, en prenant conscience de ses origines divines.

Une recherche personnelle et intérieure

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Pour les gnostiques, le Christ est une puissance céleste envoyée sur terre par le dieu Inconnaissable, afin de dévoiler à l’homme d’où il vient. Jésus dans les textes gnostiques est spirituel et désincarné. Porteur d’un message secret, concernant les origines et la fin, il donne à quelques élus les clés de la délivrance et les moyens pour fuir les puissances mauvaises, lors de la remontée de l’âme au ciel.

Le gnostique rejoindrait le véritable Dieu après un parcours difficile d’initiation à des pratiques de type magique. Inutile pour lui d’essayer de convertir les autres, car le monde court dans son ensemble à sa perte….

Cette contradiction avec leur message de salut universel va interpeller les premiers théologiens chrétiens, qui voient dans les gnostiques de redoutables adversaires. D’autant que, pour atteindre le salut, ceux-ci n’ont pas besoin de la médiation de l’Eglise : le gnostique se sauve par une recherche personnelle et intérieure. Les Pères de l’Eglise réfutent donc amplement cette vision.

L’Eglise, après 313 – date à laquelle l’Empire romain autorise le culte chrétien-, écartent les nombreux textes gnostiques du canon biblique. Lesquels sont depuis connus sous le nom d' »apocryphes » (c’est à dire « cachés »). Dans le même esprit, les évêques entérineront un dogme au concile de Chalcédoine (451) : Jésus est à la fois vraiment Dieu et vraiment homme.

Les manuscrits de ces textes ont peu à peu disparu, victimes de campagnes volontaires de destruction, de l’oubli ou de l’usure du temps. De ce fait, le mouvement gnostique nous est surtout parvenu par les arguments développés contre lui, dans des textes de controverses, par les théologiens de cette époque.

L’existence de « L’Evangile de Judas » était ainsi connue car mentionnée dans un écrit d’Irénée de Lyon (vers 140-203 ap JC), évêque de Lyon, qui s’opposa aux thèses gnostiques. Toute l’importance de « L’Evangile de Judas » tient donc en ceci : il donne directement à voir le gnosticisme et permet par la même occasion de mieux comprendre les réponses des chrétiens de l’époque.

 

 

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CHJRISTIANISME, DIALOGUE INTERRELIGIEUX, FRANÇOIS (pape), FRANÇOIS D'ASSISE, ISLAM, JOHN TOLAN, LE SAINT CHEZ LE SULTAN, LIVRES - RECENSION

Saint François rencontre le sultan

Quand saint François rencontre le Sultan

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  Le Saint chez le Sultan. La rencontre de François d’Assise et de l’Islam. Huit siècles d’interprétation

John Tolan

Paris, Le Seuil, 2007. 512 pages.

 

Présentation de l’éditeur

En 1219, dans le cadre de la cinquième croisade, François d’Assise rend visite au sultan Malik al-Kâmil. Cette rencontre du christianisme et de l’islam n’a cessé depuis huit siècles de nourrir interprétations et représentations. Des discours hagiographiques à Benoît XVI en passant par Voltaire, des fresques de la basilique d’Assise aux gravures de Gustave Doré, l’événement a suscité une abondance de points de vue : geste de martyr ? mission de prédication aux infidèles ? acte d’audace naïf ? volonté de négocier une issue pacifique et, partant, modèle de dialogue pour l’Église d’aujourd’hui ? Autant de questions qui sont ici replacées dans leur contexte et soumises au crible du regard de l’historien.

L’auteur

Médiéviste, professeur à l’université de Nantes, John Tolan est l’auteur, notamment, du très remarqué Les Sarrasins (Aubier, 2003).

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Quand François rencontrait le sultan égyptien

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La rencontre entre saint François et le sultan.

Le voyage du pape François en Égypte, du 28 au 29 avril 2017, et notamment sa visite auprès de l’imam d’Al-Azhar, évoquera un lointain précédent : la rencontre de saint François d’Assise avec le sultan Malik al-Kamil, en 1219. Si historiquement, tous les détails du récit ne sont pas avérés, ils sont toujours discutés près de huit siècles plus tard.

En 1219, la guerre fait rage entre les croisés et l’islam. Deux siècles plus tôt, le tombeau du Christ a été réduit en poussière par les troupes du sultan. Dans la plaine égyptienne de Damiette, dans le delta du Nil, les deux armées se font face.

Le sultan al-Kamil a publié un décret promettant une forte récompense en or à quiconque apporterait la tête d’un chrétien. De leur côté, les croisés, commandés par Pélage, essaient de prendre le port de Damiette avec l’intention de conquérir l’Égypte.

Deux tentatives préalables pour prêcher l’Évangile

C’est dans ces circonstances que saint François décide, avec son compagnon le frère Illuminé, d’aller prêcher l’Évangile chez les musulmans. À deux reprises déjà, le Poverello a essayé de se rendre en Terre sainte pour faire connaître le Christ, sans succès.

Le seul récit détaillé sur cet épisode dont disposent les historiens est signé de saint Bonaventure. Il est postérieur de plus d’un siècle à l’événement, et surtout, il se veut surtout une épopée à la gloire du saint fondateur de l’ordre franciscain.

Capturé par les Sarrasins en tentant de franchir leurs lignes, raconte ainsi saint Bonaventure, François demande à voir le sultan, ce qu’il obtient.

Considérée comme un échec

Le neveu de Saladin le reçoit avec beaucoup de courtoisie, note le chroniqueur, mais cette visite est alors considérée comme un échec, car le saint n’a pas réussi à convaincre le sultan du bien-fondé de la religion chrétienne. Ni même obtenu la palme du martyre.

Pendant sept siècles, l’épisode resta donc relativement passé sous silence par les hagiographes de saint François. Même si les fioretti de saint François rapportent qu’à la fin, le sultan lui aurait glissé : « Frère François, je me convertirai très volontiers à la foi du Christ, mais je crains de le faire maintenant ; car si les gens d’ici l’apprenaient ils me tueraient avec toi et tous tes compagnons ».

Un détail oublié

Franciscain, le père Gwenolé Jeusset est intervenu à Assise, le 19 septembre 2016, lors du rassemblement des religions et des cultures pour la paix. Rappelant cet épisode ancien, cet ancien responsable de la Commission franciscaine pour les relations avec les musulmans et membre de la Commission islam du Vatican, a cependant ajouté un détail quasiment oublié jusqu’au XXe siècle

Il s’agit de la méditation que saint François lui-même a tiré de son expérience. « Les frères qui s’en vont parmi les musulmans et autres non-chrétiens, écrit le saint d’Assise, peuvent envisager leur rôle spirituel de deux manières : ou bien, ne faire ni procès ni disputes, être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu, et confesser simplement qu’ils sont chrétiens ». Ou bien, poursuit-il, s’ils voient que telle est la volonté de Dieu, annoncer la Parole de Dieu afin que les non-chrétiens croient au Dieu tout puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur de toutes choses, et en son Fils Rédempteur et Sauveur, se fassent baptiser et deviennent chrétiens ».

Le sourire de saint François

De son coté, Albert Jacquard, dans Le souci des pauvres (éd. Flammarion, 1996) écrit que « le sultan n’oublia pas le sourire de François, sa douceur dans l’expression d’une foi sans limite. Peut-être ce souvenir fut-il décisif lorsqu’il décida, dix années plus tard, alors qu’aucune force ne l’y contraignait, de rendre Jérusalem aux chrétiens ».

Ainsi, « ce que les armées venues d’Europe n’avaient pu obtenir, poursuit Albert Jacquard, (…) sans doute le regard clair de François avait-il poursuivi son lent travail dans la conscience de cet homme ouvert à la pensée des autres ».

https://fr.aleteia.org/2017/04/27/quand-francois-rencontrait-le-sultan-egyptien/

 

CHJRISTIANISME, EVANGILE DE MARC, MARC (saint ; évangéliste), MARC (saint), NOUVEAU TESTAMENT

L’Evangile selon saint Marc

L’évangile de Marc

marc

 

L’évangile de Marc est traversé par cette question : qui est Jésus ?

L’évangile de Marc commence avec la vie publique de Jésus et le baptême que lui donne Jean le Baptiste, c’est-à-dire quand il est âgé de 30 ans et qu’il va prêcher durant 3 ans. Avant cette période, Jésus a vécu de manière discrète à Nazareth parmi le peuple juif.

L’évangile de Marc ne comporte donc pas la naissance et l’enfance du Christ, comme l’évangile de Jean. En revanche, les Évangiles de Luc et Matthieu évoquent la naissance et l’enfance de Jésus.

 Introduction qui se déroule au Jourdain (Mc 1,1-13)
Dès le début de l’évangile, Marc annonce aux lecteurs que Jésus est le Fils de Dieu, ce que Jean le Baptiste, son cousin, confirme.

Certains ont du mal à reconnaitre Jésus Fils de Dieu (Mc 1,14 – 8,27)
En commençant sa vie publique en Galilée, Jésus annonce le règne de Dieu.
Il s’affronte rapidement aux scribes (ceux qui lisent, traduisent et expliquent la Bible) et aux pharisiens (parti religieux attaché au respect de la Loi juive) et doit se retirer face à leur opposition.
Il annonce alors la Bonne Nouvelle en prêchant des paraboles (histoire imagée permettant de mieux comprendre le sens d’un message) et en faisant des miracles.
Tout cela suscite l’interrogation des hommes et des femmes de son temps : qui est-il ?

L’apôtre Pierre reconnaît en Jésus le Fils de Dieu (Mc 8,27-30)
Pierre reconnaît en Jésus la personne du Christ, c’est-à-dire celui qui va sauver le monde à la fin des temps.
Mais Jésus lui recommande de ne rien dire à personne.

 La découverte progressive de la vraie nature de Jésus Christ (Mc 8,31 – 10,52)
Dans cette partie de l’Evangile, les disciples commencent progressivement à reconnaître en Jésus le Messie, c’est-à-dire le Fils de Dieu.
Cependant, ils ont du mal à comprendre qu’il ne sera pas un chef fort et puissant, mais qu’il sera simple, humble et confronté à la souffrance comme tous les êtres humains.

Montée à Jérusalem et célébration de la Pâque (11,1 – 14,42)
Quittant la Galilée, Jésus monte ensuite à Jérusalem où il conclut son action par un discours sur la fin des temps (chapitre 13) puis par la célébration de la Pâque (rappel pour les Juifs de la sortie d’Egypte).

 La Passion et la Résurrection du Christ (14,43 – 16,8)
La Passion du Christ (de la condamnation à la crucifixion) s’achève par une seconde confession – celle du centurion romain – et par la découverte du tombeau vide.

L’évangile de Marc ne comporte pas de récit détaillé de la Résurrection (Mc 16,9-20 n’est pas de sa main et a été rajouté après coup). Mais il appelle ses lecteurs à tout quitter pour suivre le Christ sur les routes du monde.

 Sens de l’Evangile de Marc

La question centrale de l’Evangile de Marc est : qui est Jésus de Nazareth ?

En rédigeant son Évangile – qui est le premier chronologiquement – Marc a moins le souci de reconstituer les faits et gestes de Jésus-Christ que de porter son message aux chrétiens qui sont soumis aux persécutions de Néron, l’empereur romain de l’époque (n’oublions pas que les Romains occupaient alors Israël).

 Son message est le suivant :
« Ne vous étonnez pas de vos difficultés. Si vous doutez, c’est que vous n’avez pas compris le sens du message du Christ : sa divinité ne se révèle pas dans la gloire mais dans la Passion. Gardez confiance car le Christ a le pouvoir de ressusciter les morts ! ».

 Les  personnages principaux de l’Evangile de Marc.

L’évangéliste présente différents acteurs dans son texte.

Au centre de l’Evangile se situe Jésus-Christ :

Bien qu’il le présente dès l’introduction comme le Fils de Dieu, Marc le montre tout au long de son Évangile comme un homme qui connait tous nos sentiments : étonnement, colère, tristesse et pitié. Un jour il est proche de la foule et le lendemain il s’en éloigne pour prier. Il paraît à la fois proche et lointain. Il déroute car tout à la fois il tente d’expliquer son dessein mais pose parfois des gestes et des paroles mal comprises de son auditoire, par exemple lorsqu’il déjeune avec les publicains qui sont considérés à l’époque comme des « collaborateurs », ou quand il refuse de juger une femme adultère, etc….

Qui donc est-il ? C’est la question qui traverse tout cet Évangile jusqu’au moment de la Passion qui va révéler la vraie nature de Jésus.
La reconnaissance de sa nature est affirmée par le centurion romain qui au pied de la Croix déclare « Vraiment cet homme était Fils de Dieu » (Mc 15,39)

Marc invite ses lecteurs à ne pas rester les yeux levés vers le ciel à attendre le retour du Christ, mais à le suivre tous les jours dans leur vie quotidienne.

Quoi de plus missionnaire que cette invitation qui nous est lancée d’annoncer la bonne nouvelle du Christ : « le Royaume de Dieu est déjà parmi vous » !

L’évangile de Marc nous donne à contempler un Jésus très proche de chacun de nous.

 Les disciples

Les disciples sont tous ceux qui suivent Jésus de manière continue.
Ils reçoivent du Christ un enseignement particulier et sont disponibles pour sa parole. Cependant, ils n’en comprennent pas toute la portée.
Parmi les disciples, le Christ en a choisi 12 qui sont appelés à être tout particulièrement ses témoins : Simon Pierre et son frère André, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le zélote, et Judas Iscarioth, celui qui le trahira. On les appelle les apôtres.
Pour autant, ils ne se montrent guère plus assurés dans leur foi. Dès que les difficultés réelles surgissent, ils abandonnent Jésus à son sort.
A l’exception de rares moments de discernement, comme par exemple lorsque Pierre reconnait en Jésus « le Christ » (Marc 8, 29), les apôtres ne comprennent guère plus que les disciples le sens du message.
Malgré leur bonne volonté, les apôtres sont conduits par leurs « ambitions humaines » et n’hésitent pas pour certains à revendiquer une place au Paradis aux côtés du Christ (Marc 9, 33-37). Le reniement de Pierre (Marc 14, 66-72) est l’aboutissement logique de la fragilité de ces hommes auxquels le Christ a confié la responsabilité d’annoncer son message.

Même après la Résurrection, ils auront du mal à croire.

 La foule juive

Au début, elle s’enthousiasme pour le message de Jésus.

Mais ses attentes ne sont pas nécessairement celles auxquelles le Christ lui propose de répondre.

Derrière l’annonce du Royaume de Dieu, elle ne voit que la restauration du Royaume d’Israël qui est alors occupé par les Romains.

Seuls quelques-uns vont parvenir, au prix d’une conversion intérieure, à s’ouvrir au message du Christ en entrant ainsi dans une relation personnelle avec lui : Jaïre ou encore Barthimée, l’aveugle de Jéricho.

 Les non juifs

Marc montre certains non juifs – les païens (à la traversée du lac de Génésareth ou lors de son voyage en Phénicie).

Ils se montrent ouverts et assoiffés d’authenticité.

Marc veut ainsi montrer que tous les hommes et les femmes, qu’ils soient juifs ou non juifs, sont appelés à être sauvés par l’Amour de Dieu.

 Les ennemis de Jésus

Sous différentes formes, ils représentent les puissants enfermés dans la richesse et le pouvoir.

Les HérodiensSadducéens, Pharisiens, scribes (voir lexique en bas de page) ou prêtres sont enfermés dans le système social, politique et religieux de l’époque. Ils se montrent ainsi incapables de recevoir le message de liberté et d’amour de Jésus et de reconnaitre en lui le Christ.

Ils s’opposent tout d’abord à lui puis décident ensuite de l’abattre. L’évangile montre la progression des oppositions qui s’achève par le complot et la Passion.

 

Histoire de la rédaction de l’Evangile de Marc.

L’auteur et l’histoire de la rédaction du texte

Qui est l’auteur de la rédaction du texte ?

La tradition a identifié Marc comme étant Jean-Marc, originaire de Jérusalem (Actes 12,12), et cousin de Barnabé (Col 4,10).
Marc est un juif devenu chrétien, de la deuxième génération, connaissant le grec, ouvert à la mission universelle, écrivant pour des païens devenus chrétiens.

Tout d’abord compagnon de Paul et de Barnabé, il rejoint Pierre à Rome.

L’évangile selon saint Marc est écrit dans un grec pauvre, teinté de sémitismes.

 Histoire de la rédaction de l’évangile de Marc

De nombreux indices laissent à penser que l’évangile selon Saint Marc fut écrit à Rome entre 65 et 70.

Or, depuis 64, l’empereur romain Néron persécute les chrétiens.

Suite au grand incendie de Rome, Néron a calmé l’opinion publique en désignant ces derniers à la vengeance populaire. C’est à ce moment que Pierre et Paul furent martyrisés.
La jeune Église de Rome affronte là une épreuve redoutable. Comme les autres communautés chrétiennes, elle était née dans la joie et l’espérance levées par le message du Christ. Elle pensait probablement, comme les communautés primitives, que le triomphe définitif du Christ était proche et voilà que tout semble s’effondrer.

 

http://www.chretiensaujourdhui.com/livres-et-textes-et-personnages/evangile-de-marc/

 

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L’évangile selon Marc

 

Le plus court des quatre Evangiles est sans doute aussi le plus ancien. Il semble en effet que Matthieu et Luc ont largement utilisé Marc, puisque des morceaux entiers de cet Evangile se retrouvent dans les deux autres.

Marc est le seul à donner le titre d’Evangile à son livre (1:1).

Après une très courte introduction, qui situe le ministère de Jésus (1:15) par rapport à celui de Jean-Baptiste, Marc résume la prédication de Jésus.

Les récits et paroles de Jésus qui composent la plus grande partie de l’Evangile (jusqu’à la passion) ne suivent pas un plan aussi précis que chez Matthieu. On ne peut y discerner un ordre chronologique strict surtout dans le détail. Mais Marc ne cherche pas à faire œuvre d’historien ou de biographe. Il annonce une Bonne Nouvelle. Le kerygma (prédication) tient la plus grande place dans son livre (l’enseignement y est plus réduit).

 

On peut cependant distinguer deux grandes parties dans son récit du ministère de Jésus.

a ) de 1 :14 à 8:26 : Jésus se manifeste publiquement par ses paroles, ses miracles, ses attitudes. Partout, il suscite l’étonnement.  » Qui est celui-ci ? D’où lui vient cette autorité ?  » (1 :22, 1 :27, 2 :7, 4 :41, 6 :2-3, 6 :14-16, 6 :51, 7 :37…). Marc met l’accent sur les réactions de ceux que Jésus rencontre. Les uns reconnaissent que son autorité vient de Dieu et deviennent ses disciples ; les autres s’interrogent sans se prononcer (la foule) ; d’autres contestent (sa famille, ses concitoyens, mais surtout les scribes et les pharisiens). Quand il parle de lui-même, il emploie le titre énigmatique de  » fils de l’homme « . Quand un esprit impur le proclame  » fils de Dieu  » il lui impose le silence (3 :12). La question demeure :  » Qui est cet homme? « 

  1. b) le tournant de l’Evangile se situe à Césarée de Phi lippe. 8:27-33) Jésus lui-même pose la question à ses disciples :  » Qui dites-vous que je suis ? « . Pierre confesse sa foi :  » Tu es le Christ « . Mais aussitôt après Jésus commence à annoncer sa mort. Pierre ne comprend pas, résiste. Il va falloir que Jésus révèle à ses disciples quel genre de Messie il sera. Cette seconde partie de l’Evangile est une marche vers la croix. L’hostilité grandit. La prédication aux foules cède le pas aux discussions avec les adversaires et à l’enseignement aux disciples (centre principalement sur l’abaissement du Fils de l’homme et sa mort prochaine (8 :31, 9 :31, 10 :45, 12 :1 ). A Jérusalem, les événements s’accélèrent : les adversaires de Jésus ne lui pardonnent pas son entrée triomphale et son intervention dans le Temple.
  2. c) nous en arrivons donc à la Passion (ch. 14 et 15). Ce récit tient une place relativement importante dans Marc : Jésus est le Messie crucifié. Il fallait qu’il souffre pour le salut des hommes (10:45, 9:12).
  3. d) le récit de la résurrection dans Marc est court. le moment de la Résurrection n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est de l’attester et la proclamer.

Une ancienne tradition, rapportée par Papias, déclare que Marc a été l’interprète de Pierre et qu’il a noté dans son Evangile ce que Pierre racontait. Nous pouvons croire qu’il en a été ainsi. L’auteur du deuxième Evangile est donc ce Jean-Marc, dont parlent les Actes (12:12, etc…) et plusieurs épîtres (Philémon 24, 1 Pierre 5 :l 3, etc…). Il a vraisemblablement écrit son livre à Rome vers l’année 60.

 

 

CHJRISTIANISME, EPITRE AUX HEBREUX, EPITRES, NOUVEAU TESTAMENT

Lettre aux Hébreux

L’épître aux Hébreux, « Les Chrétiens dans la tourmente spirituelle »

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L’épître aux hébreux n’est pas une lettre (épître), et ne s’adresse pas spécifiquement aux Hébreux. Mais cela n’est pas très important car elle reste un texte très beau, majeur et unique dans tout le Nouveau Testament.

Effectivement, il n’y a pas d’adresse ou salutation au début du texte, et il s’agit plutôt d’un sermon mis par écrit qu’un texte de style épistolaire. Quant aux destinataires de l’exhortation, ils ne sont pas précisés dans le texte, et l’intitulé « aux Hébreux » est tardif, ajouté vers le 2ème siècle.

L’auteur n’indique ni leur région d’appartenance, ni leur ethnie. Ce que l’on peut affirmer sans risque de se tromper, c’est qu’ils sont chrétiens, probablement d’origine juive puisqu’ils ont assurément une bonne connaissance de l’Ancien Testament auquel l’auteur de « l’épître aux Hébreux » fait fréquemment référence.

Sens de l’épître aux Hébreux

Le titre de « Epître aux Hébreux » est mal choisi. Le Père Vanhoye, dans le « Cahier Evangile » (n° 19) propose le titre de « Sermon sacerdotal », tant il est vrai que ce texte est un sermon et non une lettre, et surtout qu’il est le seul écrit de tout le Nouveau Testament à appliquer à Jésus-Christ le titre de prêtre et de grand prêtre.

C’est même le thème central, ce que l’auteur affirme lui-même : « Or, point capital de notre exposé, c’est bien un tel grand prêtre que nous avons… » (He 8, 1).

  1. Le Grand Prêtre

Mais qu’est ce qu’un prêtre et un grand prêtre ? Dans toute religion, en tant qu’institution organisant le lien au sacré, il faut une fonction sacerdotale qui, précisément permet de «relier» le visible à l’invisible, le profane au sacré, l’humain au divin. La religion juive de l’Ancien Testament. n’échappe pas à cette nécessité, et l’organise dès le début :

  • Moïse est le grand prophète, mais c’est Aaron, son frère, qui est fondé par Dieu dans la fonction sacerdotale, et ses fils après lui (Exode 28, 1 s. ; 29, 4 s. ; Lévitique 6 )
  • Tout au long de l’histoire du Peuple, la fonction sacerdotale s’est renforcée, étant l’apanage des descendants d’Aaron, les lévites, jusqu’à devenir après l’Exil le seul réel pouvoir incarné en la personne du grand prêtre.
  • Mais le sommet de la fonction sacerdotale est sans nul doute Melkisédeq : personnage mystérieux évoqué en Gn 14, 17-20, dont on ne connaît ni l’origine ni la destinée, et qui bénit Abram (= Abraham avant que Dieu ne change son nom en Gn 17, 5), et reçoit de lui « la dîme de tout ». Il lui est donc supérieur.

Dans l’Ancien Testament, le prêtre a la responsabilité sociale des rapports avec Dieu : il est le médiateur. Mais pour entrer en rapport avec Dieu, il faut être « saint », c’est-à-dire séparé, ne pas être comme tout le monde. Il faut donc instituer un rituel de purification qui vise à différencier et séparer le prêtre, et a fortiori le grand prêtre, du reste du peuple. D’où l’institution d’une tribu-caste spécifique (Lévites) qui fournira les prêtres, lesquels devront être consacrés (purifiés) par le bain de purification, l’habillement et l’onction. Des sacrifices d’animaux parachèveront cette consécration (Ex 29).

Qu’est ce qu’a à voir la mission de Jésus Christ avec un rituel devenu tellement strict qu’il s’est élevé en fin au lieu de n’être qu’un moyen (au point que, pour être « en règle », il suffisait de se conformer, fut ce extérieurement, au rituel) ? Pour le peuple, cela signifiait obéir aux prêtres et à leur préceptes, et offrir des sacrifices d’animaux pour expier les manquements à la Loi.

  1. Rénovation de la fonction

C’est précisément ce que Jésus Christ est venu dénoncer (cf par exemple Mt 9, 10-13 ; 15, 1-20). Certes, cette réaction contre le ritualisme n’est pas franchement nouvelle : d’ailleurs dans les passages indiqués de Matthieu, Jésus Christ cite Osée (6, 6) et Isaïe (29, 13), mais c’est tout le sens du Nouveau Testament de montrer comment la Loi ne doit être qu’un guide, une aide à l’accomplissement de la relation entre Dieu et les hommes (cf Ga 3, 24-25), qui est d’abord et fondamentalement une relation d’amour. Et c’est là qu’intervient cette interprétation novatrice pour l’époque du sacrifice de Jésus Christ.

  1. Le Christ Grand Prêtre

L’auteur de l’épître aux Hébreux commence par situer le Christ : Fils de Dieu, «resplendissement de sa gloire [de Dieu], et expression de son être» (1, 3), il est supérieur aux anges (1, 5-14), mais il est aussi profondément frère des hommes (2, 5-18). Ce sont précisément les deux qualités nécessaires pour le sacerdoce : le grand prêtre doit être « accrédité auprès de Dieu » (3, 2) et solidaire des hommes (5, 1-2).
A cause de sa situation particulière, le Christ n’est pas un grand prêtre ordinaire.

Tout d’abord, il n’appartient pas à la tribu de Lévi, mais à celle de Juda, tribu des rois, non des prêtres (7, 14).
Au lieu de sanctifier en séparant, Jésus Christ le fait en accueillant : il ne cesse de choquer son auditoire en accueillant les femmes, les pécheurs, les publicains, les enfants… autant de gens rejetés ou au moins dénigrés par le sacerdoce ancien.

Parler de « sacrifice » à propos de la crucifixion, était d’emblée choquant : aucun élément du rituel n’était « mis en scène » : pas de lieu saint, mort conséquente d’une condamnation et non acte solennel et glorifiant, pas de distinction entre la victime et l’objet du sacrifice. C’est que, nous dit l’auteur, le Christ est prêtre « à la manière de Melkisédeq », ce personnage mystérieux que l’auteur érige en préfigure du Christ.
De ce fait, comme le précisait déjà le psaume (110, 4), il est prêtre « pour l’éternité » (7, 11 et suivants), et ceci rend caduc tous les sacrifices antérieurs, « car c’est par une tente (lieu de la Présence puis du sacrifice) plus grande et plus parfaite qui n’est pas œuvre des mains – c’est à dire qui n’appartient pas à cette création-ci – et par le sang non pas des boucs et des veaux, mais par son propre sang…qu’il a obtenu une libération définitive » (9, 11-12).

  1. Le salut par le Christ Grand Prêtre

Ainsi, alors que le grand prêtre de l’ancienne Alliance était seul purifié par sa consécration rituelle, le Christ, par son sacrifice de la Croix (consécration sacerdotale du Christ), sauve en même temps tous ses frères en humanité : « par une offrande unique, en effet, il a mené pour toujours à l’accomplissement ceux qu’il sanctifie » (10, 14).

De ce fait, les chrétiens ont « …pleine assurance d’accéder au sanctuaire …par une voie nouvelle et vivante… » (10, 19-20). Et l’auteur de les inviter « à résister jusqu’au sang dans leur combat contre le péché » (12, 4) et d’accepter docilement la « correction », en fils qu’ils sont du Père: « Quel est en effet le fils que son père ne corrige pas ? » (12, 7).
Et alors s’établira une vraie communauté fondée sur l’amour fraternel (13, 1).

Nb : le commentaire est largement inspiré du « Cahier Évangile » n° 19 du père VANOYE (1977)

Histoire de la rédaction de l’Epître aux Hébreux

Qui est l’auteur de l’épître aux Hébreux ?

Il a longtemps été attribué à Saint Paul, surtout dans les Églises d’Orient. Aujourd’hui les spécialistes estiment que Paul ne peut pas être l’auteur direct de ce texte. En revanche il est indubitable que l’auteur doit être un disciple de l’apôtre. L’épître aux hébreux a du être composée vers les années 63 – 70 après Jésus-Christ.

Son écrit est saisissant de perfection littéraire, construit selon les plus purs canons de la composition hébraïque.

Introduction : mise en perspective dans l’histoire de la Révélation

  1. Situation du Christ :supérieur aux anges, frère des hommes
  2. Christ Grand Prêtre :accrédité auprès de Dieu et solidaire des hommes
  3. Spécificité du sacerdoce du Christ :à la manière de Melkisédeq
  4. Foi des anciens et endurance nécessaire
  5. Invitation à l’existence chrétienne

Conclusion et doxologie

 

Plan de l’épître aux Hébreux:

1 – Le prologue (1,1-4)

2 – La partie dogmatique (1,5-10,18)

  • Le Fils de Dieu abaissé et élevé, désormais supérieur aux anges (1,5-2,18)
  • Jésus supérieur à Moïse (3,1-4,13)
  • Jésus supérieur en tant que grand prêtre (4,14-7,28)
  • La supériorité du sanctuaire céleste (8,1-5)
  • La supériorité de la nouvelle alliance spirituelle (8,6-13)
  • La supériorité du nouveau sacrifice 9,1-14)
  • La supériorité de l’alliance scellée dans le sang du Christ (9,15-28)
  • La supériorité du nouveau sacrifice, unique et efficace (10,1-18)

3 – La partie morale (10,19-13,19)

  • L’exhortation à l’espérance (10,19-38)
  • L’enseignement sur la foi (11,1-40)
  • L’homélie sur l’endurance (12,1-13)
  • La mise en garde contre l’apostasie (12,14-29)
  • Les conseils pour la vie communautaire (13,1-19)

4 – La bénédiction finale dédoublée (13,20-25)

  • La bénédiction originelle (13,20-21)
  • La bénédiction secondaire (13,22-25)