CHRISTIANISME, CHRISTIANISME (30-600), CROIX GLORIEUSE, EGLISE CATHOLIQUE, EGLISES D'ORIENT, JESUS CHRIST, LA VRAIE CROIX

La Vraie Croix de Jésus

La Vraie Croix de Jésus

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La reine de Saba vénère le bois de la Vraie CroixLégende de la Vraie Croix (Piero della Francesca), église San Francesco, Arezzo.

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Dans la chapelle des reliquaires de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem (la Cappella delle Reliquie), le reliquaire central contiendrait un fragment de la Vraie Croix.

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L’exaltation de la Vraie Croix, Giambattista Tiepolo 1740-45. Accademia, Venise

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Dans la chapelle des reliquaires de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem (la Cappella delle Reliquie), le reliquaire central contiendrait un fragment de la Vraie Croix.

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Accademia – Giambattista tiepolo – Esaltazione della croce, 1740-45 ca

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La découverte des trois croix. Un jeune homme blessé est guéri par la Vraie Croix. Fresque de la basilique San Francesco, Arezzo, Piero della Francesca xve siècle.

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La redécouverte de la Croix, d’après Gustave Doré.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vraie_Croix

CHRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, LES SERVANTES DE L'ASSEMBLEE DANS L'EGLISE, LITURGIE, SERVANTES DE L'ASSEMBLEE

Les servantes de l’assemblée dans l’Eglise

Les servantes de l’Assemblée

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Les servantes de l’assemblée, un service à encadrer

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Ces groupes de jeunes filles qui servent la messe, mais pas à l’autel, se développent. Certains remettent en cause leur existence. D’autres y voient un service complémentaire à celui des garçons. Inventaire des questions qui fâchent.

Aux côtés des servants d’autel – une équipe de jeunes garçons formés pour servir et aider le célébrant lors des messes du dimanche – les servantes d’assemblée accueillent les fidèles et les aident à participer à la liturgie.

C’est l’un des sujets les plus brûlants du moment en matière de liturgie. Les groupes de servantes de l’assemblée, nés il y a une quinzaine d’années en France et dont la croissance est exponentielle, sont au cœur d’une vive controverse depuis quelques semaines. Le débat a rejailli en marge du pèlerinage national des servants d’autel à Rome fin août, mais également à l’occasion du Synode sur la synodalité où de nombreuses remarques sur cette particularité liturgique française ont été remontées dans les synthèses locales. L’objet de la controverse ? La séparation des garçons et des filles dans le service de la liturgie. Cette séparation a-t-elle un fondement théologique ? Trouve-t-elle une justification pastorale ? Qu’en pensent Rome et la conférence épiscopale ? Autant de questions qui méritent un développement approfondi et apaisé pour sortir de ce débat par le haut.

 

  1. Le service de l’autel est-il ouvert aux filles?

Depuis Vatican II, et plus précisément le début des années 1990, la question a été définitivement tranchée par Rome. « Plus aucun texte du Magistère n’interdit aux filles de servir à l’autel », assure à Famille Chrétienne Mgr Guy de Kerimel, archevêque de Toulouse et président du Conseil épiscopal pour la liturgie. Cependant, cette accession des filles au service de l’autel s’est faite progressivement et a connu quelques tâtonnements au début. Cette ouverture trouve ses prémices bien avant le Concile, lorsque Pie XII opère une distinction, en 1947, entre les ministères ordonnés et les ministères institués (Sacramentum Ordinis). « Dans l’Église ancienne, il existait des ministères très variés portier, lecteur, acolyte… qui ont fini par devenir des étapes du sacerdoce, ce que l’on a appelé les ordres mineurs», explique Sœur Bénédicte Mariolle, religieuse des Petites Sœurs des pauvres et professeur à l’Institut supérieur de théologie de Paris. Ces ordres, exercés par des clercs, appartenaient-ils à l’essence du sacrement de l’ordre ? Non, précise Pie XII. « Seuls les ministères reçus par imposition des mains sont des ministères ordonnés (diacres, prêtres, évêques), les autres relèvent du baptême», précise la religieuse.

Paul VI poursuit la réflexion de son prédécesseur. En 1972, son motu proprio Ministeria quaedam met fin aux ordres mineurs et ouvre les ministères institués aux laïcs, mais les réserve toujours aux hommes, « conformément à la vénérable Tradition de l’Église ». « Si ces ministères relevaient du baptême, il n’y avait plus aucune raison de les réserver à des hommes», estime Sœur Bénédicte Mariolle. D’autant qu’en 1973, les femmes sont autorisées à devenir ministres extraordinaires de l’Eucharistie, et donc à pénétrer dans le chœur. Différents pays interprètent ces textes comme une autorisation pour les femmes de servir à l’autel. Rome met le holà en 1980 et rappelle que « les fonctions de l’acolyte ne sont pas permises aux femmes » (Instruction Inaestimabile donum). Le revirement a lieu en 1992 lorsque le Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs considère que le service de l’autel fait partie des ministères ouverts aux laïcs, hommes et femmes. Deux ans plus tard, la Congrégation pour le culte divin confirme cette décision mais précise qu’elle a un caractère permissif et non prescriptif. En 2004, l’instruction Redemptionis sacramentum confirme la ligne toujours en vigueur aujourd’hui dans l’Église : « Les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’évêque diocésain. » L’ouverture, en janvier, du ministère institué de l’acolytat aux femmes ne semble pas changer la règle en vigueur.

 

  1. Ce service peut-il être réservé aux garçons?

En matière de liturgie, sauf décision contraire de la conférence épiscopale, seul l’évêque diocésain décide. Il peut donc autoriser des filles à servir à l’autel, mais aussi réserver ce service aux garçons. Les différents textes du magistère l’y autorisent en raison de la tradition et de la pastorale des vocations. Ainsi, la congrégation pour le culte divin affirme en 1994 : « Le Saint-Siège rappelle qu’il sera toujours opportun de suivre la noble Tradition du service de l’autel confié à de jeunes garçons. On sait que ce service a permis un développement encourageant des vocations sacerdotales. L’obligation de continuer à favoriser l’existence de ces groupes d’enfants de chœur demeurera donc toujours. » Dans une lettre adressée à un évêque en 2001, cette congrégation va plus loin : même dans le cas où un évêque a accordé l’autorisation aux femmes de servir à l’autel, les prêtres du diocèse peuvent ne pas suivre ladite autorisation, spécialement s’ils fondent cette décision sur la pastorale des vocations. Cette lettre rappelle également qu’il n’est pas permis d’exclure les garçons du service de l’autel.

 

  1. Existe-t-il des raisons théologiques de séparer les garçons et les filles?

Certains ont cru pouvoir utiliser des raisonnements théologiques pour justifier la distinction garçons/filles dans le service de la messe. En vain. « Aucun argument théologique ne peut justifier cela », assure sans hésitation don Pierre Doat, ancien curé de la paroisse Sainte-Suzanne en Mayenne, aujourd’hui vicaire à la paroisse Saint-Pierre au Mont-Saint-Michel. « Même autrefois, quand le service était réservé aux garçons, il ne s’appuyait pas sur des arguments théologiques mais sur des mesures disciplinaires», précise ce prêtre de la Communauté Saint-Martin qui a lancé un groupe de servantes de l’assemblée en 2019. « En théologie, au nom du sacerdoce commun des baptisés, garçons et filles peuvent servir à l’autel », confirme le Père Sébastien de Groulard, vicaire général de Nantes et ancien responsable du service liturgique de son diocèse. « Aucun ministère fondé sur le baptême ne peut s’appuyer sur des critères de genre ou de condition sociale pour opérer des distinctions, insiste Sœur Bénédicte Mariolle. Il n’existe que deux critères pour exercer un ministère: le baptême et la compétence. »

L’allégorie, souvent utilisée, de l’Église-Épouse, qui serait représentée par les servantes de l’assemblée, faisant face au Christ-Époux, représenté par le prêtre et les servants d’autel, est considérée comme inopérante par les théologiens et les spécialistes de la liturgie. « Le prêtre, configuré au Christ-Tête, se situe bien en vis-à-vis de l’assemblée qui est l’Église-Épouse. Mais le garçon qui sert dans le chœur ou la fille dans l’assemblée sont eux, tous les deux, membres de l’Église-Épouse », conteste le Père de Groulard. « La théologie demande que soit prise en compte la multiplicité des figures pour énoncer quelque chose du mystère. Ici, on ne peut pas réduire la signification de l’assemblée liturgique à la seule figure de la relation Époux-Épouse, encore moins la matérialiser par des attributs de sexe », ajoute Sœur Bénédicte Mariolle.

 

  1. Sur quels arguments se fonde la création de ces servantes?

Les servantes de l’assemblée sont nées de cette cohabitation paradoxale au sein du magistère entre la permission accordée aux filles de servir l’autel et l’autorisation de ne réserver ce service qu’aux garçons. Elles ont généralement vu le jour dans des paroisses désireuses de maintenir la tradition d’enfants de chœur masculins, mais soucieuses, dans le même temps, de permettre aux jeunes filles d’avoir un rôle et une formation liturgique.

« Les seuls arguments qui ont de la valeur pour justifier une telle distinction sont d’ordre circonstanciel et pastoral », avance le vicaire général de Nantes, co-auteur en 2015 d’une note donnant des points de repère pastoraux sur le service de l’autel à l’attention des diocèses de la province de Rennes. L’argument vocationnel de la proximité des garçons avec le service de l’autel est le plus souvent avancé et le plus légitime à la lecture des textes romains. « Je serais inquiète si un séminariste venait en me disant qu’il avait trouvé sa vocation simplement en servant l’autel, tempère toutefois Sœur Bénédicte Mariolle. C’est un élément parmi d’autres de l’appel vocationnel.» Un avis que ne partage pas don Pierre Doat. « Je trouve que l’on balaie un peu vite cet argument, alors qu’un grand nombre de prêtres disent aujourd’hui que le service de l’autel a été une étape importante dans leur discernement, rétorque le prêtre de Saint-Martin. Le service de l’autel est-il encore un élément pivot de la pastorale des vocations sacerdotales? J’en suis convaincu. »

Le second argument avancé est celui du souci des familles car ce sont souvent elles qui sont demandeuses d’éduquer leurs enfants à la complémentarité. « Chacun occupe, à sa manière et de façon complémentaire, un rôle et participe à la beauté de la messe », veut croire Sophie Lanchet, ancienne responsable d’un groupe de servants d’autel dans un établissement scolaire du Val-d’Oise. « Si c’est juste pour faire servir les filles pendant une heure pour les occuper séparément des garçons, cela n’a aucun intérêt, met en garde don Pierre Doat. Par contre, s’il y a derrière une solide formation spirituelle et liturgique pour les garçons et les filles de manière séparée, à un âge particulier et charnière, parce que c’est intelligent et que d’autres pédagogies fonctionnent de la même façon, comme le scoutisme, cela se justifie et c’est même une opportunité pastorale. »

 

  1. L’appellation «servantes de l’assemblée» est-elle juste?

C’est le point le plus problématique de la question, estime Sœur Bénédicte Mariolle. « En parlant de « servantes de l’assemblée », on crée une ambiguïté en laissant penser qu’il existerait une séparation entre l’assemblée, constituée des laïcs, et le chœur occupé par les clercs. Or, ce n’est pas du tout la théologie du Concile et du missel romain. La constitution Sacrosanctum concilium insiste sur le fait que l’assemblée liturgique est une, composée des fidèles laïcs et des ministres ordonnés. Le prêtre préside l’assemblée, il n’est pas en dehors de celle-ci.» D’ailleurs, l’autel n’est pas le lieu réservé aux clercs, mais celui de l’assemblée. « L’autel est aussi le lieu de l’offrande de l’assemblée », insiste la religieuse.

« Il ne faut pas employer l’expression « servantes de l’assemblée », mais plutôt celle de « servantes de la liturgie »», suggère le Père Sébastien de Groulard. « C’est maladroit de dire « servants d’autel » et « servantes de l’assemblée », abonde don Pierre Doat. Cette appellation a été donnée sans réfléchir. » Le terme « liturgie » dit bien l’ensemble du service qui est réalisé. Il signifie d’ailleurs en grec « action du peuple ». « Les jeunes ne servent pas qu’à l’autel, fait remarquer Mgr François Touvet, évêque de Châlons et ancien évêque accompagnateur des servants d’autel, mais aussi à l’ambon, au siège du célébrant, ils servent également l’assemblée et puis aussi pour les baptêmes. L’appellation « servant de la liturgie » semble donc plus appropriée. »

 

  1. La conférence épiscopale s’est-elle prononcée?

En 2015, l’ancien directeur du Service national de pastorale liturgique et sacramentelle, le Père Jacques Rideau, avait publié, « à la demande de la conférence épiscopale » précise-t-il à FC, une note mettant en garde contre un risque potentiel de dérive. Mais la conférence épiscopale, elle, ne s’est jamais officiellement prononcée. « Nous sommes dans une phase d’expérimentation pastorale », rappelle Mgr François Touvet.

« Nous devons travailler cette question sereinement et trouver le moyen d’éclairer le choix des pasteurs, confie Mgr Guy de Kerimel. J’ai demandé au Père Laurent Jullien de Pommerol, qui dirige le Service national des servants d’autel, de poursuivre la réflexion. Le danger de la France est d’avancer par cassure. Une réflexion de fond est nécessaire, sinon nous risquons de glisser vers des comportements qui ne sont pas justes sur le plan théologique, ecclésiologique et liturgique.»

« Cette expérimentation mériterait d’être mieux encadrée», concède don Pierre Doat. Outre une appellation plus juste, l’absence des servantes de l’assemblée dans le chœur cristallise les tensions ainsi que la tentation, dans certaines paroisses, d’établir une hiérarchisation, même visuelle, entre les garçons et les filles. « Ces questions sont discutables et doivent être discutées», plaide le prêtre de la Communauté Saint-Martin. Les missions confiées à ces jeunes filles différent d’une paroisse à l’autre et mériteraient donc d’être harmonisées.

 

  1. Et que dit Rome?

À Rome, cette particularité, qui commence à s’exporter aux États-Unis et en Belgique, est vue comme un détail « franco-français ». Si « aucun texte du magistère ne justifie la création d’un ministère de servante de l’assemblée », estime Sœur Bénédicte Mariolle, aucun texte ne l’interdit non plus. En 2010, dans une lettre adressée à Mgr Robert Le Gall, alors responsable de la liturgie à la Conférence des évêques de France, la Congrégation pour le culte divin avait communiqué un ensemble de remarques sur ce service, notamment qu’un « service de l’assemblée ne saurait être réservé aux filles », sans pour autant l’interdire explicitement. « Cette lettre à Mgr Le Gall entrait dans le cadre des échanges entre la Congrégation et les évêques, lorsqu’elle estime devoir les alerter et les inviter à la vigilance sur telle ou telle pratique dont elle a eu connaissance », précise le père Jacques Rideau.

 

  1. Quel choix poser dans sa paroisse?

La décision de créer des servantes de l’assemblée étant une décision pastorale, c’est avec une prudence toute pastorale qu’elle devra être discernée. Les pasteurs pourront s’appuyer sur deux critères : cette distinction garçons/filles est-elle portée par des intentions bonnes, et quelles réactions suscitent-elles dans la communauté ? « Si c’est pour des raisons théologiques erronées ou au prétexte d’une moindre dignité de la femme de pénétrer dans le chœur, ce n’est pas juste », prévient don Pierre Doat. « Toutes les décisions que le curé prend doivent être au service de la communion, ajoute le Père Sébastien de Groulard. S’il pose un acte qui n’est pas reçu par sa communauté, il crée la division. Or, la liturgie est le lieu privilégié de la communion. » « Un prêtre peut, pour des raisons pastorales, réserver le service de l’autel aux garçons, mais peut-être sera-t-il amené, comme pasteur à l’écoute de sa communauté, à remettre en question cette décision s’il y avait des demandes de filles pour servir l’autel», invite Sœur Bénédicte Mariolle. Dans tous les cas, conclut le Père de Groulard, « si on choisit l’une ou l’autre option, il ne faut jamais mépriser les autres manières de faire».

https://www.famillechretienne.fr/38911/article/les-servantes-de-lassemblee-un-service-a-encadrer

CHRISTIANISME, CHRISTIANISME (30-600), CHRISTIANISME PRIMITIF (30-600), EGLISE CATHOLIQUE, HISTOIRE DE L'EGLISE, ICHTHUS, SIGNIFICATION DE L'ACRONYMR ICHTHUS

Signification de l’acronyme Ichthus

Ichthus

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Ichthus ou Ichtys (du grec ancien ἰ / ichthús, « poisson ») est l’un des symboles majeurs qu’utilisaient les premiers chrétiens en signe de reconnaissance. Il représente le Sauveur durant les débuts de l’église primitive. En grec IΧΘΥΣ, est un acronyme pour « ησος Χριστς Θεο Υἱὸς Σωτήρ » / « Iêsoûs Khristòs Theoû Huiòs Sôtếr » soit « Jésus-Christ, Fils de Dieu, [notre] Sauveur ». Désormais, il reste un symbole stylisé en forme de poisson formé de deux arcs de cercle, ainsi qu’un acronyme.

Origines

Le poisson est un symbole récurrent dans le Nouveau Testament au même titre que le pêcheur : multiplication des pains et des poissons par Jésus, la pêche miraculeuse, la pièce dans la bouche d’un poisson pêché par Pierre selon l’indication de Jésus, le poisson grillé mangé par Jésus après sa résurrection.

Les premiers chrétiens persécutés par les autorités romaines l’utilisaient comme code secret pour se reconnaître entre eux. Le signe du poisson (tourné vers la droite ou la gauche) fleurissait notamment en graffitis sur les murs de Rome avant Pâques, en guise de discrètes flèches pour indiquer aux chrétiens de passage le chemin des cryptes où aurait lieu l’office pascal.

Pour Clément d’Alexandrie, dans son ouvrage appelé le Pédagogue, les plus anciens symboles de distinction des chrétiens sont une colombe, pour la colombe de l’arche et le Saint-Esprit, un navire pour l’Église, une ancre pour l’espérance, et un poisson pour Jésus-Christ, car le mot grec Ichthus contient toutes les premières lettres des noms qui lui sont donnés dans les Écritures.

Ce symbole est le signe de la Résurrection, ensuite celui de l’eau du baptême et de tous les chrétiens baptisés dans la piscina ou le baptistère, symbole de la vie dans l’Ancien et le Nouveau Testament, donc des vivants (Stèle de Licinia, poisson des vivants Ichthus zwntwn).

Un acrostiche : le Nom de Jésus

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Le poisson représente l’eau du baptême. Par ailleurs, le mot forme, en grec ancien (langue véhiculaire davantage parlée dans l’Empire romain que le latin), un jeu de mots puisque c’est aussi l’acrostiche du nom attribué à Jésus sur laquelle repose la foi chrétienne (Première épître de Jean, 3:23 : « Croire que Jésus est le Christ c’est-à-dire le Messie attendu des Juifs », Première épître de Pierre : « Tout repose sur le Nom de Jésus »).

La reconnaissance par Constantin du christianisme sortit de la clandestinité son art et ses symboles.

« Ajoutez à cela que, si l’on joint ensemble les premières lettres de ces cinq mots grecs que nous avons dit signifier Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, on trouvera Ichthus, qui veut dire en grec poisson, nom mystique du Sauveur, parce que lui seul a pu demeurer vivant, c’est-à-dire exempt de péché, au milieu des abîmes de notre mortalité, semblables aux profondeurs de la mer. »

— Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVIII, 23

I (I, Iota) : Ἰησοῦς / Iêsoûs (« Jésus »)

Χ (KH, Khi) : Χριστὸς / Khristòs (« Christ »)

Θ (TH, Thêta) : Θεοῦ / Theoû (« de Dieu »)

Υ (U, Upsilon) : Υἱὸς / Huiòs (« fils »)

Σ (S, Sigma) : Σωτήρ / Sôtếr (« sauveur »)

Ce qui est traduisible par « Jésus-Christ fils de Dieu, sauveur ». Pour certains, il représente en même temps l’Eucharistie, c’est-à-dire le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité de Jésus-Christ. Les pains et les poissons sont la manne du Christ unissant les fidèles dans la communion sacramentelle. Ce symbole est encore souvent employé de nos jours.

Cet acrostiche est cité par l’Empereur Constantin dans l’Oratio Sanctorum Coetus ainsi qu’un poème dont chaque initiale en grec forme le mot Jésus Christ Sauveur.

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On le trouve deux fois sous cette forme d’acrostiche dans l’épitaphe d’Aberccius d’Hiérapolis et dans l’épitaphe de Postumius (marbre dit d’Eutérion). Le mot ΙΧΘΥΣ s’y trouve écrit deux fois, horizontalement en tête du titulus, et verticalement en tête des cinq lignes dont il se compose. Une sixième lettre est ajoutée, c’est un N qui s’interpréterait soit par, Nika = vince une acclamation de victoire au Fils de Dieu Sauveur ! Vainqueur ou bien cela peut signifier noster, comme s’il disait « notre poisson » ; c’est-à-dire, « le Christ notre poisson ».

I POSTVMIVS EVTHERION. FIDELIS. QVI GRATIA

X SANCTA CONSET.VTVS PRIDIE NATALI SVO SEROTINA

Θ HORA REDUIT DEBITVM VITE SVB QVI VIXIT

U ANNIS SEX ET DEPOSITVS. QVINTO IDVS IVUAS DIE

C JOVIS QVO ET NATVS EST CVIVS ANIMA.

N CVM SANCTOS IN PACE FILIO BENEMERENTI

POSTVMl FELICISSIMVS ET LVTKENIA ET FESTA A VIA IPSEIVS

« Le poisson. Postumius Eutherion, fidèle qui, obtenu par une grâce sainte la veille de sa naissance, le soir rend la dette de sa vie, qui a vécu six ans, et inhumé le cinquième des ides de juillet, le jour de Jupiter (jeudi) où il est né ; dont l’âme est avec les saints dans la paix. À ce digne fils Postumus Felicissimus et Lutkenia et Festa son aïeule. »

Parfois un poisson vertical à côté de l’inscription remplace l’acrostiche (acrostiche de Caîus Anchosius, cat. de Saint Sébastien).

Ce nom grec, ainsi que le poisson, étaient les deux signes que les chrétiens représentaient partout : sur les épitaphes, les mosaïques, les peintures, les anneaux, les coupes et les patères de verre, les sceaux, etc. Sur l’origine de cet acrostiche, il y avait deux opinions différentes : l’une est que les chrétiens ont ainsi appelé le Christ, pour en dissimuler le nom aux empereurs païens, qui leur avaient interdit le culte du Christ ; mais d’autres ont pensé que ce nom ΙΧΘΥΣ était tiré des vers de la sibylle Érythrée, et aux livres sibyllins ; car les vers sibyllins, présentaient les lettres initiales disposées de manière que l’ordre des éléments faisait lire : Ιησους Χριστός Υιος θεου Σωτηρ. Ce mot transposé des Grecs chez les Latins, pour les chrétiens du premier siècle, tenait sur les inscriptions la place du mot de Christ ; et sur les pierres latines il était écrit en grec : ainsi la pierre de Postumius et celle d’Abercius. Il offrait un acrostiche résultant de la position du mot et des lettres qui le composent. La seconde théorie se fondait sur un texte attribué (de manière incertaine) à Prosper d’Aquitaine, Le livre des Promesses et Prédications, donc daté du milieu du ve siècle :

« Car ce mot ΙΧΘΥΣ, en latin, piscis (poisson), nos ancêtres l’ont interprété par de saintes lettres, d’après les vers sibyllins, comme signifiant Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur. Poisson consommé par sa passion, et par les remèdes intérieurs duquel nous sommes tous les jours éclairés et nourris. »

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— Prosper d’Aquitaine

En fait cet acrostiche est à la fois grec et hébreu dans la mesure où le mot Jésus signifie en hébreu Sauveur. Jésus vient de l’hébreu Yeshouah (Josué) mot lui-même composé de Yaweh-Dieu et du mot Sauveur : Jésus, en grec Ιησους / Ièsous, vient de Yehoshua (hébreu : יהושע) qui signifie : Dieu sauve.

La fin de l’Évangile de Saint Jean (Jean:20) propose cette signification de ce que la foi dans le Christ est source de vie comme le poisson abondant en est le signe (Ézéchiel) « Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom ». Ceci est suivi dans le chapitre (21) de l’épisode de la pêche miraculeuse et du poisson grillé sur le rivage, que les premiers chrétiens ont assimilé au Christ :

« Piscus assus est Christus. »

 

Sceau et numismatique

On retrouve cet acrostiche sur les épitaphes, gravé sur de la pierre, mais aussi sur des pierres précieuses, des gemmes, des bagues, améthyste, jaspe ou agate, et comme sceau ainsi que le préconise Clément.

En 1898, Robert Mowat propose une hypothèse fondée sur la numismatique, remarquant que l’expression Ichthus : « Jésus-Christ/ Fils de Dieu/ Sauveur » reprend la forme tripartite romaine de l’expression du nom d’une personne : prénom et nom (filiation paternelle), surnom ou fonction « Marcus/Tullius/Cicero ». Ainsi en numismatique : « César /fils du divin Vespasien Domitien / Consul pour la septième fois. ». Cela peut évoquer tant le statère trouvé dans le poisson par Saint Pierre que le denier rendu à César…. afin de rendre à Dieu ce qui lui appartient.

 

Citations

Tertullien : Le baptême, c’est pour Tertullien l’eau de la vie, celle hors de laquelle un chrétien ne saurait vivre : « Nous, petits poissons, qui tenons notre nom de notre ΙΧΘΥΣ Jésus-Christ, nous naissons dans l’eau et ce n’est qu’en demeurant en elle que nous sommes sauvés. (…) Le meilleur moyen de faire mourir ces petits poissons : les sortir de l’eau ». « Le chrétien est comparable à un petit poisson à l’image du Christ Lui-même ».

Julius Africanus appelle le Christ « Le grand poisson pris à l’hameçon de Dieu et dont la chair nourrit le monde entier ».

Saint Augustin évoque le Livre de Tobie : « Ce poisson, qui remontait le fleuve et se livrait à Tobie, c’est le Christ qui par sa passion amère, a mis en fuite Satan et guéri le monde aveugle ». Il écrit dans la Cité de Dieu : « Ichthus, c’est le nom mystique du Christ, parce qu’il est descendu vivant dans l’abîme de cette vie, comme dans la profondeur des eaux… ».

Bède emploie cette expression : « Piscis assus, Christus passus » : le poisson grillé, c’est le Christ. Cette expression est reprise par plusieurs auteurs.

Prosper d’Aquitaine « Jésus Filiis Dei Salvator, piscis in sua Passione decoctus, cujus ex interioribus remediis quotidie illuminamur et pascimur »

Optimus (évêque) : « Le Verbe, c’est le poisson qui, par les paroles saintes du Baptême, est attiré dans les eaux, et c’est du poisson (piscis) que le bassin prend le nom de piscine »

Optat de Milève explique le sens de cet acrostiche au livre III Contre Parmenianum. Il relie l’acrostiche Ichtys au Livre de Tobie, le poisson préfigurant le Christ comme le Livre de Jonas.

« Hic est piscina qui in baptismate per invocationem fontalibus undis vocitetur. Cujus piscis nomen secundum appellationem Graecam, in uno nomine continet, ΙΧΘΥΣ quod est Latinus JESUS-CHRISTUS, DEI FILIUS, SALVATOR. hanc vos piscinam, quae in omni Catholica per totum orbem terrarum, ad vitam generis humani, salutaribus undis exuberat; transduxistis ad voluntatem vestram, et solvistis singulare baptisma, ex quo baptismate hominibus muri facti sunt ad tutelam. »

— Optat de Milève, De Schismate Donatistarum Adversus Parmenianum

La Bonne Nouvelle

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Cet acrostiche reprend les différentes étapes de l’annonce de la rédemption ; elle est destinée au monde entier, à tous les hommes :

Annonciation : « L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.» (Luc 1:35.)

Nativité : « Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie: c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée! ». (Luc 2:1-14.)

Prédication « Il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Matthieu:4-19)

Passion : « Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, furent saisis d’une grande frayeur, et dirent : Assurément, cet homme était Fils de Dieu. » (Matthieu:27-54)

Résurrection : Il leur dit: «Jetez le filet du côté droit de la barque et vous trouverez.» Ils le jetèrent donc et ils ne parvinrent plus à le retirer, tant il y avait de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: «C’est le Seigneur!» Dès qu’il eut entendu que c’était le Seigneur, Simon Pierre remit son vêtement et sa ceinture, car il s’était déshabillé, et se jeta dans le lac. Les autres disciples vinrent avec la barque en tirant le filet plein de poissons, car ils n’étaient pas loin de la rive, à une centaine de mètres. Lorsqu’ils furent descendus à terre, ils virent là un feu de braises avec du poisson dessus et du pain. Jésus leur dit: «Apportez quelques-uns des poissons que vous venez de prendre.» Simon Pierre monta dans la barque et tira le filet plein de 153 gros poissons à terre; malgré leur grand nombre, le filet ne se déchira pas. Jésus leur dit: «Venez manger!» Aucun des disciples n’osait lui demander: «Qui es-tu?» car ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approcha, prit le pain et leur en donna; il fit de même avec le poisson.» (Jean:21).

Symbole évangélique

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James Tissot, musée de Brooklyn, La Pêche miraculeuse.

Le thème de la pêche et du poisson est constant dans l’évangile, depuis le début (appel des quatre premiers disciples pêcheurs reprisant les filets de leur père) à la fin des évangiles lors de l’épisode de la résurrection du Christ et de la pêche miraculeuse. Le poisson symbolise aussi l’homme : Simon-Pierre, la pierre angulaire de l’église, sera un « pêcheur d’hommes ». Ce thème de la pêche se retrouve sur les mosaïques chrétiennes du pavement de la Basilique d’Aquilée ou païenne de la Piazza Armerina. Ce signe contenant le nom du Christ était le résumé de ce sur quoi le christianisme, la nouvelle religion, serait fondé, plus que celui du phénix : tout reposera sur le nom du Sauveur Jésus-Christ et il n’en aura pas d’autre qui puisse sauver (Première épître de Jean). Jésus signifie Sauveur en hébreu et c’est l’alpha et l’oméga de l’acrostiche qui finit comme il a commencé (ce qui évoque la figure géométrique parfaite du cercle ou du triangle tripartite, autre symbole de Dieu). Le mode sacrificiel de l’holocauste étant achevé avec le sacrifice de Jésus sur la Croix, le grand poisson des vivants, désormais le repas de poisson, l’agape, remplace celui des viandes immolées à Dieu, aussi ne voit on pas Jésus attablé à un festin de viande grillée mais de poisson grillé. L’Ichthus était en quelque sorte le nouveau nom de Dieu comme le fut pendant des siècles le tétragramme hébreu imprononçable d’un Dieu alors immatériel, et redoutable, mais infini, sinon par le grand prêtre : Yaweh ; codé il était secret, mais chacun pouvait le prononcer, et il était matérialisable dans la chair du poisson, symbole de l’incarnation et de la communion, aliment divin qu’on pouvait manger, multiplié à l’infini.

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La Vierge au poisson. Raphaël

Symbole du baptême

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Jonas jeté à la mer

Le poisson, Ichthus en grec, est un symbole chrétien à double sens. Il signifie le Christ et la vie en abondance promise aux chrétiens mais aussi le chrétien romain lui-même : les chrétiens étaient appelés les pisci : les poissons, les vivants.

Les premiers chrétiens persécutés par les autorités romaines l’utilisaient comme code secret pour se reconnaître entre eux. Clément d’Alexandrie, dans son ouvrage appelé le Pédagogue, pour les catéchumènes, met le poisson au nombre des symboles que les chrétiens sont autorisés à porter sur leurs anneaux (sceaux, lampes) : « les signes qui doivent distinguer le chrétien sont une colombe, un poisson, une nacelle portée à pleine voile vers le ciel (…)».

Alpha et Oméga des chrétiens : On le trouve sur une mosaïque du pavement de la basilique d’Aquilée et, des lampes (lumière et vie). Mais aussi symbole du début (alpha) et de la fin (oméga) de la vie chrétienne des baptisés : sur les mosaïques des baptistères (piscinae – eau et vie des baptêmes des convertis de l’Église nouvelle, préfigurés par la pêche miraculeuse de Pierre, ou par la guérison des malades de la piscine de Bethesda : Le début de la vie du chrétien) et aussi sur des sarcophages ou dans les catacombes et cimetières de Rome, c’est-à-dire un passage vers une autre vie, et associé à l’Ancre (symbole) de la promesse divine et de l’espérance de la vie éternelle.

À Ostie antique, ancien évêché, la « Maison aux poissons» est considérée comme chrétienne à cause de la mosaïque du vestibule, une coupe ou un baptistère renfermant un poisson.

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A Ostie la Maison du poisson

Le poisson est aussi au cœur d’agapes, le repas chrétien. Le poisson étant la nourriture des chrétiens et non plus la viande immolée en sacrifice, ceux-ci deviennent eux-mêmes leur nourriture, des poissons. Il symbolise également le sacrement de l’Eucharistie préfigurée par la multiplication des pains et des poissons.

Jésus-Christ et ses apôtres étaient souvent désignés sous le nom de pêcheurs et figurés comme tels, donc on appela « poissons » les hommes gagnés à la foi chrétienne grâce à leur parole. Cette appellation fut sans doute inspirée par les histoires de pêches si fréquentes dans l’Évangile, et particulièrement par la pêche miraculeuse, où le Christ a voulu mettre la réalité à côté de la figure (Luc 5 v.1-11). Monté sur la barque de Pierre, qui était l’image de l’Église chrétienne, son Maître commence par « pêcher les âmes » en annonçant la bonne nouvelle à la foule qui le suivait ; et ensuite, il fait prendre sous ses yeux, par ses apôtres, une quantité énorme de poissons, qui sont la figure des multitudes qu’ils devaient convertir un jour ; il donne exactement la signification de ce miracle, en leur annonçant que désormais Simon (Pierre) sera « pêcheur d’hommes ».

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Pavement de la Basilique d’Aquilée. la pêche miraculeuse

Plus tard l’iconographie de Saint Brendan reprendra ces deux symboles de la barque et du poisson, dans une civilisation devenue monachique : l’iconographie des catacombes liant le poisson et le pain eucharistique, saint Brendan célèbre la messe sur l’Ile du Poisson. Ce symbole est cependant abandonné par les chrétiens dès le ve siècle puis, au Moyen Âge.

Art paléo-chrétien

Le propre du paléo-christianisme est d’avoir très souvent représenté le symbole de l’ichthus dans les arts, dans les catacombes, ainsi que les lampes qui servaient à les éclairer. Durant cinq siècles environ il demeure le principal symbole du Christianisme naissant.

 

Quelques exemples

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Lampe à huile figurant un poisson

Les poissons sont figurés sur des lampes en terre cuite paléo-chrétiennes (lampe du Campo Santo tedesco, lampe du musée d’Arles, lampe du musée de Pérouse) ou des mosaïques (pavement d’Aquilée : scène de pêche, mosaïque chrétienne Pax et Concordia de Tipaza, catacombes de Sousse, inscription Ichthus, salus mundi, mosaïque de Saint Apollinaire in Classe), vases, peintures (Agapes, catacombes St Callixte, panier, poisson et verre de vin, crypte de Gaudentius, catacombes de SS. Pierre et Marcellin, etc. : le poisson est toujours peint sur la table du la cena, au centre du banquet), bas-relief (Poisson copte, Musée du Louvre, Bas relief avec 2 poissons, Saint-Laurent-hors-les-murs, Rome), épitaphes et sarcophages (sarcophage de Livia Primitiva, Musée du Louvre) ou les épitaphes (catacombes de Saint-Sébastien) ; pierre de fermeture de loculi (cimetière Ste Agnès, Catacombe de Saint-Calixte, de Sainte-Domitille), sur les murs des catacombes, (catacombes d’Hadrumète), des pierres (pierre de Henchir el OuedAlgérie), ou par des objets (poisson de verre] retrouvé près des catacombes de Saint-CalixteMusée océanographique de Monaco ; Poisson d’améthyste, Musée de Berlin), etc.

La figure de deux poissons accolés existe aussi, autour d’une ancre ou sur le chapiteau d’une colonne dans la basilique de Tébessa.

 

Pectorius d’Autun

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L’épitaphe d’Autun dite épitaphe de Pectorios (fin iie – début iiie siècle) découverte fin xixe siècle et souvent étudiée, désigne le Christ sous le nom d’ichthus acrostiche deux fois gravé sur la pierre :

« Race divine du céleste Ichthus, qui est venu parmi les mortels faire entendre ses immortelles paroles ! Ami, ensevelis ton âme dans les eaux sacrées, ces eaux éternelles qui donnent la sagesse avec tous ses trésors ! Prends l’Ichthus dans tes mains, mange et bois, rassasie-toi de cette douce nourriture que le Sauveur donne a ses saints. Ô Ichthus, ô maître Sauveur, exauce mes désirs! Que ma mère te contemple dans sa joie, je t’en prie avec elle, ô lumière des mortels ! Ascandius, père bien-aimé de mon cœur; et vous aussi, ma douce mère, souvenez-vous de votre fils Pectorius, qui verse des larmes sur votre tombeau. »

Ainsi que l’épitaphe dite d’Abercercius d’Hiérapolis :

« La foi me guidait et me procurait en tout lieu pour nourriture un poisson très grand et très pur, recueilli à la source par une vierge sans tache, et c’est ce qu’elle sert constamment à la table des amis, elle a un vin excellent qu’elle verse (coupé d’eau ?) pour accompagner le pain. »

Le poisson, seul ou double, peut donc désigner le chrétien (piscus) soit le Christ, soit la pêche symbolique (Saint Pierre « pêcheur d’hommes »), soit la pêche miraculeuse, soit la nourriture sur la table (Agapes), ou encore la multiplication des pains et des poissons (Ravenne Mosaïque st Apollinaire Nuovo, Tabgah), enfin l’eucharistie : « tu tiens l’ichthus dans la paume de ta main » (épitaphe et poème d’Abercius) enfin il est souvent associé à l’ancre (épitaphe de Licinia Rome ICHTHUC ZWNTWN, Poisson des vivants).

La Prière du cœur

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Prière de Jésus dans un christogramme roumain

En Grèce et en Orient, le symbole du poisson est inexistant, mais la prière du cœur, aussi appelée prière de Jésus reprend dans sa forme grecque l’acrostiche Ichthus et lui donne tout son sens : « Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur » « Jésus, sauve-moi… Jésus-Christ, aie pitié, sauve… Jésus, sauve-moi… Jésus, mon Dieu »

L’Église de Rome, celle des martyrs de Néron, put ainsi adopter le symbole du poisson jusqu’au ive siècle en ces cinq lettres grecques et l’Orient développer le thème de la prière. L’Ichthus est donc le ciment de l’unité des églises chrétiennes.

 Dans les années 1970, l’usage de l’ichthus s’est répandu aux États-Unis avec le Jesus Movement auprès des chrétiens, et spécialement chez les chrétiens évangéliques.

Ce symbole est utilisé principalement sur les pendentifs, les épingles ou sur les voitures, en signe d’appartenance à la foi chrétienne.

On le retrouve également sur le logo de la conférence des évêques de France.

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AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), BAPTEME, BAPTISTERE, CATHEDRALE SAINT-SAUVEEUR (Aix-en-Provence), CATHEDRALES, CHRISTIANISME, EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, PROVENCE

Le baptistère de la cathédrale Saint-Sauveur (Aix-en-Provence)

Baptistère de la cathédrale Saint-Sauveur

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Le baptistère de la cathédrale a été construit au début du vie siècle, voire du ve siècle, sur l’emplacement de l’ancienne place du forum d’Aquae Sextiae. Il est contemporain des baptistères conservés de Riez, Fréjus, mais aussi Albenga, en Ligurie, et Djemila, en Algérie et figure parmi les plus anciens de France.

Le baptistère octogonal, couronné en 1579 par le chanoine Jean de Léone, possède une coupole décorée de gypseries surmontant des colonnes d’époque romaine remployées. La cuve serait d’époque mérovingienne. On trouve sous les dalles du baptistère les caveaux de chanoines et d’archevêques.

Dès sa construction, le baptistère a été alimenté par les eaux chaudes provenant des thermes romains. Le baptême est alors administré par immersion totale. Une symbolique bien définie est alors attachée au sacrement du baptême. Celui-ci représente un moyen d’être enseveli dans la mort avec le Christ et de vivre la vie nouvelle, au moyen de l’illumination. L’édifice est orienté vers le soleil levant malgré les changements apportés au fil des siècles, notamment par l’ajout des colonnes en granit.

Son architecture actuelle est semble-t-il quasiment identique à celle qu’il avait au temps du forum romain. Huit colonnes l’entourent. On y attachait alors des étoffes pour cacher les catéchumènes des regards. On peut toujours observer les encoches dans lesquelles on insérait les tringles permettant de tendre les draps. Le baptistère a connu plusieurs transformations. La coupole date du xvie siècle. De l’époque de sa construction ne subsistent plus que les bas des murs et la cuve baptismale. L’alimentation en eau courante du bassin se faisait par l’est, du côté extérieur à la cathédrale, par le moyen d’une annexe importante.

Au XIXe siècle, le baptistère est orné de sept tableaux représentant les sept sacrements de l’Église catholique. La commande est passée par l’administration des beaux-arts, conformément au souhait de l’archevêque. Sept artistes aixois sont choisis pour ce travail : Alphonse Angelin, Antoine Coutel, Baptistin Martin, Joseph Richaud, François Latil, Léontine Tacussel, et Joseph Marc Gibert. Cette commande est un exemple rare de représentation des sept sacrements en série, sans équivalent au XIXe siècle.

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Les vues générales du baptistère

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Vue des huit chapiteaux

Le chiffre 8 est symbolique dans la religion chrétienne, il représente la vie nouvelle que le Christ apporte dans le baptême.

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Vue de la coupole restaurée en 1579

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Le plan de la coupole s’inspire de celui de la chapelle d’Estienne de Saint-Jean, située dans le Chœur de la cathédrale.

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Toit de la coupole

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Coupole: vue extérieure

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Les décorations et les peintures représentant les sept sacrements

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Un baptême à la fin du XVIII° siècle

Gravure d’époque. On y remarque la cuve médiévale installée au milieu du bâtiment, au-dessus de la cuve antique.

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Fragment de mosaïques

Ce petit fragment donne une idée de la décoration d’origine du sol. Il est situé dans la niche sud-ouest.

Cuve baptismale antique

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 Fragments de fresques

Ces fresques ont été réalisées au XII° siècle, lors de la reconstruction des murs du baptistère. Une des scènes représente la vêture de sainte Claire

Peintures représentant les sept sacrements

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Les sept sacrements: l’Eucharistie

Œuvre de Joseph Richaud (1848).

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Les sept sacrements: le baptême

Ce tableau est situé au-dessus de la cuve baptismale du XIV° siècle. Œuvre d’un disciple de Granet, Jean-Baptiste Martin, en 1847

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Les sept sacrements: la confirmation

Œuvre de Joseph Gibert (1848)

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Les sept sacrements: le mariage

Œuvre d’Alphonse Angelin (1846)

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Les sept sacrements: la pénitence

Œuvre de Léontine Tacussel (1848). Il a été placé dans la nef romane, puisque la niche qu’il occupait a fait l’objet de découvertes archéologiques

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Les sept sacrements: l’Ordre

Œuvre de François Latil (1848), qui représente ce sacrement par l’institution de saint Pierre comme chef de l’Eglise.

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Les 7 sacrements: l’extrême onction

Œuvre d’Antoine Coutel (1847)

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vip4vlmvf9xnl3lbeo2jLa cuve baptismale utilisée actuellement lors des baptêmes ayant lieu à la veillée pascale. Cet ensemble moderne recouvre la cuve baptismale antique durant le temps pascal

CHRISTIANISME, COMPOSTELLE, JACQHES (saint ; apôtre), PELERINAGE, PELERINAGE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE, PELERINAGES, ULTREÏA, ULTREÏA : LE CHANT DES PELERINS DE COMPOSTELLE

Ultreïa : le chant des pèlerins de Compostelle

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Ultreïa (du latín ultra — au-delà — et eia, interjection évoquant un déplacement) est une expression de joie du Moyen Âge, principalement liée au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est une expression que se lancent les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle dans les moments difficiles, et dont le sens peut être traduit par : « Aide-nous, Dieu, à aller toujours plus loin et toujours plus haut ». Dans cette formulation, on retrouve évidemment, les deux dimensions du Chemin : la dimension horizontale de l’être qui avance, et la dimension verticale qui permet de s’élever vers l’entité à laquelle on s’adresse.

Ce mot était associé à des chants médiévaux rapportés dans le Codex Calixtinus.

Plus récemment, ce cri est devenu le titre d’un chant contemporain, également connu sous le nom de « Chant des pèlerins de Compostelle », composé par Jean-Claude Benazet. Il se transmet tous les jours sur le chemin, notamment à l’abbaye de Conques ou à la messe du pèlerin à Santiago.

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Paroles de chants médiévaux

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Herru Santiagu,
Got Santiagu,
E ultreia, e suseia,
Deus adiuva nos.

Unde laudes regi regum
solvamus alacriter,
Cum quo leti mereamur
vivere perhenniter.
Fiat, amen, alleluia,
dicamus solempniter
E ultreia esus eia
decantemus iugiter.

Paroles du chant moderne

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Tous les matins nous prenons le chemin,
Tous les matins nous allons plus loin,
Jour après jour, la route nous appelle,
C’est la voix de Compostelle.

Ultreïa ! Ultreïa ! Et sus eia
Deus adjuva nos !

Chemin de terre et chemin de Foi,
Voie millénaire de l’Europe,
La voie lactée de Charlemagne,
C’est le chemin de tous les jacquets.

Ultreïa ! Ultreïa ! Et sus eia
Deus adjuva nos !

Et tout là-bas au bout du continent,
Messire Jacques nous attend,
Depuis toujours son sourire fixe,
Le soleil qui meurt au Finisterre.

Ultreïa ! Ultreïa ! Et sus eia
Deus adjuva nos !

Traduction du refrain : Aide-nous, Dieu, à aller toujours plus loin et toujours plus haut.

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ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, CHRISTIANISME, ISRAËL, JUDAÏSME, PERSONNAGES DE L'ANCIEN TESTAMENT

Personnages de l’Ancien Testament

Principaux personnages de l’Ancien Testament

Six personnages de l'Ancien Testament
Fra Angelico (Guido di Pietro, dit Fra Giovanni da Fiesole)Italie Toscane Florence, Musée du Louvre, Département des Peintures, RF 310 – https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010066550https://collections.louvre.fr/CGU

Abraham

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Abraham est un personnage central pour les chrétiens. Il l’est aussi pour les juifs et les musulmans. Sa vie est racontée dans la Genèse, le premier livre de la Bible..

Abraham, c’est celui qui fait totalement confiance en Dieu. Et pourtant, sa vie n’est pas facile :

Il quitte son pays et sa tribu pour se mettre en marche vers une terre désignée par Dieu. Il changera même de nom « Abram » pour devenir « Abraham ».

Sarah, la femme qu’il aime, n’a pas d’enfant. Ce n’est que très tardivement, lorsque tout espoir semble perdu, que Dieu exhaussera leur attente à tous les deux.

Dieu testera jusqu’au bout sa fidélité en lui demandant de sacrifier cet enfant, Isaac, qu’il a eu avec Sarah : c’est l’épisode du sacrifice d’Isaac (Dieu retenant le bras d’Abraham avant qu’il ne tue Isaac).

La vie d’Abraham

Abraham, s’appelle d’abord Abram. Il est descendant de Sem, fils de Noé. Il se marie avec sa demi-sœur Saraï (Sarah), mais cette dernière est stérile.
Un jour, Abram quitte Ur avec sa famille et s’installe à Harran. À la demande de Dieu, et alors qu’il est âgé de 75 ans, il quitte à nouveau sa terre et avec sa famille, va dans le pays de Canaan, à Sichem puis au Chêne de Mambré. C’est là que Dieu lui promet de donner ce pays à sa descendance.
Mais sa route est semée d’embuches. C’est ainsi qu’Abram demande à Saraï de faire croire aux Égyptiens qu’elle est sa sœur. En effet, il craint d’être tué s’il se présente comme mari d’une si belle femme. Le Pharaon prend Saraï pour femme, et Abram reçoit de nombreux cadeaux. Mais Dieu inflige de grands malheurs au Pharaon, qui après avoir reproché son mensonge à Abram, les congédie.
Alors qu’Abram passe par le Néguev, il se sépare de Loth, son neveu. En effet, leurs troupeaux sont tellement grands que le pays ne subvient plus à l’ensemble de leurs besoins. C’est ainsi que Loth partira s’installer à Sodome (Abram mènera par la suite une expédition pour libérer Loth qui a été fait prisonnier).

Abraham fait un enfant à Agar

Abram accepte la proposition de Saraï qui, pour avoir un fils, lui donne sa servante égyptienne Agar comme femme… Tombée enceinte, Agar méprise Saraï, qui s’en plaint à Abram. Comme il répond qu’elle peut faire d’Agar ce qu’elle veut, elle la maltraite et provoque sa fuite. Après avoir vu un ange, Agar revient et donne naissance à Ismaël.

L’Alliance d’Abraham

Treize ans après, Abram a 99 ans. Dieu lui apparaît et lui propose à nouveau une Alliance… Dieu le nomme Abraham, car il lui promet de nombreux descendants. En échange, Abraham et ses descendants devront le reconnaître comme leur Dieu, et pratiquer la circoncision sur les enfants mâles.
Dieu change aussi le nom de Sarah en Saraï et promet qu’elle enfantera dans un an un fils : Isaac

La chute de Sodome et Gomorrhe

Dieu annonce qu’il va à Sodome et Gomorrhe pour juger ces villes, dont la population se conduit mal… Abraham le supplie de ne pas détruire Sodome s’il y trouve 50 justes. Dieu accepte, puis Abraham négocie jusqu’à obtenir que 10 justes sauvent la cité.
Dieu s’éloigne, et Abraham rentre chez lui. Mais Dieu ne trouvera pas 10 justes et le lendemain, Sodome est anéantie, mais Dieu a épargné son neveu Loth et ses enfants.

Le sacrifice d’Isaac

A la naissance d’Isaac, Sarah demande à Abraham de chasser Ismaël. Elle ne veut pas qu’Isaac ait à partager l’héritage avec Ismaël… Abraham en est contrarié, mais Dieu lui dit d’écouter Sarah car l’Alliance passe par Isaac. Alors Abraham chasse Agar et Ismaël.
Un jour, Dieu demande à Abraham d’offrir Isaac en holocauste sur le Mont Moriah. Après trois jours de marche, il demande aux serviteurs de garder l’âne et charge Isaac des bûches. Sur la route, Isaac demande où est l’agneau qui sera brûlé. Abraham répond qu’il s’en remet à Dieu.
Une fois arrivés, Abraham élève un autel, dispose les bûches et lie son fils au bûcher. Alors qu’il tend la main pour immoler Isaac, un ange, convaincu de la crainte qu’il place en Dieu, crie à Abraham d’épargner Isaac. Un bélier, qu’Abraham voit pris au piège dans un fourré, est sacrifié à sa place. L’ange bénit Abraham et s’engage à faire proliférer sa descendance, promettant que toutes les nations de la terre se béniront en elle.

La descendance d’Abraham

Descendance d’Abraham

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Sarah

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Voici l’histoire de Sarah. Épouse d’Abraham, elle connaît l’exil, le Pharaon et la jalousie… mais espère toujours un fils. Dans la Bible, Sarah apparaît au début du récit de la Genèse, sous le nom de Saraï.

L’histoire de Sarah

Dans la Bible, Sarah apparaît au début du récit de la Genèse, sous le nom de Saraï. Elle vit avec son mari Abram dans la ville de Harran et l’accompagne quand il quitte le pays pour suivre l’ordre de Dieu.
Ils arrivent dans le pays de Canaan qui est frappé par la famine et doivent trouver refuge en Égypte. Mais le Pharaon prend pour lui les plus jolies femmes de son royaume. Or, comme Saraï est très belle et pour éviter de la perdre, Abram demande à sa femme de se faire passer pour sa sœur.

Quand le Pharaon prend Saraï dans son harem, la maison royale est frappée de malheurs. Pharaon découvre qu’en réalité Saraï est la femme d’Abram et que tous ses malheurs proviennent de là, il libère alors Abram et son épouse en leur demandant de quitter l’Égypte.
Malgré la promesse de Dieu faite à Abram d’être le père de nombreuses nations et donc d’avoir une descendance importante pour les peupler, sa femme Saraï reste désespérément stérile. Saraï décide alors d’offrir sa servante égyptienne Agar comme concubine à son époux. Agar donne un enfant à Abram: Ismaël.
Abram continue de faire confiance en Dieu et accepte l’Alliance qu’il lui a offerte. Comme Abram accepte l’Alliance proposée par Dieu, celui-ci va lui donner un nom nouveau: Abram devient alors Abraham et Saraï devient Sarah.

Des années plus tard, Abraham voit passer trois étrangers. Il court auprès d’eux et les invite sous sa tente. Les trois messagers viennent informer Abraham de l’imminence de la destruction de Sodome et Gomorrhe. Ce sont deux villes détruites par Dieu à cause de leur péché.

L’un des messagers annonce l’enfant à venir. Sarah, âgée de plus de 80 ans, et qui ne dort plus avec son époux centenaire, rit d’entendre une telle nouvelle. L’enfant naîtra un an plus tard et s’appellera donc Isaac,ce qui veut dire : « il rira ».
À la naissance d’Isaac, Sarah ne supporte plus les moqueries et l’influence de sa servante Agar et d’Ismaël sur son enfant. Elle demande à Abraham de les renvoyer. Abraham suit le conseil de sa femme et renvoie Agar et son fils dans le désert après que Dieu l’ait assuré de la grande destinée qui attend Ismaël.

A la fin de sa vie, Abraham est mis à l’épreuve par Dieu (« Yahvé ») qui lui demande de lui sacrifier son fils Isaac.
Sarah décède à Hébron à l’âge de 127 ans. Abraham achète alors un terrain dans la région de Hébron avec une grotte dans laquelle il enterre Sarah. Trois patriarches et trois de leurs épouses (appelées parfois matriarches) sont enterrés dans ce qui est désormais le Tombeau des Patriarches, qui est un lieu saint datant de l’époque d’Hérode le Grand.

Les âges respectables que peuvent atteindre les personnages du début de la Genèse sont les signes de la bénédiction divine. Les personnages bibliques, d’avant le Déluge, peuvent vivre plusieurs centaines d’années, le record étant détenu par Mathusalem qui vécut 969 ans. Après le Déluge, la durée de la vie humaine va diminuer pour être inférieure à 200 ans pour les patriarches, signe du progrès du mal dans le monde.

Sarah : sens du texte biblique

Dans l’Ancien Testament, Sarah est humiliée par sa condition de femme stérile et bénéficie d’un extraordinaire retournement de situation grâce à l’intervention de Dieu. En effet, dans le texte, grâce à l’intervention de Dieu, elle devient féconde. Elle personnifie dans son itinéraire que « Rien n’est impossible à Dieu ! ».

Le comportement de Sarah pose une question : comment accepte-t-elle que son mari ait un enfant de sa servante ? En effet, malgré les promesses répétées de Dieu, elle n’a pas eu d’enfant après dix ans. Elle en conclut que Dieu est donc la cause de sa stérilité. Pourtant, ce n’est pas à Lui qu’elle demande d’y mettre un terme. Non elle invente plutôt une solution : son mari prendra sa servante et elle adoptera l’enfant né de leur union.
Une fois que c’est fait, comment Sarah vit-elle cette situation ? Elle ne supportera pas de voir Agar la toiser du haut de sa grossesse. Humiliée, elle s’en prend à Abraham. Elle a raison car son mari n’a pas osé résister à sa mauvaise solution. 

Plus tard, la naissance de son fils Isaac viendra couronner le long mûrissement d’une relation mal ajustée au départ, où la stérilité aura été finalement moins une malédiction que la chance d’un devenir lent et difficile, mais fécond pour Sarah comme pour Abraham.

Lors du sevrage de son fils, la jalousie saisit Sarah à l’égard de sa servante Agar et d’Ismaël, le fils que cette dernière a eu avec Abraham. Alors, elle anticipe et exige d’Abraham qu’il renvoie la servante et son fils. Sarah parle par jalousie et son ton est dur !

Sarah, une femme qui a lutté pour vivre une relation juste et ouverte à une vraie fécondité. C’est là sa grandeur et elle demeure même si le désir ardent qui l’a fait se battre pour la vie n’a pas été sans dureté.
Sarah est la première femme qui apparait vraiment dans la Bible. En effet, on ne peut pas considérer qu’Ève dispose du même statut car elle représente plus une femme symbole de l’émergence de la vie. Les autres femmes qui sont citées ne sont que des noms et leur histoire n’est pas relatée.

Isaac, l’enfant du miracle

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Né de Sara, âgée et stérile, Isaac révèle la gloire de Dieu quant à l’alliance proposée à Abraham son père. Moins connu que son père qui se dirigea le premier vers le pays de Canaan, Isaac renouvelle cependant cette adhésion au plan divin, préalable à l’essor du peuple d’Israël.

L’épreuve du sacrifice

Alors qu’Ismaël, ancêtre du peuple arabe, et sa mère Agar sont chassés dans le désert, Isaac, le fils unique d’Abraham, est demandé en sacrifice par Dieu. Sans s’opposer à ce commandement incompréhensible pour l’homme, Abraham s’exécute dans l’une des scènes les plus représentées par l’art. Le vieil homme résigné mène son fils sur la montagne pour l’immoler. Rares paroles, confiance absolue en l’impératif divin. Le père charge le bois sur le dos de son fils et tous deux gravissent en silence jusqu’à la question ultime et douloureuse de son fils : « Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? », ce à quoi Abraham répond : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils ».

Préfiguration de la Passion du Christ

Au moment où sa main se lève pour porter le coup fatal, l’ange de Yahvé arrête Abraham et lui ordonne de sacrifier un bélier proche dont les cornes sont prises dans un buisson. Rien ne saurait être refusé à Dieu, et pour ce total abandon à l’ordre divin, même pour ce qui lui avait été promis, Abraham est resté célèbre jusqu’à nos jours. L’Ancien Testament dans ces pages éminemment dramatiques préfigure le sacrifice du Christ, Isaac porte le bois de l’holocauste, le Christ sa propre croix, Abraham consent à sacrifier son fils unique, Dieu offre Jésus pour le rachat de la multitude. Confiance d’Isaac dans la volonté de son père, total abandon du Christ dans le jardin de Gethsémani à la veille de sa Passion en ce qui a été décidé par Dieu : « Toutefois non pas ce que je veux mais ce que tu veux ». Une même force spirituelle unit Abraham et son fils, celle de la foi témoignée par le Christ lors de sa vie terrestre.

Creuser de nouveaux puits…

Après la mort de son père Abraham, les nombreux puits que ce dernier avait creusés se trouvent comblés par les Philistins. Isaac décide de les rouvrir et leur donner les mêmes noms. Mais ils furent l’objet de querelles et de disputes. Au lieu de batailler avec ses ennemis, Isaac en fore un nouveau qu’il nomme Rehobot et qui ne sema pas la discorde. Juste après, Yahvé  lui apparaît et lui dit : « Je suis le Dieu de ton père Abraham. Ne crains rien, car je suis avec toi. Je te bénirai, je multiplierai ta postérité, en considération de mon serviteur Abraham ». L’alliance est confirmée, Isaac bâtit sur le lieu de l’apparition un autel, installe sa tente et décide d’y forer un nouveau puits. Isaac épousera Rébecca choisie dans la famille d’Abraham par le vieil intendant Eliézer. De cette union naîtront Esaü et Jacob et la fameuse ruse quant à celui des deux qui succèdera à leur père, mais ceci est une autre histoire…

Jacob, une lutte incessante

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Petit-fils d’Abraham, fils d’Isaac, Jacob est le troisième des grands patriarches. Sa vie sera marquée par cette lutte entre instinct et destin. Suivre ses inclinations ou rejoindre le plan divin, voilà le combat mené par Jacob.

Un esprit de conquête dès la naissance

Rébecca, comme Sarah la femme d’Abraham, est stérile. Sa prière est pourtant exaucée avec deux jumeaux, Esaü, l’aîné, et Jacob. Alors qu’Esaü naît le premier, Jacob le retient par le talon, signe d’une lutte déjà entamée… Jacob grandit dans les tentes parmi les femmes et a belle allure alors qu’Esaü est robuste, plein de poils et passe son temps à chasser. Esaü a la préférence de son père, Jacob, celle de sa mère. L’opposition entre les deux frères est marquée, un oracle avait prédit à sa mère que « L’aîné servira le cadet ».

La ruse pour la primauté

Jacob ruse à deux reprises pour duper son frère et obtenir la bénédiction de son père. Profitant de la gourmandise d’Esaü, il lui achète son droit d’aînesse contre un plat de lentilles. Pire encore, complice avec sa mère Jacob se fait passer pour son aîné devant son père Isaac, aveugle en raison de son grand âge. Sa mère aide Jacob à recouvrir ses bras et son cou de peau de bête pour imiter la pilosité de son frère. Le subterfuge réussit, le père lui transmet sa bénédiction faisant de Jacob l’héritier des Promesses divines. Lorsqu’Esaü apprend la duperie, il veut tuer son frère, Jacob s’enfuit vers Hâran d’où était parti Abraham, éternel retour…

L’Échelle de Jacob

Le destin de Jacob ne semblait pas propice à ce qu’il plaise à Dieu. Pourtant dans sa fuite, c’est à Bethel qu’il a ce fameux songe « L’Échelle de Jacob » dans lequel il aperçoit une échelle reliant la terre au ciel et dont des anges en gravissent et descendent les degrés inlassablement, symbole de l’ouverture du ciel aux aspirations de l’homme. Par ce songe, Dieu renouvelle à Jacob les promesses faites à Abraham et à Isaac, le destin de Jacob est scellé ou presque…

La Lutte avec l’Ange

Jacob doit subir à son tour la ruse en trimant pour le compte du berger Laban dont il demande sa fille Rachel en échange de son labeur. Mais, c’est Léa voilée, moins convoitée, qui lui sera cependant donnée la nuit de noces. Dépité, il accepte de travailler autant pour obtenir la main de Rachel. Jacob aura ainsi deux épouses et douze enfants, à l’origine des douze tribus d’Israël. Cherchant à se réconcilier avec son frère, il repart vers Canaan mais en route, au gué de Yabboq, Jacob luttera toute une nuit contre un inconnu dont il devine la nature divine, l’Ange de Jacob. À l’aube, il obtient qu’il le bénisse et reçoit un nouveau nom : « On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu t’es montré fort avec Dieu ». Grâce à cette reconnaissance, il se réconcilie avec son frère Esaü qui l’accueille à bras ouvert, la bénédiction d’Israël et de tous les croyants peut continuer.

Joseph et les songes

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 Joseph est le premier-né de Rachel, longtemps stérile, et l’enfant préféré de son père Jacob. Suscitant rapidement la jalousie de ses autres frères, sa vie va prendre l’allure d’une épopée trépidante digne d’être portée au cinéma, ce qu’elle n’a pas manqué d’être.

Une jalousie attisée par les songes

Joseph grandit parmi ses frères mais à leur différence il a des songes. Il a l’imprudence un jour d’en raconter la teneur à ses frères (Gn. 37). Dans son rêve, avec eux aux moissons, il voit sa gerbe entourée par celles de ses autres frères qui se prosternent devant elle. Dans un autre songe, ce sont le soleil, la Lune et onze étoiles qui se trouvent à ses pieds… L’interprétation ne fait aucun doute et les frères de Joseph répliquent vexés : « Allons-nous […] venir nous prosterner à terre devant toi ? » La jalousie était semée.

La vengeance meurtrière

Souhaitant se débarrasser de lui, ses frères dépouillent Jacob de sa précieuse tunique que son père lui avait donnée, suscitant déjà leur jalousie, et le jettent dans une citerne vide. Alors qu’ils annoncent sa mort à leur père effondré, deux versions coexistent. Dans la première, Joseph est vendu directement par ses frères comme esclave à des Ismaélites, dans l’autre il est trouvé dans son trou par des marchands qui l’emmènent en tant qu’esclave en Égypte.

Un destin qui dépasse les épreuves

Mais la bénédiction de Dieu accompagne Joseph même dans les pires épreuves. Esclave, il provoque de nouvelles jalousies en refusant les avances de la femme de son maître et est emprisonné. Mais il est remarqué dans sa captivité pour sa qualité à interpréter les songes, et est appelé auprès de Pharaon pour un de ses rêves qu’aucun ne parvient à expliquer dans sa cour. C’est le fameux songe des sept vaches maigres dévorant sept vaches grasses que seul Joseph parvient à décrypter : il prédit à l’Égypte sept années de fertilité, suivie de sept autres de famine. Émerveillé par son savoir, Pharaon fait de Joseph son grand vizir, intendant de ses biens. Il est dorénavant puissant et gère les récoltes afin de faire des stocks dans la perspective de la disette à venir. Lorsque les années de « vaches maigres » surviennent, l’Égypte est non seulement à l’abri de la famine mais peut même revendre à prix d’or son surplus aux nations voisines.

Une interprétation christique

Alors que ses frères se rendent en Égypte pour justement y acheter du blé, Joseph après leur avoir fait subir des péripéties en rappel du mal qu’ils lui avaient causé se réconcilie avec eux. Il sait que seul le dessein divin l’a mené en Égypte et non la jalousie de ses frères. Un mal pour un grand bien ayant servi non seulement sa réussite mais ayant surtout sauvé un grand nombre d’Égyptiens et de nations. Sa sagesse dépasse la rancœur pour atteindre le pardon, élément essentiel de cette histoire épique qui préfigure celle du Christ, vendu par l’un des siens et dont le sacrifice sauvera le monde.

Moïse, sauvé des eaux, sauveur d’Israël

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La figure de Moïse demeure familière bien des millénaires après le récit laissé par la Bible. Eaux changées en sang, bâton se transformant en serpent, sans oublier la fameuse traversée de la mer Rouge, chaque détail de sa vie a donné lieu à de mémorables peintures, sculptures, musiques…

Fils d’Hébreux et prince d’Égypte

Le destin de Moïse dépasse de loin un grand nombre de personnages de la Bible. Promis à la mort par la décision de Pharaon d’éliminer tous les enfants mâles des Hébreux jugés en surnombre, il échappe, déposé dans une corbeille d’osier par sa mère sur le Nil, à cette fin tragique. Recueilli par la fille de Pharaon qui l’élève, et lui donne pour nom Moïse qui signifie « Sauvé des eaux »,  il devient prince d’Égypte proche de Pharaon. Un tel destin aurait pu suffire, mais l’histoire de Moïse ne fait que commencer ! Découvrant l’oppression de son peuple alors qu’il visitait un chantier, il tue un Égyptien qui molestait un ouvrier hébreu. Le meurtre découvert, Moïse du jour au lendemain, n’est plus prince mais doit fuir.

Appelé par Dieu, libérateur d’Israël

Il trouve refuge à Madiân au nord-ouest de la péninsule arabique. Là, il épouse la fille de Jéthro, Séphora. Alors que Moïse mène une vie simple de berger survient le fameux épisode du buisson ardent au mont Horeb. Avec ce buisson qui brûle, mais ne se consume pas, Yahweh se révèle à lui et lui intime de libérer les fils d’Israël du joug égyptien. Répondant à cet appel, Moïse repart en Égypte, se confronte à Pharaon en lui demandant de libérer son peuple. Devant ces refus s’abattent les dix terribles Plaies d’Égypte. Mais ces avertissements divins demeurent ignorés de Pharaon jusqu’au dernier, le plus terrible, qui condamne tous les premiers nés au pays d’Égypte, à l’exception de ceux des Hébreux ayant pris soin de marquer leur porte de sang d’agneau. Le fils de Pharaon meurt, cette nuit restera gravée dans la mémoire et commémorée avec la Pâque juive. Pharaon, abattu, libère alors les Hébreux, Moïse est à la tête d’une foule immense, sans terres et en exode.

Un peuple en Exode

Mais dans cet exode, comment échapper à la vengeance du Pharaon se ravisant de son erreur d’avoir libéré les Hébreux et franchir une mer qui empêche toute fuite ? Dieu renouvelle son Alliance avec Moïse qui intime aux flots de laisser passer son peuple à pied sec, scène immortalisée par l’inoubliable  film Les Dix Commandements. L’armée du Pharaon, elle, est engloutie par les flots, Moïse et les siens sont sauvés. Reste la traversée du désert, la faim et la soif, bientôt les récriminations du peuple contre Moïse et son Dieu qui, patient, renouvelle ses bienfaits : source sortie d’un rocher, manne et cailles à portée de main. Cette traversée symbolise celle de la vie, avec ses joies et ses peines, l’aide apportée et souvent négligée, naissance et renaissance.

 

Le don de la loi

Pour le peuple d’Israël, c’est aussi un don essentiel, celles des Tables de la Loi dictées à Moïse sur le mont Sinaï scellant l’Alliance. Alors que ce Décalogue dispose qu’aucune image ni idole ne doivent être adorées, le peuple au bas de la montagne s’est construit un veau d’or auquel il sacrifie en l’absence de Moïse. Colère divine, fureur de Moïse, les tables sont brisées et le peuple devra encore errer dans le désert avant la Terre promise que Moïse, âgé de 120 ans, ne fera qu’apercevoir, mais ne franchira pas.

Aaron, le premier des prêtres

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Aaron, le frère aîné de Moïse.

Frère aîné de Moïse, Aaron vécut à la fois dans l’ombre de son illustre frère tout en étant son porte-parole auprès des Hébreux et de Pharaon. Cité plus de trois cents fois par la Bible, ce personnage accompagne toute la vie de Moïse et symbolise la fonction sacerdotale en étant le premier grand prêtre des Hébreux.

Une parole partagée

Les relations entre frères avant Moïse et Aaron dans les récits bibliques n’avaient pas laissé de souvenir d’entente cordiale. Or, avec ces deux frères, c’est un tout autre lien qui s’établit. Si Moïse est prédestiné à recueillir la parole divine, il avoue humblement ne pas savoir la transmettre. Ce rôle incombera à son frère plus éloquent : « Aaron répéta toutes les paroles que Yahvé avait dite à Moïse ; il accomplit les signes aux yeux du peuple» (Ex 4, 30). Il s’adresse ainsi à Pharaon, lui intimant de libérer son peuple de l’esclavage selon la volonté révélée à Moïse. Face au refus du maître de l’Égypte, Aaron jette alors devant Pharaon un bâton qui se transforme en serpent afin de démontrer la grandeur de Yahvé. C’est ce même bâton qu’il brandira sur les flots pour les changer en sang et infliger par la suite de nombreuses autres plaies à l’Égypte, jusqu’à l’ultime, avec la mort des premiers nés égyptiens, dont le fils de Pharaon, et obtiendra la libération des Hébreux.

Aaron, l’intercesseur de Moïse

Aaron continue à jouer un rôle important dès la sortie d’Égypte avec l’Exode. Il recueille les doléances du peuple affamé dans le désert qui récrimine contre Moïse, regrettant la nourriture des Égyptiens. De là, découlera la fameuse manne, nourriture providentielle tombée du ciel. Aidé de Hur, il soutient les bras de son frère dans la grande bataille à Réphidim opposant les Hébreux aux Amalécites, chaque fois que Moïse avait les bras levés en prière, son peuple gagnait. C’est encore lui qui accompagnera Moïse au mont Sinaï pour rencontrer Yahvé.

L’erreur du Veau d’or

Alors irréprochable Aaron ? Oui, jusqu’à cette terrible méprise durant l’absence de Moïse, parti depuis quarante jours sur le Sinaï, pour recueillir les lois de l’Alliance. Le peuple s’impatiente et pense que son chef âgé de quatre-vingts ans est mort. Ils s’assemblent alors autour d’Aaron et lui demandent de leur faire des dieux qui pourront les conduire dans la traversée du désert. Aaron accepte, leur réclame tout leur or qu’il fait fondre et leur façonne alors le fameux veau d’or. Le polythéisme et l’idolâtrie sont revenus au galop moins de trois mois après leur condamnation et Yahvé vite oublié. Moïse lorsqu’il redescend de la montagne apostrophe son frère pour ce si grand péché. Dieu se met en colère et Moïse brise les tables de la Loi et le Veau d’or. Mais, Yahvé pardonne et aide Moïse à tailler les nouvelles et fragiles tables.

Le grand prêtre fondateur

Ce mémorable épisode n’empêche pas Aaron, pardonné par Dieu et dès lors par son frère, de devenir le prêtre du culte de Yahvé avec ses fils. Il reçoit l’onction d’huile sainte appelée à une longue tradition, il est le prêtre par excellence dont le Pentateuque détaillera chaque attribut et rituel avec précision. Premier pontife, sa lignée perpétuera cette tradition sacerdotale. Mais par ses fautes, pas plus que Moïse, il ne pourra entrer en Terre promise, et c’est juste avant d’y parvenir qu’il meurt comme son frère. L’inspiration de ce grand prêtre franchira les siècles et les religions ; la crosse de l’évêque, mémoire du bâton d’Aaron, en est une des résurgence

Josué, le conquérant

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Josué, le successeur de Moïse.

Puisque l’entrée en Terre promise a été refusée à Moïse, c’est Josué qui prendra le relais divin. Le livre de Josué, situé juste après le Pentateuque (Torah), fait en effet de lui son successeur. Moins célèbre que l’illustre prophète, Josué n’en demeure pas moins une figure importante de l’Alliance.

Un proche de Moïse

Avant la mort de Moïse, Josué apparaît comme un auxiliaire de confiance de celui qui a mené le peuple d’Israël dans le désert depuis la sortie d’Égypte. Il est le fils de Noun et s’est déjà fait remarquer lors de la bataille de Réphidim qu’il a remporté grâce à l’aide divine. Il accompagne Moïse au mont Sinaï, le laissant seul atteindre le sommet pour rencontrer Dieu, et c’est encore lui qui sera le témoin éloigné de la perversion du peuple d’Israël avec le Veau d’or.

La traversée du Jourdain

Avec la disparition de Moïse avant d’atteindre la Terre promise, c’est à Josué qu’il incombe de traverser le fleuve Jourdain afin d’y faire entrer son peuple après quarante années d’errance dans le désert. Cet épisode renouvelle et commémore ce qui s’est passé avec la mer Rouge. Josué et les prêtres portant l’Arche d’alliance s’approchent de la rive ; le fleuve à leur passage stoppe ses flots pour laisser passer le peuple d’Israël à pied sec. La Parole divine portée par Josué préfigure l’entrée triomphale en Terre promise, ce don de Dieu. Reste cependant à conquérir ces terres déjà habitées…

Les trompettes de Jéricho

Or, les épaisses murailles de Jéricho sont réputées indestructibles et le peuple d’Israël n’a pas encore d’armée puissante, aussi c’est sur la foi qu’il faudra compter pour abattre les murs de cette cité imprenable. Josué envoie en reconnaissance à Jéricho deux espions accueillis par la prostituée Rahab qui adhère à leur religion et sera sauvée pour cela. Mais, ce ne sera pas par les armes que les murailles seront abattues, Dieu ayant intimé à Josué de suivre un rituel reposant sur le chiffre symbolique 7 : six jours de procession avec l’Arche d’alliance autour des murailles au terme desquels, le septième jour, les terribles trompettes font abattre l’enceinte pourtant indestructible. Cet épisode inspirera à Victor Hugo dans Les Châtiments ces célèbres vers « Sonnez, sonnez toujours… ». Tout ce que contient la ville est anathème et détruit, à l’exception de Rahab et des siens sauvés pour avoir accueilli l’étranger et la Parole divine.

Josué arrête la course du soleil

La conquête de la Terre promise doit tout au soutien divin : « Nul ne tiendra devant toi, tant que tu vivras » annonce Dieu à celui qui mourra à 110 ans. La suite du livre de Josué en témoignera. Même les éléments lui seront soumis et à l’occasion d’une bataille contre les Amorrites, Josué implore Dieu pour que la journée se prolonge plus longtemps afin de remporter la victoire. Josué intime alors au soleil de suspendre sa course, de même qu’à la lune, et la victoire est acquise grâce à ce soutien divin. Josué, comme Moïse, a la confiance de Dieu, l’Alliance est renouvelée et le nom de Josué, Yeshoua qui signifie en hébreu « Dieu sauve », préfigure celui de Jésus signifiant également « Dieu sauve » en grec.

  

Rahab, prostituée et sauveur d’Israël

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 Rahab compte parmi les personnages de la Bible dont les mœurs sont réprouvées par la morale de l’époque. À la périphérie de la société, c’est pourtant par elle que la volonté divine s’accomplira en permettant la chute de Jéricho et la prise de la ville par Josué.

Jéricho, passage obligé

Jéricho dont le nom signifie « Lune » est un lieu stratégique sur la rive ouest du Jourdain à une vingtaine de kilomètres de Jérusalem. Première ville du pays de Canaan, cette Terre promise est convoitée par les fils d’Israël menés par Josué selon la promesse divine. Or, ce promontoire qui surveille le passage vers le reste du pays est aussi célèbre pour ses puissantes fortifications. Josué et ses hommes qui viennent de franchir le Jourdain se doivent donc d’abattre cette cité pour entreprendre le reste de leur conquête. Aux fins de trouver une faille dans l’impressionnant dispositif de défense de l’une des plus puissantes villes de l’époque, Josué envoie deux espions qui sont accueillis au sein même de la cité par une femme de Jéricho : Rahab.

Rahab, la prostituée

La Bible rapporte qu’à peine arrivés, les émissaires de Josué trouvent, en effet, refuge chez Rahab, dont le nom zan peut être traduit par largegénéreusenourricière, aubergiste, mais aussi prostituée. Si l’historien antique Flavius Josèphe évoque sa qualité de tenancière d’auberge, l’histoire retiendra une image moins honorable en la décrivant comme une prostituée notoire, peut-être pour un effet de contraste plus saisissant encore avec la suite de son comportement. Une condamnation morale maintes fois répétée dans la Bible qui trouve là également une occasion de stigmatiser les prostitutions sacrées qui étaient alors pratiquées dans les temples de Canaan.

Un comportement valeureux

Informé par ses propres espions, le roi de Jéricho intime à Rahab de lui livrer ces espions. Mais, par un courage exemplaire, cette dernière les ayant cachés sur la terrasse de sa maison dans des tiges de lin, prétend qu’elle les a accueillis sans savoir qui ils étaient, et qu’ils sont déjà repartis à la nuit. Une fois le danger éloigné, Rahab prête encore secours aux deux émissaires en leur donnant une corde de fil écarlate pour qu’ils puissent descendre par sa fenêtre donnant sur le rempart. La femme de Jéricho ne demande qu’une seule chose : qu’elle-même et ses parents aient la vie sauve lors de la prise de la ville, car elle sait qu’elle risque la mort non seulement pour avoir abrité des espions, mais aussi pour son mensonge. Les deux hommes lui promettent par serment de les sauver et lui demandent d’attacher la même corde à la fenêtre pour qu’elle et les siens soient épargnés lors de l’assaut.

Rahab sauvée par ses œuvres

Josué tint parole et lorsque les fameux cors des Israélites eurent abattu les enceintes fortifiées de Jéricho, Rahab et toute sa famille furent sauvés, la Bible rapporte qu’elle habitat à partir de ce jour au milieu d’Israël car elle avait été l’auteur d’une véritable profession de foi avec un mémorable aveu de la toute puissance de Dieu : « Le Seigneur, Votre Dieu, est Dieu là-haut dans les cieux et ici-bas sur la terre ». Cette piété dans le Dieu d’Israël lui vaudra ainsi non seulement d’avoir la vie sauve lors de la prise de la ville, mais également sa conversion. Les écrits rabbiniques la présentent également comme l’épouse de Josué, la mère de Booz et par là-même l’aïeule de David, symbole qu’une païenne pouvait atteindre le Salut. Rahab est donnée comme ayant le don de prophétie et figure même dans la généalogie de Jésus, ce qui fera dire à Jean Calvin : « Elle est la vision des choses invisibles  […] quelque petite et fragile que fût la connaissance de Dieu de cette femme, malgré tout, quand elle se soumit à l’autorité de Dieu, elle produisit l’attestation de son élection ».

 

 Gédéon, le héros sauveur

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Gédéon, juge et guerrier, compte parmi cette succession de héros qui viendront sauver le peuple d’Israël de l’oppression ennemie après avoir péché contre Dieu. Anticipant sur la royauté à venir, ceux qui porteront le nom de Juges dirigeront les Israélites sur le champ de bataille comme au quotidien.

Un paysan élu

Originaire de la tribu de Manassé, Gédéon est un paysan qui subit comme tous les autres Israélites les razzias de bédouins et pillards du désert syro-arabe, dont les Madianites et Amalécites. C’est une époque troublée. Le peuple d’Israël peine à lutter contre sa tendance à l’idolâtrie avec notamment le culte si présent de Baal, la divinité cananéenne de l’orage et de la pluie qui avec le Nouveau Testament de « Baalzebub » se transformera en Belzébuth ou Satan.

La rencontre avec l’ange

Alors qu’il bat du blé pour le soustraire aux razzias, l’ange du Seigneur apparaît à Gédéon, comme il était apparu naguère à Abraham, et lui révèle : « Yahvé avec toi, lui dit-il, vaillant guerrier ». Par ce signe, l’humble paysan devient guerrier. Mais, Gédéon, circonspect, s’étonne et interroge l’ange en lui demandant comment il se fait que son peuple subisse tant d’épreuves si Dieu est avec lui. Éternelle question sur le destin de l’homme et des épreuves qu’il a à subir, interrogation à laquelle l’ange répond : « Va avec la force qui t’anime… ».

Des signes divins sollicités

Mais Gédéon est un homme prudent et il n’est pas sans savoir que sa condition de paysan est peu compatible avec celle d’un sauveur d’Israël, aussi, demande-t-il à l’ange de lui accorder un signe. À l’offrande que Gédéon lui présente, l’ange met le feu avec son bâton, levant ainsi tous ses doutes… ou presque. Il comprend qu’il a pour mission de lutter contre Baal et ses admirateurs, ce qu’il fait en détruisant son autel et le pieu sacré. Mais encore empreint de doute, c’est Dieu directement maintenant qu’il interpelle lui demandant un autre signe : qu’une toison soit humide de rosée au matin alors que le sol resterait sec, ce qui se réalise le lendemain. Gédéon met pourtant une dernière fois Dieu à l’épreuve en sollicitant de lui un dernier prodige inverse : que la toison soit sèche alors que le sol serait détrempé, ce qui s’accomplit de nouveau la nuit suivante. C’est donc bien à lui avec le soutien de Dieu que revient la tâche de libérer son peuple et de devenir juge.

Les victoires de Gédéon

Fort de cet appui divin, Gédéon mène une guerre sainte contre les oppresseurs et, avec une troupe nombreuse, s’apprête à attaquer les Madianites, lorsque Yahvé lui intime de réduire leur nombre pour démontrer la force de sa victoire. Des milliers de soldats composant son armée, seuls 300 seront retenus qui, par la ruse, feront croire à l’ennemi à leur grand nombre provoquant leur déroute. Dieu accompagne Gédéon comme il accompagnera tous ses prophètes. C’est la victoire éclatante qui vaut à Gédéon la proposition de devenir le roi de son peuple, ce qu’il décline. Une fois encore, prudent, Gédéon leur répond que seul « Yahvé sera votre souverain ». Cependant, après la mort de Gédéon au terme de quarante ans de paix, Israël rechutera dans l’idolâtrie et recommencera à se prostituer aux Baals avant que ne soit désigné un nouveau juge, un schéma qui se répétera encore bien longtemps.

 

 

Débora, l’unique femme juge évoquée dans la Bible

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La dénomination « Débora » en hébreu désigne l’abeille, animal perspicace qui bâtit la maison nourricière. La métaphore peut s’appliquer à cette femme courageuse et tenace qui pendant quarante ans comptera parmi les Juges d’Israël, une époque délicate et tendue opposant son peuple à l’oppression des Cananéens au XIIe av. J.-C. Son nom apparaît dans le livre biblique des Juges. Elle est décrite ainsi : « Or Débora, une prophétesse femme de Lappidoth, jugeait Israël en ce temps-là. Elle siégeait sous le Palmier de Débora, entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm, et les fils d’Israël venaient vers elle pour faire arbitrer leurs litiges. » (Jg 4, 5). À cette époque, les juges étaient des hommes, consultés, parcourant le pays pour régler les différends et veillant au maintien des coutumes d’Israël. Débora fait donc figure d’exception, et ce, à plus d’un titre…

La prophétie de Débora

Débora dans la Bible apparaît en effet également douée de dons de prophétie. Un jour, elle fait appeler Baraq, général des Israélites, et lui révèle : « Va, fais venir au mont Tabor et prends avec toi dix mille hommes parmi les fils de Nephtali et les fils de Zabulon. Je ferai venir vers toi, au torrent de Qishone, Sissera, le chef de l’armée de Yabine, avec ses chars et ses troupes, et je le livrerai entre tes mains ». Baraq obtempère à l’injonction de la prophétesse en levant un grand nombre d’hommes venus de six tribus sans pour autant les réunir toutes, ce qui sera reproché aux absents par la suite. Baraq demande à la prophétesse de marcher à ses côtés, conscient qu’elle est inspirée par Dieu, ce à quoi acquiesce Débora : « Je marcherai donc avec toi. Mais, sur la voie où tu marches, l’honneur ne sera pas pour toi : car c’est à une femme que le Seigneur abandonnera Sissera. ».

La bataille engagée

Sous la conduite, de Baraq accompagné de Débora, une bataille effrénée oppose alors les forces levées d’Israël à l’ennemi cananéen dirigé par Sissera avec ses neuf cents chars de fer et tout son peuple avec lui. Véritable scène de péplum, la lutte est féroce. L’armée de Sissera est supérieure en force et se devait de remporter facilement la victoire. Mais une manœuvre tactique des Hébreux aidée d’une pluie diluvienne providentielle ramollit la terre sous les roues des chars ennemis qui s’embourbent et s’ajoute à la débâcle des Cananéens. L’armée de Sissera est défaite, pas un soldat n’en réchappe, tous sont passés au fil de l’épée… Lors de la déroute, le chef cananéen prend la fuite et trouve refuge dans la tente de Yaël, femme de son allié Hèber. Cette femme viole les lois de l’hospitalité et n’hésite pas durant le sommeil du chef vaincu à prendre un pieu pour le planter dans sa tempe, la victoire reviendra bien à une femme comme l’avait prédit Débora…

Le cantique de Victoire

À l’issue de la victoire, Débora entame l’un des cantiques les plus anciens et les plus connus pour sa beauté et sa poésie dont voici un extrait : « Du haut des cieux, les étoiles ont combattu ; depuis leurs sentiers, elles ont combattu Sissera. Le torrent de Qishone les a balayés, le torrent d’autrefois, le torrent de Qishone. Avance hardiment, ô mon âme ! ». Ce cantique souligne la réussite d’Israël en Galilée. Après les épreuves subies par Israël pour son inconduite, l’esprit de Dieu est de nouveau avec son peuple et le soutient dans sa conquête guerrière contre cet ennemi symbolisant le polythéisme. Ce récit puissant par l’initiative d’une seule femme marque la paix du peuple d’Israël pendant quarante années. Il imprégnera longtemps la littérature biblique, notamment les Psaumes et demeure surtout une belle leçon de courage et de ministère d’une femme, nommée Débora, dans les temps bibliques anciens.

 

 Samson et Dalila, une histoire de séduction

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 Le récit biblique de Samson et Dalila est l’un des plus célèbres de l’Ancien Testament. Tout concourt à rendre passionnante cette histoire d’amour et de trahison.

À cette époque de l’histoire d’Israël, certaines tribus sont sous la domination des Philistins. Samson est le fils de Manoach, de la tribu de Dan. La femme de Manoach, jusqu’alors stérile, apprend de l’ange de Dieu qu’elle enfantera un fils qui délivrera Israël des Philistins. Cet enfant devra être consacré à Dieu, dès sa naissance. En tant que « Nazir », Samson est donc soumis à des lois qui  impliquent notamment que le rasoir ne passe jamais sur sa tête et qu’il ne consomme jamais d’alcool.

 

Les exploits de Samson jusqu’à sa mort

Samson est présenté comme un héros d’une force herculéenne, force qu’il doit, selon le récit biblique, à sa longue chevelure.

Ainsi Samson tue un lion à mains nues. De même, il tue trente hommes d’Ashkelon pour les dépouiller de leurs habits. Prisonnier des Philistins, il parvient à défaire ses liens et, armé d’une mâchoire d’âne, il défait les 1 000 Philistins.

Mais l’épisode le plus célèbre est sa séduction par Dalila. Celle-ci est sollicitée par les Philistins, pour qu’elle les aide à découvrir le secret de la force de Samson. Elle séduit alors Samson et apprend ainsi que sa force lui vient de sa chevelure de nazir, car il est consacré à Dieu. Dalila le trahit et après avoir rasé les sept tresses de Samson elle appelle des Philistins pour qu’ils lui crèvent les yeux.

Enfermé par ses ennemis à Gaza, Samson est sorti du cachot pour les divertir. Lors d’un sacrifice à leur dieu Dagon, alors que ses cheveux ont commencé à repousser, il est placé entre deux colonnes et implore Dieu de le rendre assez fort. Il écarte les colonnes du palais à mains nues afin de le faire s’écrouler et tue ainsi avec lui plusieurs milliers de Philistins.

 

Samson et Dalila : sens du texte

Le récit se situe dans le Livre des Juges. Mais il ne faut pas lire le livre des Juges comme une histoire continue. L’objectif du livre reste essentiellement théologique : montrer comment l’éloignement du Seigneur entraîne l’oppression, alors que le retour au Seigneur permet la libération.
Le livre des Juges établit un contraste entre :

ces héros charismatiques temporaires,

et la période royale marquée par la stabilité au pouvoir de rois souvent peu charismatiques et incompétents.

 

Les personnages de Samson et Dalila

  Samson

L’un des douze juges, Samson n’est ni un chef de guerre, ni un chef politique, mais plutôt un héros local. Consacré dès sa naissance, il possède une force exceptionnelle qu’il utilise contre les ennemis Philistins. Il meurt en faisant tomber sur lui et ses ennemis le temple de Dagôn, le dieu des Philistins.

  Dalila

Samson tomba amoureux de Dalila. Soudoyée par les Philistins, elle arracha à Samson le secret de sa force qui résidait dans sa longue chevelure. Elle lui fit couper les cheveux et le livra aux Philistins. Dans la culture populaire, elle est le symbole de la femme tentatrice.

 

 Samuel, juge et prophète

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Samuel est le dernier des Juges et fait la transition avec la royauté qui lui succèdera. Il mène bataille contre les Philistins, devient un juge itinérant, mais restera surtout dans les mémoires pour avoir conféré l’onction au premier roi d’Israël. La Bible, à ce titre, lui consacre deux livres.

 

L’appel

Samuel est le fils d’Elqana et d’Anne, elle aussi longtemps stérile, jusqu’à ce que ses implorations soient entendues. Elle donnera son nom au fameux « Cantique d’Anne » (1 S 1, 2). L’enfant sera appelé Samuel, « Nom de Dieu », et sera, très jeune, associé au sanctuaire de Silo où se tenait l’Arche d’alliance. En ces lieux sacrés, il apprend la loi et sert le prêtre Éli. Une nuit, alors qu’il dort près de l’Arche et du vieux prêtre, Samuel entend par trois fois une voix qui l’appelle. Le vieux prêtre réalise alors que c’est Dieu qui cherche à parler au jeune enfant et lui enjoint de lui répondre. Dieu livre alors à Samuel la terrible annonce : Il sévira contre le peuple d’Israël pour sa mauvaise conduite.

L’intercesseur

Les révélations faites à Samuel s’accomplissent, les Israélites perdent la bataille contre les Philistins, l’Arche est enlevée et les fils d’Éli tués. Samuel recommande alors à son peuple de se détourner des idoles s’il veut retrouver la paix. Une nouvelle fois, l’idolâtrie a perdu Israël, tout est à rebâtir et Samuel s’impose en nouveau prêtre, confesseur et prophète. Le peuple d’Israël l’écoute et accepte de jeûner lui demandant d’intercéder pour eux. Leur cri est étendu, et une victoire sur les Philistins ne se fait pas attendre.  Alors que Dieu gronde et tonne contre les Philistins, Samuel, juge et intercesseur, offre un agneau pour son peuple. Samuel en redonnant toute la force à la parole divine saura dire la prière qui sauvera Israël.

L’institution de la royauté

Par certains aspects Samuel peut être comparé à Moïse. C’est lui qui va redonner à Israël sa grandeur en invitant son peuple à rester fidèle à l’Alliance. C’est par cette fidélité que les victoires seront remportées et Samuel jugera de longues années son peuple. Sa renommée va bien au-delà du sanctuaire et touche toutes les tribus. Cependant, les Anciens demandent à Samuel vieillissant de leur instituer un roi, comme chez les autres nations. Le problème se pose : faut-il abandonner le traditionnel pouvoir des Juges, efficace parfois lorsque leur personnalité est forte, insuffisant d’autres fois selon les conjonctures ? Ou bien lui préférer un pouvoir centralisé fort et plus stable, au risque d’être détourné en tyrannie ? Prudent, le vieil homme consulte Dieu qui lui enjoint de réaliser ce que le peuple demande. Israël aura dorénavant un roi, et il aura pour nom Saül.

Saül, le premier roi d’Israël

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Avec Saül, le peuple d’Israël connaît l’institution de son premier roi remplaçant l’organisation des Juges. Souhaité pour plus de stabilité et éviter les dérives des choix précédents, ce premier essai de royauté ne répondra cependant pas plus aux attentes divines espérées. Saül est un roi au destin tragique avant l’ère lumineuse du roi David.

L’onction du premier roi par Samuel

Le prophète et juge Samuel est chargé d’oindre le premier roi d’Israël à la demande insistante du peuple. Un jour, un jeune homme prénommé Saül appartenant à la tribu de Benjamin vient le consulter car il est parti en vain à la recherche d’ânesses perdues. Saül come tous les prophètes a le don de voyance et ce jeune homme grand et beau qui dépassait de taille tout le monde pense pouvoir trouver la réponse, ici. Lorsque Samuel aperçoit Saül venu le consulter, il sait que c’est l’homme providentiel. Il lui indique que si ses ânesses ont été retrouvées, c’est cependant un bien plus grand trésor dont il va hériter. Le prophète prend alors une fiole d’huile, la verse sur la tête de Saül, c’est le début de la royauté en Israël…

Un roi guerrier contre l’ennemi philistin

Une lourde responsabilité pèse désormais sur les épaules de Saül. Israël est opprimé par les Philistins et cinq métropoles prospères. Il lève une armée de 30.000 hommes et les entraîne au combat. La femme de Saül prénommée Ahinoam lui a donné deux filles et quatre fils dont Jonathan qui sera à la tête de 1.000 hommes pour épauler son père. Vaillant combattant, il lui permet de remporter de nombreuses victoires sur les Philistins grâce à ses faits d’armes. Malgré toutes ces victoires, Saül déplaît à Dieu en ne respectant pas les prescriptions sacrées quant aux offrandes. Saül tombe donc en disgrâce divine.

La rencontre de Saül avec David

L’armée philistine menace encore une fois Israël et un géant prénommé Goliath propose un combat singulier avec leur champion dont le vainqueur donnera la victoire à tout son peuple. Saül et tous ses chefs sont transis de peur, personne n’ose relever le défi jusqu’à ce qu’un jeune homme prénommé David décide d’affronter le terrible guerrier. Saül lui propose son armure, David encore trop jeune ne peut avancer d’un pas en raison du poids de l’armement. C’est à mains nues, avec sa fronde et un bâton, comme un berger qu’il est, qu’il affrontera le guerrier philistin. Une pierre lancée au front suffira à abattre le colosse qui s’effondre. David est la gloire de son peuple et pourtant une rivalité commence à poindre entre le roi jaloux de ce succès et le jeune homme. D’autres traditions font remonter la rencontre entre Saül et David lorsque le premier est aux proies à des crises fréquentes de neurasthénie depuis qu’un esprit mauvais s’est emparé de lui, abandonné par Dieu. Lors d’une de ses crises, on fait venir un jeune homme qui sait jouer merveilleusement de la lyre, il se prénomme David et la musique qu’il dispense à son roi sait calmer sa fièvre. Musicien à la lyre divine, guerrier aux armes de berger, David aura dans le récit biblique un long destin.

La déchéance de Saül et la gloire de David

La déchéance de Saül est croissante à la mesure de la gloire de David qui a les faveurs de tous, y compris de son fils Jonathan qui lui voue une amitié sans réserve. Saül, jaloux, cherche même un jour à jeter une lance contre le jeune homme qui effrayé par ce geste s’enfuit pour échapper à la colère royale. Dans sa fuite, David se réfugie dans la montagne et le désert de Juda où de nombreux compagnons le rejoignent pour s’associer à lui. Saül erre et cherche l’issue de son destin chez une voyante, déguisé car il avait lui-même auparavant proscrit cette science de son royaume. La nécromancienne fait revenir l’esprit de Samuel mort entre-temps, lui révélant ainsi sa mort prochaine lors de la bataille contre les Philistins. Profitant, en effet, de la division des Israélites qui combattent sans David, les Philistins remportent la victoire dans laquelle Saül perdra la vie. Les portes sont désormais ouvertes à la royauté de David…

David

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Le roi David est un personnage central pour les chrétiens. Il l’est aussi pour les juifs et les musulmans. Sa vie est racontée dans plusieurs livres de la Bible :

  •  Premier et Deuxième Livres de Samuel
    •    Premier Livre des Rois

La tradition fait remonter son règne au 10ème siècle av. J-C, ce que des découvertes archéologiques du début des années 1990 tendent à confirmer.

La vie du roi David

La jeunesse de David

David est le plus jeune d’une famille de 8 frères. Quand il naît à Bethléem en Judée, le roi Saül règne sur le peuple d’Israël on s’attend à ce qu’un des fils de Saül prenne la succession de son père.
A l’adolescence, le jeune David est berger pour les brebis et les chèvres de son père Jessé. Le prophète Samuel est appelé par Dieu pour annoncer à David un destin étonnant. En versant de l’huile sur la tête de David, Samuel lui apprend que Dieu l’a choisi pour devenir roi sur son peuple. A partir de ce moment, David est rempli de l’esprit de Dieu, alors que le roi Saül devient de plus en plus taciturne et tourmenté.
Car il sait jouer de la lyre, le jeune David est appelé auprès de Saül qui se prend d’affection pour lui et en fait son écuyer. David parvient ainsi à adoucir par sa musique les états dépressifs du roi Saül.

David et Goliath

Tout bascule dans la vie de David, le jour où les Philistins viennent menacer les armées du roi Saül. Ils ont dans leur rang un soldat immense nommé Goliath. Ce dernier défie Israël en combat singulier. Les guerriers les plus redoutables de l’armée de Saül sont morts de peur. Personne n’ose relever le défi… sauf David qui n’admet pas que le Dieu d’Israël soit ainsi déshonoré. Habitué à manier la fronde pour chasser les bêtes féroces, David frappe en plein front le géant qui s’écroule terrassé. Immédiatement, David devient un héros pour tout le peuple d’Israël.

L’errance de David

Mais peu à peu, les succès de David rendent Saül jaloux de son ancien protégé. Saül se met à pourchasser celui qu’il avait autrefois admiré. David devient un hors-la-loi, constamment en fuite pour échapper à Saül. Il rassemble dans son errance une troupe de mercenaires et se met à harceler les ennemis d’Israël et à protéger les communautés isolées qui lui offrent en échange l’abri et la nourriture.
A plusieurs reprises, David se trouve en position de tuer Saül facilement, mais il ne le fait pas. Il n’ose pas lever la main sur celui qui a été choisi par Dieu et par son peuple.

David devient roi

A l’âge de 30 ans, Saül ayant été tué dans une bataille, David est d’abord établi comme roi de la tribu de Juda à Hébron où il règne sept ans. Au Nord, règne un fils de Saül qui sera trahi et assassiné par ses propres généraux. C’est alors que David devient roi sur tout le peuple d’Israël.
A la tête de ses armées, David parvient à vaincre définitivement toutes les nations alentours. En établissant l’influence d’Israël depuis l’Égypte jusqu’à l’Euphrate, David ouvre ainsi une ère de prospérité et de paix pour son peuple. Il fait de Jérusalem la capitale de son royaume et il y installe l’Arche d’Alliance qui marque le lieu de la présence de Dieu.

La faute de David

Cependant, au sommet de sa gloire, David se rend coupable d’un acte grave : il commet un adultère avec Bethsabée, la femme d’un de ses généraux. David va encore plus loin car il se débrouille pour faire assassiner le mari gênant. Suite à l’intervention du prophète Nathan, David prend alors la mesure de la gravité de ses actes. Il s’en repend sincèrement, mais le mal est fait. A cause de la faute de David, la violence est entrée dans sa famille et se prolongera même après la mort du roi.
Son successeur est son fils Salomon, un roi qui s’illustrera par sa sagesse dans le gouvernement d’Israël.
Guerrier, musicien et poète, l’écriture de nombreux psaumes compilés dans le Livre des Psaumes lui est traditionnellement attribuée.

Le roi David et les chrétiens

David a reçu de Dieu la promesse d’une alliance indéfectible envers sa dynastie. Après sa mort, le peuple d’Israël se met à espérer un nouveau David qui ne soit pas seulement un roi, mais l’Envoyé même de Dieu, le Messie, restaurateur de la grandeur d’Israël. Voilà pourquoi Jésus sera souvent appelé « Fils de David ».
Les chrétiens font en effet de Jésus-Christ l’héritier de la promesse messianique faite à David. Ensuite, à travers Jésus-Christ, l’héritage se transmet à tous les prêtres mais aussi dans une mesure moindre aux rois de la chrétienté, à l’instar de Charlemagne qui se proclame « nouveau David », et même à tous les fidèles qui sont prêtres, prophètes et rois.
David, le premier partage du pain :
C’est pour David le Messie, et pour la première fois dans la Bible, que le pain de Dieu est partagé et qu’il devient le pain des hommes. Un programme que Jésus réalise par sa vie.

la sagesse de Salomon

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Salomon est aussi célèbre que son père, David, dont il a hérité une royauté forte et unie. Dernier monarque avant le morcellement de l’autorité royale, il s’est fait connaître pour sa sagesse proverbiale, mais aussi son goût des richesses et des femmes.

La continuité du pouvoir

Avec Salomon, on assiste à la continuité du pouvoir. Selon les souhaits de son père, le pouvoir du jeune roi a été consolidé afin de le préserver des rivalités de ses proches, la progéniture de David ne manquant pas. Éliminations et règlements de compte entachent néanmoins les premières années de son règne avant qu’il ne soit incontesté.

Le songe de Gabaôn et la reine de Saba

Une fois l’unité et le pouvoir assurés, qu’allait être le règne de Salomon ? C’est un songe prophétique qui vint en décider le cours, vision dans laquelle Yahvé lui propose de lui accorder ce qu’il lui plairait. Salomon ne demanda que l’offrande de la sagesse, ce qui lui fut donné. Inspiré par elle, Salomon est présenté comme l’auteur des Proverbes, de l’Ecclésiaste et du Cantique des Cantiques. L’orient le verra même comme un roi doté de pouvoirs magiques dont celui de vaincre les démons avec le « sceau de Salomon », une étoile à six branches. Sa renommée fut si grande qu’elle dépassa les frontières du royaume pour atteindre celui de la reine de Saba. Intriguée, la riche reine décida en effet de constater par elle-même cette sagesse proverbiale du roi d’Israël. Pierres précieuses, aromates et autres trésors accompagnèrent cette visite qui resta gravée pour toujours dans les mémoires. Chacune des énigmes qu’elle posa au monarque trouva une réponse avisée, ce qui ne manqua pas de l’éblouir. Salomon n’avait pas usurpé sa réputation et elle repartit en ayant foi dans le Dieu unique, source de ce discernement si élevé…

Le jugement de Salomon

Quelle était la nature de cette sagesse qui habitait Salomon ? Son fameux jugement au cours duquel deux prostituées se disputèrent la maternité d’un nouveau-né en est l’illustration. L’histoire est restée célèbre jusqu’à nos jours et lorsque le roi décide de trancher la question en coupant l’enfant en deux parties à donner aux deux requérantes, la véritable mère décide de s’effacer et de laisser son bébé à l’autre femme. La vérité est établie et Salomon révèle ainsi ce qui anime sa justice, non une légalité abstraite et rigide, mais bien une justice venue du cœur et reposant sur l’amour.

Le roi pacifique et bâtisseur

Si le roi David s’était fait connaître par ses faits d’armes, Salomon restera célèbre par la richesse de son royaume et l’efficacité de son administration. Salomon ne mène plus de guerres. Épousant la fille d’un pharaon, le roi renforce encore son pouvoir et sa sphère d’influence sur toute l’Égypte. Salomon aime le faste et son palais en sera le symbole le plus éclatant : « Le roi fit que l’argent, à Jérusalem, était aussi commun que les pierres et les cèdres ». Mais c’est surtout le Temple qu’il édifie pour la gloire de Dieu répondant aux promesses de son père qui marquera les mémoires. Tout ce qu’il y a de plus beau est utilisé pour édifier le Saint des saints abritant la précieuse Arche et les autres bâtiments sacrés.

Une fin de royaume fragilisée

L’unité sera cependant de courte durée, le temps du royaume de Salomon. Son goût pour les femmes pousse le monarque vieillissant à de trop nombreuses unions étrangères dont il suit également les croyances. Cette idolâtrie et les nombreux impôts qu’il fait lever sur son peuple pour ses travaux de prestige sonneront la fin de son règne. Après quarante ans, Salomon s’éteint, son fils Roboam lui succède et avec lui arrivent les multiples révoltes des tribus du nord qui aboutiront à la scission du royaume en deux.

Judith, une femme révoltée

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 Judith aurait pu naître au XXIe siècle. Femme courageuse, que rien n’effraie, son prénom la rattache à la tribu de Juda – Yehudit – c’est-à-dire à l’identité même du judaïsme. Héroïne du peuple hébreu, figure biblique méconnue, elle a pourtant été la muse de nombreux artistes et son audace face à l’adversité peut encore de nos jours inspirer nos vies.

Le courage d’une dame de cœur

Le courage de Judith, héroïne biblique, est tel qu’il a donné naissance à la dame de cœur dans les jeux de cartes. C’est une femme forte, entière et prête à tout, mais jusqu’où ? C’est ce que la Bible nous enseigne dans le livre qui porte son nom — le Livre de Judith — relevant de l’Ancien Testament pour les Catholiques et Orthodoxes, écarté en revanche par les Juifs et les Protestants. Le récit se déroule à l’époque de Nabuchodonosor II (605 av. J.-C. – 562 av. J.-C.), roi de l’Empire néobabylonien, monarque puissant et célèbre pour avoir été un bâtisseur, notamment des fameux jardins suspendus de Babylone. Mais il sut être également un destructeur, tout aussi tristement célèbre, faisant démolir le Temple de Salomon. Un de ses généraux, Holopherne, règne en maître, détruisant tout sur son passage et exigeant une soumission sans condition des vaincus. Judith est une belle et riche veuve descendante de Siméon. Vertueuse, sa vie est conforme aux commandements bibliques « car elle craignait Dieu grandement ». Alors que règne le désespoir dans la ville de Béthulie et que ses habitants sont prêts à se rendre, Judith s’y oppose farouchement : « Qui donc êtes-vous pour tenter Dieu en ce jour et pour vous dresser au-dessus de lui parmi les enfants des hommes ? ». La femme téméraire accompagnée d’une servante décide alors de se rendre dans le camp ennemi et d’apporter au général Holopherne de fausses informations sur le peuple Juif.

La victoire sur le farouche guerrier

Séduit par sa beauté, le général l’accueille à un festin. Il faut dire que Judith avait auparavant quitté ses vêtements de deuil pour se parfumer et revêtir ses plus beaux habits et bijoux. Le subterfuge opère. Alors que le général est ivre, elle se saisit d’un couteau et frappe par deux fois le cou du redoutable guerrier avant d’en arracher la tête qu’elle prend soin d’envelopper dans un drap. Sortie du camp, c’est à Bethulie qu’elle exhibera, victorieuse, son trophée en clamant : « Voici la tête d’Holopherne, le général en chef de l’armée d’Assur […] Le Seigneur l’a frappé par la main d’une femme ! ». La liesse est totale devant la victoire de Judith, signe du soutien du Dieu d’Israël. Les cœurs sont gonflés pour maintenant attaquer l’ennemi qui sera mis en déroute. Ce récit haut en couleur s’avère être une formidable leçon de courage rappelant l’exploit du jeune David face à Goliath. Ce n’est pas par la force que la victoire est emportée, mais bien par la foi dans le Dieu d’Israël.

  Face à l’adversité, la prière d’Esther

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 Esther, personnage biblique à la destinée singulière, s’avère une fois de plus une femme de courage et d’action. Seule, et face au destin tragique du peuple juif, elle sut résister en une mémorable prière.

Le destin d’Esther ne cesse d’étonner des siècles après son évocation dans la Bible. Cette jeune juive à la beauté légendaire porte un prénom de fleur, la myrte ou hadassah en hébreu. C’est cette beauté qui la fait remarquer alors qu’elle est captive avec le reste de son peuple à Babylone après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor. Nièce de Mardochée, elle entre dans le harem royal sans révéler sa parenté, ni son peuple. Choyée, elle reçut, comme toutes les jeunes vierges promises au roi, de l’huile de myrrhe, du baume et des onguents. Ainsi parée, C’est elle qui trouvera grâce aux yeux du roi Assuérus. Ébloui, il en fera sa nouvelle épouse et la reine de Perse…

La terrible menace

Mais un destin tragique devait rattraper Esther. Les jalousies croissent à l’égard d’Esther et de son oncle Mardochée qui avait gagné les faveurs du roi en déjouant un complot contre lui. Aman, descendant d’Amalec, l’ennemi héréditaire des Juifs, devient le nouvel officier en chef du roi et cherche à faire tomber Mardochée et tout le peuple juif. A cette fin, il prétend qu’ils ne respectent pas les coutumes religieuses de l’empire et refusent de se plier aux lois royales. Furieux, Assuérus suit l’avis d’Aman et lui donne pouvoir d’exterminer tout le peuple juif avec Mardochée, et sans le savoir sa propre épouse…

L’imploration d’Esther

La situation est désespérée car la haine d’Aman contre les Juifs n’a d’égal que la toute-puissance qu’il tient désormais du roi pour assouvir sa vengeance. Aman met son plan à exécution et programme l’extermination de tous les Juifs, femmes et enfants inclus, dans toutes les provinces du royaume. C’est à ce moment tragique que surgit cette mémorable prière d’Esther qui débute par ces mots fervents : « Mon Seigneur, notre Roi, tu es l’Unique ; viens me secourir, car je suis seule, je n’ai pas d’autre secours que toi, et je vais risquer ma vie… » Véritable abandon dans la miséricorde divine, cette prière a traversé les temps jusqu’à nos jours.

La victoire éclatante

Ce récit plein de suspens montre combien la jeune reine, après avoir osé demander à parler au roi sans audience préalable, tremble, s’évanouissant même à la vue de ce monarque, son époux. Car elle sait trop bien qu’elle risque non seulement sa vie, mais aussi celle de tout son peuple dont la survie dépend de cette rencontre. Assuérus, toujours aussi ébloui, la rassure et lui accorde tout ce qu’elle souhaite, le renversement est total : la reine relate le complot d’Aman, le roi est furieux et exige qu’il périsse sur le champ, la potence prévue pour les Juifs sera la sienne ! Avec 75.000 de ses coreligionnaires qui avaient comploté contre les Juifs passés au fil de l’épée, la victoire est sanglante et impitoyable, victoire commémorée chaque année par la fête de Pourim en février-mars.

Esther, source d’inspiration

La force de cette seule prière désespérée a inspiré Racine avec sa célèbre pièce Esther, écrite pour Madame de Maintenon, et faisant de ce récit biblique une tragédie sacrée. C’est cette même puissance de l’oraison face à l’adversité qui a également touché la philosophe Elisabeth de Fontenay en un essai personnel et délicat « La prière d’Esther » (Seuil). La peinture a su aussi reprendre ce thème avec magnificence, en témoigne Esther et Assuérus de Filippo Lippi, représentant la jeune femme acceptant son destin humblement agenouillée devant le monarque à l’image de Marie dans les scènes de l’Annonciation ; scène qui tranche avec l’évocation langoureuse et orientaliste de Théodore Chassériau dans son tableau La Toilette d’Esther.

 

 

 Suzanne et les vieillards, un harcèlement sexuel dénoncé par la Bible

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Singulière histoire biblique que celle de Suzanne et les vieillards. Évoquée plus par l’art que lors des liturgies, ce récit surprenant a beaucoup à nous apprendre et trouve des échos dans l’actualité quant au respect des femmes et de leur intégrité physique et morale.

Un harcèlement sexuel dénoncé par la Bible

Suzanne ou Shoshana («lys » en hébreu) est fille d’Helcias. Chaste et d’une grande beauté, elle a été élevée dans la crainte de Dieu, à Babylone, pendant l’Exil. Elle a pour époux Ioakim, personnage fort riche et estimé. Suzanne a l’habitude de se promener dans son jardin, vite repérée par deux anciens nommés juges cette année-là, et emplis de désir pour la jeune femme. Un jour qu’elle se trouvait seule s’apprêtant à se baigner, les deux vieillards cachés pour l’observer fondent sur elle et lui intime de céder à leurs avances. Usant d’un stratagème inique pour forcer sa résistance, ils la menacent de la dénoncer en inventant un adultère si elle n’accepte pas leur proposition malhonnête. Éperdue, Suzanne ne cède pas. Accusée par les deux vieillards, l’affaire est portée devant le peuple.

L’honneur sauvé de Suzanne

L’affaire est délicate. Les deux anciens sont juges, des personnalités estimées par leur fonction, face à eux, Suzanne, jeune et belle de surcroît. Dans cette société patriarcale, l’honneur d’une femme peut-il peser ? N’est-il pas plus léger que le témoignage accablant de deux juges ? Ces derniers affirment avoir vu un jeune homme s’introduire dans le jardin et coucher avec Suzanne. Face à cette ignominie, ils ont cherché à intervenir sans pouvoir s’emparer de lui… L’issue est évidente : Suzanne est condamnée à mort. Alors qu’elle est conduite à son supplice et implore Dieu, un jeune enfant du nom de Daniel conteste le témoignage des vieillards et parvient à les confondre en les interrogeant séparément. Les deux hommes subirent alors le sort qu’ils avaient comploté et réservé à Suzanne. N’est-ce pas une belle leçon que nous donne à lire ce chapitre 13 du livre de Daniel, appartenant aux livres deutérocanoniques de la Bible, c’est-à-dire relevant de l’Ancien Testament pour les catholiques et orthodoxes, mais écartés comme apocryphes par les juifs et protestants ? La force de la parole juste, rompant le silence face aux faux témoignages, à l’heure de toutes les affaires de harcèlement sexuel subies par des milliers de femmes, l’emporte, la notoriété ou la puissance ne pouvant rien face à la sagesse inspirée de Dieu, celle-là même qui anima le jeune prophète Daniel face aux notables pour préserver la pureté de Suzanne.

Un grand thème de l’art

Ce thème atypique dans le récit biblique ne pouvait qu’inspirer les artistes par le contraste qu’il offre d’une chaste et belle jeune femme prenant son bain face à deux vieillards libidineux masqués et l’observant avec concupiscence. Nombreuses seraient les analyses à faire sur ces représentations, celle du regard et du regardé, du voyeurisme des deux hommes et par là-même du spectateur de l’œuvre… Le tableau du Tintoret ne pose-t-il pas ces mêmes questions lorsque la belle et jeune Suzanne se mire dans son miroir et que le bassin reflète une partie de son image que cherche à percevoir les deux hommes de part et d’autre du mur végétal ? Lorenzo Lotto propose une version bien différente, une Suzanne dénudée représentée en un décor plus austère, la main levée en signe de refus. L’interprétation qu’en donnera quant à elle la peintre Artemesia Gentileschi est celle d’une femme qui comprend mieux que quiconque cette scène, elle qui sera violée par un peintre de l’atelier de son père.

 

 Élie, le prophète de la vie

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Les prophètes ont toujours été un rappel, parfois violent, à la conduite de l’homme dans les voies de Dieu. À contre courant et au péril de leur vie, ils s’opposent à l’intérêt individuel et à l’égoïsme pour élever les aspirations de l’homme à un stade plus élevé. Élie fait partie de ces prophètes qui se sont violemment opposés au pouvoir pour établir la gloire de Dieu.

La sécheresse de l’idolâtrie

Le roi d’Israël Achab s’est perverti en adoptant le culte de Baal suivi par son épouse Jézabel. Le prophète Élie provoque alors, sur ordre divin, la sécheresse pendant trois ans sur Israël en punition de cette conduite impie. Puissante métaphore de ce que provoque l’idolâtrie, la sécheresse menace même le prophète qui doit lui-même s’échapper et se rendre au torrent de Kérit où des corbeaux lui apportent chaque jour sa nourriture. Mais le torrent vient, lui aussi, à se tarir et Élie se rend à Sarepta entre Tyr et Sidon.

La veuve de Sarepta

La situation est également dramatique en ces lieux et Élie n’a plus rien à boire ni à manger. Il rencontre une veuve qui ramasse deux bouts de bois pour cuisiner le peu de vivres qui lui reste avant de mourir avec son fils. Le prophète lui demande auparavant de lui préparer un pain avec le dernier reste de farine et d’huile. Démunie, elle s’exécute néanmoins et le miracle survient : la jarre d’huile et le pot de farine ne désemplirent plus dès ce jour jusqu’aux nouvelles récoltes. Une belle leçon de charité laissée à l’occasion du passage du prophète. Mais, lors de son séjour chez la veuve, son fils vient à mourir, provoquant le désarroi de sa mère. Élie, stupéfait, apostrophe alors Dieu en lui demandant s’il l’a fait venir chez cette veuve pour faire mourir son fils. Le prophète invoque encore la puissance divine pour qu’il fasse revenir cet enfant avant que le miracle n’opère. Le fils de la veuve revient à la vie : l’intercession peut tout lorsqu’elle est en accord avec l’amour divin.

Bataille de prophètes au mont Carmel

Un film pourrait-il rendre la puissance et la violence d’un des combats les plus terribles entre Élie et les prophètes de Baal ? La Bible en nous livrant ce récit haut en couleur entend manifester la puissance du Dieu unique, non sans humour parfois. Élie défie le roi Achab et intime aux prophètes du culte de Baal de démontrer la puissance de leurs divinités. C’est alors un véritable concours d’holocaustes présentés par les prêtres de Baal sous le regard sarcastique d’Élie qui n’hésite pas à ironiser face à l’inaction de ces derniers. Rien ne se passe, les bêtes offertes en sacrifice ne sont pas consommées par les dieux absents… Élie s’en amuse et les interroge pour savoir si leurs dieux ne seraient pas par hasard absentés ou trop occupés à d’autres taches ?! Le prophète, enfin, pour enlever tout doute sur la manifestation divine invoquera Dieu afin qu’il consume l’holocauste présenté par ses soins, une offrande au préalable pourtant abondamment arrosée d’eau afin que la manifestation soit plus encore éclatante. En un éclair, tout est brûlé jusqu’aux pierres et la terre. La sanction est terrible pour les adorateurs de Baal et Élie passera tous ces faux prophètes au fil de l’épée…

Les dernières péripéties du prophète

Mais, les épreuves ne sont pas terminées pour autant pour Élie. Jézabel, l’épouse du roi, cherche à se venger et veut la mort d’Élie qui doit de nouveau s’enfuir au désert. Sur le point de mourir de faim et de soif, l’Ange de Dieu lui apporte de l’eau et du pain, préfiguration de l’Eucharistie, avant que rassasié il ne reparte quarante jours et quarante nuits, comme Moïse, vers le mont Horeb. En ce lieu sacré, de terribles signes sont annonciateurs de la venue divine mais c’est lorsque qu’une simple brise légère se manifestera que Dieu apparaîtra à Élie lui intimant d’oindre Hazaél roi d’Aram, Jéhu roi d’Israël et Élisée, comme son successeur. Cela fait, Élie sera élevé au ciel sur un char de feu sous les yeux ébahis d’Élisée…

Élisée, disciple d’Élie et inlassable défenseur de la fidélité au Dieu unique

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Fêté par l’Église le 14 juin, saint Élisée, disciple du prophète Élie, apparaît dans l’Ancien Testament, et notamment dans le premier Livre des Rois. Il n’a cessé de défendre la fidélité au Dieu unique.

Si Élie est un des prophètes les plus cités dans la Bible, Élisée qui lui succède demeure moins connu alors même que son action n’en est pas moins éclatante, marquée par de nombreux miracles merveilleux. En opposition à l’idolâtrie récurrente des rois, le prophète sonnera une fois de plus le rappel à l’ordre divin.

La succession d’Élie

Élisée, issu d’une famille aisée du Jourdain, apparaît comme le disciple d’Élie qu’il suit en serviteur de Dieu. Paysan labourant ses terres avec douze bœufs, il décide en effet de tout quitter lorsqu’Élie croise un jour son chemin et que Dieu le recommande à sa protection. Quand les temps sur terre sont terminés pour Élie, une scène mémorable survient. Le prophète informe son jeune disciple qu’il allait le quitter et qu’il peut dorénavant suivre son propre chemin. Mais Élisée souhaite accompagner son maître jusqu’au terme. Aussi, arrivés au bord du Jourdain, Élie prend-il son manteau, frappe l’eau qui s’écarte pour laisser passer les deux hommes à pied sec, comme Moïse le fit naguère. À la question « Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi avant d’être enlevé loin de toi », Élisée répond : « Que je reçoive une double part de l’esprit que tu as reçu ! ». Élie lui promet qu’il l’obtiendra s’il parvient à le voir s’éloigner dans les cieux, signe que cette succession ne dépend pas de lui mais de Dieu. Alors, surgit un char de feu avec des chevaux qui emporte le prophète dans un ouragan. Élisée voit son maître s’élever dans les nuées et lance ce cri célèbre : « Mon père !… Mon père !…

Son maître disparu, L’héritage prophétique

Élisée ramasse son manteau, celui avec lequel Élie l’avait déjà couvert lors de leur rencontre initiale pour marquer sa destination prophétique. Il s’arrête sur les rives du Jourdain, et fort des enseignements de son maître, frappe les eaux avec, mais rien ne se passe. Élie interroge : « Où est donc le Seigneur, le Dieu d’Élie ? » (2 R 2, 14) et les eaux se retirent, signe que l’invocation divine sera nécessaire pour son action. À partir de ce jour, l’esprit d’Élie reposera sur Élisée. Son premier prodige sera d’assainir les eaux de la ville en mettant du sel dans une écuelle et en la versant dans la source qui se trouva alors purifiée définitivement. Le deuxième Livre des Rois relate un fait curieux lorsqu’Élisée décide de se rendre à Béthel où des gamins l’accueillent en se moquant de lui. Le prophète les maudit au nom du Seigneur, deux ourses surgissent alors du bois et déchiquettent ces quarante-deux enfants… rappelant ainsi que les prophètes doivent être pris au sérieux !

Les miracles

La Bible rapporte également un grand nombre de miracles attribués à l’action prophétique d’Élisée, certains semblants même en « doublon » de ceux accomplis par Élie, tel celui de la résurrection du fils d’une veuve qui l’héberge après une insolation mortelle. Préfigurant le partage des pains du Christ, Élisée nourrit cent personnes avec seulement vingt pains d’orge. L’un des miracles les plus connus reste certainement la guérison du païen Naamân, général du roi d’Aram. Cet homme puissant est atteint par la lèpre et aucun remède ne peut le guérir de son mal. Ayant appris les actions thaumaturges du prophète, le général se rend auprès d’Élisée qui lui demande de se plonger sept fois dans les eaux du Jourdain. Vexé, l’homme orgueilleux s’attendant à un geste plus noble de guérison décide de s’éloigner lorsque ses proches lui recommandent de suivre les conseils du prophète. Naamân se baigne sept fois dans les eaux du Jourdain et sa peau se trouva aussi belle que celle d’un bébé ! Ce baptême de foi, bien avant ceux pratiqués par Jean le Baptiste, verra la conversion du général païen au Dieu d’Israël. Élisée, avant de disparaître, oint Jéhu comme roi d’Israël. Celui-ci éliminera Achab, qui règne encore, et sa femme Jézabel conformément à la prophétie d’Élie. Un dernier miracle surviendra après la mort d’Élisée. Un homme enterré à la hâte dans le tombeau du prophète touche les os de ce dernier et ressuscite, signe de la force prophétique de ce personnage habité par la puissance divine au-delà de sa vie terrestre.

 

 

Ézéchiel, le prophète de l’exil

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 Ézéchiel compte parmi les Grand Prophètes, après Isaïe et Jérémie, et avant Daniel. Son témoignage demeure unique sur cette période troublée que connaît Israël avec la déportation en Babylonie. Prophète accompagnant cet exil terrible, ses visions resteront gravées dans la mémoire collective du peuple juif et influenceront grandement toute la chrétienté.

La déportation à Babylone

Le siècle d’Ézéchiel est marqué par l’épreuve de la chute de Jérusalem devant l’empire néo-babylonien. En 597 av. J.-C. Nabuchodonosor II, roi de Babylone, conquiert  le royaume de Juda et détruit le Temple de Salomon. C’est alors le temps de la déportation pour le roi Joiakîn avec l’élite des Judéens et le prophète Ézéchiel. Ce dernier, fils de prêtre, deviendra prêtre lui-même et sera fortement influencé par le prophète Jérémie. C’est dans ce contexte troublé que Dieu apparaît à Ézéchiel, lui intimant de rester tout d’abord silencieux, ce mutisme semblant préparer le peuple à la force du message qu’il lui sera réservé dans des visions surprenantes de force et de beauté.

Les visions D’Ézéchiel

Il faut lire et relire le livre d’Ézéchiel pour apprécier la force prophétique de son message et la poésie de son témoignage.  Le livre de la Bible rapporte en effet la vision extatique du prophète captif du fleuve du Kebar. Il vit une gerbe de feu, « comme de l’airain poli, sortant du milieu du feu », et au centre, le tétramorphe avec les quatre « Vivants », animaux à ressemblance humaine que le christianisme rapprochera des quatre Évangélistes. Chacun avait quatre faces (bœuf, aigle, lion et homme) et quatre ailes, des mains d’homme et des pieds de veau.  Leurs ailes soutiennent le trône de Dieu en pierre de saphir. Et au-dessus, une figure d’homme rayonnant dans un arc en ciel de feu et d’airain poli, c’est la gloire de Dieu qui intime à Ézéchiel d’accompagner dans son exil le peuple d’Israël, rebelle et idolâtre

Le malheur sur Jérusalem

Alors que le peuple croit encore à la fin de leur exil, espérant une intervention divine, Ézéchiel leur annonce au contraire la destruction totale de la Ville sainte et du royaume de Juda. Pire encore, il leur  ôte toute illusion d’une déportation de courte durée et n’hésite pas à manger des aliments souillés pour préfigurer ce qui les attend. « Voici venir la Fin ! », le message est sans concession. Les visions du prophète révèlent que Dieu lui-même abandonnera la Ville sainte lorsque la « Gloire de Dieu » quittera Jérusalem. Après Jérémie, Ézéchiel est assurément un prophète du malheur.

L’espérance après l’épreuve

Mais Dieu n’abandonne pas les siens et la suite du livre de la Bible apporte un message d’espérance dans cette noirceur absolue. Alors que Jérusalem a été mise à sac et que de nouvelles déportations ont été entreprises, le découragement est total. Ézéchiel livre alors ce message d’espoir : Dieu, lui-même, va prendre soin de son peuple, il sera le « Bon Pasteur » qui soignera ses brebis à la différence de ces mauvais bergers qui ont provoqué leur perte, une vive critique non masquée de la royauté pervertie. Ézéchiel évoque cette représentation puissante des « ossements desséchés » retrouvant le souffle de vie pour témoigner de cette nouvelle vie qui attend les déportés. C’est une image messianique d’une grande puissance qui est ainsi développée dans ces pages inspirées nourrissant l’espérance du peuple d’Israël dans l’exil jusqu’à l’Apocalypse de saint Jean qui s’en fera l’écho dans le Nouveau Testament…

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Pour mieux connaître l’Islam

 « Cet islam qui bouscule les chrétiens », un hors-série exceptionnel à découvrir

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Famille Chrétienne publie un hors-série sur l’islam pour mieux connaître cette religion qui bouscule les chrétiens, et ne plus avoir peur d’un dialogue franc avec les musulmans de son entourage.

 « C’est extraordinaire de rencontrer le Christ. Il faut réveiller les baptisés de France. Il faut inviter tous les baptisés à annoncer le Christ ! » Cet appel passionné émane d’une convertie pas comme les autres. Nadia Piccarreta est née musulmane, elle s’est convertie au catholicisme à l’âge de 34 ans. Elle fait partie de ces convertis de l’islam dont on parle très peu mais qui sont de plus en plus nombreux en France, bousculant leur communauté d’origine et l’Eglise catholique.

Ce sont eux qui sont le plus à même d’indiquer aux catholiques la bonne attitude à avoir envers les musulmans, alors que le nombre de ces derniers s’accroît en France, en témoignant de ce qui les a touchés, de ce qu’ils auraient aimé entendre de la part des chrétiens qu’ils ont croisés, de ce qu’attendent les musulmans de leur entourage. Dans son nouvel hors-série, Cet islam qui bouscule les chrétiens, qui paraît vendredi 11 mars, Famille Chrétienne leur consacre sa première partie, avec une longue rencontre du comédien converti Medhdi Djaadi, une interview de Nadia Piccaretta, le témoignage poignant de cinq convertis de l’islam ayant choisi le Christ au péril de leur vie et une interview de Jean-François Chemain, auteur d’un livre choc sur l’expérience à la fois exaltante et douloureuse des convertis de l’islam (Ils ont choisi le Christ, Artège). Tous s’accordent à dire que les musulmans ont soif d’une rencontre fraternelle et d’un dialogue en vérité avec les chrétiens de France.

 

Penser l’islam au-delà des clichés

Cependant, « pour soutenir le dialogue avec l’islam, une formation adéquate des interlocuteurs est indispensable » rappelle le pape François dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium. La deuxième partie du nouvel hors-série de Famille Chrétienne donne les éclairages des meilleurs spécialistes de l’islam – Rémi Brague, le Frère Adrien Candiard, Annie Laurent, le Père François Jourdan… – pour connaître cette religion, trop souvent mise sur le même plan que le christianisme et le judaïsme au nom des « trois monothéismes ». « Qu’on arrête de croire que l’islam est un christianisme avec un couscous ! », s’exclame le Père Jean-Baptiste Moreau, prêtre à Besançon, au contact d’une communauté musulmane intégrée. Quelles sont les différences entre islam et christianisme ? Comment est né l’islam ? Entre islam et islamisme, y a-t-il une différence de fond ou de degré ? Vous trouverez les réponses dans cette partie, pour penser l’islam au-delà des clichés.

Munis de sérieuses connaissances sur sa foi et la foi de l’autre, il ne faut pas avoir d’entrer en dialogue avec les musulmans. Mais comment faire, alors que l’actualité nous traumatise, comme nous le rappelle le procès des attentats de Paris qui se déroule actuellement ? Maître Ludovic de Villèle, avocat représentant de parties civiles dans ce procès hors-normes, propose audacieusement dans la troisième partie du hors-série la voie du pardon comme chemin pour panser les plaies. Il donne le ton à un dialogue exigeant à tous les niveaux, éclairé par des acteurs de terrain et deux musulmans de France, Ghaleb Bencheikh, islamologue et président de la Fondation de l’Islam de France, et Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othman de Villeurbanne.

 

Se tenir toujours prêt à témoigner du Christ

L’évangélisation est le point d’orgue du dialogue interreligieux. « La mission ne consiste pas en la mise en place de stratégies missionnaires pour la conversion des musulmans, prévient cependant Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille. Mais il faut se tenir là, dans l’amitié et la présence, à l’écoute du travail de l’Esprit Saint en l’autre et en moi, en se tenant toujours prêt à témoigner de notre Seigneur Jésus-Christ. » Il s’agit précisément de l’attitude de ceux qui s’engagent dans un dialogue ouvertement missionnaire auprès des musulmans.

Dans la quatrième partie du hors-série, reportages et enquêtes de fond mettent en lumière ces chrétiens convaincus qui, au sein de la plateforme Ismérie ou d’autres structures (Ananie, Mission Angélus…), évangélisent, accompagnent les convertis et proposent des formations pour mieux connaître l’islam. Une interview de Mgr Aveline clôt ce hors-série exceptionnel à lire de toute urgence, alors que l’actualité fait ressurgir la nécessité d’un vrai dialogue interreligieux entre chrétiens et musulmans.

https://www.famillechretienne.fr/37869/article/cet-islam-qui-bouscule-les-chretiens-un-hors-serie-exceptionnel-a-decouvrir

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La Bible livre par livres (7)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

Le Nouveau Testament

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Epîtres de Paul

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Epître aux Romains

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16 chapitres

L’apôtre Paul est l’auteur de treize lettres qui ont été incluses dans le Nouveau Testament par ordre dégressif de grandeur. Sa lettre aux chrétiens de Rome, écrite avant sa visite chez eux, expose les raisons d’être de la venue et de la mort de Jésus-Christ: apporter le salut offert par Dieu. Elle montre qu’on n’obtient pas ce salut en accomplissant des œuvres, mais seulement en croyant au Christ.

Première épître aux Corinthiens

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16 chapitres

Fondée par Paul en 51 apr. J.-C., l’Eglise de Corinthe, en Grèce, était marquée par les désordres et avait posé un certain nombre de questions à l’apôtre. Cinq ans après, absent de Corinthe, il cherche à montrer à ces jeunes chrétiens comment la doctrine de la croix de Christ devrait être appliquée à leur vie.

Deuxième épître aux Corinthiens

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13 chapitres

2 Corinthiens a été écrite quelques mois après 1 Corinthiens (fin 56-début 57 apr. J.-C.). Certains lançaient des attaques contre l’apôtre Paul dans l’Eglise de Corinthe. Il se défend donc contre ces attaques afin de rétablir son autorité.

Epître aux Galates

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6 chapitres

Adressée à des chrétiens d’Asie Mineure (leur localisation précise est discutée) par l’apôtre Paul, l’épître aux Galates oppose le véritable Evangile à un faux évangile prêché par les judaïsants. Certains voulaient en effet imposer le respect des rites juifs et de la loi juive aux chrétiens, même lorsqu’ils étaient d’origine non juive. Paul rappelle qu’on accède au salut par la foi.

Epître aux Ephésiens

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6 chapitres

Probablement lettre circulaire destinée aux Eglises d’Asie Mineure, l’épître aux Ephésiens expose le plan de Dieu, d’avant la création jusqu’à l’éternité, en mettant l’accent sur l’Eglise. En prison à Rome, Paul montre que la venue de Jésus-Christ a fondé un nouveau «peuple» formé de Juifs et de non-Juifs: l’Eglise.

Epître aux Philippiens

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4 chapitres

Fondée par Paul, l’Eglise de Philippes (en Macédoine) avait envoyé un don à l’apôtre en prison. Il écrit à ces chrétiens pour les remercier et, paradoxalement vu les circonstances qu’il rencontrait, il mentionne à de nombreuses reprises la joie.

Epître aux Colossiens

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4 chapitres

Ecrite en même temps que l’épître aux Ephésiens, la lettre adressée par Paul aux Colossiens met un accent particulier sur la personne de Christ et sur l’œuvre de salut qu’il a accomplie, ainsi que sur les répercussions que cela a (ou devrait avoir) dans la vie des chrétiens.

Epîtres aux Thessaloniciens

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5 et 3 chapitres

Fondée par Paul, l’Eglise de Thessalonique bénéficie, avec ces deux lettres que l’apôtre lui adresse à quelques mois d’intervalle (en 51 ou 52 apr. J.-C.), d’enseignements sur le retour de Christ.

Epîtres à Timothée

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6 et 4 chapitres

Adressées par Paul à l’un de ses proches collaborateurs (d’où le nom d’épîtres pastorales qu’elles portent avec l’épître à Tite), les deux épîtres à Timothée contiennent des avertissements sur les dangers que court l’Eglise, en particulier du fait des fausses doctrines, et des instructions sur la manière de l’organiser et de se conduire en tant que responsable. Timothée était en effet responsable de l’Eglise d’Ephèse.

 

Epître à Tite

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3 chapitres

Responsable de l’Eglise de Crète, Tite était un collaborateur de Paul. L’apôtre lui demande de le rejoindre tout en lui donnant des directives pour la vie dans l’Eglise, la vie en famille et la vie dans la société.

 

Epître à Philémon

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1 chapitre

Brève missive de l’apôtre Paul à un membre de l’Eglise de Colosses, l’épître à Philémon traite des rapports entre le maître et l’esclave chrétiens. Un dénommé Onésime s’était en effet enfui de chez son maître Philémon avant de devenir chrétien au contact de Paul à Rome. L’apôtre invite Philémon à accueillir l’esclave fugitif comme un frère.

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La Bible livre par livre (5)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

L’Ancien Testament :

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Livres prophétiques

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Les prophètes, des porte-parole de Dieu, sont mentionnés tout au long de l’histoire d’Israël, en particulier dès l’instauration de la monarchie. Ils invitent régulièrement le peuple à revenir à Dieu, parfois conseillent les rois. Certains ont laissé des écrits, de sorte que nous avons accès à leurs oracles. Ils nous permettent d’avoir un autre regard sur la période qui va du 9e au 5e siècle av. J.-C.

Grands prophètes

Esaïe

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66 chapitres

Homme du 8e siècle avant J-C , Esaïe avait ses entrées à la cour royale, Il est l’un des plus grands prophètes, par la taille de son livre mais aussi par la conscience qu’il avait à la fois de la sainteté de Dieu et de son amour, de son salut. Il annonce la naissance d’un enfant-roi destiné à s’asseoir sur le trône davidique.
Esaïe annonce l’exil à venir pour le peuple de Juda en raison de l’immoralité, de l’injustice et de la violence qui règnent en son sein. Plusieurs de ses oracles concernent un personnage nommé le «serviteur de l’Eternel». L’un d’eux prédit son œuvre en rapport avec les péchés des hommes et le salut.

Jérémie

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52 chapitres

Le prophète Jérémie est connu surtout pour ses lamentations (voir le livre qui porte ce nom), d’où le terme de «jérémiades». Après un temps d’influence à la cour de Juda, son ministère (entre 625 et 580 av. J.-C.) est en effet caractérisé par les brimades et le rejet. Il met sans cesse son peuple en garde contre les alliances avec l’Egypte, l’Assyrie et la Babylonie, les grandes puissances de l’époque. Il fustige aussi l’idolâtrie et la déchéance morale de ses compatriotes. Son message le plus original est celui dans lequel il annonce la conclusion d’une nouvelle alliance.
Jérémie connaîtra la chute de Jérusalem en 586 av. J.-C. et sera contraint par plusieurs de ses compatriotes de fuir en Egypte, non sans avoir prédit la venue et la durée de l’exil.

Lamentations

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5 chapitres

Le livre des Lamentations de Jérémie était lu le neuvième jour du mois d’Ab, anniversaire de la destruction du temple de Jérusalem par les Babyloniens. Anonyme, il est attribué au prophète Jérémie par la tradition juive, y compris la version grecque des Septante. Le texte compte 5 élégies qui évoquent le siège de Jérusalem, la famine, la fuite du roi, la destruction du temple et des murailles, les massacres et les déportations, soit des événements survenus lors de la chute de la capitale du royaume de Juda en 586 av. J.-C.

Livre de Baruch

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Le livre de Baruch se présente comme l’œuvre  du secrétaire de Jérémie (début du VIe siècle avant J.-C.), mais il n’a pas été rédigé avant le IIe siècle. Son attribution à Baruch est un procédé littéraire, d’ailleurs fréquent à cette époque.

L’ouvrage comporte quatre parties indépendantes, qui ne sont pas nécessairement du même auteur:

1) une introduction précisant dans quelles conditions ce livre, envoyé de Babylone par les déportés, devait être lu à Jérusalem lors d’une cérémonie de confession des péchés (1.1-14) ;

2) le texte même de cette confession des péchés (1.15-2.10), inspirée par celle de Daniel 9; elle est suivie d’une supplication (2.11-3.8), émaillée de nombreuses citations bibliques;

3) une méditation sur la Sagesse (3.9-4.4);

4) enfin un discours d’encouragement adressé à Jérusalem (4.5-5.9).

Ezéchiel

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48 chapitres

Emmené en exil en Babylonie, Ezéchiel exerce son ministère prophétique de 593 à 571 av. J.-C. Il prononce des oracles de jugement contre les Judéens restés au pays, puis contre les nations qui contribuent à la chute de Jérusalem, avant d’ouvrir des perspectives d’avenir (retour au pays, restauration du temple).

Daniel

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12 chapitres

Membre de l’aristocratie juive emmené en déportation à Babylone en 605 av. J.-C., Daniel y occupe des postes à haute responsabilité. Le livre qui porte son nom contient des récits narrant la vie de Daniel et de ses amis juifs à la cour babylonienne, puis perse, ainsi que des visions prophétiques relatives notamment aux divers Empires mondiaux successifs ou encore au Messie. Les chapitres 2 à 7 présentent la particularité d’être écrits en araméen, et non en hébreu comme le reste de l’Ancien Testament et du livre.

 Petits prophètes

 

Osée

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14 chapitres

Seul prophète né dans le royaume du nord, Osée exerce son ministère entre 786 et 724 av. J.-C. Son message est principalement dirigé contre l’idolâtrie qui accompagnait la prospérité matérielle en Israël. Les cultes païens de Baal et d’Ashéra étaient particulièrement marqués par la corruption: prostitution sacrée, violence, ivrognerie. Osée compare la relation entre Israël et son Dieu à une relation entre un mari et son épouse volage et adultère.

Joël

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4 chapitres (3 dans certaines versions)

Particulièrement difficile à dater (entre les 9e et 4e siècles selon les commentateurs), Joël voit dans un fléau qui s’est abattu sur Juda (invasion de sauterelles et sécheresse) une manifestation de la colère de Dieu, un «jour de l’Eternel». Il annonce le jour où l’Esprit sera répandu sur toute créature.

Amos

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9 chapitres

Paysan de Juda, Amos dénonce avec vigueur les injustices sociales qui voient les riches s’enrichir et les pauvres s’appauvrir dans une période de prospérité (entre 765 et 750 av. J.-C.).

Abdias

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1 chapitre

Située entre les 9e et 6e siècles selon les commentateurs, la prophétie d’Abdias, très courte, porte essentiellement contre les Edomites. Il prononce leur condamnation en raison de l’attitude hostile dont ils ont fait preuve contre les Judéens.

Jonas

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4 chapitres

Peut-être le plus connu des prophètes en raison de son séjour dans le ventre d’un grand poisson, Jonas présente la particularité d’adresser un appel à la repentance à des ennemis des Israélites, les habitants de Ninive, et de le faire de très mauvais gré! Ce livre prophétique contient plus de récits que d’oracles.

Michée

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7 chapitres

Contemporain d’Esaïe et d’Osée (8e siècle), Michée est le seul prophète qui s’adresse à la fois à Israël et à Juda. Il dénonce leur mauvaise situation morale, sociale et spirituelle tout en encourageant les pauvres et les faibles à regarder à Dieu. Il annonce que le lieu de naissance du libérateur à venir, le Messie, sera Bethléhem.

Nahum

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3 chapitres

Prophète du 7e siècle av. J.-C., Nahum nous a laissé un message centré sur l’annonce de la chute de Ninive, la capitale du tyrannique et cruel Empire assyrien. C’est le seul prophète dont le message ne se termine pas sur une parole de consolation ou d’espérance.

Habakuk

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3 chapitres

La courte prophétie contenue dans le livre d’Habakuk semble dater de 609-608 av. J.-C. Elle prend la forme d’un dialogue entre le prophète, perplexe devant l’apparent silence de Dieu face au mal, et ce Dieu qui va utiliser les cruels Babyloniens pour punir son peuple.

Sophonie

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3 chapitres

Sophonie est le premier des prophètes de Juda (vers 626-625 av. J.-C.) à inviter ses compatriotes à se repentir afin de ne pas connaître le même sort que l’Israël du nord. Il annonce le jugement contre Juda, mais aussi contre les autres nations, et les fruits positifs que ce jugement apportera: purification, joie.

Aggée

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2 chapitres

Prononcées entre septembre et décembre 520 av. J.-C., les prophéties d’Aggée sont autant d’invitations adressées aux Judéens de retour d’exil pour qu’ils reprennent la construction du temple de Jérusalem.

Zacharie

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14 chapitres

Probablement né en exil à Babylone, Zacharie commence de prophétiser en novembre 520 av. J.-C., en compagnie d’Aggée. Il rapporte une série de visions pour encourager les Judéens à la reconstruction du temple et les inviter à la purification, mais il annonce surtout la venue du Messie, d’abord dans l’humilité puis en gloire. C’est le prophète le plus souvent cité dans le Nouveau Testament après Esaïe.

Malachie

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3 chapitres (4 dans certaines versions)

La prophétie de Malachie se situe au 5e siècle av. J.-C., à une période où l’Empire perse domine le Proche-Orient. Le temple de Jérusalem a été reconstruit et le culte y a repris, mais Malachie doit dénoncer le formalisme religieux et le relâchement de la moralité régnants. Sa prophétie se présente sous la forme de questions-réponses entre Dieu et son peuple.

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La Bible livre par livre (3)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

L’Ancien Testament :

  

Livres historiques

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Josué

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24 chapitres

Le livre de Josué, du nom de son personnage principal, relate l’entrée d’Israël dans le pays promis après la mort de Moïse. Le texte contient donc essentiellement des récits de conquête et de répartition du territoire entre les différentes tribus, sur une durée d’environ 25 ans. Une conquête restée fameuse est celle de la ville de Jéricho, qui est chantée par un non moins fameux gospel: «Joshua fit the battle of Jericho». Au début du livre, Josué est invité par Dieu à prendre courage et à respecter la loi laissée par Moïse; à la fin, juste avant de mourir, c’est lui qui invite le peuple d’Israël à rester fidèle à son engagement de servir l’Eternel plutôt que les autres dieux.

Juges

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21 chapitres

La mort de Josué a laissé les Israélites quelque peu orphelins. Bien vite, ils oublient leur engagement de servir l’Eternel et se mettent à adorer d’autres dieux. Le corps du livre des Juges est formé de sept cycles similaires: les Israélites se détournent de l’Eternel; des ennemis les oppriment; les Israélites appellent à l’aide; l’Eternel leur envoie un libérateur (le juge). Douze de ces chefs sont mentionnés, les plus connus étant Samson (avec ses cheveux longs et la perverse Dalila), Débora (une femme) et Gédéon. Cette période de quatre siècles environ prépare l’instauration de la monarchie en constatant par quatre fois, dont une à la toute fin du livre: «A cette époque-là, il n’y avait pas de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon» (Juges 21.25).

Ruth

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4 chapitres

Le livre de Ruth était lu lors de la fête juive de la Pentecôte. Plutôt court (4 chapitres), il porte le nom de son personnage principal: une jeune femme moabite – c’est-à-dire issue d’un peuple exclu de toute possibilité d’entrer dans le peuple de Dieu – qui devient la grand-mère de David, le célèbre roi d’Israël.

1 et 2 Samuel

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31 et 24 chapitres

1 et 2 Samuel constituaient à l’origine un seul volume. C’est la version des Septante qui a procédé à la division en deux. Là aussi, le livre porte le nom de l’un de ses personnages principaux, en commençant avec sa naissance: Samuel, prophète et juge, qui procède à l’onction (forme de consécration) des deux premiers rois d’Israël: Saül (intronisé en 1050 av. J.-C.) et David (oint en 1025 av. J.-C.). Le récit du règne de Saül, rejeté par Dieu et en lutte quasi incessante contre David, se termine à la fin de 1 Samuel. 2 Samuel commence avec le début du règne de David sur la tribu de Juda (1010 av. J.-C.), puis, sept ans plus tard, sur l’ensemble d’Israël. Le dernier chapitre le voit acheter le terrain sur lequel sera érigé plus tard le temple de Jérusalem. Malgré les fautes dont cet homme se rend coupable (adultère, meurtre, négligence vis-à-vis de ses enfants), il bénéficie d’une relation particulière avec l’Eternel, et celui-ci lui fait la promesse d’une royauté éternelle de sa famille. Cette promesse a été quasi unanimement interprétée comme annonçant le Messie-roi à venir, ce qui a donné lieu au titre messianique «fils de David».

1 et 2 Rois

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22 et 25 chapitres

Les deux livres des Rois n’en formaient qu’un à l’origine. Le texte commence avec la désignation du successeur de David (970 av. J.-C.): Salomon, au règne d’abord flamboyant, qui construit le temple de Jérusalem. Il se poursuit avec l’histoire de 20 rois de Juda et 19 rois d’Israël. En effet, dès le règne de Roboam, le fils de Salomon, un schisme intervient, et les dix tribus du nord d’Israël se séparent de celles de Juda et Benjamin, qui seules restent fidèles à la dynastie davidique. Les divers règnes successifs des deux royaumes sont passés en revue avec un critère de jugement: le roi a fait ce qui est bon, ou au contraire ce qui est mal, aux yeux de l’Eternel. L’idolâtrie récurrente des Israélites du nord conduit à la prise de leur capitale, Samarie, par les Assyriens et à la déportation de la population (722 av. J.-C.). Le royaume de Juda connaît le même sort quelque temps plus tard, mais sous les coups des Babyloniens: prise de Jérusalem en 586 av. J.-C., destruction du temple et déportation d’une partie de la population en trois vagues successives.

1 et 2 Chroniques

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29 et 36 chapitres

Appelés «Paroles des jours» dans la Bible hébraïque, «Paraleipomena» (c’est-à-dire «omissions») dans la Septante, les livres des Chroniques doivent leur nom français à la Vulgate. Certains attribuent leur rédaction à Esdras, au 5e siècle av. J.-C. Ils récapitulent toute l’histoire d’Israël, depuis Adam jusqu’au décret de Cyrus autorisant la reconstruction du temple de Jérusalem. L’intérêt de l’auteur porte essentiellement sur les aspects cultuels de cette histoire: les rois et les prophètes mentionnés avec force détails sont ceux qui ont contribué à la célébration d’un culte conforme aux exigences divines. L’objectif est probablement de rappeler aux exilés de retour de Babylone que leur Dieu est fidèle à ses promesses et souverain sur l’histoire et qu’il continue à agir pour les siens, pourvu qu’ils lui obéissent.

Esdras

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10 chapitres

Pendant longtemps, le livre d’Esdras a été couplé avec celui de Néhémie. Plusieurs passages sont à la première personne du singulier, et le récit concerne le retour des exilés en Juda, avec la reconstruction du temple puis le rétablissement de l’ordre politique et religieux par Esdras, un scribe. On se situe donc entre 537 et 458 av. J.-C.

Néhémie

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13 chapitres

Ecrit à la première personne, le livre a pour thème principal la reconstruction des murailles de Jérusalem, entre 444 et 431 av. J.-C., malgré l’opposition des peuples voisins, et la restauration civile et politique de la communauté rapatriée.

Livre de Tobie

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Le Livre de Tobie, parfois appelé Livre de Tobit (Tobie étant le fils de Tobit dans la Septante), est un livre deutérocanonique de l’Ancien Testament. Il raconte l’histoire d’un Israélite de la tribu de Nephthali nommé Tobie (le texte latin de la Vulgate donne le même nom au père et au fils, Tobias). Déporté à Ninive, il devient aveugle après avoir reçu de la fiente d’oiseau dans les yeux et envoie son fils Tobie recouvrer une dette en Médie auprès de leur parent Gabaël.

Le texte est écrit en grec et figure dans la Septante. Rédigé sans doute initialement en hébreu ou en araméen, l’original a été perdu, mais un fragment en araméen avec un texte correspondant en grec a été retrouvé dans les années 1950, dans la grotte no 4 près des ruines de Qumrân parmi les manuscrits de la mer Morte. Ce livre ne figure pas au canon des Écritures hébraïques Il est déclaré canonique par l’Église au concile de Carthage III en 397, mais il était déjà largement utilisé par les différentes communautés chrétiennes.

Livre de Judith

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Le Livre de Judith est un livre deutérocanonique de la Bible. Il relate comment la belle et jeune veuve Judith ( « Louée » ou « Juive ») écarte la menace d’une invasion assyrienne en décapitant le général ennemi Holopherne, et restaure du même coup la foi du peuple juif en la puissance salvatrice de son Dieu.

Il en existe trois versions en grec dans lesquelles on distingue la trace linguistique de l’original hébreu, plusieurs versions latines dont celle de la Vulgate  « hâtivement traduite » de l’araméen selon l’aveu de saint Jérôme – et plusieurs versions tardives en hébreu, dont une dans laquelle l’ennemi est séleucide et non assyrien.

Sa date de rédaction est en général située au iie siècle av. J.-C.. Il ferait partie des textes inspirés par la révolte des Maccabées

 

1 et 2. Livres des Maccabées

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Les livres de Maccabées sont des écrits juifs en langue grecque dont le thème est lié à la révolte des Maccabées qui eut lieu dans la Judée de l’époque hellénistique. Les Maccabées doivent leur nom à Judas Maccabée dont le frère Simon fonda la dynastie hasmonéenne qui régna sur la Judée de 140 à 37 av. J.-C.. Malgré le nom qui leur est traditionnellement appliqué, ces livres sont indépendants. Leurs dates de composition et leurs styles sont différents.

Le livre I couvre une période s’étendant du déclenchement de la révolte des Maccabées à l’accession au pouvoir de Jean Hyrcan. Ce récit constitue une épopée dynastique à la gloire des Hasmonéens. Il s’agit d’une traduction grecque d’un livre en hébreu.

Le livre II se veut un abrégé d’une chronique de Jason de Cyrène. Il s’étend de la grande prêtrise d’Onias III à la victoire de Judas Maccabée contre Nicamor Il donne une large part au miraculeux et aux considérations théologiques.

Le livre III relate une crise subie par les Juifs d’Égypte sous le règne de Ptolémée IV Philopator.

Le livre IV est un ouvrage philosophique produit par le milieu juif d’Antioche .

Esther

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10 chapitres

Le livre d’Esther était lu lors de la fête juive dont il relate l’origine: la fête des Pourim. Il porte le nom de son héroïne, une jeune Juive devenue l’épouse de Xerxès, souverain de l’Empire perse (486-465 av. J.-C.). Sa position lui permettra d’éviter le massacre des Juifs. L’une des particularités de ce texte est l’absence totale de mention de Dieu.