CONVERSION, DIEU AIME NOËL, EGLISE CATHOLIQUE, NOËL 1886, NOEL, PAUL CLAUDEL, THERESE DE L'ENFANT-JESUS (sainte ; 1873-1897)

Dieu aime Noël

Dieu aime Noël

Noël 1886 : une  double conversion

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Paul Claudel et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, tous deux se convertiront le soir de Noël 1886

 Ce sont des événements qui passent inaperçus et dont on ne se rend compte que plusieurs années après de l’importance qu’ils ont eue dans l’Histoire d’un pays.

Noël 1886, un Noël de plus et un Noël ordinaire sauf que, ce jour-là, se convertissent une enfant et un jeune homme dont l’avenir est primordial pour le christianisme en France et dans le monde. Thérèse Martin a 13 ans, Paul Claudel 18. Ils ont des parcours et des vies déjà différents mais connaissent tous deux, ce soir de Noël, une rencontre décisive avec le Christ.

 

Thérèse de l’Enfant-Jésus : « La nuit bénie de ma conversion »

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C’est un peu forcée par son père et ses sœurs que Thérèse se rend à la messe de minuit cette année-là. Le cœur n’y est pas, elle s’attache davantage aux aspérités matérielles, les cadeaux, la fête, qu’à la dimension spirituelle de l’événement. Elle ouvre ses cadeaux nerveusement, et découvre soudain la grâce du Christ qui l’enveloppe. Laissons parler ses carnets spirituels :

« En cette nuit où Il se fit faible et souffrant pour mon amour, Il me rendit forte et courageuse. (…) Je sentis, en un mot, la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir, et depuis lors je fus heureuse. »

De ce jour de grâce, Thérèse date le début de la troisième période de sa vie, celle qui la conduira au carmel et à la sainteté. C’est sa nuit de sa conversion.

« Depuis cette nuit bénie, je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençai, pour ainsi dire, une course de géant. »

  

Paul Claudel : Le pilier des vêpres de Notre-Dame

Dalle Notre Dame

Tout autre est la conversion de Paul Claudel, bien qu’elle ait suivie des chemins similaires. Il l’a racontée à plusieurs reprises et a su mettre en poème cette rencontre décisive avec Dieu. Il est plus loin de la foi, plus éloigné du Christ, mais il se rend à Notre-Dame pour écouter les vêpres, et s’adosse à un pilier près de l’autel, sur le côté droit. Une plaque en rappelle aujourd’hui l’événement.

« J’avais complètement oublié la religion et j’étais à son égard d’une ignorance de sauvage. La première lueur de vérité me fut donnée par la rencontre des livres d’un grand poète, à qui je dois une éternelle reconnaissance, et qui a eu dans la formation de ma pensée une part prépondérante, Arthur Rimbaud. La lecture des Illuminations, puis, quelques mois après, d’Une saison en enfer, fut pour moi un événement capital. Pour la première fois, ces livres ouvraient une fissure dans mon bagne matérialiste et me donnaient l’impression vivante et presque physique du surnaturel. Mais mon état habituel d’asphyxie et de désespoir restait le même. Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre les offices de Noël. Je commençais alors à écrire et il me semblait que dans les cérémonies catholiques, considérées avec un dilettantisme supérieur, je trouverais un excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents. C’est dans ces dispositions que, coudoyé et bousculé par la foule, j’assistai, avec un plaisir médiocre, à la grand’messe. Puis, n’ayant rien de mieux à faire, je revins aux vêpres.

Les enfants de la maîtrise en robes blanches et les élèves du petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. J’étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l’entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. »

Dans les deux événements, la soudaineté inattendue. Dans les deux, une rencontre décisive avec Dieu, et une vie toute tournée vers Lui. Thérèse Martin comme carmélite, Paul Claudel comme écrivain, amenant la littérature chrétienne du XXsiècle vers les sommets. Quinze ans plus tard, Claudel est consul à Prague. Un nouveau Noël arrive, avec la neige et la figure de l’Enfant Jésus de Prague qui le fascine. L’homme de la révélation ineffable de Dieu offre au tout jeune enfant les talents de son génie poétique :

 

 Il neige

Le grand monde est mort sans doute. C’est décembre.
Mais qu’il fait bon, mon Dieu, dans la petite chambre !
La cheminée emplie de charbons rougeoyants
Colore le plafond d’un reflet somnolent,
Et l’on n’entend que l’eau qui bout à petit bruit.

Là-haut sur l’étagère, au-dessus des deux lits,
Sous son globe de verre, couronne en tête,
L’une des mains tenant le monde, l’autre prête
À couvrir ces petits qui se confient à elle,
Tout aimable dans sa grande robe solennelle
Et magnifique sous cet énorme chapeau jaune,
L’Enfant Jésus de Prague règne et trône.

Il est tout seul devant le foyer qui l’éclaire
Comme l’hostie cachée au fond du sanctuaire,
L’Enfant-Dieu jusqu’au jour garde ses petits frères.
Inattendu comme le souffle qui s’exhale,
L’existence éternelle emplit la chambre, égale
À toutes ces pauvres choses innocentes et naïves !

Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrive.
On peut dormir, Jésus, notre frère, est ici.
Il est à nous, et toutes ces bonnes choses aussi :
La poupée merveilleuse, et le cheval de bois,
Et le mouton sont là, dans ce coin tous les trois.

Et nous dormons, mais toutes ces bonnes choses sont à nous !
Les rideaux sont tirés… Là-bas, on ne sait où,
Dans la neige et la nuit sonne une espèce d’heure.
L’enfant dans son lit chaud comprend avec bonheur
Qu’il dort et que quelqu’un qui l’aime bien est là,
S’agite un peu, murmure vaguement, sort le bras,
Essaye de se réveiller et ne peut pas.

CLAUDE TRICOIRE (1951-...), CONVERSION, LOURDES, TEMOIGNAGE

Lourdes : Joie de la conversion

TEMOIGNAGE POUR LOURDES

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LOURDES ;

MARIE NOUS PREND PAR LA MAIN POUR NOUS CONDUIRE A SON FILS

 

« Marie douce lumière

Temple de l’Esprit

Mère des pauvres et des tous petits

Conduit vers Jésus et vers le Père »

 

Il faut remonter quelques années en arrière – au moins une dizaine d’années – pour s’apercevoir que Lourdes aura été le lieu par lequel je devais passer pour cheminer vers la foi.

Au départ je me suis engagé pour aller à Lourdes en tant qu’Hospitalière de l’Hospitalité Sainte-Marthe uniquement pour faire plaisir à quelqu’un qui me sollicitait en ce sens depuis longtemps ! Ma simple motivation pour accepter ce fut d’être enfin tranquille et de passer une bonne semaine, certes en faisant une bonne action !

Mais une fois là-bas on se rend compte au fil des journées (même si j’espérais bien échapper à quelques célébrations quand même !) que l’on reçoit beaucoup de ceux que l’on croit aider ; dans le sanctuaire on se rend compte que là il n’existe aucune différence : croyants, incroyants, riches, pauvres, bien-portants ou malades, tout le monde semble sur le même d’égalité.

On ne revient pas comme on était parti : partie sans me poser trop de questions, quelque chose commençait à faire son chemin ; des questions se sont posées non pas peut-être sur la foi elle-même mais pourquoi il y avait tant de joie et d’espérance dans un lieu où l’on rencontrait tant de souffrances !  Où était la source de cette joie et de cette espérance ?

Mais le questionnement et le désir d’aller plus loin étaient vite étouffés par la reprise du train-train quotidien ! Mais malgré tout année après année je retournais à Lourdes comme si quelque chose (ou quelqu’un) me faisait signe ! Année après année, à tous les retours de pèlerinage je savais que devais changer quelque chose, je savais que je devais faire quelque chose pour donner une suite à ces pèlerinages ! Mais on oublie vite ! La routine étouffe bien les bonnes résolutions !

Ce n’est que deux mois après le pèlerinage de 2013 que j’ai enfin décider ne plus me dérober, que j’ai enfin le courage (ou l’inconscience !) d’affronter enfin ces questions en commençant d’abord à aller à la messe tous les dimanches, de me plonger dan la Bible et de commencer un chemin avec un prêtre. Pendant trois mois qui me parurent une éternité le chemin fut rude, le combat pour sire « Oui : »  Mais mystérieusement j’avais conservé un chapelet de Lourdes que je disais tous les jours  et surtout dans les moments difficiles alors que je détestais que l’on me parle de prière !

De septembre à fin décembre 2013 Marie fut ma bouée de secours, presque l’unique soutient au milieu des tempêtes ! Marie finalement aura eu le dernier mot la nuit de Noël 2013. Deux versets d’Evangile où Marie est présente auront suffi pour faire basculer ma vie :

 

« Elle mit au monde son fils premier-né » (Luc, 2,7

« Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie de Magdala. Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. » (Jean 19, 25-27)

 Comme par hasard (mais le hasard existe-t-il ?) le thème du pèlerinage de 2014 pour Lourdes était : « La joie de la conversion » : Ce fut un pèlerinage d’action de grâces… mais qui se renouvelle chaque année maintenant !

 

©Claude-Marie T.

13 juillet 2018

CONVERSION, FILM JESUS L'ENQUETE, FILMS, JESUS CHRIST, JESUS L'ENQUETE

Film : Jésus l’enquête

Le film Jésus l’enquête

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« Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire; et je le ressusciterai au dernier jour.  Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.

(Jean 15, 44-45).

 

Le film

Inspiré du best-seller de Lee Strobel The Case for Christ sorti en 1998, le réalisateur américain Jon Gunn produit une œuvre pour nous exposer les preuves de la Résurrection du Christ au cinéma

Que peut-il y avoir de pire pour un athée de voir sa femme se convertir ? Surtout quand on est heureux en famille et dans son métier, lui qui est un journaliste d’investigation reconnu au Chicago Tribune?  Son credo qu’il applique dans son métier comme dans vie personnelle est de tout prouver par des preuves irréfutables : les faits, rien que les faits !pour croire, comme c’est le cas pour Lee Strobel. Mais au cours d’une rencontre dans un restaurant sa femme rencontre une infirmière qui sauve la vie de leur fille et va amener la jeune femme à se convertir.

A l’annonce de sa conversion, il décide d’enquêter sur la prétendue résurrection du Christ, un des fondements de la foi chrétienne en appliquant à cette enquête sa méthode journalistique : les faits, rien que le faits. Déterminé à prouver que la résurrection est un mensonge il rencontre les sommités de plusieurs spécialités afin d’obtenir des réponses cartésiennes et rationnelles à ses multiples questions : médecins, psychanalyste, pasteur, théologien. Il scrute attentivement les Ecritures pour en démontrer les moindres failles. Il est de plus en plus dérouté par les réponses qu’il reçoit et surtout par l’attitude de sa femme  au point que leur ménage se trouve en péril.

Alors que chacun apporte au dossier une réponse  mais aucune ne va dans son sens. Vat-il pouvoir démontrer à la femme qu’il a épousée et qu’il ne reconnaît plus qu’elle se trompe et qu’elle en train de se tromper et qu’elle est victime d’une supercherie ? Va-t-il pouvoir sauver son couple qui est en péril d’autant plus qu’il ne consacre plus beaucoup de temps à sa famille ?

En parallèle on le voit enquêter sur un homme qui aurait tiré sur un policier. D’abord dupé par ce même policier ce qui aboutira à la condamnation de ce suspect il finira par rétablir la vérité. Au cours d’une rencontre avec ses parents on se rencontre de la blessure qui l’habite : il croit que son père ne l’a jamais aimé ! Vie familiale, vie personnelle et vie professionnelle s’entremêle de façon heureuse pour sonner un film criant de vérité.

Mais la foi passe-t-elle par les preuves ? Les preuves aussi irréfutables soient-elles suffisent-elles  à elles seules à donner la foi et  la recevoir ? Les contemporains de Jésus ont-ils cru pour autant ? Les disciples ont dû attendre la Pentecôte pour croire que le Jésus qu’ils avaient côtoyé pendant trois ans étaient bien le Jésus de la Résurrection.  Les dernières scènes du film en donnent la clé : Lee se rappelle que l’un de ses interlocuteurs lui a répondu à la question « pourquoi a-t-il fait cela ? » que Jésus était mort sur la croix « par amour » ; en regardant une image une représentation du suaire de Turin le voile tome : « C’est par amour ! ». Si les preuves accumulées n’ont pas eu raison de son scepticisme c’est cet amour donné qui lui fait entrevoir le mystère de ce Jésus qu’il cherchait !

 

Pour conclure

Par son aspect démonstratif le film Jésus l’enquête est  un film à thèse tel que l’on pouvait les voir dans les années 1970. Cependant il reste que chacun – croyant ou non croyant – sera amené  à se poser  question : « Qui est ce Jésus ? »  De plus il peut servir de discussion car il aborde toutes formes de questions. Qu’est-ce que la foi ? Foi et raison sont-elles conciliables ?  Comment faire l’expérience de la rencontre avec ce Jésus mort il y a 2000 ans et qui reste si mystérieux ? Ce sont bien  – au-delà du témoignage de Lee Strobel  – toutes les interrogations que ce film soulèvent en filigrane.  Et c’est peut-être tout l’intérêt de ce film !

 

Bien tard je t’ai aimée,
ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses que tu as faites,
pauvre disgracié, je me ruais !
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

Saint Augustin (Confessions)

 

©Claude-Marie T.

23 avril 2018

CLIVE STAPLE LEWIS (1898-1963), CONVERSION, ECRIVAIN ANGLAIS, Surpris par la Joie

Surpris par la Joie : Clive Staple Lewis

Surpris par la Joie : le profil de mes jeunes années

Clive Staple Lewis

Le Mont-Pèlerin (Suisse), EditionsRaphaël, 2006. 305 pages.

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Présentation du livre

 

 « Chacun des pas que j’avais fais, de l’absolu à l’esprit, et de l’esprit à l’absolu, et de l’esprit à Dieu, avait été un pas vers le plus concret, le plus imminent, le plus inéluctable. Avec chaque nouveau pas disparaissait une chance de prétendre que mon âme m’appartenait. Accepter l’incarnation était un autre dans la même direction… » (page 302).

 « Je m’étais trompé en supposant que c’était la Joie elle-même que je désirais. La Joie, considérée simplement comme un évènement survenant dans mes pensées, ne s’avéra finalement aucune espèce de valeur. Toute valeur résidait dans ce dont la Joie était le désir. » (page 282).

 

C.S. Lewis a été découvert en France grâce à au film et à son livre Le monde de Narnia.  Ici on est face au récit de sa conversion écrit

pour répondre à de nombreuses demandes pour savoir comment il était passé de l’athéisme au christianisme. Il entreprend dès lors d’écrire son autobiographie où la joie est le fil conducteur : une joie trouvée dans son enfance irlandaise puis perdue au fil des années. Mais tout au long de ses années il ne cessera sa quête pour la retrouver.

La jeunesse de l’auteur est peuplée de tout un monde imaginaire, des contes et des mythes celtiques et nordiques. Au cours de ses années de collèges il se laisse attirée par un surnaturel romantique ténébreux et tourné vers l’occultisme qui lui font délaisser la foi de son enfance (sans trop de regret comme il l’avoue lui-même). Au cours de ses années de collège, d’étudiant il ne cessera pas de chercher cette Joie perdue, que ce soit dans ses études et surtout dans ses nombreuses lectures. Au cours de ses années comme étudiant en Angleterre (après une interruption due à la guerre de 1914-1918) il se tourne vers la philosophie qui lui apporte quelque réconfort et qui conforte son athéisme.

Mais sa rencontre avec un futur grand de la littérature anglaise J.R.R. Tolkien jouera un grand rôle : progressivement il abandonne ses réticences face au christianisme et ébranleront ses certitudes .  Cette rencontre le conduira à la source même de la Joie : « Ce que j’avais tellement redouté m’arrivait enfin. « Pendant le trimestre de la Trinité, en cette année 1929, je cédai, j’admis que Dieu était Dieu, je me mis à genoux et je priai… « Comme il l’admet il ne s’agit encore qu’une forme de théisme même s’il met à fréquenter de manière assidue les offices anglicans. Il faudra encore quelque temps pour qu’il puisse croire véritablement en Lui et surtout en l’Incarnation de Jésus. Par la suite il deviendra un fervent défenseur du christianisme bien que son ami Tolkien ait eu beaucoup de mal à admettre qu’il n’intègre pas le catholicisme romain.

Une autobiographie pleine de sincérité où l’on découvre un itinéraire vers la foi à travers un parcours de vie.

 

Biographie de l’auteur

Né à Belfast en 1898, Clive Staple Lewis fut professeur de littérature du Moyen Age et de la Renaissance au Magdalen College d’Oxford et à Cambridge. Il est mort à Oxford en novembre 1963. Elevé dans une ambiance anglo-catholique, il s’est émancipé en se cultivant. A Oxford, il est teinté de romantisme et tenté par l’occultisme. Mais il réagit et se veut réaliste. En France, pendant la guerre de 1914, il se croit encore athée. Mais il ne perd jamais le sens des valeurs les plus pures et il sait rester critique à l’égard de lui-même. Peu à peu, par des chemins imprévus, il redécouvre la foi en Dieu et finalement la foi au Christ. Sa vie privée a été traversée de dures épreuves et de joies profondes, dont il a peu parlé, mais dont il suffira de dire qu’il a accueilli les unes et les autres en conformité avec ses convictions. C.S Lewis nous a laissé de brillants ouvrages de critique littéraire ainsi qu’une très riche œuvre narrative. Toutefois le public francophone l’a véritablement découvert au travers du Monde de Narnia, qui forme l’arrière-plan de sept chroniques pour enfants.

 

 

CONVERSION, POEMES, PRIERES

J’AI RENCONTRE L’AMOUR

jesus aimeJ’ai rencontré l’amour

Alors que j’errais

Dans les rues de la ville

Dans les sentiers perdus

Lasse et résignée

Sans but sans espoir

Je l’ai rencontrée

Je l’ai rencontrée

Une rencontre

De plus ou de moins

Une rencontre

Comme les autres

Une rencontre

D’un jour

Une rencontre

Sans lendemain

Comme toutes les autres

Comme toujours

Mais

Dieu veillait

Sur son enfant perdu

Et de nouveau

Il a pris ma main

Alors

Timidement

Sans y croire vraiment

J’ai essayé

De mettre ma main

Dans la sienne

De mettre mes pas

Dans ses pas

Et un jour

J’ai levé la tête

Et j’ai croisé son regard

Mes yeux ont vu

Son regard

Regard tourné

Vers le mien

Qui portait

Toute ma détresse

Et j’ai vu aussi

Son regard s’éclairer

S’épanouir dans un sourire

Quand le mien

A osé

Se perdre dans le sien

Alors j’ai compris

Que ce regard

Etait plein de bonté

Plein de tendresse

J’ai compris aussi

Que son visage

Etait un reflet

De la Miséricorde

Du Père

C’était un reflet

Se son cœur

De son cœur embrasé

De l’Amour

De l’Amour du Père

Alors

Je ne pouvais pas

Non je ne pouvais pas

Etre déçue

De l’avoir rencontré

Et si vous le rencontrez

Un jour

Regardez

Ses mains toutes tendues

Regardez

Son visage

Regardez

Son regard

Et vous comprendrez

Et si vous le rencontrez

Ne briser surtout pas

Ce cœur

Qui veut battre

Au rythme du vôtre

Puisque Dieu

Vient le consumer

D’un amour brûlant

Qui veut embraser

La terre entière

Claude-Marie T.

Janvier 2015

CONVERSION, JESUS CHRIST, JESUS-CHRIST, PRIERES

SI L’AMOUR ETAIT JESUS ?

L’AMOUR

 

Douze hommes en Galilée

Ecoutant l’un des leurs

Il disait

Il prononçait un mot

Quel était ce mot ?

Et qui était cet homme ?

Aujourd’hui on dit qu’il est mort

Mort sur une croix de bois

Entre deux voleurs

D’autres disent qu’il est toujours là

Toujours vivant au milieu de nous

Mais les gens disent tant de choses !

Ce nom on le prononce quelquefois

Il fait peur

Il remplit de joie

Il fait rire

Il fait sourire aussi

Et ce mot ?

Vous le connaissez pourtant

Vous qui rêvez de fraternité

Dites-le

Criez-le

Hurlez-le

La nuit

Le jour

A la ville

A la campagne

Ce mot si simple

Ce mot que cet homme

Dit le Christ

A donné au monde pendant trente ans

C’est l’Amour

 

Claude-Marie T.

14 mars 1972

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CONVERSION, TEMOIGNAGE

HISTOIRE D’UNE TENTATION

HISTOIRE D’UNE NON CONVERSION

25 février 2014.
Si le 24 décembre 2013 et si le 30 décembre 2013 j’ai cru à une conversion,  je crois aujourd’hui que je me suis lourdement trompée. J’ai été sincère quand j’en ai parlé.
Cela m’aura rendue heureuse pendant un mois tout au plus (un peu plus quand même, malgré des hauts et des bas par moments) : ce que je désirais n’avait pas d’autre fondement que de vouloir comprendre ce que vivaient les autres. Il y a beaucoup trop de révolte aujourd’hui pour continuer dans cette voie-là.
Le ciel est vide ! Depuis septembre je me serais battue seule pour finalement me rendre compte que tout cela n’était qu’un leurre. Désormais il n’y aura plus rien et c’est mieux ainsi. Je continuerais comme avant sans me poser de question mais qu’on ne vienne plus me parler de rien. Faire semblant est peut-être la meilleure solution même si cela et hypocrite : je ne cracherais sur ceux qui ont tenté de m’aider ni sur l’Eglise j’y travaille. Personne n’a besoin de savoir : de toute façon cela ne servirait à rien. Et qui voudrait comprendre ?
Il suffirait de reprendre ce que je pensais courant décembre : comment vivre au mieux sans Dieu ? C’est peut-être la seule question qui puisse avoir du sens aujourd’hui ? Je ne peux pas abandonner ma famille surtout Sonia, Ludivine et Fabrice. Je peux encore peut-être aider Fabrice, encore ce n’est pas sûr !
J’abandonne une aventure qui aurait pu être belle peut-être. Mais elle se fera sans moi ; pourquoi continuer à vivre quelque chose dont je ne me sens pas capable pour aller jusqu’au bout ? Je ne peux pas aller plus loin…. Alors quand bien même je le voudrais pourtant encore ! Ce soir je déserte le combat.
Nuit du 25 au 26 février 2014
Malgré cette résolution c’était toujours le combat entre la certitude de ce que je savais être vrai mais que je refusais de toutes mes forces : ne rien céder ! Tel était mon objectif ! Ne plus rien céder cette fois. Il a fallu que je me le répète une bonne partie de la nuit… Finalement tout a changé petit à petit : pourquoi je me suis mise à dire que je voulais « revenir » ? Comme si QUELQU’UN avait été plus fort que mes pensées. C’est en me rappelant l’Evangile de l’Enfant prodigue que j’ai voulu encore une fois renoncé à tout largué ! Mais je me disais que ce pardon n’était pas pour moi, que cette parabole était trop belle pour moi : je ne le méritais et c’était donc impossible. Une impossibilité qui m’excluait de tout car plus rien n’était possible : ne parlons pas de recevoir des sacrements ni même d’entrer dans une église : je n’y aurais pas droit ! Pourquoi cette phrase de Saint Jean : « Même si ton cœur te condamne Dieu est plus grand que ton cœur ! » (I Jean, 3, 20).
Ensuite le calme après la tempête. Mais là je n’ai vraiment envie que cela recommence … même si je ne sais pas comment faire éviter de tomber dans ce piège. Une fois ça va, deux fois ça lasse, trois fois ça casse…. ! Et il y a peut-être moyen de ne retomber dans les mêmes erreurs.

Claude-Marie Tricoire