CORONAVIRUS, EPIDEMIES, LITTERATURE, MALADIE, MALADIES

Quinze ouvrages inspirés par des épidémies

Coronavirus : de Sophocle à Stephen King, quinze livres inspirés par des épidémies à lire ou à relire

 

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Couvertures de 15 livres inspirés par des épidémies (FRANCEINFO)

 

Les ventes du roman d’Albert Camus, La Peste, se sont envolées ces dernières semaines, sous l’effet, dit-on, de la propagation du virus COVID-19. Thème hautement romanesque, l’épidémie n’a pas inspiré qu’Albert Camus, pour qui la peste était plus une métaphore de la « peste brune », à savoir le nazisme, qu’une épidémie au sens propre.

De Sophocle à Philip Roth, en passant par Giono ou Stephen King, de très nombreux auteurs ont été inspirés par les phénomènes épidémiologiques, terreau dramaturgique de premier ordre où se révèlent les caractères et s’exacerbent les sentiments. De l’or pour les écrivains, chantres de l’âme humaine, de ses noirceurs, de sa grandeur. Voici une sélection de 15 livres inspirés par des épidémies ou des virus.

 

1« Œdipe roi », Sophocle (Ve siècle avant J.-C.)

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Œdipe Roi

Sophocle

Paris, Le Livre de Poche, 1994. 168 pages.

Qui a provoqué la colère des Dieux en envoyant la peste sur la ville de Thèbes ? Cette question est le point de départ d’une série d’évènements qui vont conduire Œdipe à réaliser son funeste destin, annoncé par l’oracle de Delphes : tuer son père, épouser sa mère. Déjà chez Sophocle, la peste provoque la tragédie autant qu’elle figure de manière métaphorique la violence des humains.

Quatrième de couverture –

Cruauté du sort qui amène Œdipe à commettre à son insu l’acte criminel prédit par l’oracle ! Averti par un oracle qu’il tuerait son père et épouserait sa mère, Œdipe fuit les lieux de son enfance, espérant ainsi préserver Polype et Mérope, ses parents présumés. Que ne lui a-t-on dit, hélas, qu’il était en réalité le fils de Laïos ! Cette cruauté du sort l’amène à commettre à son insu un acte criminel.
Ignorant du drame qui se joue, aveuglé par le hasard, Œdipe court à sa perte. Il tue un voyageur qui lui barre la route, libère Thèbes de l’emprise de la Sphinx et épouse, la reine de la cité, occupe royal et… accomplit son terrible destin.

 

2″Le Décaméron », Boccace (1353)

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Le Décaméron

Paris, Le Livre de Poche, 2006. 1056 pages.

BoccaceFuyant la peste qui sévit à Florence en 1348, sept jeunes filles et trois jeunes hommes se réfugient dans la campagne. Pendant dix jours, ils vont se raconter une histoire chacun, soit sur un sujet libre, soit sur un sujet imposé à tous. Le Décaméron, qui s’ouvre sur une description apocalyptique de la peste, (Boccace l’a vécue de près) est composé de 100 récits est considéré comme l’ancêtre de la nouvelle. Une somme (1056 pages), de quoi occuper une période de confinement !

Présentation de l’éditeur

Boccace a trente-cinq ans en 1348 quand,  » juste effet de la colère de Dieu », éclate la grande peste qui flagelle l’Italie. Composé dans les années qui suivent, le « Livre des dix journées  » s’ouvrira sur ce tableau apocalyptique, à la force grandiose et terrible, qui n’a rien à envier à la description de la peste d’Athènes chez Thucydide. C’est en effet dans ce contexte que sept jeunes filles courtoises et trois jeunes hommes qui ont conservé leur noblesse d’âme se retirent sur les pentes enchanteresses de Fiesole pour fuir la contagion de Florence, devenue un immense sépulcre, et pendant deux semaines se réunissent à l’ombre des bosquets et se distraient chaque jour par le récit de dix nouvelles, une pour chacun, tantôt sur un sujet libre, tantôt sur un sujet fixé à l’avance pour tous, par la reine ou le roi de la journée. Tel est le premier chef d’œuvre   de la prose littéraire en langue  » vulgaire « .

 

3« La peste écarlate », Jack London (1912)

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La peste écarlate

Jack London

Paris, Hatier, 2001. 192 pages

  1. Un ancien professeur d’université erre en compagnie de ses petits-enfants, revêtus de peaux de bêtes, dans le pays dévasté de la baie de San Francisco, ravagée soixante ans auparavant par un terrible fléau…

Quatrième de couverture –

Un ancien professeur d’université erre en compagnie de ses petits-enfants, revêtus de peaux de bêtes, dans un pays désolé. Celui de la baie de San Francisco, ravagée soixante ans auparavant par un terrible fléau.
Nous sommes en 2013. Quelques hordes subsistent, et de rares survivants tentent de raconter le monde d’avant. Peine perdue : les avancées technologiques restent lettre morte pour des enfants qui ne savent même pas compter. La seule issue est de reprendre depuis les commencements la marche vers la civilisation perdue.
Jack London met toute sa puissance d’évocation au service de ce récit d’apocalypse, offrant de ces grandes peurs qui ravagent le monde une vision terrible – et quasi prophétique – et inscrivant de fait sa peste écarlate, comme le note ici même Michel Tournier, dans la lignée des fléaux bibliques, des terreurs millénaristes. Un texte qui prend dès lors une étonnante et inquiétante modernité.

 

4« La Peste », Albert Camus (1947)

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La Peste

Albert Camus

Paris, Gallimard, 1972. 288 pages.

La Peste de Camus est une chronique de la vie quotidienne à Oran, alors que sévit dans les années 40 une épidémie de peste. Ce roman d’Albert Camus, écrivain engagé, est une allégorie de la seconde guerre mondiale, du nazisme, et plus largement du « mal » en général. A travers ce roman, Camus dénonce l’incurie de l’administration, une presse facilement versée dans la propagande, et montre comment une situation exceptionnelle révèle la nature des hommes.

Résumé :

– Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux ?
– J’attends le résultat des analyses.
– Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère :  » C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident. » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est…
– Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

 

5« Le hussard sur le toit », Jean Giono  (1951)

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Le Hussard sur le toit

Jean Giono

Paris, Gallimard, 1995. 488 pages

  1. Le choléra fait des ravages en Provence. Angelo Pardi, hussard italien exilé en France est poursuivi par les Autrichiens qui le soupçonnent de complot révolutionnaire. Le jeune soldat s’arrête pourtant sur son chemin pour soigner les victimes, sans craindre la contagion. Les routes sont barrées, les villes barricadées, les voyageurs sont mis en quarantaine, on soupçonne Angelo d’avoir empoisonné les fontaines…  Il se réfugie alors sur les toits de Manosque. De son poste d’observation, il peut voir à la fois l’agitation provoquée par l’épidémie et la splendeur des paysages qui entourent la ville.  Angelo fait figure, comme son nom l’indique, d’ange immortel dans le marasme des hommes. Il traverse sans être contaminé le champ de ruines laissé par l’épidémie, protégé par son courage et la pureté de son âme. Le chef-d’œuvre de Giono.

Résumé :

Le hussard sur le toit : avec son allure de comptine, ce titre intrigue. Pourquoi sur le toit ? Qu’a-t-il fallu pour l’amener là ? Rien moins qu’une épidémie de choléra, qui ravage la Provence vers 1830, et les menées révolutionnaires des carbonari piémontais. Le Hussard est d’abord un roman d’aventures ; Angelo Pardi, jeune colonel de hussards exilé en France, est chargé d’une mission mystérieuse. Il veut retrouver Giuseppe, carbonaro comme lui, qui vit à Manosque. Mais le choléra sévit : les routes sont barrées, les villes barricadées, on met les voyageurs en quarantaine, on soupçonne Angelo d’avoir empoisonné les fontaines ! Seul refuge découvert par hasard, les toits de Manosque ! Entre ciel et terre, il observe les agitations funèbres des humains, contemple la splendeur des paysages et devient ami avec un chat. Une nuit, au cours d’une expédition, il rencontre une étonnante et merveilleuse jeune femme. Tous deux feront route ensemble, connaîtront l’amour et le renoncement.

 

6« Le sixième jour », Andrée Chedid (1960)

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Le sixième jour

Andrée Chedid

Paris, J’ai Lu, 2003. 186 pages.

L’histoire d’Hassan, petit garçon contaminé par le choléra, que sa grand-mère protège envers et contre tous « ceux qui l’épient, qui se méfient », qui veulent enlever l’enfant « par peur de la contagion »« Alors il faut tenir. Jusqu’au sixième jour ! Le sixième jour, ou bien on meurt, ou bien on ressuscite… »

Résumé :

On fait sa vie. II faut vouloir sa vie. La volonté d’aimer, de vivre est un arbre naturel…  » Pour Hassan, enfant beau et vigoureux il y a peu, aujourd’hui ratatiné comme un pruneau sec et bleu, la vie est un combat depuis que le choléra a posé sur lui son masque cruel. Dans cette course contre la mort, Saddika est là, grand-mère attentive, qui fait un barrage. Contre ceux qui l’épient, qui se méfient, qui veulent lui prendre l’enfant par peur de la contagion. Mais la vieille le sait. S’ils l’emportent, elle ne le reverra jamais. Alors il faut tenir. Jusqu’au sixième jour ! Le sixième jour, ou bien on meurt, ou bien on ressuscite..

 

 

7« L’Amour aux temps du choléra », Gabriel Garcia Marquez (1985)

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L’Amour aux temps du choléra

Gabriel Garcia Marquez

Paris, Le Livre de Poche, 2001. 499 pages.

« J’ai toujours aimé les épidémies », affirme l’écrivain dans un entretien au Monde en 1995, et en effet on trouve la peste dans La Mala Hora (1961), « l’épidémie de l’oubli » dans Cent ans de solitude (1967) et le choléra dans L’Amour aux temps du choléra (1985), un roman dans lequel la maladie sert de toile de fond à une romance contrariée. Le virus est ici une allégorie du sentiment amoureux, qui contamine à jamais l’âme d’un jeune poète.

Résumé :

À la fin du XIXᵉ siècle, dans une petite ville des Caraïbes, un jeune télégraphiste pauvre et une ravissante écolière jurent de se marier et de vivre un amour éternel. Durant trois ans ils vivent l’un pour l’autre, mais Fermina épouse Juvénal Urbino, un brillant médecin.
Alors Florentino, l’amoureux trahi, se mue en séducteur impénitent et s’efforce de se faire un nom et une fortune pour mériter celle qu’il ne cessera d’aimer, en secret, cinquante années durant.
L’auteur de Cent ans de solitude et de Chronique d’une mort annoncée, prix Nobel 1982, donne libre cours à son génie de conteur, à la richesse de son imagination et à l’enchantement baroque de son écriture.

 

8« Le fléau », Stephen King (1978, revu en 1990)

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Le Fléau

Stephen King

Paris, Jean-Claude Lattès, 2015. 1183 pages.

L’épidémie en mode thriller, par le roi du genre. Stephen King imagine la propagation d’un virus sorti tout droit d’un laboratoire de l’armée américaine. Avec un taux de contamination proche de 100 %, peu d’individus survivent, qui cherchent à rejoindre Mère Abigaël, vieille femme noire de cent huit ans, et dont dépend leur salut, tandis que règne sur ce nouveau monde la figure maléfique de L’homme Noir… 

Quatrième de couverture
13 juin 1990. 2 heures 37 du matin. Et 16 secondes. Dans le labo l’horloge passe au rouge. 48 heures plus tard, l’information tombe : Contamination confirmée. Code probable souche 848 – AB. Mutation antigène chez Campion. Risque élevé. Mortalité importante. Contagion estimée à 94,4%. Top secret. Dossier bleu. Ça chavire, ça bascule. La Super-Grippe, l’Etrangleuse ou le Grand Voyage commence ses ravages… Une mécanique bien huilée. Des corps sur le bord de la route. Puis dés fosses dans les cimetières. Ensuite des fosses communes. Et enfin des cadavres qu’on balance dans le Pacifique. De Los Angeles à New York le fléau se répand, pire que la peste. Mais est-il pire fléau que la peur qui tenaille les rares survivants, tous touchés par le même cauchemar au même instant ? L’image de l’Homme Noir…

 

9« Le neuvième jour », Hervé Bazin (1994)

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Le neuvième jour

Hervé Bazin

Paris, Grasset, 1994. 234 pages

L’ultime roman d’Hervé Bazin raconte l’apparition d’une terrible épidémie à Bombay, en Inde, d’un nouveau virus baptisé « surgrippe », qui fait des ravages dans le monde entier. Pendant que la pandémie fait rage, un biologiste reprend ses recherches virologiques abandonnées autrefois car jugées trop dangereuses… Manipulations génétiques, laboratoires ultra-secrets, arcanes des politiques sanitaires, course à l’argent et aux honneurs, ce neuvième jour de la Création imaginé par l’auteur de Vipère au poing est celui où l’Homo sapiens maîtrise tous les moyens de son autodestruction.

Résumé :
Une grave épidémie arrive de Bombay, qui va ravager la planète : on l’appelle la surgrippe ». Directeur du Centre européen de virologie, Eric Aleaume va contribuer à la lutte contre le fléau. La surgrippe atteint sa femme qui en meurt, puis sa belle-mère et nombre de ses amis. Le massacre de 1918 se répète (la grippe espagnole), jusqu’à ce qu’enfin un vaccin classique soit mis au point. Le fléau s’apaise au nord, mais glisse vers le Sud austral. Eric a au moins sauvé son oncle et sa fille, mais il apprend que Martin, son adjoint, est mort à Bombay où il était parti en vacances avec son amie, quelques jours avant le déclenchement de l’épidémie. Il y a 95% de chances qu’il l’y ait apportée. Eric se souvenait d’un manquement de Martin aux règles de sécurité régissant le laboratoire. Considéré comme un sauveur, Eric pourrait aussi être tenu responsable d’un mondial homicide par imprudence. Se découvrant atteint d’un cancer du foie qui lui promet la mort avant six mois, il rédige un compte rendu (le roman) que son notaire devra remettre au C.E.V. après son enterrement. Dieu créa le monde en six jours et le septième se reposa. Le huitième, il chassa Adam et Eve du Paradis. Nous vivons le neuvième jour, où l’homme a pris la place de Dieu, pouvant agir sur la Création, la détruisant ou la transformant à son gré par la science, particulièrement la biologie moléculaire. »

 

10« La quarantaine », J.M.G Le Clézio (1997)

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La quarantaine

J.M.G. Le Clézio,

Paris, Gallimard, 1997. 540 pages.

La Quarantaine est inspiré par une mésaventure vécue par son grand-père maternel. Le roman raconte l’histoire de deux frères, Léon et Jacques, qui, en rentrant en 1891 sur l’île Maurice, leur terre natale, à bord du navire l’Ava, sont contraints de vivre pendant plusieurs mois sur l’île Plate, avec la totalité des passagers, mis en quarantaine pour cause de cas de variole à bord.

Résumé :

« Que reste-t-il des émotions, des rêves, des désirs quand on disparaît ? L’homme d’Aden, l’empoisonneur de Harrar sont-ils les mêmes que l’adolescent furieux qui poussa une nuit la porte du café de la rue Madame, son regard sombre passant sur un enfant de neuf ans qui était mon grand-père ? Je marche dans toutes ces rues, j’entends le bruit de mes talons qui résonne dans la nuit, rue Victor-Cousin, rue Serpente, place Maubert, dans les rues de la Contrescarpe. Celui que je cherche n’a plus de nom. Il est moins qu’une trace moins qu’un fantôme.Il est en moi, comme une vibration, comme un désir, un élan de l’imagination, un rebond du cœur, pour mieux m’envoler. D’ailleurs je prends demain l’avion pour l’autre bout du monde. L’autre extrémité du temps. »

 

11″L’aveuglement », José Saramago (2000)

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L’aveuglement

José Saramango

Paris, Le Seuil, 2000. 384 pages.

Un homme perd soudainement la vue, bientôt suivi par d’autres cas inexpliqués. C’est le début d’une pandémie qui n’épargne personne. Mise en quarantaine, cette population privée de repères tente de survivre. Seule une femme n’a pas été frappée par la « blancheur lumineuse », la seule en mesure, peut-être, de sauver une humanité plongée dans les ténèbres.

Résumé :

Un homme devient soudain aveugle. C’est le début d’une épidémie qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le pays. Mis en quarantaine, privés de tout repère, les hordes d’aveugles tentent de survivre à n’importe quel prix. Seule une femme n’a pas été frappée par la « blancheur lumineuse. » Saura-t-elle les guider hors de ces ténèbres désertées par l’humanité ?

 

12″Peste », de Chuck Palahniuk (Denoël, 2008)

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Peste

Chuck Palahniuk

Paris,  Denoël, 2008. 448 pages.

Dans un monde du futur proche, la population est divisée en deux groupes : l’un vit le jour, l’autre la nuit, selon un couvre-feu très strict.  Peste est un portrait brossé à plusieurs voix d’un personnage mystérieux, protéiforme insaisissable, Buster Casey, alias Rant, qui cherche par tous les moyens à se faire mordre, piquer, griffer… Tant et si bien qu’il finit par attraper la rage, qu’il s’empresse de refiler à tout le monde. …

Résumé :

Mais qui est donc Buster Casey, alias Rant ? Dans un futur où une partie de la population est  » diurne et l’autre – nocturne  » selon un couvre-feu très strict, Peste prend la forme d’une biographie orale faite de rapports contradictoires émanant de témoins qui ont connu le mystérieux Buster de près ou de loin. Garçon aux mœurs étranges, friand de morsures animales en tous genres pour certains, génial tueur en série ou répugnant individu pour d’autres, le véritable Buster Casey semble, au fil des récits, de plus en plus insaisissable et protéiforme. De quoi alimenter le mythe… Dans ce roman, sorte d’éloge funèbre chanté par un chœur constitué d’amis, de voisins, de policiers, de médecins, de détracteurs et d’admirateurs, Chuck Palahniuk explore les tréfonds de la vie moderne et dresse le portrait en creux d’une Amérique en mal de repères. Evangile subversif et grotesque ou le rire donne la réplique à l’horreur, Peste décrit un monde qui marche sur la tête, où la vie est à mourir d’ennui et la mort positive et créatrice.

 

13« Némésis », de  Philip Roth (2010)

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Némésis

Philip Roth

Paris, Gallimard, 2010. 272 pages

Newark, États-Unis, 1944. Une épidémie de polio sévit dans cette ville de près de 450 000 habitants. D’abord épargné, le quartier juif de Weequahic connait ses premiers malades, puis la propagation de l’épidémie. Bucky Cantor, 23 ans, vigoureux directeur du terrain de sports, continue à accueillir les enfants et fait face avec courage et sang-froid à l’apparition des premiers cas, des premiers morts, au deuil et à la douleur des familles. Cantor veut « bien faire », être un bon garçon, accomplir son devoir, d’autant plus qu’il se sent coupable de ne pas être au front avec ses camarades engagés dans les combats en Europe, à cause de sa mauvaise vue. Comme d’autres avant lui, Roth s’attaque avec Némésis à ce sujet propice à la dramaturgie : une communauté d’hommes face à un cataclysme qui les dépasse, et les sentiments qui en découlent : la peur, la culpabilité, la colère, la douleur, le désarroi, l’égoïsme.

Résumé :

C’est le long et chaud été de 1944 dans le quartier Weequahic de Newark. La plupart des jeunes hommes du pays sont engagés à l’étranger, mais Bucky Cantor, un muscle-bound, instructeur de 23 ans PE, est coincé à la maison à cause de ses yeux louches. Au lieu d’aider son pays dans la lutte contre Hitler, son travail pour l’été est de superviser le bien-être d’un groupe d’enfants, en tant que directeur de l’un des terrains de jeux de la ville. C’est à peine le rôle glorieux qu’il voulait pour lui-même, mais Bucky, qui a un sens profond de l’honneur, se rapproche de ses fonctions – du moins au début – avec un dévouement inlassable.

 

14″En un monde parfait », Laura Kasischke (2010)

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En un monde parfait

Laura Kasischke

Paris, Le Livre de Poche, 2011. 352 pages

La talentueuse auteure d’Esprit d’hiver (Bourgois, 2013) raconte ici l’histoire de Jiselle, trentenaire célibataire qui croit avoir trouvé le prince charmant avec Mark Dorn, un beau pilote, veuf et père de trois enfants. Elle accepte tête baissée, d’abandonner son travail d’hôtesse de l’air et d’épouser Mark. Mais le conte de fée tourne au cauchemar quand Mark la laisse de plus en plus souvent seule avec ses enfants peu bienveillants et qu’une mystérieuse épidémie frappe les États-Unis.

Résumé :

Lorsque Jiselle, hôtesse de l’air, rencontre le beau pilote Mark Dorn, veuf et père de trois enfants, cela ressemble au début d’un conte de fées. Le passé compliqué de Jiselle, ses sentiments confus envers son père et son désir de plaire la poussent dans les bras de Mark. Il l’épouse, lui permettant de démissionner et d’oublier les mille tracasseries quotidiennes de son travail (accrues depuis l’apparition de la grippe de Phoenix qui rendait les passagers plus nerveux et les allers-retours continuels plus complexes). Au bout de quelques semaines, Jiselle se retrouve dans une ville inconnue : elle emménage dans le chalet de Mark et commence une nouvelle vie avec trois beaux-enfants à sa charge.
Alors qu’elle s’évertue à gagner leur amour et à trouver sa place en tant que mère au foyer, Jiselle s’interroge sur la sincérité des sentiments de Mark à son égard. Elle s’inquiète des raisons pour lesquelles il l’a épousée et se demande s’il ne la considère pas plus comme une simple nounou que comme sa femme. En quelques mois, sa vie prend un tour dramatique. Jiselle a de plus en plus l’impression que les filles de Mark, avec lesquelles elle se trouve seule la plupart du temps, leur père étant souvent retenu en Allemagne, la détestent. La grippe de Phoenix, d’abord circonscrite à un périmètre maîtrisable, se transforme en épidémie et son quotidien devient une question de survie. Alors que les événements s’accélèrent autour d’elle, la vie que Jiselle pensait avoir choisie se trouve bouleversée. En effet, tandis que la mystérieuse maladie se répand rapidement à travers le pays, elle commence à se rendre compte que son mariage, ses beaux-enfants et leur monde parfait courent un terrible danger…
Mais Jiselle s’endurcit et reprend confiance en elle grâce à la tendre relation qu’elle parvient finalement à construire avec les enfants de Mark. Rassurée, elle se découvre une force intérieure qui lui donne la stature d’une véritable héroïne alors même que le monde semble s’écrouler autour d’elle.

 

15″Pandemia », Franck Thilliez (2015)  

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Franck Thilliez

Paris, Le Live de Poche, 2016. 648 pages

La France touchée par une épidémie de grippe qui tourne à la pandémie, sur fond d’attaque terroriste, par un maître du frisson.

Comme chaque matin, Amandine a quitté sa maison de verre pour les locaux de l’Institut Pasteur. Mais ce matin-là est particulier. Appelée pour des prélèvements à la réserve ornithologique du Marquenterre, la microbiologiste est déconcertée : trois cadavres de cygnes gisent sur une étendue d’eau.
En forêt de Meudon, un homme et son chien ont été abattus. Dans l’étang tout proche, un sac de toile contenant des ossements : quatre corps en kit.
Et pendant ce temps, une grippe à la souche non identifiable vire à l’épidémie et fauche jusqu’aux plus robustes du quai des Orfèvres, mettant à l’épreuve Franck Sharko et Lucie Henebelle…

Résumé :

Comme tous les matins, Amandine a quitté sa prison de verre stérile pour les locaux de l’Institut Pasteur. En tant que scientifique à la Cellule d’intervention d’urgence de l’Institut, elle est sommée, en duo avec son collègue Johan, de se rendre à la réserve ornithologique de Marquenterre pour faire des prélèvements sur trois cadavres de cygnes. Un sac avec des ossements est trouvé dans l’étang.

 

CONFINEMENT (temps de), CORONAVIRUS, EPIDEMIES, LITTERATURE, MALADIE, MALADIES

Epidémies et littérature

Epidémies et littérature, une inspiration contagieuse

Littérature-pandémies

A l’heure où la grippe A se propage à grande vitesse, avec une virulence certes relative, les œuvres de fiction sont riches d’enseignements quant aux réactions humaines et sociales en temps de pandémie.

Le choléra, la tuberculose, la syphilis et, plus récemment, le sida ont nourri la littérature. A l’heure où la grippe A(H1N1) se propage à grande vitesse, avec une virulence certes relative, les œuvres de fiction sont riches d’enseignements quant aux réactions humaines et sociales en temps de pandémie. La grippe elle, qu’elle soit saisonnière, aviaire ou porcine, n’a pas encore à proprement parler sa littérature. Mais pour ceux qui seraient touchés par le virus, contraints à un repos forcé, elle peut être une occasion réjouissante de plonger ou replonger dans de passionnantes lectures…

 

 

Œdipe roi (Ve siècle avant J.-C.), de Sophocle

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Sophocle

Paris, Gallimard, 2005. 208 pages,

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C’est d’abord dans les tragédies grecques que la notion d’épidémie a pris sa dimension mythologique et littéraire. Dans Œdipe roi, Sophocle fait de la peste qui accable Thèbes le point de départ de la découverte par Œdipe de l’accomplissement de son destin. Face à l’épidémie qui ravage la ville, Œdipe mandate son beau-frère Créon auprès de l’oracle de Delphes, qui répond qu’il faut expulser l’assassin du roi Laïos, le père biologique d’Œdipe, afin de sauver la ville. « On doit, cette souillure nourrie sur le sol, la chasser/Du pays, ne pas nourrir l’inguérissable. » Suivant les conseils de l’oracle, Œdipe découvre qu’il est lui-même l’assassin de son père. Dans l’œuvre de Sophocle, la peste est non seulement le prétexte qui permet au destin d’Œdipe de se réaliser, mais aussi une métaphore de la violence, qui se répand dans la ville de façon contagieuse.

 

 

Les Animaux malades de la peste (XVIIe siècle), de Jean de La Fontaine

Les fables de La Fontaine : version intégrale

Jean de La Fontaine

Paris, Auzou, 2011. 420 pages.

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Des siècles plus tard, la peste de Thèbes est évoquée chez Jean de La Fontaine, dans « Les Animaux malades de la peste ». La Fontaine y fait référence à l’Achéron, le fleuve des Enfers, frontière du royaume des morts, qu’il faut payer pour traverser. La « peste » n’y est prononcée qu’au quatrième vers, à demi-mot – « La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom) » – après avoir été décrite comme « Un mal qui répand la terreur/Mal que le ciel en sa fureur/Inventa pour punir les crimes de la terre ». Afin de sauver son peuple de la peste, le roi propose le sacrifice du « plus coupable ». C’est l’âne, le plus naïf, qui est finalement condamné par excès d’honnêteté. L’épidémie fait ici écho à un univers politique corrompu : « Selon que vous serez puissant ou misérable,/Les jugements de la Cour vous rendront blanc ou noir ». Dans cette fable sans illusion, la peste est l’allégorie d’un climat de mensonge, de calculs et d’hypocrisie.

 

Le Théâtre et la Peste (1938), d’Antonin Artaud

Le Théâtre et son double / Le Théâtre de Séraphin (Français) Poche – Antonin Artaud

Paris, Folio, 14 mai 1985. 251 pages.

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Dans ce texte publié dans Le Théâtre et son double, Antonin Artaud fait de la peste une force positive. L’épidémie devient ici rédemption, en provoquant chez le malade l’effondrement de ses repères. En ce sens, l’expérience théâtrale est assimilable à la peste. « De même que la peste, le théâtre est fait pour vider collectivement des abcès », pour dénouer les crises, « par la mort ou la guérison ». Saint-Augustin avait lui aussi comparé le théâtre à la peste, jugeant que la différence entre les deux était que l’un s’attaque au corps et l’autre aux mœurs. Artaud précise quant à lui que « le théâtre, comme la peste, […] dénoue des conflits, dégage des forces, déclenche des possibilités et si ces possibilités et ces forces sont noires, c’est la faute non pas de la peste ou du théâtre, mais de la vie ». Ainsi, le théâtre et la peste sont la révélation « d’un fond de cruauté latente » chez l’homme, mais n’en sont pas la cause.

 

 La Peste (1947), d’Albert Camus

La Peste

Albert Camus

Paris, Gallimard, 1972.  288 pages.

La peste

Dans cette œuvre magistrale, Camus fait de la maladie qui met sens dessus dessous la cité algérienne d’Oran une allégorie de la guerre. Publié au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le texte fait clairement référence à l’horreur des camps nazis. Dans les descriptions des enterrements à la chaîne, des fosses communes, des cadavres transportés au crématoire à l’aide de tramways détournés, l’univers concentrationnaire est très présent. Le texte interroge les réactions humaines face à l’assaut du mal, rappelant que les épidémies, comme les guerres, réveillent les instincts les plus primitifs de l’être humain. Dans ce roman, certains s’acharnent à combattre l’épidémie et sauver les malades, d’autres s’enfuient, voire tentent de tirer profit de la pagaille provoquée par la maladie.

  

L’Amour au temps du choléra (1985), de Gabriel Garcia Marquez

L’Amour au temps du Choléra

Gabriel Garcia Marquez

Paris, Le Libre de Poche, 1972. 479 pages.

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Les maladies contagieuses sont au cœur de l’œuvre littéraire du Colombien Gabriel Garcia Marquez. « J’ai toujours aimé les épidémies », affirmait-il dans un entretien au Monde en 1995, citant la peste de La Mala Hora (1961), « l’épidémie de l’oubli » dans Cent ans de solitude (1967) et le choléra de L’Amour au temps du choléra (1985). Bien que la maladie ne soit pas le sujet central de ce dernier roman, qui narre une histoire d’amour sous les tropiques, elle constitue une trame de fond et sert d’allégorie. Florentino Ariza s’enamoure de la belle Fermina Daza, à une époque tourmentée par les plaies. Mais la main de Fermina revient à Juvenal Urbino, jeune docteur qui s’emploie à lutter contre l’épidémie. L’amour non consumé de Florentino Ariza croît au fil des années au point de secouer le « malade » comme le ferait le choléra. Tel un virus, la passion amoureuse attaque son corps sans que Florentino ne parvienne à l’en extirper. Chez Garcia Marquez, comme chez Artaud, la notion d’épidémie est vue de façon positive, comme une force permettant à des sentiments extraordinaires de se développer. Et si la peur et la méfiance vis-à-vis de l’autre, porteuses probables de la maladie, sont aussi évoquées, ce n’est que pour mieux souligner la façon dont l’amour peut surgir d’un sombre décor.

 

 Angels in America (1991), de Tony Kushner

Angels in America

Tony Kushner

Paris, Avant-Scène Théâtre, 2007. 283 pages

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Les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix ont été marquées par la montée en puissance du virus du sida. L’occultation de la maladie, individuelle, mais aussi collective, est au cœur de la pièce Angels in America de Tony Kushner. Cette fresque en deux parties met en scène une dizaine de personnages dans le New York des années Reagan. Homosexualité, maladie et corruption politique se croisent dans une œuvre qui mêle surréalisme et ancrage dans la réalité sociale de l’Amérique des années quatre-vingt. Un des personnages principaux, Roy Cohn (inspiré d’un conseiller du sénateur Joseph McCarthy qui a réellement existé), est un ambitieux avocat gay qui nie son homosexualité. « Je ne suis pas un homosexuel mais un hétérosexuel qui couche avec des hommes, dit-il. Comment un homme [de ma trempe] pourrait-il appartenir à une communauté qui n’a aucun poids politique ? » Découvrant qu’il est atteint du sida (il parle d’un « cancer du foie »), il use de ses influences politiques pour obtenir le traitement par AZT alors en vogue, disponible seulement auprès de quelques privilégiés.

Cohn a une vision très utilitariste de sa relation aux autres. Ses amis vont et viennent, les relations sont jetables, vite établies, vite remplacées. Voyant tant de vies écrasées par la maladie, Roy Cohn refuse de s’attacher aux autres. L’épidémie de sida devient alors synonyme d’individualisme. Lorsqu’un autre personnage, Prior, annonce à son partenaire Louis sa maladie, ce dernier le quitte. La brutalité des relations exposées dans Angels in America est toutefois atténuée par la tendresse de quelques personnages : un infirmier transsexuel qui soutient son ami dans l’épreuve de la maladie, une mère mormone qui se fait violence pour accepter l’homosexualité de son fils, et surtout, les anges, fidèles accompagnateurs des personnages dans leur fuite en avant.

 

https://www.lemonde.fr/epidemie-grippe-a/article/2009/09/11/epidemies-et-litterature-une-inspiration-contagieuse_1237724_1225408.html

 

 

 

 

CONFINEMENT (temps de), CORONAVIRUS, JE RESTE A LA MAISON, SEIGNEUR !, MEDITATIONS, PRIERE, PRIERES

Je reste à la maison, Seigneur !

JE RESTE À LA MAISON, SEIGNEUR !

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Je reste à la maison, Seigneur ! Et aujourd’hui, je m’en rends compte, tu m’as appris cela, demeurant obéissant au Père, pendant trente ans dans la maison de Nazareth, en attente de ta grande mission.

Je reste à la maison, Seigneur, et dans l’atelier de Joseph, ton gardien est le mien, j’apprends à travailler, à obéir, pour arrondir les angles de ma vie et te préparer une œuvre d’art.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je sais que je ne suis pas seul parce que Marie, comme toute mère, est dans la pièce à côté, en train de faire des corvées et de préparer le déjeuner pour nous tous, la famille de Dieu.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je le fais de manière responsable pour mon propre bien, pour la santé de ma ville, de mes proches, et pour le bien de mon frère, que tu as mis à côté de moi, me demandant de m’en occuper dans le jardin de la vie. Je reste à la maison, Seigneur ! Et dans le silence de Nazareth, je m’engage à prier, à lire, étudier, méditer, être utile pour les petits travaux, afin de rendre notre maison plus belle et plus accueillante.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et le matin, je te remercie pour le nouveau jour que tu me donnes, en essayant de ne pas la gâcher et l’accueillir avec émerveillement, comme un cadeau et une surprise de Pâques. Je reste à la maison, Seigneur ! Et à midi, je recevrai la salutation de l’ange, je me rendrai utile pour l’amour, en communion avec toi qui t’es fait chair pour habiter parmi nous ; et, fatigué par le voyage, assoiffé, je te rencontrerai au puits de Jacob, et assoiffé d’amour sur la Croix.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et si le soir me prend la mélancolie, je t’invoquerai comme les disciples d’Emmaüs : « Reste avec nous, le soir est arrivé et le soleil se couche ».

Je reste à la maison, Seigneur ! Et dans la nuit, en communion de prière avec les nombreux malades, les personnes seules et tous les soignants, j’attendrai l’aurore pour chanter à nouveau ta miséricorde et dire à tout le monde que, dans les tempêtes, tu as été mon refuge.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je ne me sens pas seul et abandonné, parce que tu me l’as dit : « Je suis avec vous tous les jours ». Oui, et surtout en ces jours de confusion, ô Seigneur, dans lesquels, si ma présence n’est pas nécessaire, je vais atteindre chacun, uniquement avec les ailes de la prière.

Amen.

(mars 2020 – Prière d’un prêtre italien en quarantaine)

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ALBERT CAMUS (1913-1960), CORONAVIRUS, ECRIVAIN FRANÇAIS, EPIDEMIES, LA PESTE, LIRE LA PASTE DE CAMUS, LITTERATURE, LITTERATURE FRANÇAISE

Lire La Peste de Camus

La Peste

Albert Camus

Paris, Gallimard, 1947.

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La Peste d’Albert Camus : pourquoi il faut relire le roman ?

À chaque drame, son roman symbolique. Aux lendemains des attentats de Paris, en novembre 2015, les maisons d’éditions françaises ont vu les ventes de Paris est une fête, d’Ernest Hemingway, s’envoler en quelques jours. Au mois d’avril dernier, après l’incendie de Notre-Dame, c’était au tour de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo. Ces temps-ci, la propagation du Coronavirus, couplé au soixantième anniversaire de la mort d’Albert Camus, prix Nobel 1957, font donc monter en flèche les ventes de La Peste, chronique de la vie confinée des habitants d’Oran durant une épidémie de peste, parue en 1947. Lecture anxiogène en ces temps difficiles ? Pas tant que ça. La Peste offre surtout une réflexion profonde et humaniste sur les comportements adoptés par une société lorsqu’on restreint ses droits. Voici ce qu’il faut en savoir.

 

L’histoire

Tout commence un jour de printemps, lorsque Bernard Rieux, médecin oranais, tombe sur un rat mort sur le pas de sa porte. Alors qu’il entame ses visites quotidiennes, les bêtes se multiplient, mortes ou vivantes, dans toutes les rues de la ville, présage de l’épidémie qui démarre. Quand les premiers patients succombent à la maladie, les autorités décident de confiner la population oranaise. À travers les paroles de Rieux, médecin pragmatique qui lutte contre l’épidémie, et celles d’autres habitants – Grand, déterminé à écrire un livre dont il n’est jamais satisfait; Rambert, journaliste qui cherche à fuir Oran pour rejoindre la femme qu’il aime; Tarrou, qui tient une chronique quotidienne de l’évolution de la maladie, Cottard qui profite de la peste pour faire du marché noir et s’enrichir ou encore  Paneloux, prêtre jésuite qui voit dans la peste une malédiction divine – Camus brosse le portrait de ce que peut devenir une société lorsqu’un drame vient lui enlever ses libertés fondamentales.

 

Une allégorie du nazisme

« La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme » a expliqué Albert Camus. Peu nommée, elle est présentée comme un mal mortel, dangereusement contagieux, qui transforme les mentalités. Comme suite à la montée du nazisme, et pendant l’occupation, on trouve dans La Peste les résistants, ceux qui luttent et mettent leurs vies en danger pour sauver celles des autres; les négationnistes, qui refusent de voir le mal se propager; les opportunistes, qui profitent du drame pour s’enrichir… Et quand, enfin, la maladie régresse, Albert Camus rappelle : « les habitants, enfin libérés, n’oublieront jamais cette difficile épreuve qui les a confrontés à l’absurdité de leur existence et à la précarité de la condition humaine. »

 

La morale

« Les hommes sont plutôt bons que mauvais » nous dit Albert Camus. Il ajoute « et en vérité ce n’est pas la question. » Tout le long du roman, il demande : est-on plus homme lorsqu’on est prêt à se dévouer pour sauver son espèce, ou lorsqu’on pense en premier à soi et à ses proches ? Un tel événement peut-il nous grandir, ou simplement exposer les pires travers de l’humain ? Camus rappelle qu’on est finalement homme par le simple fait de réagir, d’attendre, d’aimer ou de souffrir. « Chacun la porte en soi, la peste, parce que personne, non, personne au monde n’en est indemne… »

 

Extraits

« Les fléaux, en effet, sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête. Il y a eu dans le monde autant de pestes que de guerres. Et pourtant pestes et guerres trouvent les gens aussi dépourvus ».

« Quand une guerre éclate, les gens disent : « Ça ne durera pas, c’est trop bête ». Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l’empêche pas de durer. La bêtise insiste toujours, on s’en apercevrait si l’on ne pensait pas toujours à soi. Nos concitoyens à cet égard étaient comme tout le monde, ils pensaient à eux-mêmes, autrement dit ils étaient humanistes : ils ne croyaient pas aux fléaux. Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne passe pas toujours et, de mauvais rêve en mauvais rêve, ce sont les hommes qui passent, et les humanistes en premier lieu, parce qu’ils n’ont pas pris leurs précautions. Nos concitoyens n’étaient pas plus coupables que d’autres, ils oubliaient d’être modestes, voilà tout, et ils pensaient que tout était encore possible pour eux, ce qui supposait que les fléaux étaient impossibles. Ils continuaient de faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime l’avenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres »

« Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer ».

CHINE, CORONAVIRUS, EPIDEMIES, MALADIE, MALADIES, WUHAN, LA VILLE DU CORONAVIRUS, WUNAN (Chine)

Wuhan, la ville du corinavirus

Wuhan est bien plus que la ville du coronavirus

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Le lac de l’Est, dans l’arrondissement de Wuchang à Wuhan. | White.RainForest ∙ 易雨白林. via Unsplash

Au-delà de l’épidémie et la quarantaine, Wuhan dit beaucoup de choses de la Chine d’hier et d’aujourd’hui.

 

武汉, lisez Wuhan, est au cœur de l’actualité depuis que la ville est devenue malgré elle la plus grande zone de confinement de l’histoire de l’humanité. Beaucoup ont attendu cette épidémie pour apprendre à placer Wuhan sur une carte, alors même que la capitale de la province du Hubei compte plus d’habitant·es que Paris (11 millions) et qu’elle est le berceau de nombreux mouvements révolutionnaires en Chine.

Wuhan naît en 1927 de la fusion de trois villes: Wuchang, Hankou et Hanyang, devenus ses quartiers historiques. À l’origine, il s’agissait d’une cité de petits marchands et de dockers, essentiellement basée autour du fleuve Yang-Tsé (长江) et de son affluent, la rivière Han (汉江). Elle est aujourd’hui devenue un carrefour central du transport de marchandises en Chine.

 

Le soulèvement de Wuchang

Au XXe siècle, Wuhan s’est souvent retrouvée au cœur de l’histoire chinoise. Elle est notamment le terrain de la révolte contre la dynastie Qing. À l’automne 1911, la population est agitée par une crise politique touchant les services ferroviaires; les mouvements révolutionnaires souterrains se multiplient.

Le 10 octobre, le soulèvement de Wuchang est le premier rouage de la chute d’un empire vieux de cinq millénaires. Deux groupuscules mènent une attaque contre le vice-roi résidant à Wuchang: 500 soldats de l’empire sont tués, presqu’autant sont capturés et les révolutionnaires s’emparent de la ville.

Très vite, les militaires se joignent au mouvement et la province de Hubei ne reconnaît plus l’autorité des Qing. Les autres provinces sont invitées à suivre le mouvement. Un an plus tard, l’empereur abdique.

Depuis, le «double dix», soit le dixième jour du dixième mois, est célébré en souvenir du premier soulèvement comme la fête nationale chinoise, l’équivalent de notre 14-Juillet français.

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Le mémorial du soulèvement de Wuchang à Wuhan. | Vmenkov via Wikimedia Commons

 La guerre de résistance

Si vous avez joué au jeu vidéo Hearts of Iron IV, sorti en 2016, vous connaissez sans doute un peu mieux l’un des autres épisodes les plus importants de l’histoire de Wuhan.

En 1937, l’Allemagne succombe au nazisme, l’Europe sera bientôt un champ de bataille. À l’autre bout du monde, la Chine tente de contrer la progression de l’armée impériale japonaise sur son territoire. C’est la seconde guerre sino-japonaise, que les Chinois·es appellent guerre de résistance (中国抗日战争).

Pékin, Tianjin, Nanjing et Shanghai tombent et le gouvernement est forcé de se retirer à Wuhan, la transformant pour la seconde fois en capitale temporaire de la Chine.

Le 11 juin 1938, l’armée impériale japonaise lance une attaque contre la capitale du Hubei et essuie un premier revers. Les combats durent quatre mois. Finalement, les forces nippones pénètrent dans la ville, après la probable utilisation d’armes chimiques.

Cette bataille marque l’histoire, puisqu’elle permet de stopper un temps les troupes impériales, jusqu’alors perçues comme inarrêtables.

Dans le jeu vidéo Hearts of Iron IV, la bande-son utilisée pour l’événement, une marche militaire chinoise, héroïque et entraînante, a d’ailleurs récemment reçu beaucoup de nouveaux commentaires sur YouTube: «Quand tu construis un hôpital en dix jours»«Quand tu es le seul à Wuhan à ne pas avoir été infecté et que tu vois les autres se diriger vers toi».

 

La seconde libération

Petit bond dans le temps, nous voilà en 1967, la Chine est en pleine Révolution culturelle; une partie de la jeunesse chinoise alimente les rangs des gardes rouges et obéit aux ordres de Mao Zedong.

Ce dernier entend relancer l’esprit révolutionnaire, purger le pays des éléments impurs et le débarrasser des «quatre vieilleries»: vieilles idées, vieilles cultures, vieilles coutumes et vieilles habitudes.

Wuhan, à elle seule, compte cinquante-quatre groupes de gardes rouges s’opposant pour déterminer lequel d’entre eux représente la vraie gauche révolutionnaire. Les deux principales factions, le Million de héros, composé de membres du Parti communiste et appuyé par l’Armée populaire de libération, et le Quartier général des travailleurs de Wuhan, s’affrontent dans la capitale.

Progressivement, la lutte gagne en violence. «Pendant une réunion au parc de Jianghan, Li [un chef du Million de héros] a dit: “Notre but aujourd’hui, c’est de tuer tout le monde dans les trois quartiers de Wuhan.” […] Après être arrivés, j’ai tué cinq gamins avec mon shuriken. Tuer un jeune gamin rapporte 20 yuan. Tuer un membre de “l’équipe de combat”, 50 yuan», peut-on lire dans l’ouvrage La Dernière Révolution de Mao de Roderick MacFarquhar et Michael Schoenhals.

Pour mettre un terme aux tueries, Pékin exige le retrait du soutien de l’armée au Million de héros, mais le général concerné refuse. Mao Zedong tente un déplacement secret pour régler la situation, ce qui pousse le général à rédiger son autocritique. Déçus, les soldats se rebellent, agressent et enlèvent deux émissaires de Pékin, secourus in extremis quelques jours plus tard.

À la fin du mois de juillet 1967, le Million de héros est démantelé, le général est emprisonné et les rebelles célèbrent la «seconde libération de Wuhan».

L’incident de Wuhan, comme il sera appelé par les historien·nes, est considéré comme un tournant de la Révolution culturelle, puisqu’il marque le premier refus des militaires de se soumettre au gouvernement.

 

La scène punk

Peut-être la plus belle scène de Wuhan, et la moins connue de toutes, n’est-elle pas à chercher sur les rives millénaires du Yang-Tsé mais dans le monde souterrain de la musique underground: pour les fans de musique et les spécialistes du centre de la Chine, Wuhan est avant tout la capitale du punk chinois.

Autour de la figure emblématique de Wu Wei et de son groupe SMZB (生命之饼, «le pain de la vie») s’est structurée ce qui est aujourd’hui considérée comme la plus importante scène punk du pays, qui a donné naissance à de nombreuses formations telles que Si Dou Le (死逗了), MUM (妈妈), Angry Dog Eyes, Big Buns, etc.

Pour l’ethnomusicologue Nathanel Amar, la chanson «Scream for Life» de SMZB exprime «en sept strophes le projet que s’est donné le punk chinois depuis ses débuts: parler –ou hurler– pour ceux qui ne peuvent pas, et toujours dire la vérité. La parole portée par ces punks est indissociable d’une lutte, contre la censure, contre les conditions de vie en Chine contemporaine et contre le Parti communiste chinois, insulté à chaque concert et à chaque chanson».

Nathanel Amar a consacré sa thèse à la scène punk de Wuhan, dans laquelle il raconte cette culture underground, indépendante du pouvoir et qui ne peut exister que dans l’illégalité.

En Chine, la musique punk est peut-être l’une des dernières musiques ouvertement contestataires du régime communiste en place. Au travers de leurs textes très souvent composés en anglais, les groupes n’hésitent pas à dénoncer les vices de la société chinoise moderne, à l’image de la chanson «E.I.S.V» de P-Town (皮通, groupe de Hefei):

«When I was sixteen I feel / Quand j’avais 16 ans je sentais
There must be something wrong / Que quelque chose n’allait pas
The rich man pissing on my face / Le mec riche qui me crachait au visage
The government stand for him / Le gouvernement le soutenait»

Dans la capitale du Hubei, en ces temps de confinement, c’est une chanson de SMZB, «Wuhan, Wuhan» (大武漢貼採樣), qui résonne haut et fort chez les fans du genre, comme un hymne de résistance face à la tragédie et d’amour pour la capitale du punk:

«She will be beautiful, she will get freedom / Elle sera magnifique, elle sera libre
It won’t be like a prison here forever / Ce ne sera pas une prison pour toujours ici
Break the darkness, there will be no more tears / Sortons de l’obscurité, il n’y aura plus de larmes
A seed has been buried in my heart / Une graine a été planté dans mon cœur
Here is a punk city –Wuhan! / Ceci est une ville punk –Wuhan!»

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Le groupe SMBZ. | Avec l’autorisation de Nathanel Amar

 

Les rè gān miàn

Lorsque certain·es scientifiques ont avancé que le virus était passé de l’animal à l’homme dans l’enceinte du marché aux fruits de mer de Wuhan, où des animaux sauvages sont vendus à la découpe, la révélation est venue entacher l’une des autres scènes de la ville de Wuhan, cette fois-ci culinaire, au premier rang de laquelle on retrouve un plat de nouilles emblématique, les 热干面 (rè gān miàn) –dont voici une recette.

Tout et n’importe quoi a été dit sur la cuisine et les habitudes alimentaires de la population chinoise dans la couverture médiatique de l’expansion du coronavirus. En jouant à la fois sur une méconnaissance totale de la cuisine asiatique et le fantasme d’un exotisme conjugué à un racisme ordinaire, les médias et réseaux sociaux se sont quelque fois reposés sur des illustrations (parfois honteusement détournées) de marchés chinois où l’on pouvait voir divers animaux morts juxtaposés, amenant les personnes plus zélées à colporter l’idée que les Chinois·es mangeraient des chauves-souris.

D’après Suki, une jeune Wuhanaise poursuivant ses études au Canada, les habitant·es de la capitale du Hubei sont «très attentifs à leur petit déjeuner». Dès l’aube, les restaurants préparent les rè gān miàn, que la population locale s’empresse d’avaler avant de partir travailler.

Ce plat de nouilles, à première vue très simple, représente à lui seul les saveurs de Wuhan et est devenu l’improbable ambassadeur de la ville. La légende dit que dans les années 1930, un petit restaurateur, Bao Li, aurait involontairement fait tomber de la pâte de sésame et des légumes marinés dans ses nouilles, qu’il aurait ensuite vendues. Devant un succès inattendu, il leur donna le nom de 热 (, «chaud») 干 (gān, «sec») 面 (miàn, «nouilles»).

Depuis, ce plat rapide à réaliser et économique a fait la renommée de Wuhan. Le célèbre Quotidien du peuple les classa même dans le Top 5 des meilleures nouilles de Chine.

La cuisine de Wuhan et plus largement du Hubei fait l’unanimité auprès de celles et ceux qui l’ont déjà testée, et elle s’exporte désormais aux quatre coins du monde grâce à la diaspora, qui ouvre de nombreux restaurants.

Les cous de canard (yabo, 鸭脖) font également partie des snacks très appréciés par la population wuhanaise. Très relevé en goût, ils redonnent de la noblesse à une partie du canard qu’on laisse souvent de côté et se dégustent à n’importe quelle heure de la journée. Mais attention: ils n’ont rien à voir avec la fameuse recette de cous de canards que l’on connaît bien dans le sud de la France.

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http://www.slate.fr/story/187995/chine-wuhan-ville-coronavirus-histoire-soulevement-wuchang-guerre-resistance-seconde-liberation-musique-punk-cuisine-reganmian#xtor=

BERNARDIN DE SIENNE (saint ; 1380-1444), CORONAVIRUS, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EPIDEMIES, MALADIE, MALADIES, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PEINTURE, PESTE, ROCH DE MONTPELLIER (saint ; 1295-1327)

Saint Roch, saint Bernardin de Sienne et saint Sébastien… et la peste : tableau en l’église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Saint Roch, Saint Bernardin de Sienne et Saint Sébastien…. trois saints que la peste réunit.

 

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Saint Roch , Bernardin de Sienne et Saint Sébastien
Florence , XIV°

Si saint Roch et saint Sébastien sont invoqués lors des épidémies, il faut souligner que saint Bernardin de Sienne fut touché par la peste en 1411 ; malade de la peste à Sienne il affronta la maladie « avec une fermeté sereine et une conscience claire de la pureté de sa vie » et une fois guérit il reprit ses prédications à travers l’Italie.

C’est donc le thème de la peste qui réunit ces trois saints dans un même tableau pour évoquer une même épidémie : la peste qui à cette époque faisait d’immenses ravages dans la population. Quand la science est impuissante pour guérir les maladies du corps les hommes se tournent vers les saints pour y puiser la force de surmonter l’épreuve mais surtout pour espérer la guérison.

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Saint Roch de Montpellier

Saint Sébastien

Saint Bernardin de Sienne

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Prières d’intercession

 

Prière à saint Roch en cas d’épidémie

Roch, laïc pèlerin en Europe,

Pestiféré, emprisonné,

Toi qui guérissais les corps

Et amenais les hommes à Dieu,

Intercède pour nous

Et préserve-nous des misères

Du corps et de l’âme

 

 Prière à Saint Sébastien

Saint Sébastien écoute ma prière et présente là au Seigneur. Tu as été attaché et percé de flèches, mais ton corps inerte a été remis en vie.

Obtiens moi une nouvelle vigueur dans mes membres qui ne peuvent bouger, rends fermes mes pas sur les chemins que Dieu a tracé.

Saint Sébastien, mon âme est bouleversée et toute ma force m’a abandonné. Les flèches t’ont fait perdre du sang, mais pas la Foi.

Ne m’abandonne pas et aide-moi à garder l’espérance dans le Seigneur et la volonté de guérir.

Amen

CORONAVIRUS, GUERIR AVEC LES SAINTS, MALADIE, MALADIES, PRIERE, PRIERES, ROCH (saint ; 1350-1380), SEBASTIEN (saint ; 256-288)

Guérir avec les saints

 Guérir avec les Saints

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Saint Sébastien (256-288)

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Saint Sébastien (256-288)

Fêté le 20 Janvier

Lieux de culte en Normandie.

Saint Sébastien de Raids(Canton de Périers 50).

Mantilly (Canton de Passais la conception 61).

Nom.

D’origine grecque, signifie « Vénérable »

Iconographie.

Deux scènes dominent l’iconographie:

Sébastien est percé de flèches. et celle (moins courante) des soins apportés par Iréne. (Souvent représentés par Georges de La Tour « Saint Sébastien soigné par Iréne« )

Patronages.

Il est le patron des athlétes.

des archers.

des prisonniers.

des employés des pompes funébres.

des arquebusiers

des soldats.

Dictons.

A la Saint-Sébastien, l’hiver reprend ou se casse les dents.

 

Sa vie /Histoires/Légendes

Il est sans doute l’un des plus célèbres martyrs romains.

Un récit du V° siècle raconte sa vie et son martyr.

Sébastien, citoyen de Narbonne, élevé à Milan, est un soldat apprécié des empereurs Dioclétien et Maximien, qui lui confient le commandement de la première cohorte prétorienne, ignorant qu’il est chrétien. L’officier a en effet dissimulé sa foi afin de pouvoir mieux réconforter ceux qui sont promis au martyr. C’est ainsi qu’il exhorte à la fermeté les deux frères jumeaux Marcus et Marcellianus et, ce faisant, parvient à convertir aussi, par la parole et les miracles, tout leur entourage : les parents, le geôlier, sa femme, ses frères… En tout soixante-huit personnes recevront le baptême ! Le préfet Agrestius, voyant les miracles que provoquent ces conversions, finit par détruire les idoles qu’il adorait, pour se tourner vers le vrai Dieu… et obtenir la guérison ! C’est l’époque où Dioclétien et Maximien déclenchent une vaste persécution contre les chrétiens. Dioclétien accuse Sébastien d’avoir trahit sa confiance. Bien que Sébastien rappelle qu’il a toujours prié Dieu pour le salut de Rome, l’empereur ordonne de le percer de flèches, jusqu’à ce qu’il en soit criblé « comme un hérisson de ses piquants ». Après le supplice, Irène, une veuve pieuse, va prendre le corps pour l’ensevelir, mais constatant qu’il est encore vivant, le ramène chez elle pour le soigner. Guéri, Sébastien se place sur le chemin de l’empereur Dioclétien, afin de lui prouver que ce sont les prêtres païens qui accusent à tord les chrétiens. Ces derniers ne cessent de prier pour la sauvegarde de l’Empire. Arrêté, Sébastien est battu à mort et son corps est jeté dans l’égout principal de la ville. L’officier apparaît en songe à Lucine, une chrétienne, lui indique où elle trouvera son corps, et où elle aura à l’ensevelir.

 

Intercessions.

Invoqué contre la poliomyélite.

Contre la paralysie

Contre les maladies contagieuses.

Contre les fièvres.

Contre la peste

(Vénéré comme un saint efficace contre la peste, au même titre que saint Roch, saint Antoine, saint Adrien et saint Christophe. Cette vénération vient de l’efficacité d’une procession avec des reliques de Sébastien qui mit fin à une peste à Rome en 680. Invoqué à Pavie pour les mêmes causes, il obtient le même miracle. Les grandes épidémies du Moyen-Age entraînent une renaissance de cet aspect du culte de Sébastien.)

 

 

Prière à Saint Sébastien

Saint Sébastien écoute ma prière et présente là au Seigneur. Tu as été attaché et percé de flèches, mais ton corps inerte a été remis en vie.

Obtiens moi une nouvelle vigueur dans mes membres qui ne peuvent bouger, rends fermes mes pas sur les chemins que Dieu a tracé.

Saint Sébastien, mon âme est bouleversée et toute ma force m’a abandonné. Les flèches t’ont fait perdre du sang, mais pas la Foi.

Ne m’abandonne pas et aide-moi à garder l’espérance dans le Seigneur et la volonté de guérir.

Amen

 

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 Saint Roch (1350-1380)

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Fêté le^16 Août

Nom et iconographie

D’origine germanique signifie: »incertain »

On le représente habillé en pèlerin,une plaie sur la cuisse ;un chien se tient prés de lui,avec un morceau de pain .

 

Patronages.

des chirurgiens

des fossoyeurs

des pharmaciens

des pèlerins

des voyageurs

des invalides

des prisonniers.

 Dictons.

Connaissez-vous l’origine du proverbe: «C’est saint Roch et son chien» pour désigner deux personnes inséparables?

Intercessions.

Invoqué contre la peste, invocation un peu désuette aujourd’hui bien sûr, mais on peut se placer sous sa protection: lorsqu’on craint une épidémie, ou une contagion.

Pour se prémunir ou soigner les malades incurables.

Contre les rhumatismes, et les problèmes aux genoux.

Il intercède aussi pour aider à maigrir.

 

 

Prières 

Prière en cas d’épidémie

Roch, laïc pèlerin en Europe,

Pestiféré, emprisonné,

Toi qui guérissais les corps

Et amenais les hommes à Dieu,

Intercède pour nous

Et préserve-nous des misères

Du corps et de l’âme

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Coronavirus : Roch, le saint à invoquer contre les épidémies

 

Alors que l’épidémie de coronavirus semble prendre des proportions difficilement contrôlables dans le monde entier, les chrétiens peuvent se tourner vers saint Roch pour prier. Depuis le Moyen Âge et les pestes dévastatrices, c’est lui qui est invoqué comme protecteur des épidémies.

Saint Roch est le saint le plus invoqué, dès le Moyen Âge, comme protecteur contre le terrible fléau de la peste, et sa popularité est toujours aussi grande, notamment en Asie en ce moment, d’après les témoignages de missionnaires sur place. Sa protection s’est progressivement étendue au monde agricole, aux animaux, aux grandes catastrophes telles que les tremblements de terre, les épidémies et les maladies très graves. De façon plus récente, sa protection est également un exemple de solidarité humaine et de charité chrétienne, sous le signe du bénévolat.

Une vie auprès des pestiférés

Saint Roch était le fils d’un gouverneur de Montpellier. Ses parents, âgés, obtinrent sa naissance par de persévérantes prières, se promettant de donner à Dieu l’enfant qu’il leur accorderait. À la mort de ses parents — il a 20 ans — il décide alors de vendre ses biens, de se faire pauvre du Christ à l’exemple de saint François d’Assise. Il entre dans le Tiers-Ordre, et, vêtu en pèlerin, il prend le chemin de Rome, en demandant l’aumône. La peste sévissant en Italie, il se dévoue aux soins des pauvres pestiférés et il obtient beaucoup de guérisons.

Atteint à son tour de la maladie, et de retour à Montpellier, il est mourant et se retire dans une cabane dans les bois où un chien va lui apporter chaque jour un petit pain. D’où sa représentation dans l’histoire de l’art avec un chien à ses côtés. Miraculeusement guéri, il réapparait à Montpellier sans donner son identité et, considéré comme espion, il est mis en prison. Il y meurt au bout de cinq ans après avoir reçu les sacrements en révélant alors sa véritable identité au prêtre.

Peu de temps après sa mort, son culte devient très populaire en Italie, en France puis dans toute l’Église. Saint Roch est le protecteur notamment invoqué lors des épidémies de peste, depuis le concile de Ferrare, après les graves ravages de ce mal venu d’Orient et transmis par les marins, en particulier à Venise, Marseille, Lisbonne, Anvers et en Allemagne… Il est fêté le 16 août.

 

Voici une petite prière d’intercession à saint Roch :

Roch, laïc pèlerin en Europe,
Pestiféré, emprisonné,
Toi qui guérissais les corps
Et amenais les hommes à Dieu,
Intercède pour nous
Et préserve-nous des misères
Du corps et de l’âme.

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ARTS, CORONAVIRUS, EPIDEMIES, MALADIES, PANDEMIES, PESTE, QUAND L'ART EXORCISE NOS PEURS FACE AUX EPIDEMIES

Quand l’art exorcise nos peurs face aux épidémies

Virus : de « La peste » à « Pandémie » :

six œuvres pour conjurer nos peurs

Alors qu’un nouveau coronavirus venu de Chine affole la planète, voici six œuvres, du roman aux jeux vidéo, qui conjurent nos angoisses.

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Les membres de l’équipe médicale prêtent serment avant de partir pour la province du Hubei à l’hôpital de Chine occidentale de l’Université du Sichuan à Chengdu, capitale de la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, le 7 février 2020.WANG XI

 

1.Viscéral

A Plague Tale : Innocence

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Jeu vidéo. 1348. Dans l’Aquitaine occupée par les Anglais, en pleine guerre de Cent Ans, la jeune Amicia de Rune doit fuir l’Inquisition avec son frère Hugo, porteur d’une étrange maladie. Elle comprend rapidement que, bien plus que l’Inquisition, le grand danger c’est la peste, et les terrifiantes nuées de rats porteurs de la maladie qui surgissent partout. C’est dans cette ambiance horrifique, souvent extrêmement violente (le jeu est fortement déconseillé au moins de 18 ans), que le joueur est plongé. Si le contexte est historique, le scénario de A Plague Tale : Innocence – un jeu français, comme son nom ne l’indique pas – tourne peu à peu au fantastique. Sorti en mai 2019, il a marqué les esprits grâce à des scènes aussi fascinantes que traumatisantes et à des choix moraux parfois déchirants. Une expérience viscérale de la peste.

Asobo Studio/Focus Home Interactive. 45 € sur PC ; 50 € sur PS4 et XBox One.

 

 

  1. Symbolique

La Peste

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Première et dernière de couverture depliées de l’edition en 1955 dans le «Livre de poche» du roman d’Albert Camus «La peste» (n°132). Il s’agit de la premiere publication en livre de poche d’un ouvrage de Camus. «L’etranger» y sera publie en 1959, malgré les réticentes de Camus a voir ce livre figurer dans cette collection. / ©Gusman/Leemage

Roman. Albert Camus n’en a jamais fait mystère : La Peste, publiée en 1947, relève de la métaphore. Derrière les rats qui, « les babines entrouvertes », saignent et meurent dans les immeubles d’Oran, il faut discerner cette autre épidémie brune qui a meurtri l’Europe : le nazisme.

De la même manière, dans l’engagement corps et âme du docteur – et narrateur – Bernard Rieux pour traiter les pestiférés, il faut reconnaître cet autre humanisme qui a sauvé le Vieux Continent : la résistance. L’épigraphe du roman, que Camus a emprunté à Daniel Defoe, l’auteur de Robinson Crusoé – mais aussi d’un Journal de l’année de la peste –, met les lecteurs sur la voie : « Il est aussi raisonnable de représenter une espèce d’emprisonnement par une autre que de représenter n’importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui n’existe pas. » La liberté essentielle de la littérature, et même de l’art.

Albert Camus. Folio, 368 p., 7,50 €.

 

 

  1. Saisissant

L’ex-voto de Naples

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Fabio

Peinture. En 1656 à Naples, une terrible épidémie de peste fit 200 000 morts, décimant la moitié de la population. Quand des trombes d’eau providentielles ralentirent enfin la propagation du mal, les habitants attribuèrent ce miracle à saint Janvier, qui les avait déjà sauvés d’une éruption du Vésuve.

Le vice-roi de Naples commanda donc à Luca Giordano cet ex-voto pour l’église Santa Maria del Pianto. Exposé jusqu’au 23 février au Petit Palais à Paris, dans le cadre de la rétrospective consacrée à l’artiste, Saint Janvier intercédant pour la cessation de la peste de 1656 impressionne avec ses cadavres livides, typiques du naturalisme caravagesque. Les corps entassés sont empruntés à une fresque de Mattia Preti peinte un peu plus tôt. Les romantiques français s’en inspireront à leur tour, notamment Géricault pour Le Radeau de la Méduse. Notez au second plan le monatto, masque sur le nez, qui évacue les cadavres. La peste de 1656 emporta les principaux rivaux de Giordano – Massimo Stanzione et Bernardino Cavallino –, lui laissant, à 22 ans, le champ libre.

 

 

  1. Héroïque

Pandémie

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Série documentaire. C’est une guerre sans relâche que mènent, partout à travers le monde, des milliers de médecins, chercheurs, vétérinaires et législateurs. Une guerre contre un ennemi invisible, mais terriblement dangereux : le virus de la grippe. Pandémie, la nouvelle série documentaire de Netflix, suit le combat de quelques-uns de ces héros inconnus qui se battent en première ligne contre l’épidémie.

De New York au Rajasthan, de la RD-Congo à l’Égypte et au Guatemala, tous œuvrent avec un objectif : détecter, contenir et, éventuellement, empêcher l’émergence d’une souche du virus aussi contagieuse et mortelle que la « grippe espagnole » de 1918 – qui contamina un tiers de la population mondiale, et tua entre 50 et 100 millions de personnes. Des femmes et des hommes inspirants, souvent portés par la foi, qui doivent affronter des obstacles parfois inattendus : violences contre les équipes médicales en RD-Congo, militants « antivax » aux États-Unis… Un documentaire qui se regarde comme un thriller, à déconseiller aux hypocondriaques.
Netflix

 

 

  1. Autobiographique

Pilules bleues

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Frederik Peeters. Éd. Atrabile, 208 p., 22 €.

  1. Que faire après l’infection ? Comment vivre avec un virus qui ne disparaît pas ? Comment, au-delà des statistiques inquiétantes de l’épidémie et des traitements efficaces mais lourds, ne pas se résigner à seulement survivre ? Toutes ces questions, l’auteur suisse Frederik Peeters ne se les était pas posées avant de tomber amoureux de Cati au début des années 2000. Elle lui apprend vite qu’elle et son fils de 4 ans ont le corps infecté par le VIH.

La belle histoire d’amour qui commence est alors assaillie par le monde extérieur, les inquiétudes des proches, les consignes des médecins, mais aussi, plus fortement, par les peurs intimes. Celles de la contagion, d’une vie sous surveillance, d’une mort toujours présente. Avec une délicatesse et un respect infini, cet album autobiographique datant de 2001, plusieurs fois récompensé, raconte du point de vue du compagnon comment l’amour représente le meilleur allié des fameuses pilules bleues de la trithérapie. Pour devenir ensemble plus forts et plus vivants.

Frederik Peeters. Éd. Atrabile, 208 p., 22 €.

 

  1. Baroque

L’Armée des 12 singes

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L’armée des 12 singes, 1995, réalisé par Terry Gillian, avec Bruce Willis. / Universal pictures / Atlas enter/COLLECTION CHRISTOPHEL

Film. Tout a commencé par une fièvre étrange, en 1996. Et puis, et puis, en quelques mois, 5 milliards d’humains ont disparu de la surface de la Terre, fauchés par un puissant virus. En 2035, seuls quelques rescapés se terrent encore dans des sous-sols. L’un d’eux, James Cole (Bruce Willis), est envoyé dans le passé pour tenter d’intercepter le fameux virus… En 1995, l’ex-Monty Python Terry Gilliam signait ce film futuriste et fou, déroutant et baroque, décrivant un monde contemporain à l’agonie, sur le point d’étouffer sous les excès climatiques, économiques, consuméristes.

Et si c’était justement lorsqu’il s’apprêtait à disparaître que le monde devenait aimable ? Seulement, l’humain peut bien essayer de vouloir changer les choses, la messe est dite. Dans ce tableau apocalyptique, L’Armée des 12 singes laisse pourtant éclater une lueur d’espoir qu’aucun savant fou ne pourrait étouffer : au cœur du chaos, quand tout s’effondre, le sentiment amoureux est, sans doute, la seule expérience qui demeure.

En DVD, 12,99 €. À partir de 3,99 € en VOD.

 

https://www.la-croix.com/Culture/Virus-peste-Pandemie-six-oeuvres-conjurer-peurs-2020-02-10-1201077383?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_content=20200210