CREDO, EGLISE CATHOLIQUE, FINS DERNIERES, RESURRECTION

La Résurrection de la chair

LA RÉSURRECTION DES CORPS, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Resurrection-2

Voici la réponse du théologien Bernard Sesboüé. Il est l’auteur notamment de « La résurrection et la vie. Petite catéchèse sur les choses de la fin » (DDB)

 

Comment la pensée biblique en est-elle venue à élaborer l’espérance de la résurrection ?  

 

  1. Bernard Sesboüé :

Dans la croyance primitive, le grand bien de l’homme, c’est la vie, et la mort apparaît comme la catastrophe. Pourtant, tout n’est pas fini avec elle. À la mort, l’homme va au « shéol »  ou «enfers», équivalent juif de l' »hadès » des Grecs, c’est-à-dire un lieu de ténèbres, de poussière et de silence. Une sorte de prison avec des portes, où des ombres mènent une vie extrêmement pâlote, semblable à un triste sommeil. Ce « shéol » n’est pas un lieu de punition, c’est un lieu d’oubli, un lieu où l’homme ne peut plus connaître Dieu. De même que le corps se dégrade, de même le souffle de vie s’exténue dans un sommeil privé de tout bonheur. Cette conception a peu à peu évolué sous une triple poussée. L’amour, d’abord : le peuple juif veut vivre sans interruption et sans fin avec Dieu. La justice, ensuite : le « shéol » nivelle définitivement tous les humains, quelles qu’aient été leurs actions, ce qui fait scandale au regard de la justice de Dieu et contredit l’espérance des martyrs. La vie, enfin : le Dieu de la vie est plus fort que la mort. Ce parcours représente des étapes que nous avons nous aussi à parcourir quelle que soit la force de notre foi, depuis la perception du scandale de la mort et l’expérience souffrante de la séparation qui semble si proche de la tombée dans le néant, jusqu’à la prise en compte de notre espérance d’une vie au delà de cette vie, espérance qui habite tout homme au plus profond de lui-même. 

 

Quel nouveau seuil est franchi par le Nouveau Testament ?

Jésus annonce la venue du Royaume de Dieu. Il proclame les Béatitudes, charte de ce Royaume, et raconte des paraboles afin de permettre à chacun de se convertir à la Bonne nouvelle. Mais il ne fait pas que parler. Il agit. Le Royaume qu’il annonce, il l’inaugure par sa présence et par ses gestes. Il guérit les malades et ressuscite les morts : le fils de la veuve de Naïm, la fille de Jaïre, Lazare. À la question : « En quoi consiste le Royaume de Dieu  ? », il apporte ainsi une réponse simple : ceux qui y croient reviennent à la vie. Jésus lui-même a traversé l’épreuve de la mort. Mais il en a changé le sens en aimant les siens jusqu’au bout. Sa mort a été une « mort pour nous ». Il a donné sa vie pour nous donner la vie. Avec sa résurrection, nous arrivons au cœur du message chrétien sur l’homme et son salut    Que signifie la résurrection de Christ ?    D’abord, un premier constat : le tombeau est trouvé ouvert et vide. Le corps de Jésus a disparu. Second constat : en ressuscitant, Jésus n’est pas revenu à son état de vie antérieur. Il se donne à voir d’une manière soudaine et gratuite qui échappe aux lois de notre espace et de notre temps. Mais il n’est ni un esprit, ni un pur fantôme : la résurrection concerne la totalité de sa personne, y compris son corps mortel. Ces points sont d’une importance décisive pour nous, car la résurrection de Jésus est en quelque sorte la parabole en acte de ce que doit être notre résurrection. Tel il est ressuscité, tel nous ressusciterons.   

 

Comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps ?

Saint Paul (1 Co 15) fait une comparaison : celle de la graine minuscule qui meurt, se dissout dans le sol, avant de donner naissance au corps tout nouveau de la plante. Pour Paul et ses contemporains, complètement ignorants du processus biologique qui fait passer de l’une à l’autre, il s’agit proprement d’un miracle. Autrement dit, après une transformation radicale, l’être corporel concret donne naissance au corps « spirituel », glorieux et céleste. Sur la lancée de Paul, et en tenant compte de toutes les données de la philosophie, de l’anthropologie et de la théologie contemporaines, nous pouvons tenter de définir le passage au corps ressuscité. Nous savons que le corps ne peut être réduit ni à ses éléments psysico-chimiques, ni à une réalité organique et biologique. Il est ce en quoi et par quoi l’homme reçoit et vit une existence personnelle, exerce et manifeste sa liberté dans son rapport à lui-même, aux autres, à Dieu. C’est dans et par son corps que l’homme entre en communication avec les autres et avec lui-même, qu’il aime, souffre, travaille, éprouve joie et plaisir. Le corps, c’est donc nous-mêmes. L’annonce de la résurrection de la chair, que nous proclamons dans le credo, signifie que l’homme sera sauvé dans tout ce qu’il est. Il y aura continuité, et discontinuité : continuité de notre identité, discontinuité puisqu’il y aura la brisure de la mort. Le corps ressuscité sera libéré de toutes les contraintes et nécessités naturelles qui le rendaient périssable.   

 

Peut-on avoir une représentation de ce corps ressuscité ?  

À strictement parler, non, parce qu’un tel corps échappe radicalement au monde de nos représentations terrestres. Nous pouvons nous servir des apparitions de Jésus ressuscité pour en saisir quelques caractéristiques. Nous pouvons aussi penser à des moments privilégiés de notre vie, instants de grâce où notre corps semble déjà presque spiritualisé : c’est l’expérience mystique chez les saints, c’est l’expérience des moments les plus intenses de l’amour ; c’est l’expérience faite lorsque l’on fait corps par exemple avec une symphonie de Beethoven, ou que la beauté nous arrache à nous-mêmes.  

 

Quand la résurrection se produit-elle ?  

La réponse à cette question tient dans un paradoxe : nous devons dire à la fois que les morts sont déjà ressuscités et qu’ils ne le sont pas encore. En d’autres termes : ils vivent une première résurrection, qui demeure incomplète tant que l’humanité entière n’est pas parvenue à la résurrection plénière qui aura lieu lors du retour du Christ. La résurrection est une lente genèse, mais aussi un processus dynamique qui se développe entre la résurrection de Jésus au matin de Pâques et sa seconde venue dans la gloire à la fin des temps. De ce paradoxe, le mystère de Jésus lui-même peut nous donner une idée. Lui aussi a connu le temps intermédiaire du séjour de son corps au tombeau. Sa résurrection n’a été complète que lorsque le signe concret nous en a été donné : grâce à l’événement de Pâques, Jésus reprend contact et retrouve la communication avec les siens. Il achève de fonder son Église et rend possibles les sacrements, qui supposent un contact entre son corps glorifié et nos corps encore mortels.   

 

Sommes-nous tous appelés à ressusciter ?

Il suffit de regarder avec courage notre vie pour découvrir tout ce que nous cachons aux autres. Nous sommes souvent incapables de porter le poids de la vérité. Or, le monde de Dieu est celui de la lumière et de la transparence, et nous ne pouvons y entrer sans devenir nous-mêmes transparents et lumineux. La nécessité du purgatoire vient de là, et non pas d’une volonté arbitraire de Dieu. Le purgatoire est un processus de purification. S’il y a souffrance, c’est celle d’un amour encore ligoté. Le choc de la rencontre de Dieu est un feu dévorant. Ne parlons-nous pas nous-mêmes du regret de nos fautes comme d’une brûlure ? Paradoxalement, cette souffrance est aussi une joie, la joie d’entrer dans la lumière et dans la vie. Le purgatoire n’est donc pas un châtiment. Il est au contraire l’expression de la grande patience de Dieu, qui maintient jusque dans l’au-delà la possibilité de notre conversion totale à l’amour (…) 

 

Source : croire.com

CATECHISME DE L'EGLISE CATHOLIQUE, CREDO, EGLISE CATHOLIQUE, PROFESSION DE FOI DE L'EGLISE CATHOLQIUE

L’Eglise est une, sainte, catholique et apostolique

L’EGLISE EST UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE

LES COMMUNAUTES QUI SE SONT DETACHEES DE ROME AU COURS DES SIECLES. LES AUTRES RELIGIONS NON-CHRETIENNES

 

Jésus-Eglise

PREMIERE PARTIE LA PROFESSION DE LA FOI

DEUXIÈME SECTION LA PROFESSION DE LA FOI CHRETIENNE

CHAPITRE TROISIEME JE CROIS EN L’ESPRIT SAINT

Article 9  » JE CROIS A LA SAINTE ÉGLISE CATHOLIQUE « 

Paragraphe 3. L’ÉGLISE EST UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE

 

  1. – C’est là l’unique Eglise du Christ, dont nous professons dans le symbole qu’elle est « une, sainte, catholique et apostolique » (LG 8). Ces quatre attributs, inséparablement liés entre eux (DS 2888) ; indiquent des traits essentiels de l’Eglise et de sa mission. L’Eglise ne les tient pas d’elle-même ; c’est le Christ qui, par l’Esprit Saint, donne à son Eglise, d’être une, sainte, catholique et apostolique, et c’est Lui encore qui l’appelle à réaliser chacune de ces qualités.

 

  1. – Seule la foi peut reconnaître que l’Eglise tient ces propriétés de sa source divine. Mais leurs manifestations historiques sont des signes qui parlent clairement à la raison humaine. « L’Eglise, rappelle le premier Concile du Vatican, en raison de sa sainteté, de son unité catholique, de sa constance invaincue, est elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité et une preuve de sa mission divine » (DS 3013).

 

 – L’Eglie est une

« Le mystère sacré de l’Unité de l’Eglise » (UR 2)

 

  1. L’Eglise est une de par sa source »: « De ce mystère, le modèle suprême et le principe est dans la trinité des personnes d’un seul Dieu Père, et Fils, en l’Esprit Saint » (UR 2). L’Eglise est une de par son Fondateur: Car le Fils incarné en personne a réconcilé tous les hommes par sa Croix, rétablissant l’unité de tous en sun seul Peuple et en un seul Corps (GS 78, !3). L’Eglise et une de par son âme   « L’Espit Saint qui habite tous les croyants, qui remplit et régit toute l’Eglise, réalise cette admirable communion des fidèles et les unit intimement dans le Christ, qu’il est le principe de l’Unité de l’Eglise » (UR 2). Il est donc de l’essence même de l’Eglise d’être une :

Quel étonnant mystère ! Il y a un seul Père de l’uniers, un seul Logos de l’univers et aussi un seul Esprit Saint, partout identique ; il y a aussi une seule vierge devenue mère, et j’aime l’appeler l’Eglise ( S. Clément d’Alexandrie, paed. 1, 6).

 

  1. – Dès l’origine, cette Eglise une se présente cependant avec une grande diversité qui provient à la fois de la variété des dons de Dieu et de la multiplicité des personnes qui les reçoivent. Dans l’unité du Peuple de Dieu se rassemblent les diversités des peuples et des cultures. Entre les membres de l’Eglise existe une diversité de dons, de charges, de conditions et de modes de vie ; au sein de la communion de l’Eglise il existe légitimement des Eglise particulières, jouissant de leurs traditions propres  (LG 13). La grande richesse de cette diversité ne s’oppose pas à l’unité de l’Eglise. Cependant, le péché et le poids de ses conséquences menacent sans cesse le don de l’unité. Aussi l’apôtre doit-il exhorter à « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Ep. 4, 3).

 

  1. – Quels sont ces liens de l’unité ? « Par-dessus tout [c’est] la charité, qui est le lien de la perfection » (Col. 3, 14). Mais l’unité de l’Eglise pérégrinante est aussi assurée par des liens invisibles de communion :

– la profession d’une seule foi reçue des apôtres ;

– la célébration commune du culte divin surtout des sacrements ;

– la succession apostolique par le sacrement de l’ordre, maintenant la concorde fraternelle de la famille de Dieu (UR 2 ; LG 14 ; CIC,can. 205).

 

  1. – « L’unique Eglise du Christ, (…) est celle que notre Sauveur après sa Résurrection, remit à Pierre pour qu’il en soir le pasteur, qu’il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (…).

Cette église comme société constituée et organisée dans le monde est réalidé dans (subsistit in) l’Eglise catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les Evêques qui sont en communion avec lui » (LGG 8) :

Le Décret sur l’œcuménisme du deuxième Concile Vatican explicite : « C’est en effet, par la seule Eglise catholique du Christ, que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. Car c’est au seul collège apostolique, dont Pierre est le chef, que le Seigneur confia, selon notre foi, toutes les richesses de la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur la terre un seul Corps du Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui, d’une certaine façon, appartiennent déjà au Peuple de Dieu » (UR 3).

  

Les blessures de l’unité  

 

  1. – De fait, dans cette seule et unique Eglise de Dieu apparurent dès l’origine certaines scissions, que l’apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables ; au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus amples, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l’Eglise catholique, parfois de par la faute des personnes de l’une et de l’autre partie » (UR 3). [CIC, can. 751] ne sont pas sans les péchés des hommes :

« Où se trouve le péché, là aussi la multiplicité, là le schisme, là l’hérésie, là le conflit ; mais où se trouve la vertu, là aussi l’unité, là l’union qui faisait que tous les croyants n’avaient qu’un seul corps et une âme » (Origène, hom., in Ezech. 9, 1).

 

  1. – Ceux qui naissent aujourd’hui dans des communautés issues de telles ruptures et qui vivent la foi au Christ ne peuvent être accusés de péché de division, et l’Eglise catholique les entoure de respect fraternel de charité (…). « Justifiés par la foi reçue au Baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Eglise catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur » (UR 3).

 

  1. – Au surplus, « beaucoup d’éléments de sanctification et de vérité » (LG 8) existent en dehors des limites visibles de l’Eglise catholique : « la parole de Dieu écrite, la vie de la grâce, la foi, l’espérance et la charité, d’autres dons intérieurs du Saint-Esprit et d’autres éléments visibles (UR 3 ; LG 15).

L’Esprit du Christ se sert de ces Eglises et communautés ecclésiales comme moyens de salut dont la force vient de la plénitude de grâce et de vérité que la Christ a confié à l’Eglise catholique. Tous ces biens proviennent du Christ et conduisent à Lui (UR 3) et s’appellent par eux-mêmes « l’unité catholique » (LG 8).

  

Vers l’unité 

  1. – L’unité, « le Christ l’a accordée à son Eglise dès le commencement. Nous croyons qu’elle subsiste de façon inamissible dans l’Eglise catholique et nous espérons qu’elle s’accroîtra de jour en jour jusqu’à la consommation des siècles » (UR 4). Le Christ donne toujours à son Eglise le don de l’unité, mais l’Eglise doit toujours prier et travailler pour maintenir, renforcer et parfaire l’unité que le Christ veut pour elle.  C’est pourquoi Jésus lui-même a prié à l’heure de sa passion, et Il ne cesse de prier le Père pour l’unité de ses disciples : « Que tous soient un. Comme Toi, Père, Tu es en Moi et Moi en Toi, qu’eux aussi soient un en Nous, afin que le monde croie que Tu m’as envoyé » (Jn 17, 21).

Le désir de retrouver l’unité de tous les chrétiens est un don du Christ et un appel de l’Esprit Saint (UR 1).

 

  1. – Pour y répondre adéquatement sont exigés :

– un renouveau permanent de l’Eglise dans une fidélité plus grande à sa vocation. Cette rénovation est le ressort du mouvement vers l’unité (UR 6) ;

– la conversion du cœur en vue de vivre plus purement selon l’Evangile » (UR 7) car c’est l’infidélité des membres au don du Christ qui cause les divisions ;

– la prière en commun, car la conversion du cœur et la sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l’unité des chrétiens, doivent être regardées comme l’âme de tout œcuménisme et peuvent être à bon droit appelées œcuménisme spirituel (UR 8) ;

– la connaissance réciproque et fraternelle (UR 9) ;

– la formation œcuménique – des fidèles et spécialement des prêtres (UR 10) ;

le dialogue entre les théologiens et les rencontres entre les chrétiens des différentes Eglises et communautés  (UR 4 ; 9 ; 11) ;

– la collaboration entre chrétiens dans les divers domaines du service des hommes (UR 12).

822. – Le souci de réaliser l’union concerne toute l’Eglise, fidèles et pasteurs (UR 5). Mais il faut aussi « avoir conscience que ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l’unité d’une seule et unique Eglise du Christ dépasse les forces et les capacités humaines ». C’est pourquoi nous mettons tout notre espoir dans la prière du Christ pour l’Eglise, dans l’amour du Père à notre égard et dans la puissance du Saint-Esprit » (UR 24). 

II L’EGLISE EST SAINTE

 

823 – « L’Eglise (…) est aux yeux de la foi indéfectiblement sainte. En effet le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le Père et l’Esprit, est proclamé seul saint, a aimé l’Eglise comme son épouse, il s’est livré pour elle afin de la sanctifier, il se l’est unie comme son Corps et l’a comblée du don de l’Esprit Saint pour la gloire de Dieu » (LG 39). L’Eglise est donc « le Peuple saint de Dieu » (LG 12) et ses membres sont appelés « saints » (Ac 9, 13 ; 1 Co 6, 1 ; 16, 1).

 

824 – L’Eglise, unie au Christ, est sanctifiée par Lui ; par Lui et en Lui elle devient aussi sanctifiante.  Toutes les œuvres de l’Eglise tendent comme à leur fin, à la sanctification des hommes dans le Christ et à la glorification de Dieu (SC 10). C’est dans l’Eglise qu’est déposée « la plénitude des moyens de salut » (UR 3). C’est en elle que « nous acquérons la sainteté par la grâce de Dieu » (LG 48).

825 – « Sur la terre l’Eglise s’est parée d’une sainteté véritable, bien qu’imparfaite » (LG 48). En ses membres, la sainteté parfaite est encore à acquérir : « Pourvue des moyens salutaires d’une telle abondance et d’une telle grandeur, tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père » (LG 11).

 

  1. – « La charité est l’âme de la sainteté à laquelle tous sont appelés : « Elle dirige tous les moyens de sanctification, leur donne leur âme et les conduit à leur fin » (LG 42) :

« Je compris que si l’Eglise avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquât pas, je compris que l’Eglise avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d’amour.  Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Eglise, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang (…). Je compris que l’Amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait toutes les tmps et tous les lieux (…) en un mot, qu’il est éternel ! ».  (Se Thérèse de l’Enfant-Jésus, ms. autob. B 3v.)

 

  1. – « Tandis que le Christ saint, innocent, sans tache, venu uniquement pour expier les péchés du peuple, n’a pas connu le péché, l’Eglise, elle, qui renferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement » (LG 8 ; UR 3 ; 6); t  » Tous les membres de l’Eglise, ses ministres y compris, doivent se reconnaître pécheurs (Jn 1, 8, 10)

En tous, l’ivraie du péché se trouve mêlée au bon gain de l’Evangile jusqu’à la fin des temps (Mt 13, 24-30). L’Eglise rassemble donc des pécheurs saisis par le salut du Christ mais toujours en voie de sanctification :

L’Eglise est sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu’elle n’a elle-même d’autre vie que celle de la grâce : c’est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient ; c’est en se soustrayant à sa vie qu’ils tombent dans le péché et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. C’est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ses fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l’Esprit Saint (SPF 19).

 

  1. – En canonisant certains fidèles, c’est-à-dire en proclamant solennellement que ces fidèles ont pratiqué héroïquement les vertus et vécu dans la fidélité à la grâce de Dieu, l’Eglise reconnait la puissance de l’Esprit Saint qui est en elle et elle soutient l’espérance des fidèles en leur donnant comme modèles et intercesseurs (LG 40 ; 48-51).

« Les saints et les saintes ont toujours été source et origine de renouvellement dans les moments les plus difficiles de l’histoire de l’Eglise » (CL 16, 3). En effet, « la sainteté est la source secrète et la mesure infaillible de son activité apostolique et de son élan missionnaire ». (CL 17, 3).

 

  1. – « En la personne de la bienheureuse Vierge l’Eglise atteint déjà à la perfection qui la fait sans tache ni ride. Les fidèles du Christ, eux, sont encore tendus dans leur effort pour croître en sainteté par la victoire sur le péché : c’est pourquoi ils lèvent les yeux vers Marie » (LG 65)829: en elle l’Eglise est déjà toute sainte.

 

  1. L’Eglise est Catholique.

Que veut dire « catholique » ?

 

830.- Le mot « catholique » signifie « universel » dans le sens de « selon la totalité » ou « selon l’intégralité ». L’Eglise est catholique dans un double sens :

Elle est catholique parce qu’en elle le Christ est présent. « Là où est le Chris, t,  Jésus, là est l’Eglise catholique » (S. Ignace d’Antioche, Smyrn   8, 2). En elle subsiste la plénitude du Corps du Christ uni à sa Tête (Ep. 1, 22-23), ce qui implique qu’elle reçoive de lui « la plénitude des moyens de Salut (AG 6) qu’Il a voulus : confession de foi droite et complète, vie sacramentelle intégrale  et ministère ordonné dans la succession apostolique.. L’Eglise était, en ce sens fondamental, catholique au jour de la Pentecôte (AG 4) et elle le sera toujours jusqu’au jour de la Parousie.

 

  1. – Elle est catholique parce qu’elle est envoyée en mission par le Christ à l’universalité du genre humain (Mt 28, 19) :

Tous les hommes sont appelés à faire partie du Peuple de Dieu. C’est pourquoi ce Peuple, demeurant un et unique, est destiné à se dilater aux dimensions de l’univers entier et à toute la suite des siècles pour que s’accomplisse ce que s’est proposé la volonté de Dieu créant à l’origine la nature humaine dans l’unité, et décidant de rassembler enfin dans l’unité ses fils dispersés (…). Ce caractère d’universalité qui brille sur le Peuple de Dieu est un don du Seigneur lui-même, grâce auquel l’Eglise catholique, efficacement et perpétuellement, tend à récapituler l’humanité entière avec tout ce qu’elle comporte de biens sous le Christ, dans l’unit de son Esprit (LG 13).

Chaque Eglise particulière est « catholique ».

  1. – « L’Eglise du Christ est vraiment présente en tous les légitimes groupements locaux de fidèles qui, unis à leurs pasteurs, reçoivent, dans le Nouveau Testament, eux aussi, le nom d’Eglises (…). 832″ En elles, les fidèles sont rassemblés par la prédication de l’Evangile du Christ, le mystère de la Cène du Seigneur est célébré (…). Dans ces communautés, si petites t pauvres qu’elles puissent être souvent ou dispersées, le Christ est présent par la vertu de qui se constitue l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique » (LG 26).

 

  1. – On entend par l’Eglise particulière, qui rdt d’abord le diocèse (ou l’éparchie), une communauté de fidèles chrétiens en communion dans la foi et les sacrements avec leur évêque ordonné dans la succession apostolique (CD 11 ; CIC, can. 368-369 ; CCEO 177, 1 ; 178 ; 311, 1 ; 312).

Ces Eglises particulières « sont formées à l’image de l’Eglise universelle ; c’est en elles et à partir d’elles qu’existe l’Eglise catholique une et unique » (LG 23).

 

  1. – Les Eglises particulières sont pleinement catholiques par la communion avec l’une d’entre elles : l’Eglise de Rome « qui préside à la charité » (S. Ignace d’Antioche, Rom. 1, 1). « Car avec cette Eglise, en raison de son origine plus excellente doit nécessairement s’accorder toute l’Eglise, c’est-à-dire les fidèles de partout » ( S. Irénée, Haer. 3, 3, 2 : repris par Cc. Vatican I : DS 3057). « En effet dès la descente vers nous du Verbe incarné, toutes les Eglises chrétiennes de partout ont tenu et tiennent la grande Eglise qui est ici [à Rome] pour unique base et fondement parce que, selon les promesses même du Sauveur, les portes de l’enfer n’ont jamai prévalu contre elle » (S.. Maxime le Confesseur, opusc. : PG 91, 137-140).

 

  1. – « L’Eglise universelle ne doit pas être comprise comme une simple somme ou fédération d’églises particulières. Mais c’est bien plus l’Eglise, universelle par vocation et mission, qui prend racine dans une variété de terrains culturels, sociaux et humains, prenant dans chaque partie du monde des aspects et des formes d’expression diverses » (EN 62).

La riche variété de disciplines ecclésiastiques, de rites liturgiques, de patrimoines théologiques et spirituels propres aux Eglises locales « montre avec plus d’éclat, par leur convergence dans l’unité, la catholicité de l’Eglise indivise » (LG 23).

 

Qui appartient à l’Eglise catholique ?

 

  1. – « A l’unité catholique du Peuple de Dieu (…) tous les hommes sont appelés : à cette unité appartiennent sous diverses formes ou sont ordonnés les fidèles catholiques et ceux qui, par ailleurs, ont foi dans le Christ, et finalement tous les hommes sans exception que la grâce de Dieu appelle au salut » (LG 13).

 

  1. – « Sont incorporés pleinement à la société qu’est l’Eglise ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et tous les moyens de salut institués en elle, et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement de l’Eglise, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les évêques. L’incorporation à l’Eglise, cependant, n’assure pas le salut pour celui qui faute de persévérer dans la charité, reste bien « de corps » au sein de l’Eglise, mais non « de cœur » (LG 14).

 

  1. « Avec ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l’unité de communion avec le successeur de Pierre, l’Eglise se sait unie pour de multiples raisons » (LG 15). « Ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le Baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Eglise catholique » (UT 3). Avec les Eglises orthodoxes, cette communion est si profonde « qu’il lui manque bien peu pour qu’elle atteigne la plénitude autorisant une célébration commune de l’Eucharistie du Seigneur » (Paul VI, discours du 14 décembre 1975 ; UR 13-18).

 

 L’Eglise et les non-chrétiens

 

  1. – Quant à ceux qui n’ont pas encore reçu l’Evangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu (LG 16) :

Le rapport de l’Eglise avec le Peuple Juif.

L’Eglise, Peuple de Dieu dans la Nouvelle Alliance, découvre en scrutant son propre mystère, son lien avec le Peuple Juif (NA 4). L’Eglise, Peuple de Dieu dans la Nouvelle Alliance, découvre dans la Nouvelle, en scrutant son propre mystère, son lien avec le Peuple Juif (NA 4)° à qui Dieu a parlé en premier ».

(MR, Vendredi Saint 13 : oraison universelle VI). A la différence des autres religions non-chrétiennes la foi juive est déjà la réponse à la révélation de Dieu dans l’Ancienne Alliance. C’est au Peuple  (MR, Vendredi Saint 13 : oraison universelle . A la différence des autres religions non-chrétiennes, la foi juive est déjà la réponse à la révélation.. C’est au Peuple Juif qu’ « appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, lui de qui est né, selon la chair le Christ » (Rm 9, 4-5) car « les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance » (Rm 11, 29).

 

  1. – Par ailleurs, lorsque l’on considère l’avenir, le Peuple de Dieu de l’Ancienne Alliance et le nouveau Peuple de Dieu tendent vers des buts analogues : l’attente (ou le retour) du Messie. Mais l’attente est d’un côté du retour du Messie, mort et ressuscité, reconnu comme Seigneur et Fils de Dieu, de l’autre de la venue du Messie, dont les traits restent voilés, à la fin des temps, attente accompagnée du drame de l’ignorance ou de la méconnaissance du Christ Jésus.

 

  1. Les relations de l’Eglise avec les musulmans. « Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, en déclarant qu’ils gardent la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, juge des hommes au dernier jour » (LG 16 ; NA 3).

 

  1. Le lien de l’Eglise catholique avec les religions nonchrétiennes s’est d’abord celui de l’origine et de la fin commune du genre humain.

En effet, tous les peuples forment une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter toute la race humaine sur la face de la terre ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous, jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la cité sainte (NA 1).

 

  1. – L’Eglise reconnaît sans les autres religions la recherche, « encore dans les ombres et sous les images », du Dieu inconnu mais proche puisque c’est Lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses et puisque il veut que tous les hommes soient sauvés. Ainsi, l’Eglise considère tout ce qui peut se trouver de bon et de vrai dans les religions « comme une préparation évangélique et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que finalement, il ait la vie ». (LG 16 ; NA 2 ; EN 53).

 

  1. – Mais dans leur comportement religieux, les hommes montrent aussi les limites et les erreurs qui défigurent en eux l’image de Dieu : « Bien souvent, trompés par le malin, ils se sont égarés dans leurs raisonnements, ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, en servant la créature de préférence au Créateur ou bien vivant et mourant sans Dieu en ce monde, ils sont exposés à l’extrême désespoir » (LG 16)°.

 

  1. – C’est pour réunir de nouveau tous ses enfants que le péché a dispersés et égarés que le Père a voulu convoquer toute l’humanité dans l’Eglise de son Fils. L’Eglise est le lieu où l’humanité doit retrouver son unité et son salut. Elle est « le monde réconcilié » (S. Augustin, serm. 96, 7,9 : PL 38, 588). Elle est ce navire qui « navigue en ce monde au souffle du Saint-Esprit sous la pleine voile de la Croix du Seigneur » (S. Ambroise, virg. 18, 118 : PL 16, 297B) ; selon une autre image chère aux Pères de l’Eglise, elle est figurée par l’Arche de Noé qui seule sauve du déluge (cf déjà 1 P 3, 20-21). « Hors de l’Eglise pont de salut ».

 

  1. – Comment faut-il entendre cette affirmation souvent répétée par les Pères de l’Eglise ? Formulée de façon positive, elle signifie que tout salut vient du Christ- :

Appuyée sur la Sainte Ecriture et sur la Tradition, le Concile enseigne que cette Eglise en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul en en effet, le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l’Eglise ; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du Baptême, c’est la nécessité de l’Eglise elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du Baptême, qu’il nous a confirmée en même temps. C’est pourquoi ceux qui refusent d’entrer dans l’Eglise catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient être sauvés » (LG 14).

 

  1. – Cette affirmation ne vise pas ceux qui, sans leur faute, ignorent le Christ et son Eglise :

En effet, ceux qui sans faute de leur part, ignorent l’Evangile du Christ et son Eglise, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de la grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, ceux là peuvent arriver au salut éternel » (LG 16 ; DS 3866-3872).

 

  1. – « Bien que Dieu puisse par des voies connues de lui seul amener à la foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu (He 11, 6) des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l’Evangile, l’Eglise a le devoir en même temps que le droit sacré d’évangéliser» (AG 7) tous les hommes.

 

 

La mission – une exigence de la catholicité de l’Eglise

  1. Le mandat missionnaire. « Envoyée par Dieu aux nations pour être le sacrement universel du salut, l’Eglise, en vertu des exigence intimes de sa propre catholicité et obéissant au commandement de son fondateur est tendue de tout son effort vers la prédication de l’Evangile à tous les hommes » (AG 1) : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde » (MT 28, 19-20)
  1. L’origine et le but de la mission. Le mandant missionnaire du Seigneur a sa source ultime dans l’amour éternel de la Très Sainte Trinité : « De par sa nature, l’Eglise, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père » (AG 2). Et le but dernier de la mission n’est autre que de faire participer les hommes à la communion qui existe entre le Père et le Fils dans leur Esprit d’amour. (Jean-Paul II, RM 23).

 

  1. – Le motif de la mission. C’est de l’amour de Dieu pour tous les hommes que l’Eglise a de tout temps tiré l’obligation et la force de son élan missionnaire : « car l’amour du Christ nous presse… » (2 Co 5, 14 ; AA 6 ; RM 11). En effet, « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4). Dieu veut le salut de tous par la connaissance de la vérité. Ceux qui obéissent à la motion de l’Esprit de vérité sont déjà sur le chemin du salut ; mais l’Eglise à qui cette vérité a été confiée, doit aller à la rencontre de leur désir pour la leur apporter. C’est parce qu’elle croit au dessin universel de salut qu’elle doit être missionnaire.

 

852. Les chemins de la mission. « L’Esprit Saint ’est le protagoniste de toute la mission ecclésiale » » (RM 21). « C’est lui qui conduit l’Eglise sur les chemins de la mission. Celle-ci continue et développe au cours de l’histoire la mission du Christ lui-même, qui fut envoyé pour annoncer aux pauvres la Bonne Nouvelle ; c’est donc par la même route qu’a suivi le Christ lui-même que, sous la poussée de l’Esprit du Christ, l’Eglise doit marcher, c’est-à-dire par

la route de la pauvreté, de l’obéissance, du service et de l’immolation de soi jusqu’à la mort, dont il est sorti victorieux par sa résurrection » (AG 5).  » (RM 21). C’est ainsi que « le sang des martyrs est une semence de chrétiens » (Tertullien, apol. 50).

 

  1. Mais dans son pèlerinage l’Eglise fait aussi l’expérience de la « distance qui sépare le message qu’elle révèle et la faiblesse humaine de ceux auxquels cet Evangile et confié » (GD 43, § 6). Ce n’est qu’en avançant sur le chemin de l »a pénitence et du renouvellement » (LG 8 ; 15) et par la « porte «étroite de la Croix » (AG 1) que le Peuple de Dieu peut étendre le règne du Christ (RM 12-20). En effet, « comme c’est dans la pauvreté et la persécution que le Christ a opéré la Rédemption, l’Eglise elle aussi est appelée à entrer dans cette voie pour communiquer aux hommes « les fruits du salut. (LG 8).

 

  1. – Par sa mission même « l’Eglise fait route avec toute l’humanité et partage le sot terrestre du monde ; elle est comme le ferment et, pour ainsi dire, l’âme de la société humaine appelée à être renouvelée dans la Christ et transformée en famille de Dieu » (G 40, § 2). L’effort missionnaire exige donc la patience. Il commence par l’annonce de l’Evangile aux peuples et aux groupes qui ne croient pas au Christ (RM 42-47) ; il se poursuit dans l’établissement de communautés chrétiennes qui soient des « signes de la présence de Dieu dans le monde » (AG 15), et dans la fondation d’Eglises locales (RM 48-49) ; il engage un processus d’inculturation pour incarner l’Evangile dans les cultures des peuples (RM52-54) ; il ne manquera pas de connaître aussi des échecs. « En ce qui concerne les hommes, les groupes humains et les peuples, l’Eglise ne les atteint et ne les pénètre que progressivement, et les assume ainsi dans la plénitude catholique » (AG 6).

 

  1. – La mission de l’Eglise appelle l’effort vers l’unité des chrétiens (RM 50). En effet « les divisions entre chrétiens empêchent l’Eglise de réaliser la plénitude de catholicité qui lui est propre en ceux de ses fils qui, certes, lui appartiennent par le Baptême, mais se trouvent séparés de sa pleine communion. Bien plus, pour l’Eglise elle-même, il devient plus difficile d’exprimer sous tous ses aspects la plénitude de la catholicité dans la réalité même de sa vie » (UR 4).

 

  1. – La tâche missionnaire implique un dialogue respectueux avec ceux qui n’acceptent pas encore l’Evangile (RM 55). Les croyants peuvent tirer profit pour eux-mêmes de ce dialogue en apprenant à mieux connaître « tout ce qui se trouvait déjà de vérité et de grâce chez les nations comme une secrète présence de Dieu » (AG 9). S’ils annoncent la Bonne Nouvelle à ceux qui l’ignorent, c’est pour consolider, compléter et élever la vérité et le bien que Dieu a répandu parmi les hommes et les peuples, et pour les purifier de l’erreur et du mal pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme » (AG 9).

 

  1. IV L’Eglise est apostolique

 

  1. – L’Eglise est apostolique parce qu’elle est fondée sur les apôtres, et ceci en un triple sens :

– elle a été et demeure bâtie sur le « fondement des apôtres » (Ep 2, 20 ; Ap 21, 14), témoins choisis et envoyés en mission par le Christ lui-même (Mt 28, 16-20 ; Ac 1, 8 ; 1 Co 9, 1 ; 15, 7-8 ; Ga 1,1 ; etc.)

– elle garde et transmet, avec l’aide de l’Esprit qui habite en elle, l’enseignement (Ac 2, 42), le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres (Tm 1, 13-14) ;

– elle continue à être enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu’au retour du Christ grâce à ceux qui leurs succèdent dan leur charge pastorale ; le collège des évêques, assisté par les prêtres, en union avec le successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Eglise » (AG 5) :

Père éternel, tu n’abandonnes ton troupeau, mais tu le garde par tes bienheureux apôtres sous ta constante protection. Tu le diriges encore par ces mêmes pasteurs qui continuent aujourd’hui l’œuvre de ton Fils (MR, ¨Préface des apôtres).

 

La mission des apôtres

 

  1. – Jésus est l’Envoyé du Père. Dès le début de son ministère, il « appela à lui ceux qu’il voulut, et il en institua Douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher » (Mc 3, 13-14)

Dès lors, ils seront ses « envoyés » (ce que signifie le mot grec apostoloi). En eux continue sa propre mission : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21 ; 13, 20, 17,18). Leu ministère est donc la continuation de sa propre mission : « Qui vous accueille, M’accueille » dit-il aux Douze (MT 10, 40 ; Lc 10,16)..

 

  1. – Jésus les unit à sa mission reçue du Père : comme « le Fils ne peut rien faire de Lui-même » (Jn 5, 19,20), mais reçoit tout du Père qui l’a envoyé, ainsi ceux que Jésus envoie ne peuvent rien faire sans Lui (Jn 15, 5) de qui ils reçoivent le mandat de mission et le pouvoir de l’accomplir. Les apôtres du Christ savent donc qu’ils sont qualifiés comme « ministres d’une alliance nouvelle » (2 Co 3, 6), « ministres de Dieu » (2 Co 6, 4), « en ambassadeurs pour le Christ » (2 Co 5, 20), serviteurs du Christ et dispensateurs des mystères de Dieu » (1 CO 4,1).°

 

  1. 6 Dans la charge des apôtres, il y a un aspect intransmissible : être les témoins choisis de la Résurrection du Seigneur et les fondements de l’Eglise. Mais il y a aussi un aspect permanent de leur charge. Le Christ leur a promis de rester avec eux jusqu’à la fin des temps (Mt 28, 20). « La mission divine confiée par Jésus aux apôtres est destinée à durer jusqu’à la fin des siècles, étant donné que l’Evangile qu’ils doivent transmettre est pour l’Eglise principe de toute vie, pour toute la durée du temps. C’est pourquoi les apôtres prirent soin d’instituer (…) des successeurs » LG 20).

 

 

Les évêques successeurs des apôtres.

 

  1. – « Pour que la mission qui leur avait été confiée puisse continuer après leur mort, les apôtres donnèrent mandat, comme par testament, à leurs coopérateurs immédiats d’achever leur tâche et d’affermir l’œuvre commencée par eux, leur recommandant de prendre gare au troupeau dans lequel l’Esprit Saint les avait institués pour paître l’Eglise de Dieu. Ils instituèrent des hommes de ce genre, et disposèrent par la suite qu’après leur mort d’autres hommes éprouvés recueilleraient leur ministère » (LG 20 ; S. Clément de Rome, Cor 42 ; 44).

 

  1. – « De même que la charge confiée personnellement par le Seigneur à Pierre, le premier des apôtres, et destinée à être transmise à ses successeurs, constitue une charge permanente, permanente est également la charge confiée aux apôtres d’être les pasteurs de l’Eglise, charge dont l’ordre des évêques doit assurer la pérennité ». C’est pourquoi l’Eglise enseigne que « les évêques, en vertu de l’institution divine, succèdent aux apôtres, comme pasteurs de l’Eglise, en sorte que, qui les écoute, écoute le Christ, qui les rejette, rejette le Christ et celui qui a envoyé le Christ » (LG 20).

 

L’Apostolat 

 

  1. –Toute l’Eglise est apostolique en tant qu’elle demeure, à travers les successeurs de S. Pierre et des apôtres, en communion de foi et de vie avec son origine. Toute l’Eglise est apostolique en tant qu’elle « envoyée » dans le monde entier ; tous les membres de l’Eglise, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. « La vocation chrétienne est aussi par nature vocation à l’apostolat ». On appelle « apostolat » « toute activité du Corps mystique » qui tend à « étendre le règne du Christ à toute la terre » (AA 2).

 

  1. – « Le Christ envoyé par le Père étant la source et l’origine de tout l’apostolat de l’Eglise », il est évident que la fécondité de l’apostolat, celui des ministres ordonnés comme celui des laïcs, dépend de leur union vitale avec le Christ (Jn 15, 5 ; AA 5). Selon les vocations, les appels du temps, les dons variés du Saint Esprit, l’apostolat prend les formes les plus diverses. Mais c’est toujours la charité, puisée surtout dans l’Eucharistie, « qui est comme l’âme de tout apostolat » (AA 3).

 

  1. L’Eglise est une, sainte, catholique et apostolique dans son identité profonde et ultime, parce qu’elle c’est en elle qu’existe déjà et sera accompli à la fin des temps « le Royaume des cieux », « le Règne de Dieu » (Ap 19, 6), advenu dans la personne du Christ et grandissant mystérieusement au cœur de ceux qui Lui sont incorporés, jusqu’à sa pleine manifestation eschatologique. Alors tous les hommes rachetés par Lui, rendus en lui « saints et immaculés en présence de Dieu dans l’Amour, « l’Epouse de l’Agneau » (Ap 21, 9), « la Cité sainte descendant du Ciel, de chez Dieu, avec en elle la Gloire de Dieu » (Ap 21, 10-11) ; et « le rempart de la ville repose sur les douze assises portant chacune le nom de douze apôtres de l’Agneau» (Ap 21, 14).

 

 

EN BREF

 

  1. L’Eglise est une. Elle a un seul Seigneur, elle confesse une seule foi, elle naît d’un seul Baptême, elle ne forme qu’un Corps, vivifiée par un seul Esprit, en vue d’une unique espérance (Ep 4, 3-5) au terme de laquelle seront surmontées toutes les divisions.

 

  1. – L’Eglise est sainte :le Dieu très saint est son auteur, le Christ, son Epoux, s’est livré pour elle pour la sanctifier ; l’Esprit de sainteté la vivifie. Encore qu’elle comprenne des pécheurs, elle est « la sans péché faite de pécheurs ». Dans les saints brille sa sainteté ; en Marie elle déjà la toute sainte.

 

  1. – L’Eglise est catholique. Elle annonce la totalité de la foi ; elle porte en elle et administre la plénitude des moyens de salut ; elle est envoyée à tous les peuples ; elle s’adresse à tous les hommes ; elle embrasse tous les temps ; « elle est, de par s nature même, missionnaire » (AG 2).

 

  1. L’Eglise est apostolique : Elle est bâtie sur les assises durables : « les douze apôtres de l’Agneau » (Ap 21, 14) ; elle est indestructible (Mt 16, 18) ; elle est infailliblement tenue dans la vérité : le Christ la gouverne par Pierre et les autres apôtres, présents par leurs successeurs, le Pape et le collège des évêques.

 

  1. – L’unique Eglise du Christ, dont nous professons dans le Symbole qu’elle est une, sainte, catholique et apostolique, (…) c’est dans l’Eglise catholique qu’elle existe, gouvernée par le successeur de Pierre et par les évêques qui sont en communion avec lui, encore que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsisent hors de ses structures ». (LG 8).

 

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