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Tableaux exposés dans l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Tableaux en l’Eglise Sait-Jean-de-Malte à Aix-en-Provence

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Parmi les tableaux exposées dans l’église,

la Crucifixion de Delacroix est celui qui attire le plus de visiteurs. Plusieurs vitraux se trouvent à l’intérieur. Le vitrail du chevet datant de 1854 a pour thème principal le Baptême du Christ.

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 Eugène Delacroix est un peintre français né le 26 avril 1798 à Charenton-Saint-Maurice et mort le 13 août 1863 à Paris.

Dans la peinture française du XIXè  siècle, il est considéré comme le principal représentant du romantisme, dont la vigueur correspond à l’étendue de sa carrière. À 40 ans, sa réputation est suffisamment établie pour lui permettre de recevoir d’importantes commandes de l’État. Il peint sur toile et décore les murs et plafonds de monuments publics. Il laisse en outre des gravures et lithographies, plusieurs articles écrits pour des revues et un Journal publié peu après sa mort et plusieurs fois réédité. Remarqué au Salon en 1824, il produit dans les années suivantes des œuvres s’inspirant d’anecdotes historiques ou littéraires aussi bien que d’événements contemporains (La Liberté guidant le peuple) ou d’un voyage au Maghreb (Femmes d’Alger dans leur appartement).

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Saint Henry implorant la Vierge pour les âmes du purgatoire, Jean Armelin (1687). Au départ prévu pour la chapelle des Âmes du Purgatoire de Saint-Jean, il est actuellement en cours de restauration.

« Jean Armelin maître peintre à Aix-en-Provence signe en 1767 une bien mauvaise toile pour l’église Saint-Jean de Malte »

Extrait de La mort et l’au-delà en Provence d’après les autels des âmes du Purgatoire (XVè-XXè siècle de Michel Vovelle et Gaby Volvelle in Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 24 année, N. 6, 1969. https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1969_num_24_6_422190

Dans le catholicisme, le purgatoire est une étape de purification par laquelle les âmes des défunts morts en état de grâce doivent cependant expier les péchés dont ils n’ont pas fait une pénitence suffisante avant leurs derniers instants. Ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, c’est-à-dire avec des résistances à l’amour de Dieu, bien qu’assurés de leur salut éternel, connaissent après leur mort cette période d’épreuve qui les libère totalement du mal. Ainsi, ils obtiennent la sainteté nécessaire pour accéder au paradis. Si la notion de purgatoire est une vérité de foi dans le catholicisme, elle n’est pas acceptée par les différents courants du protestantisme ni par l’Église orthodoxe.

À partir du Moyen Âge, l’iconographie chrétienne représente le purgatoire d’une manière symbolique, comme un lieu où brûle un feu purificateur. Jacques Le Goff a étudié la naissance du concept en tant que lieu au Moyen Âge en suivant l’évolution du mot « purgatoire » : l’épithète purgatorius puis le substantif neutre purgatorium. La notion de purgatoire semble avoir été redéployée au milieu du xixe siècle par le clergé face à la montée du spiritisme, qui invoquait les âmes des trépassés par des moyens ésotériques étrangers au christianisme. Son évocation s’est toutefois raréfiée depuis lors.

Catéchisme

La théologie récente rejette parfois l’idée de purgatoire comme un lieu de « punition temporelle » au sens d’un délai d’attente. Les spécialistes parlent alors d’une étape de purification. Le processus de purification est un « aspect de l’union à Dieu » et une image de l’espérance du croyant en la purification par Dieu. Le catéchisme publié par la Conférence des évêques de France en 1991 avec l’approbation du Saint-Siège indique :

« Pour parvenir à cette contemplation de Dieu, une « étape » de purification, appelée purgatoire, peut être nécessaire. Il ne s’agit ni d’un lieu, ni d’un temps ; on peut parler plutôt d’un état. En tout cas, le purgatoire, qui est bien une peine, n’est pas à concevoir comme une punition par laquelle Dieu se vengerait en quelque sorte de nos infidélités. La communion avec Dieu, dans laquelle nous introduit la mort, nous fait prendre conscience douloureusement de nos imperfections et de nos refus d’aimer, et du besoin de nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ. […] C’est Dieu lui-même qui purifie et transforme. Mais la Tradition de l’Église catholique affirme que ceux qui sont au purgatoire bénéficient des prières et des supplications adressées en leur faveur à Dieu par leurs frères, et aussi de l’intercession des saints déjà introduits dans la béatitude de la vision de Dieu. »

Le compendium du Catéchisme de l’Église catholique définit le purgatoire comme « l’état de ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu, assuré de leur salut éternel, mais qui ont encore besoin de purification pour entrer dans le bonheur du ciel » et ajoute que, en raison de la communion des saints, les vivants « sont capables d’aider les âmes dans le purgatoire en offrant des prières en suffrage pour eux, spécialement dans le Sacrifice eucharistique. Ils peuvent aussi les aider par des aumônes, les indulgences, et les œuvres de pénitence »

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L’Annonciation et La Mort de la Vierge, André Boisson (1678). Ces tableaux avaient été commandés pour la chapelle de la Cour des comptes de l’ancien palais. Dans la même série de Boisson, deux œuvres sont aujourd’hui à la Madeleine, tandis que deux autres sont perdues.

Parmi les peintres d’Aix-en-Provence, André Boisson fait figure d’oublié. Né l’année de la mort de Louis XIII, il débute véritablement sa carrière à Rome, auprès de Reynaud Levieux avec lequel il travaille de 1667 à 1676. Ce dernier, issu d’une famille protestante, l’initie aux grandes commandes en lui faisant copier les chefs-d’œuvre de Raphaël. Tout comme lui, après un séjour romain qui devait le marquer durablement, où la leçon des Carrache s’est assouplie dans l’exercice poussinien des grandes perspectives, il rentre en Provence à la fin des années 1670.

D’ailleurs, sa première commande notable n’est-elle pas pour la chapelle de la cour des Comptes de l’ancien palais épiscopal. Là, il réalise L’Annonciation et La mort de la Vierge, En 1693, il renouvelle l’exercice, mais cette fois-ci en rendant hommage au Christ supplicié dans une Transfiguration qu’on peut toujours admirer sur les murs de l’église de Saint-Jean de Malte

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L’Annonciation

Cf Luc 1, 26-38

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La mort de la Vierge Marie

Jacques de Voragine, La légende dorée, chapitre 115, « L’Assomption de la sainte Vierge Marie » :

« […] Un jour enfin, comme le désir de revoir son fils agitait très vivement la Vierge et la faisait pleurer très abondamment, voici qu’un ange entouré de lumière se présenta devant elle, la salua respectueusement comme la mère de son maître, et lui dit : « Je vous salue, Bienheureuse Marie ! Et je vous apporte ici une branche de palmier du paradis, que vous ferez porter devant votre cercueil, dans trois jours, car votre fils vous attend près de lui ! » Et Marie : « Si j’ai trouvé grâce devant tes yeux, daigne me dire ton nom ! Mais, surtout, je te demande avec instance que mes fils et frères, les apôtres, se rassemblent autour de moi, afin que je puisse les voir de mes yeux avant de mourir, et rendre mon âme à Dieu en leur présence, et être ensevelie par eux ! Et je te demande encore ceci : que mon âme, en sortant de mon corps, ne rencontre aucun méchant esprit, et échappe au pouvoir de Satan ! » Et l’ange : « Pourquoi désirez-vous savoir mon nom, qui est grand et admirable ? Mais sachez qu’aujourd’hui même tous les apôtres se réuniront ici, et que c’est en leur présence que s’exhalera votre âme ! Car celui qui, jadis, a transporté le prophète de Judée à Babylone, celui-là n’a besoin que d’un moment pour amener ici tous les apôtres. Et quant au malin esprit, qu’avez-vous à le craindre, vous qui lui avez broyé la tête sous votre pied, et l’avez dépouillé de son pouvoir ? » Cela dit, l’ange remonta au ciel ; et la palme qu’il avait apportée brillait d’une clarté extrême. C’était un rameau vert, mais avec des feuilles aussi lumineuses que l’étoile du matin. […] »

Selon la recommandation du même Jacques de Voragine, on peut également lire le texte du Pseudo-Jean sur le même événement :

APPARITION DE L’ARCHANGE GABRIEL

3) Un jour, un vendredi, Marie se rendit comme d’habitude auprès du tombeau.

Pendant qu’elle priait, les cieux s’ouvrirent, et l’archange Gabriel descendit vers elle et lui dit :

« Salut, ô toi qui as donné naissance au Christ, notre Dieu ! Ta prière, parvenue aux cieux auprès de celui qui est né de toi, a été exaucée. Dans peu de temps, selon ta demande, tu laisseras le monde, tu partiras vers les cieux, auprès de ton fils, pour la vie véritable et éternelle. »

4) Ayant entendu les paroles du saint archange, elle retourna vers la Bethléem, accompagnée de trois jeunes filles, qui la servaient. Après s’être reposée peu de temps, elle se leva et demanda aux jeunes filles : « Apportez-moi un encensoir afin que je prie. » Celles-ci le lui apportèrent comme elle le leur avait ordonné.

5) Et elle adressa une prière, disant :

« Mon Seigneur Jésus Christ, toi qui as daigné dans ta grande bonté être enfanté par moi, écoute ma voix et envoie-moi ton apôtre Jean, pour que sa vue me procure les prémices de la joie.

Envoie-moi aussi tes autres apôtres, soit ceux qui sont déjà arrivés près de toi, soit ceux qui sont encore dans ce siècle, quel que soit l’endroit où ils se trouvent par ton saint commandement, afin que je puisse, en les voyant, bénir ton nom célébré par de nombreux hymnes. J’ai confiance, parce qu’en toute chose tu écoutes ta servante. »

[1] Jacques de Voragine, La Légende dorée, chapitre 115.

Où Marie a-t-elle vécu après la Résurrection ?

Il est généralement admis que Joseph était déjà mort du temps de la Passion du Christ. Ce qui rendait alors Jésus responsable de sa mère. Au moment de mourir, Jésus a demandé à son disciple bien-aimé de prendre soin d’elle (Jn 19, 26-27)

Pour la plupart des exégètes, le disciple bien-aimé était Jean. Effectivement, le livre des Actes des Apôtres précise que c’est lui qui a pris soin de Marie à Jérusalem (Ac 1, 12-14)

Jérusalem…

Cela signifie que Marie a vécu avec les apôtres à Jérusalem juste après la Mort, la Résurrection et l’Ascension du Christ. Selon la Tradition, elle y restera jusqu’à la fin de sa vie, remontant le chemin de croix tous les jours afin de revivre les épreuves endurées par son fils. L’Assomption de Marie aurait eu lieu à Jérusalem, en présence des apôtres.

Il existe encore aujourd’hui une église qui a été édifiée près du Mont des Oliviers. Elle serait le lieu de sépulture de la Vierge, vénéré par l’Église Orthodoxe. Jérusalem abrite également l’abbaye de la Dormition, confiée aux moines bénédictins. D’après les traditions orthodoxes et catholiques, l’Assomption de Marie aurait eu lieu sur l’un de ces deux sites.

…ou Éphèse

Une autre piste indique que Jean aurait vécu à Éphèse. Beaucoup croient qu’il vivait alors avec Marie et que son l’Assomption y aurait eu lieu. Cette version est soutenue par la Bienheureuse Anne Catherine Emmerich. En effet, la mystique allemande du XIXe siècle avait eu des révélations privées selon lesquelles la maison de Marie était à Éphèse.

C’est sœur Marie de Mandat-Grancey, une religieuse française des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul qui est devenue en 1890 supérieure de la communauté à Smyrne en Turquie qui a bien découvert à Éphèse une maison datant du Ier siècle. Révélée au cours de recherches menées en 1891, elle était enfouie sous les ruines d’une église bâtie au IVe siècle. Depuis, ce lieu a été honoré par de nombreux pèlerinages et la visite de plusieurs papes au cours du XXe siècle.

Il existe donc un doute sur le lieu où Marie vécut la fin de ses jours, jusqu’à son Assomption. Même la même discrétion règne dans les Écritures sur la fin de la vie de Marie que sur la vie cachée du Christ, lorsqu’Il vivait auprès de son père adoptif et de sa Mère. 

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La Théologie, Michel-François Dandré-Bardon (entre 1744 et 1749). Il s’agit de l’œuvre la plus récente de Saint-Jean-de-Malte. On a longtemps cru devoir l’attribuer à Carle van Loo.

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La Théologie

Allégorie destinée à l’Université représentant une femme montrant l’hostie et le calice tout en foulant au pied les idoles.

 Michel-François Dandré-Bardon, ou Michel-François d’André-Bardon, né le 22 mai 1700 à Aix-en-Provence et mort à Paris le 13 avril 1783, est un artiste-peintre, graveur et historien d’art français.

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La Résurrection du Christ, Louis Finson (1610). Ce tableau est la plus ancienne œuvre de Finson répertoriée en Provence. Il se trouve dans l’église Saint-Jean-de-Malte depuis le Consulat.

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Lodewijk Finson, nom francisé en Louis Finson et latinisé en Ludovicus Finsonius, né entre 1574 et 1580 à Bruges et mort en 1617 à Amsterdam, est un peintre, dessinateur, copiste et marchand d’art flamand et l’un des premiers propagateurs du caravagisme dans l’Europe du Nord. Il peint des portraits, compositions religieuses, peintures allégoriques et scènes de genre. Déménageant en Italie au début de sa carrière, il se familiarise avec l’œuvre du Caravage et devient l’un des premiers adeptes flamands du Caravage. Il produit également un certain nombre de copies d’après des œuvres du Caravage.

Il travaille ensuite plusieurs années dans différentes locations en France où il bénéficie de la protection de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc et crée des retables et des portraits. Il est connu comme le copropriétaire avec le peintre flamand et son partenaire commercial Abraham Vinck de deux tableaux du Caravage. Louis Finson a joué un rôle majeur dans le mouvement caravagiste dans l’Europe du Nord à travers ses propres œuvres ainsi que dans son rôle de marchand d’art.

 

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Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardinLe Miracle de saint Blaise et Notre-Dame de Bon-Repos, Gilles Garcin (1690). Tous trois commandés par le prieur Viany.

Gilles Garcin (Aix-en-Provence, 1647–1702) est un peintre français. Il a essentiellement travaillé pour le prieur Viany de l’église Saint-Jean-de-Malte dont il a réalisé plusieurs toiles destinées à des retables. On trouve toujours dans cette église trois de ses œuvres, toutes commandées en 1690 :

Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardin,

Le Miracle de saint Blaise,

Notre-Dame de Bon-Repos.

Si la première de ces œuvres était destiné au retable du bras sud du transept de l’église, les deux suivantes furent placées sur un autel, celui de la chapelle des Viany et celui de la chapelle des porteurs de livrée

Il réalise aussi d’autres œuvres pour d’autres édifices religieux d’Aix, comme La Vierge et saint Jean, pour la cathédrale Saint-Sauveur.

À l’instar de plusieurs peintres provençaux et notamment d’Aix, Gilles Garcin visite Rome (Italie) avec l’aide d’un mécène. Sa présence y est attestée en 1664, tout comme celle de Nicolas Pinson la même année, ou de Reynaud Levieux deux ans plus tôt. Outre Aix et Rome, il travaille également à Apt, Rians et Toulon.

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Le Christ apparaissant à Marie Madeleine au jardin

Cf Jn 20, 11-17

 

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Le Miracle de Saint Blaise

 Selon la tradition, Saint Blaise, était médecin et devint évêque de Sébaste en Arménie, où il fut martyrisé vers 316.

Au cours de l’un de ses miracles, il sauva un garçon qui avait avalé une arête de poisson que l’on ne pouvait plus retirer.

C’est l’origine du rite romain de la bénédiction de saint Blaise contre les infections de la gorge. Il est symbolisé par un peigne à laine métallique, avec lequel il aurait été martyrisé.

 

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Notre-Dame du Bon Repos (1690) par Gilles Garcin

Assise sur un nuage prend sous sa protection des mères et leurs enfants

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Descente de croix, André Gaudion (1612). Ce tableau proviendrait d’un couvent franciscain d’Aix.

Le Christ est soutenu par saint Jean et Marie-Madeleine en présence de sa mère évanouie et de saint François

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Cf. Jean 19, 38-42

Lyonnais établi à Marseille, André Gaudion a travaillé à Aix entre 1612 et 1634.

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Apothéose de Saint Jean de Dieu de Grenade (1691) par Jean Jouvenet.

Tableau du fondateur portugais d’un ordre hospitalier peint un an après sa canonisation.

Jean Baptiste Jouvenet dit le Grand, né à Rouen en avril 1644 et mort à Paris le 5 avril 1717 est un peintre et décorateur français.

Il fut recteur perpétuel de l’Académie royale de peinture et de sculpture (1707).

Jean de Dieu, né João Cidade le 8 mars 1495 à Montemor-o-Novo au Portugal et mort le 8 mars 1550 à Grenade, est un religieux espagnol d’origine portugaise, qui se consacra aux indigents et fonda l’ordre des Hospitaliers. Il est vénéré comme saint par l’Église catholique, et donné pour patron des malades (avec Camille de Lellis) et des professionnels du soin. Il est fêté le 8 mars.

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Saint Bruno au pied de la Vierge, Reynaud Levieux (1663), peint à l’origine pour le maître-autel de la chartreuse d’Aix.

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Reynaud Levieux, né à Nîmes le 6 janvier 1613, et mort à Rome le 17 mars 1699, est un peintre français.

Bruno le Chartreux, appelé aussi Bruno de Cologne, né à Cologne vers 1030, mort le 6 octobre 1101 à l’ermitage de la Torre, aujourd’hui chartreuse de Serra San Bruno en Calabre, est un saint catholique fondateur de l’ordre des Chartreux. Son culte dans l’Église universelle est autorisé le 19 juillet 1514 lorsque le pape Léon X accorde oralement sa béatification, tandis que le pape Grégoire XV introduit la fête de saint Bruno au Missel romain le 17 février 1623.

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Descente de croix, Guillaume Martin dit Adam (1611). Cette œuvre a été acquise par Joseph-Félix Alphéran, futur prieur de Saint-Jean, qui en a fait don à l’église.

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Ce tableau est l’œuvre  de Martin Guillaume dit « Adam », artiste originaire de Lyon, qui a séjourné Aix de 1602 à 1634 et il était destiné à la chapelle des Pénitents Noirs. Acheté en 1771 par Joseph-Félix Alphéran – futur prieur et avant dernier avant la disparition des prieurs de saint Jean – ce tableau est une copie d’une composition de Baroche (1528-1612), célèbre peintre italien, dont les descentes de croix ont servi de modèles à de nombreux artistes.

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 Vierge du Carmel, Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon (s. d.). Tableau venant de l’église des Grands-Carmes ; il est transféré à l’église du Saint-Esprit à la Révolution, puis à Saint-Jean.

Assise sur le Mont Carmel , la Vierge remet à Simon Stock, sixième général de l’Ordre, un vêtement blanc (scapulaire) sous le regard du prophète Elie. Un autre religieux fait face à un démon terrorisé.

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Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon1, baptisé le 7 février 1606 à l’église Sainte-Madeleine de Troyes en Champagne, mort à Paris le 20 mai 1668, est un peintre baroque et graveur français.

Il est le frère de Pierre Mignard dit « Mignard le Romain », et le père de Pierre II Mignard, dit « le chevalier Mignard » et Paul Mignard.

Notre-Dame du Mont-Carmel (ou Notre-Dame du Carmel) est l’une des dénominations données à la Vierge Marie dans l’Église catholique. Ce titre est lié au mont Carmel, en Terre Sainte, un nom qui dérive de Karmel ou Al-Karem et que l’on pourrait traduire par jardin. L’Ordre du Carmel, fondé au tout début du xiiie siècle est à l’origine de cette dévotion. De nombreuses congrégations religieuses fondées ultérieurement sont rattachées aux branches historiques de cet ordre.

La dévotion à la Vierge du Carmel est également liée au scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel qui apparait à la fin du xiiie siècle et se répand chez les laïcs au xvie siècle. Très vénérée chez les marins, Notre-Dame du Mont-Carmel a été déclarée patronne de plusieurs pays, ainsi que de la marine (militaire) et parfois des troupes armées des pays. Cette dévotion est aussi parfois rattachée à la prière pour les « âmes du purgatoire ».

La fête de Notre-Dame du Mont-Carmel est célébrée le 16 juillet dans l’Église catholique. Cette fête donne lieu, localement, à de grandes processions terrestres voir maritimes, ainsi qu’à des festivités publiques, surtout dans les pays ou la Vierge du Carmel a été déclarée « patronne » du pays, des localités, ou de corporations.

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 Le Christ en croix entre la Vierge et saint JeanLe Jugement de Salomon et La Femme adultère, Nicolas Pinson (1673). Ces tableaux étaient initialement installés dans la grande chambre du Parlement de l’ancien palais des comtes de Provence.

Nicolas Pinson (1635-1681)

Nicolas Pinson, né à Valence (France) en 1635 et mort à Rome le 12 mars 1681, est un peintre, dessinateur et graveur français.

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Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean

Cf Jn 19, 25-17

 

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 Le jugement de Salomon

Jugement de Salomon

Le jugement de Salomon est une décision ou proposition de conclusion s’inspirant d’une histoire de la Bible hébraïque, laquelle met en scène Salomon, à la tête du royaume d’Israël, statuant d’une manière déroutante sur le litige de deux femmes revendiquant chacune la maternité d’un enfant. Il peut signifier soit que, face à l’impossibilité d’établir la vérité dans un litige, on partage les torts entre deux parties, soit que l’on met ces mêmes parties dans une situation qui oblige l’une d’elles au moins à changer sa stratégie.

Le Premier Livre des Rois (3, 16-28) dit que le différend oppose deux femmes ayant chacune mis au monde un enfant, mais l’un était mort étouffé. Elles se disputèrent alors l’enfant survivant. Pour régler ce désaccord, Salomon réclama une épée et ordonna : « Partagez l’enfant vivant en deux et donnez une moitié à la première et l’autre moitié à la seconde ». L’une des femmes déclara qu’elle préférait renoncer à l’enfant plutôt que de le voir mourir. De ce fait, Salomon reconnut la véritable mère de l’enfant. Il lui donna le nourrisson et sauva ainsi la vie de l’enfant.

 

 

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La femme adultère

Cf Jn 8, 1-11

La Pericope Adulterae est le nom traditionnel d’un épisode évangélique (péricope) au sujet d’une femme adultère de l’Évangile selon Jean 8,1-11. Ce passage décrit une confrontation entre Jésus, les scribes et les Pharisiens pour savoir si cette femme, coupable d’adultère, doit être lapidée. Jésus empêche l’exécution et dénonce l’hypocrisie de ses contradicteurs.

L’expression « jeter la première pierre » est tirée de ce passage évangélique.

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 Apparition du Christ ressuscité à Thomas (1614) par Jacques Macadré

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Cf Jn 20, 19-31

Le peintre Jacques Macadré, dont le nom est tombé dans un quasi anonymat est originaire de Troyes ;  il est issu d’une longue lignée de vitriers et peintres verriers troyens.

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L’Apothéose de saint Augustin, Michel Serre (s. d.). Ancien tableau de l’église des Augustins.

Le saint est emporté au ciel par un tourbillon d’anges

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Michel Serre

Michel Serre, né à Tarragone (Espagne) le 10 janvier 1658 et mort à Marseille le 10 octobre 1733, est un peintre baroque français.

Il est connu pour ses tableaux religieux et surtout pour ses représentations de la peste à Marseille en 1720.

Augustin d’Hippone (latin : Aurelius Augustinus) ou saint Augustin, né le 13 novembre 354 à Thagaste (l’actuelle Souk Ahras, Algérie), un municipe de la province d’Afrique, et mort le 28 août 430 à Hippone (l’actuelle Annaba, Algérie), est un philosophe et théologien chrétien romain d’origine Berbère 1ayant occupé le rôle d’évêque d’Hippone en Numidie. Avec Ambroise de Milan, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand, il est l’un des quatre Pères de l’Église occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Église.

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Le baptême du Christ

 

 

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Saint Roch, Bernardin de Sienne, saint Sébastien. Florence. XIVè siècle

 

 Saint Roch (né à Montpellier vers 1350, mort à Voghera vers 1378, Rochus en latin et Sant Ròc en occitan, est un pèlerin et thaumaturge français, honoré le 16 août. Il est le saint patron des pèlerins et de nombreuses confréries ou corporations : chirurgiens, dermatologues, apothicaires, paveurs de rues, fourreurs, pelletiers, fripiers, cardeurs, et aussi le protecteur des animaux. Son culte, né d’abord en France et en Italie, est devenu très populaire et s’est répandu dans le monde entier.

Bernardin de Sienne, né en 1380 à Massa Marittima en Toscane (Italie) et décédé le 20 mai 1444 à L’Aquila (Italie), est un frère franciscain observant et prédicateur de renom. Il propage la dévotion au saint nom de Jésus et fut surnommé « l’apôtre de l’Italie » pour ses efforts en faveur du retour de la foi catholique dans son pays au XIVè siècle. Canonisé en 1450 par Nicolas V, il est liturgiquement commémoré le 20 mai.

 

Sébastien est un saint martyr romain ayant vécu, selon la croyance chrétienne, au IIIè siècle. Il est fêté selon le Martyrologe romain le 20 janvier en Occident et le 18 décembre en Orient.

Né à Narbo Martius, en Gaule (aujourd’hui Narbonne), Sébastien est citoyen de Milan, en Italie. Militaire de carrière, il est pris d’affection par les empereurs Dioclétien et Maximien Hercule, qui le nomment centurion. Durant la persécution de Dioclétien, il est pourtant exécuté sur ordre des souverains pour avoir soutenu ses coreligionnaires dans leur foi et accompli plusieurs miracles. D’abord attaché à un poteau et transpercé de flèches, il est finalement tué à coups de verges après avoir miraculeusement guéri la première fois.

Patron des archers, des fantassins et des policiers mais aussi troisième patron de Rome (avec Pierre et Paul), saint Sébastien est surtout invoqué pour lutter contre la peste et les épidémies en général. Souvent représenté dans les arts, il est devenu un symbole homoérotique à la Renaissance avant d’être considéré comme une icône homosexuelle à partir du XIXè siècle.

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La Transfiguration (2006) par Nathalie Pegang

 

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 Notre-Dame des Calissons

 

La petite histoire gourmande du «calissoun»

Savouré dès l’Antiquité grecque et romaine, le mélange d’amandes et de fruits confits fut également appréciée au cours du moyen-âge comme en atteste une allusion à cette gourmandise dans la Chroniques des Vénitiens de Martino di Canale en 1275.

De nombreuses légendes s’attachent à expliquer l’origine du calisson d’Aix. La plus fameuse est celle racontant qu’à l’occasion du mariage du Roi René d’Anjou avec Jeanne de Laval au XVe siècle, le maître confiseur aurait fait goûter un calisson à la reine. Cette dernière aurait grandement appréciée ce met ! Cette période d’échanges commerciaux entre la Provence et l’Italie favorisa le développement de cette spécialité culinaire.

Néanmoins, c’est seulement lorsque l’amande sera directement cultivée en Provence au XVIe que le négoce prendra véritablement son essor et que Aix-en-Provence s’imposera comme la ville du calisson. Les premières usines verront le jour au cours du XIXe.

La ville compte au cours du XXe siècle une vingtaine de fabricants.

Voir également : https://fr.wikipedia.org/wiki/Calisson

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Saint André devant la Croix (XVIIIè siècle) attribué à Carlo Magnone

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Artiste : Carlo Magnone, ( ?-1653)

Saint André

André, frère Pierre, tous deux pêchent sur le lac de Tibériade lorsqu’ils décident de suivre Jésus. Auparavant, disciple de Jean-Baptiste, André est le premier à rencontrer Jésus sur les bords du Jourdain. Après la mort de Jésus, il prêche surtout autour de la Mer Noire. Sous le règne de Néron, il convertit l’épouse du proconsul Egéas, ce qui le condamne. Plus tard, il meurt en Grèce, supplicié sur une croix en X

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Notre-Dame de Lorette (anonyme). Tableau offert par Mme Bourguignon de Fabregoules

Assise sur sa maison, emportée par les anges, la Vierge tient l’Enfant-Jésus qui reçoit l’adoration de Gabriel. Les saints représentés au-dessous sont certainement les patrons de ceux qui ont commandé le tableau, dont les portraits sont peints en bas.

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Oeuvre du XVIIè siècle par C. Caldieri représentant la célèbre légende du transport par les anges à Lorette de la maison de la Vierge.

Girolamo Cialdieri

Girolamo Cialdieri (Urbino, 28 octobre 1593 – 1680) est un peintre italien de la période baroque tardive. Girolamo Cialdieri est né à Urbino en 1593 et fut un élève de Federico Barocci et de Claudio Ridolfi. Il a peint plusieurs tableaux à Rome, Urbino et Cagli pour les églises.

Son meilleur travail est la Martyre de saint Jean de l’église San Bartolomeo de Rome. Luigi Lanzi écrit que « Cialderi possède une grande dextérité et des couleurs remarquables et le félicite pour son style dans la représentation de paysages pour sa connaissance en architecture qu’il aimait inclure dans ses œuvres ».

Tableau : Notre-Dame de Lorette adorée par saint Jacques saint Benoît saint Georges sainte Catherine d’Alexandrie en présence de donateurs

Sainte Maison de Lorette

La Sainte Maison de Lorette (couramment nommée La Santa Casa en italien) est, selon la tradition catholique, la maison où la Vierge Marie aurait reçu de l’archange Gabriel l’annonce de sa maternité divine et conçu du Saint-Esprit son fils Jésus-Christ.

Ce modeste édifice de brique, aujourd’hui contenu dans un grand sarcophage de marbre renaissant, est donc la Relique du plus grand mystère de la foi chrétienne.

Rapportée de Terre sainte à partir d’avril 1291, la Santa Casa est vénérée dans la ville de Lorette en province d’Ancône, dans la région des Marches, en Italie centrale.

C’est le premier sanctuaire marial international consacré à la Vierge Marie. Ce sanctuaire fut durant près de trois siècles le principal lieu de pèlerinage de Lorette en Occident, devant Rome, Canterbury et Saint-Jacques-de-Compostelle.

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La Sagrada Familia (1990) par Vincent Roux

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Vincent Victor Roux, né le 1er décembre 1928 à Marseille (Bouches-du-Rhône) et mort le 8 juin 1991 à Paris, est un peintre figuratif français.

Depuis 1948, soixante expositions de peinture et dessins ont été organisées et cinq mille œuvres ont été réparties ou inventoriées dans des musées ou collections privées.

 

Sagrada Família

La Sagrada Família, Temple Expiatori de la Sagrada Família de son nom complet en catalan, ou Templo Expiatorio de la Sagrada Familia en espagnol (en français : « temple expiatoire de la Sainte Famille ») est une basilique de Barcelone dont la construction a commencé en 1882.

C’est l’un des exemples les plus connus du modernisme catalan et un monument emblématique de la ville. Œuvre inachevée de l’architecte Antoni Gaudí, la Sagrada Família est située dans le quartier du même nom (district de l’Eixample). L’architecte a conçu une minutieuse symmbologie qui fait de cet édifice un poème mystique. Il a également fait preuve d’une grande audace de construction formelle, telle que la manière de concevoir la structure d’arc en chaînette ou la combinaison des traitements sculpturaux naturalistes et de l’abstraction des tours. Selon les données de l’année 2004, la Sagrada Família est le monument le plus visité d’Espagne, dépassant l’Alhambra de Grenade et le musée du Prado à Madrid. La partie du monument réalisée du vivant d’Antoni Gaudí, la crypte et la façade de la Nativité, a été déclarée patrimoine de l’humanité par l’Unesco en 2005.

Puisqu’il s’agit d’un temple expiatoire, les travaux sont exclusivement financés grâce à l’aumône. En conséquence, il n’a pas été possible de construire simultanément les différentes parties du monument lorsqu’il l’eut fallu, mais depuis les années 1990, l’affluence de visiteurs et le renom mondial de l’œuvre ont fait évoluer la situation économique.

La basilique a été consacrée par le pape Benoît XVI le 7 novembre 2010. Le siège de l’archevêché de Barcelone reste toutefois la cathédrale Sainte-Eulalie, édifice construit à l’époque médiévale et situé au cœur du quartier gothique.

COMPRENDRE UNE EGLISE, EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, EGLISES, MOBILIER D'EGLISE

Comprendre une église

COMPRENDRE UNE EGLISE

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A quoi servent les stalles ?

Dans certaines églises, des rangées de sièges en bois sont alignées le long des murs du chœur. Appelées stalles, ces sièges sont destinés aux moines, moniales, chanoines et membres du clergé et leur permettent de se reposer pendant les offices.

Dans les premiers siècles de la vie monastiques, les moines et moniales chantaient debout dans le chœur dans des sortes de compartiments individuels séparés par des montants de bois appelés parcloses.

Rapidement, il apparaît nécessaire que les moines puissent se reposer sur un siège en raison de la multiplication des offices et de leur durée. Des sièges mobiles sont alors installés entre les parcloses munies d’une sellette. Une fois le siège relevé, cette sellette, appelée aussi miséricorde, permet au moine fatigué d’y prendre discrètement appui tout en donnant l’apparence d’être debout. C’est vers le XIe siècle que ces sièges amovibles semblent faire leur apparition, remplaçant les simples béquilles utilisées jusque là par ceux qui ne pouvaient pas rester debout très longtemps. Chaque religieux disposait de sa stalle et ne pouvait en changer.

Réparties de chaque côté du chœur, les stalles permettent de disposer de deux groupes de chanteurs, particulièrement utiles pour chanter les Psaumes. Le terme « chœur » d’une église provient d’ailleurs du « chœur » des moines. Les stalles peuvent être installées sur un ou deux niveaux en fonction de l’importance de la communauté. Dans le cas d’un aménagement sur deux niveaux, les « stalles hautes », accessibles par quelques marches à partir du chœur, disposent généralement d’un haut dossier, les « stalles basses » ont un dossier bas qui sert aussi de prie-Dieu aux moines installés dans les stalles hautes.

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Les stalles de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, d’époque gothique, sont richement ornées.

Si les stalles sont au début purement utilitaires, on leur consacre, avec le temps, une attention toute particulière. Si certaines restent très simples d’autres, grâce aux talents de sculpteurs-menuisiers, se transforment en véritable œuvres d’art avec des ornementations d’une grande richesse. Quand les parcloses et les dossiers conservent des décors « sérieux » ou religieux, il n’est pas rare de voir les miséricordes s’éloigner de l’iconographie spécifiquement chrétienne. À partir de la période gothique se déploient ainsi des personnages fantaisistes, des représentations de la vie quotidienne et des métiers, des bestiaires et des décors végétaux surprenant.

Les curieux ne s’étonneront ainsi pas de trouver un moine tirant sa langue en Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), une scène de bain en église Saint-Gervais-Saint-Protais (Paris), un homme ôtant sa chaussure à Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or) ou encore un singe en église Saint-Sulpice de Diest en Belgique. Un monde caché mais qui se révèle volontiers si l’on prend le temps d’observer.

La cathèdre, le siège de l’évêque

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La cathèdre est la chaise réservée à l’évêque dans une église et désigne son autorité.

Du latin « cathedra » qui signifie « siège avec un haut dossier », la cathèdre est le siège réservé à l’évêque et se situe généralement dans une cathédrale. C’est sur ce siège, qui se doit d’être fixe, que le prélat préside l’assemblée liturgique. S’il est mobile, le siège de l’évêque se nomme alors le faldistoire. La cathèdre représente à la fois son autorité mais aussi son rôle d’enseignement. Du haut de son siège, l’évêque doit pouvoir voir son « troupeau ». Saint Augustin disait ainsi : « Les évêques sont assis plus haut que les autres prêtres afin qu’ils songent, qu’ils se rappellent qu’ils sont comme la vigie dont les regards surveillent le troupeau ».

Dans l’Église primitive, la cathèdre était généralement installée au fond de l’église, derrière le maître-autel. Au Moyen Âge, les autels étant placés au fond de l’abside, c’est-à-dire à l’extrémité du chœur, la cathèdre était donc positionnée sur le côté, généralement à gauche, là où se déroulait la lecture de l’Évangile. Depuis le concile Vatican II, la cathèdre peut être placée indifféremment en fonction de l’architecture du bâtiment même si on la retrouve le plus souvent sur l’estrade qui surélève l’autel où se célèbre la messe.

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Chaire de l’évêque Maximien.

Généralement constituée d’un haut dossier, qui permet de la distinguer des autres sièges, la chaise de l’évêque est le plus souvent réalisée en bois mais on en trouve également d’anciens exemples en pierre. Agrémentée de sculptures ou arborant des lignes simples, la cathèdre peut prendre des formes variées mais n’est pas tenue de suivre des critères stylistiques précis. Leurs formes, plus ou moins impressionnantes, témoignent ainsi du goût des époques et du travail des artistes. Autrefois, la cathèdre pouvait prendre place dans une sorte d’écrin, appelé le « trône », qui enchâssait avec faste le siège réservé à l’évêque.

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 « La chaire de l’évêque Maximien » est sans aucun doute l’un des exemples les plus beaux conservés jusqu’à aujourd’hui. Réalisé en ivoire, ce siège paléochrétien a été réalisé au VIe siècle pour l’évêque Maximien de Ravenne. 26 feuillets d’ivoire le composent et représentent diverses scènes de la vie du Christ mais aussi des prophètes et des évangélistes. Un chef-d’œuvre de sculpture d’une grande rareté. À la cathédrale d’Amiens, si la cathèdre est plus modeste, le superbe dais qui la surmonte manifeste pleinement l’importance du siège de l’évêque.

Aujourd’hui, quelques églises de France possèdent une cathèdre bien que l’église dans laquelle elle demeure ne soit plus considérée comme la cathédrale « officielle ». Après la Révolution, les diocèses se sont calqués sur les départements. Un certain nombres de villes ont ainsi perdu leur statut de « siège de l’évêché ». À Dol-de-Bretagne par exemple, la cathédrale abrite toujours sa cathèdre même si l’évêché a été délocalisé à Rennes. Cette présence rappelle ainsi qu’un « trône épiscopal » a existé dans nombreuses églises paroissiales.

La chaire, lieu de l’enseignement

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Tribune où le prêtre prêchait autrefois son homélie, la chaire est aujourd’hui n’est presque plus utilisée depuis que les églises bénéficient d’une sonorisation. Cependant, de beaux exemples sont encore conservés dans les sanctuaires.

Le premier exemple de chaire à prêcher de l’histoire peut être attribuée à la tribune d’airain construite par Salomon qui s’y tenait en tendant les mains vers le ciel et placée au Temple pour y parler au peuple de Dieu.

Au début du Moyen Âge, la chaire désigne le siège de l’évêque. Construit en bois, il comportait un haut dossier et des accoudoirs. On l’appelle aujourd’hui « cathèdre ». Ce meuble symbolisait la fonction d’enseignement et d’autorité de l’évêque. 

A partir du XIIe siècle, les prêtres utilisent un pupitre surélevé ou une estrade mobile pour les prédications. Ils étaient placés dans le chœur et souvent en bois. Progressivement, des chaires à prêcher fixes apparaissent et sont généralement placées dans la nef pour se rapprocher des fidèles. Un abat-voix, positionné au-dessus de la chaire, permet d’éviter que la voix ne se perde. Dès le Moyen Âge, l’Église exige que la prédication soit comprise de tous et donc prononcée en langue vernaculaire.

Placée généralement à la gauche de la nef, considéré comme « le côté de l’Évangile », la chaire prend place sur un pilier ou sur un mur. Elle est constituée d’une « cuve » dans laquelle se positionne le prédicateur. Un escalier permet d’y accéder. L’abat-voix peut être fixé sur le mur ou sur un dossier rattaché à la cuve.

Visuellement, la chaire à prêcher s’orne de décor de plus en plus fastueux au fil des siècles. Les yeux des fidèles s’y tournent pendant une longue partie de la messe, il est donc important alors que son ornementation soit à la hauteur de celle de l’église. En bois sculpté, en marbre ou en pierre, les chaires accueillent des ornementations diverses et les symboles y sont souvent nombreux. L’Esprit saint, sous la forme d’une colombe, rappelle que le prédicateur doit écouter l’inspiration divine. Des anges, des trompettes et des instruments variés évoquent la puissance de la parole. La présence des évangélistes quant à elle rappelle que l’homélie doit d’abord éclairer les fidèles.

Le  baptistère, lieu de la célébration du baptême

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Dans l’Église catholique, le baptême est le premier sacrement de l’initiation chrétienne. Ce sacrement, centré autour du rituel de l’eau, se déroule dans des baptistères ou autour des fonts baptismaux ou des cuves baptismales. 

Au tout début de l’ère chrétienne, les baptêmes étaient célébrés dans des rivières ou dans la mer. Après l’édit de Constantin, en 313, qui donne un statut officiel à l’Église, les bâtiments consacrés au culte deviennent plus nombreux. Appelés baptistères, ces constructions extérieures sont d’abord réservées aux cathédrales car, jusqu’au VIe siècle, seuls les évêques ont le droit de baptiser. Le baptême (qui signifie « plonger ») est alors administré par immersion : les catéchumènes — ceux qui se préparent au baptême — sont plongés dans une piscine réservée à cet effet et creusée à même le sol. Les baptistères sont souvent en forme de cercle, de croix, ou d’octogone. 

Lorsque l’administration du baptême n’est plus réservé à l’évêque, vers le VIIIe siècle, une cuve baptismale, non enterrée, remplace alors la piscine. C’est aussi l’époque où se met en place le baptême des très jeunes enfants par infusion, c’est-à-dire en versant de l’eau sur la tête du baptisé. Il sera généralisé vers le XIIe siècle.  

Au fil du temps, les baptistères distincts de l’église sont de moins en moins fréquents et le terme désigne désormais le lieu réservé à la célébration des baptêmes à l’intérieur de l’église. On y trouve une cuve baptismale, le plus souvent du côté ouest de l’entrée de l’église mais une chapelle peut être réservée exclusivement à cet usage. 

Les termes « cuve baptismale » et « fonts baptismaux » sont utilisés de manière indifférenciée pour désigner le contenant de l’eau servant au baptême. Cette eau est bénite lors de la veillée pascale.

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Cuve baptismale 

Les fonts baptismaux sont placés sur un support dont le matériaux est variable. Ils peuvent être taillé dans la pierre ou le marbre ou coulé dans bronze ou le plomb. Les formes aussi varient, reprenant un symbole spirituel : l’octogone pour rappeler la création ou le cercle qui suggère l’éternité. 

La cuve baptismale est souvent rapprochée de l’autel, dans un emplacement bien en vue des fidèles et adapté à la participation d’un grand nombre comme le précisent les préliminaires des rituels du baptême. Idéalement, la cuve baptismale doit être inamovible mais c’est loin d’être partout le cas. 

Les bénitiers, rappel de notre baptême en entrant dans une église

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Voilà des mois que la pandémie a contraint les paroisses à vider les bénitiers, et pourtant, se signer en entrant dans un sanctuaire est un geste rituel pratiqué depuis les premiers temps de l’Église qui rappelle aux chrétiens leur baptême.

En entrant dans une église, le regard des fidèles cherche souvent le bénitier qui permettra de tremper le bout des doigts de la main droite dans l’eau bénite, cette eau naturelle, utilisée pour le culte après bénédiction par un prêtre. 

À l’origine, les fidèles se lavaient les mains et les pieds dans de vastes bassins. Ce n’est que vers le XIXe siècle que les bénitiers remplacent les piscines pour les ablutions des fidèles. Placés près des portes d’entrée, les bénitiers sont de tailles variées et présentent diverses formes et matières car il n’y a aucune prescription si ce n’est que l’intérieur doit être réalisé dans un matériau dur et non poreux. 

En marbre, en pierre, en métal ou en porcelaine, le bénitier doit être suffisamment grand pour contenir l’eau bénite. Un coquillage issu des eaux tropicales peut également être utilisés et ce coquillage s’appelle… le bénitier ! Dans l’église Saint-Sulpice, à Paris, deux imposants bénitiers reposent sur un pied de marbre sculpté par Pigalle. On trouve aussi des bénitiers dont le premier usage était de servir de mortier dans les apothicaireries d’abbayes ou d’hospices.

Certains bénitiers sont scellés sur un mur ou un pilier, d’autres reposent sur un socle ou une colonnette. Les pieds peuvent être ornés de figures humaines ou de décors végétaux. Les plus anciens dont on dispose datent du XIIe siècle comme celui de Notre-Dame de Château-Larcher conservé au musée de Cluny à Paris.

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Bénitier placé sur un pilier, abbaye Sainte-Marie de la Pierre qui Vire.

Il existe aussi des bénitiers portatifs, souvent en métal, munis d’un goupillon, et qui sont utilisés pour les aspersions rituelles, pour bénir l’assemblée ou un corps au moment des obsèques. Des bénitiers de petite taille peuvent aussi être accrochés dans les maisons pour un usage domestique. L’usage du bénitier de chevet s’est perdu mais mériterait de retrouver une nouvelle vigueur car il rappelle l’importance de se signer en se levant ou en se couchant pour mettre sa journée sous le regard de Dieu.

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Bénitier portatif.

Le saint curé d’Ars nous rappelle que « le signe de la croix est redoutable au démon, puisque c’est par la croix que nous lui échappons. Il faut faire le signe de la croix avec un grand respect. On commence par la tête : c’est le chef, la création, le Père ; ensuite le cœur : l’amour, la vie, la rédemption, le Fils ; les épaules : la force, le Saint-Esprit. Tout nous rappelle la croix. Nous-mêmes nous sommes faits en forme de croix. »

Le  retable, pour magnifier l’autel

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Du latin retro tabula altaris, qui signifie en arrière d’autel, le retable est l’élément décoratif situé dans une église juste derrière l’autel. Une structure qui sert à magnifier la table sacrée où se déroule le sacrifice du Christ.

Aux premiers siècles du christianisme, la liturgie n’autorisait pas à mettre sur l’autel autre chose que l’évangéliaire et la pyxide — le boîtier contenant l’hostie consacrée — pour respecter le caractère sacré de la table eucharistique. Derrière l’autel était donc aménagé un rebord permettant de placer tous les objets liturgiques nécessaires à la célébration de la messe. Au fil du temps, le simple gradin se transforme en retable que l’on décore. Les saints sont alors les sujets principaux. 

Au XIe siècle, le retable s’agrandit et devient de plus en plus imposant au point de se transformer en un vaste panneau représentant les fêtes liturgiques. Suivant les régions et la richesse des églises, les retables, mobiles ou fixes, étaient construits en bois, en stuc, en pierre sculptée et parfois en marbre. Les sujets variés, sculptés ou peints, étaient toujours l’occasion d’un catéchisme imagé tout en étant le signe de la dévotion des commanditaires et des fidèles. Les vies de Jésus, de la Vierge Marie et des saints étaient ainsi le plus souvent mis à l’honneur.

À la fin du Moyen Âge, les retables se complexifient. Certains comportent plusieurs panneaux. On les appelle diptyque (pour deux), triptyque (pour trois), polyptyque… D’autres se composent de volets que l’on ferme ou que l’on ouvre en fonction des temps liturgiques, ce qui permet de laisser apparaître différentes scènes. Une prédelle — bande étroite peinte sous la scène principal et placée horizontalement sur toute la largeur — peut également se rajouter et permet à l’artiste d’aborder d’autres thèmes, en lien ou non avec le sujet principal du retable.

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Retable de l’église Saint-Jean-Baptiste de Megève : daté de 1731, il a été sculpté et peint par Jean Baptiste Bozzo, sculpteur de l’empereur d’Autriche Ferdinand VI.

Plus tard, on commence à intégrer le tabernacle au cœur du retable. Ensemble, les deux éléments forment un monument décoratif cohérent et le tabernacle, où repose le Corps du Christ, est ainsi magnifié par cette immense structure qui l’entoure.

L’autel, la table sacrée où se célèbre l’Eucharistie

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Situé au centre de l’église, l’autel est la pierre la plus sacrée de l’édifice. Point de jonction entre Dieu et les Hommes, c’est sur cette table que le prêtre célèbre le sacrifice du Christ par l’Eucharistie.

Bien avant le christianisme, les hommes utilisaient déjà des tables sacrées, que l’on appelle plus communément des autels, pour célébrer leurs rites sacrés. C’est sur cette table que l’on procédait à des sacrifices ou des dépôts d’offrande, comme de la nourriture, en l’honneur de Dieu. Déjà dans l’Antiquité, les maisons réservaient une place spéciale pour l’autel avant que ce dernier ne soit transféré dans des édifices publics.

Un autel, qu’est-ce que c’est ?

D’origine latine (altus), l’autel signifie “élevé”. Se rapprocher de Dieu en s’élevant le plus possible vers le Ciel est en effet primordial pour les croyants. Les montagnes et les collines ont ainsi toujours été des lieux privilégiés pour la célébration du culte car elles permettent de se rapprocher du Ciel. L’autel est ainsi symboliquement considéré comme le point le plus haut d’une église. C’est celui qui relie Dieu et les hommes, d’où sa place unique dans l’édifice. En plaçant les offrandes sur un autel, on cherche à les rapprocher de Dieu et à les faire passer du monde profane au monde sacré. Pour les chrétiens, une église sans autel est donc une église sans âme. Elle est la pierre angulaire qui fait tenir tout l’édifice, à l’image du Christ pour son Église.  

Où se place-t-il exactement dans une église ?

Dans les premiers siècles du christianisme l’autel était mobile et pouvait être déplacé pour les offices. Ce n’est qu’au IVe siècle qu’il commence à avoir une place privilégiée et fixe. Dans les églises chrétiennes, le maître-autel, qui est l’autel principal, est toujours placé au centre de l’édifice, dans ce qu’on appelle « le chœur », la partie réservée au clergé.

L’emplacement de l’autel a pu varier au fil des siècles. Parfois disposé au fond du chœur , contre le mur — notamment quand les messes étaient célébrées dos au peuple — il est aujourd’hui communément placé au centre du chœur afin d’être bien visible par les fidèles.

Dans les deux cas, sa position centrale dans l’église marque la place éminente de la célébration de l’Eucharistie pour les chrétiens. En fonction de la taille du bâtiment, d’autres autels peuvent être abrités dans des chapelles latérales mais il s’agit d’autels secondaires.

Comment cette table devient-elle sacrée ?

Pour qu’un autel soit digne de célébrer le sacrifice du Christ, il doit être consacré et constitué d’une seule grande pierre. Lors de la consécration, le prêtre verse du saint-chrême sur la table — une huile sainte bénit par l’évêque le Jeudi saint — pour marquer son rôle sacré. Cinq croix sont également tracées sur l’autel, une au centre et à chaque angle, pour symboliser les cinq plaies du Christ.

Les autels sont généralement recouverts de nappes, parfumés d’encens et décorés de cierges pour marquer son importance. À la messe, le prêtre dépose également un baiser sur l’autel en signe de respect.

Constitué parfois en bois, mais généralement en pierre ou matériaux nobles, l’autel peut accueillir en dessous des reliques de saints. Une présence physique hautement symbolique. Par leur corps, les saints matérialisent leur intercession entre Dieu et les Hommes, entre les vivants et ceux qui sont déjà dans la Vie éternelle.

L’ambon, le pupitre réservé à la lecture de la parole de Dieu

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Situé à l’entrée du chœur, l’ambon est utilisé pour lire les lectures, l’Évangile et chanter les psaumes. C’est aussi l’endroit où le prêtre prononce l’homélie.

Religion de la parole, le christianisme a très tôt mis la lecture des textes au centre des offices. La « liturgie de la parole », au cours de laquelle sont lus et commentés des passages de l’Ancien et du Nouveau testament, a ainsi une place essentielle dans le déroulé de la messe. Pour cela, les catholiques utilisent l’ambon. L’ambon est un pupitre fixe, légèrement surélevé par rapport à l’assemblée, placé à proximité de l’autel. Il est suffisamment grand pour recevoir le lectionnaire, le livre regroupant les textes bibliques à lire au cours des offices.  

Les lecteurs y lisent les lectures de l’Ancien et du Nouveau testament, qui varient en fonction du calendrier liturgique, mais aussi les psaumes. C’est là que prêtre proclame également l’Évangile et prononce son prêche. Les intentions de la prière universelle peuvent aussi y être lues.

Pourquoi une place spécifique pour la lecture de la Bible ?

Lors de la messe, Dieu se donne dans l’Eucharistie, célébrée sur l’autel. Il nous donne aussi sa Parole, au travers des lectures prévues par la liturgie. Lire la parole de Dieu n’est pas une simple lecture de texte : elle requière une dignité particulière. En réservant un lieu à cet effet, un signe nous est donné de la dimension sacrée de la parole divine. En effet, toutes les paroles n’ont pas la même valeur. C’est pour cela que les annonces paroissiales ne sont pas lues à l’ambon, mais sur un autre pupitre réservé généralement à l’animation des chants.

Pourquoi accède-t-on à certains ambons par des marches ?

Ambon vient d’un mot grec qui signifie monter. Dès les premiers siècles, les chrétiens proclamaient les Évangiles depuis un endroit plus élevé que celui où étaient placés les fidèles. Comme un rappel de Jésus qui gravissait la montagne pour enseigner les foules, celui qui lisait devait monter quelques marches. La présence du Seigneur qui enseigne par sa Parole se retrouve d’ailleurs dans la prière de bénédiction de l’ambon : « Que la voix de ton Fils résonne en ce lieu ! ».

Cette montée s’est ensuite perpétué avec le développement des chaires, dont l’abat-voix présentait l’avantage de mieux entendre la prédication, avant l’utilisation d’une sonorisation dans les églises.

De nos jours, il reste certains ambons « à marches », en pierre. Mais, plus fréquemment, l’ambon est présenté sous forme d’un pupitre, situé près de l’autel, sans surélévation particulière. La présentation générale du missel romain indique : « On aménagera l’ambon, en fonction des données architecturales de chaque église, de telle sorte que les fidèles voient et entendent bien les ministres ordonnés et les lecteurs ».

Le décor de l’ambon peut être très varié, du simple pupitre au meuble ouvragé représentant les évangélistes ou des scènes bibliques.

Le lutrin, pupitre monumental pour lire ou chanter

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Du latin signifiant « qui sert à lire », le lutrin porte bien son nom puisqu’il était destiné à supporter les gros livres des chants liturgiques et les textes des offices.

Au VIIe siècle, les lutrins, qui existaient déjà, avaient un tout autre usage. Ils étaient utilisés par les moines copistes pour écrire et enluminer leurs ouvrages. Progressivement, ils se sont déplacés dans les églises pour porter des ouvrages de grande taille, lourds et peu maniables. À une époque où il était impossible de faire des photocopies et où les livres coûtaient cher, le lutrin permettait aux chantres de voir, tous en même temps, le livre et donc de pouvoir chanter ensemble. C’est au XIIIe siècle que la production de lutrins liturgiques va se répandre plus largement. 

Si les lutrins sont généralement fabriqués en bois ou en fer forgé, il n’est pas rare d’en voir aussi dans des matériaux plus précieux. Le pied ou socle est souvent massif pour supporter le poids des livres. Il en existe même où l’on peut voir un coffre à livres pour conserver les manuscrits. Quant au pupitre, il dispose de un à quatre versants et peut se régler au niveau de la hauteur et de l’inclinaison. 

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Des lutrins en forme d’aigle

Les lutrins possèdent souvent un socle représentant les symboles des quatre évangélistes. C’est qu’on appelle le tétramorphe : l’aigle pour saint Jean, le lion pour saint Marc, l’homme pour saint Matthieu et le taureau pour saint Luc. L’aigle, qui représente l’évangéliste Jean mais qui symbolise aussi la lutte du bien contre le mail, sert parfois de support pour les livres. Grâce à ses ailes déployées, il permet de déposer facilement le livre ouvert. Dans ce cas particulier, on parle d’aigle-lutrin.

Le lutrin, l’ancêtre du pupitre

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Avec le temps et l’évolution des besoins liturgiques, la nécessité de lire les partitions à plusieurs sur un unique lutrin a disparu. Ces derniers sont encore parfois utilisés par les chantres mais ont largement perdu en utilité. Ils sont souvent gardés dans les églises pour leur beauté et leur intérêt historique. Mais, si on regarde bien, on voit que l’ambon actuel,  qui sert à chanter et lire les textes bibliques, a naturellement hérité du pupitre qui reprend sa forme mais aussi son inclinaison. 

 

Le confessionnal, le lieu du pardon

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Lors du sacrement de pénitence, ou sacrement de réconciliation, le fidèle vient demander le pardon de ses péchés. Un acte important qui nécessite un espace, le confessionnal, dans lequel il pourra s’exprimer librement auprès du prêtre.

Tout ce qui se dit entre le prêtre et son interlocuteur lors du sacrement de réconciliation doit rester entre eux et Dieu. Ce moment, qui nécessite une grande confidentialité, a obligé l’Église à réfléchir à l’aménagement d’espaces discrets pour permettre au fidèle de parler librement au prêtre. C’est ainsi que l’on trouve dans les églises des sortes d’isoloirs clos, que l’on appelle confessionnaux, dans lesquels se placent le prêtre et le fidèle pour échanger en toute discrétion.

Si la confession a d’abord été un acte public, réservé aux fautes les plus graves, elle devient privée vers le VIe siècle. C’est au XIIIe siècle que le concile de Latran insiste sur la nécessité d’une confession régulière, au moins annuelle, avant la communion pascale. On attribue à saint Charles Borromée la création du confessionnal en forme d’isoloir clos, après le concile de Trente, en 1545.

Le confessionnal est habituellement composé d’une loge, fermée par une porte ou un rideau, réservée au prêtre qui s’assoit à l’intérieur. Cette loge peut comporter, de part et d’autre, un compartiment muni d’un prie-Dieu sur lequel vient s’agenouiller le fidèle qui vient se confesser. Une grille sépare le prêtre et le fidèle pour permettre d’assurer l’anonymat de ceux qui viennent se confier à lui. Un portillon, placé derrière la grille, peut être ouvert ou fermé par le prêtre, qui n’écoute évidemment qu’une personne à la fois. 

Suivant les usages locaux, les confessionnaux peuvent être plus ou moins ornés, mais ils sont le plus souvent en bois. Sauf lorsqu’ils sont intégrés dans l’architecture même de l’église. 

Les confessionnaux clos de moins en moins utilisés

Depuis le concile de Vatican II, les confessionnaux en forme d’isoloir sont de moins en moins utilisés même s’ils sont toujours en usage. En effet, on encourage davantage les confessions en face-à-face. Si le fidèle le souhaite, il peut ainsi simplement s’asseoir en face du prêtre pour se confesser ou s’agenouiller sur un prie-Dieu. 

Une séparation entre pénitent et confesseur peut être cependant maintenue pour préserver l’anonymat. Une simple séparation, plus légère, remplace alors les grands confessionnaux anciens. Il est en effet important que le fidèle puisse choisir sous quelle forme se déroule la confession afin qu’il reçoive le sacrement de réconciliation dans de bonnes conditions.

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Lors des JMJ de Madrid, 200 confessionnaux blancs en forme de voile de bateau ont ainsi été installés dans un parc de la ville, modernisant résolument leur image. L’essentiel est que chacun se sente écouté et pardonné, quelle que soit la forme du confessionnal.

ARCHITECTURE, ART ET SPIRITUALITE, ART RELIGIEUX, ART SACRE, EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, EGLISES, LEXIQUE ET PLAN D'UNE EGLISE, VISITER UNE EGLISE

Visiter une église

Lexique et plan d’une église

PLAN D-UNE EGLISE

LEXIQUE 

I–L’église est un édifice catholique en forme de croix latine orientée, c’est-à-dire disposée en direction de l’orient, symbole du jour qui se lève et de la Résurrection.

La CROIX  dont l’église prend la forme est le symbole chrétien de la rédemption. La liturgie tout entière repose sur le mystère de la Croix et de la Résurrection.

Les différentes parties de l’édifice sont ainsi définies :

1-       Le PARVIS : lieu de rencontre à l’extérieur  devant

la façade de l’église ou de la chapelle devient NARTHEX lorsqu’il se situe à l’intérieur dans le prolongement de la nef.

2-  La PORTE de l’église est l’ouverture aménagée dans la façade ou les murs latéraux  pour permettre l’accès au sanctuaire.

Lorsqu’elle est grande, ébrasée et ornée, on parle de PORTAIL

3-   La NEF : du latin navis, le vaisseau, par analogie de forme est la partie comprise entre le portail et le chœur dans le sens longitudinal où se rassemblent les fidèles.

Le terme de vaisseau est aussi le symbole de la barque de l’Eglise gouvernée par Pierre et par ses successeurs.

4-       Le TRANSEPT est une nef transversale qui coupe la nef principale en lui donnant la forme d’une croix.

5-       Le CHŒUR  est la partie de l’église  qui précède  le maître-autel. Elle était  ainsi appelée parce que dans l’usage liturgique le « chœur » (du grec choros qui signifie cercle de chanteurs) abritait  la « chorale » qui chante les louanges de Dieu. Aujourd’hui cette vocation ne concerne plus que le chœur des abbayes ou des cathédrales où les chanteurs occupent les stalles  édifiées à cet effet. La chorale actuelle se tient dans le transept ou dans une tribune au-dessus de la nef.

6-       Le CHEVET mot dérivé de l’ancien français, chef, la tête, est la partie de l’église qui se trouve à la tête de la nef, derrière le chœur. Lorsque cette partie est arrondie en hémicycle on parle d’ABSIDE.

II–Le service du culte ou liturgie est célébré en plusieurs endroits :

7-    L’AUTEL  est le haut-lieu  (du lat.altus, élevé) où le culte est célébré. Point central de l’église où les chrétiens font mémoire de la Cène, dernier repas du Christ avec ses disciples où il institua l’Eucharistie.

8-   L’AMBON est le lieu de la proclamation de la Parole de Dieu. Situé sur le côté, un peu en avant de l’autel, c’est un emplacement surélevé qui a remplacé la chaire, où désormais se fait aussi l’homélie qui suit l’Evangile.

9-   La CHAIRE, en bois ou en pierre, est la tribune élevée au milieu de la nef qui était le lieu de la prédication.

10-   Le TABERNACLE, du latin tabernaculum, tente, est une petite armoire verrouillée  où l’on conserve les hosties consacrées lors de l’eucharistie et destinées à être portées aux malades. Sa présence est signifiée aux fidèles par une lampe toujours allumée.

La LAMPE est le symbole de la présence du Christ lumière du monde. Cette lumière est aussi présente sur l’autel où les bougies sont allumées lors de la célébration de la messe. Elle est particulièrement sensible dans l’art des vitraux qui la font pénétrer dans le sanctuaire.

11-   Les FONTS BAPTISMAUX, du latin fons, source,  fontaine,  désignent la vasque  qui reçoit l’eau baptismale, signe de la vie nouvelle conférée au nouveau baptisé.

 Pour cette raison, les fonts sont placés auprès de l’entrée de l’église  pour qu’il puisse ainsi  être introduit dans la maison de Dieu. Parfois, depuis le Concile, ils se trouvent proches de l’autel où le baptême a lieu après que le futur baptisé ait été accueilli dans l’assemblée.

12-   Le  BENITIER est la vasque située à la porte de  l’église, destiné à contenir l’eau bénite à l’usage des fidèles.

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Quelques termes sur l’architecture et le mobilier d’église

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L’architecture

Abat-Son : lame de bois ou de métal disposée dans les ouvertures du clocher destinées à orienter vers le sol le son des cloches.

 Abside : extrémité ou « tête » de l’église, son plan est le plus souvent semi-circulaire mais peut-être polygonal ou plat. Du mot grec « apsis » (Voute)

 Absidioles : petites absides, servant de chapelles, situées à l’extrémité des bas-côtés (église romane) ou autour l’abside centrale (église gothique).

 Acanthe : plante méditerranéenne proche du chardon, utilisée pour le décor les chapiteaux mais aussi des frises ou tout autre surface sculptée dans les édifices religieux.

 Arc-boutant : Contrefort en forme d’arc qui sur le flan des églises gothiques, empêche l’écartement des murs sous le poids de la voûte. L’arc-boutant est une invention romaine dont la première utilisation dans les églises de France fait suite à l’effondrement de la voûte de Cluny.

 Arc d’ogive : Arc tendu diagonalement pour renforcer les arêtes d’une voûte.

 Archivolte : Ensemble de voussures encadrant une fenêtre ou un portail.

 Armarium : Niche creusée dans le mur du cloître dans laquelle sont rangés les livres du monastère, destinés à l’éducation des moines. Quand le nombre de livres à augmenté, une pièce spécifique leur a été consacrée.

 Baldaquin : Voir Ciborium

 Baptistère : Édifice, lieu où est administré le baptême, il est généralement à extérieur de l’église comme dans les édifices du haut Moyen-Age. Ce qui est différent des « fonts baptismaux », cuve contenant l’eau bénite utilisée pour le baptême, qui sont situés soit dans le baptistère, soit dans l’église dans une pièce dénommée « chapelle des fonts ».

 Bas-côtés : espaces de circulation situés de chaque côté de la nef. Ils sont séparés de la nef par des grandes arcades qui portent colonnes ou piliers. La voûte des bas côtés est moins élevée que la nef principale.

 Bretèche : Petite construction en surplomb au-dessus d’une porte constituée d’une ouverture permettant de lancer des projectiles à la verticale de l’ennemi (au moyen âge). Par extension abri en bois ou en pierre pour protéger les cloches dans certaines régions (Périgord et Aquitaine).

 Campanile : qui signifie clocher en italien est une structure en fer forgé qui coiffe un toit en général plat. On les trouve souvent dans les régions « venteuses » (Provence par exemple).

 Chapelle : Elles sont dites rayonnantes lorsqu’elles sont autour du déambulatoire. Lorsque ces chapelles communiquent entre elles on parle de « couronne de chapelles jointives ».

Elle est dite axiale lorsqu’elle est située dans l’axe de la nef sur le déambulatoire.

 

Chapiteau : Élément élargi formant le sommet d’un pilier ou d’une colonne. Il comporte en principe, de bas en haut: l’Astragale, disque surmontant le fût de la colonne; la Corbeille, volume dont les divers faces se prêtent à recevoir la décoration; le Tailloir, élément assurant la la liaison entre corbeille et partie soutenue par la colonne.

 Chevet : nom donné au fond de l’église. Il peut être plat, en abside (demi-circulaire) , pans coupés.

 Chœur : le terme désigne l’espace situé au-delà de la nef ou des transepts et réservé au clergé, qui officie autour du maître-autel.

 Ciborium : Petite construction édifiée en forme de baldaquin à colonnes élevées au-dessus de l’autel d’une église, de la cuve baptismale ou parfois d’un tabernacle (armoire où est déposé le ciboire). Aujourd’hui on utilise surtout le terme baldaquin.

 Claveau : pierre taillée en trapèze, qui placé conjointement àune autre de même forme permet d’édifier arcs et voussures.

 Clocher : élément architectural d’une église, généralement en forme de tour plus ou moins élevée, qui héberge une ou plusieurs cloches.

 Clocher-Porche : clocher dont le rez-de-chaussée sert d’entrée dans une église.

 Colonne : support architectural dont la section est circulaire par opposition au pilier de section quadrangulaire.

 Coupole : voûte dont la forme globale est celle d’une demi-sphère. On la désigne, vue de l’extérieur par le nom de dôme.

Croisée du transept : espace déterminé par l’intersection entre le vaisseau principal de la nef et le transept.

 Croisée d’ogives : Armature d’une voûte formée de deux ou trois arcs d’ogives se croisant. (Caractéristique de l’art gothique.)

 Croix : Elle est dite grecque lorsque les branches sont égales.

Elle est dite latine lorsque l’une des branches est plus longue que les trois autres.

 Crypte : salle souterraine abritant la sépulture d’un saint ou des reliques vénérées par des pèlerins. Le plus souvent elle est située sous le chœur.

Plan d’une église en élévation

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Cul-de-four : Voûte couvrant les absides et absidioles formée d’un quart de sphère rappelant la forme du four à pain.

 Culot : Ornement architectural à demi engagé dans un mur, parfois doté d’une fonction de support d’un arc ou d’une base de colonne et généralement décoré de sculpture.

 Déambulatoire : espace de circulation tournant autour du chœur permettant aux pèlerins de se déplacer. Le déambulatoire peut déboucher sur des chapelles rayonnantes.

 Dôme : Coupole à base circulaire ou polygonale.

 Fronton : ornement architectural triangulaire ou en forme de segment de cercle, au-dessus d’un portail ou d’une façade (art classique).

 Galonnière : porche donnant accès à l’intérieur de l’église, servant autrefois aux funérailles des pauvres. Élément assez typique de certaines églises beaujolaises.

 Gargouille : pierre saillante et sculptée destinée à déverser l’eau de pluie loin des murs. Représente souvent des animaux fantastiques ou des monstres. Leurs gueules crachant l’eau de pluie.

 Jubé : tribune ou clôture de pierre ou de bois séparant le chœur de la nef. Il remplaçait la poutre de gloire dans les grandes églises. Il est composé de trois éléments : la tribune (le jubé proprement dit), la clôture et le groupe sculpté de la crucifixion. Il servait à la lecture de l’épître et de l’évangile depuis la tribune. La clôture a pour fonction d’isoler le chœur qui est réservé aux clercs et aux seigneurs ; des fidèles.

 Lanternon ou lanterneau : Partie supérieure d’un dôme ou d’une coupole en forme de Lanterne.

 Linteau : Élément architectural de pierre ou de bois qui sert à soutenir les matériaux d’une baie, d’une porte, d’une fenêtre. Le linteau peut servir notamment de base au tympan au-dessus du portail.

 Narthex : autrefois les catéchumènes (personnes adultes demandant le baptême) se tenaient à cet endroit pendant les offices jusqu’à la nuit de Pâques où ils étaient baptisés.

 Nef : espace principal d’accueil des fidèles qui forme un vaisseau qui s’étend entre le portail et le chœur.

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Plan d’une église romane

 Parvis : espace extérieur située devant l’entrée principale qui est souvent un lien d’échange, de rencontre et de rassemblement

Piscine liturgique : Elle servait pendant la messe à déposer et vider les burettes. C’est donc un équipement lié au rituel de purification. Inclus généralement dans l’épaisseur d’un mur intérieur, non loin du chœur, cette piscine n’est en général pas taillé dans une seule pierre, mais trouve sa place dans l’agencement de la maçonnerie, en creux comme une niche. Elle peut être plus ou moins richement sculpté.

 Porche : construction élevée devant le portail d’une église, en bois ou en pierre

Poutre de gloire ou Tref : Elle porte le Christ en croix, la Vierge, Saint-Jean, et parfois d’autres personnages du calvaire

 Pyramidion : Petite pyramide servant au couronnement des obélisques et des pyramides d’Egypte. Par extension petite pyramide servant au couronnement sur un édifice tel une église ou une villa.

 Sacraire : Petite pièce voûtée, située près du chœur des églises, où l’on renfermait les vases sacrés. Dans un grand nombre d’églises, la sacristie servait de sacraire.

 Sacristie : annexe de l’église où sont déposés les vêtements sacerdotaux, les vases sacrés, etc.

 Supports : comme leurs noms l’indiquent, ils sont destinés à porter une voûte, un arc. De deux sortes : la colonne, support de section circulaire ou polygonale ; le pilier ou pile , support de section carrée ou cruciforme.

 Travée : division transversale d’un vaisseau comprise en deux piliers ou piles.

 Transept : vaisseau central qui coupe la nef à la hauteur du chœur. Cet élément d’architecture donne à l’église son plan en croix. L’intersection de ces deux vaisseaux forme la croisée du transept. Le transept n’existe pas toujours.

 Tribune : Galerie haute et large courant au dessus des bas-côtés.

 Triforium : A l’intérieur d’une église, galerie haute donnant sur la nef. Une galerie non couverte est une Coursière.

 Tympan : partie supérieure d’un porche, souvent sculptée, soutenue par un linteau horizontal.

 Voussures : partie cintrée qui encadre le portail de l’église. Les voussures sont souvent couvertes de sculptures.

Termes d’archéologie

 

Arcatures

Suite de bandes verticales, semblables à des pilastres, mais de très faible saillie, répétées à intervalles réguliers. Ces arcades ont presque toujours été élevées dans un but décoratif. On parle d’une arcature aveugle lorsqu’elle « colle » au mur contre lequel elle est construite.

 Bandes lombardes

À l’origine, les bandes lombardes eurent un rôle de raidissement du mur mais sont devenues par la suite un élément de décoration. Ce mode de décoration en arcatures rythme les murs de clochers ou églises. C’est un élément d’architecture caractéristique de l’époque romane. Ces arcatures portent souvent le nom d’arcatures lombardes car l’on a pensé que cette technique de construction, que l’on retrouve sur beaucoup d’églises romanes du sud, est venue des maçons lombards. Il semble que des travaux récents remettent en cause cette origine lombarde. Elles sont reliés à leur sommet par une frise d’arcatures en plein-cintre.

 Boudin

Nervure semi-cylindrique en fort relief.

 Crédence

Petite table supportée par un cul-de-lampe, une console, une figure ou tout autre ornement, et qu’on place dans une église près de l’autel pour recevoir les burettes, encensoir, etc.

 Enfeu

L’enfeu est une case hors-sol dans laquelle on place les cercueils plutôt que de les inhumer en pleine terre comme c’est le cas dans une tombe ou un caveau. On les trouve dans certains cimetières du sud de la France ou bien dans les murs de certains édifices religieux anciens où reposaient les nobles ou religieux.

 Géminé(e)

Se dit de parties qui sont disposées ou unies deux à deux :

Arcs géminés.

Colonnes géminées : colonnes groupées deux à deux, mais avec quelque intervalle.

Fenêtres géminées : fenêtres groupées par deux sans être directement en contact ; séparées par une colonne par exemple.

Litre ou litre funéraire

Bande peinte en noir, portant les armoiries des seigneurs et faisant le tour d’une chapelle. La litre était placée d’autant plus haut que la noblesse du seigneur était plus grande.

 Gloire

Auréole entourant un personnage.

 Mandorle

Gloire en forme d’amande, de l’italien mandorla qui signifie amande.

 Meneau

Traverse de pierre compartimentant une baie ou une lucarne.

 Modillon ou corbeau

Petit bloc de pierre, généralement sculpté semblant soutenir une corniche.

 Oculus

Baie de forme circulaire.

 Phylactère

Banderole portant une inscription.

 Pilastre

Pilier plat engagé dans un mur sur lequel il forme saillie.

 Tierceron

Arc qui naît des angles dans une voûte ogivale.

Motif ornemental

 

Rinceau : Motif sculpté ornemental constitué d’éléments végétaux.

 Tétramorphe : Ensemble des quatre figure d’homme (l’homme, le lion, le taureau et l’aigle) symbolisant les évangélistes (Matthieu, Marc, Luc et Jean).

 Monogramme : Chrisme : Le chrisme superpose les lettres grecques X (khi) et ϱ (rhô), les deux premières lettres du mot Christ. Aux branches du X sont souvent accrochées les lettres α (alpha) et ω (oméga) pour signifier que le Christ est au principe et au terme de la création.

IHS : Le monogramme IHS (parfois JHS) est une abréviation et une translittération imparfaite du nom de « Jésus » en grec : Ι = J, Η = E et Σ = S

Vitraux :  Rosace : grande baie circulaire ornée de vitraux qui s’ouvre sur la façade d’une église ou aux extrémités du transept.

Vitraux : illustrent les épisodes de la bible (ancien et nouveau testament) et de la vie des saints.

 

Mobilier

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 Ambon :Lieu surélevé d’où est lue la Bible pendant l’office. L’ambon a au cours du temps pris la forme d’un lutrin.

Antependium :Élément décoratif ornant le devant de l’autel, en métal, pierre sculptée, bois peint ou tissu brodé.

 Autel :Situé au centre de l’édifice, c’est l’objet le plus saint de l’église. Il rappelle à la fois la prière du sacrifice et la table de la Cène (dernier repas de Jésus avec ses disciples).

 Bénitier : Vasque parfois en forme de coquille contenant l’eau bénite avec laquelle les chrétiens tracent sur eux le signe de croix en entrant dans l’église.

 Cathèdre : Siège, trône de l’évêque, dont l’église est dite cathédrale.

 Chaire : Située au milieu ou en haut de la nef, surélevée grâce à un escalier, elle permet au prêtre de faire entendre son homélie aux fidèles. La chaire est constituée de la cuve (place du prédicateur) et parfois d’un dossier reliant la cuve à la partie supérieure appelée « porte-voix ».

 Châsse : Reliquaire, grand coffre en forme de sarcophage, généralement en métal avec un couvercle à deux pentes, dans lequel est conservé la dépouille d’un saint ou d’une sainte.

 Confessionnal : Lieu où le fidèle reçoit le sacrement de pénitence.

 Fonts baptismaux : Cuve destinée à recevoir l’eau utilisée lors du sacrement du baptême.

 Gisant :Statue ornant un tombeau et représentant le décédé, allongé, le plus souvent les mains jointes.

 Godron : Un godron est un motif d’ornementation en forme de moulure creuse ou saillante, ou de cannelure en relief, de forme ovoïde, servant à décorer la panse rebondie d’un vase, d’une cuve de fonts baptismaux.

 Lutrin : Pupitre destiné à recevoir le livre de la parole de Dieu qui est lu au cours de toute célébration.

 Pierre tombale ou plate-tombe : Monument funéraire à l’intérieur d’un édifice, constitué d’une dalle en pierre encastrée au sol ou légèrement surélevée, généralement gravée.

 Retable : Décor vertical entourant l’ancien maître-autel situé au fond de l’église.

 Statues :Représentent les saints honorés par l’Église en raison de la qualité religieuse de leur vie. Elles sont souvent fleuries en raison d’une dévotion particulière (patron de la paroisse, légende locale, saint guérisseur, etc.). Durant la période gothique, le statuaire devient un art en soi et demeure, jusqu’au XVe siècle, une expression de l’art local, avec comme principal sujet la Vierge à l’Enfant, ainsi que quelques Christs aux liens (Colomby, Quettehou, Saint-Sauveur-le-Vicomte).

 Table de communion : La table de communion (quand elle existe encore) est le lieu entre le chœur et les fidèles où on se met à genoux pour recevoir la sainte communion.

 Tabernacle : Petite armoire située dans le chœur, fermant à clé où sont conservées les hosties consacrées. Il est souvent situé au centre du retable.

 Orgues

 Accouplement : procédé par lequel l’organiste peut faire jouer simultanément plusieurs claviers.

 Boîte expressive : grand caisson dans lequel sont installés l’ensemble des tuyaux des jeux d’un clavier

 Buffet : les parties de l’instrument extérieures de menuiserie qui contiennent tous les mécanismes et tuyaux de l’instrument.

 Chamade : jeu dont les tuyaux sont postés horizontalement, très souvent en façade de l’orgue.

 Console : c’est l’endroit depuis lequel l’organiste commande tout l’instrument.

 Jalousies : persiennes pivotantes qui assurent l’ouverture et la fermeture de la boîte expressive.

 Jeu : timbre ou différentes sonorités de l’orgue. A chaque jeu correspond une série de tuyau pour tout le clavier.

 Marche : c’est le nom donné aux touches du clavier de pédale.

 Sommier : réservoir à air sur lesquels sont posés les tuyaux.

 Soufflerie :ensemble des appareils fournissant l’air.

 Tirasse : procédé par lequel l’organiste peut utiliser les jeux d’un clavier en jouant sur le pédalier.

  Tuyau : ce sont les tuyaux soit à bouche, soit à anche, qui produisent le son de l’orgue.

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DANS L'EGLISE DE ***, EGLISES, POEME, POEMES, POETE FRANÇAIS, VICTOR HUGO

Dans l’église de ****

 Dans l’église de ***

Interior abandoned church in ruins, construction and architecture
Interior abandoned church in ruins, construction and architecture

I.

C’était une humble église au cintre surbaissé,
L’église où nous entrâmes,
Où depuis trois cents ans avaient déjà passé
Et pleuré bien des âmes.

Elle était triste et calme à la chute du jour,
L’église où nous entrâmes ;
L’autel sans serviteur, comme un cœur sans amour,
Avait éteint ses flammes.

Les antiennes du soir, dont autrefois saint Paul
Réglait les chants fidèles,
Sur les stalles du chœur d’où s’élance leur vol
Avaient ployé leurs ailes.

L’ardent musicien qui sur tous à pleins bords
Verse la sympathie,
L’homme-esprit n’était plus dans l’orgue, vaste corps
Dont l’âme était partie.

La main n’était plus là, qui, vivante et jetant
Le bruit par tous les pores,
Tout à l’heure pressait le clavier palpitant,
Plein de notes sonores,

Et les faisait jaillir sous son doigt souverain
Qui se crispe et s’allonge,
Et ruisseler le long des grands tubes d’airain
Comme l’eau d’une éponge.

L’orgue majestueux se taisait gravement
Dans la nef solitaire ;
L’orgue, le seul concert, le seul gémissement
Qui mêle aux cieux la terre !

La seule voix qui puisse, avec le flot dormant
Et les forêts bénies,
Murmurer ici-bas quelque commencement
Des choses infinies !

L’église s’endormait à l’heure où tu t’endors,
Ô sereine nature !
À peine, quelque lampe au fond des corridors
Étoilait l’ombre obscure.

À peine on entendait flotter quelque soupir,
Quelque basse parole,
Comme en une forêt qui vient de s’assoupir
Un dernier oiseau vole ;

Hélas ! et l’on sentait, de moment en moment,
Sous cette voûte sombre,
Quelque chose de grand, de saint et de charmant
S’évanouir dans l’ombre !

Elle était triste et calme à la chute du jour
L’église où nous entrâmes ;
L’autel sans serviteur, comme un cœur sans amour,
Avait éteint ses flammes.

Votre front se pencha, morne et tremblant alors,
Comme une nef qui sombre,
Tandis qu’on entendait dans la ville au dehors
Passer des voix sans nombre.

II.

Et ces voix qui passaient disaient joyeusement
« Bonheur ! gaîté ! délices !
À nous les coupes d’or pleines d’un vin charmant !
À d’autres les calices !

Jouissons ! l’heure est courte et tout fuit promptement
L’urne est vite remplie !
Le nœud de l’âme au corps, hélas ! à tout moment
Dans l’ombre se délie !

Tirons de chaque objet ce qu’il a de meilleur,
La chaleur de la flamme,
Le vin du raisin mûr, le parfum de la fleur,
Et l’amour de la femme !

Épuisons tout ! Usons du printemps enchanté
Jusqu’au dernier zéphire,
Du jour jusqu’au dernier rayon, de la beauté
Jusqu’au dernier sourire !

Allons jusqu’à la fin de tout, en bien vivant,
D’ivresses en ivresses,
Une chose qui meurt, mes amis, a souvent
De charmantes caresses !

Dans le vin que je bois, ce que j’aime le mieux
C’est la dernière goutte.
L’enivrante saveur du breuvage joyeux
Souvent s’y cache toute !

Sur chaque volupté pourquoi nous hâter tous,
Sans plonger dans son onde,
Pour voir si quelque perle ignorée avant nous
N’est pas sous l’eau profonde ?

Que sert de n’effleurer qu’à peine ce qu’on tient,
Quand on a les mains pleines,
Et de vivre essoufflé comme un enfant qui vient
De courir dans les plaines ?

Jouissons à loisir ! Du loisir tout renaît !
Le bonheur nous convie !
Faisons, comme un tison qu’on heurte au dur chenet,
Étinceler la vie !

N’imitons pas ce fou que l’ennui tient aux fers,
Qui pleure et qui s’admire.
Toujours les plus beaux fruits d’ici-bas sont offerts
Aux belles dents du rire !

Les plus tristes d’ailleurs, comme nous qui rions,
Souillent parfois leur âme.
Pour fondre ces grands cœurs il suffit des rayons
De l’or ou de la femme.

Ils tombent comme nous, malgré leur fol orgueil
Et leur vaine amertume ;
Les flots les plus hautains, dès que vient un écueil,
S’écroulent en écume !

Vivons donc ! et buvons, du soir jusqu’au matin,
Pour l’oubli de nous-mêmes,
Et déployons gaîment la nappe du festin,
Linceul du chagrin blême !

L’ombre attachée aux pas du beau plaisir vermeil,
C’est la tristesse sombre.
Marchons les yeux toujours tournés vers le soleil ;
Nous ne verrons pas l’ombre !

Qu’importe le malheur, le deuil, le désespoir,
Que projettent nos joies,
Et que derrière nous quelque chose de noir
Se traîne sur nos voies !

Nous ne le savons pas. — Arrière les douleurs,
Et les regrets moroses !
Faut-il donc, en fanant des couronnes de fleurs,
Avoir pitié des roses ?

Les vrais biens dans ce monde, — et l’autre est importun !
C’est tout ce qui nous fête,
Tout ce qui met un chant, un rayon, un parfum,
Autour de notre tête !

Ce n’est jamais demain, c’est toujours aujourd’hui !
C’est la joie et le rire !
C’est un sein éclatant peut-être plein d’ennui,
Qu’on baise et qui soupire !

C’est l’orgie opulente, enviée au-dehors,
Contente, épanouie,
Qui rit, et qui chancelle, et qui boit à pleins bords,
De flambeaux éblouie ! »

III.

Et tandis que ces voix, que tout semblait grossir,
Voix d’une ville entière,
Disaient : Santé, bonheur, joie, orgueil et plaisir !
Votre œil disait : Prière !

IV.

Elles parlaient tout haut et vous parliez tout bas
— « Dieu qui m’avez fait naître,
Vous m’avez réservée ici pour des combats
Dont je tremble, ô mon maître !

Ayez pitié ! — L’esquif où chancellent mes pas
Est sans voile et sans rames.
Comme pour les enfants, pourquoi n’avez-vous pas
Des anges pour les femmes ?

Je sais que tous nos jours ne sont rien, Dieu tonnant,
Devant vos jours sans nombre.
Vous seul êtes réel, palpable et rayonnant ;
Tout le reste est de l’ombre.

Je le sais. Mais cette ombre où nos cœurs sont flottants,
J’y demande ma route.
Quelqu’un répondra-t-il ? Je prie, et puis j’attends !
J’appelle, et puis j’écoute !

Nul ne vient. Seulement par instants, sous mes pas,
Je sens d’affreuses trames.
Comme pour les enfants, pourquoi n’avez-vous pas
Des anges pour les femmes ?

Seigneur ! autour de moi, ni le foyer joyeux,
Ni la famille douce,
Ni l’orgueilleux palais qui touche presque aux cieux,
Ni le nid dans la mousse,

Ni le fanal pieux qui montre le chemin,
Ni pitié, ni tendresse,
Hélas ! ni l’amitié qui nous serre la main,
Ni l’amour qui la presse,

Seigneur, autour de moi rien n’est resté debout !
Je pleure et je végète,
Oubliée au milieu des ruines de tout,
Comme ce qu’on rejette !

Pourtant je n’ai rien fait à ce monde d’airain,
Vous le savez vous-même.
Toutes mes actions passent le front serein
Devant votre œil suprême.

Jusqu’à ce que le pauvre en ait pris la moitié,
Tout ce que j’ai me pèse.
Personne ne me plaint. Moi, de tous j’ai pitié.
Moi, je souffre et j’apaise !

Jamais de votre haine ou de votre faveur
Je n’ai dit : Que m’importe !
J’ai toujours au passant que je voyais rêveur
Enseigné votre porte.

Vous le savez. — Pourtant mes pleurs que vous voyez,
Seigneur, qui les essuie ?
Tout se rompt sous ma main, tout tremble sous mes pieds,
Tout coule où je m’appuie.

Ma vie est sans bonheur, mon berceau fut sans jeux.
Cette loi, c’est la vôtre !
Tous les rayons de jour de mon ciel orageux
S’en vont l’un après l’autre.

Je n’ai plus même, hélas ! le flux et le reflux
Des clartés et des ombres.
Mon esprit chaque jour descend de plus en plus
Parmi les rêves sombres.

On dit que sur les cœurs, pleins de trouble et d’effroi,
Votre grâce s’épanche.
Soutenez-moi, Seigneur ! Seigneur, soutenez-moi,
Car je sens que tout penche ! »

V.

Et moi, je contemplais celle qui priait Dieu
Dans l’enceinte sacrée,
La trouvant grave et douce et digne du saint lieu,
Cette belle éplorée.

Et je lui dis, tâchant de ne pas la troubler,
La pauvre enfant qui pleure,
Si par hasard dans l’ombre elle entendait parler
Quelque autre voix meilleure,

Car au déclin des ans comme au matin des jours,
Joie, extase ou martyre,
Un autel que rencontre une femme a toujours
Quelque chose à lui dire !

VI.

« Ô madame ! pourquoi ce chagrin qui vous suit,
Pourquoi pleurer encore,
Vous, femme au cœur charmant, sombre comme la nuit,
Douce comme l’aurore ?

Qu’importe que la vie, inégale ici-bas
Pour l’homme et pour la femme,
Se dérobe et soit prête à rompre sous vos pas ?
N’avez-vous pas votre âme ?

Votre âme qui bientôt fuira peut-être ailleurs
Vers les régions pures,
Et vous emportera plus loin que nos douleurs,
Plus loin que nos murmures !

Soyez comme l’oiseau, posé pour un instant
Sur des rameaux trop frêles,
Qui sent ployer la branche et qui chante pourtant,
Sachant qu’il a des ailes ! »

Octobre 18…

Poète : Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les chants du crépuscule (1836)

BASILIQUE SAINTE MARIE-MAJEURE, BASILIQUE SAINTE-MARIE MAJEURE A ROME, BÂTIMENTS RELIGIEUX, EGLISE CATHOLIQUE, EGLISES, MONUMENTS HISTORIQUES, ROME (Italie)

Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome

Basilique Sainte-Marie-Majeure

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La basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome est l’une des quatre basiliques majeures. Elle est la propriété du Vatican. C’est le plus grand monument et la plus ancienne église romaine consacrée à la Vierge Marie. Depuis 1999, l’animation et la pastorale sont confiées aux Frères Franciscains de l’Immaculée.

Histoire

La légende raconte que la nuit du 4 au 5 août 356, la Vierge apparut en rêve au pape saint Libère, ainsi qu’à un riche romain nommé Jean. Elle demanda d’ériger un sanctuaire à un lieu déterminé. Au matin, constatant qu’il avait neigé en plein mois d’août, à l’endroit que la Vierge leur avait indiqué, le pape ordonna de construire la basilique Liberiana de « Santa Maria ad Nives » (« Sainte-Marie-aux-Neiges ») sur la surface enneigée en haut de la colline Esquilin.

Le retable de Sassetta, Vierge et l’Enfant en majesté, avec quatre anges, saint Jean Baptiste, saint Pierre, saint François et saint Paul  dite, La Madone des neiges, v. 1432, exécuté pour la chapelle San Boniface de la Cathédrale de Sienne, et conservé dans la Galerie Palatine de Florence, représente dans sa prédelle la fondation de la Basilique au lendemain de cette chute de neige.

Plus sûrement, la construction démarre sous le règne de Sixte III pour célébrer la fin du Concile d’Éphèse en 431. L’édifice a subi plusieurs modifications au cours des siècles. La façade notamment date du xviiie siècle et est l’œuvre de Ferdinando Fuga. Durant l’époque baroque sont construites les deux coupoles, ainsi que les façades occidentale et orientale.

Architecture

La basilique Sainte-Marie-Majeure est un abrégé des grandes étapes de l’art chrétien à Rome, avec son plan basilical aux nobles proportions de style paléochrétien, ses mosaïques antiques (nef) et médiévales (abside et façade), et ses imposantes chapelles polychromes de la Contre-Réforme.

Sa façade initiale conserve des mosaïques de Filippo Rusuti, quelque peu dissimulées par la façade ajoutée au xviiie siècle, avec sa loggia à trois arcades précédée d’un portique. Elle est l’œuvre, comme le baldaquin soutenu par des colonnes de porphyre rouge, de Ferdinando Fuga, au service de Benoît XIV. Cinq portes ouvrent sur la façade, dont à gauche la porte dite Porte Sainte, similaire à celle de la basilique Saint-Pierre.

La nef est encore bordée par des colonnes ioniques portant de superbes architraves et entablements en marbre, très bien conservés, décorés d’une frise en mosaïque à rinceaux sur fond d’or, datant du sanctuaire paléochrétien du ve siècle. Dans la nef centrale au-dessus des entablements, sous la claire-voie, 36 panneaux en mosaïque figuratives à fond d’or datent également du ve siècle et racontent des épisodes bibliques. L’arc triomphal qui sépare la nef du transept est de la même époque, il est entièrement couvert par un cycle de mosaïques qui illustrent le rôle de Marie. Le pavement de l’église quant à lui, de style cosmatesque, a été refait par les marbriers Cosmati au xiie siècle. L’édifice est ensuite remanié à la Renaissance : une fenêtre sur deux de la claire-voie dans la nef centrale est bouchée pour donner de la place aux peintures, de même que la plupart des fenêtres des bas-côtés lors de la construction progressive des chapelles latérales, ce qui a fortement diminué la luminosité naturelle dans l’édifice, originellement beaucoup plus éclairé. Le plafond à caisson en bois doré date également de la Renaissance. Le maître-autel se retrouve sous le baldaquin et abrite la relique de la Crèche, cinq morceaux de bois conservés dans une urne d’argent exécutée au xixe siècle par Luigi Valadier.

Au-dessus du maître-autel, la calotte de l’abside est revêtue d’une mosaïque de Jacopo Torriti de 1295 et célébrant le Couronnement de la Vierge : Jésus couronne sa mère, elle-même assise sur un trône, sous le regard d’anges et de saints.

De riches chapelles se succèdent de chaque côté de la nef :

La Chapelle du baptistère réalisée en 1605 par Flaminio Ponzio, avec les fonts baptismaux en porphyre, créés au xixe siècle par Luigi Valadier.

La Chapelle Pauline, bâtie en 1611 par Flaminio Ponzio sous Paul V Borghèse, possède un plan identique à la Chapelle Sixtine, de l’autre côté de la nef. Surplombée par la première coupole peinte sans être divisée par des nervures (Ludivico Cardi, dit le Cigoli), la chapelle présente le retable de la Vierge à l’Enfant plus connu sous le nom de Salus populi romani et objet de vénération à travers les siècles.

La Chapelle Sixtine, dans le bras droit du transept, est l’œuvre de Domenico Fontana. Le pape Sixte V y repose. La chapelle est couronnée d’une coupole recouverte de fresques. On y retrouve également un ciborium doré datant de la fin du xvie siècle.

La basilique abrite également dans la Cappella Paulina (ou Borghesiana) le tombeau de Pauline Bonaparte, sœur de Napoléon.

Le campanile haut de 75 mètres remonte au Moyen Âge, il est le plus haut de Rome. En style roman, polychrome, il fut reconstruit durant le pontificat de Grégoire XI, sur un embasement précédent. Il subit de nombreuses modifications au cours des siècles. Au xvie siècle, une flèche pyramidale fut ajoutée au sommet.

Sur le parvis, se dresse une colonne corinthienne provenant de la Basilique de Maxence et Constantin, déplacée à l’initiative de Paul V. Elle surmonte une fontaine et des marches.

De l’autre côté de la basilique, soit à l’arrière, s’étend un autre parvis aménagé vers 1670 par Carlo Rainaldi.

Galerie

Extérieur

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Peinture de 1744 par Giovanni Pannini montrant la basilique et la Colonne de la Paix

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Façade de la basilique

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Le campanile

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Saints couronnant la façade

Intérieur

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La nef centrale

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Le chœur et le baldaquin

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Relique de la Crèche ou du Saint Berceau

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Christ en majesté, mosaïque de la façade à l’entrée de la basilique, par Filippo Rusuti, xiiie siècle

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Chapelle du baptistère

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Chapelle Borghesiana dite chapelle Pauline ou est inhumée Pauline Bonaparte

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Chapelle Sixtine

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Le dôme, 1608, par Lodovico Cigoli.

La première crèche et reliques

Dans cette basilique est conservée la première crèche qui ait été réalisée en pierre. On la doit au pape Nicolas IV qui en 1288 passa commande à Arnolfo di Cambio d’une représentation de la Nativité. Cette tradition remonterait l’an 432 lorsque le pape Sixte III (432-440) aurait créé dans la basilique originelle une « grotte de la Nativité » inspirée de celle de Bethléem, ce qui fit donner à cette église le nom de Notre-Dame ad praesepem (du latin : praesepium, « mangeoire »).

Des pèlerins revenant de Terre sainte en ramenèrent par ailleurs de précieux fragments du bois du Saint Berceau (en italien Sacra Culla, du latin Cunabulum), qui sont encore aujourd’hui conservés dans un reliquaire doré.

La basilique renfermerait les reliques de saint Jérôme.

EGLISE CATHOLIQUE, EGLISES, INDE

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En Inde, la volonté de s’affranchir de l’architecture coloniale classique a donné lieu à des structures très originalesIl existe mille et une formes d’églises à travers le monde. Il suffit d’observer le dôme de la basilique Saint-Pierre à Rome ou les tours de Notre-Dame de Paris pour se rendre compte de cette diversité. Il n’empêche…

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