CANTILENE DE SAINTE EULALIE, EULALIE (sainte ; 290 ap. J.-C. - 304 ap. J.-C.), SAINTETE, SAINTS

Cantilène de sainte Eulallie, martyre

La Cantilène de sainte Eulalie

NW_retable-09

Le 10 décembre, c’est la fête de sainte Eulalie. A cette occasion on peut lire ce qu’on nomme comme étant le premier poème français retrouvé : La Cantilène de sainte Eulalie ou Séquence de sainte Eulalie. Rédigé en langue romane vers 878, en voici une traduction par L. Petit de Julleville.

La Cantilène de sainte Eulalie

Eulalie était une bonne jeune fille ;
Son corps était beau, son âme plus belle encore.
Les ennemis de Dieu voulurent la vaincre,
Et lui faire servir le Diable.
Mais elle n’écoutait pas les mauvais conseillers
Qui voulaient qu’elle renie Dieu qui demeure au ciel.
Ni pour de l’or, ni pour de l’argent ou des parures,
Ni pour des menaces, des caresses ou des prières,
Nulle chose ne pouvait forcer
La fille à toujours n’aimer le service de Dieu.
Et pour cela, elle fut présentée à Maximien,
Qui était en ces jours-là le roi des païens,
Il l’exhorte, sans qu’elle y prête attention
à ce qu’elle fuie le nom chrétien.
Elle rassemble ses forces.
Mieux valût qu’elle soutînt les tortures,
Qu’elle ne perdît sa virginité.
Pour cela elle mourrait en grand honneur.
Ils la jetèrent dans le feu pour qu’elle y brûle.
Elle était sans pêché et pour cela ne brûla pas.
À cela, le roi païen ne voulut croire,
Avec une épée, il ordonna de lui trancher la tête.
La demoiselle ne contredit pas cela,
Et accepta de quitter ce monde, si le Christ l’ordonnait.
Sous la forme d’une colombe, elle monta au ciel.
Tous prions que pour nous elle daigne prier,
Que le Christ nous ait en sa pitié,
Après la mort, et qu’à lui il nous laisse venir
Par sa clémence.

 

Eulalie de Mérida

Sainte Eulalie de Mérida est une vierge martyre morte en 304, célébrée dans un hymne de Prudence (Peristephanon 3) et dans la célèbre Séquence de sainte Eulalie, premier texte littéraire en français.

Elle aurait dit après son jugement, au juge (dans plusieurs légendes hagiographiques, il s’agit du proconsul Dacien:

Isis Apollo Venus nihil est,
Maximianus et ipse nihil:
illa nihil, quia factu manu;
hic, manuum quia facta colit

En français, ces quatre vers peuvent être traduits par : « Isis, Apollon et Vénus ne sont rien, pas plus que Maximien lui-même: celle-ci n’est rien, car elle a été faite de main d’homme ; et celui-ci [non plus], car il adore des choses faites de mains d’homme ».

NW_retable-09

Toponymie

France

Plusieurs communes portent son nom. Dans de nombreux cas le nom d’Eulalie a été modifié jusqu’à devenir méconnaissable : Saint-Araille Haute-Garonne), Saint-Aulaire (Corrèze), Saint-Aulais-la—Chapelle (Charente), Saint-Aulaye (Dordogne), Sainte-Alauzie (Lot), Sentaraille (Ariège) et même Saint-Eloi  (Ain)

 

Reliques

Plusieurs de ses reliques ont été rapportées de sa région natale dans toute l’Espagne.

 France

Eglise Saint-Georges à Lyon : selon une tradition tardive relatée dans l’obituaire de Lyon du XIIIè siècle, le roi Childebert Ier, en 547, aurait rapporté des reliques de la martyre qu’il aurait confiées à l’évêque de Lyon, saint Sacerdos, pour en doter un ancien couvent dédiée à la sainte au pied de la Saône, aujourd’hui devenu église Saint-Georges

Cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie à Elne : la première mention de l’édifice date de 571.

Église Sainte-Eulalie à Saint-Aulaye :   Sainte-Eulalie est l’église d’un ancien prieuré fondé au XIIIè siècle. De cette époque datent l’abside, l’avant-chœur et la partie centrale de la façade occidentale. À la fin du Moyen Âge, au-dessus d’une voûte sur croisée d’ogives,  le clocher est reconstruit. Un vitrail porte le nom de Sainte-Eulalie et une statue la représente.

Eglise-Sainrte-Eulalie à Bordeaux, édifice gothique