A LA BARONNE BEATRICE EPHRUSSI DE ROTHSCHILD, BEATRICE EPHRUSSI DE ROTSCHILD (1864-1934), CLAUDE TRICOIRE (1951-...), EUROPE, FRANCE, LA BELLE EPOQUE (1900-1920), POEME, POEMES

A la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild

A la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild

dl_ver_637_culturespaces_13591 (1)

Il y a bien longtemps

Que la baronne a déserté

Les jardins de sa luxuriante villa

Et a fui pour toujours les fêtes

Où le gratin parisien jetait les derniers feux

D’une époque qui se mourait

Sur la côte de la Riviera

Il faut venir les soirs d’été

A l’heure où le soleil se couche

Pour entreapercevoir

L’ombre furtive de la baronne

Qui se promène dans ses neufs  jardins

Au milieu d’invisibles invités

Festoyant et dansant

Comme au temps de la Belle Epoque

Il faut venir les nuits d’été

Dans la nuit étoilée

Pour entendre rire et chansons

Pour voir musiciens et danseurs

Pour voir les couples se former se déformer

Et pénétrer dans les salons les boudoirs

Voir flotter la silhouette de la baronne

Dans sa longue robe rose

La baronne est partie depuis

Laissant au visiteur le temps

Le temps de goûter s’il le veut bien

Aux charmes d’un ancien monde

Le temps de s’enivrer des parfums

Que la baronne et la Belle Epoque

Laissent encore derrière eux

Dernier souvenir avant la grande hécatombe

La baronne est partie

Et repose là bas au Père Lachaise

Mais son âme est restée sur la Riviera 

Si lointaine si proche

Qu’il suffit de fermer les yeux

Pour la voir encore les soirs d’été

Danser au clair de lune

Dans un petit coin de paradis

©Claude Tricoire

24 février 2021

Qui est Béatrice Ephrussi de Rottschild ?

BaronessEphrussideRothschild (1)

Née en 1864, Béatrice Ephrussi de Rothschild, fille du baron Alphonse de Rothschild, a laissé un héritage exceptionnel aux français. Richissime à souhait par sa naissance puis par son mariage avec Maurice Ephrussi, elle passe sa vie à explorer le monde.

Elle fait également l’acquisition d’un terrain de 7 hectares sur la partie la plus étroite de l’isthme du Cap-Ferrat, haut lieu de l’élite internationale à la Belle Epoque par sa beauté et son emplacement idéal entre Nice et Monaco . Elle y fait construire entre 1907 et 1912 une sublime villa rose, sa couleur fétiche, surplombant 9 jardins dont le principal – un jardin français – est imaginé tel le pont d’un paquebot lui permettant en permanence d’en admirer la mer de part et d’autre … à ce jour l’un des plus beaux points de vue de la Côte d’Azur. A sa mort, la Baronne (qui repose désormais au cimetière du Père Lachaise à Paris) sans héritier a légué sa propriété à l’Académie des Beaux-Arts.

Villa Ephrussi de Rothschild, un musée au cœur de la Côte d’Azur

maxresdefault (12)

La Villa Ephrussi de Rothschild est un véritable musée à l’intérieur duquel sont réunies toutes ses collections acquises lors des différents voyages de la Baronne. Pour se meubler, elle fait également venir des œuvres d’arts par train provenant du monde entier qu’elle sélectionne directement sur le quai de la gare de Beaulieu.

Le grand patio couvert au milieu de la villa est le point de départ donnant accès aux différentes pièces que propose la demeure. Un grand salon orné de boiseries provenant de l’Hôtel Crillon à Paris et dont l’un des tapis se trouvait dans la chapelle du Château de Versailles  ; une garde-robe abritant une série de costumes Louis XV et Louis XVI ; un salon des porcelaines acquises par la baronne lors de ses différents voyages ; un boudoir dont le secrétaire aurait appartenu à feu notre reine Marie-Antoinette ; un salon des singes et autres œuvres d’art et tapisseries diverses qui font de ce lieu une maison/musée unique sur la Côte d’Azur, chaque pièce offrant une vue à couper le souffre sur la grande bleue …

State-Apartments-Villa-Ephrussi-de-Rothschild (1)

Les 9 jardins de la Baronne Ephrussi de Rothschild

Creation-Jardin-mediterraneen-Sanary-hyeres-toulon-83

La villa, entourée de neuf magnifiques jardins, est reconnue par le label « Jardin remarquable ». Situé directement dans le prolongement de la demeure, le jardin à la française rappelant cela de Versailles, domine les 8 autres (dont certains rajoutés après le décès de la baronne de ses propres voyages). D’inspiration espagnole, florentine, japonaise, exotique ou anglo-provençale la propriété offre un véritable voyage à travers les continents.

Un jardin lapidaire réuni même les œuvres qui, par leur volume trop important, ne pouvaient pas entrer à l’intérieur de la villa. Le plus impressionnant ? Une roseraie ayant donné lieu à la Fête des Roses qui s’y déroule chaque année durant le mois de mai. 

1

Qu’st ce que La « Belle Époque » ?

19b6efdf32a3c8d448c4440f867b46c7

La France en effervescence

Cette expression s’est imposée en 1940 pour qualifier avec un soupçon de nostalgie les dernières années du XIXe siècle et les quinze premières du XXe siècle, avant la Première Guerre mondiale 

L’époque mérite-t-elle son nom ? Sans doute si l’on considère l’effervescence artistique, intellectuelle et scientifique qui agite le pays et, dans des proportions diverses, le reste de l’Europe.

Cette effervescence est le fait d’une bourgeoisie opulente, qui vit de ses rentes, jouit intensément des progrès et des créations culturelles de son temps et voyage beaucoup – sans passeport -. Cette « classe de loisir » est forte d’un million de personnes environ sur 40 millions d’habitants.

Mais en dépit d’une économie qui a repris sa croissance après une longue dépression une  (1873-1892), les autres Français supportent encore des conditions de vie précaires, aggravées par l’incertitude du lendemain.

Relative pauvreté, misère morale

16-sans-titre-1-5

Le monde ouvrier est sorti de la misère et bénéficie de quelques lois sociales comme le repos dominical (1907) ou les retraites ouvrières (1910) mais il supporte encore des journées de travail éprouvantes dans la crainte du chômage. Dans beaucoup de campagnes, rien n’a vraiment changé depuis l’Ancien Régime. Dans les régions périphériques, la population use encore du patois ou de la langue traditionnelle (breton, languedocien, gascon, basque…).

L’alcoolisme progresse comme jamais, favorisé par la loi du 17 juillet 1880 qui instaure la liberté de commerce des débits de boisson. On en vient à compter un million de « bouilleurs de cru » (paysans habilités à distiller l’alcool à partir de fruits). Cela va de pair avec une recrudescence de la violence.

Il n’empêche que les Français jouissent aussi d’une démocratie solide. Ils se flattent même d’avoir la seule République du continent européen (à part la Suisse). Les institutions républicaines, l’enseignement laïque et également les chemins de fer ont considérablement renforcé la cohésion nationale et le sentiment d’appartenance à une patrie commune. 

Bien qu’affectés par une natalité très faible, les Français ne craignent pas, pour la gloire de la Nation, d’aller coloniser les dernières contrées « sans maître », , en Afrique et en Asie. C’est une forme de revanche sur la cruelle défaite de 1870-1871, face aux Prussiens, qui leur a valu de perdre l’Alsace-Lorraine…

Par-dessus tout, ils cultivent avec quelque raison le sentiment d’être à la pointe de la civilisation…

Le souvenir de Victor Hugo est encore vivant dans tous les esprits, de même que celui de Louis Pasteur, le savant le plus populaire de tous les temps. Enfin, le pays est loin d’avoir épuisé sa sève créatrice comme le montrent les réalisations de la « Belle Époque ».

 

La création artistique, un palliatif à la défaite ?

paris-belle-epoque

Les deux capitales qui illustrent le mieux la « Belle Époque », sa foi dans le progrès et son amour de la vie, sont Paris et Vienne, qui toutes deux ont été humiliées une génération plus tôt par les armées prussiennes…

Ne dirait-on pas que la défaite militaire, en détournant pour un temps les grands peuples de la guerre, les conduit à se dépenser dans les œuvres  de l’esprit ? On a déjà observé ce phénomène avec les traités de Westphalie , en 1648, qui, en privant les Allemands de toute ambition politique pendant un siècle et demi, leur ont laissé le loisir de produire Bach, Mozart, Beethoven…

 

Le tournant du siècle

La République française entre dans son Âge d’Or avec l’Exposition universelle de 1889, qui célèbre le centenaire de la Révolution et se signale par l’érection de la Tour Eiffel, plus haute tour jamais encore construite et chef d’œuvre  de l’atelier de Gustave Eiffel. L’année précédente, Louis Pasteur, fort de sa popularité, a pu collecter assez d’argent pour fonder l’Institut qui porte son nom, le premier centre de recherche scientifique.

L’année suivante, avec beaucoup plus de discrétion, un industriel du nom de Clément Ader a fait un saut de puce à bord d’une machine à moteur. C’est l’acte de naissance de l’aviation. Moins de vingt ans plus tard, un autre ingénieur français, Louis Blériot, traverse la Manche en avion, démontrant l’utilité de ce drôle d’engin.

C’est également dans une relative discrétion que le baron Pierre de Coubertin fonde à la Sorbonne le comité international olympique. Sa mission est de restaurer les célèbres Jeux antiques. Cette manifestation, à ses débuts, n’a rien de son caractère populaire actuel. Ne s’y intéressent que les jeunes gens de bonne famille, épris de sport et d’hygiène. À la même époque d’ailleurs, dans les beaux quartiers de Paris et des autres capitales, on voit de plus en plus de personnes distinguées s’essayer aux joies du vélocipède, une invention du Second Empire, et de son rejeton, la bicyclette. Le premier Tour de France cycliste se déroule dans la bonne humeur et l’improvisation en juillet 1903…

 

Remous politiques

La IIIe République doit surmonter plusieurs crises avant de pouvoir enfin triompher. C’est d’abord le boulangiste, un mouvement antiparlementaire né du scandale financier de Panama. C’est aussi, comme dans le reste de l’Occident, une flambée d’attentats anarchistes.. C’est enfin et surtout l’Affaire Dreyfus, qui manifeste de façon quelque peu paradoxale la vigueur de la démocratie française. N’est-il pas en effet remarquable que la Nation ait pu se remettre en cause et se déchirer au nom du droit et pour l’honneur d’un petit officier juif ?…

1136_084_bnf-bpt6k7166052-8

L’architecture et l’art sont sensibles au bouleversement des techniques, des idées et des mœurs .

Henri de Toulouse-Lautrec, peintre des cabarets et des bordels de Montmartre, donne ses lettres de noblesse à un média nouveau : l’affiche publicitaire.

La construction en 1892 à Bruxelles de l’hôtel Tassel, une œuvre  de l’architecte belge Victor Horta, inaugure l’« Art nouveau » : emploi de verre, d’acier et de matériaux colorés, volutes et lignes incurvées, décor végétal. Un peu plus tard, en 1894, l’« Art nouveau » atteint la peinture à travers l’artiste graveur tchèque Alfons Mucha tchèque , établi à Paris.

Appelé Jugendstil dans les pays germaniques ou encore Liberty en Angleterre, l’Art nouveau va dès lors se diffuser très vite dans toute l’Europe. À Paris, outre Alfons Mucha, il séduit de nombreux artistes comme l’architecte Hector Guimard, célèbre pour ses entrées de métro. À Nancy, c’est l’ébéniste Louis Majorelle et ses élèves. À Barcelone, c’est Antonio Gaudi, le constructeur de la « Sagrada Familia ». À Vienne, le peintre Gustav Klimt, initiateur du mouvement Sécession

Le tournant du siècle prend des airs d’apothéose. À Paris se tient une nouvelle Exposition universelle. Et quelle exposition !

On construit pour l’occasion le pont Alexandre III, le Grand Palais et le Petit Palais ainsi que les gares d’Orsay, des Invalides et de Lyon et la première ligne du métro parisien (Porte Maillot-Porte de Vincennes). Les frères Lumière, qui ont inventé le cinéma cinq ans plus tôt, présentent leurs films sur écran géant. La même année se déroulent dans le bois de Vincennes les IIe Jeux Olympiques de l’ère moderne après ceux d’Athènes !…

Dans le domaine scientifique, l’heure n’est pas à la relâche. Pierre et Marie Curie partagent avec Henri Becquerel le Prix Nobel de physique 1903, pour la découverte de la radioactivité. Marie Curie, Polonaise immigrée en France, obtiendra un deuxième Prix Nobel en 1911 ! À la même époque, en 1905, un jeune savant allemand, Albert Einstein, publie une mystérieuse théorie de la relativité. L’humanité change d’ère.

habille-mes-amies-belle-epoque

Premiers nuages

Les premiers nuages surviennent au milieu de la décennie, en 1905 : accès de fièvre liés à la séparation des Eglises et de l’Etat, catastrophe de la mine de Courrière et répression policière, rivalité franco-allemande au Maroc…

Cette année 1905, année critique, année charnière, le régime tsariste est ébranlé par une manifestation révolutionnaire et une défaite humiliante face au Japon. Un jeune savant anonyme, Albert Einstein, publie par ailleurs sa théorie de la relativité.

En 1908 s’éteint l’« Art nouveau ». Ce courant artistique est le dernier qui ait eu une diffusion européenne ! Les artistes reviennent brutalement à la ligne droite. C’est le « cubisme » et les débuts de l’abstraction, illustrés par Georges Braque et Pablo Picasso. Ce dernier, originaire d’Andalousie, a été attiré à Montparnasse par la réputation sans pareille de la « Ville-Lumière » comme beaucoup d’autres artistes européens de sa génération, que l’on réunit sous l’appellation : « École de Paris ». Parmi eux Marc Chagall, Amadeo Modigliani… Ils vont prolonger le rayonnement de la France jusqu’à la Grande Guerre et au-delà.

À l’avant-veille de la catastrophe, le 14 novembre 1913, Marcel Proust publie le premier tome d’une œuvre  qu’il intitulera : À la recherche du temps perdu. Faut-il voir dans ce titre un clin d’œil  du Destin ?

peinture-iiie-republique

ah-la-belle-epoque,M147872

1870 : L"ANNEE TERRIBLE, ALLEMAGNE (histoire), EUROPE, FRANCE, GUERRE DE 1870, GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE (1870-1871), HISTOIRE, HISTOIRE DE FRANCE, NAPOLEON III (Empereur des Français ; 1808-1873), OTTO VON BISMARCK (1815-1898)

1870 : l’année terrible

1870 : l’année terrible

SNI_LHIST_20200301_L204

Quelles sont les causes de la guerre de 1870 ?

Déclenchée par la succession à la Couronne d’Espagne et la dépêche d’Ems, la guerre de 1870 oppose le deuxième Empire français, incarné par Napoléon III, au royaume de Prusse, représenté par le Chancelier Bismarck. Chacune des deux puissances tente de conforter sa position sur la scène européenne.

Les causes de la guerre de 1870 reposent sur un coup politique du chancelier Bismarck. C’est la question de la succession à la Couronne d’Espagne, en 1868, qui déclenche l’exaspération de l’Empereur Napoléon III envers la Prusse. En suggérant la candidature du prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, cousin du roi Guillaume 1er de Prusse, à la tête du Royaume d’Espagne, le chancelier Otto Von Bismarck entend soumettre la France à une situation d’encerclement, et l’obliger ainsi à contenir tout réflexe d’agressivité à l’encontre des opérations prussiennes sur les territoires allemands. En effet, renforcé par sa victoire contre l’Autriche à Sadowa en 1866, Bismarck entreprend de fédérer les états de l’Allemagne du Nord autour de la Prusse.

 

La dépêche d’Ems provoque la déclaration de guerre de 1870

La France, qui fait attention à conserver son rôle d’arbitre en Europe, supporte mal la pression. Aussi, contraint par un gouvernement divisé et une opinion belliqueuse, Napoléon III exige le retrait de cette candidature. Néanmoins, alors que le roi de Prusse Guillaume 1er de Hohenzollern tente de répondre favorablement aux intérêts français, c’est finalement l’équivoque fomentée par Bismarck sur la transcription de cette fameuse dépêche d’Ems (renoncement de la candidature du Prince Léopold) le 12 juillet 1870, qui provoque la susceptibilité française : Napoléon déclare la guerre au royaume de Prusse le 19 juillet 1870.

En résumé

Succession d’Espagne : en 1868, la reine Isabelle d’Espagne est renversée. Le parti républicain n’ayant cependant pas réussi à s’imposer, la succession à la Couronne d’Espagne est ouverte. Bataille de Sadowa (juillet 1866) : à la victoire de Sadowa, la Prusse obtient 10 états de l’Allemagne du Nord, parmi lesquels Francfort-sur-le-Main, le Duché de Nassau, le Holstein, le Hanovre et la Hesse-Cassel.

1870-1871 La guerre franco-prussienne en bref

La guerre qui oppose la France au royaume de Prusse et à ses alliés allemands, bien que brève, aura des conséquences dramatiques pour les deux nations et l’ensemble de l’Europe.

De l’humiliation ressentie par les Français et de l’arrogance nouvelle de l’Allemagne vont surgir les deux grands conflits mondiaux du XXe siècle. La France et l’Allemagne, qui éprouvaient jusque-là de la sympathie et même de l’attirance l’une pour l’autre, vont désormais se percevoir de façon très exagérée comme des « ennemis héréditaires ».

Les dernières cartouches

Alphonse-Marie-Adolphe_de_Neuville_-_Les_dernières_cartouches_(1873)

Cette toile du peintre Alphonse de Neuville (1835-1885) est devenue la représentation la plus expressive de l’« année terrible » (1870-1871). Elle s’inscrit dans le récit national sur la longue liste de combats héroïques et désespérés (Alésia, Azincourt, Waterloo, Camerone…) par lesquels les Français et leurs ancêtres ont manifesté jusque dans le sacrifice suprême leur foi en la nation.

Les dernières cartouches montre la défense de l’Auberge Bourgerie à Bazeilles par le Division bleue, le 1er septembre 1870. Présentée au Salon de 1873, elle est aujourdhui déposée sur le lieu même du combat, dans la Maison de la Dernière Cartouche, à Bazeilles, près de Sedan (Ardennes).

Pendant 24 heures, les marsouins (fantassins) et les bigors (artilleurs), réunis au sein de la Division bleue, réussirent à faire battre en retraite des assaillants bavarois. Mais le 1er septembre 1870, l’armée prussienne revint en nombre. En infériorité numérique et en manque de munitions, les soldats français résistèrent tant bien que mal et les quarante derniers se retranchèrent avec le commandant Lambert dans une auberge en feu. La dernière munition fut tirée par le capitaine Aubert.

Manipulation diplomatique et politicienne

Le drame confronte deux personnalités contraires : le chancelier allemand Otto von Bismarck, géant qui s’est voué tout entier à la gloire de la Prusse, et l’empereur Napoléon III, autocrate pétri de bons sentiments et que révulse la vue d’un champ de bataille. Quand survient le drame, l’empereur est gravement affaibli par la maladie de la pierre. Il souffre le martyre et ne peut plus monter à cheval…

Bismarck, dès son arrivée aux affaires, a compris qu’il ne pourrait agrandir la Prusse qu’à la condition de neutraliser l’Autriche et la France. Il va avoir soin de les attaquer l’une après l’autre. L’Autriche lui laisse les mains libres après avoir été défaite à Sadowa en 1866. Il peut ainsi constituer une Confédération de l’Allemagne du Nord, avec 21 états sous la mainmise écrasante de la Prusse. Mais le chancelier aspire à achever l’unité allemande en rassemblant le nord et le sud dans une guerre contre la France.

Celle-ci a l’apparence d’une grande nation mais son armée est usée par les équipées coloniales et guère en état de soutenir une guerre moderne. Napoléon III lui-même en est conscient. Il entreprend avec son ministre Niel une grande réforme en 1868 mais il n’aura pas le temps de la mener à bien. 

Le 8 mai 1870, un référendum offre au régime impérial, dans sa nouvelle version libérale, un éclatant satisfecit populaire. Bismarck y voit un motif de précipiter les choses : il lui faut défaire la France avant qu’elle ne se soit trop renforcée. Il saisit le prétexte d’une « succession d’Espagne » pour amener la France à déclarer la guerre à la Prusse et convaincre les États d’Allemagne du sud de s’unir à celle-ci contre l’ennemi commun. Il y arrive par le caviardage de la dépêche d’Ems, qui déchaîne les passions.

Dans ce 1er acte qui va aboutir en six semaines à la défaite des armées impériales et à la capture de l’empereur à Sedan, on est frappé par la prépondérance de l’aléa humain. La maladie est cause de ce que l’empereur cède le 13 juillet au soir à son ministre belliciste et au clan des va-t’en-guerre (les « mamelucks ») alors que chacun croit la menace de guerre écartée et que Bismarck, déconfit, se dispose à démissionner ! Le chef du gouvernement Émile Ollivier prononce des paroles malheureuses : « De ce jour commence pour les ministres mes collègues et pour moi une grande responsabilité. Nous l’acceptons d’un coeur léger… d’un coeur confiant ».

L’empereur déclare donc la guerre le 19 juillet 1870. La France mobilise 265 000 hommes, sur un front de 250 kilomètres. De leur côté, la Prusse et ses alliés d’Allemagne du Sud en alignent immédiatement 600 000 grâce à une organisation bien rodée et à un réseau ferroviaire très dense.

Six semaines de guerre

Dès le 6 août, une armée française est battue à Forbach et perd la Lorraine. Le même jour, le maréchal de Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woerth et perd l’Alsace en dépit de la charge héroïque des cuirassiers à Reichshoffen. Le maréchal Bazaine, nouveau commandant en chef, se laisse enfermer dans Metz.

L’empereur, affaibli par la maladie, rejoint le maréchal de Mac-Mahon au camp retranché de Châlons et tente de secourir Bazaine. Mais l’armée et Napoléon III lui-même doivent finalement rendre les armes à Sedan le 2 septembre 1870.

Deux jours plus tard, à Paris, à l’annonce de la nouvelle, les opposants proclament la IIIe République.

Le Gouvernement de la Défense Nationale, qui s’est saisi du pouvoir, tente de ranimer l’esprit de la Grande Révolution. Les républicains se mobilisent avec courage, tentant de sauver Paris et de repousser l’envahisseur. Leur folle entreprise suscite le ralliement de Garibaldi et même des « zouaves pontificaux » mais n’enthousiasme guère les masses rurales qui n’ont jamais montré d’intérêt pour cette guerre absurde.

Léon Gambetta organise à Tours une armée de la Loire en vue de mener une « guerre à outrance ». Mais ses efforts sont annihilés par la capitulation de Bazaine, plus soucieux de « défendre l’ordre social contre les mauvaises passions » que la patrie en danger.

De leur côté, affamés par un siège impitoyable de cinq mois, durant l’hiver 1870-1871, les Parisiens tentent dans un effort désespéré une « sortie torrentielle » à Buzenval, le 20 janvier 1871. C’est la fin d’une guerre qui aura pour l’essentiel duré six semaines, de la dépêche d’Ems à la capitulation de Sedan. Relativement meurtrière pour l’époque, elle aura causé environ cent mille morts dans chaque camp.

D’humiliation en humiliation

Le 18 janvier 1871, les envahisseurs proclament l’Empire d’Allemagne dans la Galerie des Glaces de Versailles. Dix jours plus tard, le 28 janvier, l’armistice est signé par Jules Favre pour quatre semaines, le temps d’élire une nouvelle assemblée. Bismarck tient en effet à ce que le futur traité de paix soit avalisé par un gouvernement légitime.

Dans un ultime acte d’héroïsme, le colonel Denfert-Rochereau, gouverneur de Belfort, rend les armes après 103 jours de siège sur un ordre exprès d’Adolphe Thiers.

Le 1er mars 1871, les vainqueurs défilent dans une capitale endeuillée et silencieuse. Saturés d’humiliation, abandonnés par le nouveau gouvernement, des Parisiens proclament une Commune insurrectionnelle. La répression, sous les yeux des assiégeants allemands, va causer environ 20 000 morts. Jules Favre et Adolphe Thiers concluent enfin avec Bismarck le traité de paix de Francfort.

94

unnamed (6)

Ainsi prend fin une période qualifiée avec justesse par ceux qui l’ont vécue d’« année terrible ».

 

 

 NAPOLEON III (1808-1873)

220px-Napoléon_III_par_Jean_Hippolyte_Flandrin

Neveu de Napoléon Ier. Président de la République de 1848 à 1852. Empereur français de 1852 à 1870, Napoléon III est né le 20 avril 1808. Il est mort le 9 janvier 1873. Son vrai nom était Charles Louis Napoléon Bonaparte.

Biographie courte de Napoléon III – Premier président de la République élu au suffrage universel, resté à la tête de la France pendant plus de vingt ans, Louis-Napoléon Bonaparte n’a pourtant pas réussi à s’imprimer durablement dans le cœur des français. De l’époque de son règne, les images qui restent sont avant tout celles transmises par la littérature. Or, outre le quolibet « Napoléon le petit » décerné par Victor Hugo, ces tableaux ne sont pas très flatteurs. Ainsi, tandis que Zola peint une France minée par l’affairisme et la misère ouvrière, Flaubert et Baudelaire ironisent sur la décadence bourgeoise. En somme, le règne de Napoléon III semble une énième variation d’un Ancien Régime sclérosé et autoritaire qui ne peut se résoudre à mourir. Pourtant, hostile aux conservateurs, admirateur des régimes libéraux et inspiré par le socialisme, Louis-Napoléon se rêvait en homme de la liberté.

L’héritage de l’Empereur

Charles Louis-Napoléon Bonaparte naît le 14 avril 1808 à Paris. Neveu de Napoléon Ier, il est le fils de Louis Bonaparte, ancien roi de Hollande, et d’Hortense de Beauharnais. Il passe l’essentiel de sa jeunesse en Suisse auprès d’une mère qui l’entretient dans le culte de l’Empereur et dans l’espoir de voir un jour la dynastie Bonaparte reprendre le pouvoir.

Dès 1830, il s’engage avec son frère en faveur de l’unification des royaumes italiens. Mais Napoléon Louis perd la vie l’année suivante dans les environs de Forli. Louis-Napoléon s’engage alors dans l’armée Suisse. Sorti officier d’artillerie de l’école militaire de Toul, il ne tarde pas à reprendre les armes contre l’Europe issue du Congrès de Vienne, mais cette fois dans son pays natal.

Faisant autorité chez les bonapartistes depuis la mort du duc de Reichstadt, Louis-Napoléon fomente un coup d’Etat dès 1836. L’objectif est de s’emparer d’une ville moyenne grâce à des soutiens dans l’armée française, puis de marcher sur Paris. Le jeune Bonaparte rêve de réitérer l’exploit des Cent jours. Le 30 octobre, il tente vainement de soulever la garnison de Strasbourg. A défaut d’une éclatante remonté vers la capitale, il se fait connaître auprès des gouvernants et du peuple. Il est condamné à l’exil et envoyé aux Etats-Unis.

Revenu en Angleterre, il tente à nouveau sa chance le 6 août 1840 en débarquant à Boulogne-sur-Mer. Ce nouvel échec lui vaut une peine d’emprisonnement perpétuel au fort de Ham, duquel il s’échappera six ans plus tard. Entre temps, il a écrit De l’extinction du paupérisme dans lequel il expose une vision de la politique à la croisée du Bonapartisme et du Saint-Simonisme.

Le premier président élu au suffrage universel

Lorsque la Révolution de février 1848 éclate, Louis-Napoléon quitte Londres pour rejoindre Paris. Bien qu’élu pour participer à l’Assemblé constituante, il est prié de se retirer. Toutefois, il est élu aux législatives en septembre. Candidat aux présidentielles de décembre, il bénéficie de la peur « rouge » engendrée par les émeutes de juin et des dissensions au sein de la gauche pour se faire élire avec une large majorité. Il remporte en effet 74% des suffrages.

Prenant ses distances avec l’Assemblée très conservatrice élue en mai 1849 et de moins en moins appréciée, il tente de conquérir les classes ouvrières. Il prend notamment parti pour le suffrage universel que l’assemblée aboli dès 1851.

De la présidence au Second Empire

Fort de sa légitimité auprès des classes populaires, Louis-Napoléon dissout l’Assemblée le 2 décembre 1851, annonce le rétablissement du suffrage universel et un plébiscite. Ce coup d’Etat s’accompagne d’une violente répression de l’opposition : 27 000 personnes sont arrêtées tandis que de nombreux adversaires, comme Victor Hugo, choisissent l’exil. Le 27 décembre, le plébiscite entérine avec une large majorité la prise de pouvoir de Louis-Napoléon. Un an plus tard, le 2 décembre 1852, 48 ans jour pour jour après son oncle, Louis-Napoléon est sacré Empereur sous le nom de Napoléon III.

Il met alors en place un régime autoritaire et s’évertue à faire taire l’opposition : presse censurée, opposition muselée et droit de réunion inexistant. Il se marie en 1853 avec Eugénie de Montijo qui le conforte dans la voie du conservatisme. Parallèlement, il favorise investisseurs et notables, ce qui permet à la France de rattraper son retard économique et industriel, notamment sur l’Angleterre. Les chemins de fer en sont la parfaite illustration : en vingt ans, le réseau passe de 3 000 à 18 000 km.

A l’extérieur, Napoléon III cherche à redonner du poids à la France dans les relations Européennes. Dès 1854, pendant la guerre de Crimée, il trouve un allié de choix dans l’Angleterre, ancien ennemi de son oncle. Deux ans plus tard, le traité de Paris, qui règle le conflit, fait ressurgir la France au cœur des puissances internationales. En 1859, la campagne d’Italie contre l’Autriche-Hongrie permet à la France d’intégrer Nice et la Savoie.

Un Empire sur le déclin

Mais cette campagne est risquée pour Napoléon III. En 1858, l’Italien Orsini commet un attentat à la bombe contre le couple impérial. L’explosif manque sa cible mais cause la mort de huit personnes. L’Empereur décide alors de faire adopter une loi de sûreté générale, dite « loi des suspects » et qui provoque une nouvelle vague de répression de l’opposition.

Le pouvoir personnel de Napoléon III est à son apogée, et pourtant il devient hésitant. En Italie, il stationne ses troupes à Rome pour protéger les Etats pontificaux, empêchant finalement la réalisation de l’unité italienne. L’expédition au Mexique débutée en 1861 finit par un désastre en 1867, la France abandonnant Maximilien suite aux menaces des Etats-Unis.

Toutefois, à l’intérieur, tandis que la modernisation se poursuit, Napoléon III entrouvre la porte de l’Assemblée à l’opposition et assouplit la censure. Le régime semble sur la voie de la libéralisation.

La chute dans l’indifférence

En 1870, Napoléon III se heurte aux provocations du chancelier prussien Otto von Bismarck. Ce dernier, qui espère une guerre contre la France, a manipulé une dépêche du roi Guillaume Ier de Prusse pour la rendre insultante : c’est la fameuse dépêche d’Ems. Napoléon III y répond en déclarant la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. C’est une véritable déroute pour l’armée française. Le 2 septembre, Napoléon III doit capituler à Metz et est emprisonné. En France, le République est proclamée le 4 septembre et poursuit la guerre.

La défaite militaire entraîne donc la chute de l’Empire dans une indifférence presque absolue. Après sa libération, Napoléon III retourne vivre en Angleterre où il mourra le 9 janvier 1973 des suites d’une opération.

Partagé entre le romantisme napoléonien et une politique économique réaliste, Napoléon III a finalement permis à la France de gagner en stabilité et de se moderniser au prix de l’autoritarisme. Ainsi, il fut l’artisan d’un exceptionnel développement économique associé aux chemins de fer et aux noms d’Haussmann ou de Lesseps. Par ailleurs, après 80 années de révolutions et de troubles intérieurs, il permet à la France de gagner peu à peu en sérénité. Hormis l’épisode extrêmement violent de la Commune en 1871, les prochains troubles arriveront de l’extérieur en 1914 avec le début de la Première Guerre mondiale. Si la postérité, et notamment les intellectuels et les hommes politiques de la Troisième République, ont considérablement dégradé l’image de Napoléon III, celle-ci évolue désormais avec plus de neutralité.

NAPOLÉON III : DATES CLÉS

14 avril 1808 : Naissance à Paris

30 octobre 1836 : Tentative de coup d’Etat à Strasbourg

Louis-Napoléon tente de soulever la garnison de Strasbourg et échoue dès les premières heures. Il sera condamné à l’exil et partira pour les États-Unis.

6 août 1840 : Débarquement à Boulogne-sur-Mer

Nouvelle tentative de coup d’Etat et nouvel échec pour Napoléon III, cette fois à Boulogne-sur-Mer. Il sera condamné à une peine d’emprisonnement perpétuel au fort de Ham, duquel il s’échappera six ans plus tard.

20 décembre 1848 : Louis-Napoléon Bonaparte prête serment

Elu le 11 décembre à la présidence de la République avec 74% des suffrages, Louis-Napoléon Bonaparte prête serment devant la tribune et jure « en présence de Dieu et du peuple français, représenté par l’Assemblée nationale, de rester fidèle à la République démocratique, une et indivisible et de remplir tous les devoirs que (lui) impose la Constitution. » Peu après son discours le prince-président s’établira dans sa nouvelle résidence du palais de l’Elysée. En décembre 1851 le neveu de Napoléon Ier organisera un Coup d’Etat qui lui permettra de se faire sacrer empereur sous le titre de Napoléon III en 1852.

2 décembre 1851 : Coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte

Au petit matin, le président de la République Louis-Napoléon Bonaparte (élu en décembre 1848) organise un Coup d’Etat dans le but de restaurer l’empire. Les murs de Paris sont placardés d’affiches annonçant la dissolution de l’Assemblée et du Conseil. Les nouvelles dispositions prises par le prince-président, prévoient aussi de consulter le peuple par voie de référendum sur l’instauration d’une nouvelle Constitution. Le neveu de Napoléon Ier choisit d’agir le 2 décembre en souvenir du sacre de son oncle et de sa grandeur militaire le jour de la bataille. Tout comme son aïeul il deviendra empereur sous le nom de Napoléon III, le 2 décembre 1852

4 décembre 1851 : Répression de Louis-Napoléon Bonaparte

Deux jours après son Coup d’Etat, le président Louis-Napoléon Bonaparte organise une sanglante répression contre les insurgés (en majorité des ouvriers) s’opposant à sa prise de pouvoir. Les barricades qui se sont élevées depuis la veille sur les boulevarda parisiens sont prises d’assaut par l’armée. Les fusillades font environ 400 morts. En deux jours, la police du prince-président procède à plus de 25 000 arrestations. En province, 32 départements sont mis en état de siège, mais la résistance des paysans sera elle aussi écrasée dans le sang.

11 décembre 1851 : Victor Hugo s’exile en Belgique

Fervent opposant au Coup d’Etat de Napoléon III (2 décembre), Victor Hugo doit s’exiler en Belgique pour fuir la répression. Muni d’un faux passeport il prend le train de nuit pour Bruxelles. L’année suivant son exil se poursuivra sur l’île anglo-normande de Jersey puis en 1855 à Guernesey. Pendant plus de 15 ans, il écrira des satires contre celui qu’il appelle « Napoléon le petit ». Hugo ne reviendra en France qu’après l’abolition du Second Empire en 1870.

22 janvier 1852 : Création de la médaille militaire

Le président de la République Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, crée une nouvelle décoration : la médaille militaire. Elle est accordée aux sous-officiers et hommes de troupe pour leur ancienneté de service. Ainsi qu’aux officiers généraux qui ont commandé en chef devant l’ennemi.

17 février 1852 : Louis-Napoléon censure la presse

Le président de la République Louis-Napoléon Bonaparte établit un ensemble de mesures préventives et de sanctions visant à museler la presse. Par décret, il est interdit aux journaux de rendre compte des débats parlementaires et des procès autrement qu’en reproduisant les procès-verbaux officiels. La censure des images est rétablie. Les journaux ne respectant pas ce décret pourront être suspendus après un avertissement et définitivement supprimés s’ils récidivent. Entre mars 1852 et juin 1853, 91 avertissements seront délivrés par le ministre de la Police, Maupas.

21 novembre 1852 : Restauration de l’Empire

Le Sénat convoque les Français aux urnes en organisant un plébiscite sur le rétablissement de l’Empire. Le « oui » l’emporte très majoritairement, mais près de 2 millions d’électeurs se sont abstenus. Le Second Empire sera officiellement proclamé le 2 décembre. Louis-Napoléon Bonaparte deviendra le nouveau souverain des Français sous le nom de Napoléon III.

29 janvier 1853 : Napoléon III épouse Eugénie de Montijo

Eperdument amoureux depuis plusieurs mois, Napoléon III épouse la jeune espagnole Eugenia Maria de Montijo de Guzman, comtesse de Teba. Le mariage est célébré à Notre-Dame de Paris. Les festivités dureront deux jours. Le 16 mars 1856, l’impératrice Eugénie donnera naissance à son unique enfant, le prince impérial Napoléon-Louis.

22 juin 1854 : Le livret ouvrier généralisé

Craignant encore les agitations ouvrières, Napoléon III et l’Assemblée décident de renforcer les mesures de restrictions. Une loi est ainsi votée pour généraliser le livret ouvrier. Ce dernier a pour objectif de contrôler le travail et le déplacement des travailleurs, le maire ou le préfet étant maîtres de sa régularisation.

14 janvier 1858 : Attentat raté contre Napoléon III

L’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie échappent de peu à un attentat à la bombe perpétré par le révolutionnaire italien Felice Orsini. L’explosion cause la mort de 8 personnes et fait 150 blessés. Orsini, partisan de la réunification italienne, reprochait à l’empereur d’entraver l’unification de son pays. Il sera condamné à mort et guillotiné le 13 mars.

19 février 1858 : Proclamation de la « loi des suspects »

La loi de sûreté générale est adoptée par l’Assemblée à 227 voix contre 24. Napoléon III, qui a été victime d’un attentat le 14 janvier, entend grâce à cette loi interner ou expulser toute personne ayant déjà subi des condamnations politiques. A partir du 24, des « suspects » seront arrêtés dans toute la France. Présentés à des commissions départementales, une centaine d’entre eux sera déportée en Algérie.

3 mai 1859 : La campagne d’Italie

A la suite de l’alliance conclue entre la France et la Sardaigne pour la formation de l’unité italienne, les forces franco-sardes, d’une part, et les troupes autrichiennes, de l’autre, entrent en guerre. Napoléon III, redoutant une intervention de la Prusse et suivant les conseils de modération de la Russie, mettra fin à la campagne en signant avec l’empereur d’Autriche François-Joseph l’armistice de Villafranca (Italie) en juillet 1859. Nice et la Savoie seront rattachés à la France.

12 février 1866 : Ultimatum des Etats-Unis à Napoléon III

Au nom de la doctrine Monroe (l’Amérique aux Américains), Washington somme l’empereur français de retirer ses troupes du Mexique. Napoléon III refuse et demande à Maximilien, empereur du Mexique depuis 1863, de constituer une armée nationale. L’expédition française au Mexique a commencé en 1862 quand l’empereur, sur les conseils du duc de Morny, décide de créer un empire catholique pour contrebalancer le pouvoir des jeunes Etats-Unis protestants. Il a placé à la tête du Mexique le frère de l’empereur d’Autriche, Maximilien. Mais face à la pression américaine et aux guérillas mexicaines, Napoléon III rappellera ses troupes en mars 1867, laissant Maximilien seul face aux insurgés mexicains.

23 octobre 1867 : Garibaldi envahit le Vatican

Giuseppe Garibaldi tente de s’emparer de l’état pontifical protégé par Napoléon III depuis le décret du 15 septembre 1864 signé avec le roi Victor-Emannuel II. Les troupes françaises interviennent et le Pape Pie IX obtient la protection de la France pour encore trois ans. Garibaldi échoue dans sa tentative de rallier le Vatican à l’unité italienne. Il sera définitivement battu à Montana le 3 novembre par les troupes du général de Failly et renoncera aux états pontificaux.

3 novembre 1867 : La bataille de Mentana

Les volontaires garibaldiens tentent de pénétrer à Rome et d’en chasser le pape Pie IX. Ils veulent remettre la ville au roi d’Italie Victor-Emmanuel II pour achever l’unité politique de la péninsule. Mais ils sont écrasés à Mentana (près de Rome) par les soldats pontificaux qui bénéficient du soutien d’un contingent français envoyés par Napoléon III. Le roi d’Italie attendra la défaite de la France face à la Prusse pour se saisir enfin de la ville de Rome et en faire sa capitale.

13 juillet 1870 : Fâcheuse dépêche d’Ems

A la suite de sa rencontre avec l’ambassadeur de France Benedetti au sujet de la succession au trône d’Espagne, le roi de Prusse Guillaume Ier rend compte de son rendez-vous au Ministre-président Otto Von Bismarck. Il lui adresse depuis Bad Ems un télégramme lui annonçant qu’il ne soutient plus la candidature de son cousin, le prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d’Espagne. Dès réception du message, Bismarck qui estime que le roi a agi par faiblesse, déforme la dépêche royale en lui donnant un tour belliciste. Il y est écrit que « le roi a refusé de voir l’ambassadeur de France » et qu’il lui a « fait dire qu’il n’avait plus rien à lui communiquer ». La France insultée par la dépêche d’Ems déclarera la guerre à la Prusse le 19.

19 juillet 1870 : La guerre de 1870 éclate

Napoléon III déclare précipitamment la guerre à la Prusse à la suite à la dépêche d’Ems. Bismark, qui a besoin d’une guerre pour renforcer l’unité Prussienne et aboutir au IIème Reich, avait déformé les propos de cette dernière pour provoquer Napoléon III. Ce-dernier, loin d’avoir la clairvoyance de son oncle, réagit vivement alors que son armée n’est pas prête. L’alliance germano-prussienne mobilise 800 000 hommes contre seulement 250 000 pour la France. La guerre de 1870 sera expéditive. En un mois et demi, les armées prussiennes captureront Napoléon III à Sedan et marcheront sur Paris.

2 septembre 1870 : Napoléon III vaincu à Sedan

L’armée des princes de Prusse et de Saxe encercle Sedan sur laquelle une partie de l’armée française s’était repliée après avoir tenté d’aller soutenir Bazaine à Metz. Coupée en deux et inférieure en nombre, l’armée ne peut rien contre les Prussiens. Napoléon III, présent dans la ville, capitule et est fait prisonnier. A Paris, l’Assemblée législative proclamera alors la fin de l’Empire et le début de la IIIème République. L’empereur s’exilera en Angleterre où il mourra trois ans plus tard.

9 janvier 1873 : Mort de Napoléon III

L’ex-empereur des Français meurt dans sa résidence de Camdem Place, dans le comté de Kent en Angleterre, où il vivait en exil depuis le désastre de 1870. Atteint de la maladie de la pierre, l’ex-Napoléon III était fortement handicapé. Deux interventions chirurgicales survenues le 2 et le 7 janvier avaient considérablement affecté son état général. Le neveu de Napoléon Ier et dernier souverain de France s’éteint quelques minutes avant que son chirurgien, le Docteur Thompson, ne tente une dernière opération. Il est 10h45.

 

Otto von Bismarck (1815-1898)

Bundesarchiv_Bild_146-2005-0057,_Otto_von_Bismarck

OTTO VON BISMARCK – Homme politique allemand, Otto von Bismarck est né le 1 avril 1815 à Schönhausen (Allemagne). Il est mort le 30 juillet 1898 à Friedrichsruh (Allemagne). Il est à l’origine de l’unité allemande.

 Biographie courte de Otto von Bismarck – Otto Von Bismarck débute sa carrière politique comme élu de l’extrême droite au Landtag en 1847. Il met en œuvre une politique conservatrice et monarchiste en tant que parlementaire prussien (1851), ambassadeur en Russie (1859-1862) et en France (1862) puis Premier ministre et ministre des affaires étrangères sous Guillaume Ier (1862). Cette dernière fonction lui permet de chercher à constituer des alliances avec la France, la Russie et l’Angleterre.

Le projet de Bismarck est d’unifier l’Allemagne sous la gouvernance de la Prusse, et pour cela, la guerre contre l’Autriche, grande puissance voisine, lui paraît inéluctable. Il la déclenche en 1866, et sa victoire lui permet d’annexer une partie de l’Autriche et de former la Confédération d’Allemagne du Nord, dirigée par la Prusse. Bismarck déclenche ensuite une guerre contre la France en 1870. Cette guerre et la victoire prussienne qui la conclue rallient les Etats du Sud à ceux du Nord.

Le 18 janvier 1871, l’Empire allemand est ainsi proclamé. Bismarck est Chancelier du second Reich et Président du Conseil de Prusse, ce qui lui donne un pouvoir immense. Il met en place un système de protection sociale mais réprime cependant le mouvement socialiste. Il crée la triple Alliance en 1884 et se lance dans une politique coloniale qui, le plaçant en désaccord avec le nouvel empereur Guillaume II, précipitera sa chute politique en 1890.

  

OTTO VON BISMARCK : DATES CLÉS

 13 juillet 1870 : Fâcheuse dépêche d’Ems

A la suite de sa rencontre avec l’ambassadeur de France Benedetti au sujet de la succession au trône d’Espagne, le roi de Prusse Guillaume Ier rend compte de son rendez-vous au Ministre-président Otto Von Bismarck. Il lui adresse depuis Bad Ems un télégramme lui annonçant qu’il ne soutient plus la candidature de son cousin, le prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d’Espagne. Dès réception du message, Bismarck qui estime que le roi a agi par faiblesse, déforme la dépêche royale en lui donnant un tour belliciste. Il y est écrit que « le roi a refusé de voir l’ambassadeur de France » et qu’il lui a « fait dire qu’il n’avait plus rien à lui communiquer ». La France insultée par la dépêche d’Ems déclarera la guerre à la Prusse le 19.

 

10 mai 1871 : Signature du traité de Francfort

Le gouvernement provisoire de la France accepte le paiement d’une indemnité de 5 milliards de francs-or, la présence d’une armée d’occupation jusqu’au paiement de cette somme et surtout, la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine. Cette victoire renforcera le chancelier Otto von Bismarck et lui permettra d’unifier les Etats allemands autour de la Prusse.

 

24 avril 1884 : Naissance de l’empire colonial allemand

Le chancelier allemand Otto von Bismarck proclame la souveraineté de l’Empire allemand sur le Lüderitz-land ou Sud-Ouest africain (l’actuelle Namibie). C’est le début de L’empire colonial allemand qui comprendra en plus du Sud-Ouest africain : le Tanganyika, le Rwanda-Burundi, le Cameroun, le Togo, et une partie de la Nouvelle-Guinée. Il sera partagé entre les vainqueurs de la Première Guerre mondiale en 1919.

 

26 février 1885 : L’Europe se partage le continent africain

Convoquée le 15 novembre 1884 à l’instigation du chancelier de Prusse Otto Von Bismarck, la conférence de Berlin s’achève. Les 14 pays européens présents et les Etats-Unis mettent un terme aux conflits coloniaux qui enveniment le continent africain en se le partageant. Le roi des Belges, Léopold II, obtient le Congo à titre personnel. La Grande-Bretagne renonce à ses prétentions sur ce territoire et assoit son hégémonie sur un axe allant du Cap jusqu’au Caire. La France se voit attribuer toutes les terres au sud du Sahara et l’Allemagne, l’Afrique de l’Ouest. La conférence de Berlin décide aussi de la libre circulation des navires marchands sur les fleuves Congo et Niger.

COMMUNAUTE EUROPENNE, EUROPE, HISTOIRE DE L'EUROPE, UNION EUROPEENN

Histoire de la construction de l’Union européenne

Histoire de l’Union européenne

9rVCMMYqDSK4KisWszyCWXwqLYw@655x491

 

1951 – 1957 : de la CECA aux traités de Rome

Née de la déclaration Schuman, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) réunit en 1951 l’Allemagne, l’Italie, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. En mettant en commun leur production de charbon et d’acier, la France et l’Allemagne substituent la solidarité d’intérêts à la rivalité et à la rancœur, cinq ans seulement après la fin de la guerre. Autre innovation : cette organisation opte pour un mode de gestion supranational, qui rompt avec les expériences intergouvernementales menées jusqu’alors.

A la suite de la pénurie énergétique provoquée en 1956 par la crise de Suez, Jean Monnet, alors président du Comité d’action pour les États-Unis d’Europe, estime que les Européens doivent s’unir au sein d’une communauté atomique qui les conduira vers l’autosuffisance énergétique. De leur côté, les partenaires de la France sont plutôt favorables à la création d’un marché commun. Afin de concilier tous les intérêts, deux traités distincts sont signés à Rome, l’un portant sur la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom), l’autre instituant la Communauté économique européenne (CEE).

 

Les origines de l’idée européenne

1918-1944, l’idée européenne au début du XXe siècle

1945-1956, les débuts de la construction européenne

 

Les premières avancées de la CEE

ue1957

 A la suite de la conférence de Stresa de 1958 et à la demande de la France, le Néerlandais Sicco Mansholt est chargé de réfléchir à la mise en place d’une politique agricole commune. Celle-ci voit le jour en 1962 au terme de longues négociations. Elle entraînera une modernisation rapide de l’agriculture européenne, tout en provoquant des remous au sein de la Communauté, notamment par son poids croissant dans le budget.

Avec la fusion en 1965 de la Haute Autorité de la CECA, de la Commission de la CEE et de la Commission Euratom, la Commission des Communautés européennes jouit de pouvoirs étendus. La même année, celle-ci propose, à travers une réforme du financement de la PAC, la création d’un budget propre et mieux contrôlé par le Parlement européen. Parallèlement, le Conseil se prépare à prendre ses décisions à la majorité et non plus à l’unanimité à partir de 1966.

Redoutant une dérive fédérale, la France condamne cette orientation et boycotte les institutions communautaires pendant sept mois. Cette « crise de la chaise vide » prend fin avec le « compromis de Luxembourg » du 29 janvier 1966, qui permet à chaque pays membre de s’opposer à une décision communautaire prise à la majorité s’il estime que ses intérêts nationaux sont gravement menacés.

Succès du Marché commun, les droits de douane qui continuaient à être perçus lors des échanges entre les Six sont éliminés 18 mois avant la date prévue par le traité de Rome, le 1er janvier 1968. Un tarif douanier commun est introduit en remplacement des droits de douane nationaux pour les échanges avec le reste du monde. 

A la fin des années 60, les pays membres sont frappés par des désordres monétaires internationaux qui nuisent au fonctionnement du Marché commun. Les Six conviennent alors d’un plan par étapes (le plan Werner) en vue de la création d’une union économique et monétaire européenne. En 1972 naît le serpent monétaire européen, ancêtre de l’euro. Il sera remplacé en 1978 par le système monétaire européen (SME).

Enfin, le 1er élargissement des Communautés a lieu en 1973 : après deux refus de la France, le Royaume-Uni est officiellement admis en compagnie de l’Irlande et du Danemark.

1957-1973, de l’Europe des six à l’Europe des neuf

téléchargement (3).png

1974-1984, surmonter les crises

En 1974, sur fond de crise énergétique, le sommet de Paris institue, en marge des traités communautaires, le Conseil européen : désormais, les dirigeants européens se rencontreront au moins trois fois par an pour déterminer ensemble les grandes orientations politiques.

Le principe de l’élection du Parlement européen au suffrage universel est également adopté : un changement concrétisé lors des élections de 1979, où la participation atteint alors 60,7%.

En 1974, la chute du régime des colonels rapproche la Grèce de l’Europe occidentale. Le pays dépose sa candidature en 1975, mais doit rattraper son retard économique avant de devenir, en 1981, le dixième membre des Communautés européennes. Il sera suivi en 1986 par l’Espagne et le Portugal, eux aussi sortis d’une longue période de dictature.

Alors que le budget communautaire fait l’objet de nouvelles négociations, la Première ministre britannique Margaret Thatcher estime que son pays contribue trop à un budget dominé par la PAC (elle prononce son fameux « I want my money back !« ). Un compromis est finalement trouvé à Fontainebleau en 1984 : le financement de la PAC est réduit et le Royaume-Uni voit une partie de sa contribution remboursée par ses partenaires.

I-WANT-MY-MONEY-BACK.png

1974-1984, surmonter les crises

 

1985-1992, la relance européenne

 Mis en place en 1968, le Marché commun a progressivement mis fin aux contrôles des marchandises aux frontières des pays membres. Mais les contrôles douaniers demeurent pour les personnes. Au début des années 80, les pays du Benelux, entre lesquels les déplacements sont déjà libres, proposent à la France et à l’Allemagne de mettre en place graduellement un espace de libre circulation des personnes. L’accord entre les cinq pays est conclu le 14 juin 1985 dans la petite ville luxembourgeoise de Schengen. Il sera par la suite intégré aux traités communautaires et étendu aux autres Etats membres.

Tout juste nommé président de la Commission européenne, Jacques Delors présente la même année 310 mesures destinées à achever le « Marché unique ». Malgré l’ouverture des frontières, de nombreux obstacles administratifs et réglementaires freinent en effet la libre circulation des marchandises et entravent la croissance économique en Europe. Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du traité de Rome, les Douze décident alors de le réviser en ce sens.

Avec l’Acte unique de 1986, le fonctionnement des institutions est modifié : le vote à la majorité qualifiée au Conseil de l’UE est généralisé pour toutes les questions touchant au marché intérieur et le Parlement européen voit son rôle renforcé. L’année suivante, le programme de mobilité Erasmus est lancé.

En 1989, la chute inattendue du Mur de Berlin, bouleverse l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale. La partie est-allemande intègre la communauté au sein de l’Allemagne réunifiée. Par ailleurs, les pays membres des communautés réagissent à la nouvelle donne en affirmant la dimension politique du projet européen : en 1992, le traité de Maastricht crée l’Union européenne et pose les bases d’une monnaie unique. Il institue également une citoyenneté européenne ainsi qu’une politique extérieure et de sécurité commune (PESC).

ill_1228785_000_arp2292051.jpg

 

1985-1991, la relance européenne

1961-1989 : de la construction à la destruction du Mur de Berlin

 

1992 – 2009 : la succession des traités

drapeaux-ue-782-207f4022cd

Après un nouvel élargissement à l’Autriche, à la Suède et à la Finlande en 1995 (les Suisses et les Norvégiens rejettent cette adhésion), le traité d’Amsterdam de 1997 instaure un poste de Haut-représentant pour la PESC et intègre dans le champ communautaire les questions de visas, d’asile et d’immigration.

L’année suivante, le sommet franco-britannique de Saint-Malo donne une impulsion décisive à l’Europe de la défense, en convenant que l’UE « doit avoir une capacité autonome d’action, appuyée sur des forces militaires crédibles« . Elle permet la mise en place de structures politiques et militaires permanentes, la clarification des relations avec l’OTAN et la définition de missions européennes spécifiques (aide humanitaire, gestion de crises, rétablissement de la paix).

Dans le même temps, la nouvelle Union choisit de préparer le plus grand élargissement de son histoire afin d’intégrer les nouvelles démocraties d’Europe centrale et orientale. Le traité de Nice de 2001 réforme le système institutionnel à cet effet. 10 nouveaux pays adhèrent à l’UE en 2004, suivis par deux autres en 2007. Le dernier pays à entrer dans l’UE est la Croatie en 2013.

Les dix années qui suivent le traité de Maastricht voient aussi les douze Etats membres de l’Union économique et monétaire adapter leurs économies en vue de l’arrivée de l’euro. Celui-ci est officiellement adopté comme unité de compte en 1999, et mis en place pour les consommateurs le 1er janvier 2002.

De l’avis général, le traité de Nice est insuffisant pour encadrer une Europe à 25 ou plus. Une nouvelle réforme institutionnelle s’impose. A l’instar des traités précédents, le traité établissant une Constitution pour l’Europe doit être ratifié par tous les Etats membres pour entrer en vigueur. Mais au printemps 2005, les citoyens français et néerlandais se prononcent par référendum contre ce texte.

L’Europe s’enlise alors dans une crise institutionnelle majeure, qui ne prend fin qu’avec la signature du traité de Lisbonne, entré en vigueur en 2009. Celui-ci apporte de nombreuses modifications institutionnelles majeures, notamment l’élection d’un président du Conseil européen pour deux ans et demi et l’extension des pouvoirs du Parlement européen, co-législateur avec le Conseil sur la plupart des domaines

capture-d-e-cran-2018-05-31-a-13.56.41_xwh_768x894_xwh

 

1992-2009, bouleversements politiques et création de l’euro

 

Quel avenir pour l’Europe ?

En 2008, l’Europe est touchée de plein fouet par la crise économique et financière mondiale. La dette publique des Etats membres explose, à tel point que certains pays (Grèce, Irlande, Portugal, Italie, Chypre) menacent directement la survie de la zone euro. L’Union européenne leur vient en aide via de nouveaux instruments, en contrepartie de réformes et d’une plus grande surveillance de leurs dépenses.

L’économie repart peu à peu en 2015, si bien qu’en 2017 tous les pays renouent avec la croissance, mais dans certains le chômage et la dette publique atteignent des niveaux préoccupants. Dans le même temps, de nouvelles difficultés apparaissent : réchauffement climatique, terrorisme djihadiste depuis la création de l’Etat islamique en 2006, crise ukrainienne et tensions avec la Russie depuis 2013, crise migratoire entre 2015 et 2017, référendum du 23 juin 2016 sur le Brexit  , progression des populismes dans plusieurs Etats membres, tensions avec les Etats-Unis de Donald Trump… autant de défis à surmonter pour l’Europe de demain.

Parallèlement aux négociations sur la sortie du Royaume-Uni, les dirigeants européens réfléchissent à l’avenir de l’Union européenne à 27. Un processus qui pourrait donner un nouveau souffle à cette Europe aujourd’hui particulièrement fragilisée.

2010-2016, du traité de Lisbonne aux crises

 

https://www.touteleurope.eu/actualite/histoire-de-l-union-europeenne.html

 

 

=======================================

LES TRAITES DE L’UNION EUROPEENNE

Législation de l’UE>Traités européens

L’Union européenne est fondée sur l’État de droit. Cela signifie que toute action entreprise par l’UE découle des traités, qui ont été approuvés librement et démocratiquement par tous les États membres. Ainsi, si un domaine politique n’est pas cité dans un traité, la Commission ne peut pas proposer de légiférer dans ce domaine.

Les traités européens sont des accords contraignants adoptés par tous les États membres de l’Union européenne. Ils définissent les objectifs poursuivis par l’UE, les règles de fonctionnement des institutions européennes, les procédures à suivre pour prendre des décisions et les relations entre l’UE et les États membres.

Ces traités sont modifiés pour satisfaire à différents objectifs: renforcer l’efficacité et la transparence de l’UE, procéder aux adaptations nécessaires pour accueillir de nouveaux États membres et élargir la coopération entre les pays de l’UE à de nouveaux domaines, comme la monnaie unique.

Les institutions européennes adoptent des actes législatifs, en accord avec les traités, que les États membres doivent ensuite mettre en œuvre. Les textes des traités, la législation, la jurisprudence et les propositions législatives peuvent être consultés intégralement dans EUR-Lex, la base de données de la législation européenne.

 

Les principaux traités sont les suivants  (du plus récent au plus ancien):

Traité de Lisbonne

Traité de Nice

Traité d’Amsterdam

Traité sur l’Union européenne (traité de Maastricht)

Acte unique européen

Traité de fusion (traité de Bruxelles)

Traités de Rome: traités CEE et Euratom

Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)
Les traités fondateurs ont également été modifiés chaque fois que de nouveaux pays ont adhéré à l’Union européenne:

2013 (Croatie)

2007 (Bulgarie et Roumanie)

2004 (Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie)

1995 (Autriche, Finlande et Suède)

1986 (Espagne et Portugal)

1981 (Grèce)

1973 (Danemark, Irlande et Royaume-Uni).

  

Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)

Signature: 18 avril 1951

Entrée en vigueur: 23 juillet 1952

Expiration: 23 juillet 2002

Objectif: créer une interdépendance entre les États membres dans les domaines du charbon et de l’acier, de façon à ce qu’un pays ne puisse plus mobiliser ses forces armées à l’insu des autres. Cette initiative a permis d’apaiser les tensions et de dissiper le climat de méfiance entre les pays après la Seconde Guerre mondiale. Le traité CECA a expiré en 2002.

1006799-umberto-tupini.jpg

Texte intégral du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier

 

Traité instituant la Communuté économique euopéenne et de l’énergue antomique

Signature: 25 mars 1957
Entrée en vigueur: 1er janvier 1958

Objectif: créer la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom).

Principales modifications: introduction de la coopération économique dans les efforts d’intégration européenne.

Texte intégral du traité instituant la Communauté économique européenne
Texte intégral du traité instituant la Communauté européenne de l’énerg

  

Traité de fusion (traité de Bruxelles)

Signature: 8 avril 1965
Entrée en vigueur: 1er juillet 1967

Objectif: moderniser les institutions européennes.

Principales modifications: création d’une seule Commission et d’un seul Conseil pour les trois Communautés européennes existant à l’époque (CEE, Euratom et CECA). Abrogé par le traité d’Amsterdam.

Texte intégral du traité de fusion

 

 Acte unique européen

Signature: 17 février 1986 (Luxembourg) / 28 février 1986 (La Haye)

Entrée en vigueur: 1er juillet 1987

Objectif: réformer les institutions pour préparer l’adhésion du Portugal et de l’Espagne et accélérer le processus décisionnel en vue de l’instauration du marché unique.

Principales modifications: extension du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil (limitant ainsi la possibilité pour un pays d’opposer seul son veto à une proposition de législation), création des procédures de coopération et d’avis conforme, donnant plus d’influence au Parlement.

Texte intégral de l’Acte unique européen

 

Traité sur l’Union européenne (traité de Maastricht)

117167021

Signature: 7 février 1992
Entrée en vigueur: 1er novembre 1993

Objectif: préparer la création de l’Union monétaire européenne et jeter les bases d’une union politique (citoyenneté européenne, politique étrangère et de sécurité commune, coopération dans le domaine de la justice et des affaires intérieures).

Principales modifications: création de l’Union européenne et introduction de la procédure de codécision, qui donne plus de poids au Parlement dans les prises de décision. Instauration de nouvelles formes de coopération entre les États membres, par exemple dans les domaines de la défense, de la justice et des affaires intérieures.

Texte intégral du traité de Maastricht 

 

 Traité d’Amsterdam

Signature: 2 octobre 1997
Entrée en vigueur: 1er mai 1999

Objectif: réformer les institutions européennes en vue de l’adhésion de nouveaux États membres.

Principales modifications: amendement, renumérotation et consolidation des traités UE et CEE. Processus décisionnel plus transparent (recours accru à la procedure legislative ordinaire).

Texte intégral du traité d’Amsterdam

 

 Traité de Nice

téléchargement (2)

Signature: 26 février 2001
Entrée en vigueur: 1er février 2003

Objectif: réformer les institutions afin que l’UE continue à fonctionner efficacement après l’élargissement à 25 États membres.

Principales modifications: nouvelles méthodes pour modifier la composition de la Commission et redéfinir le système de vote au Conseil.

Texte intégral du traité de Nice

  

Traité de Lisbonne

Signature: 13 décembre 2007
Entrée en vigueur: 1er décembre 2009

traite-simpl80db-10e1d-43e68

Objectif: rendre l’UE plus démocratique, efficace et apte à affronter les problèmes mondiaux, tels que le changement climatique, en lui permettant de s’exprimer d’une seule voix.

Principales modifications: renforcement des pouvoirs du Parlement européen, modification des procédures de vote au Conseil, introduction de l’initiative citoyenne, instauration d’une présidence stable du Conseil européen, création du poste de haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et d’un nouveau service diplomatique européen.

Le traité de Lisbonne définit clairement:
– les compétences attribuées à l’UE;
– les compétences attribuées aux États membres;
– les compétences partagées.

Les objectifs et valeurs de l’Union européenne sont inscrits dans le traité de Lisbonne et dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

Texte intégral du traité de Lisbonne

Le traité établissant une Constitution pour l’Europe 2004), qui poursuit des objectifs semblables à ceux du traité de Lisbonne, a été signé mais n’a jamais été ratifié.

 

=============================

 

Les institutions européennes

Charlotte-_Bezamat-Mantes-Schema-_-Institutions-_-Union-_Europeenne-_2014.jpg

Pourquoi des institutions européennes ?

Tout comme chacun des Etats qui la composent, l’Union européenne est composée d’institutions et d’organes visant à assurer son fonctionnement et lui permettre de mener à bien ses missions.

Le cadre institutionnel européen que nous connaissons aujourd’hui est le résultat de l’histoire. Préfiguré par les quatre institutions de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)en 1951, il prend véritablement naissance avec le traité de Rome de 1957 qui pose les bases du « triangle institutionnel ».

Il évoluera ensuite au fur et à mesure des traités, en s’enrichissant de nouvelles institutions (Conseil européen) et en réorganisant les compétences de chacune (pouvoir budgétaire et de codécision du Parlement européen…).

 

De la CECA au traité de Lisbonne

Dès 1951, la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA) organise le Marché commun sur un système institutionnel dont s’inspireront six ans plus tard les signataires des traités de Rome. La CECA repose ainsi sur une Haute Autorité qui représente l’intérêt général de la Communauté, une Assemblée commune qui représente les peuples européens, un Conseil spécial de ministres qui représente les États membres, enfin une Cour de justice qui assure le respect et l’application du traité.

En 1957, les traités de Rome perpétuent ce « triangle institutionnel » assorti d’une Cour de justice et d’un nouveau Comité consultatif représentant les producteurs et travailleurs : la Haute Autorité est remplacée par une Commission qui propose des mesures et contrôle leur exécution, le Conseil des ministres est maintenu pour approuver ou non ces mesures, tout comme l’Assemblée européenne consultative.

C’est cette dernière qui deviendra en 1979 le Parlement européen. Désormais élu au suffrage universel direct, le Parlement voit ses pouvoirs s’étendre peu à peu, au point d’être aujourd’hui sur un pied d’égalité avec le Conseil dans l’adoption des lois.

D’autres institutions font également leur apparition : Cour des comptes en 1975, Banque centrale européenne avec la mise en place de l’euro en 1998, et bien sûr Conseil européen, apparu dans les années 1960 et véritablement institutionnalisé avec le traité de Lisbonne de 2009.

 ============================== 

La prise de décision

Pourquoi une telle architecture ? Unique au monde, le cadre institutionnel de l’Union européenne défini par les traités confère à chacun un rôle et des pouvoirs qui lui sont propres.

Processus-decisionnel-782

Dans la plupart des domaines de compétence de l’Union européenne, les textes de lois sont adoptés selon une procédure législative « ordinaire ». Dans un certain nombre de domaines en revanche, comme la politique étrangère, la justice ou le droit de la famille, les gouvernements nationaux ont généralement plus de poids (vote à l’unanimité au Conseil de l’UE, avis consultatif du Parlement européen…).

Le traité sur l’Union européenne énumère les sept institutions de l’UE :

Le Parlement européen

Elu au suffrage universel direct tous les cinq ans (les prochaines élections auront lieu en 2019), le Parlement européen représente les citoyens européens. Il amende et vote, avec le Conseil de l’Union européenne, les textes proposés par la Commission ainsi que le budget de l’Union européenne.

640_20190213_122749.jpg

Dans certains domaines où la procédure législative est dite « spéciale » (accords internationaux, adhésion d’un nouveau membre…), le Conseil est dans la pratique le seul législateur : le Parlement donne son approbation à une proposition législative ou est simplement consulté sur celle-ci.

Il est composé de 751 députés européens siégeant par groupes politiques transnationaux et travaillant en commission techniques sur l’ensemble des domaines de compétences de l’UE. Le Parlement européen se réunit environ une fois par mois à Strasbourg pour le vote des propositions de lois.

 

Le Conseil européen

En amont de la plupart des grandes décisions européennes, le Conseil européen constitue le centre d’impulsion de la construction européenne. Constitué des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres régulièrement réunis en sommet, il définit, à l’unanimité dans la plupart des cas, les grandes orientations de l’UE. Il joue également, au plus haut niveau, un rôle de coordination, d’arbitrage ou de déblocage des dossiers difficiles.

Si la pratique des sommets de dirigeants date des années 1960, le Conseil européen a été créé en 1974 par le président français Valéry Giscard d’Estaing et le chancelier allemand Helmut Schmidt, puis promu au rang d’institution européenne en 2009 avec le traité de Lisbonne. Ce dernier crée également la fonction de président du Conseil européen, nommé pour deux ans et demi (actuellement le Polonais Donald Tusk).

Bien qu’ils représentent tous les deux les Etats membres, le Conseil européen et le Conseil de l’Union européenne (voir plus bas) sont deux institutions différentes, agissant à des étapes distinctes du processus législatif européen. Ils ne doivent par ailleurs pas être confondus avec le Conseil de l’Europe, une organisation chargée de faire respecter la Convention européenne des droits de l’homme.

 

Le Conseil de l’Union européenne

En aval de la procédure législative ordinaire, le Conseil de l’Union européenne (ou « Conseil des ministres de l’UE » ou « Conseil ») se prononce, après le Parlement européen, sur les textes de loi et le budget européens.

Composé des ministres des 28 Etats membres, il se réunit une centaine de fois par an autour d’un domaine particulier (Conseil Agriculture, Affaires étrangères, Economie…). Il peut modifier, adopter ou rejeter une mesure préalablement amendée par le Parlement européen, dans la plupart des cas à la majorité qualifiée, chaque Etat ayant un poids particulier dans le vote en fonction de sa population. La présidence du Conseil de l’UE est assurée tous les six mois par un pays différent.

 

La Commission européenne

Garante de l’intérêt général européen, la Commission européenne a quant à elle pour principale fonction l’initiative des textes de loi. Exécutif européen, elle lance le processus législatif en proposant des mesures dans l’ensemble des domaines de compétence de l’Union européenne.

Si elle dispose en théorie du « monopole d’initiative », celui-ci est de fait fortement influencé par les autres acteurs : le Conseil européen comme décrit précédemment, mais aussi le Parlement européen ou les citoyens européens (initiative citoyenne européenne) qui peuvent lui demander d’agir.

Elle propose également chaque année le budget de l’UE et peut, en tant que « gardienne des traités », sanctionner un Etat membre qui ne respecterait pas ces derniers. Elle est composée de 28 membres nommés pour cinq ans : un par Etat dont le président, actuellement le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Les propositions de la Commission européenne sont ensuite amendées, approuvées ou rejetées par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne.

 

Autres institutions et organes

Les autres institutions européennes sont :

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) chargée d’examiner la légalité des actes européens et de résoudre les conflits juridiques entre institutions et/ou Etats membres. Son siège est à Luxembourg.

La Banque centrale européenne (BCE), qui gère la monnaie unique pour les 19 membres de la zone euro, assure la stabilité des prix et mène la politique monétaire de l’UE. Elle est basée à Francfort (Allemagne).

La Cour des comptes, dont la mission est d’améliorer la gestion financière de l’UE.

L’Union européenne se compose par ailleurs d’organes consultatifs : le Comité économique et social européen (CESE) qui permet aux organisations de la société civile des États membres d’exprimer leur avis au niveau européen, et le Comité des régions composé des représentants des collectivités locales et régionales.

Parmi les principaux organes et acteurs de l’Union européenne, on peut enfin souligner le rôle de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui finance des projets d’intérêt européen sur le territoire européen et dans les pays tiers, ou encore du Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui conduit et coordonne la politique étrangère et de sécurité de l’Union (aujourd’hui Federica Mogherini).

  

Débats et perspectives

Les débats sur les institutions de l’Union européenne ne manquent pas, nombre d’entre eux ayant perduré au cours des décennies sans jamais avoir été définitivement tranchés. Ils portent tant sur la complexité du système institutionnel que sur son efficacité ou encore son caractère démocratique.

Dépassant les modèles classiques des Etats démocratiques, le cadre institutionnel européen est unique en son genre. Son exécutif, traditionnellement dévolu à une Commission nommée par les Etats membres et approuvée par le Parlement européen, a peu à peu été investi par le Conseil européen, consacré par le traité de Lisbonne. Les « chambres », correspondant à notre Assemblée nationale et notre Sénat, y seraient ici incarnées d’un côté par un Parlement agissant pour l’intérêt des citoyens mais également influencé par les considérations partisanes et nationales de ses députés, de l’autre par un Conseil composé de représentants de gouvernements eux aussi élus.

Ce système fait dès lors régulièrement l’objet de critiques quant à sa complexité, à sa lenteur et à son manque de légitimité démocratique. Les solutions avancées vont alors d’une simplification institutionnelle, peu probable à court terme, à une meilleure information vis-à-vis des citoyens, qui passerait notamment par un discours moins caricatural d’un certain nombre de responsables politiques et de médias.

Car l’Union européenne traverse une crise de défiance, mesurée par les sondages, par l’abstention croissante aux élections du Parlement européen et surtout par la montée des partis europhobes lors des scrutins nationaux. Bien qu’une majorité de citoyens se dise toujours favorable à l’Union européenne, son fonctionnement actuel ne satisfait pas nombre d’entre eux, une partie la jugeant même antidémocratique.

Entre autres causes généralement avancées : l’harmonisation des législations au détriment des particularismes nationaux voire locaux, le manque de représentativité des instances décisionnaires de l’UE (la Commission étant souvent perçue à tort comme le principal voire l’unique responsable des législations européennes), l’absence de participation des citoyens au processus de décision (l’initiative citoyenne européenne reste peu connue et peu efficace), le poids et l’opacité des lobbies…

Une crise que l’Union européenne semble avoir pris à bras le corps suite à la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne. Si aucune révolution institutionnelle n’est à prévoir à court terme, les Etats membres ont entamé en 2017 un processus de réflexion sur l’avenir de l’UE à 27, qui pourrait déboucher vers des améliorations.

Elargissement_Carte_680

https://www.touteleurope.eu/actualite/histoire-de-l-union-europeenne.html