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Dieu fait silence

Les silences de Jésus

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Au commencement était le tohu-bohu : et Dieu se taisait….

Quand Dieu parla le chaos disparut :

Au commencement  était le Verbe et il est chez les siens

Dieu se tait à sa venue : le cri de la naissance et puis plus rien …. Pendant huit jours Dieu n’eut pas de nom ; il se fit anonyme parmi les anonymes ; il se rendit invisible pour que l’homme le cherche, pour que l’homme le trouve…

 

Dieu se tait souvent ….

Il  laisse faire ou laisse dire…

Le silence devant Hérode et devant Pilate

Le silence de Dieu dans la tombe…

Le silence de Dieu au moment même de sa Résurrection

 

Dieu est souvent silence

Dieu ne parle pas au milieu du brouhaha

Dieu se dit dans le silence dans le doux murmure d’une brise légère

Dieu se tait et se dévoile dans le silence de la nuit.

 

Le silence de Dieu comme une béance dans notre vie !

Le silence de Dieu, un geste d’amour

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LIVRE DE LA GENÈSE chapitre 1, 1-2

AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre.

 La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT JEAN chapitre 1, 1-34

AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.

 Il était au commencement auprès de Dieu.

 C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.

la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.

Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.

Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.

 Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.

 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

 Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir

Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »

Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;

 car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »

Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »

Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »

 Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »

Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »

 Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.

Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »

Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait. Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;

c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »

Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”

 Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

 

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (chapitre 1)

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GENEALOGIE DE JESUS, CHRIST, fils de David, fils d’Abraham.

  Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,

Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram,

Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone,

Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé,

Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon,

 Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,

Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias,

Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias,

Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias,

Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,

Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor,

Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud,

Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob,

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

 

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.

Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.

Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

 

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (chapitre 2)

 

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.

Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »

Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »

Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages.

Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :

 Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.

Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »

Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

 

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC (chapitre 1)

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 BEAUCOUP ONT ENTREPRIS de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.

  Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme aussi était descendante d’Aaron ; elle s’appelait Élisabeth. Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable. Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.

Or, tandis que Zacharie, durant la période attribuée aux prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute la multitude du peuple était en prière au dehors, à l’heure de l’offrande de l’encens.

 L’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. À sa vue, Zacharie fut bouleversé et la crainte le saisit.

 L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ; il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »

 Alors Zacharie dit à l’ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. »

L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu seras réduit au silence et, jusqu’au jour où cela se réalisera, tu ne pourras plus parler, parce que tu n’as pas cru à mes paroles ; celles-ci s’accompliront en leur temps. »

Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision. Il leur faisait des signes et restait muet. Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique, il repartit chez lui.

Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait :  « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes. »

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.

L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »

 À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;

 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »

L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.

 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,

 exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.

 Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

 Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

 Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

 Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

 de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

 Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.

Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. »

On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »

 On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler.

 Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.

 La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.

Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques :

 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur,

 comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :

 salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs,

 amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte,

afin que, délivrés de la main des ennemis,

 nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours.

 Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. »

L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

 

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC (chapitre 2)

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En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.

Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. 05 Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

 Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.

 L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

 Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

 Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :

 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

 Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

 Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu le salut

 que tu préparais à la face des peuples :

 lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.

 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

 Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

 L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui

 

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LES SILENCES DE JESUS PENDANT SA VIE PUBLIQUE

 

Le silence de Jésus face aux préjugés

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“ Dès le matin, Jésus se rend de nouveau dans le temple, et tout le peuple vient à lui. Il s’assoit et les enseigne. Alors les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu et disent à Jésus:

– Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans a loi, nous a prescrit de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? 

Ils disent cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser.  Mais Jésus se baisse et se met à écrire avec le doigt sur la terre. Comme ils persistent à le questionner, il se redresse et leur dit:

– Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre. 

De nouveau il se baisse et se met à écrire sur la terre. Quand ils entendent cela, accusés par leur conscience, ils se retirent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’aux derniers, et Jésus reste seul, avec la femme qui est là, au milieu.  Alors Jésus se redresse et lui dit:

– Femme, où sont tes accusateurs?  Personne ne t’a condamnée?

Elle répond:

– Personne, Seigneur.

Et Jésus lui dit:

– Moi non plus je ne te condamne pas; va, et désormais ne pèche plus.  (Jean 8.2-11) ”

Le silence de Jésus, devant cet esclandre des religieux, est un silence d’indignation.  Quelqu’un a dit : « Quand la religiosité parle, le Ciel se tait » Ces religieux ne sont pas concernés par la situation de cette femme. Ils n’ont que faire d’être justes ou pas. Ils veulent simplement coincer Jésus et avoir raison. Ils sont jaloux de son succès. Ils sont formatés par un système de pensée et ne sont pas prêts au changement, à se remettre en cause. Et Jésus ne prend pas la peine de discuter.

 

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Le silence de Jésus devant l’injustice et le mensonge

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“ Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvèrent pas, quoique plusieurs faux témoins se soient présentés. Enfin il en vint deux qui dirent: Celui-là a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. 

Le souverain sacrificateur se leva et lui dit: Ne réponds-tu rien? De quoi témoignent-ils contre toi? 

Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur lui dit: Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel. »   (Matthieu 26:62-63)”

Devant la pression et les accusations mensongères, Jésus garde le silence, il va rester tranquille. L’image du verbe siopaoest celle d’une mer calme, tranquille. Jésus ne se laisse pas mettre la pression ! Devant l’injustice envers son égard, Jésus garde le silence. Même Pilate sera surpris de ce mutisme de jésus devant ses accusateurs. Alors qu’il comparait devant lui,  le gouverneur l’interroge en ces termes, dans l’évangile de Matthieu (27.12-14) : « Es-tu le roi des Juifs? » Jésus lui répond: « Tu le dis ». Mais il ne répond rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens. Alors Pilate lui dit: « N’entends-tu pas tout ce dont ils t’accusent ? » Et Jésus ne lui donne de réponse sur aucun point, ce qui étonne beaucoup le gouverneur. 

Jésus fera écho au serviteur souffrant d’Esaïe 53 :7  « Il a été maltraité, il s’est humilié Et n’a pas ouvert la bouche, Semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n’a pas ouvert la bouche ». Bien-sur, pour Jésus, c’était sa destinée de mourir sur la croix pour notre péché, mais au-delà de cela, il nous montre un exemple.

« Il y a un  temps pour parler, un temps pour se taire », dira Ecclésiaste.

 

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Le silence de Jésus devant la curiosité malsaine

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“ Lorsqu’Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie, car depuis quelque temps il désirait le voir à cause de ce qu’il avait entendu dire de lui,  et il espérait lui voir faire quelque miracle. Il l’interrogea assez longuement, mais Jésus ne lui répondit rien.  Les principaux sacrificateurs et les scribes étaient là et l’accusaient avec véhémence. Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris; et après s’être moqué de lui et l’avoir revêtu d’un habit éclatant, il le renvoya à Pilate. (Luc 23: 8-11)

Hérode est un homme avide de spectaculaire, d’émotion. Cet Hérode volubile, par ses nombreuses et longues questions, fait face au silence tranquille de Christ.  Hérode voulait se divertir, pas d’avoir les réponses à ses questions.  C’est une curiosité mal placée. « Voilà celui qui fait des miracles. On va s’amuser ». Jésus se tait devant les préjugés, devant les accusations mensongères, mais aussi devant la curiosité malsaine

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Si Dieu se tait… peut-être c’est que nous sommes trop pris par nos préjugés, que nous ne pouvons pas entendre.

Si Dieu se tait … peut-être que nous sommes pleins de mauvaise foi, ne voulons pas reconnaître nos torts, et que le ciel est d’airain.

Si Dieu se tait… c’est que nous sommes plus enclins au potin qu’à la prière.

 

 

 

 

BIBLE, EVANGILES, GALILEE (Terre Sainte), ISRAËL, JESUS-CHRIST, NOUVEAU TESTAMENT, TERRE SAINTE

La Galilée, la terre de Jésus

La Galilée, le pays où Jésus a vécu

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La Galilée (hébreu Ha-galîl, « le cercle, la région ») est une large région située dans le nord Palestine, traditionnellement divisée en trois parties:

la haute Galilée ;

la basse Galilée ;

la Galilée occidentale, aussi appelée « la côte nord de la Palestine».

 

Géographie

La Galilée est un massif montagneux rocailleux du nord de la Palestine  Son point culminant est le mont Méron, à plus de 1 200 mètres. Elle possède des températures douces et une pluviosité à même d’alimenter quelques cours d’eau et propre à l’agriculture. La Galilée englobe plus du tiers du territoire actuel de la Palestine, s’étendant de Dan au nord, au pied du mont Hermon, jusqu’aux monts Carmel et Guilboa au sud, et de la vallée du Jourdain du  à l’est jusqu’aux abords de la mer Méditerranée à l’ouest, en passant par les plaines de Jezreel et Akko. La particularité des frontières nord d’avant 1967 de l’État d’Israël forme le Doigt de Galilée.

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Toponyme d’origine hébraïque

Vient de l’hébreu, très ancien, dont l’origine et le sens évolue pour finir à la fin de la période de l’ancien testament dans le Livres des Maccabées ⟨1 M 5,15⟩ dans le sens « région des étrangers » (c’est à dire des juifs qui n’ont pas gardé la pureté de la tradition, sous des influences étrangères, ou aussi le sens d’une terre de mission, à enseigner, à convertir).

Le nom apparaît au pluriel dans le Livre de Josué, 13, 2, avec le sens de « contrées », puis semble désigner une région particulière. Dans le premier livre des Rois chapitre 9, versets 11 à 13, on apprend que Salomon récompensa Hiram pour certains services effectués par celui-ci en lui offrant une plaine parmi les montagnes de Nephtali. Hiram fut déçu du cadeau, et l’appela la « terre de Cabul ». Les Judéens l’appelèrent Galil. Dans les Livres des Maccabées, la Galilée est le théâtre de nombreux combats des Judéens qui se dressent contre la dynastie séleucide.

C’est là, en Galilée que l’histoire chrétienne (récit du Nouveau Testament)  situe l’origine de la famille de Jésus; dont sa ville de Nazareth d fait partie. Les trois premiers évangiles sont consacrés à ses activités dans cette région, décrite sous la forme symbolique et énigmatique d’un ensemble de déplacements dans tout le nord de la Palestine, ponctués à chaque étape par des exorcismes ou des miracles. L’expression de « Galilée des Nations » (Matthieu 4, 15, reprise d’Isaïe 8, 23) Galil haGoyim, laisse penser qu’elle symbolisait une région à convertir, face à la Judée et au Temple de Jérusalem. C’est peut-être aussi la trace de l’expression « Sagesse des Nations », les mots GLYL, Galil, Galilée, et HtKMH, Hokhmah, Sagesse ayant mêmes guématries. (Actes des Apôtres, 2, 7 : « ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas galiléens ?) »

 

Histoire

La Galilée est souvent citée dans l’Ancien Testament, et sa partie septentrionale évoquée comme « la Galilée des Gentils » dans le Nouveau Testament. Elle est décrite par Flavius Josèphe qui évoque son histoire, son peuplement sa géographie, et lui donne deux parties : la Galilée supérieure, en grande partie peuplée de Gentils, et la Galilée inférieure, en grande partie peuplée de Juifs. Elle recouvrait avant la Captivité les territoires des tribus d’Issacar, de Zabulon, de Nephtali et d’Asher. Comme les Galiléens étaient de bons cultivateurs, plantant des figuiers, des oliviers, des noyers, des palmiers, des habiles artisans et de bons pêcheurs, la Galilée était prospère avec 400 villes, certaines très peuplées.

Durant la période romaine, sous l’Empereur romain Auguste (de 30 apr. J.-C. à 14 apr. J.-C.)  – l’empire ayant été divisé en provinces sénatoriales et impériales par l’Empereur Octave -, à la mort d’Hérode le Grand (-4) son royaume client est divisée en trois tétrarchies : la Judée : qui comporte outre les territoires de l’ancien royaume de Juda, la Samarie et l’Idumée) qui a été confiée à Hérode Archelaus, la Galilée qui a été donnée à Hérode Antipas, alors que Philippe le Tétrarque a reçu « la Batanée, avec la Trachonitide et l’Auranitide, une partie de ce qu’on appela le domaine de Zénodoré ». La tétrarchie de Philipe  est situé à l’est de la Galilée, sur l’autre rive du Jourdain.

La Galilée était située au nord de la Samarie, à l’ouest du fleuve Jourdain, voisine du pays des Phéniciens et des Syriens (syro-phénicie appartenant à la province de Syrie).Ses lieux significatifs étaient le mont Thabor, , le lac de Génézareth (lac de Tibériade). Selon Flavius Josèphe, les trois villes les plus importantes étaient : Tibériade, Séphoris cité importante qui sera renommée Diocesarée et qui deviendra la capitale de la Galilée sous Néron, Gabara (cité non localisée, située à l’est de Tarrychée). Il y a aussi Gishala, ville fortifiée au début de la révolte par Jean de Gischala. D’autres villes sont célèbres pour leur mention dans les évangiles ainsi que chez Joseph : Capharnaüm (cité où les Juifs avaient une synagogue), Chorazin. On y ajoute souvent Betsaïde (Julias), qui en fait est située juste à la frontière des territoires de la tétrarchie de Philippe, à l’Est du Jourdain. Le port de PtolémaIs (Acre) en grande partie peuplé de Grecs est situé hors de Galilée, en Syro-Phénicie. Nazareth, le lieu-dit où Jésus est probablement né, peut-être dans une grotte emménagée en étable, n’est mentionné dans aucun texte, ni inscription épigraphique, avant le IIIè siècle si on exclut les évangiles de l’enfance qui ne sont pas antérieurs à 80

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Les Galiléens étaient méprisés des Judéens qui leur reprochaient d’avoir une pratique religieuse impure, un langage grossier et d’avoir pour origine des Gentils mélangés à des descendants des Dix Tribus qui n’étaient pas partis en captivité (ou qui en étaient revenus). Considéré par la tradition juive autant que chrétienne comme originaire de Nazareth en Galilée, Jésus est souvent désigné par les Juifs comme « le Galiléen » (Yeshu haNotzri dans le talmud). Parmi ses disciples dont l’origine est discernable, quatre ne sont pas comptés comme Juifs mais comme « Galiléens » (Philippe, André et Pierre sont de Bethsaïde (Béthanie), à l’est de la Galilée – Jean 1, 44 – et Nathanaël de Cana, en Galilée aussi – Jean 21, 2). Les apôtres Jean et Jacques de Zébédée, Simon-Pierre et son frère André, sont recrutés par Jésus au bord du lac, vers Génézareth, où ils possédaient une de leurs résidence et où les Zébédée exploitaient une entreprise de pêche et de bateliers. Selon Flavius Josèphe, les Galiléens étaient des gens laborieux, ennemis de l’oisiveté et tellement guerriers qu’ils tenaient tête à toutes les nations voisines qui les harcelaient. Depuis la mort d’Hérode (-4), la Galilée connaît un grand nombre de révoltes, parfois dirigées par des hommes à prétention messianiques. Lors de la grande révolte, à part le siège de Jérusalem par les troupes de Titus en 70, c’est en Galilée qu’ont lieu les plus importants combats, parfois couronnés de succès tactiques (séquence de la bataille de Tarrychée, bataille navale sur le lac, bataille de Gamala où les romains perdent plusieurs milliers de légionnaires, leur troupe d’élite).

Sous l’Empereur Tibère (successeur de César Auguste), la province romaine de Judée est gouvernée et administrées par une suite de Préfet dont le plus célèbre est Ponce Pilate (26 – fin 36). La tétrarchie de Galilée est toujours administrée par Hérode Antipas (fils d’Hérode le Grand et de Malthaké), celle de Bathanée est administrée par le tétrarque Philippe (fils d’Hérode le Grand et de Cléopâtre de Jérusalem) jusqu’à sa mort en 34 et dont le problème de succession aboutira au célèbre meurtre de Jean le Baptiste par Hérode Antipas à la demande d’Hérodiade. Plus au nord, l’Abilène est placée sous la juridiction de Lysanias II.

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À la suite de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70, la Galilée devint le centre spirituel du judaïsme. Elle abrita le Sanhédrin. Dans ses collines furent rédigés la Mishnaet et le Talmud de Jérusalem. De nombreux rabbins y vécurent et y sont enterrés, tels Rabbi-Ishmaël.

Après la prise de contrôle de la région par le califat arabe en 638, celle-ci fit partie du jund de Urdunn (Jourdain). Les Fatimides chiites prirent le contrôle de la région dans les années 900 ; une secte vénérant le calife Fatimide al-Hakim-bi-Amr-Allah forma la religion druze au centre-nord de la Galilée.

Durant les Croisades la Galilée fut organisée en une principauté de Galilée, une des plus importantes seigneuries des Croisades.

Au cours du XVIè siècle, la Galilée a connu une importante migration juive constituée essentiellement de Séfarades expulsés de la péninsule ibérique. Sous leur impulsion, la ville de Safed est devenu le centre mondial du mysticisme juif et de la diffusion de la Kabbale.

Au début du XXè siècle, la Galilée fut colonisée par les Arabes, les Druzes et des minorités telles que les Circassiens et les Juifs. La population juive fut grandement augmentée par l’immigation des juifs de la diaspora.

Après la création de l’État d’Israël et l’expulsion des Palestiniens en , 1948, la Galilée fut envahie par les forces syriennes mais fut finalement récupérée par Israël. Une grande partie de la population arabe prit la fuite, laissant des villages entiers vides ; toutefois, davantage de Palestiniens restèrent que dans la plupart des autres zones, particulièrement à cause d’un rapprochement avec les Druzes.

Dans les années 1950 à 1960, les kibboutz, autour de la mer de Galilée   subirent régulièrement les bombardements de l’artillerie de l’Armé syrienne depuis le plateau du Golan qui domine la région. Ces frappes syriennes cessèrent quand Israël envahit le plateau au cours de la guerre des Six Jours en 1967 puis l’annexa le 14 décembre 1981. Cette annexion est condamnée par le Conseil de sécurité des Nation unies   et n’est pas reconnue internationalement.

À la suite de son expulsion de Jordanie, l’Organisation de libération de la Palestine a lancé, depuis le Liban, des attaques sur des villages de la Haute Galilée dans les années 1970 et 1980. Ces attaques ont poussé Israël à envahir le Liban en mars 1978 puis en 1992 conduisant à la guerre..L’armée Occupante ne quitte le sud du Liban qu’en 2000.

Galilée moderne

Près d’un million d’Israéliens, dont approximativement la moitié sont Arabes, musulmans ou chrétiens, peuplent la Galilée. Il y a également une importante population Druze ainsi que des communautés de Bédouins, de Maronites et de Circassien. Les villes les plus peuplées sont Nazareth, Tibériade, Nahariya et Karmiel. L’économie est basée sur l’agriculture, l’industrie centralisée dans quelques parcs et le tourisme.

Safed est une plus petite ville mais qui tient une grande place dans le judaïsme. C’est l’une des quatre villes saintes juives, avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. De célèbres rabbins, dont Moïse Cordovero, Isaac Louria, Yossef Karo et Salomon Alkabetz y ont vécu ou y sont enterrés. Il s’y déroule également un festival annuel de musique klezmer mondialement connu.

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BIBLE, EVANGILES, JACQUES DE VOROGINE, JESUS-CHRIST, NATIVITE DE JESUS, NOËL

La naissance de Jésus selon Jacques de Vorogine

LA NATIVITE DE NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST

PAR JACQUES DE VOROGINE (VI)

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On n’est pas d’accord sur la date de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la chair. Les uns disent qu’elle a eu lieu 5228 ans après la naissance d’Adam, d’autres qu’elle a eu lieu 5900 ans après cette naissance. C’est Méthode qui a fixé, le premier, la date de 6000 ans : mais il l’a trouvée plutôt par inspiration mystique que par calcul chronologique. On sait, en tout cas, que la naissance du Christ a eu lieu sous l’empereur Octave, qui s’appelait aussi César, du nom de son oncle Jules César, et Auguste, parce qu’il avait « augmenté » la république romaine. Et au moment où le Fils de Dieu est né dans la chair, une paix universelle régnait dans le monde, réuni tout entier sous l’autorité pacifique de l’empereur romain.

Donc César Auguste, étant maître du monde, voulut savoir combien il possédait de provinces, de villes, de forteresses, de villages et d’hommes ; en conséquence de quoi il décida que tous les hommes de son empire eussent à se rendre dans la ville ou le village d’où ils étaient originaires, et à remettre au gouverneur de la province un denier d’argent, en signe de soumission à l’empire romain. Et c’est ainsi que Joseph, qui était de la race de David, partit de Nazareth pour se rendre à Bethléem, où l’appelait le recensement. Et comme le temps approchait où la Vierge Marie allait être délivrée, et comme Joseph ne savait pas quand il pourrait être de retour, il l’emmena à Bethléem, ne voulant point remettre entre des mains étrangères le trésor que Dieu lui avait confié. Le Livre de l’Enfance du Sauveur raconte, à ce propos, qu’en approchant de Bethléem la Vierge vit une partie du peuple qui se réjouissait, et une partie qui gémissait. Et l’ange lui expliqua la chose en lui disant : « La partie qui se réjouit est le peuple des Gentils, qui va être admis à la béatitude éternelle. La partie qui gémit est le peuple des Juifs, car Dieu va le réprouver suivant ses mérites. »

Puis Joseph et Marie vinrent à Bethléem ; et comme, étant pauvres, ils ne pouvaient pas trouver de place dans les auberges, ils durent s’installer dans un passage commun, ou abri, qui, d’après l’Histoire scholastique, se trouvait entre deux maisons, et servait de lieu de réunion aux habitants de Bethléem, ou encore de refuge contre les intempéries de l’air. Là, Joseph installa une crèche pour son bœuf et son âne ; ou bien encore l’étable s’y trouvait déjà, construite à l’usage des paysans qui venaient au marché. Et c’est là que, à minuit, la Vierge mit au jour son fils, et le déposa dans la crèche, sur du foin : lequel foin fut plus tard emporté à Rome par sainte Hélène ; et l’on dit que ni le bœuf ni l’âne n’osaient y toucher.

Notons, à ce sujet, que tout fut miraculeux dans cette naissance du Christ. En premier lieu, c’est chose miraculeuse que la mère du Christ ait été vierge, après comme avant la naissance de son fils. Et sa virginité, qui nous est attestée par les prophètes et les évangélistes, se trouve encore prouvée par un miracle que nous raconte le pape Innocent III. Pendant les douze ans qu’avait duré la paix du monde, on avait construit à Rome un temple de la Paix, où l’on avait placé une statue de Romulus. Et l’oracle d’Apollon, consulté, avait déclaré que cette statue et le temple resteraient debout jusqu’au jour où une vierge enfanterait un fils. On en avait conclu, que le temple serait éternel, et l’on était allé jusqu’à inscrire sur le fronton : « Temple éternel de la Paix ». Or, la nuit de la naissance de Notre-Seigneur, ce temple s’écroula de fond en comble ; et c’est sur son emplacement que s’élève aujourd’hui l’église de Sainte-Marie la Neuve.

 

 

Non moins miraculeuses sont toutes les autres circonstances de la Nativité. Nous savons, par exemple, qu’elle fut révélée à toutes les catégories des créatures, depuis les pierres, qui occupent le bas de l’échelle, jusqu’aux anges, qui en occupent le sommet.

1o La Nativité fut révélée aux créatures inanimées. On a vu déjà, par l’exemple ci-dessus, qu’elle se révéla aux pierres d’un temple de Rome. On sait, en outre, que, la nuit de la Nativité, les ténèbres de la nuit se changèrent en une lumière de plein jour. À Rome, l’eau d’une source se changea en huile, et coula ainsi jusque dans le Tibre : or, la Sibylle avait prophétisé que le Sauveur du monde naîtrait lorsque jaillirait une source d’huile. Le même jour, des mages qui priaient sur une montagne virent apparaître une étoile qui avait la forme d’un bel enfant, portant une croix de feu au-dessus de la tête. Et elle dit aux mages d’aller en Judée, où ils trouveraient un enfant nouveau-né. Le même jour, trois soleils apparurent à l’Orient, qui finirent par se fondre en un seul : symbole évident de la sainte Trinité. Enfin voici ce que nous raconte le pape Innocent III : « Pour récompenser Octave d’avoir donné la paix au monde, le Sénat voulait l’adorer comme un dieu. Mais le prudent empereur, se sachant mortel, ne voulut point se parer du titre d’immortel avant d’avoir demandé à la Sibylle si le monde verrait naître, quelque jour, un homme plus grand que lui. Or, le jour de la Nativité, comme la Sibylle était seule avec l’empereur, elle vit apparaître, en plein midi, un cercle d’or autour du soleil ; et au milieu du cercle se tenait une vierge, d’une beauté merveilleuse, portant un enfant sur son sein. La Sibylle montra ce prodige à César, et l’on entendit une voix qui disait : « Celle-ci est l’autel du ciel ! » (ara cœli). Et la Sibylle lui dit : « Cet enfant sera plus grand que toi ! » Aussi la chambre où eut lieu ce miracle a-t-elle été consacrée à la sainte Vierge ; et c’est sur son emplacement que s’élève aujourd’hui l’église de Sainte-Marie Ara Cœli. » Cependant d’autres historiens racontent le même fait d’une manière un peu différente. Suivant eux, Auguste, étant monté au Capitole, et ayant demandé aux dieux de lui faire savoir qui régnerait après lui, entendit une voix qui lui disait : « Un enfant éthéré, Fils du Dieu vivant, né d’une vierge sans tache. » Et c’est alors qu’Auguste aurait élevé cet autel, au-dessous duquel il aurait inscrit : « Ceci est l’autel du Fils du Dieu vivant ! »

2o La Nativité s’est révélée aux créatures qui possèdent l’existence et la vie, comme les plantes et les arbres. En effet, dans la nuit de la naissance du Sauveur, les vignes d’Engade fleurirent, fructifièrent et produisirent leur vin.

3o La Nativité s’est révélée aux créatures qui possèdent l’existence, la vie et le sentiment, c’est-à-dire aux animaux. En effet Joseph, en partant pour Bethléem, avait emmené avec lui un bœuf et un âne : le bœuf, peut-être, pour le vendre et pour avoir de quoi payer le denier du cens ; l’âne, sans doute, pour servir à porter la Vierge Marie. Or le bœuf et l’âne, reconnaissant miraculeusement le Seigneur, s’agenouillèrent devant lui, et l’adorèrent.

4o La Nativité s’est révélée aux créatures qui possèdent l’existence, la vie, le sentiment et la raison, c’est-à-dire aux hommes. En effet, dans l’heure même où elle eut lieu, des bergers veillaient auprès de leurs troupeaux, chose qu’ils faisaient deux fois par an, dans la nuit la plus courte et dans la nuit la plus longue de l’année ; car c’était l’usage des nations antiques de veiller dans les deux nuits des solstices, l’été vers le jour de la Saint-Jean, et, l’hiver, dans la nuit de Noël. À ces bergers, donc, un ange apparut qui leur annonça la naissance du Sauveur et leur enseigna le moyen d’arriver jusqu’à lui. Et ils entendirent une foule d’anges qui chantaient : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, » etc. D’une autre façon encore, la Nativité se révéla par les sodomites, qui tous, cette nuit-là, périrent, dans le monde entier. Ce à propos de quoi saint Jérôme nous dit : « Une telle lumière s’éleva, cette nuit-là, qu’elle éteignit tous ceux qui se livraient à ce vice. » Et saint Augustin dit que Dieu ne pouvait pas s’incarner dans la nature humaine aussi longtemps qu’existait, dans cette nature, un vice contre nature.

5o Enfin la Nativité s’est révélée aux créatures qui possèdent l’existence, la vie, le sentiment, la raison, et la connaissance, c’est-à-dire aux anges : car ce sont les anges eux-mêmes, qui, ainsi qu’on vient de le voir, ont annoncé aux bergers la naissance du Christ.

 

Restent à définir les divers objets en vue desquels a eu lieu l’incarnation de Notre-Seigneur.

1o Elle a eu lieu, d’abord, pour la confusion des démons. Saint Hugues, abbé de Cluny, la veille de Noël, vit la sainte Vierge, tenant son fils sur son sein, et disant : « Voici venir le jour où vont être renouvelés les oracles des prophètes ! Où est désormais l’ennemi qui, jusqu’ici, prévalait contre les hommes ? » À ces mots, le diable sortit de terre, pour démentir les paroles de Notre Dame : mais son iniquité se trouva en défaut, car il eut beau parcourir tout le couvent ; ni à la chapelle, ni au réfectoire, ni au dortoir, ni dans la salle du chapitre, aucun moine ne se laissa détourner de son devoir. D’après Pierre de Cluny, l’enfant, dans la vision de saint Hugues, aurait dit à sa mère : « Où est maintenant la puissance du diable ? » Sur quoi le diable, sortant de terre, aurait répondu : « Je ne puis pas, en effet, pénétrer dans la chapelle, où l’on chante tes louanges ; mais le chapitre, le dortoir et le réfectoire me restent ouverts ! » Or voici que la porte du chapitre se serait trouvée trop étroite pour lui, la porte du dortoir trop basse, la porte du réfectoire obstruée d’obstacles infranchissables, lesquels n’étaient autres que la charité des moines, leur attention à la lecture du jour, et leur sobriété dans le manger et le boire.

2o La Nativité a eu lieu, ensuite, pour permettre aux hommes d’obtenir le pardon de leurs péchés. Un livre d’exemples raconte l’histoire d’une prostituée qui, s’étant enfin repentie, désespérait de son pardon : et comme elle se jugeait indigne d’invoquer le Christ glorieux, et le Christ souffrant la passion, elle se dit que les enfants étaient plus faciles à apaiser. Elle adjura donc le Christ enfant ; et une voix lui apprit qu’elle était pardonnée.

3o La Nativité a eu lieu pour nous guérir de notre faiblesse. Car, comme le dit saint Bernard : « Le genre humain souffre d’une triple maladie, la naissance, la vie et la mort. Avant le Christ, la naissance était impure, la vie perverse, la mort dangereuse. Mais le Christ est venu, et contre ce triple mal nous a apporté un triple remède. Sa naissance a purifié la nôtre ; sa vie a instruit la nôtre ; sa mort a détruit la nôtre. »

 

4o Enfin la Nativité a eu lieu pour humilier notre orgueil. Car, ainsi que le dit saint Augustin : « L’humilité qu’a montrée le fils de Dieu dans son incarnation nous sert à la fois d’exemple, de consécration, et de médicament. Elle nous sert d’exemple pour nous apprendre à être humbles nous-mêmes ; de consécration, parce qu’elle nous délivre des liens du péché ; de médicament, parce qu’elle guérit la tumeur de notre vain orgueil. »

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BETHLEEM, BIBLE, EVANGILES, FETE LITURGIQUE, JESUS NAÎT BETHLEEM, JESUS-CHRIST, NATIVITE DE JESUS, NOEL

Jésus naît à Bethléem

DANS LA NUIT… NAISSANCE A BETHLEEM

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Il fait nuit quand Joseph et Marie pénètrent enfin dans Bethléem. Ils sont fatigués de ce long voyage et ce n’est fini ! Il faut trouver un endroit où loger maintenant car Marie va bientôt accoucher. Alors Joseph fait le tour de ses connaissances, mais il n’y a rien pour eux ; il fait ensuite le tour de toutes les auberges ; mais tout est plein à craquer et il n’y a pas de place pour eux non plus même s’il invoque l’état dans lequel se trouve sa femme. Alors il repart un peu plus loin dans les environs de Bethléem en quête de n’importe quel abri pour eux. Et Marie doucement lui met la main sur le bras comme pour lui dire : « Ne t’inquiète pas Joseph ! Tout se passera bien ! »

Il trouve une étable et décide de s’y installer. Bien sûr, le confort et plus que sommaire ! L’endroit est petit et on sent encore l’odeur des animaux ; mais il y a un peu de foin et cela fera bien l’affaire pour ce soir. Il installe Marie tout d’abord car elle ressent les premières douleurs ; il n’y a pas de temps à perdre ! Et le moment est vite venu ; alors Joseph sort discrètement pour s’occuper de débâcher l’âne. Inquiet tout de même, il lève les yeux vers le ciel comme pour implorer de l’aide ; il sait bien que l’enfant naîtra puisque l’ange du Seigneur le lui a dit en songe. Mais tout de même !

Et soudain il entend un cri dans la nuit ! L’enfant est né ! Jésus est là ! Alors doucement il entre. Il voit Marie qui tient tendrement serré contre l’enfant. Il s’approche doucement. Il sourit et Marie lui sourit aussi ! Joseph et Marie regardent ou plutôt contemplent l’enfant qui vient de naître : le Fils de Dieu qui est né dans une étable.

Mais Joseph remarque que Marie tremble de froid, que l’enfant aussi a froid. Il se demande comment faire pour les réchauffer tous les deux ! Son vêtement ne suffira pas ! Alors il remarque dans un coin de l’étable un bœuf. Et soudain une idée jaillit ! Il va chercher l’âne qui les a conduit de Nazareth à Bethléem, il va chercher le bœuf aussi et il les installe tout prêt de Marie et de Jésus. Comme si ils avaient compris les pensées de Joseph les deux animaux se mettent à souffler Et il voit que les deux animaux font si bien leur office que Marie et l’enfant Jésus se réchauffent. Alors tous les trois s’assoupissent un peu. Et ils n’entendent pas ce qui se passent dehors, ils n’entendent pas les chants des anges qui annoncent la venue du Sauveur !

Au loin dans la campagne des bergers veillent sur leurs troupeaux quand soudain le ciel s’éclaire. Ils se demandent ce qui peut bien se passer et ils pensent à rentrer leurs troupeaux de peur qu’ils soient effrayés par cette clarté soudaine. Et que voient-ils dans cette nuit ? Des anges les entourent ! Ces anges leur disent de ne pas avoir peur car ils viennent leur apporter une bonne nouvelle : « Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie : c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche ! » (Luc 2, 10-12). Alors ils se disent : « Allons à Bethléem ! Allons voir ce que les anges nous annoncé ! ». Et ils partent !

Alors soudain la porte de l’étable s’ouvre ! Joseph a tressailli d’inquiétude : qui peut bien venir en pleine nuit ? Que nous veut-on ? Marie lui sourit comme pour dire : « Laisse faire Joseph ! » Les bergers sont là, ils se recueillent devant la mère et l’enfant. Ils ont apportés des cadeaux aussi, mais ce sont d’humbles cadeaux : un peu de nourriture, quelques couvertures de laines. Ce sont des cadeaux de pauvres mais Marie les reçoit bien volontiers et l’enfant les regarde avec bonté. Les bergers ne disent rien ! Ils sont émus pour cela ! Mais leur joie est telle qu’ils vont dans la nuit annoncer cette nouvelle que tout le peuple d’Israël attendait depuis si longtemps : « Un fils nous est né ! Un fils nous est donné ! »

©Claude-Marie T.

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  Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.

L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : 11 Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »

Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

(Evangile selon saint Luc 2, 6-20)

Nativité-de-Jésus

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Quand Jésus est-il né ?

Notons que l’édit du recensement n’est attesté par aucune archive romaine. La présence de bergers dans le voisinage donne à penser que Jésus serait né à l’époque de l’agnelage, au mois d’avril. Par ailleurs, l’évocation du cruel roi Hérode,  protégé des Romains, situerait sa naissance en l’an 6 avant J.-C. ! Le moine Denys le Petit, à l’origine du calendrier adopté aujourd’hui dans le monde entier, se serait donc trompé dans ses calculs.

À Rome, en 354, le pape Libère reporte cette célébration au 25 décembre, en remplacement des Saturnales romaines et de la fête du soleil vainqueur (sol invictus) que les païens avaient coutume de consacrer au retour du soleil après le solstice d’hiver. C’est une manière de rappeler que Jésus est la « Lumière du monde ».

 

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 L’année de naissance de Jésus

 

Sous le règne d’Hérode

Les deux récits de l’enfance de Matthieu et Luc indiquent que la naissance de Jésus eut lieu sous le règne du roi Hérode le Grand : « Jésus étant né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode » (Mt 2, 1); « Du temps d’Hérode, roi de Judée, […] l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. […] Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. […] Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. […] L’ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. » (Lc 1,5-31). Dans Matthieu, cet élément se place dans le récit de la venue des rois mages, du massacre des Innocents et de la fuite en Egypte, qui situe l’action à la fin du règne d’Hérode, le retour d’Égypte se faisant après l’accession au pouvoir d’Archélao , son successeur. Chez Luc, il se place dans le cadre d’un parallélisme entre les annonces miraculeuses des naissances, à six mois d’intervalle, de Jean le Baptiste et de Jésus.  

La date de la mort d’Hérode peut être déterminée en utilisant les informations données à la fin du Ier siècle par l’historien juif Flavius Josèphe, les annales romaines, et des données astronomiques. Selon Flavius Josèphe, Hérode est nommé roi par les Romains sous le consulat de Calvinus et Oollio en 40, et élimine son rival Antigone II Mattathiah sous celui de Agrippa et Gallus en -37. Il règne pendant 37 années après sa nomination par les Romains, et 24 après la mort d’Antigone II Mattathiah. Suivant la façon dont Josèphe compte les années, entières ou pas, cela mène à -4 ou -3. Mais Josèphe mentionne une éclipse de Lune peu avant la mort d’Hérode. Il y en a eu qui étaient visibles depuis la Palestine le 15 septembre -5, et le 13 mars -4, mais aucune en -3 ni en -2. Schürer conclut qu’Hérode est mort un peu après l’éclipse du 13 mars -4. En 1966, W. E. Filmer contesta cette date, sur la base du décompte des années et d’erreurs de Josèphe sur les dates de consulat, et détermina que la mort d’Hérode aurait eu lieu en -1, peu après l’éclipse du 9 janvier. Le calcul de Filmer a été depuis réfuté par Barnes en 1968, et Bernegger en 198517, et la date de -4 est celle qui est aujourd’hui retenue.

L’Evangile de Matthieu, chap. 2, versets 16-18 relate que le roi Hérode Ier, roi  ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs « envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages ». Selon ce texte, Joseph se serait enfui avant ce massacre avec l’enfant Jésus et sa mère où ils restèrent jusqu’à la mort d’Hérode.

 Recensement de Quirinius

Au début du chapitre 2, Luc donne une indication précise : « En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. » C’est ce qui explique selon cet évangile le déplacement de Joseph et Marie de Nazareth à Bethléem, où naît Jésus. Le règne d’Auguste commence en janvier ou en août -43, (sauf en Égypte où il commence en août -30 avec la prise d’Alexandrie et la mort d’Antoine et Cléopâtre), et se termine à sa mort en août 14 .

Selon Tacite et Flavius Josèphe, Publius Sulpicius Quirinius devient gouverneur (legatus Augusti propraetore) de Syrie en l’an 6 de notre ère, après l’expulsion d’Archélaos. Josèphe nous apprend en outre qu’il fit un recensement en Judée en 6-7, qui déclencha la révolte de Juda de Gamala.

 

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Le jour où Jésus est né

La détermination du jour de la naissance a également une importance symbolique, et le 25 mars, jour de l’équinoxe de printemps, souvent considéré comme le jour de la création du monde, est envisagé comme celui de la conception, de la mort ou de la résurrection de Jésus.

Cependant dès la première attestation qui témoigne d’une recherche de la fixation de la date de naissance de Jésus, il apparait une disparité selon les communautés chrétiennes. Ce premier témoignage vient de Clément d’Alexandrie   qui rapporte la situation à Alexndrie où, à la fin du IIè  ou au début du IIIè  siècle, certains évoquent le vingt-cinquième jour de Pachon  20 mai) ou le vingt-quatrième ou vingt-cinquième jour de Pharmouti (19 ou 20 avril) tandis que les Basiliens célèbrent, eux, le baptême de Jésus correspondant à une naissance symbolique, le quinzième jours du mois de Tybi   ou encore le onzième (10 ou 6 janvier). Clément lui-même avance une date qui correspond au 18 novembre -3

Une tradition également ancienne, rapportée un peu plus tard par Hippolyte de Rome  situe la naissance de Jésus mercredi au début du mois d’avril, précisément un mercredi 2 avril. Cette date plaçant la naissance de Jésus au printemps fait peut-être écho à une tradition judéo-chrétienne d’origine sacerdotale basée sur le calendrier du livre des Jubilé dont Hippolyte aurait connaissance.

Par ailleurs, suivant un passage du De Pasha Computus, rédigé en Afrique en 243, Jésus est né le mercredi V des calendes   d’avril, soit le 28 mars: cela correspond au quatrième jour après Pasha – date que l’auteur retient pour dater la Passion et premier jour de la création correspondant à l’équinoxe de printemps – et cela coïncide avec la création du soleil, permettant une assimilation du Christ au « Soleil de justice » une prophétie de Malachie. Ce texte montre l’existence d’une natalis solis iustitiae plus de trente ans avant la natalis solis invicti romaine.

D’après le Chronographe de 354, , la célébration d’une fête de l’incarnation du Sauveur se déroulant le 25 décembre est attestée à Rome sous le pontificat de l’évêque Libère à l’occasion de laquelle l’évêque rassemble les chrétiens dans la basilique nouvellement construite au Vatican, achevée en 354. Le choix de la date semble le fruit d’un calcul autonome fait au cours du iiie siècle mais il s’insère dans un cadre plus général de la constitution d’un calendrier liturgique, probablement destiné à concurrencer, à Rome, les réjouissances païennes. Cette tradition sera reprise par le martyrologue hiéronymien une compilation datant probablement du vie siècle, reprenant des documents plus anciens

C’est sur ces bases qu’au début du VIè siècle , le moine Denys le Petit place l’annonciation le 25 mars et la naissance de Jésus neuf mois plus tard, le 25 décembre de l’année 753 de Rome (c’est-à-dire l’année -1 du calendrier actuel), principalement pour qu’elle coïncide avec le début d’un cycle pascal. C’est sur ce calcul que se fondent aujourd’hui les calendriers de l’ère chrétienne.

 

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La représentation de l’âne et du bœuf dans la crèche de Bethléem est inspirée du prophète Isaïe

Bestiaire de Noël
Les animaux ont été les premiers témoins de la naissance du Christ. Mais ils n’ont pas été choisis par hasard.

Dans la symbolique de Noël, la crèche ne comprend pas seulement Marie, Joseph et Jésus, mais aussi des personnages qui peuvent sembler à première vue anodins, mais qui ont leur importance : les animaux, dont certains peuvent paraître assez étonnants. Pierre Gaugué, frère dominicain à Lille, nous éclaire sur ce que représente ce «bestiaire de Noël». C’est le prophète Isaïe qui a été le plus «fertile» en références animales.

> L’âne et le bœuf : Leur présence n’est pas mentionnée dans l’évangile de saint Luc. On a souvent raconté que l’haleine de l’âne et du bœuf servait de système de chauffage pour l’enfant Jésus. C’est une belle tradition, mais il y a une autre raison, biblique celle-là, qui justifie la présence de ces deux animaux dans la crèche. 
La représentation de l’âne et du bœuf dans la crèche de Bethléem est inspirée du prophète Isaïe qui reproche au peuple d’Israël de ne pas connaître son Dieu au contraire de l’âne et du bœuf : « Le bœuf a connu son propriétaire et l’âne la crèche de son maître, Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas… ». Le bœuf 
et l’âne représentent donc la fidélité, la docilité au Christ, ils sont une icône de ceux qui vont reconnaître en Jésus le messie.
Aussi, la Septante (traduction grecque de la Bible) mentionne une parole du prophète Habacuc : « Tu te manifesteras au milieu de deux animaux ». Notre traduction tirée de l’hébreu n’a pas repris ce terme. Peu avant le siège de Jérusalem par les Babyloniens en 587, le prophète supplie le Seigneur de réitérer son œuvre de salut et s’écrie : « Au milieu des années, fais-la revivre! Au milieu des années, fais-la connaître ». En grec, on lit plutôt : « Au milieu de deux animaux ».
L’âne a une présence particulière dans les Evangiles : il a mené Marie de Nazareth à Bethléem pour le recensement. Il est une monture humble. Un autre passage important de la Bible évoque sa présence : lors des Rameaux, à l’entrée de Jésus à Jérusalem, avant sa Passion.

> Le mouton : Dans l’Evangile de Luc (chapitre 2, verset 7), la présence de bergers «gardant leurs troupeaux» est mentionnée, sans précision sur la nature des bêtes gardées. L’Occident chrétien en a déduit qu’il s’agissait de moutons. En première lecture, la présence des ovidés est donc liée à celle des bergers. Une autre explication plus théologique est présente dans certaines représentations, notamment dans « L’adoration des bergers » de Delatour (œuvre située au Louvre) ou encore chez Zurbaran (œuvre située au musée de Grenoble) : un berger se situe près de la Vierge et de Jésus, il porte un agneau pattes liées juste au-dessus de la tête du bébé. Cela rejoint une parole du prophète Isaïe lors de la Passion du Christ : « Il était comme l’agneau mené à l’abattoir ». La présence d’un agneau pattes liées à la crèche est basée sur cette référence, qui rend déjà présente dès la naissance du Christ sa mort.

Ainsi, toute la création se trouve unie à la crèche pour célébrer la naissance du Christ !

 

ELOI LECLERC, EVANGILES, JESUS CHRIST, PÂQUES EN GALILEE, RESURRECTION

Pâques en Galilée : Eloi Leclerc

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Pâques en Galilée : ou la rencontre du Christ pascal

Eloi Leclerc

Paris, Desclée de Brouwer, 2003. 113 pages.

   

Comme le fait remarquer l’auteur bien souvent, on évoque le Christ d’avant la passion, sa prédication qui annonce le Royaume de Dieu, ses miracles et ses récits de paraboles… Jusqu’à en oublier parfois que les évangélistes écrivent à la lumière de la Résurrection de Jésus, transformés par cette expérience spirituelle forte. C’est pourquoi Eloi Leclerc nous rappelle une phrase que Jésus dit lors de son apparition soit aux femmes soit aux disciples : « Je vous précède en Galilée ! ». La Galilée c’est le lieu de la rencontre de Jésus avec ses disciples, le lieu où ils l’ont vu à l’œuvre avant sa passion et sa résurrection, c’est le lieu de beaucoup de ses miracles. Jésus ressuscité les renvoie  dans ce lieu qui leur est familier pour qu’ils se souviennent de son enseignement mais aussi pour leur signifier que sa résurrection est en continuité avec son incarnation : d’ailleurs il se montre à eux avec les marques de sa passion.

 Dans ce livre, Éloi Leclerc invite donc à aller à la rencontre du Christ pascal, et non pas d’un maître de sagesse ou d’un gourou parmi d’autres. Il s’appuie sur cette phrase que Jésus prononce à plusieurs reprises et qui va plus loin que ce petit coin de la terre d’Israël :  » Allez, je vous précède en Galilée !  » Jésus en effet ne prononce pas des paroles mystérieuses : il les renvoie à leur propre histoire, à leur mémoire ; , il ne renvoie pas vers un ailleurs problématique mais il leur indique aussi qu’ils doivent aller vers la Galilée des nations, vers le monde lui-même et son quotidien le plus concret.

 Plus profondément, Eloi Leclerc médite longuement sur ce que peut signifier pour chacun de nous ce renvoie à sa propre Galilée intérieure, ce lieu secret où Dieu nous rencontre, ce lieu du cœur où se joue l’expérience pascale. Notre Galilée intérieure c’est le lieu où Dieu nous rencontre intimement  au plus profond de notre histoire.

 Dans le sillage de ses précédents titres comme Le Royaume caché, Le Maître du désir ou Dieu plus grand, Éloi Leclerc poursuit sa propre méditation de l’Évangile et son approche du mystère de Jésus.

©Claude-Marie T.

1er mai 2018.

EVANGILE SELON SAINT MARC, EVANGILES, MARC (saint ; évangéliste), MARC (saint), NOUVEAU TESTAMENT

Saint Marc

À l’occasion de la Saint-Marc ce 25 avril, la rédaction d’Aleteia s’est intéressée à cet homme dont l’Évangile est le plus court et le plus ancien. « Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu ». Dès le premier verset, Marc donne des éléments sur celui dont son Évangile n’aura de cesse de s’interroger : qui est…

via Saint Marc, le premier à avoir raconté la vie de Jésus — Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle

EVANGILES, MARIE-MADELEINE (sainte ; personnage biblique)

Marie Madeleine dans les écrits apocryphes

MARIE MADELEINE DANS LES ECRITS APOCRYPHES

 

Marie-Madeleine, maîtresse spirituelle ?

îtresse spirituelle ?

 

Marie-Madeleine était-elle une maîtresse spirituelle ? C’est la question que se pose la revue d’histoire Codex.

 

Les évangiles apocryphes, du grec ἀπόκρυφος / apókryphos, « caché », écrit « dont l’authenticité n’est pas établie »(1), parlent de cette Mariham qui suivait Jésus. Que disent-ils ? Plusieurs textes lui accordent un rôle de premier plan. Ils s’inscrivent dans une perspective mystique et non pas d’abord historique.

 

En 2003, le Da Vinci Code  de Dan Brown a signalé à l’attention du grand public l’Évangile selon Marie ainsi que l’Évangile selon Philippe. Ces apocryphes ont inspiré le romancier américain qui a élaboré l’intrigue de son thriller autour d’une révélation fracassante : Marie-Madeleine, tel le saint Graal, ce calice légendaire des légendes médiévales, aurait recueilli en elle le sang de Jésus, c’est-à-dire sa descendance, puisqu’elle était son épouse. L’idée n’est pas nouvelle. L’Évangile selon Philippe fait explicitement référence à Marie-Madeleine et la présente comme la compagne du Sauveur, tandis que l’Évangile selon Marie l’appelle simplement Mariham, sans plus de précision. Les deux textes témoignent de l’amour particulier que Jésus lui portait.

Cependant, leur vision apparaît spirituelle et non pas historicisante, comme celle de Dan Brown.
L’Évangile selon Marie est le premier écrit du codex de Berlin 8502 qui en comporte trois autres apparentés à ceux de la bibliothèque de Nag Hammadi. Cet ensemble de papyrus, conservé au département d’égyptologie des musées nationaux de Berlin, proviendrait d’Achmim, en Égypte, ou de ses environs. Il reste lacunaire puisque les pages 1 à 6 manquent ainsi que les pages 11 à 14. Le texte copte est une traduction du grec et date du IIIe ou du IVe siècle. L’original grec pourrait remonter au IIe siècle.

En dehors de cette version copte, il existe deux fragments grecs de cet évangile, provenant d’Oxyrhynque (Egypte). Ils présentent des divergences avec le texte copte, ce qui montre que l’Évangile selon Marie a été remanié plusieurs fois. Dans la première partie conservée du texte, le Sauveur répond à ses disciples et leur transmet sa révélation. Il prononce ensuite une dernière exhortation et les quitte (7,1-9,5).

Les disciples se montrent affligés et irrésolus. C’est alors que Marie intervient. Elle leur fait une révélation succincte et, par ses paroles,« convertit leur cœur au Bien » (9, 20s.). Pierre demande à Marie de leur rapporter d’autres paroles du Sauveur qu’eux, les disciples, n’auraient pas entendues. La réponse de Marie est un discours de révélation, discours qui est déterminé par une vision du Seigneur (10,7-17,9). L’enseignement produit cette fois une réaction violente de la part d’André et de son frère Pierre. Marie se met à pleurer et Lévi intervient pour réprimander Pierre et témoigner de la préférence que le Seigneur accordait à Marie. Il invite enfin les disciples à proclamer l’Évangile. En conclusion, ils se mettent en route pour prêcher (17,10-19,2).

Marie se montre présente dans d’autres textes, notamment plusieurs écrits de la bibliothèque de Nag Hammadi : l’Évangile selon Thomas, le Dialogue du Sauveur, l’Évangile selon Philippe et la Sagesse de Jésus-Christ. Elle apparaît également dans la Pistis Sophia, un traité contenu dans le codex Askew, conservé à la British Library de Londres, où est affirmée la supériorité de Madeleine et de Jean sur les autres disciples.

L’apparition de Jésus à Marie-Madeleine, racontée par Jean, devient une révélation dans l’Évangile de Marie. Icône crétoise, vers 1500.

Les textes gnostiques (2) qui voient en Marie la conjointe du Seigneur ne sont pas les seuls au sein du monde chrétien, mais cette idée suscitera une longue tradition. Celle-ci prend sa source dans l’Évangile de Jean, avec ce passage où Madeleine apparaît au pied de la croix (Jn 19,25), puis avec l’épisode de la Résurrection (Jn 20). Dès le début du christianisme, ce récit de rencontre a été interprété à la lumière du Cantique des Cantiques, qui raconte la recherche par une femme de celui qui deviendra son conjoint, puis la rencontre entre l’époux et l’épouse.

L’Évangile selon Marie présente ainsi l’union spirituelle : « C’est à l’intérieur de vous qu’est le Fils de l’Homme. Suivez-le. Ceux qui le chercheront le trouveront » (8,18-20). Puis, à la fin du texte, Lévi propose aux autres disciples de prendre exemple sur Marie : « Revêtons-nous de l’Homme parfait, engendrons-le en nous » (18,16-17).

Le Fils de l’Homme est le Christ qu’il faut retrouver en soi. Marie symbolise le lien qui unit les croyants au Sauveur. C’est alors qu’ils parviendront à l’état d’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude, ainsi que l’avait dit saint Paul (Éph 4,13). Usant d’un langage poétique ou mythologique, le texte fait appel au symbolisme du masculin et du féminin. Selon la Genèse (1,26-27), l’être humain créé à l’image et à la ressemblance de Dieu est homme et femme. Ce qui signifie que Dieu, lorsqu’il se révèle à travers sa ressemblance, le fait sous un double aspect. Or, dans le christianisme, la véritable image de Dieu est d’ abord le Fils ; c’est donc lui qui représente la part masculine. La partie féminine est notre humanité spirituelle. Séparée du Sauveur, elle le cherche et attend sa venue ; elle est représentée par Marie-Madeleine décrite comme sa conjointe.

Chacun doit enfanter en soi le Christ et  son royaume. Le logion (dans la Grèce antique, une parole d’inspiration divine ou sacrée) 114 de l’Évangile selon Thomas, d’inspiration gnostique, effectue également une transposition spirituelle des termes du masculin et du féminin. Dans la mesure où Jésus l’attire à lui, Marie deviendra un Esprit vivant. L’épithète « vivant » est une allusion à Ève (Genèse 3,20). La Bible interprète le nom hébreu d’Ève (Hawwa) par le verbe hawa, « vivre », et le traduit en grec par le nom de Zoé, la « vie ». Autrement dit, en s’unissant au Sauveur, mâle, Marie se manifeste comme une Ève spirituelle. Elle montre la voie. Paradoxalement, c’est le fait de devenir « mâle » qui permet la pleine manifestation de la femme. Selon cette métaphore, chacun porte en lui le masculin et le féminin. Le choix d’un disciple féminin n’est pas dû au hasard. Au-delà de l’histoire ou de la réalité extérieure, on a vu en Marie-Madeleine un symbole de salut universel. Cette fonction prophétique se double d’un aspect polémique.

À cause de la grande diversité du christianisme ancien, chaque groupe de chrétiens se réclamait d’un disciple ou d’un apôtre susceptible de représenter la forme de christianisme qui était la sienne. Dans l’Évangile selon Marie, cette réprimande de Lévi en témoigne : « Pierre, depuis toujours tu es un tempérament bouillant, je te vois maintenant argumenter contre la femme comme si elle était un adversaire. Pourtant, si le Sauveur l’a rendue digne, qui es-tu, toi, pour la rejeter ? Sans aucun doute (…) il l’a aimée plus que nous » (18,6-15). La même idée revient dans l’Évangile selon Philippe où les autres disciples, inquiets, demandent au Sauveur : « Pourquoi l’aimes-tu plus que nous ? » (63,32-64,2).

Deux autres textes apocryphes racontent la jalousie de Pierre à l’égard de Marie, l’Évangile selon Thomas (logion 114) et la Pistis Sophia. Ce dernier montre l’hostilité de l’apôtre envers cette femme qui, dit-il, « nous enlève la place en ne laissant parler aucun de nous, mais qui parle une foule de fois ». Or, à Pierre, Jésus répond : « Celui en qui la puissance de son Esprit bouillonnera pour lui faire comprendre ce que je dis, que celui-là s’avance et qu’il parle »(36).

Cette polémique est significative. Ces textes ne reproduisent pas, bien entendu, une opposition réelle entre Pierre et Marie-Madeleine, mais reflètent une situation historique propre aux IIe et IIIe siècles. Par le biais des personnages, ce sont ici deux groupes de chrétiens ou deux types de christianisme qui s’affrontent.

Les écrits gnostiques où Marie est présente insistent par exemple sur le rôle de l’Esprit. Cette opposition reflète l’état non uniforme du christianisme à cette époque. En plaçant Marie face au plus connu des douze, la communauté représentée dans ces textes se situe symboliquement elle même face aux Églises qui font de Pierre leur champion, c’est-à-dire probablement les Églises reliées entre elles par une structure d’épiscopat et de presbytérat en croissance. Pierre symbolise peut-être aussi une Église en train d’organiser un ministère masculin et qui trouve gênant le rôle des femmes dans les mouvements prophétiques. Pourtant, l’Évangile selon Marie se termine sur un appel à l’unité, les disciples prenant tous  ensemble la route pour annoncer la Bonne nouvelle. C’est peut-être une des raisons qui explique la présence de l’Acte de Pierre, en conclusion du codex de Berlin.

 

Le fait de reconnaître le caractère fictif ou anachronique d’un écrit ne signifie pas qu’il ne possède aucun ancrage historique. L’Évangile selon Marie reflète une réalité historique, non pas celle de Pierre ou de Marie mais plutôt celle du christianisme contemporain de son auteur ou du milieu chrétien qui se trouve à la base du texte. L’intérêt de l’étude des apocryphes est donc de nous ouvrir aux particularités d’autres traditions chrétiennes.

 

(*) Par Anne Pasquier, professeur de littérature chrétienne ancienne à la faculté de théologie et de sciences religieuses de Laval (Québec)

(1) Définition du Littré (2) Gnose : philosophie religieuse selon laquelle le salut de l’âme passe par une connaissance directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi.

 

http://www.mariemadeleine.net/marie-madeleine-maitresse-spirituelle/

BIBLE, EVANGILES, JESUS-CHRIST, LA PASSION DU CHRIST, PÂQUES, RESURRECTION

JESUS DE NAZARETH : SA PASSION ET SA RESURRECTION

Joseph Ratzinger (Benoît XVI)

Jésus de Nazareth : de l’entrée de Jérusalem à la Résurrection

Paris, Editions du Rocher, 2011.

 JESUS DE NAZARETHBenoît XVI a publié en mars 2011 le second volet de « Jésus de Nazareth ».

Alors que le premier tome était consacré à la vie publique du Christ, du baptême dans le Jourdain à la Transfiguration, ce second volume est consacré à la Passion et à la résurrection du Christ. L’auteur s’attache à commenter et à méditer les dernières semaines de Jésus sur terre à la lumière des Evangiles pour y discerner le Jésus historique et dire en quoi le Jésus de l’histoire nous concerne dans notre vie de chrétiens aujourd’hui

En ce sens, il rappelle ce qui fonde le christianisme, ce qui fonde notre foi en Jésus mort pour nos péchés et ressuscité tout en portant un regard sur le temps présent. De façon très concrète il éclaire les questions fondamentales que l’on se pose tous ; il donne les raisons pour lesquelles le monde d’aujourd’hui reste si imparfait, plein d’injustices ou pourquoi Dieu (depuis la Résurrection) ne manifeste pas de manière plus évidente son existence. Ce livre qui correspond à une recherche très personnelle sur les fondements du christianisme est une catéchèse pour aujourd’hui : il relit les Ecritures tout en allant à la rencontre de la culture contemporaine. Benoît XVI nous propose un « chemin ‘Emmaüs ».

S’il n’est pas un texte officiel (comme le rappelle l’auteur) c’est tout à la fois un essai et une méditation qui se veut à la porté de son lecteur. Ecrit dans un style moderne, cet ouvrage se lit assez aisément et fait entrer avec clarté dans les mystères des paroles et des gestes du Christ de sa Passion à sa Résurrection.

Les idées fortes qui résument la réflexion de Benoît XVI dans ce livre sur Jésus :

  1. Réaffirmer le « Credo » et conforter les chrétiens dans leur foi
  2. Redire une vérité : Jésus est mort en victime expiatoire pour nos péchés
  3. La Croix sépare le politique du religieux : pour le Pape elle est à l’origine de la laïcité
  4. Les Juifs n’ont pas tué Jésus (pour en finir avec la notion de « déicide »
  5. Le christianisme ne doit pas être confondu avec un héroïsme humain mais il prend sa source dans le Christ
  6. La résurrection est un fait historique et en même temps elle sort de l’histoire.
  7. Le Christ ressuscité : les Ecritures disent la réalité des apparitions et pourquoi il ne fut reconnu . 
  8. La résurrection est le fondement de la foi des chrétiens.

 

EVANGILES

L’EVANGILE SELON SAINT LUC

L’EVANGILE SELON SAINT LUC

L’évangile selon Luc (κατά Λουκάν) a, selon la Tradition chrétienne, pour auteur le personnage appelé « Luc le bon médecin » dans certaines lettres de Paul de Tarse. Comme l’évangile attribué à Marc dont il tire 80% de sa substance et l’évangile attribué à Matthieu, qu’il imite en ajoutant à l’évangile selon Marc des loggia tiré d’une source qui ne contenait que des paroles de Jésus, son évangile se présente comme une biographie de Jésus. L’auteur qui a composé également les Actes des Apôtres — qui sont la suite de son évangile et narrent les débuts de la branche paulinienne (de Paul de Tarse) du mouvement créé par Jésus — indique qu’il écrit à la demande d’un commanditaire « après s’être informé de tout » car plusieurs ont déjà raconté cette histoire. Les deux livres sont dédiés à « Théophile », ce commanditaire. Avec toutes les précautions qui sont nécessaires pour de telles évaluations, la critique historique place la rédaction de ces deux ouvrages dans les années 80-90 et en tout cas après la rédaction des évangiles attribué à Marc et à Matthieu dont l’auteur de l’évangile attribué à Luc copie plus 70% des péricopes.
Avec l’évangile de Marc et l’évangile de Matthieu, il fait partie des évangiles dits synoptiques (ou parallèles). C’est le plus long des quatre évangiles retenus dans le Nouveau Testament (mais celui de Matthieu a quatre chapitres de plus). Cet évangile est reconnu par tous les chrétiens.

Origine et rédaction de l’Évangile selon Luc

La genèse de l’évangile de Luc
La tradition unanime a toujours attribué à Luc, compagnon de Paul, la paternité du troisième évangile. Saint Irénée notait dans son livre, l’Adversus Haereses, (vers 180) : « De son côté, Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l’Évangile que prêchait celui-ci2 ».
Un ancien prologue grec de l’évangile de Luc, daté de la fin du second siècle, décrivait ainsi la genèse (naissance) de cet évangile et son auteur : « Luc était un syrien d’Antioche, médecin de profession, disciple des apôtres, et plus tard compagnon de Paul jusqu’à son martyre. Il servit le Seigneur sans divertissement, sans femme et sans enfants. Il mourut à l’âge de 84 ans, en Béotie, rempli du Saint-Esprit. »
Ce prologue poursuivait : « Quoique des évangiles existassent déjà, celui selon Matthieu, composé en Judée, et celui selon Marc en Italie, il fut incité par le Saint-Esprit, et composa cet évangile entièrement dans la région avoisinant l’Achaïe [la Grèce]. Il rend très clair dans le prologue que les autres (évangiles) avaient été écrits avant le sien… Plus tard le même Luc écrivit les Actes des Apôtres. »
De même le Canon de Muratori (document romain du milieu du second siècle) : « Troisièmement, le livre de l’évangile selon Luc. Ce Luc était médecin. Après l’Ascension du Christ, Paul l’ayant pris pour second à cause de sa connaissance du droit, il écrivit avec son consentement ce qu’il jugeait bon. »
Il continue : « Cependant lui non plus ne vit pas le Seigneur dans la chair. Et par conséquent selon ce dont il avait pu s’informer il commença à le dire à partir de la Nativité de Jean. »
Luc nous est bien connu par le Nouveau Testament, s’il est vrai qu’il fut l’auteur du troisième évangile et des Actes des Apôtres, s’il est vrai qu’il fut l’accompagnateur de Paul et qu’il s’exprimerait à la première personne dans toutes les sections des Actes où l’on dit « Nous » (Ac 16,10-17 ; 20,5 — 21,18 ; 27,1 — 28,16).
On trouve déjà le « Nous » dans le texte occidental des Actes, dès le temps de la fondation de l’Église d’Antioche (vers l’an 37). Cela confirmerait le renseignement donné dans le prologue ci-dessus que Luc était antiochien.
Paul se réfère à Luc en Col 4,14 où il l’appelle « le cher médecin » ; de même dans la lettre à Philémon (24) où Luc se trouve en compagnie de Marc pendant la première captivité romaine de Paul, et dans la deuxième à Timothée (4,11) : « Seul Luc est avec moi. »
Comment se fait-il que Matthieu grec et Luc ont utilisé conjointement, d’une part l’évangile de Marc, au point d’en faire le canevas de leur propre ouvrage et d’autre part une source inconnue, mais commune, qu’on a baptisée du nom de « source Q » (du mot allemand Quelle, qui signifie « source »).
Ils ont complété ce travail par l’adjonction parallèle des récits de l’enfance, et par les résultats de leur enquête personnelle. Mais il se trouve qu’ils ont rédigé sans se copier, indépendamment l’un de l’autre.

L’hypothèse du diacre Philippe
L’hypothèse dite du diacre Philippe est un aménagement de la Théorie des deux sources.
D’après cette hypothèse, le diacre Philippe, l’un des « Sept », serait l’auteur réel de l’évangile de saint Matthieu, après concertation avec Luc, compagnon de Paul de Tarse, lors du séjour en Palestine de ce dernier, vers 57-59 (cf. Ac 21,8 — 27,2) ; plus précisément à Césarée maritime, lieu de résidence de Philippe, où Paul lui-même fut retenu prisonnier pendant près de deux ans.
Philippe et Luc auraient hérité de deux sources :
les logia de Jésus rédigés en araméen par l’apôtre Matthieu, selon la tradition,
et l’évangile de Marc, issu du témoignage et des prédications de l’apôtre Pierre.
Le juif helléniste Philippe et Luc auraient ensuite composé indépendamment l’un de l’autre, en grec, leur évangile respectif, l’un à Césarée maritime (Philippe), et l’autre à Rome (Luc).
Il ne serait pas impossible que Philippe comme Luc se fussent servis d’une version privée de Marc, plus ancienne (l’Urmarkus des exégètes allemands), non publiée et légèrement différente de celle que nous connaissons.
Le diacre Philippe (ou l’Église après lui) aurait laissé le premier évangile sous le patronage de l’apôtre Matthieu, parce qu’il y insérait largement les logia, et que le nom d’un apôtre était plus prestigieux.
Il faut remarquer qu’en Ac 21,8 Philippe est dit « Philippe l’évangéliste », au moment même où il rencontre Paul et Luc. Ce qui signale, pour le moins, un spécialiste de l’évangile.
Cette hypothèse a l’avantage de concilier remarquablement les données de la tradition (critique externe) et les données textuelles de la question synoptique (critique interne). En particulier elle lève certaines apories de la Théorie des deux sources.
Matthieu grec et Luc semblent connaitre des accords importants : même place des évangiles de l’enfance avec des développements symétriques quoique différents : insertion au même endroit de la trame de Marc (3,19) des Béatitudes et du Sermon sur la montagne : utilisation de deux sources identiques (Marc et les logia) quoique avec des modalités très diverses, sans parler de maints accords de détail (contre Marc) qui sont depuis longtemps des « croix » pour les exégètes.
Certaines traditions, on l’a vu plus haut, nous disent que l’évangile de Luc, et les Actes, auraient été composés en Grèce, et que Luc lui-même serait mort en Grèce.
Mais précisément Luc a dû suivre Paul en Grèce après la fin de sa première captivité romaine (cf. 1 Tm 1,3) et il a pu retourner en Grèce après le martyre de l’apôtre.
On doit effectivement constater que l’évangile de Luc et les Actes nous sont parvenus sous deux formes légèrement différentes : le texte alexandrin, ou texte reçu, et le texte ditoccidental (le TO), qui toutes les deux paraissent authentiques, de la main de Luc.
Ces livres ont pu connaître deux éditions, une à Rome, à la fin de la première captivité romaine de Paul (effectivement la narration des Actes s’arrête là).

Transmission du texte
Les plus anciens témoins scripturaires du troisième Évangile, les manuscrits grecs et les versions latines anciennes ont été classés en deux grandes catégories :
TA (Texte alexandrin). Les tenants du texte alexandrin avec le Codex_Vaticanus »Vaticanus (B) le Codex Alexandrinus (A) le Codex Sinaiticus (א) et les papyrus P75 et P45 qui constituent le courant majoritaire marqué par une tendance à l’harmonisation des évangiles entre eux.
TO (Texte occidental). Le texte dit occidental (le TO) représenté par le codex Bezae et les versions latines anciennes correspondent au courant rédactionnel antérieur aux harmonisations des iiie et ive siècles. L’évangile de Luc s’y lit sous une forme inédite.

Utilisation de l’évangile de Marc par Luc
Luc a utilisé, en substance, au moins 364 versets de Marc sur 6617.
Mais il a fait bien plus. Il s’est servi du travail de Marc comme de l’armature de son propre livre, à l’instar de Matthieu grec (Philippe). Davantage que Philippe, il en a respecté la séquence, ou suite, ou ordre.
Neuf brèves péricopes de Marc, seulement, sont déplacées par Luc. Et encore parmi ces neuf, plusieurs de ces déplacements apparents sont dus simplement au fait (on peut l’inférer avec une bonne probabilité) que Luc, les ayant trouvées en double, dans Marc et dans les logia, les a supprimées dans le parallèle avec Marc et les a laissées avec leslogia.
Les épisodes que Luc a réellement déplacés se réduisent donc à cinq péricopes, que l’on peut citer :
Lc 3,3 = Mc 1,4.
Lc 3,16c = Mc 1,8b.
Lc 8,19-21 = Mc 3,31-35.
Lc 22,19-20 = Mc 14,22-25.
Lc 23,33b = Mc 15,27.
Ce sont des déplacements peu importants, et très limités dans l’espace ; plutôt des inversions rédactionnelles.
Cependant, au moment de la dernière Cène, Luc a placé l’institution de l’eucharistie (cf. Lc 22,19-20) avant l’annonce de la trahison de Judas, alors que Marc (14,22-25), suivi par Matthieu (26,26-29), l’a placée après.
En réalité Luc s’est servi de Marc, et de ses autres sources, en les intercalant dans des plages bien visibles, avec de nettes sutures, au point que le plan que l’on devra établir de l’évangile de Luc tiendra compte, en priorité, de ces plages, avant tout autre considération, théologique ou chronologique.
Les passages de Luc que l’on peut attribuer à Marc sont donc :
3,1 — 6,19 (moins la généalogie: 3,23-38).
8,4 — 9,50.
18,15-43.
19,28 — 23,7.
23,13 — 24,8.
Soit la majorité des récits de Luc, non tous cependant, car il en a pris dans son enquête personnelle, ou même dans la source Q. Mais Marc reste évidemment le guide, et le prototype de son livre : ce fait souligne la considération et l’autorité qu’il lui accordait, lui historien, à l’instar de Matthieu grec. Car cet évangile représentait le témoignage de Pierre.
Mais Luc, à la différence de Matthieu grec, a pratiqué de grandes coupes dans la narration de Marc, que, bien souvent, on s’explique, parce qu’il a des épisodes équivalents, et que, d’autres fois, on ne s’explique pas.
Notons surtout la grande omission de Mc 6,45 — 8,26 qui inclut la seconde multiplication des pains ; l’étape en Pérée et la question sur le divorce (Mc 10,1-12) ; la demande des fils de Zébédée (Mc 10,35-45) ; le figuier stérile et desséché (Mc 11,12-14.20-26) ; le plus grand commandement (Mc 12,28-34) etc…
Date de composition de l’évangile
Cette date n’est pas à placer avant 70, date de la prise de Jérusalem par les légions romaines de Titus, puisque Lc 21, 20 y fait allusion ainsi que 19, 43-44 et 21-24. Le début des années 80, entre 80 et 85, est vraisemblable », selon D. Marguerat et E. Steffek. Ces mêmes auteurs notent que l’évangile de Luc est écrit à moment où l’idée d’une « fin prochaine des temps » est devenue moins prégnante qu’auparavant.

Plan de Luc
Luc s’est servi de Marc, et de ses autres sources, en les intercalant dans des plages bien visibles, avec de nets points de suture, au point que le plan que l’on devra établir de Luc tiendra compte, en priorité, de ces plages, avant tout autre considération (de théologie ou de chronologie).
À part Marc, dont on connaît le texte, les sources de Luc sont toutes supposées, et même incertaines.
Même la « source Q » est pour partie incertaine : elle est certaine dans la mesure où elle est commune à Matthieu grec et Luc (hors Marc) ; elle est incertaine pour les passages propres au seul Matthieu grec ou au seul Luc et qu’on peut penser néanmoins lui appartenir.
Mais l’existence de ces sources, et les intercalations de Luc dans le texte de Marc, elles, ne sont pas douteuses, mais se repèrent par des coutures bien visibles quand on suit en parallèle l’évangile de Marc.
Ces intercalations constituent la structure même de notre troisième évangile et le procédé de Luc. Elles représentent sa méthode et sa manière de composer. Ce fait d’expérience, pour le lecteur attentif, se vérifie pareillement dans les Actes des Apôtres, second ouvrage de Luc : où il fera intervenir successivement les témoignages de Jean (supposé), du diacre Philippe (quasiment certain), de Paul, de Marc (supposé), de Luc lui-même, l’auteur, avec ses carnets de route etc…
Curieusement donc le troisième évangile, œuvre de l’historien et styliste Luc, s’offre à nous comme le moins structuré, planifié, composé des quatre évangiles officiels.
On a souvent résumé l’évangile de Luc par cette formule lapidaire : une montée de Jésus à Jérusalem, et vers la croix du Golgotha. Tout son livre ne serait qu’une montée.
Cette formule est exacte, bien sûr, sauf qu’on peut remarquer que cette ligne très simple de la montée vers Jérusalem existait déjà dans Marc.
Non. L’historien Luc a d’abord voulu préserver la substance de tous les documents qu’il avait à sa disposition, même s’il les a abrégés. Il s’est situé d’emblée dans une attitude très humble à leur égard, bien qu’il les ait revêtus de son style splendide, et imprégnés de sa haute spiritualité, son sens de l’Esprit.
C’est pourquoi le plan ici proposé, de Luc, fera d’abord appel à la nomination et à l’identification (supposée) de ses sources.
Les autres plans qu’on peut lire de Luc, même sous des plumes savantes, paraissent artificiels, et même, à la limite, faux car ils ne tiennent pas compte de son procédé empirique de composition.

Plan de Luc, d’après ses sources connues, ou supposées :
MARIE (PAR JEAN) : 1,1 — 2,52 (plus 3,23-38). La naissance. L’enfance. La généalogie.
MARC : 3,1 — 6,19 (moins 3,23-38). Ministère public, en Galilée, jusqu’au discours inaugural.
MATTHIEU ARAMEEN : 6,20 — 8,3. Discours inaugural, et ses suites.
MARC : 8,4 — 9,50. Suite du ministère galiléen.
MATTHIEU ARAMEEN : 9,51 — 18,14. Montée vers Jérusalem.
MARC : 18,15-43. Jésus dans la vallée du Jourdain. Arrivée à Jéricho.
LUC (ENQUETE PERSONNELLE) : 19,1-27. Zachée et la parabole des mines, à Jéricho.
MARC : 19,28 — 23,7. Entrée à Jérusalem. Ministère à Jérusalem. Début du procès.
LUC (ENQUETE PERSONNELLE) : 23,8-12. Comparution devant Hérode.
MARC : 23,13 — 24,8. Suite du procès. Crucifixion. Résurrection.
JEAN : 24,9-53. Récit des apparitions. Ascension.
On pourrait aisément compléter ce schéma en nommant un par un tous les épisodes contenus dans l’évangile de Luc. On pourrait en dénombrer jusqu’à 171.

Résumé de l’Évangile
La généalogie de Jésus
La généalogie donnée par saint Matthieu était une généalogie royale, partant d’Abraham et passant par David, par Salomon et par tous les rois de Juda (la dynastie de David). Au contraire la généalogie de Jésus est une généalogie ascendante, de Jésus à Adam, père de l’humanité, et passant par Nathan, autre fils de David.
La généalogie de Matthieu cherchait à convaincre les juifs que Jésus était bien le Messie attendu, le « fils de David », c’est-à-dire l’héritier légitime des rois de Juda. Celle de Luc ne voudrait que renseigner les chrétiens, les « Théophiles », sur l’origine réelle et charnelle de Jésus, Fils de Dieu, « concernant son Fils, issu de la lignée de David selon la chair ». La généalogie de Luc, comme l’enseignait saint Irénée, père de l’Église, serait la « récapitulation d’Adam »; elle ferait apparaître que Jésus est en quelque sorte l’ancêtre d’Adam et par lui de tous les hommes.
Ce fut sans doute sur l’ordre de Paul, dont il était le collaborateur immédiat, que Luc aura inséré en cet endroit de « mon évangile », juste après le récit du baptême dans le Jourdain, la généalogie exacte de Jésus, alors que celle de Matthieu n’était, de son propre aveu, qu’une généalogie officielle et putative.
Dans le libellé de la généalogie de Luc, on lit : « Et ce Jésus était, en commençant, âgé d’environ trente ans, étant fils de (croyait-on Joseph), d’Héli, de Matthat, … de Nathan, de David, de Jessé, … , d’Abraham, … de Noé, … de Seth, d’Adam, de Dieu. » L’incise (croyait-on Joseph) est une négation car selon les deux premiers chapitres de l’évangile : Jésus n’était pas réellement le fils de Joseph. Mais cette négation ne porte que sur le premier terme de la liste, sous peine d’aboutir tout de suite à des absurdités : Jésus ne serait pas le fils de Joseph, ni d’Héli, ni de Nathan, ni de David, ni de Jessé, ni d’Abraham, ni de Noé, ni d’Adam, ni de Dieu. On ne voit pas dans quel intérêt, apologétique ou documentaire, Luc aurait inséré dans son évangile une généalogie qu’il aurait su fausse de bout en bout. Elle était certainement authentique, non seulement dans l’esprit d’Irénée, mais encore dans l’esprit de saint Luc.
L’hypothèse que la généalogie lucanienne serait celle de Jésus par Marie sa mère, fils ou descendant « d’Héli, de Matthat, … de Nathan, de David, de Jessé, …, d’Abraham, … de Noé, … de Seth, d’Adam, de Dieu. » a été défendue notamment par Annius de Viterbe au début du xvie siècle. Il faut noter ainsi que :
Saint Irénée a affirmé à plusieurs reprises que Marie était elle-même descendante de David et que « C’est de Marie encore vierge qu’à juste titre il (Jésus) a reçu cette génération qui est la récapitulation d’Adam. »Dans le récit de l’Annonciation, l’ange dit à Marie : « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père » ; Jésus ne peut être « fils de David » que par Marie, puisque quelques instants plus tard nous apprenions qu’il serait conçu du Saint-Esprit. Saint Irénée devait répéter que Marie était ce « sein de David », prédit par le psaume pour porter le Fils de Dieu.
Dans le Talmud, Marie, mère de Jésus, est formellement identifiée comme « fille d’Héli ». Héli, diminutif d’Eliacin (« Dieu élève »), pouvait être l’équivalent de Joachim (« Yahvé élève »), nom attribué par la tradition au père de Marie.

Interprétation de l’Évangile selon Luc : Luc, l’évangéliste de la miséricorde
Malgré ses limites, dues surtout aux incertitudes sur l’étendue réelle de la source Q, l’analyse, surtout l’analyse du plan, a montré le travail d’élaboration de l’auteur. Elle a fait toucher du doigt l’originalité du troisième évangile.
Saint Irénée a puissamment résumé dans une page célèbre la nouveauté de l’évangile de Luc. En effet, on doit au seul Luc beaucoup d’épisodes de la vie de Jésus, et des paraboles parmi les plus célèbres. Notre exposé du paragraphe précédent recoupait cette page en grande partie.
Luc en personne, dans son prologue, a précisé sa méthode et sa préoccupation première :
« Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole, j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé exactement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi l’exposé suivi, excellent Théophile. »(Lc 1,1-3).
Théophile devait être un éditeur de Rome par lequel Luc a publié son double ouvrage de l’évangile et des Actes, mais aussi un chrétien fervent, qui en l’espèce les représente tous.
Luc a décidé de suivre l’exemple de plusieurs confrères : Matthieu l’apôtre qui, en langue hébraïque, avait publié l’enseignement du Seigneur, et plusieurs de ses faits et gestes ; Marc l’interprète et le confident de Pierre, et qui lui-même avait assisté, au sortir de l’enfance, à la Passion du Sauveur et qui avait fréquenté, chez sa mère, les apôtres et la première communauté chrétienne.
Philippe, enfin, le diacre et compagnon d’Étienne, qui entreprenait avec l’aide de Luc de confectionner un évangile original reprenant les logia de Matthieu, mais qu’il n’écrirait et ne publierait qu’après le départ pour Rome de Luc et de Paul.
Luc a interrogé les « témoins oculaires et [les] serviteurs de la Parole », ceux de la première génération qui avaient connu le Seigneur : avant tout Jean, l’apôtre, et même la mère de Jésus, ainsi que les « frères » ou cousins du Seigneur : Jacques, Simon et Jude, et avec eux toute l’Église de Jérusalem, héritière au premier chef de la pensée et de la mémoire de Jésus le Nazaréen. Il enquêta sur place en Palestine, profitant de son séjour forcé et prolongé dans la patrie du Christ. Philippe et Luc, dans leurs recherches, ont dû travailler de concert avec Paul, puisqu’il nous est précisé que ce dernier pouvait recevoir librement dans sa prison (cf. Ac 24,23).
Luc est allé aux sources, ainsi qu’aux documents originaux, comme il l’affirme lui-même avec insistance ; il l’a fait en historien consciencieux, même si son œuvre demeure artisanale à bien des égards, comme l’analyse l’a montré.
En vrai « écrivain de la mansuétude du Christ », comme dirait Dante, il aimait à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs (parabole de l’enfant prodigue) à raconter des scènes de pardon (le bon larron pardonné en croix). Il insisterait volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles, et pour les pauvres, tandis que les orgueilleux et les jouisseurs seraient sévèrement traités (Lazare et le mauvais riche).
Cependant même la juste condamnation ne se ferait qu’après les délais patients de la miséricorde. Il fallait seulement qu’on se repente. Ici Luc tenait à répéter l’exigence d’un détachement décisif des richesses.
On notera les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière et les exemples qu’en a donnés Jésus : « Mais lui se tenait retiré dans les déserts, et priait. »(Lc 5,16).
Enfin comme chez Paul et dans les Actes (suite de l’évangile), l’Esprit Saint occuperait une place de premier plan que Luc, seul des évangélistes, soulignerait.
Tout cela, avec l’atmosphère de reconnaissance et d’allégresse qui enveloppait tout le troisième évangile, achèverait de conférer à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche.

Rapport entre Luc et les autres évangélistes

Apports propres de Luc : les résultats de son enquête personnelle
Le travail rédactionnel de Luc s’avère donc considérable dans cet évangile, qui est le plus long de nos quatre canoniques.
En plus des documents écrits : Marc, et les logia de l’apôtre Matthieu sans doute traduits à son intention par le diacre Philippe, Luc eut tout le temps, vers les années 57-59 où Paul était retenu prisonnier à Césarée maritime, non seulement de consulter Philippe à Césarée même, la capitale administrative, mais encore de monter à Jérusalem, la capitale religieuse, pour y contacter l’Église, et de parcourir la Palestine.
Ses apports propres dans l’évangile, et les résultats de son enquête personnelle, sont très sensibles, quoique difficiles à délimiter avec précision. Car dans la grande insertion de Lc 9,51 — 18,14 (l’« insertion des montées »), Luc a pu inclure des éléments de son crû, qui n’étaient pas repris de la source Q, mais que nous y laissons, par provision, faute de points de repère.
Et dans la chaîne de Marc, il a déplacé et modifié des éléments selon, peut-être, les conclusions de son enquête personnelle et les renseignements qu’il a pu collecter.

Les principaux ajouts de Luc sont donc :
I. Les récits de la naissance et de l’enfance (1 — 2).
Selon Jean, et sans doute Marie, comme nous l’avons dit.
II. L’annonce de l’emprisonnement du Baptiste (3,19-20.
Luc supprimera plus loin l’incise de Marc (6,17-29) sur l’exécution de Jean-Baptiste, et l’anticipe, ici, par une annonce précoce de son emprisonnement. Travail d’historien.
III. La généalogie du Christ (3,23-38).
Insérée ici, après le baptême du Christ dans le Jourdain, d’une manière très différente de Matthieu grec (Philippe) qui avait placé la sienne en entrée, pour montrer que Jésus était l’héritier légitime de tous les rois de Juda. Luc place la sienne juste après la reconnaissance officielle du Fils par le Père au Jourdain, selon le psaume : « Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Lc 3,22) pour prouver que Jésus était en même temps, selon la chair, le très réel « fils de David » (cf. Rm 1,3), donc par sa mère, et le très réel « fils de Dieu », en Adam, même dans son humanité.
IV. Une visite à Nazareth (4,16-30).
Luc anticipe ici la visite à Nazareth de Mc 6,1-6a peut-être selon des renseignements propres. Les deux visites diffèrent beaucoup. Celle de Luc, placée dès le début du ministère public, est tragique et se termine par une tentative d’assassinat. Celle de Marc, après la tempête apaisée, sera plus anodine.
V. La descente à Capharnaüm (4,31-32).
Signalée en cet endroit de concert avec Matthieu grec (4,13), quoiqu’en des termes dissemblables, sans être explicitement dans Marc, en vertu d’une entente préalable ou d’une lecture commune de Marc. On peut voir là une confirmation de « l’hypothèse du diacre Philippe ».
VI. Un miracle sur le lac (5,1-11).
Luc a sauté l’appel des premiers disciples au bord du lac de Mc 1,16-20. Il le remplace par le récit d’une pêche miraculeuse, située un peu plus tard. Peut-être conformément au témoignage de Jean.
VII. Les foules à la suite de Jésus (6,17-19).
Luc transpose cet épisode de Marc (3,7-12) juste après le choix des Douze, alors que Marc l’a juste avant. En cet endroit, il interrompt Marc pour y placer, d’accord avec Matthieu grec, le Sermon sur, ou en redescendant de, la montagne.
VIII. La résurrection du fils de la veuve de Naïm (7,11-17).
Luc est seul à rapporter ce miracle éclatant. On peut penser qu’il était dans la source Q, comme, dans le texte de Luc, l’épisode précédent et l’épisode suivant. Ou peut-être est-ce un ajout de Luc, d’après son enquête personnelle.
IX. La pécheresse pardonnée (7,36-50). L’entourage féminin de Jésus (8,1-3).
Même incertitude. Le très beau récit de la pécheresse pardonnée n’est pas sans rappeler l’onction à Béthanie de Mc 14,3-9 que Luc omettra. L’événement cependant est différent. Avec la description qui lui fait suite, de l’entourage féminin de Jésus, on le suppose pris dans la source Q.
X. La vraie parenté de Jésus (8,19-21).
L’anecdote de Marc (3,31-35) transposée par Luc de juste avant à juste après le discours parabolique.
XI. La dernière montée à Jérusalem (9,51).
Luc profite de la mention de Marc (10,1) : « Partant de là [la Galilée], il vint dans le territoire de la Judée » pour placer sa grande « insertion des montées » (Lc 9,51 — 18,14) : vers Jérusalem en passant par la Samarie (cf. Lc 17,11).
XII. Le grand commandement (10,25-28). Le bon samaritain (10,29-37). Marthe et Marie (10,38-42). L’ami importun (11,5-8). Le figuier stérile (13,6-9). Guérison d’une femme courbée (13,10-17). Guérison d’un hydropique (14,1-6).
Dans sa grande insertion, Luc place nombre d’épisodes qu’il a en propre, et que nous avons supposés par provision, faute de repères, pris dans la source Q, bien qu’ils n’aient pas d’équivalents dans Matthieu grec. Il se peut qu’ils proviennent des résultats de l’enquête personnelle de Luc.
XIII. Le choix des places (14,7-11). Le choix des invités (14,12-14). Les invités qui se dérobent (14,15-24).
Propres à Luc, et encore dans la grande insertion, sauf que Matthieu grec a un verset parallèle (Mt 23,12) placé après l’entrée à Jérusalem.
XIV. Renoncer à ses biens (14,25-33).
Discours de Jésus propre à Luc et dans la grande insertion, sauf quelques versets parallèles dans Matthieu grec, ou dans Marc.
XV. Les trois paraboles de la miséricorde (15,1-32).
Dans la grande insertion. Deux sur trois sont propres à Luc, mais Matthieu grec a en parallèle (Mt 18,12-14) la parabole de la brebis perdue qu’il a placée dans son discours ecclésiastique.
XVI. L’intendant infidèle et ses suites (16,1-15).
Dans la grande insertion. Propre à Luc sauf que Matthieu grec a un verset parallèle (Mt 6,24) dans le Sermon sur la montagne.
XVII. Lazare et le mauvais riche (16,19-31). Puissance de la foi (17,5-6). Servir avec humilité (17,7-10). Les dix lépreux (17,11-19). La venue du Royaume (17,20-21). Le juge inique (18,1-8). Le Pharisien et le publicain (18,9-14).
Propres à Luc, et encore dans la grande insertion.
XVIII. Zachée à Jéricho (19,1-10). La parabole des mines (19,11-27).
Après la reprise du parallèle avec Marc en Lc 18,15. Seul Luc a la belle histoire de Zachée. Seul il place en cet endroit, juste avant l’entrée à Jérusalem, la dure parabole des mines. Remarquons combien cette parabole est judicieusement située, d’un point de vue géographique, car elle fut prononcée devant le palais d’Hérode, à Jéricho, qui n’était pas sans rappeler l’histoire d’Archélaüs, parti à Rome (« dans un pays lointain » (Lc 19,12) pour se faire remettre la royauté. Et son retour impitoyable à l’endroit de ses opposants (cf. Lc 19,27). On suppose que ces éléments sont dus à l’enquête personnelle de Luc.
XIX. Les premiers outrages (22,63-65).
Luc a placé les premiers outrages faits à Jésus, après le reniement de Pierre, tandis que Marc (14,65) les a avant.
XX. La comparution devant Hérode (23,8-12).
Au récit de la Passion des autres évangélistes, Luc rajoute la comparution de Jésus devant Hérode Antipas, selon les résultats de son enquête personnelle.
XXI. Les récits des apparitions du Christ, et de l’Ascension (24,9-53).
Compléments donnés à Marc, d’après le témoignage oral de Jean.

Points de contact de Luc avec la tradition johannique]
On entre ici dans un domaine conjectural, pour lequel on sera forcément bref. Cependant, on ne peut nier les contacts plus que probables de Luc avec Jean et avec la tradition johannique précoce.
Comme nous l’avons vu, Luc a d’abord recueilli le témoignage de Jean, qui avait pris Marie chez lui (cf. Jn 19,27), et sans doute de Marie elle-même, pour les précieux souvenirs de l’enfance du Christ et de la généalogie.
Cette généalogie était certainement un bien familial qu’on se transmettait dans la lignée (patrilinéaire) de Marie, comme dans celle de Joseph. Le peuple juif était féru de ces généalogies, et des livres de la Bible sont presque entièrement composés de listes d’ancêtres (cf. Premier livre des chroniques, ou Paralipomènes).
Mais à l’autre bout de son évangile, Luc a dû faire aussi appel aux souvenirs de l’apôtre, au sujet des apparitions du Christ après la Résurrection, quand le témoignage de Marc faisait défaut.
En effet, la fin authentique du second évangile s’arrête à Mc 16,8 correspondant à Lc 24,8.
À partir de Lc 24,9 et de Jn 20,2 les récits des apparitions dans Luc et dans Jean, comme nombre de commentateurs l’ont noté, ont beaucoup de points communs.
Dans les apparitions du Christ racontées par Luc et par Jean, les disciples ne reconnaissent pas le Seigneur au premier abord, mais seulement sur une parole ou sur un signe. (Comparer Lc 24,30-32.35.39-43 et Jn 20,14.16.20 ; 21,4.6-7). Les péricopes :
Lc 24,12 et Jn 20,3-10 ;
Lc 24,36-43 et Jn 20,19-23
se correspondent. Le verset Lc 24,12 en particulier : « Pierre cependant partit et courut au tombeau. Mais, se penchant, il ne voit que les linges. Et il s’en alla chez lui, tout surpris de ce qui était arrivé », de style lucanien en même temps que johannique, représente une tradition commune au troisième et au quatrième évangile. Le verset Lc 24,24 (dans les pèlerins d’Emmaüs) lui fait écho, et laisse entendre que Pierre ne fut pas seul dans la course au tombeau le matin de Pâques, comme il est dit dans Jean.
Il semble bien que ce témoignage de Jean, dans cette fin du troisième évangile, se poursuive pour le début des Actes des Apôtres qui ne sont que la continuation de l’évangile de Luc, au moins dans les cinq premiers chapitres.
Le personnage de Jean, au côté de l’apôtre Pierre, y jouera un rôle prépondérant. D’autre part il y sera beaucoup fait appel à la notion du « Nom » divin ou du « Nom » de Jésus-Christ, qui est de facture typiquement johannique (cf. Jn 1,12 ; 14,13.14 ; 15,16 ; 16,24.26 ; 20,31 ; 1 Jn 3,23 ; 5,13 ; 3 Jn 7).
À partir du verset 6,1 dans les Actes, le témoignage du diacre Philippe semblera prendre le relais.
Enfin la finale de Marc, qui pourrait être un appendice de la main de Luc pour une réédition du second évangile, paraît un résumé à la fois de la fin de Luc, de la fin de Jean et du début des Actes.
Jean fut un témoin authentique des apparitions du Christ, et il a pu renseigner Luc de première main, y compris pour le récit des pèlerins d’Emmaüs et du rapport qu’ils ont fait aux Onze (cf. Lc 24,35) à leur retour à Jérusalem.

Les logia dans Luc
Il semble que saint Luc ait utilisé les logia de l’apôtre Matthieu (la fameuse source Q des exégètes allemands) dans deux plages bien délimitées de son évangile :
Lc 6,20 — 8,3.
Lc 9,51 — 18,14.
Autrement dit le Sermon sur la montagne (ou plutôt, chez Luc, en redescendant de la montagne) et la fameuse insertion dans la chaîne de Marc (entre les deux versets Mc 9,50 et 10,1) de l’immense plage Lc 9,51 — 18,14 que l’on pourrait appeler l’ « insertion des montées », par allusion aux psaumes du même nom, puisqu’elle s’inscrit dans le cadre de la dernière montée de Jésus à Jérusalem telle que narrée par Luc.
« Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem. » (Lc 9,51)
À ces deux plages, il convient d’ajouter le logion isolé : Lc 22,30 correspondant à Mt 19,28, mais surtout les imprécations de Jean-Baptiste et le détail des tentations du Christ, au début de la vie publique : Lc 3,7-9.17 ; 4,2b-13 = Mt 3,7-10.12 ; 4,2-11a.
Lesdites imprécations et tentations pouvaient d’ailleurs faire l’objet d’un document à part, distinct de la source Q. Mais on n’a aucun moyen de le démontrer.
On sait que l’existence de la source Q ne fait aucun doute, puisque Matthieu grec et Luc possèdent en commun des textes qui ne sont pas dans Marc.
Par contre il est très difficile, impossible même, de délimiter les contours précis de ce document, son plan, son libellé exact, puisque d’une part Matthieu grec (Philippe) et Luc ne l’ont pas repris dans le même ordre ni le plus souvent selon le même libellé ; et d’autre part on ne sait pas s’ils l’ont rapporté in extenso (le contraire est même probable).
Dans la fameuse plage : Lc 9,51 — 18,14 Luc a sans doute rajouté des récits ou paraboles de son crû, tirés de son fonds personnel : par exemple l’histoire du bon samaritain Lc 10,29-37) ; Lazare et le mauvais riche : Lc 16,19-31 ; le pharisien et le publicain : Lc 18,9-14 ; puisque ces péricopes n’ont pas d’équivalent dans Matthieu grec.
On ne possède aucun moyen de s’en assurer; et dans la suite, par méthode, on fera comme s’il les avait pris dans la source Q, autrement dit dans les logia de l’apôtre Matthieu.

Bibliographie
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