CHJRISTIANISME, CLAUDE TRICOIRE (1951-...), EVANGILES, JUDAS DE LANZA DEL VASTO, JUDAS ISCARIOTE (Ier siècle), LANZA DEL VASTO (1901-1981), LITTERATURE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

Judas de Lanza del Vasto

Judas

Lanza del Vasto

Paris, Gallimard, 1992. 245 pages

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«Tu savais bien, depuis longtemps, ce qui allait arriver. Pourquoi ne m’as-tu pas empêché ? Pourquoi, quand je mettais avec toi la main au plat, ne m’as-tu pas pris la main, ne m’as-tu pas dit « Ami » […] Pourquoi m’as-tu dit avec impatience : « Va et ce que tu as à faire fais-le » ? Tu voulais me perdre, et, vois, je t’ai entraîné avec moi. Oh Seigneur, tu m’as appelé pour me repousser, […] tu ne m’as pas même fait la grâce d’un regard. Seigneur, oh Seigneur, comme tu m’as trahi.»

C’est ainsi que Judas parle au pied de la Croix où Jésus vit les dernières heures de sa vie terrestre. Ces dernières paroles résument tout le drame de Judas.

Judas l’Iscariote a longtemps été une énigme pour les auteurs chrétiens et aussi non croyants : pourquoi a-t-il trahi Jésus ? Une longue littérature a tenté de dresser un portrait de Judas : des Pères de l’Eglise jusqu’à la première moitié du XXè siècle Judas a été considéré comme « le traitre » et a servi a alimenté la thèse du déicide contre les Juifs et ce n’est qu’après les années cinquante que la figure de Judas a évolué pour en faire un nationaliste déçu par Jésus ou encore un instrument servant la mission du Messie en le trahissant.

Lanza del Vasto écrivant son livre en 1938 nous livre un Judas certes fort peu sympathique mais à l’âme torturé. Après avoir fui le foyer paternel il rencontre Jean le Baptiste qu’il suit au désert. Puis il quitte Jean pour suivre Jésus et les disciples : il fera ainsi parti des douze. Il s’attache à Jésus et tente de conquérir son amitié mais sans résultat car Jésus l’ignore. Envoyé en mission il fait du zèle pour annoncer la Bonne Nouvelle. Lui qui est assoiffé de reconnaissance ne rencontre qu’indifférence auprès de celui dont il voudrait être l’ami. Quand Jésus entre à Jérusalem sur un âne il est dégoutté par cette scène vulgaire. Le moment où Judas décide de trahir Jésus se situe dans la scène où Marie-Madeleine (dont il était l’amant avant qu’elle ne rencontre Jésus et qu’il désire l’avoir pour lui seul) chez Simon le pharisien verse le parfum sur les pieds de Jésus.

A ce moment là il se décide à aller trouver les pharisiens et à mettre au point l’arrestation de Jésus au jardin de Gethsémani. Il se sent délivré : « Tu as toujours voulu m’ignorer : maintenant tu vas devoir t’apercevoir que moi je suis, que moi je suis moi ».  Et pourtant il confessera que Jésus est innocent et souffrant il se pend au figuier qui avait été maudit par Jésus.

En lisant cet ouvrage on s’aperçoit combien l’auteur prend des libertés avec les Evangiles. Il brosse un portait haut en couleur de cet apôtre qui aurait suivi Jean avant de s’attacher à Jésus. L’auteur met dans la bouche même de Judas des paroles prononcées par ce même Jésus, paroles que l’on retrouve certes dans les Evangiles mais dans une perspective tout autre. Si Lanza del Vasto fait de Judas celui qui tenait les comptes de la communauté des douze il en fait également un intellectuel bien supérieur aux pêcheurs de Galilée.

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On peut voir dans cet ouvrage plus qu’un portrait de Judas. Le prétexte est l’occasion d’explorer les aspects de la condition humaine : on voit un être assoiffé de reconnaissance et d’être aimé mais qui par son attitude tortueuse à l’égard de ses semblables court à la catastrophe. Judas nous offre ici un miroir de ce que l’on peut être. L’auteur veut nous dire : Judas c’est moi aussi.

©Claude Trcoire

26 avril 2022.

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The kiss of Judas, detail of Christ’s Capture, detail of the fresco cycle by Giotto, in the Scrovegni Chapel, Padua

Pour aller plus loin : Judas dans la littérature

https://www.evangile-et-liberte.net/elements/archives/129.html

Lanza del Vasto (1901-1981)

Né(e) à : San Vito dei Normanni, Pouilles , le 29/09/1901
Mort(e) à : Elche de la Sierra, Espagne , le 05/01/1981

Giuseppe Lanza di Trabia-Branciforte, né Giuseppe Giovanni Luigi Maria Enrico Scansa-Lanza, dit Joseph Lanza del Vasto, connu sous le patronyme de Lanza del Vasto, est un philosophe italien.

Issu d’une famille aristocratique du sud de l’Italie, il étudie à Paris au lycée Condorcet, en 1913. Il s’inscrit à la rentrée 1920 en faculté de philosophie à l’Institut royal d’études pratiques supérieures et de perfectionnement de Florence puis en 1921 à celle de Pise où il soutient en 1928 une thèse de doctorat en philosophie.

En décembre 1936, Lanza part en Inde. Au centre de ce voyage, la rencontre décisive avec Gandhi, en 1937, qui lui donne un nouveau nom : « Shantidas », serviteur de paix. Il est reçu pour un mois comme novice dans un monastère mahayana.

Il est à Paris le 10 juillet 1939 au moment où la Seconde Guerre mondiale éclate. Six semaines plus tard, il part pour la Suisse.
En octobre 1943, il revient s’installer à Paris quand Le Pèlerinage aux sources, récit de son voyage en Inde paru chez Denoël, trouve son public et rencontre le succès.

En 1948, il épouse Chanterelle Gibelin, chanteuse et instrumentiste. C’est alors qu’avec des amis qui ont l’habitude de se réunir chez lui, le couple installe, sur le modèle de l’ashram, une première « Communauté de l’Arche » en Saintonge, au lieu dit Tournier, sur la commune de La Genétouze.

En 1963, la Communauté, à laquelle il se dévouera pendant trente-trois ans, délivrant dans le monde entier un message de sagesse et de paix, se transfère dans les Cévennes biterroises, à Roqueredonde.

Militant de la paix chrétien, poète, sculpteur et dessinateur, il a été un précurseur des mouvements de retour à la nature.

site : https://www.lanzadelvasto.com/fr

BIBLE, CHJRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, EVANGILE, EVANGILES, JESUS-CHRIST, LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE (6), NOUVEAU TESTAMENT

La Bible livre par livre (6)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

Le Nouveau Testament

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Livres historiques

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Evangile selon Matthieu

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28 chapitres

Etant l’un des douze disciples de Jésus, Matthieu était bien placé pour faire le récit de sa vie. Son texte contient de nombreuses allusions à l’Ancien Testament et plusieurs discours importants (dont le fameux Sermon sur la montagne). Il utilise souvent l’expression «royaume des cieux» là où les autres Evangiles parlent de «royaume de Dieu», probablement pour respecter la coutume juive qui veut que l’on évite de prononcer le nom divin.

Evangile selon Marc

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16 chapitres

L’Evangile de Marc est le plus court des quatre. Alors que Matthieu s’adressait plutôt à des Juifs, il vise apparemment plutôt un public romain. Le texte a probablement été rédigé sous l’autorité de l’apôtre Pierre. Il met l’accent sur ce que Jésus a fait plus que sur ce qu’il a dit. Un mot revient fréquemment: aussitôt.

Evangile selon Luc

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24 chapitres

L’Evangile de Luc, écrit par un médecin non juif, est la première partie d’un ouvrage en deux volumes adressé aux Grecs et Romains cultivés. Il cherche à montrer que Jésus est venu pour être le Sauveur de tous les hommes, qu’ils soient juifs ou non, en relatant ses œuvres aussi bien que ses paroles.

Evangile selon Jean

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21 chapitres

Apparemment écrit après les trois autres Evangiles pour les compléter, et ce par un disciple de Jésus, l’Evangile de Jean propose une sélection d’actes du Maître et contient de larges extraits de ses discours, et surtout l’un des versets les plus célèbres de la Bible:
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».

Actes des apôtres

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28 chapitres

Deuxième volume de l’ouvrage écrit par Luc, les Actes constituent le dernier texte historique du Nouveau Testament. Ils relatent les événements consécutifs à la mort et l’ascension de Jésus: les débuts de l’Eglise, avec deux apôtres particulièrement en vue, Pierre puis Paul. Deux de ces événements ont donné lieu à des fêtes chrétiennes: l’Ascension et la Pentecôte, respectivement 40 et 50 jours après Pâques.
L’Evangile est annoncé à Jérusalem, puis dans toute la région, avant de gagner le reste de l’Empire romain, notamment grâce à l’important réseau routier existant. Le texte se termine avec les deux années de détention de l’apôtre Paul à Rome (vers 62-63 apr. J.-C.).

ANCIEN TESTAMENT, EVANGILE, EVANGILES, NATIVITE DE JESUS, NOËL, NOUVEAU TESTAMENT

Vendredi 24 décembre/Samedi 25 décembre 2021 : Fête de Noël : lectures et commentaires

Vendredi 24/Samedi 25 décembre 2021 : Fête de Noël

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Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,

FETE DE NOEL – MESSE DE LA NUIT

PREMIERE  LECTURE -  Isaïe 9,1-6
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9, 1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière ;
et sur les habitants du pays de l'ombre,
une lumière a resplendi.
2  Tu as prodigué la joie,
tu as fait grandir l'allégresse :
ils se réjouissent devant toi,
comme on se réjouit de la moisson,
comme on exulte au partage du butin.
3 Car le joug qui pesait sur lui,
La barre qui meurtrissait son épaule,
le bâton du tyran,
tu les as brisés
comme au jour de Madiane.
4 Et les bottes qui frappaient le sol,
et les manteaux couverts de sang,
les voilà tous brûlés :
le feu les a dévorés.
5 Oui, un enfant nous est né,
un fils nous a été donné !
Sur son épaule est le signe du pouvoir ;
son nom est proclamé :
« Conseiller-merveilleux, Dieu-fort,
Père-à-jamais, Prince-de la Paix. »
6 Et le pouvoir s’étendra,
et la paix sera sans fin
pour le trône de David et pour son règne
qu’il établira, qu’il affermira
sur le droit et la justice
dès maintenant et pour toujours.
Il fera cela,
l’amour jaloux du SEIGNEUR de l’univers.
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DANS UN CONTEXTE HISTORIQUE MALHEUREUX…
Pour comprendre le message de ce texte, il faut lire le verset précédent dans le livre d’Isaïe : « Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain et la Galilée des nations. » Cela ne nous permet pas de dater ces paroles du prophète : le texte a-t-il été écrit à l’époque même des événements dont il parle ? Ou beaucoup plus tard ? En revanche, on sait très bien deux choses : 1) à quelle situation politique il fait référence (même si, peut-être, il a été écrit longtemps après)... 2) le sens même de cette parole prophétique, c’est-à-dire « qui vient de Dieu » : comme toute parole prophétique, elle s’applique à raviver l’espérance du peuple.
A l’époque dont il est question, le royaume d’Israël est divisé en deux : vous vous souvenez que David puis Salomon ont été rois de tout le peuple d’Israël ; mais, dès la mort de Salomon, en 933 av.J.C., l’unité a été rompue, (on parle du schisme d’Israël) ;  et il y a eu deux royaumes bien distincts et même parfois en guerre l’un contre l’autre : au Nord, il s’appelle Israël, c’est lui qui porte le nom du peuple élu ; sa capitale est Samarie ; au Sud, il s’appelle Juda, et sa capitale est Jérusalem. C’est lui qui est véritablement le royaume légitime : car c’est la descendance de David sur le trône de Jérusalem qui est porteuse des promesses de Dieu.
Isaïe prêche dans le royaume du Sud, mais, curieusement, tous les lieux qui sont cités ici appartiennent au royaume du Nord : Zabulon, Nephtali, la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, la Galilée, Madiane, ce sont six noms de lieux qui sont au Nord ; Zabulon et Nephtali : ce sont deux des douze tribus d’Israël ; et leur territoire correspond à la Galilée, à l’Ouest du lac de Tibériade ; on est bien au Nord du pays. La route de la mer, comme son nom l’indique, c’est la plaine côtière à l’Ouest de la Galilée ; enfin, ce qu’Isaïe appelle le pays au-delà du Jourdain, c’est la Transjordanie.
Ces précisions géographiques permettent d’émettre des hypothèses sur les événements historiques auxquels Isaïe fait allusion ; car ces trois régions, la Galilée, la Transjordanie et la plaine côtière, ont eu un sort particulier pendant une toute petite tranche d’histoire, entre 732 et 721 av. J.C. On sait qu’à cette époque-là la puissance montante dans la région est l’empire assyrien dont la capitale est Ninive. Or ces trois régions-là ont été les premières annexées par le roi d’Assyrie, Tiglath-Pilézer III, en 732. Puis, en 721, c’est la totalité du royaume de Samarie qui a été annexée (y compris la ville même de Samarie), avant que l’empereur de Babylone ne prenne à son tour le contrôle de la région.
…UNE ANNONCE DE SALUT
C’est donc très certainement à cette tranche d’histoire qu’Isaïe fait référence. Certains pensent même que l’expression  « Le peuple qui marchait dans les ténèbres » est une allusion aux colonnes des déportés : humiliés, parfois les yeux crevés par le vainqueur, ils étaient physiquement et moralement dans les ténèbres ! C’est à ces trois régions précisément qu’Isaïe promet un renversement radical de situation : « Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations ».
Il reste qu’Isaïe prêche à Jérusalem ; et on peut évidemment se demander en quoi ce genre de promesses au sujet du royaume du Nord peut intéresser le royaume du Sud. On peut répondre que le royaume du Sud n’est pas indifférent à ce qui se passe au Nord, au moins pour deux raisons : d’abord, étant donné leur proximité géographique, les menaces qui pèsent sur l’un, pèseront tôt ou tard sur l’autre : quand l’empire assyrien prend possession du Nord, le Sud a tout à craindre. D’autre part, le royaume du Sud interprète le schisme comme un déchirure dans une robe qui aurait dû rester sans couture : il espère toujours une réunification, sous sa houlette, bien sûr.
…GRACE A L’AVENEMENT D’UN NOUVEAU ROI
Or, justement, ces promesses de relèvement du royaume du Nord résonnent à ce niveau : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi », voilà deux phrases qui faisaient partie du rituel du sacre de chaque nouveau roi. Traditionnellement, l’avènement d’un nouveau roi est comparé à un lever de soleil, car on compte bien qu’il rétablira la grandeur de la dynastie.
C’est donc d’un sacre royal qu’il est question. Et ce nouveau roi assurera à la fois la sécurité du royaume du Sud et la réunification des deux royaumes. Et effectivement, un peu plus bas, Isaïe l’exprime en toutes lettres : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! »... et l’un de ses noms de sacre est  « Prince de la paix » ; le sens de la prophétie est clair : ce qui est sûr, aux yeux d’Isaïe, c’est que Dieu ne laissera pas indéfiniment son peuple en esclavage. Pourquoi cette assurance qui défie toutes les évidences de la réalité ? Simplement parce que Dieu ne peut pas se renier lui-même, comme dira plus tard Saint Paul : Dieu veut libérer son peuple contre toutes les servitudes de toute sorte. Cela, c’est la certitude de la foi.
Cette certitude s’appuie sur la mémoire de l’œuvre du Seigneur en faveur de son peuple ; Moïse, déjà, répétait au peuple d’Israël « garde-toi d’oublier » (sous-entendu les interventions de Dieu pour te libérer), car si nous perdons cette mémoire-là, c’est nous qui sommes perdus ; rappelez-vous encore le même Isaïe disant au roi Achaz : « Si vous ne croyez pas, vous ne pourrez pas tenir » (Is 7,9) ; à chaque époque d’épreuve, de ténèbres, la certitude du prophète que Dieu ne manquera pas à ses promesses lui dicte une prophétie de victoire.
Une victoire qui sera « Comme au jour de Madiane » : une fameuse victoire de Gédéon sur les Madianites était restée célèbre : en pleine nuit, une poignée d’hommes, armés seulement de lumières, de trompettes et surtout de leur foi en Dieu avait mis en déroute le camp des Madianites (Jg 7).
Le message d’Isaïe, c’est : « Ne crains pas. Dieu n’abandonnera jamais la dynastie de David ». On pourrait traduire pour aujourd’hui :  ne crains pas, petit troupeau : c’est la nuit qu’il faut croire à la lumière. Quelles que soient les ténèbres qui recouvrent le monde et la vie des hommes, et aussi la vie de nos communautés, réveillons notre espérance : Dieu n’abandonne pas son projet d’amour sur l’humanité.
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Complément
Il faut savoir qu’au moment où Isaïe formule ces promesses, Achaz, le jeune roi de Jérusalem vient de sacrifier son fils, l’héritier du trône, à une idole, parce qu’il avait peur de la guerre. Ce faisant, il enlevait toute chance à la dynastie royale. Mais c’est sans compter sur la fidélité de Dieu que rien ne peut décourager. La promesse d’un nouvel héritier vient restaurer la descendance de David.
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PSAUME  95 (96)
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1 Chantez au SEIGNEUR un chant nouveau,
chantez au SEIGNEUR, terre entière,
2 chantez au SEIGNEUR et bénissez son nom !

 De jour en jour proclamez son salut,
3 racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations, ses merveilles !

4 Il est grand, le SEIGNEUR, hautement loué,
redoutable au-dessus de tous les dieux :
5 néant tous les dieux des nations !

 Lui, le SEIGNEUR, a fait les cieux :
6 devant lui, splendeur et majesté,
dans son sanctuaire, puissance et beauté.

7 Rendez au SEIGNEUR, familles des peuples,
rendez au SEIGNEUR la gloire et la puissance,
8 rendez au SEIGNEUR la gloire de son nom.

 Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis,
9 adorez le SEIGNEUR, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.

10 Allez dire aux nations : « Le SEIGNEUR est roi ! »
le monde, inébranlable, tient bon.
Il gouverne les peuples avec droiture.

11 Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
12 la campagne tout entière est en fête.

 Les arbres des forêts dansent de joie
13 devant la face du SEIGNEUR, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

 Il jugera le monde avec justice,
et les peuples selon sa vérité !
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DANS L’ATTENTE DU JOUR OU L’HUMANITE RECONNAITRA SON SEIGNEUR
C’est trop dommage de ne lire que quelques versets de ce merveilleux psaume 95/96 (la lecture liturgique ne nous en offre que sept) ; nous l’avons donc transcrit  en entier. Une espèce de frémissement, d’exaltation court sous tous ces versets. Pourquoi est-on tout vibrants ? Alors que, pourtant, on chante ce psaume dans le Temple de Jérusalem dans une période qui n’a rien d’exaltant ! Mais c’est la foi qui fait vibrer ce peuple, ou plutôt c’est l’espérance… qui est la joie de la foi… l’espérance qui permet d’affirmer avec certitude ce qu’on ne possède pas encore.
Car on est en pleine anticipation : le psaume nous transporte déjà à la fin du monde, en ce jour béni où tous les peuples sans exception reconnaîtront Dieu comme le seul Dieu. Le jour, où enfin l’humanité tout entière aura mis sa confiance en lui seul. Imaginons un peu cette scène que nous décrit le psaume : nous sommes à  Jérusalem… et plus précisément dans le Temple ; tous les peuples, toutes les nations, toutes les races se pressent aux abords du Temple, l’esplanade grouille de monde, les marches du parvis du Temple sont noires de monde, la ville de Jérusalem n’y suffit pas… aussi loin que porte le regard, les foules affluent… il en vient de partout, il en vient du bout du monde. Et toute cette foule immense chante à pleine gorge, c’est une symphonie ; que chantent-ils ? « Dieu règne ! » C’est une clameur immense, superbe, gigantesque… Une clameur qui ressemble à l’ovation qu’on faisait à chaque nouveau roi le jour de son sacre, mais cette fois, ce n’est pas le peuple d’Israël qui acclame un roi de la terre, c’est l’humanité tout entière qui acclame le roi du monde : « Il est grand, le SEIGNEUR, hautement loué, redoutable » (toutes ces expressions sont empruntées au vocabulaire de cour »).
En fait, c’est beaucoup plus encore que l’humanité : la terre elle-même en tremble. Et voilà que les mers aussi entrent dans la symphonie : on dirait qu’elles mugissent. Et les campagnes entrent dans la fête, les arbres dansent. A-t-on déjà vu des arbres danser ? Et bien oui, ce jour-là ils dansent ! Bien sûr, si on y réfléchit, c’est normal ! Les mers sont moins bêtes que les hommes ! Elles, elles savent qui les a faites, qui est leur créateur ! Elles mugissent pour Lui, elles l’acclament à leur manière. Les arbres des forêts, eux aussi, sont moins bêtes que les hommes : ils  savent reconnaître leur créateur : parmi des tas d’idoles, de faux dieux, pas d’erreur possible, les arbres ne s’y laissent pas prendre.
PROCLAMER LA BONNE NOUVELLE SUR TOUS LES TOITS
Les hommes, eux, se sont laissé berner longtemps… Il suffit de se rappeler le combat des prophètes contre l’idolâtrie au long des siècles ! On entend ici cette même pointe contre l’idolâtrie « néant les dieux des nations ». Il est incroyable que les hommes aient mis si longtemps à reconnaître leur Céateur, leur Père… qu’il ait fallu leur redire cent fois cette évidence que le Seigneur est « redoutable au-dessus de tous les dieux » ; que « c’est LUI, le SEIGNEUR, (sous-entendu « et personne d’autre ») qui a fait les cieux ».
Mais cette fois c’est arrivé ! Et on vient à Jérusalem pour acclamer Dieu parce qu’enfin on a entendu la bonne nouvelle ; et si on a pu l’entendre c’est parce qu’elle était clamée à nos oreilles depuis des siècles ! Oui, « de jour en jour, Israël avait proclamé son salut »… de jour en jour Israël avait raconté l’œuvre  de Dieu, ses merveilles, traduisez son œuvre  incessante de libération… de jour en jour Israël avait témoigné que Dieu l’avait libéré de l’Egypte d’abord, puis de toutes les sortes d’esclavage : et le plus terrible des esclavages, c’est de se tromper de Dieu, c’est de mettre sa confiance dans de fausses valeurs, des faux dieux qui ne peuvent que décevoir, des idoles…
Israël a cette chance immense, cet honneur inouï, ce bonheur de savoir et d’être chargé de dire que le SEIGNEUR notre Dieu, l’Eternel  est le seul Dieu, est le Dieu UN ; comme le dit la profession de foi juive, le « shema Israël » : « Ecoute Israël, le SEIGNEUR ton Dieu est le SEIGNEUR UN ». C’est le mystère de la vocation d’Israël dont on n’a pas fini de s’émerveiller ; comme le dit le livre du Deutéronome : « A toi, il t’a été donné de voir, pour que tu saches que c’est le SEIGNEUR qui est Dieu : il n’y en a pas d’autre que lui. » Mais le peuple choisi n’a jamais oublié que s’il lui a été donné de voir, c’est pour qu’il le fasse savoir.
Et alors, enfin, la bonne nouvelle a été entendue jusqu’aux extrémités de la terre… et tous se pressent pour entrer dans la Maison de leur Père. Nous sommes là en pleine anticipation ! En attendant que ce rêve se réalise, le peuple d’Israël fait retentir ce psaume pour renouveler sa foi et son espérance, pour puiser la force de faire entendre la bonne nouvelle dont il est chargé.
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DEUXIEME  LECTURE – Lettre de Paul à Tite  2, 11-14  (

3, 4-7 pour la Messe de l’Aurore de Noël)
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Bien-aimé,
2, 11 la grâce de Dieu s’est manifestée
pour le salut de tous les hommes.
12 C’est elle qui nous apprend à renoncer à l’impiété
et aux convoitises de ce monde,
et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable,
avec justice et piété,
13 attendant que se réalise la bienheureuse espérance :
la manifestation de la gloire
de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus-Christ.
14 Car il s’est donné pour nous
afin de nous racheter de toutes nos fautes,
et de nous purifier
pour faire de nous son peuple,
un peuple ardent à faire le bien.
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Bien-aimé,
3, 4 lorsque Dieu, notre Sauveur,
a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes ;
5 il nous a sauvés,
non pas à cause de la justice de nos propres actes,
mais par sa miséricorde.
Par le bain du baptême, il nous a fait renaître
et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint.
6 Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance,
par Jésus-Christ notre Sauveur,
7 afin que, rendus justes par sa grâce,
nous devenions en espérance
héritiers de la vie éternelle.
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PLONGES DANS LA GRACE DE DIEU PAR LE BAPTEME
Les Crétois avaient très mauvaise réputation au temps de Paul ; c’est un poète local, Epiménide de Cnossos, au sixième siècle av. J.C. qui les traitait de « Crétois, perpétuels menteurs, bêtes méchantes, panses malfaisantes ». Et Paul, en le citant, le confirme en disant : « Ce témoignage est vrai » ! C’est pourtant de ces Crétois pleins de défauts que Paul a essayé de faire des Chrétiens. Apparemment, il a eu fort à faire. Puis il a laissé à Tite, resté sur place, la mission d’organiser la communauté chrétienne toute neuve.1
Cette lettre à Tite contient donc les conseils du fondateur de la communauté à celui qui en est désormais le responsable. Vous savez que, pour des raisons de style, de vocabulaire et même de vraisemblance chronologique, beaucoup de ceux qui connaissent bien les épîtres pauliniennes pensent que cette lettre à Tite (comme les deux lettres à Timothée, d’ailleurs) aurait été écrite seulement à la fin du premier siècle, c’est-à-dire trente ans environ après la mort de Paul, mais dans la fidélité à sa pensée et pour appuyer son œuvre .
Dans l’incapacité de trancher, nous continuerons à parler de Paul comme s’il était l’auteur, puisque c’est le contenu de la lettre qui nous intéresse. Quelle que soit l’époque à laquelle cette lettre a été rédigée, il faut croire que les difficultés des Crétois persistaient ! A propos de contenu, cette lettre à Tite est particulièrement courte, trois pages seulement et nous lisons ici la fin du chapitre 2 (le début du chapitre 3 est en outre proposé à Noël pour la Messe de l’Aurore et l’ensemble de ces deux textes pour la Fête du Baptême du Seigneur, année C). Tout ce qui précède et ce qui suit cet ensemble consiste en recommandations extrêmement concrètes à l’intention des membres de la communauté, vieux et jeunes, hommes et femmes, maîtres et esclaves. Les responsables ne sont pas oubliés et si Paul insiste sur l’irréprochabilité qu’on doit exiger d’eux, il faut croire que cela n’allait pas de soi ! « Il faut que l’épiscope soit irréprochable en sa qualité d’intendant de Dieu : ni arrogant, ni buveur, ni batailleur, ni avide de gains honteux. Il doit être hospitalier, ami du bien, pondéré, juste, saint, maître de soi, fermement attaché à la Parole… » Une telle avalanche de conseils donne une idée des progrès qui restaient à faire : en général un bon pédagogue ne se hasarde pas à donner des conseils superflus…
LES BAPTISES COLLABORENT A L’ŒUVRE DE DIEU
Ce qui est très intéressant pour nous, c’est l’articulation entre tous ces conseils d’ordre moral et le passage qui nous intéresse aujourd’hui et qui est au contraire un exposé théologique sur le mystère de la foi ; mais justement, pour Paul, l’un découle de l’autre ; c’est notre Baptême qui fait de nous des hommes nouveaux. Paul vient de donner toute sa série de conseils et il les justifie par la seule raison que « la grâce de Dieu s’est manifestée », comme il dit. D’ailleurs, pour qui a la curiosité d’aller vérifier dans sa Bible, on s’aperçoit que la lecture du Missel omet un mot très important. Dans la Bible, notre texte commence en réalité par le mot « CAR ». Ce qui donne : (Comportez-vous bien) « Car la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. »
Cela veut dire que la morale chrétienne s’enracine dans l’événement qui est la charnière de l’histoire du monde : la naissance du Christ. Quand Paul dit « la grâce de Dieu s’est manifestée », il faut traduire « Dieu s’est fait homme ». Et désormais, c’est notre manière d’être hommes qui est transformée : « Par le bain du Baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. » (3,5). Désormais la face du monde est changée, et donc aussi notre comportement. Encore faut-il nous prêter à cette transformation. Et le monde attend de nous ce témoignage. Il ne s’agit pas de mérites à acquérir (« il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. »), mais de témoignage à porter. Le mystère de l’Incarnation va jusque-là. Dieu veut le salut de toute l’humanité, pas seulement le nôtre ! « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » Mais il attend notre collaboration pour cela.
C’est donc la transformation de l’humanité tout entière qui est au programme, si l’on peut dire ; car le projet de Dieu, prévu de toute éternité, c’est de nous réunir tous autour de Jésus-Christ. Tellement serrés autour de lui que nous ne ferons qu’un avec lui. Réunir, c’est-à-dire surmonter nos divisions, nos rivalités, nos haines, pour faire de nous un seul homme ! Il y a encore du chemin à faire, c’est vrai ; tellement de chemin que les incroyants disent que « c’est une utopie » ; mais les croyants affirment « puisque c’est une promesse de Dieu, c’est une certitude ! » Paul dit bien : « attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus-Christ. » le mot « attendant » veut bien dire « c’est certain, tôt ou tard, cela viendra. »
Au passage, nous reconnaissons là une phrase que le prêtre prononce à chaque Eucharistie, après le Notre Père : « Nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus-Christ notre Sauveur ». Ce n’est pas une manière de nous voiler la face sur les lenteurs de cette transformation du monde, c’est un acte de foi : nous osons affirmer que l’amour du Christ aura le dernier mot.
Cette certitude, cette attente sont le moteur de toute liturgie : au cours de la célébration, les Chrétiens ne sont pas des gens tournés vers le passé mais déjà un seul homme debout tourné vers l’avenir. Quand viendra la fin du monde, le journaliste de service écrira : « Et ils se levèrent comme un seul homme. Et cet homme avait pour nom Jésus-Christ ».
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Note
Quand a été fondée la communauté chrétienne en Crète ? Il y a deux hypothèses : soit au cours du transfert de Paul à Rome (Ac 27), soit au cours d’un ultime voyage.
Concernant le premier transfert à Rome, d’après les Actes des Apôtres, le bateau qui transportait Paul prisonnier en attente d’un jugement à Rome a fait escale dans un endroit appelé « Beaux Ports » au sud de l’île.
Mais Luc ne parle pas de la naissance d’une communauté à cette occasion, et Tite ne faisait pas partie du voyage. On sait qu’après de nombreuses péripéties, ce voyage s’est terminé comme prévu à Rome où Paul a été emprisonné pendant deux ans dans des conditions très libérales : on pourrait parler plutôt de « résidence surveillée ».
Concernant la deuxième hypothèse, on suppose que cette première captivité romaine s’est soldée par une remise en liberté. Paul aurait alors entrepris un quatrième voyage missionnaire, et c’est au cours de ce dernier voyage qu’il aurait évangélisé la Crète.
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EVANGILE : Luc 2,1-14
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1 En ces jours-là,
parut un édit de l’empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre.
2 – Ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.-
3 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
4 Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth,
vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.
Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
5 Il venait se faire recenser avec Marie,
qui lui avait été accordée en mariage
et qui était enceinte.
6 Or, pendant qu’ils étaient là,
le temps où elle devait enfanter fut accompli.
7 Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l’emmaillotta et le coucha dans une mangeoire,
car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
8 Dans la même région, il y avait des bergers
qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs
pour garder leurs troupeaux.
9 L’ange du Seigneur se présenta devant eux,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d’une grande crainte.
10 Alors l’ange leur dit :
« Ne craignez pas,
car voici que je vous annonce une bonne nouvelle,
qui sera une grande joie pour tout le peuple :
11 Aujourd’hui, dans la ville de David,
vous est né un Sauveur,
qui est le Christ, le Seigneur.
12 Et voici le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né
emmaillotté et couché dans une mangeoire. »
13 Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
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DIEU A TELLEMENT AIME LE MONDE QU’IL A DONNE SON FILS UNIQUE
Lorsque le prophète Isaïe annonçait des temps meilleurs au roi Achaz, grâce à la naissance d’un futur roi, il lui disait « Il fera cela, l’amour jaloux du SEIGNEUR de l’univers. » (Is 9,6). Cette phrase résonne en filigrane de tout l’évangile de Luc sur la naissance de Jésus.
Car la nuit de Bethléem résonne d’une merveilleuse annonce : « Paix aux hommes que Dieu aime. » Encore faut-il ne pas l’entendre de travers : le texte ne signifie pas qu’il y a ceux que Dieu aime et les autres ! Il faut évidemment traduire : « Paix aux hommes parce que Dieu les aime. » Tout le projet de Dieu est dit là, une fois de plus. « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3,16). Alors, bien sûr, nous n’avons rien à craindre : « Ne craignez pas », disent les anges aux bergers : que peut-on craindre d’un tout petit ? Et si Dieu, tout simplement, avait imaginé de naître sous les traits d’un nourrisson pour que nous quittions à tout jamais nos craintes spontanées à son égard ?
Comme Isaïe, l’Ange annonce la naissance d’un roi : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. » Autrement dit, celui que tout le peuple attendait depuis des siècles, est enfin né. Car tout le monde avait en tête la prophétie de Nathan au roi David (2 S 7, voir au quatrième dimanche de l’Avent de l’Année A) : « Le SEIGNEUR t’annonce qu’il te fera lui-même une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. » (2 S 7,11-12).
D’où l’importance des précisions données par Luc sur les origines du père de l’enfant : « Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. » On savait aussi, à cause de la prophétie de Michée, que le Messie naîtrait à Bethléem : « Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël… Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du SEIGNEUR, par la majesté du nom du SEIGNEUR, son Dieu… et lui-même, il sera la paix ! » (Mi 5, 1… 4).
L’HERITIER DE TOUTES CHOSES NAIT PARMI LES PAUVRES
C’est donc bien une « bonne nouvelle, une grande joie » qu’annoncent les Anges aux bergers, et l’on comprend que les armées célestes chantent la gloire de Dieu. Mais le plus surprenant, ici, est le contraste entre la grandeur du destin promis au Messie et la petitesse de cet enfant né dans les circonstances les plus modestes. Pour l’instant, « la force du bras de Dieu »* qui libère son peuple, dont parle le psaume 88/89, repose dans deux petites mains d’enfant dans une famille pauvre, parmi tant d’autres ! Et c’est bien cela le plus étrange, peut-être : il n’y a rien de remarquable dans la pauvreté tout-à-fait ordinaire de la crèche ; mais justement, le signe de Dieu est là : c’est dans la banalité quotidienne, voire la pauvreté, que nous le rencontrons. C’est justement cela le mystère de l’Incarnation.
Celui que la lettre aux Hébreux appelle  « l’héritier de toutes choses » (He 1,2) naît parmi les pauvres ; celui que Saint Jean appelle « la lumière du monde » est né dans la pénombre d’une étable ; et celui qui est la Parole de Dieu créant le monde a dû être mis au monde comme toute créature et devra, comme tout un chacun, apprendre à parler. Pas étonnant que « les siens ne l’aient pas reconnu » ! Pas étonnant non plus que ce soient les pauvres et les petits qui aient le plus volontiers accueilli son message. Le « Miséricordieux », celui qui est attiré par toute pauvreté a tant pitié de la nôtre qu’en nous invitant à nous pencher sur ce berceau, il nous indique le meilleur moyen de lui ressembler. Ainsi nous est donné le pouvoir de « devenir enfants de Dieu » (Jn 1,12).
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Note
*Ps 88/89,11
Compléments
– « Premier-né » : en langage biblique, cela ne signifie pas qu’il y a eu d’autres enfants après, cela signifie qu’il n’y en a pas eu avant. C’est un terme juridique : le premier-né devait être consacré à Dieu.
– « Bethléem » signifie littéralement « maison du pain » ; le pain de vie est donné au monde.
– Les titres donnés à Jésus : l’empereur se faisait révérer comme Dieu et Sauveur ; en réalité, le seul qui puisse porter ces titres en vérité est le nouveau-né de Bethléem.

FETE DE NOEL – MESSE DU JOUR

LECTURE DU LIVRE DU PROPHETE ISAÏE  52,7-10
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7 Comme ils sont beaux sur les montagnes,
les pas du messager,
celui qui annonce la paix,
qui porte la bonne nouvelle,
qui annonce le salut,
et vient dire à Sion :
« Il règne, ton Dieu ! »
8  Écoutez la voix des guetteurs :
ils élèvent la voix,
tous ensemble ils crient de joie
car, de leurs propres yeux,
ils voient le SEIGNEUR qui revient à Sion.
9 Éclatez en cris de joie,
vous, ruines de Jérusalem,
car le SEIGNEUR console son peuple,
il rachète Jérusalem !
10  Le SEIGNEUR a montré la sainteté de son bras
aux yeux de toutes les nations.
Tous les lointains de la terre
ont vu le salut de notre Dieu.
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LE SEIGNEUR CONSOLE SON PEUPLE

« Eclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem ! » L’expression  « ruines de Jérusalem » nous permet de situer très précisément ce texte d’Isaïe : Jérusalem a été dévastée par les troupes de Nabuchodonosor en 587 av. J.C. Elles ont commis les horreurs que commettaient toutes les armées victorieuses à l’époque : pillage, destructions, viols, profanations. Des agriculteurs ont été maintenus sur place pour nourrir les occupants ; et ce qui restait d’hommes et de femmes valides ont été emmenés en déportation à Babylone. Cet Exil devait durer cinquante ans, ce qui est considérable ; amplement le temps de se décourager, de croire qu’on ne reverrait jamais le pays.

Et voilà que le prophète annonce le retour ; il a commencé sa prédication par les mots « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu » (Is 40,1). Ici, il reprend exactement le même mot « consoler »  (« le SEIGNEUR console son peuple »), pour dire que Dieu a déjà agi, le retour est pour très bientôt. Et il voit déjà le messager qui ira annoncer la grande nouvelle à Jérusalem et le guetteur qui, du haut des collines de Jérusalem, verra revenir les colonnes de déportés.
Un messager à pied et un guetteur, voilà deux personnages qu’on a bien du mal à se représenter aujourd’hui ! En ce temps de télécommunications triomphantes (télévision, téléphone portatif, fax…) nous avons un effort d’imagination à faire !
Mais dans le monde antique, il n’y avait pas d’autre moyen qu’un coureur à pied pour annoncer les nouvelles. On connaît le fameux exemple du coureur de Marathon : en 490 av. J.C., lorsque les Athéniens ont remporté la bataille de Marathon contre les Perses, un coureur s’est précipité à Athènes (qui est à quarante-deux kilomètres de Marathon), pour annoncer la Bonne Nouvelle de la victoire. Il a couru d’un trait les quarante-deux kilomètres et a juste eu le temps de crier victoire avant de s’effondrer. C’est de là que vient notre expression « courir le Marathon ».
A l’époque, lorsque les messagers couraient porter les nouvelles, il y avait dans le même temps des guetteurs postés sur les murailles des villes ou sur les collines alentour pour surveiller l’horizon.
Isaïe imagine le guetteur posté sur le haut des remparts ou sur le mont des oliviers, peut-être, et qui voit déjà voler de colline en colline le messager qui annonce le retour au pays : « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut ». Non seulement le peuple est sauvé, mais la ville elle-même va l’être, elle sera rebâtie par ceux qui reviennent. C’est pour cela que les ruines de Jérusalem sont invitées à éclater en cris de joie.
NOTRE MISSION : MESSAGERS QUI ANNONCENT LE SALUT
A l’époque on considérait que les défaites d’un peuple étaient aussi celles de son Dieu. Mais voici que le peuple est délivré, son Dieu a fait preuve de sa puissance, il « a montré la sainteté de son bras » comme dit Isaïe. C’est pour cela que le messager vient dire à la ville sainte : « Il règne, ton Dieu ».
Une fois de plus, Dieu a délivré son peuple comme il l’avait libéré d’Egypte, « à main forte et à bras étendu », comme dit le livre du Deutéronome (Dt 4,34). Et, juste derrière le messager, le guetteur voit déjà le cortège triomphal ; et du haut des remparts, que voit-il ? Qui est en tête du cortège triomphal du retour ? Le Seigneur lui-même !  Le Seigneur revient à Sion. Il marche au milieu de son peuple et désormais, il sera de nouveau là, à Jérusalem, au milieu de son peuple.
Pour dire cette action de Dieu, Isaïe emploie un mot très fort, le mot « racheter ». Dans le langage biblique,  ce mot  « racheter »  signifie  « libérer » : vous connaissez l’institution du « Go’el » : lorsqu’un Israélite a été obligé de se vendre comme esclave ou de vendre sa maison à son créancier pour payer ses dettes, son plus proche parent se présentera au créancier pour libérer son parent débiteur. On dira qu’il « rachète » son parent, qu’il le « revendique »… Bien sûr le créancier ne laissera pas partir son débiteur s’il n’est pas remboursé, mais cet aspect financier n’est pas premier dans l’opération. Ce qui est premier, c’est la libération du débiteur. Isaïe a eu l’audace d’appliquer ce mot de « Go’el » à Dieu : manière de dire à la fois qu’il est le plus proche parent de son peuple et qu’Il le libère.
Autre phrase significative de ce texte et qui traduit une avancée très importante de la pensée juive pendant l’Exil à Babylone : c’est à ce moment-là qu’Israël a découvert l’amour de Dieu pour toute l’humanité et pas seulement pour son peuple. Il a compris que son « élection » est une mission au service du salut de toute l’humanité. C’est ce qui explique la phrase :
« Le SEIGNEUR a montré la sainteté de son bras aux yeux de toutes les nations. Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. » : c’est-à-dire, bientôt, elles reconnaîtront que Dieu est sauveur.
Pour nous qui relisons ce texte à l’occasion du la fête de Noël, évidemment, cette prédication d’Isaïe prend un sens nouveau ; plus que jamais, nous pouvons dire : « Le SEIGNEUR a montré la sainteté de son bras aux yeux de toutes les nations. Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. » Notre mission, désormais, c’est d’être ces messagers qui annoncent la paix, ces messagers de la bonne nouvelle, qui annoncent le salut, ceux qui viennent dire non seulement à la cité sainte mais au monde entier : « Il est roi, ton Dieu » !
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PSAUME 97 (98),1-6
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1 Chantez au SEIGNEUR un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire.

 2 Le SEIGNEUR a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
3 il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.

  La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
4 Acclamez le SEIGNEUR, terre entière.
sonnez, chantez, jouez !

5 Jouez pour le SEIGNEUR sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
6 au son de la trompette et du cor 1,
acclamez votre roi, le SEIGNEUR !
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LE PEUPLE DE L’ALLIANCE…
« La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu » : c’est le peuple d’Israël qui parle ici et qui dit « notre » Dieu, affichant ainsi la relation tout-à-fait privilégiée qui existe entre ce petit peuple et le Dieu de l’univers ; mais Israël a peu à peu compris que sa mission dans le monde est précisément de ne pas garder jalousement pour lui cette relation privilégiée mais d’annoncer l’amour de Dieu pour tous les hommes, afin d’intégrer peu à peu l’humanité tout entière dans l’Alliance.
Ce psaume dit très bien ce que l’on pourrait appeler « les deux amours de Dieu » : son amour pour son peuple choisi, élu, Israël… ET son amour pour l’humanité tout entière, ce que le psalmiste appelle les « nations » … Relisons le verset 2 : « Le SEIGNEUR a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations » : les « nations », ce sont tous les autres, les païens, ceux qui ne font pas partie du peuple élu.  Mais vient aussitôt le verset 3 : « Il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël », ce qui est l’expression consacrée pour rappeler ce qu’on appelle « l’élection d’Israël ». Derrière cette toute petite phrase, il faut deviner tout le poids d’histoire, tout le poids du passé : les simples mots « sa fidélité », « son amour » sont le rappel vibrant de l’Alliance : c’est par ces mots-là que, dans le désert, Dieu s’est fait connaître au peuple qu’il a choisi. « Dieu d’amour et de fidélité ». Cette phrase veut  dire : oui, Israël est bien le peuple choisi, le peuple élu ; mais la phrase d’avant, et ce n’est peut-être pas un hasard si elle est placée avant, cette phrase qui parle des nations, rappelle bien que si Israël est choisi, ce n’est pas pour en jouir égoïstement, pour se considérer comme fils unique, mais pour se comporter en frère aîné. Comme disait André Chouraqui, « le peuple de l’Alliance est destiné devenir l’instrument de l’Alliance des peuples ».
L’un des grands acquis de la Bible, c’est que Dieu aime toute l’humanité, et pas seulement Israël. Dans ce psaume, cette certitude marque la composition même du texte ; si on regarde d’un peu plus près la construction de ces quelques versets, on remarque la disposition en « inclusion » de ces deux  versets  2 et 3 : l’inclusion est un procédé de style qu’on trouve souvent dans la Bible. Une inclusion, c’est un peu comme un encadré, dans un journal ou dans une revue ; bien évidemment le but est de mettre en valeur le texte écrit dans le cadre.
Dans une inclusion, c’est la même chose : le texte central est mis en valeur, « encadré » par deux phrases identiques, une avant, l’autre après… Ici, la phrase centrale, qui parle d’Israël, est encadrée par deux phrases synonymes qui parlent des nations : « Le SEIGNEUR a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations », voilà la première phrase donc, sur les nations … la deuxième phrase, elle, concerne Israël : « il s’est rappelé sa fidélité, son amour en faveur de la maison d’Israël »… et voici la troisième phrase : « la terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu ». Le mot « nations » ne figure pas ici, mais il est remplacé par l’expression « la terre tout entière ». La phrase centrale sur ce qu’on appelle «  l’élection d’Israël » est donc encadrée par deux phrases sur l’humanité tout entière. L’élection d’Israël est centrale mais on n’oublie pas qu’elle doit rayonner sur l’humanité tout entière et cette construction le manifeste bien.
…AU SERVICE DE L’ALLIANCE DES PEUPLES
Et quand le peuple d’Israël, au cours de la fête des Tentes à Jérusalem, acclame Dieu comme roi, ce peuple sait bien qu’il le fait déjà au nom de l’humanité tout entière ; en chantant cela, on imagine déjà (parce qu’on sait qu’il viendra) le jour où Dieu sera vraiment le roi de toute la terre, c’est-à-dire reconnu par toute la terre.
La première dimension de ce psaume, très importante, c’est donc l’insistance sur ce « les deux amours de Dieu », pour son peuple choisi, d’une part, et pour toute l’humanité, d’autre part. Une deuxième dimension de ce psaume est la proclamation très appuyée de la royauté de Dieu.
Par exemple, on chante au Temple de Jérusalem « Acclamez le SEIGNEUR, terre entière, acclamez votre roi, le SEIGNEUR » Mais dire « on chante », c’est trop faible ; en fait, par le vocabulaire employé en hébreu, ce psaume est un cri de victoire, le cri que l’on pousse sur le champ de bataille après la victoire, la « terouah » en l’honneur du vainqueur. Le mot de victoire revient trois fois dans les premiers versets. « Par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire » … « Le SEIGNEUR a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations »… « La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu ».
La victoire de Dieu dont on parle ici est double : c’est d’abord la victoire de la libération d’Egypte ; la mention « par son bras très saint, par sa main puissante » est une allusion au premier exploit de Dieu en faveur des fils d’Israël, la traversée miraculeuse de la mer qui les séparait définitivement de l’Egypte, leur terre de servitude. L’expression « Le SEIGNEUR t’a fait sortir d’Egypte à main forte et à bras étendu » (Dt 5,15) était devenue la formule-type de la libération d’Egypte. La formule « il a fait des merveilles » (au verset 1 de ce psaume) est aussi un rappel de la libération d’Egypte.
Mais quand on chante la victoire de Dieu, on chante également la victoire attendue pour la fin des temps, la victoire définitive de Dieu contre toutes les forces du mal. Et déjà on acclame Dieu comme jadis on acclamait le nouveau roi le jour de son sacre en poussant des cris de victoire au son des trompettes, des cornes et dans les applaudissements de la foule. Mais alors qu’avec les rois de la terre, on allait toujours vers une déception, cette fois, on sait qu’on ne sera pas déçus ; raison de plus pour que cette fois la « terouah » soit particulièrement vibrante !
Désormais les Chrétiens acclament Dieu avec encore plus de vigueur parce qu’ils ont vu de leurs yeux le roi du monde : depuis l’Incarnation du Fils, ils savent et ils affirment (envers et contre tous les événements apparemment contraires), que le Règne de Dieu, c’est-à-dire de l’amour est déjà commencé.
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Note
1 – Les instruments de musique : c’est par les psaumes, et en particulier le Ps 150 que l’on connaît les instruments de musique de l’époque. Ici déjà, en voici 3 énumérés : cithare, trompette et cor.
Complément : Devant la Crèche, on ne peut pas s’empêcher de penser que, pour l’instant la force divine du bras de Dieu qui libère son peuple repose dans deux petites mains d’enfant.
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LECTURE DE LA LETTRE AUX HEBREUX  1,1-6
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1 À bien des reprises
et de bien des manières,
Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
2 mais à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils
qu’il a établi héritier de toutes choses
et par qui il a créé les mondes.
3  Rayonnement de la gloire de Dieu,
expression parfaite de son être,
le Fils, qui porte l’univers
par sa parole puissante,
après avoir accompli la purification des péchés,
s’est assis à la droite de la Majesté divine
dans les hauteurs des cieux ;
4  et il est devenu bien supérieur aux anges,
dans la mesure même où il a reçu en héritage
un nom si différent du leur.
5  En effet, Dieu déclara-t-il jamais à un ange :
« Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? »
Ou bien encore :
« Moi, je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils ? »
6 À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né
dans le monde à venir,
il dit :
« Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. »
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DIEU A PARLE A NOS PERES PAR LES PROPHETES
« Dieu a parlé à nos pères par les prophètes » ; à travers cette phrase on devine que les destinataires de la lettre aux Hébreux sont des Juifs devenus chrétiens. L’une des caractéristiques d’Israël, c’est bien cette conviction que Dieu s’est révélé progressivement à ce peuple qu’il a choisi. Parce que Dieu n’est pas à la portée de l’homme, il faut bien qu’il se révèle lui-même. Vous connaissez la fameuse phrase de Paul dans la lettre aux Ephésiens : « Dieu nous dévoile le mystère de sa volonté… » (Ep 1,9). Sous-entendu, nous ne l’aurions pas trouvé tout seuls. Et cette révélation ne pouvait être que progressive, tout comme l’éducation d’un enfant ne se fait pas en un jour. Au contraire, les parents disent à leur enfant progressivement, au fur et à mesure du développement de son intelligence, ce dont il a besoin pour comprendre le monde et la société dans laquelle il vit. C’est exactement comme cela que Moïse explique la pédagogie de Dieu dans le livre du Deutéronome : « Comme un homme éduque son fils, ainsi le SEIGNEUR ton Dieu fait ton éducation. » (Dt 8,5).
Pour cette éducation progressive de son peuple, Dieu a suscité, à chaque époque, des prophètes qui parlaient de sa part, dans des termes qui correspondaient à la mentalité de l’époque. On disait qu’ils  étaient la « bouche de Dieu ». Comme dit l’une des phrases de notre liturgie : « Tu les as formés par les prophètes dans l’espérance du salut. » (Prière Eucharistique N° IV). Parce que Dieu utilise avec son peuple cette pédagogie très progressive, il lui parle « à bien des reprises et de bien des manières » (v.1).
Quand l’auteur de la lettre aux Hébreux prend la plume, ce salut est arrivé : c’est pour cela qu’il coupe l’histoire de l’humanité en deux périodes : avant Jésus-Christ et depuis Jésus-Christ. Avant Jésus-Christ, c’est ce qu’il appelle le passé ; depuis Jésus-Christ, c’est ce qu’il appelle « ces jours où nous sommes », c’est le temps de l’accomplissement. En Jésus-Christ, le monde nouveau est déjà inauguré. Le Christ est en lui-même l’accomplissement du projet de Dieu, ce que nous appelons son « dessein bienveillant ».
Après l’éblouissement et la stupeur de la résurrection du Christ, la conviction des premiers Chrétiens s’est forgée peu à peu : oui, Jésus de Nazareth est bien le Messie que le peuple juif attendait, mais il est bien différent de l’idée qu’on s’en était faite à l’avance. L’ensemble du Nouveau Testament médite cette découverte étonnante. Certains attendaient un Messie-roi, d’autres, un Messie-prophète, d’autres, un Messie-prêtre. L’auteur de la lettre aux Hébreux, dans le passage d’aujourd’hui, nous dit : Eh bien, mes frères, Jésus est bien tout cela.
Je vous propose donc une remarque sur chacun de ces trois points : Jésus est le Messie-prophète qu’on attendait, il est le Messie-prêtre, il est le Messie-Roi.
LE CHRIST, PRETRE, PROPHETE ET ROI
Pour commencer, Il est le Messie – prophète : l’auteur nous dit : « Dieu nous a parlé par son Fils » : Jésus est bien le prophète par excellence ; si les prophètes de l’Ancien Testament étaient la « bouche de Dieu », lui, il est la Parole même de Dieu, la Parole créatrice « par qui Dieu a créé les mondes » (v. 2). Mieux encore, il est le « rayonnement de la gloire de Dieu » (v. 3)1 ; il dira lui-même « qui m’a vu a vu le Père » (il est l’expression parfaite de l’être de Dieu, v. 3).
Ensuite, Il est le Messie – prêtre : c’était le rôle du grand-prêtre d’être l’intermédiaire entre Dieu et le peuple pécheur ; or, en vivant une relation d’amour parfaite avec son Père, une véritable relation filiale, Jésus-Christ restaure l’Alliance entre Dieu et l’humanité. Il est donc le grand-prêtre par excellence, qui accomplit la « purification  des péchés » : cette « purification des péchés », (l’auteur reviendra longuement sur ce thème dans la suite de sa lettre), Jésus l’a opérée en vivant toute sa vie dans une relation parfaitement filiale, comme un parfait dialogue d’amour et « d’obéissance » avec son Père.
Enfin, Il est le Messie – roi : l’auteur lui applique des titres et des prophéties qui concernaient le Messie : on a là l’image du trône royal, « il est assis à la droite de la Majesté divine », et surtout il est appelé « Fils de Dieu » : or c’était le titre qui était conféré au nouveau roi le jour de son sacre. « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré », était l’une des phrases de la cérémonie du sacre (reprise par le psaume 2). Et le prophète Natan avait annoncé : « Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. » (2 S 7,14). Et, à la différence des rois de la terre, lui, Il est roi sur toute la création, même les Anges : l’auteur nous dit  « il est devenu bien supérieur aux anges, dans la mesure même où il a reçu en héritage un nom si diffdérent du leur. »  (v. 4). Et lorsqu’il dit « Au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il (Dieu) dit : Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu », l’auteur annonce que le Christ est Dieu lui-même ! Puisque Dieu seul a droit à l’adoration des Anges.
Prêtre, prophète et roi, Jésus l’est donc, c’est pourquoi on peut l’appeler Christ qui veut dire « Messie » ; mais ce texte nous révèle en même temps notre propre grandeur puisque notre vocation est d’être intimement unis à Jésus-Christ, de devenir à notre tour les reflets de la gloire du Père… d’être à notre tour appelés Fils… d’être rois en lui… prêtres en lui… prophètes en lui. Au jour de notre baptême, le prêtre nous a annoncé que, désormais, nous étions membres du Christ, Prêtre, Prophète et Roi.
Et si ce passage nous est proposé dès le jour de Noël, c’est pour que nous sachions déjà déchiffrer le mystère de la crèche à cette profondeur-là. L’enfant qui nous est donné à contempler est porteur de tout ce mystère-là et nous en lui, par lui et avec lui.
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Note sur Hébreux 1,3
Dans l’expression « Rayonnement de la gloire de Dieu », on peut entendre un écho de l’épisode de la Transfiguration de Jésus.
Compléments
On a longtemps cru que la lettre aux Hébreux était de saint Paul. Aujourd’hui, on dit souvent par manière de boutade : « Ce n’est pas une lettre, elle n’est pas de saint Paul, elle ne s’adresse pas aux Hébreux. » Le mot « Hébreux », dans cet écrit, désigne probablement d’anciens Juifs devenus chrétiens. Cela expliquerait ses allusions très fréquentes aux textes bibliques et aux pratiques juives.
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EVANGILE DE JESUS CHRIST SELON SAINT JEAN  1,1-18
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1  Au commencement était le Verbe,
et le Verbe était auprès de Dieu,
et le Verbe était Dieu.
2  Il était au commencement auprès de Dieu.
3  C’est par lui que tout est venu à l’existence,
et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
4  En lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes ;
5  la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
6  Il y eut un homme envoyé par Dieu ;
son nom était Jean.
7  Il est venu comme témoin,
pour rendre témoignage à la Lumière,
afin que tous croient par lui.
8  Cet homme n’était pas la Lumière,
mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
9  Le Verbe était la vraie Lumière,
qui éclaire tout homme
en venant dans le monde.
10  Il était dans le monde,
et le monde était venu par lui à l’existence,
mais le monde ne l’a pas reconnu.
11  Il est venu chez lui,
et les siens ne l’ont pas reçu.
12  Mais à tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,
eux qui croient en son nom.
13  Ils ne sont pas nés du sang,
ni d’une volonté charnelle,
ni d’une volonté d’homme :
ils sont nés de Dieu.
14  Et le Verbe s’est fait chair,
il a habité parmi nous,
et nous avons vu sa gloire,
la gloire qu’il tient de son Père
comme Fils unique,
plein de grâce et de vérité.
15 Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant :
« C’est de lui que j’ai dit :
Celui qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était. »
16  Tous, nous avons eu part à sa plénitude,
nous avons reçu grâce après grâce ;
17 car la Loi fut donnée par Moïse,
la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
18  Dieu, personne ne l’a jamais vu ;
le Fils unique, lui qui est Dieu,
lui qui est dans le sein du Père,
c’est lui qui l’a fait connaître.
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LA CREATION EST LE FRUIT DE L’AMOUR
« Au commencement » : Jean reprend volontairement le premier mot de la Genèse (« Bereshit ») ; il faut entendre la profondeur de ce mot : ce n’est pas une précision d’ordre chronologique !  Ce qui commence, c’est ce qui commande toute l’histoire humaine, c’est l’origine, le fondement de toutes choses …
« Au commencement était le VERBE » : tout est mis sous le signe de la Parole, Parole d’Amour, Dialogue… Voilà l’Origine, le commencement de toutes choses… « Et le Verbe était au commencement auprès de Dieu » (v. 2-3) : en grec c’est « pros ton Théon »qui veut dire  littéralement « tourné vers Dieu » ; le Verbe était tourné vers Dieu…  C’est l’attitude du dialogue. Quand on dit « Je t’aime », ou quand on dialogue vraiment avec quelqu’un, on lui fait face ; on est « tourné vers lui » ; quand on lui tourne le dos, qu’on se détourne, le dialogue est rompu ; et il faudra faire demi-tour pour renouer le dialogue.
Ce que saint Jean nous dit ici est capital : la Création tout entière, puisque rien n’a été fait sans le Verbe, (la Création tout entière) est le fruit du dialogue d’amour du Père et du Fils ; et nous, à notre tour, nous sommes créés dans ce dialogue et pour ce dialogue. Nous sommes le fruit d’un dialogue d’amour. Bien sûr, c’est vrai concrètement au niveau de l’acte qui nous a engendrés chacun à la vie. Mais, spirituellement, nous pouvons nous dire que nous sommes le fruit de l’amour de Dieu. La vocation de l’humanité, d’Adam, pour reprendre le mot de la Genèse, c’est de vivre un parfait dialogue d’amour avec le Père.
Mais toute notre histoire humaine, malheureusement, étale le contraire. Le récit de la chute d’Adam et Eve, au deuxième chapitre de la Genèse, nous le dit à sa manière : il montre bien que le dialogue est rompu ; l’homme et la femme se sont méfiés de Dieu, ont soupçonné Dieu d’être mal intentionné à leur égard ; c’est le contraire même du dialogue d’amour ! Nous le savons bien : quand le soupçon traverse nos relations, le dialogue est empoisonné. Et, dans notre vie personnelle, toute l’histoire de notre relation à Dieu pourrait être représentée comme cela : nous sommes tantôt tournés vers lui, tantôt détournés et il nous faut alors faire demi-tour pour qu’il puisse renouer le dialogue… « Demi-tour », c’est exactement le sens du mot « conversion » dans la Bible.
NOTRE AVENIR : ENTRER DANS CE DIALOGUE
Le Christ, lui, vit en perfection ce dialogue sans ombre avec le Père : il vient prendre la tête de l’humanité ; j’ai envie de dire : il est le « OUI » de l’humanité au Père. Il vient vivre ce « OUI » au quotidien ; et alors, par lui, nous sommes réintroduits dans le dialogue primordial : « A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. ». « Pouvoir devenir enfants de Dieu », c’est retrouver cette relation filiale, confiante, sans ombre. Et le seul but du Christ, c’est que l’humanité tout entière puisse rentrer dans ce dialogue d’amour ; « ceux qui croient en son nom », ce sont ceux qui lui font confiance, qui marchent à sa suite. « Pour que le monde croie » : c’est le souhait ardent de Jésus : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17,21). Je reprends une phrase de Kierkegaard :  « Le contraire du péché, ce n’est pas la vertu, le contraire du péché, c’est la foi ».
« Croire », c’est faire confiance au Père, savoir en toutes circonstances, quoi qu’il nous arrive, que Dieu est bienveillant, ne jamais soupçonner Dieu, ne jamais douter de l’amour de Dieu pour nous et pour le monde… et du coup, bien sûr, regarder le monde avec ses yeux.
Regarder le monde avec les yeux de Dieu : « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous », cela veut dire qu’il n’y a pas besoin de s’évader du monde pour rencontrer Dieu. C’est dans la  « chair » même, dans la réalité du monde que nous lisons sa Présence. Comme Jean-Baptiste, à notre tour, nous sommes envoyés comme témoins de cette Présence.
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DEUXIEME LECTURE – lettre aux Hébreux 10,5-10

 Frères,
5 en entrant dans le monde,
le Christ dit :
Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande,
mais tu m’as formé un corps.
6 Tu n’as pas agréé les holocaustes
ni les sacrifices pour le péché ;
7 alors j’ai dit : Me voici,
je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté,
ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.
8  Le Christ commence donc par dire :
Tu n’as pas voulu ni agréé
les sacrifices et les offrandes,
les holocaustes et les sacrifices pour le péché,
ceux que la Loi prescrit d’offrir.
9 Puis il déclare :
Me voici, je suis venu pour faire ta volonté.
Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.
10 Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés,
par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps,
une fois pour toutes.

LA DISPONIBILITE VAUT MIEUX QUE TOUS LES SACRIFICES
Par deux fois, dans ces quelques lignes, nous avons entendu la même phrase : « Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté » ; elle est extraite du psaume 39/40. Il faut donc commencer par le relire : c’est un psaume d’action de grâces ; il commence par décrire le danger mortel auquel le peuple d’Israël a échappé : « D’un grand espoir j’espérais le SEIGNEUR : il s’est penché vers moi pour entendre mon cri. Il m’a tiré de l’horreur du gouffre, de la vase et de la boue ; il m’a fait reprendre pied sur le roc, il a raffermi mes pas. » Ce dont il est question ici, c’est la sortie d’Egypte ! Et c’est pour cette libération qu’on rend grâce. Le psaume continue : « Dans ma bouche, il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu. »
Et un peu plus loin : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles* ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : Voici, je viens. » Traduisez : la meilleure manière de rendre grâce à Dieu, ce n’est pas de lui offrir des sacrifices, c’est de nous rendre disponibles pour faire sa volonté.
Car, en définitive, ce « me voici », c’est la seule réponse que Dieu attend du coeur de l’homme ; c’est le fameux « me voici » des grands serviteurs de Dieu ; c’est celui d’Abraham, pour commencer, au moment du sacrifice d’Isaac ; entendant la voix de Dieu qui l’appelait, il a répondu simplement « me voici » ; et cette disponibilité du patriarche a toujours été donnée en exemple aux fils d’Israël : l’épisode que nous appelons le « sacrifice d’Isaac » (Gn 22) est considéré comme un modèle alors qu’on sait bien qu’Isaac n’a pas été immolé ; preuve qu’on a compris depuis longtemps que la disponibilité vaut mieux que tous les sacrifices.
Un autre célèbre « me voici », ce fut celui de Moïse au buisson ardent ; et cette disponibilité a suffi à Dieu pour faire de ce berger qui se disait bègue le grand chef de peuple qu’il est devenu.
Quelques siècles plus tard, au temps des Juges, un autre « Me voici » fut celui du petit Samuel, celui qui devait devenir un grand prophète du peuple d’Israël. Rappelez-vous le récit de sa vocation : il avait été consacré par ses parents au service de Dieu dans le sanctuaire de Silo auprès du prêtre Eli, et il habitait avec le vieux prêtre. Une nuit, il avait entendu à plusieurs reprises une voix qui l’appelait ; ce ne pouvait être que le prêtre, bien sûr ; et par trois fois, l’enfant s’était levé précipitamment pour répondre au prêtre « tu m’as appelé, me voici ». Et celui-ci, chaque fois, répondait « mais non, je ne t’ai pas appelé ». A la troisième fois, le prêtre avait compris que l’enfant ne rêvait pas et lui avait donné ce conseil : « la prochaine fois que la voix t’appellera, tu répondras : Parle SEIGNEUR, ton serviteur écoute. » (1 S 3,1-9). Et Samuel est resté dans la mémoire d’Israël comme un modèle de disponibilité à la volonté de Dieu. C’est lui qui, quelques années après cette nuit mémorable, devenu adulte, a osé dire au premier roi d’Israël (Saül) cette phrase superbe : « Le SEIGNEUR aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à la parole du Seigneur ? Non ! L’obéissance est préférable au sacrifice, la docilité à la graisse des béliers. » (1 S 15,22). L’idéal de Samuel c’était tout simplement d’être un humble serviteur de Dieu, ce qu’il fut pendant de nombreuses années.
Et vous savez bien que le titre de « serviteur » de Dieu est le plus beau compliment que l’on puisse faire à un croyant dans la Bible. Au point que, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, dans les pays de langue grecque, on aimait donner à son enfant le prénom de « Christodule » (christodoulos) qui veut dire « serviteur du Christ » ! (Il y a un monastère de saint Christodule à Patmos, par exemple).
PAS D’EXCUSE VALABLE POUR SE DEROBER
Cette insistance sur la disponibilité nous donne une double leçon à la fois très encourageante et terriblement exigeante : si Dieu ne sollicite que notre disponibilité, cela signifie que chacun, chacune de nous, tels que nous sommes, peut être utile pour le Royaume de Dieu ; voilà qui est encourageant et merveilleux. Mais, deuxième conséquence, cela veut dire également que, lorsqu’un engagement de service nous est demandé, nous ne pourrons plus jamais nous abriter derrière nos arguments habituels : notre fatigue, notre ignorance, notre incompétence ou notre indignité !
L’auteur de la Lettre aux Hébreux reprend donc le texte du psaume 39/40 et il sait bien qu’il parle au nom du peuple tout entier ; mais il l’applique à Jésus-Christ, car personne mieux que lui ne peut dire en toute vérité : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. »  Notons bien que la disponibilité du Christ à la volonté du Père ne commence pas au soir du Jeudi-Saint. Ce n’est donc pas seulement la mort du Christ qui est la matière de son offrande, mais sa vie tout entière, l’amour donné à tous au jour le jour, depuis le début de sa vie : « En entrant dans le monde, le Christ dit… tu m’as formé un corps… me voici. » (v. 5-7 citant encore le psaume 39/40).
Désormais, bien sûr, le Corps du Christ, que nous sommes, n’a rien d’autre à faire que de continuer chaque jour à dire « me voici »… (et à agir en conséquence évidemment).
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Note
– « Tu as ouvert mes oreilles » : c’est la formule du psaume 39/40 dans notre psautier ; elle est la traduction littérale du texte hébreu. Mais la traduction grecque (la Septante) avait rendu la phrase autrement : au lieu de « Tu as ouvert mes oreilles », elle porte : « Tu m’as formé un corps ». C’est cette traduction que reprend la lettre aux Hébreux.
Compléments
« Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice » : en français, nous serions tentés d’entendre là une interdiction des sacrifices. Mais nous sommes en hébreu, ne l’oublions pas. Cette formule hébraïque ne signifie pas que l’on devrait supprimer les sacrifices ; mais que ceux-ci perdent leur sens s’ils ne sont pas accompagnés par une vie de disponibilité et de service de Dieu et des hommes.
– Dans un contexte de lutte contre les idoles, on parlait aussi du « sacrifice des lèvres » ; c’est-à-dire une prière et une louange adressées au seul Dieu d’Israël. Parce que cela pouvait bien arriver qu’on offre de coûteux sacrifices au temple de Jérusalem tout en continuant à adresser des prières à d’autres dieux ; si cela ne fait pas de bien, cela ne fait pas de mal, comme on dit ; les prophètes étaient très sévères là-dessus, parce que cela fait du mal justement, contrairement à ce qu’on croit ! Offrir à Dieu le « sacrifice des lèvres » c’était lui appartenir sans partage. Et cela valait mieux, on le savait, que tous les sacrifices d’animaux. Il suffit de lire Osée par exemple : « Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres. » (Os 14,3).
– En matière de disponibilité comme unique condition pour le service de Dieu, on en a un bel exemple avec l’histoire de Jacob : ce n’était pas un « enfant de choeur », et le récit biblique ne fait rien pour atténuer sa malhonnêteté parfois ! Mais il avait une qualité majeure, la soif de Dieu. C’est cela qui lui a permis d’entrer dans la grande chaîne des serviteurs du projet de Dieu.

 

EVANGILE – selon Saint Luc 1,39-45

39 En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
40 Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Elisabeth.
41 Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Elisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
42  et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
43  D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
44 Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
45 Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

TU ES BENIE ENTRE TOUTES LES FEMMES
Nous sommes encore au tout début de l’évangile de Luc ; il y a eu, d’abord, les deux récits d’Annonciation : à Zacharie pour la naissance de Jean-Baptiste, puis à Marie pour la naissance de Jésus ; et voici ce récit que nous appelons couramment la « Visitation ». Tout ceci a plutôt les apparences d’un récit de famille, mais il ne faut pas s’y tromper : en fait, Luc écrit une oeuvre éminemment théologique ; il faut certainement donner tout son poids à la phrase centrale de ce texte : « Elisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte » ; cela veut dire que c’est l’Esprit Saint en personne qui parle pour annoncer dès le début de l’Evangile ce qui sera la grande nouvelle de l’évangile de Luc tout entier : celui qui vient d’être conçu est le « Seigneur ».
Et quelles sont ces paroles que l’Esprit inspire à Elisabeth ? « Tu es bénie »… « le fruit de tes entrailles est béni » : ce qui veut dire Dieu agit en toi et par toi et Dieu agit en ton fils et par ton fils. Comme toujours, l’Esprit Saint est celui qui nous permet de découvrir dans nos vies et celle des autres, tous les autres, la trace de l’oeuvre de Dieu.
Luc n’ignore certainement pas non plus que la phrase d’Elisabeth « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni » reprend au moins partiellement une phrase de l’Ancien Testament. C’est dans le livre de Judith (Jdt 13,18-19) : quand Judith revient de l’expédition dans le camp ennemi, où elle a décapité le général Holopherne, elle est accueillie dans son camp par Ozias qui lui dit : « Bénie sois-tu, ma fille, par le Dieu Très-Haut, plus que toutes les femmes de la terre ; et béni soit le Seigneur Dieu »
Marie est donc comparée à Judith : et le rapprochement entre ces deux phrases laisse entendre que Marie est la femme victorieuse qui assure à l’humanité la victoire définitive sur le mal. Décidément, ce récit de Luc n’est pas seulement anecdotique !
Au passage, on ne peut pas s’empêcher de comparer la force de parole d’Elisabeth au mutisme de Zacharie ! Parce qu’elle est remplie de l’Esprit Saint, Elisabeth a la force de parler ; tandis que, vous vous en souvenez, Zacharie ne savait plus parler après le passage de l’ange parce qu’il avait douté des paroles qui lui annonçaient la naissance de Jean-Baptiste.
Quant au futur Jean-Baptiste, lui aussi, il manifeste sa joie : Elisabeth nous dit qu’il « tressaille d’allégresse » dans le sein de sa mère dès qu’il entend la voix de Marie. Il faut dire que lui aussi est rempli de l’Esprit Saint : rappelez-vous les paroles de l’ange à Zacharie : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée. Ta femme Elisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse et beaucoup se réjouiront de sa naissance… il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère. »
LA NOUVELLE ARCHE D’ALLIANCE
Je reviens aux paroles d’Elisabeth : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Elle aussi nous renvoie à un épisode de l’Ancien Testament : l’arrivée de l’arche d’Alliance à Jérusalem (2 S 6,1-16) ; lorsque David se fut installé comme roi à Jérusalem, lorsqu’il eut un palais digne du roi d’Israël, il envisagea de faire monter l’Arche d’Alliance dans cette nouvelle capitale. Mais il était partagé entre la ferveur et la crainte ; il y eut donc une première étape dans l’enthousiasme et la joie : « David rassembla encore toute l’élite d’Israël : trente mille hommes. Puis il se mit en route ; avec tout le peuple qui l’accompagnait… pour faire monter l’arche de Dieu … On chargea l’arche de Dieu sur un chariot neuf… David et toute la maison d’Israël dansaient devant le SEIGNEUR, au son des instruments en bois de cyprès, cithares et harpes, des tambourins, des sistres et des cymbales. »
Mais là se produisit un incident qui rappela à David qu’on ne met pas impunément la main sur Dieu : un homme qui avait mis la main sur l’arche sans y être habilité mourut aussitôt. Alors, chez David la crainte l’emporta et il dit « Comment l’Arche du SEIGNEUR pourrait-elle entrer chez moi ? » Du coup le voyage s’arrêta là : David crut plus prudent de renoncer à son projet et remisa l’Arche dans la maison d’un certain Oved-Edom où elle resta trois mois. Mais là, il se produit du nouveau : la rumeur publique disait que la présence de l’arche apportait le bonheur à cette maison. Voilà David rassuré. Du coup, il se décida à faire venir l’arche à Jérusalem. La Bible raconte : « David et tout le peuple d’Israël firent monter l’arche du SEIGNEUR parmi les ovations, au son du cor. » Au comble de la joie et de l’émotion, David dansait devant l’arche : on nous dit qu’il « dansait devant le SEIGNEUR, en tournoyant de toutes ses forces. »
On peut penser que Luc a été heureux d’accumuler dans le récit de la Visitation les détails qui rappellent ce récit de la montée de l’Arche à Jérusalem : les deux  voyages, celui de l’Arche, celui de Marie se déroulent dans la même région, les collines de Judée ; l’Arche entre dans la maison d’Oved-Edom et elle y apporte le bonheur (2 S 6,12), Marie entre dans la maison de Zacharie et Elisabeth et y apporte le bonheur ; l’Arche reste trois mois dans cette maison d’Oved-Edom, Marie restera trois mois chez Elisabeth ; enfin David dansait devant l’Arche (le texte nous dit qu’il « sautait et tournoyait ») (2 S 6,16), et Luc note que Jean-Baptiste « bondit de joie » devant Marie qui porte l’enfant.
Tout ceci n’est pas fortuit, évidemment. Luc nous donne de contempler en Marie la nouvelle Arche d’Alliance. Or l’Arche d’Alliance était le lieu de la Présence de Dieu. Marie porte donc en elle mystérieusement, cette Présence de Dieu ; désormais Dieu habite notre humanité : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. »
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Complément
Mais pour que s’accomplisse le projet de Dieu, il a fallu la foi de Marie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » On ose à peine le croire : la grande œuvre

 du Maître de l’univers dépend de notre bon vouloir (et, dans le cas présent, du « oui » de Marie) : comment ne pas entonner avec elle, chez sa cousine, le chant du Magnificat : « Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ! »

ALBERT-LOUIS-MARIE-JOSEPH VALENSIN (1873-1944) (, EVANGILE SELON SAINT LUC, EVANGILES, EXEGESE, JOSEPH HUBY (1878-1948), LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

Une étude de l’Evangile selon saint Luc

Evangile selon Saint Luc

Huby/Valensin

Beauchesne, 1997. 485 pages

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RÉSUMÉ

Le troisième évangile a été universellement reçu dans l’Église primitive comme l’œuvre du médecin et disciple de saint Paul, appelé Luc. Jamais le fait n’a été contesté et dès la fin du IIe siècle les affirmations explicites attestent l’unanimité de l’adhésion à cette attribution. Le Canon dit « de Muratori », qui nous transmet l’écho de la tradition de l’Église Romaine, est pleinement d’accord sur ce point avec les témoignages des Églises d’Occident et d’Orient, tels que nous les font connaître saint Irénée et Tertullien, Clément d’ Alexandrie et Origène.
Ce que nous savons de l’auteur révèle une physionomie très attachante. Originaire, croit-on, d’Antioche, Grec de race et d’éducation, notre évangéliste joint à la conscience du narrateur la sympathie de l’artiste, à l’objectivité de l’historien le charme d’une âme largement ouverte à tout Ce qui est humain. Il a le goût de la précision, mais non de la minutie. Parle-t-il d’institutions, de géographie, d’art nautique ou de médecine, il se montre informé, sans toutefois étaler une vaine érudition. Raconte-t-il un fait, il est moins préoccupé d’en décrire tout le détail des circonstances contingentes que d’en dégager la portée universelle. Derrière les choses, il voit les idées. Il les exprime en une langue plastique et sereine, qui se revêt parfois d’une discrète teinte sémitique, mais reste élégante en sa simplicité.
Héritier de la civilisation hellénique, saint Luc en a la fierté : naïvement, comme ses contemporains, il appellera « barbares » les habitants de Malte qui ne parlent pas le grec. Mais il n’a pas fermé les yeux sur les misères qui accompagnaient cette brillante culture. Il semble avoir entendu de la gentilité les poignants appels vers le Dieu inconnu. Il aurait pu chercher dans la philosophie la réponse des sages. Il fit mieux, il devint le disciple de Paul qui fut son « illuminateur » dans la voie du Seigneur Jésus. Non qu’il ait été par lui converti au christianisme, car l’Apôtre ne l’appelle jamais son fils. Mais après avoir été fait chrétien, probablement par les premiers prédicateurs de l’Évangile, qui vinrent de bonne heure à Antioche, il trouva dans saint Paul le maître incomparable qui lui donna l’intelligence du mystère de Jésus-Christ. S’il reçut en effet des témoins immédiats les matériaux de son récit, il apprit de l’Apôtre à en mettre en lumière les pensées directrices notamment cette « philanthropie » de Dieu, qui par le Christ et dans le Christ, appelle tous les hommes, sans distinction de caste ni de race, à l’unité du salut, et dont le mystère, caché aux siècles et aux générations, maintenant révélé aux saints, a éclairé la nuit du paganisme d’une lueur d’espérance. Ainsi l’auteur du troisième évangile se présente à nous avec l’autorité, non seulement de sa culture, mais de sa foi.
Celle-ci, loin de l’exposer à fausser l’image des faits, avive en lui le besoin de la retracer avec exactitude. Elle rend son intelligence exigeante. Elle stimule la curiosité

TABLE DES MATIÈRES :

AVANT-PROPOS

INTRODUCTION
I. L’auteur du troisième évangile
II. Quelques caractéristiques du troisième évangile
Division du troisième évangile
PROLOGUE (I, I-4)

PREMIÈRE PARTIE

LES RÉCITS DE L’ENFANCE, (I, 5-11, 52)
I. 5-25. L’ange Gabriel annonce à Zacharie la naissance du Précurseur
26-38. L’Annonciation
39-56. La Visitation
57-80. Naissance et Circoncision de Jean-Baptiste : le Cantique de Zacharie.
II. 1-20. La Nativité de Jésus à Bethléem
21-38. Jésus, ayant été circoncis, est présenté au Temple
39-52. Jésus au Temple parmi les docteurs la vie à Nazareth .

DEUXIÈME « PARTIE

LA PRÉPARATION DU MINISTÈRE DE JÉSUS (III, I-IV, 13)
III. 1-20. La Prédication de saint Jean-Baptiste
21-22. Le Baptême de Jésus
23-38. Généalogie de Jésus, Fils de Dieu
IV. 1-13. Jésus au désert

TROISIÈME PARTIE

LE MINISTÈRE DE JÉSUS EN GALILÉ (IV. 14-IX, 5)

A. – Les débuts jusqu’au choix des Apôtres (IV. 14-VI, 11)
IV. 14-I5. Jésus inaugure sa prédication
16-30. La visite de Jésus à Nazareth
31-34. Un sabbat à Capharnaüm : Jésus prêche à la synagogue, guérit un démoniaque, la belle-mère de Simon et d’autres malades. Le lendemain, il se retire dans un lieu désert
V. I-II. Pèche miraculeuse, appel de Simon et des fils de Zébédée
I2-16. Guérison d’un lépreux
17-26. Le paralytique guéri et pardonné
27-39. Vocation de Lévi. Question sur le jeûne lu;
VI. 1-5• Les épis arrachés le jour ciu sabbat
6-11. L’homme à la main desséchée et le sabbat

B. – De l’élection des Douze, à leur première mission (VI, 12-\’111, 56)
VI. 12-16. Élection des Douze
17-19. Les foules autour de Jésus
20-26. Béatitudes et malédictions
27-28. Charité et miséricorde envers les ennemis
39-45. Les conditions du zèle
39-45. Nécessité de la pratique des préceptes
VII. 1-10. Guérison du serviteur du centurion de Capharnaüm
11-17. Résurrection du fils de la veuve de Naïm
18-35. Le témoignage de Jean-Baptiste et le témoignage rendu par Jésus à son précurseur
36-50. Jésus et la pécheresse repentante
VIII. 1-3. Les saintes femmes à la suite de Jésus
4-15. Parabole du semeur et son explication
16-18. Parabole de la lampe
19-21. Parents de Jésus selon la chair et ses parents selon l’esprit
22-25. La tempête apaisée
26-39. Le démoniaque gérasénien
40-56. L’hémorroïsse et la fille de Jaïre

C. – De la mission des Apôtres jusqu’à la montée vers Jérusalem (IX, 1-50)

a IX. 1-l0 Mission des apôtres et inquiétude d’Hérode
10-17. Multiplication des pains
18-22. Confession de Pierre et première prédiction de la Passion
23-27. La loi du renoncement évangélique
28-36. La Transfiguration
37-46. Guérison d’un enfant possédé
46-50. Question de la primauté

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Evangile selon saint Marc

L’EVANGILE SELON SAINT MARC

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Paysage de Galilée

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Vue sur le Jourdain

L’évangile de Marc est traversé par cette question : qui est Jésus ?

L’évangile de Marc commence avec la vie publique de Jésus et le baptême que lui donne Jean le Baptiste, c’est-à-dire quand il est âgé de 30 ans et qu’il va prêcher durant 3 ans. Avant cette période, Jésus a vécu de manière discrète à Nazareth parmi le peuple juif.

L’évangile de Marc ne comporte donc pas la naissance et l’enfance du Christ, comme l’évangile de Jean. En revanche, les Évangiles de Luc et Matthieu évoquent la naissance et l’enfance de Jésus.

 Introduction qui se déroule au Jourdain (Mc 1,1-13)
Dès le début de l’évangile, Marc annonce aux lecteurs que Jésus est le Fils de Dieu, ce que Jean le Baptiste, son cousin, confirme.

Certains ont du mal à reconnaitre Jésus Fils de Dieu (Mc 1,14 – 8,27)

En commençant sa vie publique en Galilée, Jésus annonce le règne de Dieu.
Il s’affronte rapidement aux scribes (ceux qui lisent, traduisent et expliquent la Bible) et aux pharisiens (parti religieux attaché au respect de la Loi juive) et doit se retirer face à leur opposition.
Il annonce alors la Bonne Nouvelle en prêchant des paraboles (histoire imagée permettant de mieux comprendre le sens d’un message) et en faisant des miracles.
Tout cela suscite l’interrogation des hommes et des femmes de son temps : qui est-il ?

L’apôtre Pierre reconnaît en Jésus le Fils de Dieu (Mc 8,27-30)

Pierre reconnaît en Jésus la personne du Christ, c’est-à-dire celui qui va sauver le monde à la fin des temps.
Mais Jésus lui recommande de ne rien dire à personne.

 La découverte progressive de la vraie nature de Jésus Christ (Mc 8,31 – 10,52)
Dans cette partie de l’Evangile, les disciples commencent progressivement à reconnaître en Jésus le Messie, c’est-à-dire le Fils de Dieu.
Cependant, ils ont du mal à comprendre qu’il ne sera pas un chef fort et puissant, mais qu’il sera simple, humble et confronté à la souffrance comme tous les êtres humains.

Montée à Jérusalem et célébration de la Pâque (11,1 – 14,42)

Quittant la Galilée, Jésus monte ensuite à Jérusalem où il conclut son action par un discours sur la fin des temps (chapitre 13) puis par la célébration de la Pâque (rappel pour les Juifs de la sortie d’Egypte).

 La Passion et la Résurrection du Christ (14,43 – 16,8)
La Passion du Christ (de la condamnation à la crucifixion) s’achève par une seconde confession – celle du centurion romain – et par la découverte du tombeau vide.

L’évangile de Marc ne comporte pas de récit détaillé de la Résurrection (Mc 16,9-20 n’est pas de sa main et a été rajouté après coup). Mais il appelle ses lecteurs à tout quitter pour suivre le Christ sur les routes du monde.

Sens de l’évangile de Marc

La question centrale de l’évangile de Marc est : qui est Jésus de Nazareth ?

En rédigeant son Évangile – qui est le premier chronologiquement – Marc a moins le souci de reconstituer les faits et gestes de Jésus-Christ que de porter son message aux chrétiens qui sont soumis aux persécutions de Néron, l’empereur romain de l’époque (n’oublions pas que les Romains occupaient alors Israël).

Son message est le suivant :
« Ne vous étonnez pas de vos difficultés. Si vous doutez, c’est que vous n’avez pas compris le sens du message du Christ : sa divinité ne se révèle pas dans la gloire mais dans la Passion. Gardez confiance car le Christ a le pouvoir de ressusciter les morts ! ».

Les personnages principaux de l’évangile de Marc

L’évangéliste présente différents acteurs dans son texte.

 Au centre de l’Evangile se situe Jésus Christ :

Bien qu’il le présente dès l’introduction comme le Fils de Dieu, Marc le montre tout au long de son Évangile comme un homme qui connait tous nos sentiments : étonnement, colère, tristesse et pitié. Un jour il est proche de la foule et le lendemain il s’en éloigne pour prier. Il paraît à la fois proche et lointain. Il déroute car tout à la fois il tente d’expliquer son dessein mais pose parfois des gestes et des paroles mal comprises de son auditoire,par exemple lorsqu’il déjeune avec les publicains qui sont considérés à l’époque comme des « collaborateurs », ou quand il refuse de juger une femme adultère, etc….

Qui donc est-il ? C’est la question qui traverse tout cet Évangile jusqu’au moment de la Passion qui va révéler la vraie nature de Jésus.
La reconnaissance de sa nature est affirmée par le centurion romain qui au pied de la Croix déclare « Vraiment cet homme était Fils de Dieu » (Mc 15,39)

Marc invite ses lecteurs à ne pas rester les yeux levés vers le ciel à attendre le retour du Christ, mais à le suivre tous les jours dans leur vie quotidienne.

Quoi de plus missionnaire que cette invitation qui nous est lancée d’annoncer la bonne nouvelle du Christ : « le Royaume de Dieu est déjà parmi vous » !

L’évangile de Marc nous donne à contempler un Jésus très proche de chacun de nous.

 Les disciples

Les disciples sont tous ceux qui suivent Jésus de manière continue.
Ils reçoivent du Christ un enseignement particulier et sont disponibles pour sa parole. Cependant, ils n’en comprennent pas toute la portée.
Parmi les disciples, le Christ en a choisi 12 qui sont appelés à être tout particulièrement ses témoins : Simon Pierre et son frère André, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le zélote, et Judas Iscarioth,celui qui le trahira. On les appelle les apôtres.
Pour autant, ils ne se montrent guère plus assurés dans leur foi. Dès que les difficultés réelles surgissent, ils abandonnent Jésus à son sort.
A l’exception de rares moments de discernement, comme par exemple lorsque Pierre reconnait en Jésus « le Christ » (Marc 8, 29), les apôtres ne comprennent guère plus que les disciples le sens du message.
Malgré leur bonne volonté, les apôtres sont conduits par leurs « ambitions humaines » et n’hésitent pas pour certains à revendiquer une place au Paradis aux côtés du Christ (Marc 9, 33-37). Le reniement de Pierre (Marc 14, 66-72) est l’aboutissement logique de la fragilité de ces hommes auxquels le Christ a confié la responsabilité d’annoncer son message.

Même après la Résurrection, ils auront du mal à croire.

 La foule juive

Au début, elle s’enthousiasme pour le message de Jésus.

Mais ses attentes ne sont pas nécessairement celles auxquelles le Christ lui propose de répondre.

Derrière l’annonce du Royaume de Dieu, elle ne voit que la restauration du Royaume d’Israël qui est alors occupé par les Romains.

Seuls quelques-uns vont parvenir, au prix d’une conversion intérieure, à s’ouvrir au message du Christ en entrant ainsi dans une relation personnelle avec lui : Jaïre ou encore Barthimée, l’aveugle de Jéricho.

 Les non juifs

Marc montre certains non juifs – les païens (à la traversée du lac de Génésaret ou lors de son voyage en Phénicie).

Ils se montrent ouverts et assoiffés d’authenticité.

Marc veut ainsi montrer que tous les hommes et les femmes, qu’ils soient juifs ou non juifs, sont appelés à être sauvés par l’Amour de Dieu.

 Les ennemis de Jésus

Sous différentes formes, ils représentent les puissants enfermés dans la richesse et le pouvoir.

Les HérodiensSadducéens, Pharisiens, scribes (voir lexique en bas de page) ou prêtres sont enfermés dans le système social, politique et religieux de l’époque. Ils se montrent ainsi incapables de recevoir le message de liberté et d’amour de Jésus et de reconnaitre en lui le Christ.

Ils s’opposent tout d’abord à lui puis décident ensuite de l’abattre. L’évangile montre la progression des oppositions qui s’achève par le complot et la Passion.

 Histoire de la rédaction de l’évangile de Marc

L’auteur et l’histoire de la rédaction du texte.

Qui est l’auteur de l’évangile de Marc ?

La tradition a identifié Marc comme étant Jean-Marc, originaire de Jérusalem (Actes 12,12), et cousin de Barnabé (Col 4,10).
Marc est un juif devenu chrétien, de la deuxième génération, connaissant le grec, ouvert à la mission universelle, écrivant pour des païens devenus chrétiens.

Tout d’abord compagnon de Paul et de Barnabé, il rejoint Pierre à Rome.

L’évangile selon saint Marc est écrit dans un grec pauvre, teinté de sémitismes.

 Histoire de la rédaction de l’évangile de Marc

De nombreux indices laissent à penser que l’évangile selon Saint Marc fut écrit à Rome entre 65 et 70.

Or, depuis 64, l’empereur romain Néron persécute les chrétiens.

Suite au grand incendie de Rome, Néron a calmé l’opinion publique en désignant ces derniers à la vengeance populaire. C’est à ce moment que Pierre et Paul furent martyrisés.
La jeune Église de Rome affronte là une épreuve redoutable. Comme les autres communautés chrétiennes, elle était née dans la joie et l’espérance levées par le message du Christ. Elle pensait probablement, comme les communautés primitives, que le triomphe définitif du Christ était proche et voilà que tout semble s’effondrer.

L’art et l’Evangile de Marc

Les peintures et sculptures représentant l’Evangile de Marc

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Le Baptême de Jésus (Mc 1, 9-11). Mosaïque du VIème siècle

Cette mosaïque se trouve dans le Baptistère (lieu où on baptisait les chrétiens) dit « des Ariens » qui se trouve à Ravenne en Italie.

Après l’édit de tolérance à l’égard des chrétiens avec la conversion de l’empereur Constantin au christianisme (313 après Jésus Christ), de nombreuses cathédrales vont être construites. A côté d’elles seront bâties des baptistères.

La scène se situe dans la coupole au-dessus de la piscine. Dans cette dernière étaient plongés ceux qui allaient être baptisés.

Si on observe la procession des apôtres on remarque que ces derniers tiennent dans leur main la couronne du martyre (symbole de la couronne d’épines). Cela suggère que par le baptême, celui qui va devenir chrétien accède à la vie éternelle.

 La Transfiguration et le démoniaque épilectique (Mc 9, 2-8 et Mc 9, 14-29)

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Dessin à l’encre brune de Rubens d’après le retable de la Transfiguration fait par Raphaël.

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Retable de Raphaël

Le dessin combine 2 actions :

  • En haut : la Transfiguration du Christ en compagnie de Moïse et d’Elie
    • En bas : les autres apôtres auxquels le père présente son enfant épileptique.

L’association des 2 épisodes permet d’évoquer les deux attitudes de la vie spirituelle : la contemplation et l’action.

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La Cène (Mc 14, 22-25). Matthieu le Nain, huile sur toile

Les trois frères le Nain furent considérés comme les maîtres du réalisme français du 18ème siècle.

La Cène est le dernier repas du Christ avec ses apôtres. C’est ce que les chrétiens orthodoxes ou catholiques commémorent chaque dimanche lors de l’Eucharistie et les protestants lors de la Cène.

La composition place le Christ sur le côté, bénissant le pain.
Au premier plan, la figure tourmentée qui détourne le regard pourrait être celle de Judas.
Il faut souligner également les deux enfants qui portent un verre et un plat, un peu comme des enfants de chœur.

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Le Golgotha (Mc 15, 33-41). Jean Léon Gerôme

Dans la plupart des peintures de l’art occidental, la crucifixion est le plus souvent représentée avec Jésus entourée des deux voleurs.
La perspective du tableau de Jean Léon Gerôme est très différente car elle se situe du point de vue des crucifiés, dont l’ombre des trois croix se dessine au premier plan.
L’action est achevée et les spectateurs quittent le lieu du drame avec les soldats romains qui ferment la file.
Au fond, on aperçoit Jérusalem et le Temple de Salomon.

Le cinema et l’Evangile de Marc

Les films faisant reference à l’Evangile de Marc :

Jésus de Montréal de Denys Arcand, 1969

L’Evangile selon saint Matthieu de Pier Paolo Pasolini, 1964

Le Roi des rois de Nicolas Ray, 1961

La plus grande histoire jamais contée de Georges Stevens, 1965.

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Gospel de David Greene, 1973 : la source Q et l’Evangile de Thomas

Il est plus facile pour un chameau de Valeria Bruni-Tedeschi, 2003. (Mc 10, 25).

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Église d’Orsanmichele de Florence : statue de saint Marc par Donatello (1411).

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Dieu fait silence

Les silences de Jésus

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Au commencement était le tohu-bohu : et Dieu se taisait….

Quand Dieu parla le chaos disparut :

Au commencement  était le Verbe et il est chez les siens

Dieu se tait à sa venue : le cri de la naissance et puis plus rien …. Pendant huit jours Dieu n’eut pas de nom ; il se fit anonyme parmi les anonymes ; il se rendit invisible pour que l’homme le cherche, pour que l’homme le trouve…

 

Dieu se tait souvent ….

Il  laisse faire ou laisse dire…

Le silence devant Hérode et devant Pilate

Le silence de Dieu dans la tombe…

Le silence de Dieu au moment même de sa Résurrection

 

Dieu est souvent silence

Dieu ne parle pas au milieu du brouhaha

Dieu se dit dans le silence dans le doux murmure d’une brise légère

Dieu se tait et se dévoile dans le silence de la nuit.

 

Le silence de Dieu comme une béance dans notre vie !

Le silence de Dieu, un geste d’amour

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LIVRE DE LA GENÈSE chapitre 1, 1-2

AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre.

 La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT JEAN chapitre 1, 1-34

AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.

 Il était au commencement auprès de Dieu.

 C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.

la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.

Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.

Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.

 Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.

 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

 Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir

Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »

Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;

 car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »

Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »

Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »

 Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »

Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »

 Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.

Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »

Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait. Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;

c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »

Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”

 Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

 

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (chapitre 1)

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GENEALOGIE DE JESUS, CHRIST, fils de David, fils d’Abraham.

  Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,

Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram,

Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone,

Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé,

Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon,

 Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,

Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias,

Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias,

Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias,

Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,

Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor,

Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud,

Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob,

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

 

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.

Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.

Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

 

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (chapitre 2)

 

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.

Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »

Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »

Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages.

Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :

 Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.

Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »

Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

 

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC (chapitre 1)

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 BEAUCOUP ONT ENTREPRIS de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.

  Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme aussi était descendante d’Aaron ; elle s’appelait Élisabeth. Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable. Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.

Or, tandis que Zacharie, durant la période attribuée aux prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute la multitude du peuple était en prière au dehors, à l’heure de l’offrande de l’encens.

 L’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. À sa vue, Zacharie fut bouleversé et la crainte le saisit.

 L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ; il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »

 Alors Zacharie dit à l’ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. »

L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu seras réduit au silence et, jusqu’au jour où cela se réalisera, tu ne pourras plus parler, parce que tu n’as pas cru à mes paroles ; celles-ci s’accompliront en leur temps. »

Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision. Il leur faisait des signes et restait muet. Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique, il repartit chez lui.

Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait :  « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes. »

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.

L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »

 À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;

 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »

L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.

 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,

 exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.

 Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

 Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

 Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

 Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

 de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

 Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.

Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. »

On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »

 On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler.

 Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.

 La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.

Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques :

 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur,

 comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :

 salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs,

 amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte,

afin que, délivrés de la main des ennemis,

 nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours.

 Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. »

L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

 

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EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC (chapitre 2)

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En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.

Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. 05 Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

 Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.

 L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

 Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

 Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :

 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

 Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

 Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu le salut

 que tu préparais à la face des peuples :

 lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.

 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

 Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

 L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui

 

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LES SILENCES DE JESUS PENDANT SA VIE PUBLIQUE

 

Le silence de Jésus face aux préjugés

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“ Dès le matin, Jésus se rend de nouveau dans le temple, et tout le peuple vient à lui. Il s’assoit et les enseigne. Alors les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu et disent à Jésus:

– Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans a loi, nous a prescrit de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? 

Ils disent cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser.  Mais Jésus se baisse et se met à écrire avec le doigt sur la terre. Comme ils persistent à le questionner, il se redresse et leur dit:

– Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre. 

De nouveau il se baisse et se met à écrire sur la terre. Quand ils entendent cela, accusés par leur conscience, ils se retirent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’aux derniers, et Jésus reste seul, avec la femme qui est là, au milieu.  Alors Jésus se redresse et lui dit:

– Femme, où sont tes accusateurs?  Personne ne t’a condamnée?

Elle répond:

– Personne, Seigneur.

Et Jésus lui dit:

– Moi non plus je ne te condamne pas; va, et désormais ne pèche plus.  (Jean 8.2-11) ”

Le silence de Jésus, devant cet esclandre des religieux, est un silence d’indignation.  Quelqu’un a dit : « Quand la religiosité parle, le Ciel se tait » Ces religieux ne sont pas concernés par la situation de cette femme. Ils n’ont que faire d’être justes ou pas. Ils veulent simplement coincer Jésus et avoir raison. Ils sont jaloux de son succès. Ils sont formatés par un système de pensée et ne sont pas prêts au changement, à se remettre en cause. Et Jésus ne prend pas la peine de discuter.

 

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Le silence de Jésus devant l’injustice et le mensonge

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“ Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvèrent pas, quoique plusieurs faux témoins se soient présentés. Enfin il en vint deux qui dirent: Celui-là a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. 

Le souverain sacrificateur se leva et lui dit: Ne réponds-tu rien? De quoi témoignent-ils contre toi? 

Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur lui dit: Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel. »   (Matthieu 26:62-63)”

Devant la pression et les accusations mensongères, Jésus garde le silence, il va rester tranquille. L’image du verbe siopaoest celle d’une mer calme, tranquille. Jésus ne se laisse pas mettre la pression ! Devant l’injustice envers son égard, Jésus garde le silence. Même Pilate sera surpris de ce mutisme de jésus devant ses accusateurs. Alors qu’il comparait devant lui,  le gouverneur l’interroge en ces termes, dans l’évangile de Matthieu (27.12-14) : « Es-tu le roi des Juifs? » Jésus lui répond: « Tu le dis ». Mais il ne répond rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens. Alors Pilate lui dit: « N’entends-tu pas tout ce dont ils t’accusent ? » Et Jésus ne lui donne de réponse sur aucun point, ce qui étonne beaucoup le gouverneur. 

Jésus fera écho au serviteur souffrant d’Esaïe 53 :7  « Il a été maltraité, il s’est humilié Et n’a pas ouvert la bouche, Semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n’a pas ouvert la bouche ». Bien-sur, pour Jésus, c’était sa destinée de mourir sur la croix pour notre péché, mais au-delà de cela, il nous montre un exemple.

« Il y a un  temps pour parler, un temps pour se taire », dira Ecclésiaste.

 

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Le silence de Jésus devant la curiosité malsaine

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“ Lorsqu’Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie, car depuis quelque temps il désirait le voir à cause de ce qu’il avait entendu dire de lui,  et il espérait lui voir faire quelque miracle. Il l’interrogea assez longuement, mais Jésus ne lui répondit rien.  Les principaux sacrificateurs et les scribes étaient là et l’accusaient avec véhémence. Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris; et après s’être moqué de lui et l’avoir revêtu d’un habit éclatant, il le renvoya à Pilate. (Luc 23: 8-11)

Hérode est un homme avide de spectaculaire, d’émotion. Cet Hérode volubile, par ses nombreuses et longues questions, fait face au silence tranquille de Christ.  Hérode voulait se divertir, pas d’avoir les réponses à ses questions.  C’est une curiosité mal placée. « Voilà celui qui fait des miracles. On va s’amuser ». Jésus se tait devant les préjugés, devant les accusations mensongères, mais aussi devant la curiosité malsaine

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Si Dieu se tait… peut-être c’est que nous sommes trop pris par nos préjugés, que nous ne pouvons pas entendre.

Si Dieu se tait … peut-être que nous sommes pleins de mauvaise foi, ne voulons pas reconnaître nos torts, et que le ciel est d’airain.

Si Dieu se tait… c’est que nous sommes plus enclins au potin qu’à la prière.

 

 

 

 

BIBLE, EVANGILES, GALILEE (Terre Sainte), ISRAËL, JESUS-CHRIST, NOUVEAU TESTAMENT, TERRE SAINTE

La Galilée, la terre de Jésus

La Galilée, le pays où Jésus a vécu

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La Galilée (hébreu Ha-galîl, « le cercle, la région ») est une large région située dans le nord Palestine, traditionnellement divisée en trois parties:

la haute Galilée ;

la basse Galilée ;

la Galilée occidentale, aussi appelée « la côte nord de la Palestine».

 

Géographie

La Galilée est un massif montagneux rocailleux du nord de la Palestine  Son point culminant est le mont Méron, à plus de 1 200 mètres. Elle possède des températures douces et une pluviosité à même d’alimenter quelques cours d’eau et propre à l’agriculture. La Galilée englobe plus du tiers du territoire actuel de la Palestine, s’étendant de Dan au nord, au pied du mont Hermon, jusqu’aux monts Carmel et Guilboa au sud, et de la vallée du Jourdain du  à l’est jusqu’aux abords de la mer Méditerranée à l’ouest, en passant par les plaines de Jezreel et Akko. La particularité des frontières nord d’avant 1967 de l’État d’Israël forme le Doigt de Galilée.

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Toponyme d’origine hébraïque

Vient de l’hébreu, très ancien, dont l’origine et le sens évolue pour finir à la fin de la période de l’ancien testament dans le Livres des Maccabées ⟨1 M 5,15⟩ dans le sens « région des étrangers » (c’est à dire des juifs qui n’ont pas gardé la pureté de la tradition, sous des influences étrangères, ou aussi le sens d’une terre de mission, à enseigner, à convertir).

Le nom apparaît au pluriel dans le Livre de Josué, 13, 2, avec le sens de « contrées », puis semble désigner une région particulière. Dans le premier livre des Rois chapitre 9, versets 11 à 13, on apprend que Salomon récompensa Hiram pour certains services effectués par celui-ci en lui offrant une plaine parmi les montagnes de Nephtali. Hiram fut déçu du cadeau, et l’appela la « terre de Cabul ». Les Judéens l’appelèrent Galil. Dans les Livres des Maccabées, la Galilée est le théâtre de nombreux combats des Judéens qui se dressent contre la dynastie séleucide.

C’est là, en Galilée que l’histoire chrétienne (récit du Nouveau Testament)  situe l’origine de la famille de Jésus; dont sa ville de Nazareth d fait partie. Les trois premiers évangiles sont consacrés à ses activités dans cette région, décrite sous la forme symbolique et énigmatique d’un ensemble de déplacements dans tout le nord de la Palestine, ponctués à chaque étape par des exorcismes ou des miracles. L’expression de « Galilée des Nations » (Matthieu 4, 15, reprise d’Isaïe 8, 23) Galil haGoyim, laisse penser qu’elle symbolisait une région à convertir, face à la Judée et au Temple de Jérusalem. C’est peut-être aussi la trace de l’expression « Sagesse des Nations », les mots GLYL, Galil, Galilée, et HtKMH, Hokhmah, Sagesse ayant mêmes guématries. (Actes des Apôtres, 2, 7 : « ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas galiléens ?) »

 

Histoire

La Galilée est souvent citée dans l’Ancien Testament, et sa partie septentrionale évoquée comme « la Galilée des Gentils » dans le Nouveau Testament. Elle est décrite par Flavius Josèphe qui évoque son histoire, son peuplement sa géographie, et lui donne deux parties : la Galilée supérieure, en grande partie peuplée de Gentils, et la Galilée inférieure, en grande partie peuplée de Juifs. Elle recouvrait avant la Captivité les territoires des tribus d’Issacar, de Zabulon, de Nephtali et d’Asher. Comme les Galiléens étaient de bons cultivateurs, plantant des figuiers, des oliviers, des noyers, des palmiers, des habiles artisans et de bons pêcheurs, la Galilée était prospère avec 400 villes, certaines très peuplées.

Durant la période romaine, sous l’Empereur romain Auguste (de 30 apr. J.-C. à 14 apr. J.-C.)  – l’empire ayant été divisé en provinces sénatoriales et impériales par l’Empereur Octave -, à la mort d’Hérode le Grand (-4) son royaume client est divisée en trois tétrarchies : la Judée : qui comporte outre les territoires de l’ancien royaume de Juda, la Samarie et l’Idumée) qui a été confiée à Hérode Archelaus, la Galilée qui a été donnée à Hérode Antipas, alors que Philippe le Tétrarque a reçu « la Batanée, avec la Trachonitide et l’Auranitide, une partie de ce qu’on appela le domaine de Zénodoré ». La tétrarchie de Philipe  est situé à l’est de la Galilée, sur l’autre rive du Jourdain.

La Galilée était située au nord de la Samarie, à l’ouest du fleuve Jourdain, voisine du pays des Phéniciens et des Syriens (syro-phénicie appartenant à la province de Syrie).Ses lieux significatifs étaient le mont Thabor, , le lac de Génézareth (lac de Tibériade). Selon Flavius Josèphe, les trois villes les plus importantes étaient : Tibériade, Séphoris cité importante qui sera renommée Diocesarée et qui deviendra la capitale de la Galilée sous Néron, Gabara (cité non localisée, située à l’est de Tarrychée). Il y a aussi Gishala, ville fortifiée au début de la révolte par Jean de Gischala. D’autres villes sont célèbres pour leur mention dans les évangiles ainsi que chez Joseph : Capharnaüm (cité où les Juifs avaient une synagogue), Chorazin. On y ajoute souvent Betsaïde (Julias), qui en fait est située juste à la frontière des territoires de la tétrarchie de Philippe, à l’Est du Jourdain. Le port de PtolémaIs (Acre) en grande partie peuplé de Grecs est situé hors de Galilée, en Syro-Phénicie. Nazareth, le lieu-dit où Jésus est probablement né, peut-être dans une grotte emménagée en étable, n’est mentionné dans aucun texte, ni inscription épigraphique, avant le IIIè siècle si on exclut les évangiles de l’enfance qui ne sont pas antérieurs à 80

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Les Galiléens étaient méprisés des Judéens qui leur reprochaient d’avoir une pratique religieuse impure, un langage grossier et d’avoir pour origine des Gentils mélangés à des descendants des Dix Tribus qui n’étaient pas partis en captivité (ou qui en étaient revenus). Considéré par la tradition juive autant que chrétienne comme originaire de Nazareth en Galilée, Jésus est souvent désigné par les Juifs comme « le Galiléen » (Yeshu haNotzri dans le talmud). Parmi ses disciples dont l’origine est discernable, quatre ne sont pas comptés comme Juifs mais comme « Galiléens » (Philippe, André et Pierre sont de Bethsaïde (Béthanie), à l’est de la Galilée – Jean 1, 44 – et Nathanaël de Cana, en Galilée aussi – Jean 21, 2). Les apôtres Jean et Jacques de Zébédée, Simon-Pierre et son frère André, sont recrutés par Jésus au bord du lac, vers Génézareth, où ils possédaient une de leurs résidence et où les Zébédée exploitaient une entreprise de pêche et de bateliers. Selon Flavius Josèphe, les Galiléens étaient des gens laborieux, ennemis de l’oisiveté et tellement guerriers qu’ils tenaient tête à toutes les nations voisines qui les harcelaient. Depuis la mort d’Hérode (-4), la Galilée connaît un grand nombre de révoltes, parfois dirigées par des hommes à prétention messianiques. Lors de la grande révolte, à part le siège de Jérusalem par les troupes de Titus en 70, c’est en Galilée qu’ont lieu les plus importants combats, parfois couronnés de succès tactiques (séquence de la bataille de Tarrychée, bataille navale sur le lac, bataille de Gamala où les romains perdent plusieurs milliers de légionnaires, leur troupe d’élite).

Sous l’Empereur Tibère (successeur de César Auguste), la province romaine de Judée est gouvernée et administrées par une suite de Préfet dont le plus célèbre est Ponce Pilate (26 – fin 36). La tétrarchie de Galilée est toujours administrée par Hérode Antipas (fils d’Hérode le Grand et de Malthaké), celle de Bathanée est administrée par le tétrarque Philippe (fils d’Hérode le Grand et de Cléopâtre de Jérusalem) jusqu’à sa mort en 34 et dont le problème de succession aboutira au célèbre meurtre de Jean le Baptiste par Hérode Antipas à la demande d’Hérodiade. Plus au nord, l’Abilène est placée sous la juridiction de Lysanias II.

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À la suite de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70, la Galilée devint le centre spirituel du judaïsme. Elle abrita le Sanhédrin. Dans ses collines furent rédigés la Mishnaet et le Talmud de Jérusalem. De nombreux rabbins y vécurent et y sont enterrés, tels Rabbi-Ishmaël.

Après la prise de contrôle de la région par le califat arabe en 638, celle-ci fit partie du jund de Urdunn (Jourdain). Les Fatimides chiites prirent le contrôle de la région dans les années 900 ; une secte vénérant le calife Fatimide al-Hakim-bi-Amr-Allah forma la religion druze au centre-nord de la Galilée.

Durant les Croisades la Galilée fut organisée en une principauté de Galilée, une des plus importantes seigneuries des Croisades.

Au cours du XVIè siècle, la Galilée a connu une importante migration juive constituée essentiellement de Séfarades expulsés de la péninsule ibérique. Sous leur impulsion, la ville de Safed est devenu le centre mondial du mysticisme juif et de la diffusion de la Kabbale.

Au début du XXè siècle, la Galilée fut colonisée par les Arabes, les Druzes et des minorités telles que les Circassiens et les Juifs. La population juive fut grandement augmentée par l’immigation des juifs de la diaspora.

Après la création de l’État d’Israël et l’expulsion des Palestiniens en , 1948, la Galilée fut envahie par les forces syriennes mais fut finalement récupérée par Israël. Une grande partie de la population arabe prit la fuite, laissant des villages entiers vides ; toutefois, davantage de Palestiniens restèrent que dans la plupart des autres zones, particulièrement à cause d’un rapprochement avec les Druzes.

Dans les années 1950 à 1960, les kibboutz, autour de la mer de Galilée   subirent régulièrement les bombardements de l’artillerie de l’Armé syrienne depuis le plateau du Golan qui domine la région. Ces frappes syriennes cessèrent quand Israël envahit le plateau au cours de la guerre des Six Jours en 1967 puis l’annexa le 14 décembre 1981. Cette annexion est condamnée par le Conseil de sécurité des Nation unies   et n’est pas reconnue internationalement.

À la suite de son expulsion de Jordanie, l’Organisation de libération de la Palestine a lancé, depuis le Liban, des attaques sur des villages de la Haute Galilée dans les années 1970 et 1980. Ces attaques ont poussé Israël à envahir le Liban en mars 1978 puis en 1992 conduisant à la guerre..L’armée Occupante ne quitte le sud du Liban qu’en 2000.

Galilée moderne

Près d’un million d’Israéliens, dont approximativement la moitié sont Arabes, musulmans ou chrétiens, peuplent la Galilée. Il y a également une importante population Druze ainsi que des communautés de Bédouins, de Maronites et de Circassien. Les villes les plus peuplées sont Nazareth, Tibériade, Nahariya et Karmiel. L’économie est basée sur l’agriculture, l’industrie centralisée dans quelques parcs et le tourisme.

Safed est une plus petite ville mais qui tient une grande place dans le judaïsme. C’est l’une des quatre villes saintes juives, avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. De célèbres rabbins, dont Moïse Cordovero, Isaac Louria, Yossef Karo et Salomon Alkabetz y ont vécu ou y sont enterrés. Il s’y déroule également un festival annuel de musique klezmer mondialement connu.

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BIBLE, EVANGILES, JACQUES DE VOROGINE, JESUS-CHRIST, NATIVITE DE JESUS, NOËL

La naissance de Jésus selon Jacques de Vorogine

LA NATIVITE DE NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST

PAR JACQUES DE VOROGINE (VI)

PALESTINIAN-ISRAEL-RELIGION-CHRISTMAS

On n’est pas d’accord sur la date de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la chair. Les uns disent qu’elle a eu lieu 5228 ans après la naissance d’Adam, d’autres qu’elle a eu lieu 5900 ans après cette naissance. C’est Méthode qui a fixé, le premier, la date de 6000 ans : mais il l’a trouvée plutôt par inspiration mystique que par calcul chronologique. On sait, en tout cas, que la naissance du Christ a eu lieu sous l’empereur Octave, qui s’appelait aussi César, du nom de son oncle Jules César, et Auguste, parce qu’il avait « augmenté » la république romaine. Et au moment où le Fils de Dieu est né dans la chair, une paix universelle régnait dans le monde, réuni tout entier sous l’autorité pacifique de l’empereur romain.

Donc César Auguste, étant maître du monde, voulut savoir combien il possédait de provinces, de villes, de forteresses, de villages et d’hommes ; en conséquence de quoi il décida que tous les hommes de son empire eussent à se rendre dans la ville ou le village d’où ils étaient originaires, et à remettre au gouverneur de la province un denier d’argent, en signe de soumission à l’empire romain. Et c’est ainsi que Joseph, qui était de la race de David, partit de Nazareth pour se rendre à Bethléem, où l’appelait le recensement. Et comme le temps approchait où la Vierge Marie allait être délivrée, et comme Joseph ne savait pas quand il pourrait être de retour, il l’emmena à Bethléem, ne voulant point remettre entre des mains étrangères le trésor que Dieu lui avait confié. Le Livre de l’Enfance du Sauveur raconte, à ce propos, qu’en approchant de Bethléem la Vierge vit une partie du peuple qui se réjouissait, et une partie qui gémissait. Et l’ange lui expliqua la chose en lui disant : « La partie qui se réjouit est le peuple des Gentils, qui va être admis à la béatitude éternelle. La partie qui gémit est le peuple des Juifs, car Dieu va le réprouver suivant ses mérites. »

Puis Joseph et Marie vinrent à Bethléem ; et comme, étant pauvres, ils ne pouvaient pas trouver de place dans les auberges, ils durent s’installer dans un passage commun, ou abri, qui, d’après l’Histoire scholastique, se trouvait entre deux maisons, et servait de lieu de réunion aux habitants de Bethléem, ou encore de refuge contre les intempéries de l’air. Là, Joseph installa une crèche pour son bœuf et son âne ; ou bien encore l’étable s’y trouvait déjà, construite à l’usage des paysans qui venaient au marché. Et c’est là que, à minuit, la Vierge mit au jour son fils, et le déposa dans la crèche, sur du foin : lequel foin fut plus tard emporté à Rome par sainte Hélène ; et l’on dit que ni le bœuf ni l’âne n’osaient y toucher.

Notons, à ce sujet, que tout fut miraculeux dans cette naissance du Christ. En premier lieu, c’est chose miraculeuse que la mère du Christ ait été vierge, après comme avant la naissance de son fils. Et sa virginité, qui nous est attestée par les prophètes et les évangélistes, se trouve encore prouvée par un miracle que nous raconte le pape Innocent III. Pendant les douze ans qu’avait duré la paix du monde, on avait construit à Rome un temple de la Paix, où l’on avait placé une statue de Romulus. Et l’oracle d’Apollon, consulté, avait déclaré que cette statue et le temple resteraient debout jusqu’au jour où une vierge enfanterait un fils. On en avait conclu, que le temple serait éternel, et l’on était allé jusqu’à inscrire sur le fronton : « Temple éternel de la Paix ». Or, la nuit de la naissance de Notre-Seigneur, ce temple s’écroula de fond en comble ; et c’est sur son emplacement que s’élève aujourd’hui l’église de Sainte-Marie la Neuve.

 

 

Non moins miraculeuses sont toutes les autres circonstances de la Nativité. Nous savons, par exemple, qu’elle fut révélée à toutes les catégories des créatures, depuis les pierres, qui occupent le bas de l’échelle, jusqu’aux anges, qui en occupent le sommet.

1o La Nativité fut révélée aux créatures inanimées. On a vu déjà, par l’exemple ci-dessus, qu’elle se révéla aux pierres d’un temple de Rome. On sait, en outre, que, la nuit de la Nativité, les ténèbres de la nuit se changèrent en une lumière de plein jour. À Rome, l’eau d’une source se changea en huile, et coula ainsi jusque dans le Tibre : or, la Sibylle avait prophétisé que le Sauveur du monde naîtrait lorsque jaillirait une source d’huile. Le même jour, des mages qui priaient sur une montagne virent apparaître une étoile qui avait la forme d’un bel enfant, portant une croix de feu au-dessus de la tête. Et elle dit aux mages d’aller en Judée, où ils trouveraient un enfant nouveau-né. Le même jour, trois soleils apparurent à l’Orient, qui finirent par se fondre en un seul : symbole évident de la sainte Trinité. Enfin voici ce que nous raconte le pape Innocent III : « Pour récompenser Octave d’avoir donné la paix au monde, le Sénat voulait l’adorer comme un dieu. Mais le prudent empereur, se sachant mortel, ne voulut point se parer du titre d’immortel avant d’avoir demandé à la Sibylle si le monde verrait naître, quelque jour, un homme plus grand que lui. Or, le jour de la Nativité, comme la Sibylle était seule avec l’empereur, elle vit apparaître, en plein midi, un cercle d’or autour du soleil ; et au milieu du cercle se tenait une vierge, d’une beauté merveilleuse, portant un enfant sur son sein. La Sibylle montra ce prodige à César, et l’on entendit une voix qui disait : « Celle-ci est l’autel du ciel ! » (ara cœli). Et la Sibylle lui dit : « Cet enfant sera plus grand que toi ! » Aussi la chambre où eut lieu ce miracle a-t-elle été consacrée à la sainte Vierge ; et c’est sur son emplacement que s’élève aujourd’hui l’église de Sainte-Marie Ara Cœli. » Cependant d’autres historiens racontent le même fait d’une manière un peu différente. Suivant eux, Auguste, étant monté au Capitole, et ayant demandé aux dieux de lui faire savoir qui régnerait après lui, entendit une voix qui lui disait : « Un enfant éthéré, Fils du Dieu vivant, né d’une vierge sans tache. » Et c’est alors qu’Auguste aurait élevé cet autel, au-dessous duquel il aurait inscrit : « Ceci est l’autel du Fils du Dieu vivant ! »

2o La Nativité s’est révélée aux créatures qui possèdent l’existence et la vie, comme les plantes et les arbres. En effet, dans la nuit de la naissance du Sauveur, les vignes d’Engade fleurirent, fructifièrent et produisirent leur vin.

3o La Nativité s’est révélée aux créatures qui possèdent l’existence, la vie et le sentiment, c’est-à-dire aux animaux. En effet Joseph, en partant pour Bethléem, avait emmené avec lui un bœuf et un âne : le bœuf, peut-être, pour le vendre et pour avoir de quoi payer le denier du cens ; l’âne, sans doute, pour servir à porter la Vierge Marie. Or le bœuf et l’âne, reconnaissant miraculeusement le Seigneur, s’agenouillèrent devant lui, et l’adorèrent.

4o La Nativité s’est révélée aux créatures qui possèdent l’existence, la vie, le sentiment et la raison, c’est-à-dire aux hommes. En effet, dans l’heure même où elle eut lieu, des bergers veillaient auprès de leurs troupeaux, chose qu’ils faisaient deux fois par an, dans la nuit la plus courte et dans la nuit la plus longue de l’année ; car c’était l’usage des nations antiques de veiller dans les deux nuits des solstices, l’été vers le jour de la Saint-Jean, et, l’hiver, dans la nuit de Noël. À ces bergers, donc, un ange apparut qui leur annonça la naissance du Sauveur et leur enseigna le moyen d’arriver jusqu’à lui. Et ils entendirent une foule d’anges qui chantaient : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, » etc. D’une autre façon encore, la Nativité se révéla par les sodomites, qui tous, cette nuit-là, périrent, dans le monde entier. Ce à propos de quoi saint Jérôme nous dit : « Une telle lumière s’éleva, cette nuit-là, qu’elle éteignit tous ceux qui se livraient à ce vice. » Et saint Augustin dit que Dieu ne pouvait pas s’incarner dans la nature humaine aussi longtemps qu’existait, dans cette nature, un vice contre nature.

5o Enfin la Nativité s’est révélée aux créatures qui possèdent l’existence, la vie, le sentiment, la raison, et la connaissance, c’est-à-dire aux anges : car ce sont les anges eux-mêmes, qui, ainsi qu’on vient de le voir, ont annoncé aux bergers la naissance du Christ.

 

Restent à définir les divers objets en vue desquels a eu lieu l’incarnation de Notre-Seigneur.

1o Elle a eu lieu, d’abord, pour la confusion des démons. Saint Hugues, abbé de Cluny, la veille de Noël, vit la sainte Vierge, tenant son fils sur son sein, et disant : « Voici venir le jour où vont être renouvelés les oracles des prophètes ! Où est désormais l’ennemi qui, jusqu’ici, prévalait contre les hommes ? » À ces mots, le diable sortit de terre, pour démentir les paroles de Notre Dame : mais son iniquité se trouva en défaut, car il eut beau parcourir tout le couvent ; ni à la chapelle, ni au réfectoire, ni au dortoir, ni dans la salle du chapitre, aucun moine ne se laissa détourner de son devoir. D’après Pierre de Cluny, l’enfant, dans la vision de saint Hugues, aurait dit à sa mère : « Où est maintenant la puissance du diable ? » Sur quoi le diable, sortant de terre, aurait répondu : « Je ne puis pas, en effet, pénétrer dans la chapelle, où l’on chante tes louanges ; mais le chapitre, le dortoir et le réfectoire me restent ouverts ! » Or voici que la porte du chapitre se serait trouvée trop étroite pour lui, la porte du dortoir trop basse, la porte du réfectoire obstruée d’obstacles infranchissables, lesquels n’étaient autres que la charité des moines, leur attention à la lecture du jour, et leur sobriété dans le manger et le boire.

2o La Nativité a eu lieu, ensuite, pour permettre aux hommes d’obtenir le pardon de leurs péchés. Un livre d’exemples raconte l’histoire d’une prostituée qui, s’étant enfin repentie, désespérait de son pardon : et comme elle se jugeait indigne d’invoquer le Christ glorieux, et le Christ souffrant la passion, elle se dit que les enfants étaient plus faciles à apaiser. Elle adjura donc le Christ enfant ; et une voix lui apprit qu’elle était pardonnée.

3o La Nativité a eu lieu pour nous guérir de notre faiblesse. Car, comme le dit saint Bernard : « Le genre humain souffre d’une triple maladie, la naissance, la vie et la mort. Avant le Christ, la naissance était impure, la vie perverse, la mort dangereuse. Mais le Christ est venu, et contre ce triple mal nous a apporté un triple remède. Sa naissance a purifié la nôtre ; sa vie a instruit la nôtre ; sa mort a détruit la nôtre. »

 

4o Enfin la Nativité a eu lieu pour humilier notre orgueil. Car, ainsi que le dit saint Augustin : « L’humilité qu’a montrée le fils de Dieu dans son incarnation nous sert à la fois d’exemple, de consécration, et de médicament. Elle nous sert d’exemple pour nous apprendre à être humbles nous-mêmes ; de consécration, parce qu’elle nous délivre des liens du péché ; de médicament, parce qu’elle guérit la tumeur de notre vain orgueil. »

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Jésus naît à Bethléem

DANS LA NUIT… NAISSANCE A BETHLEEM

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Il fait nuit quand Joseph et Marie pénètrent enfin dans Bethléem. Ils sont fatigués de ce long voyage et ce n’est fini ! Il faut trouver un endroit où loger maintenant car Marie va bientôt accoucher. Alors Joseph fait le tour de ses connaissances, mais il n’y a rien pour eux ; il fait ensuite le tour de toutes les auberges ; mais tout est plein à craquer et il n’y a pas de place pour eux non plus même s’il invoque l’état dans lequel se trouve sa femme. Alors il repart un peu plus loin dans les environs de Bethléem en quête de n’importe quel abri pour eux. Et Marie doucement lui met la main sur le bras comme pour lui dire : « Ne t’inquiète pas Joseph ! Tout se passera bien ! »

Il trouve une étable et décide de s’y installer. Bien sûr, le confort et plus que sommaire ! L’endroit est petit et on sent encore l’odeur des animaux ; mais il y a un peu de foin et cela fera bien l’affaire pour ce soir. Il installe Marie tout d’abord car elle ressent les premières douleurs ; il n’y a pas de temps à perdre ! Et le moment est vite venu ; alors Joseph sort discrètement pour s’occuper de débâcher l’âne. Inquiet tout de même, il lève les yeux vers le ciel comme pour implorer de l’aide ; il sait bien que l’enfant naîtra puisque l’ange du Seigneur le lui a dit en songe. Mais tout de même !

Et soudain il entend un cri dans la nuit ! L’enfant est né ! Jésus est là ! Alors doucement il entre. Il voit Marie qui tient tendrement serré contre l’enfant. Il s’approche doucement. Il sourit et Marie lui sourit aussi ! Joseph et Marie regardent ou plutôt contemplent l’enfant qui vient de naître : le Fils de Dieu qui est né dans une étable.

Mais Joseph remarque que Marie tremble de froid, que l’enfant aussi a froid. Il se demande comment faire pour les réchauffer tous les deux ! Son vêtement ne suffira pas ! Alors il remarque dans un coin de l’étable un bœuf. Et soudain une idée jaillit ! Il va chercher l’âne qui les a conduit de Nazareth à Bethléem, il va chercher le bœuf aussi et il les installe tout prêt de Marie et de Jésus. Comme si ils avaient compris les pensées de Joseph les deux animaux se mettent à souffler Et il voit que les deux animaux font si bien leur office que Marie et l’enfant Jésus se réchauffent. Alors tous les trois s’assoupissent un peu. Et ils n’entendent pas ce qui se passent dehors, ils n’entendent pas les chants des anges qui annoncent la venue du Sauveur !

Au loin dans la campagne des bergers veillent sur leurs troupeaux quand soudain le ciel s’éclaire. Ils se demandent ce qui peut bien se passer et ils pensent à rentrer leurs troupeaux de peur qu’ils soient effrayés par cette clarté soudaine. Et que voient-ils dans cette nuit ? Des anges les entourent ! Ces anges leur disent de ne pas avoir peur car ils viennent leur apporter une bonne nouvelle : « Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie : c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche ! » (Luc 2, 10-12). Alors ils se disent : « Allons à Bethléem ! Allons voir ce que les anges nous annoncé ! ». Et ils partent !

Alors soudain la porte de l’étable s’ouvre ! Joseph a tressailli d’inquiétude : qui peut bien venir en pleine nuit ? Que nous veut-on ? Marie lui sourit comme pour dire : « Laisse faire Joseph ! » Les bergers sont là, ils se recueillent devant la mère et l’enfant. Ils ont apportés des cadeaux aussi, mais ce sont d’humbles cadeaux : un peu de nourriture, quelques couvertures de laines. Ce sont des cadeaux de pauvres mais Marie les reçoit bien volontiers et l’enfant les regarde avec bonté. Les bergers ne disent rien ! Ils sont émus pour cela ! Mais leur joie est telle qu’ils vont dans la nuit annoncer cette nouvelle que tout le peuple d’Israël attendait depuis si longtemps : « Un fils nous est né ! Un fils nous est donné ! »

©Claude-Marie T.

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  Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.

L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : 11 Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »

Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

(Evangile selon saint Luc 2, 6-20)

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Quand Jésus est-il né ?

Notons que l’édit du recensement n’est attesté par aucune archive romaine. La présence de bergers dans le voisinage donne à penser que Jésus serait né à l’époque de l’agnelage, au mois d’avril. Par ailleurs, l’évocation du cruel roi Hérode,  protégé des Romains, situerait sa naissance en l’an 6 avant J.-C. ! Le moine Denys le Petit, à l’origine du calendrier adopté aujourd’hui dans le monde entier, se serait donc trompé dans ses calculs.

À Rome, en 354, le pape Libère reporte cette célébration au 25 décembre, en remplacement des Saturnales romaines et de la fête du soleil vainqueur (sol invictus) que les païens avaient coutume de consacrer au retour du soleil après le solstice d’hiver. C’est une manière de rappeler que Jésus est la « Lumière du monde ».

 

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 L’année de naissance de Jésus

 

Sous le règne d’Hérode

Les deux récits de l’enfance de Matthieu et Luc indiquent que la naissance de Jésus eut lieu sous le règne du roi Hérode le Grand : « Jésus étant né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode » (Mt 2, 1); « Du temps d’Hérode, roi de Judée, […] l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. […] Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. […] Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. […] L’ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. » (Lc 1,5-31). Dans Matthieu, cet élément se place dans le récit de la venue des rois mages, du massacre des Innocents et de la fuite en Egypte, qui situe l’action à la fin du règne d’Hérode, le retour d’Égypte se faisant après l’accession au pouvoir d’Archélao , son successeur. Chez Luc, il se place dans le cadre d’un parallélisme entre les annonces miraculeuses des naissances, à six mois d’intervalle, de Jean le Baptiste et de Jésus.  

La date de la mort d’Hérode peut être déterminée en utilisant les informations données à la fin du Ier siècle par l’historien juif Flavius Josèphe, les annales romaines, et des données astronomiques. Selon Flavius Josèphe, Hérode est nommé roi par les Romains sous le consulat de Calvinus et Oollio en 40, et élimine son rival Antigone II Mattathiah sous celui de Agrippa et Gallus en -37. Il règne pendant 37 années après sa nomination par les Romains, et 24 après la mort d’Antigone II Mattathiah. Suivant la façon dont Josèphe compte les années, entières ou pas, cela mène à -4 ou -3. Mais Josèphe mentionne une éclipse de Lune peu avant la mort d’Hérode. Il y en a eu qui étaient visibles depuis la Palestine le 15 septembre -5, et le 13 mars -4, mais aucune en -3 ni en -2. Schürer conclut qu’Hérode est mort un peu après l’éclipse du 13 mars -4. En 1966, W. E. Filmer contesta cette date, sur la base du décompte des années et d’erreurs de Josèphe sur les dates de consulat, et détermina que la mort d’Hérode aurait eu lieu en -1, peu après l’éclipse du 9 janvier. Le calcul de Filmer a été depuis réfuté par Barnes en 1968, et Bernegger en 198517, et la date de -4 est celle qui est aujourd’hui retenue.

L’Evangile de Matthieu, chap. 2, versets 16-18 relate que le roi Hérode Ier, roi  ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs « envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages ». Selon ce texte, Joseph se serait enfui avant ce massacre avec l’enfant Jésus et sa mère où ils restèrent jusqu’à la mort d’Hérode.

 Recensement de Quirinius

Au début du chapitre 2, Luc donne une indication précise : « En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. » C’est ce qui explique selon cet évangile le déplacement de Joseph et Marie de Nazareth à Bethléem, où naît Jésus. Le règne d’Auguste commence en janvier ou en août -43, (sauf en Égypte où il commence en août -30 avec la prise d’Alexandrie et la mort d’Antoine et Cléopâtre), et se termine à sa mort en août 14 .

Selon Tacite et Flavius Josèphe, Publius Sulpicius Quirinius devient gouverneur (legatus Augusti propraetore) de Syrie en l’an 6 de notre ère, après l’expulsion d’Archélaos. Josèphe nous apprend en outre qu’il fit un recensement en Judée en 6-7, qui déclencha la révolte de Juda de Gamala.

 

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Le jour où Jésus est né

La détermination du jour de la naissance a également une importance symbolique, et le 25 mars, jour de l’équinoxe de printemps, souvent considéré comme le jour de la création du monde, est envisagé comme celui de la conception, de la mort ou de la résurrection de Jésus.

Cependant dès la première attestation qui témoigne d’une recherche de la fixation de la date de naissance de Jésus, il apparait une disparité selon les communautés chrétiennes. Ce premier témoignage vient de Clément d’Alexandrie   qui rapporte la situation à Alexndrie où, à la fin du IIè  ou au début du IIIè  siècle, certains évoquent le vingt-cinquième jour de Pachon  20 mai) ou le vingt-quatrième ou vingt-cinquième jour de Pharmouti (19 ou 20 avril) tandis que les Basiliens célèbrent, eux, le baptême de Jésus correspondant à une naissance symbolique, le quinzième jours du mois de Tybi   ou encore le onzième (10 ou 6 janvier). Clément lui-même avance une date qui correspond au 18 novembre -3

Une tradition également ancienne, rapportée un peu plus tard par Hippolyte de Rome  situe la naissance de Jésus mercredi au début du mois d’avril, précisément un mercredi 2 avril. Cette date plaçant la naissance de Jésus au printemps fait peut-être écho à une tradition judéo-chrétienne d’origine sacerdotale basée sur le calendrier du livre des Jubilé dont Hippolyte aurait connaissance.

Par ailleurs, suivant un passage du De Pasha Computus, rédigé en Afrique en 243, Jésus est né le mercredi V des calendes   d’avril, soit le 28 mars: cela correspond au quatrième jour après Pasha – date que l’auteur retient pour dater la Passion et premier jour de la création correspondant à l’équinoxe de printemps – et cela coïncide avec la création du soleil, permettant une assimilation du Christ au « Soleil de justice » une prophétie de Malachie. Ce texte montre l’existence d’une natalis solis iustitiae plus de trente ans avant la natalis solis invicti romaine.

D’après le Chronographe de 354, , la célébration d’une fête de l’incarnation du Sauveur se déroulant le 25 décembre est attestée à Rome sous le pontificat de l’évêque Libère à l’occasion de laquelle l’évêque rassemble les chrétiens dans la basilique nouvellement construite au Vatican, achevée en 354. Le choix de la date semble le fruit d’un calcul autonome fait au cours du iiie siècle mais il s’insère dans un cadre plus général de la constitution d’un calendrier liturgique, probablement destiné à concurrencer, à Rome, les réjouissances païennes. Cette tradition sera reprise par le martyrologue hiéronymien une compilation datant probablement du vie siècle, reprenant des documents plus anciens

C’est sur ces bases qu’au début du VIè siècle , le moine Denys le Petit place l’annonciation le 25 mars et la naissance de Jésus neuf mois plus tard, le 25 décembre de l’année 753 de Rome (c’est-à-dire l’année -1 du calendrier actuel), principalement pour qu’elle coïncide avec le début d’un cycle pascal. C’est sur ce calcul que se fondent aujourd’hui les calendriers de l’ère chrétienne.

 

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La représentation de l’âne et du bœuf dans la crèche de Bethléem est inspirée du prophète Isaïe

Bestiaire de Noël
Les animaux ont été les premiers témoins de la naissance du Christ. Mais ils n’ont pas été choisis par hasard.

Dans la symbolique de Noël, la crèche ne comprend pas seulement Marie, Joseph et Jésus, mais aussi des personnages qui peuvent sembler à première vue anodins, mais qui ont leur importance : les animaux, dont certains peuvent paraître assez étonnants. Pierre Gaugué, frère dominicain à Lille, nous éclaire sur ce que représente ce «bestiaire de Noël». C’est le prophète Isaïe qui a été le plus «fertile» en références animales.

> L’âne et le bœuf : Leur présence n’est pas mentionnée dans l’évangile de saint Luc. On a souvent raconté que l’haleine de l’âne et du bœuf servait de système de chauffage pour l’enfant Jésus. C’est une belle tradition, mais il y a une autre raison, biblique celle-là, qui justifie la présence de ces deux animaux dans la crèche. 
La représentation de l’âne et du bœuf dans la crèche de Bethléem est inspirée du prophète Isaïe qui reproche au peuple d’Israël de ne pas connaître son Dieu au contraire de l’âne et du bœuf : « Le bœuf a connu son propriétaire et l’âne la crèche de son maître, Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas… ». Le bœuf 
et l’âne représentent donc la fidélité, la docilité au Christ, ils sont une icône de ceux qui vont reconnaître en Jésus le messie.
Aussi, la Septante (traduction grecque de la Bible) mentionne une parole du prophète Habacuc : « Tu te manifesteras au milieu de deux animaux ». Notre traduction tirée de l’hébreu n’a pas repris ce terme. Peu avant le siège de Jérusalem par les Babyloniens en 587, le prophète supplie le Seigneur de réitérer son œuvre de salut et s’écrie : « Au milieu des années, fais-la revivre! Au milieu des années, fais-la connaître ». En grec, on lit plutôt : « Au milieu de deux animaux ».
L’âne a une présence particulière dans les Evangiles : il a mené Marie de Nazareth à Bethléem pour le recensement. Il est une monture humble. Un autre passage important de la Bible évoque sa présence : lors des Rameaux, à l’entrée de Jésus à Jérusalem, avant sa Passion.

> Le mouton : Dans l’Evangile de Luc (chapitre 2, verset 7), la présence de bergers «gardant leurs troupeaux» est mentionnée, sans précision sur la nature des bêtes gardées. L’Occident chrétien en a déduit qu’il s’agissait de moutons. En première lecture, la présence des ovidés est donc liée à celle des bergers. Une autre explication plus théologique est présente dans certaines représentations, notamment dans « L’adoration des bergers » de Delatour (œuvre située au Louvre) ou encore chez Zurbaran (œuvre située au musée de Grenoble) : un berger se situe près de la Vierge et de Jésus, il porte un agneau pattes liées juste au-dessus de la tête du bébé. Cela rejoint une parole du prophète Isaïe lors de la Passion du Christ : « Il était comme l’agneau mené à l’abattoir ». La présence d’un agneau pattes liées à la crèche est basée sur cette référence, qui rend déjà présente dès la naissance du Christ sa mort.

Ainsi, toute la création se trouve unie à la crèche pour célébrer la naissance du Christ !