AMES DU PURGATOIRE, DEVOTION AUX AMES DU PURGATOIRE, EGLISE CATHOLIQUE, FINS DERNIERES, FOI, PURGATOIRE

La dévotion aux âmes du Purgatoire

Le Purgatoire

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Dans le catholicisme, le purgatoire est le lieu de purification où les âmes des défunts morts en état de grâce, et assurés du salut éternel, vont expier les péchés dont ils n’ont pas fait une pénitence suffisante avant leur trépas, à la suite d’un jugement particulier. L’idée de purgatoire est une vérité de foi pour le catholicisme mais elle n’est pas acceptée par les différents courants du protestantisme ni par l’Église orthodoxe . Les catholiques avancent certains versets des Écritures pour justifier leur croyances. Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, c’est-à-dire avec des résistances à l’amour de Dieu, bien qu’assurés de leur salut éternel, connaissent après leur mort un temps de purification qui les libère complètement du mal. Ainsi ils obtiennent la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du paradis.

Depuis la bulle Exsurge Domine, fulminée le 15 juin 1520 par le pape Léon X contre Martin Luther, l’Église catholique reproche à Luther de considérer que le purgatoire ne peut être prouvé par aucune autorité scripturaire canonique. La datation de la « naissance » du purgatoire est discutée par les historiens, qui hésitent entre une « datation haute », qui est celle, par exemple, de Pierre Chaunu, pour lequel le purgatoire serait apparu dès Augustin d’Hippone (354-430), avec la notion de peines expiatrices dans l’au-delà, et d’autre part une « datation basse », celle de Jacques Le Goff, pour lequel le purgatoire « proprement dit » ne serait né que dans la seconde moitié du xiie siècle, vers l’an 1170, avec le mot servant à le nommer. Les premières représentations artistiques du purgatoire apparaissent au milieu du xiiie siècle.

À partir du Moyen Âge, le purgatoire est symboliquement illustré comme étant un lieu de feu purificateur. Jacques Le Goff a étudié la naissance du concept de purgatoire en tant que lieu au Moyen Âge, à travers l’évolution du mot purgatoire : l’épithète purgatorius puis le nom neutre purgatorium. La notion de purgatoire aurait été redéployée au milieu du xixe siècle par le clergé face à la montée du spiritisme ou invocation des âmes trépassées par des moyens ésotériques, non chrétiens. Son évocation s’est depuis raréfiée.

 

Fondements scripturaires

Bien que le mot de « purgatoire » soit absent de la Bible, quelques passages de l’Écriture suggéreraient l’existence d’un feu purificateur intervenant après la mort corporelle et l’existence d’un temps d’expiation entre la mort et le pardon des péchés.

Le Livre des Maccabées, qui n’a pas été retenu par Luther dans le canon biblique de 1534, mais qui est officiellement intégré au canon catholique lors du concile de Trente, parle d’un sacrifice accompli en faveur de défunts, ce qui laisse entendre l’existence d’un lieu de purification distinct de l’enfer et du paradis : « Puis, ayant fait une collecte d’environ 2 000 drachmes, il l’envoya à Jérusalem afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d’après le concept de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts, et s’il envisageait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui s’endorment dans la piété, c’était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché. »

C’est Paul de Tarse qui fait allusion le premier à un « feu », interprété parfois comme le purgatoire, dans la Première épitre aux Corinthiens.

 

Chez les premiers chrétiens

Le Refrigerium

Les premiers chrétiens avaient la notion de refrigerium, un lieu de rafraîchissement pour les âmes défuntes. Cette tradition liée aux banquets funéraires subsisterait en Roumanie.

 

Témoignages écrits d’un état de purgation

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Dante con in mano la Divina Commedia, Santa Maria del Fiore, Florence

De nombreux témoignages écrits montrent que parmi les premiers chrétiens, certains auraient cru, sinon en l’existence d’un lieu, du moins d’un état où le pécheur devait expier ses péchés avant d’atteindre le paradis. Comme l’a montré l’historien Jacques Le Goff, le concept du purgatoire comme lieu spécifique est en effet beaucoup plus tardif, et n’a été entériné dans la doctrine qu’avec le deuxième concile de Lyon (1274).

Un des témoignages les plus anciens est le récit de la passion de Perpétue et Félicité : en prison, Perpétue voit en songe son jeune frère, mort avant elle, sortir d’un puits sombre. À la suite de ce songe, elle va offrir des prières pour lui et ensuite un autre songe le montrera heureux : « je vis qu’il avait été soustrait à sa peine ». « Si la localisation du purgatoire ne gênait pas les premiers chrétiens, ni le fait d’avoir un nom pour désigner ce lieu, la réalité de secourir les défunts par la prière et l’ascèse est clairement établie dès l’antiquité chrétienne. »

Origène (iie siècle), qui n’évoque pas un lieu mais un état, est l’un des premiers à avoir introduit le concept de purgatoire en faisant de l’enfer un état provisoire : car, d’après lui, il n’y a pas de pécheur si mauvais qui ne soit sauvé, au terme d’un processus de paracatartase (du grec catharsis, purification), pour se retrouver finalement au Paradis. Cette opinion d’Origène est considérée par l’Église comme hérétique car selon elle l’enfer est éternel, en ce sens qu’il ne finira jamais, et la punition aussi

Augustin d’Hippone, qui n’évoque pas un lieu mais un état : « Certains subissent des punitions temporelles dans cette vie seulement, certains après la mort, pour certains avant et après, mais tous avant le jugement dernier, le plus rigoureusement mené. Mais ceux qui subissent des punitions temporelles après la mort n’encourront pas tous les punitions éternelles, qui doivent suivre ce jugement. »

Pour Augustin, seuls certains chrétiens, déjà acceptés au paradis, sont soumis à la purgation comme épreuve de purification, entre le jugement individuel se situant à la mort et le Jugement dernier, collectif. Il souligne que les peines y sont très pénibles. Augustin fait la distinction entre un « enfer inférieur » et un « enfer supérieur » (ce qui perdurera entre le vie et le xiie siècle), ce qui se transformera en une « localisation » du Purgatoire en un lieu « au-dessus » ou « proche » de l’Enfer, avec des peines qui y ressemblent beaucoup, ce qui deviendra à la fin du xiie siècle, le Purgatoire proprement dit. Augustin distingue également un feu de la purgation provisoire, destiné aux pécheurs repentants, et le feu de la damnation éternelle qui frappera les impénitents : Augustin pensait que seraient remis les petits péchés. Dans d’autres textes il admet la nature spéculative de l’idée de purgatoire ; au livre de la pénitence, parlant du feu du purgatoire, il écrit : « Il est meilleur que j’apprenne à bien vivre, que d’enseigner (semer) des choses non certaines du feu de cette nature. Car, si en faisant bien j’ai soin de me repentir, je ne craindrai pas les tourments du feu. »

 

Théologie catholique

Étymologie et apparition du mot

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Manuscrit alsacien, xve siècle, La Légende dorée.

Le Purgatoire vient du latin purgare, « purifier, nettoyer » – verbe qui a aussi donné le mot « purger » et l’expression « purger une peine de prison » ou encore du grec « pur », le feu par homophonie moyen de la purification. Si le concept de Purgatoire, en tant qu’épreuve de purification, est très ancien, le recours à ce mot est plus récent. Le substantif purgatorium est utilisé pour la première fois par l’archevêque de Tours, Hildebert de Lavardin en 1133. Le mot désignant le lieu « purgatoire » était en effet inconnu avant le xie siècle : un des premiers documents à mentionner ce nom est une lettre du bénédictin Nicolas de Saint-Alban au cistercien Pierre de Celle en 1176 (Haggh, 1997). Selon l’historien Jacques Le Goff, c’est entre 1170 et 1180 qu’a lieu la « naissance » du Purgatoire dans le milieu intellectuel parisien. La purgation cesse d’être un état pour devenir un lieu. Cette évolution se fait conjointement à l’apparition progressive, au haut Moyen Âge, du concept de péché léger (peccata levia, ou péché véniel), soulevant le problème théologique des chrétiens morts sans péché mortel mais sans s’être confessés auparavant, et pour qui l’Enfer est inapproprié.

 Enseignement des papes

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Le Purgatoire, par Rubens.

Le concept de « purgatoire » fut repris au siècle du pape Grégoire le Grand. Il a établi un purgatoire comme lieu de guérison, qui acquit une grande importance culturelle et historique avant la Réforme : « Vous devez croire qu’il y a un feu purificateur pour certains péchés parce que la vérité éternelle affirme que, si une personne blasphème contre l’Esprit Saint, ce ne lui est pardonné ni dans le siècle présent, ni dans le monde futur » (Mt 12, 32) écrit Grégoire le Grand, dans Dialogi de vita et miraculis patrum Italicorum, (4, 39). Cette déclaration montre que certains péchés ne sont pas pardonnés ni en ce monde ni en l’autre mais que d’autres peuvent être expiés dans l’autre monde. Dans six anecdotes du IVe livre des Dialogues, il émet l’idée que les peines du péché sont subies sur les lieux du péché. Il préfigure le concept de purgatoire, défini plus tard, au xiiie siècle.

En 1254, une lettre du pape Innocent IV au légat Eudes de Châteauroux à Chypre, qui demande que la définition du Purgatoire comme lieu où l’on purge ses péchés véniels mais non mortels soit acceptée par les Grecs est, selon Jacques Le Goff, « l’acte de naissance doctrinal du purgatoire comme lieu ». Elle est suivie par la reconnaissance officielle du Purgatoire par le deuxième concile de Lyon en 1274. En 1336 la bulle Benedictus Deus   de Benoît XII propose un enseignement catholique des papes sur la vie après la mort, paradisenfer et purgatoire.

Dans la lettre du pape Clément VI à Mekhitar d’Arménie du 29 septembre 1351, le pape écrit : « Nous demandons si tu as cru et si tu crois qu’il existe un purgatoire vers lequel descendent les âmes de ceux qui meurent en état de grâce et qui n’ont pas encore satisfait pour leurs péchés par une entière pénitence. » Le pape Clément VI écrit : « Nous croyons que c’est au purgatoire que descendent les âmes de ceux qui meurent en état de grâce et qui n’ont pas encore satisfait pour leur péché par une entière pénitence. De même, nous croyons qu’elles y sont tourmentées par un feu pour un temps et que, dès leur purification, avant même le jour du jugement, elles parviennent à la véritable et éternelle béatitude qui consiste à voir Dieu face à face et à l’aimer. » La bulle Iniunctum nobis de Pie IV du 13 novembre 1564 présente le purgatoire : « Je tiens sans défaillance qu’il y a un purgatoire et que les âmes qui y sont retenues sont aidées par les intercessions des fidèles ».

Le pape Benoît XV, dans sa bulle Incruentum altaris du 10 août 1915, traite du purgatoire ; il autorise les prêtres à célébrer trois messes le jour de la commémoration des fidèles défunts (2 novembre) ; il parle aussi des flammes du purgatoire : « Nous demandons instamment que tous les enfants de l’Église, se souvenant des nombreuses obligations qu’ils ont envers nos frères qui sont dans les flammes du purgatoire, interviennent en ce jour avec une grande foi dans les fonctions sacrées. »

L’encyclique Spe Salvi du pape Benoît XVI fait allusion au purgatoire :

« Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l’idée qu’on peut venir en aide aux défunts dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2 M 12, 38-45 : ier siècle av. J.-C.). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens et elle est commune à l’Église orientale et occidentale. L’Orient ignore la souffrance purificatrice et expiatoire des âmes dans « l’au-delà », mais connaît, de fait, divers degrés de béatitude ou aussi de souffrance dans la condition intermédiaire. Cependant, grâce à l’Eucharistie, à la prière et à l’aumône, « repos et fraîcheur » peuvent être donnés aux âmes des défunts. Que l’amour puisse parvenir jusqu’à l’au-delà, que soit possible un mutuel donner et recevoir, dans lequel les uns et les autres demeurent unis par des liens d’affection au-delà des limites de la mort – cela a été une conviction fondamentale de la chrétienté à travers tous les siècles et reste aussi aujourd’hui une expérience réconfortante. »

— Benoît XVISpe Salvi

 

Enseignement des conciles

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Michel Serre, Vierge à l’enfant et le purgatoire.

Une explication de la doctrine catholique sur le purgatoire a été présentée par le cardinal Julien Cesarini aux pères orientaux orthodoxes assemblés au conseil de Ferrara-Florence, lors de la Session VI, en juin (1438 ?) :

« Dès le temps des Apôtres, l’Église catholique enseignait que les âmes parties de ce monde, pures et franches de tout péché – c’est-à-dire les âmes des saints – entrent immédiatement dans la félicité. Les âmes de ceux qui après leur baptême ont péché, mais qui se sont ensuite sincèrement repentis et ont avoué leurs péchés, quoiqu’incapables d’exécuter l’epitimia prescrite par le confesseur, ou d’apporter des fruits de repentir suffisants pour expier leurs péchés, ces âmes sont épurées par le feu du purgatoire, tantôt rapidement, tantôt plus lentement, selon leurs péchés ; et ensuite, après leur purification, elles partent pour les lieux de bonheur éternel. Les prières du prêtre, les offices liturgiques et les actes de charité concourent dans une grande mesure à leur purification. Les âmes de ceux qui sont morts dans le péché mortel, ou dans le péché originel, vont directement à la damnation. »

Un décret canonique contenant une doctrine semblable est incorporé au « Décret d’Union » rédigé avant la clôture du concile de Florence, lequel avait donné un court instant l’espoir de mettre fin au Grand Schisme d’Orient. Un développement de la doctrine sur le Purgatoire se retrouva par la suite dans les canons du Concile de Trente (Session XXV) qui tire l’idée de Purgatoire « des Écritures Saintes [I Co 3, 12-17 et II Ma 12, 43-45] et de la tradition ancienne des Pères enseignée dans les Conciles. » Les Églises protestantes rejettent presque toutes cette conception. (voir ci-dessous).

Selon le concile œcuménique Vatican II : « L’union de ceux qui sont encore en chemin, avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ, n’est nullement interrompue, au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels… Tous cependant, à des degrés divers et sous des formes diverses, nous communions dans la même charité envers Dieu et envers le prochain » (Concile Vatican II, L’Église, no 49) »

L’Église catholique célèbre traditionnellement des messes pour le repos des défunts, et des indulgences peuvent leur être appliquées.

 Catéchisme

La théologie contemporaine récente rejette parfois l’idée de purgatoire comme un lieu de « punition temporelle » au sens d’un délai d’attente. Au lieu de cela, les théologiens parlent d’une étape de purification. Le processus de purification est un « aspect de l’union à Dieu » et une image de l’espérance du croyant en la purification par Dieu. Le catéchisme pour adultes, publié par la Conférence des évêques de France en 1991 avec l’accord de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui a donné le 23 janvier 1991 l’approbation du Saint-Siège, indique simplement ce qui suit : « …Pour parvenir à cette contemplation de Dieu, une « étape » de purification, appelée purgatoire, peut être nécessaire. Il ne s’agit ni d’un lieu, ni d’un temps ; on peut parler plutôt d’un état. En tout cas, le purgatoire, qui est bien une peine, n’est pas à concevoir comme une punition, par laquelle Dieu se vengerait en quelque sorte de nos infidélités. La communion avec Dieu, dans laquelle nous introduit la mort, nous fait prendre conscience douloureusement de nos imperfections et de nos refus d’aimer, et du besoin de nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ. » « C’est Dieu lui-même qui purifie et transforme. Mais la Tradition de l’Église catholique affirme que ceux qui sont au purgatoire bénéficient des prières et des supplications adressées en leur faveur à Dieu par leurs frères, et aussi de l’intercession des saints déjà introduits dans la béatitude de la vision de Dieu ». En ce sens, le purgatoire n’est plus à comprendre comme une troisième alternative de l’au-delà mais bien comme une instrument du salut.

Le compendium du Catéchisme de l’Église catholique, d’abord publié en 2005, est un résumé du Catéchisme de l’Église catholique

« 210. Qu’est que le Purgatoire ?

Le Purgatoire est l’état de ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu, assuré de leur salut éternel, mais qui ont encore besoin de purification pour entrer dans le bonheur du Ciel.

  1. Comment est-ce que nous pouvons aider les âmes à être purifiées au Purgatoire ?

À cause de la Communion des saints, les fidèles qui sont encore des pèlerins sur terre sont capables d’aider les âmes dans le purgatoire en offrant des prières en suffrage pour eux, spécialement dans le Sacrifice eucharistique. Ils peuvent aussi le aider par des aumônes, les indulgences, et les œuvres de pénitence. »

Ces deux questions et réponses résument les renseignements dans les sections 1020-1032 et 1054 du Catéchisme de l’Église catholique, publié en 1992, qui parle également de purgatoire dans les sections 1472 et 1473

 Déclin

La croyance dans le purgatoire décline à la fin du xviiie siècle, après les grands moments de la piété baroque. Elle connaît un renouveau spectaculaire au milieu du xixe siècle, en lien avec la dévotion mariale (Marie étant considérée comme la reine du purgatoire) et la rechristianisation du culte des morts : entre 1850 et 1914, les messes pour les défunts se multiplient. L’église des Âmes du Purgatoire à Naples témoigne de cette pratique. Le purgatoire s’efface peu à peu des consciences et des représentations avec la Grande Guerre dont les millions de « morts glorieux » de la patrie rejoignent directement la gloire céleste sans passer par le purgatoire. Il s’interrompt dans le deuxième tiers du xxe siècle.

 

Bibliographie

Livres anciens

Jacques de Voragine, La Légende dorée, « CLX, le 2 novembre, le Jour des Âmes »  sur Gallica

 Ouvrages contemporain

Philippe Ariès, L’Homme devant la mort, 2 vol. « Le temps des gisants » et « La mort ensauvagée », Seuil, coll. « Points », 1985 ;

Adriaan H. Bredero, « Le Moyen Âge et le purgatoire », Revue d’histoire ecclésiastique, 78 (1983), p. 429–452 ;

Claude Carozzi, Le Voyage de l’âme dans l’au-delà d’après la littérature latine (vexiiie siècle), Bibliothèque de l’École française de Rome, no 189, Rome, 1994

[Cuchet 2012] Guillaume Cuchet (dir.) (postface de Michel Vovelle), Le purgatoire : fortune historique et historiographique d’un dogme (acte du colloque tenu du 8 au 10 mars 2007à l’université d’Avignon), Paris, École des hautes études en sciences sociales, coll. « En temps & lieux » (no 38), septembre 2012, 1re éd., 1 vol., 331 p., 16 × 24 cm

Henry Donneaud, Dictionnaire du Moyen Âge, s. dir. Michel Zink, Alain de Libera et Claude Gauvard, PUF, coll. « Quadrige », 2004 ) ;

Aaron J. Gourevitch, « Au Moyen Âge : conscience individuelle et image de l’au-delà », Annales. Économies, sociétés, civilisations, 37 (1982), p. 255–275

Charles Journet, La Doctrine catholique sur le purgatoire.

Jacques Le Goff, La Naissance du Purgatoire, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 1991 (1re édition 1981) ;

Joseph Ntedika, L’Évolution de la doctrine du purgatoire chez saint Augustin, Études augustiniennes : Château-Gontier, Impr. de l’Indépendante, 1966.

Joseph Ntedika, L’évocation de l’au-delà dans la prière pour les morts. Étude de patristique et de liturgie latine, Publications de l’université Lovanium de Kinshasa Volume 2 de Recherches africaines de théologie, Éditions Nauwelaerts, 1971

André Parrot, Le Refrigerium dans l’au-delà, Paris, 1947

Catéchisme pour adultes de la Conférence des évêques de France aux éditions Centurion, Éditions du Cerf

 Articles

[Ariès 1983] Philippe Ariès, « Le Purgatoire et la cosmologie de l’Au-delà », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 38e année, no 1,‎ janvier – février 1983, 3e partie (« Au Moyen Âge »), p. 151-157  [fac-similé], consulté le 21 janvier 2017).

[Brown 1997] Peter Brown, « Vers la naissance du purgatoire : amnistie et pénitence dans le christianisme occidental de l’Antiquité tardive au haut Moyen Âge », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 52e année, no 6,‎ novembre – décembre 1997, 1re partie (« Vers la naissance du purgatoire »), p. 1247-1261  [fac-similé], consulté le 21 janvier 2017).

[Cuchet 2014] Guillaume Cuchet, « Les morts utiles du purgatoire : concept théologique, représentations et pratiques », Terrain, no 62 : « Les morts utiles »,‎ mars 2014, 1re partie (« Les morts utiles »), p. 82-99  [

Persée : « Les lendemains de la mort dans les croyances occidentales (vers 1250-vers 1300 ».- Hugues Neveux- Annales. Économies, Sociétés, Civilisations.- Année 1979.- Volume 34, numéro 2 .- p. 245-263]

CREDO, EGLISE CATHOLIQUE, FINS DERNIERES, RESURRECTION

La Résurrection de la chair

LA RÉSURRECTION DES CORPS, QU’EST-CE QUE C’EST ?

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Voici la réponse du théologien Bernard Sesboüé. Il est l’auteur notamment de « La résurrection et la vie. Petite catéchèse sur les choses de la fin » (DDB)

 

Comment la pensée biblique en est-elle venue à élaborer l’espérance de la résurrection ?  

 

  1. Bernard Sesboüé :

Dans la croyance primitive, le grand bien de l’homme, c’est la vie, et la mort apparaît comme la catastrophe. Pourtant, tout n’est pas fini avec elle. À la mort, l’homme va au « shéol »  ou «enfers», équivalent juif de l' »hadès » des Grecs, c’est-à-dire un lieu de ténèbres, de poussière et de silence. Une sorte de prison avec des portes, où des ombres mènent une vie extrêmement pâlote, semblable à un triste sommeil. Ce « shéol » n’est pas un lieu de punition, c’est un lieu d’oubli, un lieu où l’homme ne peut plus connaître Dieu. De même que le corps se dégrade, de même le souffle de vie s’exténue dans un sommeil privé de tout bonheur. Cette conception a peu à peu évolué sous une triple poussée. L’amour, d’abord : le peuple juif veut vivre sans interruption et sans fin avec Dieu. La justice, ensuite : le « shéol » nivelle définitivement tous les humains, quelles qu’aient été leurs actions, ce qui fait scandale au regard de la justice de Dieu et contredit l’espérance des martyrs. La vie, enfin : le Dieu de la vie est plus fort que la mort. Ce parcours représente des étapes que nous avons nous aussi à parcourir quelle que soit la force de notre foi, depuis la perception du scandale de la mort et l’expérience souffrante de la séparation qui semble si proche de la tombée dans le néant, jusqu’à la prise en compte de notre espérance d’une vie au delà de cette vie, espérance qui habite tout homme au plus profond de lui-même. 

 

Quel nouveau seuil est franchi par le Nouveau Testament ?

Jésus annonce la venue du Royaume de Dieu. Il proclame les Béatitudes, charte de ce Royaume, et raconte des paraboles afin de permettre à chacun de se convertir à la Bonne nouvelle. Mais il ne fait pas que parler. Il agit. Le Royaume qu’il annonce, il l’inaugure par sa présence et par ses gestes. Il guérit les malades et ressuscite les morts : le fils de la veuve de Naïm, la fille de Jaïre, Lazare. À la question : « En quoi consiste le Royaume de Dieu  ? », il apporte ainsi une réponse simple : ceux qui y croient reviennent à la vie. Jésus lui-même a traversé l’épreuve de la mort. Mais il en a changé le sens en aimant les siens jusqu’au bout. Sa mort a été une « mort pour nous ». Il a donné sa vie pour nous donner la vie. Avec sa résurrection, nous arrivons au cœur du message chrétien sur l’homme et son salut    Que signifie la résurrection de Christ ?    D’abord, un premier constat : le tombeau est trouvé ouvert et vide. Le corps de Jésus a disparu. Second constat : en ressuscitant, Jésus n’est pas revenu à son état de vie antérieur. Il se donne à voir d’une manière soudaine et gratuite qui échappe aux lois de notre espace et de notre temps. Mais il n’est ni un esprit, ni un pur fantôme : la résurrection concerne la totalité de sa personne, y compris son corps mortel. Ces points sont d’une importance décisive pour nous, car la résurrection de Jésus est en quelque sorte la parabole en acte de ce que doit être notre résurrection. Tel il est ressuscité, tel nous ressusciterons.   

 

Comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps ?

Saint Paul (1 Co 15) fait une comparaison : celle de la graine minuscule qui meurt, se dissout dans le sol, avant de donner naissance au corps tout nouveau de la plante. Pour Paul et ses contemporains, complètement ignorants du processus biologique qui fait passer de l’une à l’autre, il s’agit proprement d’un miracle. Autrement dit, après une transformation radicale, l’être corporel concret donne naissance au corps « spirituel », glorieux et céleste. Sur la lancée de Paul, et en tenant compte de toutes les données de la philosophie, de l’anthropologie et de la théologie contemporaines, nous pouvons tenter de définir le passage au corps ressuscité. Nous savons que le corps ne peut être réduit ni à ses éléments psysico-chimiques, ni à une réalité organique et biologique. Il est ce en quoi et par quoi l’homme reçoit et vit une existence personnelle, exerce et manifeste sa liberté dans son rapport à lui-même, aux autres, à Dieu. C’est dans et par son corps que l’homme entre en communication avec les autres et avec lui-même, qu’il aime, souffre, travaille, éprouve joie et plaisir. Le corps, c’est donc nous-mêmes. L’annonce de la résurrection de la chair, que nous proclamons dans le credo, signifie que l’homme sera sauvé dans tout ce qu’il est. Il y aura continuité, et discontinuité : continuité de notre identité, discontinuité puisqu’il y aura la brisure de la mort. Le corps ressuscité sera libéré de toutes les contraintes et nécessités naturelles qui le rendaient périssable.   

 

Peut-on avoir une représentation de ce corps ressuscité ?  

À strictement parler, non, parce qu’un tel corps échappe radicalement au monde de nos représentations terrestres. Nous pouvons nous servir des apparitions de Jésus ressuscité pour en saisir quelques caractéristiques. Nous pouvons aussi penser à des moments privilégiés de notre vie, instants de grâce où notre corps semble déjà presque spiritualisé : c’est l’expérience mystique chez les saints, c’est l’expérience des moments les plus intenses de l’amour ; c’est l’expérience faite lorsque l’on fait corps par exemple avec une symphonie de Beethoven, ou que la beauté nous arrache à nous-mêmes.  

 

Quand la résurrection se produit-elle ?  

La réponse à cette question tient dans un paradoxe : nous devons dire à la fois que les morts sont déjà ressuscités et qu’ils ne le sont pas encore. En d’autres termes : ils vivent une première résurrection, qui demeure incomplète tant que l’humanité entière n’est pas parvenue à la résurrection plénière qui aura lieu lors du retour du Christ. La résurrection est une lente genèse, mais aussi un processus dynamique qui se développe entre la résurrection de Jésus au matin de Pâques et sa seconde venue dans la gloire à la fin des temps. De ce paradoxe, le mystère de Jésus lui-même peut nous donner une idée. Lui aussi a connu le temps intermédiaire du séjour de son corps au tombeau. Sa résurrection n’a été complète que lorsque le signe concret nous en a été donné : grâce à l’événement de Pâques, Jésus reprend contact et retrouve la communication avec les siens. Il achève de fonder son Église et rend possibles les sacrements, qui supposent un contact entre son corps glorifié et nos corps encore mortels.   

 

Sommes-nous tous appelés à ressusciter ?

Il suffit de regarder avec courage notre vie pour découvrir tout ce que nous cachons aux autres. Nous sommes souvent incapables de porter le poids de la vérité. Or, le monde de Dieu est celui de la lumière et de la transparence, et nous ne pouvons y entrer sans devenir nous-mêmes transparents et lumineux. La nécessité du purgatoire vient de là, et non pas d’une volonté arbitraire de Dieu. Le purgatoire est un processus de purification. S’il y a souffrance, c’est celle d’un amour encore ligoté. Le choc de la rencontre de Dieu est un feu dévorant. Ne parlons-nous pas nous-mêmes du regret de nos fautes comme d’une brûlure ? Paradoxalement, cette souffrance est aussi une joie, la joie d’entrer dans la lumière et dans la vie. Le purgatoire n’est donc pas un châtiment. Il est au contraire l’expression de la grande patience de Dieu, qui maintient jusque dans l’au-delà la possibilité de notre conversion totale à l’amour (…) 

 

Source : croire.com

EGLISE CATHOLIQUE, FINS DERNIERES, JEAN-MARC BOT, PARADIS

Le paradis : Jean-Marc Bot

Le Paradis : goûter la joie éternelle

Jean-Marc Bot

Paris, Editions de l’Emmanuel, 2014. 170 pages.

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Extrait de l’introduction

Ce volume est le troisième d’une trilogie un peu à la manière de Dante. Celui-ci avait composé sa Divine Comédie en situant symboliquement chaque étape autour de la fête de Pâques 1300, l’année du premier jubilé de l’histoire chrétienne. Il jalonnait les trois étapes d’un itinéraire spirituel en le revêtant d’une forme poétique innovante.
Sans prétendre, évidemment, reproduire ce modèle bien connu, j’y ai puisé une partie de mon inspiration. Chacun de mes trois livres voudrait apporter à ses lecteurs non seulement un contenu doctrinal mais aussi une incitation à marcher plus vite et avec une plus grande joie, sur le chemin d’éternité. Au point de départ la grâce de Dieu nous arrache à une logique infernale. Sur la route elle nous transforme patiemment à l’imitation du Christ et des saints. À la fin elle nous enchante par l’éclosion définitive de la gloire. Notre plus grande difficulté est de nourrir notre espérance d’éternité par une motivation vitale. Or le terme du parcours nous semble trop étranger et lointain pour susciter notre enthousiasme. C’est donc par là qu’il faut commencer, ou recommencer sans cesse. Même si, chronologiquement, le paradis est à la fin, dans notre désir il doit prendre toute la place, dès le début. Le pas-encore doit habiter le déjà-là.
C’était l’objectif de Dante en écrivant son poème inspiré. Il voulait montrer Béatrice triomphante, dans la joie du paradis. Tout le reste n’était que préliminaires. Son ambition : exprimer l’ineffable par la puissance du langage poétique et ne reculer devant aucune audace pour inventer une langue aux limites des possibilités humaines. Ainsi «tout le Paradis est scandé par la réflexion de Dante sur ce qu’il écrit, et aussi par l’impossibilité d’écrire le paradis. Et c’est là, précisément, dans ces zones réflexives, mais d’une réflexivité directe, transparente, interrogative, que réside la plus étonnante modernité de sa poésie».

Paul Claudel salue avec admiration cette démarche en se demandant pourtant jusqu’où son extrême audace est légitime. Pour fonder son approbation il cite Gamble, un écrivain anglais dont la réflexion l’a beaucoup frappé :

Toute espérance repose en grande partie sur l’appui que lui fournit l’imagination. Si nous ne pouvons nous faire une conception réelle de la chose que nous désirons, nous sommes disposés à l’éloigner de notre esprit et à la placer hors du champ de notre intérêt actuel. Or, nous ne saurions nous dissimuler que depuis beaucoup d’années un travail se fait qui consiste à enlever l’un après l’autre tous les appuis sur lesquels dans l’imagination populaire la croyance à l’immortalité s’était jusqu’à présent soutenue. Si nous persistons à fermer l’une après l’autre les issues par lesquelles un homme cherche à atteindre sa destination, à la fin il abandonne son entreprise et il s’engage dans une autre direction. Ainsi si les hommes entretiennent une espérance et si nous continuons à leur dire que sa réalisation ne peut prendre aucune des formes qu’ils pensaient qu’elle pourrait prendre, à la fin ils feront volte-face et déclareront que l’espérance elle-même est illusoire. Telle semble être actuellement la conséquence de notre démolition du paysage d’une vie future à la place duquel nous n’avons rien mis que le vide.

Et Claudel commente :

Quand la Bible se sert des choses créées pour désigner des réalités éternelles, elle le fait non pas comme un littérateur étourdi qui choisit au petit bonheur dans son répertoire d’images, mais en vertu d’une convenance intime et naturelle, puisque de la bouche de Dieu qui a créé chaque être en le nommant ne peut sortir rien que l’éternel. Il n’y a pas une séparation radicale entre ce monde et l’autre, dont il est dit qu’ils ont été créés en même temps, mais des deux se fait l’unité catholique, en des sens divers comme ce livre dont il est dit qu’il est écrit à la fois dedans et dehors.

(…)

Présentation de l’éditeur

Sous quelle forme évoquer la beauté du paradis après la mort ? La réalité divine de la vie éternelle semble dépasser tellement l’imagination… Or il nous est impossible de désirer ce que nous ne pouvons imaginer. Par chance, le langage imagé de la Bible, le témoignage des saints sur leurs plus hautes expériences mystiques et le talent des plus grands artistes sont capables de nous donner comme un avant-goût de la joie éternelle.

Le pari audacieux de cet ouvrage est de relier toute cette richesse symbolique au discours de la théologie sur le paradis afin d’orienter toute notre vie vers lui. Il montre comment et pourquoi notre plus vive espérance ne sera pas déçue.

Jean-Marc Bot est prêtre du diocèse de Versailles. Il a été professeur de séminaire, curé de paroisse, accompagnateur du catéchuménat diocésain. Il a publié plusieurs livres, dont une série de quatre volumes sur tes fins dernières.

 

EGLISE CATHOLIQUE, FINS DERNIERES, JEAN-MARC BOT, LIVRES - RECENSION, PURGATOIRE

Le purgatoire : Jean-Marc Bot

Le Purgatoire – Traverser le feu d´Amour 

Jean-Marc Bot

Paris, Editions de l’Emmanuel, 2014. 144 pages

9782353893645

 

 

Extrait de l’introduction

Trois souvenirs me reviennent à l’esprit quand j’essaie de mettre en contact les mots «purgatoire» et «paroisse». Dans l’une de mes anciennes paroisses, une demoiselle âgée animait encore une association de prière pour les âmes du purgatoire. Elle est morte depuis, avec la garantie de nombreuses messes pour le repos de son âme. Mais qu’est devenue cette association ? Quel est son avenir ? Dans la même paroisse, une congrégation religieuse portait le nom d’Auxiliatrices – on ne dit plus «du purgatoire», ce serait trop dur à porter, trop ringard -; le purgatoire a été gommé. Enfin, toujours en paroisse, dans un groupe de jeunes entre dix-huit et vingt-cinq ans, en cycle de formation théologique, une jeune fille se mit à ridiculiser le purgatoire. Bref, l’image de marque n’est pas fameuse. Il est vrai que ce mot suggère trop facilement des expériences sinistres : purge, punition, épuration. Ces relents d’intervention pénitentiaire ne suscitent aucun enthousiasme. Sans parler des bruits d’argent autour des indulgences et des intentions de messes. Et pourtant, impossible de trouver un autre mot, même si la liturgie de la messe l’ignore superbement. Il nous reste à le dépoussiérer, à purger en quelque sorte la mauvaise réputation du purgatoire…
Cette difficulté ne date pas d’aujourd’hui. Alors que le purgatoire était encore présent et très populaire dans la pratique religieuse du XIXe siècle, il a subi un déclin brutal au lendemain de la Première Guerre mondiale, toujours appelée la Grande Guerre. L’énormité du carnage a créé un véritable traumatisme qui a ébranlé la foi des catholiques en ce qui concerne la vie après la mort. Nul n’a mieux vu le sens de cette mutation que le père jésuite Teilhard de Chardin. Il a souligné à quel point son expérience de brancardier, au cours de cette terrible guerre, l’avait marqué profondément. Dans un texte de février 1919 il écrivait :

Je me suis souvenu de nos morts. Sous le souffle de la guerre, tous ces héros me paraissaient s’échapper de la Terre comme les étincelles que le vent fait jaillir d’un brasier. Et peut-être, pour l’éclosion d’une pareille gerbe de lumière, j’aurais compris que nous ayons souffert, si j’avais pu apercevoir la flamme vivante où les âmes des tués allaient s’intégrer. Mais cette flamme n’est pas visible de la terre. Elle brille dans un autre cercle de notre Univers. […] Au scandale des maux que nous avons subis, ce n’est pas la perfection des vies qui nous ont quittés, c’est une amélioration constatée, ici-bas, sur la Terre, qui peut donner la seule réponse que nous attendons.

La suite du XXe siècle n’a pas répondu à cette attente d’une amélioration tangible, bien au contraire. L’accumulation des guerres et la montée en puissance de la société de consommation ont fait perdre de vue l’horizon d’éternité encore familier au cours des siècles précédents. Comme le rapport avec nos défunts, sous la catégorie des âmes du purgatoire, s’est éloigné de nos préoccupations majeures, ce sont la réalité même du purgatoire et l’intérêt de la prière pour les morts qui ont perdu de leur crédibilité. De nos jours l’attention se concentre davantage sur la question de la mort et de l’au-delà, éprouvée justement comme questionnement plus que comme réponse doctrinale. Le changement de vocabulaire qui a fait passer du «ciel», ou du «purgatoire», au thème général de l’«au-delà» est le signe d’une mutation culturelle fondamentale.

 

Présentation de l’éditeur

Qu’est-ce que le purgatoire ? Quel est son rôle ? Cette notion déterminante pour notre vie de foi a besoin d’un bon dépoussiérage culturel. La doctrine catholique du purgatoire s’appuie sur une longue pratique de prière pour les défunts, remontant au peuple juif, avant l’ère chrétienne.

À la lumière de cet héritage et de l’expérience des saints, ce livre présente la réalité essentielle qu’est cette étape vers le paradis. Mieux, il montre que si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer. Il répond aux objections actuelles en ne négligeant aucun aspect important : la Bible et la tradition chrétienne, le temps et l’éternité, la purification avant et après la mort, la prière pour les morts et la communion des saints. Un traité du purgatoire adapté à notre époque.

Jean-Marc Bot est prêtre du diocèse de Versailles. Il a été professeur de séminaire, curé de paroisse, accompagnateur du catéchuménat diocésain. Il a publié plusieurs livres, dont une série de quatre volumes sur les fins dernières.

 

 

 

EGLISE CATHOLIQUE, ENFER, FINS DERNIERES, JEAN-MARC BOT, LIVRES - RECENSION, Non classé

L’enfer : par Jean-Marc Bot

L’enfer : affronter le désespoir

Jean-Marc Bot

Paris, Editions de l’Emmanuel, 2014.161 pages.

9782353893621

 

Extrait de l’introduction

Aborder la question de l’enfer aujourd’hui peut sembler anachronique à bien des chrétiens. Et pourtant la lecture de la Bible, surtout du Nouveau Testament, nous oblige à y revenir, ne serait-ce que pour chercher la juste interprétation du texte. La situation d’un monde ravagé par tant de maux dont les hommes sont responsables est aussi une source continuelle de réflexion sur le risque d’enfer. Mon intention est donc de conduire le lecteur à affronter avec un certain courage l’aspect le plus choquant de la réalité. Sur le thème de l’enfer, il me semble surtout nécessaire de rompre un silence retentissant, de dénoncer des caricatures sans rapport avec l’Évangile du Christ, et d’oser réaffirmer cette terrible vérité, à temps pour quelques-uns, à contretemps pour beaucoup d’autres. Il est très important de prendre conscience de quel danger extrême Jésus est venu nous sauver, comment nous comporter pour accueillir son salut et comment lutter, au bénéfice de tous, chacun à sa modeste place, contre le risque de perdition éternelle.
Dans un lointain passé, en plein Moyen Âge, Dante avait composé son poème intitulé La Divine Comédie, où il visitait par l’imagination l’enfer, le purgatoire et le paradis. Je me permets ici de reprendre sa trilogie, en trois volumes, comme un exercice spirituel très utile pour nourrir notre espérance, ici-bas et après la mort, dans le contexte de l’époque moderne. Je commence donc symboliquement, à la manière de ce grand poète, la nuit du Jeudi au Vendredi saint – 20-21 avril – 2000, l’année du dernier grand jubilé : «Au milieu du chemin de notre vie / je me retrouvai par une forêt obscure / car la voie droite était perdue»1. Arrivé devant la porte noire je vis ces paroles de couleur brune inscrites au-dessus du porche :

Je suis la porte du mensonge :
par moi on va dans la cité du néant,
par moi on va dans l’éternelle douleur,
avec les démons et les damnés.
La haute sagesse et la folie d’amour,
en créant des esprits doués de liberté,
ont ouvert le risque noir de mon abîme.
Avant moi dansait la lumière éternelle,
offerte à tous ceux qui aiment la vérité.
Vous qui entrez laissez toute espérance.

Depuis longtemps je réfléchis et médite sur le mystère de l’enfer. Si j’emprunte au poète italien le thème de la porte – et aussi à Catherine de Sienne -, c’est que j’ai pris conscience de la faiblesse des abstractions. Philippe Sollers m’a fait découvrir que la démarche de Dante demeure exemplaire dans la mesure où elle nous oblige à un vrai parcours initiatique. Même si, plus loin, j’aurai à critiquer le modèle dantesque de l’enfer tel qu’il s’impose encore à notre culture, je dois reconnaître que le poids des images et le choc du concret sont indispensables pour nous réveiller de notre sommeil. Il serait d’ailleurs indécent de parler de l’enfer sans payer le prix d’un engagement personnel «au milieu du chemin de notre vie», c’est-à-dire sans entendre l’appel de chaque instant à vaincre de nouveau l’illusion d’un salut garanti par une assurance-vie.

 

 

Présentation de l’éditeur

L’enfer. De nos jours ce terme évoque principalement les souffrances horribles qui peuvent advenir sur terre. L’enfer après la mort ne fait plus peur : pour bon nombre de chrétiens, nous irons tous au paradis, comme dit la chanson. Mais l’Évangile est là pour nous alerter sur la faute impardonnable, le péché contre l’Esprit, et nous éveiller au courage d’avoir peur afin de demeurer activement dans la vie, dès ici-bas et après la mort.

Balayant bien des idées reçues, ce livre offre un langage renouvelé au sujet de l’enfer. Il affronte ce mystère crucial en tenant compte des critiques les plus actuelles et en s’inspirant de ce que disent les saints. On sort différent de cette lecture, mieux armé pour le combat de l’espérance.

 

S’il était d’usage, autrefois, d’entretenir une certaine mythologie autour de la naissance : « Les enfants naissent dans les choux ou sont apportés par des cigognes… », on côtoyait en revanche, dès le plus jeune âge, la dure réalité de la mort. Il semble bien que ce soit devenu aujourd’hui rigoureusement l’inverse : le domaine de la transmission de la vie et la naissance n’a plus aucun secret pour personne tandis que la mort est cachée et décrite avec un langage très imagé : « Papy est parti pour un grand voyage… » Les annonces de décès révèlent souvent cette tendance moderne : « Des yeux se sont fermés pour s’ouvrir à la lumière », traduisant sans doute une certaine idée de l’immortalité de l’âme, mais probablement pas une foi en la vie éternelle, ou alors selon une conception plus stoïcienne que chrétienne.

Ce qu’il y a après la mort ? Aujourd’hui, toute réponse est acceptée, pourvu qu’elle ouvre à un monde « soft » karma, nirvana, réincarnation, conscience euphorique ou sommeil profond, la culture moderne est généreuse de ces paradis en tout genre. Pessimistes s’abstenir ! Et surtout au diable les peurs d’antan et son attirail de flammes, fourches, et pieds crochus.

Paradoxalement, l’idée de l’enfer est restée très répandue dans notre culture. Le Cardinal Ratzinger le soulignait lors de sa conférence à Notre-Dame de Paris. Il rapportait cette idée apparemment surprenante, d’un philosophe allemand qui se réclamait d’un agnosticisme prudent, mais qui, pourtant, se disait fermement convaincu de l’existence de l’enfer, et d’apporter pour preuves toutes les atrocités passées ou présentes dont les hommes sont capables1. Il n’est sans doute pas étonnant, dans une société qui perd ses repères et s’éloigne de Dieu, de voir progresser l’idée proprement infernale de l’absence de Dieu. Ajoutez à cela la religiosité débridée d’un bon nombre de jeunes qui n’hésitent alors pas à se tourner vers le spiritisme, la magie et même vers les sectes satanistes.

Le vrai paradoxe est probablement que l’idée d’enfer se heurte à une opposition surtout de la part des chrétiens ! Pourquoi ? Il est difficile de le dire. La réponse communément avancée est alors l’usage qu’en firent nos devanciers dans la prédication. On les accuse d’en avoir trop usé ou mal usé, au moins abusé pour inciter leurs ouailles à progresser dans la vertu, alors plus par crainte du châtiment que par amour. Est-ce vrai ? Peut-être. Le Pape Jean Paul II leur reconnaît cependant, quant à lui, des mérites réels : « Combien d’hommes se sont convertis et confessés grâce à ces sermons et à ses descriptions de l’au-delà ! »2 Qui, en effet, n’a pas besoin de quelques vives exhortations, de temps en temps, pour vaincre sa tiédeur ?

Mais une chose est sûre, après un rejet massif de cette forme de prédication, il faut aujourd’hui une sérieuse audace pour parler de l’enfer dans le milieu des catholiques engagés.

De l’audace, l’abbé Jean-Marc Bot en a, lui qui ose reparler de l’enfer. Le curé de la cathédrale de Versailles, vient en effet nous annoncer avec courage une terrible nouvelle : l’enfer existe et il est habité !

A l’aide de la raison et de la révélation, le Père Bot aborde loyalement, du point de vue anthropologique et théologique, la question de l’enfer et de la damnation, en tenant compte des objections actuelles. Partant du sacrifice du Christ comme source de salut, centre de l’histoire, chemin de réconciliation avec le Père offert aux hommes, l’auteur en vient à la question du refus et donc de l’enfer. Pour cela il commence par inventorier et tordre le cou à quelques conceptions et représentations erronées de l’enfer : l’enfer victimal décrit par la seule souffrance, l’enfer existentiel qui se défini comme l’absurde de l’existence humaine enfermée sur elle-même, l’enfer catégoriel selon une conception comptable et moralisante de la culpabilité (c’est un peu l’enfer de Dante), l’enfer essentiel comme métaphysiquement, socialement et moralement nécessaire à l’harmonie de la création (conception de Leibniz reprise par Teilhard de Chardin), l’enfer ontologique comme une forme d’anéantissement, l’enfer chirurgical où seul le péché serait condamné mais non le pécheur, l’enfer hypothétique qui serait une simple possibilité pour chacun mais invérifiable.

Après avoir franchi cette partie, il reste au lecteur à affronter la dure réalité de l’enfer.

A l’origine de la damnation, il y a l’enfermement dans le péché qui est désigné comme le « péché contre l’Esprit », le seul qui ne soit pas pardonnable (cf. Mt 12, 31–32). Cet entêtement dans le péché se veut, dans l’intention du sujet, définitif et durable et engendre la séparation définitive et éternelle de Dieu.

Une question, très débattue aujourd’hui, se pose autour du nombre des damnés : du romantisme balthasarien au pessimisme augustinien, la palette des opinions est étendue. L’étude des Écritures, de la Tradition et du Magistère apportent déjà quelques réponses claires : l’enfer existe. De plus, « les écritures affirment très nettement l’existence d’un enfer composé de démons et de damnés » (p. 132) ; « L’existence de l’enfer peuplé de démons et de damnés est une vérité de foi définie, un dogme parfaitement énoncé dans la Sainte Écriture et unanimement enseigné par la sainte Tradition » (p. 137–138).

L’enfer contient certainement les anges rebelles, mais contient-il beaucoup d’humains ? Notre auteur penche pour le grand nombre des élus et le petit nombre des damnés, mais il faut bien avouer qu’un pronostic en ce domaine reste très difficile.

Que dire de Judas ? L’interprétation la plus évidente des affirmations du Christ – « Il aurait mieux valu pour lui qu’il ne soit pas né » (Mt 26, 24) et « aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de la perdition » (Jn 17, 12) – fait normalement conclure à la damnation. « Seul un a priori étranger à l’Évangile permet à certains de conclure que personne ne sait si Judas est perdu ou sauvé » (p. 174). L’auteur pousse plus loin encore l’investigation et démasque une fausse citation, plusieurs fois reprise, qui ferait dire au Seigneur à sainte Gertrude : « Ni de Salomon, ni de Judas, je ne te dirai ce que j’ai fait, pour qu’on n’abuse pas de ma miséricorde » et qui est probablement de sainte Mechtilde… mais ne parle pas de Judas.

Le livre s’achève sur les annexes : des textes d’Adrienne von Speyr, Anne-Catherine Emmerich, le récit des apparitions de Fatima, sœur Faustine et le manuscrit de l’enfer. Notre perspicace auteur a déjà devancé les objections : « Je demande donc au lecteur de ne pas donner à ces textes une importance exagérée » (p. 196). On peut craindre en effet qu’il n’ait pas choisi ici le meilleur quinté de textes sur l’enfer !

Ceux qui ne comprennent toujours pas pourquoi le Père Bot ose reparler de l’enfer, pourront méditer cette allocution de Pie XII (p. 147–148) : « Il n’y a plus de temps à perdre pour arrêter ce glissement de nos propres rangs vers l’irréligion, et pour réveiller l’esprit de prière et de pénitence. La prédication des premières vérités de la foi et les fins dernières non seulement n’a rien perdu, en nos jours, de son opportunité, mais elle est devenue plus que jamais nécessaire et urgente, même la prédication sur l’enfer ».

La vie est un combat contre l’homme révolté qui gît au fond de soi-même, se nourrit de l’orgueil et reste malheureusement capable de s’entêter jusqu’au point de non retour. Seule la docilité à la grâce du Seigneur peut terrasser le vieil homme. La considération de l’enfer, loin de décourager, contribue à ouvrir son cœur aux merveilles de la miséricorde du Dieu de Majesté.

 

http://www.revue-kephas.org/02/3/Lectures157-168.html

 

 

APRES LA MORT, EGLISE CATHOLIQUE, ENFER, FINS DERNIERES, LIVRES, PARADIS, PURGATOIRE

Les fins dernières

 La destinée de l’homme après la mort

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Un ensemble de trois volumes se penche sur les « fins dernières », un thème essentiel, quoique trop négligé aujourd’hui, pour la foi chrétienne

 

L’ENFER. Affronter le désespoir

LE PURGATOIRE. Traverser le feu d’amour

LE PARADIS. Goûter la joie éternelle

de Jean-Marc BOT

Éditions de l’Emmanuel, 2014.

respectivement 168 p., 144 p. et 176 p. 

 

Voilà bien un véritable défi que de vouloir écrire aujourd’hui un livre entier consacré à chacun de ces sujets que sont l’enfer, le purgatoire et le paradis, et dans cet ordre-là correspondant à la célèbre Divine Comédie ! Disons sans attendre que le Père Jean-Marc BOT, prêtre du diocèse de Versailles, ancien curé de la cathédrale, actuel curé de St-Germain-en-Laye, l’a brillamment relevé avec ce triptyque, d’ailleurs déjà paru chez le même éditeur en 2002-2003, sous des sous-titres néanmoins un peu différents.

  

Les « fins dernières » négligées

En effet, ces thèmes qui relèvent en plein de ce que l’on appelle les « fins dernières » ont sans doute été trop abordés au cours des siècles précédents, avec parfois des excès divers et variés (dans le moralisme, par exemple, ou les descriptions soient effrayantes, soit lénifiantes), de telle sorte que l’on en parle plus guère depuis quelques décennies et c’est bien dommage car il s’agit bien là d’aspects de la foi chrétienne qui ne sont pas de simples détails… Par exemple, il est devenu rare en ce début du vingt-et-unième siècle qu’un prêtre ou diacre développe longuement ces sujets-là dans son homélie dominicale et, ce, même quand les textes bibliques proposés s’y prêteraient plutôt bien !

  

Sensibilité spirituelle et sens littéraire

Tant qu’à faire, le P. Bot prend ses sujets de front, sans précaution particulière, avec toujours un ancrage fort tant dans l’Écriture Sainte que dans la Tradition de l’Église, y compris jusqu’au Catéchisme de l’Église catholique, assez souvent cité. Mais, oserais-je dire, cela ne saurait point suffire pour une pareille thématique somme toute assez délicate à traiter. Une grande sensibilité spirituelle est là bien nécessaire de même qu’un sens littéraire et poétique fortement affirmé, sans pour autant tomber ni dans la mièvrerie, ni dans la boursouflure. Et c’est sans doute là que notre auteur est décidément très bon !

  

Enfer

En même temps, il assume une parole forte, comme dans le premier volume sur l’enfer où il n’hésite pas à titiller des théologiens, pourtant des maîtres dans leur discipline, comme le cardinal Hans Urs von Balthasar ou François Varillon, qui ne parlent pas assez, selon lui, de la réalité de l’enfer ; même Péguy est égratigné au passage, et il préfère s’appuyer sur quelques belles figures mystiques, surtout des femmes d’ailleurs, comme Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Angèle de Foligno ou Maître Eckhart ; tout de même, le cardinal Journet et Maritain trouvent grâce à ses yeux !

  

Purgatoire

Dans le second volume sur le purgatoire, plus court, et, pour cause, moins enraciné dans la Bible,  référence est faite aux papes du Moyen-Age ou au concile de Trente ; sur le plan historique, Bot s’appuie plutôt sur Jacques Le Goff et sa célèbre Naissance du purgatoire, sur le plan théologique plutôt sur François Varillon, mais, dès les premières pages, on sent bien que sa référence de prédilection en la matière est Dante ! Un des chapitres offre ici une belle réflexion sur la mort ; le dernier, peut-être parfois un peu hasardeux, souhaite répondre à cette question qui intéresse, voire parfois trouble, encore plus d’un catholique : « Comment aider les âmes du purgatoire ? »

 

 Paradis

Enfin, dans l’ultime tome sur le paradis, il ouvre à nouveau un débat historique un peu oublié aujourd’hui, la controverse entre deux papes qui se sont succédé au 14ème siècle : Jean XXII qui se trompa en soutenant, « contrairement à la Tradition, que les âmes des défunts arrivés à la perfection n’entraient pas immédiatement après la mort dans la vision béatifique » ; heureusement, juste après lui, Benoît XII rectifia le tir en définissant une position théologique plus conforme à la tradition !

Mais, heureusement, ce petit livre ne fait pas que citer de telles controverses, ce qui pourrait paraître bien aride ! Non, puisqu’il évoque avec beaucoup de sensibilité spirituelle deux grands saints de notre Eglise dans leur désir d’absolu, que sont Augustin et Thérèse de Lisieux, si différents pourtant l’un de l’autre ! Qui plus est, il fait aussi judicieusement référence à de beaux textes d’écrivains, d’hier ou d’aujourd’hui, comme, bien sûr et d’abord, Dante mais aussi  Lamartine, Victor Hugo, Baudelaire, Mallarmé, Claudel, Jean Guitton, Marie Noël, mais aussi François Cheng ou Christian Bobin, et même Philippe Sollers ! Dans un autre art, Messiaen est aussi joliment évoqué. Souvent, et c’est aussi original et appréciable, les chapitres se finissent par un poème écrit par Jean-Marc Bot lui-même. Enfin, le dernier chapitre est tout entier consacré à un sujet qui fut longtemps sensible, à savoir le sort des enfants morts avant d’avoir été baptisés.

 

https://livre-religion.blogs.la-croix.com/theologie-la-destinee-de-lhomme-apres-la-mort/2015/02/19/