EGLISE CATHOLIQUE, FRANÇOIS (pape), HOMELIES, LIVRE DE L'APOCALYPSE SELON SAINT JEAN

Le Pape François : « la paganisation » de la vie chrétienne

Le pape met en garde contre la « paganisation » de la vie chrétienne

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Vivre les épreuves du monde dans l’espérance

 

Le pape François a mis en garde contre la « paganisation » de la vie chrétienne, lors de la messe de ce jeudi matin, 29 novembre 2018, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Dans son homélie rapportée par Vatican News,  le pape a commenté la première lecture (Ap 18, 1-2.21-23 ; 19, 1-3.9a) sur la destruction de Babylone, ville « du luxe, de l’auto-suffisance, du pouvoir de ce monde », « tanière de démons, repaire de tous les esprits impurs » ; et l’Evangile (Lc 21,20-28) de la dévastation de Jérusalem, la cité sainte.

« La voix des joueurs de cithares et des musiciens, des joueurs de flûte et de trompette, chez toi ne s’entendra jamais plus, a cité le pape. – Il n’y aura plus de belles fêtes, non… Aucun artisan d’aucun métier chez toi ne se trouvera jamais plus … – parce que tu n’es pas une ville de travail mais de corruption – et la voix de la meule chez toi ne s’entendra jamais plus ; la lumière de la lampe chez toi ne brillera jamais plus – ce sera peut-être une ville éclairée, mais sans lumière, pas lumineuse ; c’est la civilisation corrompue – la voix du jeune époux et de son épouse chez toi ne s’entendra jamais plus. Il y avait de nombreux couples, de nombreuses personnes, mais il n’y aura plus l’amour. »

« Cette destruction commence de l’intérieur, a expliqué le pape, et se termine quand le Seigneur dit : « Ça suffit ». Il y aura un jour où le Seigneur dira : « Assez des apparences de ce monde”. C’est la crise d’une civilisation qui se croit fière, suffisante, dictatoriale et qui finit ainsi. »

La ruine de Jérusalem, en revanche, est due à « la corruption de l’infidélité à l’amour ; elle n’a pas été capable de reconnaître l’amour de Dieu dans son Fils ». La ville sainte « sera piétinée par les païens », a noté le pape François.

Et de dénoncer « la paganisation de la vie, dans notre cas vie chrétienne » : « Vivons-nous comme des chrétiens ? Il semble que oui. Mais en vérité, notre vie est païenne… quand on entre dans cette séduction de Babylone, et Jérusalem vit comme Babylone. On veut faire une synthèse qui ne peut pas se faire. Et toutes les deux seront condamnées. Tu es chrétien ? Tu es chrétienne ? Vis comme chrétien. On ne peut pas mélanger l’eau et l’huile. Elles sont toujours différentes. C’est la fin d’une civilisation contradictoire, qui dit qu’elle est chrétienne et qui vit comme une païenne. »

« Il y a des tragédies, dans notre vie aussi, a poursuivi le pape, mais devant elles, il faut regarder l’horizon, parce que nous avons été sauvés et le Seigneur viendra nous sauver. Et cela nous enseigne à vivre les épreuves du monde non pas dans un pacte avec la mondanité ou avec le paganisme qui nous conduit à la destruction, mais dans l’espérance, en nous détachant de cette séduction mondaine et païenne et en regardant l’horizon, en espérant le Christ, le Seigneur. L’espérance est notre force : avançons. Mais nous devons demander à l’Esprit-Saint. »

En conclusion, il a invité à penser aux Babylones actuelles : « Ainsi finiront aussi les grandes cités d’aujourd’hui et ainsi finira notre vie, si nous continuons à la conduire sur ce chemin de paganisation… Ouvrons notre cœur avec espérance et éloignons-nous de la paganisation de la vie chrétienne. »

 

https://fr.zenit.org/articles/sainte-marthe-le-pape-met-en-garde-contre-la-paganisation-de-la-vie-chretienne/

FILM LE PAPE FRANÇOIS, UN HOMME DE PAROLE, FILMS, FRANÇOIS (pape), WIM WANDERS (1945-....)

Retour sur le film François, un homme de parole de Wim Wenders

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Dans cet article Brunot Frappat revient sur le film François, un homme de parole pour répondre aux journalistes qui simplifient souvent à outrance la parole du Pape et ainsi la déforme.

Parole

 

Incroyable nouvelle dans le ciel assombri et terrifiant de l’actualité médiatique où surabondent le mensonge et la malfaisance : il y a sur terre au moins un homme qui parle vrai. Il sait s’adresser à nous tous avec simplicité, humour et vérité. Il parle simplement des choses simples qui nous concernent tous : la vie, la mort, la nature, la justice, la pauvreté, l’argent, la souffrance, les valeurs morales, la famille.

Ce sage caché ordinairement derrière le rideau des apparences dominantes, à quoi se résume trop souvent la vie contemporaine, est le pape François. Nous pensons le connaître depuis des années que nous l’admirons, mais le voici en gros plan grâce à Wim Wenders. Ce « Saint-Père » crève l’écran du cinéma et transforme les salles obscures en espaces de lumière et de joie (1). Le jour où nous avons vu ce film formidable, à la fin de la séance, le public a applaudi.

Il a applaudi comme poussé par un irrépressible soulagement. Enfin ! Enfin, on lui donnait sa chance au contraire des « petites phrases scandaleuses » sorties de leur contexte par des journalistes mal intentionnés ou trop pressés. Enfin, la nuance avait droit de cité dans un univers dominé par le diktat du « faire court », où le simplisme est devenu une loi commune et le « bien commun », une bizarrerie inaccessible et clandestine, jamais évoquée. Dans un paysage médiatique, surtout, globalement hostile aux « cathos » et à tout ce à quoi ils sont supposés ressembler. Cathos réacs, coincés dans leurs lodens, encombrés de poussettes, raidis par les principes enseignés par des prêtres dont beaucoup d’anciens pédophiles, et qui feraient mieux de se marier avant de donner des conseils aux couples modernes, notamment pour l’éducation des enfants.

Le vent de sarcasmes et de diableries qui accompagne en général la moindre évocation des catholiques et de leur présence dans la société donne l’idée d’une nouvelle obligation déontologique à imposer à l’ensemble des confrères qui écrivent sur l’actualité : l’obligation de voir le film de Wim Wenders avant de dire un mot. On ne leur demande pas d’adhé­rer mais de se renseigner sur ce que dit le pape sur la dictature de l’argent, sur le scandale des inégalités, sur la défense de la Création, sur la fraternité universelle, sur les migrants, sur les méfaits du cléricalisme. Une fois pris conscience de ce que dit vraiment le pape de tout cela, nos confrères tremperont leurs plumes dans l’encre de l’intelligence renseignée plutôt que dans celle de la moquerie gratuite et des automatismes du préjugé. Voir ce film devrait relever du devoir d’État. Doublé, rassurez-vous, d’un vrai plaisir lié à l’humour de ce pape qui affirme : ce qui manque le plus à l’Église, ce sont souvent l’humilité et l’humour.

Humour

Il y a dans le film des images d’archives saisissantes. Notamment la grande scène où François passe à la Curie un mémorable savon sur les péchés de cette institution ossifiée, de l’orgueil au goût du pouvoir en passant par l’absence d’humour, justement. La caméra nous montre de près une galerie de visages de « princes de l’Église » comme on ne devrait plus appeler ces vieux messieurs tancés comme des collégiens. Les visages sont durs, flasques, les traits avachis, abîmés par les ans, les regards sont sévères et peu amènes : ils n’ont pas souri depuis des décennies. Pas une esquisse de bienveillance, pas un seul signe d’approbation. Cette incroyable scène rappelle celle du film de Nanni Moretti Habemus papam où les participants du conclave sont présentés de la même façon hilarante et cruelle.

L’humour n’est certes pas la qualité dominante de ce que l’on entend le dimanche tomber du ciel de sermons sans joie. Mais l’humour ne se commande pas, il y faut une complexion particulière des esprits et des cœurs, il y faut une légèreté de l’âme et de l’être, la liesse d’exister, un rapport enjoué avec le réel, une empathie avec les gens et avec les choses. Il faut aimer son monde pour en sourire. Le pape François a tout cela en abondance, il est doté de cette richesse intérieure visible à l’extérieur qui nous le rend tellement sympathique et vrai qu’on se demande pourquoi il reste le grand méconnu de notre temps parmi tant de forbans qui font l’actualité et s’agitent sur l’avant-scène dans des postures grotesques. Ses paroles sont de puissants viatiques pour accompagner nos vies. Mais le sait-on ?

Bunot Frappat dans La Croix

 

DOCUMENTS PONTIFICAUX, EGLISE CATHOLIQUE, EXHORTATION APOSTOLIQUE GAUDETE ET EXSULTATE, FRANÇOIS (pape), PAPE FRANÇOIS, Pape François

Exhortation Gaudete et Exsultate : extraits

Exhortation « Gaudete et Exsultate » :

Le pape nous donne un texte lumineux et joyeux. Voici ses dix conseils pour être saint…

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1 –  NE TE DÉFILE PAS !  

« Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuses ou religieux. (…) Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. » 14 

« J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Eglise militante. C’est cela, souvent, la sainteté « de la porte d’à côté », de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu, ou, pour employer une autre expression, « la classe moyenne de la sainteté ». 7.

 2 – TON GUIDE POUR LA ROUTE : LES BÉATITUDES. 

« Les Béatitudes ne sont nullement quelque chose de léger ou de superficiel, bien au contraire ; car nous ne pouvons les vivre que si l’Esprit Saint nous envahit avec toute sa puissance et nous libère de la faiblesse de l’égoïsme, du confort, de l’orgueil. » 65 

« Etre pauvre de cœur, c’est cela la sainteté ! » 70 ; « Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté ! » 74 ; « Savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté ! »76 ; « Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté ! » 79 ; « Regarder et agir avec miséricorde, c’est cela la sainteté ! » 82 ; « Garder le cœur pur de tout ce qui souille l’amour, c’est cela la sainteté ! » 86 ; « Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté ! » 89 

 3 – TU VEUX AIMER ? AGIS.  

« Celui qui veut vraiment rendre gloire à Dieu par sa vie, celui qui désire réellement se sanctifier pour que son existence glorifie le Saint, est appelé à se consacrer, à s’employer, et à s’évertuer à essayer de vivre les œuvres de miséricorde. » 107 

« Quand je rencontre une personne dormant exposée aux intempéries, dans une nuit froide, je peux considérer que ce « paquet » est un imprévu qui m’arrête, un délinquant désœuvré, un obstacle sur mon chemin, un aiguillon gênant pour ma conscience, un problème que doivent résoudre les hommes politiques, et peut-être même un déchet qui pollue l’espace public. Ou bien je peux réagir à partir de la foi et de la charité, et reconnaître en elle un être humain doté de la même dignité que moi, une créature infiniment aimée par le Père, une image de Dieu, un frère racheté par Jésus-Christ. C’est cela être chrétien ! » 98

 4 – CULTIVE L’HUMILITÉ. 

« L’humilité ne peut s’enraciner dans le cœur qu’à travers les humiliations. Sans elles, il n’y a ni humilité ni sainteté. Si tu n’es pas capable de supporter et de souffrir quelques humiliations, tu n’es pas humble et tu n’es pas sur le chemin de la sainteté. La sainteté que Dieu offre à son Eglise vient à travers l’humiliation de son Fils. Voilà le chemin ! » 118 

« Je ne dis pas que l’humiliation soit quelque chose d’agréable, car ce serait du masochisme, mais je dis qu’il s’agit d’un chemin pour imiter Jésus et grandir dans l’union avec lui. » 120 

 5 – SOIS DANS LA JOIE. 

« Le saint est capable de vivre joyeux et avec le sens de l’humour. Tout en demeurant réaliste, il éclaire les autres avec un esprit positif et rempli d’espérance. » 122 

« Je ne parle pas de la joie consumériste et individualiste si répandue dans certaines expériences culturelles d’aujourd’hui. Car le consumérisme ne fait que surcharger le cœur ; il peut offrir des plaisirs occasionnels et éphémères, mais pas la joie. » 128 

 6 – OSE ÉVANGÉLISER. 

« En même temps, la sainteté est parresia: elle est audace, elle est une incitation à l’évangélisation qui laisse une marque dans ce monde. » 129 

« Dieu est toujours une nouveauté, qui nous pousse à partir sans relâche et à nous déplacer pour aller au-delà de ce qui est connu, vers les périphéries et les frontières. Il nous conduit là où l’humanité est la plus blessée et là où les êtres humains, sous l’apparence de la superficialité et du conformisme, continuent à chercher la réponse à la question du sens de la vie. » 135

 

7 – NE TE RÉSIGNE JAMAIS !  

« A causer de l’accoutumance, nous n’affrontons plus le mal et nous permettons que les choses « soient ce qu’elles sont », ou que certains ont décidé qu’elles soient. Mais laissons le Seigneur venir nous réveiller, nous secouer dans notre sommeil, nous libérer de l’inertie. Affrontons l’accoutumance, ouvrons bien les yeux et les oreilles, et surtout le cœur, pour nous laisser émouvoir par ce qui se passe autour de nous et par le cri de la Parole vivante et efficace du Ressuscité. » 137 

  

8 – PRIE CHAQUE JOUR. ET RECOMMENCE.  

« Je ne crois pas dans la sainteté sans prière, bien qu’il ne s’agisse pas nécessairement de longs moments ou de sentiments intenses. » 147 

« Je voudrais insister sur le fait que ce n’est pas seulement pour quelques privilégiés, mais pour tous, car ‘nous avons tous besoin de ce silence chargé de présence adorée.’* La prière confiante est une réaction du cœur qui s’ouvre à Dieu face à face, où on fait taire tous les bruits pour écouter la voix suave du Seigneur qui résonne dans le silence. »149 

« J’ose donc te demander : Y a-t-il des moments où tu te mets en sa présence en silence, où tu restes avec lui sans hâte, et tu te laisses regarder par lui ? Est-ce que tu laisses son feu embraser ton cœur ? Si tu ne lui permets pas d’alimenter la chaleur de son amour et de sa tendresse, tu n’auras pas de feu, et ainsi comment pourras-tu enflammer le cœur des autres par ton témoignage et par tes paroles ? » 151 

 

9 – PRÉPARE-TOI AU COMBAT. 

« La vie chrétienne est un combat permanent. Il faut de la force et du courage pour résister aux tentations du diable et annoncer l’Evangile. Cette lutte est très belle, car elle nous permet de célébrer chaque fois le Seigneur vainqueur dans notre vie. » 158 

« Nous n’admettrons pas l’existence du diable si nous nous évertuons à regarder la vie seulement avec des critères empiriques et sans le sens du surnaturel. Précisément, la conviction que ce pouvoir malin est parmi nous est ce qui nous permet de comprendre pourquoi le mal a parfois tant de force destructrice. » 160 

« Ne pensons donc pas que c’est un mythe, une représentation, un symbole, une figure ou une idée. Cette erreur nous conduit à baisser les bras, à relâcher l’attention et à être plus exposés. » 161 

« Nous avons pour le combat les armes puissantes que le Seigneur nous donne : la foi qui s’exprime dans la prière, la méditation de la Parole de Dieu, la célébration de la Messe, l’adoration eucharistique, la réconciliation sacramentelle, les œuvres de charité, la vie communautaire et l’engagement missionnaire. » 162

 

 10 – APPRENDS À DISCERNER CE QUE DIEU VEUT POUR TOI. 

« Comment savoir si une chose vient de l’Esprit Saint ou si elle a son origine dans l’esprit du monde ou dans l’esprit du diable ? Le seul moyen, c’est le discernement qui ne requiert pas seulement une bonne capacité à raisonner ou le sens commun. C’est aussi un don qu’il faut demander. » 166 

« Souvent, cela se joue dans les petites choses, dans ce qui parait négligeable, parce que la grandeur se montre dans ce qui est simple et quotidien. » 169 

« Ce qui est en jeu, c’est le sens de ma vie devant le Père qui me connaît et qui m’aime, le vrai sens de mon existence que personne ne connait mieux que lui. » 170 

 

QUELQUES EXTRAITS

 

  • 1Le Seigneur demande tout ; et ce qu’il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance.

 

  • 4. Les saints qui sont déjà parvenus en la présence de Dieu gardent avec nous des liens d’amour et de communion. … nous nous savons entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu.

 

  • 6. Ne pensons pas uniquement à ceux qui sont déjà béatifiés ou canonisés. L’Esprit Saint répand la sainteté partout.

 

  • 10 – Ce que je voudrais rappeler par la présente Exhortation, c’est surtout l’appel à la sainteté que le Seigneur adresse à chacun d’entre nous, cet appel qu’il t’adresse à toi aussi : « Vous êtes devenus saints car je suis saint ».

 

  • 11. Il y a des témoins qui sont utiles pour nous encourager et pour nous motiver, mais non pour que nous les copiions, car cela pourrait même nous éloigner de la route unique et spécifique que le Seigneur veut pour nous. Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Co 12, 7).

 

  • 13. Cela devrait enthousiasmer chacun et l’encourager à tout donner pour progresser vers ce projet unique et inimitable que Dieu a voulu pour lui de toute éternité.

 

  • 14 – Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuse ou religieux. Bien des fois, nous sommes tentés de penser que la sainteté n’est réservée qu’à ceux qui ont la possibilité de prendre de la distance par rapport aux occupations ordinaires, afin de consacrer beaucoup de temps à la prière. Il n’en est pas ainsi.

 

  • 19. Pour un chrétien, il n’est pas possible de penser à sa propre mission sur terre sans la concevoir comme un chemin de sainteté … Chaque saint est une mission ; il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile.

 

  • 20. La sainteté, c’est vivre les mystères de sa vie en union avec lui.

 

  • 21. Chaque saint est un message que l’Esprit Saint puise dans la richesse de Jésus-Christ et offre à son peuple.

 

  • 22. Pour reconnaître quelle est cette parole que le Seigneur veut dire à travers un saint, il ne faut pas s’arrêter aux détails, car là aussi il peut y avoir des erreurs et des chutes. Tout ce que dit un saint n’est pas forcément fidèle à l’Évangile, tout ce qu’il fait n’est pas nécessairement authentique et parfait …

Toi aussi, tu as besoin de percevoir la totalité de ta vie comme une mission.

 

  • 24. Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour et que tu sois toujours ouvert à son action surnaturelle qui purifie et illumine.

 

  • 26. Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service. Tout peut être accepté et être intégré.

 

  • 32. N’aie pas peur de la sainteté. Elle ne t’enlèvera pas les forces, ni la vie ni la joie. C’est tout le contraire, car tu arriveras à être ce que le Père a pensé quand il t’a créé et tu seras fidèle à ton propre être.

 

  • 34. La sainteté… c’est la rencontre de ta faiblesse avec la force de la grâce.

 

  • 39 – Une chose est un sain et humble usage de la raison pour réfléchir sur l’enseignement théologique et moral de l’Evangile ; une autre est de prétendre réduire l’enseignement de Jésus à une logique froide et dure qui cherche à tout dominer.

 

  • 41. Celui qui veut que tout soit clair et certain prétend dominer la transcendance de Dieu.

 

  • 43 – Dans l’Église cohabitent à bon droit diverses manières d’interpréter de nombreux aspects de la doctrine et de la vie chrétiennequi, dans leur variété, « aident à mieux expliquer le très riche trésor de la Parole ». En réalité « à ceux qui rêvent d’une doctrine monolithique défendue par tous sans nuances, cela peut sembler une dispersion imparfaite ».

 

  • 44 – En réalité, la doctrine, ou mieux, notre compréhension et expression de celle-ci, « n’est pas un système clos, privé de dynamiques capables d’engendrer des questions, des doutes, des interrogations », et « les questions de notre peuple, ses angoisses, ses combats, ses rêves, ses luttes, ses préoccupations, possèdent une valeur herméneutique que nous ne pouvons ignorer si nous voulons prendre au sérieux le principe de l’incarnation. Ses questions nous aident à nous interroger, ses interrogations nous interrogent ».

 

  • 49 – Ceux qui épousent cette mentalité pélagienne ou semi-pélagienne, bien qu’ils parlent de la grâce de Dieu dans des discours édulcorés, « en définitive font confiance uniquement à leurs propres forces et se sentent supérieurs aux autres parce qu’ils observent des normes déterminées ou parce qu’ils sont inébranlablement fidèles à un certain style catholique.

 

  • 52. L’Église catholique a maintes fois enseigné que nous ne sommes pas justifiés par nos œuvres ni par nos efforts mais par la grâce du Seigneur qui prend l’initiative.

 

  • 58 – Souvent, contre l’impulsion de l’Esprit, la vie de l’Église se transforme en pièce de musée ou devient la propriété d’un petit nombre. Cela se produit quand certains groupes chrétiens accordent une importance excessive à l’accomplissement de normes, de coutumes ou de styles déterminés.

 

  • 59. Les préceptes ajoutés à l’Evangile par l’Église doivent s’exiger avec modération « de peur que la vie des fidèles en devienne pénible » et qu’ainsi notre religion ne se transforme en « un fardeau asservissant »..

 

  • 72. Face aux autres, … si nous regardons leurs limites et leurs défauts avec tendresse et douceur, sans nous sentir meilleurs qu’eux, nous pouvons les aider et nous évitons d’user nos énergies en lamentations inutiles.

 

  • 74. La douceur est une autre expression de la pauvreté intérieure de celui qui place sa confiance seulement en Dieu.

 

  • 94 – Les persécutions ne sont pas une réalité du passé, parce qu’aujourd’hui également, nous en subissons, que ce soit d’une manière sanglante, comme tant de martyrs contemporains, ou d’une façon plus subtile, à travers des calomnies et des mensonges.

 

  • 101 – La défense de l’innocent qui n’est pas encore né, par exemple, doit être sans équivoque, ferme et passionnée, parce que là est en jeu la dignité de la vie humaine, toujours sacrée, et l’amour de chaque personne indépendamment de son développement exige cela. Mais est également sacrée la vie des pauvres qui sont déjà nés, de ceux qui se débattent dans la misère, l’abandon, le mépris, la traite des personnes, l’euthanasie cachée des malades et des personnes âgées privées d’attention, dans les nouvelles formes d’esclavage, et dans tout genre de marginalisation.

Le christianisme est principalement fait pour être pratiqué.

 

  • 109 – Le christianisme est principalement fait pour être pratiqué, et s’il est objet de réflexion, ceci n’est valable que quand il nous aide à incarner l’Évangile dans la vie quotidienne. Je recommande de nouveau de relire fréquemment ces grands textes bibliques, de se les rappeler, de prier en s’en servant, d’essayer de les faire chair. Ils nous feront du bien, ils nous rendront vraiment heureux.

 

  • 125. Il y a des moments difficiles, des temps de croix, mais rien ne peut détruire la joie surnaturelle qui « s’adapte et se transforme, et elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude personnelle d’être infiniment aimé, au-delà de tout ». C’est une assurance intérieure, une sérénité remplie d’espérance qui donne une satisfaction spirituelle incompréhensible selon les critères du monde.

 

  • 126. Ordinairement, la joie chrétienne est accompagnée du sens de l’humour,

[Note 101] Je recommande de dire la prière attribuée à saint Thomas More : « …Ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle ‘‘moi’’. Seigneur, donne-moi l’humour pour que je tire quelque bonheur de cette vie et en fasse profiter les autres. Ainsi soit-il ».

 

  • 135 – Dieu est toujours une nouveauté, qui nous pousse à partir sans relâche et à nous déplacer pour aller au-delà de ce qui est connu, vers les périphéries et les frontières. Il nous conduit là où l’humanité est la plus blessée et là où les êtres humains, sous l’apparence de la superficialité et du conformisme, continuent à chercher la réponse à la question du sens de la vie. Dieu n’a pas peur ! Il n’a pas peur ! Il va toujours au-delà de nos schémas et ne craint pas les périphéries.

 

  • 138 – L’Église n’a pas tant besoin de bureaucrates et de fonctionnaires, que de missionnaires passionnés, dévorés par l’enthousiasme de transmettre la vraie vie. Les saints surprennent, dérangent, parce que leurs vies nous invitent à sortir de la médiocrité tranquille et anesthésiante.

 

  • 140. Si nous sommes trop seuls, nous perdons facilement le sens de la réalité, la clairvoyance intérieure, et nous succombons.

 

  • 141. La sanctification est un cheminement communautaire, à faire deux à deux. Il y a … beaucoup de couples saints au sein desquels chacun a été un instrument du Christ pour la sanctification de l’autre époux.

 

  • 147. La sainteté est faite d’une ouverture habituelle à la transcendance, qui s’exprime dans la prière … bien qu’il ne s’agisse pas nécessairement de longs moments ou de sentiments intenses.

 

  • 151 – Y a-t-il des moments où tu te mets en sa présence en silence, où tu restes avec lui sans hâte, et tu te laisses regarder par lui ? Est-ce que tu laisses son feu embraser ton cœur ? Si tu ne lui permets pas d’alimenter la chaleur de son amour et de sa tendresse, tu n’auras pas de feu, et ainsi comment pourras-tu enflammer le cœur des autres par ton témoignage et par tes paroles ? Et si devant le visage du Christ tu ne parviens pas à te laisser guérir et transformer, pénètre donc les entrailles du Seigneur, entre dans ses plaies, car c’est là que la miséricorde divine a son siège.

 

  • 156. La lecture priante de la Parole de Dieu, « plus douce que le miel » (Ps 119, 103) et « plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants » (He 4, 12) nous permet de nous arrêter pour écouter le Maître afin qu’il soit lampe sur nos pas, lumière sur notre route (cf. Ps 119, 105).

 

  • 159. C’est aussi une lutte permanente contre le diable qui est le prince du mal.

 

  • 160. De fait, quand Jésus nous a enseigné le Notre Père, il a demandé que nous terminions en demandant au Père de nous délivrer du Mal. Le terme utilisé ici ne se réfère pas au mal abstrait et sa traduction plus précise est “le Malin”. Il désigne un être personnel qui nous harcèle. Jésus nous a enseigné à demander tous les jours cette délivrance pour que son pouvoir ne nous domine pas.

 

  • 161. Ne pensons donc pas que c’est un mythe, une représentation, un symbole, une figure ou une idée,… car il rôde « comme un lion rugissant cherchant qui dévorer » (1P 5, 8).

 

  • 166 – Comment savoir si une chose vient de l’Esprit Saint ou si elle a son origine dans l’esprit du monde ou dans l’esprit du diable ? Le seul moyen, c’est le discernement qui ne requiert pas seulement une bonne capacité à raisonner ou le sens commun. C’est aussi un don qu’il faut demander.

 

  • 167. Aujourd’hui, l’aptitude au discernement est redevenue particulièrement nécessaire.

 

  • 170. Il est vrai que le discernement spirituel n’exclut pas les apports des connaissances humaines, existentielles, psychologiques, sociologiques ou morales. Mais il les transcende.

Rappelons-nous toujours que le discernement est une grâce. Bien qu’il inclue la raison et la prudence, il les dépasse parce qu’il s’agit d’entrevoir le mystère du projet unique et inimitable que Dieu a pour chacun,

Il ne requiert pas de capacités spéciales ni n’est réservé aux plus intelligents ou aux plus instruits, et le Père se révèle volontiers aux humbles (cf. Mt 11, 25).

 

  • 172. Seul celui qui est disposé à écouter possède la liberté pour renoncer à son propre point de vue partiel ou insuffisant, à ses habitudes, à ses schémas.

 

  • 173 – Il ne s’agit pas d’appliquer des recettes ni de répéter le passé, puisque les mêmes solutions ne sont pas valables en toutes circonstances, et ce qui sera utile dans un certain contexte peut ne pas l’être dans un autre. Le discernement des esprits nous libère de la rigidité qui n’est pas de mise devant l’éternel aujourd’hui du Ressuscité. Seul l’Esprit sait pénétrer dans les replis les plus sombres de la réalité et prendre en compte toutes ses nuances, pour que, sous un nouveau jour, émerge la nouveauté de l’Evangile.

 

  • 175. Le discernement n’est pas une autoanalyse intimiste, une introspection égoïste, mais une véritable sortie de nous-mêmes vers le mystère de Dieu.

 

ABOLITION DE LA PEINE DE MORT, CATECHISME DE L'EGLISE CATHOLIQUE, EGLISE CATHOLIQUE, FRANÇOIS (pape), PAPE FRANÇOIS, PEINE DE MORT

Le Pape François dit non à la peine de mort !

 Le non catégorique du pape à la peine de mort

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Le pape François a inscrit jeudi 2 août dans le Catéchisme de l’Église catholique une opposition catégorique à la peine de mort, jugée « inadmissible ».

Il souhaite que l’Église s’engage « de façon déterminée » à l’abolir partout dans le monde.

 Nul ne l’ignore, l’Église catholique est résolument « pro vie ». Mais, si elle n’admet aucune exception pour le début de la vie, il demeurait encore, jusqu’à jeudi 2 août, quelques ambiguïtés concernant sa fin. Ainsi, le Catéchisme de l’Église catholique permettait encore le recours à la peine de mort, « si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains » (article 2267). Dans sa version corrigée de 1997, le Catéchisme précisait néanmoins que ces « cas d’absolue nécessité » sont désormais « assez rares, sinon même pratiquement inexistants ».

 Le pape François est allé plus loin jeudi 2 août, en approuvant une nouvelle modification du Catéchisme qui qualifie d’« inadmissible » la peine de mort. « L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que “la peine de mort est une mesure inadmissible qui blesse la dignité personnelle” et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde », peut-on lire dans le texte modifié de l’article 2267.

Annoncée le 11 octobre, lors d’une conférence organisée à Rome pour le 25anniversaire de la première publication du Catéchisme en 1992, cette modification permet de prendre en compte dans la doctrine les efforts répétés de Jean-Paul II puis de Benoît XVI pour faire évoluer la vision de l’Église en la matière. Dans une lettre aux évêques également publiée hier, le cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, explique en quoi cette formulation « ne contredit pas les enseignements antérieurs » du Magistère. « Cette décision est encore un exemple que le pape actuel n’a pas peur de faire évoluer la doctrine », note le théologien néerlandais Hendro Munsterman.

 

« C’est une avancée très importante, on l’attendait depuis si longtemps! »

 Ce spécialiste remarque également que la modification de l’article 2267 ne s’appuie pas tant sur des avancées exégétiques ou théologiques que sur « une prise de conscience qui vient de l’intérieur de notre société, et qui n’a pas forcément besoin de Dieu pour se dire humaniste ». On lit en effet dans l’article modifié« Aujourd’hui, on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. » Il est également précisé que des « systèmes de détention plus efficaces » ont été mis en place pour garantir la sécurité des citoyens tout en sauvegardant la vie du coupable.

« C’est une avancée très importante, on l’attendait depuis si longtemps! » se réjouit Bernadette Forhan, présidente de l’Acat France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture). Ainsi modifié, le Catéchisme pourrait constituer une « autorité morale » offrant davantage de légitimité au discours abolitionniste de son association. « Quand on fait des interventions dans des églises, on entend régulièrement des paroissiens dire qu’il faudrait, dans certains cas, revenir à la peine de mort… Ce type de discours a notamment pris de l’ampleur après les attentats », dit-elle.

En ce qui concerne les autres pays du monde (ils sont encore 57 à appliquer la peine de mort), Bernadette Forhan veut croire qu’un tel changement dans la doctrine catholique pourrait avoir un impact politique. « C’est d’autant plus important aujourd’hui qu’un certain nombre de pays envisagent un retour en arrière sur ce point, explique-t-elle. Aux Philippines, par exemple, le président Rodrigo Duerte  veut rétablir la peine de mort pour les trafiquants de drogue… On pourra désormais lui dire: vous, pays catholique, entrez une fois de plus en contradiction avec le Catéchisme! »

 «  Jésus est celui qui donne toujours une chance à chacun »

 « La peine de mort et sa logique de rétribution ne sont pas compatibles avec l’Évangile, soutenait déjà en octobre Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et président de la Comece (Commission des épiscopats de la commission européenne). Jésus est celui qui donne toujours une chance à chacun. Cet amour infini de Dieu donne à chaque homme une dignité que même des crimes ne sauraient enlever. »

Par le passé, l’Église s’est méfiée des mouvements abolitionnistes apparus au XVIIIe siècle. Ceux-ci lui apparaissaient comme une concession à l’esprit des Lumières, opposé à la tradition chrétienne. Mais en 1969, soit douze ans avant la France, l’État du Vatican avait aboli la peine capitale, et toutes les déclarations officielles du Saint-Siège marquent, depuis plus de vingt ans, un refus très net de l’usage de cette sentence.

 

 Peine de mort : l’évolution du « Catéchisme »

 Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) est un ouvrage d’instruction à la doctrine catholique, résumant la foi, l’enseignement et la morale de l’Église catholique. Cette somme de plus de 650 pages a été publiée le 7 décembre 1992 puis rééditée, dans sa version définitive, en août 1997.

► 1992

La première version du Catéchisme n’exclut pas le recours à la peine de mort « dans les cas d’extrême gravité ». Elle la justifie « si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains » (§2267).

► 1997

Parmi la centaine de modifications que comporte l’édition définitive du Catéchisme par rapport à la version de 1992, la plus notable concerne la peine de mort. Le Catéchisme reprend désormais la position de l’encyclique « Evangelium vitae » de 1995 (§56), qui rend la peine capitale inapplicable en raison du progrès de nos sociétés. « Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’État dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitae, n. 56) »

► 11 octobre 2017

Le pape a estimé mercredi 11 octobre que la doctrine exprimée par le Catéchisme de l’Église catholique n’était pas figée et qu’elle devait pouvoir évoluer, notamment sur la peine
de mort.

 

 Peine de mort, ce qu’en disent les religions et les confessions chrétiennes

 

Le pape François a estimé, mercredi 11 octobre, que la doctrine de l’Église catholique devait pouvoir évoluer, notamment sur la peine de mort.

La question de la peine capitale interroge profondément les religions tant elle touche à la définition même de la vie. Le point sur les positions des confessions chrétiennes et des religions monothéistes sur la peine de mort.

 

Alors que la peine capitale était reconnue par la tradition rabbinique selon quatre modalités (lapidation, bûcher, épée et strangulation), elle a évolué avec le changement des mentalités. « La peine capitale n’a pas été déclarée abolie, mais les conditions de son application sont tellement complexes qu’elle est impossible », explique Jean-Christophe Attias, directeur d’études à l’École pratiques des hautes études et spécialiste du judaïsme. En Israël, la peine capitale est retenue dans le cadre de crime de génocide et d’actes de trahison mais le seul cas d’exécution dans le pays fut celui du criminel nazi Adolph Eichmann en 1962. « Si la peine de mort n’est, en principe, pas jugée illégitime, il y a quand même la volonté de ne pas s’arroger une prérogative divine et un tel respect de la vie humaine qu’on répugne à la retirer. »

  

Islam

Parmi les cinq pays où Amnesty International a recensé le plus grand nombre d’exécutions en 2016, quatre sont majoritairement musulmans: l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak et le Pakistan. « Et, sauf en droit, ne tuez point la vie qu’Allah a rendue sacrée. Quiconque est tué injustement, alors Nous avons donné pouvoir à son proche [parent]. Que celui-ci ne commette pas d’excès dans le meurtre car il est déjà assisté par la loi », est-il écrit dans le Coran (17,33). « La loi islamique est claire en ce qui concerne le meurtre: la peine capitale est prononcée par l’autorité centrale selon la loi du’un pour un’selon des conditions strictes; de même pour ceux qui prennent les armes contre des innocents à l’image de Daech, explique Tarik Abou Nour, imam et théologien. La loi du talion est faite pour protéger la vie. Il s’agit de faire prendre conscience qu’on risque sa vie en attentant à celle d’autrui. Mais la peine est rarement mise à exécution. »

Au Maghreb par exemple, la peine capitale n’est plus appliquée depuis plus de 20 ans mais demeure très répandue au Moyen-Orient. « La peine de mort fait débat depuis longtemps puisque dans l’islam la vie est sacrée et perçue comme un dépôt de Dieu en nous puisqu’il a créé la vie et la mort », souligne Tarik Abou Nour.

 

 Protestantisme

« La peine de mort a longtemps été admise comme légitime par la tradition éthique protestante (Luther ou Calvin l’approuvent) au nom d’une compréhension littérale du pouvoir de l’autorité politique d’user du « glaive » (Rom. 13, 4) comme anticipation du jugement de Dieu, ou au nom d’une théorie de l’expiation réparatrice. » (Encyclopédie du protestantisme, Cerf/Labor et Fides, 1995). Les débats éthique et théologique ont pris de l’ampleur sur cette question au XIXe et XXe siècle. Un courant abolitionniste gagne les milieux théologiques protestants et de nombreux fidèles s’engagent dans différents mouvements contre la peine de mort. En août 1989, l’Alliance réformée mondiale affirme ainsi clairement sa position: « Là où la peine de mort est préconisée, l’amour rédempteur et réconciliateur de Dieu est violé. »« L’idée d’une incompatibilité entre l’Évangile et l’espérance qui existe pour chaque personne avec la peine capitale s’est imposée, assure le pasteur Louis Schweitzer, ancien membre du Comité consultatif national d’éthique. Seuls une minorité d’évangéliques trouvent qu’elle est bibliquement acceptable. »

  

Orthodoxie

Les Églises orthodoxes n’ont pas de position unifiée sur la question. En mai 1998, Alexis II, patriarche de Moscou, affirmait que « la peine capitale constitue un homicide avec préméditation et une violation du commandement biblique enjoignant de ne pas tuer ». De même, l’Église orthodoxe d’Amérique s’est clairement prononcée contre la peine de mort dans une résolution du Concile de 1989. En Russie, où la dernière exécution remonte à 1999, l’Église orthodoxe russe a assuré, en 2000, qu’elle « croit que la décision d’abolir ou de ne plus appliquer la peine de mort doit être prise librement par la société, en prenant en considération le taux de criminalité et l’état de développement de son système judiciaire et plus encore le besoin de protéger la vie de ses membres. » Certains religieux orthodoxes se sont exprimés pour la suppression du moratoire sur la peine de mort dans le cas d’actes terroristes.

  

Catholicisme

La première version du Catéchisme n’exclut pas le recours à la peine de mort « dans les cas d’extrême gravité ». Elle la justifie « si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains » (§2267). Mercredi 11 octobre, le pape a estimé que la doctrine exprimée par le Catéchisme de l’Église catholique n’était pas figée et qu’elle devait pouvoir évoluer, notamment sur la peine de mort.

 

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Peine-mort-levolution-Catechisme-2017-10-12-1200883780