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Série The Chosen sur la vie de Jésus

La série The Chosen

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Série The Chosen :

La série télévisée The Chosen (qui se traduit par l’Elu) est plébiscitée par les médias chrétiens puisqu’elle a pour ambition de raconter sur plusieurs saisons la vie Jésus à partir des Evangiles. Elle est excellente aussi bien au niveau de la mise en scène que de l’interprétation des acteurs.

Cependant ceux qui ne connaissent pas la Bible peuvent avoir quelques difficultés à suivre les épisodes où au début de certains épisodes il est fait mention de de récits venant de l’Ancien Testament pour expliciter les récits du Nouveau Testament et faire le lien entre les deux Testaments (le miracle de l’eau sur le rocher de Miriba avec Moïse, le récit où Jacob fait jaillir de l’eau en Samarie….). 

On peut également relever quelques erreurs factuelles :

1 – Jean le Baptiste n’a pas été arrêté sur l’ordre des Romains mais par Hérode qui était hostile au Baptiste à cause de sa prédication et de ses remontrances sur la vie privée du roi ;

2 – ce ne sont pas les Romains qui craignaient le plus Jésus et son enseignement mais les pharisiens et les scribes qui voyaient en lui  une menace pour leur propre pouvoir ;

3 – Quant au personnage de Nicomède, un pharisien, on peut douter qu’il se soit mis si tôt à vouloir suivre Jésus bien que par la suite saint Jean dans son Evangile nous dise qu’il vint trouver Jésus une nuit mais rien de fait supposer qu’il devint un disciple du moins dès le début du ministère de Jésus et rien ne laisse supposer qu’il le devint par la suite . Et Nicomède a-t-il vraiment résidé à Capharnaüm qui était une ville méprisée par les juifs pieux en raison de son caractère cosmopolite ; d’autre part l’on sait que Nicodème était à Jérusalem lors de la Passion de Jésus (Jean 19,39) puisqu’il avec Joseph d’Arimathie (qui lui était un disciple mais en secret par peur des Juifs toujours selon saint Jean) l’un de ceux qui ensevelirent le corps de Jésus après sa mort.

Mais l’essentiel est peut-être d’inviter chacun à découvrir ou à redécouvrir la Bible et le message de Jésus dans les Evangiles. C’est à cette condition que cette série remplira son rôle d’éducation et d’évangélisation lorsqu’il évident que la culture religieuse est plutôt faible et voire inexistante ; il reste donc à souhaiter que ceux qui la regardent ne la voient pas comme un nouveau péplum ou un simple divertissement pour les fêtes de Noël mais comme une histoire sante

©Claude Tricoire

7 janvier 2022

les quatre premiers épisodes de la nouvelle série sur Jésus et ses disciples

“The Chosen”, une grande série gratuite sur la vie de Jésus, arrive en France par le biais de Saje Distribution. Les épisodes 1 à 4 de la saison 1 sont diffusés lundi 20 décembre à 21h15 sur C8.

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Interview du directeur de Saje, Hubert de Torcy.

Quelles ont été la genèse et l’intuition qui on poussé Dallas Jenkins à réaliser la série The chosen ?

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Le réalisateur Dallas Jenkins a eu cette idée folle, après un énorme échec qui l’a fait réfléchir, de faire la première série sur Jésus jamais réalisée, avec une narration propre aux séries. Les séries ne s’attachent pas à un personnage unique, mais font en sorte que s’entremêlent les destins de plusieurs personnages archétypiques. Ce qui va permettre à différents types d’audience de prendre un personnage en affection et du coup de l’accompagner. Dans The chosen, on ne s’identifie pas nécessairement à Jésus, mais à un de ces personnages dont la route va, à un moment, croiser celle de Jésus. C’est la grande force de cette série : elle est un seuil pour rentrer en amitié avec Jésus.

L’autre génie de Dallas c’est d’avoir inventé un modèle de financement complètement alternatif. Il avait une exigence forte en termes de qualité pour The chosen qui nécessitait donc de gros moyens. Mais il n’est pas allé chercher l’argent dans la poche des grands studios américains contrairement à d’habitude. Il a fait financer sa série par les spectateurs eux-mêmes. La saison 1 a été financée par plus de 125 000 personnes. Il a rassemblé plus de 10 millions de dollars : c’est la plus grosse opération de crowdfunding jamais réalisée pour un film. Depuis, il tourné les saisons 1 et 2, et a commencé à financer la saison 3. Il a l’objectif de lever 100 millions de dollars au total pour tourner 7 saisons.

Autre particularité de cette série : elle est gratuite. Financée par les spectateurs, elle est accessible gratuitement sur l’application (Android et Apple) ou sur le site The chosen. De notre côté, on va encore innover avec cette série, avec sa diffusion sur Canal + et sur C8 pendant les vacances de Noël, nous aurons bientôt les dates précises. Elle sera alors disponible en français, dans un doublage de très haute qualité financé par Canal +. Après ça, le film sera disponible en français sur l’application, sur le Film Chrétien, et à partir de début février, on sortira un dvd, qui lui sera payant, en version simple, et en version collector édition limitée.

Quel est l’atout majeur de cette série pour l’évangélisation ?

Une série, c’est une manière moderne de dire l’évangile à nos contemporains et surtout aux jeunes. Ce dont témoigne Dallas Jenkins, c’est que la plupart des gens, après avoir vu la série, vont ouvrir une bible pour savoir ce qu’elle dit réellement de ce passage-là. Le fruit majeur de la série, c’est donc de donner aux gens envie d’ouvrir la bible et de lire la bible. D’ailleurs à la fin de nos épisodes on renverra les gens vers un site ou ils pourront, grâce à un partenariat qu’on a noué avec l’Alliance biblique, télécharger les 4 évangiles dans la traduction la plus facile à appréhender pour des néophytes.

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Et vous, comment s’est passé votre premier contact avec la série The chosen ?

Je l’ai découverte en 2019, au National Religious Broadcast (NRB) qui rassemble tous les gros producteurs de produits culturels chrétiens aux Etats-Unis. Dallas Jenkins était venu donner son témoignage et présenter le premier épisode. J’ai été subjugué par la qualité cinématographique de la série et par l’intelligence de son écriture. (D’ailleurs, The chosen atteint la note de 9,6 sur IMDB ce qui est rare.) Dans l’épisode 1 typiquement, Jésus n’arrive qu’à la fin, mais on se prend de passion pour le destin d’une Marie-Madeleine, d’un Matthieu collecteur d’impôts, d’un Nicodème pétri de doutes par rapport à sa foi… La série prend beaucoup de libertés : elle va installer les personnages en leur donnant des caractéristiques psychologiques qui ne sont pas dans la Bible, et qui sont inventées. Les moments de l’évangile qui sont présentés, eux, sont fidèles à l’évangile. Mais on imagine tout l’arrière-plan de l’évènement, et c’est ce qui fait qu’elle fonctionne autant auprès de publics non croyants, embarqués par ces personnages attachants, que de publics croyants qui sont amusés de voir comment ils vont représenter tel ou tel aspect connu de l’évangile. Les passionnés d’histoire ou d’archéologie vont aussi être touchés de voir le contexte de ce monde juif envahi par les romains d’il y a 2000 ans. Les costumes, la manière de s’exprimer, les références à l’ancien Testament… ont été l’objet d’un sérieux travail.

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Qu’est-ce qui vous a touché dans la série ?

Ce qui me touche le plus, c’est de voir Jésus à l’œuvre. Tous les passages ou intervient Jésus, je les trouve bouleversants. Jonathan Roumie qui l’interprète est tout en retenue, tout en empathie, plein de douceur. On ne peut pas ne pas être touché par la personne de Jésus quand on voit cette série. On s’identifie tellement aux protagonistes qu’on a l’impression de le rencontrer vraiment.

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Comment Saje veut impliquer les spectateurs dans la diffusion de cette série ?

Comme cet outil est gratuit, les gens pourront s’en servir pour organiser des cinés débats d’évangélisation bibliques, tant dans les paroisses que dans les groupes de maison ou à l’aumônerie… Actuellement, le Père Mustapha Amarie du Chemin Neuf et le Pasteur Éric Célérier préparent un parcours qui permettra de repérer dans l’épisode qui a été vu la thématique qui a été abordée dans l’épisode, les passages bibliques qui sont relatés et plusieurs choses intéressantes à savoir. Pour chaque épisode, nous aurons des éléments pour alimenter une discussion avec des gens, pour leur permettre de s’approcher petit à petit de Jésus, comme chacun des chosen de la série. Et donc, on aimerait mobiliser une armée d’ambassadeurs pour The chosen, qui se chargerait soit d’organiser ce type de propositions sur leur église, sur leur école ou chez eux, soit de faire la promotion autour d’eux de l’existence de cette série pour tous ceux qui voudront s’en servir comme d’un outil d’évangélisation. Nous avons aussi lancé une campagne d’affichage pour faire connaître la série.

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https://eglise.catholique.fr/actualites/agenda/521898-the-chosen-les-trois-premiers-episodes-de-la-nouvelle-serie-sur-jesus-et-ses-disciples/

The Chosen : l’étonnante série sur la vie de Jésus à voir sur C8

Le 20/12/2021 à 10:00 par Paul Serry

 Ce lundi 20 décembre, C8 lance une série américaine inédite, The Chosen, retraçant la vie du Christ, qui a été financée grâce à la générosité des téléspectateurs à travers le monde.

Quelle meilleure période que celle de Noël pour diffuser une série sur la vie de Jésus ? C’est le choix de C8, qui programme, les lundis 20 et 27 décembre à 21h15, les huit épisodes de la première saison de The Chosen. Une fiction à la genèse étonnante, qui raconte l’histoire du Christ. Les initiés reconnaîtront les événements clés de la vie de Jésus et de son entourage, dont Marie Madeleine et les disciples Simon, Matthieu ou André. Les autres découvriront une plongée historique qui démarre dans le petit village de pêcheurs de Capharnaüm, sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade. Comme elle l’indique au début, la série « repose sur le récit des Évangiles. Certains lieux et événements ont parfois été regroupés. Des faits et des personnages, ainsi que des dialogues ont été ajoutés. Cependant, les contextes bibliques et historiques sont adaptés pour retranscrire ces récits ».

 Qui est Jonathan Roumie, l’interprète de Jésus dans la série The Chosen?

Dix-sept ans après Jim Caviezel dans La Passion du Christ, le film de Mel Gibson, c’est Jonathan Roumie qui a la lourde tâche d’incarner Jésus. Après des apparitions éclairs dans des séries comme Castle, NCIS ou The Good Wifel’acteur américain de 47 ans, né d’un père égyptien et d’une mère irlandaise, s’est éloigné des circuits traditionnels. Il trouve là son premier grand rôle et n’en est pas à son coup d’essai dans le genre : il avait déjà prêté ses traits au Christ dans divers projets religieux avant The Chosen.

260 millions de vues à travers le monde

Après un pilote en 2017, cette production atypique a pu voir le jour grâce à la mobilisation des téléspectateurs dans le monde entier. Elle a en effet été financée grâce à un système de donations, avec plus de 10 millions de dollars récoltés pour la saison 1, lancée en 2019 via une application dédiée. Depuis, elle a été vue par plus de 260 millions de personnes à travers le monde. La première saison de The Chosen a été tournée au Texas, dans des studios recréant le village de Capharnaüm. Pour la saison 2, l’équipe s’est installée dans l’Utah et a pu profiter de décors imitant la ville de Jérusalem.

Si elle sort des schémas classiques de production et de distribution, The Chosen ne s’éloigne pas des codes traditionnels des séries dans sa construction : son créateur, Dallas Jenkins, envisage même de décliner l’histoire sur sept saisons et a offert à ses fans un épisode spécial de Noël, le 1er décembre dernier. The Chosen vient s’ajouter à la liste des séries traitant de religion, de plus en plus nombreuses aujourd’hui, de The Young Pope sur Canal + à Messiah   et Shtisel sur Netflix, en passant par Au nom du père et Il sur Arte.

 https://www.programme-tv.net/news/series-tv/289645-the-chosen-letonnante-serie-sur-la-vie-de-jesus-a-voir-sur-c8/

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EPIPHANIE, EPIPHANIE DU SEIGNEUR, EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, FETE LITURGIQUE, JESUS-CHRIST, ROIS MAGES

Epiphanie : la fête des Rois Mages

Épiphanie

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L’Épiphanie est une fête chrétienne qui célèbre le Messie venu et incarné dans le monde et qui reçoit la visite et l’hommage de trois rois mages. Elle a lieu le 6 janvier.

Pour les catholiques, depuis 1971, dans les régions où l’Épiphanie n’est pas un jour férié, elle peut se fêter le deuxième dimanche après Noël (c’est-à-dire le premier dimanche qui suit le 1er janvier). En France, c’est le cas depuis 1802, règle qui a été instaurée par un décret du cardinal Caprara, légat du pape Pie VII.

La fête s’appelle aussi – en particulier chez les orthodoxes – « Théophanie », qui signifie également la « manifestation de Dieu ».

Diverses coutumes sont observées à cette occasion. En France, en Suisse et en Belgique, depuis le Moyen Âge, une « galette des rois » ou un « gâteau des rois », pâtisseries contenant une fève, sont partagées ce jour-là ; celui ou celle qui trouve la fève dans sa part est surnommé « roi » ou « reine ».

Étymologie

Le substantif féminin Épiphanie est un emprunt, par l’intermédiaire du latin ecclésiastique Epiphania, au grec ancien Ἐπιφάνεια / Epipháneia qui signifie « manifestation » ou « apparition » du verbe φαίνω / phaínō, « se manifester, apparaître, être évident ». Il est le neutre substantivé de l’adjectif epiphanios, d’epiphanês « manifeste, illustre ».

L’utilisation du terme est antérieure au christianisme. Le grec ecclésiastique utilise plutôt la forme neutre plurielle Ἐπιφάνια pour désigner la fête actuelle de la visite des Mages.

Historique

La notion d’épiphanie s’est retrouvée tour à tour dans la fête de la lumière sous l’antiquité, dans les fêtes romaines et dans les fêtes chrétiennes, avant d’être sécularisée. Par sa forme ronde et sa couleur dorée, la galette des rois, partagée à l’Épiphanie, symbolise le soleil.

 

À l’origine, une fête de la Lumière

Dans l’antiquité et à l’origine, l’épiphanie tire son fond et son sens des célébrations païennes de la lumière, comme l’indique l’étymologie du mot, le neutre substantivé de l’adjectif grec epiphanios, de epiphanês « illustre, éclatant », de épi- « sur » et phainein « briller ».

Dans le calendrier solaire, avant de s’inscrire dans le prolongement chrétien de Noël, l’Épiphanie s’inscrit dans le cycle qui commence au solstice d’hiver, le 22 décembre. Cette nuit du solstice — la plus longue de l’année — annonce le rallongement des jours et, par extension, la renaissance de la lumière censée être à l’origine de toutes choses, notamment dans le calendrier agricole. On célèbre alors l’Épiphanie, la manifestation de la Lumière.

Les « Épiphanes » sont, dans la culture grecque, les douze divinités de l’Olympe apparues aux hommes, avec en premier lieu, Zeus, le dieu de la Justice céleste. Il est à noter également que c’est ce jour — en tout cas son équivalent, car le calendrier julien alors en vigueur diffère du nôtre — qu’avait lieu dans la Rome antique la fête des douze dieux épiphanes (autrement dit les douze Olympiens).

La notion d’épiphanie a par exemple été retrouvée sur des pièces de monnaie du second siècle avant J.-C.

Vers le 6 janvier, les jours commencent à s’allonger de façon sensible, confirmant la promesse de la nuit solsticiale.

 

La fête romaine des Saturnales

La date de l’Épiphanie correspond aussi, à l’origine, à une fête païenne : sous l’Antiquité, les Romains fêtent les Saturnales qui durent sept jours pendant lesquels la hiérarchie sociale et la logique des choses peuvent être critiquées sinon brocardées et parodiées.

À cette occasion, « un homme jeune et fort, semble-t-il, représentait le dieu Saturne ; à l’issue de la fête, lui ou son simulacre était sacrifié au dieu pour lui apporter sa force et sa jeunesse, comme aujourd’hui encore on brûle solennellement le bonhomme Carnaval8 » ; parmi les jeunes soldats, un roi était élu et pouvait commander tout ce qui lui plaisait ; « plus de maîtres, plus de serviteurs, plus d’esclaves, plus de travail, chacun revêtait comme il lui plaisait les vêtements des autres, buvait et mangeait son saoul. » On pouvait opérer ce changement de rôle uniquement durant la fête des Saturnales entre le « maître » et l’« esclave ».

 

Une fête chrétienne

Le 6 janvier est une date choisie par le Père de l’Église Épiphane de Salamine, dans son Panarion, comme date de naissance de Jésus, afin de réfuter une date concurrente proposée par les gnostique des Alogo.

Jusqu’à la fin du ive siècle, l’Épiphanie est la grande et unique fête chrétienne « de la manifestation du Christ dans le monde » (manifestation exprimée, d’abord, par la venue des mages, puis par différents épisodes : la Nativité, la voix du Père et la présence d’une colombe lors du baptême sur le Jourdain, le miracle de Cana, etc.). Des pères de l’Église comme saint Jean Chrysostome ont fixé des traditions pour commémorer le même jour trois événements lors de la fête de la théophanie : l’Adoration des mages, le Baptême dans le Jourdain trente ans plus tard et les Noces de Cana trente-et-un ans plus tard. Dès le Moyen Âge, la liturgie chrétienne a rassemblé ces trois événements mais la piété et l’art chrétiens ont privilégié l’Adoration des mages.

Depuis l’introduction d’une fête de la Nativité (Noël) le 25 décembre, la liturgie actuelle de l’Épiphanie met l’accent sur des sens spécifiques selon les confessions et les cultures.

Depuis le xixe siècle on l’appelle aussi le « jour des rois » en référence directe à la venue et à l’Adoration des rois mages.

Sens chrétien de l’Épiphanie

L’Épiphanie chrétienne célèbre, ainsi que le rapportent l’évangile et la tradition, la manifestation publique du fils de Dieu incarné, Jésus, au monde, non pas, comme dans la mythologie grecque, à partir d’une révélation extérieure à l’humanité et faite sous les apparences de l’humanité, mais sous la forme d’un enfant engendré, en un temps historique donné, au sein du peuple juif (dans la lignée de David) : le Messie. Après avoir rencontré les petits et les proches (les bergers), il prend place et rencontre le monde dans toute sa diversité, telle qu’elle est symbolisée par des mages, que l’on dit être rois ou savants, dits traditionnellement de toutes origines et venus de pays lointains (bien que le texte évangélique ne donne qu’une indication vague de l’origine des mages, mais parle, cela dit, « d’Orient », ce qui indique l’Est par rapport à la Terre Sainte). Ainsi est réaffirmée la dimension universelle du message évangélique.

 

Dans l’Église latine

Cette fête célèbre la visite et l’adoration de l’Enfant Jésus par les « mages », relatée dans l’Évangile selon Matthieu. Bien que la Bible ne donne pas leur nombre et ne parle que de « savants venus d’Orient », la tradition a fait qu’ils sont habituellement appelés les trois Rois mages et sont nommés respectivement : Gaspard, Melchior et Balthazar, noms dont les initiales reprennent celles de la bénédiction : « Christus Mansionem Benedicat », « que le Christ bénisse la demeure ».

Elle est la quatrième des cinq grandes fêtes cardinales de l’année liturgique catholique.

Dans certains pays, la célébration liturgique de la fête est reportée à un dimanche, en vertu d’un indult papal. Il s’agit de permettre aux gens de célébrer la fête dans les cas où ils doivent travailler le 6 janvier, si ce jour n’est pas férié. Ainsi, en France et en Belgique, cette fête est célébrée le deuxième dimanche après Noël.

En Espagne, où la célébration de l’Épiphanie est particulièrement importante, le jour est férié. C’est aussi un jour férié en Suède (Trettondedag jul).

 

La fête commémore le baptême du Christ dans le Jourdain, la descente du Fils de Dieu au milieu de sa création, la stupeur de cette création qui reconnaît son Créateur (le Jourdain retourne en arrière), et la manifestation de la divine Trinité (la voix du Père et la colombe rendent témoignage au Fils).

Dans certains pays de tradition byzantine, en particulier en Grèce, en Bulgarie, en Roumanie, en Serbie, en Ukraine et en Russie, une croix est lancée par l’évêque dans un fleuve ou dans la mer et les jeunes gens rivalisent, en cette saison froide, pour plonger et la rapporter. La fête s’y appelle généralement Théophanie et elle est préparée par un jeûne strict le 6 janvier et célébrée le 7.

À Jérusalem, au mont Athos, en Russie, en Serbie et en Géorgie, la fête est célébrée le 6 janvier, selon le calendrier julien qui coïncide actuellement avec le 19 janvier du calendrier grégorien.

 

Dans l’Église arménienne, la fête est une des plus grandes fêtes de l’année car Noël n’est pas fêté le 25 décembre mais, selon l’usage chrétien ancien, le 6 janvier.

Cela correspond aussi aux anciennes traditions des premières églises chrétiennes (antérieures à la conversion de l’Empire romain), et même aux traditions familiales de l’époque, selon lesquelles un enfant ne devient le fils de son père que le jour de sa présentation à lui et la reconnaissance du fils par son père, et ce jour-là, on rend aussi grâce à la mère pour cet enfant reconnu par son père et qui se soumet à sa volonté.

Le baptême de Jésus dans le Jourdain correspond donc à cette présentation du Fils au Père, c’est aussi l’acte de la soumission de Jésus à la volonté divine et c’est aussi la date où le Père se révèle à lui. La nativité fêtée prend alors une signification plus théologique que dans l’Église catholique romaine, puisque c’est aussi traditionnellement la date par laquelle il reçoit du père la révélation de sa mission prophétique : ce qui est fêté est plus la naissance du « Christ sauveur » et la manifestation de Dieu (théophanie), que celle de l’enfant Jésus, même si cette célébration est directement liée à sa naissance. L’église arménienne procède à la bénédiction des eaux comme dans la tradition byzantine.

L’Épiphanie dans la tradition populaire

 

Tirer les rois

La tradition veut que l’Épiphanie soit l’occasion de « tirer les rois » : une fève et parfois une figurine sont cachées dans les pâtisseries (galette des rois, gâteau des rois) ; le convive qui découvre cette fève devient le roi ou la reine de la journée.

Cette pratique trouverait son origine dans les Saturnales de la Rome antique. Pendant ces fêtes païennes célébrées début janvier, les rôles étaient inversés entre les maîtres et les esclaves qui devenaient les « rois d’un jour ».
Ce n’est que vers 1875 que les figurines en porcelaine remplacent les fèves.

 

En France, on mange la galette des rois et le gâteau des rois à l’occasion de cette fête. La tradition veut que l’on partage la pâtisserie en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée « part du bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre », est destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis.

 

Usage actuel

La traditionnelle fève est accompagnée ou remplacée par un petit sujet caché à l’intérieur de la pâte de la pâtisserie. La personne ayant dans sa part la fève est symboliquement couronnée roi ou reine (de plus en plus, entre amis et/où surtout dans le contexte professionnel : le roi se doit d’offrir la prochaine pâtisserie ; et lorsqu’il y a un sujet, celui qui l’a, se doit d’offrir la boisson (cidre, mousseux, muscat, ou champagne).

Lorsqu’il y a des enfants, l’un d’entre eux – en général le plus jeune – se place sous la table ; tandis que la personne qui fait le service choisit une part, l’enfant désigne le destinataire de cette portion.

Certaines familles s’arrangent pour que la fève ou la figurine revienne à un des plus jeunes enfants. Il est couronné roi ou reine, et il choisit alors son roi ou sa reine (qui est souvent sa mère ou son père).

Fréquemment, les « rois » sont tirés plusieurs fois au cours de la période.

Dans le Sud de la France autour de la Méditerranée, l’usage est de préparer un grand pain au levain sucré en forme de couronne, (nommée gâteau des rois, couronne des rois, corona dels reis, royaume reiaume), couronne bordelaise, corona bordalesapognecòca) et qui est parfois couverte de sucre . En plus du sucre, ile peut être garni et/ou couvert de fruits confits.

Dans le Sud-Est, un santon (généralement santon-puce) accompagne généralement la fève.

Ce gâteau des rois est très présent dans le Sud-Ouest, même si le commerce propose de la galette, parfois moins chère (les fruits confits seraient coûteux) mais surtout de fabrication et conservation (voire de manipulation) plus facile, et elle tendrait à diminuer dans le Sud-Est.

À Paris, les boulangers-pâtissiers offrent tous les ans la galette de l’Élysée. Cette galette ne contient pas de fève afin que le président de la République ne puisse pas être couronné. Cette tradition remonte à l’année 1975, date à laquelle fut offerte à Valéry Giscard d’Estaing une grande galette d’un mètre de diamètre.

En Moselle-Est, des garçons déguisés en rois mages allaient de maison en maison en chantant, tout en faisant tourner une étoile montée sur un bâton : « Es kummen drei Weissen vom Morgenland » (Trois mages sont venus de l’Orient). Ils obtenaient ensuite des friandises ou des piécettes.

 

Galette/gâteau des rois et laïcité

Alors qu’en 2014, la présence de crèches dans des lieux publics avait suscité une polémique en France, la galette ou le gâteau n’entraînent, quant à eux, guère de conflits.

Les racines historiques de ces pâtisseries ne sont originellement pas religieuses. Elles peuvent se rattacher, ou non, à la fête de l’épiphanie ; elles peuvent comporter, une ou plusieurs fèves, ou aucune. De même pour les couronnes. Il n’existe pas de décision de justice notable qui concerne la galette ou le gâteau des rois.

Marginalement, par exemple, lors de la préparation des cérémonies des galettes en 2013 à Brest, la mairie a décidé de retirer toutes les couronnes. Les services expliquent que « Cette année, sur la couronne était inscrit le mot « Épiphanie ». À nos yeux, c’était faire rentrer le religieux à l’école, ce qui est interdit par la loi ».

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Vendredi Saint : Descente de croix : tableaux en l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Descente de croix, André Gaudion , 1612

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Tableau provenant sans doute d’un couvent franciscain comme le laisse penser la présence de saint François d’Assise (à gauche) reconnaissable à ses stigmates.  Au pied de la Croix se trouvent Marie-Madeleine et saint Jean. Derrière le Christ se trouve sa mère que l’on peut voir presque évanouie, une représentation peu habituelle surout à cette époque.

 

Descente de croix de Guillaume Martin , 1611

 

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Ce tableau est l’oeuvre de Martin Guillaume dit « Adam », artiste originaire de Lyon, qui a séjourné Aix de 1602 à 1634 et il étaitt destiné à la chapelle des Pénitents Noirs. Acheté en 1771 par Joseph-Félix Alphéran – futur prieur et avan dernier avant la disparition des prieurs de saint Jean – ce tableau est une ccopie d’une composition de Baroche (1528-1612), célèbre peintre italien, dont les descentes de croix ont sevi de modèles à de nombreux artistes.

On remarque des hommes robustes, montés sur des échèlles, qui descendent le corps du Christ. C’est l’apôtre Jean qui reçoit le corps de Jésus dans ses bras tandis que la Vierge évanouie est soutenue par Marie Madeleine tandis que deux femmes tendent les bras vers elle.

 

ÉVANGILE DE LA PASSION DE NOTRE SEIGNEUR

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn 18, 1 – 19, 42)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (v. 31-42)

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

Après cela, Joseph d’Arimathie,
qui était disciple de Jésus,
mais en secret par crainte des Juifs,
demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Et Pilate le permit.
Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant
la nuit – vint lui aussi ;
il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès
pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus,
qu’ils lièrent de linges,
en employant les aromates
selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin
et, dans ce jardin, un tombeau neuf
dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive,
et comme ce tombeau était proche,
c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

 

 

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Dimanche des Rameaux dimanche 5 avril 2020 : lectures et commentaires

Dimanche des Rameaux : Dimanche 5 avril 2020

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Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,

1ère lecture

Psaume

2ème lecture

Evangile

 

PREMIERE LECTURE – livre du prophète Isaïe 50, 4-7

4 Le SEIGNEUR mon Dieu m’a donné le langage des disciples,
pour que je puisse, d’une parole,
soutenir celui qui est épuisé.
Chaque matin, il éveille,
il éveille mon oreille
pour qu’en disciple, j’écoute.
5 Le SEIGNEUR mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
6 J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
7 Le SEIGNEUR mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.

ISRAEL, SERVITEUR DE DIEU
Isaïe ne pensait certainement pas à Jésus-Christ quand il a écrit ce texte, probablement au sixième siècle av.J.C., pendant l’Exil à Babylone. Je m’explique : Parce que son peuple est en Exil, dans des conditions très dures et qu’il pourrait bien se laisser aller au découragement, Isaïe lui rappelle qu’il est toujours le serviteur de Dieu. Et que Dieu compte sur lui, son serviteur (son peuple) pour faire aboutir son projet de salut pour l’humanité. Car le peuple d’Israël est bien ce Serviteur de Dieu nourri chaque matin par la Parole, mais aussi persécuté en raison de sa foi justement et résistant malgré tout à toutes les épreuves.
Dans ce texte, Isaïe nous décrit bien la relation extraordinaire qui unit le Serviteur (Israël) à son Dieu. Sa principale caractéristique, c’est l’écoute de la Parole de Dieu, « l’oreille ouverte » comme dit Isaïe.
« Ecouter », c’est un mot qui a un sens bien particulier dans la Bible : cela veut dire faire confiance ; on a pris l’habitude d’opposer ces deux attitudes types entre lesquelles nos vies oscillent sans cesse : confiance à l’égard de Dieu, abandon serein à sa volonté parce qu’on sait d’expérience que sa volonté n’est que bonne… ou bien méfiance, soupçon porté sur les intentions de Dieu… et révolte devant les épreuves, révolte qui peut nous amener à croire qu’il nous a abandonnés ou pire qu’il pourrait trouver une satisfaction dans nos souffrances.
Les prophètes, les uns après les autres, redisent « Ecoute, Israël » ou bien « Aujourd’hui écouterez-vous la Parole de Dieu…? » Et, dans leur bouche, la recommandation « Ecoutez » veut toujours dire « faites confiance à Dieu quoi qu’il arrive » ; et Saint Paul dira pourquoi : parce que « Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment (c’est-à-dire qui lui font confiance). » (Rm 8,28). De tout mal, de toute difficulté, de toute épreuve, il fait surgir du bien ; à toute haine, il oppose un amour plus fort encore ; dans toute persécution, il donne la force du pardon ; de toute mort il fait surgir la vie, la Résurrection.
C’est bien l’histoire d’une confiance réciproque. Dieu fait confiance à son Serviteur, il lui confie une mission ; en retour le Serviteur accepte la mission avec confiance. Et c’est cette confiance même qui lui donne la force nécessaire pour tenir bon jusque dans les oppositions qu’il rencontrera inévitablement. Ici la mission est celle de témoin : « Pour que je sache à mon tourpuisse réconforter celui qui n’en peut plussoutenir celui qui est épuisé », dit le Serviteur. En confiant cette mission, le Seigneur donne la force nécessaire : Il « donne » le langage nécessaire : « Le SEIGNEUR mon Dieu m’a donné le langage des disciples »… Et, mieux, il nourrit lui-même cette confiance qui est la source de toutes les audaces au service des autres : « Le SEIGNEUR mon Dieu m’a ouvert l’oreille », ce qui veut dire que l’écoute (au sens biblique, la confiance) elle-même est don de Dieu. Tout est cadeau : la mission et aussi la force et aussi la confiance qui rend inébranlable. C’est justement la caractéristique du croyant de tout reconnaître comme don de Dieu.

TENIR BON DANS L’EPREUVE
Et celui qui vit dans ce don permanent de la force de Dieu peut tout affronter : « Je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé… » La fidélité à la mission confiée implique inévitablement la persécution : les vrais prophètes, c’est-à-dire ceux qui parlent réellement au nom de Dieu sont rarement appréciés de leur vivant. Concrètement, Isaïe dit à ses contemporains : tenez bon, le Seigneur ne vous a pas abandonnés, au contraire, vous êtes en mission pour lui. Alors ne vous étonnez pas d’être maltraités.
Pourquoi ? Parce que le Serviteur qui « écoute » réellement la Parole de Dieu, c’est-à-dire qui la met en pratique, devient vite extrêmement dérangeant. Sa propre conversion appelle les autres à la conversion. Certains entendent l’appel à leur tour… d’autres le rejettent, et, au nom de leurs bonnes raisons, persécutent le Serviteur. Et chaque matin, le Serviteur doit se ressourcer auprès de Celui qui lui permet de tout affronter. Et là, Isaïe emploie une expression un peu curieuse en français mais habituelle en hébreu : « J’ai rendu ma face dure comme pierre » : elle exprime la résolution et le courage ; en français, on dit quelquefois « avoir le visage défait », et bien ici le Serviteur affirme « vous ne me verrez pas le visage défait, rien ne m’écrasera, je tiendrai bon quoi qu’il arrive » ; ce n’est pas de l’orgueil ou de la prétention, c’est la confiance pure : parce qu’il sait bien d’où lui vient sa force.
Je disais en commençant que le prophète Isaïe parlait pour son peuple persécuté, humilié, dans son Exil à Babylone ; mais, bien sûr, quand on relit la Passion du Christ, cela saute aux yeux : le Christ répond exactement à ce portrait du serviteur de Dieu. Ecoute de la Parole, confiance inaltérable et donc certitude de la victoire, au sein même de la persécution, tout cela caractérisait Jésus au moment précis où les acclamations de la foule des Rameaux signaient et précipitaient sa perte.

 

PSAUME – 21 (22), 2, 8-9,17-20,22b-24

2 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
8 Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
9 « Il comptait sur le SEIGNEUR : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

17 Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure ;
ils me percent les mains et les pieds,
18 je peux compter tous mes os.

19 Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
20 Mais toi, SEIGNEUR, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

22 Tu m’as répondu !
23 Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
24 Vous qui le craignez, louez le SEIGNEUR.

DU CRI DE DETRESSE A L’ACTION DE GRACE
Ce psaume 21/22 nous réserve quelques surprises : il commence par cette fameuse phrase « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » qui a fait couler beaucoup d’encre et même de notes de musique ! L’ennui, c’est que nous la sortons de son contexte, et que du coup, nous sommes souvent tentés de la comprendre de travers : pour la comprendre, il faut relire ce psaume en entier. Il est assez long, trente-deux versets dont nous lisons rarement la fin : or que dit-elle ? C’est une action de grâce : « Tu m’as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée. » Celui qui criait « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » dans le premier verset, rend grâce quelques versets plus bas pour le salut accordé. Non seulement, il n’est pas mort, mais il remercie Dieu justement de ne pas l’avoir abandonné.
Ensuite, à première vue, on croirait vraiment que le psaume 21/22 a été écrit pour Jésus-Christ : « Ils me percent les mains et les pieds ; je peux compter tous mes os ». Il s’agit bien du supplice d’un crucifié ; et cela sous les yeux cruels et peut-être même voyeurs des bourreaux et de la foule : « Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure »… « Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits, et tirent au sort mon vêtement ».
Mais, en réalité, ce psaume n’a pas été écrit pour Jésus-Christ : il a été composé au retour de l’Exil à Babylone : ce retour est comparé à la résurrection d’un condamné à mort ; car l’Exil était bien la condamnation à mort de ce peuple ; encore un peu, et il aurait été rayé de la carte !
Et donc, dans ce psaume 21/22, Israël est comparé à un condamné qui a bien failli mourir sur la croix (n’oublions pas que la croix était un supplice très courant à l’époque du retour de l’Exil), c’est pour cela qu’on prend l’exemple d’une crucifixion) : le condamné a subi les outrages, l’humiliation, les clous, l’abandon aux mains des bourreaux… et puis, miraculeusement, il en a réchappé, il n’est pas mort. Traduisez : Israël est rentré d’Exil. Et, désormais, il se laisse aller à sa joie et il la dit à tous, il la crie encore plus fort qu’il n’a crié sa détresse. Le récit de la crucifixion n’est donc pas au centre du psaume, il est là pour mettre en valeur l’action de grâce de celui (Israël) qui vient d’échapper à l’horreur.
Du sein de sa détresse, Israël n’a jamais cessé d’appeler au secours et il n’a pas douté un seul instant que Dieu l’écoutait. Son grand cri que nous connaissons bien : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » est bien un cri de détresse devant le silence de Dieu, mais ce n’est ni un cri de désespoir, ni encore moins un cri de doute. Bien au contraire ! C’est la prière de quelqu’un qui souffre, qui ose crier sa souffrance. Au passage, nous voilà éclairés sur notre propre prière quand nous sommes dans la souffrance quelle qu’elle soit : nous avons le droit de crier, la Bible nous y invite.
Ce psaume est donc en fait le chant du retour de l’Exil : Israël rend grâce. Il se souvient de la douleur passée, de l’angoisse, du silence apparent de Dieu ; il se sentait abandonné aux mains de ses ennemis … Mais il continuait à prier. Israël continuait à se rappeler l’Alliance, et tous les bienfaits de Dieu.

LE PSAUME 21 COMME UN EX-VOTO
Au fond, ce psaume est l’équivalent de nos ex-voto : au milieu d’un grand danger, on a prié et on a fait un voeu ; du genre « si j’en réchappe, j’offrirai un ex-voto à tel ou tel saint » ; (le mot « ex-voto » veut dire justement « à la suite d’un voeu ») ; une fois délivré, on tient sa promesse. C’est parfois sous forme d’un tableau qui rappelle le drame et la prière des proches.
Notre psaume 21/22 ressemble exactement à cela : il décrit bien l’horreur de l’Exil, la détresse du peuple d’Israël et de Jérusalem assiégée par Nabuchodonosor, le sentiment d’impuissance devant l’épreuve ; et ici l’épreuve, c’est la haine des hommes ; il dit la prière de supplication : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » qu’on peut traduire « Pourquoi, en vue de quoi, m’as-tu abandonné à la haine de mes ennemis ? » Et Dieu sait si le peuple d’Israël a affronté de nombreuses fois la haine des hommes. Mais ce psaume dit encore plus, tout comme nos ex-voto, l’action de grâce de celui qui reconnaît devoir à Dieu seul son salut. « Tu m’as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères… Je te loue en pleine assemblée. Vous qui le craignez, louez le SEIGNEUR ! » Et les derniers versets du psaume ne sont qu’un cri de reconnaissance ; malheureusement, nous ne les chanterons pas pendant la messe de ce dimanche des Rameaux … (peut-être parce que nous sommes censés les connaître par coeur ?) : « Les pauvres mangeront, ils seront rassasiés ; ils loueront le SEIGNEUR, ceux qui le cherchent. A vous toujours, la vie et la joie ! La terre se souviendra et reviendra vers le SEIGNEUR, chaque famille de nations se prosternera devant lui… Moi, je vis pour lui, ma descendance le servira. On annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son oeuvre ! »

 

DEUXIEME LECTURE – lettre de saint Paul aux Philippiens 2,6-11

6 Le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu,
ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu.

7 Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.

8 Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort
et la mort de la croix.

9 C’est pourquoi Dieu l’a exalté.
Il l’a doté du Nom
qui est au-dessus de tout nom,

10 afin qu’au nom de Jésus
tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,

11 Et que toute langue proclame :
« Jésus-Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père.

JESUS, SERVITEUR DE DIEU
Pendant l’Exil à Babylone, au sixième siècle avant Jésus-Christ, le prophète Isaïe, de la part de Dieu bien sûr, avait assigné une mission et un titre à ses contemporains ; le titre était celui de Serviteur de Dieu. Il s’agissait, au cœur même des épreuves de l’Exil, de rester fidèles à la foi de leurs pères et d’en témoigner au milieu des païens de Babylone, fut-ce au prix des humiliations et de la persécution. Dieu seul pouvait leur donner la force d’accomplir cette mission.
Lorsque les premiers Chrétiens ont été affrontés au scandale de la croix, ils ont médité le mystère du destin de Jésus, et n’ont pas trouvé de meilleure explication que celle-là : « Jésus s’est anéanti, prenant la condition de serviteur ». Lui aussi a bravé l’opposition, les humiliations, la persécution. Lui aussi a cherché sa force auprès de son Père parce qu’il n’a jamais cessé de lui faire confiance.
Mais il était Dieu, me direz-vous. Pourquoi n’a-t-il pas recherché la gloire et les honneurs qui reviennent à Dieu ? Mais, justement, parce qu’il est Dieu, il veut sauver les hommes. Il agit donc en homme et seulement en homme pour montrer le chemin aux hommes. Paul dit : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. » C’est justement parce qu’il est de condition divine, qu’il ne revendique rien. Il sait, lui, ce qu’est l’amour gratuit… il sait bien que ce n’est pas bon de revendiquer, il ne juge
pas bon de « revendiquer » le droit d’être traité à l’égal de Dieu… Et pourtant c’est bien cela que Dieu veut nous donner ! Donner comme un cadeau. Et c’est effectivement cela qui lui a été donné en définitive.
J’ai bien dit comme un cadeau et non pas comme une récompense. Car il me semble que l’un des pièges de ce texte est la tentation que nous avons de le lire en termes de récompense ; comme si le schéma était : Jésus s’est admirablement comporté et donc il a reçu une récompense admirable ! Si j’ose parler de tentation, c’est que toute présentation du plan de Dieu en termes de calcul, de récompense, de mérite, ce que j’appelle des termes arithmétiques est contraire à la « grâce » de Dieu… La grâce, comme son nom l’indique, est gratuite ! Et, curieusement, nous avons beaucoup de mal à raisonner en termes de gratuité ; nous sommes toujours tentés de parler de mérites ; mais si Dieu attendait que nous ayons des mérites, c’est là que nous pourrions être inquiets… La merveille de l’amour de Dieu c’est qu’il n’attend pas nos mérites pour nous combler ; c’est en tout cas ce que les hommes de la Bible ont découvert grâce à la Révélation. On s’expose à des contresens si on oublie que tout est don gratuit de Dieu.

LE PROJET DE DIEU EST GRATUIT
Pour Paul, c’est une évidence que le don de Dieu est gratuit. Essayons de résumer la pensée de Paul : le projet de Dieu (son « dessein bienveillant ») c’est de nous faire entrer dans son intimité, son bonheur, son amour parfait. Ce projet est absolument gratuit, puisque c’est un projet d’amour. Ce don de Dieu, cette entrée dans sa vie divine, il nous suffit de l’accueillir avec émerveillement, tout simplement ; pas question de le mériter, c’est « cadeau » si j’ose dire. Avec Dieu, tout est cadeau. Mais nous nous excluons nous-mêmes de ce don gratuit si nous adoptons une attitude de revendication ; si nous nous conduisons à l’image de la femme du jardin d’Eden : elle prend le fruit défendu, elle s’en empare, comme un enfant « chipe » sur un étalage… Jésus-Christ, au contraire, n’a été que accueil (ce que Saint Paul appelle « obéissance »), et parce qu’il n’a été que accueil du don de Dieu et non revendication, il a été comblé. Et il nous montre le chemin, nous n’avons qu’à suivre, c’est-à-dire l’imiter.
Il reçoit le Nom qui est au-dessus de tout nom : c’est bien le Nom de Dieu justement ! Dire de Jésus qu’il est Seigneur, c’est dire qu’il est Dieu : dans l’Ancien Testament, le titre de « Seigneur » était réservé à Dieu. La génuflexion aussi, d’ailleurs : « afin qu’au Nom de Jésus, tout genou fléchisse »… C’est une allusion à une phrase du prophète Isaïe: « Devant moi tout genou fléchira et toute langue prêtera serment, dit Dieu » (Is 45,23).
Jésus a vécu sa vie d’homme dans l’humilité et la confiance, même quand le pire est arrivé, c’est-à-dire la haine des hommes et la mort. J’ai dit « confiance » ; Paul, lui, parle « d’obéissance ». « Obéir », « ob-audire » en latin, c’est littéralement « mettre son oreille (audire) « devant » (ob) la parole : c’est l’attitude du dialogue parfait, sans ombre ; c’est la totale confiance ; si on met son oreille devant la parole, c’est parce qu’on sait que cette parole n’est qu’amour, on peut l’écouter sans crainte.
L’hymne se termine par « toute langue proclame Jésus-Christ est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père » : la gloire, c’est la manifestation, la révélation de l’amour infini ; autrement dit, en voyant le Christ porter l’amour à son paroxysme, et accepter de mourir pour nous révéler jusqu’où va l’amour de Dieu, nous pouvons dire comme le centurion « Oui, vraiment, celui-là est le Fils de Dieu »… puisque Dieu, c’est l’amour.

 

EVANGILE

Commentaire de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ selon Saint Matthieu
Chaque année, pour le dimanche des Rameaux, nous lisons le récit de la Passion dans l’un des trois Evangiles synoptiques ; cette année, c’est donc dans l’Evangile de Matthieu. En fait, dans les quelques minutes de cette émission, je ne peux pas lire le récit de la Passion lui-même, mais je vous propose de nous arrêter aux épisodes qui sont propres à Matthieu ; bien sûr, dans les grandes lignes, les quatre récits de la Passion sont très semblables ; mais si on regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit que chacun des Evangélistes a ses accents propres.

PASSAGES PROPRES À MATTHIEU
Voici donc quelques épisodes et quelques phrases que Matthieu est seul à rapporter.
Tout d’abord, on se souvient que c’est à prix d’argent que Judas a livré Jésus aux grands prêtres juifs. Matthieu est le seul à dire la somme exacte, trente pièces d’argent : ce détail n’est pas anodin, car c’était le prix fixé par la Loi pour l’achat d’un esclave. Cela veut dire le mépris que les hommes ont manifesté envers le Seigneur de l’univers.
Plus tard, le même Judas fut pris de remords : « Alors, en voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ; il rendit les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens. Il leur dit : « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Que nous importe ? Cela te regarde ! » Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre. Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent : « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. » Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le champ du potier pour y enterrer les étrangers. Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour le Champ-du-Sang. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Ils ramassèrent les trente pièces d’argent, le prix de celui qui fut mis à prix, le prix fixé par les fils d’Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné. »
Au cours de la comparution de Jésus chez Pilate, Matthieu est le seul à rapporter l’intervention de la femme de Pilate : Tandis qu’il (Pilate) siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » Et il est clair que le procès de Jésus mettait Pilate mal à l’aise. Un peu plus tard, Matthieu encore, raconte l’épisode du lavement des mains : Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.
Au moment de la mort de Jésus, les trois évangélistes synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) racontent que le rideau du temple s’est déchiré du haut en bas, mais Matthieu, seul, ajoute : la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.
Enfin, Matthieu a noté le soin tout spécial que les autorités ont apporté à la garde du tombeau de Jésus : ils sont allés trouver Pilate pour obtenir l’autorisation de surveiller le sépulcre dans la crainte que les disciples ne viennent subtiliser le corps de Jésus pour faire croire qu’il était ressuscité. Et c’est exactement la légende qu’ils ont fait courir après la résurrection.

LA VRAIE GRANDEUR DE JESUS RECONNUE PAR DES PAIENS
Ce qui est notable ici, en définitive, c’est l’aveuglement des autorités religieuses, qui les pousse à l’acharnement contre Jésus.
Et c’est le terrible paradoxe de ce drame : à savoir que, en dehors de sa famille, et de ses quelques disciples, ceux qui auraient dû être les plus proches de Jésus, les Juifs en général, l’ont méconnu, méprisé, humilié. Et que, en revanche, ce sont les autres, les païens, qui, sans le savoir, lui ont donné ses véritables titres de noblesse. Car l’une des caractéristiques de ce texte est bien l’abondance des titres donnés à Jésus dans le récit de la Passion, qui représente quelques heures, ses dernières heures de vie terrestre. Cet homme anéanti, blessé dans son corps et dans sa dignité, honni, accusé de blasphème, ce qui est le pire des péchés pour ses compatriotes… est en même temps honoré bien involontairement par des étrangers qui lui décernent les plus hauts titres de la religion juive. A commencer par le titre de « Juste » que lui a donné la femme de Pilate. Et, quant à celui-ci, il a fait afficher sur la croix le fameux écriteau qui désigne Jésus comme « le roi des Juifs ».
Enfin, le titre de Fils de Dieu lui est d’abord décerné par pure dérision, pour l’humilier : d’abord par les passants qui font cruellement remarquer à l’agonisant le contraste entre la grandeur du titre et son impuissance définitive ; puis ce sont les chefs des prêtres, les scribes et les anciens qui le défient : si réellement il était le Fils de Dieu, il n’en serait pas là. Mais ce même titre va lui être finalement décerné par le centurion romain : et alors il résonne comme une véritable profession de foi : « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu ».
Or cette phrase préfigure déjà la conversion des païens, ce qui revient à dire que la mort du Christ n’est pas un échec, elle est une victoire. Le projet de salut de l’humanité tout entière est en train de se réaliser.
Alors on comprend pourquoi Matthieu accentue le contraste entre la faiblesse du condamné et la grandeur que certains païens lui reconnaissent quand même : c’est pour nous faire comprendre ce qui est à première vue impensable : à savoir que c’est dans sa faiblesse même que Jésus manifeste sa vraie grandeur, qui est celle de Dieu, c’est-à-dire de l’amour infini.

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON MATTHIEU, JESUS-CHRIST, LA TRANSFIGURATION DE JESUS, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PEINTURE

La Transfiguration, tableau en l’Eglise de Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

La Transfiguration de Jésus 

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La Transfiguration. N. Pigand. 2006.

Dimanche 8 MARS 2020

2ème Semaine de Carême — Année A

 

« Son visage devint brillant comme le soleil »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 1-9)

 

    En ce temps-là,
    Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
    Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
    Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
    Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
    Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
    Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
    Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
    Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, Jésus, seul.

    En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »

 

CAREME, JESUS-CHRIST, LA TENTATION DU CHRIST, LE TINTORET (Jocopo Robusti dit Tintoretto ; 1518:1519 - 1594), MEDITATIONS, PEINTRE ITIALIEN, PEINTURE

La tentation du Christ par Le Tintoret

LA TENTATION DU CHRIST PAR LE TINTORET

Tintoretto, La tentazione di Cristo, Salone, Scuola Grande di Sa

Le Tintoret (1515-1594) La tentation du Christ, tableau peint vers 1578. Scuola di San Rocco, Venise.

Méditation sur un tableau

 

Tintoret est l’un des plus grands peintres vénitiens du XVIème siècle. Son œuvre est souvent associée à un contexte religieux, ici l’évangile de Matthieu et la première tentation au désert, avec des représentations tendant à souligner les effets nocturnes et un maniérisme ténébriste.

La lumière violette du carême nous rappelle ce nocturne. De fait, ici, l’effet nocturne est étudié pour que les fidèles regardent le Christ lumineux et à ses côtés le tentateur. Une nature bien luxuriante nous fait oublier le désert. Tintoret tasse ou allonge des personnages selon qu’ils sont censés être admirés de loin, vers le haut, ou encore de côté.

Jésus sur une hauteur est donc ici allongé à l’abri d’une vétuste charpente pour rappeler la pauvreté du Christ. Il discute avec le tentateur, le regarde, argumente avec un geste de la main gauche qui désigne la pierre présentée au verset 3. La tunique de Jésus est d’une subtile touche de rouge – annonce de la Passion.

Le tentateur, ici représenté bien loin selon une apparence qui n’est pas la sienne. Il est humainement idéalisé, car rien dans le texte ne parle de son aspect. Une bien belle duperie diabolique : presque nu, reconnaissable à ses deux ailes, sous l’aspect de la jeunesse (un visage resplendissant), de la force (un corps musclé), de la richesse (des bracelets autour des bras à la manière antique), le genou gauche à terre comme pour marquer une proximité avec Jésus, voilà ce qui le rend visible. Mais les pierres, ramassées sur le bord du chemin, resteront des pierres.

Au début de ce premier des trois récits de tentation, mention est faite de l’Esprit, descendu sur Jésus pendant la théophanie. Le lien se trouve ainsi encore renforcé entre baptême et tentation, puisque c’est ce même Esprit qui pousse Jésus au désert, selon Matthieu : c’est bien celui qui vient d’être déclaré le Fils de Dieu qui va être mis à l’épreuve.  Changer les pierres en pain, est pour Jésus une tentation qui n’est que la médiation de la vraie tentation à laquelle il se trouve confronté : se prévaloir du titre de Fils de Dieu pour agir en conséquence. Or, manifester par des prodiges sa filialité divine reviendrait pour lui à succomber à la tentation fondamentale : « devenir comme des dieux » comme on le lit dans le livre de la Genèse.

A la suggestion du diable, le Fils de Dieu répond en faisant appel à son humanité la plus profonde, celle qui a besoin de pain pour vivre : « L’homme ne vivra pas de pain seul… ». Le récit livre par là une leçon double et essentielle. Premièrement, la seule tentation, pour Jésus ou pour l’humanité, consiste à se poser en rival de Dieu, ce qui revient à se déterminer contre Lui. Deuxièmement, si le récit est à visée d’abord christologique, tant il est vrai que c’est le Fils de Dieu qui est mis à l’épreuve, il n’en comporte pas moins une dimension catéchétique à dominante éthique : il appartient aux disciples de se comporter comme leur maître face à la tentation.

Le carême nous donne de voir, comme Jésus, le combat spirituel.

Nous voyons donc, au début de notre carême, tout l’enjeu. Dans le désert, les hébreux affamés furent directement nourris par la manne envoyée par Dieu. On vit de pain mais on vit aussi de Dieu. La réponse de Jésus est lumineuse et sa tête est toute éclairée par cette réalité-là. La force du Christ réside dans sa parole, qui représente celle de Dieu.

Si, avec la toile du Tintoret, nous partons à Venise au XVIème siècle, l’hypocrisie morale demeure pour le croyant au cœur de toute tentation.

 

Père Hervé Loubriat

 

CROIX GLORIEUSE, FETE LITURGIQUE, FETES DE LA SAINTE CROIX, JESUS-CHRIST

Fêtes de la Sainte Croix

Fêtes de la Croix

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Icône russe de l’Exaltation de la Croix. (Icône de Iaroslavl par Goury Nikitine, 1680. Galerie Tretiakov, Moscou).

Les calendriers liturgiques chrétiens comportent différentes Fêtes de la Croix qui célèbrent toutes la Croix ayant servi à la crucifixion de Jésus-Christ. Alors que le Vendredi saint commémore la Passion du Christ et sa crucifixion, ces jours de fête honorent la Croix elle-même comme instrument du Salut.

Exaltation de la Sainte-Croix, 14 septembre

Cette fête s’appelle en grec ancien : Ὕψωσις τοῦ Τιμίου καὶ Ζωοποιοῦ Σταυροῦ, « Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix » et en latin : Exaltatio Sanctae Crucis.

Selon une tradition largement répandue, la Vraie Croix fut découverte en 326 par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin le Grand, lors d’un pèlerinage qu’elle fit à Jérusalem. Par ordre d’Hélène et de Constantin, l’église du Saint-Sépulcre fut bâtie sur le lieu de la découverte. L’église, conservant une portion de la Croix, fut consacrée neuf ans plus tard. Une légende raconte qu’en 614, cette relique fut dérobée et emportée par les Perses. Reconquise en 618 par l’empereur byzantin Héraclius, elle fut d’abord rapportée à Constantinople puis renvoyée plus tard à Jérusalem.

La date de la fête commémore la consécration de l’église du Saint-Sépulcre en 3352. Ce fut alors une fête de deux jours : l’église fut consacrée le 13 septembre ; la relique de la Croix fut extraite de l’église le 14 septembre et présentée à l’adoration des fidèles.

 

Pratique occidentale

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Exaltation de la Sainte-Croix, Les Très Riches Heures du duc de Berry (musée Condé, Chantilly)

Dans le rite romain de l’Église catholique, le clergé arbore des habits sacerdotaux de couleur rouge le jour de la Sainte-Croix. Même si ce jour est un dimanche, la messe est celle de la fête avec ses lectures propres. Dans l’Église d’Angleterre et autres Églises anglicanes, le rituel précise également que les vêtements sacerdotaux sont rouges le jour de la Sainte-Croix

Jusqu’en 1960, quand on considérait encore comme premier dimanche de septembre le dimanche plus proche du premier jour du mois, les mercredi, vendredi et samedi de la semaine suivant l’Exaltation de la Croix, la troisième semaine de septembre, constituaient l’un des Quatre-Temps du cycle liturgique annuel, au cours duquel étaient prescrits un jeûne et un rituel approprié. Le Code de Rubriques du pape Jean XXIII définit le premier dimanche de septembre comme le premier qui tombe dans le mois, et par conséquent la troisième semaine, avec la célébration arrivait quelquefois plus tard. Aujourd’hui, l’ordonnancement des célébrations est laissé à l’appréciation de la Conférence épiscopale en fonction des coutumes locales.

Le 14 septembre est la fête capitale de la Congrégation de Sainte-Croix, des Compagnons de la Croix  et de l’ordre monastique anglican de la Sainte-Croix . Cette date est le début du jeûne des Carmélites selon la règle de saint Albert de 1247, qui finit à Pâques. La règle de saint Benoît prescrit cette date comme début de l’hiver des bénédictins, lequel se termine aussi à Pâques.

 

Pratique du rite byzantin

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Croix orthodoxe exposée à la vénération des fidèles pour la fête de l’Exaltation universelle de la précieuse et vivifiante Croix.

Dans le rite byzantin, l’Exaltation (Élévation en grec) universelle de la Précieuse et Vivifiante Croix commémore à la fois l’invention de la Croix en 326 et sa reconquête sur les perses en 628. C’est l’une des douze grandes fêtes du cycle liturgique annuel. Le 14 septembre est un jour de jeûne : la consommation de produits carnés, de laitages et de poisson est proscrite. Il y a un jour d’avant-fête et huit jours d’apodose. Les samedi et dimanche avant et après le 14 septembre comportent des lectures spéciales des Épîtres et de l’Évangile.

La veille de la fête, lors des petites Vêpres, le prêtre prépare un bassin où une croix repose sur un lit de basilic ou de fleurs et la recouvre d’un aër ; il dispose ce bassin sur la table de prothèse ; puis il pose le bassin sur sa tête et, précédé de cierges et du diacre qui encense la croix, il pénètre dans le sanctuaire et dépose le bassin au centre de l’autel, où se trouve normalement le livre de l’Évangile ; celui-ci est déplacé à l’arrière de l’autel. Lors de l’Orthros qui suit, la croix est solennellement transportée au centre de l’église et exposée à la vénération des fidèles.

Les parties des Vêpres et de l’Orthros qui, selon diverses coutumes locales, se tiennent normalement devant l’Icône de la fête (par exemple le chant du polyeleos et l’Évangile de l’Orthros) ont lieu devant la croix9. L’élévation et la cérémonie d’exaltation de la Croix ont lieu à l’Orthros.

La croix demeure au milieu du temple tout le long de l’apodose ; les fidèles la vénèrent chaque fois qu’ils entre ou sortent de l’église. À la fin de l’apodose, le prêtre et le diacre encensent la croix et, après une dernière vénération, rapporte la croix dans le sanctuaire par les Saintes Portes. Ce rituel est reproduit au cours des autres fêtes de la Croix décrites ci-après.

 

Pratique orthodoxe orientale

 

Église apostolique arménienne

Les fidèles de l’Église apostolique arménienne observent un jeûne de cinq jours du 10 au 14 septembre en préparation de la Fête de la Sainte Église pour la Sainte-Croix. Celle-ci est célébrée le 15 septembre. Le 16 septembre commence l’Exaltation (ou élévation de la Sainte-Croix (en arménien : Khachverats), qui dure plusieurs jours. C’est l’une de cinq fêtes majeures de l’Église arménienne et la plus importante des fêtes de la Croix. Selon la tradition de l’Église arménienne, le premier à vénérer la Croix fut l’apôtre Jacques le Juste, frère du Seigneur. Le dimanche le plus proche du 14 septembre, on célèbre l’antasdan (bénédiction des points cardinaux) au cours duquel les quatre points cardinaux de l’église et du Monde sont bénis en signe de sanctification universelle et où une croix (généralement celle de l’autel), ornée de basilic en signe de royauté, est sortie en procession et déposée sur une table à la vue de tous. Le prêtre asperge ensuite les basilics d’eau bénite et les diacres en distribuent une tige aux fidèles qui vénère ensuite la croix.

Le dimanche le plus proche du 28 septembre (et toujours deux semaines après l’Exaltation de la Croix), l’Église d’Arménie célèbre la Fête de la Sainte-Croix de Varak. Cette cérémonie commémore la déposition d’un morceau de la Croix dans le sol arménien à Varagavank ; elle est propre à l’Église arménienne.

Le dimanche le plus proche du 26 octobre, l’Église d’Arménie fête l’Invention de la Sainte-Croix (Kyood Khach) par sainte Hélène en 326.

Église éthiopienne orthodoxe

L’Église éthiopienne orthodoxe tewahedo, l’une des Églises orthodoxes orientales, commémore l’invention de la Vraie Croix le 17 du mois de Meskerem, en calendrier éthiopien, qui correspond au 27 septembre du calendrier Julien (ou un jour plus tard les années bissextiles). La veille de ce jour est appelée Demera, signifiant « feu de joie » en amharique. Le patriarche de l’Église éthiopienne orthodoxe allume un grand feu de joie sur la place Maskal, le plus grand espace d’Addis-Abeba, tandis que d’autres feux sont allumés dans les paroisses de tout le pays. De nombreux fidèles assistent aux chants et aux célébrations de la place Maskal dont le nom signifie Croix en Guèze. Selon la tradition, le feu de joie commémore comment, à la lumière de feux, la Reine Hélène trouva la Croix, ou bien comment, par une série de feux, elle informa son fils Constantin de sa découverte.

Église indienne orthodoxe

Un service spécial est célébré en ce jour par l’Église malankare orthodoxe, en particulier dans l’église de Mor Sabor-Mor Aphroth11 d’Akaparambu  (district d’Ernakulam, état du Kerala, Inde).

 Invention de la Sainte Croix, 3 mai

Dans le rite romain, jusqu’à l’an 1960, on célébrait le 3 mai la fête de l’Invention de la Saint Croix. Il y a plusieurs hypothèses pour en expliquer l’origine. Selon certains la fête célèbre la découverte de la Saint Croix par Sainte Helène en 326. Selon d’autres elle célèbre le recouvrement par l’empereur Héraclius de la Croix enlevée par les Perses. Selon d’autres encore c’est l’anniversaire de l’arrivée à Rome d’un fragment important de la Croix En 1960 elle a été supprimée dans la réforme du pape Jean XXIII (voir Calendrier romain général 1960).

 Invention de la Croix, 13 septembre

L’Église de l’Orient (Église assyrienne de Mésopotamie) célèbre l’Invention de la Croix le 13 septembre. C’est une fête majeure de cette Église. L’Église de l’Orient tient le signe de croix pour un septième sacrement qui scelle tous les autres (il scelle en particulier le mariage, qui ne fait pas partie des sacrements de cette Église). Lors de cette fête, les fidèles se réunissent, chantent et dansent, échangent des vœux et, en certains lieux, sacrifient un mouton.

 Translation d’un morceau de la vivifiante Croix de Malte à Gatchina, 12 octobre

L’Église russe orthodoxe fête le 12 octobre la Translation d’un morceau de la vivifiante Croix de Malte à Gatchina.

Un morceau de la Vraie Croix, ainsi que l’icône de la Vierge de Philerme et la main droite de Jean le Baptiste étaient conservés à Malte par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En 1798, les troupes françaises s’emparèrent de l’île ; le Grand Maître de l’Ordre, Ferdinand von Hompesch zu Bolheim et ses compagnons, furent autorisés par Bonaparte à quitter l’île avec les reliques de l’Ordre non sans préalablement les avoir dépouillées de leurs reliquaires en métal précieux. Les reliques étaient encore en la possession du Grand Maître quand celui-ci s’installa à Trieste, alors autrichienne, le 18 Juin 1798 et aussi deux mois plus tard quand il déménagea à Ljubljana. Von Hompesch abdiqua le 6 juillet 1799. Les chevaliers de l’Ordre élurent Grand Maître le tsar Paul Ier ; celui-ci accepta cette élection et les reliques lui furent présentées le 12 octobre 1799 dans son palais de Gatchina. Elles furent transférées un peu plus tard au Palais d’hiver de Saint-Pétersbourg, dans la chapelle consacrée à l’Icône acheiropoïète du Seigneur. La fête fut établie en 1800

 Invention de la précieuse Croix et des clous précieux par l’impératrice Hélène, 6 mars

Selon le calendrier liturgique de l’Église de l’Orient, ce jour commémore la véritable date de l’Invention de la Précieuse Croix et des Clous précieux par l’impératrice Hélène, le 14 septembre commémorant la consécration de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. C’est une fête mineure qui n’a pas les particularités du 14 septembre

 Recouvrement de la Croix, 7 mai

Selon l’ancien rite gallican (du viie au ixe siècle), la Fête de la Croix était célébrée le 3 mai. Lorsque les rites gallican et romain furent fusionnés au ixe siècle, la date du 14 septembre fut instituée pour célébrer la reconquête de la Croix sur les Perses. La date du 7 mai fut conservée pour commémorer le recouvrement de la Croix par sainte Hélène, et se trouve dans le calendrier romain tridentin de saint Pie V. En 1960, le pape Jean XXIII supprima cette fête, de sorte que le calendrier romain général actuel retint la seule date du 14 septembre. La fête du 7 mai est absente aussi dans le calendrier romain général 1960 incorporé dans les livres liturgiques 1962, dont l’emploi est encore autorisé comme forme extraordinaire du rite romain selon le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.

 Procession de la Croix, 1er août

Les Églises orthodoxes et catholiques de rite byzantin célèbrent le 1er août la Fête et Procession du Vénérable Bois de la Vivifiante Croix de Jésus-Christ. Ce jour marque le début du Jeûne de la Dormition. Les propres de la fête sont combinés avec ceux de la fête des Maccabées dont l’endurance semble appropriée au premier jour du jeûne de la Dormition. Au contraire du 14 septembre, cette fête est mineure ; toutefois, on y procède à l’exposition et à la vénération de la croix comme lors de l’Exaltation de la Sainte-Croix.

L’histoire de la fête commence à Constantinople. La veille, le 31 juillet, la relique de la Croix était extraite du trésor impérial et déposée sur l’autel de la Grande Église (Sainte Sophie). Le 1er août, elle était solennellement déposée au milieu de la Grand Église ; puis elle était quotidiennement déplacée en procession par la ville, à la vénération des fidèles demandant la bénédiction divine et la guérison des malades, jusqu’à la fête de la Dormition de Theotokos le 15 août ; la relique retournait alors dans le trésor impérial.

En souvenir de cette tradition, il y a fréquemment des processions de la Croix. On procède également à la bénédiction de l’eau le 1er août. Cette fête est la première des trois Fêtes du Seigneur du mois d’août : les deux autres sont la Transfiguration de Jésus-Christ le 6 août et la célébration de l’Icône acheiropoïète du Christ le 16 août. À cause de la bénédiction de l’eau, cette fête est parfois appelée Sauveur des eaux. En ce jour on célèbre aussi en certains lieux le rite de Bénédiction du miel nouveau et ce jour y est appelé Sauveur du Miel.

Selon saint Nicolas d’Ochrid, cette fête fut instituée par accord entre les Églises grecque et russe pour commémorer les victoires simultanées de l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène sur les Bulgares et du prince russe André Ier Bogolioubski sur les Sarrasins au xiie siècle

Dans l’Église russe orthodoxe, cette date commémore aussi la Baptême de la Russie le 1er août 988.

 

Fêtes mobiles

En plus des dates fixes, la Croix est célébrée à des dates mobiles, en particulier lors du Grand Carême du temps pascal.

Les Églises d’Orient célèbrent une Vénération de la Croix le troisième dimanche du Grand Carême. Le service de ce jour est adapté de la fête de l’Exaltation de la Croix du 14 septembre : la croix est portée solennellement sur l’autel lors des petites Vêpres et au centre du temple à m’Orthros, toutefois sans le déploiement cérémoniel du 14 septembre

La croix demeure au centre du temple lors de la quatrième semaine du Grand Carême. Les lundi et mercredi de cette semaine, on vénère la croix à l’office de Prime. Le vendredi, la vénération a lieu après l’office de None, après laquelle le prêtre rapporte la croix au sanctuaire19.

Les Églises orthodoxe et catholique romaine, ainsi que certaines Églises anglicanes incluent une Adoration de la Croix lors des offices du vendredi saint.

Mercredis et vendredis

En plus des célébrations décrites ci-dessus, les fidèles orthodoxes commémorent la Croix tous les mercredis et vendredis.

 

Pratiques de vénération de la Croix

Jours de fête

Dans les Églises d’Orient, lors des fêtes décrites ci-dessus, la vénération de la Croix peut avoir lieu à l’Orthros, après l’exposition de la croix, à la fin de la Divine Liturgie ou à la fin des Petites Heures selon la coutume locale.

Les fidèles s’avancent vers la croix, se prosternent deux fois, se signent, baisent les pieds du Christ sur la croix et se prosternent une troisième fois. Fréquemment ils reçoivent ensuite une bénédiction du prêtre et s’inclinent vers les autres fidèles de part et d’autre de l’église (pratique en vigueur surtout dans les monastères).

Fin du service

À la fin de la Divine Liturgie et d’autres offices, il est courant que les fidèles s’avancent et vénèrent la Croix de bénédiction tenue en main par l’évêque ou le prêtre puis baisent la main de celui-ci. Cette pratique est aussi appelée Vénération de la Croix quoiqu’elle ne comporte pas de prostration. La Croix de bénédiction est petite (généralement haute de 25 à 40 cm) ; elle est faite de métal — or ou plaqué or — ; elle est ornée d’émaux et de pierres précieuses et tenue à l’aide d’une étoffe ornée (pratique arménienne). L’image de Jésus (ou soma) est gravée, émaillée ou peinte sur la croix, plutôt que sculptée en relief. Ceci est dû à la préférence des chrétiens orientaux pour les icônes plutôt que pour les statues dans les églises.

CORPS ET SANG DU CHRIST, EUCHARISTIE, FETE DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST, JESUS-CHRIST, Non classé, SACREMENTS, THOMAS D'AQUIN

L’Eucharistie expliquée par saint Thomas d’Aquin

 

Ceci est mon Corps, par saint Thomas d’Aquin

Père Cantalamessa, Ceci est mon Corps
Dans son commentaire sur la première épître aux Corinthiens, saint Thomas d’Aquin nous donne l’interprétation juste des paroles de Jésus à la dernière Cène lorsqu’il a dit à ses disciples en tenant le pain qu’il venait de rompre : « Ceci est mon Corps ». Écoutons-le :

Sur ces paroles, nous avons trois choses à considérer :

A) ce qui est exprimé par ces paroles, à savoir que le corps de Jésus-Christ s’y trouve ;
B) la vérité de cette manière de parler ;
C) si cette forme est convenable pour ce sacrement.

A) Sur le premier de ces points, il faut observer qu’il a été dit par quelques auteurs que le corps de Jésus-Christ ne se trouve point en vérité dans ce sacrement, mais seulement que ce sacrement en est le signe. Ils font dire à ces paroles : « Ceci est mon corps » ceci : c’est le signe et la figure de mon corps ; ainsi qu’il a été dit ci-dessus (X, 4) : Or cette pierre était le Christ, c’est-à-dire la figure du Christ. Mais cette interprétation est hérétique, puisque le Sauveur dit expressément (Jean VI, 56) : « Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. » D’autres auteurs ont dit qu’il y a dans le Sacrement véritablement le corps de Jésus-Christ, mais qu’il y est conjointement avec la substance du pain ; ce qui est impossible, comme il a été dit plus haut. D’autres encore ont prétendu qu’il y a seulement dans le Sacrement le corps de Jésus-Christ, la substance du pain ne demeurant pas, soit parce qu’elle serait anéantie, soit parce qu’elle serait absorbée par la matière qui reste ; mais cela ne peut être, parce que, comme dit saint Augustin (livre des 83 Questions) : Dieu n’est pas l’auteur de ce qui tend à n’être pas. D’ailleurs, cette supposition détruirait encore ceci que la substance du pain est changée au corps de Jésus-Christ. Ainsi, le corps de Jésus-Christ ne commençant pas à être dans le Sacrement par le changement d’une autre substance en la sienne, il faut admettre qu’il commence à s’y trouver par un changement de lieu, ce qui est impossible, comme il a été dit. Il faut donc dire que le corps de Jésus-Christ est dans le Sacrement par le changement du pain en Lui-même. Toutefois il faut remarquer que ce changement diffère de tous ceux qu’on voit dans la nature, car l’action de la nature présuppose la matière, et par conséquent son action ne peut aller au-delà d’un changement partiel quant à la forme substantielle ou accidentelle : aussi tout changement naturel s’appelle-t-il un changement de formeMais Dieu, qui opère le changement dont nous parlons, est l’auteur de la matière et de la forme ; par conséquent, la substance entière du pain, la matière ne subsistant plus, peut être changée en la substance entière du corps de Jésus-Christ. Et parce que la matière est le principe de l’individualisation des êtres, ce tout individuel et déterminé, qui est une substance particulière, est en entier changé en une autre substance particulière : c’est de là que ce changement est appelé substantiel ou transsubstantiation. Il arrive donc dans ce changement le contraire de ce qui a lieu dans les changements naturels : dans ceux-ci le sujet demeure, et la transmutation se fait parfois quant aux accidents ; mais dans l’Eucharistie la substance subit la transmutation, et les accidents demeurent sans sujet, par un effet de la puissance divine, qui, en tant que cause première, les soutient sans cause matérielle. Elle devient substance à cette fin que le corps et le sang de Jésus-Christ puissent être reçus sous deux espèces pour les raisons exposées ci-dessus. Mais parce que, dans un certain ordre, les accidents se rapportent à la substance, les dimensions, pour ce motif, demeurent sans sujet, et les autres accidents demeurent dans les dimensions elles-mêmes qui leur servent de sujet. Si cependant, sous ces dimensions, il ne se trouve aucune autre substance que le corps du Christ, on peut élever une difficulté à l’occasion de la fraction de l’hostie consacrée, attendu que le corps de Jésus-Christ est glorifié, et par conséquent ne saurait être rompu. Il ne pourrait donc se trouver sous cette fraction ; d’ailleurs, on ne peut supposer que quel qu’autre sujet s’y trouve, parce que nulle fiction ne saurait être compatible avec le Sacrement de vérité. Rien donc n’est perçu par les sens dans ce sacrement qui n’y soit en vérité ; car ce qui est en soi sensible, ce sont les qualités, qui demeurent dans ce sacrement telles qu’elles étaient auparavant, ainsi qu’il a été dit. C’est ce qui a fait dire à d’autres auteurs qu’il y a véritablement fraction, mais sans sujet, et qu’ainsi rien n’est rompu dans le Sacrement. Mais cela n’est pas admissible, car, la fraction supposant l’état passif, état inférieur à la qualité, elle ne peut pas plus se trouver dans ce sacrement sans sujet, que la qualitéIl reste donc à dire que la fraction porte sur les dimensions du pain et du vin, qui demeurent là comme sujet, mais qu’elle n’atteint pas le corps de Jésus-Christ, parce qu’il réside sous chaque partie des dimensions après la division. On peut expliquer ainsi ce point : le corps de Jésus-Christ réside dans le sacrement de l’Eucharistie par le changement de la substance du pain en sa propre substance ; or ce changement ne se fait pas à raison des dimensions, puis- qu’elles demeurent, mais seulement à raison de la substance ; donc le corps de Jésus-Christ y est présent, à raison de sa propre substance, et non à raison de ses dimensions, bien que ces dimensions s’y trouvent par voie de conséquence, en tant qu’elles ne sont pas séparées de la substance de Jésus-Christ. Mais, pour ce qui est de la nature de la substance, elle est tout entière sous chaque partie des dimensionsAinsi, de même qu’avant la consécration toute la vérité de la substance et la nature du pain subsistent sous chaque partie des dimensions, ainsi, après la consécration, tout le corps de Jésus-Christ est sous chaque partie du pain divisé. La division de l’hostie consacrée marque : premièrement, la passion de Jésus-Christ, dans laquelle son corps fut brisé par ses blessures, suivant cette parole (Psaume XXI, 17) : « Ils ont percé mes mains et mes pieds » ; deuxièmement, la distribution des dons de Jésus-Christ, qui sortent de lui comme de leur source, suivant ce qui est dit (ci-après, XII, 4) : Il y a diversité de grâces ; troisièmement, les diverses parties de l’Eglise : car parmi ceux qui sont les membres de Jésus-Christ, les uns sont encore en pèlerinage dans ce monde ; les autres vivent déjà dans la gloire avec Jésus-Christ, et quant à l’âme et quant au corps ; d’autres, enfin, attendent à la fin du monde la résurrection dernière : c’est ce que signifie la division de l’hostie en trois parties.

B) Il faut examiner la vérité de ce qui précède, car cette façon de parler (verset 24) : Ceci est mon corps, ne parait pas être vraie. En effet, le changement du pain au corps de Jésus-Christ se fait au moment même où ces paroles sont proférées, car alors se complète la signification de ces termes, la forme des sacrements opérant suivant sa signification ; il s’ensuit donc qu’au commencement de cette phrase, quand on dit que là n’est pas le corps Jésus-Christ, mais la seule substance du pain désignée par ce pronom « ceci » qui est alors démonstratif de la substance, ce pronom « ceci » signifie, dans ces paroles Ceci est mon corps, que la substance du pain est mon corps : ce qui est faux manifestement. Quelques auteurs disent que le prêtre prononce ces paroles matériellement, et en forme de récit, au nom de Jésus-Christ, et par conséquent, ce pronom, en tant qu’il est démonstratif, ne se rapporte pas à. la matière présente : ce serait une manière de parler fausse, qui favoriserait l’objection formulée plus haut. Mais cette explication ne peut se soutenir. D’abord, si cette locution ne s’applique pas à la matière présente, elle ne s’y rapportera en aucune façon : ce qui est faux. En effet, saint Augustin dit (Traité sur Jean, LXXX) : « La parole vient se joindre à l’élément, et le sacrement a lieu. » Il faut donc reconnaître que ces paroles sont prises dans leur sens formel, et qu’il les faut rapporter à la matière présente. Or le prêtre les profère au nom du Christ, de qui elles tiennent leur efficacité, afin de montrer qu’elles ont encore maintenant la vertu qu’elles avaient alors que Jésus-Christ les a prononcées. Car la puissance qui leur a été donnée ne s’évanouit ni par la diversité des temps ni par la différence des ministres. D’ailleurs, la même difficulté reste sur la première fois où Jésus a prononcé ces paroles. Voilà pourquoi d’autres auteurs ont dit que ces mots : Ceci est mon corps, signifient : ce pain désigne mon corps, en sorte que cette expression « Ceci » désigne ce qui est indiqué au commencement de la phrase. Mais cette explication n’est pas non plus admissible, car, les sacrements effectuant réellement ce qu’ils figurent, ces paroles ne peuvent produire que ce qu’elles signifient. De plus, il s’ensuivrait que ces paroles n’opéreraient rien autre chose que de rendre le corps de Jésus-Christ présent comme sous un signe, ce à quoi il a été répondu plus haut. On a dit encore que cette expression : « Ceci » est une démonstration pour l’intelligence, et exprime ce qui sera à la fin de la phrase, à savoir le corps de Jésus-Christ. Mais cette explication ne parait pas non plus convenable, car alors tel serait le sens : Mon corps est mon corps : ce qui ne se réalise pas par ces paroles, attendu que cela était vrai avant les paroles de la consécrationIl faut donc répondre autrement et dire que la forme du sacrement est non seulement significative, mais encore effective, car en signifiant elle opère. Or, dans toute opération active, il est nécessaire de reconnaître quelque chose de commun et comme un principe. Ce qui est commun dans le changement qui nous occupe, ce n’est pas une substance, ce sont les accidents qui subsistaient auparavant et subsistent après : voilà pourquoi, du côté du sujet, dans cette phrase, le nom n’est pas exprimé, parce qu’il marque une espèce de substance déterminée, mais le pronom seulement, qui marque la substance indéterminée et sans désignation spécifique. Le sens est donc : Ceci, à savoir ce qui est contenu sous ces accidents, est mon corps. C’est ce qui s’opère par les paroles de la consécration ; car, avant la consécration, ce qui était contenu sous les accidents n’était pas le corps de Jésus-Christ, mais il devient le corps de Jésus-Christ par la consécration.

C) Il faut examiner la convenance de cette forme du sacrement. Ce sacrement consiste, comme il a été dit, non dans l’usage de la matière, mais dans sa consécration. Or cette consécration ne s’opère pas en ce sens que la matière consacrée reçoit seulement une vertu spirituelle, mais en ce que la transsubstantiation de la matière se réalise, quant à son être, au corps de Jésus-Christ, en sorte qu’il n’a pas été possible de se servir d’aucun autre mot que de l’expression substantive pour dire : Ceci est mon corps. En effet, on marque par là ce qui est la fin, ce qui s’opère au même instant qu’en est donnée la signification.

Saint Thomas d’Aquin, Commentaire de la première épître de saint Paul aux Corinthiens, 1 Corinthiens XI, 23-24 — L’eucharistie

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EGLISE CATHOLIQUE, FETE DU SACRE-COEUR, FETE LITURGIQUE, JESUS-CHRIST, SACRE-COEUR DE JESUS

La fête du Sacré-Coeur

Le Sacré-Coeur

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La Fête du Sacré-Cœur est célébrée le 3e vendredi après la Pentecôte. Elle trouve son origine dans les apparitions du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque, religieuse à Paray-le- Monial. La dévotion au Sacré Cœur  invite à fixer l’attention sur le coeur aimant de Jésus, compatissant et miséricordieux

 

Le culte du Sacré-Cœur

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En 1673, à Paray-le-Monial, une religieuse de l’ordre de la Visitation, Marguerite-Marie Alacoque, voit Jésus et l’entend lui dire : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé. » Ce message sera reconnu par le pape Clément XIII en 1765. C’est le début du culte du Sacré-Cœur. En 1856, le pape Pie IX décide de lui consacrer une fête pour toute l’Église. Les représentations figurées du Sacré-Cœur font alors le tour du monde. En 1899, le pape Léon XIII lui consacre toute l’humanité. C’est le pape Pie XII qui explicitera pour le « monde d’aujourd’hui » la théologie du Sacré-Cœur dans son encyclique Haurietis aquas in gaudio (« Vous puiserez les eaux dans la joie aux sources du Sauveur »). En 1995, Jean-Paul II associe la fête du Sacré-Cœur à une journée de prière pour la sanctification des prêtres. En 2011, lors des Journées mondiales de la jeunesse à Madrid, Benoît XVI consacre la jeunesse du monde entier au Sacré-Cœur de Jésus. Au XVIIe siècle, au cœur des controverses protestantes ou jansénistes, l’Église développa le culte au Sacré-Cœur pour rappeler la primauté de l’amour de Dieu. Aujourd’hui, dans un monde hyper technicisé, la dévotion au Sacré-Cœur permet de reconsidérer les dons de la tendresse, de l’amour, des relations humaines qui donnent un surplus de sens à la vie.

 

Paray-le-Monial cité du sacré cœur

Paray Le Monial, France - September 13, 2016:  Shrine of St.. C

Le sanctuaire de Paray-le-Monial est mondialement connu. Cette petite ville de Bourgogne est devenu en près de 400 ans une grande destination de Pèlerinage au Sacré-Cœur  de Jésus.

Apparition du 27 décembre 1673

 » Mon divin cœur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen et qu’il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre. « 

Grande apparition, de juin 1675

 » Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes « 

Dans une communication plus personnelle, Jésus demande à Marguerite-Marie de l’accompagner chaque jeudi soir, durant une heure, pour participer à son agonie à Gethsémani. Il lui dit : « C’est ici où j’ai le plus souffert qu’en tout le reste de ma Passion (…) ; il n’y a point de créature qui puisse comprendre la grandeur des tourments que je souffris alors ».

Marguerite-Marie n’a pas « inventé » la dévotion au Sacré Cœur. Celle-ci se déploie particulièrement au XVIIe siècle et prépare la mission que Jésus lui confiera.

St Jean Eudes (1601 -1680) missionnaire au cœur de feu, travaille ardemment à la réforme du clergé. Aux prêtres de la congrégation qu’il a fondée, il écrit : » Il nous faut apprendre de notre divin Docteur, qui est Jésus, à être humbles non seulement d’esprit mais de cœur. « Il composera la première messe en l’honneur des coeurs de Jésus et Marie.

 

Lettre de Marguerite-Marie au Père Croiset :

 » La première grâce particulière qu’il me semble avoir reçue pour cela, ce fut un jour de saint Jean l’Évangéliste qu’après m’avoir fait reposer plusieurs heures sur cette sacrée poitrine, je reçus de cet aimable Cœur  des grâces dont le souvenir me met hors de moi-même. Après cela, ce divin Cœur  me fut présenté comme dans un trône de flammes, plus rayonnant qu’un soleil et transparent comme un cristal, avec cette plaie adorable, et il était environné d’une couronne d’épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient, et une croix au-dessus qui signifiait que dès les premiers instants de son Incarnation, c’est-à-dire que dès lors que ce sacré Cœur  fut formé, la Croix y fut plantée, et il fut rempli dès ces premiers instants, de toutes les amertumes que devaient lui causer les humiliations, pauvreté, douleurs et mépris que la sacrée humanité devait souffrir, pendant tout le cours de sa vie et en sa sainte Passion… ».

Un autre témoin du Cœur de Jésus a marqué de sa présence discrète et rayonnante Paray-le-Monial : Claude la Colombière, jésuite, qui fut le confesseur de Marguerite-Marie.

La chapelle de La Colombière se trouve sur la droite en sortant de la Visitation, à 100 m. Elle est confiée à la garde de la communauté des Pères de la Compagnie de Jésus résidant à Paray-le-Monial.

Bâtie en 1930, juste après la béatification de Claude La Colombière, le 16 juin 1929. Son style rappelle les Basiliques de Fourvières (Lyon) et de Montmartre (Paris) par les mosaïques nombreuses et les vitraux.

Au début du XVIIe siècle, Paray-le-Monial compte un nombre important de protestants. Des Pères jésuites résident alors de temps en temps dans la ville à partir de 1618 pour prêcher la foi catholique. Ils s’y établissent définitivement à partir de 1651. Le Père Claude La Colombière fut supérieur de la petite résidence pendant 18 mois, en 1675-1676, et revint à Paray pour y mourir en 1682, à l’âge de 44 ans. Il fut confesseur de Marguerite-Marie, envoyé par Dieu comme son » fidèle serviteur et parfait ami. « 

La grande fresque de l’abside relate la vision de Marguerite-Marie du 2 juillet 1688, deux ans avant sa mort Le Christ siège au sein de flammes qui représentent le feu brûlant de son amour. À droite, Marie a le visage tourné vers Marguerite-Marie. Elle lui confie ce message : les sœurs de la visitation doivent promouvoir la dévotion au Cour de Jésus, mais les jésuites sont chargés d’expliquer théologiquement le mystère du Cœur de Jésus. Cette phrase est transcrite au bas de la fresque. Les anges présentent tous des images du Sacré Cœur, que Jésus a demandé que l’on dessine pour les répandre dans les foyers chrétiens.

Châsse de Sainte Marguerite-Marie : ses ossements sont enveloppés dans une effigie de cire et de coton revêtue de l’habit de l’Ordre au XVIIe siècle. Cette chasse date de sa béatification en 1864. Décédée le 17 octobre 1690, Marguerite-Marie fut canonisée en 1920.

Au-dessus de la châsse, un tableau représente une autre vision de Marguerite-Marie : au moment de communier des mains du Père la Colombière, elle a la vision des trois cœurs : le plus grand est celui du Christ, uni désormais aux deux plus petits que sont ceux de Marguerite-Marie et de Claude.

 

Marguerite-Marie Alacoque

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Née le 22 juillet 1647, Marguerite-Marie Alacoque entre au monastère de la Visitation à Paray-le-Monial en 1671. Le 27 décembre 1673, le Christ lui apparaît. Elle reçoit un premier message : « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen. » Jésus demande à la voyante de « faire connaître aux hommes l’Amour débordant de Dieu… » Un an plus tard, elle voit de nouveau le cœur de Jésus « tout rayonnant de gloire avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils ». En 1675, Jésus lui dit : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris ». Jésus poursuit en demandant que soit rendu un culte public au Sacré-Cœur. Elle meurt à Paray-le-Monial le 17 octobre 1690. Elle est canonisée en 1920.

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CHJRISTIANISME, DIEU, EGLISE CATHOLIQUE, ESPRIT SAINT, JESUS CHRIST, JESUS-CHRIST, SAINT ESPRIT

La sainte Trinité

Qu’est ce que la Trinité ?

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Les chrétiens sont baptisés « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Quand ils commencent leur prière, ils se marquent du signe de la croix sur le front, le cœur et les épaules en invoquant Dieu : Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit : c’est la Trinité.

L’homme n’est pas capable d’imaginer un Dieu unique qui existe en trois personnes. C’est Dieu qui nous a révélé ce mystère de son amour par l’envoi de son Fils et du Saint-Esprit. Jésus nous a révélé que Dieu est « Père », en nous montrant d’une façon unique et originale, que Lui-même n’existe que par son Père. Jésus est un seul Dieu avec le Père. Jésus a promis à ses apôtres – les douze hommes qu’Il a choisis et envoyés – le don de l’Esprit Saint. Il sera avec eux et en eux pour les instruire et les conduire « vers la vérité tout entière » (Jean 16, 13). Ainsi, Jésus nous le fait connaître comme une autre personne divine.

La Trinité est Une : nous ne croyons pas en trois dieux, mais en un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Chacune des trois personnes est Dieu tout entier. Chacune des trois personnes n’existe qu’en union avec les deux autres dans une parfaite relation d’amour. Ainsi toute l’œuvre de Dieu est l’œuvre commune des trois personnes et toute notre vie de chrétiens est une communion avec chacune des trois personnes.

Source : Petit guide de la foi, Mgr Vingt-Trois, éd. le Sénevé.

 

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Qui est la Trinité ?

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S’il y a quelque chose de difficile à comprendre dans la foi chrétienne, c’est bien le mystère d’un seul Dieu en trois personnes..

Croire en un Dieu unique, et aussi relations en lui-même au point d’être trois, c’est tout de même un étrange mystère. Et ce d’autant plus que le mot n’apparaît pas dans le vocabulaire biblique. On raconte que saint Augustin, auteur d’un magnifique Traité sur la Trinité, vit un jour un ange qui essayait de mettre toute l’eau de la mer dans un seul petit coquillage. Lorsque l’évêque d’Hippone lui faisait remarquer la difficulté de son entreprise, l’ange lui répondit que cela lui serait plus facile que de vouloir épuiser, avec ses seules ressources de la raison humaine, le mystère de la Trinité. Pourtant, la Bible n’est pas muette à ce propos.

Au tout début du livre de la Genèse, Abraham reçoit la visite du seigneur sous la forme de trois mystérieux personnages. Le texte de la Bible alterne singulier et pluriel au point que l’hospitalité d’Abraham devint, pour les chrétiens, le symbole par excellence et la préfiguration de la Trinité. Les évangiles eux aussi connaissent les trois termes : le Père, le Fils et l’Esprit, pour désigner Dieu. Les textes les plus clairs à cet égard sont ceux de l’annonciation, du baptême de Jésus et, à la fin de l’Évangile de Matthieu, de l’envoi en mission.

Divinité une et trine

Mais il faudra plus de trois siècles pour que le mot Trinité apparaisse, sous la plume d’Athanase d’Alexandrie. Le terme, formé à partir du grec « trias », décrit cette réalité étonnante d’une divinité une et trine proposée à la foi des chrétiens. S’agirait-il d’une invention tardive, quelque peu éloignée du message originel de Jésus? N’a-t-on pas « brodé » sur Dieu?  Pour se convaincre du contraire, il faut revenir à l’histoire des premiers chrétiens. Juifs avant tout, ils partagent le monothéisme ombrageux d’Israël face à l’idolâtrie régnante. Ils ont donc assez logiquement du mal à rendre compte, par des concepts, de l’expérience vécue avec Jésus.

Sa résurrection est le meilleur gage de sa divinité, mais il ne nie pas l’existence d’un Créateur et Père, au contraire. Ainsi Jésus est vraiment Fils de Dieu et il envoie aux apôtres un Défenseur (Paraclet), l’Esprit, qui leur met, au cœur et sur les lèves, les paroles de vérité et de vie. Mais il existe une autre source de la foi : la liturgie. Le baptême n’est-il pas donné, selon Matthieu, « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit? ». Ne commençons-nous pas nos prières par un signe de croix qui est fait « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit? ».

La liturgie eucharistique est d’une  grande richesse à cet égard. Les textes des prières qui la composent proclament un mouvement interne à Dieu. Il est don, dans la Création, l’Incarnation et l’action permanente et renouvelée de l’Esprit. Il est amour, et l’amour est tout sauf immobile. Il est vie, et il n’existe pas de vie sans engendrement. Il est impossible au chrétien de se fixer sur une personne de la Trinité, car chacune d’elle réoriente le regard vers une des deux autres. Le croyant est alors en quelque sorte intégré à ce mouvement de vie et d’amour. Ce mouvement perpétuel d’une personne à l’autre de la Trinité montre aussi la divinité du Fils et celle de l’Esprit, ainsi que leur unité au Père.

L’amour absolu

Ni l’un ni l’autre ne sont des intermédiaires entre un Dieu solitaire et ses créatures. Pour contempler l’unité de la Trinité, la voie la plus accessible est de considérer l’amour dans sa forme d’absolue gratuité que nous appelons charité ou agapè. Cet amour désintéressé tend vers l’unité comme tout amour, dans une distance respectueuse de chacun. Lorsque l’amour est divin et donc parfait, il génère ce paradoxe inouï qu’est une unité plurielle. Pour avancer dans la saisie de ce mystère, deux voies s’offrent à nous, celle, simple et sûre, de la liturgie et celle, plus âpre mais indispensable, de l’amour réciproque.

 Le mystère de la Trinité

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C’est en faisant la volonté d’Amour du Père, en conformité avec la vie de Jésus Christ, que nous avons accès au Mystère de Dieu.

Le Père se donne totalement en engendrant son Fils : il ne garde rien qui ne serait une possession personnelle d’où naîtrait une supériorité sur son Fils. Ainsi, le Fils est engendré.

Par contre, le Fils, en se retournant vers son Père, ne garde rien qu’il ne rende à ce Père. Sa filiation est parfaite comme la paternité est totale. Ainsi l’échange d’amour est-il parfait, puisque le Père et le Fils son un : le Père est Père dans les profondeurs du Fils, le Fils est Fils dans les profondeurs du Père ; et cette relation mutuelle est l’Amour des deux, on l’appelle l’Esprit.

Cet Amour, cet Esprit ne peut être autre chose qu’eux-mêmes : si ce lien qui les unit n’était pas une personne, il y aurait en Dieu autre chose que Dieu ! Nous avons du mal à nous représenter ce que peut être cet amour substantiel du Père et du Fils, réalisé par le Don total qu’ils se font d’eux-mêmes. Le Christ nous fait pressentir cependant très clairement ce qu’il est. Cet Esprit sait tout ce que le Père et le Fils savent ; il viendra tout expliquer et tout vivifier de l’intérieur.

L’Esprit Saint au cœur de la Trinité

Il est l’Esprit, celui qui surgit de l’intime et pénètre l’intime ; et il a, par ailleurs, la liberté du vent. C’est pourquoi on l’appelle le Souffle. Il est le Souffle et le Soupir du Père au Fils, et réciproquement.

Il est Cœur de leur relation… Il est la perfection du Don, il est l’Amour. En lui, finalement, nous est révélée l’essence même de Dieu, qui est d’être Amour… Une fois arrivé à ce point, il semble inutile de cherche à expliquer la profondeur de Dieu. L’amour met en silence. Tout le reste est affaire d’intelligence spirituelle !

Mystère finalement très simple, car nous le connaissons en y pénétrant avec le Christ. Dès l’instant où nous croyons en lui, le Christ nous introduit dans l’univers de Dieu… C’est en faisant la volonté du Père, en conformité avec la vie du Fils, que nous avons accès au Mystère de Dieu.