EGLISE CATHOLIQUE, HOMELIES, JESUS-CHRIST, PÂQUES, PRIERE, RESURRECTION

Jour de la résurrection : homélies et prières

Jour de la résurrection, jour de notre joie

christ-resuscité-320x205

Voici  le jour que le Seigneur a fait ; passons-le dans la joie et dans l’allégresse ! » (Ps 117,24) Pourquoi ? Parce que le soleil n’est plus obscurci, mais tout s’illumine ; le voile du Temple n’est plus déchiré, mais l’Église est révélée ; nous ne tenons plus des rameaux de palmier, mais nous entourons les nouveaux baptisés. « Voici le jour que le Seigneur a fait »… Voici le jour au sens propre, le jour triomphal, le jour consacré à fêter la résurrection, le jour où l’on se pare de grâce, le jour où l’on partage l’Agneau spirituel, le jour où l’on abreuve de lait ceux qui viennent de naître, le jour où se réalise le plan de la Providence en faveur des pauvres. « Passons ce jour dans la joie et dans l’allégresse »… Voici le jour où Adam a été libéré, où Ève a été délivrée de sa peine, où la mort sauvage a frémi, où la puissance des pierres a été brisée, où les verrous des tombeaux ont été arrachés…, où les lois immuables des puissances des enfers ont été abrogées, où les cieux se sont ouverts quand le Christ, notre Maître, est ressuscité. Voici le jour où, pour le bien des hommes, la plante verdoyante et fertile de la résurrection a multiplié ses rejetons dans tout l’univers comme dans un jardin, où les lys des nouveaux baptisés se sont épanouis…, où la foule des croyants se réjouissent, où les couronnes des martyrs reverdissent. « Voici le jour que le Seigneur a fait ; passons-le dans la joie et dans l’allégresse.

Homélie attribuée à saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

(trad. SC 187, p. 321 rev. Brésard)

 

la-résurrection-de-jésus-1-320x213

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Extrait

descente-enfer1

« Que la mort ait été détruite, que la croix soit la victoire sur elle, en voici un témoignage évident : tous les disciples du Christ méprisent la mort ; par le signe de la croix et la foi au Christ, ils foulent la mort aux pieds. Avant la venue du Sauveur, la mort était cause d’effroi pour les vivants eux-mêmes ; tous pleuraient ceux qui allaient mourir comme s’ils étaient voués à la corruption. Depuis que le Sauveur a ressuscité son corps, la mort n’est plus cause d’effroi ; ceux qui sont au Christ préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi ; ils savent qu’en mourant, ils ne périssent pas car, par la Résurrection du Christ, ils deviennent comme lui incorruptibles. Ils se font les témoins de la victoire qui a été remportée sur la mort par le Sauveur, dans la Résurrection. Ils répètent ce qui a été écrit autrefois par l’Apôtre : « Mort, où est ta victoire ? Enfer, où est ton aiguillon ? » »

Saint Athanase, IVe siècle, Sur l’Incarnation du Verbe, SC 199.

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 La Prière du Père Charles Singer:
« On a essayé par la violence, Il a continué avec l’amour. On a essayé par les crachats, il a continué dans le silence. On a essayé par le mensonge, il a continué dans la transparence. On a essayé par les coups, on a essayé par les pièges, il a continué. On a essayé par l’envie d’abandonner qui s’empare de chacun lorsque vient la panique devant l’inutilité de toute action, il a continué dans la confiance en la volonté du Père. On a essayé par le ridicule, il a continué dans la dignité, avec le manteau rouge sur l’épaule, comme les fous. On a essayé par les clous, il a continué avec le pardon. On a essayé par la solitude de l’extrême angoisse des condamnés, il a continué en se remettant entre les mains du Père. Alors, on a essayé par la mort, car la mort, c’est connu, est la solution finale ; personne ne peut aller au-delà, car la mort, c’est connu, est l’ultime puissance, l’obstacle dernier sur lequel chacun trébuche, même le plus grand, même le plus saint, même le Fils, fût-il le Bien-Aimé de Dieu. Mais il a continué ! Animé par l’Amour du Père, il est entré dans la mort comme on entre dans un obstacle qui verrouille le passage ! Il a été brisé, éclaté, son corps et son esprit ont été déchirés. Mais il a continué et il est passé : le Père l’a maintenu debout ! C’est fait à jamais, la mort est définitivement entamée et l’entaille ira s’agrandissant, car désormais la mort a perdu son pouvoir. Pour l’éternité, le passage est dégagé : c’est Pâques pour toujours. Ainsi soit-il. »

CB-LHVdW4AA68tm

CHARLES CHETELANAT (1833-1907), ET VOUS, CIEUX, RECEVEZ UN SAUVEUR BIEN-AIME, JESUS-CHRIST, PASSION DE JESUS, PRIERES, VENDREDI SAINT

Les sept paroles du Christ en croix

 « Et vous, cieux, recevez un Sauveur bien-aimé »

web3-crucifixion-of-christ-public-domain1

Les Sept Paroles de la Croix 

Pour renaître, la fleur dont la tige est brisée
Recueille avidement la céleste rosée ;
Ainsi la voix de Dieu vient ranimer ma foi.
Comme au bord du Cédron la brise est embaumée !
Elle apporte à mon cœur cette voix tant aimée,
Les adieux de mon Frère et les pleurs de mon Roi.

 

Mère, voilà ton fils ! mon fils, voilà ta mère !
Ainsi Jésus encore à son heure dernière,
Pour le disciple aimé garde un penser d’amour.
Aux jours de la détresse, il nous reste fidèle,
Il est le bon Berger ; ceux que sa voix appelle,
C’est pour les introduire au céleste séjour.

Voyez, voyez plutôt ! la foule qui l’outrage
Des brigands, sur la croix, semble doubler la rage ;
Mais la grâce soudain vient de toucher un cœur !
Aujourd’hui… dit Jésus, tu seras dans ma gloire.
De ce mot, ô pécheurs ! retenons la mémoire :
Pour tous les repentirs c’est le mot du Sauveur !

Père pardonne-leur ! leur crime est l’ignorance ;
Et des cruels bourreaux oubliant la vengeance,
Pour eux, l’humble prière est montée au saint lieu.
A tes pieds, ô Jésus ! nous déposons nos haines,
Et de nos ennemis les colères sont vaines :
Notre amour leur a dit l’amour de notre Dieu.

J’ai soif ! Et des soldats la cruelle ironie
De vinaigre tendait une éponge remplie,
Mais où la haine encore avait mêlé son fiel…
De l’épreuve en buvant la coupe salutaire,
J’aime à penser toujours, ô Jésus, ô mon frère :
L’absinthe fut pour toi, tu m’as laissé le miel.

Puis ce cri, de terreur soudain glace la terre,
Et mon âme n’en peut sonder tout le mystère :
O mon Père, ô mon Dieu ! tu m’as abandonné.
Quand le Seigneur aussi m’éprouve et me délaisse,
J’aime à me répéter, à l’heure de détresse,
O Jésus ! qu’avant moi ton cœur l’avait poussé.

Mais l’œuvre du Rocher devait être parfaite ;
L’Amour crucifié vient de baisser la tête :
O Père ! je remets mon âme dans ta main.
De son front enlevez la sanglante couronne,
Anges ! car désormais la croix se change en trône,
Mais en restant pour nous du ciel le seul chemin.

Oui, tout est accompli ! l’innocente victime
Avait fondé l’Eglise, à cette heure sublime…
Au monde repentant le salut est donné,
Eden vient de s’ouvrir à la race déchue,
Satan perd son pouvoir et la mort est vaincue,
Et vous, cieux, recevez un Sauveur bien-aimé !

Charles Chatelanat (1833-1907)

 

EVANGILE SELON SAINT JEAN, JESUS-CHRIST, NOCES DE CANA

Les noces de Cana

Noces de Cana Méditation sur évangile 

traduction donnée par sœur Jeanne d’Arc, o.p (1911-1993), dominicaine : http://2beaujeu.free.fr/Cana.htm

giotto+-+ambrogio+bondone+-+scrovegni+-+[24]+-+marriage+at+cana+

Giotto di Bondone, Les noces de Cana, fresque dans la chapelle de l’Arena, 1304-1306

Sœur Jeanne d’Arc- Traduction de l’évangile selon saint Jean, chapitre 2 :

1 Le troisième jour, il y a une noce à Cana en Galilée et la mère de Jésus est là. 2 Jésus aussi est invité, et ses disciples, à la noce. 3 Comme le vin manque, la mère de Jésus lui dit « Ils n’ont plus de vin » 4 Jésus lui répond : 3 « Qu’est-ce de moi à toi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue». 5 Sa mère dit aux serviteurs : « Quoi qu’il vous dise, faites ! »  6 Il y avait là des jarres de pierre, six, posées pour la purification des Juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. 7 Jésus leur dit : « Remplissez les jarres d’eau ».  Et ils les remplissent jusqu’en haut. 8 Il leur dit : « Puisez maintenant et portez au maître du festin » Ils portent. 9 Le maître du festin goûte l’eau devenue vin. Il ne sait d’où cela vient, mais les serviteurs le savent, eux qui ont puisé l’eau. 10 Le maître du festin appelle l’époux et lui dit »  « Tout homme d’abord sert le bon vin et, quand ils sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent ! » 11 Tel est le commencement des signes que fait Jésus à Cana en Galilée, et il manifeste sa gloire, et ses disciples croient en lui.

Sœur Jeanne d’Arc- Traduction de l’évangile selon saint Jean, chapitre 1, verset :

26 Jean leur répond en disant : « Moi, je baptise en eau. Au milieu de vous se tient qui vous ne connaissez pas ».: 27 « Il vient derrière moi, lui, dont je ne suis pas digne de délier son cordon de chaussure ». 28 Cela arrive à Béthanie au-delà du Jourdain, où Jean baptisait.

Le geste de délier la courroie de la sandale n’est pas d’abord un geste d’humilité. C’est un geste d’alliance. Par exemple :  » C’était autrefois la coutume en Israël, en cas de rachat et d’héritage, pour valider toute affaire : l’un ôtait sa sandale et la donnait à l’autre. Telle était en Israël la manière de témoigner. Celui qui avait droit de rachat -sur Ruth, en vertu de la priorité parentale, prévue par la loi du lévirat- dit donc à Booz : « Fais l’acquisition pour toi-même », et il retira sa sandale » (Ruth 4, 7-8). (web des Jésuites)

Ruth 4. 7 Autrefois en Israël, quand des gens achetaient des biens ou échangeaient un droit de propriété, l’une des personnes ôtait sa sandale et la donnait à l’autre pour conclure le marché. Ce geste prouvait que l’affaire était réglée.8 C’est pourquoi, au moment où l’homme disait à Booz d’acheter le champ, il ôta sa sandale et la lui donna . 10 Booz :  » … En même temps, je prends pour femme Ruth la Moabite, la veuve de Malon. De cette façon, la propriété restera dans la famille du mort et il aura des descendants pour perpétuer son nom parmi ses concitoyens et dans les affaires de sa localité. Vous en êtes également témoins.  » 11 Les anciens et tous ceux qui étaient présents répondirent :  » Oui, nous en sommes témoins. Que le Seigneur bénisse la femme qui entre dans ta maison ; qu’elle soit semblable à Rachel et à Léa qui ont donné naissance au peuple d’Israël ! Que ta richesse soit grande dans le clan d’Éfrata et ton nom célèbre dans tout Bethléem ! 12 Que le Seigneur t’accorde de nombreux enfants par cette jeune femme et qu’ainsi ta famille soit semblable à celle de Pérès , le fils de Juda et de Tamar ! « 

Homélie de saint Grégoire :  » Il était de coutume chez les anciens que si quelqu’un refusait d’épouser une jeune fille qui lui était promise, il dénouât la sandale de celui à qui il revenait d’être son époux par droit de parenté. Or le Christ ne s’est-il pas manifesté parmi les hommes comme l’Epoux de la sainte Eglise? Et n’est-ce pas de lui que Jean affirme : « Celui qui a l’épouse est l’époux. » (Jn 3, 29). Mais parce que les hommes ont pensé que Jean était le Christ – ce que Jean lui-même nie – il se déclare avec raison indigne de dénouer la courroie de sa chaussure. C’est comme s’il disait clairement : « Je ne peux pas mettre à nu les pieds de notre Rédempteur, puisque je ne m’arroge pas à tort le nom d’époux. » »

Mariage, dans la bible :

Jg 14 2 A son retour, il en parla à ses parents :  » A Timna, leur dit-il, j’ai remarqué une jeune fille philistine et je désire que vous la demandiez en mariage pour moi.  » Jg 14 3 Ses parents lui répliquèrent :  » Ne trouves-tu pas de jeune fille dans ton clan ou dans notre peuple, pour que tu ailles en choisir une chez ces Philistins incirconcis ?  » Mais Samson dit à son père :  » C’est celle-là qui me plaît, demande-la en mariage pour moi.  » Jg 14 10 Le père de Samson se rendit chez la jeune fille ; Samson y offrit un festin de mariage comme les jeunes gens ont l’habitude de le faire.

Est 2 18 Ensuite il organisa un festin d’une semaine, il y invita tous ses amis et tous les personnages haut placés, et célébra son mariage avec Esther. A cette occasion il accorda une dispense d’impôt aux sujets de son empire.

Ct 3 11  » Ah, filles de la capitale, venez donc voir le roi Salomon ! Il porte la couronne de mariage que lui a remise sa mère en ce jour où il est tout à la joie. « 

Os 2 21 Israël, c’est pour toujours que je t’obtiendrai en mariage. Pour t’obtenir je paierai le prix : la loyauté et la justice, l’amour et la tendresse.

Es 62 5 Oui, comme un jeune homme épouse une jeune fille, ainsi Celui qui te rebâtit sera un mari pour toi. De même aussi qu’une fiancée fait la joie de son fiancé, tu feras la joie de ton Dieu.

Mt 22 2  » Voici à quoi ressemble le Royaume des cieux : Un roi organisa un repas pour le mariage de son fils.

Lc 12 36 Soyez comme des serviteurs qui attendent leur maître au moment où il va revenir d’un mariage, afin de lui ouvrir la porte dès qu’il arrivera et frappera.

Lc 14 8  » Lorsque quelqu’un t’invite à un repas de mariage, ne va pas t’asseoir à la meilleure place. Il se pourrait en effet que quelqu’un de plus important que toi ait été invité.

2Co 11 2 Je suis jaloux à votre sujet, d’une jalousie qui vient de Dieu : je vous ai promis en mariage à un seul époux, le Christ, et je désire vous présenter à lui comme une vierge pure.

 

Époux, épouse, épousailles, dans la bible :

Ex 4 25 Aussitôt Séfora prit un caillou tranchant, coupa le prépuce de son fils et en toucha le sexe de Moïse, en lui disant : « Ainsi tu es pour moi un époux de sang. »

Ex 4 26 Alors le Seigneur s’éloigna de Moïse. Séfora avait dit « époux de sang » à cause de la circoncision.

Es 54 5 Car tu vas avoir pour époux celui qui t’a créée, celui qui a pour nom « Le Seigneur de l’univers ». C’est l’unique vrai Dieu, le Dieu d’Israël qui te libère, celui-là même qu’on nomme « Le Dieu de toute la terre ».

Es 62 4 On ne t’appellera plus « la ville abandonnée », on ne nommera plus ton pays « la terre dévastée ». On t’appellera au contraire « Plaisir du Seigneur », et l’on nommera ta terre « la bien mariée ». Car tu seras vraiment le plaisir du Seigneur, et ta terre aura un époux.

Ap 19 7 Réjouissons-nous et soyons heureux, rendons-lui gloire ! Car le moment des noces de l’Agneau est arrivé, et son épouse s’est préparée.

Ap 21 2 Et je vis la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel, envoyée par Dieu, prête comme une épouse qui s’est faite belle pour aller à la rencontre de son mari.

Ap 21 9 L’un des sept anges qui tenaient les sept coupes pleines des sept derniers fléaux vint me dire :  » Viens et je te montrerai la mariée, l’épouse de l’Agneau. « 

 

Sœur Jeanne d’Arc, traduction de l’évangile de saint Marc, chapitre 2, verset :

18 Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient.

Ils viennent et lui disent :

 » Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnent.

Et tes disciples ne jeûnent pas ! Pourquoi ? « 

19 Jésus leur dit :  » Les compagnons d’épousailles peuvent-ils,

pendant que l’Époux est avec eux, jeûner ?

Tout le temps qu’ils ont l’époux avec eux, ils ne peuvent jeûner.

20 Mais viendront des jours où leur sera enlevé l’époux.

Alors ils jeûneront en ce jour-là.

21 Nul ne coud un ajout d’étoffe non foulée à un vêtement vieux :

sinon la pièce tire sur lui, le neuf sur le vieux, et la déchirure devient pire…

22 Nul ne met vin nouveau en outres vieilles.

Sinon, le vin crèvera les outres.

Et le vin se perd, les outres aussi.

Mais :  » vin nouveau en outres neuves. « 

23 Or, le sabbat, il passe à travers les emblavures.

Ses disciples commencent, chemin faisant, à cueillir les épis.

24 Et les pharisiens lui disent :  » Vois : pourquoi font-ils, le sabbat, ce qui n’est pas permis ?. « 

25 Il leur dit :  » vous n’avez jamais lu ce qu’a fait David ? Il était dans le besoin, il avait faim, lui et les autres avec lui ;

26 comment il est entré dans la maison de Dieu au temps d’Abiathar le grand prêtre, il a mangé les pains de la Face qu’il n’est permis de manger qu’aux prêtres. Il en a même donné à ceux qui étaient avec lui. « 

27 Il leur dit :  » Le sabbat est pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat.

28 Ainsi est Seigneur le Fils de l’homme, même du sabbat. « 

Sœur Jeanne d’Arc, traduction de l’évangile de saint Jean, chapitre 2, verset :

11 Tel est le commencement des signes que fait Jésus, à Cana en Galilée,
et il manifeste sa gloire,
et ses disciples croient en lui.

Notes / Cana :

01 Le troisième jour : Sœur Jeanne d’Arc : Une tradition populaire dans le judaïsme voulait que les noces aient lieu de préférence le troisième jour, par ce que ce jour-là Dieu avait dit deux fois que  » cela était bon  » : une pour le mari, une pour la femme …

Mazal tov, « bonne chance ». (Mazal = bonne fortune) Les Juifs, quant à eux, justifiaient ce choix en soulignant le fait que dans le récit de la Création, l’œuvre du troisième jour se voit qualifiée à deux reprises par l’expression ki tov, « c’était bien ».

En Alsace, le mardi demeura ainsi le jour faste, aussi bien pour les mariages que pour l’ouverture d’un nouveau magasin, jusqu’au début du 20ème siècle. Le site du Judaïsme d’Alsace et de Lorraine © A . S . I . J . A .

Une noce : Sœur Jeanne d’Arc : Les prophètes avaient annoncé :  » ton époux sera ton créateur « , Is 54, 5. L’alliance avait déjà commencé à réaliser ces noces de Dieu avec son peuple. Mais c’est avec Jésus dans le mystère de l’Incarnation que se réalisent pleinement les épousailles de Dieu avec l’homme. Et le Christ apporte le vin le meilleur pour la fête messianique définitive.

Is 54, 05 Ton époux, c’est ton Créateur,  » Seigneur de l’univers  » est son nom. Ton Rédempteur, c’est le Dieu Saint d’Israël, il se nomme  » Dieu de toute la terre « .

Cana : Sœur Jeanne d’Arc- Un village quelque part entre Nazareth, Capharnaüm et Tibériade. Plusieurs localisations possibles.

Marie-Nicole Boiteau :  » acquérir  » en hébreu phonétique.  » craignent  » Sagesse.

Sœur Jeanne d’Arc-  » Qu’est-ce de moi à toi ?  » :  » Qu’est-ce qui se passe entre moi et toi ? « 

Jésus a reconnu dans l’initiative de Marie le signe que sa mission doit commencer.

-femme : le mot a ici une note de sacralité et de respect. Jésus l’emploie peut-être par allusion à la Genèse : comme la femme a incité l’homme au péché, c’est la femme qui incite le nouvel Adam à commencer l’œuvre de salut. A partir de ce tournant décisif Jésus prend une distance vis-à-vis de sa mère charnelle, et elle deviendra la mère de l’humanité (19,27) et bientôt couronnée d’étoiles (Ap 12, 1). Jean 19, 27 Puis il dit au disciple :  » Voici ta mère.  » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Ap 12, 01 Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.

Il est intéressant de noter que Jésus se rend à Cana le troisième jour après la promesse faite à Nathanaël, (ce Juif à qui on ne la fait pas :  » de Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? « ). Jésus lui avait dit qu’il verrait de grandes choses. Quand on parle de troisième jour dans la Bible, comme par exemple lors de l’Alliance sinaïtique, ou mieux lors de la résurrection de Jésus, on évoque l’ouverture d’une ère nouvelle, le commencement des temps derniers et définitifs, le début de la manifestation de la gloire de Dieu. De même qu’au Sinaï, Dieu manifesta sa gloire en donnant la Loi le troisième jour, de même, à Cana, le troisième jour, Jésus manifeste sa gloire en donnant un vin meilleur, symbole de la Bonne Nouvelle.

J’observe que ce vin provient de l’eau qui servait à la purification des Juifs. L’eau devenue vin, c’est la purification qui n’est plus liée à l’observance de la Loi mosaïque mais à l’Evangile du Christ, à sa Parole dont le vin est l’image. Un message d’une telle nouveauté, que Jésus dira un jour :  » A vin nouveau, outres neuves « . Avec quelle profusion donne-t-il ce vin ! La grâce est surabondante. La joie et le bonheur en Dieu sont au-delà de toute mesure. Dieu comble absolument. Le premier vin servi par l’époux venant à manquer, – par eux-mêmes, les hommes sont incapables de parvenir au bonheur en plénitude -, c’est le véritable Epoux qu’est Jésus, qui offre le vin nouveau et qui l’offre avec surabondance comme don ultime. On ne peut lire l’évangile qu’à la lumière de ce troisième jour, celui de la Résurrection de Jésus, qui ouvre l’accès au Royaume où le Seigneur boira avec nous le vin nouveau de la joie éternelle.
Monseigneur Philippe Brizard, Protonotaire apostolique, Directeur général de l’Œuvre d’Orient, au mariage du prince Jean d’Orléans, duc de Vendôme, et de Mademoiselle Philomena de Tornos en la Cathédrale de Senlis le 2 mai 2009.

Sœur Jeanne d’Arc, note sur le verset 6 : « deux ou trois mesures » : au total quelques 600 litres ! Quantité considérable, la fête messianique doit durer jusqu’à la fin des temps.

Bossuet (Oeuvres choisies, histoire des variations): …car on peut bien dire avec l’Eglise que le pain devient le Corps, au même sens que saint Jean a dit, que l’eau fut faite vin aux noces de Cana en Galilée, c’est-à-dire par changement de l’un en l’autre : on peut dire pareillement, que ce qui est pain en apparence, est en effet le Corps de Notre-Seigneur

Sœur Jeanne d’Arc a fait partie du comité de révision de la Bible de Jérusalem, elle est à l’origine d’une Concordance du Nouveau Testament et a donné une traduction des Évangiles.

Paul VI à soeur Jeanne d’Arc en 1975 : » Votre Concordance : c’est mon livre de chevet « .
La traduction des Evangiles est couronnée par l’Académie française.

Autres ouvrages remarquables et faciles d’accès :

« Un coeur qui écoute » (DDB),
« Chemins à travers la bible » (DDB).
Et aussi : « Les évangiles les quatre » (DDB).

Et pour mieux nous faire connaître Sœur Jeanne d’Arc, sa soeur Monique de Causans a publié : « Sœur Jeanne d’Arc, ma soeur », dont nous citons page 369 :  »

Les hommes de paix.

Heureux les pacifiants. Heureux ceux qui donnent la paix. Heureux les hommes d’où émane la paix.

Heureux qui comme Noé au sortir du déluge a su étendre la main pour que vienne s’y poser la colombe au rameau d’olivier.

Heureux qui comme Jésus au jour de son baptème a accueilli la colombe venant vers lui, sur un souffle de paix.

Heureux les foyers de paix et d’amour, ils recréent un peu de paradis perdu où l’humanité blessée retrouve le goût de la paix oubliée.

Heureux les hommes d’accueil et de pardon, de courage et de justice, de force et de douceur par qui la paix advient au monde. »

Les noces de Cana, Michele Damaskinos, Venise, Sagrestia della Chiesa della Salute

1457

Venez du fond des temps, paroles et musique originales : Robert .J. Stamps – Adaptation française A. Bandelier. Carnet de chants : « Il est vivant ! » page 202

Venez du fond des temps, du bout du monde,
Cœurs transpercés par la soif et la faim,
Ouvrez la porte de la joie profonde :

Dieu a mis son corps entre nos mains. (bis)

Ce soir de l’eau se change en vin de noce,
Sur la montagne on multiplie le pain,
La vigne en fleur nous donne un fruit précoce :

Dieu a mis son corps entre nos mains. (bis)

Parole accomplissant les Ecritures,
Mots d’un amour qui n’aura pas de fin,
Le verbe se fait chair et nourriture :

Dieu a mis son corps entre nos mains. (bis)

Marie nous donne Dieu comme une enfance,
La multitude est le fruit de son sein,
Voici l’Epouse et la nouvelle alliance :

Dieu a mis son corps entre nos mains. (bis)

Mais, diras-tu, à quoi bon le répandre dans les épines, sur la pierre ou sur le chemin ? S’il s’agissait d’une semence et d’une terre materielles, cela n’aurait pas de sens ; mais lorsqu’il s’agit des âmes et de la Parole, la chose est tout à fait digne d’éloges. On reprocherait avec raison à un cultivateur d’agir ainsi ; la pierre ne peut pas devenir de la terre, le chemin ne peut pas ne pas être un chemin et les épines ne pas être des épines. Mais dans le domaine spirituel il n’en va pas de même : la pierre peut devenir une terre fertile, le chemin ne plus être foulé par les passants et devenir un champ fécond, les épines peuvent être arrachées et permettre au grain de fructifier librement. Si cela n’était pas possible, le semeur n’aurait pas répandu son grain comme il l’a fait.
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Eglise Homélies sur saint Matthieu, n°44 ; PG 57, 467 (trad. Orval)

Source : pour la méditation du jour à EAQ « l’évangile au quotidien » et à la revue Magnificat.

 

ADORATION DES MAGES, EPIPHANIE, EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, JESUS-CHRIST, NOEL, ROIS MAGES

Histoire de l’Adoration des Mages

Histoire de l’Adoration des Rois Mages

 Ces mosaïques sont situées dans l’église Santa Maria in Trastevere à Rome. Pour en savoir plus sur Rome et l’église Sainte Marie du Trastevere.

La basilique Santa Maria in Trastevere fut reconstruite et agrandie (entre 1140 et 1143) sous le pontificat d’Innocent III sur les fondations de la première église érigée par le pape Calixte Ier(217 – 222). Le chœur de la basilique est décoré de mosaïques commencées au XIIème siècle. Sous le couronnement de la Vierge les mosaïques de la vie de Marie sont de Pietro Cavallini.

santa-maria-in-trastevere3
Adoration des Mages :

L’adoration des Mages ne se trouve que dans l’Evangile de Saint Matthieu traitant de l’enfance de Jésus. Des Mages, venus d’Orient, prévenus par l’apparition d’une étoile de la naissance du Roi des Juifs, se rendirent à Jérusalem pour interroger Hérode le Grand, Roi de Judée, sur le lieu de naissance du Messie. Ce dernier ayant consulté les prêtres et les scribes les envoya à Béthléem, ville indiquée par le prophète Michée comme lieu de naissance du Messie. Hérode leur demanda de se renseigner sur l’Enfant puis de revenir à Jérusalem pour que lui-même puisse aller lui rendre hommage.

adoration-mages

Arrivés à Béthléem, guidés par l’Etoile qui était réapparue, les Mages entrèrent dans la maison et se prosternèrent devant le Messie, lui offrant l’or, l’encens et la myrrhe, tous trois présents royaux. Avertis par un Ange de ne pas retourner à Jérusalem, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. Ils causèrent ainsi, malgré eux, le massacre de tous les enfants de Béthléem de 2 ans et moins (voir le Massacre des Saints Innocents).

Le texte de Saint Matthieu ne parle que de Mages, c’est-à-dire de Sages, et non de Rois. Cette assimilation apparaît au IIIème siècle avec Tertullien, Père de l’Eglise, et Origène au VIème siècle, autre Père de l’Eglise en fixera le nombre à 3. Au Xème siècle chaque Roi Mage fut identifié : Melchior, roi de Perse qui offrit l’or de la royauté, Gaspard venant d’Asie, l’encens pour la divinité de Jésus, et Balthasard, l’Africain, apporte la myrrhe qui sert à l’embaumement, allusion à la mort du Christ, mais aussi à sa résurrection. La tradition symbolise ainsi les trois continents connus de l’époque.

adoration-mages-rois
L’Epiphanie célèbre la visite des Rois Mages le 6 janvier. Chez les Orthodoxes, la Théophanie fêtée elle aussi le 6 janvier, commémore le Baptême du Christ.

Dans les pays hispanophones les cadeaux aux enfants sont offerts à l’Epiphanie et non à Noël.

Les Rois Mages sont enterrés dans la cathédrale de Cologne dont ils sont les Saints Protecteurs.

L’oeuvre

La scène représente la Vierge vêtue d’un vêtement d’un bleu éblouissant, assise sur un trône dans une demeure suggérée par deux colonnes. L’Enfant Dieu, sur les genoux de sa Mère, se penche sur les présents, comme s’il voulait les saisir. Saint Joseph, à la barbe et aux cheveux blancs – montrant ainsi l’homme déjà âgé qu’il était en épousant Marie – se tient modestement à l’arrière.

Les Rois Mages, en habits persans, avec de riches manteaux et des couronnes royales, ploient le genou. A l’arrière-plan, une ville fortifiée représente Jérusalem. L’Etoile qui les a guidés ici se trouve au-dessus de la maison de la Sainte Famille. La mosaïque suit bien le texte de Saint Matthieu car les Rois Mages se présentent devant une maison et non une étable.
La beauté du style de Pietro Cavallini éclate ici. Il s’éloigne de la rigidité des mosaïques byzantines. Le mouvement des personnages est très fluide et la richesse des couleurs n’est pas dominée par le fond d’or.   

 En savoir plus sur l’artiste :

Pietro Cavallini (1250 – 1330) qui signait ses œuvres « Le Romain » est un peintre et mosaïste du Trecento. Il travailla à la décoration des plus importantes églises de Rome et de Naples. Il est enterré à Saint Paul Hors les Murs dont il avait réalisé les fresques de la nef et les mosaïques de la façade, les deux malheureusement disparues dans l’incendie de 1823.

 

adoration-mages-christ

Source : Père Claude Gilliot – Chapelle des Pénitents Gris d’Aix-en-Provence

EPIPHANIE, Fête de l'Epiphanie, JESUS-CHRIST, LE CONCIERGE DU CIEL, ROIS MAGES

Fête de l’Epiphanie

Adoration-des-mages.jpg

LES ROIS MAGES

Un conte : Le concierge du ciel

FUne invitation à espérer.

Après que l’étoile eut guidé les rois mages jusqu’à la crèche, le concierge du ciel se demanda : « Que faire de cette nouvelle étoile ? Où la placer ? »

Il sillonna le ciel, fit le tour des constellations et demanda aux myriades d’étoiles si elles ne pouvaient pas se serrer un peu, laisser un peu d’espace, faire une petite place à cette nouvelle venue…

« Il n’en est pas question, répondirent-elles, nous sommes installées dans cet ordre depuis toujours, il est impossible de changer notre ordonnance ! » Du côté de la Voie Lactée, même réponse de la Grande Ourse : « Pas de place ! »

« Que faire ? », se demanda-t-il. « Cette étoile a un destin particulier, elle a guidé les mages jusqu’au Sauveur du monde. Elle a obéi à des lois particulières. Elle est très proche de la Terre… Elle est très proche de la Terre : mais oui, la voilà la solution ! Je vais la donner au monde. »

Alors, il alla dans son atelier, et là, il cassa l’étoile en mille morceaux, en mille éclats dont il remplit son tablier. Il sortit et, comme le semeur, à la volée, il lança les éclats d’étoile partout sur la Terre.

Mais ils n’allèrent pas n’importe où : certains se logèrent dans les chambres des hôpitaux et devinrent les veilleuses dont les malades ont tant besoin pour ne pas être angoissés la nuit. D’autres descendirent au fond des mines, là où les mineurs de fond ont besoin d’être guidés par une lampe frontale. D’autres encore se placèrent comme fanaux sur les barques, dans les phares sur la mer, pour éviter aux embarcations de s’échouer sur les rochers. Enfin, le plus grand nombre vint habiter le cœur des hommes.

Chacun de nous a reçu un éclat de l’étoile de Noël. À nous de le faire briller, de raviver sans cesse cet éclat de lumière dans notre cœur.

 

Pour l’Epiphanie, le diocèse d’Annecy, a publié dans son bulletin paroissial ce conte qui trouve sa place entre Noël et l’Epiphanie

 

Conte paru dans la presse paroissiale du diocèse d’Annecy


 

BIBLE, DIEU FAIT SILENCE, EVANGILE, EVANGILES, JESUS-CHRIST, LES SILENCES DE JESUS, NOUVEAU TESTAMENT

Dieu fait silence

Les silences de Jésus

propheties_biblique_01

Au commencement était le tohu-bohu : et Dieu se taisait….

Quand Dieu parla le chaos disparut :

Au commencement  était le Verbe et il est chez les siens

Dieu se tait à sa venue : le cri de la naissance et puis plus rien …. Pendant huit jours Dieu n’eut pas de nom ; il se fit anonyme parmi les anonymes ; il se rendit invisible pour que l’homme le cherche, pour que l’homme le trouve…

 

Dieu se tait souvent ….

Il  laisse faire ou laisse dire…

Le silence devant Hérode et devant Pilate

Le silence de Dieu dans la tombe…

Le silence de Dieu au moment même de sa Résurrection

 

Dieu est souvent silence

Dieu ne parle pas au milieu du brouhaha

Dieu se dit dans le silence dans le doux murmure d’une brise légère

Dieu se tait et se dévoile dans le silence de la nuit.

 

Le silence de Dieu comme une béance dans notre vie !

Le silence de Dieu, un geste d’amour

************************************************************************************* 

LIVRE DE LA GENÈSE chapitre 1, 1-2

AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre.

 La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

 **************************************

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT JEAN chapitre 1, 1-34

AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.

 Il était au commencement auprès de Dieu.

 C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.

la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.

Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.

Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.

 Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.

 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

 Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir

Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »

Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;

 car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »

Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »

Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »

 Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »

Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »

 Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.

Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »

Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait. Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;

c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »

Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”

 Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

 

***************************************************************

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (chapitre 1)

day-17-genealogie

GENEALOGIE DE JESUS, CHRIST, fils de David, fils d’Abraham.

  Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,

Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram,

Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone,

Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé,

Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon,

 Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,

Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias,

Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias,

Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias,

Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,

Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor,

Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud,

Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob,

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

 

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.

Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.

Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

 

*******************************************************************

 

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (chapitre 2)

 

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.

Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »

Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »

Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages.

Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :

 Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.

Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »

Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

 

*******************************************************************

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC (chapitre 1)

ob_17db0b_annonciation-3

 BEAUCOUP ONT ENTREPRIS de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.

  Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme aussi était descendante d’Aaron ; elle s’appelait Élisabeth. Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable. Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.

Or, tandis que Zacharie, durant la période attribuée aux prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute la multitude du peuple était en prière au dehors, à l’heure de l’offrande de l’encens.

 L’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. À sa vue, Zacharie fut bouleversé et la crainte le saisit.

 L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ; il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »

 Alors Zacharie dit à l’ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. »

L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu seras réduit au silence et, jusqu’au jour où cela se réalisera, tu ne pourras plus parler, parce que tu n’as pas cru à mes paroles ; celles-ci s’accompliront en leur temps. »

Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision. Il leur faisait des signes et restait muet. Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique, il repartit chez lui.

Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait :  « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes. »

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.

L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »

 À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;

 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »

L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.

 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,

 exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.

 Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

 Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

 Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

 Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

 de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

 Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.

Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. »

On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »

 On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler.

 Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.

 La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.

Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques :

 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur,

 comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :

 salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs,

 amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte,

afin que, délivrés de la main des ennemis,

 nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours.

 Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. »

L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

 

*******************************************************************

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC (chapitre 2)

e67bcbdc

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.

Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. 05 Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

 Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.

 L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

 Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

 Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :

 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

 Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

 Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu le salut

 que tu préparais à la face des peuples :

 lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.

 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

 Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

 L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui

 

*******************************************************************

LES SILENCES DE JESUS PENDANT SA VIE PUBLIQUE

 

Le silence de Jésus face aux préjugés

depositphotos_28812605-stock-photo-jesus-writing-on-the-sand

“ Dès le matin, Jésus se rend de nouveau dans le temple, et tout le peuple vient à lui. Il s’assoit et les enseigne. Alors les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu et disent à Jésus:

– Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans a loi, nous a prescrit de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? 

Ils disent cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser.  Mais Jésus se baisse et se met à écrire avec le doigt sur la terre. Comme ils persistent à le questionner, il se redresse et leur dit:

– Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre. 

De nouveau il se baisse et se met à écrire sur la terre. Quand ils entendent cela, accusés par leur conscience, ils se retirent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’aux derniers, et Jésus reste seul, avec la femme qui est là, au milieu.  Alors Jésus se redresse et lui dit:

– Femme, où sont tes accusateurs?  Personne ne t’a condamnée?

Elle répond:

– Personne, Seigneur.

Et Jésus lui dit:

– Moi non plus je ne te condamne pas; va, et désormais ne pèche plus.  (Jean 8.2-11) ”

Le silence de Jésus, devant cet esclandre des religieux, est un silence d’indignation.  Quelqu’un a dit : « Quand la religiosité parle, le Ciel se tait » Ces religieux ne sont pas concernés par la situation de cette femme. Ils n’ont que faire d’être justes ou pas. Ils veulent simplement coincer Jésus et avoir raison. Ils sont jaloux de son succès. Ils sont formatés par un système de pensée et ne sont pas prêts au changement, à se remettre en cause. Et Jésus ne prend pas la peine de discuter.

 

*******************************************************************

Le silence de Jésus devant l’injustice et le mensonge

n-3679-00-000032-wpu

“ Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvèrent pas, quoique plusieurs faux témoins se soient présentés. Enfin il en vint deux qui dirent: Celui-là a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. 

Le souverain sacrificateur se leva et lui dit: Ne réponds-tu rien? De quoi témoignent-ils contre toi? 

Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur lui dit: Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel. »   (Matthieu 26:62-63)”

Devant la pression et les accusations mensongères, Jésus garde le silence, il va rester tranquille. L’image du verbe siopaoest celle d’une mer calme, tranquille. Jésus ne se laisse pas mettre la pression ! Devant l’injustice envers son égard, Jésus garde le silence. Même Pilate sera surpris de ce mutisme de jésus devant ses accusateurs. Alors qu’il comparait devant lui,  le gouverneur l’interroge en ces termes, dans l’évangile de Matthieu (27.12-14) : « Es-tu le roi des Juifs? » Jésus lui répond: « Tu le dis ». Mais il ne répond rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens. Alors Pilate lui dit: « N’entends-tu pas tout ce dont ils t’accusent ? » Et Jésus ne lui donne de réponse sur aucun point, ce qui étonne beaucoup le gouverneur. 

Jésus fera écho au serviteur souffrant d’Esaïe 53 :7  « Il a été maltraité, il s’est humilié Et n’a pas ouvert la bouche, Semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n’a pas ouvert la bouche ». Bien-sur, pour Jésus, c’était sa destinée de mourir sur la croix pour notre péché, mais au-delà de cela, il nous montre un exemple.

« Il y a un  temps pour parler, un temps pour se taire », dira Ecclésiaste.

 

****************************************************************

Le silence de Jésus devant la curiosité malsaine

web_BML_02ENL01001Ms2452471171

“ Lorsqu’Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie, car depuis quelque temps il désirait le voir à cause de ce qu’il avait entendu dire de lui,  et il espérait lui voir faire quelque miracle. Il l’interrogea assez longuement, mais Jésus ne lui répondit rien.  Les principaux sacrificateurs et les scribes étaient là et l’accusaient avec véhémence. Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris; et après s’être moqué de lui et l’avoir revêtu d’un habit éclatant, il le renvoya à Pilate. (Luc 23: 8-11)

Hérode est un homme avide de spectaculaire, d’émotion. Cet Hérode volubile, par ses nombreuses et longues questions, fait face au silence tranquille de Christ.  Hérode voulait se divertir, pas d’avoir les réponses à ses questions.  C’est une curiosité mal placée. « Voilà celui qui fait des miracles. On va s’amuser ». Jésus se tait devant les préjugés, devant les accusations mensongères, mais aussi devant la curiosité malsaine

0934191917938_10153714944037885_8169131486044569078_n

 

Si Dieu se tait… peut-être c’est que nous sommes trop pris par nos préjugés, que nous ne pouvons pas entendre.

Si Dieu se tait … peut-être que nous sommes pleins de mauvaise foi, ne voulons pas reconnaître nos torts, et que le ciel est d’airain.

Si Dieu se tait… c’est que nous sommes plus enclins au potin qu’à la prière.

 

 

 

 

CESAR AUGUSTE (63 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.), FLAVIUS JOSEPHE, HERODE ANTIPAS (20 av. J.-C. - 39 ap. J.C.), HERODE LE GRAND (73 av. J.-C. -4 av. J.-C.), HISTORIEN JUIF, JESUS-CHRIST, NOUVEAU TESTAMENT, PALESTINE, VIE POLITIQUE EN ISRAËL AU TEMPS DE JESUS

La vie politique en Israël au temps de Jésus vue par Flavius Josèphe

Verso_44633

Les dernières années du roi Hérode et sa succession vue par l’historien juif Flavius Josèphe

SIXIEME   PARTIE :

  Les cinq  dernières  années  de  la vie d’Hérode

 

  1.  La famille d’HERODE le GRAND

téléchargement (1)

Réf. : HISTOIRE ANCIENNE DES JUIFS – Livre 17 de Flavius Josèphe

Antipater qui était d’une ambition démesurée avait enfin réussi par ses moyens infâmes à éliminer ses deux principaux rivaux qui auraient par leur rang, eu priorité à la couronne de Palestine.

Malgré que le roi commençait à se faire très vieux et qu’il n’avait pratiquement plus que quelques années à vivre, Antipater ne voulut pas seulement se contenter de gouverner aux côtés de son père, mais il se comporta comme s’il était déjà en possession du royaume. Il arriva même à convaincre Hérode qu’il n’avait pas agit ainsi par haine pour ses frères, mais par pure affection et intérêt pour son père !

En réalité tout le peuple et les soldats le détestaient farouchement parce qu’il était la cause de l’exécution de nombreux innocents. Et comme il craignait d’être découvert il achetait la plupart des amis de son père comme Saturnin gouverneur de Syrie et de nombreux amis situés dans l’entourage de l’Empereur. Il essaya même d’attirer dans son parti de conspiration, Salomée la soeur d’Hérode, mais celle-ci connaissant son esprit, se méfiait beaucoup de lui et ce malgré que sa fille Bérénice qui était devenue veuve d’Aristobule, avec trois fils et deux filles sur les bras, avait été contrainte d’épouser en secondes noces son oncle maternel, tandis qu’un des fils du premier mariage fut obligé d’épouser la fille d’Antipater !

Pourtant Salomée qui avait toujours une passion cachée pour Silléus rêvait encore de se faire enlever par lui et épouser. Mais Hérode pour l’influencer lui fit écrire une lettre par l’impératrice Livie dans laquelle elle l’incitait vivement à accepter un mariage avec Alexas si elle voulait garder l’affection de son frère ! Ce qu’elle fit tout en acceptant le mariage de sa seconde fille avec Calléas.

Pour ne rien devoir à Archélaüs roi de Cappadoce, Hérode lui envoya en retour sa fille Glaphyra après l’enterrement d’Alexandre. Il y joignit également le montant de la dote pour qu’Archélaüs ne puisse pas se plaindre à son ami Auguste. Elle avait eut deux fils d’Alexandre dont l’aîné épousa la fille de Phéroras.

Croyant remettre un peu de paix et d’amour dans la famille divisée, Hérode imposa plusieurs mariages qu’Antipater utilisa à son avantage pour s’introduire dans la descendance princière asmonéenne :

Hérode ordonna le mariage du fils d’Antipater avec une des filles d’Aristobule qu’Antipater changea contre la fille de Phéroras.

Antipater en 2ème noces épousa l’autre fille d’Aristobule 4

Hérodiade 2ème fille d’Aristobule épousa son oncle – fils d’Hérode

et la fille d’Antipater dû épouser le fils aîné d’Aristobule

Peut-on s’étonner s’il y avait parfois des scènes de ménage ? Mais heureusement Hérode avait beaucoup de vaisselle qu’il avait confisqué aux membres du Sanhédrin et aux autres notables de Jérusalem !

D’ailleurs écrit Flavius Josèphe  » nos lois nous permettent d’avoir plusieurs femmes…  » S’il est beaucoup de lois et de coutumes juives qu’Hérode a bafoué, celle-là a été appliquée de manière exemplaire : il eut dix épouses, dont neuf en même temps !

 

  1.  Disgrâce et mort de PHERORAS

 

Depuis la mort des deux fils de Mariamne, Antipater ne voyait plus d’obstacles à sa montée sur le trône. Hérode avait tant de confiance en lui qu’il lui laissait une pleine autorité. On aurait pu croire que le père et le fils étaient les meilleurs amis du monde, mais au fond de lui, Antipater ne pouvait plus attendre la mort naturelle de son vieux père. Maintenant il avait décidé au fond de lui-même de  » l’aider à disparaître  » le plus rapidement possible.

Antipater avait beaucoup de succès auprès de la gent féminine, il était jeune et beau et son ambition lui donnait encore plus de prestance. Ainsi son oncle Phéroras était aux petits soins avec lui parce que sa femme, sa belle mère, sa mère et sa soeur Salomé qui communiquaient entre elles, admiraient beaucoup Antipater et en aucun cas, il ne voulait déplaire à ces dames.

On vit donc souvent Phéroras et Antipater se rencontrer et se livrer à des confidences dès qu’ils étaient seuls. Ce manège n’échappa pas à Salomée qui comprit qu’ils complotaient tous deuxcontre le roi et elle les menaça de l’en avertir. Alors ils firent semblant d’être fâché l’un contre l’autre et ne se rencontrèrent plus en public mais s’envoyèrent mutuellement des lettres et des messages secrets.

Salomée alla voir son frère pour l’avertir du danger en lui disant qu’ils mangeaient ensemble en secret, faisaient semblants d’être fâché l’un contre l’autre mais qu’en réalité ils conspiraient contre le roi et étaient plus unis que jamais. Connaissant l’esprit de sa soeur, le roi dans un premier temps n’attacha pas trop d’importance à ses révélations.

Un jour Hérode obligea par décret toute la nation juive à prêter un serment de fidélité au roi et à l’empereur.  » Six mille pharisiens  » refusèrent de faire ce serment alors Hérode les condamna à payer une amende que la femme de Phéroras paya pour eux ! En reconnaissance pour cette faveur, ils lui dirent que la volonté de Dieu était d’enlever la couronne à Hérode et de la donner à Phéroras et à ses enfants qu’il avait d’elle. Salomé découvrit cette cabale (intrigue) et en avertit le roi. Hérode fit mourir les pharisiens qui étaient les auteurs de cette conspiration ainsi queles domestiques de Phéroras qui avaient été complices dans ce projet, y compris un bel eunuque nommé Bogoas Carus à qui les pharisiens avaient laissé croire que si Phéroras devenait roi, il se marierait et aurait des enfants… !

Lorsque tout ce monde fut exécuté, Hérode tint conseil à sa cour et accusa publiquement l’épouse de son frère d’être rancunière concernant le mariage de ses filles dont elle avait refusé les prétendants choisis par Hérode et qu’elle était la principale instigatrice du complot des pharisiens puisqu’elle avait payé leur amende.

Il fit comprendre à Phéroras qu’il désirait qu’il répudia sa femme dans les meilleurs délais afin de ne plus la voir et d’éviter de rompre ses relations avec lui.

Phéroras un peu choqué par ce discours, affirma qu’il conservait toujours pour son frère une grande affection fraternelle et sa fidélité mais qu’il ne pouvait en aucun cas se séparer de son épouse qu’il aimait par dessus tout au point qu’il préférerait même la mort plutôt que de vivre sans elle. Hérode se fâcha vertement et interdit à toutes ses femmes et à chaque personne d’approcher du couple Phéroras pour leur parler, y compris Antipater et sa mère Doris.

Tout le monde promit de prendre ses distances avec les Phéroras… Mais Doris continuant à servir d’intermédiaire, les Phéroras et Antipater se rencontraient en secret pour manger ensemble.

Lorsque Hérode vit que Phéroras s’entêtait à vouloir garder sa femme il lui ordonna de quitter son palais et de se retirer dans sa Tétrachie. Pour une fois il fut si heureux de lui obéir qu’il fit même le serment de ne jamais retourner à la cour durant toute sa vie, ce qu’il observa. Peu de temps après Hérode tomba malade et il demanda à son frère de revenir pour recevoir avant de mourir des ordres secrets importants. Il lui répondit qu’il ne pouvait le faire à cause de son serment.

Un jour Hérode apprit que son frère était lui aussi, subitement tombé gravement malade. Aussitôt il alla le trouver et il l’assista jusqu’à la mort, puis il le fit enterrer à Jérusalem et ordonna un deuil public à sa mémoire.

 

  1.  L’affaire des poisons

 

Peu avant la mort de Phéroras, Hérode le Grand écrivit à ses amis de Rome pour leur demander d’intervenir auprès de l’empereur afin qu’il convoque rapidement son fils près de lui. Dès qu’il reçut cette convocation Hérode prépara à son fils de grands présents pour Auguste et il lui remit également son testament dans lequel il désirait qu’Antipater soit désigné comme son successeur à son trône, sous réserve bien entendu qu’il lui survive.

A peine arrivé à Rome Antipater croisa également Silléus qui n’avait rien purgé de sa condamnation par Auguste et qui ne semblait pas redouter la peine de mort prononcée contre lui. Antipater l’accusa de nouveau comme l’avait fait Nicolas de Damas et ajouta à ses dires les aveux de deux Seigneurs arabes venus en Judée pour organiser un complot contre Hérode. Ceux-ci avaient corrompu par l’argent un domestique corinthien d’Hérode qui les avait dénoncés sous la traditionnelle question. Après avoir signé leurs aveux, Hérode remit ses deux grands d’Arabie à Saturninqui les envoya à Rome pour qu’on y fasse leur procès ainsi que celui de Silléus leur commanditaire.

Phéroras était à peine enterré, qu’arrivèrent à la cour d’Hérode deux esclaves trachonites affranchis par Phéroras, ils sollicitèrent une audience urgente auprès du roi. Hérode les ayant reçu sans tarder ils lui expliquèrent qu’ils avaient une peine immense causée par la perte de Phéroras leur maître bien aimé. ils allèrent jusqu’à prétendre que cette mort n’était pas naturelle mais plutôt liée à un empoisonnement. Ils demandèrent justice pour qu’un tel crime ne demeure pas impuni ! Hérode les écouta très attentivement :

Oui notre Maître venait de souper chez sa femme lorsque sa maladie le prit avec une intense violence. Nous soupçonnons un poison apporté par une femme arabe, qui l’a vendu à son épouse en disant qu’il s’agissait d’un philtre d’amour !

Cette femme est d’ailleurs considérée comme une des plus grandes empoisonneuses de notre temps et elle serait même une compagne de la maîtresse entretenue par Silléus. Dans ce complot seraient également mêlés la mère et la soeur de la concubine de Phéroras qui auraient apporté la veille le poison à leur parente…

Il n’en fallut pas plus aux oreilles d’Hérode qui avait déjà trouvé cette mort subite très suspecte, pour qu’il fasse immédiatement arrêter la mère et la soeur de la femme de Phéroras ainsi que de nombreux domestiques pour les soumettre à : la question (évidemment!)

Elles résistèrent toutes longtemps sans rien avouer, mais comme les douleurs se firent de plus en plus insupportables il échappa à l’une d’entre elles, qu’elle souhaitait que  » la mère d’Antipater » subisse un jour le même supplice qu’on leur avait imposé !

Il n’en fallut pas plus pour qu’Hérode augmente les souffrances pour les rendre atroces et à la limite de leur mort. A ce moment elles avouèrent tout ce qu’elles cachaient :

les collations, les assemblées secrètes et surtout les choses qu’Hérode avait révélées à son fils en l’assermentant du secret. Il aurait même acheté le silence de ces femmes contre cent talents.

les plaintes d’Antipater à sa mère Doris accusant son père de se maintenir au trône malgré son grand âge, ce qui l’empêchait de jouir des plus belles années de règne !

enfin elles déposèrent qu’il parlait souvent de la cruauté de son père qui n’épargnait même pas ses propres fils, ce qui l’avait obligé de partir pour Rome et Phéroras dans sa Tétrarchie !

Maintenant les yeux d’Hérode s’ouvraient grandement sur les vraies intentions de son fils. Le pire fut que toutes ces accusations obtenues sous la torture, confirmaient en fait les graves accusations déjà prononcées par sa soeur Salomée.

Mais le comble fut apporté par l’intendant de son fils, un samaritain qui portait le même nom qu’Antipater. Il lui avoua sous la question que son maître avait mis dans les mains de Phéroras unpoison mortel pour le faire prendre au roi durant son absence à Rome afin qu’on ne puisse pas l’accuser !

Hérode donna l’ordre de faire comparaître immédiatement devant lui la femme que Phéroras avait tant aimée au point de refuser sa fille que Mariamne lui avait donnée. A peine arrivée il l’interrogea sur le fameux poison et elle admit qu’il était en sa possession. Elle ajouta qu’elle allait courir le chercher. Mais au lieu de descendre l’escalier elle se jeta dans le vide en sautant d’une galerie du palais et tomba sur ses pieds en perdant seulement connaissance.

Après qu’elle eut repris ses esprits Hérode lui annonça qu’elle et sa famille n’auraient rien à craindre pourvu qu’elle lui déclarât toute la vérité. Dans l’autre cas elle aurait à subir les pires tourments. Alors elle confessa ce que beaucoup de gens prirent pour la vérité :

Antiphilius (un ami d’Antipater) avait fait amener ce terrible poison préparé par son frère qui était médecin en Egypte. C’est Theudion, le frère de Doris (donc l’oncle d’Antipater) qui l’avait acheté avec l’argent de son neveu afin de s’en servir contre votre majesté durant l’absence de votre fils. Theudion l’apporta à Phéroras qui m’en confia la garde.

Mon mari étant tombé malade, il fut si touché de l’affection que vous lui aviez témoigné en lui rendant visite qu’il m’a dit :

Ma femme, je me suis laissé tromper par Antipater lorsqu’il m’a confié son dessein d’empoisonner son père, mais maintenant je vois que le roi me porte toujours son affection fraternelle comme lorsque nous vivions ensemble. Maintenant que la fin de ma vie approche, je ne veux pas emporter dans l’autre monde une âme souillée pour avoir trempé dans une conspiration visant à empoisonner mon roi et mon frère. C’est pourquoi je vous prie de brûler ce poison en ma présence.

C’est pourquoi j’ai immédiatement cherché ce poison et je l’ai brûlé devant lui, excepté une petite partie que j’ai gardé pour m’en servir contre moi-même si votre majesté avait voulu me traiter après sa mort, avec la dernière rigueur.

Après avoir dit ces paroles elle montra au roi le reste de poison enfermé dans une boîte. Le frère d’Antiphilus et sa mère confessèrent à la question les mêmes choses et reconnurent la boîte. On savait que Doris la mère d’Antipater trempait dans le complot mais la question dévoila également que celle qui avait été la plus jolie fille de Jérusalem la fille de Simon Boethos était également impliquée dans ce complot contre le Roi !

Pour Hérode commençait maintenant l’heure des comptes :

Doris qui était devenue après la mort de Mariamne (1) la 1ère femme de Judée, dût rendre tous ses bijoux et pierreries de grandes valeur. Elle fut très soulagée d’apprendre qu’elle ne serait pas soumise à la question et s’estima heureuse d’être uniquement chassée du Palais.

La seconde femme d’Hérode du nom de Mariamne (2) subit le même sort. Elle fut répudiée et rayée du testament royal, y comprit son fils Hérode-X qui était après Antipater le second prétendant au trône. Son père Simon Boethos que Hérode avait fait nommer Grand Prêtre et Grand Sacrificateur se retrouva simple sacrificateur et cette charge fut donnée à Mathias, fils de Théophile.

les femmes de la maison de Phéroras purent rentrer chez elles car grâce à elles, Hérode avait pu découvrir toute la vérité.

Peu après Bathillus, un affranchi d’Antipater était revenu tout radieux de Rome. Il fut surpris de se retrouver à peine arrivé soumit à la question dans une salle de torture qui avait été ces derniers temps particulièrement fréquentée. Il avoua qu’il avait apporté de Rome un second poison, afin que si le premier ne suffisait pas pour donner la mort, le second y pourvoirait.

En fouillant les appartements d’Antipater on découvrit d’anciennes lettres écrites par les amis romains d’Antipater, relations qu’il entretenait à l’aide de grands présents, ainsi que des lettres de Rome où les deux jeunes demi-frères Archélaüs et Philippe faisaient leurs études et dans lesquelles ils accusaient ouvertement Antipater d’être responsable de la mort d’Alexandre et Aristobule. Ils y exprimaient également leurs craintes de subir à leur retour en Judée le même sort.

Antipater resta sept mois à Rome et l’on peut vraiment s’étonner que durant tout ce temps personne ne l’informa de ce qui était entrain de se préparer contre lui en Judée. Même si l’on tient compte que toutes les frontières et tous les passages étaient gardés dans l’attente de son retour, il faut plutôt admettre que personne ne l’aima assez pour prendre un si grand risque afin de le prévenir.

Comme Antipater tardait à revenir, Hérode lui écrivit, mais il lui cacha la vérité en disant qu’il avait hâte de le revoir et qu’il en avait assez des plaintes de sa mère, mais qu’il les oublierait dès qu’il serait à nouveau auprès de lui. Il terminait sa lettre par quelques témoignages habituels d’affection.

Antipater étant déjà parti, le courrier le suivit. Il apprit la mort de Phéroras à Tarente ce qui lui donna un véritable choc, non pas à cause de l’amitié qu’il avait pour Phéroras, mais parce qu’il n’avait pas pu mettre à terme le projet d’éliminer Hérode avant de mourir.

Arrivé à Célendéris il apprit qu’on avait chassé sa mère du palais, il était presque sur le point de retourner à Rome lorsqu’il reçut la dernière lettre d’Hérode attendant son retour avec impatience ! Il décida de rentrer à la maison. A peine débarqué à Sébaste il fut un peu surpris de voir que le peuple l’insultait, alors qu’à son départ pour Rome toute la population lui avait fait une si grande ovation !

 

  1.  Le jugement de QUINTILIUS VARUS

magnesia_agrippa_altes_museum

En ce même jour où Antipater approchait de Jérusalem, Hérode était occupé à recevoir la visite d’Antioche des conseillers et du nouveau Gouverneur d’Orient et de Syrie le  » Général QUINTILIUS VARUS  » qui succédait à l’ancien Gouverneur : Caïus Sentius SATURNINUS.

Comme Antoine, VARUS fut nommé en l’an -6 au poste de gouverneur des Légions d’Orient il y restera jusqu’à l’an + 6 (1/2) après notre ère. L’Evangile de Luc dira plus tard qu’un recensement eut lieu en Judée  » sous Quirinius  » (Chap. 2, v 2) alors gouverneur de Syrie…Depuis la deuxième prise de Jérusalem par les romains la Palestine avait été mis sous la tutelle du Gouverneur de Syrie, lequel dépendait avec les autres gouverneurs : de Grèce, d’Asie Mineure, d’Egypte, de l’Arabie du Nord… directement de l’autorité de QUINTILIUS VARUS, général en chef.

A noter le double sens du nom Quirinius qui est aussi le symbole du dieu Romulus qui disparut dans un nuage au cours d’un orage et devint ainsi le dieu synonyme de ROME.

Antipater venait donc à peine d’arriver aux portes du Palais de son père que les gardes d’Hérode interpellèrent sèchement ses amis qui l’accompagnaient habituellement à la manière d’une grandestar pour leur interdire formellement l’entrée des lieux (!) Il en fut un peu surpris mais pas étonné, car il avait l’habitude de l’humeur très changeante de son père. Il continua son chemin tout vêtu de pourpre pour entrer dans la salle du Conseil où son père et Varus étaient entrain de dialoguer.

A peine arrivé auprès d’Hérode il voulut le saluer, mais son père le rejeta en disant :

Quoi ! un parricide a l’audace de vouloir m’embrasser ! Puises-tu périr comme tes crimes le méritent. Il faut te justifier avant d’oser me toucher. Voici un juge que je te donne. Varus est venu tout à propos pour prononcer ton arrêt et la journée de demain est le seul terme que je t’accorde pour préparer ta défense.

Il eut tellement peur que pas un mot ne sortit de sa bouche. Il se retira auprès de sa soeur et de sa mère. Le lendemain le roi assembla son grand conseil que Varus présida.

On fit entrer tous ceux qui avaient témoignés contre lui dont plusieurs prisonniers qui étaient auparavant serviteurs chez Doris.

Alors, le roi présenta à son fils une lettre de sa mère, qu’Hérode avait interceptée et où était écrit cette phrase :

 » le roi ayant connaissance de toutes choses, gardez-vous de venir le trouver si vous n’êtes pas sûr de la protection de l’Empereur. »

Hérode s’adressant au gouverneur Quintilius Varus, prit la parole :

Je ne puis douter, Seigneur, que comme tout autre juge équitable qui soit, vous ne trouviez Antipater digne de mort, mais j’ai sujet d’appréhender que vous ne conceviez de l’aversion pour moi en pensant que j’ai mérité tant d’afflictions, en mettant au monde de tels enfants.

Mais vous devriez plutôt me plaindre, puisque jamais père ne fut plus indulgent pour ses fils que je ne l’ai été pour les miens (!) J’avais déclaré mes deux premiers fils comme successeurs mais je trouvais qu’ils avaient conspiré contre ma vie. Antipater profita de leur disgrâce et Moi je ne pensais qu’à lui assurer le royaume.

Mais cette bête furieuse a déchargé sa furie contre moi en trouvant que je vis trop longtemps à son gré. Car qu’ai-je fait pour lui de mon vivant ? J’ai partagé mon autorité avec lui et lui ai donné cinquante talents de revenu, plus trois cent talents pour effectuer son voyage à Rome. Soyez sur vos gardes Prince, car je connais le fond de sa malice et il n’y a point d’adresse dont il n’use pour déguiser la vérité, ni de larmes feintes qu’il ne répande pour vous émouvoir à compassion.

Lorsque toutes ces choses me repassent par l’esprit et que je me souviens de tous les moyens dont il usait pour me tromper par son horrible dissimulation, je m’étonne d’être encore en vie et comment j’ai fait pour ne pas tomber dans de si grands pièges. Et comme Hérode suffoquait d’émotion il demanda à son ami Nicolas de Damas de continuer la plaidoirie devant Varus pour conclure cette triste et pénible affaire.

Mais Antipater lui coupa la parole et s’adressant à son père dit :

Vous-même Seigneur avez fait mon apologie, car comment celui qui a toujours veillé sur votre conservation peut-il être accusé de parricide ? Et même si la piété que j’ai témoigné ne serait que feinte et dissimulation, j’aurais pu tromper mes semblables, mais aurais-je pu tromper le juge qui est dans le ciel, qui voit tout, qui est partout et à la connaissance duquel rien ne se dérobe ?

Vous m’avez préféré à tous mes frères, vous m’avez dès votre vivant déclaré votre successeur et m’avez comblé de tant de grâces que les plus ambitieux avaient sujet d’envier ma fortune ! Hélas malheureux que je suis, car durant mon voyage à Rome mes ennemis m’ont ruiné dans votre esprit par leur calomnies. Alors que c’est vous qui m’avez envoyé à Rome pour défendre vos intérêts contre Silléus qui méprisait votre vieillesse !

Ainsi vous avez sans y penser causé ma ruine, puisqu’en m’envoyant à Rome vous avez donné aux envieux et aux jaloux de mon bonheur la facilité de me calomnier et de me perdre. Mais je ne veux point m’arrêter à cette épreuve de mon innocence puisque je sais que Dieu vous a permis de me condamner dans votre coeur. Ainsi je vous conjure de ne point ajouter foi à des aveux extorqués par des tourments, mais d’utiliser le fer et le feu pour me faire subir les supplices les plus cruels du monde, si je suis un parricide. »

Antipater accompagna ces paroles de tant de cris et de pleurs que Varus et tous les autres assistants furent touchés de compassion.

Puis Nicolas de Damas prit la parole en démontrant la malice et les artifices d’Antipater. Il l’accusa d’être la cause de tous les maux du royaume, d’avoir fait mourir par ses calomnies Aristobule et son frère, puis de s’efforcer de faire perdre également ses autres frères afin de n’avoir plus d’obstacle pour accéder à la succession. Il rapporta ensuite dans l’ordre toutes les preuves du poison en insistant sur les pressions faites sur Phéroras pour l’amener à commettre un crime contre son frère.

Varus demanda alors à l’accusé s’il avait quelque chose à dire pour sa défense, mais celui-ci se bornant toujours à répéter que Dieu seul était témoin de son innocence ! Varus commanda alors de faire apporter le poison. On le fit prendre à un homme condamné à mort qui mourut sur-le-champ. Varus confia alors quelques mots dans l’oreille d’Hérode et clôtura la séance en disant qu’il écrirait à l’Empereur.

Hérode fit mettre Antipater en prison et le lendemain Varus prit congé d’Hérode en retournant à Antioche, où nous précise Josèphe : Varus y résidait ordinairement, puisque les rois de Syrie avaient coutume d’y tenir leur cour.

Quelques jours après on intercepta une lettre qu’Antiphilus écrivait d’Egypte à Antipater :  » Je vous ai envoyé une lettre d’Acmée où il y va de ma vie, vous ne doutez point que si tout cela était su, je m’attirerais une haine mortelle de deux très puissantes familles. C’est à vous de donner l’ordre pour que l’affaire réussisse. « 

Ayant lu cette lettre Hérode fit chercher la lettre en question, mais on ne put la trouver. En cherchant dans les habits du messager on découvrit une couture où était caché une autre lettre destinée à Antipater et écrite par ACMEE une servante de l’impératrice:

 » J’ai écrit au roi votre père en la manière que vous avez désiré et ai mis dans le paquet (contenant le poison) la copie d’une lettre supposée avoir été écrite par Salomée à l’impératrice. Je suis assurée que dès qu’Hérode l’aura lue, il punira sa soeur comme étant coupable d’avoir voulu attenter à sa vie. « 

A ce moment Hérode comprit qu’Antipater ne cherchait pas seulement à faire mourir son père, mais qu’il voulait aussi supprimer Salomée qui le gênait par son trop grand dévouement à son frère. Il consigna par écrit toutes ces manigances et les donna à ses ambassadeurs pour les présenter avec ses requêtes au tribunal d’Auguste.

 

  1.  Hérode et le supplice des 40 jeunes

 

Pendant le voyage des ambassadeurs vers Rome, Hérode qui allait avoir  » 70 ans  » tomba subitement très malade. Il rédigea un nouveau testament dans lequel il désignait Hérode Antipas comme successeur au trône. C’était le plus jeune des fils en âge de régner, le seul qu’Antipater avait sous-estimé, préférant calomnier Archélaüs et Philippe pour les ternir dans l’esprit de leur père. Dans ce testament (qui ne fut pas le dernier) il partageait sa fortune entre ses amis de Rome, ses trois fils restants et Salomée en récompense de ses services.

Compte tenu de son âge Hérode comprit qu’il ne lui restait plus que peu de temps à vivre. Cela le rendait très chagrin et très agressif car il voyait bien que le peuple se réjouissait de ses malheurs et de sa prochaine disparition. Ses jugements s’en ressentirent car il devint plus autoritaire, plus cruel et plus expéditif :

En ce temps là, vivaient en Palestine deux grands maîtres : l’un s’appelait JUDAS, fils de Sariphé, l’autre Mathias, fils de Margalothe. Ils étaient non seulement reconnus comme d’éminents savants, très intègres mais aussi comme les plus éloquents docteurs de la Loi qui avaient pour mission d’instruire dans la religion la jeunesse du pays.

Lorsqu’ils apprirent que la maladie d’Hérode était incurable, ils exhortèrent leurs jeunes disciples à se montrer ouvertement comme les défenseurs de leur religion et à détruire même au péril de leurs vies les ouvrages et images qu’il avait érigés en contradiction avec les lois juives et en particulier un aigle d’or romain qu’il avait fait placer au dessus du portail d’entrée du temple de Jérusalem.

Comme il courut simultanément la fausse rumeur qu’Hérode venait de rendre l’âme, une troupe de ces jeunes gens monta au temple en plein midi, arracha l’aigle et le déchiqueta à coup de hache devant de nombreux prêtres et pèlerins ahuris. Croyant qu’il s’agissait d’un soulèvement populaire, le commandant de l’Antonia accourut avec de nombreux soldats pour mâter ce début de révolte. Seuls quarante jeunes garçons osèrent résister aux mercenaires d’Hérode.

Les quarante adolescents furent saisis et amenés de force avec leur deux maîtres devant le tribunal d’Hérode, où l’un d’entre eux prit la parole :

il y a longtemps que nous avions pris cette résolution et cela eut été manquer de coeur et de courage de ne l’avoir pas fait. Nous avons vengé l’outrage fait à Dieu et maintenu l’honneur de la Loi dont nous sommes les disciples. D’ailleurs nous n’appréhendons pas la mort, ni la souffrance qui seront pour nous une récompense de notre vertu et de notre piété.

Hérode donna ordre de les conduire enchaînés à Jéricho et les suivit dans une litière. Devant une assemblée de notables il leur montra les oeuvres qu’il avait réalisées dans la contrée et leur fit de sévères remontrances pour leur ingratitude et l’outrage qu’il subissait comme un affront personnel. Il donna l’ordre de faire brûler vif les quarante malheureux enfants et leurs maîtres. Puis il fit destituer l’autre Mathias à qui il avait donné la charge de Grand Sacrificateur pour la donner à JOAZAR, son beau-frère. Cette nuit il y eut une éclipse de lune sur la ville sainte.

Et l’état de santé d’Hérode s’aggrava. Une chaleur intense le dévorait à l’intérieur de son organisme. Il avait une faim si violente que rien ne pouvait suffire pour le rassasier. Ses intestins étaient pleins d’ulcères (sic), de violentes coliques lui faisaient souffrir d’horribles douleurs au niveau des aines, ses pieds étaient enflés et livides.

Des parties du corps que l’on cache le plus, sortaient des vers ! Il ne respirait qu’avec grande peine et son haleine était si mauvaise qu’on ne pouvait s’approcher de lui. Nombreux étaient ceux qui considérèrent son état comme une grande et ultime punition de Dieu.

 

  

  1.  concernant la maladie d’Hérode:

 

D’après l’état du malade et les symptômes décrits, nous ne pensons pas qu’il s’agisse de la syphilis comme certains l’ont écrit, certes cette maladie peut dans sa phase secondaire, altérer gravement les fonctions du cerveau, mais on ne peut pas affirmer qu’Hérode avait perdu sa raison ni sa logique pour défendre ses intérêts. On constate simplement que les souffrances l’avaient rendu encore plus cruel.

En étudiant les métabolismes de la vie des vers et le développement des maladies qu’ils engendrent on pourrait émettre un tout autre diagnostic :

il existe d’abord un ver nommé : ver crochu ou Strongyloïdea qui vient des animaux domestiques dont les oeufs éclosent dans l’intestin grêle mais ils ont à peine 2,2mm. Leur taille leur permet de voyager dans le corps par les voies du sang et de s’installer dans les poumons surtout chez les animaux domestiques comme le chien. 0n les appelle aussi Anguillula sterchoralis à cause de leurs mouvements comparables à celui des anguilles. Leur présence auraient pu causer des dégâts dans l’organisme, mais il est peu probable que les serviteurs ne les aient aperçus, à cause de leur très petite taille !

la deuxième version qui nous paraît la plus plausible est la maladie des ASCARIDES (ou Asacaris lombricoïdes). Il s’agit d’oeufs ou de larves de vers que peut transmettre un jeune homme contaminé qui servirait de la nourriture sans se laver les mains. (N’oublions pas que Hérode a soixante dix ans et qu’il produit peu d’acidité stomacale contrairement à une personne plus jeune qui se trouve ainsi mieux protégée.) Ces vers peuvent aussi provenir de l’absorption de légumes ou de fruits mal lavés et souillés par les matières fécales que les agriculteurs déversent dans les jardins pour enrichir leur terre.

Au premier stade ces larves minuscules ont un aiguillon qui leur permet de traverser les parois péritales pour voyager au travers des artères principales. Par leurs passages aux poumons elles peuvent créer de véritables infections qui provoquent à leur tour de la fièvre et des douleurs au thorax. Elles peuvent aussi se fixer dans le pharynx ou l’oesophage. Elles peuvent former des bouchons sur les canaux de la bile ou du pancréas et même provoquer en second stade une péritonite aiguë et des abcès purulents. Au bout de six semaines les larves retournent aux intestins et après avoir atteint une longueur de 20 à 40 cms, les vers se remettent à pondre pour refaire un cycle.

Cela expliquerait l’excès d’appétit du malade, ses douleurs de poitrine et au ventre. Sa mauvaise haleine, la présence de vers et de sang dans les selles, ses violentes coliques, ses pieds enflés et la fièvre qui devait aboutir en quelques mois à une septicémie générale.

Dans tous les cas Hérode souffrit terriblement durant ses derniers jours mais à aucun moment Flavius ne dit qu’il perdit la raison ! Au contraire il s’accrocha plus que jamais à son trône et fit exécuter Antipater comme un acte de justice suprême puis après avoir refait son testament, il rendit le dernier souffle. Si ce dernier testament eut été entaché par la perte des moyens intellectuels du malade il est probable qu’Auguste aurait alors changé le testament.

On fit venir des médecins de tous côtés, personne ne sachant trop quel remède appliquer, on l’envoya prendre des bains aux sources d’eaux chaudes de Callirhoé reconnues pour leur vertus médicinales.

On le mit dans une cuve pleine d’huile et il se trouva si mal qu’on crut qu’il allait rendre l’esprit. Il s’évanouit et se réveilla par les cris et les pleurs de ses domestiques. Maintenant Hérode ne se faisait plus d’illusion concernant sa mort prochaine. Il fit donner cinquante drachmes à chaque soldat et se fit reconduire à Jéricho pour mettre au point un plan diabolique :

Il ordonna par un édit à TOUS LES NOTABLES JUIFS de Jérusalem de se rendre à Jéricho sous peine de mort pour ceux qui contesteraient ou n’exécuteraient pas cet ordre infâme. Lorsque tout le monde fut arrivé, il fit entasser tous ces innocents dans l’hippodrome et il donna un ordre secret à Salomée et à Alexas (son époux) qui consistait à faire entourer l’hippodrome de soldats dès l’heure de sa mort et à faire mourir par des flèches tous les notables emprisonnés : soit plusieurs milliers de personnes !

Même si on ne dévoila pas les ordres du tyran, tant qu’il vivait encore, tous connaissaient la légendaire cruauté du despote capable de faire tuer en une fois toute l’élite de la nation juivecomposée d’honorables citoyens et de pères de famille.

En agissant ainsi Hérode suivait deux buts :

d’une part il voulait mourir à la manière des grands pharaons de l’ Egypte ancienne, c’est à dire partir dans le grand voyage de l’au-delà accompagné d’une multitude de ses sujets. Ne s’était-il pas préparé longtemps à l’avance un tombeau d’une magnificence royale qu’il avait lui même appelé  » l’Hérodium ? « 

d’autre part, il souhaitait que cette hécatombe touche au coeur toutes les plus hautes familles du royaume, pour obliger le peuple à se mettre en deuil et l’empêcher de trop se réjouir au jour si attendu de sa disparition.

Il n’avait pas choisi Salomée et son époux par hasard : elle n’aimait pas du tout les juifs (mais c’était réciproque) et somme toute elle lui était restée fidèle en l’avertissant du complot d’Antipater. Pour les convaincre il accompagna ses paroles de nombreuses larmes (feintes sur commande) et d’un appel vibrant à leur affection, puis persuadé d’avoir ainsi transmis sa meilleure image pour la postérité, il les fit jurer tous deux qu’ils respecteraient ses dernières volontés scrupuleusement dès que le moment serait venu !

 

  1.  Mort d’Hérode et exécution d’ANTIPATER

hqdefault (19)

Salomée et Alexas avaient à peine regagné leur appartement qu’un cavalier surgit au galop et frappa le portail du palais. Auguste lui envoyait par son messager, la réponse aux lettres que lui avaient donné les ambassadeurs d’Hérode à Rome. D’abord il l’informait qu’il avait fait mourir Acmée pour sa participation au complot Antipater ensuite il lui donnait les pleins pouvoirs pour exécuter ou envoyer en exil, son perfide fils parricide, qui voulait l’empoisonner !

Pendant quelques instants Hérode oublia ses douleurs pour se réjouir de ces heureuses nouvelles. Mais une crise de spasmes se déclara d’ une telle violence qu’il s’assit à la table pour respirer et demanda qu’on lui apporte une pomme et un couteau pour la peler. Ceci étant fait, il congédia le serviteur et vérifia s’il n’y avait personne d’autre dans la salle où il se trouvait. Hérode prit le couteau et au lieu de peler sa pomme, il l’éleva à hauteur d’épaule comme s’il eut voulu se transpercer la poitrine. Au même moment son neveu Achiab qui venait d’entrer dans la salle se précipita sur son oncle en criant à l’aide et en retenant son bras de toutes ses forces.

Immédiatement le bruit courut au Palais qu’Hérode était mort. Cette rumeur descendit jusqu’aux prisons du sous-sol où Antipater était enfermé et enchaîné. Son espoir de régner revint et il promit à son geôlier une véritable fortune s’il le libérait immédiatement.

Très prudent le garde demanda à voir Hérode en se disant s’il est mort, il sera toujours temps de libérer son fils. Voyant que le roi était toujours en vie, le garde lui confia les dernières paroles d’Antipater, celui-ci se redressa malgré ses douleurs et donna ordre à l’un de ses gardes d’aller immédiatement le tuer. Ainsi, Antipater précéda seulement de cinq jours son père au royaume de la mort.

Le lendemain Hérode modifia encore une fois son testament en partageant son royaume en quatre provinces dont trois allaient à ses fils :

ARCHELAUS était proposé comme roi de Judée et de Samarie

Hérode ANTIPAS serait nommé Tétrarque de Galilée et de Pérée

Hérode PHILIPPE était proposé Tétrarque de Traconite et Gaulanite

Salomée recevait sous réserve de l’accord d’Auguste : les régions de Jamnia, Azot et Phasaélite avec 50 000 pièces d’argent.

Auguste recevait sa vaisselle d’or et d’argent avec une quantité de meubles d’art précieux et dix millions de pièces d’argent, et il ajouta cinq autres millions de pièces pour l’Impératrice.

Ce furent vraiment ses dernières volontés car il rendit son dernier soupir une semaine avant la PAQUE de l’an -4 avant notre ère. Il était âgé de soixante dix ans et avait régné durant trente quatre ans sur la Palestine, après avoir chassé Antigone de Jérusalem.

On garda secret durant quelques heures la nouvelle de sa mort afin de permettre à Salomée et à Alexas de faire remettre en liberté tous les malheureux pères de famille qui étaient enfermés dans l’Hippodrome de Jéricho. Il dirent à Ptolémée, garde du sceau d’Hérode, qu’Hérode avait changé d’avis et exigé leur libération …

Plus tard lorsque la mort du roi fut connue on invita tout le peuple à se rassembler dans l’Amphithéâtre afin qu’en présence de la famille royale, on lise publiquement son dernier testament.

Cette lecture achevée tout le peuple cria  » vive le roi Archélaüs  » puis les gens de guerre et leurs chefs promirent fidélité au nouveau roi en lui souhaitant un heureux règne.

Comme on le constate dans toute la biographie d’Hérode le Grand, que nous a fidèlement rapportée l’Historien Flavius Josèphe, il n’est nulle part fait mention de mages venus d’Orient ayant entraîné le massacre des petits enfants de Bethléem ! La pensée de Matthieu n’est donc à considérer qu’au sens symbolique.

Ce sont donc Archélaüs et Hérode Antipas les deux fils de Maltake, la samaritaine et 6ème épouse d’Hérode le Grand qui furent proposés au gouvernement des deux plus grandes régions du royaume.

Archélaüs organisa des funérailles grandioses pour son père où vinrent de nombreux rois et chefs romains pour lui rendre un dernier hommage. Le corps embaumé d’Hérode reposait sur un lit d’or, de pierres précieuses et de pétales de roses. Il portait une couronne d’or sur la tête et un sceptre dans la main. Son catafalque était tiré par une armée d’esclaves. Suivait la famille, les officiels et des groupes de jeunes filles en robe blanche qui chantaient des cantiques, puis venaient ses compagnies de gardes thraces, allemandes et gauloises qui défilèrent équipés de leurs tenues et armes de combat.

Enfin cinq cent officiers, affranchis et domestiques qui portaient des parfums, fermaient ce long cortège qui parcourut les huit stades allant du palais de Jéricho au Mausolée de l’Hérodium.

 

  1.  Les problèmes de la SUCCESSION D’HERODE

Herod_Archelaus_I

Selon la coutume juive la famille royale et les habitants du pays observèrent un deuil national de sept jours. Puis Archélaüs offrit un festin au peuple et monta au temple pour offrir des sacrifices.

Lorsqu’il se fut assis sur le trône en or de son père il reçut le peuple qui vint lui témoigner sa joie et son affection. Toutefois il lui demanda de ne pas l’appeler roi, tant qu’Auguste n’avait pas donné son accord. Devant un tonnerre d’acclamations il demanda au peuple ce qui lui ferait plaisir ?

les uns dirent moins d’impôts et de tributs aux romains

d’autres l’abolition des péages et des droits sur les marchandises

certains demandèrent la libération de tous les prisonniers politiques que Hérode avait incarcéré dans ses forteresses depuis si longtemps

enfin les derniers demandèrent la tête des soldats d’Hérode et des conseillers d’Hérode et en particulier ceux qui venaient de brûler vifs le Maître Mathias et ses quarante jeunes disciples.

Archélaüs leur répondit qu’il n’était pas encore roi, mais qu’il désirait l’union et la paix et qu’il fallait attendre son retour de Rome pour savoir si Auguste lui donnait le royaume.

Sachant que la Pâque était proche, Archélaüs redoutait qu’un nombre encore plus grand de pèlerins juifs ne viennent de tous pays pour célébrer la mort du tyran et rendre hommage à Dieu dans le temple. D’où un risque considérable de révolte pouvant dégénérer en émeutes, c’est ce qui arriva lorsque des factieux s’installèrent dans le temple et exhortèrent les autres juifs de passage à la révolte.

Archélaüs envoya une compagnie à l’extérieur avec mission de lui amener les meneurs, mais la foule se jeta sur eux et les tua presque tous ! C’est à peine si l’officier parvint à s’échapper. Archélaüs donna ordre à toute son armée d’envahir le temple et à la cavalerie de poursuivre ceux qui se sauveraient. Trois mille cadavres restèrent sur les parvis du temple tandis que les dissidents s’enfuirent dans les montagnes pour se mettre à l’abri. Un beau début de règne !

Une semaine après avoir réprimé les séditieux, Archélaüs laissa la conduite du royaume à son demi-frère Philippe et partit en direction de Rome pour se présenter à l’Empereur. Il emmena avec lui sa mère, Nicolas de Damas, Salomée sa Tante et plusieurs de ses amis venus pour témoigner de son innocence dans le grand massacre du temple.

De son côté Hérode Antipas se mit également en route pour Rome en emmenant avec lui  » Antipater le 4ème fils de Salomée  » qui vouait à Archélaüs une haine tenace et une jalousie enracinée de longue date.

En arrivant au port de Césarée Archélaüs rencontra Varus et Sabinus, l’intendant d’Auguste en Syrie. Sabinus qui voulait s’approprier les biens et richesses du défunt Hérode conservés dans les forteresses de Jérusalem et alentours, se vit interdire ce projet par Varus qui ordonna avant toute chose d’attendre la décision d’Auguste pour la succession et le partage des biens du roi décédé.

A peine Archélaüs se fut embarqué pour son long voyage vers Rome et que Varus s’en fut retourné à Antioche, Sabinus transgressa les ordres et vint s’installer dans l’ancien palais d’Hérode. Il commanda aux trésoriers généraux de lui remettre les comptes et ordonna aux responsables de Jérusalem de mettre les forteresses de la ville entre ses mains. Ce qui provoquaune révolte dans le peuple.

Craignant que les juifs ne se soulèvent durant le voyage des futurs Tétrarques, Varus avait laissé dans Jérusalem une légion de romains chargée de réprimer tous débuts de troubles. Sabinus qui était très avare fouilla les endroits où Hérode aurait pu cacher ses trésors.

Les juifs en furent si irrité qu’à la fête de la Pentecôte ils vinrent de tous les coins du royaume pour se rassembler à Jérusalem et essayer de soulever le peuple contre Sabinus. Les juifs se séparèrent en trois groupes : l’un occupa l’hippodrome, le second assiégea le temple et le troisième assiégea le palais royal. Sabinus fut étonné de l’émoi qu’il avait suscité et il écrivit à Varuspour lui demander de venir le secourir le plus rapidement possible lui et la légion qui devait assurer la sécurité de Jérusalem. Puis Sabinus monta sur la plus haute tour de Jérusalem (la tour Phasaël) pour faire signe aux romains de tenter une sortie.

Les romains sortirent et plusieurs juifs furent tués dans ce combat, une partie des assaillants juifs monta sur les portiques de la dernière enceinte du temple d’où ils jetèrent une quantité de pierres sur les soldats romains. Ceux-ci ripostèrent en mettant le feu aux portiques en bois du temple et alimentèrent les flammes avec tout le bois qu’ils purent trouver. Les flammes montèrentet embrasèrent toute cette partie de l’édifice en brûlant gravement de nombreux combattants. Les autres qui n’étaient pas armés furent tués en se sauvant par les légionnaires qui les attendaient.

Puis les romains entrèrent dans le temple et cherchèrent avidement l’endroit où était caché le trésor du temple : l’argent consacré à Dieu. Les soldats se remplirent leur poche et Sabinus n’obtint que quatre cent talents pour satisfaire son avarice. L’autre groupe qui encerclait le palais royal envoya un ultimatum à Sabinus pour qu’il se rende, mais lui préféra attendre le secours de Varus.

Simultanément de nombreux troubles éclatèrent dans les autres provinces du royaume. On volait, on brûlait, on égorgeait pour se venger.

Deux mille mercenaires étrangers, anciens soldats d’Hérode le Grand qui venaient d’être licenciés se regroupèrent pour attaquer Achiab le neveu d’Hérode qui n’osa pas les attaquer en rase campagne.

Séphoris, la ville près de Nazareth qui fut longtemps  » Capitale de Galilée  » jusqu’à ce que Hérode ne construise Tibériade et ne lui transfère ce titre, se vit menacée par Judas, fils du voleur Ezéchias qu’Hérode avait en son temps exécuté (motif pour lequel il avait dû comparaître devant le Sanhédrin.) Ce bandit écuma tous les villages voisins et annonça qu’il prétendait à la couronne de Judée ! Non pas qu’il eut les capacités nécessaires à ce suprême degré d’honneur, mais parce qu’élevé au rang de chef des brigands il pensait que comparé aux actes du roi qui l’avait précédé, la charge ne devait être ni plus difficile, ni guère différente.

Il s’empara des arsenaux du roi, les arma en sa faveur et déclara la guerre à tous ceux qui contestaient son autorité.

Un autre illuminé, un certain Simon ancien régisseur d’Hérode, fut assez hardi pour annoncer qu’il se mettrait la couronne sur la tête, la folie du peuple alla jusqu’à le proclamer roi. Il commença par mettre le feu au palais royal de Jéricho. Satisfait de son pouvoir, il continua par en brûler plusieurs autres et les laissa piller par ses gens. Il aurait continué ses méfaits si Gratus qui commandait les troupes du royaume ne s’était joint aux romains pour aller le combattre. Les rebelles qui ignoraient l’art de la guerre, furent défaits, Simon qui s’enfuyait fut rattrapé, puis Gratus lui fit trancher la tête.

Un peu plus loin une nouvelle bande avait mis le feu au palais royal d’Amatha. La Judée était à feu et à sang et on commençait seulement maintenant à reconnaître le mérite d’Hérode le Grand :

 » Par la crainte il était arrivé à imposer l’ordre et à garantir les droits, les biens et la sécurité des sujets du royaume. »

Un berger nommé Atronge, issu de simple naissance, se déclara roi uniquement parce qu’il se croyait physiquement plus fort que les autres et engagea ses quatre frères comme chefs de bandes rebelles. Pendant que ses puînés allaient piller de part et d’autre, il se promenait avec la couronne sur la tête, délibérait des affaires et ne supportait pas qu’on désobéisse à sa suprême autorité !

De temps à autre il attaquait des convois romains, des marchands juifs pour les dévaliser ou même les troupes régulières du défunt Hérode. Un jour il rencontra près d’Emmaüs un détachement romain chargé de porter à leurs troupes du blé et des armes. Il les attaqua tua Arius leur chef avec quarante des plus vaillants des siens. L’intervention subite de Gratus sauva heureusement tout le reste du détachement.

Enfin trois des frères furent vaincus et capturés : le premier fut pris par Gratus, le second mourut au combat, le troisième fut pris par Ptolémée, Atronge fut capturé par les soldats d’Archélaüs et le dernier de la famille, fatigué et malade se rendit sur la promesse de l’oncle d’Archélaüs d’avoir la vie sauve.

C’est dans cette anarchie complète qu’intervint VARUS à la tête de deux légions stationnées en Syrie et de quatre compagnies de cavalerie. En cours de route il reçut le renfort de 1.500 cavaliers venus de Béryte. ARETAS, le roi des arabes, lui envoya à Ptolémaïs un corps considérable de cavalerie et d’infanterie dans l’espoir de faire quelques dégâts aux juifs pour venger les affronts qu’Hérode lui avait fait subir par le passé.

Le fils de Varus qui commandait une partie des troupes reprit Séphoris et fit vendre à l’encan ( marché public d’esclaves ) tous les juifs qui avaient osé lui résister.

Varus à la tête de son armée campa dans un village nommé Arus qui appartenait à Ptolémée. Les arabes y mirent le feu. A Sampho les arabes prirent la place, la pillèrent et la brûlèrent, comme beaucoup d’autres villes. Les romains firent de même, Varus pris possession de la ville d’Emmaüs que la habitants avaient abandonnée. Varus la fit brûler pour venger tous les romains qu’on y avait tués.

Dès que les juifs apprirent à Jérusalem la venue en force de Varus ils levèrent le siège et décampèrent. Sabinus les imita secrètement. Les habitants et le petit-fils d’Hérode vint au devant de Varus qui les réprimanda sévèrement. Varus ordonna une enquête pour connaître les meneurs des troubles et ainsi : 2.000 JUIFS furent CRUCIFIES !

Varus était sur le point de se retirer lorsqu’il apprit que 10.000 juifs s’étaient à nouveau rassemblés. Il alla en toute hâte à la rencontre des belligérants, mais ceux-ci préférèrent se rendre sans condition à Achiab chef des troupes royales. Varus étant arrivé il fit enchaîner les chefs des rebelles et les envoya à Auguste qui pardonna à la plupart. Après que Varus eut ainsi rétablit la paix et le calme dans tout le royaume, il laissa dans Jérusalem la même légion qui y était auparavant et retourna à Antioche.

 

  1.  AUGUSTE reçoit les délégations juives à ROME

 

Pendant ce temps les deux groupes de la même famille menés l’un par ARCHELAUS et l’autre par Hérode ANTIPAS étaient arrivés à Rome. L’empereur Auguste leur avait donné une audience dans son palais pour les recevoir tous ensembles devant son conseil.

Archélaüs fit présenter à l’Empereur le dernier testament d’Hérode scellé par Ptolémée que son père rédigea quatre jours avant sa mort. Après qu’Auguste eut lut les différents mémoires auxquels s’ajoutèrent les lettres de Varus concernant les problèmes rencontrés en Palestine depuis le départ du futur roi et les lettres du fourbe Sabinus, il assembla son conseil présidé par Caïus César, fils d’Agrippa et de Julie sa fille adoptive, il reçut les deux prétendants au trône et leurs conseillers pour les entendre.

C’est ANTIPATER IV, fils de Salomée et ennemi d’Archélaüs qui prit la parole en disant qu’Archélaüs s’était déjà déclaré roi et assis sur le trône de Judée sans attendre l’avis de César Auguste.

D’avoir délivré les prisonniers qu’Hérode avait fait emprisonner, accordé au peuple des grâces hors ses compétences et surtout ordonné le massacre dans le temple de nombreux juifs, venus pour prier mais qui s’étant rebellés contre l’autorité de Rome avaient donc mérité leur mort.

Archélaüs aurait eu si peu d’amour pour son père qu’il aurait festoyé toute la nuit où son père mourut et le lendemain il aurait versé des larmes hypocrites comme un acteur de théâtre. Antipater acheva sa plaidoirie en citant comme témoins plusieurs membres de la famille.

Nicolas de Damas qui représentait la partie adverse argumenta que les hommes tués dans le temple l’avaient mérité puisqu’ils avaient auparavant tué une compagnie de la sécurité du royaume. Qu’ainsi ils avaient violé les lois de l’Empire. Si Archélaüs avait été proclamé roi c’est avec le consentement de l’empereur qui avait autorisé Hérode à faire son choix. Ce dernier choix ayant été fait juste avant sa mort, devant témoins qui ont affirmé et reconnu qu’en ce moment le roi HERODE était libre et totalement sain d’esprit, il serait injuste de modifier ses dernières volontés dont la famille ici présente n’attendait plus que la confirmation de la bonté de l’Empereur.

Quand Nicolas eut achevé sa plaidoirie, Archélaüs se jeta à genoux devant Auguste qui le releva avec beaucoup de douceur. Il lui laissa espérer qu’il ne ferait rien de contraire au testament et qu’il le jugeait digne de régner. Sur quoi il ajourna sa décision finale.

Quelques jours après Malthace, mère des deux prétendants au trône tomba malade et mourut à Rome. Auguste apprit par courrier les nombreux troubles qui ont nécessité l’intervention de Varus et l’aide apportée par les pays voisins pour mâter la rébellion.

Après que tous ces troubles eurent agité la Judée, vint à Antioche une délégation de cinquante juifs pour demander à Varus la permission de se rendre à Rome pour demander à l’Empereur de les exempter d’obéir aux descendants d’Hérode et de rattacher les provinces de Palestine sous la tutelle du gouvernement de Syrie.

Varus leur ayant accordé cette requête, ils partirent pour Rome et demandèrent audience à l’empereur. Plus de huit mille juifs demeurant à Rome vinrent avec eux pour appuyer leur demande.

L’empereur organisa une grande assemblée dans le temple d’Apollon et y laissa entrer…la délégation juive et la famille d’Hérode.

Les ambassadeurs n’y allèrent pas de main morte car ils dressèrent un véritable réquisitoire contre la mémoire d’Hérode en essayant de démontrer sa cruauté et les préjudices portés à ceux qu’il avait tués ou emprisonnés, il aurait même violé une quantité de jeunes filles et de femmes de condition qui n’auraient eut qu’un seul soulagement, celui de perdre tout souvenir de cesinfâmes outrages.

Puis ils s’attaquèrent au début de règne d’Archélaüs qui apparemment ne valait pas mieux que son père ! Qu’en conséquence ils imploraient l’Empereur de leur donner une chance pour prouverleur bonne conduite et leur obéissance aux lois romaines en les unissant au gouvernement de Syrie et en rejetant la dynastie des Hérodiens.

Auguste donna ensuite la parole à Nicolas de Damas devenu subitement le défenseur de toute la famille d’Hérode le Grand qui se retrouvait soudain mise au banc des accusés.

Il trouva étrange que l’empereur étant jugé si bon et si juste que personne n’avait trouvé utile de venir accuser Hérode du vivant de l’accusé ! Car si ces dires avaient été fondées, Auguste n’aurait pas manqué de punir ces crimes si odieux, mais maintenant qu’Hérode était à peine enterré il était indécent de déshonorer sa mémoire !

En ce qui concernait Archélaüs il était innocent et plein de bonne volonté mais il avait dû agir rapidement de la sorte, de peur que cette rébellion n’enflamma tout le royaume. D’ailleurs ces juifs n’avaient-ils pas enfreints les lois en assassinant froidement les soldats de César chargés de maintenir l’ordre. En conséquence il les accusait d’être des  » séditieux incapables d’obéir à toutes lois. « 

Quelques jours après Auguste rendit son verdict :

Il accorda à Archélaüs le titre d’Ethnarque avec promesse de l’ établir roi s’il s’en rendait digne par sa vertu. Il reçut la Judée, l’Idumée et la Samarie. Etaient inclus : la Tour de Straton (Sébaste), Yppon et Jérusalem. Mais les villes de Gaza, Gadara et Joppé étaient redonnées au gouverneur de Syrie.

son frère Antipas fut nommé Tétrarque de Galilée avec le pays situé au delà du fleuve Jourdain.

hqdefault (20)

Philippe, le demi-frère fut nommé Tétrarque de Trachonite, de Bathanée, et de l’Auranite et une partie autour de Jamnia ayant appartenu à Zénodore.

quant à Salomée outre les villes de Jamnia, Azot, Phazaélide et le reste qu’Hérode lui avait légué. Auguste lui ajouta un palais dans Ascalon.

Auguste rendit aux enfants d’Hérode les mille talents qu’il lui avait offert et ne garda que quelques vases en souvenir de lui. Quelques jours après la famille d’Hérode le Grand s’en retourna vers la Palestine, chacun dans son bateau et avec ses amis.

Pendant ce voyage un juif de Sidon qui habitait chez l’affranchi d’un citoyen romain, décida de porter sa candidature au trône de Judée parce qu’il ressemblait physiquement à Alexandre le fils de Mariamne comme un jumeau. Il alla trouver un ancien domestique d’Hérode qui l’informa de tout ce qui concernait la vie intime d’Alexandre, si bien que tous ceux qui avaient conversé avec Alexandre, juraient sous serment qu’Alexandre était revenu. Pour expliquer sa disparition il argumentait qu’il avait été sauvé par un fidèle et pieux soldat officiellement chargé de les exécuter.

Il s’en alla d’abord en Crète, puis dans l’île de Mélos où il reçut des juifs tant d’argent et tant d’enthousiasme qu’il se résolut d’aller à Rome pour demander le royaume à Auguste.

Auguste considéra attentivement cet imposteur et constata qu’il avait les mains calleuses et qu’il parlait plutôt comme un homme du peuple. Il lui dit alors à l’oreille : si vous me dites à moi seul la vérité, je vous laisserai la vie sauve. Mais comme un tel subterfuge dépasse votre âge, dites-moi donc qui vous a incité dans une telle entreprise ?

Ces paroles surprirent tellement le faux Alexandre qu’il avoua tout à son juge. Auguste fit pendre celui qui l’avait si bien instruit et respecta sa promesse en envoyant la doublure d’Alexandreaux galères. Quant aux juifs de Mélos et de Crète, ils ne revirent jamais l’argent qu’ils avaient dépensé.

 

  1.  Le règne d’ARCHELAUS et la mort d’AUGUSTE

 

Le nouvel Ethnarque Archélaüs fit rebâtir le palais Royal de Jéricho et partagea les eaux de Néara pour irriguer une grande palmeraie voisine et alimenter une nouvelle bourgade qu’il nomma Archélaïde.

Puis il épousa Glaphyra (fille d’Archélaüs roi de Cappadoce) et veuve de son demi-frère Alexandre dont elle avait eut deux fils. Après la mort d’Alexandre, son père l’avait remariée à JUBA, roi de Lybie, qui lui aussi décéda rapidement. A peine fut-elle remariée à Archélaüs de Judée qu’elle eut un songe prémonitoire où son premier époux Alexandre vint lui annoncer sa mort prochaine. Elle raconta ce songe à ses amies et mourut quelques jours après…

Neuf années après avoir été Ethnarque de Judée Archélaüs fut dénoncé par les juifs auprès d’Auguste qui l’accusèrent d’être un tyran sans aucune bonté. Auguste le fit convoquer par son agent de Rome qui arriva dans son palais en plein festin. Il lui fit part des ordres d’Auguste et Archélaüs l’accompagna à Rome. Archélaüs n’ayant guère trouvé d’arguments valables pour sa défense, Auguste lui confisqua tous ses biens et l’envoya en exil à Vienne près de Lyon.

En l’an + 6 Auguste nomma Cyrénius (ex-consul) Gouverneur de Syrie, à la place de Varus qui fut envoyé combattre la révolte en Germanie. La province d’Archélaüs fut alors annexée à celle de Syrie.

Cyrénius reçut l’ordre de vendre le palais d’Archélaüs et de faire un recensement général des hommes et de tous leurs biens, ainsi que du patrimoine d’Archélaüs dont il se saisit de tout l’argent.

A ses côtés Auguste avait nommé COPONIUS, un chevalier romain, chef d’un corps de cavalerie, comme premier PROCURATEUR DE JUDEE mais qui était placé sous l’autorité directe du gouverneur de Syrie.

Les juifs prirent assez mal ce recensement de leurs biens, mais le Grand-Prêtre Joasar les persuada de ne pas y résister. Peu de temps après un certain JUDAS qui était gaulanite de la ville de Gamala qui était assisté d’un pharisien nommé Sadoc excita le peuple à la révolte en déclarant que ce dénombrement n’était qu’une manière camouflée qui devait bientôt les conduire à l’esclavage. Il les exhorta à défendre vaillamment leur liberté et leur dit que Dieu leur serait favorable s’il combattaient pour le maintien de leurs droits. Il proposa l’institution d’une nouvelle secte (parti des membres zélotes – ou membres de la résistance active dans la lutte contre les romains)

Même si l’auteur ne mentionne pas le nom de zélotes qui apparaîtra plusieurs fois dans les Evangiles, il décrit ses membres qui sont comparables en tous points aux pharisiens excepté que ceux qui en font profession (serment) ne reconnaissent que Dieu pour Seigneur et Roi. Il préfèrent endurer toutes sortes de tourments plutôt que de souffrir dans leur amour inconditionnel pour la liberté.

Flavius affirme que ces deux hommes créèrent des troubles incroyables dans tout le pays : ce n’était que meurtres et brigandages. On pillait pour s’enrichir indifféremment les amis et les ennemis sous prétexte de protéger la liberté publique et on tuait même les gens de haute condition. Durant cette guerre civile on força les villes à se soumettre aux rebelles et il s’en suivit une nouvelle famine.

Joazar, fils de Boétus était Grand-Prêtre mais on l’accusait d’avoir soutenu le parti des révoltés, Cyrénius attribua le titre de Grand- Prêtre à Eléazar, frère de Joazar. Peu de temps après il le reprit pour le donner à Jésus, fils de Sias ( Liv. XVII – chap. XV ) !

Mais au ( Liv. XVIII chap. III ) Josèphe indique qu’en l’an + 6 (soit 37 ans après la bataille d’Actium qui eut lieu en -31 ) Cyrénius gouverneur de Syrie, ôta la charge de Grand Prêtre à Joasar pour la donner à Ananus, fils de Seth.

     Les premiers procurateurs de Rome en Judée :      

Coponius de + 6 à 8

Marcus Ambivius 9 à 12

Annius Rufus de 12 à 15

Valerius Gratus de 15 à 26

Pontius Pilatus de 26 à 36

170px-Caesarea_Maritima_2010-09-23_09-28-35_2

Dans les deux autres Tétrarchies la vie fut beaucoup plus calme et ces deux pays et leurs terres annexées gagnèrent en prospérité …

Hérode Antipas reconstruisit Séphoris, et en la fortifiant d’un deuxième rempart en fit la plus forte place fortifiée de la Galilée. Il fortifia également Bératamphtha et la nomma Juliade en l’honneur de l’impératrice.

Hérode Philippe II embellit Panéade qui est au pied du Mont Hermon (Liban) et la baptisa aussi Césarée. Il agrandit de telle sorte Bethsaïda, le bourg au bord du lac de Génésareth qu’on le prit pour une grande ville prospère, il lui donna le deuxième nom de Juliade en l’honneur de Julie fille d’Auguste.

A la Pâque de l’an + 7 des samaritains vinrent durant la nuit pour jeter des ossements humains dans les galeries et les cours du temple de Jérusalem afin de le rendre impur durant les jours de fêtes.

L’an + 9 fut une année noire pour les romains en Germanie. Varus ayant imposé de trop nombreuses réformes et voulant conquérir la Bohême se fit prendre au piège des Teutons en regagnant ses camps d’hiver en Westphalie, il s’enlisa dans les marécages de Teutoburg. Paralysé par ses propres chariots remplies des familles des trois légions et des neuf corps auxiliaires de son armée tous embourbés, il fut harcelé sous la pluie par un ennemi insaisissable qui massacrait tous les romains sans pitié. Soudain une rumeur circula : Varus et ses principaux officiers venaient de se suicider ! La panique fut complète, l’armée fut sauvagement décimée et mutilée dans une déroute totale.

An + 13 Auguste fête ses soixante quinze ans et comme il est malade, il rédige son testament en désignant Tibère le fils de son épouse (adopté en + 4) comme successeur au trône.

Le 14 septembre de l’an 14 il est à Capri pour se reposer. Une tenace dysenterie l’a considérablement affaiblie. Il va à Naples pour assister aux jeux organisés en son honneur, mais il rentre à Nole et sentant venir la fin, il dit à Tibère et à ses amis en souriant :

Si vous trouvez que j’ai bien joué le rôle de ma vie, alors saluez-moi et battez des mains avec plaisir en applaudissant le dernier acte…

Il rendit l’âme à 21 heures et Tibère, âgé de 56 ans lui succéda.

turquie156

 

 

BIBLE, ENFANCE DE JESUS, EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, JESUS-CHRIST, LA FUITE EN EGYPTE, LA FUITE EN EGYPTE DE LA SAINTE FAMILLE, MEDITATIONS, NOEL, NOUVEAU TESTAMENT

La fuite en Egypte de la Sainte Famille

 

La Fuite en Égypte

59

Après la visite des bergers, celle des images Marie, Joseph et l’enfant Jésus sont restés à Bethléem. Ils veulent restés un peu seuls avec l’enfant, ils voudraient retrouver le calme après toute cette agitation autour du nouveau-né. S’ils savaient au fond de leur cœur que cet enfant n’était pas comme les autres, ils n’imaginaient pas que leur vie serait à ce point bouleversée. Ils savent bien que cet enfant est venu dans ce monde : ils se remémorent les paroles qu’ils ont entendues de la bouche de l’ange.

Marie se souvient  de ces paroles : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu (Luc 1, 35)

Joseph aussi médite en silence ce qu’il a entendu dans son sommeil : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »(Matthieu 1, 21-22).

Dans le silence de leur maison, tous les deux ils contemplent cet enfant qui leur donné pour apporter la consolation d’Israël mais ils ignorent tout de la manière dont cela se fera. Alors pour l’instant ils reprennent leur vie quotidienne  et faire ce que tous les parents du monde font pour un nouveau né !

Mais voilà qu’une nuit alors que Joseph dormait sans doute profondément l’ange du Seigneur vient et lui dit : « Prends l’enfant et sa mère, fuis en Egypte car Hérode recherche l’enfant pour le faire périr ! » Alors Joseph se lève dans la nuit, il réveille Marie et lui dit ce qu’il faut faire suite à cette annonce. En hâte ils rassemblent quelques affaires : comme ils n’ont pas grand-chose à emporter le balluchon est vite fait ! Comme tous ceux qui fuient la guerre, les persécutions Joseph et Marie n’emportent que le nécessaire ! Les pauvres dans ces cas-là n’emportent guère de richesses, rien que le nécessaire pour la route.

8768560-13862940

Alors Joseph prends l’âne, y installe Marie et l’enfant ainsi que de maigres affaires. Et les voilà partis une nouvelle fois sur les routes, sur de mauvaises routes. Et cela représente environ 600 kilomètres ; à cette époque cela représente un long voyage car il n’y a ni route goudronnées, ni voiture ni avion ! Alors tout au long de ce périlleux et fatigant voyage ils se rappelleront les étapes parcourus par leur peuple : le séjour de Joseph, l’arrivée de Jacob en terre d’Egypte, le long temps d’esclavage, l’esclavage et la délivrance du peuple par Moïse. d’Egypte à la terre.

Malgré leur inquiétude, malgré toutes les fatigues et les incertitudes du lendemain il y a une promesse que Marie et Joseph doivent sans doute murmurer dans leur cœur : « D’Egypte j’ai appelé mon fils ! »(Osée 11,1).

Le périple égyptien

Selon la tradition, la première halte de la Sainte Famille a eu lieu dans la ville de Farma, à l’est du Nil. Puis ils auraient continué jusqu’à Mostorod, un village au nord du Caire. La tradition raconte qu’après leur passage, une source aurait jailli près de la ville. Ils se sont ensuite arrêtés à Sakha, où l’église de la Sainte Famille garde encore aujourd’hui une pierre ayant conservé l’empreinte de pas de l’Enfant-Jésus.  

Puis ils se sont dirigés vers Wadi El Natroun, avant de s’arrêter aux portes du Caire. Ici, un arbre les aurait protégé du soleil. Lors du voyage, ils auraient vraisemblablement vu les anciennes pyramides d’Égypte. Peut-être se sont-ils même arrêtés pour les contempler.

La Sainte Famille s’est ensuite rendue au Vieux Caire, puis s’est dirigée vers le sud pour arriver dans la région de Maadi, où ils ont embarqué sur un petit bateau en direction de Deir El Garnous et de Gabal Al-Teir.

Leur séjour le plus long en Égypte était à Gabal Quoskam. Ils seraient restés ici environ six mois. Avant de rentrer chez eux, ils auraient fait une dernière halte à Assiout. Le peuple copte est très fier de ce chapitre spécial de la vie de Jésus et conserve une dévotion très forte à la Sainte Famille, qui a voyagé et vécu parmi eux durant les premières années de la vie de Jésus.

©Claude-Marie T.

Pyramides-GEO-Ado-2016

*******************************************************************

 

« Après [le départ des mages], voici qu’un ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil, et lui dit :   « Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse ; car Hérode va rechercher l’Enfant pour le faire périr.  »
Joseph se leva, et la nuit même, prenant l’Enfant avec sa mère, il se retira en Egypte. Et il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce qu’avait dit le Seigneur par le Prophète : « J’ai rappelé mon fils d’Egypte.  »
Alors Hérode, voyant que les Mages s’étaient joués de lui, entra dans une grande colère, et envoya tuer tous les enfants qui étaient dans Bethléem et dans les environs, depuis l’âge de deux ans et au-dessous, d’après la date qu’il connaissait exactement par les Mages.
Alors fut accompli l’oracle du prophète Jérémie disant :
Une voix a été entendue dans Rama, des plaintes et des cris lamentables : Rachel pleure ses enfants ; et elle n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont plus.

Hérode étant mort, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph dans la terre d’Egypte, et lui dit :   « Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, et va dans la terre d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie de l’Enfant sont morts.  »
Joseph s’étant levé, prit l’Enfant et sa mère, et vint dans la terre d’Israël. Mais, apprenant qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode, son père, il n’osa y aller, et, ayant été averti en songe, il se retira dans la Galilée et vint habiter une ville nommée Nazareth, afin que s’accomplît ce qu’avaient dit les prophètes :  «Il sera appelé Nazaréen ». 

 

(Matthieu 2, 13-23)

fuiteenEgypte-Millet250

 

*******************************************************************

La Fuite en Égypte et le massacre des Innocents sont racontés dans un passage de l’Evangile selon Matthieu (Mt 2, 13-23) qui forme une unité rédactionnelle.

Les deux textes font partie du Sondergut de cet évangile.

Selon Matthieu, le roi Hérode Ier envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans qui se trouvaient dans la ville. Joseph, prévenu par un songe, s’enfuit avec l’enfant Jésus et sa mère en Egypte, où ils restèrent jusqu’à la mort d’Hérode. Cependant, comme le fils d’Hérode, Archélaüs,  régnait sur la Judée à la suite de son père, Joseph s’installa avec sa famille à Nazareth en Galilée.

Le texte

 « Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. » (Math 2, 12-15)

Traditions

Le chemin parcouru selon la tradition chrétienne s’appelle le Chemin de la Sainte Famille, et est en passe d’être reconnu au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

itineraire

******************************************************************

 

Période romaine de l’Égypte

empire-romain-carte

L’Égypte dans l’Empire romain, vers 120

L’Egypte est sous la domination romaine en – 30. Elle conserve un statut particulier durant tout l’Empire romain. Le pays reste un des principaux greniers à pour Rome, ainsi que la source de matériau utilisés à Rome tels que le granite, extrait du Mont Claudianus et le porphyre, extrait du Mons Porphyrites, qui transitaient via Coptos. La religion égyptienne continue de rayonner dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Le pays bénéficie de la Pax Romana pendant plusieurs dizaines d’années.

Histoire

Après la mort de Cléopatre VII, l’Égypte devient une province de l’Empire romain, gouvernée par un préfet choisi par l’empereur, et non par un gouverneur de l’ordre sénatorial. L’héritage des Ptolémées d n’est cependant pas totalement effacé : le grec reste une langue courante dans l’administration. Il n’y a pas de colonisation massive de l’Égypte par les Romains. Ces derniers respectent et même adoptent le panthéon et le culte égyptiens, même si le culte de l’empereur et de Rome est progressivement introduit.

Les premiers préfets romains en Égypte :

Gaius Conellius Gallus ;

Gaius Aelius Gallus

Gaius Petronius.

Après la destruction du temple de Jérusalem par les Romains en 70, Alexandrie en  devient l’un des grands centres d’immigration et d’études juives. Sous Trajan, , une révolte des Juifs d’Alexandrie entraîne la suppression de leurs privilèges.

Hadrien visite plusieurs fois l’Égypte et fonde la ville d’Antinoupolis, en mémoire de son jeune amant Antinoüs qui s’était noyé dans le Nil, qu’il relie au port de Bérénice sur la Mer Rouge. Sous Marc-Aurèle, une importante révolte éclate, attribuée aux boukoloi, les bouviers du delta du Nil. Cette révolte trouve sans doute ses causes en partie dans les difficultés que connaît la province. Les crues du Nil ont été faibles, l’épidémie dite de la « peste antonine » touche la province et l’on assiste à la fuite de nombreux paysans face aux exigences fiscales. La révolte éclate vers 169 et semble culminer en 172,  elle fut suivie de plusieurs répressions de la part des Romains, mais aussi d’une remise d’impôt. On a pu voir dans cette période la fin de la prospérité égyptienne. En 175, Avidius Cassius, qui a dirigé les forces romaines durant la révolte, se déclare lui-même empereur et est reconnu par les armées de Syrie et d’Egypte. L’usurpateur est finalement abattu, et l’empereur rétablit la paix après une visite à Alexandrie. Une autre révolte éclate en 193 lorsque Pescennius Niger est proclamé empereur à la mort de Pertinax. Plus tard, l’empereur Septime Sévère donne une constitution à la ville d’Alexandrie.

L’empereur Caracalla (2011 à 217) accorde la citoyenneté romaine aux Égyptiens libres, comme à tous les habitants de l’Empire.

Le IIIè siècle  est marqué par une série d’usurpations et de guerres, en Égypte comme dans l’ensemble de l’Empire romain. Entre 270 et 272, la reine de Palmyre, Zénobie domine l’Égypte à la suite d’une invasion rapide. Deux généraux basés en Égypte, Probus et Domitius Domitianus, mènent des révoltes et deviennent empereurs. L’empereur Dioclétien reprend l’Égypte en main, et réorganise la province à la fin du IIIè siècle.

Les empereurs romains

À la chute des Ptolémées, les traditions égyptiennes sont restées en usage et la religion pharaonique est toujours respectée du pharaon Djéser à l’empereur Hadrien.

Si l’Égypte est importante aux yeux des Romains, c’est avant tout parce que le pays, avec la Tunisie, est le grenier à blé de l’empire. L’Égypte appartient personnellement à l’empereur et non au Sénat. L’époque romaine est une période assez honteuse pour les Égyptiens, considérés comme des personnes de basse catégorieIls endurent des conditions de vie difficiles.

Des temples sont construits, ou bien les Romains embellissent ou achèvent les temples commencés par les Ptolémées. L’art de cette époque est grossier et sans comparaison avec l’époque deSéthi. Ainsi sont construits la ville d’Antinoupolis, par le romain Hadrien, , le kiosque de Trajan à Philae, le temple de Dendérah, embelli par Auguste, plusieurs mammisi. etc.

Le pharaon est le fils des dieux, sans lequel il n’y a que désordre en Égypte. L’empereur romain va se représenter, comme les Ptolémées, à la mode égyptienne, il doit se soumettre spirituellement au peuple, dont il se moque bien de respecter la tradition, hormis quelques exceptions.

En 215, les massacres d’Alexandrie de Caracalla déciment une part importante de l’élite grecque d’Alexandrie.

Après 391, date de fermeture des temples païens, de grands bouleversement religieux apparaissent : le christianisme prend son essor, mais ne séduit vraiment le pays qu’à partir du Vè siècle siècle voire du VIè siècle.

L’Empire romain d’Occident s’effondre en 476, date de l’abdication de Rolulus Auguste. Il ne reste alors que celui d’Orient dont le centre est Byzance ou Constantinople, civilisation mêlant tradition grecque et romaine, bien qu’une tendance orientale se forme définitivement à partir du VIIè siècle.

L’Égypte est alors dirigée par un préfet envoyé par Byzance, qui gouverne depuis Alexandrie.

Après la fin du culte d’Isis sur Philæ, la civilisation égyptienne meurt, son histoire tombe dans l’oubli. La redécouverte de cette période faste de l’Égypte pharaonique ne se fit qu’après l’expédition d’Egypte de Bonaparte, accompagné de nombreux scientifiques et archéologues en 1798.

Image1_7201817145630 (1)

Hier comme aujourd’hui

65886_migrants-famille-ombre

 

 

BIBLE, EVANGILES, GALILEE (Terre Sainte), ISRAËL, JESUS-CHRIST, NOUVEAU TESTAMENT, TERRE SAINTE

La Galilée, la terre de Jésus

La Galilée, le pays où Jésus a vécu

2870156512_2 (2)

La Galilée (hébreu Ha-galîl, « le cercle, la région ») est une large région située dans le nord Palestine, traditionnellement divisée en trois parties:

la haute Galilée ;

la basse Galilée ;

la Galilée occidentale, aussi appelée « la côte nord de la Palestine».

 

Géographie

La Galilée est un massif montagneux rocailleux du nord de la Palestine  Son point culminant est le mont Méron, à plus de 1 200 mètres. Elle possède des températures douces et une pluviosité à même d’alimenter quelques cours d’eau et propre à l’agriculture. La Galilée englobe plus du tiers du territoire actuel de la Palestine, s’étendant de Dan au nord, au pied du mont Hermon, jusqu’aux monts Carmel et Guilboa au sud, et de la vallée du Jourdain du  à l’est jusqu’aux abords de la mer Méditerranée à l’ouest, en passant par les plaines de Jezreel et Akko. La particularité des frontières nord d’avant 1967 de l’État d’Israël forme le Doigt de Galilée.

depositphotos_92912422-stock-photo-landscape-of-galilee-israel

Toponyme d’origine hébraïque

Vient de l’hébreu, très ancien, dont l’origine et le sens évolue pour finir à la fin de la période de l’ancien testament dans le Livres des Maccabées ⟨1 M 5,15⟩ dans le sens « région des étrangers » (c’est à dire des juifs qui n’ont pas gardé la pureté de la tradition, sous des influences étrangères, ou aussi le sens d’une terre de mission, à enseigner, à convertir).

Le nom apparaît au pluriel dans le Livre de Josué, 13, 2, avec le sens de « contrées », puis semble désigner une région particulière. Dans le premier livre des Rois chapitre 9, versets 11 à 13, on apprend que Salomon récompensa Hiram pour certains services effectués par celui-ci en lui offrant une plaine parmi les montagnes de Nephtali. Hiram fut déçu du cadeau, et l’appela la « terre de Cabul ». Les Judéens l’appelèrent Galil. Dans les Livres des Maccabées, la Galilée est le théâtre de nombreux combats des Judéens qui se dressent contre la dynastie séleucide.

C’est là, en Galilée que l’histoire chrétienne (récit du Nouveau Testament)  situe l’origine de la famille de Jésus; dont sa ville de Nazareth d fait partie. Les trois premiers évangiles sont consacrés à ses activités dans cette région, décrite sous la forme symbolique et énigmatique d’un ensemble de déplacements dans tout le nord de la Palestine, ponctués à chaque étape par des exorcismes ou des miracles. L’expression de « Galilée des Nations » (Matthieu 4, 15, reprise d’Isaïe 8, 23) Galil haGoyim, laisse penser qu’elle symbolisait une région à convertir, face à la Judée et au Temple de Jérusalem. C’est peut-être aussi la trace de l’expression « Sagesse des Nations », les mots GLYL, Galil, Galilée, et HtKMH, Hokhmah, Sagesse ayant mêmes guématries. (Actes des Apôtres, 2, 7 : « ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas galiléens ?) »

 

Histoire

La Galilée est souvent citée dans l’Ancien Testament, et sa partie septentrionale évoquée comme « la Galilée des Gentils » dans le Nouveau Testament. Elle est décrite par Flavius Josèphe qui évoque son histoire, son peuplement sa géographie, et lui donne deux parties : la Galilée supérieure, en grande partie peuplée de Gentils, et la Galilée inférieure, en grande partie peuplée de Juifs. Elle recouvrait avant la Captivité les territoires des tribus d’Issacar, de Zabulon, de Nephtali et d’Asher. Comme les Galiléens étaient de bons cultivateurs, plantant des figuiers, des oliviers, des noyers, des palmiers, des habiles artisans et de bons pêcheurs, la Galilée était prospère avec 400 villes, certaines très peuplées.

Durant la période romaine, sous l’Empereur romain Auguste (de 30 apr. J.-C. à 14 apr. J.-C.)  – l’empire ayant été divisé en provinces sénatoriales et impériales par l’Empereur Octave -, à la mort d’Hérode le Grand (-4) son royaume client est divisée en trois tétrarchies : la Judée : qui comporte outre les territoires de l’ancien royaume de Juda, la Samarie et l’Idumée) qui a été confiée à Hérode Archelaus, la Galilée qui a été donnée à Hérode Antipas, alors que Philippe le Tétrarque a reçu « la Batanée, avec la Trachonitide et l’Auranitide, une partie de ce qu’on appela le domaine de Zénodoré ». La tétrarchie de Philipe  est situé à l’est de la Galilée, sur l’autre rive du Jourdain.

La Galilée était située au nord de la Samarie, à l’ouest du fleuve Jourdain, voisine du pays des Phéniciens et des Syriens (syro-phénicie appartenant à la province de Syrie).Ses lieux significatifs étaient le mont Thabor, , le lac de Génézareth (lac de Tibériade). Selon Flavius Josèphe, les trois villes les plus importantes étaient : Tibériade, Séphoris cité importante qui sera renommée Diocesarée et qui deviendra la capitale de la Galilée sous Néron, Gabara (cité non localisée, située à l’est de Tarrychée). Il y a aussi Gishala, ville fortifiée au début de la révolte par Jean de Gischala. D’autres villes sont célèbres pour leur mention dans les évangiles ainsi que chez Joseph : Capharnaüm (cité où les Juifs avaient une synagogue), Chorazin. On y ajoute souvent Betsaïde (Julias), qui en fait est située juste à la frontière des territoires de la tétrarchie de Philippe, à l’Est du Jourdain. Le port de PtolémaIs (Acre) en grande partie peuplé de Grecs est situé hors de Galilée, en Syro-Phénicie. Nazareth, le lieu-dit où Jésus est probablement né, peut-être dans une grotte emménagée en étable, n’est mentionné dans aucun texte, ni inscription épigraphique, avant le IIIè siècle si on exclut les évangiles de l’enfance qui ne sont pas antérieurs à 80

image001

Les Galiléens étaient méprisés des Judéens qui leur reprochaient d’avoir une pratique religieuse impure, un langage grossier et d’avoir pour origine des Gentils mélangés à des descendants des Dix Tribus qui n’étaient pas partis en captivité (ou qui en étaient revenus). Considéré par la tradition juive autant que chrétienne comme originaire de Nazareth en Galilée, Jésus est souvent désigné par les Juifs comme « le Galiléen » (Yeshu haNotzri dans le talmud). Parmi ses disciples dont l’origine est discernable, quatre ne sont pas comptés comme Juifs mais comme « Galiléens » (Philippe, André et Pierre sont de Bethsaïde (Béthanie), à l’est de la Galilée – Jean 1, 44 – et Nathanaël de Cana, en Galilée aussi – Jean 21, 2). Les apôtres Jean et Jacques de Zébédée, Simon-Pierre et son frère André, sont recrutés par Jésus au bord du lac, vers Génézareth, où ils possédaient une de leurs résidence et où les Zébédée exploitaient une entreprise de pêche et de bateliers. Selon Flavius Josèphe, les Galiléens étaient des gens laborieux, ennemis de l’oisiveté et tellement guerriers qu’ils tenaient tête à toutes les nations voisines qui les harcelaient. Depuis la mort d’Hérode (-4), la Galilée connaît un grand nombre de révoltes, parfois dirigées par des hommes à prétention messianiques. Lors de la grande révolte, à part le siège de Jérusalem par les troupes de Titus en 70, c’est en Galilée qu’ont lieu les plus importants combats, parfois couronnés de succès tactiques (séquence de la bataille de Tarrychée, bataille navale sur le lac, bataille de Gamala où les romains perdent plusieurs milliers de légionnaires, leur troupe d’élite).

Sous l’Empereur Tibère (successeur de César Auguste), la province romaine de Judée est gouvernée et administrées par une suite de Préfet dont le plus célèbre est Ponce Pilate (26 – fin 36). La tétrarchie de Galilée est toujours administrée par Hérode Antipas (fils d’Hérode le Grand et de Malthaké), celle de Bathanée est administrée par le tétrarque Philippe (fils d’Hérode le Grand et de Cléopâtre de Jérusalem) jusqu’à sa mort en 34 et dont le problème de succession aboutira au célèbre meurtre de Jean le Baptiste par Hérode Antipas à la demande d’Hérodiade. Plus au nord, l’Abilène est placée sous la juridiction de Lysanias II.

carteherodelegrand3

À la suite de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70, la Galilée devint le centre spirituel du judaïsme. Elle abrita le Sanhédrin. Dans ses collines furent rédigés la Mishnaet et le Talmud de Jérusalem. De nombreux rabbins y vécurent et y sont enterrés, tels Rabbi-Ishmaël.

Après la prise de contrôle de la région par le califat arabe en 638, celle-ci fit partie du jund de Urdunn (Jourdain). Les Fatimides chiites prirent le contrôle de la région dans les années 900 ; une secte vénérant le calife Fatimide al-Hakim-bi-Amr-Allah forma la religion druze au centre-nord de la Galilée.

Durant les Croisades la Galilée fut organisée en une principauté de Galilée, une des plus importantes seigneuries des Croisades.

Au cours du XVIè siècle, la Galilée a connu une importante migration juive constituée essentiellement de Séfarades expulsés de la péninsule ibérique. Sous leur impulsion, la ville de Safed est devenu le centre mondial du mysticisme juif et de la diffusion de la Kabbale.

Au début du XXè siècle, la Galilée fut colonisée par les Arabes, les Druzes et des minorités telles que les Circassiens et les Juifs. La population juive fut grandement augmentée par l’immigation des juifs de la diaspora.

Après la création de l’État d’Israël et l’expulsion des Palestiniens en , 1948, la Galilée fut envahie par les forces syriennes mais fut finalement récupérée par Israël. Une grande partie de la population arabe prit la fuite, laissant des villages entiers vides ; toutefois, davantage de Palestiniens restèrent que dans la plupart des autres zones, particulièrement à cause d’un rapprochement avec les Druzes.

Dans les années 1950 à 1960, les kibboutz, autour de la mer de Galilée   subirent régulièrement les bombardements de l’artillerie de l’Armé syrienne depuis le plateau du Golan qui domine la région. Ces frappes syriennes cessèrent quand Israël envahit le plateau au cours de la guerre des Six Jours en 1967 puis l’annexa le 14 décembre 1981. Cette annexion est condamnée par le Conseil de sécurité des Nation unies   et n’est pas reconnue internationalement.

À la suite de son expulsion de Jordanie, l’Organisation de libération de la Palestine a lancé, depuis le Liban, des attaques sur des villages de la Haute Galilée dans les années 1970 et 1980. Ces attaques ont poussé Israël à envahir le Liban en mars 1978 puis en 1992 conduisant à la guerre..L’armée Occupante ne quitte le sud du Liban qu’en 2000.

Galilée moderne

Près d’un million d’Israéliens, dont approximativement la moitié sont Arabes, musulmans ou chrétiens, peuplent la Galilée. Il y a également une importante population Druze ainsi que des communautés de Bédouins, de Maronites et de Circassien. Les villes les plus peuplées sont Nazareth, Tibériade, Nahariya et Karmiel. L’économie est basée sur l’agriculture, l’industrie centralisée dans quelques parcs et le tourisme.

Safed est une plus petite ville mais qui tient une grande place dans le judaïsme. C’est l’une des quatre villes saintes juives, avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. De célèbres rabbins, dont Moïse Cordovero, Isaac Louria, Yossef Karo et Salomon Alkabetz y ont vécu ou y sont enterrés. Il s’y déroule également un festival annuel de musique klezmer mondialement connu.

maxresdefault (12)

BIBLE, EVANGILE SELON SAINT LUC, EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, JESUS-CHRIST, NATIVITE DE JESUS, NOËL, NOEL, RECITS DE LA NATIVITE DE JESUS

Récits de la nativité de Jésus

     Les récits de la nativité de Jésus

creche-de-la-nativite.2

Bergers ou rois mages ? Les évangiles de Luc et de Matthieu

 

Depuis toujours chaque année, pour Noël, chaque famille décore un sapin et chaque année que ce soit au début de l’Avent ou les jours qui se rapproche le 25 décembre compose une crèche avec tous les personnages traditionnels : l’enfant Jésus, Marie, Joseph, le bœuf, l’âne, les bergers, les anges, l’étoile et les rois mages.

Et sans doute beaucoup ignore que  se mêle dans cette tradition deux récits bibliques, deux passages évangéliques qui chacun à leur manière racontent la naissance de Jésus : l’un se trouve dans l’Evangile de Matthieu, l’autre dans l’Evangile de Luc. Ces récits sont très différents.

Dans le récit de Luc Marie et Joseph doivent quitter Nazareth pour se rendre à Bethléem pour se faire recenser suite à un édit de l’Empereur Auguste. A sa naissance Jésus est déposé dans une mangeoire. Des bergers rendent visite à l’enfant suite à l’annonce des anges qui chantent la gloire de Dieu. C’est une atmosphère toute empreinte de joie.

Le récit de Matthieu est centré sur la venue de mages venus d’Orient qui apportent des présents à Jésus. Très vite on nous dit la fureur du roi Hérode qui veut faire tuer le nouveau-né tant il craint un usurpateur. De Bethléem où la famille réside elle doit fuir en Egypte sur l’ordre d’un songe adressé à Joseph. Au climat de joie qui régnait dans le récit de Luc, ici c’est un climat de peur qui s’installe et qui va déboucher sur le massacre des enfants de Bethléem et de ses environs. Ici le ciel ne s’ouvre pas pour célébrer cette naissance : il n’y pas de chants ni de bergers.

Ce sont des récits qui racontent un même fait, la naissance de Jésus, mais les circonstances et les personnages diffèrent d’un évangile à un antre. La tradition chrétienne en fait un même récit : elle a amalgamé deux récits pour en faire une seule histoire. Seuls demeurent quelques  éléments communs : la naissance à Bethléem et les noms des personnages principaux : Marie, Joseph et l’enfant Jésus

 

Comment expliquer ces différences pour un même événement ?

Il faut savoir qu’aucun des évangélistes n’étaient présents lors de cet évènement. Ces récits ont été écrits une cinquante d’années après la naissance du Christ voire plus. L’intérêt de ces récits est davantage compris lorsque l’on sait que chaque évangile concerne une communauté chrétienne particulière et aussi d’après l’origine du rédacteur. On peut penser également que ces récits de la naissance de Jésus s’insèrent dans une tradition où la naissance des grands hommes de l’Antiquité était entourée de signes merveilleux et de prodiges.

La valeur historique de ces récits n’est aucunement fiable d’autant que par la suite certains auteurs ont rajouté des éléments propres à leur culture. Malgré leurs divergences dans les faits eux-mêmes, ces récits qui introduisent les évangiles de Luc et de Matthieu nous renseignent à la foi sur Jésus et sur les auteurs eux-mêmes.

 

L’évangile de Matthieu

          L’évangile de Matthieu s’adresse à une communauté chrétienne encore très proche de ses racines juives. Il veut présenter Jésus comme l’aboutissement des promesses des Écritures. Jésus devient en quelque sorte un nouveau Moïse. On trouve en effet ici beaucoup d’éléments communs avec l’enfance de Moïse : désarroi d’un père, intervention de Dieu dans le sommeil, révélation que l’enfant qui va naître sauvera son peuple et un roi qui fait massacrer des enfants. D’ailleurs, dans l’histoire racontée par Matthieu, Jésus et ses parents s’enfuient en Égypte, là où l’histoire de Moïse a commencé. Les lecteurs doivent comprendre que Jésus continuera l’œuvre de Moïse et sauvera son peuple, comme Moïse a libéré le sien.

          La présence de mages de l’Orient annonce l’universalité du Royaume de ce nouveau roi. D’ailleurs, la colère d’Hérode montre bien qu’il a saisi l’importance de celui qui est déjà annoncé comme le roi des Juifs.

 

L’évangile de Luc

          Luc s’exprime dans un style complètement différent de celui de Matthieu. Son récit s’apparente à celui des naissances de héros, accompagnées d’hymnes liturgiques. Sa visée est de révéler aux lecteurs l’identité de Jésus, dès sa naissance, telle qu’elle sera reconnue, par ses disciples, après sa résurrection. Ce sont les anges qui sont porteurs de cette révélation, puisqu’elle ne peut venir d’un raisonnement humain. Dès le récit de sa naissance, le lecteur sait donc que Jésus est Sauveur, Christ et Seigneur, des titres qui pourtant ne lui seront donnés qu’après sa résurrection.

          L’évangile de Luc accorde toujours une bonne place aux exclus et aux petits. Cette préoccupation apparaît dans le choix d’un lieu très humble pour les premières heures de Jésus : tout de suite après sa naissance, il est déposé dans une mangeoire d’animaux. La présence de bergers dans les environs poursuit le même objectif : c’étaient des gens pauvres, peu instruits, qui vivaient en marge de la société. Ils seront les premiers à rencontrer Jésus. On trouve dans l’Ancien Testament toute une tradition entourant les bergers. Ils font partie de l’histoire d’Abraham, de Moïse et de David; ils possèdent une expérience forte de Dieu et jouent un rôle important à l’intérieur de la communauté. 

Conclusion

Luc et Matthieu ont donc rédigé des récits de la naissance de Jésus complètement différents. Chacun, avec son génie littéraire propre, a voulu faire comprendre qui est Jésus, dès sa naissance. Ces deux portraits dissemblables illustrent bien ce que nous affirmions dès l’introduction : la vérité des livres saints va bien au-delà de l’exactitude historique des faits. En utilisant les outils de leur culture, ils nous ont transmis leur compréhension de la personne de Jésus, éclairée à la fois par sa mort-résurrection et par une relecture de l’Ancien Testament.

 

*************************************************************************************

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC (2, 1-17)

01 En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –

02 ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. –

03 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.

04 Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.

05 Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

06 Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.

07 Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

08 Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.

09 L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

10 Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :

11 Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.

12 Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

13 Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :

14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

15 Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »

16 Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.

17 Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

18 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

 

*************************************************************************************

EVANGILE de JESUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (2, 1-15)

01 Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem

02 et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

03 En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.

04 Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.

05 Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :

06 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »

07 Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;

08 puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

09 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.

10 Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

11 Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

12 Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

13 Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »

14 Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte,

15 où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.