EGLISE CATHOLIQUE, EUCHARISTIE, LITURGIE, MESSE

La liturgie de l’Eucharistie

La liturgie de l’eucharistie et l’envoi.

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Après la liturgie de la Parole et la Prière univierselle vient le moment le plus important de la messe : la liturgie eucharistique

 

16 – QUÊTE

La quête se fait à ce moment-ci de la messe parce que c’est le gage concret de l’amour fraternel et la participation des chrétiens à la vie matérielle et aux besoins de l’Église. Autrefois, assez souvent, l’offrande était faite de dons en nature pour un partage des biens comme la collecte faite par St Paul pour l’Église de Jérusalem. L’argent recueilli est signe matériel de l’offrande que nous faisons de nous-mêmes, de nos forces et de nos énergies.

17 – PRESENTATION DES DONS, OFFERTOIRE

A la messe, le prêtre présente le pain et le vin. C’est parce que le Christ lui-même a utilisé ces aliments dont l’usage était rituel pour le repas de la Pâque juive. La messe préfigure le banquet des noces éternelles auquel le Christ nous invite tous.

Le pain demande beaucoup de travail, la plantation du blé, la récolte, la mouture du grain et la cuisson de la pâte. Le pain est donc un excellent symbole du travail patient et méticuleux de l’homme. De plus, des milliers de grains devenant un même pain forme l’image d’une Église constituée d’une multitude de différences.

Le vin symbolise la vie et l’immortalité.

En présentant le pain et le vin, le prêtre dit une prière de bénédiction qui a pour but de reconnaître que tout nous vient du Dieu de l’univers. Elle s’inspire directement de la bénédiction juive que le père de famille prononçait au début du repas sur le pain. Elle a été récitée par Jésus au dernier repas avec ses apôtres.

Avant de présenter le vin, le prêtre y ajoute une goutte d’eau. Cette eau symbolise notre humanité qui s’unit à la divinité du Christ dans sa Passion.

Après la présentation du pain et du vin, le prêtre s’incline profondément devant l’autel et dit à voix basse : « Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur : accueille-nous. Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant Toi ». Cette courte prière nous montre avec quel esprit et avec quelle disposition de cœur il nous faut porter notre offrande à Dieu : simplicité et pauvreté.

Parfois, le prêtre encense le pain et le vin ainsi que les membres de l’assemblée eucharistique. Ce rite témoigne de l’honneur rendu à une personne ou à un objet. Il est aussi signe de la présence de Dieu et de notre prière qui monte vers Lui comme la fumée monte vers le ciel dans la prière du soir (Ps. I41, 2).

Ensuite le prêtre se lave les mains en disant : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, et purifie-moi de mon péché ». Ce rite a pris place dans la liturgie en fidélité au geste d’humilité et de purification que Jésus a pratiqué lors de la Cène (lavement des pieds).

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18 – PRIERE EUCHARISTIQUE (PE) : LA PREFACE

Au début de la prière eucharistique, un dialogue inspiré des usages juifs s’instaure entre le président et l’assemblée : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église ». En effet, la messe nous fait entrer dans l’action de grâce du Christ et de son Église « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » (Vatican II : Lumen gentium, 11). Pour cela, « sursum corda ! », « élevons nos cœurs ! », « haut les cœurs ! », formule déjà attestée dans les catéchèses de Jérusalem.

Ensuite, la préface vient exprimer les motifs de notre eucharistie (mot grec qui signifie « rendre grâce » ou plus simplement « dire un merci émerveillé »). Le mot « préface » (du latin praefari) a été emprunté à la langue sacerdotale des anciens romains et signifie « prière à haute voix » pour accompagner un sacrifice et pour le consacrer en exposant son sens et son intention (cf. Louis Bouyer). La caractéristique propre de la liturgie romaine est d’avoir des préfaces adaptées aux temps liturgiques ou à la prière eucharistique choisie. Elles expriment un aspect particulier de l’histoire du salut et se terminent par le « sanctus ».

19 – PE : LE SANCTUS

C’est un chant d’acclamation : l’univers est rempli de la gloire de Dieu qui, en sa plénitude, est présent à toute chose. En Dieu, il n’y a que beauté, amour et perfection, Il est Dieu trois fois saint.

Le sanctus est formé de deux parties :

l’acclamation d’Isaïe « Saint ! Saint ! Saint le Seigneur… » le jour où le mystère de Dieu se dévoilait devant lui et où lui était annoncée sa mission de prophète (Is 6, 3).

l’acclamation de la foule : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna, au plus haut des cieux » (Benedictus,… » le jour où Jésus est entré dans Jérusalem (Rameaux).

La suite de la prière est appelée « canon » (d’un mot grec qui signifie « règle ») car c’est une partie fixe.

20 – LA PRIERE EUCHARISTIQUE

Toute la prière eucharistique est entièrement adressée au Père. Elle est dite et accomplie au nom du Christ pour son Église assemblée qui est ainsi unie à son sacrifice rédempteur dans l’Esprit Saint. Elle fait mémoire des gestes et des paroles de Jésus pendant son dernier repas, la Cène.

Avant le concile Vatican II, il n’y avait qu’une seule prière eucharistique, le canon romain. Depuis, l’Église donne le choix entre quatre prières eucharistiques principales auxquelles ont été ajoutées ultérieurement six autres prières : deux pour la réconciliation, trois pour les enfants et une pour les grandes assemblées (cette dernière pouvant être développée en quatre formes différentes).

Chacune des prières suit le schéma général :

a- louange du Père et invocation sur les dons (épiclèse),

b- le récit de l’institution eucharistique (consécration),

c- la prière de l’anamnèse et l’invocation de l’Esprit Saint sur la communauté (seconde épiclèse),

d- les prières d’intercession.

21 – a : EPICLESE DE CONSECRATION

Par l’épiclèse (du grec : « invocation sur} ») qui est l’invocation de l’Esprit Saint sur les offrandes, nous demandons à Dieu le Père d’envoyer l’esprit pour sanctifier ce pain et ce vin afin qu’ils deviennent le Corps et le Sang de Jésus-Christ. Après l’anamnèse, nous invoquerons également l’Esprit-saint sur les fidèles. En effet, de même que le Père a envoyé son Esprit sur la Vierge Marie pour qu’elle donne naissance au Christ, de même, le Père envoie de nouveau son Esprit sur la communauté pour qu’elle devienne le corps du Christ ressuscité.

22 – b : RECIT DE L’INSTITUTION EUCHARISTIQUE

Ce deuxième élément de la prière eucharistique est capital. On passe de l’invocation au récit : « la nuit qu’il fut livré… ». Toute prière eucharistique fait référence à l’événement de la dernière Cène que nous vivons dans la grâce de la croix et de la résurrection.

Ainsi, au nom du Christ et de son Corps, l’Église, le prêtre reprend les paroles de l’évangile et fait ce que Jésus a commandé de faire : « Faites ceci en mémoire de moi ». Le prêtre agit et parle dans la personne du Christ « in persona Christi ». Mystérieusement et sacramentellement, le pain devient le Corps du Christ et le vin son Sang, non pas seulement symboliquement mais, réellement sous les apparences du pain et du vin.

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Après la consécration, le prêtre interpelle l’assemblée en disant : « Il est grand le mystère de la foi » (1Tim 3, 9). Nous professons alors le cœur de notre foi : « Nous proclamons ta mort, Jésus ressuscité, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ! ». C’est l’anamnèse.

23 – c : ANAMNÈSE

Anamnèse signifie « mémoire », mais c’est plus que se souvenir. C’est plus que répéter les paroles et les gestes de quelqu’un. Faire mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, c’est affirmer qu’ici et maintenant, Jésus-Christ continue de s’offrir pour la vie et le bonheur des hommes.

Le prêtre demande à Dieu d’envoyer à nouveau son Esprit sur l’assemblée pour qu’elle devienne Église, c’est-à-dire Corps du Christ.

Cela fait penser à la parole de Paul Claudel adressée à André Gide « l’Église, voyez-vous, c’est une espèce d’immense incorporation eucharistique ».

24 – d : INTERCESSION

Dans les prières d’intercession qui suivent l’anamnèse, l’Église supplie le Père pour que l’œuvre  du Christ se réalise en elle et dans le monde. C’est pourquoi, nous prions l’Église en mentionnant le pape, l’évêque du lieu et tous les autres, les prêtres, les diacres et tous les fidèles.

Nous prions aussi pour les fidèles défunts qui nous ont précédés dans la foi et enfin, pour cette communauté célébrante afin qu’elle soit rassemblée avec l’Église du ciel. Ce faisant, l’Église exprime la prière du Christ le Jeudi Saint qui loue son Père et intercède pour toute l’humanité.

25 – PE : DOXOLOGIE

«  Doxologie » vient du grec « doxa » =louange et « logos » = parole. C’est une prière de louange envers Dieu UN et TRINE : « Il n’y a qu’un seul Dieu et Père de qui tout vient, et un seul Seigneur Jésus-Christ par qui tout existe » (1Co 8, 6). Il est donc juste que toute louange remonte vers le Père par le Christ.

Cette doxologie finale « Par Lui, avec Lui et en Lui » veut d’abord dire que notre chemin vers le Père est Jésus, seul médiateur entre Dieu et les hommes. C’est effectivement grâce à Jésus que nous sommes sauvés et emportés dans la vie de Dieu son Père.

En ajoutant « dans l’unité de l’Esprit Saint », nous affirmons la puissance unifiante de l’Esprit.

Pendant cette conclusion de la prière eucharistique, le prêtre élève la patène contenant le Corps du Christ et le calice contenant son Sang pour montrer que le Seigneur est bien la victime offerte au Père par le sacrifice de la messe.

L’assemblée répond « Amen » qui est de fait, l’amen le plus solennel de toute la messe car il ratifie toute l’action sacerdotale du Christ renouvelée devant nous par les mains du prêtre.

26 – NOTRE PÈRE

C’est la seule prière que Jésus nous ait laissée ! La proclamation commune du Notre Père est le moment où se noue, dans la force de l’Esprit et dans le souvenir apostolique, une double identité :

a – Dieu nous partage son nom. Le nom familier de « père », en réalité « papa » a été donné par Jésus à celui qui est au-dessus de tout nom, le Transcendant, le Très-Haut. Et nous osons dire ce nom de Père grâce à l’Esprit qui nous permet d’entrer dans cette étonnante intimité par la médiation de Jésus.

b – Notre Dieu nous offre sa paternité. Il nous adopte et nous fait entrer dans son propre mystère. Quand nous, chrétiens, disons ensemble le Notre Père, nous sommes revêtus d’un respect et d’une dignité qui ne nous appartiennent pas mais qui viennent de Dieu même : « Reconnais, ô chrétien, ta dignité » (St Léon).

On se souvient de cette page de Péguy où l’humanité est présentée comme une immense flotte sur la mer. Au-devant de cette flotte, se trouve le bateau de Jésus qui présente ses deux mains comme une étrave fendant les flots et disant « Notre Père ». Et le Père ne voit que ces deux mains qui contiennent toute l’humanité.

27 – EMBOLISME ET RITE DE LA PAIX

L’embolisme, prière qui suit immédiatement le Notre Père, développe et amplifie la dernière demande de cette prière en suppliant le Seigneur de nous délivrer de toute sorte de mal et de nous donner dès maintenant le bonheur qui sera pleinement le nôtre lorsque Jésus reviendra dans la gloire. C’est là notre « bienheureuse espérance », l’avènement de Jésus-Christ, notre Seigneur comme le rappelle St Paul à Tite (Ti 2, 13).

« A Toi, le règne, la puissance et la gloire… » reprend un thème qui revient souvent dans les Écritures, celui de la gloire et de la louange au Christ ressuscité (Ap 5,13).

Par le rite de la paix, les fidèles demandent la paix et l’unité pour l’Église et toute l’humanité, et ils expriment leur amour mutuel avant de participer au même pain. Ici, on se rapporte tout naturellement aux paroles de Jésus : « Si tu présentes ton offrande à l’autel et que là, tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Mt 5, 23-24). Et ceci, juste avant de communier.

Nous ne partageons pas la paix que nous pensons pouvoir faire nous-mêmes, mais celle qui vient du Christ et qu’Il nous partage. Cette paix, nous la recevons du Christ comme un don infiniment précieux qui nous transforme et nous rend capables de nous accueillir les uns les autres malgré ou avec nos antagonismes et nos différents.

28 – AGNEAU DE DIEU

Cette expression est un nom très ancien donné au Seigneur Jésus. Le nom laisse entendre que Jésus s’est laissé faire comme un agneau qui se laisse conduire à l’abattoir « sans ouvrir la bouche » (Is 53, 7) et qui prend sur lui les péchés du monde.

Pendant le chant de l’«  Agneau de Dieu », après avoir partagé l’hostie en deux, le prêtre laisse tomber dans le calice un petit morceau d’hostie en souvenir de l’époque où on joignait au sacrifice du jour un reste de la messe précédente pour montrer la continuité du sacrifice du Christ.

Puis, le prêtre récite à voix basse une prière qui le prépare à recevoir la communion : « Seigneur Jésus-Christ, que cette communion à ton corps et à ton sang n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation, mais, qu’elle soutienne mon esprit et mon corps et me donne la guérison ».

29 – COMMUNION

Elle a un sens bien connu et très explicite, c’est l’union à Jésus : « si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang… » (Jn 6).

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En recevant le Christ, nous sommes incorporés à Lui. Cette nourriture nous convertit : nous croyons l’assimiler, mais, en réalité, c’est elle qui nous assimile. Nous sommes changés en ce que nous mangeons ou plutôt en celui que nous mangeons. Ainsi, nous sommes entraînés à être une offrande-avec-lui au Père, sommet de notre offrande à Dieu. De plus, en communiant au Christ, nous recevons aussi l’Église qui est son corps mystique. Par ce sacrement, le Christ construit son Église.

Dans le haut Moyen-Âge, une célèbre formule disait : « Christus pascit corpus suum ex corpore suo per corpore suum ». Ce qui signifie : « le Christ nourrit son Corps de son Corps et par son Corps » qui peut encore être traduit par « le Christ nourrit l’Église (son corps), à partir de son corps historique (né de Marie et désormais ressuscité) par l’eucharistie (son corps de mystère ou corps mystique) ». Jésus fait grandir son corps ecclésial par son corps sacramentel, ce qui est le message central de la dernière encyclique de Jean-Paul II : « L’Église vit de l’eucharistie ».

Comment communier ?

Le concile Vatican II a réintroduit le geste en usage à l’époque de Cyrille de Jérusalem (315-386) : « La main droite étendue doit être soutenue par la main gauche qui sert en quelque sorte de trône pour le Roi que recevra la main droite ».

L’autre façon, en usage avant le concile, est de recevoir l’hostie directement sur la langue.

30 – PRIERE APRES LA COMMUNION

Cette prière nous permet d’exprimer notre action de grâce pour le don reçu et nos demandes pour l’avenir.

31 – BENEDICTION

De «  bene dicere » = dire (du) bien : le prêtre demande que Dieu nous fasse du bien.

Liturgiquement, ce geste est le symétrique exact de l’accueil du célébrant au début de la messe. Après avoir accueilli son peuple, le Dieu de Jésus-Christ l’envoie en le bénissant. Après le geste d’accueil, c’est un geste d’ouverture.

Cette bénédiction toute simple, fondamentalement trinitaire (« au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ») est développée pour certaines grandes fêtes où le peuple est invité à répondre par un triple « Amen ».

32 – ENVOI : « ALLEZ DANS LA PAIX DU CHRIST »

« Allez  » : Cet impératif vient de la finale de l’évangile de Matthieu « Allez, de toutes les nations, faites des disciples ! »(Mt 28, 19). Ainsi, il y a un lien indissociable entre l’eucharistie et la mission d’évangélisation qui est rituellement signifiée ici et cet envoi par le Christ est aussi un envoi en Lui, et avec Lui. Il nous envoie répandre le bonheur et la paix vécus au cours de la messe. Sa parole nous accompagne, sa vie est en nous, nous pouvons vivre en chrétiens.

« commencer  » : la messe est terminée, mais tout commence à l’extérieur des murs de l’Église. Notre vie d’enfant de Dieu, nous allons la vivre à l’école, à la maison, au travail, dans notre quartier, etc…. Nous sommes maintenant des messagers de la Bonne Nouvelle de Jésus.

«  envoyés » : en mission par le Christ pour faire bouger le monde, aller vers les autres, donner de la joie, travailler à la paix et au pardon, réaliser le partage, comprendre pleinement les autres, se battre contre le mal, l’injustice, le mensonge, c’est en un mot être chrétien.

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L’EUCHARISTIE EST TOUTE LA MESSE

Saint Augustin – Sermon de Pâques sur les sacrements

Je n’ai pas oublié ma promesse. J’ai promis à ceux d’entre vous qui venaient d’être baptisés un sermon pour leur expliquer le sacrement de la table du Seigneur, que vous pouvez voir maintenant, et auquel vous avez participé la nuit dernière. Vous devez savoir ce que vous avez reçu, ce que vous êtes sur le point de recevoir, ce que vous devriez recevoir chaque jour.

Ce pain que vous pouvez voir sur l’autel, sanctifié par la parole de Dieu, est le Corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt ce que la coupe contient, sanctifié par la parole de Dieu, est le Sang du Christ. C’est au moyen de ces choses que le Christ Seigneur souhaitait nous remettre son Corps et son Sang, qu’Il a perdus pour notre salut et le pardon de nos péchés.

Si vous les recevez convenablement, vous êtes vous-mêmes ce que vous recevez. Voyez, l’Apôtre dit : « nous qui sommes plusieurs, formons un seul pain, un seul corps. »(1 Corinthiens 10:17) C’est ainsi qu’il explique le sacrement de la table du Seigneur ; un pain, un corps, c’est ce que nous sommes ensemble, quoique nombreux.

Dans cette miche de pain, il vous est donné clairement à comprendre combien vous devriez aimer l’unité. Je veux dire, ce pain est-il formé d’un seul grain ? Est-ce qu’il n’y a pas de nombreux grains de froment ? Mais avant qu’ils ne forment le pain, ils étaient tous séparés ; ils ont été réunis au moyen de l’eau, après avoir été moulus. Tant que le blé n’a pas été moulu et humecté d’eau, il ne peut absolument pas prendre cette forme qu’on appelle pain.

De même, vous aussi vous avez été moulus par l’humiliation du jeune et le sacrement de l’exorcisme. Alors est venu le baptême, et vous avez été, si l’on peut parler ainsi, humectés d’eau en vue d’être façonnés en pain. Mais ce n’est pas encore du pain sans un feu pour le cuire. Alors que représente le feu ? C’est le saint chrême, l’onction. L’huile, qui nourrit le feu, est le sacrement de l’Esprit-Saint.

Remarquez donc quand on lit les Actes des Apôtres : la lecture de ce livre commence maintenant. Aujourd’hui commence le livre intitulé Actes des Apôtres. Quiconque souhaite progresser a les moyens de le faire.

Quand vous vous assemblez à l’église, laissez de côté les histoires idiotes et concentrez-vous sur les Ecritures. Nous sommes vos livres, alors soyez attentifs et voyez comment l’Esprit-Saint va venir à la Pentecôte. Et voici comment il viendra : il se montrera sous forme de langues de feu.

Vous voyez, il insuffle en nous la charité, qui devrait nous enflammer pour Dieu, faire que nous pensions peu au monde, brûler notre paille et purger et raffiner nos cœurs comme de l’or. Donc l’Esprit-Saint vient, le feu après l’eau, et vous êtes cuits en un pain qui est le Corps du Christ, et c’est ainsi que l’unité est signifiée.

Maintenant vous avez les sacrements dans l’ordre où ils arrivent. D’abord, après la prière, vous êtes incités à élever vos cœurs ; ce n’est que juste pour les membres du Christ. Après tout, si vous êtes devenus les membres du Christ, où est votre tête ? Les membres ont une tête. Si la tête ne se met pas en chemin, les membres ne vont pas suivre.

Où est allée notre tête ? Qu’avez-vous restitué dans le Credo ? « Le troisième jour il est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite du Père. » Donc notre tête est dans les cieux. C’est pourquoi, après les mots « élevez votre cœur » vous répondez « nous le tournons vers le Seigneur ».

Et vous ne devriez pas l’attribuer à vos propres capacités, à vos propres mérites, à vos propres efforts, cette élévation de votre cœur vers le Seigneur, parce que c’est un don de Dieu si vous êtes en mesure de le faire.

C’est pourquoi l’évêque ou le prêtre qui célèbre, continue de parler ainsi, quand l’assemblée a répondu « nous le tournons vers le Seigneur ». Il dit « rendons grâce au Seigneur notre Dieu » parce que nous avons élevé nos cœurs. Rendons-Lui grâce, parce que tant qu’Il ne nous a pas rendu capables d’élever nos cœurs, nous garderions nos cœurs en bas, vers les choses de la terre. Et vous signifiez votre accord en répondant « cela est juste et bon » de rendre grâce à Celui qui nous fait lever notre cœur vers notre tête.

Puis, après la consécration du sacrifice de Dieu, parce qu’Il nous veut devenir nous-mêmes Son sacrifice, ce qui est indiqué par l’endroit où ce sacrifice a pris place la première fois, il y a le signe de ce que nous sommes, c’est pourquoi, après la consécration, nous disons la prière du Seigneur, que nous avons reçue et que nous perpétuons.

Après cela vient le vœu [de paix], « la Paix soit avec vous », et les chrétiens échangent un saint baiser. C’est un signe de paix ; ce qui est exprimé par les lèvres devrait atteindre notre conscience ; c’est-à-dire que quand nos lèvres approchent nos frères et nos sœurs, notre cœur ne devrait pas être séparé du leur.

Ce sont de grands sacrements et signes, vraiment de sérieux et importants sacrements. Voulez-vous savoir comment leur sérieux est imprimé en nous ? L’apôtre dit « quiconque mange le Corps du Christ ou boit le Sang du Christ indignement est coupable envers le Corps et le Sang du Seigneur. » 1 Corinthiens 11:27)

Qu’est-ce que recevoir indignement ? Recevoir avec mépris, recevoir avec dérision. Ne vous laissez pas aller à penser que ce que vous voyez n’est d’aucune valeur. Ce que vous pouvez voir passera, mais la réalité invisible signifiée par là ne passera pas, mais elle demeurera pour toujours.

Regardez, cela est reçu, mangé, consumé. Le Corps du Christ est-il consumé ? L’Eglise du Christ est-elle consumée ? Les membres du Christ sont-ils consumés ? Que périsse cette pensée ! Ici ils sont purifiés, ils seront couronnés des lauriers de la victoire.

Ainsi ce qui est signifié demeurera éternellement, tandis que la chose qui signifie semble passer.

Donc, recevez les sacrement de telle sorte que vous pensiez à vous-mêmes, que vous gardiez l’unité dans vos cœurs, que vous éleviez vos cœurs. Ne placez pas votre espérance sur la terre mais dans le ciel. Gardez en Dieu une foi ferme, qu’elle soit agréable à Ses yeux.

Parce que ce que vous ne voyez pas maintenant, mais que vous croyez, vous le verrez, là où vous vous réjouirez sans fin.

Saint Augustin (354-430) est né à Thagaste (dans l’Algérie actuelle). Après avoir mené une jeunesse désordonnée, il est devenu un fervent chrétien, sous l’influence de sa mère, Sainte Monique, et de son professeur, Saint Ambroise de Milan. Deux de ses livres, « Confessions » et « La cité de Dieu » sont considérés comme faisant partie des plus grands travaux d’apologétique.

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PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS

chapitre 12,

12 Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.

13 C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.

14 Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres.

15 Le pied aurait beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait cependant partie du corps.

16 L’oreille aurait beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait cependant partie du corps.

17 Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?

18 Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu.

19 S’il n’y avait en tout qu’un seul membre, comment cela ferait-il un corps ?

20 En fait, il y a plusieurs membres, et un seul corps.

21 L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ».

22 Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.

23 Et celles qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ; 24 pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. Mais en organisant le corps, Dieu a accordé plus d’honneur à ce qui en est dépourvu.

25 Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.

26 Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.

27 Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

28 Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui ont charge d’enseigner ; ensuite, il y a les miracles, puis les dons de guérison, d’assistance, de gouvernement, le don de parler diverses langues mystérieuses.

29 Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles, 30 à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter.

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Enseignements sur l’Eucharistie

Saint Augustin d’Hippone (354-430)

En parlant de Dieu, à propos de l’Eucharistie:

« Tout puissant qu’il soit, il n’a rien pu faire de plus grand,
tout sage qu’il soit, il n’a rien pu trouver de plus admirable,
tout riche qu’il soit, il n’a pas pu faire un plus précieux présent. »

Personne ne mange cette chair à moins qu’il ne l’ait d’abord adoré… non seulement nous ne péchons pas si nous adorons, mais nous pécherions si nous n’adorions pas. (cf. Enarr ; in Ps 98, 9 CCL XXXOX 1385). Benoît XVI cite ce passage et le commente: »De fait, dans l’Eucharistie nous ne recevons pas simplement quelque chose. Celle-ci est la rencontre et l’unification de personnes ; cependant, la personne qui vient à notre rencontre et qui désire s’unir à nous est le Fils de Dieu. Une telle unification ne peut se réaliser que selon la modalité de l’adoration. Recevoir l’Eucharistie signifie adorer Celui que nous recevons » (Benoît XVI, Voeux 2005)

« Ce pain que vous voyez sur l’autel, une fois sanctifié par la parole de Dieu, est le corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt le breuvage qu’elle contient, une fois sanctifiée par la parole de Dieu, est le sang du Christ. Notre Seigneur Jésus Christ a voulu nous confier là son corps et son sang, qu’il a répandu pour nous en rémission des péchés. Si vous les avez bien reçus, vous êtes vous-mêmes celui que vous avez reçu » (Sermo 227, 1; PL 38, 1099). Par conséquent, « nous sommes devenus, non seulement des chrétiens, mais le Christ lui-même » (PL 35, 1568). « Le Christ n’est pas dans la tête sans être dans le corps, le Christ est tout entier dans la tête et dans le corps » (PL 35, 1622).

 

« O sacrement de la piété, signe de l’unité, lien de la charité. »

« Recevez ce que vous êtes et devenez ce que vous recevez »

Il met sur les lèvres du Christ ces paroles: « Je suis l’aliment des grands ; grandis et tu me mangeras. Tu ne me transformeras pas en toi, comme la nourriture de ta chair, mais c’est en moi que tu te transformeras » (Confessions VII, x, 16).

Ce pain sacré nous apprend donc combien nous devrions chérir l’unité. En effet, est-il formé d’un seul grain? N’est-il pas au contraire composé de plusieurs grains de froment? Ces grains, avant d’être transformés pour devenir du pain, étaient séparés les uns des autres; l’eau a servi à les unir après qu’ils ont été broyés. Car si le froment n’est moulu, et si la farine ne s’imbibe d’eau, jamais on ne peut en faire du pain. C’est ainsi que durant ces jours passés, vous étiez en quelque sorte écrasés sous le poids des humiliations du jeûne et des pratiques mystérieuses de l’exorcisme. L’eau du baptême est venue comme vous pénétrer ensuite, afin de faire de vous une espèce de pâte spirituelle. Mais il n’y a pas de pain sans la chaleur du feu. De quoi le feu est-il ici le symbole? Du saint chrême: car l’huile qui entretient le feu parmi nous est la figure de l’Esprit Saint. Ainsi donc le Saint-Esprit viendra comme le feu après l’eau, et vous deviendrez un pain sacré, le Corps de Jésus-Christ.

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LITURGIE, MESSE, VATICAN II (concile ; 1963-1965)

A propos des prêtres qui veulent présider l’eucharistie en tournant le dos à l’assemblée — Bulletin Théologique

Certains prêtres souhaitent présider l’assemblée eucharistique en lui tournant le dos. Si l’on excepte les schismatiques ou demi repentis nostalgiques, cette attitude concerne surtout ceux qui n’ont pas vécu les années précédant le Concile de Vatican II, qui n’en mesurent peut-être pas tous les apports et ne s’impliquent pas – bien au contraire – dans […]

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CHANDELEUR, EGLISE CATHOLIQUE, EVANGILE SELON SAINT LUC, JESUS CHRIST, LITURGIE, NOUVEAU TESTAMENT, PURIFICATION DE LA VIERGE MARIE, VIERGE MARIE

Présentation de Jésus au Temple

PRESENTATION DE JESUS AU TEMPLE

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2 Février

La fête de la présentation du Seigneur et la purification de la très Sainte Vierge[1]

 

  1. Commentaire biblique

La loi du Seigneur ordonnait aux femmes d’Israël, après leur enfantement, de demeurer quarante jours sans approcher du tabernacle ; après l’expiration de ce terme, elles devaient, pour être purifiées, offrir un sacrifice. « Toute femme, ayant conçu et enfanté un garçon, disait la loi des relevailles, sera (légalement) impure pendant sept jours. Apres la circoncision de l’enfant, elle se tiendra encore à la maison durant trente-trois jours. Elle ne touchera à aucune chose sainte et elle n’ira pas au sanctuaire. Dès que le temps de la purification sera accompli, elle présentera au prêtre, à l’entrée du Tabernacle, un agneau d’un an en holocauste et un jeune pigeon ou une tourterelle en sacrifice pour le péché. Si elle n’a pas de quoi se procurer un agneau (à cause de sa pauvreté), qu’elle offre deux tourterelles ou deux jeunes pigeons. Le prêtre fera pour elle l’expiation et elle sera pure » (Lv 12, 28). Si la mère avait mis au monde une fille, ces chiffres étaient doublés ; la purification n’avait lieu qu’au bout de 80 jours (Lv 12, 8).

 Un second commandement divin déclarait tous les premiers-nés propriété du Seigneur, et prescrivait la manière de les racheter. Le prix de ce rachat était de cinq sicles, qui, au poids du sanctuaire, représentaient chacun vingt oboles (cf. Nom 18, 16). Les premiers-nés appartenaient au Seigneur au double titre de prémices et de chefs de famille. Dans les sociétés patriarcales, les chefs de famille exercent une sorte de sacerdoce ; c’est à eux que revient le droit d’offrir des sacrifices et le devoir de veiller au maintien du culte divin. Il est vrai qu’en Israël la tribu sacerdotale de Lévi leur avait été substituée, mais ils n’en continuaient pas moins à être consacrés à Dieu et ils devaient se racheter à prix d’argent. Le paiement du rachat, dû dès le trentième jour après la naissance, incombait au père de l’enfant ; mais il n’était pas nécessaire pour cela de se rendre au Temple et l’on pouvait s’acquitter n’importe où (Nom 18n 15-16).

Voilà pourquoi l’Eglise a toujours eu l’habitude d’associer à cet épisode la consécration totale de ses fils religieux et pour la même raison offrir en Jésus-Christ le modèle suprême de la vie consacrée[2].   

 Joseph est porteur de l’humble offrande que la mère doit présenter au prêtre. Leur pauvreté ne leur permet pas d’acheter un agneau; et d’ailleurs n’est-il pas l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, ce céleste enfant que Marie tient dans ses bras ?

Un vieillard vivait à Jérusalem, et sa vie touchait au dernier terme ; mais cet homme de désirs, nommé Siméon, n’avait point laissé languir dans son cœur l’attente du Messie. De lui la Parole de Dieu nous donne des caractéristiques extraordinaires : (a) il était un homme « juste et religieux » l’un des éloges plus beau des Saintes Ecritures. (b) il « espérait fermement la prochaine venue du consolateur d’Israël », espérance centrée sur la figure du Messie. (c) « L’Esprit Saint était sur lui »,  en effet il avait reçu du Saint-Esprit l’assurance de ne pas mourir avant d’avoir vu le Christ. (d) Il était un prophète, notamment en ce qui concerne les jours de la passion du Seigneur.    

 Au moment où Marie et Joseph montaient les degrés du Temple, portant vers l’autel l’enfant de la promesse, Siméon se sent poussé donc intérieurement par la force irrésistible de l’Esprit divin ; ses yeux inspirés ont bientôt reconnu la Vierge féconde prophétisée par Isaïe ; et son cœur vole vers l’enfant qu’elle tient dans ses bras. Siméon prenant dans ses bras le divin enfant donna cours à son allégresse dans ce cantique d’action de grâces que nous connaissons aujourd’hui avec les mots initiales en latin :« Nunc dimitis ».

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Ce cantique est l’un de plus beau de la Bible. C’est un cantique de préparation pour la bonne mort et un même temps un acte de remerciements à Dieu qui accomplit ce qu’il promet.    

Les prophéties de Siméon. Elles font référence à l’enfant et à sa mère : Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. La destinée du Sauver est en effet de mettre à nu le secret des cœurs et de révéler les bonnes et les mauvaises dispositions des hommes, c’est par leur faute, occasion de chute pour ceux qui refuseront de le recevoir, mais source de gloire pour tous ceux qui l’accueilleront : car s’il veut les sauver, il ne veut pas les sauver malgré eux ni sans eux.

Mais aussi sa prophétie rattache intimement les douleurs de Marie aux persécutions dont son Fils sera objet. La passion de Jésus et la compassion de Marie vont toujours de pair et ont leur point culminant au Clavaire. Les douleurs de Marie auront pour cause principale pas seulement les souffrances de Jésus sur la croix, mais aussi le fait de voir à son fils converti en cause de contradiction et de scandale et surtout voir que son peuple et en quelque sorte, tous les hommes devenus ses enfants, refuserons d’accepter Jésus leur sauver. Mais comme Jésus sauve le monde par ses souffrances, Marie doit au glaive qui transperce son cœur d’être associée à l’œuvre de rédemption.   

Tout à coup survient, attirée aussi par le mouvement du divin Esprit, la pieuse Anne, fille de Phanuel, illustre par sa piété et vénérable à tout le peuple par son grand âge. Les deux vieillards, représentants de la société antique, unissent leurs voix, et célèbrent l’avènement fortuné de l’enfant qui vient renouveler la face de la terre, et la miséricorde de Dieu qui, selon la prophétie d’Aggée, dans ce lieu, au sein même du second Temple, donne enfin la paix au monde[3].

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  1. Origine de la fête  

De savants hommes, au nombre desquels on compte le docte Henschenius, dont Benoît XIV partage le sentiment, inclinent à donner une origine apostolique à cette solennité.

La tradition orientale célèbre depuis au moins le IVème siècle la fête de la Présentation de Jésus au Temple, ou plus exactement, en grec, sa ‘Rencontre (παπάντη) avec Siméon et Anne’. Elle apparaît en premier dans le rite de l’Église de Jérusalem [4]. À l’origine elle se célébrait le 14 février, puisque Jérusalem célébrait la nativité de Jésus, à cette époque et jusqu’au milieu du VIème siècle, le 6 janvier. En effet, on trouve ainsi des homélies sur la fête de Methodius de Patara (+ 312 )[5], du pseudo-Cyrille de Jérusalem[6], du pseudo-Grégoire de Nyssa (+ 400)[7] ou de Saint Jean Chrysostome (+ 407) [8].

Des documents arméniens, géorgiens et grecs éclairent les circonstances historiques dans lequel s’est réalisé le passage du 14 au 2 février [9]. De toute façon la Nativité était, en Occident, fêté le 25 décembre depuis, au moins, sa fixation en l’an 354 par le pape Libère. Quarante jours après, cela tombe automatiquement le 2 février. Dans la partie orientale de l’empire romain, Justin institue la fête de l’hypapante (la rencontre) le 2 février 521.

En ce qui concerne le nom de la fête, l’Eglise Romaine la comptait jusqu’à 1969 entre les fêtes de la sainte Vierge, pour cela on appelait cette célébration « Purification de Marie ». Elle concluait, quarante jours après la Nativité du Seigneur, le temps liturgique de Noël.

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La raison du nom de cette fête selon Dom Guéranger était la suivante :

« Sans doute, l’enfant Jésus est offert dans le Temple et racheté ; mais c’est à l’occasion de la Purification de Marie, dont cette offrande et ce rachat sont comme la conséquence. Les plus anciens Martyrologes et Calendriers de l’Occident donnent cette fête sous le titre qu’elle conserve aujourd’hui ; et la gloire du Fils, loin d’être obscurcie par les honneurs que l’Eglise rend à la Mère, en reçoit un nouvel accroissement, puisque lui seul est le principe de toutes les grandeurs que nous révérons en elle ».

Cependant, l’actuel directoire sur la piété populaire revenant sur l’ancien nom de la fête, tient à remarquer le suivant :

« La célébration du 2 février doit conserver son caractère populaire, tout en se conformant pleinement au sens authentique de la fête. Il ne serait donc pas juste qu’en célébrant la Présentation du Seigneur, la piété populaire obscurcisse le sens christologique de cette fête, en insistant presqu’exclusivement sur ses aspects mariologiques. Le fait qu’elle doive ‘être considérée […] comme une mémoire conjuguée du Fils et de la Mère’ ne peut avoir pour conséquence de favoriser une telle inversion de perspective »[10].

  

  1. La bénédiction des cierges

L’Eglise pratique, en ce jour, la bénédiction solennelle des Cierges avec une procession. Pourquoi ?

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L’origine de cette cérémonie est assez difficile à assigner d’une manière précise. Selon Baronius, Thomassin, Baillet, etc., elle aurait été instituée, vers la fin du Vème siècle, par le Pape saint Gélase (né d’une famille tunisienne), pour donner un sens chrétien aux restes de l’antique fête des « Lupercales » célébrée en février, dont le peuple de Rome avait encore retenu quelques usages superstitieux [11].

Innocent III, dans un de ses Sermons sur la fête de la Purification, enseigne que l’attribution de la cérémonie des Cierges au deux février est due à la sagesse des Pontifes romains. Ainsi nous pouvons adopter donc le sentiment de D. Hugues Ménard, Rocca, Henschenius et Benoît XIV, qui tiennent que la fête antique connue en février sous le nom d’Amburbalia, et dans laquelle les païens parcouraient la ville en portant des flambeaux, a donné occasion aux Souverains Pontifes de lui substituer un rite chrétien qu’ils ont uni à la célébration de la fête dans laquelle le Christ, Lumière du monde, est présenté au Temple par la Vierge-mère.

Le mystère de cette cérémonie a été fréquemment expliqué par les liturgistes depuis le VIIème siècle.

Selon saint Ives de Chartres, dans son deuxième Sermon sur la fête de la Présentation, la cire des cierges, formée du suc des fleurs par les abeilles, que l’antiquité a toujours considérées comme un type de la virginité, signifie la chair virginale du divin enfant, lequel n’a point altéré, dans sa conception ni dans sa naissance, l’intégrité de Marie. Dans la flamme du cierge, le saint Evêque nous apprend à voir le symbole du Christ qui est venu illuminer nos ténèbres.

Saint Anselme, dans ses Enarrations sur saint Luc, développant le même mystère, nous dit qu’il y a trois choses à considérer dans le Cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, dit-il, ouvrage de l’abeille virginale, est la chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est l’âme ; la flamme, qui brille en la partie supérieure, est la divinité.

Il est nécessaire aussi que les fidèles sachent que les cierges bénis au jour de la Chandeleur, car tel est le nom populaire de la fête de la Présentation du Seigneur, emprunté à la cérémonie même dont nous parlons; que ces cierges, disons-nous, sont bénis, non seulement pour servir à la procession, mais encore pour l’usage des chrétiens qui, en les gardant avec respect dans leurs maisons, en les portant avec eux, comme un souvenir de l’immortalité que le Christ nous a méritée, et comme un signe de la protection de Marie.

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  1. La procession des cierges

Remplie d’allégresse, illuminée de ces feux mystérieux, entraînée, comme Siméon, par le mouvement de l’Esprit-Saint, la sainte Eglise se met en marche pour aller à la rencontre de l’Emmanuel. L’Eglise invite donc les fidèles à participer vivement de cette procession : « ils participent volontiers à la procession qui évoque l’entrée de Jésus dans le Temple, et en premier lieu la rencontre du Fils avec Dieu le Père, dans la demeure duquel il pénètre pour la première fois, ainsi que sa rencontre avec Siméon et Anne. En Occident, cette procession, dont le caractère pénitentiel s’était substitué à l’immoralité des défilés païens, fut marquée par l’introduction du rite liturgique de la bénédiction des cierges, allumés en l’honneur du Christ « lumière pour éclairer les nations » (Lc 2, 32) [12]

Saint Bernard, dans son premier sermon pour la Fête de la Présentation, dit:

« Aujourd’hui la Vierge-mère introduit le Seigneur du Temple dans le Temple du Seigneur ; Joseph présente au Seigneur, non un fils qui soit le sien, mais le Fils bien-aimé du Seigneur, dans lequel il a mis ses complaisances. Le juste reconnaît Celui qu’il attendait; la veuve-Anne l’exalte dans ses louanges. Ces quatre personnes ont célébré pour la première fois la procession d’aujourd’hui, qui, dans la suite, devait être solennisée dans l’allégresse de la terre entière, en tous lieux, et par toutes les nations. Ne nous étonnons pas que cette procession ait été si petite; car Celui qu’on y recevait s’était fait petit. Aucun pécheur n’y parut: tous étaient justes, saints et parfaits».

Marchons néanmoins sur leurs traces. Allons au-devant de l’Epoux, comme les vierges sages, portant dans nos mains des lampes allumées au feu de la charité. Conduits par la foi, éclairés par l’amour, nous le rencontrerons, nous le reconnaîtrons, et il se donnera à nous.

 

 

  1. L’ancien rite de « relevailles »

« La piété populaire est sensible à l’événement, à la fois délibéré et mystérieux, de la conception et de la naissance d’une vie nouvelle. Les mères chrétiennes, en particulier, établissent sans peine une relation entre, d’une part, la maternité de la Vierge Marie, qui est la toute pure et la mère du Corps mystique, et, d’autre part, leur propre maternité, tout en étant conscientes de certaines différences importantes dues au caractère unique de la conception et de l’enfantement de Marie: de fait, leur maternité s’inscrit aussi dans le plan de Dieu et elles ont enfanté les futurs membres de ce même Corps mystique. Cette intuition des mères chrétiennes, ainsi que leur désir d’imiter le geste accompli par Marie (cf. Lc 2, 22-24), ont inspiré le rite des relevailles, dont quelques éléments reflétaient une vision négative de certains aspects de l’accouchement » (Directoire n. 121).

Les relevailles, était une cérémonie dans l’Eglise qui consistait à purifier une jeune mère, qui était considérée comme souillée par le fait d’avoir accouché, 40 jours après la naissance de son enfant s’il s’agit d’un garçon et 80 jours s’il s’agit d’une fille (en suivant la tradition de l’Ancien testament). Elle avait pour but de réintégrer l’accouchée, qui n’avait pu se rendre à l’église pendant sa période de quarantaine, dans le cercle des fidèles et auprès de Dieu. Ce rituel présentait plusieurs variantes en fonction des régions d’Europe, notamment en France où il était particulièrement répandu. Le mot “relevailles” en lui-même provient du fait que la femme se “relève” après une période de repos pour rendre grâce à Dieu.

Après le Concile Vatican II et avec le Rituale Romanum rénové ce rite a été supprimé et on prévoit tout simplement la bénédiction d’une mère, soit avant, soit après l’enfantement; il faut toutefois noter que la bénédiction postérieure à l’accouchement ne peut être donnée que dans le cas où la nouvelle mère n’a pas pu être présente à la cérémonie du baptême de son enfant.

« Il est néanmoins très important, rappel le directoire pour la piété populaire, que les mères et leurs proches parents, en demandant de telles bénédictions, se conforment aux intentions de la prière de l’Église, c’est-à-dire qu’elles aient lieu dans une communion de foi et de charité, et dans la prière, afin que l’attente de l’enfant s’effectue dans la joie (bénédiction avant l’enfantement) et avec le désir de rendre grâces à Dieu pour le don reçu de lui (bénédiction après l’enfantement).

http://www.blogcathedraletunis.com/2016/01/presentation-de-jesus-au-temple.html

 

EGLISE CATHOLIQUE, LAUDES, LITURGIE, OFFICE DES LAUDES, PSAUMES, PSAUTIER

L’office des laudes : un petit lexique

Petit lexique pour bien vivre les laudes

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Hymne : chant lié au temps liturgique, repris en introduction des psaumes

Psaumes : ce sont des textes poétiques composés de plusieurs versets. Le mot vient du grec ancien « psalmos ». La Bible compte 150 psaumes.

Cantique : ce terme regroupe tous les chants présents dans la Bible, comme le Magnificat ou le Cantique de Zacharie.

Capitule : il s’agit de la lecture d’un court passage de la Bible, mais pas des Evangiles.

Répons : c’est le reprise par un soliste d’une phrase tirée des Ecritures, liée au temps liturgique ou au saint fêté ce jour-là.

Antienne : phrase que l’on dit ou chante avant et après la psaume ou le cantique.

Oraison : pour les laudes et les vêpres, il s’agit de la collecte de la messe du jour

 

Qu’est ce que la collecte ?

La collecte

Il s’agit de l’oraison que le prêtre célébrant prononce juste après le Gloria. On l’appelle aussi la prière d’ouverture. Son nom de collecte manifeste son rôle de rassembler la prière de tous. Le prêtre l’introduit par une invitation : « Prions le Seigneur ». Puis un bref temps de silence est laissé. La PGMR précise le rôle de ce silence (n°32) : « tous, avec le prêtre, font silence pendant un peu de temps pour prendre conscience qu’ils se tiennent en présence de Dieu, et pour mentionner intérieurement leurs intentions de prières ». Puis le prêtre prononce la prière les mains étendues dans la position de l’orant (cf Ex 17,11 ; Ps 62,5 ).

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LITURGIE, MESSE, NOËL, NOEL, TROIS MESSES DE NOËL

Les trois messes de Noël

L’origine des trois messes de Noël

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Comme pour de nombreuses pratiques liturgiques, l’origine des trois messes de Noël (à minuit, à l’aube et le jour) n’est pas du tout sûre, explique le père Edward McNamara, L.C., professeur de théologie et directeur spirituel.

La fête liturgique de Noël tombe le 25 décembre de chaque année. Cette fête est née à Rome, autour de l’an 330, peut-être précisément cette année-là. Elle fut très probablement célébrée pour la première fois dans la basilique Saint-Pierre, dont la construction était à peine terminée.

La célébration de Noël s’est ensuite diffusée à partir de Rome, lentement, dans les provinces orientales de l’Empire romain et, petit à petit, elle a été insérée dans le calendrier liturgique des Eglises principales. Certaines de ces Eglises célébraient la naissance du Christ le 6 janvier – l’Epiphanie – et ont continué à donner davantage d’importance à cette date, même après avoir accepté la date du 25 décembre.

Pendant toute cette période, l’Eglise à Jérusalem avait continué de développer certains usages particuliers.

Egérie, une femme qui a fait un long pèlerinage en Terre Sainte de 381 à 384, a décrit dans son Itinerarium comment les chrétiens de Jérusalem commémoraient le mystère de Noël le 6 janvier avec une veillée à minuit à Bethléem, suivie d’une procession aux flambeaux vers Jérusalem, qui finissait à l’aube dans l’Eglise de la Résurrection (Anastasis, en grec).

Cinquante ans plus tard, à Rome, le pape Sixte III (432-440) décida d’honorer la proclamation de la maternité divine au Concile d’Ephèse (431), avec la construction de la grande basilique de Sainte Marie Majeure sur la colline de l’Esquilin.

Sixte III fit construire, en outre, une chapelle qui reproduit la grotte de Bethléem (les reliques de la crèche, jusqu’alors conservées dans la basilique de Sainte Marie Majeure, ne furent placées dans la chapelle qu’au VIIème siècle). Probablement inspiré par la coutume de la veillée de minuit célébrée à Bethléem, le pape Sixte III lui-même instaura la tradition d’une messe de minuit célébrée dans la chapelle de la « grotte de la Nativité ».

A Rome existait déjà la coutume de commémorer les fêtes importantes par deux services liturgiques distincts, l’un célébré dans la nuit, l’autre vers l’aube. Il est facile d’imaginer comment cette simple fête, initiée par le pape Sixte III dans la basilique Sainte Marie Majeure, a gagné en importance et s’est développée. La première étape de ce développement consista dans le fait que la plus ancienne liturgie de Noël, celle qui était chantée à Saint Pierre, fut aussi célébrée à Sainte Marie Majeure.

Un développement ultérieur a eu lieu autour de l’année 550. Le pape et certains membres de la curie célébraient une seconde messe un peu avant l’aube dans l’Eglise Sainte Anastasie, située sur un versant du Palatin.

A l’origine, cette dernière célébration se tenait en l’honneur de la mémoire de sainte Anastasie qui tombe le 25 décembre, et elle n’avait donc rien à voir avec Noël. Mais plus tard, cette célébration fut transformée en une seconde messe de Noël, s’inspirant probablement de la coutume de la messe célébrée à l’aube dans l’église de la Résurrection à Jérusalem, et à cause de l’association faite entre le nom d’Anastasia et anastasis (résurrection).

Après cette messe, de caractère quasiment privé, le pape se rendait directement à Saint-Pierre, où une grande foule de fidèles attendaient la liturgie solennelle à l’aube de Noël. Cette coutume continua au moins jusqu’à l’époque du pape Grégoire VII (mort en 1085).

Au début, le privilège des trois célébrations de Noël était réservé aux papes. Le premier témoignage que nous ayons d’un prêtre ordinaire qui célèbre les trois messes provient de la fameuse abbaye de Cluny, en France, avant l’an 1156.

Tous les prêtres peuvent désormais user de ce privilège et célébrer trois messes à Noël, à condition qu’ils respectent précisément les horaires. La première messe est célébrée en correspondance ou à proximité de minuit (la messe de la veille, le soir du 24 décembre, n’est pas considérée comme la première des trois messes), la seconde à l’aube et la troisième à un moment dans la journée du 25 décembre.

Site Zénit

 

Messe de minuit

La messe de Minuit est la messe traditionnelle des catholiques qui précède le jour de Noël lors de la Veillée de Noël.

Dans le calendrier liturgique catholique actuellement en vigueur, la dénomination exacte est « messe de la nuit ». La formule « messe de Minuit » s’est imposée, du fait de l’habitude de célébrer habituellement cette messe à minuit.

La messe de la nuit est la deuxième messe du cycle des quatre messes prévues pour célébrer avec toute la solennité nécessaire l’un des deux événements liturgiques majeurs de l’année, à savoir la naissance de Jésus à Bethléem, traditionnellement nommée « Nativité » . Les messes prévues en cette occasion sont :

la messe de l’Emmanuel, célébrée la veille au coucher du soleil ;

la messe de la nuit ;

la messe de l’Aurore, célébrée avant le lever du jour ;

la messe du jour de Noël .

Cette messe de la nuit est communément appelée « messe de minuit », mais dans la majorité des paroisses françaises elle est célébrée habituellement en début de soirée (entre 18 h et 22 h). Chaque église organise sa messe de minuit qui est généralement un succès populaire et attire de nombreux non-pratiquants. La messe de Minuit du Vatican, célébrée par le pape, est retransmise à la télévision dans tous les pays à prédominance chrétienne Les messes de Minuit locales ou celles de Bethléem ont aussi une forte dimension symbolique, émotionnelle, et sont souvent retransmises par la radio ou la télévision.

Au cœur de la nuit, on célèbre le passage des ténèbres à la lumière. Le texte d’Isaïe (9:1-6) annonce la naissance d’un enfant « qui fera se lever une grande lumière sur le peuple ». Il sera appelé « Prince de la paix ». L’Evangile selon Luc (2:1-14) raconte la naissance de Jésus et l’annonce des anges aux bergers. C’est pourquoi la célébration proprement dite commence souvent par une veillée dans l’église, où l’on met en scène la Nativité et où une statue de l’Enfant Jésus nouveau-né est apportée en procession dans la crèche . La proclamation de l’évangile se termine souvent par le chant du Gloire à Dieu .

Une tradition datant du VIIè siècle   faisait de la messe de Noël une succession de trois messes : la première messe s’appelait « messe des Anges », la seconde « messe des Bergers » et la troisième « messe du Verbe divin ». Ces trois messes étaient mieux connues sous le nom de « messe de Minuit », « messe de l’Aurore » et « messe du Jour ». Ce n’est qu’au XIXè sièle qu’on prit l’habitude de les dire à la suite au moment de la veillée de Noël. Saint Thomas d’Aquin a conféré à chacune une signification symbolique forte dans la « Somme de Théologie » (III, 83, 2).

Depuis la réforme liturgique qui a fait suite au Concile Vatican II, la forme de célébration avec les quatre messes, avec respect des horaires réels, est en vigueur dans les paroisses diocésaines. Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI a rappelé que la messe traditionnelle n’avait jamais été interdite par le Concile Vatican II. Il a appelé la messe actuelle « messe selon la forme ordinaire du rite romain » et la messe traditionnelle « messe selon la forme extraordinaire ». Ce rappel a largement remis en vigueur « les trois messes de Noël » dans les quelque 500 lieux de culte utilisant la forme extraordinaire. La « messe de Minuit », la « messe de l’Aurore » et la « messe du Jour » sont donc faciles à trouver actuellement

En Pologne la messe de minuit appelée Pasterka se déroule le 24 décembre

Culture

En 1875, Alphonse Daudet publie une nouvelle ayant pour cadre dramatique les trois messes de la nuit de Noël, intitulée « Les Trois Messes basses ». La nouvelle sera adaptée au cinéma en 1954.

Marc-Antoine Charpentier a composé une Messe de Minuit, H 9 à 4 voix, flûtes, et violons, pour Noël vers 1690

Guillaume Minoret et Sébastien de Brossard ont composé chacun une Messe de Noël.

CHRIST ROI, EGLISE CATHOLIQUE, FETE DU CHRIST ROI, JESUS CHRIST, LITURGIE

Fête du Christ Roi

Pourquoi la fête du Christ Roi ?

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« Pourquoi peut-on dire que le Christ est roi ? d’où cela vient-il ? Pourquoi la fête du Christ- Roi pour clore l’année liturgique ?

 

Dire que le Christ est roi, c’est dire que ce sera cela la fin du monde ! Finalement, la période avant la fête du Christ Roi c’est bien toute une attente, et une annonce de ce que sera la fin du projet de Dieu quand enfin il va être accompli ! Effectivement, Christ sera Roi. Je crois que c’est surtout pour nous pousser, pour nous inviter à hâter sa royauté, son royaume.

Quand on dit « que ton règne vienne », c’est bien qu’on souhaite de tout notre coeur que son règne vienne, vraiment. Cela vous paraîtra peut-être bizarre, mais j’aime beaucoup les méthodes « Assimil ». Et je trouve que le Notre Père, c’est comme une méthode « Assimil » de la prière. Tous les jours, vous apprenez la petite méthode « Assimil »! La mienne esr en hébreu ; tous les jours, on apprend trois petits mots de vocabulaire et peu à peu, lentement, humblement, on apprend à penser dans la langue.

 

« Que ton règne vienne »

Et le Notre Père, je me dis que nous apprenons à penser, à parler, dans la langue du Père ! Et je dis « que ton règne vienne ! Que ta volonté soit faite ! Que ton nom soit sanctifié ! » Tout cela, c’est déjà là, dans une certaine mesure. Dieu est roi, bien sûr, et son nom est saint, mais que nous le reconnaissions. Et ma petite méthode « Assimil », elle m’apprend à désirer que cela arrive. Et je pense que c’est cela que Jésus veut faire de nous, des désirants de son royaume. Parce que si nous le désirons, il va arriver plus vite. C’est cela qui est étonnant : Dieu veut nous confier cela. Il veut que nous participions. Si je le veux vraiment, je vais bouger un peu pour cela.

Alors vous me direz il est roi, bien sûr, de droit. Et les psaumes le disent très bien que Dieu est roi sur la création, sur son peuple, par l’alliance ; et qu’un jour il sera roi de l’univers. Mais de fait le royaume de Dieu n’est pas encore là, c’est vrai ; il suffit d’ouvrir la radio ou la télévision. Et pourtant, il est déjà en germe. Je pense que les évangélistes ont beaucoup cherché à nous dire cela : qu’il était déjà là, en germe. Les miracles, c’était déjà le royaume.

 

Est-ce que c’est pour cela que l’évangéliste Marc démarre son évangile de cette manière ?

C’est Marc 1, 15.
 
– Je m’arrête d’abord sur le mot évangile de Dieu. Il faut savoir qu’à l’époque, le mot évangile, tout le monde sait ce que veut dire « bonne nouvelle. Mais il faut savoir qu’en fait c’était toujours la bonne nouvelle de la naissance de l’empereur ou de la venue de l’empereur dans la ville.

Par exemple, quand on va dans les pays de l’empire romain, on voit de magnifiques arcs de triomphe, qui auraient été construits en l’honneur de l’empereur Adrien, dans une ville vers 135 ; il s’en faisait construire partout. Des hérauts disaient : « VGoilà l’évangile : l’empereur va venir ». C’était cela l’évangile, la bonne nouvelle de la venue de l’empereur. Et bien Marc est en train de nous dire : « l’empereur, le roi, Jésus Christ, est en train de venir dans le monde. »
 

– Il proclamait l’évangile de Dieu… C’est-à-dire : « Croyez que le royaume de Dieu est commencé ». Et Jésus, d’un bout à l’autre de l’évangile va donner des signes et des preuves que le Royaume est déjà commencé. Nous n’avons qu’à emboîter le pas et à y rentrer, si nous voulons bien.

Est-ce que cette venue du royaume s’enracine dans la tradition juive ?

L’idée que Dieu est roi est très ancienne, et je la retrouve dans l’histoire des Juges. D’abord Gédéon qui était reconnu comme quelqu’un de très important. Il répond : « Non ! Le vrai roi, c’est Dieu. C’est le Seigneur qui est votre roi. Moi, je ne veux pas être roi ». 

 Et puis un peu plus tard, Samuel, qui est le dernier des Juges, voit arriver près de lui tous les anciens de toutes les tribus. Ils lui disent : « Tu vas nous donner un roi, parce que les peuples, autour de nous, ont des rois ; c’est cela qui fait leur unité et les mène à la victoire. Nous sommes des pauvres petits, qui passons du temps à nous battre, sans grand succès. Alors, tu vas nous donner un roi ». Et Samuel répond : « Pas question, je ne veux pas vous donner de roi. C’est Dieu votre roi. On trouve cela en 1 Samuel 12.

Si certains de vos internautes ont envie de passer une bonne soirée, il faut lire, au 1er livre de Samuel le chapitre 8, le plaidoyer de Samuel contre la royauté. On croirait qu’il l’avait vécue. C’est extraordinaire ! Il leur dit : « Vous allez voir ce qu’est un roi de la terre ! Moi je me contenterais d’un roi du ciel ! « Il a fallu quand même s’y résoudre. Il a consacré un roi. Et Dieu même lui a dit : « Tu vois, ils ne veulent plus de moi pour leur roi. Alors donne leur un roi de la terre ». Alors il va sacrer Saül, puis David, puis Salomon, etc… Mais on va leur imposer de ne jamais oublier que le vrai roi c’est Dieu.

 

Dieu, le seul vrai roi

Et dans le sacre du roi, il y a sans arrêt des rappels disant que le vrai roi, c’est Dieu. Ou bien dans les prescriptions du Deutéronome, au chapitre 17, des prescriptions au roi : le roi devra lire la loi en entier tous les jours pour être sûr de ne pas s’en écarter, la loi de Dieu. Les rois ne sont que des « lieux tenants » c’est-à-dire des « tenants lieux » de Dieu. Ce sont des roitelets, les rois de la terre. Et on ne « loupe » pas une occasion de dire : « Tu n’es roi que par la volonté de Dieu et pour le service du peuple ». 

Par exemple il y a un texte qu’il faut lire, c’est dans le 2 Samuel 7 quand le prophète Nathan vient dire à David que Dieu l’a choisi comme roi, mais que c’est au service du peuple. Mais David, après la visite du prophète, va s’asseoir devant l’Arche, sous la tente, en haut de Jérusalem. Il n’y a pas encore de Temple, et il va dire à Dieu : « Qui suis-je pour que tu m’aies pris comme cela, en pitié, que tu m’aies fait tant confiance ? mais je me rends compte, c’est au service de ton peuple que je suis, et je ne l’oublierai jamais ».

Et le livre du Deutéronome encore disait qu’il faut que le roi soit humble. C’est extraordinaire ! Il y a toute une idéologie royale, tout un idéal en fait, de la royauté au service du peuple qui se reconnaît, on dirait chez nous de droit divin ! Mais, c’est mieux que cela. Ce n’est pas un pouvoir qu’on tient de Dieu, c’est un service, une vocation.

 

La réponse de Marie-Noëlle Thabut, bibliste sur le site Croire.com

EGLISE CATHOLIQUE, LITURGIE, MAURIE ZUNDEL (1877-1975), MESSE

La messe : un vrai poème ! — Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle

La messe est un véritable poème donné au monde par le Christ. Réflexions sur la dimension poétique du saint sacrifice.Dans son livre, Le poème de la sainte liturgie, Maurice Zundel propose une vision sacramentelle de l’univers où, par la liturgie, toutes les réalités chantent la gloire de Dieu et sont recréées dans le Verbe. En 1975,…

via La messe : un vrai poème ! — Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle

ANNE LECU, CECI EST MON CORPS, EUCHARISTIE, LITURGIE, LIVRES - RECENSION, MESSE

Ceci est mon corps de Anne Lecu

Ceci est mon corps

Anne Lecu

Paris, Le Cerf, 2018. 155 pages

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« Le 26 juillet 201, le père Jacques Hamel était assassiné sans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray, lors d’une messe de semaine qui rassemblait moins d’une dizaine de personnes, un mardi matin en plein été.

« Un prêtre âgé ordinaire, des fidèles ordinaires, une église ordinaire, un jour  de semaine ordinaire marqué certes ce jour-là par la célébration de sainte Anne et saint Joachim, parents ordinaires d’une femme ordinaire, Marie, dont la vie fut bouleversée par un évènement extraordinaire, puisqu’elle fut appelée à devenir la mère de Dieu.

« Cette tragédie m’a poursuivie longtemps, car elle m’a fait prendre conscience de l’écart entre l’infinie grandeur de ce qui se passe à chaque eucharistie – fût-ce la plus pauvre en apparence – et une certaine négligence anesthésiée de ma part. S’il est vrai que l’on écrit que pour s’affronter à ce qui résiste en soi, la mort du père Hamel a attisé quelques braises endormies, et réveillé en moi le désir d’approfondir le sens de l’eucharistie, non pas théoriquement, mais du côté du fidèle, y compris dans la grand pauvreté de certaines de nos célébrations. Ce qui se passe à la messe, du côté du fidèle, de notre côté, voilà ce que  je voudrais tenter d’approcher. Qui sait ? Cette célébration devenue étrange pour tant de nos contemporains, fût-elle minuscule ou pauvre, peut-elle transforme-t-elle – rien de moins – le monde ? Dans ce contraste entre une célébration ordinaire et l’extraordinaire qui s’y dévoile, il est tragique, mais non si étrange qu’un prêtre de quatre-vingt-cinq ans soit martyr de l’Eglise à cette occasion. Il ne faut pas pour autant magnifier cette tragédie glaçante. Mais la vie de cet homme et de tous ceux qui lui ressemblent, humbles et discrets, pointe ce à quoi elle fut vouée : indissociablement la vie des hommes et le service de Dieu. L’eucharistie, comme récapitulation de la vie la plus ordinaire des croyants est le lieu où nous sommes configurés au Christ, et où par la grâce de ceux qui sont là, le monde est configuré au Christ, incarné, crucifié, ressuscité. Puisse le père Jacques Hamel intercéder afin que nous comprenions et que nous vivions réellement le mystère que nous célébrons dans l’eucharistie : Dieu mendie en nous une place ».

Anne Lecu en introduction à son livre

 

Les livres qui ont trait au mystère de l’Eucharistie abondent, mais  ce sont bien souvent des traités de théologie ou des méditations écrits le plus souvent du point de vue des prêtres  qui la président et rarement par des laïcs et encore moins du côté de ceux qui y assistent.  C’est le défi relevé par l’auteure.

 

C’est en partant de la mort du Père Jacques Hamel assassiné alors qu’il célébrait l’Eucharistie qu’Anne Lécu s’est donné pour objectif d’approfondir le sens de l’eucharistie « du côté du fidèle », de nous faire pénétrer, mot après mot, geste après geste dans l’extraordinaire de ce qui se passe – le plus souvent à son insu – quand il vient à la messe pour rejoindre l’assemblée chrétienne, que ce soit une assemblée grande ou même de quelques personnes, et fût-ce dans la plus grande pauvreté liturgique.

 

L’auteure nous offre ainsi, en même qu’une catéchèse comme on rêverait d’en avoir une méditation sur chaque texte de la liturgie : ceci serait à méditée par tous ; une telle approche de la messe pourrait grandement  aider tous ceux qui sortent déçus après une célébration en leur faisant comprendre ce qu’il y a d’inouï dans chacune de ces messes, l’inouï de ce qu’elles nous annoncent du mystère du salut et de ce quelles nous donnent de précieux : la Parole du Christ, son Corps et son Sang ! Chaque messe, qu’elle quelle soit devrait être une Bonne Nouvelle !

 

A la lumière de son expérience personnelle, de sa méditation des Écritures et de sa lecture des Pères, Anne Lecu a su dans cet ouvrage lier tout ensemble la liturgie, le point de vue éthique, la dimension de la vie spirituelle et de l’engagement pastoral qui en découle. C’est donc en s’en tenant au plus près des gestes, et des paroles du rituel de la messe qu’elle fait entrevoir au lecteur la dimension eschatologique  de nos assemblées ; le temps et l’espace nous met en situation eschatologique eschatologique, « en prise directe avec la fin des temps et son centre qui est le Christ, incarnatus, crucifixus, resurrectus ».

« Devenez  ce que vous recevez ! » disait saint Augustin aux catéchumènes : c’est bien par l’eucharistie que  l’assemblée devient ce qu’elle reçoit, le Corps du Christ livré pour la multitude. La vie de chacun devient ainsi « configurée » au Christ dans chacun de ses membres ; la vie de celui participe à l’Eucharistie  (même la plus abîmée), est invitée à devenir pain béni, rompu, donné pour les autres, est appelée à devenir elle-même eucharistie pour le salut du monde.

 

On ne sort donc pas indemne de la lecture d’un tel livre ! Car on ne peut pas vivre les messes comme avant ! C’est une invitation à une véritable conversion pour vraiment « vivre l’Eucharistie ».

 

 

L’auteur

Religieuse dominicaine, et médecin en milieu carcéral, Anne Lécu enquête sur le secret, la transparence et le respect de la personne depuis plusieurs années. Elle a publié au Cerf Des Larmes (2012), Marcher vers l’innocence (2015), Tu as couvert ma honte (2016), Le secret médical (2016).

 

 

©Claude-Marie T.

1er juillet 2018

FETE LITURGIQUE, LITURGIE, VIERGE MARIE

Marie, mère de Dieu, mère de l’Eglise

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MARIE, MERE DE DIEU, MERE DE l’EGLISE

 

Le pape François instaure une fête de Sainte Marie Mère de l’Église pour le lundi de Pentecôte

Par un décret publié par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le Souverain pontife a décidé l’inscription au calendrier romain de la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise, a annoncé le Bureau de presse du Saint-Siège le 3 mars 2018. Cette décision a pour objectif de développer la « vraie piété mariale ».

À partir de cette année, tous les diocèses et les paroisses célébreront tous les ans la fête de « la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise », le lundi de la Pentecôte. Cette célébration officielle souligne une caractéristique de la Vierge Marie, qui est à la fois mère du Christ et de l’Eglise.

Déjà présente dans la foi chrétienne des premiers siècles, avec saint Augustin et saint Léon le Grand, puis reprise par les auteurs spirituels et les papes, cette qualification de la Vierge Marie comme Mère de l’Eglise avait été établie officiellement par Paul VI en 1964, à la fin du concile Vatican II. Dès lors, certains pays, comme la Pologne ou l’Argentine, avaient inséré cette célébration dans leur calendrier local. Ainsi que dans certains lieux comme la basilique Saint-Pierre, où Paul VI avait annoncé sa décision. 

Désormais étendue à l’Eglise universelle comme une fête d’obligation – une mémoire – cette célébration comprendra des lectures propres, notamment celle de l’Evangile selon saint Jean où le Christ en croix affirme à Marie et Jean : « Femme, voici ton fils », « Fils, voici ta mère » (Jn 19, 25-34). Dorénavant, tous les calendriers et les livres liturgiques devront donc faire apparaître cette mémoire pour la célébration de la messe et la liturgie des heures. La lecture du bréviaire comprend le texte de la proclamation de Paul VI. 

 

Mystère de la Croix

Le Souverain pontife, affirme ce décret, espère que cette mémoire favorisera « la croissance du sens maternel de l’Église » et une « vraie piété mariale ». Cette célébration, explique aussi le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation, aidera à « nous rappeler que la vie chrétienne, pour croître, doit être ancrée au mystère de la Croix, à l’oblation du Christ dans le banquet eucharistique et à la Vierge offrante, Mère du Rédempteur et de tous les rachetés ».

Le décret a été signé le 11 février 2018, fête de Notre-Dame de Lourdes. Les textes liturgiques, ainsi que leurs traductions approuvées par les conférences épiscopales, seront publiés après la confirmation du dicastère.

 

Comprendre la nouvelle fête de Marie, Mère de l’Église

 

– Sur décision du pape François, une nouvelle mémoire liturgique vient honorer la Vierge le lundi de Pentecôte. Explications.

La Croix, l’hostie et la Vierge

« Le vœu est que cette célébration rappelle que, si nous voulons grandir et être remplis de l’amour de Dieu, il faut planter notre vie sur trois grandes réalités – la Croix, l’hostie et la Vierge. Trois mystères pour structurer, féconder, sanctifier notre vie intérieure et nous conduire vers Jésus. » (Cardinal Robert Sarah).

Notre-Dame du Suprême Pardon, Reine des Anges, Mère de l’Eucharistie… Les siècles de piété ont honoré la Vierge Marie de centaines de titres. Tirés de l’Écriture, de la Tradition ou de lieux d’apparitions, ces vocables expriment la belle majesté de celle que toutes les générations diront bienheureuse. Le 11 février dernier, Rome est venu inscrire l’un de ces titres dans le calendrier liturgique. La «mémoire obligatoire de la bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église» se célébrera désormais dans le monde entier le lundi de Pentecôte.

Un décret du pape François, signé par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, l’a solennellement annoncé. Son préfet, le cardinal Robert Sarah, y voit un « progrès réalisé dans la vénération liturgique réservée à la Vierge Marie, suite à une meilleure compréhension de sa présence dans le mystère du Christ et de l’Église». Désireux de veiller à «la croissance du sens maternel de l’Église», le pape François désire ainsi, selon ses mots, favoriser une «vraie piété mariale».

 

POUR COMPRENDRE CETTE FETE

Que signifie cette nouvelle fête mariale ? Elle ne traduit pas, strico sensu, une avancée théologique. «Désigner Marie ainsi n’est pas une nouveauté, mais l’Église découvre peu à peu ce que Dieu lui a donné par la Vierge», médite le Père Horacio Brito, vice-recteur du sanctuaire de Lourdes. En Argentine, son pays natal, cette fête existait déjà, comme en Pologne. «L’assemblée des évêques argentins l’a adoptée dès la réforme liturgique, vers 1970», explique ce concitoyen du pape. Une messe votive «de sancta Maria Ecclesiæ Matre» existe aussi depuis 1975 dans le missel romain. Un peu plus tard, ce titre a été rajouté dans les Litanies de Lorette.

Pour le Père Corrado Maggioni, professeur de mariologie liturgique et sous-secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, cette nouveauté manifeste pourtant une « compréhension renouvelée que l’Église a de Marie dans l’économie du salut, à la lumière de la constitution Lumen Gentium du concile Vatican II». C’est une «maturation du lien qui unit tout baptisé et l’Église tout entière à la Mère du Seigneur», a-t-il confié à Avvenire, le quotidien de la Conférence épiscopale italienne.

Ce chapitre de Lumen gentium, dédié à la Vierge Marie, constitue une référence clé. Le 21 novembre 1964, Paul VI s’apprête à promulguer cette constitution quand il proclame officiellement Marie comme «Mère de l’Église, c’est-à-dire Mère de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs». Il reprend cette affirmation en 1968 dans son « Credo du peuple de Dieu » :  «Nous croyons que la très sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, Mère de l’Église, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.»

«Mère de l’Église» depuis le IXe siècle

Où trouver les prémices de cette affirmation ? Saint Augustin et saint Léon le Grand, deux pères de l’Église, en entrevoient les contours. Le premier dit que Marie est « la mère des membres du Christ». « Toute la communauté des fidèles a été engendrée avec le Christ dans la Nativité», écrit le second. «Cette communauté des fidèles n’est autre que l’Église qui naît du sein de Marie quand naît sa tête, le Christ», explique Mgr Dominique Le Tourneau, auteur du Dictionnaire encyclopédique de Marie. Il cite aussi saint Hilaire de Poitiers qui, au IVe siècle, «souligne le lien entre la naissance du Christ de la Vierge Marie et la genèse spirituelle des chrétiens» : « L’Église a son origine à Bethléem, car elle a commencé à exister dans le Christ» (Tractatus super Psalmos).

Pour saint Ambroise l’Église naît de façon mystique du sein de la Vierge quand elle donne naissance au Verbe incarné. « L’on dit avec raison que [Marie] était mariée et était vierge, car elle était la figure de l’Église, qui est immaculée, mais mariée. La Vierge nous a conçus spirituellement, et la Vierge nous a mis au monde sans gémissement» (De institutione virginis).

Le premier à utiliser précisément le titre de « Mère de l’Église », estime le prélat, semble être un certain Bérengaud de Ferrières, moine bénédictin du IXe siècle.

À leur suite, les papes ont pris la parole. «L’Église catholique, instruite par le magistère de l’Esprit Saint, a toujours professé la plus haute dévotion envers Marie, en tant que Mère très aimante, qui a été laissée en héritage par la voix même de Jésus, son époux moribond», écrit Benoît XIV dans sa bulle Gloriosæ Dominæ, en 1748. Puis Léon XIII (1878-1903) déclare qu’«elle s’est montrée véritablement Mère de l’Église et a été vraiment maîtresse et reine des Apôtres». En 2009, Benoît XVI mentionne lui-même ce titre.

Reste à comprendre pourquoi le lundi de Pentecôte a été choisi. «Le choix de ce jour a des racines bibliques, explique le Père Corrado Maggioni dans AvvenireLes Actes des Apôtres racontent que la Mère de Jésus est présente dans le Cénacle, en prière avec les Apôtres dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint. L’Église de la Pentecôte, animée de l’esprit du Ressuscité, avance dans le temps sous la conduite maternelle prévenante de la Vierge. »

Cette présence de Marie au Cénacle «témoigne bien du plan de Dieu de lui attribuer un rôle décisif dans la conduite et la sanctification de l’Église», renchérit Mgr Dominique Le Tourneau. Les paroles de Jésus qui, sur la croix, donne Marie comme mère à l’apôtre Jean, résonnent également. «La Mère en effet, qui était près de la croix (Jn 19, 25), accepta le testament d’amour de son Fils et accueillit tous les hommes, personnifiés par le disciple bien-aimé, comme les enfants qui doivent renaître à la vie divine, devenant ainsi la tendre mère de l’Église que le Christ a générée sur la croix, quand Il rendait l’Esprit», écrit le décret qui instaure la fête.

À Rome, une mosaïque veille sur la place Saint-Pierre depuis 1981. Posée sur une façade du Palais apostolique, une Vierge à l’Enfant habille de son manteau bleu le titre de « Mater Ecclesiae », « Mère de l’Église ». Six mois après son attentat, Jean Paul II l’avait fait placer en action de grâce, sûr de la protection maternelle de Marie. Quelques décennies plus tard, le pape François a choisi pour notre temps cette même «guide prévoyante». 

 

Qu’est-ce qu’une mémoire obligatoire ?

Le pape n’a pas instauré une nouvelle fête mariale, mais une mémoire. On appelle « mémoire » le degré de célébration liturgique qui vient après la solennité (comme l’Assomption) et la fête (comme la Visitation). La mémoire peut être facultative ou obligatoire. « Marie, Mère de l’Église » est une mémoire obligatoire : en cas de coïncidence dans le calendrier avec une autre mémoire d’un saint ou d’un bienheureux, c’est elle qui prévaut.

Les textes de ce jour ont été publiés en annexes du décret : il s’agit de Genèse 3, 9-15.20, Actes des Apôtres 1, 12-14 et Jean 19, 25-34. Une future édition de l’Ordo lectionum Missae indiquera que ces lectures sont propres, c’est-à-dire qu’elles doivent être adoptées à la place des lectures du jour.

  

Mère de l’Eglise sera fêtée le lundi de Pentecôte !

Conformément à la volonté du Pape, la mémoire de Marie Mère de l’Église est désormais obligatoire pour toute l’Église de rite romain, le lundi après la Pentecôte. La Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements publie ce samedi 3 mars un décret en ce sens, signé le 11 février 2018, date du cent-soixantième anniversaire de la première apparition de la Vierge à Lourdes.

Ce décret institue la mémoire obligatoire de Marie Mère de l’Eglise pour toute l’Eglise universelle. Depuis plusieurs années déjà, dans certains pays et certains Ordres et Communautés religieuses, on célébrait déjà, le lundi de Pentecôte, la mémoire de Marie Mère de l’Eglise. Une messe votive existe déjà à ce titre dans le Missel Romain. Le pape Jean-Paul II avait déjà permis d’invoquer Marie Mère de l’Eglise dans la litanie ! A partir de cette année, c’est donc toute l’Eglise Catholique qui célébrera la messe du lundi de Pentecôte en l’honneur de Marie, Mère de l’Eglise.

Pourquoi Marie est-elle la Mère de l’Eglise ? Cela a des fondements bibliques. Dans les Actes des Apôtres, Marie avec les Apôtres au Cénacle (Ac 1,13-14), sont en prière, en attendant la venue du Saint Esprit qui marque la naissance de l’Eglise. Célébrer Marie Mère de l’Eglise le lundi de Pentecôte, – reprise du temps ordinaire dans la liturgie-, signifie que l’Eglise, née du Saint Esprit en présence de Marie, est aussi conduite et accompagnée dans l’histoire par sa présence maternelle. Cette nouveauté liturgique introduite par le pape François souligne le lien étroit entre chaque baptisé, l’Eglise entière et la Mère du Seigneur. Accueillir la maternité ecclésiale de Marie est un acte d’obéissance du Seigneur Jésus lui-même qui, sur la croix, a demandé à chaque disciple d’accueillir Marie comme Mère, en s’adressant au disciple bien-aimé qui nous représente : « Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » (Jn19, 26-27) ;

Le Concile Vatican II souligne la place de la Bienheureuse Vierge Marie dans le Mystère du Christ et de l’Eglise. Le concile affirme en effet que la Vierge Marie « se trouve aussi, comme descendante d’Adam, réunie à l’ensemble de l’humanité qui a besoin de salut ; bien mieux, elle est vraiment « Mère des membres « du Christ »… ayant coopéré par sa charité à la naissance à la naissance dans l’Eglise des fidèles qui sont les membres de ce Chef » (LG53). L’Eglise étant le Corps du Christ dont chaque baptisé est membre, Marie étant la Mère du Christ, est par conséquence, Mère de tous les membres du Corps du Christ, Mère de tous les disciples qui forment l’Eglise. Le pape Paul VI, dans son discours de conclusion de la III session du Concile Vatican II le 21 novembre 1964 invoquait Marie en disant : « O Vierge Marie, Mère très auguste de l’Eglise, nous te recommandons toute l’Eglise et le concile œcuménique !  ».

Nous savons tous l’attachement du pape François à Marie dont il nous rappelle qu’elle est notre Mère, et en tant que mère, n’abandonne jamais ses enfants et ne rougit jamais de leurs fautes ! En ce lundi de Pentecôte, célébrons dans la foi l’eucharistie en l’honneur de Marie, Mère de l’Eglise, Mère de tous les disciples. Elle nous enfante, nous conduit et nous accompagne pour devenir chaque jour une Eglise des disciples bien-aimés, plus proche de Jésus, à l’exemple du Disciple bien-aimé qui lui fut confié par Jésus sur la croix comme fils, et à qui elle fut confiée comme Mère. Marie, Mère de l’Eglise, priez pour nous !

 

Quelle est la place de Marie dans l’Eglise ?

Le Nouveau Testament parle peu de Marie. Néanmoins, nous avons assez d’indications pour la connaître, découvrir son attitude profonde de disciple de Jésus, son fils, Fils de Dieu. C’est là le meilleur d’elle-même qui transparaît et éclaire notre foi de Chrétiens (…)

Elle reconnaît en son fils le Messie, l’envoyé de Dieu. En mère et en disciple, Marie se tient au pied de la croix. Malgré la condamnation de Jésus par les hommes, sa confiance demeure.

 Marie, mère de l’Eglise

Jean, l’évangéliste relate une des dernières paroles de Jésus : « Femme, voici ton fils ». Jésus confie l’apôtre Jean à sa mère. Puis Jésus confie Marie à son disciple : « Voici ta mère » (Jean 19, 25-27) Par la suite, Marie sera désignée comme mère des Chrétiens, de tous ceux qui reconnaissent le Messie de Dieu sous les traits du crucifié et proclament sa Résurrection . Au jour de Pentecôte, on retrouve Marie présente au milieu des disciples. Depuis son « oui » de départ, Marie a toujours fait preuve de persévérance dans la foi. Au cours des siècles, les Catholiques ont toujours vu en Marie le disciple par excellence. En elle, se manifeste tout ce que Dieu peut réaliser en un être humain accueillant la sainteté de Dieu.

 

Mère de Dieu, Vierge, Immaculée

Selon la tradition de l’Église, Marie, témoin de l’amour de Dieu peut recevoir plusieurs titres :

– « Mère de Dieu » (Concile d’Ephèse en 431). En Jésus, l’Église reconnaît le Dieu fait homme, c’est une affirmation essentielle de la foi chrétienne. Parce qu’elle est mère de Jésus, marie peut être appelée mère de Dieu.
– « Vierge ». En fait, il s’agit moins de dire quelque chose sur Marie, que sur Jésus. Il est le Messie, né non d’une volonté d’homme, mais donné par Dieu à l’humanité, gratuitement, de manière totalement inédite. Jésus vient d’ailleurs, il est dit : « conçu par l’Esprit Saint».
– « Immaculée ». Dès sa naissance, Marie est orientée selon l’amour de Dieu, elle est prête à l’avènement du Christ venu pour le salut de tous les hommes.

L’Assomption de Marie signifie qu’en vivant pleinement de l’Esprit Saint, elle accède totalement, par la grâce particulière de son fils, au monde nouveau et définitif de la Résurrection Marie nous précède sur le chemin des sauvés en Jésus Christ. (…)
Marie loue le Seigneur Dieu pour ce qui se produit par elle : la venue du Messie. Elle exprime la reconnaissance de tous les hommes à l’égard de Dieu car son amour transforme le monde selon sa promesse. Invoquer Marie, c’est faire appel à sa proximité avec Jésus, à son intercession auprès de Dieu. Depuis des générations, les catholiques confient à Marie leurs soucis, leurs préoccupations pour le monde, leur désir d’avancer dans la foi. Certains font mémoire des événements de la vie du Christ en égrenant le chapelet et en récitant le « Je vous salue Marie ». Tout ce qui se passe dans les lieux de pèlerinage est de cet ordre-là. Marie nous précède sur le chemin. Avant nous, elle a vécu son « pèlerinage de foi ».

 

Source : Matins d’Evangile, , parcours catéchuménal pour adultes, Service national de la catéchèse et du catécuménat

EGLISE CATHOLIQUE, LITURGIE, OCTAVE DE PÂQUES, TEMPS PASCAL

L’Octave de Pâques

Qu’est-ce que l’Octave de Pâques ?

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Cette semaine est comme un long dimanche se prolongeant sur huit jours, où chaque jour est Jour de Pâques. Ainsi du dimanche de Pâques au dimanche de la Miséricorde(ainsi nommé par Jean-Paul II) – traditionnellement, Dimanche in albis – c’est l’Octave de Pâques pendant laquelle les nouveaux baptisés de la nuit pascale portent leur vêtement blanc.

L´Octave de Pâques est constitué par les huit jours qui suivent le dimanche de Pâques. La pratique de l´Octave religieuse se retrouve déjà dans l´Ancien Testament avec la fête des Tabernacles (Lv 23-26). C´est Constantin qui l’a introduit dans la liturgie catholique.

Durant l´Octave, on célèbre tous les jours la messe, avec les prières du jour de Pâques ; la Préface, notamment, et des passages de la Prière eucharistique. Une semaine où reviennent les mêmes prières, les mêmes chants. Un temps pour échapper à la roue affolée des heures qui nous asservit tous. Redire et acclamer, encore et encore, pour raviver l´événement du dimanche de Pâques. Rappeler que la Résurrection se prolonge par-delà la fête pascale.

Ainsi peut-on lire avec quelle vigueur et quel faste on vivait ce temps au IVe siècle à Jérusalem : » (…) pendant l´Octave, toute cette pompe et cette décoration se déploient dans tous les lieux saints. (…) Pendant toute cette Octave, tous les jours, c´est la même décoration et la même pompe (…) Les moines de l´endroit, au complet, continuent à veiller jusqu’au jour en disant des hymnes et des antiennes. (…) A cause de la solennité et de la pompe de ces jours, des foules innombrables se rassemblent de partout, non seulement des moines, mais aussi des laïques, hommes et femmes. » (Extrait du journal d’Egérie).

Prendre du temps pour puiser à l´Essentiel d´un quotidien qui se répète. Huit jours durant. Nourriture intérieure, forces pour demain. Échapper à l´atrophie du stress, de l´inédit et du sensationnel. Sacré défi – défi sacré – que ce temps de l´Octave de Pâques !

 

http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/careme-et-paques/semaine-sainte-paques/454687-octave-de-paques/?page=article&artsuite=0