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Derniers ouvrages du cardinal Robert Sarah

Derniers ouvrages du cardinal Robert Sarah

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Biographie de l’auteur

Robert Sarah, né le 15 juin 1945 à Ourouss, en Guinée, fut le plus jeune évêque du monde, consacré le 8 décembre 1979. Il a été créé cardinal par le Pape Benoît XVI. Il est préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements de novembre 2014 à février 2021. Il est actuellement membre de la Congrégation pour la cause des saints, de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, ainsi que de la Congrégation pour les Églises orientales.

Pour l’éternité 

Cardinal Robert Sarah

Paris, Fayard, 2021. 300 pages.

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Résumé

«  Il nous faut regarder la vérité en face : le sacerdoce semble vaciller. Certains prêtres ressemblent à des matelots dont le navire serait violemment secoué par l’ouragan. Ils tournoient et titubent. Comment ne pas s’interroger à la lecture de certains récits d’abus sur des enfants ? Comment ne pas douter ? Le sacerdoce, son statut, sa mission, son autorité ont été mis au service du pire. Le sacerdoce a été instrumentalisé pour cacher, voiler et même justifier la profanation de l’innocence des enfants. L’autorité épiscopale a parfois été utilisée pour pervertir et même briser la générosité de ceux qui voulaient se consacrer à Dieu. La recherche de la gloire mondaine, du pouvoir, des honneurs, des plaisirs terrestres et de l’argent s’est infiltrée dans le cœur de prêtres, d’évêques et de cardinaux. Comment pouvons-nous supporter de tels faits sans trembler, sans pleurer, sans nous remettre en cause  ?
  Nous ne pouvons pas faire comme si tout cela n’était rien. Comme si tout cela n’était qu’un accident de parcours. Il nous faut regarder le mal en face. Pourquoi tant de corruption, de dévoiement et de perversion ? Il est légitime que l’on nous demande des comptes.
  Il est légitime que le monde nous dise : “Vous êtes comme les pharisiens, vous dites et ne faites pas” (cf. Mt 23, 3). Le peuple de Dieu regarde ses prêtres avec suspicion. Les incroyants les méprisent et s’en méfient.  »
 
  À partir de la méditation des textes d’Augustin, de Jean Chrysostome, de Grégoire le Grand, de Bernard de Clairvaux, de Catherine de Sienne, de John Henry Newman, de Pie XII, de Georges Bernanos, de Jean-Marie Lustiger, de Jean-Paul II, de Benoît XVI et du Pape François, le cardinal Sarah souhaite apporter des réponses concrètes à la crise sans précédent que traverse l’Église catholique.

Appréciation

Face à une société occidentale de plus en plus sécularisée qui a perdu le sens de la transcendance, face aux différents  scandales qui ont secoué l’l’institution et à la remise en cause du sacerdoce par certains groupes de pression qui structurent l’Eglise catholique l’auteur livre une réflexion, ou plutôt une médiation sur le caractère du prêtre. Monseigneur Robert SARAH, pour sa part, reconnaît le caractère odieux de certains actes commis par des représentants du Clergé : abus sexuels, recherche de la gloire mondaine, du pouvoir, des honneurs, des plaisirs terrestres et de l’argent s’est infiltrée dans le cœur de prêtres, d’évêques et de cardinaux.

A travers le présent ouvrage, il nous invite à participer à ses méditations sur la base de textes d’Augustin, de Jean Chrysostome, de Grégoire le Grand, de Bernard de Clairvaux, de Catherine de Sienne, de John Henry Newman, de Pie XII, de Georges Bernanos, de Jean-Marie Lustiger, de Jean-Paul II, de Benoît XVI et du Pape François. Il accompagne le lecteur en ce sens à travers le partage de son analyse et des solutions qui pourraient être apportées à une situation qui n’entache que l’Eglise visible. L’Eglise invisible conservant sa pureté originelle et souffrant des crimes commis par des hommes sensés La représenter, sensés représenter le Christ, sensé être le Christ au-delà de la chair et du temps.

Catéchisme de la vie spirituelle 

Cardinal Robert Sarah

Paris, Fayard, 2022. 336 pages.

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«  Il m’a semblé que l’éclipse de Dieu dans nos sociétés post-modernes, la crise des valeurs humaines et morales fondamentales et ses répercussions jusque dans l’Église, où l’on constate la confusion au sujet de la vérité divinement révélée, la perte du sens authentique de la liturgie et l’obscurcissement de l’identité sacerdotale, demandaient avec force qu’un véritable catéchisme de la vie spirituelle soit proposé à tous les fidèles. Qu’on ne se méprenne pas cependant sur ce titre. Je n’ai pas cherché à écrire un résumé de toute la foi chrétienne. Nous disposons du Catéchisme de l’Église Catholique et de son Compendium qui demeurent des instruments irremplaçables pour l’enseignement et l’étude de l’intégralité de la doctrine révélée par le Christ et prêchée par l’Église. Ce livre est un catéchisme de la vie intérieure. Il veut indiquer les principaux moyens d’entrer dans la vie spirituelle, dans un but pratique et non académique. Au temps des Pères de l’Église, on accompagnait les catéchumènes pendant tout le Carême par de grandes catéchèses pour leur permettre de saisir combien le baptême qu’ils allaient recevoir devait changer leur vie. Ce catéchisme, organisé autour des sacrements, de la prière, de l’ascèse, de la liturgie, vise le même but : faire prendre à chacun conscience que son baptême est le début d’une grande conversion, d’un grand retour vers le Père.  »
 
Pour rendre à Dieu sa place dans nos vies et celle de l’Église, le cardinal Robert Sarah ne propose pas d’autre chemin que celui de l’Évangile  : les sept sacrements par lesquels le Christ nous touche aujourd’hui forment la trame de cet itinéraire spirituel auquel le cardinal nous invite, dans un langage marqué par l’authenticité et la force missionnaire.

BREVE HISTOIRE DE LA RUSSIE, EUROPE, HISTOIRE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MARK GAELEOTTI (1965-....), RUSSIE

Brève histoire de la Russie de Mark Galeotti

Brève histoire de la Russie : comment le plus grand pays du monde s’est inventée

Mark Galeotti

Paris, Flammarion, 2020. 312 pages.

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De quelle Russie Poutine est-il le maître? Pour unifier ce peuple pluriel conquis tour à tour par les Vikings et les Mongols, sans véritable frontière naturelle, aussi européen qu’asiatique, la Russie a fait de ses multiples influences son identité propre, quitte à en forger les légendes.
Mais, en jouant de ce passé, elle s’est enfermée et contrainte dans ses rapports au monde extérieur. Telle est la thèse de Mark Galeotti qui, tout en relatant avec brio son histoire en quelques chapitres enlevés, nous donne les clés pour comprendre ce pays-continent.

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Cet extrait une partie du dernier chapitre de son livre qui couvre les années 1991 à nos jours :

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Il y a certes encore beaucoup à dire sur Poutine. À propos de son personnage public parfois d’un machisme pervers, de la répression brutale de certaines forces d’opposition allant de pair avec l’empressement à en autoriser d’autres, voire à les flatter; à propos aussi de la question de savoir si, au terme de son quatrième mandat présidentiel en 2024, il prendra sa retraite, trouvera une nouvelle astuce pour tourner la Constitution ou choisira un successeur. Toutefois, sur la longue durée de l’extraordinaire histoire de la Russie, doit-il être traité comme un tsar ou un secrétaire général de plus, méritant une section ou deux, mais pas davantage ?

La stabilisation intérieure du pays et le rétablissement de son rôle, de manière conflictuelle et parfois irascible, sur la scène mondiale sont certes à mettre à son crédit. Pourtant, il n’a pas été aussi meurtrier qu’Ivan (le Terrible) ou Staline (le bien plus terrible), ni plus grand que nature (au sens tout à fait littéral) que Pierre le bien nommé. Il lui manque la froideur intellectuelle implacable d’un Lénine ou d’un Andropov, ainsi que l’instinct politique subtil d’une Catherine la Grande ou d’un Dimitri Donskoï.

Cela ne revient pas à déprécier Poutine, mais simplement à le remettre à sa juste place. Il a sans aucun doute tenté de façonner le regard que la Russie porte sur son histoire. De plus en plus, les manuels scolaires et les cours universitaires doivent s’en tenir à la version officielle, qui exalte les triomphes et minimise les tragédies. Dans cette optique, Staline fait figure de modernisateur nécessaire et de chef de guerre, tandis que le goulag est relégué dans les marges. Poutine a exigé que cette nouvelle histoire officielle du pays soit «dépourvue de contradictions internes et ne puisse se prêter à une double interprétation» –comme si l’histoire vraie avait jamais été aussi simple.

Il n’est pas le premier à avoir essayé de dicter l’image et le passé de la Russie. Dimitri Donskoï avait des chroniqueurs à sa botte, Catherine la Grande soigna le profil de son pays en Europe, et le culte de la «nationalité officielle» sous Alexandre III s’est accompagné d’une campagne visant à museler et ramener dans le droit chemin les intellectuels trouble-fête qui tenaient à contester ses préceptes. La plus frappante de toutes ces entreprises, l’Histoire du Parti communiste bolchevik de l’URSS, précis abrégé, revue et corrigée par Staline, et publiée en 1938, constitua une tentative de reformuler les événements mêmes dans la mémoire vivante. Dans les vingt années qui suivirent, plus de 42 millions d’exemplaires furent imprimés et distribués, en soixante-sept langues, ce qui en fait peut-être le livre le plus lu après la Bible.

Le fait est qu’aucune de ces manœuvres n’a réussi à atteindre son but, qui était de modeler la manière dont les Russes se voyaient eux-mêmes. Un peuple palimpseste et un pays sans frontières géographiques, culturelles ou ethniques bien nettes sont sans doute d’autant plus désireux de se donner des mythes nationaux qui contribuent à les unir et à les définir, mais ils sont aussi particulièrement difficiles à circonscrire dans une histoire unique, «dépourvue de contradictions internes et ne pouvant se prêter à une double interprétation».

Poutine est un nouvel avatar de Nicolas Ier, du patriarche Nikon, peut-être au mieux de Pierre le Grand.

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Poutine s’inscrit parfaitement dans les structures générales de l’histoire russe, quoique sans doute comme un personnage de transition, ni soviétique ni vraiment post-soviétique. L’URSS prenait manifestement du retard sur l’Occident, incapable de rivaliser avec lui dans la nouvelle course aux armements, et sa position internationale était donc de plus en plus vulnérable. Gorbatchev tenta de moderniser l’Union soviétique, ce qui impliquait nécessairement une libéralisation, et cela entraîna de l’agitation et finalement l’effondrement du système. Aux yeux de Poutine, ce fut une «catastrophe géopolitique majeure du siècle» –ce qui, pour être juste, ne signifie pas qu’il aurait voulu rétablir l’URSS–, mais elle reflétait de la mollesse de la part du gouvernement.

Après le nouveau «temps des troubles» de la période Eltsine, Poutine en était arrivé à considérer que la principale menace pesant sur le pays tenait à sa faiblesse intérieure –peut-être entretenue par des puissances étrangères hostiles– et donc, en dépit de tous les investissements en drones pour l’armée et en satellites sur orbite, de son aventurisme à l’étranger, son régime est foncièrement conservateur. Il est un nouvel avatar de Nicolas Ier en lutte contre le désordre, du patriarche Nikon rétablissant l’ancienne orthographe, peut-être au mieux de Pierre le Grand, content d’adopter les technologies occidentales pour armer l’État et tenir en main l’élite, mais peu désireux de lancer des réformes par le bas.

Le palimpseste en hypertexte et ses ironies

Pendant ce temps-là, de nouvelles couches d’écriture se superposent sur le palimpseste. Si la génération de Poutine –celle de l’Homo sovieticus, non seulement née et élevée à l’époque soviétique, mais dont les années de formation et les débuts de carrière sont antérieurs à 1991– reste dominante, elle est cependant talonnée par les générations nouvelles, certaines façonnées dans les chaotiques années 1990, d’autres qui, adultes, n’ont même pas connu une Russie où Poutine n’était pas aux commandes.

Il y a ceux qui se rebellent et regardent vers l’Ouest en quête d’inspiration et d’ambitions. D’autres qui mêlent l’orthodoxie à la Poutine à un cynisme branché, font leur la nouvelle position mondiale de la Russie en tant que méchant de la scène internationale et l’affichent sur leur t-shirt. «Poutine: le plus poli des hommes», lit-on sur l’un, reprenant l’expression russe désignant ce que les Occidentaux ont appelé les «petits hommes verts», les commandos qui se sont emparés de la Crimée. «Nous isoler? Oui, faites donc!» proclame un autre au côté du logo de McDonald, du symbole et de l’affiche de LGBT, le tout barré par des «X» rouges.

«Ils apprennent l’anglais pour des raisons de cœur, le chinois pour des raisons de tête.»

Un professeur russe à propos de ses élèves

En même temps, loin de se simplifier, les choses deviennent plus complexes. Une nouvelle et énorme mosquée se dresse près du stade olympique de Moscou, érigée par les musulmans venus du Nord-Caucase et d’Asie centrale, à la fois comme citoyens et –surtout ces derniers– comme travailleurs «invités» temporaires. Avec eux arrivent de nouvelles influences, sous forme, par exemple, de restaurants caucasiens ou du bazar afghan vertical qui occupe en grande partie l’hôtel Sébastopol hérité de l’époque soviétique.

Poutine a fait ériger une immense statue de saint Vladimir –le grand prince Vladimir le Grand– à côté du Kremlin, mais il s’agit de Vladimir de Kiev, et de même que Kiev est devenu Kyiv, l’Ukraine n’est pas seulement un pays indépendant, mais elle tourne de plus en plus ses regards vers l’Ouest et non vers l’Est. Vladimir appartient-il encore culturellement à la Russie? Ou est-il désormais le Volodymyr ukrainien? Dans les aéroports de Moscou, il y a maintenant des files réservées aux touristes chinois en voyage organisé pour la vérification des passeports et de plus en plus d’inscriptions sont en chinois aussi bien qu’en anglais. Dans l’Extrême-Orient russe, un flot d’argent chinois est en train de remodeler des villes entières et les économies régionales. Un professeur russe m’a dit à propos de ses élèves: «Ils apprennent l’anglais pour des raisons de cœur, le chinois pour des raisons de tête.»

Toutes ces influences ne se manifestent pas dans la géographie physique de la Russie. Au palimpseste s’ajoute un hypertexte, des liens dans le cyberespace où l’information et les influences culturelles circulent librement. Les trois quarts des Russes utilisent régulièrement internet, autant que l’Américain moyen. Beaucoup se tiennent au courant de l’actualité en ligne à partir de sources étrangères, regardent des vidéos étrangères et, tout aussi important, forment des communautés transfrontalières en ligne. Qu’il s’agisse de forums de discussion ou de communautés de jeux vidéo, les Russes ne sont pas seulement des trolls et des fauteurs de trouble, ils participent activement à de nouveaux mouvements et communautés virtuels.

L’ironie est qu’en définissant «sa» Russie de multiples façons en opposition avec l’Europe et l’Occident en général –contestant aussi bien son ordre international que ses valeurs sociales–, Poutine, comme beaucoup d’autres dirigeants russes avant lui, laisse le monde extérieur le définir, lui et son pays. C’est en effet une caractéristique très courante, vraie de presque tous les gouvernants russes depuis qu’Ivan Grozny a introduit la Russie dans la politique nordique et offert sa main tachée de sang à Élisabeth Ire, la «reine vierge» d’Angleterre.

Ironie plus grande encore, Poutine s’efforce de mobiliser toutes sortes de mythes à l’appui de l’exceptionnalisme russe, l’idée voulant que son histoire confère au pays un rôle spécial et héroïque dans le monde. À cette fin, il puise à toutes les sources, qu’il s’agisse de la vocation de Moscou de «Troisième Rome» ou de la bataille de Koulikovo. Cependant, tous les efforts déployés par les «techniciens de la politique» du Kremlin et les historiens complaisants pour tenter de persuader les Russes qu’ils forment un peuple à part, séparé de l’Europe et dressé contre ses forces culturelles et géopolitiques pernicieuses, montrent qu’ils vont à contre-courant.

Après tout, même les Russes qui vénèrent encore Poutine et arborent son portrait sur leur T-shirt s’empressent d’apprendre l’anglais, dévorent les émissions télévisées et les films occidentaux, et cherchent même dans leurs propres créations culturelles à s’intégrer aux grands courants occidentaux. La Russie est un pays dans lequel on peut voir, d’un côté de la rue, une énorme peinture murale, couvrant toute la façade d’une tour, à la gloire d’un grand général russe, et, de l’autre côté de la rue, effet très surréaliste, une peinture murale tout aussi gigantesque annonçant la sortie d’un film hollywoodien à grand succès, et pas n’importe lequel: Captain America.

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ANCIEN TESTAMENT, ANDRE WENIN (1953-...), BIBLE, LA BIBLE OU LA VIOLENCE SURMONTEE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, VIOLENCE DANS LA BIBLE

La Bible ou la violence surmontée

La Bible ou la violence surmontée 

André Wénin

Paris, Desclée de Brouwer, 2008. 257 pages.

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Pourquoi une telle violence dans la Bible, tant d’êtres brutaux au fil de ses pages ? Pourquoi souvent son Dieu ne cède-t-il en rien aux hommes sur ce plan ? La présence massive de la violence, en particulier dans le premier Testament, dérange en effet. A cause d’elle, d’aucuns voudraient que les croyants renvoient ce livre aux oubliettes de l’Histoire, comme un sombre témoignage du potentiel destructeur que constitue toute religion. Et des chrétiens préfèrent ignorer des pans entiers de ce livre, pourtant au centre de leur foi, indispensable pour saisir le message du Nouveau Testament. Bibliste de renom, André Wénin répond à cette critique : tout le paradoxe de la sagesse de la Bible est justement d’indiquer à l’humanité des impasses à éviter, en premier lieu la violence. Pour cela, il lui faut cultiver la justice et, lorsque celle-ci connaît des dérives, aller plus loin, vers la fraternité, la sagesse véritable. Car le Dieu de la Bible ne veut pas le malheur de l’homme, mais sa vie et son épanouissement.

Extrait de l’introduction :

Pourquoi une telle violence dans la Bible ? Pourquoi tant d’êtres violents au fil de ses pages ? Pourquoi souvent son Dieu ne cède-t-il en rien aux humains sur ce plan ? Ce sont ces questions qui ouvrent la réflexion proposée dans cet essai. La présence massive de la violence en particulier dans le premier Testament dérange, en effet. À cause d’elle, d’aucuns voudraient que les croyants renvoient ce livre aux oubliettes de l’histoire avec d’autres ouvrages anciens du même genre, comme un sombre témoignage du potentiel destructeur que constitue toute religion. À cause d’elle, des chrétiens préfèrent ignorer des pans entiers de ce livre, qui est pourtant au centre de leur foi et leur est indispensable pour saisir le coeur du message du Nouveau Testament. Le problème n’est pas nouveau, du reste. Car si la tradition juive n’a guère vu dans la violence un obstacle à son étude des Ecritures, il n’en a pas été de même chez les chrétiens. La première «hérésie» n’est-elle pas celle de Marcion qui, dès avant 150 de l’ère commune, rejetait le Testament de la première alliance ? Selon Irénée, il affirmait que «le Dieu qu’ont annoncé la Loi et les Prophètes est un être malfaisant, aimant la guerre, inconstant aussi dans ses jugements et en contradiction avec lui-même».
En réalité, celui qui, avec Marcion, se contente de se scandaliser de la violence qu’il lit dans le premier Testament se dispense à bon compte de penser la question qu’elle soulève. Or, on peut au moins trouver à cette violence un aspect salutaire, ne serait-ce que parce qu’elle peut nous guérir de la tentation de voir la Bible comme un livre religieux véhiculant des vérités à croire, des règles à pratiquer ou des figures édifiantes à imiter. Si, en effet, ce Livre dit et la vie et la mort pour donner à penser et à vivre l’existence humaine sans rien ôter de sa complexité, il est indispensable qu’il parle de la violence. Qui songerait, en effet, à nier que cette complexité est due en bonne partie à la violence que les humains subissent et produisent ? Aussi, en racontant abondamment la violence, en légiférant à son propos, en en faisant l’un des objets de sa prière, le premier Testament ne fait-il que refléter la réalité humaine pour apprendre à la lire, y compris dans ce qu’elle a de révoltant. Et s’il ne craint pas de mêler Dieu à la violence, c’est pour presser le lecteur de se poser la question du rapport entre eux, peut-être aussi – qui sait ? – pour lui apprendre à haïr un Dieu qui serait l’allié de la mort. Mais un allié de la vie ne doit-il pas également déployer parfois une certaine violence ? Car, la Bible l’enseigne aussi : toute violence n’est pas forcément négative.

Biographie de l’auteur

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André Wénin enseigne à l’université de Louvain. Il est notamment l’auteur de L’homme biblique (Cerf), Joseph ou l’invention de la fraternité (Lessius) et récemment, D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain. Lecture de Genèse 1,1-12,4 (Cerf).

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CHJRISTIANISME, CLAUDE TRICOIRE (1951-...), EVANGILES, JUDAS DE LANZA DEL VASTO, JUDAS ISCARIOTE (Ier siècle), LANZA DEL VASTO (1901-1981), LITTERATURE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

Judas de Lanza del Vasto

Judas

Lanza del Vasto

Paris, Gallimard, 1992. 245 pages

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«Tu savais bien, depuis longtemps, ce qui allait arriver. Pourquoi ne m’as-tu pas empêché ? Pourquoi, quand je mettais avec toi la main au plat, ne m’as-tu pas pris la main, ne m’as-tu pas dit « Ami » […] Pourquoi m’as-tu dit avec impatience : « Va et ce que tu as à faire fais-le » ? Tu voulais me perdre, et, vois, je t’ai entraîné avec moi. Oh Seigneur, tu m’as appelé pour me repousser, […] tu ne m’as pas même fait la grâce d’un regard. Seigneur, oh Seigneur, comme tu m’as trahi.»

C’est ainsi que Judas parle au pied de la Croix où Jésus vit les dernières heures de sa vie terrestre. Ces dernières paroles résument tout le drame de Judas.

Judas l’Iscariote a longtemps été une énigme pour les auteurs chrétiens et aussi non croyants : pourquoi a-t-il trahi Jésus ? Une longue littérature a tenté de dresser un portrait de Judas : des Pères de l’Eglise jusqu’à la première moitié du XXè siècle Judas a été considéré comme « le traitre » et a servi a alimenté la thèse du déicide contre les Juifs et ce n’est qu’après les années cinquante que la figure de Judas a évolué pour en faire un nationaliste déçu par Jésus ou encore un instrument servant la mission du Messie en le trahissant.

Lanza del Vasto écrivant son livre en 1938 nous livre un Judas certes fort peu sympathique mais à l’âme torturé. Après avoir fui le foyer paternel il rencontre Jean le Baptiste qu’il suit au désert. Puis il quitte Jean pour suivre Jésus et les disciples : il fera ainsi parti des douze. Il s’attache à Jésus et tente de conquérir son amitié mais sans résultat car Jésus l’ignore. Envoyé en mission il fait du zèle pour annoncer la Bonne Nouvelle. Lui qui est assoiffé de reconnaissance ne rencontre qu’indifférence auprès de celui dont il voudrait être l’ami. Quand Jésus entre à Jérusalem sur un âne il est dégoutté par cette scène vulgaire. Le moment où Judas décide de trahir Jésus se situe dans la scène où Marie-Madeleine (dont il était l’amant avant qu’elle ne rencontre Jésus et qu’il désire l’avoir pour lui seul) chez Simon le pharisien verse le parfum sur les pieds de Jésus.

A ce moment là il se décide à aller trouver les pharisiens et à mettre au point l’arrestation de Jésus au jardin de Gethsémani. Il se sent délivré : « Tu as toujours voulu m’ignorer : maintenant tu vas devoir t’apercevoir que moi je suis, que moi je suis moi ».  Et pourtant il confessera que Jésus est innocent et souffrant il se pend au figuier qui avait été maudit par Jésus.

En lisant cet ouvrage on s’aperçoit combien l’auteur prend des libertés avec les Evangiles. Il brosse un portait haut en couleur de cet apôtre qui aurait suivi Jean avant de s’attacher à Jésus. L’auteur met dans la bouche même de Judas des paroles prononcées par ce même Jésus, paroles que l’on retrouve certes dans les Evangiles mais dans une perspective tout autre. Si Lanza del Vasto fait de Judas celui qui tenait les comptes de la communauté des douze il en fait également un intellectuel bien supérieur aux pêcheurs de Galilée.

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On peut voir dans cet ouvrage plus qu’un portrait de Judas. Le prétexte est l’occasion d’explorer les aspects de la condition humaine : on voit un être assoiffé de reconnaissance et d’être aimé mais qui par son attitude tortueuse à l’égard de ses semblables court à la catastrophe. Judas nous offre ici un miroir de ce que l’on peut être. L’auteur veut nous dire : Judas c’est moi aussi.

©Claude Trcoire

26 avril 2022.

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The kiss of Judas, detail of Christ’s Capture, detail of the fresco cycle by Giotto, in the Scrovegni Chapel, Padua

Pour aller plus loin : Judas dans la littérature

https://www.evangile-et-liberte.net/elements/archives/129.html

Lanza del Vasto (1901-1981)

Né(e) à : San Vito dei Normanni, Pouilles , le 29/09/1901
Mort(e) à : Elche de la Sierra, Espagne , le 05/01/1981

Giuseppe Lanza di Trabia-Branciforte, né Giuseppe Giovanni Luigi Maria Enrico Scansa-Lanza, dit Joseph Lanza del Vasto, connu sous le patronyme de Lanza del Vasto, est un philosophe italien.

Issu d’une famille aristocratique du sud de l’Italie, il étudie à Paris au lycée Condorcet, en 1913. Il s’inscrit à la rentrée 1920 en faculté de philosophie à l’Institut royal d’études pratiques supérieures et de perfectionnement de Florence puis en 1921 à celle de Pise où il soutient en 1928 une thèse de doctorat en philosophie.

En décembre 1936, Lanza part en Inde. Au centre de ce voyage, la rencontre décisive avec Gandhi, en 1937, qui lui donne un nouveau nom : « Shantidas », serviteur de paix. Il est reçu pour un mois comme novice dans un monastère mahayana.

Il est à Paris le 10 juillet 1939 au moment où la Seconde Guerre mondiale éclate. Six semaines plus tard, il part pour la Suisse.
En octobre 1943, il revient s’installer à Paris quand Le Pèlerinage aux sources, récit de son voyage en Inde paru chez Denoël, trouve son public et rencontre le succès.

En 1948, il épouse Chanterelle Gibelin, chanteuse et instrumentiste. C’est alors qu’avec des amis qui ont l’habitude de se réunir chez lui, le couple installe, sur le modèle de l’ashram, une première « Communauté de l’Arche » en Saintonge, au lieu dit Tournier, sur la commune de La Genétouze.

En 1963, la Communauté, à laquelle il se dévouera pendant trente-trois ans, délivrant dans le monde entier un message de sagesse et de paix, se transfère dans les Cévennes biterroises, à Roqueredonde.

Militant de la paix chrétien, poète, sculpteur et dessinateur, il a été un précurseur des mouvements de retour à la nature.

site : https://www.lanzadelvasto.com/fr

DROIT DE MOURIR DANS LA DIGNITE, ERWAN LE MORHEDEC, EUTHANASIE, FIN DE VIE EN REPUBLIQUE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MEDECINE, MORT, SOCIETE FRANÇAISE, SOCIOLOGIE, SOUFFRANCE, SUICIDE ASSISTE

Fin de vie en République d’Erwan Le Morhedec

Fin de vie en République : avant d’éteindre la lumière

Erwan Le Morhedec

Paris, Le Cerf, 2022. 216 pages.

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Quatrième de couverture.

Quand certains demandent un droit de mourir dans la dignité par l’euthanasie, doit-on considérer dès lors comme indigne la mort naturelle des autres ? Comment en sommes-nous arrivés à un tel paradoxe ?

À la fois libelle et enquête, le livre-évènement d’Erwan Le Morhedec force à regarder les choses en face : si l’euthanasie et le suicide assisté sont légalisés, les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent l’humanisme républicain de notre société seront corrompues. Cette loi soumettra des êtres parvenus au stade ultime de la vulnérabilité aux pressions conjointes de la société, de la médecine et de l’entourage. Elle oblitérera la latitude de jugement des soignants et des familles, les placera face à des contradictions et des dilemmes insurmontables, les forcera à la désincarnation pour faire d’eux un instrument fatal.

Mais cet ouvrage essentiel n’est pas que percutant. Il est aussi convaincant en raison de l’investigation de terrain qui le fonde. C’est auprès des soignants, des malades et de leurs proches, dans les établissements de soins palliatifs, qu’Erwan Le Morhedec est allé recueillir, au cours d’heures d’entretiens, les témoignages de situations réelles.

La France est-elle prête à tant d’aubes lugubres ?

Recension dans le journal La Croix

Avocat, blogueur sous le nom de Koz, chroniqueur à La Vie, Erwan Le Morhedec est l’auteur remarqué d’Identitaire – Le mauvais génie du christianisme. Membre du comité scientifique du collectif « Plus digne la vie » depuis 2008, il a accompagné plusieurs associations de soins palliatifs.

 Euthanasie : la plaidoirie contre un « saut mortifère » d’un avocat engagé. Dans un essai sur la fin de vie, l’avocat Erwan Le Morhedec, bien connu de la sphère catholique, se positionne fermement contre l’euthanasie. Une fausse liberté mais une véritable violence, à ses yeux.

« Je refuse de croire que la France soit prête à faire ce saut mortifère entre tous », écrit Erwan Le Morhedec dans l’introduction de son livre, Fin de vie en République (1). Ce « saut mortifère », c’est la légalisation de l’euthanasie. L’ouvrage est né d’un électrochoc : le vote, le 8 avril 2021, par une large majorité des députés, du premier article de la loi dite « Falorni », instituant une aide médicale à mourir. « Le 9 avril 2021 au matin, j’ai compris que je ne pourrais pas me réveiller un jour dans un pays qui administrerait la mort à ses malades comme gage de sa compassion sans en souffrir un divorce profond. »

 Est-ce parce qu’il est avocat, justement ? L’auteur signe un plaidoyer en forme de plaidoirie en s’appliquant à montrer « le coup » que porterait une légalisation de l’aide à mourir « au pacte social français » et ses valeurs de liberté, égalité, fraternité.

Une fausse liberté

Pour cela, il détricote les arguments pro-euthanasie. La France « serait prête », montrent les sondages, estimant que 93 % des Français voudraient qu’on légalise l’euthanasie ? Formulez les questions autrement et « les évidences défaillent », écrit l’auteur, précisant que parmi ceux qui se prononcent, peu connaissent vraiment les dispositions de la loi Claeys-Leonetti encadrant actuellement la fin de vie. Paralysés par l’émotion de cas particuliers tragiques (comme l’affaire Vincent Lambert), confrontés à une alternative réductrice (mourir dans d’atroces souffrances ou rapidement), est-il si étonnant que « nous soyons portés à éliminer dans un même mouvement la souffrance et le souffrant » ?

Autre argument détricoté : choisir sa mort serait une ultime liberté ? Pourtant, est-on libre lorsque l’on est affaibli ? Lorsqu’on dépend des autres ? Lorsqu’on a l’impression que mourir soulagera sa famille ? Est-on libre quand on a mal ? interroge l’auteur, dont l’essai est nourri de rencontres avec des spécialistes des soins palliatifs. Il y a de l’ambivalence dans les demandes de mort, rappelle-t-il. « Je veux mourir », comme « je veux que ça s’arrête », signifient le plus souvent « je ne veux plus souffrir » ou « je ne veux plus vivre… de cette manière-là ». Il plaide donc pour une prise en charge efficace de cette souffrance, où se joue souvent l’accompagnement de fin de vie. L’euthanasie est une liberté fantasmée et une violence véritable, écrit Erwan Le Morhedec. Pour le patient (« elle opprimera les plus faibles, les plus pauvres, les plus seuls »), ses proches, les soignants.

Pour le développement des soins palliatifs

L’auteur s’oppose ensuite à ceux qui estiment que légaliser l’euthanasie serait une mesure égalitaire, en ne réservant plus l’aide médicale à mourir aux seules personnes pouvant aller en Belgique ou en Suisse ; puis aux défenseurs d’une mesure fraternelle, compassionnelle. D’abord, parce que, loin des chiffres brandis par les associations, seule une vingtaine d’étrangers vont mourir en Belgique, chaque année.

Ensuite, parce que la « véritable exigence d’égalité », de fraternité, serait de lutter pour le développement des soins palliatifs et leur accès universel, plaide-t-il. La mesure est certes défendue par les partisans de l’aide à mourir, qui estiment que soins palliatifs et euthanasie ne sont pas incompatibles… Pas si simple, pour Erwan Le Morhedec, qui décrit comment la culture palliative a été « balayée » dans certains pays ayant franchi le pas de la légalisation.

La crainte des dérives

Surtout, l’auteur alerte sur les dérives. Il pointe le modèle belge, si souvent cité en exemple par les députés français. Si le royaume a mis en place une commission de contrôle des actes d’euthanasie, celle-ci semble bien complaisante, comprend-on à la lecture. C’est comme si l’instance, censée agir comme un « filtre » entre les médecins et les autorités judiciaires se comportait davantage comme un « bouclier ».

Bien connu dans les milieux catholiques pour ses interventions et son influence sur les réseaux sociaux (où il porta longtemps le pseudonyme de Koztoujours), Erwan Le Morhedec martèle : c’est en tant que citoyen qu’il s’exprime ici. « Mes arguments n’empruntent rien à la foi », répond-il à qui voudrait le réduire à ses convictions. La fin de vie est simplement le débat qui lui tient probablement « à cœur avec le plus de constance, depuis 25 ans ». L’euthanasie n’a rien pour se parer des couleurs républicaines. « Nous avons un autre chemin à emprunter (…) et c’est encore possible », espère-t-il.

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Euthanasie-plaidoirie-contre-saut-mortifere-dun-avocat-engage-2022-01-06-1201193414

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, EGLISE CATHOLIQUE, JEAN-BAPTISTE NADLER, JUDAÏSME, LITURGIE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MESSE, RELATION ENTRE LE JUDAÏSME ET L'EGLISE CATHOLIQUE, RELIGION

Les racines juives de la messe

Les racines juives de la messe 

Jean-Baptiste Nadler ; préface de Haïm Koria

Editions de l’Emmanuel, 2015. 124 pages.

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Présentation

Ce petit livre est né d’une rencontre de l’auteur, prêtre spécialiste de la liturgie, avec la communauté et la synagogue de Tours. Il y montre l’influence de la liturgie juive du Temple sur les rites de la messe catholique. Il nous aide ainsi à comprendre et à vivre la messe en héritiers de nos frères aînés dans la foi. L’ouvrage du Père Jean-Baptiste Nadler nous rappelle ce que certains auraient malheureusement tendance à oublier, à savoir que tous les premiers Chrétiens étaient juifs, juifs pratiquants. Cette proximité explique cette autre vérité historique : la prenté entre les rites juifs et les rites chrétiens. Ce si grand patrimoine commun aux Chrétiens et aux Juifs n’empêche pas la différenciation entre les deux religions. C’est le propre de l’histoire humaine que chacun trouve son chemin propre. Mais c’est aussi la grandeur de l’homme de savoir trouver les points de convergence et de dépasser les différences afin de trouver l’espérance toujours partagée, comme le rameau sait trouver son ressourcement dans la sève de l’arbre dont il est l’une des ramifications.

Extrait de l’introduction

«Les rites manifesteront une noble simplicité, seront d’une brièveté remarquable et éviteront les répétitions inutiles ; ils seront adaptés à la capacité des fidèles et, en général, il n’y aura pas besoin de nombreuses explications pour les comprendre.»

Ces indications normatives données par le concile Vatican II pour son œuvre  de restauration de la liturgie rappellent que les rites de l’Église nécessitent quelques explications en vue de leur juste compréhension, même si ces rites sont simples et sobres. Car la liturgie est un langage composé de mots, de gestes, d’attitudes et de tout un ensemble de signes et de symboles. Ce langage est l’expression d’une pensée – celle de la foi – et donc d’une culture. Celui qui veut connaître une culture et entrer en dialogue avec elle doit en apprendre la langue. De même, celui qui veut pénétrer dans le vaste monde liturgique doit en apprendre le langage, la signification, l’histoire. Cela demande un effort et un apprentissage, en un mot, une éducation.

Sans cet effort, deux écueils menacent celui qui participe à la liturgie : le ritualisme et Ya-ritualisme. Le ritualisme est une application extrinsèque, vide et creuse des rites liturgiques, ce qui entraine souvent le relativisme («Si je fais tel geste sans en comprendre le sens, je pourrais tout aussi bien faire un autre geste à la place»). Nous trouvons une belle dénonciation de l’attitude ritualiste dans la bouche de Jésus, au début de l’évangile selon saint Matthieu : «Hypocrites ! Isaïe a bien prophétisé à votre sujet quand il a dit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur  est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte» (Mt 15, 6-9). L’a-ritualisme, quant à lui, est le mépris des rites matériels au nom d’une certaine conception de la pureté de la foi. Fruit d’un intellectualisme désincarné, il donne une prière sans chair. C’est précisément pour contrer ces deux erreurs que le concile Vatican II a voulu une réforme liturgique qui soit centrée sur la «participation pleine, consciente et active» des fidèles à la liturgie. Or, pour que notre participation soit «consciente», nous devons connaître la signification de rites qui s’expliquent en grande partie par leurs origines et leur histoire.

Mais une première question se pose : pourquoi avons-nous besoin de rites ? Et même, avons-nous encore besoin de rites ? La foi chrétienne n’est-elle pas un culte «en esprit et en vérité» et donc une libération des vieux réflexes religieux païens ? Bien au contraire ! Dans le christianisme, la prière est et doit être plus liturgique que dans n’importe quelle autre tradition religieuse. À quoi servent en effet les rites, sinon à nous approcher de Dieu ? Lorsqu’Isaïe reçoit la vision du Seigneur dans le Temple de Jérusalem, et que les séraphins se crient l’un à l’autre la terrible sainteté de Dieu : «Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers !», le prophète est désemparé. «Malheur à moi ! s’écrie-t-il, je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures». Avec des instruments liturgiques – la pince et le charbon pris sur l’autel de l’encens -, l’un des séraphins apaise Isaïe (Is 6, 1-7). Cet épisode nous donne tous les éléments pour comprendre l’importance des rites. Dieu est saint, totalement autre, immensément transcendant et inaccessible à nos propres forces. Mais pour notre bonheur, il s’approche de nous, il se rend accessible jusqu’à se faire l’un de nous par l’Incarnation de JésusChrist. En lui, jamais Dieu n’a été aussi proche ! Hélas, à cause de la faiblesse de notre nature, soit nous nous habituons à Dieu au point d’oublier sa sainteté et de le réduire à une idole, une chose, un objet ; soit nous nous réveillons de notre torpeur, comme Isaïe, nous prenons peur face à l’immense majesté de Dieu et nous cherchons à fuir et à nous cacher loin de sa face. C’est précisément à ce moment que les rites de la liturgie prennent tout leur sens. Par leur majesté et leur sacralité, ils nous aident à nous déshabituer de Dieu et entretiennent en nous la «crainte filiale», c’est-à-dire le respect humble et amoureux devant la grandeur de Dieu, tout en nous permettant réellement de nous approcher de lui sans craindre d’offenser sa majesté : «Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce» (He 4, 16).

Pour bien comprendre le sens des rites et y participer d’une manière consciente et active, il est nécessaire d’en connaître l’histoire, particulièrement leur origine. Or la plupart des rites chrétiens, surtout ceux qui composent la célébration du mystère de l’Eucharistie,  s’ancrent dans les rites du peuple juif, tout en les menant à leur accomplissement. Le Christ, venu nom pour abolir mais pour accomplir, a donné son sens plénier à la liturgie de l’Ancienne Alliance, et les premier chrétiens, tous juifs, n’ont pas vécu leur foi nouvelle comme une rupture, mais comme une continuité dans la nouveauté de l’Evangile »

Analyse du Père Patrice Sabatier, c.m.

Il faut revenir en arrière, certainement sous le Pontificat de Pie XII, et les premiers écrits en 1962 de Jules Isaac sur « l’Enseignement du mépris » et de ceux d’André Neher pour vérifier le chemin parcouru par l’Eglise et, dans quelque autre mesure, par le judaïsme lui-même. Le 15 décembre 1959 à la Sorbonne, Jules Isaac prononce une conférence qu’il intitule : « Du redressement nécessaire de l’enseignement chrétien concernant Israël ». Cette dernière sera éditée par les Editions Fasquelle en 1960 sous le titre de « L’antisémitisme a-t-il des racines chrétiennes ? ». En 1948, déjà, le même historien avait publié « Jésus et Israël ». Ce travail long et patient est accompli de façon précise et définitive par Vatican II et les Déclarations conciliaires attachées au grand texte Nostra Aetate. Peu à peu, ce texte ainsi que les Dix points de Seelisberg se sont diffusés tant dans le christianisme que dans le judaïsme. Une nouvelle période de connaissance, de rencontres, de recherches, de débats et d’amitié allaient pouvoir commencer et perdurer.

Le livre du Père Jean-Baptiste NADLER – prêtre de l’Emmanuel -, préfacé par le Grand rabbin de France Haïm KORSIA, se situe justement à ce point de rencontre. L’ouvrage qu’il publie est d’ailleurs le fruit de rencontres multiples avec la communauté juive, et de présences soutenues à la synagogue de Tours. Il est beau de voir comment un homme – un chrétien et un prêtre – avec un cœur ouvert et aimable peut faire monter de cette présence amicale à la synagogue le fruit de son expérience…, et aussi de sa prière d’homme. Sans doute, ici, avons-nous plus qu’un livre sur la liturgie synagogale en ces rites et en ses intentions. En effet, ce serait davantage un témoignage au cœur d’une liturgie, au cœur d’un cheminement qui apprend à contempler et à regarder nos racines chrétiennes là où elles sont nées. Cependant, à aucun moment, le lecteur aura l’impression d’un quelconque syncrétisme ou d’une dilution faisant d’une religion l’antichambre de l’autre ou démontrant que l’une est supérieure à l’autre. L’auteur veut simplement mettre en lumière les traces de la liturgie du Temple dans nos rites chrétiens de la messe; et principalement ceux attachés à la Pâque juive – Pessah. L’auteur nous dit que « Jésus lui-même agit comme un rabbin, en faisant une relecture rabbinique d’interprétation de l’Ancien Testament. » Nous sommes bien là très loin du prêtre Marcion au IIème siècle voulant faire une coupure radicale avec la Première Alliance (Marcionisme) !

Deux grandes parties font le corps de l’étude ici présentée : Les origines juives des rites chrétiens et La liturgie de la messe accomplit les rites juifs. En suivant les Apôtres « assidus au Temple » et en entrant dans le Mystère d’Israël par le biais de la liturgie, le lecteur est appelé à renouveler sa compréhension de la messe, à la revisiter, à la vivre d’une autre manière en s’attachant aux mots, aux rites, aux symboles, aux mouvements et objets servant à la liturgie. On y perçoit, ainsi, l’influence de la liturgie juive du Temple sur les rites de la messe catholique.

Nous l’avons compris, ce livre court est didactique. Il se lit assez rapidement parce qu’il est pédagogique et va à l’essentiel. Les acteurs de la liturgie paroissiale, les catéchistes, les séminaristes, les délégués diocésains au dialogue avec le judaïsme… pourront se servir de ce petit livre au cœur de leurs responsabilités. Il renouvellera, sans aucun doute, aussi les prêtres et les évêques dans leurs pratiques liturgiques et dans la célébration de l’Eucharistie… Il peut être un bel outil de passage et de rencontres avec des communautés juives.

  1. Patrice SABATER, cm
    16 juin 2018

https://www.domuni.eu/fr/recherche/les-ressources-en-ligne/ressource/les-racines-juives-de-la-messe–651/

EMMANUEL DE WAREQUUIEL, FRANCE, HISTOIRE DE FRANCE, LES DERNIERS JOURS DE MARIE-ANTOINETTE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, REVOLUTION FRANÇAISE (1789-1799)

Les derniers jours de Marie-Antoinette

Les derniers jours de Marie-Antoinette

Emmanuel de Waresquiel

Paris, Editions Tallandier, 2021. 347 pages

Les-derniers-Jours-de-Marie-Antoinette

Il a fallu à la Révolution trois jours et deux nuits, du 14 au 16 octobre 1793, pour juger et exécuter Marie-Antoinette. Elle était condamnée d’avance. C’est bien sûr le procès d’une reine, c’est aussi celui d’une étrangère, c’est enfin celui d’une femme et c’est celui d’une mère. « Ce petit chef-d’œuvre de précision, de rêverie et de style, ne laisse guère de place à la nostalgie. On n’y rêve pas de Restauration. On s’y promène dans le passé comme par l’effet d’un sortilège. »

François Sureau, La Croix « Le biographe de Talleyrand et de Fouché signe un récit précis, puissant, crépusculaire, où l’utopie des Lumières vacille dans la réalité de la Terreur et le regard perdu d’une femme blanche comme la peur. » Laurent Lemire, L’Obs « Emmanuel de Waresquiel a donné à cet ouvrage un tour très personnel. La science, le sérieux, la volonté de ne rien écrire qui ne trouve son origine dans la critique des sources, l’analyse minutieuse d’archives inexploitées n’a pas désarmé, en lui, le désir de produire une œuvre littéraire. Affranchi par l’autorité que lui donne désormais son œuvre d’historien, c’est en écrivain qu’il prend appui sur elle pour jeter un jour cru sur les tréfonds les plus secrets de la nature humaine. » Michel De Jaeghere, Le Figaro Histoire

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 Biographie de l’auteur

Emmanuel de Waresquiel est l’auteur d’une oeuvre imposante sur la Révolution, l’Empire et le XIXe siècle. Ses livres (Talleyrand, Fouché, Sept Jours…) sont de grands succès de librairie, couronnés par maints prix littéraires.

Point de vue personnel

Dans Les derniers jours de Marie-Antoinette comme dans son précédent ouvrage Juger la Reine (paru en 2016 aux Editions Tallandier) Emmanuel de Waresquiel retrace les derniers de celle qui fut la dernière reine de France.

Avec l’auteur nous entrons dans la Conciergerie, dans le Tribunal révolutionnaire et nous suivrons le lent cortège à travers la ville de Paris de la Conciergerie à l’échafaud. Cet excellent ouvrage qui couvre les 14, 15 et 16 octobre 1792 décortique dans un style agréable et facile à lire la salle où se tient le procès (son histoire ancienne et récente). Chacun des protagonistes de ces trois journées sont dépeint avec précision (Fouquier-Tinville, Robespierre, ses deux avocats, les Commissaires du Temple et une foule de témoins).

A son arrivée au Tribunal révolutionnaire que reste-t-il de la jeune archiduchesse qui a été donnée en épouse, pour réconcilier l’Autriche et la France ? Que reste-t-il de celle que l’on appelait « l’Autrichienne », la reine que l’on disait frivole et dépensière ? Dès les débuts de la Révolution en 1789 la reine avait su se muer en femme politique pour défendre la monarchie telle qu’elle était face à un Louis XVI trop indécis pour s’imposer. Et à 38 ans le reine déchue a beaucoup vieillie, elle est malade, ses cheveux ont blanchis mais sait rester digne face à ses accusateurs comme elle le sera face à la mort.

Après la mort de Louis XVI en janvier 1793 le procès de Marie-Antoinette fut longtemps différé : Robespierre et certains révolutionnaires craignaient les réactions des cours européennes mais sous la pression des sans-culottes parisiens et aussi face aux difficultés que rencontraient la République (guerre de Vendée, défaites militaires des armées républiques) on se résout finalement à l’envisager. Mais ce fut un procès où les juges eurent bien du mal à apporter des preuves de leurs accusations : Fouquier-Tinville dut se résoudre à faire venir des témoins qui bien souvent se contenteront de rapporter les quelques ragots qui se colportaient en ville, ou les témoignages d’anciens serviteurs mécontent ! S’il est certain que Marie-Antoinette a correspondu avec certains de ses soutiens à l’étranger (des émigrés, l’Empereur d’Autriche) elle fit pour défendre les droits de son fils Louis-Charles à la couronne de France après la mort de Louis XVI ; quant aux autres accusations (notamment son immoralité et surtout celle d’inceste envers son fils) elles relèvent surtout d’une volonté d’humilier en la personne de Marie-Antoinette la reine, la femme et la mère qu’elle était.

Au final d’un procès de trois jours Marie-Antoinette qui a sans doute espéré jusqu’au bout qu’elle serait épargnée, est condamnée à mort et exécutée. Son attitude face à la mort fut digne au grand dam de ses bourreaux. Les quelques essais pour la libérer (aussi courageux qu’intrépides et parfois rocambolesques) se seront avérés vains. Rien ne pouvait sauver la dernière reine de France.

Ce livre est une page d’histoire (qui lève également un voile sur celui qui fut peut-être son seul amour : le comte de Fersen) qui montre comment fonctionnait la justice révolutionnaire C’est aussi un portrait plein de compassion et d’empathie envers une femme condamnée d’avance.

Par ses nombreuses notes, par son souci de consulter les Archives, cet ouvrage se révèle aussi passionnant qu’instructif sur une période de notre histoire.

©Claude Tricoire

31 janvier 2022.

Emmanuel de Waresquiel : « Le testament de Marie-Antoinette, l’un des plus poignants que je connaisse »

 En octobre 1793 la reine Marie-Antoinette est guillotinée après un simulacre de procès. Historien, grand spécialiste de la Révolution française, Emmanuel de Waresquiel revient sur cet évènement et décrit le courage d’une femme qui tente de résister à l’adversité avec dignité et foi, alors qu’elle se sait condamnée.

Emmanuel de Waresquiel, historien, spécialiste de la Révolution française, de l’Empire et de la Restauration, connu du grand public pour ses éclairages uniques sur Talleyrand, et auteur de « Juger la Reine », vient de publier un livre passionnant qui raconte les Sept joursqui ont bouleversé le cours de l’histoire de France. Pour Aleteia, il revient sur le procès d’une reine. Celui d’une étrangère, d’une femme et d’une mère. Le procès d’une jeune femme de 38 ans qui, pendant les trois derniers jours de sa vie, a impressionné par sa dignité, son courage, son sens politique et aussi une foi en Dieu sans faille. Décryptage.

Aleteia : Il a fallu à la Révolution trois jours et deux nuits, du 14 au 16 octobre 1793, pour juger et guillotiner Marie-Antoinette. Elle était condamnée d’avance. Dans votre ouvrage « Juger la Reine » vous vous êtes penché sur des sources jusqu’alors inédites de son procès. Pourquoi, pour un historien, ce procès est-il aussi important ?
Emmanuel de Waresquiel : J’ai essayé de comprendre quels étaient tous les enjeux qui présidaient à l’existence même du procès de Marie-Antoinette. Cette confrontation entre deux mondes : celui de la Révolution d’un côté incarné par les juges et les accusateurs publics, et celui de la contre-Révolution représentée par la reine déchue de l’autre… En fait, ce procès est le seul élément de la Révolution française où l’on trouve ces deux mondes l’un en face de l’autre. C’est un évènement qui en apparence semble être mineur. Mais en réalité, il donne à comprendre beaucoup mieux ce qu’a été la Révolution et ce qu’a été la Terreur. C’est un procès de la Révolution, qui veut à tout prix incarner le principe de l’égalité contre les privilèges, les ordres, la hiérarchie incarnés par la reine, qui veut être le défenseur de la nation contre celle qui est étrangère, dont la coalition étrangère occupe déjà certains territoires français. C’est aussi un procès des hommes contre une femme.

Mais pourquoi au cours de ce procès, cette haine si inouïe envers elle ?
Elle remonte à loin, bien avant la Révolution française. Elle remonte au fameux renversement des alliances de 1756, quand la France se tourne vers son ennemi héréditaire qu’était l’Autriche, en se détournant de la Prusse. Alors que la construction monarchique française, celle définie par le fameux pré-carré de Richelieu, s’était toujours reposée sur l’opposition aux Habsbourg. Toutes les guerres françaises, jusqu’à ce renversement, avaient été contre la dynastie Habsbourg, qu’elles soient contre l’Espagne ou contre l’Autriche. Des pamphlets sont alors publiés visant cette décision de Louis XV et de Choiseul. Les élites de l’époque vivent mal ce bouleversement, dont la conséquence dynastique est l’arrivée de Marie-Antoinette, l’archiduchesse Antonia, une des filles de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, âgée alors d’à peine quinze ans. Dauphine, puis reine de France, elle est le garant de la nouvelle alliance. Elle est autrichienne, ce qui est déjà une accusation potentielle et presque une tare !

Juger la reine

Emmanuel de Waresquiel

Paris, Editions Taillandier, 2016. 368 pages

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Juger la Reine, 14,15, 16 octobre 1793

Un procès légitime ?

 Le procès de la reine Marie-Antoinette était-il légitime et justifié par la défense du pays ? Emmanuel de Waresquiel détaille cette controverse majeure de la Révolution dans Juger la Reine (2016, 360 pages) 22,50 euros),

On savait que le Tribunal révolutionnaire n’était qu’une parodie de justice. Que la politique y avait remplacé le droit. Et que, très rapidement, il était devenu l’antichambre de la mort. Le procès de la reine Marie-Antoinette, relaté par Emmanuel de Waresquiel, en administre la parfaite illustration. L’auteur en décortique les ressorts avec une acuité et une limpidité qui font de cet ouvrage un remarquable livre d’Histoire, passionnant de bout en bout.

Tout y est : l’atmosphère glauque du tribunal, le contexte politique, la psychologie de la reine, la sociologie des jurés et des témoins, les mécanismes de la Terreur. De Waresquiel explore tout cela avec pertinence et un sens du récit qui nous plonge dans une page d’histoire comme si elle s’écrivait sous nos yeux.

Il nous fait vivre ces trois jours de procès d’octobre 1793 en intégrant tous les paramètres qui éclairent cette tragédie dont la Révolution aurait pu se dispenser. Certes, il s’attarde peu sur les « trahisons » de Marie-Antoinette, mais les faits sont déjà connus.

L’apport de ce livre réside surtout dans un aspect négligé jusque-là : le passé des témoins et des jurés. Ils sont issus des classes moyennes ou modestes (artistes, artisans ou commerçants). Ils possèdent d’autres points communs : ils sont quasiment tous des proches de Robespierre, de Fouquier-Tinville au faîte de sa puissance ou de ses sbires. Tous ont participé à la Révolution, en intégrant des sociétés populaires ou des comités, certains en ont même profité pour s’élever socialement et s’enrichir en devenant des rouages de l’administration de la Terreur et en bénéficiant de passe-droits et de prébendes. D’autres sont indicateurs de police…

« La Révolution leur permet d’accéder à des fonctions de pouvoir qu’ils n’auraient même pas rêvé d’exercer sous l’Ancien Régime », écrit l’auteur qui ajoute : « Tout cela est quand même vertigineux. En quelques mois, ils sont sortis de leur insignifiance et de leur médiocrité pour disposer de la vie et de la mort de milliers de leurs semblables (…) Le procès de Marie-Antoinette, c’est cela aussi : la revanche de l’ennui, de la boutique, de la vie ordinaire sur l’extraordinaire, sur l’inaccessible, sur des rêves trop longtemps défendus. »

De Waresquiel pointe là un des moteurs de toute révolution : la promotion due plus à l’opportunisme et à l’avidité qu’au mérite. Enfin, ultime et macabre dénominateur commun de ces serviteurs zélés de la Révolution, presque tous finiront sur l’échafaud après y avoir envoyé Marie-Antoinette, comme avalés eux-aussi par la machine infernale de la Terreur dont ils étaient les soutiers revanchards.

Le procès de la reine, c’est aussi celui des fantasmes et des imageries populaires. Aux yeux du peuple, Marie-Antoinette était « l’étrangère », l’épouse « dépravée », la mère « incestueuse ». Ce sont aussi ces calomnies qui ont été « jugées » sans preuve. Marie-Antoinette était déjà condamnée avant son procès. « Faute d’apporter des preuves, nombre de témoins vont trouver dans le jugement de l’ex-reine l’occasion de prendre leur revanche sur leur ancienne condition.

De ce point de vue là-aussi, le procès de Marie-Antoinette est celui du triomphe de l’égalité sur les anciens ordres, sur la hiérarchie des rangs, sur les préséances de cour », écrit de Waresquiel qui montre comment la reine a été aussi lâchée par les émigrés et par les autres puissances européennes : « Les rois l’ont abandonnée depuis longtemps. Les intérêts des princes comme ceux de la République se sont conjugués pour l’étouffer et la tuer. » Il y aura bien quelques tentatives individuelles pour l’enlever et la soustraire à son sort funeste, mais elles échouent.

C’est finalement seule que Marie-Antoinette affronte son procès et la mort. Dans cette double épreuve, elle fait montre d’un courage et d’une dignité qui feront défaut à certains de ses nombreux accusateurs lorsqu’ils seront conduits à leur tour à l’échafaud. Certes, avant de se résoudre à pratiquer l’intelligence avec l’ennemi, la reine a été fautive d’avoir mené une vie frivole, dispendieuse, d’avoir ignoré le pays réel, de n’avoir pas compris la Révolution. Mais comme toute la Cour…

Pour abattre la monarchie, l’exécution de Louis XVI n’avait pas suffi aux révolutionnaires les plus exaltés, il leur fallait aussi la tête de la reine. Une reine qui, durant toute sa vie aura subi son destin, celle d’une jeune Autrichienne parachutée à la Cour de France, en butte aux intrigues, à la xénophobie, souffrant de l’indifférence de son mari, et finalement plongée dans une Révolution qui avait décidé d’en faire une victime expiatoire. Au nom du peuple.

Emmanuel de Waresquiel : « Le testament de Marie-Antoinette, l’un des plus poignants que je connaisse »

 En octobre 1793 la reine Marie-Antoinette est guillotinée après un simulacre de procès. Historien, grand spécialiste de la Révolution française, Emmanuel de Waresquiel revient sur cet évènement et décrit le courage d’une femme qui tente de résister à l’adversité avec dignité et foi, alors qu’elle se sait condamnée.

Emmanuel de Waresquiel, historien, spécialiste de la Révolution française, de l’Empire et de la Restauration, connu du grand public pour ses éclairages uniques sur Talleyrand, et auteur de « Juger la Reine », vient de publier un livre passionnant qui raconte les Sept jours qui ont bouleversé le cours de l’histoire de France. Pour Aleteia, il revient sur le procès d’une reine. Celui d’une étrangère, d’une femme et d’une mère. Le procès d’une jeune femme de 38 ans qui, pendant les trois derniers jours de sa vie, a impressionné par sa dignité, son courage, son sens politique et aussi une foi en Dieu sans faille. Décryptage.

Marie-Antoinette arrive en France alors qu’elle n’a que quinze ans (…), elle est arrachée à sa famille. Quand elle passe le Rhin, on la fait se déshabiller de ses vêtements pour revêtir ceux de la Cour de France…

Ensuite, l’hostilité va s’enrichir d’un nouveau tort qu’on lui porte, celui de son indépendance envers la cour comme envers le roi à qui elle ne donne pas d’enfant pendant les sept premières années de mariage. Elle est indépendante et libre, elle s’installe au Trianon. Le premier pamphlet contre Marie-Antoinette, qui se sert d’une anecdote à Marly en 1780 n’est que le début d’une longue série où on va lui faire payer cette indépendance en lui prêtant des mœurs légères. Pourtant, son indépendance est toute relative. Mais les codes de la Cour de France était beaucoup plus stricts que ceux de la cour des Habsbourg, plus familiale et moins formelle que Versailles.

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CC/Wikimedia

La reine Marie-Antoinette, le 16 octobre 1793 : escortée par la garde nationale de Paris, elle est conduite de la Conciergerie à la place de la Révolution où elle va être guillotinée.

Marie-Antoinette arrive à la cour très jeune, encore une raison d’hostilité envers elle ?
Oui, c’est aussi une question de génération : Elle arrive en France alors qu’elle n’a que quinze ans, elle est projetée dans un monde de vieux. Il faut essayer de comprendre son comportement, son caractère. Marie-Antoinette est arrachée à sa famille. Quand elle passe le Rhin, on la fait se déshabiller de ses vêtements pour revêtir ceux de la Cour de France. Cela a été certainement pour elle un véritable traumatisme. Contrairement à sa mère, une femme d’autorité, elle ne s’intéresse pas à la politique. De ce point de vue, elle déçoit le gouvernement autrichien parce qu’elle ne lui sert pas de relai de transmission en France. Également, comme elle l’écrit dans des lettre à ses proches, elle n’aime pas être en public, elle se sent en dessous des responsabilités qui devraient être les siennes. Au fond, elle ne s’aime pas. D’ailleurs, elle va mettre des années à accepter les portraits qu’on fait d’elle, il va même falloir attendre 1777 pour qu’elle accepte le premier de tous ceux qu’on a fait d’elle. Les pamphlets se développent bien avant 1789, ils tirent un trait entre les turpitudes sexuelles qu’on lui prête et ses turpitudes politiques. L’explication de son dérèglement sexuel devient celui de son dérèglement politique, on la soupçonne de vouloir prendre le pouvoir, notamment sur son mari.

Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans la psychologie de Marie-Antoinette pendant son procès ?
La reine est dans une position de faiblesse absolue. On l’a séparée de son fils, on lui a interdit les promenades dans la cour des femmes de la prison de la Conciergerie, elle est très peu informée de ce qui se passe à l’extérieur. Jusqu’au dernier moment, elle croit qu’elle pourra servir de monnaie d’échange entre le gouvernement et l’Autriche, ce qui est une illusion. Pourtant Marie-Antoinette a une force de vie en elle impressionnante, celle qui la porte pendant les trois jours et les deux nuits du procès.

Vous dites qu’elle est incroyablement digne et courageuse, mais aussi très politique…
Elle apparaît comme une passionaria du droit divin. Pas tant pour défendre son mari qui a été guillotiné huit mois plus tôt, que pour protéger les droits de son fils. N’oublions pas le contexte du moment : c’est une lutte de pouvoir au sein de la contre-Révolution, entre les revendications des frères cadets de Louis XVI et son fils qui est emprisonné à la tour du Temple. Marie-Antoinette est beaucoup plus ferme et univoque que son mari ne l’a jamais été pendant son propre procès devant la Convention. Elle a de l’aplomb et le sens de la répartie. De toute façon, quoiqu’il arrive, elle est déjà condamnée avant d’avoir été jugée, parce qu’elle représente le système monarchique qu’on abat, parce que les pamphlets lui ont donné la réputation qu’on connaît, parce qu’elle ne se laisse pas faire… On va même l’accuser d’inceste avec son propre fils !

Jusqu’au bout, elle essaie de défendre la cause monarchique et les droits historiques et héréditaires de son fils de 7 ans. Ne l’oublions jamais, elle le considère comme roi de France celui qui est enfermé au Temple. Un petit garçon dont les révolutionnaires ne savent pas très bien quoi faire… Finalement, ils vont trouver la parade en avilissant la relation entre sa mère et lui. Ils sont gênés par le statut monarchique de ce petit garçon. D’où l’idée d’accusation d’inceste, relayée par le témoignage douteux du gardien du petit Louis XVII, le cordonnier Simon, et qui a été développée par Hébert l’un des témoins essentiels du procès.

Vous dites que tout le monde a peur dans ce procès. Les accusateurs aussi. Finalement, il y a une communauté de destin entre la reine et ses juges…
Oui, je la vois dans les archives. La moitié des jurés ont été proches de Robespierre, ils ont subi eux-mêmes des procès, ils sont dans la peur. L’univers psychologique des juges relève d’éléments divers qui tiennent à la nécessité politique, à la conscience révolutionnaire, à la vertu, mais aussi à la peur qui est un élément constitutif de leur psychologie. On est en pleine guerre civile. Les armées étrangères de la Coalition sont au Nord, à l’Est… La flotte anglo-espagnole a pris Toulon, la Vendée et Lyon se sont soulevés. Tout le monde a peur. L’été et l’automne 1793 sont d’une extrême difficulté pour une très jeune république qui n’a même pas un an, et qui se défend par l’exemple et la vengeance. La notion de vengeance est absolument essentielle du point de vue de la dynamique de la Terreur. Les juges sont habités par cet esprit de vengeance. Il est très difficile de démêler vengeance, conscience révolutionnaire, nécessité politique et peur. Tout cela constitue le fond de la sauce de la psychologie des juges et des jurés.

Son attitude face à la mort tient à des raisons terrestres et célestes, liées autant à son statut d’archiduchesse et de reine, qu’à sa foi.

 Marie-Antoinette parle-t-elle de sa foi au cours du procès ?
Pendant son procès, la reine n’exprime pas sa foi. Elle pense qu’elle arrivera à terrasser ses accusateurs, elle sait se taire quand il le faut et ne pas manier des arguments qui pourraient la desservir. Elle est beaucoup trop intelligente pour le faire. Quant à sa foi, la reine le fait dans son testament rédigé dans son cachot de la Conciergerie après l’annonce de sa condamnation. Elle l’adresse à la sœur de Louis XVI, qui partage la captivité des enfants royaux au Temple. Dans sa lettre, Marie-Antoinette se confie entièrement dans les mains de Dieu. C’est une des lettres testamentaires les plus poignantes que je connaisse !

Ce testament, la reine ne le signe pas, elle ne mentionne aucun nom, dans l’espoir peut-être de la faire parvenir discrètement à sa belle-sœur. En tant qu’historien, croyez-vous en son authenticité ?
Même si son testament ne nous est pas parvenu simplement, j’en suis convaincu. Toutes les vérifications que j’ai effectuées le confirment.

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Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans son testament ?
Je suis abasourdi par le courage de Marie-Antoinette et sa capacité de résister à l’adversité, alors qu’elle sait qu’elle est condamnée à mort. Ensuite, ce qui m’émeut profondément, c’est la délicatesse de ses sentiments pour ses enfants. Elle les aime profondément. Malgré la déchirure de la séparation qu’elle sait définitive, elle leur écrit pour leur dire l’importance du pardon. Ces valeurs chrétiennes du rachat par le pardon qu’elle veut transmettre à ses enfants, cet abandon d’elle-même dans les mains de Dieu, c’est édifiant. Il n’y a pas selon moi d’autre explication que sa profonde dimension chrétienne pour comprendre la sérénité qui se dégage de ces pages
.

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Expiatory chapel. White marble statue : Marie-Antoinette soutenue par la Religion.

Fred de Noyelle / GodongMarie-Antoinette soutenue par la Religion, Chapelle expiatoire, à Paris.

En même temps, je sais qu’elle ne veut pas perdre la face. Son attitude face à la mort tient à des raisons terrestres et célestes, liées autant à son statut d’archiduchesse et de reine, qu’à sa foi. Cette attitude qu’elle aura au pied de l’échafaud, elle s’explique par son abandon à Dieu, et en même temps par sa volonté, son orgueil de souveraine de ne pas perdre la face vis-à-vis de ses ennemis, qu’elle considère comme des êtres atroces. Si elle appelle au pardon, cela ne l’empêche pas de les haïr profondément. En lisant son testament, je suis impressionné par la maîtrise de soi qui se dégage d’elle, et par son courage qui est exemplaire, ainsi que cette persuasion qu’elle a d’être dans les mains du Seigneur.

DIEU, DIEU, LA SCIENCE, LES PREUVES, EXISTENCE DE DIEU (preuves de l'), LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MICHEL-YVES BOLLORE, OLIVIER BONNASSIES

Dieu, la science, les preuves

Dieu – La science Les preuves 

Michel-Yves Bolloré, Olivier Bonnassies

Éditeur ‏ : ‎ Les éditions Trédaniel; Illustrated édition, 2021. 577 pages.

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Quatrième de couverture

Pendant près de quatre siècles, de Copernic à Freud en passant par Galilée et Darwin, les découvertes scientifiques se sont accumulées de façon spectaculaire, donnant l’impression qu’il était possible d’expliquer l’Univers sans avoir besoin de recourir à un dieu créateur. Et c’est ainsi qu’au début du XXe siècle, le matérialisme triomphait intellectuellement.

De façon aussi imprévue qu’étonnante, le balancier de la science est reparti dans l’autre sens, avec une force incroyable. Les découvertes de la Relativité, de la mécanique quantique, de l’expansion de l’Univers, de sa mort thermique, du Big Bang, du réglage fin de l’Univers ou de la complexité du vivant, se sont succédées.

Ces connaissances nouvelles sont venues dynamiter les certitudes ancrées dans l’esprit collectif du XXe siècle, au point que l’on peut dire aujourd’hui que le matérialisme, qui n’a jamais été qu’une croyance comme une autre, est en passe de devenir une croyance irrationnelle.

Dans une langue accessible à tous, les auteurs de ce livre retracent de façon passionnante l’histoire de ces avancées et offrent un panorama rigoureux des nouvelles preuves de l’existence de Dieu. À l’orée du XXe siècle, croire en un dieu créateur semblait s’opposer à la science. Aujourd’hui, ne serait-ce pas le contraire ?

Une invitation à la réflexion et au débat.

 

Les auteurs

 À propos de Michel-Yves Bolloré

Michel-Yves Bolloré est ingénieur en informatique, maître ès sciences et docteur en gestion des affaires de l’Université Paris Dauphine. De 1981 à 1990, il participe avec son frère à la direction du groupe Bolloré dont il dirige la branche industrielle. En 1990, il fonde son propre groupe France-Essor dont l’activité est centrée principalement sur l’industrie mécanique.

À propos d’Olivier Bonnassies

Olivier Bonnassies est ancien élève de l’École Polytechnique (X86), diplômé de l’Institut HEC start up et de l’Institut Catholique de Paris (licence en théologie). Entrepreneur, il a créé plusieurs sociétés. Non croyant jusqu’à l’âge de 20 ans, il est auteur d’une vingtaine de livres et de vidéos et de quelques spectacles, scénarios, articles, newsletters et sites Internet sur des sujets souvent liés à la rationalité de la foi.

 

Réflexions personnelles au sujet de ce livre

Il est difficile de ne pas connaître le livre Dieu, la science, les preuves de Michel-Yves Bolloré et de Olivier Bonnassies tant il est couvert d’éloges par la presse chrétienne, qu’elle soit protestante ou catholique.

Ainsi donc les auteurs se font fort de prouver l’existence de Dieu grâce à la science. Le matérialisme du XIXè siècle ou du début du XXè siècle deviendrait une croyance irrationnelle. Mais peut-on prouver scientifiquement l’existence de Dieu ? Dieu ne serait-il pas rangé au rang d’objet scientifique ? On peut également remarquer l’absence notable de théologiens ou d’exégètes bibliques pour étayer ou infirmer les arguments développés.

Certes on peut discerner des « preuves » de Dieu dans la nature, dans la beauté de l’ordonnance du monde, dans la complexité de l’homme lui-même mais Dieu ne serait plus comme le disait Voltaire que le « grand Horloger ».Or le Dieu de la Bible est bien le Tout-Autre qui se révèle aux hommes.

La Bible ne se veut pas un livre d’histoire ou de science. Ce livre a été écrit tout au cours de l’histoire du peuple hébreu pour montrer comment Dieu conduit le peuple élu, comment Dieu en prend soin. Ainsi le Dieu de la Bible est un Dieu qui se révèle, qui entre en conversation avec l’homme : à Abraham, aux Patriarches, aux prophètes : « Je suis Celui qui Suis ! », « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ! ». Dieu parle au cœur de l’homme pour lui révéler le projet qu’Il a fixé pour l’homme.

D’ailleurs beaucoup de livres de l’Ancien Testament ont été rédigés au retour de l’exil de Babylone pour fixer une histoire, pour relire sa propre histoire et en comprendre le sens. De plus les Hébreux ont intégrés dans leurs récits  différents mythes que l’on retrouve chez les Sumériens, les Egyptiens ou les Babyloniens mais en leur donnant un sens tout à fait différent. Il faut également noter que les différents rédacteurs des récits bibliques ont été rédigés par une élite intellectuelle ayant un haut niveau de culture.

Dans le Nouveau Testament Dieu lui-même se fait homme, il révèle le visage du Père en prenant chair dans le monde et c’est tout le sens de l’incarnation : « Qui me voit voit le Père » dit-il à Philippe (Jn 14, 7-14). Il faut aller plus loin encore : il faut aller jusqu’au bout de l’enseignement de Jésus des Evangiles à savoir la Croix et la Résurrection

Si comme le pensent les auteurs, comme d’ailleurs une certaine mouvance évangélique, la science prouve l’existence de Dieu où peut se situer la foi qui est irrationnelle dans la mesure où elle nait de la confiance que l’on a dans les paroles du Christ, dans la Parole de  Dieu ? : « Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » (1Cor, 1,25).

 « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14, 6).

« Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. » nous dit saint Paul dans la Première Epître aux Corinthiens (1 Cor, 13,12)

© Claude Tricoire

6 janvier 2022.

Une critique

 « Le livre “Dieu, la science, les preuves” dessert la science et la foi »

 Le livre Dieu, la science, les preuves, sorti en octobre, a bénéficié d’une vaste campagne de promotion et a été vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Pour l’astrophysicien Raphaël Duqué, cette nouvelle tentative de prouver scientifiquement l’existence de Dieu est une erreur tant scientifique que religieuse.

« Si Dieu se manifeste aussi dans la contemplation de la Création, cette dernière, bien que sublime, n’est pas sa seule œuvre. »DEN-Avec leur livre Dieu, la science, les preuves (Guy Trédaniel, 2021), Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies ont jeté un pavé dans la mare. Ils ambitionnent de décrire les avancées récentes dans les domaines de la physique et de la cosmologie, et d’en déduire « des preuves de l’existence de Dieu (qui soient) modernes, claires, rationnelles, multidisciplinaires, confrontables objectivement (sic) à l’univers réel ». Après le « règne sans partage du matérialisme » sur le monde intellectuel, les auteurs se félicitent que « la science semble devenir une alliée de Dieu ». Hélas, l’ouvrage contient des contrevérités, ce que l’on peut comprendre de la part de non-scientifiques. Il propose un schéma de pensée de la question de Dieu à la fois simpliste et fallacieux, que l’on pourrait nommer « matérialisme creux ».

La nature est sublime et chacun, tout particulièrement le scientifique, peut s’étonner de son ordre minutieux. D’après MM. Bolloré et Bonnassies, la science contemporaine aurait exploré cet ordre à un niveau de détail tel que nous ne serions plus très loin de poser le doigt sur le Créateur, comme au plafond de la chapelle Sixtine. Il ne s’agit ni plus ni moins que de l’argument téléologique : la nature, parfaitement harmonieuse, ne peut être l’œuvre que d’un être parfait, Dieu. Les auteurs s’approprient cet argument sans le nommer et le dénaturent pour servir leur propos. L’expérience sensible de la nature doit-elle passer par l’exercice de la science ? Non, bien sûr : le promeneur solitaire qui surprend le vol d’oiseaux au-dessus d’un lac fait l’expérience pleine du sublime naturel sans exercer de démarche scientifique. Quoi qu’en pensent MM. Bolloré et Bonnassies, nul n’a attendu le Hubble Space Telescope pour contempler la Création et sentir le geste de Dieu autour de soi.

 

Des erreurs factuelles

Les auteurs rapportent que la cosmologie moderne « implique que l’univers a eu un début », confortant un récit de la Création et l’existence d’un Créateur. C’est faux : la théorie du big bang suggère que l’univers occupe un état toujours plus dense et plus chaud à mesure que l’on remonte le temps, si bien qu’il atteint des régimes de densité et de température où notre compréhension actuelle de la physique ne s’applique plus. Alors, la science cesse d’être prédictive et un quelconque énoncé scientifique à propos d’un commencement ne peut être qu’une extrapolation incertaine. Mais qu’importe, MM. Bolloré et Bonnassies vendent la peau de l’ours : on aurait trouvé le point originel.

Mais prouve-t-on vraiment ainsi l’existence de Dieu ? En filigrane, on comprend que les auteurs invoquent l’argument cosmologique : tout mouvement ayant une cause, il faut qu’il y ait un mouvement premier, qui est Dieu. À nouveau, le propos est livré en réduisant l’argument historique à une expression creuse : la science a trouvé le mouvement premier, Dieu est le mouvement premier, par conséquent la science a trouvé Dieu. Mais cette preuve ne peut pas satisfaire les croyants ! Ce grand horloger qui a lancé le big bang et calcule les constantes fondamentales de la physique, est-il le Dieu de miséricorde qui est descendu sur la Terre et a souffert la Passion pour le pardon des péchés ? Évidemment, personne n’y croit.

Des impasses spirituelles

Certes, penser à l’harmonie de l’univers ou à Dieu comme primum mobile peut conforter les croyants dans leur foi, mais les arguments cosmologique et téléologique sont des impasses spirituelles, ils n’aident pas à avancer sur un chemin de foi dans le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Cette impasse spirituelle en cache en fait une autre, logique cette fois : l’existence de Dieu ne peut pas être un objet de science. Comme nous l’enseigne Karl Popper, ne sont scientifiques que les énoncés qui sont falsifiables, c’est-à-dire que l’apport de nouvelles expériences pourra infirmer. Ainsi avance la science : par falsification et raffinement progressifs de son contenu. Cela exclut de la science, par principe, nombre d’énoncés, dont l’existence de Dieu. Se tourner vers la science pour prouver l’existence de Dieu est donc une double impasse, d’ailleurs bien connue.

 Dieu est une révélation

D’abord, Dieu est une révélation. Ensuite, pour qui veut contempler la vérité, « la foi et la raison sont comme deux ailes », écrit Jean-Paul II dans Fides et ratio, un monument incontournable sur la présente question, et une lacune dans les références de l’ouvrage. En outre, ces ailes ne sont pas étrangères l’une à l’autre. La foi se nourrit de connaissance, en particulier de la connaissance de Dieu par l’étude de la vie du Christ et de ses enseignements, au travers de l’exégèse et de la théologie, qui sont des sciences. Naturellement, les fidèles sont invités à acquérir cette connaissance pour affermir leur foi, comme le suggère l’encyclique Lumen fidei.

En cherchant à reléguer le matérialisme à l’état de « croyance irrationnelle », MM. Bolloré et Bonnassies se contredisent. Proposer la manifestation de Dieu dans la nature comme preuve de son existence est un matérialisme. Cantonner l’entendement de cette manifestation à la science est pire encore : c’est un matérialisme creux. Leur ouvrage propose un discours scientifico-mystique qui dessert ensemble la science, soudain privée de ses principes et de son objet, et la foi, soudain retirée du domaine du cœur de l’homme.

Pourtant, le cœur de l’homme est le lieu de manifestation de Dieu dans sa dimension première, c’est-à-dire spirituelle. La force de l’amour, la joie du pardon, la persistance de la foi et de l’espérance, le bonheur de la charité : s’il doit y avoir prosélytisme, c’est assurément ces mouvements intérieurs qu’il faut chercher à décrire et à susciter. Car si Dieu se manifeste aussi dans la contemplation de la Création, cette dernière, bien que sublime, n’est pas sa seule œuvre.

Raphaël Duqué, Astrophysicien

Raphaël Duqué est docteur en astrophysique et astrophysicien des hautes énergies, actuellement en poste à l’université Goethe de Francfort-sur-le-Main (Allemagne).

https://www.la-croix.com/Debats/Le-livre-Dieu-science-preuves-dessert-science-foi-2022-01-03-1201192921

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C’est une vieille question qui passionne toujours autant. En prétendant « révéler les preuves modernes de l’existence de Dieu » , Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonassies signent un best-seller. A partir des découvertes de la biologie, de la physique, du Big Bang… les auteurs de « Dieu, la science, les preuves » (Ed. Guy Trédaniel, 580 p.) concluent à l’existence d’un Dieu créateur : « Si l’univers a un commencement, c’est qu’il a une cause qui le précède ». Panorama intéressant des rapports entre science et foi, l’ouvrage ne révèle rien de très nouveau pourtant. Mais ses conclusions péremptoires créent un malaise jusque chez des scientifiques chrétiens qui décèlent en plus des inexactitudes dans ce livre. Et l’astrophysicien Raphaël Duqué d’affirmer dans La Croix qu’il  » dessert autant la science et la foi ».

Depuis l’Antiquité, les preuves de l’existence de Dieu balisent l’histoire de la pensée. Comme chez Aristote avec sa recherche des causes du mouvement, St Thomas d’Aquin au XIIIe siècle… jusqu’aux frères Bogdanoff, dernièrement. Pas toujours convaincantes pourtant. A l’inverse, les preuves de l’inexistence de Dieu ne sont pas plus décisives. Comme la tentative du biologiste prix Nobel, Jacques Monod, avec son livre « Le Hasard et la nécessité ». Match nul, en somme ! En faisant de « la science, une nouvelle alliée de Dieu », qui relègue la philosophie matérialiste dans l’obscurantisme, on risque aujourd’hui de faire du scientisme à l’envers.

Certes, la foi judéo-chrétienne doit passer au tamis théologique de la rationalité, mais elle n’a rien à voir avec la croyance en un « dieu horloger ». Elle est de l’ordre de l’expérience existentielle, de la relation, de l’émerveillement devant la beauté du monde. Si la plupart des scientifiques croyants concilient leur foi avec leur exigence professionnelle, ils ne les confondent pas pour autant. Même l’abbé Lemaître, le père du Big Bang, s’est élevé contre tout concordisme qui cautionnerait les écrits bibliques scientifiquement. En fait, les démonstrations apologétiques qui s’affrontent butent sur l’insondable mystère du sens de l’existence. Alors que la science ne peut s’en tenir qu’au « comment », la vertigineuse question du « pourquoi » ne sera jamais résolue scientifiquement. Pourquoi existons-nous ? Pourquoi l’univers ? Pourquoi y a t-il quelque chose et pas rien ? Et ce n’est pas demain que se tariront les interrogations sur ce problème sans fond !

https://srp-presse.fr/index.php/2022/01/21/dieu-la-science-les-preuves-est-il-evident-que-dieu-existe/

https://www.la-croix.com/Debats/Le-livre-Dieu-science-preuves-dessert-science-foi-2022-01-03-1201192921

ALBERT-LOUIS-MARIE-JOSEPH VALENSIN (1873-1944) (, EVANGILE SELON SAINT LUC, EVANGILES, EXEGESE, JOSEPH HUBY (1878-1948), LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

Une étude de l’Evangile selon saint Luc

Evangile selon Saint Luc

Huby/Valensin

Beauchesne, 1997. 485 pages

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RÉSUMÉ

Le troisième évangile a été universellement reçu dans l’Église primitive comme l’œuvre du médecin et disciple de saint Paul, appelé Luc. Jamais le fait n’a été contesté et dès la fin du IIe siècle les affirmations explicites attestent l’unanimité de l’adhésion à cette attribution. Le Canon dit « de Muratori », qui nous transmet l’écho de la tradition de l’Église Romaine, est pleinement d’accord sur ce point avec les témoignages des Églises d’Occident et d’Orient, tels que nous les font connaître saint Irénée et Tertullien, Clément d’ Alexandrie et Origène.
Ce que nous savons de l’auteur révèle une physionomie très attachante. Originaire, croit-on, d’Antioche, Grec de race et d’éducation, notre évangéliste joint à la conscience du narrateur la sympathie de l’artiste, à l’objectivité de l’historien le charme d’une âme largement ouverte à tout Ce qui est humain. Il a le goût de la précision, mais non de la minutie. Parle-t-il d’institutions, de géographie, d’art nautique ou de médecine, il se montre informé, sans toutefois étaler une vaine érudition. Raconte-t-il un fait, il est moins préoccupé d’en décrire tout le détail des circonstances contingentes que d’en dégager la portée universelle. Derrière les choses, il voit les idées. Il les exprime en une langue plastique et sereine, qui se revêt parfois d’une discrète teinte sémitique, mais reste élégante en sa simplicité.
Héritier de la civilisation hellénique, saint Luc en a la fierté : naïvement, comme ses contemporains, il appellera « barbares » les habitants de Malte qui ne parlent pas le grec. Mais il n’a pas fermé les yeux sur les misères qui accompagnaient cette brillante culture. Il semble avoir entendu de la gentilité les poignants appels vers le Dieu inconnu. Il aurait pu chercher dans la philosophie la réponse des sages. Il fit mieux, il devint le disciple de Paul qui fut son « illuminateur » dans la voie du Seigneur Jésus. Non qu’il ait été par lui converti au christianisme, car l’Apôtre ne l’appelle jamais son fils. Mais après avoir été fait chrétien, probablement par les premiers prédicateurs de l’Évangile, qui vinrent de bonne heure à Antioche, il trouva dans saint Paul le maître incomparable qui lui donna l’intelligence du mystère de Jésus-Christ. S’il reçut en effet des témoins immédiats les matériaux de son récit, il apprit de l’Apôtre à en mettre en lumière les pensées directrices notamment cette « philanthropie » de Dieu, qui par le Christ et dans le Christ, appelle tous les hommes, sans distinction de caste ni de race, à l’unité du salut, et dont le mystère, caché aux siècles et aux générations, maintenant révélé aux saints, a éclairé la nuit du paganisme d’une lueur d’espérance. Ainsi l’auteur du troisième évangile se présente à nous avec l’autorité, non seulement de sa culture, mais de sa foi.
Celle-ci, loin de l’exposer à fausser l’image des faits, avive en lui le besoin de la retracer avec exactitude. Elle rend son intelligence exigeante. Elle stimule la curiosité

TABLE DES MATIÈRES :

AVANT-PROPOS

INTRODUCTION
I. L’auteur du troisième évangile
II. Quelques caractéristiques du troisième évangile
Division du troisième évangile
PROLOGUE (I, I-4)

PREMIÈRE PARTIE

LES RÉCITS DE L’ENFANCE, (I, 5-11, 52)
I. 5-25. L’ange Gabriel annonce à Zacharie la naissance du Précurseur
26-38. L’Annonciation
39-56. La Visitation
57-80. Naissance et Circoncision de Jean-Baptiste : le Cantique de Zacharie.
II. 1-20. La Nativité de Jésus à Bethléem
21-38. Jésus, ayant été circoncis, est présenté au Temple
39-52. Jésus au Temple parmi les docteurs la vie à Nazareth .

DEUXIÈME « PARTIE

LA PRÉPARATION DU MINISTÈRE DE JÉSUS (III, I-IV, 13)
III. 1-20. La Prédication de saint Jean-Baptiste
21-22. Le Baptême de Jésus
23-38. Généalogie de Jésus, Fils de Dieu
IV. 1-13. Jésus au désert

TROISIÈME PARTIE

LE MINISTÈRE DE JÉSUS EN GALILÉ (IV. 14-IX, 5)

A. – Les débuts jusqu’au choix des Apôtres (IV. 14-VI, 11)
IV. 14-I5. Jésus inaugure sa prédication
16-30. La visite de Jésus à Nazareth
31-34. Un sabbat à Capharnaüm : Jésus prêche à la synagogue, guérit un démoniaque, la belle-mère de Simon et d’autres malades. Le lendemain, il se retire dans un lieu désert
V. I-II. Pèche miraculeuse, appel de Simon et des fils de Zébédée
I2-16. Guérison d’un lépreux
17-26. Le paralytique guéri et pardonné
27-39. Vocation de Lévi. Question sur le jeûne lu;
VI. 1-5• Les épis arrachés le jour ciu sabbat
6-11. L’homme à la main desséchée et le sabbat

B. – De l’élection des Douze, à leur première mission (VI, 12-\’111, 56)
VI. 12-16. Élection des Douze
17-19. Les foules autour de Jésus
20-26. Béatitudes et malédictions
27-28. Charité et miséricorde envers les ennemis
39-45. Les conditions du zèle
39-45. Nécessité de la pratique des préceptes
VII. 1-10. Guérison du serviteur du centurion de Capharnaüm
11-17. Résurrection du fils de la veuve de Naïm
18-35. Le témoignage de Jean-Baptiste et le témoignage rendu par Jésus à son précurseur
36-50. Jésus et la pécheresse repentante
VIII. 1-3. Les saintes femmes à la suite de Jésus
4-15. Parabole du semeur et son explication
16-18. Parabole de la lampe
19-21. Parents de Jésus selon la chair et ses parents selon l’esprit
22-25. La tempête apaisée
26-39. Le démoniaque gérasénien
40-56. L’hémorroïsse et la fille de Jaïre

C. – De la mission des Apôtres jusqu’à la montée vers Jérusalem (IX, 1-50)

a IX. 1-l0 Mission des apôtres et inquiétude d’Hérode
10-17. Multiplication des pains
18-22. Confession de Pierre et première prédiction de la Passion
23-27. La loi du renoncement évangélique
28-36. La Transfiguration
37-46. Guérison d’un enfant possédé
46-50. Question de la primauté

EGLISE CATHOLIQUE, EUCHARISTIE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, MESSE, POURQUOI ALLER A L'EGLISE ? : L'EUCHARISTIE, UN DRAME EN TROIS ACTES, TIMOTHY RADCLIFFE

Pourquoi aller à l’église ? : l’Eucharistie, un drame en trois actes

Pourquoi aller à l’église ? :

L’Eucharistie, un drame en trois actes

Timothy Radcliffe

Paris, Le Cerf, 2009, 294 pages,

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Après Pourquoi être chrétien ? (Cerf, 2005), dans cet  ouvrage de Timothy Radcliffe présente le déroulement de la liturgie de la messe, parole et eucharistie, pour en faire émerger le sens, un sens vivant et incarné. T. Radcliffe a l’art d’illustrer son propos d’exemples tirés de la tradition spirituelle ou théologique mais aussi de films ou de romans contemporains. A son invitation, nous voici disposés à mieux accueillir Celui qui vient à notre rencontre dans ce drame en trois actes (La foi, la charité et l’espérance). Notre relation au Christ, sans cesse interrogée, est vivifiée, désencombrée de tout ce qui limite notre accueil de l’amour de Dieu. Ces pages accompagneront tout ceux qui souhaitent nourrir leur foi, lui donner un nouvel élan, l’élan du chemin, un nouvel éclat, l’éclat du témoin. Accordons-nous le temps d’une lecture qui ne manquera pas de saveur. Elle donnera le goût de l’échange et du partage. Nous ne sommes pas chrétiens seuls mais ensemble ; notre foi, partagée, ne sera que plus vivante.