COMPRENDRE UNE EGLISE, EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, EGLISES, MOBILIER D'EGLISE

Comprendre une église

COMPRENDRE UNE EGLISE

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A quoi servent les stalles ?

Dans certaines églises, des rangées de sièges en bois sont alignées le long des murs du chœur. Appelées stalles, ces sièges sont destinés aux moines, moniales, chanoines et membres du clergé et leur permettent de se reposer pendant les offices.

Dans les premiers siècles de la vie monastiques, les moines et moniales chantaient debout dans le chœur dans des sortes de compartiments individuels séparés par des montants de bois appelés parcloses.

Rapidement, il apparaît nécessaire que les moines puissent se reposer sur un siège en raison de la multiplication des offices et de leur durée. Des sièges mobiles sont alors installés entre les parcloses munies d’une sellette. Une fois le siège relevé, cette sellette, appelée aussi miséricorde, permet au moine fatigué d’y prendre discrètement appui tout en donnant l’apparence d’être debout. C’est vers le XIe siècle que ces sièges amovibles semblent faire leur apparition, remplaçant les simples béquilles utilisées jusque là par ceux qui ne pouvaient pas rester debout très longtemps. Chaque religieux disposait de sa stalle et ne pouvait en changer.

Réparties de chaque côté du chœur, les stalles permettent de disposer de deux groupes de chanteurs, particulièrement utiles pour chanter les Psaumes. Le terme « chœur » d’une église provient d’ailleurs du « chœur » des moines. Les stalles peuvent être installées sur un ou deux niveaux en fonction de l’importance de la communauté. Dans le cas d’un aménagement sur deux niveaux, les « stalles hautes », accessibles par quelques marches à partir du chœur, disposent généralement d’un haut dossier, les « stalles basses » ont un dossier bas qui sert aussi de prie-Dieu aux moines installés dans les stalles hautes.

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Les stalles de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, d’époque gothique, sont richement ornées.

Si les stalles sont au début purement utilitaires, on leur consacre, avec le temps, une attention toute particulière. Si certaines restent très simples d’autres, grâce aux talents de sculpteurs-menuisiers, se transforment en véritable œuvres d’art avec des ornementations d’une grande richesse. Quand les parcloses et les dossiers conservent des décors « sérieux » ou religieux, il n’est pas rare de voir les miséricordes s’éloigner de l’iconographie spécifiquement chrétienne. À partir de la période gothique se déploient ainsi des personnages fantaisistes, des représentations de la vie quotidienne et des métiers, des bestiaires et des décors végétaux surprenant.

Les curieux ne s’étonneront ainsi pas de trouver un moine tirant sa langue en Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), une scène de bain en église Saint-Gervais-Saint-Protais (Paris), un homme ôtant sa chaussure à Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or) ou encore un singe en église Saint-Sulpice de Diest en Belgique. Un monde caché mais qui se révèle volontiers si l’on prend le temps d’observer.

La cathèdre, le siège de l’évêque

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La cathèdre est la chaise réservée à l’évêque dans une église et désigne son autorité.

Du latin « cathedra » qui signifie « siège avec un haut dossier », la cathèdre est le siège réservé à l’évêque et se situe généralement dans une cathédrale. C’est sur ce siège, qui se doit d’être fixe, que le prélat préside l’assemblée liturgique. S’il est mobile, le siège de l’évêque se nomme alors le faldistoire. La cathèdre représente à la fois son autorité mais aussi son rôle d’enseignement. Du haut de son siège, l’évêque doit pouvoir voir son « troupeau ». Saint Augustin disait ainsi : « Les évêques sont assis plus haut que les autres prêtres afin qu’ils songent, qu’ils se rappellent qu’ils sont comme la vigie dont les regards surveillent le troupeau ».

Dans l’Église primitive, la cathèdre était généralement installée au fond de l’église, derrière le maître-autel. Au Moyen Âge, les autels étant placés au fond de l’abside, c’est-à-dire à l’extrémité du chœur, la cathèdre était donc positionnée sur le côté, généralement à gauche, là où se déroulait la lecture de l’Évangile. Depuis le concile Vatican II, la cathèdre peut être placée indifféremment en fonction de l’architecture du bâtiment même si on la retrouve le plus souvent sur l’estrade qui surélève l’autel où se célèbre la messe.

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Chaire de l’évêque Maximien.

Généralement constituée d’un haut dossier, qui permet de la distinguer des autres sièges, la chaise de l’évêque est le plus souvent réalisée en bois mais on en trouve également d’anciens exemples en pierre. Agrémentée de sculptures ou arborant des lignes simples, la cathèdre peut prendre des formes variées mais n’est pas tenue de suivre des critères stylistiques précis. Leurs formes, plus ou moins impressionnantes, témoignent ainsi du goût des époques et du travail des artistes. Autrefois, la cathèdre pouvait prendre place dans une sorte d’écrin, appelé le « trône », qui enchâssait avec faste le siège réservé à l’évêque.

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 « La chaire de l’évêque Maximien » est sans aucun doute l’un des exemples les plus beaux conservés jusqu’à aujourd’hui. Réalisé en ivoire, ce siège paléochrétien a été réalisé au VIe siècle pour l’évêque Maximien de Ravenne. 26 feuillets d’ivoire le composent et représentent diverses scènes de la vie du Christ mais aussi des prophètes et des évangélistes. Un chef-d’œuvre de sculpture d’une grande rareté. À la cathédrale d’Amiens, si la cathèdre est plus modeste, le superbe dais qui la surmonte manifeste pleinement l’importance du siège de l’évêque.

Aujourd’hui, quelques églises de France possèdent une cathèdre bien que l’église dans laquelle elle demeure ne soit plus considérée comme la cathédrale « officielle ». Après la Révolution, les diocèses se sont calqués sur les départements. Un certain nombres de villes ont ainsi perdu leur statut de « siège de l’évêché ». À Dol-de-Bretagne par exemple, la cathédrale abrite toujours sa cathèdre même si l’évêché a été délocalisé à Rennes. Cette présence rappelle ainsi qu’un « trône épiscopal » a existé dans nombreuses églises paroissiales.

La chaire, lieu de l’enseignement

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Tribune où le prêtre prêchait autrefois son homélie, la chaire est aujourd’hui n’est presque plus utilisée depuis que les églises bénéficient d’une sonorisation. Cependant, de beaux exemples sont encore conservés dans les sanctuaires.

Le premier exemple de chaire à prêcher de l’histoire peut être attribuée à la tribune d’airain construite par Salomon qui s’y tenait en tendant les mains vers le ciel et placée au Temple pour y parler au peuple de Dieu.

Au début du Moyen Âge, la chaire désigne le siège de l’évêque. Construit en bois, il comportait un haut dossier et des accoudoirs. On l’appelle aujourd’hui « cathèdre ». Ce meuble symbolisait la fonction d’enseignement et d’autorité de l’évêque. 

A partir du XIIe siècle, les prêtres utilisent un pupitre surélevé ou une estrade mobile pour les prédications. Ils étaient placés dans le chœur et souvent en bois. Progressivement, des chaires à prêcher fixes apparaissent et sont généralement placées dans la nef pour se rapprocher des fidèles. Un abat-voix, positionné au-dessus de la chaire, permet d’éviter que la voix ne se perde. Dès le Moyen Âge, l’Église exige que la prédication soit comprise de tous et donc prononcée en langue vernaculaire.

Placée généralement à la gauche de la nef, considéré comme « le côté de l’Évangile », la chaire prend place sur un pilier ou sur un mur. Elle est constituée d’une « cuve » dans laquelle se positionne le prédicateur. Un escalier permet d’y accéder. L’abat-voix peut être fixé sur le mur ou sur un dossier rattaché à la cuve.

Visuellement, la chaire à prêcher s’orne de décor de plus en plus fastueux au fil des siècles. Les yeux des fidèles s’y tournent pendant une longue partie de la messe, il est donc important alors que son ornementation soit à la hauteur de celle de l’église. En bois sculpté, en marbre ou en pierre, les chaires accueillent des ornementations diverses et les symboles y sont souvent nombreux. L’Esprit saint, sous la forme d’une colombe, rappelle que le prédicateur doit écouter l’inspiration divine. Des anges, des trompettes et des instruments variés évoquent la puissance de la parole. La présence des évangélistes quant à elle rappelle que l’homélie doit d’abord éclairer les fidèles.

Le  baptistère, lieu de la célébration du baptême

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Dans l’Église catholique, le baptême est le premier sacrement de l’initiation chrétienne. Ce sacrement, centré autour du rituel de l’eau, se déroule dans des baptistères ou autour des fonts baptismaux ou des cuves baptismales. 

Au tout début de l’ère chrétienne, les baptêmes étaient célébrés dans des rivières ou dans la mer. Après l’édit de Constantin, en 313, qui donne un statut officiel à l’Église, les bâtiments consacrés au culte deviennent plus nombreux. Appelés baptistères, ces constructions extérieures sont d’abord réservées aux cathédrales car, jusqu’au VIe siècle, seuls les évêques ont le droit de baptiser. Le baptême (qui signifie « plonger ») est alors administré par immersion : les catéchumènes — ceux qui se préparent au baptême — sont plongés dans une piscine réservée à cet effet et creusée à même le sol. Les baptistères sont souvent en forme de cercle, de croix, ou d’octogone. 

Lorsque l’administration du baptême n’est plus réservé à l’évêque, vers le VIIIe siècle, une cuve baptismale, non enterrée, remplace alors la piscine. C’est aussi l’époque où se met en place le baptême des très jeunes enfants par infusion, c’est-à-dire en versant de l’eau sur la tête du baptisé. Il sera généralisé vers le XIIe siècle.  

Au fil du temps, les baptistères distincts de l’église sont de moins en moins fréquents et le terme désigne désormais le lieu réservé à la célébration des baptêmes à l’intérieur de l’église. On y trouve une cuve baptismale, le plus souvent du côté ouest de l’entrée de l’église mais une chapelle peut être réservée exclusivement à cet usage. 

Les termes « cuve baptismale » et « fonts baptismaux » sont utilisés de manière indifférenciée pour désigner le contenant de l’eau servant au baptême. Cette eau est bénite lors de la veillée pascale.

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Cuve baptismale 

Les fonts baptismaux sont placés sur un support dont le matériaux est variable. Ils peuvent être taillé dans la pierre ou le marbre ou coulé dans bronze ou le plomb. Les formes aussi varient, reprenant un symbole spirituel : l’octogone pour rappeler la création ou le cercle qui suggère l’éternité. 

La cuve baptismale est souvent rapprochée de l’autel, dans un emplacement bien en vue des fidèles et adapté à la participation d’un grand nombre comme le précisent les préliminaires des rituels du baptême. Idéalement, la cuve baptismale doit être inamovible mais c’est loin d’être partout le cas. 

Les bénitiers, rappel de notre baptême en entrant dans une église

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Voilà des mois que la pandémie a contraint les paroisses à vider les bénitiers, et pourtant, se signer en entrant dans un sanctuaire est un geste rituel pratiqué depuis les premiers temps de l’Église qui rappelle aux chrétiens leur baptême.

En entrant dans une église, le regard des fidèles cherche souvent le bénitier qui permettra de tremper le bout des doigts de la main droite dans l’eau bénite, cette eau naturelle, utilisée pour le culte après bénédiction par un prêtre. 

À l’origine, les fidèles se lavaient les mains et les pieds dans de vastes bassins. Ce n’est que vers le XIXe siècle que les bénitiers remplacent les piscines pour les ablutions des fidèles. Placés près des portes d’entrée, les bénitiers sont de tailles variées et présentent diverses formes et matières car il n’y a aucune prescription si ce n’est que l’intérieur doit être réalisé dans un matériau dur et non poreux. 

En marbre, en pierre, en métal ou en porcelaine, le bénitier doit être suffisamment grand pour contenir l’eau bénite. Un coquillage issu des eaux tropicales peut également être utilisés et ce coquillage s’appelle… le bénitier ! Dans l’église Saint-Sulpice, à Paris, deux imposants bénitiers reposent sur un pied de marbre sculpté par Pigalle. On trouve aussi des bénitiers dont le premier usage était de servir de mortier dans les apothicaireries d’abbayes ou d’hospices.

Certains bénitiers sont scellés sur un mur ou un pilier, d’autres reposent sur un socle ou une colonnette. Les pieds peuvent être ornés de figures humaines ou de décors végétaux. Les plus anciens dont on dispose datent du XIIe siècle comme celui de Notre-Dame de Château-Larcher conservé au musée de Cluny à Paris.

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Bénitier placé sur un pilier, abbaye Sainte-Marie de la Pierre qui Vire.

Il existe aussi des bénitiers portatifs, souvent en métal, munis d’un goupillon, et qui sont utilisés pour les aspersions rituelles, pour bénir l’assemblée ou un corps au moment des obsèques. Des bénitiers de petite taille peuvent aussi être accrochés dans les maisons pour un usage domestique. L’usage du bénitier de chevet s’est perdu mais mériterait de retrouver une nouvelle vigueur car il rappelle l’importance de se signer en se levant ou en se couchant pour mettre sa journée sous le regard de Dieu.

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Bénitier portatif.

Le saint curé d’Ars nous rappelle que « le signe de la croix est redoutable au démon, puisque c’est par la croix que nous lui échappons. Il faut faire le signe de la croix avec un grand respect. On commence par la tête : c’est le chef, la création, le Père ; ensuite le cœur : l’amour, la vie, la rédemption, le Fils ; les épaules : la force, le Saint-Esprit. Tout nous rappelle la croix. Nous-mêmes nous sommes faits en forme de croix. »

Le  retable, pour magnifier l’autel

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Du latin retro tabula altaris, qui signifie en arrière d’autel, le retable est l’élément décoratif situé dans une église juste derrière l’autel. Une structure qui sert à magnifier la table sacrée où se déroule le sacrifice du Christ.

Aux premiers siècles du christianisme, la liturgie n’autorisait pas à mettre sur l’autel autre chose que l’évangéliaire et la pyxide — le boîtier contenant l’hostie consacrée — pour respecter le caractère sacré de la table eucharistique. Derrière l’autel était donc aménagé un rebord permettant de placer tous les objets liturgiques nécessaires à la célébration de la messe. Au fil du temps, le simple gradin se transforme en retable que l’on décore. Les saints sont alors les sujets principaux. 

Au XIe siècle, le retable s’agrandit et devient de plus en plus imposant au point de se transformer en un vaste panneau représentant les fêtes liturgiques. Suivant les régions et la richesse des églises, les retables, mobiles ou fixes, étaient construits en bois, en stuc, en pierre sculptée et parfois en marbre. Les sujets variés, sculptés ou peints, étaient toujours l’occasion d’un catéchisme imagé tout en étant le signe de la dévotion des commanditaires et des fidèles. Les vies de Jésus, de la Vierge Marie et des saints étaient ainsi le plus souvent mis à l’honneur.

À la fin du Moyen Âge, les retables se complexifient. Certains comportent plusieurs panneaux. On les appelle diptyque (pour deux), triptyque (pour trois), polyptyque… D’autres se composent de volets que l’on ferme ou que l’on ouvre en fonction des temps liturgiques, ce qui permet de laisser apparaître différentes scènes. Une prédelle — bande étroite peinte sous la scène principal et placée horizontalement sur toute la largeur — peut également se rajouter et permet à l’artiste d’aborder d’autres thèmes, en lien ou non avec le sujet principal du retable.

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Retable de l’église Saint-Jean-Baptiste de Megève : daté de 1731, il a été sculpté et peint par Jean Baptiste Bozzo, sculpteur de l’empereur d’Autriche Ferdinand VI.

Plus tard, on commence à intégrer le tabernacle au cœur du retable. Ensemble, les deux éléments forment un monument décoratif cohérent et le tabernacle, où repose le Corps du Christ, est ainsi magnifié par cette immense structure qui l’entoure.

L’autel, la table sacrée où se célèbre l’Eucharistie

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Situé au centre de l’église, l’autel est la pierre la plus sacrée de l’édifice. Point de jonction entre Dieu et les Hommes, c’est sur cette table que le prêtre célèbre le sacrifice du Christ par l’Eucharistie.

Bien avant le christianisme, les hommes utilisaient déjà des tables sacrées, que l’on appelle plus communément des autels, pour célébrer leurs rites sacrés. C’est sur cette table que l’on procédait à des sacrifices ou des dépôts d’offrande, comme de la nourriture, en l’honneur de Dieu. Déjà dans l’Antiquité, les maisons réservaient une place spéciale pour l’autel avant que ce dernier ne soit transféré dans des édifices publics.

Un autel, qu’est-ce que c’est ?

D’origine latine (altus), l’autel signifie “élevé”. Se rapprocher de Dieu en s’élevant le plus possible vers le Ciel est en effet primordial pour les croyants. Les montagnes et les collines ont ainsi toujours été des lieux privilégiés pour la célébration du culte car elles permettent de se rapprocher du Ciel. L’autel est ainsi symboliquement considéré comme le point le plus haut d’une église. C’est celui qui relie Dieu et les hommes, d’où sa place unique dans l’édifice. En plaçant les offrandes sur un autel, on cherche à les rapprocher de Dieu et à les faire passer du monde profane au monde sacré. Pour les chrétiens, une église sans autel est donc une église sans âme. Elle est la pierre angulaire qui fait tenir tout l’édifice, à l’image du Christ pour son Église.  

Où se place-t-il exactement dans une église ?

Dans les premiers siècles du christianisme l’autel était mobile et pouvait être déplacé pour les offices. Ce n’est qu’au IVe siècle qu’il commence à avoir une place privilégiée et fixe. Dans les églises chrétiennes, le maître-autel, qui est l’autel principal, est toujours placé au centre de l’édifice, dans ce qu’on appelle « le chœur », la partie réservée au clergé.

L’emplacement de l’autel a pu varier au fil des siècles. Parfois disposé au fond du chœur , contre le mur — notamment quand les messes étaient célébrées dos au peuple — il est aujourd’hui communément placé au centre du chœur afin d’être bien visible par les fidèles.

Dans les deux cas, sa position centrale dans l’église marque la place éminente de la célébration de l’Eucharistie pour les chrétiens. En fonction de la taille du bâtiment, d’autres autels peuvent être abrités dans des chapelles latérales mais il s’agit d’autels secondaires.

Comment cette table devient-elle sacrée ?

Pour qu’un autel soit digne de célébrer le sacrifice du Christ, il doit être consacré et constitué d’une seule grande pierre. Lors de la consécration, le prêtre verse du saint-chrême sur la table — une huile sainte bénit par l’évêque le Jeudi saint — pour marquer son rôle sacré. Cinq croix sont également tracées sur l’autel, une au centre et à chaque angle, pour symboliser les cinq plaies du Christ.

Les autels sont généralement recouverts de nappes, parfumés d’encens et décorés de cierges pour marquer son importance. À la messe, le prêtre dépose également un baiser sur l’autel en signe de respect.

Constitué parfois en bois, mais généralement en pierre ou matériaux nobles, l’autel peut accueillir en dessous des reliques de saints. Une présence physique hautement symbolique. Par leur corps, les saints matérialisent leur intercession entre Dieu et les Hommes, entre les vivants et ceux qui sont déjà dans la Vie éternelle.

L’ambon, le pupitre réservé à la lecture de la parole de Dieu

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Situé à l’entrée du chœur, l’ambon est utilisé pour lire les lectures, l’Évangile et chanter les psaumes. C’est aussi l’endroit où le prêtre prononce l’homélie.

Religion de la parole, le christianisme a très tôt mis la lecture des textes au centre des offices. La « liturgie de la parole », au cours de laquelle sont lus et commentés des passages de l’Ancien et du Nouveau testament, a ainsi une place essentielle dans le déroulé de la messe. Pour cela, les catholiques utilisent l’ambon. L’ambon est un pupitre fixe, légèrement surélevé par rapport à l’assemblée, placé à proximité de l’autel. Il est suffisamment grand pour recevoir le lectionnaire, le livre regroupant les textes bibliques à lire au cours des offices.  

Les lecteurs y lisent les lectures de l’Ancien et du Nouveau testament, qui varient en fonction du calendrier liturgique, mais aussi les psaumes. C’est là que prêtre proclame également l’Évangile et prononce son prêche. Les intentions de la prière universelle peuvent aussi y être lues.

Pourquoi une place spécifique pour la lecture de la Bible ?

Lors de la messe, Dieu se donne dans l’Eucharistie, célébrée sur l’autel. Il nous donne aussi sa Parole, au travers des lectures prévues par la liturgie. Lire la parole de Dieu n’est pas une simple lecture de texte : elle requière une dignité particulière. En réservant un lieu à cet effet, un signe nous est donné de la dimension sacrée de la parole divine. En effet, toutes les paroles n’ont pas la même valeur. C’est pour cela que les annonces paroissiales ne sont pas lues à l’ambon, mais sur un autre pupitre réservé généralement à l’animation des chants.

Pourquoi accède-t-on à certains ambons par des marches ?

Ambon vient d’un mot grec qui signifie monter. Dès les premiers siècles, les chrétiens proclamaient les Évangiles depuis un endroit plus élevé que celui où étaient placés les fidèles. Comme un rappel de Jésus qui gravissait la montagne pour enseigner les foules, celui qui lisait devait monter quelques marches. La présence du Seigneur qui enseigne par sa Parole se retrouve d’ailleurs dans la prière de bénédiction de l’ambon : « Que la voix de ton Fils résonne en ce lieu ! ».

Cette montée s’est ensuite perpétué avec le développement des chaires, dont l’abat-voix présentait l’avantage de mieux entendre la prédication, avant l’utilisation d’une sonorisation dans les églises.

De nos jours, il reste certains ambons « à marches », en pierre. Mais, plus fréquemment, l’ambon est présenté sous forme d’un pupitre, situé près de l’autel, sans surélévation particulière. La présentation générale du missel romain indique : « On aménagera l’ambon, en fonction des données architecturales de chaque église, de telle sorte que les fidèles voient et entendent bien les ministres ordonnés et les lecteurs ».

Le décor de l’ambon peut être très varié, du simple pupitre au meuble ouvragé représentant les évangélistes ou des scènes bibliques.

Le lutrin, pupitre monumental pour lire ou chanter

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Du latin signifiant « qui sert à lire », le lutrin porte bien son nom puisqu’il était destiné à supporter les gros livres des chants liturgiques et les textes des offices.

Au VIIe siècle, les lutrins, qui existaient déjà, avaient un tout autre usage. Ils étaient utilisés par les moines copistes pour écrire et enluminer leurs ouvrages. Progressivement, ils se sont déplacés dans les églises pour porter des ouvrages de grande taille, lourds et peu maniables. À une époque où il était impossible de faire des photocopies et où les livres coûtaient cher, le lutrin permettait aux chantres de voir, tous en même temps, le livre et donc de pouvoir chanter ensemble. C’est au XIIIe siècle que la production de lutrins liturgiques va se répandre plus largement. 

Si les lutrins sont généralement fabriqués en bois ou en fer forgé, il n’est pas rare d’en voir aussi dans des matériaux plus précieux. Le pied ou socle est souvent massif pour supporter le poids des livres. Il en existe même où l’on peut voir un coffre à livres pour conserver les manuscrits. Quant au pupitre, il dispose de un à quatre versants et peut se régler au niveau de la hauteur et de l’inclinaison. 

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Des lutrins en forme d’aigle

Les lutrins possèdent souvent un socle représentant les symboles des quatre évangélistes. C’est qu’on appelle le tétramorphe : l’aigle pour saint Jean, le lion pour saint Marc, l’homme pour saint Matthieu et le taureau pour saint Luc. L’aigle, qui représente l’évangéliste Jean mais qui symbolise aussi la lutte du bien contre le mail, sert parfois de support pour les livres. Grâce à ses ailes déployées, il permet de déposer facilement le livre ouvert. Dans ce cas particulier, on parle d’aigle-lutrin.

Le lutrin, l’ancêtre du pupitre

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Avec le temps et l’évolution des besoins liturgiques, la nécessité de lire les partitions à plusieurs sur un unique lutrin a disparu. Ces derniers sont encore parfois utilisés par les chantres mais ont largement perdu en utilité. Ils sont souvent gardés dans les églises pour leur beauté et leur intérêt historique. Mais, si on regarde bien, on voit que l’ambon actuel,  qui sert à chanter et lire les textes bibliques, a naturellement hérité du pupitre qui reprend sa forme mais aussi son inclinaison. 

 

Le confessionnal, le lieu du pardon

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Lors du sacrement de pénitence, ou sacrement de réconciliation, le fidèle vient demander le pardon de ses péchés. Un acte important qui nécessite un espace, le confessionnal, dans lequel il pourra s’exprimer librement auprès du prêtre.

Tout ce qui se dit entre le prêtre et son interlocuteur lors du sacrement de réconciliation doit rester entre eux et Dieu. Ce moment, qui nécessite une grande confidentialité, a obligé l’Église à réfléchir à l’aménagement d’espaces discrets pour permettre au fidèle de parler librement au prêtre. C’est ainsi que l’on trouve dans les églises des sortes d’isoloirs clos, que l’on appelle confessionnaux, dans lesquels se placent le prêtre et le fidèle pour échanger en toute discrétion.

Si la confession a d’abord été un acte public, réservé aux fautes les plus graves, elle devient privée vers le VIe siècle. C’est au XIIIe siècle que le concile de Latran insiste sur la nécessité d’une confession régulière, au moins annuelle, avant la communion pascale. On attribue à saint Charles Borromée la création du confessionnal en forme d’isoloir clos, après le concile de Trente, en 1545.

Le confessionnal est habituellement composé d’une loge, fermée par une porte ou un rideau, réservée au prêtre qui s’assoit à l’intérieur. Cette loge peut comporter, de part et d’autre, un compartiment muni d’un prie-Dieu sur lequel vient s’agenouiller le fidèle qui vient se confesser. Une grille sépare le prêtre et le fidèle pour permettre d’assurer l’anonymat de ceux qui viennent se confier à lui. Un portillon, placé derrière la grille, peut être ouvert ou fermé par le prêtre, qui n’écoute évidemment qu’une personne à la fois. 

Suivant les usages locaux, les confessionnaux peuvent être plus ou moins ornés, mais ils sont le plus souvent en bois. Sauf lorsqu’ils sont intégrés dans l’architecture même de l’église. 

Les confessionnaux clos de moins en moins utilisés

Depuis le concile de Vatican II, les confessionnaux en forme d’isoloir sont de moins en moins utilisés même s’ils sont toujours en usage. En effet, on encourage davantage les confessions en face-à-face. Si le fidèle le souhaite, il peut ainsi simplement s’asseoir en face du prêtre pour se confesser ou s’agenouiller sur un prie-Dieu. 

Une séparation entre pénitent et confesseur peut être cependant maintenue pour préserver l’anonymat. Une simple séparation, plus légère, remplace alors les grands confessionnaux anciens. Il est en effet important que le fidèle puisse choisir sous quelle forme se déroule la confession afin qu’il reçoive le sacrement de réconciliation dans de bonnes conditions.

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Lors des JMJ de Madrid, 200 confessionnaux blancs en forme de voile de bateau ont ainsi été installés dans un parc de la ville, modernisant résolument leur image. L’essentiel est que chacun se sente écouté et pardonné, quelle que soit la forme du confessionnal.