AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), NICOLAS MIGNARD (1606-1668), PEINTRE FRANÇAIS, PEINTURE, SAINT JEAN DE MALTE, SAINT JEAN DE MALTE (Eglise ; Aix-en-Provence), VIERGE DU CARMEL

Vierge du Carmel de Nicolas Mignard (église Saint-Jean-de-Malte à Aix-en-Provence)

Vierge du Carmel de Nicolas Mignard

Eglise Saint-Jean de Malte (Aix-en-Provence)

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La Vierge du Carmel de l’Eglise Saint-Jean-de-Malte provient de l’église des Grands Carmes où elle décorait la chapelle de la Confrérie du Carmel. Transportée à la Révolution dans l’église du Saint-Esprit, elle fut finalement attribuée à cette église.

Cette une oeuvre complexe avec des coloris agréables et d’une composotion assez ingénieuses puisqu’elle associe deux éoisodes de l’histoire du Carmel. En haut, la Vierge Marie, patronne de l’Ordre qui a adopté le vêtement blanc en son honneur, est assise sur une montagne (le Mont Carmel) : elle remet à saint Simon Stock le scapulaire (un vêtrment qui auriat été donné au XIIIè siècle pour éviter les peines de l’Enfer à ceux qui le porteraient). Ce scapulaire est d’une grande dévotion dans l’Ordre du Carmel et il est remis sous le regard du prophète Elie (à droite) considéré comme leur fondateur. En bas à droite on peut voir un autre religieux de cet Ordre en train de regarder le Démon terrassé, un démon aux traits humains mais sous les traits d’un bagnard avec de petites cornes.

 

Nicolas Mignard

Peintre français (Troyes 1606  – Paris  1668).

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Il fut formé à Troyes, à Fontainebleau et à Paris, comme son frère Pierre. À part un séjour à Rome (1635-36) au cours duquel il étudia attentivement A. Carracci, Nicolas Mignard fit la plus grande partie de sa carrière en Avignon. Ce n’est qu’en 1660 qu’il gagne Paris ; il est reçu à l’Académie en 1663 et consacre ses dernières années à la décoration du palais des Tuileries ; sa réputation est alors l’égale de celle de son frère. Si ses portraits ne sont plus connus que par la gravure (citons pourtant son Molière, Paris, Comédie-Française) si ses œuvres mythologiques sont devenues rares (Mars et Vénus, 1658, musée d’Aix-en-Provence ; cycle décoratif, en partie d’atelier, au musée d’Avignon), ses compositions religieuses — conservées en grand nombre à Avignon (église Saint-Pierre, chapelle des Pénitents gris et des Pénitents noirs, 6 tableaux à Notre-Dame-des-Doms ; Saint Bruno, 1638, Saint Simon Stock, 1644, Déploration du Christ, 1655, au musée) ou dans la région (bel ensemble au musée, notamment le Christ et les Docteurs, 1649, et à l’église de Villeneuve-lès-Avignon, églises de Tarascon, Apt, Cavaillon notamment) — font de lui l’un des peintres français les plus importants de sa génération. D’abord proche de Vouet, son art évolue autour de 1650 vers un style plus dépouillé et plus lourd, parfois assez proche de celui de son frère. La quasi-totalité des dessins de l’artiste est entrée au Louvre en 1978. Une exposition a été consacrée à Nicolas Mignard à Avignon (palais des Papes) en 1979.

 

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Notes complémentaires

Ordre du Carmel

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L’ordre du Carmel est un ordre religieux catholique contemplatif. Ses membres sont appelés carmes (pour les hommes) et carmélites (pour les femmes). Leur père spirituel est le prophète Élie. Fondé par des ermites sur le mont Carmel en Palestine à la fin du XIIè siècle, les premiers Carmes quittent leurs ermitages au début du XIIIè siècle pour  se réfugier en Europe. Après bien des tribulations, l’ordre érémitique se transforme en ordre monastique.Il connaît de nombreuses réformes dont la plus marquante est la réforme instituée par Thérèse d’Avila au XVIè siècle.  

Il existe aujourd’hui deux branches principales : les Grands Carmes (n’ayant pas suivi la réforme de sainte Thérèse d’Avila) et la branche issue de la réforme thérésienne, les Carmes déchaux. Ces deux branches sont découpées en trois ordres :

les Carmes (pour les hommes) ;

les Carmélites (pour les femmes), appelées le second ordre (du Carmel) car leur ordre a été créé après l’ordre des Carmes ;

le Tiers-Ordre carmélite (pour les laïcs), appelé le troisième ordre car créé dans un troisième temps.

L’ordre du Carmel est porteur d’une tradition spirituelle riche, qui a une grande importance pour l’Église catholique tout entière, notamment grâce à plusieurs docteurs de l’Église issus de l’ordre : Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux. Ils sont spécialement connus pour leur enseignement sur l’oraison, centre de la vie spirituelle du Carmel. De nombreux mystiques ont également laissé des écrits ayant éclairé leur époque et même faisant parfois référence jusqu’à nos jours (Jean de Saint-Samson, Laurent de la Résurrection, Marie-Madeleine de Pazzi, Élisabeth de la Trinité, Marie Candide de l’Eucharistie, Maria Petyt).

 

Saint Simon Stock

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La Vierge remettant le scapulaire à saint Simon Stock. 1644 Avignon, Église St Symphorien.

Simon Stock est un carme Anglais du XIIIè siècle. Il a été un des premiers Généraux de l’ordre, et il est resté l’un des plus célèbres. Sa grande notoriété vient d’une vision qu’il aurait eue de la Vierge Marie lui remettant le Scapulaire. Il est vénéré comme bienheureux  dans l’Église catholique romaine, et considéré comme saint dans l’ordre du Carmel. Il est fêté le 16 mai ou localement le 17 juillet.

La vision du Scapulaire

La grande renommée de Simon Stock est liée à l’apparition qu’il a eu à Cambridge (Angleterre), le 16 juillet 1251, à une époque où l’Ordre du Carmel traverse une période difficile (perte de membres, questions sur la nouvelle forme et/ou mission à donner à l’ordre qui ne peut plus être un ordre érémitique). Dans sa vision, la Vierge Marie lui remet un scapulaire pour tous les membres de son ordre. Elle lui dit « Recevez, mon fils bien-aimé, ce scapulaire pour mon Ordre, c’est le signe particulier de ma faveur, que j’ai obtenu pour toi et pour mes fils du Mont-Carmel. Celui qui meurt revêtu de cet habit sera préservé du feu éternel » Cette promesse raffermit les membres de l’Ordre et entraîne de nombreuses arrivées.

À noter que toutes les sources relatant cette vision sont largement postérieures à la mort de Simon Stock. Les plus anciens écrits remontent au xve siècle (soit plus d’un siècle après les faits). Ce qui est probablement la cause des différentes versions des récits de cette vision qui tournent toutes autour du don par Marie du scapulaire à Simon Stock avec la promesse de protection et du salut de l’âme pour ceux qui le porteraient (avec dévotion).