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Les quatre songes de saint Joseph

Les quatre songes de saint Joseph

 

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Les songes de Joseph (Mt 1,18-25 ; Mt 2, 13-15 ; Mt 2, 19-23)

Les songes bibliques :

L’Écriture considère le prophétisme (cf. Dt 18, 9-19) comme l’institution privilégiée à disposition d’Israël pour connaître la volonté de Dieu. L’Écriture admet aussi la fonction, le prestige et l’efficacité d’autres moyens légitimes, comme la vision, les sorts, et les songes (cf. Nm 12,6).

– Il est injustifié d’identifier à la révélation n’importe quel rêve.

– Il est aussi injustifié de croire à priori qu’il s’agit d’un genre littéraire qui en exclut la réalité.

– Une des caractéristiques des songes dans l’Écriture est celle de dépasser l’intérêt privé de leurs bénéficiaires pour s’insérer dans le plan de l’histoire du salut.

C’est le cas évident pour les songes de saint Joseph.

Ils se réfèrent, en effet, aux trois mystères de la vie de Jésus (- la naissance, – le séjour en Egypte, – la résidence à Nazareth) dont saint Joseph a été l’indispensable « ministre » et, donc, à juste titre gratifié d’une lumière divine spéciale.

Les songes de Joseph et le dessein divin

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-1- Le premier songe (Mt 1, 18-25) invite Joseph à accepter Marie et donner le nom de Jésus. L’épisode de la vocation de Joseph résout le problème de Joseph devant l’admirable maternité de Marie dont Joseph se considérait exclu. En retenant Joseph auprès de Marie, l’ange permet l’insertion de Jésus dans l’origine davidique car c’est Joseph qui lui imposera publiquement son nom (Mt 1, 25).

-2- Le second songe (Mt 2, 13) invite Joseph à fuir en Egypte, et ainsi à préserver la vie de l’enfant, à éviter sa mort prématurée avant l’Heure de son sacrifice sur la croix

.

-3- Le troisième songe (Mt 2, 19) invite Joseph à revenir d’Egypte. Jésus épouse ainsi l’histoire de l’Exode, l’histoire d’Israel.

-4- Le quatrième songe (Mt 2, 22-23) invite Joseph à séjourner en Galilée, à Nazareth. La résidence définitive à Nazareth ne répond pas simplement à une exigence de sûreté pour soustraire Jésus à de nouveaux pièges. Dans le plan de Dieu, c’est la clé de la vie cachée voulue par Dieu pour purifier et sanctifier les réalités quotidiennes de la vie humaine et pour comprendre le secret messianique qui caractérisera toute la mission future de Jésus.

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Conte de Noël : Un miracle à Noël

  Un miracle de Noël

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Il était une fois une ville si minuscule qu’elle ne comptait qu’une seule rue bordée de petites maisons toutes semblables les unes aux autres. Au milieu de cette rue, sur le trottoir de gauche, une maison était cependant plus grosse et plus haute que ses voisines. C’était celle d’Armand, un homme grognon et solitaire. Et sur le trottoir d’en face, il y avait aussi une autre demeure plus grande et plus longue que toutes les autres. C’était là que vivait Léopold, un vieux bougon qui n’avait pas d’amis. On raconte que Léopold était très riche. Aussi riche que son voisin Armand.

Armand et Léopold se détestaient. Ils ne se parlaient jamais, ne se saluaient pas non plus et s’évitaient dans la rue. En revanche, ils s’espionnaient jour et nuit. Quand l’un faisait quelque chose, l’autre s’empressait de faire mieux pour se sentir important.

Noël approchait et les deux hommes se disputaient pour avoir la plus belle maison de la ville. Si Léopold accrochait une guirlande à sa porte, Armand en posait deux. Quand Armand plantait un sapin dans son jardin, Léopold en achetait un plus grand. Cela n’en finissait jamais !

Cette année encore, la maison de Léopold était toute décorée de guirlandes lumineuses. De l’autre côté de la rue, celle d’Armand brillait comme un flocon de neige dans la nuit de Noël sombre et sans étoiles.

– Comme c’est beau ! s’émerveillaient les enfants en passant.

Mais la joie des petits ne touchait pas le cœur froid des deux hommes. Armand gardait l’œil rivé à sa longue-vue pour observer Léopold. Quant à Léopold, il espionnait Armand à travers ses jumelles. Parfois, leurs regards se rencontraient par lunettes interposées. Alors ils clignaient vite des yeux et détournaient la tête.Le soir de Noël, Armand enfila sa longue robe de chambre et ses chaussons fourrés. Il n’avait pas prévu d’aller à la messe de minuit, encore moins de voir des amis. Il était content de rester tout seul, chez lui, bien au chaud. Mais soudain quelqu’un frappa à la porte.

– Qui est-ce ? bougonna Armand sans même ouvrir.

La voix d’un petit garçon lui répondit :

– Pardon, Monsieur, j’ai faim et froid. Pourriez-vous m’accueillir chez vous ?

– Passe ton chemin, le renvoya Armand. Je ne veux pas de mendiant chez moi.

L’enfant soupira tristement, fit demi-tour, traversa la rue et s’arrêta devant la maison de Léopold. Le garçonnet leva sa petite main rouge de froid et tira la sonnette.

– Qui va là ? tonna Léopold à travers la porte.

– Pardon, Monsieur, j’ai faim et froid.

Pourriez-vous m’accueillir chez vous ?

Léopold n’avait aucune envie d’être dérangé. Un bon repas l’attendait et il comptait se coucher tôt. Il allait renvoyer l’enfant quand ce dernier reprit :

– Votre voisin n’a pas voulu de moi. Peut-être serez-vous plus aimable ?

Une lueur s’alluma dans les yeux de Léopold. S’il faisait entrer cet enfant, il passerait pour un homme meilleur que son voisin ! Cette simple idée le ravit.

– Entre, dit-il alors en ouvrant la porte.

Caché derrière le rideau de sa fenêtre, Armand blêmit.

« Tout le monde va admirer Léopold maintenant, pensait-il. On dira qu’il est un homme bon ! Je dois faire quelque chose… »

Il scruta la rue de sa longue-vue et vit alors une fillette pauvrement vêtue qui marchait dans la neige. Armand courut ouvrir la porte de sa grande maison.

– Viens donc te mettre au chaud ! lança-t-il à l’enfant. La pauvre petite grelottait. Elle accepta aussitôt.

– Allons, dépêche-toi ! râla Armand. Tu refroidis ma maison.

Lorsqu’il referma la porte, une petite étoile s’alluma dans la nuit noire.

Léopold, qui ne quittait jamais ses jumelles, vit ce que son voisin venait de faire. Il ne voulut pas être en reste.

– Approche-toi du feu, dit-il à l’enfant. Tu pourras te réchauffer.

Sa voix était forcée, un peu rude. Il n’avait pas l’habitude de parler gentiment, et encore moins aux enfants.

Mais le petit garçon sembla ne pas s’en rendre compte. Il sourit, s’approcha du feu et tendit ses mains vers les flammes.

Sa peau reprit des couleurs tandis que Léopold retournait à sa fenêtre, ses jumelles sur le nez.

Alors, une nouvelle étoile éclaira la nuit noire. Au même moment, dans la maison d’en face, Armand apportait une couverture de laine bien chaude à sa petite invitée. La fillette caressa le tissu en riant.

– Comme c’est doux ! s’écria-t-elle.

Ses joues étaient redevenues roses. Armand toussa, un peu gêné, regarda ses pieds, et retourna à sa longue-vue pour retrouver son assurance.

Comme il la pointait sur la maison de son voisin, il ne vit pas qu’une autre étoile venait de se mettre à briller dans le ciel.

Quand Léopold vit la fillette emmitouflée dans sa couverture, il courut chercher son plus beau manteau de fourrure et le posa sur les épaules du petit garçon. Le manteau était lourd et trop grand, mais l’enfant était heureux.

– Merci Monsieur, murmura-t-il en regardant Léopold dans les yeux.

Le vieux ronchon rougit sous ce regard très doux. Il attrapa alors ses pinces et attisa le feu pour retrouver un peu de contenance. Des étincelles enflammées s’envolèrent dans la cheminée. Elles montèrent jusqu’au ciel pour y allumer quelques étoiles.

– J’ai faim, s’il vous plaît, murmura le petit garçon après un long moment.

Tout d’abord, Léopold voulut refuser : il en avait fait suffisamment pour ce mendiant. Mais il pensa à ce que les gens diraient s’il était moins accueillant que son voisin Armand. Il se ravisa. Il assit le garçonnet à sa place et déposa devant lui des mets délicieux : une assiette remplie de tranches de rôti et de pommes de terre savoureuses, des clémentines et des papillotes en chocolat. L’enfant dévora tout tandis que Léopold le regardait. Il se sentait… un peu bizarre. Bien sûr, Armand vit le festin de Léopold dans sa longue-vue. Il abandonna aussitôt son poste d’observation et pria sa petite invitée de se mettre à table. Il lui servit un gros morceau de dinde et son jus délicieux, quelques châtaignes fondantes et des tartelettes à la confiture.

Armand observait la fillette manger avec appétit.  « Depuis combien de temps n’a-t-elle pas eu un bon repas ? » se demanda-t-il. Dans le ciel au-dessus de la maison, une étoile toute neuve scintilla.

Après le dîner, la fillette se pelotonna dans un gros fauteuil et regarda le sapin dressé dans le salon. Au pied de l’arbre, il y avait des dizaines de paquets.

– Pour qui sont ces cadeaux ? demanda-t-elle

– Pour moi, marmonna Armand.

– Et qui vous les a faits ?

– Eh bien, moi !

Chaque année, Armand s’offrait des cadeaux à lui-même, puisque personne ne lui en faisait. La fillette les contempla avec envie.

– Tiens ! lui dit alors Armand en lui tendant un paquet.

Sa main tremblait un peu. Son sourire était maladroit. C’était la première fois qu’il offrait un cadeau à quelqu’un. La petite fille dénoua le ruban de la boîte et découvrit une belle cravate brodée.

– Hum ! s’excusa Armand. Ce n’est pas vraiment un cadeau pour toi !

– Ce n’est pas grave, c’est joli, répondit l’enfant.

Elle noua la cravate dans ses cheveux et se regarda dans le miroir.

– Comment me trouvez-vous ? demanda-t-elle en souriant. Armand ouvrit de grands yeux étonnés et rougit.

– Bien, très bien ! lança-t-il d’une voix mécanique.

Puis, pour cacher son trouble, il se précipita vers sa longue-vue et reprit son espionnage.Mais où était donc passé Léopold ? Il n’était plus dans le salon. Le petit garçon était seul. Bientôt, Léopold reparut, les bras chargés de boîtes qu’il venait de descendre du grenier. Lui aussi allait faire un cadeau à son invité, mais il s’y prendrait mieux que son voisin. Léopold posa les boîtes sur le tapis du salon et les ouvrit une à une. Au milieu du papier de soie, le petit garçon découvrit une locomotive, des wagons et des rails par dizaines.

– Un train électrique ! s’extasia-t-il.

Ses yeux se remplirent d’étoiles aussi nombreuses que celles qui apparurent tout à coup dans le ciel.

– Le chameau ! grommela Armand en refermant sa longue-vue d’un coup sec.

Il attrapa la main de la fillette et l’entraîna jusqu’au grenier. Il y avait là mille trésors, il réussirait bien à lui trouver quelque chose !

– Ça ! s’exclama la petite fille.

Elle lui montrait un violon dans son étui usé. Elle l’attrapa, le coinça sous son menton et se mit à jouer doucement. C’était si beau qu’Armand en eut les larmes aux yeux. « Ressaisis-toi, Armand ! », se sermonna-t-il.

Les notes de musique s’élancèrent vers le ciel et s’y accrochèrent pour former des étoiles. Quand il entendit la musique chez son voisin, Léopold tendit l’oreille. Il se leva et se gratta la tête pour se souvenir de l’endroit où il avait caché sa trompette.

– Vous jouez avec moi ? lui demanda alors le petit garçon en lui tendant un wagon.

Léopold hésita, il n’aimait pas laisser Armand prendre l’avantage. Mais l’enfant insista et Léopold s’agenouilla près de lui pour une longue partie de train électrique.

Au-dehors, une étoile traversa le ciel en brillant.Comme la partie durait, le petit garçon se mit à bâiller. Ses yeux le picotaient. Sa tête devenait lourde. Il avait sommeil. Et puis, tout à coup, il s’affaissa doucement sur le tapis moelleux. Léopold resta planté là un moment, sans trop savoir quoi faire. Puis il saisit le petit garçon, le souleva dans ses bras et aller le coucher dans son lit, sous sa couette douce et chaude.

L’enfant dormait et Léopold le regardait. Il en avait oublié ses jumelles. Il ne pensait plus à Armand. Il se sentait heureux et cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. De l’autre côté de la rue, Armand aussi avait laissé tomber sa longue-vue. La petite fille avait terminé son long morceau de violon. À présent elle dormait, allongée sur le canapé du salon. Ses joues étaient toutes roses. Un sourire flottait sur ses lèvres, Armand pensa qu’il n’avait jamais rien vu d’aussi beau depuis des années.

Dehors, des centaines d’étoiles éclairèrent la nuit. Alors, les cloches de la petite église nichée au bout de la rue se mirent à sonner à toute volée. Elles appelaient les hommes, les femmes et les enfants à venir célébrer la naissance de Jésus.

Le petit garçon se réveilla en sursaut. Il se redressa dans son lit et voulut se lever.

– Que fais-tu ? lui demanda Léopold.

– Je dois aller à la messe de Noël !

– Tu es beaucoup trop fatigué, le gronda gentiment Léopold.

– Mais je dois… insista l’enfant en se rendormant déjà.

– Reste au chaud, lui souffla alors Léopold. J’irai pour toi et je te raconterai.

Le petit garçon sourit dans son sommeil.

Chez Armand, la fillette ouvrit les yeux à l’appel des cloches. Elle regarda l’homme assis dans un grand fauteuil et qui veillait sur elle.

– Dépêchez-vous ! lui dit-elle. La messe va commencer.

– Mais je ne…, maugréa Armand.

– Allons, l’encouragea la petite fille avec un grand sourire. Levez-vous ! Il ne faut pas être en retard pour accueillir Jésus.

Armand allait riposter. Au lieu de cela, il se leva, ouvrit la porte de sa maison et courut presque jusqu’à l’église.

Un murmure étonné accueillit Léopold quand il entra dans l’église. Cela faisait si longtemps qu’il n’y était pas allé.

Et quand Armand arriva à son tour, une longue rumeur traversa la foule. On le trouvait changé.

La messe commença et Léopold sentit une grande douceur envahir son cœur. Il souriait. Il se tourna vers Armand et aperçut son vieil ennemi de toujours qui grelottait dans sa robe de chambre et ses chaussons mouillés de neige.

Léopold s’approcha, dénoua sa riche écharpe de laine et la posa sur les épaules de son voisin. Armand le regarda et sourit à son tour.

– Merci ! dit-il simplement.

Dehors, le ciel s’illumina de milliers d’étoiles.

En sortant de la messe, Armand et Léopold se pressèrent pour retrouver les enfants. Mais le grand lit de Léopold était vide. Le petit garçon avait disparu ne laissant derrière lui qu’une minuscule plume sur l’oreiller. Et quand Armand entra dans son salon, il ne vit plus personne sur le canapé. La fillette était repartie aussi mystérieusement qu’elle était apparue.

Armand s’assit sur le canapé. Il avait le cœur lourd tout à coup. Le silence de sa grande maison l’étouffait. Il aperçut alors une petite plume blanche qui avait glissé sur le tapis. Il se pencha pour la ramasser et se releva d’un bond. Il ne supportait plus cette vie triste et solitaire. Il attrapa quelques cadeaux sous le sapin, ouvrit la porte de chez lui et traversa la rue dans ses chaussons mouillés. En arrivant devant la maison de Léopold, il sonna sans hésiter. Il ne voulait plus fêter Noël sans ami. Lorsque Léopold ouvrit à Armand et le fit rentrer chez lui, la nuit était plus illuminée que jamais.

Et tout là-haut, juste au-dessus de la grande maison de Léopold, deux petites étoiles se mirent à briller plus fort que toutes les autres. 

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Cathédrale Saint-Sauveur (Aix-en-Provence) : son cloître

VISITE DU CLOÎTRE SAINT SAUVEUR

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Datation : XIIè siècle

Cloître en carré : symbole de la terre

Rôle des chanoines

Un chanoine régulier est un chanoine qui prononce des vœux religieux et vit en communauté au sein d’un institut de vie consacrée, et qui combine vie de prière et vie pastorale. Les constitutions religieuses des chanoines réguliers (en latin : Ordo Canonicorum Regularium) sont basées sur la règle de saint Augustin.

 

Histoire

Les origines des communautés de chanoines sont discutées. On sait qu’Eusèbe de Verceil et que Saint Augustin introduisent une vie commune de clercs et qu’en 763, Chrodegang, évêque de Metz, rassemble le clergé de la cathédrale en une communauté religieuse sous une règle en partie influencée de la règle de saint Benoît, appelée Regula canonicorum. En 817, le 4e concile d’Aix-la-Chapelle tenu par ordre du roi Louis le Pieux approuve la règle d’Aix des chanoines ; à cette époque, ils vivent en commun, desservent les églises, mais la règle n’impose pas de vœux religieux et autorise les chanoines à posséder individuellement des biens.

En 1039 déjà, quatre clercs de l’abbaye Saint-Ruf d’Avignon désirant vivre selon la réforme grégorienne forment une communauté de chanoines, mais c’est seulement dans la seconde moitié du XIè siècle que Saint-Ruf devient un modèle méridional de cette nouvelle forme de vie religieuse. Lors du Synode de Latran en 1059, le pape Nicolas II ordonne aux clercs religieux de vivre en communauté et de mettre en commun ce qu’ils reçoivent de l’Église. Ceci est réitéré par le pape Alexandre II en 1063. Le pape Grégoire VII envoie en 1079 une lettre aux chanoines de Lyon et les invite à imiter l’exemple de leur doyen qui a renoncé spontanément à tous ses bénéfices acquis sans leur consentement. Yves de Chartres reforme aussi les chanoines réguliers de Beauvais dont l’exemple est introduit dans d’autres églises, mais on ignore la règle de la communauté. C’est finalement le pape Innocent II qui oblige les chanoines réguliers à adopter la règle de saint Augustin, d’abord au concile de Reims en 1131 puis en 1139 au deuxième concile du Latran.

Le cloître Saint-Sauveur a été construit aux environs de 1190 et se situe au sud de la nef du Corpus Domini de la cathédrale d’Aix-en-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en France.

Le cloître Saint-Sauveur, construit vers 1190 par les chanoines de la cathédrale, occupe une partie du forum de l’ancien castellum qui a été fondé par Caius Sextius Calvinus en 122 av. J.-C., mais qui n’aura une structure typiquement romaine avec cardo et decumanus qu’au ier siècle.

L’accès au cloître se faisait jadis par une porte solennelle placée au sud de celui-ci et donnant sur la place de l’archevêché. Ce cloître, construit par les chanoines de la cathédrale, est constitué par quatre galeries de huit travées formées d’arcades de plein cintre reposant sur des colonnes géminées. Contrairement aux autres cloîtres provençaux (cloître Saint-Trophime à Arles ou celui de Montmajour) les galeries ne sont pas voûtées mais recouvertes d’une charpente ; la légèreté de la structure explique la finesse des colonnes, l’absence de contreforts et de gros piliers massifs. Seuls les angles des galeries ont reçu quatre piliers importants ornés de panneaux ou de colonnettes droites ou torses. Sur chacun de ces piliers est figuré un des quatre vivants de l’apocalypse : l’homme, le lion, l’aigle et le taureau.

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À l’est du cloître devait se trouver le dortoir à l’intérieur d’un bâtiment datant de la fin du xie siècle remanié au xive siècle. Le logement du prévôt du chapitre était dans l’aile sud. Dans la galerie ouest du cloître, une dalle de marbre gravée de vers acrostiches relevés à l’époque par le grand érudit Peiresc a servi de support pour une colonnade ; cette dalle est l’épitaphe d’un prélat qui pourrait être Basile, évêque d’Aix.

LA VISITE

Les quatre piliers

Le premier pilier A (sud-ouest) est constitué de quatre colonnes surmontées d’un chapiteau magnifiquement orné de feuillages. Au-dessus de celui-ci un ange, souriant légèrement, accueille le visiteur qui entre par la porte primitive (XVè siècle) et vient à sa rencontre en traversant un nuage symbole de son entrée dans la gloire de la résurrection. Il lui indique de sa main gauche le sens de la visite. Cet ange symbolise un des quatre évangélistes, saint Mathieu.

Le second pilier B (nord-ouest) est constitué de quatre colonnes torses avec un chapiteau au-dessus duquel est sculpté un lion tenant un livre par une de ses pattes. C’est le symbole de l’évangéliste saint Marc.

Le troisième pilier C (nord-est) est un fût à section carrée. Sur la face nord est figuré saint Pierre, premier pape de l’Église chrétienne. Il tient dans sa main droite une grande clef très ouvragée : c’est celle du livre saint, la Bible, qu’il tient dans sa main gauche. Au-dessus est sculpté un aigle, symbole de l’évangéliste saint Jean.

Le quatrième piler D (sud-est) est un fût à section carrée, décoré de feuillages plus ou moins stylisé. Il est surmonté d’un taureau symbole de l’évangéliste saint Luc, mais aussi de la force et de la fécondité

L’ANCIEN TESTAMENT

SAINT MATTHIEU : symbole homme

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Les nuages : symbole entrée dans la gloire de Dieu

Remarquons le geste de la main qui tient le manteau

NOE : son épouse, ses trois fils et leurs trois femmes – le déluge – Noé annonce le Christ – Les trois têtes évoquent la pérégrination des Hébreux dans le désert après le départ des Hébreux de l’Egypte sous la conduite de Moïse

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BALAAM, LE PROPHÈTE PAÏEN

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 Balaam était un devin, chargé donc de divination, de deviner les chemins du ciel pour le roi Balaq, le roi de Moab, dans les monts qui aujourd’hui encore portent ce nom, dans les monts de Jordanie qui dominent la mer Morte.

Balaam, c’était aux temps anciens, au temps où le peuple des hébreux errait dans le désert, avec Moïse d’abord, puis avec Josué, en marche vers la terre Promise. Mais leur présence indisposait le roi de Moab. Il eut peur de leur nombre et appela son devin Balaam, lui enjoignant de maudire ce peuple. 

Ainsi, à trois reprises, Balaam bénit ce peuple.  Et il ajoute ces paroles bouleversantes : « Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. Il brise les flancs de Moab, il décime tous les fils de Seth. » (Nb 24, 17)* Ces paroles furent traduites au temps de Jésus en araméen, elles étaient lues pour ce qu’elles sont : un des plus beaux oracles messianiques de la Bible. 

DAVID

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David contre Goliath : David tue le Philistin avec la pierre de sa fronde

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David préfigure le Messie

EZECHIEL

Le char d’Ezéchiel – La vision d’Ezéchiel

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SAINT MARC LE LION

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Avec cette galerie nous entrons dans le Nouveau Testament avec des épisodes de la vie de Jésus

Colonne torsadée, agenouillée

Le marcionisme est un courant de pensée théologique dans l’Église primitive, et une croyance dualiste issue du gnosticisme suivant laquelle l’évangile du Christ est un évangile de pur Amour, ce qui n’est pas le cas de la Loi ancienne de Moïse et du peuple d’Israël. En conséquence, l’Ancien Testament est rejeté. Le Dieu créateur présent dans l’Ancien Testament n’a rien à voir avec le Dieu d’amour du Nouveau Testament. Croyance professée et propagée à Rome par Marcion de Sinope au iie siècle de l’ère chrétienne, elle fut déclarée hérétique par l’Église en 144, et Marcion fut excommunié.

LA NATIVITE

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NATIVITE : les symboles de la nativité : l’étoile, l’âne et le bœuf. Le panier d’osier rappelle Moïse sauvé des eaux et sauveur d’Israël comme Jésus sauveur de l’humanité.

Remarquons la Vierge couchée :

Le mystère des vierges couchées de Bretagne

Il y a en Bretagne quelques représentations de la Vierge Marie en position couchée. Les plus célèbres de ces Vierges couchées sont celles du Giaudet à Lanrivain et du Yaudet. On associe souvent ce motif, considéré comme rare, aux représentations de Cybèle ou d’Isis.

En réalité, si ce motif n’est pas majoritaire ; à partir du 15è, la Vierge est représentée assise comme le fut Isis tenant Horus sur ses genoux ; il n’est pas rare, car on le trouve en d’autres lieux de Bretagne (comme la magnifique Vierge aux seins nus du calvaire de Tronoen, avec ses long cheveux ondulants ; mais on rencontre ce motif en France également, en Europe, en Russie et en Orient (Egypte).

Les plus anciennes représentations de Vierges couchées figurent sur le sarcophage de Stilicon (360/408) à Milan; sur un sarcophage du 4è conservé dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (France), en Égypte et notamment au monastère copte de Baouit, dans les catacombes de Priscille à Rome. Stilicon, né à Constantinople, régent de l’Empire romain d’Occident, qui s’opposa à l’usurpateur Maxime venant de Grande-Bretagne, fut un promoteur du christianisme. Cette tradition de la Vierge couchée perdura en Orient ; dans les icônes notamment, dans l’art russe orthodoxe (Andreï Roublev) mais aussi en Occident durant 1 200 ans (Giotto). Curieusement, plusieurs de ces cuves de Saint-Maximin viendraient de la ville d’Arles, qui fut une résidence de l’empereur Constantin Ier, porté au pouvoir par des légions bretonnes de Grande-Bretagne, comme le fut Maxime !

Pourquoi cette charmante et féminine représentation de la Vierge s’est-t-elle raréfiée au fil des derniers siècles ? Je crois que le texte ci-après, du 19è, suffira à nous éclairer :

« M. Didron (auteur d’un traité d’Iconographie, 19ème) s’étonnait, avec raison, de rencontrer partout en Grèce au moment de la naissance de Jésus-Christ, deux sages-femmes qui reçoivent l’enfant, et le placent dans un bain où elles le lavent. Il exprima son étonnement au savant secrétaire du couvent de Ste-Laure. Il dit : Nos artistes latins ne sont pas sous ce rapport à l’abri de reproches. Nous aussi … nous avions plusieurs fois manifesté notre étonnement en voyant à Vézelay, à Moissac, à Auxerre, sur la cuve baptismale de Strasbourg et ailleurs, Marie couchée dans un lit au moment de la naissance du Sauveur. Marie devenant mère n’a rien perdu de sa virginité, l’anathème porté contre les autres femmes, tu enfanteras dans la douleur, ne devait pas peser sur elle, et l’église tout entière s’écrie avec saint Bernard, que les douleurs de l’enfantement lui furent inconnues. Elle était donc à l’abri des infirmités des autres femmes, et on ne peut croire que dans ce moment solennel, elle se soit laissée abattre par le sommeil. Pourquoi nos artistes du Moyen-Age la représentent-ils couchée dans un lit ? II est plus rationnel et plus théologique de la voir assise, contemplant son divin enfant ou agenouillée devant son humble berceau comme on l’a fait depuis. La remarque faite en Grèce par M. Didron n’est pas étrangère à notre pays. A Auxerre pendant que Marie est couchée dans son lit, on lave aussi le nouveau-né et dans l’église primatiale de Saint-Jean de Lyon, nous retrouvons tous les détails qui ont excité en Orient l’étonnement du savant secrétaire du comité historique. … Le cinquième pilastre montre Marie nimbée couchée dans un lit ; un vieillard (saint Joseph) et une servante sont auprès d’elle. Le sixième chapiteau présente la scène orientale, deux sages-femmes lavent le nouveau-né dans un bassin. Au XVI siècle, Jean Molan (Les traités iconographiques en 1570) blâmait avec véhémence de semblables détails : Quoi donc s’écriait-il, on représente la Sainte Vierge couchée comme une femme ordinaire qui vient d’enfanter et qui, brisée par la douleur, accablée de faiblesse à la suite de ses couches, n’a pas la force de se soutenir. C’est faire injure au Fils et à la Mère. » Bulletin monumental publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques; dirigé par M. de Caumont, Société française d’archéologie, 1834.

Et puis ceci … « L’iconographie de la grossesse de Marie est présente dans l’art chrétien du XIIe siècle jusqu’à nos jours mais son apogée se situe entre le XIVe siècle et l’année 1563 qui condamnera définitivement cette symbolique. En décembre de cette année-là, le concile de Trente, dans sa 25e et dernière session, décrétera en effet : Le saint concile défend que l’on place dans une église aucune image qui rappelle un dogme erroné et qui puisse égarer les simples. Il veut qu’on évite toute impureté, qu’on ne donne pas aux images des attraits provocants. C’en était fini des rondeurs virginales, présentées ostensiblement ou simplement suggérées » (note 6 page 220).

Légende du protoévangile de Jacques : une des sages femmes doutant de la virginité de Marie a voulu vérifier : sa main se dessèche et elle est guérie en mettant sa main dans l’eau du bain de l’Enfant-Jésus

Les maisons avec un toit arrondi : symbole de la Jérusalem céleste

LES ROIS MAGES

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Les rois mages – Colonnes inversées car de facture récente (2002)

Les rois mages devant Hérode – Adoration des mages et fuite en Egypte

LA CENE – Institution de l’Eucharistie. Un apôtre tend un linge à Jésus

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LA CRUCIFIXION – Au pied de la Croix Marie et l’apôtre Jean (jeune et imberbe)

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LA RESURRECTION – Apparition de Jésus aux femmes (Marie-Madeleine, Marie Salomé et Marie Jacobé) au matin de Pâques. L’ange leur dit : « Il est ressuscité. Allez le dire aux disciples. Il vous précède en Galilée » Jésus dit aux femmes : «  Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » (Mt 28, 8-15).

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SAINT PIERRE – IL Y AVAIT AU PREALBLE DEUX ETAGES QUI ONT FRAGILISEES LES COLONNES – DECOUVERTES LORS DE LA RESTAURATION  – La clé symbole du pouvoir de Pierre sur l’Eglise. Les pieds nus :

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9 Jésus rassembla les douze [apôtres] et leur donna puissance et autorité pour chasser tous les démons et guérir les maladies. Il les envoya proclamer le royaume de Dieu et guérir les malades. «Ne prenez rien pour le voyage, leur dit-il, ni bâtons, ni sac, ni pain, ni argent, et n’ayez pas deux chemises [chacun]. Quelle que soit la maison où vous entrez, restez-y, et c’est de là que vous partirez. Si l’on ne vous accueille pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds[a] en témoignage contre eux.» Ils partirent et allèrent de village en village; ils annonçaient la bonne nouvelle et faisaient partout des guérisons « N’emportez ni or, ni argent, ni besace, ni sandale » (Lc 9, 1-6)

SAINT JEAN Symbole l’Aigle

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Pilastre

05 Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15, 5)

CONSTANTIN

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La bataille du pont Milvius opposa le 28 octobre 312 Maxence à l’Auguste de l’Ouest Constantin. La victoire de ce dernier consacre le début d’une nouvelle ère pour l’Empire tout entier. Elle doit son nom au pont Milvius qui enjambe le Tibre à quelques kilomètres au nord-est de Rome.

C’est peu avant le début de la bataille que Constantin déclare avoir eu une vision, qui lui est apparue sous la forme d’un  chrisme., symbole formé de la conjonction des lettres grecques Chi et Rho (XP), soit les deux premières lettres du mot Christ ; Constantin a vu ou entendu également Εν Τουτω Νικα, traduit en latin par In hoc (signo) vinces — Par ceci (ce signe) tu vaincras.

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L’édit de Milan ou édit de Constantin, promulgué par les empereurs Constantin Ier et Licinius en avril 313, est souvent présenté comme un édit de tolérance par lequel chacun peut « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accorde la liberté de culte à toutes les religions et permet aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l’empereur comme un dieu. Il instaure la Paix de l’Église. C’est la conséquence de la bataille du pont Milvius.

Ce qui est couramment appelé « édit de Milan » est en fait une lettre circulaire attribuée à Constantin, publiée par Licinius à Nicomédie par un rescrit du 13 juin 313 (mandatum d’instructions destinées aux hauts fonctionnaires des provinces, puis placardée dans tout l’Empire romain, reprenant l’essentiel du décret d’application de l’édit de Sardique promulgué par Galère en 311, tout en insistant de manière formelle sur la liberté qu’ont désormais les chrétiens de libérer leur culte. Pour ainsi dire, l’édit de Sardique, de 311, leur reconnaissait la liberté de culte de facto, l’édit de Milan, deux ans plus tard, la leur reconnaissait désormais de droit. La liberté de croyance y est affirmée pour tous, dans le respect de la Divinité, et la disponibilité des moyens matériels pour l’exercer.

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L’EGLISE EPOUSE DU CHRIST – De la salle capitulaire ils pouvaient voir cette statue leur rappelant leur mission

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Feuille d’eau

Chapiteaux décorés de feuilles d’eau portant les retombées des voûtes et des arcades (église abbatiale de l’abbaye de Silvacane).

La feuille d’eau est un motif ornemental très sobre (large feuille s’évasant pour se replier en volutes) typique de l’architecture de transition roman-gothique des abbayes cisterciennes du xiie siècle.

Ce motif, inspiré des feuilles de lotus, orne par exemple les chapiteaux et les corniches des abbayes cisterciennes comme Silvacane ou Sénanque mais également d’autres édifices comme la cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth de Vaison.

Baphomet est le nom donné par certains occultistes du xixe siècle à l’idole mystérieuse que les chevaliers de l’ordre du Temple furent accusés de vénérer. Le plus souvent représentée par la tête d’un homme barbu, l’idole était vénérée mais également crainte pour sa laideur

Dans les écoinçons sept médaillons : trois avec des animaux, trois avec des têtes humaines caricaturales évoquant des masques symboles du mal. Le poisson : ICHTUS acronyme de Jésus Christ,, Fils de Dieu,Sauveur « 

Les arcs de cette galerie sont les seuls à être décorés de bâtons brisés (motif normand classique) ce qui implique des équipes d’ouvriers de régions différentes dans le cloître.

SAINT LUC – symbole du TAUREAU.

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Luc nous fait entrer dans le temps présent : c’est pourquoi cette galerie ne comporte aucune représentation historiée sur les colonnes mais du végétal.

PILASTRE : FIGUIER, OILIVIER ET VIGNE : le figuier, symbole de la fécondité spirituelle, l’olivier symbole de la paix et la vigne symbole de la vie en plénitude

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01 Puis l’ange me montra l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau.

02 Au milieu de la place de la ville, entre les deux bras du fleuve, il y a un arbre de vie qui donne des fruits douze fois : chaque mois il produit son fruit ; et les feuilles de cet arbre sont un remède pour les nations. (Apoclypse 22).

Devant le jardin on peut méditer sur le temps présent qui nous invite à voir la Jérusalem céleste où toutes les promesses de l’Ecriture seront accomplies pour que les hommes trouvent le salut pour l’éternité

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Eglise Saint Jean de Malte

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Petite histoire de Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence

 

Le temps des Bérenger

L’église se trouve extra-muros, hors les murs de la ville : ce qui explique peut-être pourquoi on l’a fortifiée.

C’’est la première église de style gothique en Provence construite entre 1272 et 1278 par Raymond-Bérenger IV, comte de Provence, pour les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (plus tard devenus chevaliers de l’ordre de Malte).

D’ailleurs, on peut voir à l’intérieur les tombeaux de ces puissants comtes de Provence, les Bérenger bien que ce soient pas les originaux, les tombeaux ayant été détruits pendant la Révolution et remplacés en 1828…

Ainsi on pouvait voir les statues de Raymond-Bérenger V (1198-1245) et de son épouse Béatrice de Savoie (1198-1267) ; le comte est représenté en côte de maille avec son bouclier et il tient à la main une rose reçue des mains du pape Innocent IV au concile de Lyon en 1245. Ce sont les derniers comtes aragonais avant que le comté de Provence ne revienne à la Maison d’Anjou jusqu’au rattachement de la Provence au royaume de France en 1482 sous le roi de France Louis XI.

Les restaurations au temps de Viany

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Au fil du temps l’église perd de sa splendeur et fait plutôt grise mine : alors, au début du XVIIe s, le prieur Jean-Claude Viany fait procéder à de grandes transformations.

Il fait rénover la commanderie de l’ordre de Malte par l’architecte Dumas (aujourd’hui musée Granet).

Il refond les cloches abîmées ou fêlées, repave le sol, fait aménager de nouvelles chapelles sur les bas-côtés dès 1680 (celles de Notre-Dame-du-Bon-Voyage, du Purgatoire et de Saint-Joseph), refait entièrement la façade avec l’ajout de la seconde tour, par exemple…

Et surtout, on suspend en 1701 à la voûte de l’église l’étendard du bateau turc la Sultane Benghem, pris par le chevalier de Ricard, originaire d’Aix et membre de l’ordre de Malte.

C’est le grand-maître de l’ordre lui-même qui envoie le drapeau à son église !

L’étendard et les restaurations faites à l’église ont même drôlement impressionné les ducs de Bourgogne et de Berry (petits-fils de Louis XIV), lors de leur visite à Aix !

Au XVIIè siècle la création du quartier Mazarin voulu par l’archevêque d’Aix Michel Mazarin (1605-1648), frère du cardinal Jules Mazarin (1602-1661), pour des raisons de sécurité et aussi à cause de l’augmentation de la population offre de nouvelles perspectives à cette église qui se trouvait jusqu’alors au milieu des champs et éloignée des zones peuplées.

 

Après la Révolution

A la  Révolution alors que l’église contenait des trésors inestimables, ceux des Templiers et ceux de l’ordre de Malte : reliques, manuscrits précieux, ainsi que les tombeaux des comtes de Provence tout fut détruit ! En 1792, on supprime l’ordre de Malte avec saisie de tous leurs biens et l’église fut déclarée bien national puis transformée en magasin à fourrages (stockage de foin et paille). En 1778 elle fut acquise par un particulier qui en fit don à une association de fidèles qui s’étaient regroupés pour éviter la démolition de l’église. Après la tourmente révolutionnaire, Mgr Champion de Cicé, le nouvel évêque du diocèse put racheter l’église ;  en 1802 il l’érigea en église succursale puis en église paroissiale sous le titre Saint-Jean Baptiste intra muros..

En 1977, cette paroisse a été confiée par l’archevêque d’Aix, Mgr Charles de Provenchères, à une communauté de moines diocésains qui en assurent le service pastoral.

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Tombeau des comtes de Provence

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Le tombeau des comtes de Provence tel que l’on pouvait le voir avant sa démolition en 1792. En 1828 une souscription à laquelle participa le roi Charles X permit une restauration de ce tombeau (sauf celui de Béatrice de Provence). Aujourd’hui certains morceaux de ce monument dont la tête de Bérenger V et de Béatrice de Provence sont conservés au Musée Granet.

 

Quelques-unes des statues 

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Le Christ

 

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Saint Jean Bapiste

 

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L’enfant-Jésus et saint Jean Baptiste enfant

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Bas-relief : chef de saint Jean Baptiste

 

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Bas-relief : L’enfant Jésus portant la Croix et deux angelots portant un calice et une couronne d’épine

 

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Christ en croix

 

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Statue de la Vierge

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Saint Benoît Labre

Les tableaux de l’église Saint-Jean-de-Malte

Parmi les tableaux exposées dans l’église, la Crucifixion de Delacroix est celui qui attire le plus de visiteurs. Plusieurs vitraux se trouvent à l’intérieur. Le vitrail du chevet datant de 1854 a pour thème principal le Baptême du Christ.

Saint Henry implorant la Vierge pour les âmes du purgatoire, Jean Armelin (1687). Au départ prévu pour la chapelle des Âmes du Purgatoire de Saint-Jean, il a été restauré à la fin du xxe siècle.

L’Annonciation et La Mort de la Vierge, André Boisson (1678). Ces tableaux avaient été commandés pour la chapelle de la Cour des comptes de l’ancien palais. Dans la même série de Boisson, deux œuvres sont aujourd’hui à la Madeleine, tandis que deux autres sont perdues.

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La Théologie, Michel-François Dandré-Bardon (entre 1744 et 1749). Il s’agit de l’œuvre la plus récente de Saint-Jean-de-Malte. On a longtemps cru devoir l’attribuer à Carle van Loo.

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La Résurrection du Christ, Louis Finson (1610). Ce tableau est la plus ancienne œuvre de Finson répertoriée en Provence. Il se trouve dans l’église Saint-Jean-de-Malte depuis le Consulat.

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Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardinLe Miracle de saint Blaise et Notre-Dame de Bon-Repos, Gilles Garcin (1690). Tous trois commandés par le prieur Viany.

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Descente de croix, André Gaudion (1612). Ce tableau proviendrait d’un couvent franciscain d’Aix.

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Saint Bruno au pied de la Vierge, Reynaud Levieux (1663), peint à l’origine pour le maître-autel de la chartreuse d’Aix.

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Descente de croix, Guillaume Martin dit Adam (1611). Cette œuvre a été acquise par Joseph-Félix Alphéran, futur prieur de Saint-Jean, qui en a fait don à l’église.

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Vierge du Carmel, Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon (s. d.). Tableau venant de l’église des Grands-Carmes ; il est transféré à l’église du Saint-Esprit à la Révolution, puis à Saint-Jean.

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Le Christ en croix entre la Vierge et saint JeanLe Jugement de Salomon et La Femme adultère, Nicolas Pinson (1673). Ces tableaux étaient initialement installés dans la grande chambre du Parlement de l’ancien palais des comtes de Provence.

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L’Apothéose de saint Augustin, Michel Serre (s. d.). Ancien tableau de l’église des Augustins.

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Notre-Dame de Lorette (anonyme). Tableau offert par Mme Bourguignon de Fabregoules.

 

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Clôture des fonds baptismaux

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Clôture liturgique (grille de communion)

 

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Chaire à prêcher

L’orgue

Au fil des siècles, plusieurs orgues se succèdent dans l’église Saint-Jean-de-Malte. Au XVIIIè  siècle, un premier orgue, situé dans le chœur, est détruit en raison des intempéries. Un deuxième orgue doit donc être installé pour le remplacer. C’est ainsi que, en 1670, le prieur Viany commande un nouvel instrument à un facteur originaire de Namur et domicilié à Marseille, Charles Rouyère. On le dispose au fond, en un endroit où l’on peut encore en voir les traces de fixation. Il est disposé dans un ensemble qui inclut une statue en pied de saint Jean-Baptiste et un buffet réalisé par Alphonse Dumas. On n’en trouve plus la trace après la Révolution, à la suite de ce qui ressemble probablement à une destruction.

En 1843, un nouvel orgue vient donc remplacer les deux précédents. Les facteurs en sont Daublaine et Callinet. Il a toutefois été transformé en 1896 par Joseph Merklin, qui avait racheté la maison Daublaine et Callinet qui s’est soldée en faillite. D’autres travaux l’ont amélioré en 192925. Mais l’usure du temps fini par avoir raison de ce troisième orgue au début des années 2000 et un nouvel instrument est commandé à la maison Kern. C’est cet orgue qui trône aujourd’hui dans l’église et qu’a donné Pierre Bardon, organiste à la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, le 25 juin 2006.

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Le clocher

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Le clocher

En 1292, les Hospitaliers furent autorisés à placer quatre cloches au sommet du clocher de l’église, ce qui indique que, dès cette époque, il devait déjà avoir une taille importante. Aujourd’hui, ce clocher mesure 67 mètres de haut, ce qui en fait le point culminant de la ville d’Aix-en-Provence. Si l’on ajoute à cela ses caractéristiques gothiques, tout le rapproche de nombreux édifices religieux du nord de la France par son aspect rigide et austère. Les estimations de sa date d’achèvement varient considérablement. Si la tradition le place en 1376, les recherches récentes tendraient à le situer au milieu du XVe siècle. 

Des quatre cloches trois furent fondues sur ordre de Napoléon Bonaparte en 1793 pour le siège de Toulon. Elles furent restituées à la paroisse en 2013 et réinstallées dans le beffroy le 7 mars 2018 après avoir été exposées dans l’église en attendant la consolidation du clocher.

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La fontaine Saint Jean de Malte

Située place Saint-Jean de Malte, ornée d’une croix de l’Ordre de Malte, cette fontaine a été édifiée en 1759 par Georges Vallon, également architecte de la Halle aux Grains et d’un grand nombre d’hôtels particuliers du XVIIIème siècle.

Elle fut détruite et remplacée en 1862 par la fontaine actuelle. Le bassin est en pierre dure et l’eau y est déversée par deux modestes canons. La fontaine est adossée à un mur et dévoile un décor inspiré de l’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Malte, qui est omniprésent aux alentours avec son église et son prieuré.
En tout huit branches sont visibles, symbole probable des huit langues que parlaient les membres de l’Ordre en Europe (le provençal, l’auvergnat, le français, l’italien, l’aragon, l’anglais, l’allemand et le castillan).

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Fontaine Saint Jean de Malte

Autres vues de l’église

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Les dons de l’Esprit Saint

LES DONS DE L’ESPRIT SAINT

Quels sont les dons de l’Esprit Saint ?

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On parle des « sept dons de l’Esprit » qu’on reçoit lors de la confirmation : don de sagesse, d’intelligence, de conseil, de force, de connaissance, d’affection filiale et de crainte de Dieu.

 Le modèle pour vivre selon l’Évangile, c’est Jésus. Mais il nous est impossible de le suivre s’il ne nous entraîne pas

C’est pourquoi la méditation des chrétiens s’est portée très tôt sur l’Esprit, ce Souffle saint qui anime Jésus et qui peut aussi, le Christ nous l’a promis, nous animer nous-mêmes, comme il le fit au jour de la Pentecôte où il transforma les disciples apeurés en témoins impétueux et volubiles de la résurrection, prêts à toutes les audaces et à toutes les épreuves.

 Dans cette méditation sur l’homme animé par l’Esprit, une figure s’impose, celle de David, précurseur royal du Messie : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » (Isaïe 11, 2).

 À cette liste biblique des dons de l’Esprit on rajouta la piété, sans doute pour atteindre le nombre sept qui symbolise la perfection et signifie ici la nouvelle création. Car c’est au fond la leçon principale de cette énumération des dons de l’Esprit : Dieu nous précède toujours ; sans lui nous ne pouvons rien faire, mais avec lui, « rien n’est impossible ».

Quels sont les dons de l’Esprit Saint ?

On parle des « sept dons de l’Esprit » qu’on reçoit lors de la confirmation : don de sagesse, d’intelligence, de conseil, de force, de connaissance, d’affection filiale et de crainte de Dieu.

 La sagesse : pour discerner ce que Dieu attend de nous et avoir le désir de la sagesse de Dieu qui est amour infini.

L’intelligence : pour nous aider à approfondir et à comprendre la Parole de Dieu, bien sûr par notre intelligence, mais davantage par le cœur.
 
Le conseil : c’est se mettre à l’écoute de Dieu pour se laisser guider par lui. Il faut accepter dans la prière les « conseils » de Dieu, afin de discerner ce qui est bien et ce qui est mal.

La force
 : pour rester fidèles à l’Évangile et pour oser témoigner du Christ aux autres.

La connaissance : pour nous aider à mieux saisir le vrai sens de la vie, pour nous-mêmes et pour les autres.
 
L’affection filiale : c’est aimer Dieu comme un enfant; ce don est aussi appelé « crainte » de Dieu. Ce n’est pas en avoir peur, mais c’est se rendre compte que nous devons toujours l’aimer de plus en plus.

La Crainte de Dieu : il ne s’agit pas d’une quelconque terreur. Il s’agit d’une juste distance à vivre pour s’ajuster à Dieu. Abandonner toute idée de « toute puissance » personnelle pour entrer dans l’humilité libérante de l’Évangile

Tous ces dons sont étroitement liés les uns aux autres.

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La Bible livre par livre (9)

LA BIBLE LIVRE PAR LIVRE

Le Nouveau Testament

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 Apocalypse

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22 chapitres

Souvent assimilée à des catastrophes et à des jugements, l’Apocalypse est avant tout une révélation de Jésus-Christ mise par écrit par l’apôtre Jean. Elle présente le Christ dans sa position actuelle: non plus couché dans la crèche ou cloué sur une croix, mais dans le ciel à la droite de Dieu. Même si la question de l’interprétation de ce texte reste discutée, il est clair qu’il expose l’affrontement entre Dieu et Satan et la victoire finale de Dieu, après une série de jugements contre l’humanité révoltée contre lui. Les derniers chapitres dévoilent la fin de l’histoire, avec un nouveau ciel et une nouvelle terre.

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La Bible, une bibliothèque

Les livres de la Bible composant l’Ancien Testament et le Nouveau Testament

La Bible chrétienne est composée de livres de genres littéraires différents, rédigés durant les six à dix siècles qui ont précédé Jésus-Christ pour l’Ancien Testament, et au premier siècle après Jésus-Christ pour le Nouveau Testament.

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La Bible est « un livre composé de livres » (74 livres dans la Bible utilisée dans la liturgie catholique) de genres littéraires très divers. C’est en quelque sorte une petite « biblio-thèque ». Dans les livres de l’Ancien Testament (appelé aussi Bible hébraïque), on découvre l’histoire du peuple Hébreu et sa relation avec Dieu, des paroles de sagesse, des prières, des prophéties ainsi que des textes de loi ayant trait à la vie quotidienne et au culte notamment. Dans le Nouveau Testament, on trouve les quatre évangiles relatant la vie, la mort et la résurrection de Jésus, ainsi que d’autres écrits permettant de découvrir les premières communautés chrétiennes et l’expansion du Christianisme durant le 1er siècle. C’est aussi dans le Nouveau Testament que figure l’Apocalypse, un texte plein de symboles qui annonce la victoire définitive de Dieu.

Voici, dans l’ordre, les livres composant la Bible chrétienne,

pour les catholiques :

Ancien Testament

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 Livre de la Genèse

Livre de l’Exode

Livre du Lévitique

Livre des Nombres

Livre du Deutéronome

Livre de Josué

Livre des Juges

Livre de Ruth

Premier livre de Samuel

Deuxième livre de Samuel

Premier livre des Rois

Deuxième livre de Rois

Premier livre des Chroniques

Deuxième livre des Chroniques,

Livre d’Esdras

Livre de Tobie

Livre de Judith

Livre d’Esther

Premier livre des Maccabées (ou des Martyrs d’Israël)

Deuxième livre des Maccabées (ou des Martyrs d’Israël)

Livre de Job

Psaumes

Livre des Proverbes

Livre de l’Ecclésiaste (ou Qohélet)

Cantique des Cantiques

Livre de la Sagesse

Livre de Ben Sira le Sage (ou Ecclésiastique)

Livre d’Isaïe

Livre de Jérémie

Livre des Lamentations

Livre de Baruch

Lettre de Jérémie (parfois intégrée au Livre de Baruch)

Livre d’Ezéchiel

Livre de Daniel

Livre d’Osée

Livre d’Amos

Livre d’Abdias

Livre de Jonas

Livre de Michée

Livre de Nahum

Livre d’Habaquq

Livre de Sophonie

Livre d’Aggée

Livre de Zacharie

Livre de Malachie.

 Nouveau Testament

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Livre des Actes des Apôtres

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Première Lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Lettre de saint Paul Apôtre à Tite

Lettre de saint Paul Apôtre à Philémon

Lettre aux Hébreux

Lettre de saint Jacques Apôtre

Première lettre de saint Pierre

Deuxième lettre de saint Pierre

Première lettre de saint Jean

Deuxième lettre de saint Jean

Troisième lettre de saint Jean

Lettre de saint Jude

Livre de l’Apocalypse.

Voici les livres composant la Bible chrétienne, par grandes thématiques :

La loi : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome

 Evangiles : Matthieu, Marc, Luc, Jean

 Histoire du Peuple Juif  Chroniques, Maccabées, Josué, Juges, Samuel, Rois, Esdras, Néhémie, Tobie, Judith, Esther, Ruth

 Histoire : Actes des apôtres

 Prières et Sagesse : Job, Psaumes, Proverbes, Qohelet, Cantique des Cantiques, Sagesse, Ecclésiastique

 Lettres : Hébreux, Galates, Ephésiens, Philippiens, Colossiens, 1.Timothée, 2. Timothée, Philémon, Tite, 1.Thessaloniciens, 2.Thessaloniciens, Jacques, 1.Jean, 2.Jean, 3.Jean, Jude, Romains, 1.Corinthiens, 2.Corinthiens, 1.Pierre, 2.Pierre

 Prophéties : Isaïe, Jérémie, Lamentations, Baruch, Ezéchiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie

 Visions : Apocalypse

D’où vient la Bible ?

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La Bible n’est pas tombée du ciel ! Elle s’est créée progressivement avant de prendre la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Les histoires, les lois, les prières et les poèmes qui la composent ont été rédigés à des périodes différentes, médités, repris, commentés puis édités et traduits.

Dans le cadre de l’Ancien Testament, certains de ces textes ont été transmis oralement avant d’être écrits sur des papyrus ou des parchemins. Les livres de l’Ancien Testament formaient des rouleaux qui devaient être gardés au Temple de Jérusalem. Les manuscrits de Qumrân nous donnent une bonne idée de ce que pouvaient être ces rouleaux.

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Un manuscrit de Qumran

L’Ancien Testament : un texte écrit en trois langues

Les livres de l’Ancien Testament ont été écrits en hébreu, entre le VIIIe et le Ier siècle avant Jésus Christ. Certains textes sont aussi rédigés en araméen, une langue très proche de l’hébreu.

Au VIe siècle avant Jésus-Christ, l’araméen est devenu la langue administrative et diplomatique de l’Empire perse. On trouve des passages en araméen dans le livre d’Esdras et celui de Daniel par exemple.
Au IIIe siècle avant Jésus Christ, les Juifs qui étaient installés en Égypte ne comprenaient plus l’hébreu. Pour leur communauté, ils ont dû traduire la Bible en grec.

L’Ancien Testament a ainsi été traduit en grec pour la communauté juive d’Alexandrie qui ne connaissait que le grec car c’était la langue de l’Égypte depuis Alexandre le Grand (332 av. J.-C.).
Ils traduisent d’abord en grec la Torah : c’est la Loi constituée des 5 premiers livres de l’Ancien Testament. On l’appelle aussi le Pentateuque. Puis, ils s’attellent à tous les autres livres qui composent la Bible. Cette traduction en grec s’appelle la Septante. Ce nom de Septante s’explique car, selon une légende, soixante-douze (ou soixante-dix scribes pour Flavius Josèphe) auraient traduit séparément toute la Bible, et les soixante-douze (soixante-dix) traductions auraient été identiques.

Le Nouveau Testament

L’existence historique de Jésus Christ n’est plus sérieusement contestée. Elle est d’ailleurs attestée par des auteurs qui ne sont pas chrétiens (les historiens païens latins Tacite, Suétone et Pline le Jeune parlent du Christ).

Il est né sous le règne du roi Hérode le Grand, probablement 6 ans avant le début de notre calendrier (en raison d’une erreur de calcul de calendrier). Vers les années 27-28, il va débuter sa vie publique par le baptême que va lui donner Jean-Baptiste. Elle durera 2 ou 3 années et s’achèvera par sa crucifixion aux alentours de 30. Après sa mort, ses disciples prétendent avoir trouvé son tombeau vide et annoncèrent sa résurrection. Jésus-Christ n’a rien écrit lui-même qui nous soit parvenu. La rédaction du Nouveau Testament s’opère en plusieurs étapes.

L’époque des Apôtres

Après la mort du Christ, de l’an 30 à 70, les apôtres organisèrent les communautés naissantes. Les premières sources sont les suivantes :

Sources orales

Durant les premières années, les apôtres procèdent de plusieurs manières. Ainsi, la tradition orale va commencer à se structurer. L’annonce de la Bonne Nouvelle : les apôtres annoncent leur nouvelle foi en se déplaçant de ville en ville. On dirait aujourd’hui d’eux que ce sont des prêcheurs. La célébration de Dieu et de Jésus Christ : des chants et des éléments de liturgie (exemple : Baptême, Eucharistie,…) s’élaborent. L’enseignement aux nouveaux baptisés : les apôtres reprennent pour cela les actes et les paroles du Christ.

Sources écrites

Les traditions orales sont mises par écrit. Sans avoir de certitude sur ce point, les spécialistes pensent qu’avant même la rédaction des Évangiles tels que nous les connaissons, circulaient des recueils des paroles et de la vie de Jésus-Christ. Assez vite, des catéchèses, écrites en araméen, devaient circuler en Judée et en Galilée. On peut penser également que le récit de la Passion s’est très vite constitué par écrit dans une visée liturgique. Il s’agissait pour la communauté de Jérusalem, et pour des disciples qui montaient à Jérusalem pour la Pâque par exemple, de faire mémoire de la mort de Jésus. L’Apôtre Saint Paul écrit des lettres aux communautés qu’il a fondées en Asie Mineure, une lettre à la communauté de Rome, plus le billet à Philémon au sujet de son esclave Onésime devenu chrétien. Ce sont des écrits qui réagissent à des situations bien précises et qui seront lus lors de l’assemblée communautaire.

La deuxième génération de chrétiens

La mort des apôtres fait prendre conscience aux chrétiens de la nécessité de mettre en forme leurs enseignements et leurs souvenirs. Cela va conduire à la rédaction des Évangiles et de plusieurs lettres, de 70 à 100 après Jésus Christ. Les textes vont apparaitre selon la chronologie suivante :

L’Évangile de Marc

Le premier Évangile, celui de Marc (65-70), est probablement rédigé à Rome.

L’Évangile de Matthieu

Israël est vaincu par les Romains. Ils détruisent le Temple de Jérusalem et les Juifs se dispersent dans le monde. Le courant pharisien  -qui sont des Juifs attachés à un respect rigoriste de l’Ancien Testament- donne sa forme définitive à la Bible. En réaction, pour marquer leur identité et affirmer leurs convictions, les chrétiens d’origine juive rédigent l’Évangile de Matthieu (80 – 90) ainsi que les lettres de Jacques et de Jude.

L’Évangile de Luc et les Actes des Apôtres

Les Églises fondées par Saint Paul écrivent à leur tour (80-90). Un chrétien proche de Saint Paul écrit l’Évangile de Luc et les Actes des Apôtres (qui racontent la vie des premières communautés). L’Évangile de Luc et les Actes des Apôtres constituent en fait le même texte. De nombreuses lettres vont être publiées (Lettre au Colossiens (habitants de la ville de Colosse), aux Ephésiens (habitants de la ville d’Éphèse)…

L’Évangile de Saint Jean

La communauté johannique sort de son isolement (80-100). Ce groupe de chrétiens marqué par la méditation théologique et se reconnaissant dans la figure du Disciple bien-aimé (qui sera ensuite identifié à Saint Jean) rédige l’Évangile de Saint Jean et trois lettres (Jean 1, 2 et 3). Dans un contexte de persécutions, un chrétien proche de cette communauté écrit une Apocalypse.

La troisième génération de chrétiens

Certains textes sont rédigés ultérieurement, de 100 à 120 après Jésus Christ. C’est notamment le cas de l’Épître aux Hébreux (vers 100) qui témoigne d’un christianisme détaché du judaïsme, ou encore de la Seconde Épître de Saint Pierre (vers 120) qui est une réécriture de l’Épitre de Jude.

Quelques dates importantes dans la transmission du Nouveau Testament

La « recension alexandrine »

Rappelons qu’à l’époque ni l’imprimerie, ni Internet n’existait. Les Bibles se traduisaient et se diffusaient grâce à ceux qui les recopiaient. Au fil du temps, certaines copies s’étaient éloignées des textes originaux. Face aux divergences entre les manuscrits, l’Église décida au IIIe siècle de procéder à une « recension » (comparaison des différents textes avec les manuscrits d’origine). Notons qu’une autre « recension » aura lieu à Antioche (on la nomme la « recension occidentale »). Les textes qui étaient rédigés en grecs sont traduits en latin, en copte (pour les chrétiens égyptiens) et en syriaque (pour des chrétiens du Moyen Orient).

Les grands manuscrits complets du Nouveau Testament

Une nouvelle « recension » sera faite à Byzance au Ve siècle. Elle s’impose comme la version commune à toutes les Églises de langue grecque. Les grands manuscrits datent de cette époque. Ils ont pour nom « Vatinacus », « Sinaïticus », « Alexandrinus », « Codex d’Ephrem », « Codex de Bèze »…

Le Codex

Le Codex est l’ancêtre de nos livres modernes. Il est constitué de pages manuscrites et d’une couverture assemblées grâce à une reliure. Au cours de l’époque romaine, il va remplacer le rouleau de parchemin en instaurant une petite révolution car il permet un accès facile à n’importe quelle partie du texte. Il sera très vite adopté dans la chrétienté afin de se différencier des Juifs qui continuent d’utiliser des rouleaux pour la lecture synagogale et pour l’étude de la Bible.

A partir du 5ème siècle

Du 5ème siècle à la Renaissance, les monastères assurent la copie des textes de la Bible mais aussi des littératures grecque et latine. De la Renaissance au 16ème siècle, de nombreux manuscrits affluent en Occident après la chute de Constantinople (1453). La division en versets est introduite par l’imprimeur et traducteur français Robert Estienne à la même époque. Les Humanistes, protestants et catholiques, renouent avec le grec et l’hébreu et sont capables de comparer les différentes versions de la Bible. Depuis le milieu du 19ème siècle, le savant Constantin von Tischendorf fait des recherches pour retrouver des versions anciennes de la Bible. Il découvre une version quasi complète de la Septante dans le monastère Sainte-Catherine du Sinaï. On parlera de la version du « Sinaïtacus ». Sinaiticus, Alexandrinus, Vaticanus et Codex de Bèze servent à former le texte grec du Nouveau Testament qui sera utilisé pour les traductions en langues modernes. Les traductions de l’Ancien Testament sont faites sur le texte hébreu du Codex de Saint-Pétersbourg. Aujourd’hui, des logiciels informatiques comme BibleWorks ou Accordance permettent à un nombre beaucoup plus grand de personnes d’avoir accès aux textes hébreux et grecs de la Bible. Il faut souligner que les divergences entre les manuscrits ne portent que sur des détails qui n’en changent pas le sens. Nous pouvons ainsi faire confiance aux textes que nous utilisons.

La Bible relate d’abord une expérience de Dieu

 Une lecture de la Bible au pied de la lettre, sans chercher à comprendre quand et pourquoi ont été écrits les textes, peut nous détourner de son sens profond. Les relations entre l’Histoire et la Bible sont compliquées.

Comment interpréter les textes de la Bible ?

La Bible comprend deux parties distinctes, l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Ces deux livres ont été écrits à des périodes différentes :

Ancien Testament : Histoire du peuple hébreu et sa relation avec Dieu.

Nouveau Testament : Vie de Jésus Christ et des premières communautés chrétiennes.

Les histoires écrites dans la Bible, pour l’Ancien Testament, ont été rédigées très longtemps après les évènements vécus par les hébreux. Par contre, le Nouveau Testament qui relate la vie de Jésus Christ et des premiers chrétiens, a été rédigé beaucoup plus rapidement.
Mais pour aucun des deux, les textes n’ont été rédigés en même temps que le vécu. Ainsi, la Bible n’est surtout pas un reportage sur le vif comme on peut le voir aujourd’hui à la télévision ou sur Internet.
Il faut donc intégrer deux notions pour éviter toute erreur d’interprétation ou de jugement et comprendre le sens profond du texte :

La dimension « temps » entre le vécu de ce peuple et la rédaction de ce vécu.

La dimension culturelle propre de ce peuple (style de vie, langues, rapports hommes-femmes, conflits et guerres, connaissances scientifiques…).

Avant que les textes n’aient été rédigés, ils ont été transmis par une tradition orale. Celle-ci fut le moyen de transmettre de génération en génération l’histoire d’un peuple qui ne savait pas toujours lire et écrire. Cela amenait les conteurs à structurer les récits sous une forme répétitive et donc plus facile à mémoriser.

La Bible, particulièrement pour l’Ancien Testament, s’exprime de manière imagée voire poétique. Il ne faut donc pas prendre ces textes au pied de la lettre mais chercher à comprendre ce qu’ils veulent dire (exemple : Adam et Eve).

A la différence d’un reportage, la Bible est surtout un livre sur l’expérience spirituelle d’un peuple à la recherche de Dieu dans sa vie quotidienne. Donc, basée sur des évènements réellement vécus, la Bible les présente dans le contexte culturel de ce peuple et de l’époque.

L’intention des livres bibliques n’est donc pas historique, mais théologique. Ils ne cherchent pas à rendre compte de réalités historiques, mais d’une vérité théologique : l’Amour de Dieu pour l’humanité qui passe par une Alliance avec un peuple (Ancien Testament) et qui va jusqu’à la mort et la résurrection de Jésus, Fils de Dieu (Nouveau Testament).

La Bible : un livre, des genres littéraires

La Bible n’a pas été écrite d’un seul trait. Dans l’Ancien Testament, on saute de récits plus ou moins historiques et symboliques à des lois, prophéties, prières ou livres de sagesse, qui nous disent chacun à leur façon quelque chose de la relation de l’homme ou du peuple d’Israël avec son Dieu. Avec les Évangiles, on entre davantage dans l’histoire, mais dans une histoire transcendée par la théologie.

 Les genres littéraires de l’Ancien Testament

L’Ancien Testament comporte plusieurs « genres littéraires ». Les principaux sont les suivants :

des récits (ex : Livre de la Genèse).

des lois (ex : Livre du Lévitique).

des prophéties (ex : Livre de Jérémie).

des écrits de sagesse (ex : Livre des Proverbes).

des prières (ex : Livre des psaumes).

Les récits

La plupart des textes bibliques sont des récits. Pour autant, il ne faut pas penser qu’ils rapportent toujours des événements historiques.

On peut distinguer ainsi:

le mythe : au commencement, l’homme se pose des questions sur Dieu. Le mythe lui sert à se construire dans sa réalité vécue au fil des générations. On raconte sous forme de mythes un récit qui sert à expliquer la condition humaine (ex : Livre de la Genèse).

la légende : un ensemble de récits populaires autour d’un ancêtre prestigieux, aimé de la divinité (ex : Abraham, Jacob, Josué, David), ou bien autour d’un lieu saint (ex : Jérusalem). Elle s’enracine dans des traditions orales locales, mais son historicité n’est pas vérifiable.

le roman : une suite de récits fictifs liés par une intrigue continue autour d’un personnage plus ou moins historique (ex : l’histoire de Joseph et ses frères ou bien le Livre de Judith).

la chronique historique : une suite de récits présentant certains événements de l’histoire d’un peuple et de ses rois, pour en donner une interprétation globale, idéologique et religieuse (ex : les deux Livres des Rois ou les deux Livres des Maccabées).

Les lois

Pour les lois, nous pouvons repérer trois grandes collections dans le Pentateuque :

le Code de l’Alliance..

le Code Deutéronomique.

le Code de Sainteté.

Elles traitent des relations avec Dieu (rituels pour le culte et règles pour les grandes étapes où la vie est en jeu : naissance, sexualité, guerre, maladie, mort…), et des relations humaines (règles politiques, économiques, familiales…).

 Les prophéties

Les livres prophétiques ont conservé par écrit les paroles de certains prophètes. Ces derniers parlent au nom de Dieu. Pour cela, ils s’expriment sous deux formes :

L’oracle de jugement qui annonce le malheur inévitable en raison de l’infidélité du peuple. Ces textes concernent essentiellement l’époque avant l’Exil.

L’oracle de salut qui annonce le bonheur et la délivrance que Dieu va envoyer après l’épreuve. Ces textes apparaissent après l’Exil.

Parmi les autres styles utilisés par les prophètes, on trouve aussi des visions, des récits ou encore des apocalypses.

Les écrits de sagesse

Le proverbe est la forme la plus courante et la plus brève. Il évoque une expérience courante dont on tire une règle de vie.

La parabole est un récit fictif mais vraisemblable qui amène à réfléchir sur une situation.

Le conte est un récit fictif avec des traits invraisemblables pour enseigner une vérité importante.

Le dialogue est un un débat argumenté entre deux ou plusieurs personnages sur les grandes questions de la vie : la société, les injustices, la souffrance, la mort.

La méditation poétique sur l’homme devant Dieu, sur l’histoire, sur l’amour.

Les prières

Elles peuvent être individuelles ou collectives. On retrouve quatre genres principaux :

la louange : proclamation de la grandeur de Dieu pour son œuvre permanente de créateur ou pour ses interventions dans l’histoire d’Israël.

la supplication : l’appel au secours d’un malheureux ou du peuple.

l’action de grâce : la reconnaissance pour une délivrance de la détresse.

la confiance : pour exprimer une relation de foi envers Dieu sans demande particulière.

Le Nouveau Testament : le genre évangélique

Que signifie le terme « Évangile » ?

Ce mot existait déjà avant le Nouveau Testament. Il vient du grec « euangelion » qui signifie « annonce de bonne nouvelle ».
Lorsque l’apôtre saint Paul, mort en 67, parle de l’évangile, il ne parle pas de l’un des quatre écrits que nous connaissons, mais du kérygme, c’est-à-dire de l’annonce de la foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité d’entre les morts pour le salut du monde. L’évangile est d’abord un message, une annonce, un kérygme.

Qu’est-ce que l’Évangile ?

Avant d’être un livre, l’Évangile est une réalité historique. Ainsi, il est un récit mis en forme qui fait le compte-rendu de l’expérience humaine et spirituelle des hommes et des femmes ayant côtoyé Jésus Christ. L’Évangile est à la fois :

un récit mis en forme. Il s’agit d’un recueil des paroles, des miracles et des paraboles du Christ.

le compte-rendu d’une expérience. Il reprend les souvenirs concernant la vie commune entre le Christ et les apôtres ainsi que les disciples à qui il a fait vivre une expérience humaine et spirituelle, ainsi que les hommes et les femmes qu’il a rencontré.

un écrit répondant aux besoins de la communauté. Les Évangiles ne sont pas que des mémoires. Ils représentent aussi l’expression d’une communauté qui doit trouver les réponses aux questions qu’elle se pose. On y trouve ainsi des éléments de catéchèse, d’organisation des communautés, de liturgie (la liturgie est un culte public et officiel instauré par une Église), de rapports avec le judaïsme.

une théologie (qui est l’étude des questions religieuses) mise sous la forme d’un récit.

Qu’est-ce que l’Évangile n’est pas ?

Par contre, il faut abandonner l’image d’un reportage au sens où nous le comprenons aujourd’hui.
L’ Évangile n’est donc ni :

le procès verbal de la vie de Jésus Christ au sens d’une chronologie rigoureuse et exhaustive. Pour autant, le genre évangélique s’inscrit dans l’Histoire et certains évènements peuvent être datés avec précision.

la biographie de Jésus. Les Évangiles optent pour une présentation vivante et rejettent le genre biographique.

Pourquoi l’Église a retenu plusieurs Évangiles ?

Rien ne justifie sur le plan historique que l’Église ait retenu quatre Évangiles plutôt que 3 ou 5. Par contre, le choix de plusieurs textes permet de donner une image du Christ qui n’est jamais figée.
Ce choix évite de pratiquer une lecture à la lettre du texte : chaque texte prend en effet son sens à la lumière des autres.

Est-ce qu’il existe d’autres Evangiles ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les « Évangiles canoniques » (c’est à dire inscrits dans le « canon », la liste des écrits reconnus par l’Église) ne sont pas les seuls !
Les quatre Évangiles que nous connaissons ont un point commun : ils culminent par le récit de la Passion. C’est pourquoi on les appelle parfois les « Évangiles de la Passion ». Un autre existe (celui de Pierre) mais on n’en possède qu’un fragment qui va de la fin du procès à la résurrection.
D’autres formes de rédaction ont existé :

Évangiles de l’enfance qui racontent la naissance et l’enfance du Christ (Protévangile de Jacques, Évangile du Pseudo-Thomas).

Collections de paroles de Jésus, mises bout à bout sans être intégrées dans un récit (Évangile de Thomas).

Méditations sur des thèmes religieux (Évangile de Philippe, Évangile de Vérité…).

Pour ces textes, on parle des « Évangiles Apocryphes ».

Existait-il un texte avant les Évangiles ?

Depuis très longtemps, on s’est rendu compte que les évangiles de Matthieu, Marc et Luc possédaient des passages en commun et que Matthieu et Luc possédaient des passages communs que n’avait pas Marc.
L’évangile de Marc aurait été écrit en premier. Il aurait servi de première source aux deux autres évangiles (Matthieu et Luc). Matthieu et Luc auraient aussi possédé une deuxième source commune de paroles appelée la « Source Q » (pour Quelle signifiant « source », en Allemand).

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PARAPHRASE DU PSAUME 1

PARAPHRASE DU PSAUME 1

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Heureux celui qui ne prend pas conseil auprès de ceux qui prennent plaisir à faire le mal, qui se moquent du malheureux sans défense, et qui ne   s’abouche pas avec ceux qui prêchent la haine contre  leurs frères

Heureux celui qui met sa joie dans la Parole  du Seigneur et la médite dans son cœur de jour comme de nuit

Il est comme un arbre planté près d’une source d’eau vive et qui donne son fruit quand vient le temps de la moisson ; son  feuillage demeure toujours vert et ses actions répandent la bonne odeur du bien.

Mais tel n’est pas le sort de celui qui se plait à semer le malheur, de jour comme de nuit  il est comme le grain de poussière balayée par le souffle du vent ;

Et au dernier jour se lèvera-t-il pour le jugement ? Pourra-t-il se mêler à la foule des justes lui qui se complaisait dans le mal ?

Le Seigneur connaît le chemin que suit l’homme au cœur ajusté, et le chemin du malfaisant  conduit à la perdition : car pourrait-il faire miséricorde à celui qui a refusé de faire miséricorde ?

© Claude Tricoire

26 janvier 2022

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La Vulgate, la Bible traduite par Saint Jérôme

Qu’est-ce que la Vulgate écrite par Saint Jérôme ?

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Pendant de nombreux siècles, l’Église catholique s’est appuyée uniquement sur cette traduction.

Contrairement à l’époque actuelle où il est possible de trouver les textes bibliques en deux clics ou dans chaque librairie, il était difficile pour les premiers chrétiens d’avoir accès aux Saintes Écritures. En effet, elles ne furent compilées qu’au IVe siècle. Jusqu’alors, il existait plusieurs versions des Évangiles et des lettres de saint Paul ainsi que de l’Ancien Testament. En Occident, les chrétiens s’appuyaient sur des traductions grecques ou des traductions latines locales copiées et partagées au sein des différentes communautés.

Au fur et à mesure, ces traductions s’éloignèrent du texte original et certaines devinrent même corrompues. C’est pourquoi, en 382, le pape Damase Ier missionna saint Jérôme pour qu’il révise les traductions latines des Évangiles en s’appuyant sur les manuscrits grecs les plus anciens. Saint Jérôme se mit donc à la tâche. Une fois lancé dans cette entreprise d’envergure et piqué par la curiosité, il décida de ne pas s’arrêter aux Évangiles et enchaîna avec la traduction des psaumes. Il partit ensuite pour Jérusalem et une fois arrivé dans la Ville sainte, eut l’ambitieux projet de traduire l’intégralité de l’Ancien Testament en s’appuyant sur les textes d’origine rédigés en hébreu. Ce travail lui prit près de seize ans, mais il laissa certains livres de côté, à savoir la Sagesse, l’Ecclésiaste, Baruch et les Maccabées.

Une traduction officielle

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Saint Jérôme s’attacha à traduire le texte hébreu dans un latin compréhensible tout en restant le plus fidèle possible au texte d’origine. Il fut l’un des tout premiers exégètes à mettre tant de soin dans la traduction biblique qu’elle devint rapidement la traduction de référence. Au fil des siècles, la traduction fut amendée à différentes reprises, mais l’Église continua de considérer que la Vulgate faisait autorité. Lors du concile de Trente, au XVIe siècle, elle fut identifiée comme vulgata editio (« édition vulgaire » ou commune) et désignée comme traduction officielle au sein de l’Église catholique romaine.

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Ce n’est qu’à partir du XXe siècle que les traducteurs commencèrent à se détacher de la Vulgate pour revenir aux textes d’origine, par ailleurs assez proches de ceux sur lesquels saint Jérôme s’était appuyé au IVe siècle. Ainsi, la Vulgate a façonné la liturgie catholique pendant près de 1500 ans ! L’héritage laissé par saint Jérôme est immense, et a eu un impact considérable sur l’histoire de l’Église.

Les chrétiens du monde latin ont utilisé très tôt des traductions latines de la version grecque de la Bible juive (la Septante) ainsi que du Nouveau Testament, rédigé originellement en grec. On parle à propos de ce type de traduction de Vetus latina, (« vieille latine »). Au IVe siècle, cette Bible latine est jugée imparfaite. Jérôme, au cours de son séjour à Rome (382-385), avait déjà entrepris une révision de la traduction des Évangiles. Installé à Bethléem, en 386, Jérôme entend tout d’abord réviser la traduction latine de la Septante à partir des Hexaples d’Origène (Bible en six colonnes, quatre versions grecques et deux hébraïques). Ensuite, dans les années 390, il entreprend une traduction nouvelle de l’Ancien Testament à partir du texte hébreu, le seul inspiré à ses yeux. Il n’arriva pas au bout de cette traduction qui fut continuée par d’autres.

Ce retour à « la vérité hébraïque », au détriment de la Septante, ne s’imposa pleinement qu’au VIIe siècle. Désignée à partir du XIIIe siècle comme vulgata versio, « texte communément employé », la Vulgate fut déclarée traduction authentique par le concile de Trente en 1546. Elle comprend bien pour l’essentiel les traductions de Jérôme sur l’hébreu et ses révisions des Évangiles, mais également d’autres traductions latines qui ne sont pas de lui. Une version latine moderne, appelée Nova Vulgata, a été promulguée par Jean-Paul II en 1979.