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Vendredi Saint : Descente de croix : tableaux en l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Descente de croix, André Gaudion , 1612

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Tableau provenant sans doute d’un couvent franciscain comme le laisse penser la présence de saint François d’Assise (à gauche) reconnaissable à ses stigmates.  Au pied de la Croix se trouvent Marie-Madeleine et saint Jean. Derrière le Christ se trouve sa mère que l’on peut voir presque évanouie, une représentation peu habituelle surout à cette époque.

 

Descente de croix de Guillaume Martin , 1611

 

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Ce tableau est l’oeuvre de Martin Guillaume dit « Adam », artiste originaire de Lyon, qui a séjourné Aix de 1602 à 1634 et il étaitt destiné à la chapelle des Pénitents Noirs. Acheté en 1771 par Joseph-Félix Alphéran – futur prieur et avan dernier avant la disparition des prieurs de saint Jean – ce tableau est une ccopie d’une composition de Baroche (1528-1612), célèbre peintre italien, dont les descentes de croix ont sevi de modèles à de nombreux artistes.

On remarque des hommes robustes, montés sur des échèlles, qui descendent le corps du Christ. C’est l’apôtre Jean qui reçoit le corps de Jésus dans ses bras tandis que la Vierge évanouie est soutenue par Marie Madeleine tandis que deux femmes tendent les bras vers elle.

 

ÉVANGILE DE LA PASSION DE NOTRE SEIGNEUR

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn 18, 1 – 19, 42)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (v. 31-42)

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

Après cela, Joseph d’Arimathie,
qui était disciple de Jésus,
mais en secret par crainte des Juifs,
demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Et Pilate le permit.
Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant
la nuit – vint lui aussi ;
il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès
pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus,
qu’ils lièrent de linges,
en employant les aromates
selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin
et, dans ce jardin, un tombeau neuf
dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive,
et comme ce tombeau était proche,
c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

 

 

EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT JEAN, JESUS CHRIST, LE CHRIST EN CROIX ENTRE LA VIERGE ET SAINT JEAN, NICOLAS PINSON (1365-1681), PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PASSION DE JESUS, PEINTRES, PEINTURE, VENDREDI SAINT

Vendredi Saint : Crucifixion de Jésus : tableaux en l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Vendredi Saint : Le Christ en Croix

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Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean , Nicolas Pinson , 1673

 

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Au pied de la croix sainte Marie Madeleine

ÉVANGILE

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn 18, 1 – 19, 42)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (v. 23-30)

Quand les soldats eurent crucifié Jésus,
ils prirent ses habits ;
ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat.
Ils prirent aussi la tunique ;
c’était une tunique sans couture,
tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux :
A. « Ne la déchirons pas,
désignons par le sort celui qui l’aura. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture :
Ils se sont partagé mes habits ;
ils ont tiré au sort mon vêtement.

C’est bien ce que firent les soldats.

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
X « Femme, voici ton fils. »
L. Puis il dit au disciple :
X « Voici ta mère. »
L. Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé
pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,
Jésus dit :
X « J’ai soif. »
L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope,
et on l’approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
X « Tout est accompli. »
L. Puis, inclinant la tête,
il remit l’esprit.

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

 

 

Nicolas Pinson (1635-1681)

Nicolas Pinson, né à Valence (France) en 1635 et mort à Rome le 12 mars 1681, est un peintre, dessinateur et graveur français.

Biographie

Nicolas Pinson né à Valence en 1635 est le fils de Jean Pinson maître sculpteur, sans doute sculpteur sur bois. Sa vocation de peintre naît dans son milieu familial où il acquiert de son père les premiers rudiments. il quitte très jeune le foyer familial car il arrive en 1653 à Rome où il fera l’essentiel de sa carrière. Ses maîtres romains sont les académiciens de Saint Luc. Il a pour condisciples de nombreux français dont le provençal Gilles Garcin et des italiens dont Pietro Lucatelli et Ludovico Gimignani. Il se lie avec des marchands de tableaux dont Paolo Plincene et l’arlésien Jean-louis Pilleporte ce qui lui procure une certaine réussite financière.

Le 17 février 1658 il se marie avec une italienne, Laura Saludina (5-04-1622/17-11-1704) fille d’un fabricant de chapelet ; le couple n’aura pas d’enfant. Alors qu’il est au sommet de sa carrière, Nicolas Pinson se rend en 1668 à Aix-en-Provence. Son intention de revenir à Rome est certaine car il y laisse sa femme et son frère René-Charles auquel il signe une procuration pour régler ses affaires financières Le peintre d’Aix-en-Provence Jean Daret est mort le 2 octobre de cette même année 1668 sans avoir pu honorer l’engagement pris en 1666 de décorer la Grande Chambre du Parlement au palais comtal. Nicolas Pinson réalisera une partie de cette commande dont trois tableaux se trouvent dans l’Église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence

En 1675 Nicolas Pinson retourne à Rome où il peint un tableau pour une chapelle de l’église saint-Louis-des-Français. Il meurt peu après le 12 mars 1681.

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Raphaël, peintre de la Renaissance

Le Peintre Raphaël (1483-1520)

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Autoportrait avec un ami

 

Raffaello Santi ou Sanzio, dit en français Raphaël

 

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Ingres, Raphaël et la Fornarina

Peintre et architecte italien (Urbino 1483-Rome 1520).

Considéré par ses contemporains comme un être quasi divin, Raphaël fut par excellence le peintre de l’harmonie et de la grâce. Dans son œuvre, qui atteint à l’expression idéale de l’humanisme dans l’art, s’accomplit à merveille le classicisme de la seconde Renaissance.

  1. UN DÉBUT DE CARRIÈRE FULGURANT
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Raphaël, le Mariage de la Vierge

Urbino, où Raphaël est né le 6 avril 1483, est un actif foyer artistique. Son père, Giovanni Santi (mort en 1494), y dirige un atelier, qui bénéficie du mécénat ducal.

C’est toutefois à Pérouse, auprès du Pérugin, que le jeune artiste fait son apprentissage. Aux termes d’un contrat signé le 10 décembre 1500, il y devient magister (chef d’atelier). De cette époque datent trois retables, dont le Mariage de la Vierge (1504), son premier chef-d’œuvre.

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Raphaël, Madone

C’est sans doute au cours de l’automne 1504 que Raphaël se rend à Florence. Le séjour qu’il y fait se révèle capital, car il lui permet d’étudier l’art de Fra Bartolomeo, celui de Léonard de Vinci, dont il adopte les procédés dans d’émouvantes Madones (Madone du grand-duc, 1504 ; la Belle Jardinière, 1507), et celui de Michel-Ange, son aîné d’à peine huit ans, qui lui donne l’exemple de la peinture de nus.

D’autres tableaux, comme les Saint Michel et Saint Georges du Louvre (vers 1505), annoncent le grand représentant de la Renaissance classique qu’il sera.

  1. LES « CHAMBRES » DU VATICAN

LES APPARTEMENTS DE JULES II

Raphaël a 25 ans lorsqu’il s’établit à Rome, à la fin de l’année 1508. Recommandé par son oncle Bramante au pape Jules II, qui désire s’entourer des meilleurs artistes de son temps pour redonner tout son lustre à la capitale de la chrétienté, il va devoir réunir de nombreux collaborateurs pour mener à bien la tâche qui l’attend : la décoration des appartements pontificaux, que l’on appelle « Chambres » (Stanze).

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En 1507 en effet, Jules II a décidé de quitter les appartements d’Alexandre VI Borgia, décorés par le Pinturicchio, et de s’installer dans les Chambres, situées à l’étage supérieur, dans l’aile nord du Vatican. Avant de faire appel à Raphaël, il a déjà congédié quatre autres peintres de renom, dont le Sodoma et Lorenzo Lotto. Il n’a pas davantage hésité à faire effacer les fresques existantes, qui étaient pourtant de la main de Piero Della Francesca et de Luca Signorelli.

 

LA CHAMBRE DE LA SIGNATURE

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Raphaël, l’École d’Athènes

La « chambre de la Signature », ancien cabinet de travail du pape, est la salle où se réunissait le tribunal du Saint-Siège pour signer les appels en grâce.

Pour la décoration de cette pièce (1508-1511), il emprunte son sujet au néoplatonisme de Marsile Ficin, selon lequel le Beau, le Bien et le Vrai doivent faire l’objet d’une même quête. Sur la voûte, il évoque la Théologie, la Philosophie, la Justice et la Poésie. Sur les parois, il peint la fresque de l’École d’Athènes, qui scelle la réconciliation par l’humanisme du savoir antique et de la révélation chrétienne, et celle dite de la Dispute du saint sacrement (en réalité, le Triomphe de l’eucharistie), qui affirme la primauté de la révélation. Sur les autres murs, le Parnasse réunit Apollon et les Muses.

LA CHAMBRE D’HÉLIODORE

Après avoir achevé ce premier cycle, Raphaël s’acquitte des fresques de la « chambre d’Héliodore » (1512-1514) ; cette pièce, réservée aux audiences privées, porte le nom d’un personnage du iie siècle avant J.-C., qui avait été chassé du Temple de Jérusalem après avoir tenté d’en ravir les trésors.

Le travail de Raphaël y réalise atteste de son intérêt croissant pour les effets de lumière (Délivrance de saint Pierre).

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LES CHAMBRES DE L’INCENDIE DU BORGO ET DE CONSTANTIN

La « chambre de l’Incendie du Borgo » commémore le souvenir du pape Léon IV (847-855), qui éteignit miraculeusement un incendie dans ce quartier de la Cité du Vatican. Les fresques (1514-1517) qu’y entreprend Raphaël seront terminées par ses élèves – dont Jules Romain. Leur monumentalité même proclame l’autorité qui s’attache au Saint-Siège.

Pour la quatrième chambre, dite « de Constantin », Raphaël ne fournit que des dessins.

 

  1. LES AUTRES PEINTURES ROMAINES

 

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Baldassarre Castiglione

À Rome, Raphaël trouve en la personne du banquier siennois Agostino Chigi (1465-1520) un autre puissant mécène. Pour ce dernier, il décore la villa Farnésine (le Triomphe de Galatée, 1511), ainsi que deux chapelles, celle de l’église Santa Maria della Pace et celle de l’église Santa Maria del Popolo, la seconde étant une chapelle funéraire en croix grecque dont il est aussi l’architecte.

Parallèlement, Raphaël continue à illustrer ses genres de prédilection : le retable, qui, après la Madone de Foligno (1511-1512) et la Madone Sixtine (1513-1514), trouve son aboutissement, dans les domaines de la composition, de la perspective et de la lumière, avec la Transfiguration (1517-1520) ; le tableau de dévotion, tel que la Sainte Famille de François Ier (1518) ; le portrait, où il témoigne d’une intuition psychologique unie au choix de gammes harmonieuses (Baldassare Castiglione, vers 1515 ; La Velata, vers 1516 ; Léon X et deux cardinaux, 1518-1519).

 

  1. UNE PLURALITÉ D’ACTIVITÉS

 

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Raphaël, Portrait de Jeanne d’Aragon

À l’avènement de Léon X (1513), Raphaël jouit de la même faveur qu’auprès de Jules II. En 1514, succédant au poste prestigieux de Bramante, il dirige les travaux de la nouvelle basilique Saint-Pierre, puis il achève la galerie des Loges (1517-1519), dont il conçoit le décor en grotesques imitées de l’antique (exécuté par Giovanni da Udine).

À la demande du pape, il fournit les cartons pour les dix tapisseries des Actes des Apôtres qui seront tissées à Bruxelles (1515-1516) et installées dans la chapelle Sixtine. En 1516, le poste de conservateur des Antiquités romaines lui échoit.

À l’architecte, on doit encore les plans de la petite église de Sant’Eligio degli Orefici (vers 1512), ceux de plusieurs palais (tel le palais Pandolfini, à Florence) et ceux de la villa Madama (entreprise en 1517), à Rome, dont le parti général dérive de la Domus aurea de Néron.

Célèbre comme dessinateur, Raphaël laisse aussi une trace dans l’histoire de l’estampe grâce à sa collaboration avec le graveur Marc-Antoine Raimondi (vers 1480-vers 1534), qui diffusera ses thèmes dans toute l’Europe.

Atteint de fièvre maligne, Raphaël meurt le jour même de ses 37 ans, alors que de nombreux chantiers sont en cours. Le sac de Rome par les troupes de Charles Quint, en 1527, entraînera la dispersion de ses élèves.

 

  1. CITATIONS

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Raphaël, la Belle Jardinière

 

« À sa vue, la nature craignit d’être vaincue par lui ; aujourd’hui qu’il est mort, elle craint de mourir. »

Épitaphe de Raphaël, due au cardinal Pietro Bembo

« Quand il ferma les yeux, la peinture devint aveugle. »

Giorgio Vasari (les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes)

« Il a réussi ce que les autres rêvaient de faire. » Johann Wolfgang von Goethe

 

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Eglise Santa Maria del Popolo

 

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Chambre de Constantin au Vatican

 

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La Crucificion

 

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La Dépositon de Croix

 

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AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), GILLES GARCIN (1647-1702), PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PEINTRE FRANÇAIS, PEINTRES, PEINTURE

Gilles Garcin, peintre aixois

Gilles Garcin (1647-1702)

« La présence de Gilles Garcin (1647-1702) peintre aixois à l’Académie de Saint-Luc de Rome – Précisions », Bulletin de l’Association des historiens de l’art italien, n° 17, 2011

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Miracle de Saint Blaise. 1690.
Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)
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Notre-Dame du Bon Repos. 1690.
Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)
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Le Christ apparaissant à Marie Madeleine au jardin. 1690
Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)
AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), MAITRES VERRIERS, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PEINTRES, PENTRE-VERRIER

Portraits des artistes ayant oeuvrés pour l’église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Portraits d’artistes ayant oeuvrés pour embellir l’église de Saint-Jean-de-Malte

 

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Charles-Laurent Maréchal (1801-1887)

Charles-Laurent Maréchal

 

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Henri Guérin (1929-2009)

Henri Guérin

 

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Michel-François Dandré-Baron (1700-1783)

Michel-François Dandré-Bardon

 

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Louis Finson (1580-1617)

Louis Finson

 

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Nicolas Miganrd (1606-1668)

Nicolas Mignard

 

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Eugène Delacroix (1798-1863)

Eugène Delacroix

 

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Charles-André van Loo ou Carle Van Loo (1705-1765) à qui fut d’abord attribué le tableau La Théologie en faint une oeuvre de Michel-François Dandré-Bardon

Charles-André van Loo

 

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Antoine Van Dick (1599-1641)

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Le Christ en Croix d’Antoine Van Dickjean_malte_028 (1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ântoine Van Dick

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Louis André (peintre-verrier)

Louis André était un peintre-verrier, né en 1852 et mort à Aix-en-Provence le 3 juillet 1938.

Biographie

Église Saint-Laurent de Lanuéjols (Gard) : saint Paul et saint Pierre

Il est initié à l’art par l’abbé de Bonde. Pendant la guerre de 1870, il est combattant volontaire.

Il a créé ensuite un atelier de production de vitraux à Aix-en-Provence, rue Jacques de la Roque. Ses œuvres se retrouvent dans des églises d’Aix-en-Provence et autour:

église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence, rose au-dessus de l’orgue (1896),

église de la Madeleine d’Aix-en-Provence,

église du Saint-Esprit d’Aix-en-Provence,

église Notre-Dame de la Seds,

église d’Arles, Tarascon, Salon-de-Provence, Saint-Rémy-de-Provence, …

dans le Gard, à l’église Saint-Laurent de Lanuéjols, en 1892.

Après la promulgation de la loi de séparation des Églises et de l’État, en 1905, Louis André ne reçoit plus de commande et doit fermer son atelier. Il est alors devenu professeur de dessin au collège catholique et à l’école des beaux-arts d’Aix-en-Provence. Il a cessé de donner son enseignement à 82 ans.

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André BOISSON (Aix, 1643 – 1733)
Originaire d’Aix-en-Provence où il naît l’année de la mort de Louis XIII, André Boisson débute véritablement sa carrière à Rome, auprès du peintre classique Reynaud Levieux avec lequel il travaille de 1667 à 1676. Ce dernier, issu d’une famille protestante, l’initie aux grandes commandes en lui faisant copier les chefs-d’œuvre  de Raphaël. Tout comme lui, après un séjour romain qui devait le marquer durablement, où la leçon des Carrache s’est assouplie dans l’exercice poussinien des grandes perspectives, il rentre en Provence à la fin des années 1670. D’ailleurs, sa première commande notable n’est-elle pas pour la chapelle de la cour des Comptes de l’ancien palais épiscopal. Là, il réalise L’Annonciation et La mort de la Vierge, aujourd’hui conservées dans l’église de la Madeleine. En 1693, il renouvelle l’exercice, mais cette fois-ci en rendant hommage au Christ supplicié dans une Transfiguration qu’on peut toujours admirer sur les murs de l’église de Saint-Jean de Malte. La redécouverte de ce tableau est importante à plus d’un titre. Tout d’abord, elle oblige à revoir certains présupposés de l’histoire de l’art dont l’un des plus tenaces est de considérer Jean Daret (1613-1668) et Pierre Puget (1620-1694) comme les seuls grands exégètes du classicisme en Provence. Cette version doit être revue au profit d’une vision plus nuancée qui s’attache à reconsidérer la place que les peintres formés à Rome et revenus à Aix ont occupée au cours de ces années-là et qu’ils ont prolongée au-delà du siècle, établissant une sorte de sage continuité annonçant la Régence. D’autre part, cette redécouverte conforte la tendance actuelle des recherches dix-septiémistes vers une réévaluation de la peinture en province, et singulièrement en Provence, à la fin du Grand Siècle. En effet, dans ce tableau, la leçon de Poussin est constante sans être ni servile ni mièvre. Si la rencontre du Christ et de la Samaritaine n’est pas le sujet sacré le plus sérieux qui soit, puisqu’il raconte avant tout l’histoire d’un homme et d’une femme au bord d’un puits, André Boisson le traite avec une humanité rare. La scène religieuse n’est qu’un prétexte à une évocation plus aimable où la douceur du Christ rencontre la candeur de cette jeune Juive qui reçoit la parabole comme un don du Ciel. Loin des mises en scènes sévères de l’atticisme parisien, André Boisson livre ici une composition pleine d’équilibre et de poésie qui consacre la pleine maturité de la peinture provençale à la fin du XVIIème siècle.

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Gilles Garcin

Gilles Garcin (Aix-en-Provence, 1647–1702) est un peintre français. Il a essentiellement travaillé pour le prieur Viany de l’église Saint-Jean-de-Malte dont il a réalisé plusieurs toiles destinées à des retables. On trouve toujours dans cette église trois de ses œuvres, toutes commandées en 1690 :

Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardin,

Le Miracle de saint Blaise,

Notre-Dame de Bon-Repos.

Si la première de ces œuvres était destiné au retable du bras sud du transept de l’église, les deux suivantes furent placées sur un autel, celui de la chapelle des Viany et celui de la chapelle des porteurs de livrée.

Il réalise aussi d’autres œuvres pour d’autres édifices religieux d’Aix, comme La Vierge et saint Jean, pour la cathédrale Saint-Sauveur.

À l’instar de plusieurs peintres provençaux et notamment d’Aix, Gilles Garcin visite Rome (Italie) avec l’aide d’un mécène. Sa présence y est attestée en 1664, tout comme celle de Nicolas Pinson la même année, ou de Reynaud Levieux deux ans plus tôt. Outre Aix et Rome, il travaille également à Apt, Rians et Toulon.

 

Œuvres dans les musées

L’Annonciation, hôtel d’Agar (Cavaillon).

Pomone, Musée des Beaux-Arts, Marseille.

 

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Nicolas Pinson (1635-1681)

Nicolas Pinson, né à Valence (France) en 1635 et mort à Rome le 12 mars 1681, est un peintre, dessinateur et graveur français.

Biographie

Nicolas Pinson né à Valence en 1635 est le fils de Jean Pinson maître sculpteur, sans doute sculpteur sur bois. Sa vocation de peintre naît dans son milieu familial où il acquiert de son père les premiers rudiments il quitte très jeune le foyer familial car il arrive en 1653 à Rome où il fera l’essentiel de sa carrière. Ses maîtres romains sont les académiciens de Saint Luc. Il a pour condisciples de nombreux français dont le provençal Gilles Garcin et des italiens dont Pietro Lucatelli et Ludovico Gimignani. Il se lie avec des marchands de tableaux dont Paolo Plincene et l’arlésien Jean-louis Pilleporte ce qui lui procure une certaine réussite financière

Le 17 février 1658 il se marie avec une italienne, Laura Saludina (5-04-1622/17-11-1704) fille d’un fabricant de chapelet ; le couple n’aura pas d’enfant. Alors qu’il est au sommet de sa carrière, Nicolas Pinson se rend en 1668 à Aix-en-Provence. Son intention de revenir à Rome est certaine car il y laisse sa femme et son frère René-Charles auquel il signe une procuration pour régler ses affaires financières. Le peintre d’Aix-en-Provence Jean Daret est mort le 2 octobre de cette même année 1668 sans avoir pu honorer l’engagement pris en 1666 de décorer la Grande Chambre du Parlement au palais comtal. Nicolas Pinson réalisera une partie de cette commande dont trois tableaux se trouvent dans l’Église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence.

En 1675 Nicolas Pinson retourne à Rome où il peint un tableau pour une chapelle de l’église saint-Louis-des-Français. Il meurt peu après le 12 mars 1681.

Œuvres dans les collections publiques

L’Adoration des mages, musée des Beaux-Arts de Marseille

En France

Aix-en-Provence, église Saint-Jean-de-Malte : trois tableaux provenant de la grande chambre du parlement de Provence de l’ancien palais des comtes de Provence à savoir :

Le Jugement de Salomon : le roi Salomon , assis sur son trône, ordonne à un soldat de pourfendre un enfant que deux femmes prétendent être le sien. La vraie mère se désignera en arrêtant le geste du soldat.

Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean.

Jésus et la femme adultère : Jésus, agenouillé de profil, écrit sur le sol tandis qu’un scribe et un pharisien lui amènent une femme surprise en flagrant délit d’adultère et lui demandent s’il faut la lapider..

Avignon, musée Calvet : Repos de la sainte famille

Marseille, musée des Beaux-Arts de Marseille : L’Adoration des mages

En Italie

Rome, église Saint-Louis-des-Français : En 1672, l’abbé Elpidio Benedetti décide de financer la décoration de l’une des chapelles latérales de cette église et en confie la réalisation à une femme architecte, Plautilla Bricci qui peint également le retable représentant le roi saint Louis. Les parois latérales de cette chapelle sont chacune décorées d’un tableau signé et daté de 1680.

À droite un tableau signé Ludovico Gimignani représente saint Louis remettant la couronne d’épine à l’archevêque de Paris.

À gauche un tableau signé Nicolas Pinson représente un sujet singulier élaboré par le donateur. D’après Geneviève Michel ce tableau représenterait non pas Catherine de Médicis, mais Anne d’Autriche présentant à saint Louis le projet de la façade de l’église Saint-Louis-des-Français de Madrid. Ce tableau est le seul témoignage en Italie de l’œuvre picturale de Nicolas Pinson.

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Michel Serre

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Autoportrait de Michel Serre peignant les ravages de la peste devant l’hôtel de ville.

 Michel Serre, né à Tarragone (Espagne) le 10 janvier 1658 et mort à Marseille le 10 octobre 1733, est un peintre baroque français.

Il est connu pour ses tableaux religieux et surtout pour ses représentations de la peste à Marseille en 1720.

Sa jeunesse

Michel Serre, quatrième enfant de Jacques Serres, marchand ambulant, et de Marie Barbos est né à Tarragone le 10 janvier 1658. Orphelin très tôt, il est accueilli à la chartreuse de Scala Dei, située à une quarantaine de kilomètres de Tarragone. En 1670, il se rend en Italie où il apprend la peinture dans différents ateliers à Rome, Naples et Gênes.

En 1675, il quitte l’Italie pour s’installer définitivement à Marseille.

Ses débuts

Peu de temps après son arrivée à Marseille, il obtient une importante commande pour l’église des Dominicains, Le martyre de Saint Pierre Vérone (musée des beaux-arts de Marseille).

En 1684, il peint pour les Chartreux l’immense toile de Madeleine enlevée par des anges conservée dans le chœur de l’église des Chartreux à Marseille.

Le 1er mai1685, à Notre-Dame des Accoules, il épouse Florie Régimonde, fille de Jean Régimonde et de Jeanne Montaignon. En juin 1688, il achète un terrain à Suzanne de Marle et André Venture, puis y fait construire une grande maison dans la future rue Venture. L’emplacement exact de cette habitation n’a pu être trouvé.

Le 10 mai 1685, il obtient des échevins une lettre de citadinage et accepte de peindre pour l’hôtel de ville une toile, actuellement disparue, représentant le Christ mourant sur la croix.

Pour le récompenser de ses succès, Louis XIV le nomme peintre des galères et maître à dessiner des officiers et pilotes. Il travaille aux ouvrages de peinture des galères et enseigne aux jeunes officiers . Il exécute plusieurs portraits de chefs d’escadre, dont celui de Louis de Montolieu (musée des beaux-arts de Marseille).

Les années de maturité

Le 27 février1704, il donne procuration à sa femme pour régir ses biens et se rend à Paris. C’est là qu’il rencontre Jean-Baptiste Oudry qui devient son élève pendant quelque temps. Il se fait connaître par l’exécution de diverses toiles dont celle du Christ chassant les vendeurs du temple (Versailles, église Saint-Symphorien). Il envoie un tableau représentant Bacchus et Ariane à l’Académie de Paris qui l’admet au nombre de ses adhérents le 6 décembre1704 (musée des Beaux-Arts de Caen, œuvre détruite en 1944).

Ayant acquis une certaine fortune, il achète les charges de lieutenant du roi de la ville de Salon-de-Provence et de major de la ville de Gardanne. Louis XIV signe les lettres patentes correspondantes respectivement le 22 janvier 1712 et le 22 octobre 1712. Ses armes sont d’azur à trois serres d’aigles d’or posées l’une sur l’autre.

Il achète de nombreuses maisons de rapport et des terrains à bâtir dans les quartiers de Mazargues et de Saint-Giniez.

La peste et les années de vieillesse

Pendant la grande peste qui sévit à Marseille en 1720, Michel Serre se distingue par sa conduite. Il se révèle un homme de cœur et d’action. Il accepte la responsabilité de commissaire général de son quartier Saint-Ferréol et préside aux opérations de déblaiement du quartier. Il s’attira l’attention de l’intendant Lebret qui écrit aux échevins le 18 décembre 1721 : « Comme j’espère aller dans peu à Marseille, je verrai avec vous ce qui pourra se faire pour le tableau du sieur Serre dont je connais le mérite ».

Il distribue sa fortune pour soulager la misère des survivants. Son nom figure sur la stèle élevée en 1802 et placée actuellement au square du palais des Arts. Ayant été un très proche témoin de cette terrible épidémie, il peindra trois toiles qui sont ses œuvres majeures.

En 1726 il acquiert une chapelle qu’il dédie à Saint Jean de la Croix dans l’église des Carmes déchaussés.

Deux tableaux représentent la peste dans l’église paroissiale de La Ciotat. L’un des deux est du peintre Michel Serre. Il représente Le grand Saint Antoine, le bateau qui apporta la peste en Provence, en 1720, quittant sans secours la baie de La Ciotat.

Il meurt à Marseille le 10 octobre 1733, veuf et ruiné, mais entouré du respect de tous. Il est enseveli à la paroisse Saint-Ferréol.

Une rue du 16e arrondissement de Marseille porte son nom

Son œuvre

La virtuosité de Michel Serre lui a permis de réaliser un très grand nombre de peintures dont plusieurs ont disparu. Il a surtout peint des scènes bibliques ou de la vie de la Vierge et du Christ. Il a également exécuté des tableaux relatifs à la mythologie et des représentations historiques, ainsi que des portraits. Ses tableaux sont conservés au musée des beaux-arts de Marseille et dans des églises de Marseille et de sa région.

Tableaux religieux

Sainte Marguerite, église des Augustins de Marseille.

Musée des beaux-arts de Marseille :

La Madeleine pénitente

Éducation de la Vierge

Présentation de la Vierge au temple

La Visitation

Présentation de Jésus au temple

Jésus parmi les docteurs

Saint-Benoît ressuscite un jeune moine mort

Cycle de La Vie de Saint-François (quatorze toiles, dont deux ont disparu)

Le martyre de Saint-Pierre de Vérone, provenant de l’église des prêcheurs. Une copie a été faite par Joseph Coste qui remporte avec elle le prix d’encouragement

Le Miracle de Saint Hyacinthe

La Vierge à l’enfant, Saint-François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal

Église des Augustins de Marseille :

Sainte Marguerite

La Vierge à l’enfant apparaissant à Saint Pierre et Saint Paul. Ce tableau se trouve à l’intérieur d’un retable placé au-dessus de l’autel dit des portefaix dans l’église des Augustins à Marseille. Ce retable est couronné par un fronton animé de putti situés de part et d’autre d’une gloire qui rayonne autour d’une tiare et des clefs qui sont le symbole de l’apôtre Pierre, premier Pape de l’Église. L’attribution de cette œuvre peinte en 1692 pour la confrérie des portefaix à Michel Serre a été remise en question par l’historienne de l’art Marie Claude Homet.

Le Repos pendant la fuite en Égypte

La Vierge à l’enfant apparaissant à Saint Pierre et Saint Paul, église des Augustins de Marseille.

Marseille, église des chartreux : Madeleine enlevée par les anges

Marseille, église Saint-Matthieu de Château Gombert :

Le Christ roi, la Vierge et Saint-Joseph, ou Le Purgatoire

L’Agonie de la Madeleine (attribution).

Franciscains devant la Vierge ou Apothéose de saint François (attribution)

Abbaye Saint-Victor de Marseille : La Vierge en prière dans l’atelier de Nazareth

Marseille, église Saint-Cannat :

La Vierge à l’enfant et le purgatoire

La Purification de la Vierge

Marseille, église des Grands Carmes : cycle de La Vie de la Vierge, six toiles classées en 1911

Apothéose de saint Roch, Marseille, église de Mazargues.

Marseille, église de Mazargues : Apothéose de saint Roch. L’église actuelle de Mazargues construite de 1849 à 1851 est dédiée à saint Roch, patron des pestiférés. Sur l’emplacement de cette église était érigée une chapelle dédiée au même saint. En effet lors de la peste de 1387 qui fit mourir le tiers de la population marseillaise, Mazargues reçut un afflux considérable de Marseillais qui fuyaient le fléau. Saint Roch fut tellement invoqué dans la vieille église que son nom y primât tous les autres. la présence dans cette église du tableau de Michel Serre représentant ce saint peut s’expliquer par le fait que l’artiste possédait une maison de campagne dans ce quartier, mais aucun document na fait explicitement mention de cette œuvre, pas même au début du xixe siècle. Ainsi l’abbé Marius Ganay précise seulement dans son livre La poétique histoire de Mazargues « derrière le maître-autel il y a une grande peinture qui représente l’apothéose de saint Roch ». Ce tableau d’un format remarquable (320 x220 cm) cintré à deux « oreilles » a été daté de la fin du xviie siècle. Sa forme particulière semble indiquer que cette œuvre devait venir s’encastrer dans le plafond d’un monument : église conventuelle ou chapelle d’hôpital. Au cours du xviiie siècle eut lieu sa transformation en toile encadrée pour orner un espace réduit par exemple un autel de chapelle ou d’église. Cette apothéose de saint Roch a fait l’objet de 2004 à 2008 d’une minutieuse restauration par le Centre Interrégional de Conservation et Restauration du Patrimoine à Marseille. Cette restauration a permis de constater que le châssis en bois résineux présentait la particularité d’être pliant suivant son axe vertical : des marques de pliage ont été constatées sur la couche picturale. L’étude des singularités du châssis indique que le tableau n’est probablement pas dans son format d’origine. Saint Roch contracta la peste au cours d’un pèlerinage qu’il fit en Italie et fut sauvé grâce à un chien qui venait le nourrir. Il est donc traditionnellement représenté revêtu du costume de pèlerin avec un bâton et une coquille cousue sur le manteau, un bubon pesteux sur la cuisse et accompagné d’un chien. Une statue placée dans la même église de Mazargues représente bien ainsi saint Roch. Or dans le tableau le saint montant au ciel ne présente pas le symptôme de la peste et n’est pas accompagné d’un chien : on peut donc supposer que le tableau représenterait en fait saint Jacques lui-même qui est le patron de l’Espagne, patrie originelle du peintre. Ce tableau fait partie des décors baroques plafonnants réalisés en Provence à la fin du xviie siècle pour des églises conventuelles ou des hôtels particuliers et dont Michel Serre a réalisé un certain nombre, aujourd’hui tous disparus.

Annonciation, saint Jean-Baptiste et saint Étienne, Marseille, église de la Pomme.

Marseille, église de la Pomme : Annonciation, saint Jean-Baptiste et saint Étienne. Ce tableau orne le chevet plat du chœur de l’église. Cette toile a été peinte au début du xviiie siècle pour orner le maître-autel de la chapelle des Comtes située traverse des Comtes à Marseille, placée alors sous le vocable de l’Annonciation. Très usé, le tableau a fait l’objet d’une restauration en 1978 pour l’exposition l’âge d’or de la peinture provençale et a été ensuite placé dans l’église de la Pomme. Michel Serre réalise ici une mise en abyme peignant un tableau dans un autre tableau : l’Annonciation est réalisée dans un cadre semblant flotter dans les airs devant saint Jean-Baptiste à gauche portant un agneau et saint Étienne à droite en habit de diacre. Les rideaux qui bordent la composition créent un élément d’illusion propre au théâtre.

Église d’Allauch (Bouches-du-Rhône) :

Mort de Saint-Joseph. Ce tableau a appartenu à Julie Pellizzone

La Fuite en Égypte

Église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence : Apothéose de Saint-Augustin

Église de la Madeleine d’Aix-en-Provence :

Le Christ et sainte Madeleine chez Simon le lépreux

Ex-voto offert pour la peste de 1720

Église du Beausset (Var) : Le Vœu de Mgr de Belsunce

Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), basilique Sainte-Marie Madeleine :
Michel Serre peint pour cette basilique quatre toiles de dimension à peu près identique (190 cm × 140 cm) encastrées dans les boiseries du pourtour du chœur. Elles ont été réalisées très probablement en même temps que ces boiseries c’est-à-dire entre 1689 et 1692, et sont malheureusement en mauvais état. Elles ne constituent pas à proprement parler un cycle car elles ne traitent pas d’un même sujet ; elles représentent les scènes suivantes :

L’Enfant Jésus. Ce tableau dont le cadre adopte une forme compliquée est placé au-dessus d’un grand tabernacle en bois sculpté destiné à recevoir une crèche aujourd’hui disparue. L’enfant Jésus, glorieux et triomphant, est représenté vêtu de draperies flottantes autour de lui, le fond lumineux étant peuplé d’anges. Cet ensemble aimable annonce cependant la passion.

Sainte-Anne, la Vierge et l’enfant jésus, Saint-Joseph. Ce tableau représente la Vierge assise tenant sur ses genoux l’enfant Jésus se tournant vers sainte Anne. En arrière est représenté saint Joseph.

La Vierge à l’Enfant et le purgatoire. Ce thème du purgatoire est fréquent à la fin du xviie siècle en raison du changement des mentalités qui se produit après 1660 époque où on prévoit la fin du monde pour le dernier tiers du siècle présent, le temps du nouveau Testament devant égaler celui de l’ancien. Le séjour en purgatoire devient le passage obligé après la mort d’où de nombreuses représentations de ce thème. Dans la partie inférieure du tableau est évoqué le séjour douloureux du purgatoire avec des flammes tandis que la partie supérieure représente l’entrée au ciel facilitée par la sainte Vierge. Ce tableau est à rapprocher de celui qui se trouve dans l’église Saint-Cannat à Marseille.

Saint-Thomas d’Aquin foudroyant l’hérésie. Le saint est représenté tenant dans sa main gauche l’ostensoir tandis qu’il brandit de la main droite la foudre pour terrasser l’hérésie qu’il piétine : il s’agit probablement du protestantisme car la toile a été réalisée peu de temps après la révocation de l’édit de Nantes (1685). Derrière saint Thomas d’Aquin, l’artiste a représenté un fond architectural avec à droite une niche contenant une statue représentant un personnage barbu. Le saint est représenté en pleine force de l’âge, c’est l’homme d’action qui triomphe plus par la force que par la persuasion.

Tableaux de la basilique Sainte-Marie Madeleine

L’Enfant Jésus.

Sainte Anne, la Vierge et l’enfant Jésus et saint Joseph.

La Vierge à l’enfant et le purgatoire.

 Saint Thomas d’Aquin foudroyant l’hérésie.

Vierge des grâces et purgatoire, La Ciotat, église Notre-Dame.

La Ciotat, église Notre-dame :

Vierge de grâces

Vierge de grâces et purgatoire

Sainte Marie-Magdeleine et Saint Maximin (tableau non visible)

Marseille, musée Grobet-Labadié : Notre-Dame du bon voyage

Marseille, villa Gaby Deslys : La Résurrection de Lazare

Draguignan, église Saint-Michel : Vierge donnant le scapulaire à Simon Stock

Aix-en-Provence, musée Granet : La vierge à l’enfant, moine bénédictin, Sainte félicité et Perpétue

Versailles, église Saint-Symphorien : Les Vendeurs chassés du temple

Œuvres de Michel Serre

La Fuite en Égypte, Allauch, église Saint-Sébastien.

 La Mort de saint Joseph, Allauch, église Saint-Sébastien.

 Agonie de la Madeleine, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Le Purgatoire, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Apothéose de l’ordre de saint François, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Vierge des grâces, La Ciotat, église Notre-Dame.

 Apothéose de Saint-Augustin, Aix-en-Provence, église Saint-Jean-de-Malte.

 Vierge en prière dans l’atelier de Nazareth, Marseille, abbaye de Saint-Victor.

Vierge à l’enfant et le purgatoire, Marseille, église de Saint-Cannat.

Tableaux historiques

Les trois tableaux peints peu de temps après la peste de 1720 représentant les scènes de cette épidémie sont les plus connus. Ces œuvres qui eurent un très grand retentissement à leur époque, demeurent un témoignage majeur de cet évènement.

Musée des beaux-arts de Marseille :

Vue du Cours pendant la peste, Hauteur = 3,17 m × Largeur = 4,10 m

Vue de l’hôtel de ville pendant la peste, Hauteur = 3.06 × Largeur = 2,77 m

« Ces deux tableaux représentent le déplorable aspect qu’offraient alors les quais et le cours : là on voit les moribonds étendus, ayant près d’eux une cruche et un vase que quelques personnes compatissantes remplissent avec terreur d’eau et de bouillon ; le cours est jonché des cadavres de ceux qui ont cherché l’ombrage de ses arbres ou celui des toiles que les officiers municipaux y ont fait tendre : partout ce sont des scènes déchirantes d’enfants, de femmes, de vieillards expirants. »

Stendhal a apprécié ces deux tableaux : « Je viens de monter au premier étage de la Bourse (à l’époque bâtiment de l’hôtel de ville) pour les tableaux de Michel Serre. Contre mon attente, je les ai trouvés fort bons. »

Montpellier, musée Atger : La Scène de la peste de 1720 : épisode de la tourette, Hauteur = 1,25 m × Largeur = 2,10 m

Tableaux de la peste à Marseille

Vue du Cours pendant la peste de 1720, musée des beaux-arts de Marseille

 Vue de l’hôtel de ville pendant la peste de 1720, musée des beaux-arts de Marseille

Portraits

Michel Serre a peint divers portraits qui se trouvent pour la plupart dans des collections privées.

 

 

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANDRE BOISSON (1643-1733), ANNONCIATION, ANNONCIATION A MARIE, MORT DE LA VIERGE, PEINTRE FRANÇAIS, PEINTRES, PEINTURE, SAINT JEAN DE MALTE

L’Annonciation et La mort de la Vierge : tableaux en l’Eglise Saint Jean de Malte

L’Annonciation et La Mort de la Vierge.

André Boisson (Aix, 1643-1733).

 Ces deux tableaux avaient été commandés pour la chapelle de la Cour des Comptes de l’ancien de l’ancien Palais Comtal.

 

L’Annonciation

L’Annonciation est une composition aux coloris agréables dans le style Contre-Réforme du XVIIè siècle qui a renouvelé le thème de la peinture religieuse après le Concile de Trente (1542-1563) dans toute l’Europe.

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A la fin du Moyen-Age l’Annonciation se passe dans une atmosphère intimiste loin de tout regard extérieur où l’ange et la Vierge sont seuls, face à face dans une pièce où l’on relève des livres de piété et des fleurs. Ici le quotidien s’efface pour signifier une annonce triomphante : l’ange Gabriel lève la main droite et tient dans sa main gauche un lys, symbole de pureté. Derrière la Vierge une foule d’anges dans un ciel rempli d’une lumière irréelle où l’on distingue la colombe du Saint-Esprit. C’est le ciel qui descend sur Marie agenouillée et les mains jointes dans une attitude de totale acceptation.

 

 La Mort de la Vierge

La Mort de la Vierge reste un sujet délicat à traiter du point de vue théologique dans le contexte religieux de la Réforme. A. Boisson traite son sujet d’une manière toute traditionnelle. La Mère de Dieu est étendue sur son lit, les mains jointes et « meurt doucement au milieu des Apôtres » dont saint Pierre et saint Jean. Au premier plan on remarque deux femmes en pleurs auxquelles selon une légende elle aurait laissé ses deux tuniques.

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 André Boisson

André Boisson (1643-1733) est né à Aix en 1643. Il entre en apprentissage chez Reynaud Levieux pour trois ans. Il continue à travailler avec lui quelque temps malgré l’expiration de son contrat.
En 1667, il fait son testament avant de partir pour Rome où il est rejoint par Reynaud Levieux.
En 1676, il est de retour à Aix. Il exécute simultanément en 1678, le cycle des six tableaux de la Vie de la Vierge pour la chapelle de la Cour des Comptes et les trois tableaux du cycle de sainte Madeleine pour le chœur de la basilique de Saint-Maximin. Il se marie l’année suivante à 36 ans, engage trois apprentis de 1679 à 1681. Devenu veuf, il se remarie en 1681 et aura dix enfants. Dès lors, il accepte les travaux les plus divers (plans de l’Etang de Berre) puis travaille à Avignon jusqu’en 1691 attiré par une clientèle appréciant sa peinture de petit format. Il est alors un artiste aisé.
En 1693, il obtient de réaliser la grande fresque de la Transfiguration du Christ au-dessus de la chapelle du Corpus Domini dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix. Il participe en 1701 aux décors des entrées des Princes de Bourgogne et de Berry. Il fait plusieurs voyages à Toulouse dans les années 1700 pour revenir à Aix en 1706.
En 1715, il exécute la gravure du frontispice de l’Histoire des plantes de Garidel puis en 1716-1717, une fresque derrière le maître-autel et un retable pour l’église du Saint-Esprit. On perd sa trace de 1719 à 1725. Il meurt à Aix en 1733 de contagion.

ANDRE BOISSON (1643-1733), ANNONCIATION, ANNONCIATION A MARIE, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT LUC, NOUVEAU TESTAMENT, PEINTRE FRANÇAIS, PEINTRES, PEINTURE, VIERGE MARIE

L’Annonciation : tableau d’André Boisson (Eglise Saint-Jean-de-Malte, Aix-en-Provence)

 

L’Annonciation 

André Boisson (Aix, 1643-1733).

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L’Annonciation

 

L’Annonciation est une composition aux coloris agréables dans le style Contre-Réforme du XVIIè siècle qui a renouvelé le thème de la peinture religieuse après le Concile de Trente (1542-1563) dans toute l’Europe.

  A la fin du Moyen-Age l’Annonciation se passe dans une atmosphère intimiste loin de tout regard extérieur où l’ange et la Vierge sont seuls, face à face dans une pièce où l’on relève des livres de piété et des fleurs. Ici le quotidien s’efface pour signifier une annonce triomphante : l’ange Gabriel lève la main droite et tient dans sa main gauche un lys, symbole de pureté. Derrière la Vierge une foule d’anges dans un ciel rempli d’une lumière irréelle où l’on distingue la colombe du Saint-Esprit. C’est le ciel qui descend sur Marie agenouillée et les mains jointes dans une attitude de totale acceptation.

 

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 André Boisson

André Boisson (1643-1733) est né à Aix en 1643. Il entre en apprentissage chez Reynaud Levieux pour trois ans. Il continue à travailler avec lui quelque temps malgré l’expiration de son contrat.
En 1667, il fait son testament avant de partir pour Rome où il est rejoint par Reynaud Levieux.
En 1676, il est de retour à Aix. Il exécute simultanément en 1678, le cycle des six tableaux de la Vie de la Vierge pour la chapelle de la Cour des Comptes et les trois tableaux du cycle de sainte Madeleine pour le chœur de la basilique de Saint-Maximin. Il se marie l’année suivante à 36 ans, engage trois apprentis de 1679 à 1681. Devenu veuf, il se remarie en 1681 et aura dix enfants. Dès lors, il accepte les travaux les plus divers (plans de l’Etang de Berre) puis travaille à Avignon jusqu’en 1691 attiré par une clientèle appréciant sa peinture de petit format. Il est alors un artiste aisé.
En 1693, il obtient de réaliser la grande fresque de la Transfiguration du Christ au-dessus de la chapelle du Corpus Domini dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix. Il participe en 1701 aux décors des entrées des Princes de Bourgogne et de Berry. Il fait plusieurs voyages à Toulouse dans les années 1700 pour revenir à Aix en 1706.
En 1715, il exécute la gravure du frontispice de l’Histoire des plantes de Garidel puis en 1716-1717, une fresque derrière le maître-autel et un retable pour l’église du Saint-Esprit. On perd sa trace de 1719 à 1725. Il meurt à Aix en 1733 de contagion.

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LEONARD DE VINCI (1452-1519), PEINTRE ITIALIEN, PEINTRES, PEINTURE, RENAISSANCE

Léonard de Vinci

Léonard de Vinci (1452 – 1519)

Le génie paradoxal

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Touche-à-tout à la curiosité insatiable, Léonard de Vinci est le modèle de l’artiste absolu et le représentant le plus accompli de la Renaissance italienne.

Dans cette Italie bouillonnante des marchands et des condottiere, il a servi les puissants les plus inattendus, Ludovic Sforza (Milan), Laurent le Magnifique (Florence), Alexandre VI et César Borgia (Rome) sans compter le roi de France François Ier. Il a confronté ses talents à ceux de Verrocchio, Botticcelli, Michel-Ange, Raphaël etc.

Il a défriché les champs de la connaissance dans des milliers de pages et de croquis, aussi bien en mécanique qu’en biologie, médecine, astronomie etc. Il a témoigné de ses talents comme organisateur de fêtes et il a connu aussi les affres de la guerre.

Le paradoxe est que, dans son souci de perfection, il est très rarement arrivé au bout de ses projets ou bien a échoué à vouloir trop innover.

Adepte de la peinture de chevalet et de la peinture à l’huile, une innnovation venue des Flandres, on ne lui connaît que vingt œuvres authentifiées, toutes des chefs-d’oeuvre. Et aucune de ses recherches scientifiques ou de ses réalisations d’ingénieur n’a laissé de traces concrètes…

 

Un jeune homme doté de tous les dons

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Lionardo di Ser Piero da Vinci est le fils illégitime de Messer Piero, un notaire de Vinci, village proche de Florence. Il bénéficie d’une éducation de qualité dans un milieu familial chaleureux et cultivé.

À 17 ans, Léonard se forme à la peinture et aux autres arts dans l’atelier de l’illustre Andrea del Verrocchio, tout comme Botticelli, Lorenzo di Credi, Pérugin… Il réalise de concert avec le maître un remarquable Baptême du Christ (il est sans doute l’auteur des deux anges de gauche). La première oeuvre de sa main est la Madone à l’œillet (1476).

Élégant et beau autant que surdoué, le jeune Leonardo da Vinci devient un familier de Laurent le Magnifique, maître tout-puissant de la République de Florence et grand mécène.

Cependant, la vie en Toscane n’est pas aussi douce qu’on pourrait le croire : jugé pour sodomie, Léonard s’exile en 1476 et ne revient qu’en 1478.

C’est alors qu’il quitte son maître et s’installe à son compte mais sans parvenir à obtenir la réputation qu’il estime, à juste titre, mériter. Il faut dire qu’il a une fâcheuse tendance à ne pas achever ce qu’il entreprend. De plus, lorsqu’il obtient des commandes de tableaux religieux, leur style déplaît tant qu’elles lui sont en général retirées, comme un Saint Jérôme et une Adoration des Mages pour le couvent de San Donato.

Dépité, Léonard part en 1482 à Milan, où il espère obtenir les bonnes grâces du duc Ludovic le More : il lui adresse pour cela une longue lettre détaillant ses capacités d’architecte et d’ingénieur, en particulier en matière militaire. Seules les supplications de ses amis le convainquent de rajouter qu’il est aussi peintre… Et c’est seulement dix ans plus tard qu’il obtiendra le titre d’ingénieur ducal, plus prestigieux que celui d’artiste !

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Créateur malchanceux

Et, de fait, aussi surprenant que cela nous paraisse aujourd’hui, ce n’est pas comme peintre que Léonard est alors célèbre, mais comme organisateur de fêtes. Là, il déploie tout son génie d’inventeur pour développer des machines et mettre en place des spectacles comme personne n’en avait jamais vu.

À Milan, Léonard de Vinci peint la Vierge aux rochers, le premier de ses chefs-d’oeuvre picturaux (il en réalisera plus tard une deuxième version, aujourd’hui à la National Gallery, Londres, avec le concours de ses assistants).

Ses recherches esthétiques passent déjà par de multiples croquis comme L’homme de Vitruve (1490), un dessin inspiré des théories de l’architecte romain Vitruve (Ier siècle av. J.-C.) qui inscrit l’homme dans un cercle et un carré à la fois, signifiant par là que « l’homme est la mesure de toute chose » (aphorisme emprunté à Platon et à son aîné, le sophiste grec Protagoras). Ce dessin et la formule associée incarnent mieux que tout l’humanisme et la Renaissance.

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Mais son ambition est autre : il désire plus que tout réaliser le monument équestre que Ludovic veut faire construire pour son père défunt. Après plusieurs années d’humiliation, il est enfin chargé de l’œuvre qui doit assurer sa réputation. Représenter un cheval cabré est un défi technique inouï ; des tonnes de bronze s’accumulent dans la ville, mais voici qu’en 1494, le roi de France Charles VIII entreprend une expédition en Italie. Le métal est alors utilisé pour l’artillerie et le projet équestre ne sera jamais réalisé.

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L’alerte passée, Ludovic demande à Léonard de peindre la Cène pour le réfectoire du monastère Santa Maria delle Grazie. L’œuvre obtient enfin un succès général, mais le destin frappe à nouveau : quelques années plus tard, elle commence à se détériorer, victime de l’humidité et des techniques trop innovantes et mal maîtrisée que le peintre a tenu à employer. Les couleurs passent et la peinture se décolle. Décidément, Léonard est maudit. Il faut dire aussi qu’il n’a jamais eu de chance (ni de goût) avec les oeuvres de grandes dimensions et la technique de la fresque .

En 1499, les Français, conduits cette fois par le roi Louis XII, reviennent en Italie et cette fois déposent Ludovic.

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Leonardo da Vinci Date: Red chalk on pale, brown-toned paper 226x186 mm

Le souverain français rencontre Léonard de Vinci, dont la célébrité dépasse d’ores et déjà les frontières de l’Italie, et lui commande un portrait de sainte Anne, mère de la Vierge, pour honorer son épouse Anne de Bretagne qui vient de lui donner une fille. Le peintre va travailler sur cette oeuvre jusqu’à sa mort, près de vingt ans plus tard, portant à la perfection la technique du sfumato dont il est le maître inégalé…

Faute de commandes, il quitte Milan pour Mantoue et Venise, où il ne reste que quelques mois, sans parvenir à « percer ». À Mantoue, il se signale par un portrait (inachevé) d’Isabelle d’Este.

Enfin, à Florence, grâce à l’entremise de Machiavel, le gonfalonnier de justice Piero Soderini, qui a remplacé les Médicis à la tête de la République, lui confie la décoration de la nouvelle salle du Grand Conseil, dans le palais de la Seigneurie.

Il s’agit d’illustrer La Bataille d’Anghiari, un combat qui a vu en 1440 la victoire de Florence sur Milan. L’affrontement en lui-même n’a rien eu d’extraordinaire, le seul mort est tombé de cheval. Mais Léonard va le transformer en une victoire épique.

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Ses cartons fascinent tous les spectateurs, mais les problèmes techniques le dépassent, d’autant que la ville a en même temps embauché Michel-Ange (25 ans) pour peindre à l’autre bout de la salle, une Bataille de Cascina : durant plusieurs mois, la cohabitation est houleuse !

Léonard de Vinci et son cadet se détestent. Le premier est lumineux et affable autant que le second est ténébreux et tourmenté. L’un ne jure que par la peinture à l’huile, l’autre affronte la fresque et le marbre…  Mais ni l’un ni l’autre n’achèvera en définitive sa bataille.

Michel-Ange l’abandonnera pour gagner Rome et se vouer à la Sixtine. Léonard, quant à lui achèvera son oeuvre mais de celle-ci, aujourd’hui disparue, il ne reste que les études préparatoires et une copie réalisée par Rubens en 1603 

[ Toujours à Florence, un marchand, Francisco del Giocondo, lui commande en 1503 un portrait de sa troisième femme, Madonna Lisa (ou pour faire court, Mona Lisa). Il ignore qu’il sera à l’origine du plus célèbre tableau du monde, la Joconde. Léonard n’abandonne pas son œuvre, bien au contraire. Il refuse de s’en séparer et, jusqu’à sa mort, ne cessera de la retoucher. Tant pis pour le mari.

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Au musée du Louvre, dont elle est aujourd’hui la vedette avec son sourire indéfinissable de jeune mère épanouie, la Joconde semble suivre ses innombrables admirateurs de son regard. Oublié, le vol dont elle a été victime en 1911…

Après un séjour à Rome, où il a du mal à affronter la concurrence de Michel-Ange et Raphaël, Léonard se rend finalement en France en 1516, à la demande pressante de François Ier, le vainqueur de Marignan, qui a pour lui le plus grand respect. Il lui offre le manoir royal du Cloux, ou Clos-Lucé, près d’Amboise, ainsi qu’une généreuse pension.

Handicapé de la main droite, le vieil homme ne peut plus guère peindre. Mais il organise quelques belles fêtes pour son protecteur et jette les plans d’une nouvelle capitale royale à… Romorantin, au coeur de la Sologne. On lui attribue aussi les plans du futur château de Chambord et peut-être de son célèbre escalier à double vis.

Il meurt trois ans plus tard, non sans avoir réglé ses obsèques dans le plus grand détail.

La légende veut que le jeune roi de France ait recueilli son dernier soupir, le 2 mai 1519 : « Aucun homme ne vint au monde qui en sût autant que Léonard », dit le roi en manière d’épitaphe.

Génie pictural

Nonobstant les aléas de sa longue vie, Léonard de Vinci n’en demeure pas moins un peintre de génie. Il a compris avant tout le monde les possibilités offertes par la peinture à l’huile, une invention flamande. Inventeur touche-à-tout, il occupe une place de premier plan dans la peinture en raison de sa maîtrise du fondu. Il est l’inventeur du sfumato, un procédé pictural qui adoucit les contours des ombres et les fond dans la lumière ambiante.

Sa manière révolutionnaire d’estomper les formes et de créer l’indécision des ombres et de la lumière va influencer les grands peintres du clair-obscur, au premier rang desquels Rembrandt, un siècle plus tard.
[Voir en haute définition le portrait dit de la Belle Ferronnière, une autre maîtresse du duc de Milan]

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La vie de Léonard : un échec ?

Par son génie, Léonard symbolise la Renaissance italienne. Pourtant, il est aussi une figure tout à fait exceptionnelle et à part. Il n’a pas reçu de formation poussée, ne lit ni le grec ni le latin et connaît mal les œuvres antiques. Il n’est jamais parvenu à s’établir comme ses contemporains Botticelli et Michel-Ange ou son cadet Raphaël, qui ne l’en admire pas moins. Les tableaux qui lui sont attribués avec certitude se comptent au nombre d’une vingtaine au maximum (quatre d’entre eux sont au Louvre : La Vierge aux RochersSaint Jean-BaptisteSainte AnneLa Joconde).

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Il a projeté de rédiger 120 traités sur les sujets les plus divers, sans jamais en écrire un seul. Curieux de tout, il a pratiqué une dissection en 1507 à l’hôpital Santa Maria Nuova de Florence, en violation de la loi. Il a ainsi découvert comment un infarctus pouvait être provoqué par une artère bouchée. Il a aussi représenté pour la première fois le fœtus dans l’utérus de la mère.

Les inventions techniques qu’on lui attribue, comme le parachute par exemple, posent également de nombreux problèmes : elles sont dessinées sur les milliers de pages de carnets que Léonard a noircis tout au long de sa vie, mais on ne sait pas s’il s’agit réellement d’inventions ou s’il se contente de noter les idées d’autres. Ses carnets de notes reflètent avant tout son insatiable curiosité et son ouverture aux idées et aux techniques de son temps

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Sa personnalité est aussi troublante que son génie. Prodigue avec ses amis, il tient la comptabilité de ses dépenses avec la précision d’un usurier.

En mourant, il lègue ses biens à son élève et disciple Francesco Melzi, qui l’a accompagné à Amboise, ainsi qu’à Andrea Salai, son autre élève et sans doute aussi son amant.

Melzi a réalisé le seul portrait que l’on connaisse de Léonard de Vinci âgé. Salai a posé pour saint Jean-Baptiste et a sans doute peint la copie de la Joconde qui est au Prado, à Madrid. Réalisée en même temps que l’autre, elle servait vraisemblablement de prototype ou de modèle expérimental au maître.

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Bibliographie

À quoi ressemblait Léonard ?

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Aujourd’hui, on se le représente communément sous les traits d’un auguste vieillard à la barbe de prophète tel que l’a croqué son élève et disciple Francesco Melzi ou tel qu’il se serait portraituré lui-même (ci-contre).

Mais sans doute ses contemporains ont-ils surtout gardé le souvenir d’un beau jeune homme affable et plein de bonnes manières, de ceux qui charment les cours princières. En somme, il reste et restera toujours un mystère.

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Pour aller plus loin, nous recommandons la passionnante biographie du spécialiste italien Carlo Vecce : Léonard de Vinci (Flammarion, 2001). Elle met l’accent sur la vie personnelle tourmentée du génie.

La pensée scientifique de Léonard a fait l’objet d’une étude très fouillée par Fritjof Capra (Léonard de Vinci, homme de sciences, Actes Sud).

Nous vous suggérons aussi Léonard de Vinci (Folio) de Sophie Chauveau, qui se lit comme un roman, et pour cause : l’auteur est aussi romancière (citons du même auteur, pour rester dans l’histoire de l’art, La Passion Lippi ou Le Rêve Botticell, tous deux disponibles en Folio).

Dans le genre romanesque, on peut lire aussi Au temps où la Joconde parlait (J’ai Lu, 1993). L’auteur, Jean Diwo, décrit avec brio la Renaissance italienne et la concurrence de Léonard et Michel-Ange.

 

https://www.herodote.net/Leonard_de_Vinci_1452_1519_-synthese-546.php

 

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANJOU, BARTHELEMY D'EYCK (1420-1470), PEINTRE FLAMAND, PEINTRES, PEINTURE, PROVENCE, RENE D'ANJOU (1409-1480), RETABLE DE L'ANNONCIATION

Retable de l’Annonciation de Barthélémy d’Eyck

Le retable  de l’Annonciation de Barthélémy d’Eyck

Retable de l’Annonciation – ©Jean-Pierre Remy / CC-BY-SA

1954

Le retable de l’Annonciation

Voici le retable le plus connu comme chef d’oeuve à Aix-en-Provence : celui de l’Annonciation. Autrefois placé dans la cathédrale Saint-Sauveur puis transféré dans l’église de la Madeleine, il se trouve depuis 2006 au Saint-Esprit et transféré en 2016 au Musée du Viel Aix. Le panneau central se trouve ici à Aix. Les deux autres morceaux (les prophètes Isaïe et Jérémie) ont été dispersés dans les musées d’Amsterdam, de Bruxelles et de Rotterdam. Daté de 1445, on l’attribue au Flamand Barthélémy d’Eyck ou au Dijonnais Guillaume Dombet, installé à Aix à cette époque.

On a souvent parlé des détails « bizarres » de cette peinture. Qu’en est-il vraiment ? La scène se passe vraisemblablement dans une des églises aixoises. L’ange Gabriel, à genoux, dit à la Vierge : Ave gracia plena, Dominus tecum qui veut dire « Je vous salue Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ». Marie reçoit le message, un peu étonnée. En haut à gauche, Dieu envoie un rayon de lumière sur elle : un petit singe lève la tête vers ce rayon divin. Que cherche-t-il à faire ?

Plus étonnant encore ; au milieu du rai de lumière, on distingue une  forme quasi humaine.  On dirait bien un Jésus à l’état de fœtus, portant une croix, envoyé par Dieu en personne : une suggestion avant l’heure du dogme de l’Immaculée Conception.

Au premier plan, un  vase rempli de fleurs qui pose des questions : pourquoi lui avoir donné tant d’importance ? Et les fleurs qu’il contient pourraient-elles avoir un sens ?

Certains pensent que oui : dans le Guide de la Provence mystérieuse (éd Tchou), on peut lire qu’il s’agirait de belladone et de digitale, plantes considérées comme diaboliques à l’époque médiévale ! Diaboliques, comme ces étranges chauves-souris au-dessus de la tête de Gabriel, qui soit dit en passant, a des ailes en plumes de chouette, oiseau maudit par excellence ! Si la perspective est superbe, les drapés magnifiques, les visages sereins, tous ces petits détails troublants aiguisent la curiosité ! 

La légende veut que le peintre, pas assez payé par le commanditaire du retable, se soit vengé en intégrant des éléments inquiétants et très peu chrétiens dans son œuvre ! Na, il ne l’emportera pas au paradis…

 

Triptyque de l’Annonciation d’Aix

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Le Triptyque de l’Annonciation d’Aix est un retable peint daté des années 1443-1445 autrefois conservé dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence et aujourd’hui démembré en six panneaux dispersés entre trois musées et une église. Le panneau central est conservé en temps habituel à l’église de la Madeleine à Aix-en-Provence et actuellement visible au Musée du Vieil-Aix.

 

Historique

La provenance du retable est bien connue grâce à sa description dans un document d’archives. Il est commandé le 9 décembre 1442   dans le testament d’un drapier aixois, Pierre Corpici, fournisseur du roi René d’Anjou, pour être placé sur l’autel de sa chapelle dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence. Il commande avec une prédelle en partie basse ainsi qu’un superciel en partie haute dont on ne sait pas s’ils ont été réalisés. Le tableau est achevé soit pour le jour de l’Annonciation 1444 soit en 1445. En 1618, l’ensemble est déplacé de la chapelle au baptistère de la cathédrale. En 1623, il est toujours décrit avec ses volets ce qui n’est plus le cas en 1679. En 1791, la partie centrale est toujours placée au même endroit selon le maire de l’époque, Alexandre de Fauris de Saint-Vincens. Celui-ci le fait déplacer dans l’église de la Madeleine après la Révolution française. Cette dernière église étant fermée pour des raisons de sécurité depuis 2006, le tableau a été transféré dans une autre église d’Aix, l’église du Saint-Esprit2. Il est de nouveau déplacé au Musée du Vieil-Aix en mars 2016.

On retrouve la trace du volet gauche vers 1900 avec le prophète Isaïe et la Madeleine au revers mais mutilé, ayant perdu son entourage de colonnes et la nature morte en partie supérieure. Il appartient alors à la collection Cook de Richmond. Dès 1909, l’historien de l’art flamand Georges Hulin de Loo fait le rapprochement avec l’Annonciation d’Aix. La Nature morte aux livres est retrouvée la même année lors d’une vente à Amsterdam et achetée par le Rijksmuseum.

Le panneau droit, resté lui complet, réapparait lors d’une vente à Paris en mars 1923, le catalogue indiquant une provenance d’une résidence des environs d’Aix-en-Provence. Il est alors acheté par les Musées royaux des beaux-arts de Belgique à la demande justement de Hulin de Loo. L’ensemble de ces panneaux sont présentés ensemble dans une exposition pour la première fois en 1929 au musée du Louvre.

 

Composition

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Partie centrale : L’Annonciationéglise de la MadeleineAix-en-Provence

Volet gauche, partie supérieure : Nature morte aux livres, Rijksmuseum, Amsterdam

Volet gauche, partie inférieure : Le Prophète IsaïeMusée Boijmans Van BeuningenRotterdam

Volet droit : Le Prophète Jérémie, Musée royal d’art ancienBruxelles

Revers du volet gauche : La Madeleine agenouillée, Musée Boijmans Van Beuningen

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Revers du volet droit : Le Christ du Noli me tangere, Musée royal d’art ancien de Bruxelles

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Attribution

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Après des attributions fantaisistes au début du xixe siècle, les historiens de l’art français y voient un artiste français, peut-être de Bourgogne, passé en Flandres et actif en Provence. C’est le cas notamment lors de l’exposition sur les Primitifs français en 1904 au pavillon de Marsan au musée du Louvre. À l’inverse, un certain nombre d’historiens de l’art flamands y voient un artiste flamand s’étant installé dans le midi de la France. Georges Hulin de Loo y voit notamment des caractères « eyckiens » dans le tableau et forge pour la première fois le nom conventionnel de « Maître de l’Annonciation d’Aix ». Charles Sterling suit cette hypothèse. Dès 1904, le critique belge Hulin de Loo le rapprocha de l’auteur du Portrait d’homme de 1456. Depuis, il est généralement admis aujourd’hui par les historiens de l’art, tels que Charles SterlingMichel Laclotte, Dominique Thiébaut, Nicole Reynaud, qu’il s’agit de Barthélemyd’Eyck, peintre actif à la cour du roi René d’Anjou, originaire du diocèse de Liège.

 

Bibliographie

Jan Białostocki, L’art du xve siècle des Parler à Dürer, Paris, Le Livre de Poche, coll. « La Pochothèque », 199), pp. 151-153 et note 9

Dominique Thiébaut (dir.), Primitifs français. Découvertes et redécouvertes : Exposition au musée du Louvre du 27 février au 17 mai 2004, Paris, RMN, 2004, 192 p., p. 124-130

Yves Bottineau-Fuchs, Peindre en France au xve siècle, Arles, Actes Sud, 2006, 330 p. ( p. 119-126

Nicole Reynaud, « Barthélémy d’Eyck avant 1450 », Revue de l’Art, vol. 84, no 84,‎ 1989, p. 22-43

Yoshiaki Nishino, « Le Triptyque de l’Annonciation d’Aix et son Programme iconographique », Artibus et Historiae, vol. 20, no 39,‎ 1999, p. 55-74

Rose-Marie Ferré, « Le retable de l’Annonciation d’Aix de Barthélemy d’Eyck : Une pratique originale de la vision entre peinture et performance », European Medieval Drama, vol. 12,‎ 2008, p. 163-183

Louis-Philippe May, « L’Annonciation d’Aix », p. 82-98, dans Provence historique, 1954, tome 4, fascicule 16

 

 

Barthélemy d’Eyck

 

Barthélemy d’Eyck est un artiste peintre originaire de la principauté de Liège et actif entre 1444 et 1470, peintre de René d’Anjou, à qui plusieurs peintures sur bois, enluminures et dessins sont attribués.

Les archives le désignent à plusieurs reprises comme peintre de René d’Anjou, originaire de la région de Maaseik dans les Pays-Bas, vivant dans l’intimité du prince, par ailleurs roi titulaire de Naples. Cependant, à aucun moment, la documentation historique ne permet de lui attribuer une œuvre avec certitude, seules des déductions de styles effectuées par plusieurs historiens de l’art permettent de lui constituer un corpus d’œuvres. Après quelques hypothèses avancées dès la fin du xixe siècle, c’est principalement depuis les années 1980 que plusieurs historiens tels que Charles Sterling et François Avril ont permis de mettre son nom sur plusieurs œuvres jusque-là attribuées à des maîtres anonymes.

Barthélemy d’Eyck a été identifié au peintre, jusqu’alors anonyme, désigné sous le nom de convention de « Maître du cœur d’amour épris », appelé aussi « Maître du roi René », qui est l’auteur probable des enluminures d’une dizaine de manuscrits réalisés pour René d’Anjou dont le Livre du cœur d’Amour épris, un manuscrit de la Théséide, le Livre des tournois et peut-être même quelques ajouts au calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry. Il est aussi assimilé au « Maître du triptyque d’Aix », auteur du Triptyque de l’Annonciation d’Aix, ce qui a permis de voir sa main dans plusieurs autres panneaux sur bois du deuxième tiers du xve siècle. Son style, inspiré de Robert Campin et empruntant à Jan van Eyck, est caractérisé par des personnages d’aspect massif, au regard énigmatique glissant sur le côté. Il use particulièrement de jeux d’ombres et du clair-obscur qui viendraient de son séjour en Provence. Enfin, il manie à de multiples reprises les symboles héraldiques et les emblèmes, sans doute sous l’influence directe de son mécène, le roi René, dont il est très proche. Ces attributions d’œuvres font de plus en plus l’unanimité parmi les historiens d’art, même si certaines d’entre elles sont encore sujettes à controverses.

 

Éléments biographiques

Ses origines et sa formation

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Ancienne abbatiale de l’abbaye d’Aldeneik à Maaseik.

Très peu d’éléments permettent de connaître la vie du peintre. Il serait originaire du diocèse de Liège, sans doute dans sa partie néerlandophone, plusieurs documents l’attestant. Il est en effet le fils d’une certaine Ydria Exters, originaire de la région de Maaseik qui s’est remariée en secondes noces à Pierre du Billant, brodeur attitré et valet de chambre de René d’Anjou, lui aussi néerlandais d’origine. Un acte notarié d’Aix-en-Provence, daté du 28 juin 1460 atteste en effet de ce mariage. Selon ce même acte, le frère de Barthélémy s’appelle Clément d’Eyck et est désigné comme « noble homme du diocèse de Liège ». D’autre part, une pierre tombale retrouvée dans le cimetière de l’abbaye d’Aldeneik, dans l’actuelle ville de Maaseik, dans la province de Limbourg, contient les armes des Van Eyck, celles du premier mari d’Ydria, associées aux armes des Van Biljandt ou du Billant. Ces indications font penser que Barthélemy d’Eyck pourrait avoir été parent de Jan et d’Hubert van Eyck, eux aussi originaires de cette région.

Selon Charles Sterling, Barthélemy aurait suivi une formation de peintre vers 1430-1435 aux Pays-Bas bourguignons, dans des milieux proches des frères van Eyck et de Robert Campin, alias le Maître de Flémalle. D’après l’historien de l’art allemand Eberhard König, il aurait participé directement à des œuvres issues de l’atelier de Jan van Eyck, notamment en contribuant à l’enluminure de trois pages des Très Belles Heures de Notre-DameRené d’Anjou, son futur mécène, aurait d’ailleurs peut-être visité l’atelier de Van Eyck en 1433. Cependant, cette attribution n’a pas été reprise par les autres historiens de l’art. Au contraire, d’après son style, plusieurs d’entre eux penchent plutôt pour une formation auprès de Robert Campin

Toujours selon Sterling, il aurait peut-être rencontré le peintre suisse d’origine allemande Conrad Witz, dont les œuvres possèdent des analogies marquées avec celles attribuées à Barthélemy. Cette rencontre aurait pu avoir lieu en 1434, à l’occasion du concile de Bâle. Par la suite, Barthélemy aurait fait connaissance avec René d’Anjou en 1435 à Dijon. Ce dernier, à la suite de son mariage avec Isabelle Ire de Lorraine, hérite du duché de Lorraine en 1431 détenu jusque-là par son beau-père. Cependant, Antoine de Vaudémont lui conteste ce titre. René d’Anjou est défait au cours de la bataille de Bulgnéville et est retenu en otage dans la capitale bourguignonne par le principal soutien de Vaudémont, le duc Philippe le Bon. Un peintre du nom de Barthélemy est d’ailleurs signalé à la cour de Bourgogne en 1440-1441 mais rien n’indique qu’il s’agit du même.

 

Un voyage en Italie ?

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Vue de Naples en 1472, Tavola Strozzi, Musée San Martino.

Très tôt, les historiens de l’art ont discerné des signes d’une influence italienne dans les œuvres attribuées au Maître du roi René et, symétriquement, des signes d’une influence du maître sur certains artistes italiens. L’humaniste italien Pietro Summonte   prétend en 1524 que la technique flamande de la peinture à l’huile a été enseignée au peintre napolitain Colantonio par le roi René lui-même, lors de son séjour sur place entre 1438 et 1442. À la suite de la mort de son frère Louis III d’Anjou en 1434, René hérite non seulement du duché d’Anjou, mais est également désigné comme l’héritier de Jeanne II de Naples. Après sa libération, René gagne le sud de l’Italie le 19 mai 1438 pour faire valoir son titre de roi de Naples contre Alphonse V d’Aragon.

Les historiens de l’art ont préféré voir plutôt les peintres de l’entourage du roi dans l’apprentissage de la technique flamande à Colantonio, ce qui incite l’Italienne Fiorella Sricchia Santoro et la Française Nicole Reynaud à écrire que Barthélemy d’Eyck devait alors accompagner son mécène. La présence de son beau-père Pierre du Billant est en tout cas attestée à Naples en 1440. Ces mêmes historiennes pensent qu’il a réalisé les feuillets de la Chronique Cockerell lors de son séjour sur place. Il pourrait avoir aussi accompagné le roi lors de son escale à Gênes en 1438 au cours du voyage vers Naples, où il aurait vu le Triptyque Lomellini de Jan van Eyck aujourd’hui disparu. Mais les avis divergent sur la fin du séjour. Selon Sricchia Santoro et l’historien Carlo Ginzburg, il serait resté à Naples avec le roi jusqu’en juin 1442 et rentré avec lui en passant par Florence, où ils auraient séjourné pendant l’été chez les Pazzi. Pour Nicole Reynaud, il serait rentré plus tôt, en compagnie de l’épouse du roi Isabelle de Lorraine et de ses enfants, accompagnés sans doute par Pierre du Billant, dont la présence est attestée à Aix-en-Provence dès mars 1441. Ce voyage reste une supposition, aucun document n’attestant même du fait que Barthélemy était bien au service de René d’Anjou pendant cette période. Bien qu’admis par plusieurs historiens de l’art, il est remis en cause par d’autres. Selon François Avril ou Eberhard König, Barthélemy d’Eyck pourrait tout aussi bien avoir réalisé la Chronique Cockerell à partir de documents rapportés d’Italie.

 

Le peintre attitré du roi René

Sa présence est par la suite attestée en Provence. Il est ainsi mentionné à Aix-en-Provence dans un acte notarié datant de 1444 comme un maître peintre (« magister et pictor »), aux côtés d’un autre grand peintre de l’époque résidant dans la région, le picard Enguerrand Quarton. Puis, il apparaît dans les comptes du roi René comme peintre ayant la charge officielle de valet de chambre entre 1446 et 1470, et à partir de 1459, il devient son valet tranchant, c’est-à-dire chargé habituellement de découper sa viande. Ces titres, purement honorifiques, sont très souvent donnés à l’époque à des peintres officiels de cour et leur permettent de bénéficier de revenus réguliers. En 1460, il obtient une nouvelle charge, celle d’écuyer du roi de Sicile, un des titres du roi René. Cependant, à aucun moment dans les comptes de René d’Anjou n’apparaît la moindre commande précise d’une œuvre. Il est simplement chargé par le prince d’acquérir d’autres œuvres d’art ainsi que des parchemins. À tel point que certains historiens de l’art, tel Albert Châtelet, ont même douté qu’il puisse avoir été un artiste, préférant y voir plutôt un secrétaire particulier.

René d’Anjou se montre très proche de son peintre. Tout d’abord, il lui accorde régulièrement des dons. Il finance lui-même des ateliers avec le mobilier nécessaire dans certaines de ses résidences, non loin de ses appartements. C’est le cas dans le château de Tarascon où est mentionné en 1447 « en ung restraiz du roy oudit chastel de Tharascon et là ou besogne Berthélémieu, peintre dudit seigneur » ; dans le palais comtal d’Aix-en-Provence, où l’on décrit, dans un inventaire datant de 1462, le « scriptorio » et le « studio » de « Bartholomei » ; à l’hôtel royal de Marseille où l’on signale la chambre haute de Barthélemy la même année. C’est aussi le cas dans son château d’Angers : un inventaire des biens de ce dernier palais, datant de 1471-1472, signale : « En la chambre du petit retrait du roy. Item ung petit basset en forme d’escabeau sur lequel escript Barthélemy […] Item une cherre à coffre et à ciel, sur laquelle se siet Berthélemy pour besongner ». Enfin, le peintre suit à de nombreuses reprises son maître dans ses déplacements. Outre son possible séjour à Naples déjà évoqué entre 1438 et 1442, il effectue ensuite plusieurs voyages entre l’Anjou et la Provence. Enfin, il accompagne le prince lors d’un déplacement en Guyenne au début des années 1450.

Vues des demeures de René d’Anjou où la présence de Barthélemy d’Eyck est attestée

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Vue actuelle du château de Tarascon.

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Vue de l’ancien palais comtal d’Aix-en-Provence, dessin à la plume et lavis du xviiie siècle.

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Château d’Angers, galerie du roi René.

L’inventaire du château d’Angers indique que Barthélemy est encore en vie en 1472. En revanche, sans doute entre 1475 et 1480, dans une lettre qu’adresse Jehanne de la Forest, veuve du peintre, à René d’Anjou, on apprend que le prince demande de lui transmettre les « pourtraistures de feu Berthelemy » encore en sa possession. Cette lettre atteste, outre de la mort récente du peintre, de l’existence d’œuvres de la main de Barthélemy, même s’il n’est pas précisé de quels travaux il s’agit. Les « pourtraistures » désignent à l’époque des dessins, pas forcément des portraits. Ainsi, même après la mort de l’artiste, le prince lui témoigne toujours son attachement

Le style du peintre

 

L’influence de Jan van Eyck, Robert Campin et Conrad Witz

Barthélemy d’Eyck était originaire des Pays-Bas et les œuvres qui lui sont attribuées s’en ressentent. Elles sont à de nombreuses reprises marquées par l’art des Primitifs flamands des années 1430, à l’époque présumée de sa formation. Le triptyque d’Aix présente des similitudes avec une autre Annonciation : celle de la National Gallery of Art peinte par Jan van Eyck, œuvre datant des années 1434-1436 et peut-être commandée par le duc de Bourgogne. C’est précisément à cette époque que Barthélemy se serait rendu à Dijon lors de sa rencontre avec René d’Anjou, alors prisonnier. Dans les deux tableaux, la scène se déroule dans une église, choix relativement rare à l’époque, dans une architecture apparente.  Dans le panneau d’Aix, une messe se déroule en arrière-plan, tout comme à l’arrière-plan d’un autre tableau marial de Jan van Eyck : Vierge dans une église (Gemäldegalerie, Berlin). Cette influence de Van Eyck est surtout constituée d’emprunts de motifs plus que d’un style. C’est le cas par exemple dans la scène de dédicace de la Théséide de Vienne où figure la silhouette de la femme au portrait des Époux Arnolfini

L’Annonciation de Jan van EyckNational Gallery of Art, Washington D.C.

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Panneau central du Triptyque de l’Annonciation d’Aix.

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Les Époux Arnolfini de Jan van Eyck, National Gallery.

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Scène de dédicace de la Théséide de Vienne, f.14v.

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Mais c’est surtout dans l’art de Robert Campin que le peintre semble trouver son inspiration : s’y retrouvent le même intérêt pour des lumières claires et franches et les ombres portées, mais aussi la recherche d’un rendu réaliste des modelés, des textures et des surfaces des objets et des tissus. Cette influence se ressent particulièrement dans le tableau de la Sainte Famille du Puy-en-Velay ou dans les Heures Morgan, qui présentent des ressemblances avec des œuvres attribuées à l’atelier de Campin.

La Sainte Famille, cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation du Puy-en-Velay.

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Vierge à l’enfant dans un intérieur, atelier de Robert CampinNational Gallery.

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Un autre peintre, non plus flamand, mais suisse d’origine allemande, semble avoir également influencé Barthélemy d’Eyck, au point que Sterling a pu supposer une rencontre entre les deux : il s’agit de Conrad Witz. Certains détails très particuliers au peintre helvète se retrouvent chez lui : c’est le cas notamment de l’usage des plissés de robes et de voiles de forme tubulaire et brisée. Il lui emprunte aussi des thèmes très rares dans la peinture de l’époque comme David et les trois vaillants dans les miniatures des Heures Egerton, thème déjà présent dans le retable du Miroir du Salut de Bâle peint par Witz vers 1435.

David et les trois vaillants, folio 139 des Heures EgertonBritish Library.

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David et les trois vaillants, retable du Miroir du salut, Kunstmuseum (Bâle).

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Les plis tubulaires dans le manteau de Salomon et la reine de Saba, Gemäldegalerie (Berlin).

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Un style propre et original

Même si des influences extérieures peuvent être discernées, le peintre se démarque par un style véritablement original. Ses œuvres présentent à de nombreuses occasions des organisations spatiales complexes comme dans le Triptyque de l’Annonciation d’Aix, un sens du mouvement et de l’action dans plusieurs miniatures comme celles de la Théséide de Vienne et le Livre des tournois. Il n’hésite pas à déployer cette action sur une double page, dans ces deux manuscrits, ce qui constitue « une innovation majeure qui fit date dans la mise en page de l’imagerie des manuscrits » d’après François Avril.. Il fait d’autre part un usage régulier du clair-obscur et des jeux d’ombres, comme dans le Livre du cœur d’Amour épris : ces éclairages seraient la marque de l’influence de son séjour en Provence et de la lumière dont bénéficie la région. Selon certains historiens d’art, ce sont ces mêmes ombres qui permettent de déceler sa main dans certains ajouts au calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry.

Son traitement des surfaces planes ou modelées est aussi très particulier : il réalise des coups de pinceau sous la forme de très fines hachures appelées aussi flochetage. Certaines de ses couleurs sont également uniques : il utilise rarement le bleu azur comme la plupart des enlumineurs de son époque, mais plutôt un bleu pervenche, par exemple dans le livre que tient Jérémie dans le Triptyque d’Aix

Ses personnages sont aussi caractéristiques : ils sont d’aspect massif, liés entre eux par des positions pivotantes de la tête et du corps, et possèdent généralement un regard énigmatique glissant sur le côté. Ils traduisent souvent une mélancolie qui se retrouve dans les textes de son mécène, le roi René d’Anjou. Leurs mains sont aussi particulières : fortes et moelleuses, aux phalanges osseuses et ongles courts, avec des gestes récurrents comme lorsqu’elles désignent quelque chose du doigt.

Le clair-obscur dans le Livre du cœur d’Amour épris, f.2.

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Le sens du mouvement dans le Livre des tournois, f.76v-77.

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La position des personnages et leur regard dans la Théséide de Vienne, f.64.

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Le bleu pervenche du livre tenu dans les mains par Jérémie dans le Triptyque d’Aixmusées royaux des beaux-arts de Belgique.

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Une maîtrise de l’héraldique et de l’emblématique

Tous les manuscrits attribués à Barthélemy d’Eyck révèlent une grande maîtrise de la science héraldique ainsi que de l’art des emblèmes, , très important à la fin du Moyen Âge. Le peintre est à l’origine de la peinture en 1452 du premier Armorial de l’ordre du croissantordre de chevalerie créé par René d’Anjou, dont le manuscrit original a aujourd’hui disparu mais dont des copies sont conservées. Son aisance dans la représentation des armoiries se retrouve dans les récits de tournois qu’il a illustrés ainsi que dans les emblèmes représentés dans les marges des livres d’heures. Il est originaire des Pays-Bas, qui est le lieu, à l’époque, où se définit cette science et dont les préceptes sont aussi bien suivis en France qu’en Allemagne. Barthélemy pourrait avoir assuré la fonction de héraut d’armes pour René d’Anjou. Outre le fait que cette fonction était fréquemment assurée par des peintres, plus aucun autre héraut n’est mentionné après 1446 au sein de la cour de Provence et d’Anjou.

D’autre part, les blasons et cimiers représentés dans le Livre des tournois sont directement inspirés des décorations héraldiques qui existent à la même époque entre Rhin et Meuse, soit la région d’origine de Barthélemy d’Eyck.

Présentation des drapeaux et des cimiers dans le Livre des tournois, f.67v-68.

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Armes de René d’Anjou ajoutées aux Heures Egerton, f.4v.

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Décor de marges fait de flocs bleus et noirs, emblème de Louis de Luxembourg-Saint-Pol à qui est dédié le manuscrit du Pas de la bergère de TarasconBNF, Fr1974, f.1.

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Marge des Heures de René d’Anjou, décorée d’un toupin de cordier symbolisant l’union qui fait la force. BNF, Lat17332, f.31.

 

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Œuvres attribuées

Chaque attribution ne se faisant que sur des éléments de style et non sur une documentation, elle peut se trouver contestée par un ou plusieurs historiens de l’art.

Tableaux

 La Sainte Famille devant une cheminée

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La Sainte Famille devant une cheminée

Ce tableau, daté des environs de 1435 et peint à la détrempe, est actuellement conservé à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation du Puy-en-Velay, mais provient du couvent des Clarisses de cette même ville. Longtemps attribué à un suiveur de Robert Campin, alias le Maître de Flémalle, l’historienne de l’art Nicole Reynaud a proposé de l’attribuer à Barthélemy d’Eyck sur des critères de style. La forme des visages, mais surtout leur inclinaison sur le côté, la forme des plis empruntés à Conrad Witz font penser au peintre du roi René d’Anjou qui assista au jubilé du Puy-en-Velayen 1440.

Pour Nicole Reynaud toujours, l’attribution de ce tableau engage à considérer un dessin d’une Vierge à l’Enfant actuellement conservé au Nationalmuseum de Stockholm comme la copie d’un tableau disparu de Barthélemy d’Eyck. S’y retrouve un regard glissant de côté de la Vierge identique à celui du tableau du Puy, le même dessin de la main, les mêmes plis rectangulaires du manteau.

 

Le Triptyque de l’Annonciation d’Aix

Triptyque de l’Annonciation, reconstitution de l’œuvre attribuée à Barthélemy d’Eyck, 1443-1444.


1280px-Barthélemy_d'_Eyck_001 (1).jpgCe retable a pour scène principale une Annonciation. Autrefois conservé en l’église de la Madeleine d’Aix-en-Provence, il est aujourd’hui démembré, les volets ayant été dispersés entre le Rijksmuseum (Amsterdam), le musée Boijmans Van Beuningen, (Rotterdam) et le musée royal d’art ancien à Bruxelles. Seule la partie centrale est toujours conservée à Aix. Les origines du retable sont bien connues grâce à un document d’archives datant du 9 décembre 1442 qui signale qu’il a été commandé par un drapier fournisseur de René d’Anjou du nom de Pierre Corpici à destination de son autel dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence. Cependant aucun nom de peintre n’est mentionné. Après de nombreuses attributions fantaisistes au cours du xixe siècle, le tableau est attribué en 1904 par l’historien de l’art belge Georges Hulin de Loo, à un peintre anonyme, d’inspiration très eyckienne selon lui, formé en Flandre, entré en contact avec Conrad Witz et actif en Provence. Il lui attribue le nom de convention de « Maître de l’Annonciation d’Aix ». Dès cette date, il y voit peut-être Barthélemy d’Eyck.  Pendant longtemps les historiens de l’art français ont préféré y voir un peintre français formé à l’art flamand. Après une restauration, les petits personnages présents au fond de la scène ont été rapprochés des personnages de la scène d’embarquement du Livre du cœur d’Amour épris (f.51v). Depuis, la plupart des historiens de l’art s’accordent sur cette attribution à Barthélemy d’Eyck, même si, par exemple, Albert Châtelet préfère y voir la main d’un certain Arnolet de Catz, peintre d’Utrecht marié à la fille d’un peintre d’Avignon en 1430 mais décédé en 1434.

 

Le Christ en croix

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Christ en croix, RF 1993-4

Ce petit panneau est un fragment d’un panneau plus grand, daté de 1444. Il provient peut-être d’une ancienne prédelle découpée au niveau des mains et des pieds. Il a été acquis par le musée du Louvre en 1993. Le tableau contient un fond reproduisant un tissu damassé très fréquent dans la peinture provençale de l’époque. La forme trapue du visage du Christ et son regard glissant sur le côté sont caractéristiques du style de Barthélemy d’Eyck.

 

Portrait d’homme de 1456

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Ce portrait d’un anonyme au strabisme divergent, conservé au Liechtenstein Museum de Vienne a longtemps été attribué à Jean Fouquet. Hulin de Loo, conteste cette attribution dès 1906 et y voit plutôt un « disciple avoué, manifeste, incontestable exclusif et direct de Johannes [van Eyck] qui aurait pu se fixer en Bourgogne ou en Provence ». Il le désigne sous le nom de convention de « Maître de 1456 ». Cependant, là encore, des « traces de francisation », selon lui, le rapprochent de l’auteur du Triptyque de l’Annonciation d’Aix, notamment par la teinte des chairs et le dessin des ongles. Malgré l’hostilité de plusieurs historiens de l’art, Dominique Thiébaut, conservateur en chef au département des peintures du musée du Louvre, reprend en 1983 cette hypothèse d’un peintre provençal et avance le nom de Barthélemy d’Eyck. Depuis, cette attribution au peintre de René d’Anjou est généralement admise, parfois avec un point d’interrogation comme lors d’une exposition à Bruges en 2002.

 

Enluminures et dessins

Chronique Cockerell, feuillet du Metropolitan Museum

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La Chronique Cockerell[

Neuf feuillets dessinés et peints, aujourd’hui dispersés entre le Metropolitan Museum of Art, (New York), le Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa), les musées nationaux de Berlin, la National Gallery of Victoria (Melbourne), le Rijksmuseum (Amsterdam) et la National Gallery of Art (Washington), sont les derniers vestiges d’un manuscrit copié de la Chronique Crespi vers 1438-1442. Il doit son nom à son ancien propriétaire, le conservateur britannique Sydney Cockerell. Ces feuillets, qui proviennent d’Italie et plus précisément de Naples où ils se trouvaient encore à la fin du xve siècle, ont été rapprochés de la peinture française et notamment de l’entourage du roi René. Ils pourraient avoir été réalisés à l’occasion du séjour du roi René sur place entre 1438 et 1442. La présence de Pierre du Billant sur place pendant cette période est attestée par les textes. Les historiens de l’art, parmi lesquels Nicole Reynaud, en concluent que Barthélemy d’Eyck pourrait être l’auteur de cette chronique.

 

Les Heures Morgan

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Ce livre d’heures à l’usage de Rome, dites Heures Morgan, est conservé à la Pierpont Morgan Library de New York (M358)15. Sa décoration a été réalisée dans les années 1440-1445 en collaboration avec Enguerrand Quarton, mais laissée inachevée. Sept miniatures et la plupart des 24 médaillons du calendrier au début du manuscrit sont l’œuvre de Barthélemy, tandis que trois autres sont l’œuvre du Picard. C’est François Avril qui a décelé dans ce calendrier une inspiration eyckienne et les jeux d’ombres caractéristiques du « Maître du roi René ». La révélation de l’acte notarié mettant en scène les deux hommes à la même époque a confirmé cette attribution à Barthélemy d’Eyck.

 

Les Heures Egerton

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Ce livre d’heures (ms.1070, British LibraryLondres) a été enluminé à Paris dans les années 1410. Plusieurs textes sont ajoutés après son acquisition par le roi René dans les années 1440, ainsi que cinq miniatures. Les Armoiries du roi (f.4v), une Vue du Saint-Sépulcre de Jérusalem (f.5), l’image du Roi mort (f.53), la Sainte hostie de Dijon (f.110) et enfin Les Trois Vaillants portant l’eau de Bethléem au roi David (f.139) sont attribuées par la plupart des historiens à Barthélemy d’Eyck. Ces miniatures présentent en effet une influence très eyckienne tout en possédant un caractère très français. Cette attribution est cependant contestée par Katherine Reynolds ou par Nicole Robin qui préfère y voir la main de Pierre du Billant.

 

Quelques ajouts aux Très Riches Heures du duc de Berry

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Miniatures du mois de Septembre des Très Riches Heures du duc de Berry, f.9v.

Plusieurs historiens de l’art s’accordent pour voir la main de Barthélemy d’Eyck dans l’un des plus célèbres manuscrits enluminés, actuellement conservé au musée Condé de Chantilly (Ms.65). D’après l’Italien Luciano Bellosi, le manuscrit des frères Limbourg, décédés en 1416, est complété par un peintre qui serait intervenu dans les années 1440. Les miniatures de certains mois — mars, juin, septembre, octobre et décembre — sont réalisées ou achevées à cette époque : certains costumes y sont caractéristiques de la mode de la deuxième moitié du xve siècle. L’usage des ombres derrière les personnages est aussi sa marque de fabrique, à tel point qu’il a été surnommé le Maître des Ombres. Même si cette datation par la mode a été discutée, plusieurs innovations graphiques présentes dans ces miniatures — comme le plus grand réalisme des paysans ou de la nature — peuvent ainsi s’expliquer par une datation du milieu du xve siècle. D’autres ajouts de style eyckien sont décelables dans certains personnages de l’illustration des Litanies de saint Grégoire (f.71v-72). Cette existence d’un peintre intermédiaire un peu avant le milieu du siècle fait désormais l’objet d’un quasi-consensus parmi les historiens de l’art. Selon Bellosi, ce peintre, qui possède des caractères eyckiens et vivait sans doute dans l’entourage royal ou dans celui de René d’Anjou, beau-frère de Charles VII, pourrait être Barthélemy d’Eyck. Pour Nicole Reynaud, la représentation des chiens de Décembre, avec la bave aux lèvres, vaut une quasi-signature de l’artiste.

Cette attribution à Barthélemy d’Eyck a été contestée par plusieurs spécialistes. C’est le cas par exemple de l’historienne de l’art britannique Catherine Reynolds, pour qui le style des ajouts de ce peintre intermédiaire ne correspond pas à celui de Barthélemy d’Eyck. D’autre part, des emprunts à ces parties des Très Riches Heures se retrouvent très tôt dans certaines miniatures de manuscrits dans deux livres d’heures attribués au maître de Dunois : une scène de semailles d’octobre dans un manuscrit conservé à Oxford et une Présentation au temple dans les Heures de Dunois. Or, c’est entre 1436 et 1440 que ces manuscrits sont produits. Dès lors, les ajouts du peintre intermédiaire doivent être datés au plus tard à la fin des années 1430. Cependant, à cette époque, Barthélemy d’Eyck, actif uniquement à partir de 1444, ne peut avoir eu entre les mains les cahiers inachevés du duc de Berry selon Reynolds.

Pour l’historienne de l’art Inès Villela-Petit, ce problème de datation pourrait s’expliquer par le fait que les dessins du calendrier avaient déjà été en grande partie tracés par les frères de Limbourg, à défaut d’en avoir achevé la peinture. Ainsi, le maître de Dunois aurait consulté ces dessins pour réaliser ses propres miniatures dans les années 1436-1440, et non les ajouts à ces dessins effectués par Barthélemy d’Eyck après 1440. Cette hypothèse permet d’expliquer l’intervention du peintre du roi René à telle période. Plus précisément, le peintre pourrait être intervenu à la demande de Charles VII, propriétaire de l’ouvrage, alors que le roi séjournait à Saumur en 1446 chez son cousin René d’Anjou

 

Pas d’arme de la bergère de Tarascon

Ce texte, rédigé en vers par un proche du roi René, Louis de Beauvau, rend compte d’un tournoi organisé en 1449, mettant en scène des chevaliers et dames déguisés en bergères et bergers. Le seul manuscrit de ce récit (Bibliothèque nationale de France, Fr1974) contient une miniature en frontispice représentant une bergère tressant des lauriers pour le futur vainqueur. Cette scène présente des similitudes avec l’Émilie au jardin représentée dans la Théséide de Vienne, particulièrement dans le rendu des mains. L’illustration suit d’autre part le texte par de nombreux détails iconographiques. Tous ces éléments plaident selon François Avril pour une attribution à Barthélemy

 

Le Mortifiement de vaine plaisance

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Il existe une douzaine de manuscrits de ce traité de morale religieuse écrit aussi par René d’Anjou en 1455. L’exemplaire sans doute original et personnel de René d’Anjou a aujourd’hui disparu, mais cinq miniatures sont conservées par la bibliothèque municipale de Metz. Ces miniatures sont attribuées à l’enlumineur de Bourges Jean Colombe, mais Barthélemy d’Eyck pourrait y avoir contribué. Selon François Avril, le peintre du roi René les aurait entamées et laissées dans un état très avancé. Plusieurs détails de ces peintures rappellent d’autres œuvres du peintre : la chaumière, la lourde maçonnerie du château, la rivière et ses rives rocheuses se retrouvent dans différentes miniatures du Livre du cœur d’Amour épris. Plusieurs détails architecturaux et notamment les murs en brique se retrouvent dans le manuscrit de la Théséide. Jean Colombe ou son atelier aurait achevé ces miniatures par leur mise en couleur dans les années 1470, soit après la mort de Barthélemy.

 

Le Livre du cœur d’amour épris

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Désir rencontre le messager d’AmourLivre du Cœur d’Amour épris, f.31

Cette œuvre est une épopée chevaleresque nourrie de littérature courtoise écrite en vers et en prose par le roi René en personne en 1457. Le manuscrit conservé à Vienne (Vindobonensis 2597) a été écrit vers 1458-1460. Ses enluminures sont entamées sans doute par Barthélemy d’Eyck vers 1465. Elles sont interrompues par la mort de l’artiste : 16 miniatures sont peintes sur les 44 prévues, sur les 50 premiers feuillets. Ces miniatures, très proches du texte, résument le plus souvent en une image plusieurs épisodes évoqués dans la même page. Formant chacune de petits tableaux, elles utilisent très fréquemment les clairs-obscurs et les jeux d’ombres, comme dans ses ajouts aux Très Riches Heures.

 

Heures de René d’Anjou (Latin 17332)

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Ce livre d’heures, datant des années 1459-1460, est sans doute le dernier en possession du roi (BNF, Latin 17332). Il est probablement exécuté sous son contrôle direct. Une seule miniature a été réalisée : celle représentant la Vierge telle que dans un tableau votif, en buste, la tête inclinée, la tête couverte d’un voile bleu. Cette image reprend sans doute un tableau ayant appartenu à René d’Anjou mais aujourd’hui disparu. Le manuscrit contient également des décorations de marge présentant des symboles rappelant le roi René et son histoire à la fin de sa vie mais restant en grande partie obscure. Cette proximité avec le duc d’Anjou ainsi que cette maîtrise des emblèmes du duc plaident là encore pour une attribution à son peintre le plus proche, Barthélemy d’Eyck, même si celui-ci n’a fait peut-être que superviser la réalisation des décors de marges.

 

Le Livre des tournois

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La remise du prixLivre des tournois, f.103v

Le Traité de la forme et devis comme on fait un tournoi est un texte écrit par René d’Anjou lui-même décrivant un nouveau modèle de déroulement de tournoi de chevalerie, prenant l’exemple d’un affrontement fictif entre l’entourage du duc de Bretagne et celui du duc de Bourbon. Les illustrations occupent 36 pleines pages soit un tiers de ce manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France (Fr2695). Il s’agit non pas d’enluminures traditionnelles mais de dessins à l’encre rehaussés de lavis. Ces illustrations traduisent une étroite connivence entre le roi écrivain et son peintre : les miniatures fourmillent de dizaines de détails présents dans le texte dont il est sans doute le manuscrit original. La façon d’afficher les armoiries, les formes des cimiers typiques des régions entre Rhin et Meuse, ainsi que l’usage du clair-obscur rappellent l’art de Barthélemy d’Eyck. Le manuscrit est daté des années 1460, d’après son filigrane et les symboles héraldiques utilisés.

 

La Théséide de Vienne

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Ce manuscrit, actuellement conservé à la Bibliothèque nationale autrichienne (Vindobonensis 2617) est la seule version illustrée d’une traduction française de la célèbre œuvre de Boccace. Il a été rédigé dans les années 1460 pour recevoir de grandes miniatures occupant plus de la moitié des pages. Seize ont été peintes au total. Barthélemy d’Eyck a sans doute réalisé la première campagne d’enluminure, qui couvre la première partie du livre dans les années 1460 à Aix-en-Provence. Outre une initiale historiée représentant Boccace dans son atelier (f.3), il s’agit de miniatures représentant une scène de dédicace (f.14v), La Victoire de Thésée contre les Amazones (f.18v-19), Le Triomphe de Thésée à Athènes (f.39), Émilie au jardin (f.53), La Libération d’Arcita (f.64), Émilie témoin du duel d’Arcita et Palamon (f.76v-77) La Prière d’Arcita, Émilie et Palamon(f.102). Les autres sont de la main d’un autre peintre favori du roi René, le Maître du Boccace de Genève, qui s’y attelle à Angers dans les années 1470. Il a aussi achevé certaines des miniatures de Barthélemy, comme les visages de la double page 76v-77. Le style de Barthélemy se retrouve dans les personnages de grande taille et des paysages à l’horizon bas et peu détaillés. Il a transposé une histoire antique dans le décor de son temps : les accessoires, les costumes, l’architecture et les bateaux datent des années 1460.

 

Portrait de Louis II d’Anjou

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Portrait de Louis II d’Anjou

Ce dessin à la plume et aquarelle sur papier conservé au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France représente Louis II d’Anjou (1377-1417), père de René. Il s’agit probablement de la copie d’une peinture plus ancienne contemporaine du modèle : en effet, le filigrane du papier utilisé, diffusé en Provence, indique une date entre 1456 et 1465, soit bien après sa mort. En outre, la finesse des traits du visage et du chaperon indique une influence de Van Eyck. Il a sans doute été agrandi au xviiie siècle comme le montrent clairement les marges. Selon François Avril, seul Barthélemy d’Eyck serait capable d’atteindre un tel niveau dans ce portrait considéré comme l’un des plus beaux portraits du xve siècle. Il parvient à la fois à réaliser un fac-similé d’une œuvre plus ancienne, comme il l’a déjà fait dans la miniature de la Vierge du livre d’heures de René d’Anjou ou dans la Chronique Cockerell, tout en y insérant certaines des caractéristiques de son style, telle la représentation des matières et de la peau.

 

Un peintre de cartons et de modèles ?

Il serait aussi l’auteur de cartons préparatoires (disparus) à la réalisation de panneaux de broderies représentant des scènes de la vie de saint Martin, sans doute brodées par son beau-père, Pierre du Billant. Ils pourraient avoir été réalisés à l’occasion du mariage par procuration de la fille de René d’Anjou, Marguerite, avec Henri VI d’Angleterre en 1444 en l’abbaye Saint-Martin de Tours. Ces noces furent, pour le père de la mariée, l’occasion de nombreuses dépenses somptuaires. Quatre sont parvenues jusqu’à aujourd’hui : l’une au musée national du Moyen Âge, deux au musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon et une dernière dans une collection privée. Toujours selon Nicole Reynaud, il pourrait avoir réalisé des modèles pour des peintures murales, représentant des scènes de joutes et décorant autrefois la grande salle du château de Saumur .

La guérison de la femme aveugle. Broderie des miracles de saint Martin, musée de Cluny.

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Vitrail représentant René d’Anjou, la Vierge et Jeanne de Laval, chapelle du château d’Angers.

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Détail d’un vitrail de la Sainte-Chapelle de Riom.

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D’autres œuvres ont été rapprochées de Barthélemy : l’historienne de l’art suisse Brigitte Kurmann-Schwarz voit sa main dans les cartons des vitraux de la Sainte-Chapelle de Riom3. Christian de Mérindol la voit encore dans les plafonds peints du château de Tarascon : une mention dans les comptes du duc en 1447 confirmerait cette attribution. Cependant, ces dernières attributions ne rencontrent pas l’adhésion des spécialistes du peintre. Cela n’empêche pas François Avril de voir dans les « pourtraistures de feu Berthelemy » justement des modèles pour d’autres techniques que la peinture. Selon lui, son dessin serait à l’origine du vitrail provenant de l’abbaye de Louroux et actuellement conservé dans la chapelle du château d’Angers.

Postérité et influence

Barthélemy d’Eyck laisse peu de traces dans les écrits de ses contemporains mais aussi après sa mort. Un rare témoignage de Jean Pèlerin Viator datant de 1521 l’évoque peut-être dans une citation où il l’associe à d’autres peintres : « O bons amis trespassez et vivens […] Berthelemy fouquet/poyer/copin ». Cependant la ponctuation défaillante a fait dire à certains qu’il ne s’agissait pas de Barthélemy d’Eyck mais d’un certain Barthélemy Fouquet inconnu. D’autres historiens d’art ont tenté de déceler les traces du style attribué à Barthélemy d’Eyck chez d’autres peintres postérieurs.

 

En Provence et dans le Val de Loire

Retable de Boulbon, anonyme, vers 1450, musée du Louvre

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Pour Charles Sterling, le Maître d’Aix a marqué d’autres artistes en Provence, particulièrement dans le domaine de la peinture de retable. Est cité en exemple notamment le Retable de Boulbon, actuellement conservé au musée du Louvre, même si le mauvais état de ce panneau permet difficilement de juger de son style. Il aurait aussi pu avoir influencé certains maîtres verriers de la région. Enfin, François Avril a réuni un petit corpus de manuscrits provençaux dans lequel il distingue une influence directe du Maître du roi René et qu’il attribue à Pierre Villate — également collaborateur d’Enguerrand Quarton pour La Vierge de miséricorde de la famille Cadard du musée Condé.

En Anjou, Barthélemy a évidemment influencé les autres peintres ayant travaillé pour le roi René : cette influence est relativement évidente chez celui désigné sous le nom de convention de Maître du Boccace de Genève, qui a achevé la Théséide de Vienne, entamée par Barthélemy. Le Maître du Boccace lui emprunte des motifs et notamment des têtes, des gestes et des rendus de tissus. Il a sans doute rencontré Barthélemy selon Eberhard König, soit dans les années 1460, soit dès les années 1450

Cette influence s’étend dans le Val de Loire jusqu’à Bourges, où est installé Jean Colombe : celui-ci achève certains de ses manuscrits et en réalise aussi des copies, comme l’exemplaire du Mortifiement de vaine plaisance conservé à la Fondation-Martin-Bodmer à Genève.

 

Cruxifixion d’Antonello de Messine

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CrucifixionAntonello de Messine, vers 1460, musée national d’art de Roumanie

Plusieurs influences ont été décelées chez certains peintres italiens. Pour Fiorella Sricchia Santoro, le style de Barthélemy d’Eyck pourrait avoir influencé Antonello de Messine par l’intermédiaire de son maître, Colantonio. Dans son tableau de la Crucifixion conservé au musée national d’art de Roumanie, les personnages présentent, selon elle, des similitudes avec ceux de L’Annonciation d’Aix. Selon Mauro Lucco, il aurait pu aussi influencer Giovanni Bellini. Des relations auraient pu se nouer entre les deux artistes puisque René d’Anjou a lui-même reçu en cadeau un manuscrit d’une Géographie de Strabon enluminé par ce peintre. Carlo Ginzburg voit même une influence de Barthélemy sur Piero della Francesca6. Si un éventuel voyage de Barthélemy sur place pourrait expliquer ces influences, celles-ci pourraient aussi provenir des échanges de dessins et d’œuvres entre la Provence et l’Italie à l’époque. En effet, les voyageurs italiens parcourent régulièrement la région. Enfin, puisque René d’Anjou a reçu des manuscrits italiens en cadeau, il a tout à fait pu faire don en retour d’un manuscrit de son peintre favori en Italie.

Quelques œuvres espagnoles sont marquées par l’art de Barthélemy d’Eyck. Des historiens de l’art ont en effet noté la parenté entre l’art du peintre du roi René et certains retables, comme celui de la Vierge de Belen à Laredo (Cantabrie). La statue de la Vierge du retable présente de grandes similitudes avec le dessin du musée de Stockholm27. Cette influence vient peut-être de la présence de nombreux Espagnols à la cour de René d’Anjou, dont la mère, Yolande, était d’origine aragonaise.

 

Historiographie

Selon Dominique Thiébaut en 2004, « aucun peintre actif sur le sol français, n’a suscité une littérature aussi abondante et des discussions aussi passionnées, ces dernières années que le mystérieux Barthélemy d’Eyck ». L’historien Auguste Vallet de Viriville mentionne pour la première fois son existence en 1858 après avoir retrouvé sa trace dans les comptes du roi René mais sous le nom de Barthélemy de Clerc, à la suite d’une erreur de transcription. Albert Lecoy de La Marche, autre archiviste-historien, complète la connaissance sur le personnage grâce à ses travaux sur les comptes du roi René en 1875. En 1892, Paul Durrieu est le premier à attribuer des œuvres au peintre du roi René : il s’agit du Livre du cœur d’Amour épris et de la Théséide, tous deux conservés à Vienne.  Par la suite, Georges Hulin de Loo lui attribue en 1904 le triptyque d’Aix avec beaucoup de prudence, préférant dans le même temps lui forger le nom de convention de « Maître de l’Annonciation d’Aix ». À son tour très prudent, Paul Durrieu lui attribue le Livre des tournois en 1911 mais forge lui aussi un nom de convention : le « Maître du Cœur d’amour épris » ou « Maître du roi René ».  Si les noms de convention sont abondamment repris, le rapprochement avec Barthélemy d’Eyck, avancé avec beaucoup de précautions, rencontre dans un premier temps peu d’échos parmi les autres historiens d’art.

Le rapprochement entre le Maître d’Aix et le Maître du Roi René est suggéré dès 1928 par le conservateur du Louvre Louis Demonts puis par l’historien de l’art allemand Paul Wescher en 1945. C’est surtout Jacques Dupont qui effectue un rapprochement entre les petits personnages du Triptyque d’Aix et ceux du Livre du cœur d’Amour épris en 1950.  Mais là encore, ces propositions sont peu reprises et le lien n’est pas fait avec Barthélemy d’Eyck. Une autre hypothèse est avancée à la même époque : selon l’historien de l’art autrichien Otto Pächt, René d’Anjou aurait réalisé les illustrations de ses propres manuscrits et il n’y aurait selon lui pas nécessité de chercher un autre peintre derrière le Maître du roi René. Là encore, cette hypothèse rencontre peu de succès.

Barthélemy d’Eyck est remis en avant à l’occasion d’une nouvelle découverte dans les archives, faite par Charles Sterling en 1981 : sa présence est attestée à Aix en compagnie d’Enguerrand Quarton au moment de la réalisation des Heures Morgan, que François Avril avait quelques années plus tôt attribuées au Maître du roi René. En 1983, dans sa monographie consacrée à Quarton, Sterling y inclut un chapitre restituant la vie et l’œuvre de Barthélemy d’Eyck à partir des éléments documentaires et des œuvres qui sont attribuées au Maître du roi René et au Maître d’Aix. À partir de cette date, de nombreux historiens de l’art, jusque-là critiques sur le rôle de Barthélemy, lui emboîtent le pas et enrichissent le corpus de ses œuvres. Michel Laclotte et Dominique Thiébaut valident l’hypothèse dans leur ouvrage sur l’école d’Avignon, François Avril lui attribue le Livre des tournois à l’occasion de sa publication en 1986, l’historienne de l’art italienne Fiorella Sricchia Santoro accrédite, la même année, l’idée de son voyage à Naples. L’historienne autrichienne Felicitas Brachert publie la Théséide de Vienne en 1989 en lui attribuant le manuscrit, et Eberhard König fait de même en 1996 pour le Livre du cœur d’Amour épris. Il confirme aussi l’attribution des ajouts au calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry. Nicole Reynaud publie de nouveaux documents sur le peintre et lui attribue encore d’autres œuvres en 1989. L’historien italien Carlo Ginzburg écrit en 1996 que « le Maître de l’Annonciation d’Aix a pu être identifié en toute certitude avec Barthélemy d’Eyck », celui-ci faisant le lien, selon lui, entre Jean Fouquet et   Piero della Francesca. Bien que de nombreux musées et expositions n’hésitent plus à donner son nom sur les cartels de ses œuvres sans point d’interrogation, cela n’empêche pas quelques historiens de l’art, de plus en plus rares comme Albert Châtelet, de s’opposer avec virulence à ces attributions.

 

Bibliographie

 

Ouvrages

François Avril et Nicole Reynaud, Les manuscrits à peintures en France, 1440-1520, BNF/Flammarion, 1993, 439 p. , p. 224-237

Dominique Thiébaut (dir.), Primitifs français. Découvertes et redécouvertes : Exposition au musée du Louvre du 27 février au 17 mai 2004, Paris, RMN, 2004, 192 p.(), p. 123-141

Yves Bottineau-Fuchs, Peindre en France au xve siècle, Arles, Actes Sud, 2006, 330 p. (. 119-141

Marc-Édouard Gautier (dir.), Splendeur de l’enluminure. Le roi René et les livres, Ville d’Angers / Actes Sud, 2009, 416 p. 

 

Articles

Nicole Reynaud, « Barthélémy d’Eyck avant 1450 », Revue de l’Art, vol. 84, no 84,‎ 1989, p. 22-43

Albert Châtelet, « Pour en finir avec Barthélemy d’Eyck », Gazette des Beaux-Arts, vol. 131, no 6,‎ mai-juin 1998, p. 199-220 ()

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE DU SAINT-ESPRIT (AIX-EN-PROVENCE), EGLISE DU SAINT-ESPRIT (AIX-EN-PROVENCE°, GRAND RETABLE DU PARLEMENT D'AIX, HENRI GUIGUES, PAROISSE DU SAINT-ESPRIT (Aix-en-Provence : Bouches-du-Rhône), PEINTRES, PEINTURE, PROVENCE, SAINT-ESPRIT (paroisse ; Aix-en-Provence), SAINT-ESPRIT (paroisse du ; Aix-en-Provence)

Le grand rétable du Parlement d’Aix : l’Assomption de Marie

Le grand retable du Parlement d’Aix

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Dans  l’église du Saint-Esprit demeure le grand rétable du Parlement d’Aix, peint entre 1521 et 1525 pour sa chapelle par un anonyme (qui pourrait être selon une étude de Jean Boyer Manuele Genovese dit Lomellini)  et peut-être Henri Guigues ; à l’Annonciation du revers des volets succède l’Assomption, sous laquelle les douze membres du Parlement font figure d’apôtres

 

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Le retable du parlement, église du Saint-Esprit à Aix. Le retable du Parlement (*), appelé aussi triptyque de l’Assomption (anonyme, vers 1520) représente des scènes de la vie de la Vierge. Sur le volet de gauche, Assomption et Pentecôte. Sur le volet de droite, l’Adoration des Bergers et l’Adoration des Mages. Au revers des volets, les figures de l’Annonciation. Au centre les 12 apôtres devant le tombeau vide de la Vierge qui domine la scène depuis le ciel, entourée par les anges.

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L’appellation de « Retable du Parlement » est justifiée d’abord parce que l’œuvre se trouvait préalablement dans la chapelle du Parlement de Provence dans l’ancien Palais Comtal détruit après la Révolution. Ensuite parce que l’historique du tableau nous apprend que les apôtres autour du tombeau vide de la Vierge sont en fait les portraits des 12 parlementaires et de leur président à la date du tableau soit vers 1520.

Vêtu de rouge au centre du tableau, celui qui fut président de 1509 à 1529, Gervais de Beaumont. A gauche du panneau, les 4 conseillers clercs A droite les sept laïcs Certains parmi les plus âgés pourraient être des membres nommés lors de la création de l’institution.

Mais le détail le plus insolite du retable est le huitième laïc, manifestement rajouté à la hâte et par un autre pinceau que celui du peintre d’origine (le troisième en partant de la droite). Blême et pratiquement caché par ses collègues, Jean Maynier, baron d’Oppède (1495-1558), aurait rejoint le Parlement en 1522 alors que pour d’obscures raisons le nombre de conseillers était passé de 11 à 12.

Le même baron d’Oppède dirigea en 1545 l’expédition contre les Vaudois du Luberon au cours de laquelle 3000 d’entre eux furent exécutés.

(*) Le Parlement de Provence (ou Parlement d’Aix) fut créé en 1501 par Louis XII à la suite du rattachement de la Provence au royaume de France en 1487.

Jean Boyer. La peinture et la gravure à Aix-en-Provence aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (1530-1790). Préface de François-Georges Pariset. Paris et New York, Gazette des Beaux-Arts, 1971. In-4°, 188 pages, 146 illustrations. ( Extrait de La Gazette des Beaux-Arts, t. LXXVIII.)

Henri Guigues

“C’est l’abbé Requi qui cite pour la première fois, en 1904, la seule œuvre de Guigonis connue à ce jour et qui nous donne les rares renseignements recueillis sur cet artiste. Aucune autre œuvre, depuis cette date, n’a été retrouvée, aucun autre document nouveau ne nous permet de nous faire une idée plus claire de la vie de cet artiste « genevois » fixé en Avignon en ce début de XVIè siècle. Originaire du diocèse de Genève, sans qu’il soit certain qu’il fût de Genève même, Henri Guigonis s’est probablement fixé à Avignon vers la fin du premier quart du XVIè siècle, comme nous le prouvent quelques dates tardives signalées par des actes. Le 18 juin 1531, il fut témoin du testament de son collaborateur et ami Philippe Garcin. Il meurt vers la fin de 1532 ou au début de 1533. Sa veuve, née Catherine Vignon, se remarie avec Simon de Mailly le 25 septembre 1533. Ce sont les seules dates précises que nous puissions fixer. D’autres documents, fort heureusement, nous parlent de Guigonis ou plus exactement de ses œuvres. Quelques prix faits, quelques contrats nous donnent des points de repère et nous citent des ouvrages qui sont restés inconnus jusqu’à ce jour et que l’on retrouvera une fois peut-être dans quelque église d’Avignon ou de Provence”.

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LE RETABLE DE HENRI GUIGONIS par Pierre Bouffard