ECRIVAIN FRANÇAIS, HIVER, IL FAIT FROID, LITTERATURE FRANÇAISE, POEME, POEMES, POESIES, POETE FRANÇAIS, VICTOR HUGO

Il fait froid de Victor Hugo

Il fait froid

téléchargement (2)

L’hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée…
Ferme ta porte à l’aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton coeur ouvert !
Le coeur, c’est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l’homme plein d’envie ;
Doute du prêtre et de l’autel ;
Mais crois à l’amour, ô ma vie !

Crois à l’amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l’amour, tison du foyer !
A l’amour, rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l’indulgence pour autrui,
Eponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s’éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d’inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu’ils t’ont vomi de haine.

La haine, c’est l’hiver du cœur .
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l’orage !

Garde ton amour éternel.
L’hiver, l’astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !

téléchargement (3)

Victor Hugo

POEME, POEMES, NOUVEL AN, CLAUDE TRICOIRE (1951-...), POESIES, UN MONDE NOUVEAU EN DEVENIR

Un monde nouveau en devenir

Un monde nouveau en devenir

22637549lpw-22640480-article-jpg_8470473_660x287

Je veux un monde meilleur,
Je veux qu’il change son cœur ,
Que les injures se changent en paroles de bénédictions,
Qu’il n’y ait ici que du bonheur,
Devant nos yeux,
Que des sourires et des gens heureux,
Et des mercis,
Pour couvrir la vie de chaleur, de tendresse dans nos cœurs,
Plus de larmes, plus de peur,
Que des rires,

Et alors il fera bon vivre dans ce monde nouveau

Alors seulement nous ne serons plus les mêmes,
Personne n’aura plus de peine,
Tout peut encore changer

Si les hommes de bonne volonté s’unissent

Pour chasser les fantômes

Des années passées des malheurs d’autrefois

Il est encore temps d’écrire un chapitre nouveau

Dans le livre de nos vies 

Il est encore temps d’aplanir les chemins

Pour que revienne l’espérance

D’un monde nouveau

L’avenir est plein de possibles

Il faut juste y croire

Dans les yeux je lui dirai

A ce monde qui vient de naître :
Je me battrai,
Je lui dirai simplement

Que rien n’est perdu encore

Sans autre arme que l’amour et l’espérance,
On peut se battre,
Jusqu’au fond de nos larmes,
Jusqu’au fond de nos malheurs

Et le monde deviendra un oasis de paix

Qui aura détruit les murs de la haine

Pour que tous les hommes soient frères

Je veux un nouveau monde,
Je veux que le cœur du monde,
Range les injures au fond de l’enfer

Que les pleurs se changent en chansons

Que les deuils se changent en danse

Et je veux croire que le monde ainsi recréé

Revêtira des habits de lumière

A chaque heure du jour de l’année

®Claude Tricoire

1er janvier 2022

CLAUDE TRICOIRE (1951-...), DANS LA NUIT.... DANS LE SILENCE..., MEDITATIONS, POEMES, POESIES

Dans la nuit… Dans le silence….

Dans la nuit…. Dans le silence…

Il y eut un soir …. Il y eut un matin…

DSCN5537-001

Au commencement

Dans la nuit dans le silence

La Parole a fait surgir du chaos

L’univers et tout ce qu’il renferme

L’herbe des champs et les animaux

L’homme surgit des mains de Dieu

A sa resssemblance

Il y eut un soir il y eut un matin

Et Dieu trouva que cela était bon

Quand les temps furent accomplis

Dans la nuit dans le silence

Le Verbe est venu au milieu des ténèbres

Habiter au cœur de sa création

Illuminer nos ténèbres

Et Dieu s’est fait homme

Il y eut un soir il y eut un matin

Et Dieu trouva que cela était bon

Au matin d’un jour nouveau

Dans la nuit dans le silence

Le nouvel Adam surgit du tombeau

L’Homme qui gisait à l’ombre de la mort

Soudain s’est réveillé

La Parole est parvenue jusqu’aux confins de la terre

Le Verbe de Dieu a vaincu la nuit

Il y eut un soir il y eut un matin

Et Dieu trouva que cela était bon

©Claude Tricoire

31 décembre 2021

EGLISE CATHOLIQUE, ENFANCE DE JESUS, EVANGILE SELON MATTHIEU, FÊTE DES SAINTS INNOCENTS, LES SAINTS INNOCENTS, LITTERATURE CHRETIENNE, LITTERATURE FRANÇAISE, MARTYRE DES SAINTS INNOCENTS, PAUL VERLAINE, PAUL VERLAINE (1844-1896), POEMES, POESIES, POETE FRANÇAIS

Les Saints Innocents de Paul Verlaine

Saints innocents

massacre-innocents

 

Cruel Hérode, noir Péché,
De tes sept glaives tu poursuis
Les innocents, lesquels je suis
Dans mes cinq sens, — et, qu’empêché
Me voici pour, las ! me défendre !

L’argile dont Dieu les forma,
Leur faiblesse à ces tristes sens
Par quoi je suis les innocents
Que l’on immole dans Rama,
Trahissent leur âge trop tendre.

Nulle fuite. Mais mon Sauveur,
Assumant mon sort et ma mort,
Vit en Égypte dont il sort
À temps pour l’insigne faveur
Qu’il me fait de donner sa vie

Et sa pensée à mon bonheur
Éternel, et, par l’action
Sûre de l’absolution
De son prêtre à lui, le Seigneur,
Ressuscite ma chair ravie.

Paul Verlaine (1844-1896)

Recueil : Liturgies intimes (1892).

AUTOMNE, EMILE VERHAEREN (1855-1916), LE VENT, LE VENT, EMILE VERHAEREN, LITTERATURE, LITTERATURE FRANCOPHONE, POEMES, POESIES

Le vent, Emile Verhaeren

Le vent

image (1)

 

Sur la bruyère longue infiniment,
Voici le vent cornant Novembre ;
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent
Qui se déchire et se démembre,
En souffles lourds, battant les bourgs ;
Voici le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Aux puits des fermes,
Les seaux de fer et les poulies
Grincent ;
Aux citernes des fermes.
Les seaux et les poulies
Grincent et crient
Toute la mort, dans leurs mélancolies.

Le vent rafle, le long de l’eau,
Les feuilles mortes des bouleaux,
Le vent sauvage de Novembre ;
Le vent mord, dans les branches,
Des nids d’oiseaux ;
Le vent râpe du fer
Et peigne, au loin, les avalanches,
Rageusement du vieil hiver,
Rageusement, le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Dans les étables lamentables,
Les lucarnes rapiécées
Ballottent leurs loques falotes
De vitres et de papier.
– Le vent sauvage de Novembre ! –
Sur sa butte de gazon bistre,
De bas en haut, à travers airs,
De haut en bas, à coups d’éclairs,
Le moulin noir fauche, sinistre,
Le moulin noir fauche le vent,
Le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Les vieux chaumes, à cropetons,
Autour de leurs clochers d’église.
Sont ébranlés sur leurs bâtons ;
Les vieux chaumes et leurs auvents
Claquent au vent,
Au vent sauvage de Novembre.
Les croix du cimetière étroit,
Les bras des morts que sont ces croix,
Tombent, comme un grand vol,
Rabattu noir, contre le sol.

Le vent sauvage de Novembre,
Le vent,
L’avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d’ahan,
L’avez-vous rencontré le vent,
Celui des peurs et des déroutes ;
L’avez-vous vu, cette nuit-là,
Quand il jeta la lune à bas,
Et que, n’en pouvant plus,
Tous les villages vermoulus
Criaient, comme des bêtes,
Sous la tempête ?

Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent hurlant,
Voici le vent cornant Novembre.

 

 

Émile VERHAEREN
1855 – 1916

MORT, PAUL VERLAINE, PAUL VERLAINE (1844-1896), POEME, POEMES, POESIES, POETE FRANÇAIS, TOUSSAINT

Toussaint de Paul Verlaine

Toussaint

cimetiere_toussaint_tombes_morts_5db94e409d693

Ces vrais vivants qui sont les saints,
Et les vrais morts qui seront nous,
C’est notre double fête à tous,
Comme la fleur de nos desseins,

Comme le drapeau symbolique
Que l’ouvrier plante gaîment
Au faite neuf du bâtiment,
Mais, au lieu de pierre et de brique,

C’est de notre chair qu’il s’agit,
Et de notre âme en ce nôtre œuvre
Qui, narguant la vieille couleuvre,
A force de travaux surgit.

Notre âme et notre chair domptées
Par la truelle et le ciment
Du patient renoncement
Et des heures dûment comptées.

Mais il est des âmes encor,
Il est des chairs encore comme
En chantier, qu’à tort on dénomme
Les morts, puisqu’ils vivent, trésor

Au repos, mais que nos prières
Seulement peuvent monnayer
Pour, l’architecte, l’employer
Aux grandes dépenses dernières.

Prions, entre les morts, pour maints
De la terre et du Purgatoire,
Prions de façon méritoire
Ceux de là-haut qui sont les saints.

 

Paul Verlaine (1844-1896)

Extraits de Liturgies intimes (1892)

AUTOMNE, ECRIVAIN FRANÇAIS, L'AUBE EST MOINS CLAIRE...., LITTERATURE FRANÇAISE, POÊME D4AUTOMNE DE VICTOR HUGO, POEME, POEMES, POESIES, POETE FRANÇAIS, VICTOR HUGO

Poême d’automne de Victor Hugo

 

L’aube est moins claire…

unnamed (3)

 

L’aube est moins claire, l’air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l’azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent.
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !
Comme le temps s’en va d’un pas précipité !
Il semble que nos yeux, qu’éblouissait l’été,
Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes.

Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,
L’automne est triste avec sa bise et son brouillard,
Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.
Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure,
Adieu, ciel bleu ! beau ciel qu’un souffle tiède effleure !
Voluptés du grand air, bruit d’ailes dans les bois,
Promenades, ravins pleins de lointaines voix,
Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées,
Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées !

Puis tout bas on ajoute : ô jours bénis et doux !
Hélas ! vous reviendrez ! me retrouverez-vous ?

Victor HUGO
1802 – 1885

EN SEPTEMBRE, LITTERATURE FRANÇAISE, PAUL VERLAINE, PAUL VERLAINE (1844-1896), POEME, POEMES, POESIES, POETE FRANÇAIS

En septembre de Paul Verlaine

  1. En septembre

    images (7)

     

    Parmi la chaleur accablante
    Dont nous torréfia l’été,
    Voici se glisser, encor lente
    Et timide, à la vérité,

     

    Sur les eaux et parmi les feuilles,
    Jusque dans ta rue, ô Paris,
    La rue aride où tu t’endeuilles
    De tels parfums jamais taris,

    Pantin, Aubervilliers, prodige
    De la Chimie et de ses jeux,
    Voici venir la brise, dis-je,
    La brise aux sursauts courageux…

    La brise purificatrice
    Des langueurs morbides d’antan,
    La brise revendicatrice
    Qui dit à la peste : va-t’en !

    Et qui gourmande la paresse
    Du poëte et de l’ouvrier,
    Qui les encourage et les presse…
     » Vive la brise !  » il faut crier :

     » Vive la brise, enfin, d’automne
    Après tous ces simouns d’enfer,
    La bonne brise qui nous donne
    Ce sain premier frisson d’hiver ! « 

     Paul VERLAINE
    1844 – 1896

CLAUDE TRICOIRE (1951-...), MIGRANTS, POEME, POEMES, POESIES, TOUT AU FOND.... DE LA GRANDE BLEUE

Tout au fond …. de La Grande Bleue

Tout au fond de … La Grande Bleue

image (1)

Cimetière des rêves brisés

De l’exilé

Cimetière des espoirs brisés

Du migrant

Grand linceul

De la misère humaine

Loin de l’indifférence

Loin de toute compassion

Et c’est la nuit

Dans le grand silence

Que l’on peut entendre

Le chant douloureux

Des vagues qui bercent doucement

Le dernier sommeil

De ceux qui reposent

Au fond de cette mer si bleue

©Claude Tricoire

26 juillet 2021

AU SACRE-COEUR, POEME, POEMES, POESIES, PRIERE, PRIERES, SACRE-COEUR DE JESUS, THERESE DE L'ENFANT-JESUS (sainte ; 1873-1897)

Au Sacré-Coeur de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Au Sacré-Coeur 

sacré coeur de paray le monial

1) Au sépulcre saint, Marie-Madeleine

Cherchant son Jésus, se baissait en pleurs

Les anges voulaient adoucir sa peine

Mais rien ne pouvait calmer ses douleurs.

Ce n’était pas vous, lumineux archanges

Que cette âme ardente venait chercher

Elle voulait voir Le Seigneur des anges

Le prendre en ses bras, bien loin l’emporter… 

2) Auprès du tombeau, restée la dernière

Elle était venue bien avant le jour

Son Dieu vint aussi, voilant sa lumière

Marie ne pouvait le vaincre en amour !

Lui montrant d’abord sa Face Bénie

Bientôt un seul mot jaillit de son Cœur 

Murmurant le nom si doux de : Marie

Jésus lui rendit la paix, le bonheur. 

3) Un jour, ô mon Dieu, comme Madeleine,

J’ai voulu te voir, m’approcher de toi

Mon regard plongeait dans l’immense plaine

Dont je recherchais le Maître et le Roi

Et je m’écriais, voyant l’onde pure, 

L’azur étoilé, la fleur et l’oiseau : 

« Si je ne vois Dieu, brillante nature,

Tu n’es rien pour moi, qu’un vaste tombeau. »

4) J’ai besoin d’un cœur brûlant de tendresse

Restant mon appui sans aucun retour

Aimant tout en moi, même ma faiblesse…

Ne me quittant pas, la nuit et le jour.

Je n’ai pu trouver nulle créature

Qui m’aimât toujours, sans jamais mourir 

Il me faut un Dieu prenant ma nature

Devenant mon frère et pouvant souffrir ! 

5) Tu m’as entendue, seul Ami que j’aime

Pour ravir mon cœur, te faisant mortel

Tu versas ton sang, mystère suprême !…

Et tu vis encore pour moi sur l’Autel.

Si je ne puis voir l’éclat de ta Face,

Entendre ta voix remplie de douceur

Je puis, ô mon Dieu, vivre de ta grâce

Je puis reposer sur ton Sacré Cœur ! 

6) Ô Cœur de Jésus, trésor de tendresse

C’est toi mon bonheur, mon unique espoir,

Toi qui sus charmer ma tendre jeunesse 

Reste auprès de moi jusqu’au dernier soir

Seigneur, à toi seul j’ai donné ma vie

Et tous mes désirs te sont bien connus

C’est en ta bonté toujours infinie

Que je veux me perdre, ô Cœur de Jésus ! 

7) Ah ! je le sais bien, toutes nos justices

N’ont devant tes yeux aucune valeur

Pour donner du prix à mes sacrifices

Je veux les jeter en ton Divin Cœur 

Tu n’as pas trouvé tes anges sans tache 

Au sein des éclairs tu donnas ta loi !…

En ton Cœur Sacré, Jésus, je me cache

Je ne tremble pas, ma vertu, c’est Toi !… 

8) Afin de pouvoir contempler ta gloire

Il faut, je le sais, passer par le feu

Et moi je choisis pour mon purgatoire

Ton Amour brûlant, ô Cœur de mon Dieu !

Mon âme exilée quittant cette vie

Voudrait faire un acte de pur amour

Et puis s’envolant au Ciel sa Patrie

Entrer dans ton Cœur sans aucun détour. 

( Au Sacré-Coeur – Poème de Sainte Thérèse de Lisieux – PN 23 )