ECRIVAIN FRANÇAIS, GEORGES DE BREBEUF (1617-1661), LE COMBAT SPIRITUEL, MEDITATIONS, PRIERE, PRIERES

Le combat spirituel

De quelle manière le péché anéantit l’homme

et de la résistance que la Grâce trouve en lui
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Georges de Brébeuf  compte de nos combats spirituels
(Fragment)

 » Vien vien, me dites-vous, appaiser ma colere,
Change en respect tous tes mépris,
J’ai toûjours de l’amour, et je suis toûjours Pere
Ne veux-tu plus estre mon fils ?

Si tu n’aimes un Pere, au moins redoute un Juge,
Prens toy-mesme pitié de toy ;
Contre moy quel moyen de trouver un refuge,
Si tu n’en cherches pas en moy ? « 

Mon coeur stupide et froid à des soins si propices
Ne vous montre que ses dédains,
Le mépris de vos loix fait toutes mes délices,
Et ma perte tous mes desseins.

Du remords inspiré l’officience atteinte
Fait sur moy peu d’impression,
Je n’écoûte pour vous, ny l’amour ny la crainte,
Ny pour moy la compassion.

Ainsi honteusement je voy couler mon âge
Dans les soins de la vanité,
Et je perds des moments dont le prudent usage
Me devoit une Eternité.

Au lieu de m’assurer une gloire immortelle,
Qui ne peut jamais se ternir,
Je m’assure des maux dont la rigueur cruelle
Ne peut ny changer ny finir.

Parlez-moy donc si haut qu’enfin je vous entende,
Réveillez un coeur hébété,
Ou tonnez, s’il le faut, afin que j’apprehende
Le couroux d’un Dieu rebuté.

Que je vous puisse aimer comme un Dieu tout aimable,
Qui m’a comblé de ses bien-faits,
Et vous craindre en tout temps comme un Dieu redoutable
Qui peut me perdre pour jamais.

Que mon esprit soûmis ne goûte point d’amorce
Qu’à se ranger sous vostre Loy,
Que je me donne à vous, et qu’ainsi je vous force
A vous donner enfin à moy.

C’est de mes voeux enfin le seul que j’entretienne,
Luy seul va faire tous mes soins,
Et quelque autre succez qui me flatte ou m’avienne,
Je ne puis me passer à moins.

Pardonnez-moy, Seigneur, cette ardeur vehemente ;
C’est un feu que vous m’inspirez,
C’est vous qui dans mon cœur  avez mis cette attente,
Et c’est vous qui la remplirez. »

 

Georges de Brébeuf (1617-1661)

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Georges de Brébeuf, né dans la Manche en 1617 et mort à Venoix (aujourd’hui quartier de Caen) en 1661, est un poète français, neveu de Jean de Brébeuf.

Vers 1641, il devint le précepteur du jeune marquis et futur maréchal Bernardin Gigault de Bellefonds (1630-1694).

Événement littéraire, sa traduction de la Pharsale de Lucain fut saluée par Corneille. Boileau, en revanche, la ridiculisa dans son Art poétique avant de lui reconnaître certaines qualités dans ses épigrammes : « Malgré son fatras obscur, souvent Brébeuf étincelle » (extrait d’un dictionnaire de 1876, qui en outre le dit né à Torigni-sur-Vire).

AU SACRE-COEUR, POEME, POEMES, POESIES, PRIERE, PRIERES, SACRE-COEUR DE JESUS, THERESE DE L'ENFANT-JESUS (sainte ; 1873-1897)

Au Sacré-Coeur de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Au Sacré-Coeur 

sacré coeur de paray le monial

1) Au sépulcre saint, Marie-Madeleine

Cherchant son Jésus, se baissait en pleurs

Les anges voulaient adoucir sa peine

Mais rien ne pouvait calmer ses douleurs.

Ce n’était pas vous, lumineux archanges

Que cette âme ardente venait chercher

Elle voulait voir Le Seigneur des anges

Le prendre en ses bras, bien loin l’emporter… 

2) Auprès du tombeau, restée la dernière

Elle était venue bien avant le jour

Son Dieu vint aussi, voilant sa lumière

Marie ne pouvait le vaincre en amour !

Lui montrant d’abord sa Face Bénie

Bientôt un seul mot jaillit de son Cœur 

Murmurant le nom si doux de : Marie

Jésus lui rendit la paix, le bonheur. 

3) Un jour, ô mon Dieu, comme Madeleine,

J’ai voulu te voir, m’approcher de toi

Mon regard plongeait dans l’immense plaine

Dont je recherchais le Maître et le Roi

Et je m’écriais, voyant l’onde pure, 

L’azur étoilé, la fleur et l’oiseau : 

« Si je ne vois Dieu, brillante nature,

Tu n’es rien pour moi, qu’un vaste tombeau. »

4) J’ai besoin d’un cœur brûlant de tendresse

Restant mon appui sans aucun retour

Aimant tout en moi, même ma faiblesse…

Ne me quittant pas, la nuit et le jour.

Je n’ai pu trouver nulle créature

Qui m’aimât toujours, sans jamais mourir 

Il me faut un Dieu prenant ma nature

Devenant mon frère et pouvant souffrir ! 

5) Tu m’as entendue, seul Ami que j’aime

Pour ravir mon cœur, te faisant mortel

Tu versas ton sang, mystère suprême !…

Et tu vis encore pour moi sur l’Autel.

Si je ne puis voir l’éclat de ta Face,

Entendre ta voix remplie de douceur

Je puis, ô mon Dieu, vivre de ta grâce

Je puis reposer sur ton Sacré Cœur ! 

6) Ô Cœur de Jésus, trésor de tendresse

C’est toi mon bonheur, mon unique espoir,

Toi qui sus charmer ma tendre jeunesse 

Reste auprès de moi jusqu’au dernier soir

Seigneur, à toi seul j’ai donné ma vie

Et tous mes désirs te sont bien connus

C’est en ta bonté toujours infinie

Que je veux me perdre, ô Cœur de Jésus ! 

7) Ah ! je le sais bien, toutes nos justices

N’ont devant tes yeux aucune valeur

Pour donner du prix à mes sacrifices

Je veux les jeter en ton Divin Cœur 

Tu n’as pas trouvé tes anges sans tache 

Au sein des éclairs tu donnas ta loi !…

En ton Cœur Sacré, Jésus, je me cache

Je ne tremble pas, ma vertu, c’est Toi !… 

8) Afin de pouvoir contempler ta gloire

Il faut, je le sais, passer par le feu

Et moi je choisis pour mon purgatoire

Ton Amour brûlant, ô Cœur de mon Dieu !

Mon âme exilée quittant cette vie

Voudrait faire un acte de pur amour

Et puis s’envolant au Ciel sa Patrie

Entrer dans ton Cœur sans aucun détour. 

( Au Sacré-Coeur – Poème de Sainte Thérèse de Lisieux – PN 23 )

ECRIVAIN FRANÇAIS, JUIN, LITURGIES INTIMES, MEDITATIONS, PAUL VERLAINE, PAUL VERLAINE (1844-1896), POEME, POEMES, POETE FRANÇAIS, PRIERE, PRIERES

Juin, poème de Paul Verlaine

 
 

 Juin

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Mois de Jésus, mois rouge et or, mois de l’Amour,
Juin, pendant quel le cœur en fleur et Tàme en flamme
Se sont épanouis dans la splendeur du jour
Parmi des chants et des parfums d’épithalame,

Mois du Saint-Sacrement et mois du Sacré-Cœur,
Mois splendide du Sang réel, et de la Chair vraie,
Pendant que l’herbe mûre offre à l’été vainqueur
Un champ clos où le blé triomphe de l’ivraie,

Et pendant quel, nous misérables, nous pécheurs,
Remémorés de la Présence non pareille.
Nous sentons ravigorés en retours vengeurs
Contre Satan, pour des triomphes que surveille

Du ciel là-haut, et sur terre, de l’ostensoir,
L’adoré, l’adorable Amour sanglant et chaste,
Et du sein douloureux où gîte notre espoir
Le Cœur, le Cœur brûlant que le désir dévaste,

Le désir de sauver les nôtres, ô Bonté
Essentielle, de leur gagner la victoire
Éternelle. Et l’encens de l’immuable été
Monte mystiquement en des douceurs de gloire.

Paul Verlaine (1844-1896)
Recueil liturgies intimes (1892).
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CLAUDE TRICOIRE (1951-...), DU PSAUME 1, PRIERE, PRIERES, PSAUME 1, PSAUMES

Paraphrase du Psaume 1

PSAUME 1

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Heureux celui qui ne prend pas conseil auprès des malfaisants, qui ne marche pas sur le chemin de ceux qui prennent plaisir à faire le mal, qui ne s’abouche pas avec ceux qui calomnient leurs frères

Heureux celui qui met sa foi dans les commandements  du Seigneur et les médite dans son cœur de jour comme de nuit

Il est comme un arbre planté près d’une source d’eu vive qui donne son fruit quand vient le temps de la moisson ; son  feuillage demeure toujours vert et ses actions répandent la bonne odeur du bien.

Mais tel n’est pas le sort de celui qui se plait à semer le malheur, il est comme le grain de poussière balayée par le souffle du vent ;

Et au dernier jour se lèvera-t-il pour le jugement ? Pourra-t-il se mêler à la foule des justes lui qui se complaisait dans le mal ?

Le Seigneur connaît le chemin que suit l’homme au cœur ajusté ; le chemin du méchant conduit à la perdition : car pourrait-il obtenir  miséricorde lui qui a refusé de faire miséricorde ?

© Claude Tricoire

14 mars 2021

ANCIEN TESTAMENT, ECRIVAIN FRANÇAIS, JULES VERNE (1828-1905), PARAPHRASE DU PSAUME 129, PRIERE, PRIERES, PSAUME 129

Paraphrase du Psaume 129 par Jules Verne

Paraphrase du psaume 129

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Oh ! mon Dieu, c’est vers vous du profond de l’abyme
Que je m’écrie, et que je pleurs !

 Ecoutez ; c’est la voix de la triste victime,
Vous, le Seigneur des Seigneurs !

 Rendez-moi. s’il vous plaît, votre oreille attentive,
Entendez-moi dans tous les lieux,

 La prière jamais ne fut intempestive

En montant au Seigneur des Cieux.

 Ah ! si vous mesurez votre sainte justice

A la grandeur de nos péchés,
Qui peut briser ses liens ?
Si vous n’êtes propice

Par qui seront-ils détachés ?

 Qui pourrait subsister devant votre présence ?

Seigneur !
Seigneur ! écoutez-moi !
Si j’ai dans vos bontés placé mon espérance,

C’est à cause de votre loi.

Avec bien grands désirs je l’attends ; je confie

En vos paroles tout mon cœur ;
Vos promesses, mon Dieu, nous rendront à la vie !

O mon âme, attends le Seigneur !

Et que, depuis le soir jusqu’au jour qui commence,

Israël inclinant ses pleurs
Lève ses tristes mains, porte son espérance

Vers Dieu qui calme les douleurs ;

Car le Seigneur est grand, et sa miséricorde

Descendra pour nous racheter,
Et la grâce abondante qu’à nos cœurs il accorde,

Vers le ciel viendra nous hâter ;

Il soulage Israël de la profonde peine

Qui lui faisait verser ses pleurs.

Israël chantera, délivré de sa chaîne,

Un hymne au Seigneur des Seigneurs.

Jules Verne

Jules Verne (1828-1905)

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Jules Verne est un écrivain français, dont une grande partie de l’œuvre est consacrée à des romans d’aventures et de science-fiction (appelés à l’époque de Jules Verne, romans d’anticipation).

Après un baccalauréat littéraire, Jules Verne suit des études de droit à Paris. Il se consacre ensuite au théâtre, grâce au soutien des Dumas, père et fils, et devient secrétaire du théâtre lyrique jusqu’en 1854 où il fait représenter des pièces écrites en collaboration avec Michel Carré.

Devant de nouvelles responsabilités familiales, il occupe le poste d’agent de change. Jules Verne rencontre alors Pierre-Jules Hetzel, un éditeur, et lui propose un manuscrit Voyage en l’air qui deviendra Cinq semaines en ballon, marquant le début d’une longue collaboration.

Ses romans sont regroupés, à partir de 1866, dans une collection illustrée qui porte le titre général de Voyages extraordinaires dans les mondes connus et inconnus. Le Tour du monde en 80 jours est publié en feuilleton en 1872 et devient son plus grand succès.

Si la série des Voyages extraordinaires mêle science-fiction et roman d’aventures, Jules Verne s’essayera à d’autres genres : le roman social avec P’tit Bonhomme, le roman policier avec Les frères Kip ou Un drame en Livonie, ou encore le roman parodique avec Claudius Bombarnac.

Outre ses romans, on lui doit de nombreuses pièces de théâtre, des nouvelles, des récits autobiographiques, des poésies, des chansons et des études scientifiques, artistiques et littéraires. Son œuvre a connu de multiples adaptations cinématographiques et télévisuelles depuis l’origine du cinéma ainsi qu’en bande dessinée, au théâtre, en musique ou en jeu vidéo.

Les œuvres de Jules Verne sont traduites dans de nombreuses langues : il est au deuxième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère, et en 2011, il est l’auteur de langue française le plus traduit dans le monde). L’année 2005 fut déclarée « Année Jules Verne », à l’occasion du centenaire de la mort de l’auteur.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Verne

JEAN-BAPTISTE ROUSSEAU (1670/1671 - 1741), LITTERATURE FRANÇAISE, POEME, POEMES, POETE FRANÇAIS, PRIERE, PRIERES

Faiblesse des hommes, grandeur de Dieu par Jean-Baptiste Rousseau

Faiblesse des hommes. Grandeur de Dieu

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Mon âme, louez le Seigneur ;

Rendez un légitime honneur
À l’objet éternel de vos justes louanges.

Oui, mon Dieu, je veux désormais

Partager la gloire des anges,
Et consacrer ma vie à chanter vos bienfaits.

Renonçons au stérile appui

Des grands qu’on implore aujourd’hui ;


Ne fondons point sur eux une espérance folle.

Leur pompe, indigne de nos vœux,

N’est qu’un simulacre frivole ;
Et les solides biens ne dépendent pas d’eux.

 

Comme nous, esclaves du sort,

Comme nous, jouets de la mort,
La terre engloutira leurs grandeurs insensées ;

Et périront en même jour

Ces vastes et hautes pensées
Qu’adorent maintenant ceux qui leur font la cour.

 Dieu seul doit faire notre espoir ;

Dieu, de qui l’immortel pouvoir
Fit sortir du néant le ciel, la terre, et l’onde ;

Et qui, tranquille au haut des airs,

Anima d’une voix féconde
Tous les êtres semés dans ce vaste univers.

 Heureux qui du ciel occupé,

Et d’un faux éclat détrompé,
Met de bonne heure en lui toute son espérance !

II protège la vérité,

Et saura prendre la défense
Du juste que l’impie aura persécuté.

 C’est le Seigneur qui nous nourrit ;

C’est le Seigneur qui nous guérit :
Il prévient nos besoins ; il adoucit nos gênes ;

Il assure nos pas craintifs ;

Il délie, il brise nos chaînes ;
Et nos tyrans par lui deviennent nos captifs.

 Il offre au timide étranger

Un bras prompt à le protéger ;
Et l’orphelin en lui retrouve un second père :

De la veuve il devient l’époux ;

Et par un châtiment sévère
II confond les pécheurs conjurés contre nous.

 Les jours des rois sont dans sa main :

Leur règne est un règne incertain,
Dont le doigt du Seigneur a marqué les limites ;

Mais de son règne illimité

Les bornes ne seront prescrites
Ni par la fin des temps, ni par l’éternité.

 

 

Jean-Baptiste Rousseau (1670/1671 – 1741)

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Jean-Baptiste Rousseau est un poète et dramaturge français.

Fils d’un cordonnier enrichi, Jean-Baptiste Rousseau fut élevé avec soin et fit de bonnes études chez les Jésuites au collège Louis-le-Grand. Selon les témoignages contemporains, il eut toujours honte de sa naissance obscure qu’il chercha à dissimuler et l’on prétend qu’il alla jusqu’à renier son propre père.

Rousseau entreprit d’exercer sa vindicte sur ses ennemis désignés. On commença par trouver des vers satiriques sous les tables du café où il se rendait quelquefois et il en envoya de Versailles où il séjournait à ses ennemis. La police fut prévenue et il dut faire un terme à ces envois.

En Suisse, Jean-Baptiste Rousseau trouva un protecteur dans l’ambassadeur français, le comte du Lue. Il s’attacha ensuite au prince Eugène, mais il prit parti pour le comte de Bonneval, et fut obligé de quitter Vienne. Il se retira alors à Bruxelles; où il vit Voltaire, qui devint son ennemi. Il aurait pu obtenir en 1716 des lettres de rappel, mais il demanda une réhabilitation, et elle ne lui fut pas accordée. Il visita Paris incognito en 1738, et mourut dans un hameau près de Bruxelles en 1741, dans de grands sentiments de piété.

Il entre dans la carrière littéraire par des pièces de théâtre et de poésie. Nourri à l’école de Boileau, il se croit appelé à former, aux confins des deux siècles, la transition entre deux époques. En fait, son œuvre, où se mêlent alors odes religieuses et épigrammes obscènes, est empreinte d’une sorte de duplicité morale, caractéristique de la fin du règne de Louis XIV. À trente ans, il a une grande réputation littéraire, mais aussi un grand nombre d’ennemis que lui attire son caractère. En 1707, alors qu’il est candidat à l’Académie française, on fait courir sous son nom des couplets calomnieux contre plusieurs hommes de lettres. Il s’en défend, mais l’affaire s’envenime, et le parlement le juge coupable et le condamne au bannissement à perpétuité (1712). Obligé de s’enfuir, il erre misérablement en Suisse, à Vienne, à Bruxelles, en Angleterre (1721). Pendant son exil, il est protégé par le comte du Luc, ambassadeur de France en Suisse, auquel est dédiée son Ode à la Fortune, une de ses œuvres les plus connues :

Fortune dont la main couronne

Les forfaits les plus inouïs,

Du faux éclat qui t’environne

Serons-nous toujours éblouis ?

ALPHONSE DE LAMARTINE (1790-1869), LITTERATURE FRANÇAISE, POEME, POEMES, POETE FRANÇAIS, PRIERE, PRIERES

La prière de Alphonse de Lamartine

La Prière de Alphonse de Lamartine

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Le roi brillant du jour, se couchant dans sa gloire,
Descend avec lenteur de son char de victoire.
Le nuage éclatant qui le cache à nos yeux
Conserve en sillons d’or sa trace dans les cieux,
Et d’un reflet de pourpre inonde l’étendue.
Comme une lampe d’or, dans l’azur suspendue,
La lune se balance aux bords de l’horizon ;
Ses rayons affaiblis dorment sur le gazon,
Et le voile des nuits sur les monts se déplie :
C’est l’heure où la nature, un moment recueillie,
Entre la nuit qui tombe et le jour qui s’enfuit,
S’élève au Créateur du jour et de la nuit,
Et semble offrir à Dieu, dans son brillant langage,
De la création le magnifique hommage.
Voilà le sacrifice immense, universel !
L’univers est le temple, et la terre est l’autel ;
Les cieux en sont le dôme : et ces astres sans nombre,
Ces feux demi-voilés, pâle ornement de l’ombre,
Dans la voûte d’azur avec ordre semés,
Sont les sacrés flambeaux pour ce temple allumés :
Et ces nuages purs qu’un jour mourant colore,
Et qu’un souffle léger, du couchant à l’aurore,
Dans les plaines de l’air, repliant mollement,
Roule en flocons de pourpre aux bords du firmament,
Sont les flots de l’encens qui monte et s’évapore
Jusqu’au trône du Dieu que la nature adore.
Mais ce temple est sans voix. Où sont les saints concerts ?
D’où s’élèvera l’hymne au roi de l’univers ?
Tout se tait : mon coeur seul parle dans ce silence.
La voix de l’univers, c’est mon intelligence.
Sur les rayons du soir, sur les ailes du vent,
Elle s’élève à Dieu comme un parfum vivant ;
Et, donnant un langage à toute créature,
Prête pour l’adorer mon âme à la nature.
Seul, invoquant ici son regard paternel,
Je remplis le désert du nom de I’Eternel ;
Et celui qui, du sein de sa gloire infinie,
Des sphères qu’il ordonne écoute l’harmonie,
Ecoute aussi la voix de mon humble raison,
Qui contemple sa gloire et murmure son nom.
Salut, principe et fin de toi-même et du monde,
Toi qui rends d’un regard l’immensité féconde ;
Ame de l’univers, Dieu, père, créateur,
Sous tous ces noms divers je crois en toi, Seigneur ;
Et, sans avoir besoin d’entendre ta parole,
Je lis au front des cieux mon glorieux symbole.
L’étendue à mes yeux révèle ta grandeur,
La terre ta bonté, les astres ta splendeur.
Tu t’es produit toi-même en ton brillant ouvrage ;
L’univers tout entier réfléchit ton image,
Et mon âme à son tour réfléchit l’univers.
Ma pensée, embrassant tes attributs divers,
Partout autour de soi te découvre et t’adore,
Se contemple soi-même et t’y découvre encore
Ainsi l’astre du jour éclate dans les cieux,
Se réfléchit dans l’onde et se peint à mes yeux.
C’est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême ;
Je te cherche partout, j’aspire à toi, je t’aime ;
Mon âme est un rayon de lumière et d’amour
Qui, du foyer divin, détaché pour un jour,
De désirs dévorants loin de toi consumée,
Brûle de remonter à sa source enflammée.
Je respire, je sens, je pense, j’aime en toi.
Ce monde qui te cache est transparent pour moi ;
C’est toi que je découvre au fond de la nature,
C’est toi que je bénis dans toute créature.
Pour m’approcher de toi, j’ai fui dans ces déserts ;
Là, quand l’aube, agitant son voile dans les airs,
Entr’ouvre l’horizon qu’un jour naissant colore,
Et sème sur les monts les perles de l’aurore,
Pour moi c’est ton regard qui, du divin séjour,
S’entr’ouvre sur le monde et lui répand le jour :
Quand l’astre à son midi, suspendant sa carrière,
M’inonde de chaleur, de vie et de lumière,
Dans ses puissants rayons, qui raniment mes sens,
Seigneur, c’est ta vertu, ton souffle que je sens ;
Et quand la nuit, guidant son cortège d’étoiles,
Sur le monde endormi jette ses sombres voiles,
Seul, au sein du désert et de l’obscurité,
Méditant de la nuit la douce majesté,
Enveloppé de calme, et d’ombre, et de silence,
Mon âme, de plus près, adore ta présence ;
D’un jour intérieur je me sens éclairer,
Et j’entends une voix qui me dit d’espérer.
Oui, j’espère, Seigneur, en ta magnificence :
Partout à pleines mains prodiguant l’existence,
Tu n’auras pas borné le nombre de mes jours
A ces jours d’ici-bas, si troublés et si courts.
Je te vois en tous lieux conserver et produire ;
Celui qui peut créer dédaigne de détruire.
Témoin de ta puissance et sûr de ta bonté
J’attends le jour sans fin de l’immortalité.
La mort m’entoure en vain de ses ombres funèbres,
Ma raison voit le jour à travers ces ténèbres.
C’est le dernier degré qui m’approche de toi,
C’est le voile qui tombe entre ta face et moi.
Hâte pour moi, Seigneur, ce moment que j’implore ;
Ou, si, dans tes secrets tu le retiens encore,
Entends du haut du ciel le cri de mes besoins ;
L’atome et l’univers sont l’objet de tes soins,
Des dons de ta bonté soutiens mon indigence,
Nourris mon corps de pain, mon âme d’espérance ;
Réchauffe d’un regard de tes yeux tout-puissants
Mon esprit éclipsé par l’ombre de mes sens
Et, comme le soleil aspire la rosée,
Dans ton sein, à jamais, absorbe ma pensée.

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

CLAUDE TRICOIRE (1951-...), LE CHANT DU CAREME, MEDITATIONS, PRIERE, PRIERES

Le chant du carême

Le chant du carême

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Le carême

Dit Dieu

Je n’ai pas inventé

Pour mon seul plaisir

Je ne l’ai pas fait pour te punir

Je te donne  ce chemin

Pour te faire revenir à moi 

Comme au temps de notre prime alliance

 

Je te donne

Dis Dieu

Ce chemin de quarante jours

Pour  te faire souvenir

De toute l’œuvre de mes mains

Des ennemis que j’ai terrassé pour toi

Des dangers dont je t’ai sauvé

Et de tes chants de louanges de jadis

 

Souviens toi

Dit Dieu

Que je prends souci de toi

Que je t’ai revêtu d’un manteau de gloire

Te faisant un peu moindre qu’un dieu

Que je t’ai établi maître sur ma création

Pour dominer toutes les créatures

Qui sont sur la terre et dans le ciel

 

Je te donne

Dit Dieu

Ce chemin dans le désert

Pour te faire revenir à moi

Pour te faire souvenir de mon alliance

Pour parler à ton cœur

Pour te dire que je un Dieu patient

Lent à la colère et plein d’amour

 

Le carême

Dit Dieu

C’est le temps de la grâce

C’est le moment favorable

J’oublierai les fautes de ta jeunesse

Je t’enseignerai mes commandements

Je dirigerai à nouveau tes pas vers la vérité

Et je serai à nouveau un père pour toi

Ton âme habitera le bonheur

Et tes descendants possèderont la terre

 

© Claude Tricoire

21 janvier 2021

CLAUDE TRICOIRE (1951-...), PRIERE, PRIERES, QUI DONC EST DIEU POUR AIMER AINSI ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

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Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour faire l’homme à son image ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour venir parmi nous ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour venir faire alliance avec nous ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour se livrer perdant ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est pour venir mourir pour nous ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour se faire nourriture ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu qui pleure pour nous ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu que l’on peut si fort blesser ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?

Qui donc est Dieu pour aimer ainsi ?

© Claude Tricoire

7 février 2021-

BERCEUSE DE LA MERE DE DIEU, MARIE-NOËL (1883-1967), MARIE-NOËL ROUGET (1883-1967), NATIVITE DE JESUS, NOEL, POEME, POEMES, PRIERE, PRIERES

Berceuse de la Mère de Dieu par Marie Noël

Berceuse de la Mère de Dieu

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Mon Dieu qui dormez faible entre mes bras,

Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,

J’adore en mes mains et berce étonnée,

La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas.

Vierge que je suis, en cet humble état,

Quelle joie en fleur de moi serait née ?

Mais Vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.

Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba

Votre grâce ? Ô Dieu, je souris tout bas

Car j’avais aussi, petite et bornée,

J’avais une grâce et Vous l’ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas

Pour parler aux gens perdus d’ici-bas…

Ta bouche de lait vers mon sein tournée,

Ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De main, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas

Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las…

Ta main, bouton clos, rose encor gênée,

Ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas

Pour rompre avec eux le pain du repas…

Ta chair au printemps de moi façonnée,

Ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas

Pour sauver le monde… Ô douleur ! là-bas,

Ta mort d’homme, un soir, noire, abandonnée,

Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

Marie Noël, Le Rosaire des joies 

Un poème de Marie Noël, qui fait parler la Vierge Marie avec la simplicité d’une mère. Celle-ci avoue l’émerveillement devant la naissance et la gratitude d’avoir été choisie pour être la mère de Dieu. Elle donne tout son prix à l’Incarnation en évoquant la bouche consolatrice, la main guérisseuse, la chair qui deviendra Eucharistie, qu’elle-même a façonnées. Enfin, elle dit dans les larmes le mystère de la Rédemption qui doit passer par la mort de son fils. En quelques strophes, tout le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption est accompli.

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