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Tableaux exposés dans l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Tableaux en l’Eglise Sait-Jean-de-Malte à Aix-en-Provence

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Parmi les tableaux exposées dans l’église,

la Crucifixion de Delacroix est celui qui attire le plus de visiteurs. Plusieurs vitraux se trouvent à l’intérieur. Le vitrail du chevet datant de 1854 a pour thème principal le Baptême du Christ.

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 Eugène Delacroix est un peintre français né le 26 avril 1798 à Charenton-Saint-Maurice et mort le 13 août 1863 à Paris.

Dans la peinture française du XIXè  siècle, il est considéré comme le principal représentant du romantisme, dont la vigueur correspond à l’étendue de sa carrière. À 40 ans, sa réputation est suffisamment établie pour lui permettre de recevoir d’importantes commandes de l’État. Il peint sur toile et décore les murs et plafonds de monuments publics. Il laisse en outre des gravures et lithographies, plusieurs articles écrits pour des revues et un Journal publié peu après sa mort et plusieurs fois réédité. Remarqué au Salon en 1824, il produit dans les années suivantes des œuvres s’inspirant d’anecdotes historiques ou littéraires aussi bien que d’événements contemporains (La Liberté guidant le peuple) ou d’un voyage au Maghreb (Femmes d’Alger dans leur appartement).

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Saint Henry implorant la Vierge pour les âmes du purgatoire, Jean Armelin (1687). Au départ prévu pour la chapelle des Âmes du Purgatoire de Saint-Jean, il est actuellement en cours de restauration.

« Jean Armelin maître peintre à Aix-en-Provence signe en 1767 une bien mauvaise toile pour l’église Saint-Jean de Malte »

Extrait de La mort et l’au-delà en Provence d’après les autels des âmes du Purgatoire (XVè-XXè siècle de Michel Vovelle et Gaby Volvelle in Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 24 année, N. 6, 1969. https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1969_num_24_6_422190

Dans le catholicisme, le purgatoire est une étape de purification par laquelle les âmes des défunts morts en état de grâce doivent cependant expier les péchés dont ils n’ont pas fait une pénitence suffisante avant leurs derniers instants. Ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, c’est-à-dire avec des résistances à l’amour de Dieu, bien qu’assurés de leur salut éternel, connaissent après leur mort cette période d’épreuve qui les libère totalement du mal. Ainsi, ils obtiennent la sainteté nécessaire pour accéder au paradis. Si la notion de purgatoire est une vérité de foi dans le catholicisme, elle n’est pas acceptée par les différents courants du protestantisme ni par l’Église orthodoxe.

À partir du Moyen Âge, l’iconographie chrétienne représente le purgatoire d’une manière symbolique, comme un lieu où brûle un feu purificateur. Jacques Le Goff a étudié la naissance du concept en tant que lieu au Moyen Âge en suivant l’évolution du mot « purgatoire » : l’épithète purgatorius puis le substantif neutre purgatorium. La notion de purgatoire semble avoir été redéployée au milieu du xixe siècle par le clergé face à la montée du spiritisme, qui invoquait les âmes des trépassés par des moyens ésotériques étrangers au christianisme. Son évocation s’est toutefois raréfiée depuis lors.

Catéchisme

La théologie récente rejette parfois l’idée de purgatoire comme un lieu de « punition temporelle » au sens d’un délai d’attente. Les spécialistes parlent alors d’une étape de purification. Le processus de purification est un « aspect de l’union à Dieu » et une image de l’espérance du croyant en la purification par Dieu. Le catéchisme publié par la Conférence des évêques de France en 1991 avec l’approbation du Saint-Siège indique :

« Pour parvenir à cette contemplation de Dieu, une « étape » de purification, appelée purgatoire, peut être nécessaire. Il ne s’agit ni d’un lieu, ni d’un temps ; on peut parler plutôt d’un état. En tout cas, le purgatoire, qui est bien une peine, n’est pas à concevoir comme une punition par laquelle Dieu se vengerait en quelque sorte de nos infidélités. La communion avec Dieu, dans laquelle nous introduit la mort, nous fait prendre conscience douloureusement de nos imperfections et de nos refus d’aimer, et du besoin de nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ. […] C’est Dieu lui-même qui purifie et transforme. Mais la Tradition de l’Église catholique affirme que ceux qui sont au purgatoire bénéficient des prières et des supplications adressées en leur faveur à Dieu par leurs frères, et aussi de l’intercession des saints déjà introduits dans la béatitude de la vision de Dieu. »

Le compendium du Catéchisme de l’Église catholique définit le purgatoire comme « l’état de ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu, assuré de leur salut éternel, mais qui ont encore besoin de purification pour entrer dans le bonheur du ciel » et ajoute que, en raison de la communion des saints, les vivants « sont capables d’aider les âmes dans le purgatoire en offrant des prières en suffrage pour eux, spécialement dans le Sacrifice eucharistique. Ils peuvent aussi les aider par des aumônes, les indulgences, et les œuvres de pénitence »

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L’Annonciation et La Mort de la Vierge, André Boisson (1678). Ces tableaux avaient été commandés pour la chapelle de la Cour des comptes de l’ancien palais. Dans la même série de Boisson, deux œuvres sont aujourd’hui à la Madeleine, tandis que deux autres sont perdues.

Parmi les peintres d’Aix-en-Provence, André Boisson fait figure d’oublié. Né l’année de la mort de Louis XIII, il débute véritablement sa carrière à Rome, auprès de Reynaud Levieux avec lequel il travaille de 1667 à 1676. Ce dernier, issu d’une famille protestante, l’initie aux grandes commandes en lui faisant copier les chefs-d’œuvre de Raphaël. Tout comme lui, après un séjour romain qui devait le marquer durablement, où la leçon des Carrache s’est assouplie dans l’exercice poussinien des grandes perspectives, il rentre en Provence à la fin des années 1670.

D’ailleurs, sa première commande notable n’est-elle pas pour la chapelle de la cour des Comptes de l’ancien palais épiscopal. Là, il réalise L’Annonciation et La mort de la Vierge, En 1693, il renouvelle l’exercice, mais cette fois-ci en rendant hommage au Christ supplicié dans une Transfiguration qu’on peut toujours admirer sur les murs de l’église de Saint-Jean de Malte

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L’Annonciation

Cf Luc 1, 26-38

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La mort de la Vierge Marie

Jacques de Voragine, La légende dorée, chapitre 115, « L’Assomption de la sainte Vierge Marie » :

« […] Un jour enfin, comme le désir de revoir son fils agitait très vivement la Vierge et la faisait pleurer très abondamment, voici qu’un ange entouré de lumière se présenta devant elle, la salua respectueusement comme la mère de son maître, et lui dit : « Je vous salue, Bienheureuse Marie ! Et je vous apporte ici une branche de palmier du paradis, que vous ferez porter devant votre cercueil, dans trois jours, car votre fils vous attend près de lui ! » Et Marie : « Si j’ai trouvé grâce devant tes yeux, daigne me dire ton nom ! Mais, surtout, je te demande avec instance que mes fils et frères, les apôtres, se rassemblent autour de moi, afin que je puisse les voir de mes yeux avant de mourir, et rendre mon âme à Dieu en leur présence, et être ensevelie par eux ! Et je te demande encore ceci : que mon âme, en sortant de mon corps, ne rencontre aucun méchant esprit, et échappe au pouvoir de Satan ! » Et l’ange : « Pourquoi désirez-vous savoir mon nom, qui est grand et admirable ? Mais sachez qu’aujourd’hui même tous les apôtres se réuniront ici, et que c’est en leur présence que s’exhalera votre âme ! Car celui qui, jadis, a transporté le prophète de Judée à Babylone, celui-là n’a besoin que d’un moment pour amener ici tous les apôtres. Et quant au malin esprit, qu’avez-vous à le craindre, vous qui lui avez broyé la tête sous votre pied, et l’avez dépouillé de son pouvoir ? » Cela dit, l’ange remonta au ciel ; et la palme qu’il avait apportée brillait d’une clarté extrême. C’était un rameau vert, mais avec des feuilles aussi lumineuses que l’étoile du matin. […] »

Selon la recommandation du même Jacques de Voragine, on peut également lire le texte du Pseudo-Jean sur le même événement :

APPARITION DE L’ARCHANGE GABRIEL

3) Un jour, un vendredi, Marie se rendit comme d’habitude auprès du tombeau.

Pendant qu’elle priait, les cieux s’ouvrirent, et l’archange Gabriel descendit vers elle et lui dit :

« Salut, ô toi qui as donné naissance au Christ, notre Dieu ! Ta prière, parvenue aux cieux auprès de celui qui est né de toi, a été exaucée. Dans peu de temps, selon ta demande, tu laisseras le monde, tu partiras vers les cieux, auprès de ton fils, pour la vie véritable et éternelle. »

4) Ayant entendu les paroles du saint archange, elle retourna vers la Bethléem, accompagnée de trois jeunes filles, qui la servaient. Après s’être reposée peu de temps, elle se leva et demanda aux jeunes filles : « Apportez-moi un encensoir afin que je prie. » Celles-ci le lui apportèrent comme elle le leur avait ordonné.

5) Et elle adressa une prière, disant :

« Mon Seigneur Jésus Christ, toi qui as daigné dans ta grande bonté être enfanté par moi, écoute ma voix et envoie-moi ton apôtre Jean, pour que sa vue me procure les prémices de la joie.

Envoie-moi aussi tes autres apôtres, soit ceux qui sont déjà arrivés près de toi, soit ceux qui sont encore dans ce siècle, quel que soit l’endroit où ils se trouvent par ton saint commandement, afin que je puisse, en les voyant, bénir ton nom célébré par de nombreux hymnes. J’ai confiance, parce qu’en toute chose tu écoutes ta servante. »

[1] Jacques de Voragine, La Légende dorée, chapitre 115.

Où Marie a-t-elle vécu après la Résurrection ?

Il est généralement admis que Joseph était déjà mort du temps de la Passion du Christ. Ce qui rendait alors Jésus responsable de sa mère. Au moment de mourir, Jésus a demandé à son disciple bien-aimé de prendre soin d’elle (Jn 19, 26-27)

Pour la plupart des exégètes, le disciple bien-aimé était Jean. Effectivement, le livre des Actes des Apôtres précise que c’est lui qui a pris soin de Marie à Jérusalem (Ac 1, 12-14)

Jérusalem…

Cela signifie que Marie a vécu avec les apôtres à Jérusalem juste après la Mort, la Résurrection et l’Ascension du Christ. Selon la Tradition, elle y restera jusqu’à la fin de sa vie, remontant le chemin de croix tous les jours afin de revivre les épreuves endurées par son fils. L’Assomption de Marie aurait eu lieu à Jérusalem, en présence des apôtres.

Il existe encore aujourd’hui une église qui a été édifiée près du Mont des Oliviers. Elle serait le lieu de sépulture de la Vierge, vénéré par l’Église Orthodoxe. Jérusalem abrite également l’abbaye de la Dormition, confiée aux moines bénédictins. D’après les traditions orthodoxes et catholiques, l’Assomption de Marie aurait eu lieu sur l’un de ces deux sites.

…ou Éphèse

Une autre piste indique que Jean aurait vécu à Éphèse. Beaucoup croient qu’il vivait alors avec Marie et que son l’Assomption y aurait eu lieu. Cette version est soutenue par la Bienheureuse Anne Catherine Emmerich. En effet, la mystique allemande du XIXe siècle avait eu des révélations privées selon lesquelles la maison de Marie était à Éphèse.

C’est sœur Marie de Mandat-Grancey, une religieuse française des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul qui est devenue en 1890 supérieure de la communauté à Smyrne en Turquie qui a bien découvert à Éphèse une maison datant du Ier siècle. Révélée au cours de recherches menées en 1891, elle était enfouie sous les ruines d’une église bâtie au IVe siècle. Depuis, ce lieu a été honoré par de nombreux pèlerinages et la visite de plusieurs papes au cours du XXe siècle.

Il existe donc un doute sur le lieu où Marie vécut la fin de ses jours, jusqu’à son Assomption. Même la même discrétion règne dans les Écritures sur la fin de la vie de Marie que sur la vie cachée du Christ, lorsqu’Il vivait auprès de son père adoptif et de sa Mère. 

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La Théologie, Michel-François Dandré-Bardon (entre 1744 et 1749). Il s’agit de l’œuvre la plus récente de Saint-Jean-de-Malte. On a longtemps cru devoir l’attribuer à Carle van Loo.

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La Théologie

Allégorie destinée à l’Université représentant une femme montrant l’hostie et le calice tout en foulant au pied les idoles.

 Michel-François Dandré-Bardon, ou Michel-François d’André-Bardon, né le 22 mai 1700 à Aix-en-Provence et mort à Paris le 13 avril 1783, est un artiste-peintre, graveur et historien d’art français.

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La Résurrection du Christ, Louis Finson (1610). Ce tableau est la plus ancienne œuvre de Finson répertoriée en Provence. Il se trouve dans l’église Saint-Jean-de-Malte depuis le Consulat.

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Lodewijk Finson, nom francisé en Louis Finson et latinisé en Ludovicus Finsonius, né entre 1574 et 1580 à Bruges et mort en 1617 à Amsterdam, est un peintre, dessinateur, copiste et marchand d’art flamand et l’un des premiers propagateurs du caravagisme dans l’Europe du Nord. Il peint des portraits, compositions religieuses, peintures allégoriques et scènes de genre. Déménageant en Italie au début de sa carrière, il se familiarise avec l’œuvre du Caravage et devient l’un des premiers adeptes flamands du Caravage. Il produit également un certain nombre de copies d’après des œuvres du Caravage.

Il travaille ensuite plusieurs années dans différentes locations en France où il bénéficie de la protection de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc et crée des retables et des portraits. Il est connu comme le copropriétaire avec le peintre flamand et son partenaire commercial Abraham Vinck de deux tableaux du Caravage. Louis Finson a joué un rôle majeur dans le mouvement caravagiste dans l’Europe du Nord à travers ses propres œuvres ainsi que dans son rôle de marchand d’art.

 

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Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardinLe Miracle de saint Blaise et Notre-Dame de Bon-Repos, Gilles Garcin (1690). Tous trois commandés par le prieur Viany.

Gilles Garcin (Aix-en-Provence, 1647–1702) est un peintre français. Il a essentiellement travaillé pour le prieur Viany de l’église Saint-Jean-de-Malte dont il a réalisé plusieurs toiles destinées à des retables. On trouve toujours dans cette église trois de ses œuvres, toutes commandées en 1690 :

Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardin,

Le Miracle de saint Blaise,

Notre-Dame de Bon-Repos.

Si la première de ces œuvres était destiné au retable du bras sud du transept de l’église, les deux suivantes furent placées sur un autel, celui de la chapelle des Viany et celui de la chapelle des porteurs de livrée

Il réalise aussi d’autres œuvres pour d’autres édifices religieux d’Aix, comme La Vierge et saint Jean, pour la cathédrale Saint-Sauveur.

À l’instar de plusieurs peintres provençaux et notamment d’Aix, Gilles Garcin visite Rome (Italie) avec l’aide d’un mécène. Sa présence y est attestée en 1664, tout comme celle de Nicolas Pinson la même année, ou de Reynaud Levieux deux ans plus tôt. Outre Aix et Rome, il travaille également à Apt, Rians et Toulon.

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Le Christ apparaissant à Marie Madeleine au jardin

Cf Jn 20, 11-17

 

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Le Miracle de Saint Blaise

 Selon la tradition, Saint Blaise, était médecin et devint évêque de Sébaste en Arménie, où il fut martyrisé vers 316.

Au cours de l’un de ses miracles, il sauva un garçon qui avait avalé une arête de poisson que l’on ne pouvait plus retirer.

C’est l’origine du rite romain de la bénédiction de saint Blaise contre les infections de la gorge. Il est symbolisé par un peigne à laine métallique, avec lequel il aurait été martyrisé.

 

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Notre-Dame du Bon Repos (1690) par Gilles Garcin

Assise sur un nuage prend sous sa protection des mères et leurs enfants

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Descente de croix, André Gaudion (1612). Ce tableau proviendrait d’un couvent franciscain d’Aix.

Le Christ est soutenu par saint Jean et Marie-Madeleine en présence de sa mère évanouie et de saint François

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Cf. Jean 19, 38-42

Lyonnais établi à Marseille, André Gaudion a travaillé à Aix entre 1612 et 1634.

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Apothéose de Saint Jean de Dieu de Grenade (1691) par Jean Jouvenet.

Tableau du fondateur portugais d’un ordre hospitalier peint un an après sa canonisation.

Jean Baptiste Jouvenet dit le Grand, né à Rouen en avril 1644 et mort à Paris le 5 avril 1717 est un peintre et décorateur français.

Il fut recteur perpétuel de l’Académie royale de peinture et de sculpture (1707).

Jean de Dieu, né João Cidade le 8 mars 1495 à Montemor-o-Novo au Portugal et mort le 8 mars 1550 à Grenade, est un religieux espagnol d’origine portugaise, qui se consacra aux indigents et fonda l’ordre des Hospitaliers. Il est vénéré comme saint par l’Église catholique, et donné pour patron des malades (avec Camille de Lellis) et des professionnels du soin. Il est fêté le 8 mars.

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Saint Bruno au pied de la Vierge, Reynaud Levieux (1663), peint à l’origine pour le maître-autel de la chartreuse d’Aix.

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Reynaud Levieux, né à Nîmes le 6 janvier 1613, et mort à Rome le 17 mars 1699, est un peintre français.

Bruno le Chartreux, appelé aussi Bruno de Cologne, né à Cologne vers 1030, mort le 6 octobre 1101 à l’ermitage de la Torre, aujourd’hui chartreuse de Serra San Bruno en Calabre, est un saint catholique fondateur de l’ordre des Chartreux. Son culte dans l’Église universelle est autorisé le 19 juillet 1514 lorsque le pape Léon X accorde oralement sa béatification, tandis que le pape Grégoire XV introduit la fête de saint Bruno au Missel romain le 17 février 1623.

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Descente de croix, Guillaume Martin dit Adam (1611). Cette œuvre a été acquise par Joseph-Félix Alphéran, futur prieur de Saint-Jean, qui en a fait don à l’église.

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Ce tableau est l’œuvre  de Martin Guillaume dit « Adam », artiste originaire de Lyon, qui a séjourné Aix de 1602 à 1634 et il était destiné à la chapelle des Pénitents Noirs. Acheté en 1771 par Joseph-Félix Alphéran – futur prieur et avant dernier avant la disparition des prieurs de saint Jean – ce tableau est une copie d’une composition de Baroche (1528-1612), célèbre peintre italien, dont les descentes de croix ont servi de modèles à de nombreux artistes.

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 Vierge du Carmel, Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon (s. d.). Tableau venant de l’église des Grands-Carmes ; il est transféré à l’église du Saint-Esprit à la Révolution, puis à Saint-Jean.

Assise sur le Mont Carmel , la Vierge remet à Simon Stock, sixième général de l’Ordre, un vêtement blanc (scapulaire) sous le regard du prophète Elie. Un autre religieux fait face à un démon terrorisé.

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Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon1, baptisé le 7 février 1606 à l’église Sainte-Madeleine de Troyes en Champagne, mort à Paris le 20 mai 1668, est un peintre baroque et graveur français.

Il est le frère de Pierre Mignard dit « Mignard le Romain », et le père de Pierre II Mignard, dit « le chevalier Mignard » et Paul Mignard.

Notre-Dame du Mont-Carmel (ou Notre-Dame du Carmel) est l’une des dénominations données à la Vierge Marie dans l’Église catholique. Ce titre est lié au mont Carmel, en Terre Sainte, un nom qui dérive de Karmel ou Al-Karem et que l’on pourrait traduire par jardin. L’Ordre du Carmel, fondé au tout début du xiiie siècle est à l’origine de cette dévotion. De nombreuses congrégations religieuses fondées ultérieurement sont rattachées aux branches historiques de cet ordre.

La dévotion à la Vierge du Carmel est également liée au scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel qui apparait à la fin du xiiie siècle et se répand chez les laïcs au xvie siècle. Très vénérée chez les marins, Notre-Dame du Mont-Carmel a été déclarée patronne de plusieurs pays, ainsi que de la marine (militaire) et parfois des troupes armées des pays. Cette dévotion est aussi parfois rattachée à la prière pour les « âmes du purgatoire ».

La fête de Notre-Dame du Mont-Carmel est célébrée le 16 juillet dans l’Église catholique. Cette fête donne lieu, localement, à de grandes processions terrestres voir maritimes, ainsi qu’à des festivités publiques, surtout dans les pays ou la Vierge du Carmel a été déclarée « patronne » du pays, des localités, ou de corporations.

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 Le Christ en croix entre la Vierge et saint JeanLe Jugement de Salomon et La Femme adultère, Nicolas Pinson (1673). Ces tableaux étaient initialement installés dans la grande chambre du Parlement de l’ancien palais des comtes de Provence.

Nicolas Pinson (1635-1681)

Nicolas Pinson, né à Valence (France) en 1635 et mort à Rome le 12 mars 1681, est un peintre, dessinateur et graveur français.

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Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean

Cf Jn 19, 25-17

 

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 Le jugement de Salomon

Jugement de Salomon

Le jugement de Salomon est une décision ou proposition de conclusion s’inspirant d’une histoire de la Bible hébraïque, laquelle met en scène Salomon, à la tête du royaume d’Israël, statuant d’une manière déroutante sur le litige de deux femmes revendiquant chacune la maternité d’un enfant. Il peut signifier soit que, face à l’impossibilité d’établir la vérité dans un litige, on partage les torts entre deux parties, soit que l’on met ces mêmes parties dans une situation qui oblige l’une d’elles au moins à changer sa stratégie.

Le Premier Livre des Rois (3, 16-28) dit que le différend oppose deux femmes ayant chacune mis au monde un enfant, mais l’un était mort étouffé. Elles se disputèrent alors l’enfant survivant. Pour régler ce désaccord, Salomon réclama une épée et ordonna : « Partagez l’enfant vivant en deux et donnez une moitié à la première et l’autre moitié à la seconde ». L’une des femmes déclara qu’elle préférait renoncer à l’enfant plutôt que de le voir mourir. De ce fait, Salomon reconnut la véritable mère de l’enfant. Il lui donna le nourrisson et sauva ainsi la vie de l’enfant.

 

 

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La femme adultère

Cf Jn 8, 1-11

La Pericope Adulterae est le nom traditionnel d’un épisode évangélique (péricope) au sujet d’une femme adultère de l’Évangile selon Jean 8,1-11. Ce passage décrit une confrontation entre Jésus, les scribes et les Pharisiens pour savoir si cette femme, coupable d’adultère, doit être lapidée. Jésus empêche l’exécution et dénonce l’hypocrisie de ses contradicteurs.

L’expression « jeter la première pierre » est tirée de ce passage évangélique.

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 Apparition du Christ ressuscité à Thomas (1614) par Jacques Macadré

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Cf Jn 20, 19-31

Le peintre Jacques Macadré, dont le nom est tombé dans un quasi anonymat est originaire de Troyes ;  il est issu d’une longue lignée de vitriers et peintres verriers troyens.

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L’Apothéose de saint Augustin, Michel Serre (s. d.). Ancien tableau de l’église des Augustins.

Le saint est emporté au ciel par un tourbillon d’anges

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Michel Serre

Michel Serre, né à Tarragone (Espagne) le 10 janvier 1658 et mort à Marseille le 10 octobre 1733, est un peintre baroque français.

Il est connu pour ses tableaux religieux et surtout pour ses représentations de la peste à Marseille en 1720.

Augustin d’Hippone (latin : Aurelius Augustinus) ou saint Augustin, né le 13 novembre 354 à Thagaste (l’actuelle Souk Ahras, Algérie), un municipe de la province d’Afrique, et mort le 28 août 430 à Hippone (l’actuelle Annaba, Algérie), est un philosophe et théologien chrétien romain d’origine Berbère 1ayant occupé le rôle d’évêque d’Hippone en Numidie. Avec Ambroise de Milan, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand, il est l’un des quatre Pères de l’Église occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Église.

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Le baptême du Christ

 

 

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Saint Roch, Bernardin de Sienne, saint Sébastien. Florence. XIVè siècle

 

 Saint Roch (né à Montpellier vers 1350, mort à Voghera vers 1378, Rochus en latin et Sant Ròc en occitan, est un pèlerin et thaumaturge français, honoré le 16 août. Il est le saint patron des pèlerins et de nombreuses confréries ou corporations : chirurgiens, dermatologues, apothicaires, paveurs de rues, fourreurs, pelletiers, fripiers, cardeurs, et aussi le protecteur des animaux. Son culte, né d’abord en France et en Italie, est devenu très populaire et s’est répandu dans le monde entier.

Bernardin de Sienne, né en 1380 à Massa Marittima en Toscane (Italie) et décédé le 20 mai 1444 à L’Aquila (Italie), est un frère franciscain observant et prédicateur de renom. Il propage la dévotion au saint nom de Jésus et fut surnommé « l’apôtre de l’Italie » pour ses efforts en faveur du retour de la foi catholique dans son pays au XIVè siècle. Canonisé en 1450 par Nicolas V, il est liturgiquement commémoré le 20 mai.

 

Sébastien est un saint martyr romain ayant vécu, selon la croyance chrétienne, au IIIè siècle. Il est fêté selon le Martyrologe romain le 20 janvier en Occident et le 18 décembre en Orient.

Né à Narbo Martius, en Gaule (aujourd’hui Narbonne), Sébastien est citoyen de Milan, en Italie. Militaire de carrière, il est pris d’affection par les empereurs Dioclétien et Maximien Hercule, qui le nomment centurion. Durant la persécution de Dioclétien, il est pourtant exécuté sur ordre des souverains pour avoir soutenu ses coreligionnaires dans leur foi et accompli plusieurs miracles. D’abord attaché à un poteau et transpercé de flèches, il est finalement tué à coups de verges après avoir miraculeusement guéri la première fois.

Patron des archers, des fantassins et des policiers mais aussi troisième patron de Rome (avec Pierre et Paul), saint Sébastien est surtout invoqué pour lutter contre la peste et les épidémies en général. Souvent représenté dans les arts, il est devenu un symbole homoérotique à la Renaissance avant d’être considéré comme une icône homosexuelle à partir du XIXè siècle.

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La Transfiguration (2006) par Nathalie Pegang

 

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 Notre-Dame des Calissons

 

La petite histoire gourmande du «calissoun»

Savouré dès l’Antiquité grecque et romaine, le mélange d’amandes et de fruits confits fut également appréciée au cours du moyen-âge comme en atteste une allusion à cette gourmandise dans la Chroniques des Vénitiens de Martino di Canale en 1275.

De nombreuses légendes s’attachent à expliquer l’origine du calisson d’Aix. La plus fameuse est celle racontant qu’à l’occasion du mariage du Roi René d’Anjou avec Jeanne de Laval au XVe siècle, le maître confiseur aurait fait goûter un calisson à la reine. Cette dernière aurait grandement appréciée ce met ! Cette période d’échanges commerciaux entre la Provence et l’Italie favorisa le développement de cette spécialité culinaire.

Néanmoins, c’est seulement lorsque l’amande sera directement cultivée en Provence au XVIe que le négoce prendra véritablement son essor et que Aix-en-Provence s’imposera comme la ville du calisson. Les premières usines verront le jour au cours du XIXe.

La ville compte au cours du XXe siècle une vingtaine de fabricants.

Voir également : https://fr.wikipedia.org/wiki/Calisson

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Saint André devant la Croix (XVIIIè siècle) attribué à Carlo Magnone

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Artiste : Carlo Magnone, ( ?-1653)

Saint André

André, frère Pierre, tous deux pêchent sur le lac de Tibériade lorsqu’ils décident de suivre Jésus. Auparavant, disciple de Jean-Baptiste, André est le premier à rencontrer Jésus sur les bords du Jourdain. Après la mort de Jésus, il prêche surtout autour de la Mer Noire. Sous le règne de Néron, il convertit l’épouse du proconsul Egéas, ce qui le condamne. Plus tard, il meurt en Grèce, supplicié sur une croix en X

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Notre-Dame de Lorette (anonyme). Tableau offert par Mme Bourguignon de Fabregoules

Assise sur sa maison, emportée par les anges, la Vierge tient l’Enfant-Jésus qui reçoit l’adoration de Gabriel. Les saints représentés au-dessous sont certainement les patrons de ceux qui ont commandé le tableau, dont les portraits sont peints en bas.

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Oeuvre du XVIIè siècle par C. Caldieri représentant la célèbre légende du transport par les anges à Lorette de la maison de la Vierge.

Girolamo Cialdieri

Girolamo Cialdieri (Urbino, 28 octobre 1593 – 1680) est un peintre italien de la période baroque tardive. Girolamo Cialdieri est né à Urbino en 1593 et fut un élève de Federico Barocci et de Claudio Ridolfi. Il a peint plusieurs tableaux à Rome, Urbino et Cagli pour les églises.

Son meilleur travail est la Martyre de saint Jean de l’église San Bartolomeo de Rome. Luigi Lanzi écrit que « Cialderi possède une grande dextérité et des couleurs remarquables et le félicite pour son style dans la représentation de paysages pour sa connaissance en architecture qu’il aimait inclure dans ses œuvres ».

Tableau : Notre-Dame de Lorette adorée par saint Jacques saint Benoît saint Georges sainte Catherine d’Alexandrie en présence de donateurs

Sainte Maison de Lorette

La Sainte Maison de Lorette (couramment nommée La Santa Casa en italien) est, selon la tradition catholique, la maison où la Vierge Marie aurait reçu de l’archange Gabriel l’annonce de sa maternité divine et conçu du Saint-Esprit son fils Jésus-Christ.

Ce modeste édifice de brique, aujourd’hui contenu dans un grand sarcophage de marbre renaissant, est donc la Relique du plus grand mystère de la foi chrétienne.

Rapportée de Terre sainte à partir d’avril 1291, la Santa Casa est vénérée dans la ville de Lorette en province d’Ancône, dans la région des Marches, en Italie centrale.

C’est le premier sanctuaire marial international consacré à la Vierge Marie. Ce sanctuaire fut durant près de trois siècles le principal lieu de pèlerinage de Lorette en Occident, devant Rome, Canterbury et Saint-Jacques-de-Compostelle.

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La Sagrada Familia (1990) par Vincent Roux

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Vincent Victor Roux, né le 1er décembre 1928 à Marseille (Bouches-du-Rhône) et mort le 8 juin 1991 à Paris, est un peintre figuratif français.

Depuis 1948, soixante expositions de peinture et dessins ont été organisées et cinq mille œuvres ont été réparties ou inventoriées dans des musées ou collections privées.

 

Sagrada Família

La Sagrada Família, Temple Expiatori de la Sagrada Família de son nom complet en catalan, ou Templo Expiatorio de la Sagrada Familia en espagnol (en français : « temple expiatoire de la Sainte Famille ») est une basilique de Barcelone dont la construction a commencé en 1882.

C’est l’un des exemples les plus connus du modernisme catalan et un monument emblématique de la ville. Œuvre inachevée de l’architecte Antoni Gaudí, la Sagrada Família est située dans le quartier du même nom (district de l’Eixample). L’architecte a conçu une minutieuse symmbologie qui fait de cet édifice un poème mystique. Il a également fait preuve d’une grande audace de construction formelle, telle que la manière de concevoir la structure d’arc en chaînette ou la combinaison des traitements sculpturaux naturalistes et de l’abstraction des tours. Selon les données de l’année 2004, la Sagrada Família est le monument le plus visité d’Espagne, dépassant l’Alhambra de Grenade et le musée du Prado à Madrid. La partie du monument réalisée du vivant d’Antoni Gaudí, la crypte et la façade de la Nativité, a été déclarée patrimoine de l’humanité par l’Unesco en 2005.

Puisqu’il s’agit d’un temple expiatoire, les travaux sont exclusivement financés grâce à l’aumône. En conséquence, il n’a pas été possible de construire simultanément les différentes parties du monument lorsqu’il l’eut fallu, mais depuis les années 1990, l’affluence de visiteurs et le renom mondial de l’œuvre ont fait évoluer la situation économique.

La basilique a été consacrée par le pape Benoît XVI le 7 novembre 2010. Le siège de l’archevêché de Barcelone reste toutefois la cathédrale Sainte-Eulalie, édifice construit à l’époque médiévale et situé au cœur du quartier gothique.

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Le baptistère de la cathédrale Saint-Sauveur (Aix-en-Provence)

Baptistère de la cathédrale Saint-Sauveur

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Le baptistère de la cathédrale a été construit au début du vie siècle, voire du ve siècle, sur l’emplacement de l’ancienne place du forum d’Aquae Sextiae. Il est contemporain des baptistères conservés de Riez, Fréjus, mais aussi Albenga, en Ligurie, et Djemila, en Algérie et figure parmi les plus anciens de France.

Le baptistère octogonal, couronné en 1579 par le chanoine Jean de Léone, possède une coupole décorée de gypseries surmontant des colonnes d’époque romaine remployées. La cuve serait d’époque mérovingienne. On trouve sous les dalles du baptistère les caveaux de chanoines et d’archevêques.

Dès sa construction, le baptistère a été alimenté par les eaux chaudes provenant des thermes romains. Le baptême est alors administré par immersion totale. Une symbolique bien définie est alors attachée au sacrement du baptême. Celui-ci représente un moyen d’être enseveli dans la mort avec le Christ et de vivre la vie nouvelle, au moyen de l’illumination. L’édifice est orienté vers le soleil levant malgré les changements apportés au fil des siècles, notamment par l’ajout des colonnes en granit.

Son architecture actuelle est semble-t-il quasiment identique à celle qu’il avait au temps du forum romain. Huit colonnes l’entourent. On y attachait alors des étoffes pour cacher les catéchumènes des regards. On peut toujours observer les encoches dans lesquelles on insérait les tringles permettant de tendre les draps. Le baptistère a connu plusieurs transformations. La coupole date du xvie siècle. De l’époque de sa construction ne subsistent plus que les bas des murs et la cuve baptismale. L’alimentation en eau courante du bassin se faisait par l’est, du côté extérieur à la cathédrale, par le moyen d’une annexe importante.

Au XIXe siècle, le baptistère est orné de sept tableaux représentant les sept sacrements de l’Église catholique. La commande est passée par l’administration des beaux-arts, conformément au souhait de l’archevêque. Sept artistes aixois sont choisis pour ce travail : Alphonse Angelin, Antoine Coutel, Baptistin Martin, Joseph Richaud, François Latil, Léontine Tacussel, et Joseph Marc Gibert. Cette commande est un exemple rare de représentation des sept sacrements en série, sans équivalent au XIXe siècle.

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Les vues générales du baptistère

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Vue des huit chapiteaux

Le chiffre 8 est symbolique dans la religion chrétienne, il représente la vie nouvelle que le Christ apporte dans le baptême.

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Vue de la coupole restaurée en 1579

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Le plan de la coupole s’inspire de celui de la chapelle d’Estienne de Saint-Jean, située dans le Chœur de la cathédrale.

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Toit de la coupole

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Coupole: vue extérieure

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Les décorations et les peintures représentant les sept sacrements

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Un baptême à la fin du XVIII° siècle

Gravure d’époque. On y remarque la cuve médiévale installée au milieu du bâtiment, au-dessus de la cuve antique.

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Fragment de mosaïques

Ce petit fragment donne une idée de la décoration d’origine du sol. Il est situé dans la niche sud-ouest.

Cuve baptismale antique

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 Fragments de fresques

Ces fresques ont été réalisées au XII° siècle, lors de la reconstruction des murs du baptistère. Une des scènes représente la vêture de sainte Claire

Peintures représentant les sept sacrements

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Les sept sacrements: l’Eucharistie

Œuvre de Joseph Richaud (1848).

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Les sept sacrements: le baptême

Ce tableau est situé au-dessus de la cuve baptismale du XIV° siècle. Œuvre d’un disciple de Granet, Jean-Baptiste Martin, en 1847

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Les sept sacrements: la confirmation

Œuvre de Joseph Gibert (1848)

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Les sept sacrements: le mariage

Œuvre d’Alphonse Angelin (1846)

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Les sept sacrements: la pénitence

Œuvre de Léontine Tacussel (1848). Il a été placé dans la nef romane, puisque la niche qu’il occupait a fait l’objet de découvertes archéologiques

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Les sept sacrements: l’Ordre

Œuvre de François Latil (1848), qui représente ce sacrement par l’institution de saint Pierre comme chef de l’Eglise.

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Les 7 sacrements: l’extrême onction

Œuvre d’Antoine Coutel (1847)

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vip4vlmvf9xnl3lbeo2jLa cuve baptismale utilisée actuellement lors des baptêmes ayant lieu à la veillée pascale. Cet ensemble moderne recouvre la cuve baptismale antique durant le temps pascal

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANJOU, ANJOU (histoire de l'), FRANCE, HISTOIRE DE FRANCE, LE BON ROI RENE, CONSTRUCTION D'UNE LEGENDE, PROVENCE, RENE D'ANJOU (1409-1480)

Le bon Roi René, construction d’une légende

Le « bon Roi René » ou la fabrication d’une légende

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La figure du Roi René se partage surtout entre deux villes en France, entre deux régions  : Angers et Aix-en-Provence, l’Anjou et la Provence. Le duc d’Anjou ne bénéficie pas de la même aura dans les deux villes : bien qu’il soit également honoré dans sa ville natale, c’est Aix-en-Provence qui se prévaut du titre de « la ville du Roi René ».  Ceci est dû certainement au caractère plus mesuré, plus pondéré des angevins et à l’histoire : l’Anjou est, fortement ancré dans l’héritage des rois de France par des liens matrimoniaux et par sa situation proche des terres des rois de France ; la Provence, au sud et loin des terres sous la dépendance des rois de France, longtemps gouvernée par les souverains aragonais ne se tourna vers le royaume de France que lors du mariage de Marguerite de Provence (1221-1295), fille de Béranger V, avec Louis IX, le futur saint Louis, devenant ainsi reine de France.

Mais la popularité de René d’Anjou en Provence peut s’expliquer également de bien des manières même si bien souvent la réalité historique est recouverte par les récits hagiographiques engendrant la légende d’un souverain plus provençal qu’angevin et la nostalgie d’un âge d’or révolue.

Les débuts des Angevins en Provence

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Avec la mort de Raymond-Béranger IV en 1245 commence la mainmise de la Maison d’Anjou sur la Provence. En effet sa fille Béatrice de Provence mariée à Charles Ier d’Anjou, comte d’Anjou et du Maine et frère de saint Louis, apporte en héritage les deux comtés de Provence et Forcalquier, les transmettant à la première maison capétienne d’Anjou.

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La reine Jeanne Ire de Naples (1328-1382), comtesse de Provence de 1343 à 1382 adopte en 1380 Louis Ier d’Anjou-Valois (1339-1384) mais c’est son fils Louis II, duc d’Anjou (1377-1417), qui deviendra de fait comte de Provence de 1384 à 1417. Son fils Louis II (1403-1434) sera lui comte de Provence de 1417 à 1434. C’est donc en 1434 que René fils de Yolande d’Aragon et de Louis II d’Anjou reçoit la Provence en héritage. Ainsi commence l’histoire de René d’Anjou avec la Provence.

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Le roi René en Provence

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René d’Anjou, ou René Ier d’Anjou, ou encore René Ier de Naples ou René de Sicile né le 16 janvier 1409 cumule sur sa tête de nombreux titres prestigieux : seigneur puis comte de Guise (1417-1425), duc de Bar (1430-1480) de fait dès 1420, duc consort de Lorraine (1431-1453), duc d’Anjou (1434-1480), comte de Provence et de Forcalquier (1434-1480), comte de Piémont, comte de Barcelone, roi de Naples (1435-1442), roi titulaire de Jérusalem (1435-1480), roi titulaire de Sicile (1434-1480) et d’Aragon (1466-1480), marquis de Pont-à-Mousson (-1480) ainsi que pair de France et fondateur de l’ordre du Croissant. Mais il ne reste dans les mémoires que peu de souvenirs aujourd’hui de tous ces titres….

Si en 1434 il devient comte de Provence il ne viendra que très  peu dans son comté avant 1476 où il se fixera définitivement dans la ville d’Aix. Si ces visites en Provence furent épisodiques il faut rappeler le contexte historique : la France se trouve en guerre avec l’Angleterre dans ce qu’on appelle la Guerre de Cent Ans (1337-1453) et la Maison d’Anjou reste fidèle à la couronne de France et combat aux côtés des troupes de Charles VII ; d’autre part René se heurte aux visées expansionnistes de  Philippe II de Bourgogne qui le fera prisonnier en 1431 après la bataille de Bulgnéville ; en 1438 il s’installe dans son royaume de Naples d’où il est chassé en 1442 par Alphonse II d’Aragon qui revendiquait également le royaume de Naples. C’est dire combien René d’Anjou ne pouvait que faire de brefs séjours dans son comté de Provence.

Ce n’est qu’à partir de 1471 qu’il s’installa définitivement à Aix-en-Provence. Etait-ce par amour de la Provence ? Que non ! (D’ailleurs en bon angevin il prit soin d’emmener avec lui ses vaches pour lui procurer son beurre vu qu’il détestait l’huile d’olive !). Il s’y installe par nécessité : en effet il est soupçonné par son neveu Louis XI, le roi de France, d’avoir fait alliance avec le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, contre le roi de France qui voulait mettre la main sur les duchés de Lorraine et du Bar. De ce fait il est condamné pour crime de lèse-majesté et doit se réfugier dans ses terres provençales afin d’échapper à la vindicte du roi de France dont on sait qu’il ne supportait aucune opposition et que sa vengeance pouvait être terrible. Même s’il ne risquait rien en fait puisque la Provence était terre d’Empire et donc à l’abri de toute représailles de Louis XI mieux valait bon an mal an s’éloigner !

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Comme le remarque bon nombre d’historiens la légende du « bon Roi René » peut commencer. !

Certes il se montra un mécène en faisant venir nombre d’artistes italiens ou flamands, il se constitua une cour rehaussant ainsi le prestige de la ville d’Aix. C’est également sous son règne que fut découvert fort fortuitement d’ailleurs les reliques de sainte Marie-Madeleine ouvrant la voie au culte de la sainte à la Sainte Baume avec la bénédiction papale : une découverte très politique puisque la dévotion était accréditée depuis longtemps à Vézelay en terre bourguignonne où se trouve d’ailleurs une basilique Sainte-Marie-Madeleine ! Quand la religion sert les intérêts de la politique surtout quand on connaît les rivalités entre les deux maisons !….

A ce prince mécène, ami des arts et féru de littérature on reproche cependant une fiscalité plutôt favorable à ses intérêts qu’à ceux de ses sujets ce qui tranche avec la bonhommie qu’on lui prête après sa mort ; d’autre part, bien qu’on lui bâtit une réputation de piété,  il ne favorisa guère les églises et couvents de la ville d’Aix-en-Provence hormis le couvent de Saint Victor de Marseille.

A sa mort en 1480 il laisse un testament qui fait entrer la Provence dans le royaume de France : en effet il ne laisse comme unique héritier que son neveu Charles IV du Maine (1446-1481) (Charles III de Provence) qui meurt en 1481 sans héritier laissant le champ libre à Louis XI pour intégrer le comté de Provence au royaume de France ce qui sera effectif en janvier 1482. A l’époque certains provençaux verront dans le Roi René le « fossoyeur de la Provence » ! : mais ceci sera vite oublier quelques années années plus tard et surtout au XIXè siècle au moment de la Restauration des Bourbons !

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Ce n’est que quelques années plus tard , surtout du XIIIè au XVIIIè siècle, que se développa dans la bonne société la légende du « Bon Roi René » et où Aix-en-Provence se voudra la « ville du Roi René » oubliant qu’il fut avant tout un prince angevin puisqu’il désira qu’après sa mort, son corps fut transféré dans sa ville d’Angers, mettant de côté certains faits  : René d’Anjou fut un prince malheureux  dans ses batailles pour défendre ses terres et un politique qui ne fit pas le poids face à l’habileté de ses adversaires tels les princes de Bourgogne, les rois d’Aragon ou surtout un Louis XI et que la mort de René mit fin à l’indépendance de la Provence (une indépendance d’ailleurs toute relative !).  Si le mythe perdure encore aujourd’hui c’est aussi qu’avec le Roi René la Provence perd le faste d’une cour princière et surtout une grande partie de son indépendance face au pouvoir royal. Rien de tel pour faire perdurer un mythe et l’entretenir soigneusement en dépit des faits historiques… C’est ainsi que l’on vent aux touristes une histoire quelque peu différente de la réalité.

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La sépulture du roi René

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René Ier mourut à Aix-en-Provence le 10 juillet 1480. Les Provençaux désiraient garder la dépouille du monarque sur leurs terres certains allant jusqu’à affirmer que René d’Anjou aurait confié à certains qu’il désirait reposer dans la cathédrale d’Aix. Mais  sa seconde épouse, Jeanne de Laval décida de respecter les dernières volontés de son époux et de le faire enterrer en la cathédrale Saint-Maurice d’Angers aux côtés de sa première épouse Isabelle Ier  de Lorraine.

Après presque une année d’attente et de tractations la reine organisa, de nuit, avec la complicité de quelques chanoines de la cathédrale et l’aide de Charles III, la fuite du corps du défunt en le dissimulant dans un tonneau au milieu de ses fourrures. Une fois mis sur une embarcation, celle-ci s’éloigna discrètement sur le Rhône. Le corps du roi René arriva en Anjou et fut placé, avec honneur et dévotion, dans le tombeau le 10 octobre 1481 qu’il avait fait réaliser lui-même dans la cathédrale d’Angers.

La statue du Roi René

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 Tout en haut du cours Mirabeau, le roi René trône. Et pour rappeler à Marseille que les comtes de Provence sont installés ici, on y érige en 1820 une belle fontaine ainsi qu’une statue sculptée par le sculpteur David d’Angers (à ne pas confonde avec le peintre du même nom) sauf que la statue du roi René ne lui ressemble en rien. « Le spectre dans sa main ne veut rien dire et le portrait original n’a rien à voir avec celui-ci. Et les Aixois s’en souviennent bien, alors à l’inauguration c’est le malaise. Les élus se sont même demandé s’ils n’allaient pas renvoyer la statue à Paris » !  A noter que la statue représenterait le roi Louis XII (1462-1515), celui-là même qui installa le Parlement d’Aix en 1501. 200 ans plus tard, la fontaine est toujours là ainsi que la statue qui, soit dit en passant, ne fut jamais payée à David d’Angers par la ville d’Aix !

© Claude Tricoire

15 juin 2022

Rites, histoires et mythes de Provence

Noël Coulet

Presses universitaires de Provence, 2020. 256 pages.

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Cet ouvrage analyse la formation des rites et traditions dans la Provence de la fin du Moyen Âge, puis leur évolution et parfois transformation en mythe. Ainsi l’entrée royale dont le rituel s’inspire de l’entrée de Jésus à Jérusalem le jour des Rameaux s’enrichit au XVIè  siècle d’un décor d’arcs de triomphe qui développent un discours historique à la gloire du souverain. Ainsi la procession de la Fête-Dieu d’Aix, cortège modeste et pieux à ses débuts au XIVè siècle, devient, à partir du XVIè  siècle une parade bruyante et colorée, rythmée par la représentation de tableaux vivants, les « jeux » attribués sans raison au roi René.

Un second ensemble d’études s’organise autour des histoires anciennes de la Provence et la constitution de l’image de deux personnages devenus de véritables figures légendaires, la reine Jeanne et le roi René, donnant lieu à une tradition narrative qui parasite encore aujourd’hui l’histoire. Un dernier ensemble d’articles s’attache à quelques récits apocryphes incrustés dans la mémoire collective et que l’on voit périodiquement resurgir : la légende du juif blasphémateur écorché vif à l’entrée de la Juiverie d’Aix, la bénédiction des calissons d’Aix, récit apocryphe à la limite du canular, fabriqué au milieu du XXè siècle.

Louis XI, le roi René et la Provence

Yannick Frizet

Presses universitaires de Provence, 2015. 364 pages

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Comment la Provence devient-elle française, à l’instigation du redoutable Louis XI ? Quelles sont les convoitises et ambitions royales face aux diverses principautés du Midi provençal, relevant alors de l’empire germanique ? Quels moyens se donne le roi comment use-t-il du Dauphiné frontalier ? Ces questions jusqu’alors peu fréquentées par les historiens trouvent ici de larges éclairages, fondés sur des sources parfois inédites, couvrant une période de quatre décennies (1440-1483) et une zone géographique comprenant tous les États du Midi provençal. Autant de petits territoires porteurs d’enjeux géopolitiques qui mobilisent jusqu’aux grandes puissances européennes. Une attention particulière est portée aux rapports houleux et aux intrigues nouées entre Louis XI et le roi René, avant-dernier comte de Provence, que l’on découvre bien peu conforme à sa légende dorée, mais aussi aux intermédiaires entre deux États sur le point de s’« unir » et aux vecteurs humains de l’influence française dans le Midi. Voici donc le récit d’une étape majeure de l’histoire d’une principauté méridionale qui aurait pu ne jamais devenir française.

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Ils ont participé à l’édification de l’Eglise du Saint-Esprit

ILS ONT PARTICIPÉ A ÉDIFIÉ  L’ÉGLISE DU SAINT-ESPRIT

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Girolamo Grimaldi-Cavalleroni

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Girolamo Grimaldi-Cavalleroni, dont le nom est généralement francisé en Jérôme Grimaldi-Cavalleroni (20 août 1595 à Gênes – 4 novembre 1685 à Aix-en-Provence), est un cardinal catholique et archevêque d’Aix-en-Provence de 1648 à sa mort.

Il est le fils de Giacomo Grimaldi, historien italien et archiviste du Vatican et de Girolama di Agostino de Mari. Archevêque in partibus de Séleucie d’Isaurie en 1641 et nonce apostolique en France, il est créé cardinal par le pape Urbain VIII le 13 juillet 1643 et devient abbé commendataire des abbayes Notre-Dame-et-Saint-Nicolas de Blanchelande (1646) et Saint-Florent de Saumur (1649) jusqu’à sa mort.

 

 Laurent Vallon

 Laurent II Vallon est un architecte exerçant en Provence et principalement à Aix-en-Provence, né à Aix-en-Provence le 10 mars 1652, et mort dans la même ville le 24 juillet 1724 (à 72 ans). Il est l’auteur de nombreux édifices publics ou privés d’Aix.

 Biographie

Laurent II est le fils de Laurent I Vallon, né à Mane vers 1610. Il arrive à Aix-en-Provence en 1627 et entre en apprentissage chez deux maîtres-maçons : Jacques et Jean Drusian1. Il s’est marié le 26 septembre 1633 avec Catherine Jaubert, fille de Jean Jaubert, maître maçon d’Aix, dont il a deux fils : Jean Vallon (1645-1723), tailleur de pierre et architecte, et Laurent II Vallon, architecte de la ville d’Aix et de la Province. Il a d’abord été associé à son beau-père Jean Jaubert, puis à son beau-frère, Jean Jaubert, avec qui il réalise quantité de monuments dans la ville d’Aix, comme l’église de la Madeleine.

Il meurt à Aix-en-Provence le 8 mai 1697.

 

  Jean Daret

Daret-autoportrait

Jean Daret (Bruxelles1614 – Aix-en-Provence1668) est un artiste français, originaire des Pays-Bas méridionaux. Il a peint des tableaux à sujets religieux ou mythologiques et gravé des eaux-fortes.

Biographie

Jean Daret, fils de Charles Daret et d’Anne Junon, est né à Bruxelles en 1614 où il commence son apprentissage chez le peintre Antoine van Opstal dont le fils Gérard van Opstal sera un sculpteur baroque. Dès 1633 Jean Daret se rend à Paris où son séjour dans cette capitale est confirmé par sa présence au mariage de son cousin Pierre Daret, peintre et graveur.

Vers 1634 il quitte Paris pour se rendre en Italie d’où il rapportera le goût de la Quadratura,  Il revient en France vers 1636 et s’installa à Aix en Provence. Il s’intègre très vite dans la société de sa ville d’adoption : en effet, seulement trois ans après son arrivée, il se marie le 3 décembre 1639 à la paroisse Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence avec Magdelaine Cabassol, issue d’une ancienne famille consulaire de la ville. Ils auront six enfants dont deux fils, Michel né en 1640 et Jean-Baptiste né en 1649, qui seront élèves de leur père et deviendront des peintres comme lui.

En 1648 il devient membre de l’Association de la Sainte Famille de l’Oratoire, ce qui lui permet de fréquenter certains membres influents de sa ville. Il travaille pour le clergé en réalisant les décorations de plusieurs couvents et églises à Aix-en-Provence et aux alentours. Il travaille également pour des particuliers, membres de la noblesse provençale, qui lui commandent des tableaux pour orner leurs chapelles privées ou leurs demeures particulières. Il réalise ainsi non seulement des scènes religieuses mais également des portraits, des scènes mythologiques ou de genre. Comme ses contemporains provençaux Nicolas Mignard et Reynaud Levieux, il ne se spécialise pas dans un seul genre. Jean Daret est alors un peintre de grand renom, surchargé de commandes de tableaux et de décors de plafonds.

Jean Daret est également un graveur qui a été souvent confondu avec son cousin Pierre Daret. Comme beaucoup d’artistes de son époque, il joint à ses talents de peintre et de graveur, une bonne formation d’architecte. Il est ainsi l’architecte de l’hôtel des Covet à Marignane, actuel hôtel de ville. C’est également lui qui réalisa les peintures marouflées commandées par le seigneur de Covet pour cet hôtel. Ces peintures ornent la salle d’apparat et dans la chambre seigneuriale un temps dite « de Mirabeau » à cause des liens de mariage entre le tribun et Émilie de Marignane. Mais son rôle d’architecte se limite à la fourniture des dessins qui sont ensuite confiés à un maître maçon ou à un architetecte professionnel : ainsi pout la fontaine de la porte Saint-Louis à Aix-en-Provence, Jean Daret la dessine, Pierre Pavillon la construit et jacques Fossé la sculpte.

En 1659, Jean Daret ayant des difficultés financières, décide de retourner à Paris où il aurait participé à la décoration du château de Vincennes, travaux aujourd’hui disparus. Le 15 septembre 1663 il est reçu à l’Académie royale de peinture et rentre l’année suivante à Aix-en-Provence. Il reprend des travaux pour les amateurs locaux en particulier pour Pierre Maurel de Pontevès qui lui commande de nombreuses décorations pour son château à Pontevès, toutes actuellement détruites. Enfin son dernier travail sera la décoration du plafond de la chapelle des pénitents blancs de l’Observance que lui confiera Henri de Forbin-Maynier, premier président du Parlement de Provence. Ce plafond de forme ovale représentait la Résurrection du Christ ; cette œuvre est également détruite.

Jean Daret meurt subitement à Aix-en-Provence le 2 octobre 1668. Il est enseveli le lendemain dans l’église Saint-Sauveur d’Aix à l’entrée de la nef du corpus domini et son cœur est placé dans l’église des augustins réformés de Saint-Pierre.

Œuvres de Jean Daret

 Décoration de bâtiments

Jean Daret travaille à la décoration de plusieurs hôtels particuliers ou de château d’Aix-en-Provence et de la région provençale. Il travaille souvent en collaboration avec Pierre Pavillon qui se consacre à l’architecture et lui à la peinture.

 Hôtel Maurel de Pontevès

Cet hôtel particulier, également appelé hôtel d’Espagnet, est situé au no 38 du cours Mirabeau où se trouve actuellement le siège du Tribunal de commerce. Il a été édifié à partir de 1648 par Pierre Maurel de Pontevès, surnommé le « Crésus provençal » qui avait acheté un terrain situé dans les anciens prés de l’archevêché en bordure desquels devait être tracé le Cours6. La façade de ce bâtiment dont l’architecte est Pierre Pavillon, se caractérise par la présence de deux colosses de pierre encadrant la porte d’entrée et soutenant un balcon. Cette disposition est inspirée des leçons émiliennes du palais Davia Bargellini de Bologne. Il se pourrait que Daret qui était retourné dans cette dernière ville vers 1660 et avait donc connu ce tout récent palais, ait suggéré à Pavillon de reprendre pour l’hôtel du cours le parti du portail à atlantes qui était si brillamment traité en Émilie. Pour la décoration des plafonds et des murs, Pierre Maurel fait appel à Jean Daret qui est à cette époque le peintre aixois le plus renommé. Par suite de remaniements ultérieurs, ces décorations ont disparu.

 Château de Pontevès

Pierre Maurel qui avait épousé en troisièmes noces Diane de Pontevès achète à son neveu par alliance François de Pontevès la terre et la viguerie de Barjols ( Var). Les décors de la galerie et ceux de la chapelle avec un concert d’anges ont été commencés par Jean Daret et terminés par ses deux fils. Ils ont totalement disparu, le château n’étant plus qu’une ruine.

 

Hôtel de Châteaurenard

L’hôtel de Châteaurenard est situé à Aix-en-Provence au no 19 de la rue Gaston-de-Saporta, ancienne rue de La Grande-Horloge. Cet hôtel est entièrement reconstruit en 1651 par Jean-François d’Aimar-d’Albi, baron de Châteaurenard, conseiller au parlement. C’est de la collaboration entre Pierre Pavillon et Jean Daret que se réalise ici le plus pur chef d’œuvre de peinture décorative du premier baroque aixois. Cet hôtel est sans doute le premier construit par Pavillon sur ses propres plans. Le décor en trompe l’œil de l’escalier qui fait la célébrité de l’ouvrage est typiquement italien et Daret y montre explicitement sa formation bolonaise. Le peintre dilate l’espace créé par l’architecte.

L’escalier est éclairé au sud par deux fenêtres donnant sur la cour intérieure. Les trois côtés de la pièce et le plafond sont entièrement recouverts par le trompe l’œil. Au départ de l’escalier le peintre a représenté dans une niche une statue en marbre blanc d’empereur romain. Un peu plus haut est représenté un laquais écartant une tenture rouge. Les contemporains virent dans ce portrait celui d’un des serviteurs du propriétaire.

Sur le deuxième mur est représentée une colonnade dorique ouvrant sur un jardin. La peinture du troisième mur présente une fenêtre à rideau rouge avec une statue du roi Salomon. Dans la voussure des grisailles représentent différents bustes et des figures allégoriques.

Louis XIV fut logé dans cet hôtel lorsqu’il vint en Provence pour réprimer les incidents qui se multipliaient à Marseille à l’instigation de Gaspard de Glandevès de Niozelles. La tradition veut que le roi ait été particulièrement frappé de la beauté et de la nouveauté de ce décor ; il aurait posté des gardes pour empêché les courtisans d’en abîmer la peinture à leur passage

Œuvres dans les églises

Aix-en-Provence

Cathédrale Saint-Sauveur : dans la chapelle du Sacré-Cœur se trouve le Christ en croix avec la Vierge, saint Pierre et saint Antoine, 305 × 240 cm, austère méditation peinte par Jean Daret en 1640 pour les Augustins Déchaussés. Dans la chapelle du Corpus Domini est accrochée une autre toile du même artiste représentant La Cène, 415 × 300 cm : cette œuvre est une des rares toiles exécutées pour la cathédrale encore présentes ; déposée en 1700 pour laisser place à un trompe-l’œil sur le même thème, elle a retrouvé sa place initiale au xixe siècle

Église de la Madeleine : Le bienheureux Salvador de Horta guérissant des malades, 240 × 190 cm, L’Institution do Rosaire, 340 × 220 cm, Sainte Thérèse recevant les insignes de son ordre, 380 × 220 cm

Église du Saint-Esprit : La Pentecôte, 270 × 220 cm La Vierge intercédant pour les trépassés, 225 × 160 cm

Aptcathédrale Sainte-Anne :

Besse-sur-Issole, église : L’Assomption, 360 × 266 cm.

Cavailloncathédrale Notre-Dame-et-Saint-Véran, chapelle Notre-Dame de pitié : Pieta (1658), toile ovale.

Lambescéglise Notre-Dame-de-l’Assomption : La Mort de saint Joseph, 300 × 250 cm. Ce tableau a été commandé en 1648 à l’artiste par la confrérie de saint Joseph de l’église de Lambesc. Daret s’est probablement inspiré d’une eau forte de Jean-Pierre Crozier pour la réalisation de son tableau dont certains éléments ont été par la suite repris par différents autres artistes de Provence : lit de saint Joseph représenté de biais au premier plan, bras écartés du saint, Christ désignant au ciel Dieu le père s’apprêtant à accueillir l’âme du défunt

Pertuiséglise Saint-Nicolas : Présentation de la Vierge au temple, 370 × 224 cm. Cette toile provient du couvent des Ursulines de Pertuis et représente la jeune Marie en train de s’agenouiller devant un religieux, entourée de ses parents sainte Anne et saint Joachim. En haut et à droite deux putti observent la scène. Le manteau de Marie est de couleur bleue, pigment qui coûtait cher à l’époque et était utilisé seulement pour les personnages importants

Pignans Collégiale Notre-Dame-de-la-Nativité : L’Assomption, 300 × 259 cm

Pontevès, église : Retable du maître-autel, 450 × 340 cm

Saint-Paul-de-VenceCollégiale de la Conversion-de-Saint-Paul, chapelle Saint-Mathieu : Saint Mathieu écrivant son Évangile sous la dictée d’un ange, 290 × 165 cm.

Salon-de-Provenceéglise Saint-Michel :

Simiane-Collo,gue, église paroissiale : L’Ange gardien, 240 × 148 cm

Œuvres de Jean Daret dans les églises

Le Christ en croix avec la Vierge, saint Pierre et saint Antoine, Cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence

Pieta, Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Véran de Cavaillon

La Vierge intercédant pour les trépassés, Église du Saint-Esprit d’Aix-en-Provence

L’Ange gardien, église de Simiane-Collongue

Œuvres dans les musées

En France

Aix-en-Provencemusée Granet : Joueur de guitare, huile sur toile

Clermont-Ferrandmusée d’art Roger-Quilliot : Conversion de saint Paul, huile sur toile, 110,5 × 145,6 cm

Grassemusée d’art et d’histoire de Provence : Le Miracle de Soriano. huile sur toile. Le tableau représente une Vierge vêtue de rouge et de bleu présentant un linge sur lequel est peint l’image du dominicain de Soriano tenant dans sa main gauche une fleur de lys et dans la droite un livre à reliure rouge. À la droite de la Vierge se tient sainte Marie-Madeleine portant le traditionnel vase à parfum. Le voile est présenté à deux dominicains agenouillés. Ce tableau a été commandé à Jean Daret en 1668 par la veuve de Louis Vento dont les armoiries figurent en bas à gauche de la composition. Il était destiné à l’église des dominicains de Gap d’où il a été transféré à celle de Grasse aujourd’hui détruite.

Marseillemusée des beaux-arts :

Déploration sur le corps du Christ, huile sur toile, 140 × 155 cm : cette toile d’inscrit dans la tradition des scènes à la chandelle qui connaissent un succès certain dans les années 1630. Daret pourrait avoir été séduit par cette manière héritée du Caravage alors qu’il était en Italie.

Esculape ressuscitant Hippolyte, huile sur toile.

Portrait de magistrat, huile sur toile

Nîmesmusée des beaux-arts :

La Vierge, huile sur cuivre ;

Le Christ, huile sur cuivre.

Parismusée du Louvre, département des arts graphiques :

Étude d’un homme agenouillé soulevant un objet, sanguine, 42 × 25 cm;

Projet décoratif de cheminée surmontée d’un médaillon tenu par Adam et Eve, plume et mine de plomb, 34,5 × 22,4 cm

Rennesmusée des beaux-arts : Étude de moine bénédictin, pierre noire sur papier blanc, 23,8 × 19,8 cm

Une rue d’Aix-en-Provence porte son nom.

 

Michel-François Dandré-Bardon  

Dandré-Bardon-Roslin

Michel-François Dandré-Bardon, ou Michel-François d’André-Bardon, né le 22 mai 1700 à Aix-en-Provence et mort à Paris le 13 avril 1783, est un artiste-peintre, graveur et historien d’art français.

 

Biographie

 Jeunesse

Michel-François Dandré-Bardon, né à Aix-en-Provence, est issu de la noblesse de robe. Son père, Honoré d’André, est un ancien troisième consul d’Aix-en-Provence (1698/1699) et procureur du pays ; il aura de son mariage avec Marguerite de Bardon, fille unique du noble Louis Bardon, cinq enfants, trois filles et deux garçons :

 Michel-François fait des études de droit à Aix-en-Provence, puis va à Paris où il suit les cours de l’Académie royale de peinture. La peste qui sévit à Marseille et dans la région en 1720, l’oblige à rester à Paris plus longtemps que prévu. Il se forme auprès de Jean-Baptiste van Loo qui, ayant séjourné en 1712 à Aix-en-Provence, connaissait la famille d’André ; il avait peint le portrait d’Honoré d’André, père de Michel-François. En 1723 il s’installe comme élève dans l’atelier de Jean-François de Troy. Plus tard, en 1765, il écrira la vie de son maître Jean-Baptiste Van Loo.

 

Séjour à Rome

Il postule pour une place à l’Académie de France à Rome ; après un premier échec en 1724, il obtient en 1725 le deuxième prix, derrière Louis-Michel van Loo. Grâce à l’intervention de Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d’Antin, il est nommé à l’Académie de France à Rome, à condition que ses parents prennent en charge les frais de voyage et de pension. Le 26 juin 1726 Nicolas Vleughels, directeur de l’Académie de France à Rome, reçoit Dandré-Bardon, qui exécute le tableau Auguste poursuivant les concussionnaires. Cette œuvre, peinte recto-verso sur la même toile, sera envoyée à Aix-en-Provence et accrochée de manière à être vue des deux côtés dans la salle du bureau d’audition de la Cour des Comptes, bien avant le retour du peintre. Au début de l’année 1731 Dandré-Bardon doit quitter Rome pour rentrer en France, mais il séjourne encore six mois à Venise.

 La célébrité

Aux mois de mars et octobre 1732 les parents de Michel-François meurent. Le testament le nomme légataire universel à la condition expresse qu’il porte le nom et les armes de sa mère née Bardon : Il écrira par la suite son nom sous la graphie « Dandré-Bardon ». Il réalise un tableau représentant Saint Marc évangéliste afin d’orner l’autel de saint Marc de l’ancienne èglise de la Madeleine à Aix-en-Provence, lieu de sépulture de ses parents. Cette église sera détruite à la Révolution et le tableau placée dans la nouvelle Église de la Madeleine. En 1734 il quitte Aix-en-Provence pour Paris afin de préparer son admission à l’Académie royale de peinture et de sculpture où il est reçu le 30 avril 1735 et où il siège aux côtés des plus grands peintres de son temps. Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc, archevêque de Paris mais aussi ancien archevêque d’Aix-en-Provence, lui procure ses premières commandes pour des églises Le 6 juillet 1735 l’Académie royale de peinture procède à l’élection de plusieurs officiers : Dandré-Bardon est nommé adjoint à professeur. Malheureusement il n’obtiendra aucune commande pour la décoration des petits appartements que Louis XV s’est fait aménager à Versailles, ses seules commandes sont dues à l’amitié du cardinal de Vintimille, pour la décoration d’églises.

La maladie de son ami Jean-Louis d’Arnaud, qui gère son patrimoine familial, l’oblige à quitter Paris en 1741 pour s’installer à Aix-en-Provence. En 1742 il travaille à la décoration de l’Église Notre-Dame-de-l’Assomption de Lambesc, puis en 1743 il réalise pour son ami Jean-Baptiste Boyer de Fonscolombe quelques toiles, dont il reste les quatre âges de la vie : La NaissanceL’EnfanceLa jeunesse et La Vieillesse qui étaient dans une collection particulière  et ont été achetés par le Musée Granet. Pour la décoration de la salle principale de réunion de l’Université d’Aix-en-Provence, il réalise en 1744 une série de tableaux d’histoire, qui ont disparu. Il en est de même pour une série de toiles religieuses : La ThéologieJésus prêchant aux docteurs etc.

 Fondation de l’Académie de peinture de Marseille

Sa réputation s’étant répandue dans sa ville natale ainsi qu’à Marseille, il est nommé peintre des galères, et est élu le 25 novembre 1750 à l’Académie des Belles-Lettres de Marseille, qui deviendra l’Académie de Marseille. Il prononce son discours de réception sur le thème L’Union des Arts et des Lettres, dans lequel il propose la création d’une Académie de peinture et de sculpture. Avec d’autres artistes,  il soumet le projet de création d’une telle académie à l’approbation du gouverneur de Provence, le duc de Villars. Ce dernier approuve le 28 décembre 1752 une telle création et autorise la tenue des réunions de cette nouvelle assemblée dans les locaux de l’arsenal des galères. Le 19 mars 1756 la ville de Marseille accorde à l’Académie de Peinture une subvention annuelle de 3 000 livres, aide autorisée par le Conseil d’État le 15 juin 1756.

Par lettres patentes de Louis XV, en date du 18 février 1780, la compétence de l’académie de peinture et de sculpture de Marseille sera étendue à l’architecture ; elle prendra le nom d’Académie de peinture, sculpture et architecture civile et navale, et sera affiliée à l’Académie royale de peinture et sculpture de Paris. Bien que malade, Dandré-Bardon assistera en personne à la lecture de ses lettres patentes, au cours de la séance du 15 juin 1780 de l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris.

 Retour à Paris

En 1752 Dandré-Bardon est appelé à Paris, où il est nommé professeur à l’Académie royale. Il présente au Salon de 1753 sa dernière œuvre peinte connue La Mort de Socrate, qui se trouve dans une collection particulière. Le 15 février 1755 il reçoit le brevet de professeur d’histoire et de géographie à l’École royale des élèves protégés, afin de permettre aux élèves les plus doués de se présenter pour le prix de Rome.

Personnage cultivé, peintre brillant, il est également poète et musicien. Il est l’un des plus grands théoriciens du XVIIIè  siècle et écrit plusieurs ouvrages. Il meurt à Paris en 1783.

Alphonse Angelin

Biographie

Il obtient une médaille d’or au salon de 1840 pour sa toile L’Ecce Homo, mais il apparaît deux autres fois sur le livret : en 1842 pour les Prisonniers arabes de la Sikkak à Marseille et en 1847 pour Le Sacrement du mariage.

Angelin est un peintre exposé dans plusieurs édifices religieux, comme la cathédrale Saint-Sauveur ou l’église du Saint-Esprit, à Aix-en-Provence. Formé en même temps que Jean-François Millet par le maître Paul Delaroche, on remarque dans sa peinture d’histoire une nette influence de Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819), marquée par le souci de restituer une nature idéalisée.

Il fait partie du groupe des peintres aixois vivant à Paris, comme Vincent Latil ou Emmanuel Massé. C’est pourtant à Aix-en-Provence qu’il meurt, le 20 janvier 190, après être revenu dans sa ville natale vers 1860 et abandonné la peinture.

 

François Marot

François Marot est un peintre français, né vers 1666 et mort en 1719, un des héritiers immédiats des tout premiers rubénistes.

 Biographie

Fils d’un peintre peu connu prénommé Jean-Baptiste. Élève et, selon Pierre-Jean Mariette, neveu de Charles de La Fosse, il peint en mai 1697 L’apparition du Christ aux trois Marie. Il est considéré comme le meilleur disciple de La Fosse, imitant sa manière, à tel point que des tableaux attribués aujourd’hui à La Fosse devront un jour lui être rendus.

Il fut agréé à l’Académie royale le 25 avril 1699, et sa réception eut lieu le 24 mars 1702 sur présentation du tableau Les Fruits de la Paix de Ryswick.

Le 3 septembre 1703, il épousa  Marie- Louise Bidault, âgée de vingt et un ans, fille d’un marchand joaillier. Installés dans un premier temps, Quai de l’Horloge à l’enseigne du « Mouton », ils eurent dix enfants.

Il a été représenté par six tableaux au Salon de 1704 et fut nommé adjoint à professeur de l’Académie le 30 juin 1705. Il devint professeur le 28 septembre 1715.

Il mourut à Paris le 3 décembre 1719 en son domicile de la rue Guénégaud et fut inhumé à Saint-André-des-Arts

 

Gabriel-Antoine GOYRAND 

 

Antoine Goyrand est un artiste peintre, bourgeois d’Aix, émigré et mort ruiné ; né le 17 janvier 1754 à Aix, décédé en 1826, « était un habile peintre à qui l’on doit plusieurs tableaux d’église et quelques peintures de chevalet, ainsi que le dessin de l’estampe placée au frontispice de l’Essai sur l’hist. de Prov., par C.-F. Bouche : la Provence présentée à Louis XI par Palamède de Forbin », épouse le 5 juillet 1791 à Aix, Victoire Ravanas née le 1er mars 1762 à Aix, et décédée le 20 édcembre 1825, fille d’Etienne, marchand, et de Magdeleine Perron.

 

Philippe Sauvan (1697-1792)

 Philippe Sauvan est un peintre français, né à Arles le 3 novembre 1697 et mort à Avignon le 8 janvier 1792, actif en Provence et dans le Comtat Venaissin.

 Biographie

Philippe Sauvan est le fils du peintre doreur Honoré Sauvan et de Lucresse Bonnel. Il est d’abord l’élève de son père, puis entre en apprentissage par un contrat du 27 novembre 1714 pour une durée de deux ans dans l’atelier du peintre Pierre Parrocel à Avignon. Le maître et l’élève s’étant bien entendu, le contrat est reconduit d’un an. Il se rend ensuite à Rome où il reste à peine plus d’un an, puis retourne à Avignon où il se marie le 20 août 1718 avec Jeanne-Marie Benoist dans la chapelle du palais des Papes. Le couple aura onze enfants dont deux seront peintre : un fils, Pierre, et une fille, Gabrielle, dont deux œuvres sont conservées dans l’abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard : Christ en croix et L’Éducation de la Vierge.

En 1719, il réalise une Annonciation pour la confrérie des fustiers d’Avignon ainsi qu’un Saint Ignace de Loyola pour le grand séminaire Saint-Charles. Après la période tragique de la peste de 1720, il devient le peintre le plus en vue de la cité avignonnaise.

Il réalise plusieurs portraits dont celui de Mgr Jacques II de Forbin-Janson, archevêque d’Arles ;  celui de Marie de Grille d’Estoublon, marquise de Roquemartine ; celui de Guillaume de Piquet, ancien consul d’Arles, nommé en 1723 premier marquis de Méjanes en raison de sa conduite héroïque pendant le peste de 1720. Il est le père de Jean-Baptiste Marie de Piquet, bibliophile très connu qui a laissé sa bibliothèque à la ville d’Aix-en-Provence sous réserve qu’elle soit ouverte au public. Elle prendra le nom de Bibliothèque Méjanes ; et celui d’Esprit Calvet, créateur du musée Calvet d’Avignon.

Le 5 décembre 1748, les consuls d’Avignon lui commandent un décor pour le plafond d’une salle de l’ancien hôtel de ville. Il réalise en 1749 trois panneaux à la détrempe, conservés au musée Calvet, représentant La SouverainetéLe Génie consulaire et Le Génie ailé du gouvernement. L’essentiel de sa production concerne des tableaux à sujets religieux conservés dans les églises d’Avignon et des alentours.

 

 Charles Royer

 Charles Royer, parfois dénommé Le Royer, est l’héritier d’une longue lignée de facteurs d’orgues d’origine flamande ayant marqué tout le XVIIè  siècle.

 Biographie

Originaire de Namur, il s’installe en Provence vers 1647, d’abord à Brignoles puis en 1662 à Marseille. Il vient ainsi chasser sur les terres de l’illustre famille Eustache, organiers de Marseille. Il apprend la facture à son fils Lazare qui travaillera avec lui mais ne réussira pas dans le métier. Charles Royer décède à Montpellier en 1681 ou au tout début de 1682 alors qu’il reconstruisait l’orgue de l’ancienne église Notre-Dame-des-Tables, chantier terminé à la demande de sa veuve par le révérend-père Castille, franciscain-capucin, organier de Bordeaux et constructeur de l’orgue de l’ancienne cathédrale d’Uzès.

 

Prosper-Antoine Moitessier

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Prosper-Antoine Moitessier (1805-1869) était un facteur d’oorgue installé à Montpeillier durant le XIXè siècle.


Né à Carcassonne en 1805 ou en 1807, d’un père luthier, il apprend, vers 1820, les premiers rudiments de son futur métier auprès d’un organiste vosgien. Il entre ensuite comme apprenti chez Nicolas Roy à Mirecourt. Puis il part se perfectionner chez le facteur d’ogues Lété ; pour la lutherie, auprès de Wuillaume, grand luthier. En 1826, il revient à Carcassonne où il répare quelques instruments modestes puis se rend, en 1830, à Montpellier.

Là, en 1834 il réalise un « huit pieds » pour la chapelle du couvent de la Visitation transféré en 1965 dans l’église Saint-Saturnin à Nissan-lez-Ensérune avec seulement une partie des jeux originels, les autres jeux ayant été répartis au collège d’Ardouane (près de Riols en Saint-Ponais) et à la chapelle du collège St Roch de Montpellier; et surtout, en 1836, on lui propose de relever l’orgue du temple protestant ce qui le fait connaître et lui permet de se voir confier la restauration de l’orgue de l’ancienne cathédrale Saint-Fulcran de Lodève.

 En 1837, face aux incertitudes de cette époque quant à la fixation d’un diapason universel pour les orgues, il adapte à l’orgue le mécanisme transpositeur que Roller inventa pour les pianos, suivant en cela l’exemple de son maître Lété au petit orgue d’accompagnement de Saint-Leu. Egalement en 1837, il présente à l’exposition de Montpellier un orgue de salon dont les soupapes pouvaient s’enlever à volonté et dont la soufflerie fournissait un vent toujours égal grâce à un levier compensateur agissant sur la table supérieure du réservoir; ce qui lui vaut une médaille d’or.

Lancé dès lors comme facteur d’orgues, il ouvre de vastes ateliers employant plus de vingt ouvriers et les chantiers s’enchaînent.

 Vers 1847, il invente, pour la transmission entre les claviers et les  sommiers, le premier système tubulaire ; il fonctionnait avec une dépression et non pas à air comprimé, comme les systèmes tabulaires développés par la suite. Il le met en pratique pour la première fois, à Notr-Dame de la Dalbade à Toulouse

A côté de son activité principale de facteur d’orgues, P.A. Moitessier continue néanmoins à pratiquer la lutherie. Ainsi on peut voir au musée de la lutherie et de l’archèterie françaises de Mirecourt un violon double, violon-alto, daté de 1838, confirmant son esprit inventif 

Le chanoine Antoine Eméry (1810-1863)

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Animateur de la première phalange félibréenne aixoise, prédicateur remarquable, il est cité par Frédéric Mistral dans ses Mémoires : “Au SaintEsprit, les dames se plaisaient à venir entendre les prônes provençaux de l’abbé Emery”. Antoine Emery, chanoine, curé de la paroisse du Saint-Esprit à Aix, fut le secrétaire du concours ouvert en 1872 et du jury présidé par le Capoulié Joseph Roumanille qui dut en 1873 choisir parmi la centaine de pièces envoyées, les vers qui orneraient le socle de la Croix de Provence érigée au sommet de Sainte-Victoire. Il fut également le maître d’œuvre de l’édition du livre de la Croix de Provence “Lou libre de la Crous de Prouvènço” qui réunit l’ensemble des inscriptions. Cet ouvrage de 160 pages publié en 1874 sur les presses de Remondet-Aubin sur le cours Mirabeau à Aix, fut composé par le félibre François Vidal. D’ailleurs le chanoine Emery lui dédicace, en provençal, un exemplaire : A Monsieur François Vidal, qui a travaillé avec tant d’affection et tant de goût pour imprimer notre galant livre

MARSEILLE (Bouches-du-Rhône), PESTE (1720-1722), PESTE (Marseille ; 1720), PRINCIPAUX ACTEURS DE LA PESTE DE MARSEILLE (1720-1722), PROVENCE

Principaux acteurs de la peste de Marseille (1720-1722)

Principaux acteurs de la peste de Marseille (1720-1722)

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François-Xavier de Belsunce de Castelmoron

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François-Xavier de Belsunce (ou de Belzunce) de Castelmoron est un ecclésiastique français né au château de La Force dans le Périgord le 3 décembre 1671 et mort à Marseille le 4 juin 1755.

Evêque de Marseille durant la peste de 1720, il fut ensuite nommé par Louis XV évêque-duc de Laon en 1723 et Pair de France, en remplacement de Charles de Saint-Albin, mais il refusa ce poste et ce fut Etienne-Joseph de La Fare qui fut nommé.

Naissance et études

Henri François-Xavier de Belsunce de Castelmoron était le second fils d’Armand II de Belsunce de Castelmoron, marquis de Castelmoron, baron de Gavaudun, seigneur de Vieille-ville et de Born, grand sénéchal et gouverneur des provinces d’Agenais et de Condomais, et de Anne Nompar de Caumont de Lauzun, sœur de Antonin-Nompar de Caumont, le célèbre duc de Lauzun. Son frère aîné se nommait Armand, il en eut deux autres, Antonin et Charles-Gabriel et une sœur, Marie-Louise, qui fut abbesse de Ronceray.

Élevé dans la religion réformée, , il devint catholique à l’âge de 16 ans. Il fit ses études au collège Louis-le-Grand et entra chez les Jésuites en 1689, et les quitta en 1701 pour des raisons de santé. Il garda toujours de bonnes relations avec eux ce qui fit écrire à Saint-Simon dans ses Mémoires : « Les jésuites le mirent hors de chez eux pour s’en servir plus utilement2 ». Il fut ordonné prêtre en 1703.

En 1706 il perdit sa tante, Susanne-Henriette de Foix de Candalle et écrivit son premier livre sur sa vie.

L’évêque

Après avoir été vicaire général du dioèse d’Agen, , il fut nommé à l’évêché de Marseille par le Roi le 5 avril 1709, décision ratifiée par le pape le 19 février 1710. Il resta évêque de Marseille pendant 45 ans, jusqu’à sa mort en 1755.

 La période 1710-1720

En 1713, le pape Clément XI condamne un livre de Pasquier Quesnel de l’Oratoire estimant qu’il renfermait des erreurs : c’est la bulle Unigenitus. Belsunce accepta la bulle et s’opposa vigoureusement à ceux qui protestèrent — les dénommés « Appelants » — notamment aux Oratoriens et à plusieurs chanoines. Il ne se contenta pas d’interdire aux pères de l’Oratoire l’exercice de la prédication mais aussi l’administration des sacrements. Dans ces querelles contre le jansénisme, il se prononça avec force contre ce mouvement et s’attira ainsi des ennuis avec le Parlement d’Aix.

 La peste de 1720

L’événement qui marqua l’épiscopat de Mgr de Belsunce fut la grande peste de Marseille de 1720. Son attitude, pendant cette période, fut très courageuse. Beaucoup furent frappés de son dévouement auprès des malades. Il multiplia les gestes spectaculaires en exorcisant le fléau du haut du clocher des Accoules ; ce fait est rapporté ainsi par Chateaubriand dans ses Mémoires d’Outre-tombe  : « Quand la contagion commença de se ralentir, M. de Belsunce, à la tête de son clergé, se transporta à l’église des Accoules : monté sur une esplanade d’où l’on découvrait Marseille, les campagnes, les ports et la mer, il donna la bénédiction, comme le pape à Rome, bénit la ville et le monde : quelle main plus courageuse et plus pure pouvait faire descendre sur tant de malheurs les bénédictions du ciel ? ». Il fait des processions et consacre la ville au Sacré-Cœur pendant une messe célébrée le 1er novembre 1720 sur le cours qui porte désormais son nom.  Cette dernière démarche lui aurait été suggérée par la visitandine Anne-Marie Rémusat. La basilique du SacréCœur a été construite à l’occasion du bicentenaire de cette consécration.

À cette occasion, Belsunce déclara :

« À Dieu ne plaise que j’abandonne une population dont je suis obligé d’être le père. Je lui dois mes soins et ma vie, puisque je suis son pasteur. »

L’évocation par Albert Camus de l’évêque de Belsunce dans son roman La Peste parait exagérée :

« Ici, le père Paneloux évoqua la haute figure de l’évêque de Belsunce pendant la peste de Marseille. Il rappela que, vers la fin de l’épidémie, l’évêque ayant fait tout ce qu’il devait faire, croyant qu’il n’était plus de remède, s’enferma avec des vivres dans sa maison qu’il fit murer ; que les habitants dont il était l’idole, par un retour de sentiment tel qu’on en trouve dans l’excès des douleurs, se fâchèrent contre lui, entourèrent sa maison de cadavres pour l’infecter et jetèrent même des corps par-dessus les murs, pour le faire périr plus sûrement. Ainsi, l’évêque, dans une dernière faiblesse, avait cru s’isoler dans le monde de la mort et les morts lui tombaient du ciel sur la tête. »

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Pincette pour porter l’hostie avec détail, collection MHM

 

Après la peste (1722-1755)

Après la fin de la contagion, il y eut une grande admiration pour le prélat. Afin de le récompenser de son dévouement et sur les recommandations de son oncle le duc de Lauzun, le Régent le nomma en octobre 1723 à l’évêché de Laon. Il fit part au jeune roi Louis XV de sa renonciation à l’évêché de Laon qui fut attribué à Mgr de La Fare. En effet, il préférait rester à Marseille au milieu de ses ouailles qui avaient connu les terribles épreuves de la peste.

En 1726, Belsunce assista au synode provincial d’Embrun réuni pour condamner les opinions jansénistes de Soanen, évêque de Senez. Après 1730 il procède à une surveillance minutieuse de l’enseignement primaire et secondaire. Il favorise les jésuites et leur nouveau collège qui porte son nom et qui s’installe rue des nobles, rebaptisée rue Belsunce. Cette rue disparaît lors de l’aménagement du quartier de 1911 à 1938.

La présence de la franc-maçonnerie à Marseille est décelée par l’évêque en 1737, qui écrit un mandement daté du 28 septembre à l’intention de l’intendant de police, en ces termes : « Je ne sais, Monsieur, ce que sont les Francmaçons (sic), mais je sais que ces sociétés sont pernicieuses à la religion et à l’État ».

Il a été abbé commendataire non résidant de l’abbaye des Chambons dans le Vivarais. Membre de l’Académie de Marseille, il assiste à plusieurs réunions en particulier à celle du 12 janvier 1746 qui accepte Voltaire comme membre-associé. Il signe le procès-verbal sans réserve ce qui montre de sa part une certaine tolérance inhabituelle dans de nombreuses autres situations.

De 1747 à 1751, furent publiés sous sa signature les trois volumes de L’Antiquité de l’église de Marseille et la succession de ses évêques. Il est actuellement admis que le véritable auteur serait le père jésuite Claude Maire (1694-1761) qui était son conseiller théologique et son principal collaborateur.

Durant les dernières années, il constate avec tristesse un éloignement des pratiques religieuses surtout parmi les classes les plus favorisées.

Il meurt à Marseille le 4 juin 1755. L’évêché et la ville lui firent des funérailles grandioses. L’oraison funèbre fut prononcée par le jésuite Lenfant. Il institua l’hôpital de la Grande Miséricorde de Marseille, son légataire universel. Il fit quelques donations particulières aux jésuites qui héritèrent de sa bibliothèque, à ses domestiques, aux indigents et à ses parents.

C’est de Mgr de Belsunce que Victor Hugo parle quand il défend l’enseignement laïque et déclare : « L’enseignement religieux véritable, celui devant lequel il faut se prosterner, le voici : c’est le Frère de la Merci rachetant l’esclave, c’est Vincent de Paul   ramassant l’enfant trouvé, c’est la sœur de charité au chevet du mourant, c’est l’évêque de Marseille au milieu des pestiférés, c’est l’archevêque de Paris affrontant avec un sourire sublime le faubourg Saint-Honoré  révolté, s’inquiétant peu de recevoir la mort pourvu qu’il apporte la paix. »

Millevoye a chanté son dévouement dans le poème de Belsunce. L’abbé de Pontchevron a publié une biographie, en 1854 à Marseille.

Œuvres

Abrégé de la vie de Suzanne-Henriette de Foix de Candale, éd. Guillot, Agen, 1707.

Neuf lettres à M. de Colbert, Évêque de Montpellier, éd. Brébion, Marseille, 1730

Le Livre de Saint Augustin traduit en français, éd. Brébion, Marseille, 1740

L’Antiquité de l’Église de Marseille et la succession de ses évêques, 3 volumes in-quarto, éd. Vve J. P. Brébion, Maseille, 1747-1751

L’Art de bien mourir par le cardinal Robert de Bellarmin, traduit du latin, éd. Brébion, Marseille, 1752

Instructions sur l’incrédulité, éd. Brébion, Marseille, 1753

Œuvres choisies de l’évêque de Marseille, publiées par l’abbé Jauffret, 2 volumes, Metz, 1822

Correspondance

Lettre datée du 22 octobre 1720 qu’il adresse à Louis de La Tour-du-Pin-de-Montauban, évêque de Toulon au sujet de la peste.

Hommages

Statue de Mgr de Belsunce
(cathédrale de la Major, Marseille)

De nos jours, on trouve :

à Marseille :

un quartier à son nom,

une statue à son effigie sculptée par Ramus et placée initialement en 1853 sur le cours qui porte son nom puis déplacée sur le parvis de la cathédrale de la Major en 1892. Pendant l’occupation, les Allemands se livrèrent à une recherche de métaux non ferreux. En avril 1944 des résistants abritèrent les 2 800 kg de bronze de la statue sous des branchages dans un entrepôt du boulevard de Louvain où les Allemands ne la décelèrent jamais. Le jour de la libération de la ville, la statue fut découverte en fanfare et illuminée de lampions9. Cette statue repose sur un socle en pierre de Cassis sur lequel sont fixés deux hauts-reliefs en bronze : à droite « Monseigneur de Belsunce donnant la communion aux malades » et à gauche « Monseigneur de Belsunce en prière intercédant en faveur de Marseille ». Sur le devant du piédestal une dédicace en lettres d’or est gravée : « À Monseigneur de Belsunce pour perpétuer le souvenir de sa charité et de son dévouement durant la peste qui désola Marseille en 1720 »

un Institut Belsunce,

le canton de Marseille-Belsunce ;

à Paris:

la rue de Belzunce dans le 10e arrondissement ;

à Nantes:

la rue de Belsunce, dans le quartier Centre ville.

La position adoptée par sa statue, les bras ouverts avec les paumes vers le haut font ressembler Belsunce à quelqu’un qui a les mains vides, d’où l’expression marseillaise « arriver comme Belsunce » alors qu’on est invité.

Dans l’album Dante d’Abd-al-Malik la chanson Le Marseillais, l’auteur cite « Il est arrivé comme Belsunce dans notre quartier. »

Armoiries

Ses armes sont : « Écartelé, au premier, tranché d’or et d’azur, à la bande de gueules, qui est de Lauzun ; au deuxième, d’azur, à trois léopards couronnés d’or, qui est de La Force ; au troisième, écartelé, d’or et de gueules, qui est de Gontaut-Biron ; au quatrième, de gueules, à trois chevrons d’argent, qui est de Luxe. Sur le tout, écartelé, aux 1er et 4e d’or, à deux vaches de gueules, accornées, colletées et clarinées d’azur, qui est de Béarn ; aux 2e et 3e, d’argent, à l’hydre de sinople, ayant la première tête coupée et pendante, avec le sang qui dégoutte, de gueules, qui est de Belsunce ».

 

Jean-Baptiste Chataud

Jean-Baptiste Chataud, né à Marseille le 14 octobre  1681 et mort  , le 17 novembre le 1728, est le capitaine du navire le Grand SaintAntoine qui a introduit la peste à Marseille et dans toute la Provence à partir de 1720.

Biographie

Jean-Baptiste Chataud est le fils de Nicolas Chataud et de Mageleine Aubert. Il épouse Louise Chaud, fille d’un des propriétaire de la cargaison du Grand Saint Antoine. Le bateau est en effet armé par Ghilhermy et Chaud, Jean-Bapstiste Estelle, Antoine Bourguet et Jean-Baptiste Chataud, intéressés chacun pour un quart.

En 1719, commandant le Grand Saint Antoine, Chataud était parti de Marseille pour le Proche-Orient. Ayant embarqué des passagers turcs à Tripoli, l’un d’entre eux mourut. Lorsque le chirurgien et trois matelots moururent aussi, Chataud retourna à Chypre , où il prit une patente de santé. II toucha à Livourne , où il déclara que divers de ses gens étaient morts de « fièvres pestilentielles ». Arrivé en rade de Marseille le 25 mai 1720, au lieu de s’arrêter à l’île Jarre, endroit destiné à la désinfection des navires contaminés, il vint mouiller à Pomègues, d’où il se rendit par chaloupe au bureau de la santé où il déclara que divers de ses gens étaient morts « de mauvais aliments ». Une partie des marchandises ayant été débarquées aux infirmeries, lorsque le garde mis à bord et les portefaix moururent, les intendants de santé firent alors passer le navire à l’île de Jarre. Mais il était trop tard et la peste s’était déjà répandue dans la ville.

Tenu pour responsable, Chataud fut emprisonné au château d’If pendant près de trois ans.

Les derniers foyers de peste en Provence ne s’éteignent qu’en janvier 1723, avec un bilan effroyable de 120 000 victimes sur les 400 000 habitants que comptait la région à cette époque, soit près d’un tiers de la population.

De nouvelles analyses révèlent que cette épidémie de peste « marseillaise » ne viendrait pas du Moyen-Orient comme on le pensait, mais pourrai-être une résurgence de la grande peste noire ayant dévasté l’Europe au xive siècle. Lebacille Yersinia pestis, à l’origine de l’épidémie de peste qui a ravagé Marseille et la Provence entre 1720 et 1722, pourrait donc être resté latent 4 siècles

 

Jean-Baptiste Estelle

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Jean-Baptiste Estelle, né à Marseille en janvier 1662 et mort dans la même ville en janvier 1723,   est un négociant, diplomate, et homme politique français. Il a été consul de France au Maroc et en Syrie, puis échevin de la ville de Marseille pendant la peste de 1720.

Biographie

Jean Baptiste Estelle est le fils de Pierre Estelle, consul de France, et de Gabrielle de Moustiers. Il épouse Elisabeth de Bonnaud de Roquebrune.

 Le consul

En 1680, Jean-Baptiste Estelle est appelé à Alger par son père Pierre Estelle qui y est consul depuis 1670. Après un retour à Marseille en 1683, il suit également son père en 1685 au Maroc à Tanger puis à Tétouan. En 1688, il est chargé par la chambre de commerce de Marseille de favoriser les échanges avec le Maroc. Il fut chargé, discrètement, par Moulay Ismaïl, de mener des négociations commerciales, en favorisant les intérêts du Maroc. Les hauts fonctionnaires et dignitaires dans l’entourage de Moulay Ismaïl lui attribuèrent le quolibet de commerçant ould stilla selon l’historien marocain Abderahmane Ben-Zidane, voulant dire littéralement « fils du petit seau ». Jean-Baptiste Estelle aurait fait fortune grâce aux largesses du monarque.

D’autres missions lui sont également confiées et, en 1690, il est nommé consul de France à Salé, mission au cours de laquelle il développe les relations commerciales entre les deux pays et s’occupe du rachat des prisonniers chrétiens.

En 1699, il est muté au consulat de Seyde en Syrie où il pourra constater les ravages que fait la peste dans ce pays. En 1711, il abandonne ses fonctions pour rentrer à Marseille et se consacrer au négoce.

 Le négociant

Il entre en relation avec la maison Guilhermy, Chaud et Cie qu’il avait connue au Levant. Il développe le commerce avec le Proche-Orient, notamment avec Seyde. Il devient un notable de la ville de Marseille et, le 28 octobre 1718,  il est élu premier échevin de Marseille.

 L’échevin et la peste

Le 25 mai 1720, le voilier Le Grand-Saint-Antoine qui vient d’Orient (Syrie-Chypre) mouille à l’île de Pomègues dans la rade de Marseille. La cargaison de ce navire appartient pour une part à Estelle et ses associés. D’après le règlement, ce bateau qui avait eu à son bord durant sa traversée neuf personnes mortes, aurait dû aller directement en quarantaine à l’île Jarre située à 15 km de la ville. Or il n’en a rien été. Une controverse s’est élevée sur ce qui s’est passé et sur le rôle exact de l’échevin. Les archives de Marseille montrent qu’il a joué de son influence pour que les intendants sanitaires autorisent un débarquement des riches marchandises pour une mise en quarantaine à la Nouvelle Infirmerie, aussi appelée Lazaret qui était située à l’époque au nord de l’agglomération plutôt que de le mettre en quarantaine sur l’île Jarre, comme cela doit être le cas lorsqu’il y a eu des morts à bord du bateau. La peste a été transmise à partir de ces locaux à toute la ville et au-delà. Estelle était au courant, grâce à ses séjours au Proche-Orient (alors appelé le Levant), des risques encourus. Il aurait rencontré le capitaine Chataud, commandant le navire, qui aurait mouillé près de Toulon, et lui aurait conseillé de passer à Livourne en Italie. Il y obtient alors un certificat de mort de fièvre pestilentielle, considéré différent de la peste à cette époque et lui permet ainsi d’éviter de risquer d’abîmer les marchandises sur l’île de Jarre. Un document conservé aux archives nationales de France, une lettre signée par Benoît de Maillet, correspondant attitré du ministère de la Marine, y décrit cette rencontre. Les intendants, également négociants, désignés par les échevins, auraient également fermé les yeux devant le danger. Les registres montrent qu’ils étaient au courant de la peste qui circulait alors en Syrie et Palestine. Cependant, la cargaison était faite de plus de 700 balles de coton et de soie et de toiles très fines provenant de Dama, pour une valeur de 300 000 livres, soit l’équivalent de 9 millions d’euros actuels.

Quoi qu’il en soit, une fois la peste déclarée, après plusieurs jours d’épidémie, Estelle se montre très courageux et à la hauteur de sa tâche, sans doute par remord. Il veille à l’évacuation des cadavres, recherche des médecins et s’inquiète du ravitaillement. C’est finalement le chevalier Roze qui mettra fin à la maladie.

À son époque, Estelle fut diversement jugé. Le gouvernement le croit tout d’abord coupable. La Cour ne tarde pas à revenir sur sa sévérité initiale. Le maréchal de Villard écrit le 6 novembre 1721 :   « S.A.R. elle-même m’a dit que le sieur Estelle auquel on avait voulu d’abord attribuer le commencement des malheurs, s’était bien justifié de cette fausse accusation et qu’il avait fort bien servi ainsi que ses confrères. ».

Le 19 janvier 1722, Lebret propose Estelle pour l’octroi de lettres de noblesse et d’une gratification de 6 000 livres. Anobli par le roi au mois de juillet, il meurt peu de temps après en janvier 1723.

Une rue du 1er arrondissement de Marseille  porte son nom.

 

Charles-Claude Arnault de Langeron et Famille Andrault de Langeron

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Langeron chef d’escadre, lithographie de Ringué, 19e siècle, MHM 80 3 24 C

 La famille Andrault de Langeron olim Andrault est une famille de la noblesse française originaire du Limousin, fixée au début du XVè siècle en Nivernais. Elle a donné trois branches dites de Langeronde Maulévrier et de Buy. La branche ainée de Langeron est éteinte en ligne légitime depuis 1831, mais a donné une descendance naturelle reconnue, anoblie en 1822, qui continua en Russie, en Belgique puis aux Etats-Unis. La branche de Maulévrier est éteinte depuis le début du XIXè siècle, la branche de Buy s’est éteinte sous ce nom au xviie siècle en Pologne. Cette famille compte parmi ses membres plusieurs officiers généraux qui combattirent en France, en Pologne et en Russie, dont un maréchal de France, un feld-maréchal russe, et plusieurs lieutenants-généraux des armée, ainsi que des hauts fonctionnaires polonais .

 

Cardin Le Bret de Flacourt (1675-1734)

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Cardin Le Bret de Flacourt par Hyacinthe Rigaud en 1712.

Cardin Le Bret, seigneur de Flacourt, comte deSelles, né le 26 octobre 1675 à Flacourt (78) et mort le 16 octobre 1734 à Aix-en-Provence,  est un magistrat français.

 Biographie

Fils de Pierre-Cardin Lebret de Flacourt et de Marie-Françoise Veydeau de Grandmont, conseiller au parlement de Provence (1694), maître des requêtes ordinaires de l’Hôtel du roi (1696), commissaire du roi de France (1701), il reçoit les pleins pouvoirs pour délimiter les frontières entre la France et l’Espagne.

En 1704, il est nommé au poste d’Intendant à la place de son père et, fidèle à la couronne, il vend sa vaisselle d’argent afin de faire un emprunt pour payer l’armée et repousser l’invasion du duc de Savoie en Provence. Il se voit récompensé en étant nommé, à la suite de son père, premier président à mortier au parlement de Provence, le 30 juin 1710. Commandant de la force armée (1724), il devient comte de Selles en 1727 et s’éteint paisiblement dans la nuit du 14 octobre 1734. Le Comte de Selles a su se faire aimer du peuple, admirer et respecter par ses pairs : ce magistrat réunissait les postes qui donnent de l’autorité en Province écrit son neveu, le Marquis d’Argenson. Il a su garder la faveur des deux grands rois : « J’ai connaissance de votre zèle pour mon service » (lettre de Louis XIV) ; « Ne doutez pas que je sois toujours très content de vos services » (lettre de Louis XV).

Cardin Le Bret de Flacourt fit quatre mariages :

le 30 juillet 1697 avec Marie-Thérèse de Lubert (1677-1699), fille de Louis Lubert, trésorier général de la marine

le 12 mai 1708 avec Marguerite-Charlotte-Geneviève Le Ferron (morte sans enfants la même année), fille de Jean-Baptiste Le Ferron, seigneur du Plessis-aux-Bois, maître des comptes à Paris et Grand maître des Eaux-et-Forêts de Flandre, Normandie, d’Île-de-France et Soissonnais.´

en 1710 avec Thérèse-Angélique Croisset (morte en 1712), fille de Louis-Alexandre Croisset, marquis d’Estiau, premier président du parlement de Paris

en juillet 1712 avec Marguerite-Henriette de Labriffe, d’où postérité.

 Iconographie

Cardin Le Bret de Flacourt commanda un premier portrait à Hyacinthe Rigaud en 1708 puis en 1712 .

Alors qu’il avait souhaité un simple buste lors de sa nomination comme premier président au parlement, Cardin opte cette fois-ci pour une posture plus ostentatoire : « Le comte est représenté debout, en grand costume de premier président, robe rouge, manteau d’hermine ; la main droite levée, la gauche appuyée sur son mortier […] tout est admirable dans ce tableau qui est un chef d’œuvre du maître »

On retrouve en contrepartie la même expression du visage dans la gravure de Cundier, que Henri Van Hulst et Pierre Hulsr et Pierre-Jean Mariette disaient « inspiré sans aucun changement [d’un] portrait jusqu’aux genoux ».

On sait par divers témoignages qu’au moins deux portraits de Cardin étaient encore conservés, à la fin du xviiie siècle, en Provence. En 1790, Fauris de Saint-Vincens mentionnait également, « à l’hôtel de ville d’Aix, dans une salle à côté de celle ditte du conseil […] le portrait de M. Lebret peint par Rigaud ». Ce dernier portrait semble avoir été détruit en 1792.

 

Charles Peyssonnel

Charles Peyssonnel, né à Marseille vers 1640 et mort de la peste à Marseille le 20 septembre 1720, est un médecin marseillais.

Biographie

Charles Peyssonnel issu d’une famille de médecins est lui-même médecin. Il a deux fils : Jean-André Peyssonnel (1694-1759) médecin et naturaliste et Charles de Peyssonnel (1700-1757) avocat et diplomate.

Ancien élève des Oratoriens, il reste fidèle à ses maîtres et sera poursuivi comme Janséniste et condamné par l’intendant de Provence le 12 février 1689à sept ans de bannissement hors du royaume et à 1 500 livres d’amende. Il s’exile au Caire en Egypte où il exerce la médecine. Il séjourne également en Tunisie de 1697 à 1699. Rentré à Marseille, il est en 1720 le doyen des médecins. Il exerce les fonctions de médecin chef de l’Hôtel-Dieu. Durant lla peste de 1720 il est le premier à diagnostiquer officiellement la peste le 9 juillet 1720 en examinant un enfant malade rue Jean-Galant et alerte les échevins. Il aura une attitude admirable et décédera de la peste, victime de son dévouement.

 

Jean-André Peyssonnel

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Jean-André Peyssonnel, gravure Étienne Fessard.

Jean-André Peyssonnel, né le 19 juin 1694 à Marseille et mort le 24 décembre 1759 à Saint-Bertrand de l’Isle Grande-Terre en Guadeloupe, est un médecin et naturiste français.

Biographie

Son père Charles Peysonnel, né en 1640, était un médecin renommé qui succomba à 80 ans à la peste de 1720, victime de son dévouement aux malades de l’Hôtel-Dieu. Son frère, Charles de Peyssonnel,  prénommé Charles comme son père, né à Marseille le 17 décembre 1700, était avocat à Aix-en-Provence et fut chargé du consulat de Smyrne où il décéda le 16 juin 1757.

Il effectua des études au Collège des Oratoriens de Marseille, particulièrement attentifs à l’histoire des sciences, puis à l’Université d’Aix-en-Provence où il obtint le grade de docteur en médecine en 1718. Avant de commencer sa carrière de naturaliste, il débuta comme médecin, son dévouement aux malades lors de l’épidémie de peste de Marseille en 1720 lui valant une rente annuelle du roi. La proximité de la mer et sa curiosité scientifique le poussèrent progressivement vers une recherche sur des « productions marines » comme le corail, les éponges, les algues

Le comte Luigi-Ferdinando Marsigli (1658-1730), fondateur de l’Institut de Bologne, l’initia à l’histoire naturel. Il entreprit divers voyages sur les côtes méditerranéennes pour étudier la nature du corail. L’Académie des sciences le nomma correspondant en 1723 d’Etienne-François Geoffroy (1672-1731) et à compter de 1731 d’Antoine de Jussieu (1686-1758).

Il alla en Afrique du Nord en 1724. Il rédigea un mémoire, Voyage dans les régions de Tunis et d’Alger. De retour à Marseille, il participa à la fondation de l’Académie de Marseille (1726).

Nommé médecin royal à la Guadeloupe en 1727, il partit pour cette destination où il poursuivit une investigation méthodique de l’archipel, notamment de la Soufrière   dont il donnait à l’Académie de Marseille, le 1er juillet 1733, une remarquable description. Il continua ses recherches sur le corail. Il montra en 1750 que le corail appartenait au règne animal et élabora à ce sujet un ouvrage qu’il envoya à l’Académie des sciences et à l’Académie royale de Londres. Cet ouvrage ne parut que sous forme d’analyse dans les transactions philosophiques de la Société royale de Londres. Le 7 mai 1752, un résumé de ses travaux fut présenté à la Société par William Watson, qui souligna la haute qualité du travail de Peyssonnel. C’est peut-être cela qui le poussa à s’exiler en Angleterre, alors qu’en France tous lui donnaient tort. Pour qu’on donne raison à Jean-André Peyssonnel, il fallut attendre la découverte de l’hydre d’eau douce par le Suisse Abraham Trembley (1710-1784).

Son décès, survenu le 24 décembre 1759, resta longtemps ignoré des membres de l’Académie de Marseille. Il ne lui fut rendu hommage qu’en 1778 par M. Collé dans son discours de réception ; il confirme la découverte par l’analyse chimique et proteste énergiquement contre un article de Michel Adanson   (1727-1806) paru dans le supplément de L’Encyclopédie.

Pour sa part, René-Antoine Ferchault de Réamur 1683-1757) douta d’abord de cette découverte, mais il est vrai que personne ne la proclama ensuite plus noblement.

Georges-Louis Lelerc,  comte de Buffon (1707-1788), dans l’article VII du premier discours de son histoire naturelle indique bien que « Peyssonnel avait observé et reconnu le premier que les coraux devaient leur origine à des animaux ».

Œuvres

La Contagion de la peste et les moyens de s’en préserver, Marseille, 1722.

Voyage dans les régences de Tunis et d’Alger, Paris, 1838 ; réédition, Paris, La Découverte, 1987, avec une présentation et des notes de Lucette Valence.

Ouvrage manuscrit, Traité du corail, (Bibliothèque du Muséum)

Ouvrage manuscrit, Observation faite sur la montagne dite la Soufrière, dans l’île de la Guadeloupe 1732, Académie de Marseille, sciences physiques.

Hommages

Une rue de Marseille et une rue d’Aix-en-Provence portent son nom.

Le nom générique d’une algue rouge, Peyssonnelia, a été donné en sa mémoire

 

Anne-Madeleine Rémusat

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Madeleine Rémusat (Marseille, le 29 novembre 1696 – Marseille le 15 février 1730 ), en religion sœur Anne-Madeleine, est une religieuse visitandine,  morte à 33 ans. Elle est considérée comme le successeur de sainte Marguerite-Marie Alacoque, et appelée à ce titre « l’apôtre du Sacré-Cœur ». Elle a été la propagatrice de la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus et a été déclarée vénérable. Stigmatisée, « morte en odeur de sainteté”, elle avait reçu des messages de miséricorde du Sacré-Cœur. Elle fit consacrer le diocèse et la ville de Marseille au Cœur Sacré de Jésus par Mgr de Belsunce le 1er novembre 1720,

Un boulevard Madeleine Rémusat porte son nom dans le 13è arrondissement de Marseille.

Biographie

Anne-Madeleine Rémusat est la fille de Hyacinthe de Rémusat, un négociant marseillais, et d’Anne Constans

Fondatrice

Après en avoir reçu l’approbation dans un bref du pape Clément XI en date du 30 août 1717 Anne-Madeleine Rémusat fonde l’ Association de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ. À l’invitation de Mgr de Belsunce, elle en rédige elle-même les statuts qui, joints aux prières, litanies et exercices qu’elle modifie considérablement par rapport aux documents dont elle s’inspire, sont publiés le 30 mars en un petit livret ayant pour titre Manuel de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur. À sa mort, l’association comptera soixante mille membres, et elle sera élevée au rang d’archiconfrérie par le pape Léon XIII le 31 août 1880.

La peste à Marseille

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« La Vble A M Remuzat inspire à Mgr de Belsunce en 1720 de consacrer Marseille au Sacré-Coeur pour obtenir la cessation de la peste » (Vitrail de la basilique du Sacré-Coeur à Marseille)

La célèbre peste de Marseille se déclare en juillet 1720. En octobre, alors qu’elle est en adoration, le Christ lui fait entendre qu’à la faveur de ce fléau elle verra se réaliser l’institution d’une fête en l’honneur de son Cœur sacré. Le message est transmis à Mgr de Belsunce, qui décide le 1er novembre 1720  de consacrer Marseille et son dioèse au Sacré-Cœur de Jésus. Elle répandit alors des scapulaires  du Sacré-Cœur portant le nom de sauvegarde, « petites pièces de drap rouge, sur lesquelles le divin Cœur est imprimé en noir sur une pièce d’étoffe blanche cousue sur la première. Il y est parfois écrit : Ô Cœur de Jésus, abîme d’amour et de miséricorde, je mets en vous toute ma confiance et j’espère tout de votre bonté. »

 Procès en béatification

Joseph-Hyacinthe Albanès, docteur en théologie, historien de la Provence, fut chargé d’instruire la cause de béatification d’Anne-Madeleine Rémuzat après avoir instruit celle du pape Urbain V..

La cause de beatification a été introduite le 24 décembre 1891, puis reprise en 1921 sans aboutir, les preuves des miracles effectués par elle ayant été brûlées.

Le 9 avril 2009, Mgr Georges Pontier, archevêque métropolitain de Marseille, a nommé Mgr Jean-Pierre Ellul postulateur de la cause en béatification. Mgr Ellul est recteur de la basilique du Sacré-Coeur de Marseille,  lieu où est conservé le cœur d’Anne-Madeleine Rémuzat.

En février 2011, Mgr Ellul a été reçu au Vatican, à la Congrégation pour la cause des saints.. Il a pu rencontrer le Père Daniel OLS, O.P., rapporteur pour les causes françaises et celle au Monastère Mater Ecclesiae des Visitandines de Rome à qui il a remis un dossier, transmis au Saint-Père Benoît XVI.

En parallèle, Mgr Ellul travaille à faire connaître la vie et l’œuvre de la vénérable Anne-Madeleine Rémuzat sur Internet, à travers un site qu’il met à jour régulièrement et même d’une page sur un réseau social bien connu. Il espère ainsi permettre l’accélération de cette cause, notamment, grâce à l’aide des internautes, par la découverte de documents disparus depuis le XIXè siècle.

Avec l’accord et la présence de Mgr  Georges Ponier, la session d’ouverture de l’Enquête du procès en béatification et canonisation se tient dans la basilique du Sacré-Coeur de Marseille le samedi 15 février 2014.

 Œuvres

Manuel de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur (1718)9, dans lequel elle inclut des litanies. Ce sont ces litanies (connues sous le nom de Litanies de Marseille) qui seront approuvées par le pape Léon XIII pape  en 1899.

 

Nicolas Roze (chevalier)

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Nicolas Roze, plus connu sous le nom de Chevalier Roze, est né en 1675 et mort en 1733 à Marseille. Il se distingue en 1720 lors de l’épidémie de peste à Marseille.

Biographie

Nicolas Roze est issu d’une famille de cultivateurs de Solliès. L’un de ses ancêtres, Antoine Roze, viendra s’établir à Marseille comme hôtelier en 1580. Ses descendants s’intéressent au domaine maritime, notamment comme charpentiers constructeurs de galères et pateons de barque. La rue du Petit Chantier perpétue le souvenir de l’emplacement de ce chantier, connu à l’époque sous le nom de l’« Isle de Roze ». Nicolas Roze est le fils de Firmin Roze et de Virginie Barthélémy.

Devenu armateur, il pratique à partir de 1695 le « nolis », c’est-à-dire l’affrètement, le courtage, l’armement de navire à partir d’un comptoir en Espagne, à Alicante fondé et dirigé par son frère aîné, Claude Roze, de toute évidence aussi doué pour les affaires que son frère cadet était aventureux. La même année, Nicolas Roze se marie avec Claire Amiel. Le couple aura trois enfants, une fille, Virginie, née le 5 juin 1696 qui deviendra religieuse, et deux garçons qui mourront jeunes.

Blessé pendant la Guerre de Succession d’Espagne  , au cours de laquelle il avait levé une armée à ses frais pour défendre ses intérêts comme ceux de la France, Nicolas Roze rentre à Marseille. Louis XIV   le nommait chevalier de l’ordre de Saint-Lazare, et lui attribue une pension de dix mille livres. Ce titre lui vaudra son surnom de « Chevalier Roze ».

À partir de 1716, il est vice-consul d’un comptoir sur la côte ouest du Péloponèse aux côtés du consul Joseph Maillet. Il est chargé de la surveillance et de l’entretien des installations portuaires, du contrôle et de la protection du commerce mais aussi de faire face aux épidémies récurrentes.

Après le décès de Joseph Maillet, il ne s’entend pas avec son fils et successeur, Pierre Maillet. Les autorités de Marseille les rapatrient tous deux, notamment en vue de demander quelques explications à Pierre Maillet sur ses comptes, et au Chevalier Roze, d’éclaircir certains rachats de prisonniers pas toujours sujets du Roi de France. Pierre Maillet et Nicolas Roze embarquent tous deux sur l’ « l’Hirondelle », pilotée par le Capitaine Segond, et arrivent à Marseille le 20 mai 1720. Cinq jours plus tard le « Grand-Saint-Antoine » piloté par le Capitaine Chataud, arrive en rade de Marseille porteur du bacille de la peste qui coûtera la vie à quelque 50 000 personnes, soit la moitié de la population en quatre ans.

Devant l’épidémie de peste de 1720, Roze propose immédiatement son aide aux échevins. Du fait de l’expérience qu’il a acquise au Levant, , il est nomme commissaire général pour le quartier de Rive-Neuve. Il boucle le secteur dont il a la charge en élaborant des postes de contrôle, fait même dresser une potence en vue de dissuader les pillards, fait creuser cinq grandes fosses destinées à recevoir les cadavres, convertit les voûtes de la Corderie en un hôpital pour abriter les malades atteints de la contagion, et procédera à la distribution des secours. Il organise aussi le ravitaillement de la ville.

Le 16 septembre 1720, Roze dirige une compagnie d’environ 150 soldats et forçats, les « corbeaux »,  équipés de tombereaux, de pinces et de râteaux, à enlever plus de mille deux cents cadavres amoncelés sur l’esplanade de la Tourette, un quartier pauvre du port. Les plus récents de ces cadavres sont vieux de trois semaines et les sources contemporaines les décrivent comme « présent[ant] à peine la forme humaine et dont les vers mettent les membres en mouvement ». En une demi-heure, les cadavres sont jetés dans les excavations des deux bastions, tout de suite comblées de chaux vive et de terre jusqu’au niveau de l’esplanade.

Sur le total de 1 200 volontaires et forçats chargés de combattre la peste, il n’y eut que trois survivants. Le chevalier Roze fut lui-même atteint de la peste, mais il en réchappa (les chances de survie de la peste étant de 20 à 40 % en l’absence de traitement moderne).

Il fut nommé gouverneur de Brignoles en 1723.

Veuf après l’épidémie, le chevalier Roze se remarie à 47 ans avec Magdeleine Rose Labasset, 17 ans. Ils résident dans un immeuble, rue Poids de la Farine, à deux pas de la Canebière. C’est là que Nicolas Roze s’éteignit le 2 septembre 1733.

Commémoration

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Buste du chevalier Roze à Marseille

Son nom a été donné :

sur une rue du 2è arrondissement de Marseille ;

au virage sud du stade Vélodrome, à Marseille.

Un buste en bronze signé Jean-Baptiste Hugues (1849-1930) avait été inauguré en 1886 sur l’Esplanade de la Tourette où le Chevalier Roze s’illustra. Ce buste fut déplacé derrière le Vieux-Port rue de la Loge en 1936, transféré après la 2e guerre mondiale sur place Fontaine-Rouvier puis sur l’île de Ratonneau, dans la cour de l’ancien Hôpital Caroline, ce dernier visant à accueillir les voyageurs mis en quarantaine. Depuis mars 2017, le buste a retrouvé sa place initiale sur l’esplanade de la Tourette.

Il est cité dans le roman de Victor Hugo Les Misérables..

 

Michel Serre

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Autoportrait de Michel Serre peignant les ravages de la peste devant l’hôtel de ville.

 Michel Serre, né à Tarragone (Espagne) le 10 janvier 1658 et mort à Marseille le 10 octobre 1733, est un peintre baroque français. Il est connu pour ses tableaux religieux et surtout pour ses représentations de la peste à Marseille en 1720.

 

Biographie

Sa jeunesse

Michel Serre, quatrième enfant de Jacques Serres, marchand ambulant, et de Marie Barbos est né à Tarragone le 10 janvier 1658. Orphelin très tôt, il est accueilli à la chartreuse de Scala Dei, située à une quarantaine de kilomètres de Tarragone. En 1670, il se rend en Italie où il apprend la peinture dans différents ateliers à Rome, Naples et Gènes.

En 1675, il quitte l’Italie pour s’installer définitivement à Marseille.

Ses débuts

Peu de temps après son arrivée à Marseille, il obtient une importante commande pour l’église des Dominicains, Le martyre de Saint Pierre Vérone (musée des beaux-arts de Marseille). En 1684, il peint pour les Chartreux l’immense toile de Madeleine enlevée par des anges conservée dans le chœur de l’église des Chartreux   à Marseille.

Le 1er mai 1685, à Notre-Dame-des-Accoules, il épouse Florie Régimonde, fille de Jean Régimonde et de Jeanne Montaignon. En juin 1688, il achète un terrain à Suzanne de Marle et André Venture, puis y fait construire une grande maison dans la future rue Venture. L’emplacement exact de cette habitation n’a pu être trouvé.

Le 10 maiu 1685, il obtient des échevins une lettre de citadinage et accepte de peindre pour l’hôtel de ville une toile, actuellement disparue, représentant le Christ mourant sur la croix.

Pour le récompenser de ses succès, Louis XIV le nomme peintre des galères et maître à dessiner des officiers et pilotes. Il travaille aux ouvrages de peinture des galères et enseigne aux jeunes officiers. Il exécute plusieurs portraits de chefs d’escadre, dont celui de Louis de Montolieu (musée des beaux-arts de Marseille).

Les années de maturité

Le 27 février 1704,   il donne procuration à sa femme pour régir ses biens et se rend à Paris. C’est là qu’il rencontre Jean-Baptiste Oudry qui devient son élève pendant quelque temps. Il se fait connaître par l’exécution de diverses toiles dont celle du Christ chassant les vendeurs du temple (Versailles, , église Saint-Symphorien). Il envoie un tableau représentant Bacchus et Ariane à l’Académie de Paris qui l’admet au nombre de ses adhérents le 6 décembre 1704 (musée des Beaux-Arts de Caen, œuvre détruite en 1944).

Ayant acquis une certaine fortune, il achète les charges de lieutenant du roi de la ville de Salon-de-Provence et de major de la ville de Gardanne. Louis XIV   signe les lettres patentes correspondantes respectivement le 22 janvier 1712 et le 22 ocrobre 1712.. Ses armes sont d’azur à trois serres d’aigles d’or posées l’une sur l’autre.

Il achète de nombreuses maisons de rapport et des terrains à bâtir dans les quartiers de Mazargues et de Saint-Giniez.

La peste et les années de vieillesse

Pendant la grande peste qui sévit à Marseille en 1720, Michel Serre se distingue par sa conduite. Il se révèle un homme de cœur et d’action. Il accepte la responsabilité de commissaire général de son quartier Saint-Ferréol et préside aux opérations de déblaiement du quartier. Il s’attira l’attention de l’intendant Lebret qui écrit aux échevins le 18 décembre 1721 : « Comme j’espère aller dans peu à Marseille, je verrai avec vous ce qui pourra se faire pour le tableau du sieur Serre dont je connais le mérite ».

Il distribue sa fortune pour soulager la misère des survivants. Son nom figure sur la stèle élevée en 1802 et placée actuellement au square du palais des Arts. Ayant été un très proche témoin de cette terrible épidémie, il peindra trois toiles qui sont ses œuvres majeures.

En 1726 il acquiert une chapelle qu’il dédie à Saint Jean de la Croix dans l’église des Carmes déchaussés.

Deux tableaux représentent la peste dans l’église paroissiale de La Ciotat. L’un des deux est du peintre Michel Serre. Il représente Le grand Saint Antoine, le bateau qui apporta la peste en Provence, en 1720, quittant sans secours la baie de La Ciotat.

Il meurt à Marseille le 10 octobre 1733, veuf et ruiné, mais entouré du respect de tous. Il est enseveli à la paroisse Saint-Ferréol.

Une rue du 16è arrondissement de Marseille porte son nom.

Son œuvre

La virtuosité de Michel Serre lui a permis de réaliser un très grand nombre de peintures dont plusieurs ont disparu. Il a surtout peint des scènes bibliques ou de la vie de la Vierge et du Christ. Il a également exécuté des tableaux relatifs à la mythologie et des représentations historiques, ainsi que des portraits. Ses tableaux sont conservés au musée des beaux-arts de Marseille et dans des églises de Marseille et de sa région.

Tableaux religieux

Sainte Marguerite, église des Augustins de Marseille.

Musée des beaux-arts de Marseille.:

La Madeleine pénitente

Éducation de la Vierge

Présentation de la Vierge au temple

La Visitation

Présentation de Jésus au temple

Jésus parmi les docteurs

Saint-Benoît ressuscite un jeune moine mort

Cycle de La Vie de Saint-François (quatorze toiles, dont deux ont disparu)

Le martyre de Saint-Pierre de Vérone, provenant de l’église des prêcheurs. Une copie a été faite par Joseph Coste qui remporte avec elle le prix d’encouragement

Le Miracle de Saint Hyacinthe

La Vierge à l’enfant, Saint-François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal

Eglise des Augustins de Marseille :

Sainte Marguerite

La Vierge à l’enfant apparaissant à Saint Pierre et Saint Paul. Ce tableau se trouve à l’intérieur d’un retable placé au-dessus de l’autel dit des portefaix dans l’église des Augustins à Marseille. Ce retable est couronné par un fronton animé de putti situés de part et d’autre d’une gloire qui rayonne autour d’une tiare et des clefs qui sont le symbole de l’apôtre Pierre, premier Pape de l’Église. L’attribution de cette œuvre peinte en 1692 pour la confrérie des portefaix à Michel Serre a été remise en question par l’historienne de l’art Marie Claude Homet.

Le Repos pendant la fuite en Égypte

La Vierge à l’enfant apparaissant à Saint Pierre et Saint Paul, église des Augustins de Marseille..

Marseille, église des chartreux: Madeleine enlevée par les anges

Marseille, église Saint-Matthieu de Château-Gombert :

Le Christ roi, la Vierge et Saint-Joseph, ou Le Purgatoire

L’Agonie de la Madeleine (attribution).

Franciscains devant la Vierge ou Apothéose de saint François (attribution)

Abbaye Saint-Victor de Marseille  : La Vierge en prière dans l’atelier de Nazareth

Marseille, église Saint-Cannat :

La Vierge à l’enfant et le purgatoire

La Purification de la Vierge

Marseille, église des Grands-Carmes : cycle de La Vie de la Vierge, six toiles classées en 1911

Apothéose de saint Roch, Marseille, église de Mazargues.

Marseille, église de Mazargues : Apothéose de saint Roch. L’église actuelle de Mazargues construite de 1849 à 1851 est dédiée à saint Roch, patron des pestiférés. Sur l’emplacement de cette église était érigée une chapelle dédiée au même saint. En effet lors de la peste de 1387 qui fit mourir le tiers de la population marseillaise, Mazargues reçut un afflux considérable de Marseillais qui fuyaient le fléau. Saint Roch fut tellement invoqué dans la vieille église que son nom y primât tous les autres. la présence dans cette église du tableau de Michel Serre représentant ce saint peut s’expliquer par le fait que l’artiste possédait une maison de campagne dans ce quartier, mais aucun document n’a fait explicitement mention de cette œuvre, pas même au début du xixe siècle. Ainsi l’abbé Marius Ganay précise seulement dans son livre La poétique histoire de Mazargues « derrière le maître-autel il y a une grande peinture qui représente l’apothéose de saint Roch ». Ce tableau d’un format remarquable (320 x220 cm) cintré à deux « oreilles » a été daté de la fin du xviie siècle. Sa forme particulière semble indiquer que cette œuvre devait venir s’encastrer dans le plafond d’un monument : église conventuelle ou chapelle d’hôpital. Au cours du xviiie siècle eut lieu sa transformation en toile encadrée pour orner un espace réduit par exemple un autel de chapelle ou d’église. Cette apothéose de saint Roch a fait l’objet de 2004 à 2008 d’une minutieuse restauration par le Centre Interrégional de Conservation et Restauration du Patrimoine à Marseille. Cette restauration a permis de constater que le châssis en bois résineux présentait la particularité d’être pliant suivant son axe vertical : des marques de pliage ont été constatées sur la couche picturale. L’étude des singularités du châssis indique que le tableau n’est probablement pas dans son format d’origine. Saint Roch contracta la peste au cours d’un pèlerinage qu’il fit en Italie et fut sauvé grâce à un chien qui venait le nourrir. Il est donc traditionnellement représenté revêtu du costume de pèlerin avec un bâton et une coquille cousue sur le manteau, un bubon pesteux sur la cuisse et accompagné d’un chien. Une statue placée dans la même église de Mazargues représente bien ainsi saint Roch. Or dans le tableau le saint montant au ciel ne présente pas le symptôme de la peste et n’est pas accompagné d’un chien : on peut donc supposer que le tableau représenterait en fait saint Jacques lui-même qui est le patron de l’Espagne, patrie originelle du peintre. Ce tableau fait partie des décors baroques plafonnants réalisés en Provence à la fin du xviie siècle pour des églises conventuelles ou des hôtels particuliers et dont Michel Serre a réalisé un certain nombre, aujourd’hui tous disparus.

Annonciation, saint Jean-Baptiste et saint Étienne, Marseille, église de la Pomme.

Marseille, église de la Pomme : Annonciation, saint Jean-Baptiste et saint Étienne. Ce tableau orne le chevet plat du chœur de l’église. Cette toile a été peinte au début du xviiiesiècle pour orner le maître-autel de la chapelle des Comtes située traverse des Comtes à Marseille, placée alors sous le vocable de l’Annonciation. Très usé, le tableau a fait l’objet d’une restauration en 1978 pour l’exposition l’âge d’or de la peinture provençale et a été ensuite placé dans l’église de la Pomme. Michel Serre réalise ici une mise en abyme peignant un tableau dans un autre tableau : l’Annonciation est réalisée dans un cadre semblant flotter dans les airs devant saint Jean-Baptiste à gauche portant un agneau et saint Étienne à droite en habit de diacre. Les rideaux qui bordent la composition créent un élément d’illusion propre au théâtre.

Église d’Allauch (Bouches-du-Rhône) :

Mort de Saint-Joseph. Ce tableau a appartenu à Julie Pellizzone.  

La Fuite en Égypte

Eglise Saint-Jean-de-Malte, Aix-en-Provence : Apothéose de Saint-Augustin

Eglise de la Madeline, Aix-en-Provence  :

Le Christ et sainte Madeleine chez Simon le lépreux

Ex-voto offert pour la peste de 1720

Église du Bausset (Var) : Le Vœu de Mgr de Belsunce

Saint-Maximin, la Sainte-Baume (Var), basilique Sainte-Marie-Madeleine :
Michel Serre peint pour cette basilique quatre toiles de dimension à peu près identique (190 cm × 140 cm) encastrées dans les boiseries du pourtour du chœur. Elles ont été réalisées très probablement en même temps que ces boiseries c’est-à-dire entre 1689 et 1692, et sont malheureusement en mauvais état. Elles ne constituent pas à proprement parler un cycle car elles ne traitent pas d’un même sujet ; elles représentent les scènes suivantes :

L’Enfant Jésus. Ce tableau dont le cadre adopte une forme compliquée est placé au-dessus d’un grand tabernacle en bois sculpté destiné à recevoir une crèche aujourd’hui disparue. L’enfant Jésus, glorieux et triomphant, est représenté vêtu de draperies flottantes autour de lui, le fond lumineux étant peuplé d’anges. Cet ensemble aimable annonce cependant la passion.

Sainte-Anne, la Vierge et l’enfant jésus, Saint-Joseph. Ce tableau représente la Vierge assise tenant sur ses genoux l’enfant Jésus se tournant vers sainte Anne. En arrière est représenté saint Joseph.

La Vierge à l’Enfant et le purgatoire. Ce thème du purgatoire est fréquent à la fin du xviie siècle en raison du changement des mentalités qui se produit après 1660 époque où on prévoit la fin du monde pour le dernier tiers du siècle présent, le temps du nouveau Testament devant égaler celui de l’ancien. Le séjour en purgatoire devient le passage obligé après la mort d’où de nombreuses représentations de ce thème. Dans la partie inférieure du tableau est évoqué le séjour douloureux du purgatoire avec des flammes tandis que la partie supérieure représente l’entrée au ciel facilitée par la sainte Vierge. Ce tableau est à rapprocher de celui qui se trouve dans l’église Saint-Cannat à Marseille.

Saint Thomas d’Aquin foudroyant l’hérésie. Le saint est représenté tenant dans sa main gauche l’ostensoir tandis qu’il brandit de la main droite la foudre pour terrasser l’hérésie qu’il piétine : il s’agit probablement du protestantisme car la toile a été réalisée peu de temps après la révocation de l’édit de Nantes 1685). Derrière saint Thomas d’Aquin, l’artiste a représenté un fond architectural avec à droite une niche contenant une statue représentant un personnage barbu. Le saint est représenté en pleine force de l’âge, c’est l’homme d’action qui triomphe plus par la force que par la persuasion.

Tableaux de la basilique Sainte-Marie-Madeleine  

L’Enfant Jésus.

 Sainte Anne, la Vierge et l’enfant Jésus et saint Joseph.

 La Vierge à l’enfant et le purgatoire.

 Saint Thomas d’Aquin foudroyant l’hérésie.

Vierge des grâces et purgatoire, La Ciotat, église Notre-Dame.

La Ciotat église Notre-dame :

Vierge de grâces

Vierge de grâces et purgatoire

Sainte Marie-Magdeleine et Saint Maximin (tableau non visible)

Marseille, musée Grobet-Labadié : Notre-Dame du bon voyage

Marseille, villa Gaby Deslys : La Résurrection de Lazare

Draguignan église Saint-Michel : Vierge donnant le scapulaire à Simon Stock

Aix-en-Provence, musée Granet: La vierge à l’enfant, moine bénédictin, Sainte félicité et Perpétue

Versailles, église Saint-Symphorien : Les Vendeurs chassés du temple

Œuvres de Michel Serre

La Fuite en Égypte, Allauch, église Saint-Sébastien.

 La Mort de saint Joseph, Allauch, église Saint-Sébastien.

 Agonie de la Madeleine, Marseille, Château-Gombert, église de Saint-Matthieu.

 Le Purgatoire, Marseille, Châtau-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Apothéose de l’ordre de saint François, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Vierge des grâces, La Ciotat, église Notre-Dame.

 Apothéose de Saint-Augustin, Aix-en-Provence, église Saint-Jean-de-Malte.

 Vierge en prière dans l’atelier de Nazareth, Marseille, abbaye de Saint-Victor.

 Vierge à l’enfant et le purgatoire, Marseille, église de Saint-Cannat.

Tableaux historiques

Les trois tableaux peints peu de temps après la peste de 1720 représentant les scènes de cette épidémie sont les plus connus. Ces œuvres qui eurent un très grand retentissement à leur époque, demeurent un témoignage majeur de cet évènement.

Musée des beaux-arts de Marseille :

Vue du Cours pendant la peste, Hauteur = 3,17 m × Largeur = 4,10 m

Vue de l’hôtel de ville pendant la peste, Hauteur = 3.06 × Largeur = 2,77 m

« Ces deux tableaux représentent le déplorable aspect qu’offraient alors les quais et le cours : là on voit les moribonds étendus, ayant près d’eux une cruche et un vase que quelques personnes compatissantes remplissent avec terreur d’eau et de bouillon ; le cours est jonché des cadavres de ceux qui ont cherché l’ombrage de ses arbres ou celui des toiles que les officiers municipaux y ont fait tendre : partout ce sont des scènes déchirantes d’enfants, de femmes, de vieillards expirants. »

Stendhal a apprécié ces deux tableaux : « Je viens de monter au premier étage de la Bourse (à l’époque bâtiment de l’hôtel de ville) pour les tableaux de Michel Serre. Contre mon attente, je les ai trouvés fort bons. »

Montpellier, musée Atger : La Scène de la peste de 1720 : épisode de la tourette, Hauteur = 1,25 m × Largeur = 2,10 m

Tableaux de la peste à Marseille

Vue du Cours pendant la peste de 1720, musée des beaux-arts de Marseille.

 Vue de l’hôtel de ville pendant la peste de 1720, musée des beaux-arts de Marseille.

ARLES (Bouches-du-Rhône), LA PESTE A ARLES EN 1721, MALADIE, PESTE, PESTE (1720-1722), PROVENCE

La peste à Arles en 1721

Peste d’Arles (1720-1721)

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A Arles, la peste de 1720-1721, venue de Maseille contaminée le 25 mai 1720 fut tardive et particulièrement violente. Cette épidémie correspondant à une résurgence de la deuxième pandémie de peste. La contagion qui emporta plus de 40 % de la population avec environ 10 000 décès pour 23 000 habitants, provoqua, chose unique en Provence, des mouvements populaires réprimés par la troupe. D’après les descriptions réalisées, nous savons que cette épidémie fut principalement d’origine bubonique.  Sur le plan démographique, à la suite de ces milliers de morts, la cité dut attendre plus d’un siècle pour retrouver son niveau de population d’avant 1720.

Contexte et premières mesures

Une ville déjà frappée par la peste

En 1720, En quand éclate l’épidémie de Marseille, la peste, à Arles, n’est pas une inconnue. La cité rhodanienne a déjà été frappée par les grandes pandémies historiques : celle de la fin du VIè siècle ou Peste de Justinien du  et celle de 1348 appelée la Peste noire. Moins célèbres, de nombreuses autres contagions, en particulier les épidémies très meurtrières de 1449, 1481 et  de 1580 de sont restées dans la mémoire des Arlésiens. La dernière crise historique remonte au XVIIè siècle,  quand en 1629 la peste tue environ 900 habitants.

 Les premières mesures

Aussi, dès la connaissance de la contagion dans la ville de Marseille en mai 1720, la ville d’Arles prend-t-elle ses précautions. Un Bureau de Santé de soixante nobles et bourgeois est mis en place pour organiser les mesures indispensables telles l’interdiction du commerce avec les Marseillais et la constitution de réserves alimentaires.

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Mur de la peste – Cette construction a été édifiée dans les Monts de Vaucluse afin de protéger le Comtat Venaissin de l’épidémie de peste qui frappa Marseille et une partie de la Provence (1720-1722), lorsque la peste franchit la Durance.

En août 1720, la cité ferme toutes ses portes à l’exception de celles du Marché-Neuf (vers Marseille) et du Pont (vers Tinquetaille, ie Languedoc)  gardées jour et nuit. Ces deux portes sont vitales car elles permettent l’accès aux territoires agricoles et pastoraux de la cité : la Crau et la Camargue, deux zones peu peuplées et de ce fait, potentiellement moins dangereuses. Il faut souligner que la porte nord dite de la Cavalerie, en direction de Tarascon et d’Avignon, sources probables de contagion, est condamnée. Parallèlement et à la même date, l’extrait des registres du parlement de Provence est lu3 dans les places publiques d’Arles ; afin que «nul ne l’ignore», les nouvelles mesures prises pour lutter contre la peste qui sévit à Marseille et dans toute la Provence sont placardées. L’affiche interdit aux habitants de sortir chasser hors de la ville, de maintenir du fumier dans les maisons ou basses-cours, et de jeter des ordures dans la rue, sous peine de fouet. Les habitants sont aussi tenus de nourrir les malades et d’en prendre soin, sans les amener à l’hôpital Saint-Jacques. Enfin, l’arrêt précise que toutes les marchandises susceptibles de communiquer la peste («indienes et coutonines») doivent être brûlées. À partir de ce même mois, l’embouchure du grand-Rhône est gardée et les Arlésiens interdisent la remontée du fleuve à tout navire qui n’a pas une patente de santé en bonne forme.

La contagion empirant, la Provence est déclarée en quarantaine par arrêté du Conseil d’état du roi en date du 14 septembre 1720. Il est fait défense aux habitants et aux marchandises de franchir le Verdon, la Durance et le Rhône. Les foires sont supprimées. Et en octobre les édiles de la ville d’Arles demandent aux habitants de déclarer toutes personnes étrangères qui sont logées chez eux depuis deux mois.

Chronologie

 La contagion initiale

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La Crau, entre Marseille et Arles.

D’après les historiens, la peste d’Arles commence le 26 novembre 1720 quand Marguerite Poncet, dite Mérone, meurt à la tapie en Crau, petit cabaret à trois lieues de la ville d’Arles7. Son corps examiné par le médecin Simon n’aurait montré aucune marque de contagion. Toutefois, ce cabaret avait été fréquenté par un poissonnier, dénommé Simiot, qui venant de Marseille aurait apporté la peste à Tarascon..

Le 17 décembre 1720, la peste entre dans la ville avec le dénommé Claude Robert, dit Poncet Méron et neveu de Marguerite Poncet, venant malade de ce fameux cabaret en Crau; il avait résidé dans le Mas de Perne contaminé par un proche d’un trafiquant. À Arles, il loge dans une maison des arènes où il meurt deux jours plus tard. Bien que son décès n’ait pas été identifié initialement comme causé par la peste, son cas demeure suffisamment suspect pour que toute la population résidant dans les arènes (400 à 500 personnes) soit mise en quarantaine par la fermeture de toutes les issues. La ville leur fait distribuer du pain et des vivres pour 40 jours.

Le mal présent dans la cité inquiète tous les Arlésiens et ceux qui le peuvent – peut-être jusqu’à 10 000 – se réfugient en campagne dans leurs résidences ou dans des cabanes de fortune. Certaines professions, en dépit des précautions et directives des consuls, viennent ainsi à manquer comme celle des notaires :

« Il est décidé le 3 janvier que les testaments pourront être reçus par les aumôniers car il ne reste dans la ville plus qu’un seul notaire ».

Pendant ces quarante jours, seules 3 ou 4 personnes tombent malades. L’hiver se passe sans alarme supplémentaire et on ne dénombre pas plus de 5 décès, tant à la ville que dans les campagnes, probablement à la suite de la vigilance exercée par le commandant M. de Baumont, frère de M. Arlatan. Le mal semble « sous clef ». Mais en campagne apparaissent quelques cas et dès le 14 mars la Camargue est consignée.

 La reprise de l’épidémie

Les Arènes d'Arles loties avant le dégagement au 18e siècle
Les arènes loties du XVIIIè siècle 

À la fin avril 1721, l’infection se répand soudainement dans les arènes puis rapidement dans tout le quartier de la Major. Les autorités font dresser immédiatement des barrières pour éviter au peuple de ce quartier de venir dans le reste de la ville et séquestrent les mendiants au quartier de Trinquetaille.. Fait exceptionnel dans toute la Provence, une émeute éclate au début juin 1721 quand après le 25 mai les troupes du marquis de Caylus coupent la population de son terroir au moment des moissons. Dès le 3 juin un grenier à blé du quartier de la Cavalerie, les greniers à sel et un magasin de farine sont pillés. Le 4, les barrières sont enfoncées par une mutinerie des habitants, mutinerie rapidement réprimée par une troupe de 1 200 à 1 500 hommes de guerre commandée au nom du roi par le marquis de Caylus (il y a 3 fusillés le 9 juin), et le mal gagne la ville tout entière. Les églises sont fermées et les messes célébrées en plein air.

Toutefois, à la suite de ces incidents, le blocus est assoupli et les moissons autorisées.

 

Une mortalité effrayante

Dès lors, les quarantaines n’étant plus respectées, l’épidémie devient foudroyante ; des gens barricadés depuis des mois sont contaminés et meurent chez eux. La mortalité atteint des sommets, plus de 100 morts par jour en juin et juillet (soit une mortalité quotidienne de 0,5 % de la population totale). Les responsables de la cité, contrairement à ceux de la plupart des villes provençales, ne fuient pas leur responsabilité et nombreux meurent en service : en juin 1721, le commandant de la ville Jacques d’Arlatan meurt et est remplacé, sur instruction du roi, par Dominique de Jossaud; en juillet, c’est au tour du premier consul M. de Fourchon, puis du consul Grossy. Le 21 juillet une procession expiatoire à saint Roch est organisée.

Parallèlement à ces problèmes sanitaires, la ville doit faire face aux pillages en particulier des corbeaux, c’est-à-dire des hommes qui enlèvent les cadavres et les jettent dans la fosse commune. Des exécutions sont prononcées comme par exemple le 3 juillet ou le 23 août. À la mi-août, des campagnes jusque-là épargnées commencent à être attaquées (Corrègemas de VerdMas de la Flèche en Crau, …) Le 4 août la municipalité réussit toutefois à faire proclamer une nouvelle quarantaine. Le 15, l’ancien archevêque de la ville, le cardinal de Reims François de Mailly, envoie, à titre de secours, un fonds de 10 500 livres.

 

La fin de l’épidémie

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Statue de saint Roch au 14 rue du Quatre-Septembre, à Arles.

En août, l’état sanitaire de la ville commence à s’améliorer. Le 21 septembre avec la mort déclarée suspecte de l’avocat Brun, revenu semble-t-il en ville après être resté dans sa résidence de campagne avec sa mère, Arles enregistre le dernier décès du à la peste. À la fin septembre, une procession solennelle d’action de grâce est rendue aux saints anti-pesteux, sainte Rosalie, saint Roch et saint François-Régis .Persuadé que le fléau n’a cessé que par ces actions religieuses et populaires, l’archevêque d’Arles Jacques de Forbin-Janson proclame une procession annuelle en l’honneur de saint Roch. Le 25 septembre, la quarantaine est levée et cinq jours plus tard, les survivants commencent les vendanges, d’abord en Crau puis à partir du 10 octobre en Camargue, au Plan du Bourg et au Trébon.

Le 18 décembre est célébrée dans l’allégresse générale la fin de la seconde quarantaine : c’est la constatation officielle de la fin de la contagion. Et le 20 décembre, la peste ayant disparu, les églises rouvrent leurs portes. L’épidémie, entre le premier cas déclaré dans la ville (17 décembre 1720) et la fin officielle de la contagion (18 décembre 1721), a donc pratiquement duré un an jour pour jour.

Conséquences

 Démographiques

Sur le plan démographique la peste de 1720-1721 est particulièrement meurtrière. D’après Charles-Roux, dans son ouvrage Arles :

« … dans la ville 8 57224 individus avaient péri, et dans la banlieue 1 638 ; parmi eux, 4 consuls, 35 membres du corps municipal, 11 nobles, 7 avocats, 17 bourgeois, 72 prêtres et 35 médecins ou pharmaciens. La population totale d’Arles étant à cette époque de 23 178 habitants, on voit ce qu’une telle année lui avait coûté … »

Toutefois, Odile Caylux dans un ouvrage plus récent avance différents chiffres dont celui plus modeste de 7 500 victimes pour la ville seule. Le clergé arlésien est décimé en particulier les Minimes qui ont converti leur monastère en hôpital pour pestiférés. La noblesse et la bourgeoisie paient également un lourd tribut au fléau même si certains de leurs membres se sont réfugiés dans leurs propriétés camarguaises dès les premiers signes de l’épidémie, entraînant de vives tensions notamment aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Dans les années qui suivent, Arles, contrairement à Marseille, va mettre beaucoup de temps pour afficher à nouveau une population comparable à celle d’avant la peste ; la ville doit en effet attendre la fin des années 1840   pour retrouver ses 23 000 habitants.

 Économiques et financières

La ville déjà endettée avant l’épidémie doit faire face au défaut d’encaissement des taxes et à la disparition de nombreux contribuables.  De plus, la cité a du mal à trouver de nouveaux prêteurs, et en dépit de dons et de diverses aides ainsi que la négociation dans de bonnes conditions de ses billets avant la faillite de la banque Law, la ville va mettre plus de 20 ans pour rétablir ses finances.  Mais cette mortalité n’affecte pas uniquement les finances communales : elle augmente, à la suite de la disparition de nombreux journaliers, le prix de la main-d’œuvre, ce qui obère en particulier les revenus des fermes des grands propriétaires arlésiens. Notons enfin que la peste se déclare à une période où la campagne arlésienne est dévastée par une invasion de sauterelles qui détruisent les récoltes sur pieds aggravant ainsi la détresse de la population.

 Autres

À côté des impacts démographiques, financiers et économiques, cette peste, curieusement, a également des conséquences juridiques. Le déguerpissement des notaires dès le début de la contagion avait en effet obligé les aumôniers à recueillir les testaments, testaments rédigés pour la plupart sur papier libre et sans témoin, ce qui entraîne après l’épidémie de nombreuses contestations et procès.

Après les ravages de la peste, Arles connait un regain extraordinaire de ferveur religieuse, caractérisé par la multiplication des processions. La Vierge et les nombreux saints honorés de la cité continuent à être l’objet d’une dévotion traditionnelle, tandis que se développe le culte du Sacré-Cœur, considéré par l’Église comme antidote au rationalisme des Lumières.

Quelle peste ?

Dès le début de l’épidémie, chaque mort suspecte donne lieu à une inspection pour déterminer si le décès relève ou non de la contagion puis à compter du 5 avril 1721, la ville d’Arles est divisée en cinq quartiers auxquels sont associés cinq médecins : MM. Simon, Arnaud, Laurens, Compagnon et Pomme. Lors de ces inspections conservées pour la plupart aux archives municipales d’Arles, les médecins notent les principaux symptômes visibles sur les cadavres des personnes décédées. Ils décrivent aussi les patients soupçonnés d’être contaminés pour les transférer si nécessaire dans des hospices ou les mettre en quarantaine. Ainsi on a conservé une source relativement bien documentée de cette maladie.

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Malades atteints de peste bubonique

Les éléments les plus fréquemment relevés font référence à des bubons  aux aisselles, aux aines, derrière les genoux, sur les seins, et leurs différents états (presqu’ouverts, …) ; viennent ensuite les charbons, les taches noires ou pourprées et la langue noire. On signale également des tumeurs en général au cou ou des taches livides et flexibles. Dans certains cas seule apparait la mention mort suspecte  ou même comme pour Marguerite Poncet, sans marque de contagion. Les médecins signalent parfois les symptômes ayant précédé la mort : grande douleur à la têtevisage enflammésoif ardentegrosse fièvrefièvre maligne ou vomissements..

La mort est en général rapide, de quelques heures à quelques jours ; exceptionnellement le délai peut aller jusqu’à deux semaines. Toutefois, les médecins rapportent des rémissions spontanées, même après l’apparition de bubons.

La contagion d’Arles de 1720-1721 est donc une peste bubonique avec probablement quelques cas de peste septicémique et pneumonique.

Notes

Détails indiqués par Augustin Fabre in Histoire de Provence – 1833, page 248 et 249 :

« Le viguier et les consuls d’Arles avaient pris des mesures pleines de sagesse pour garantir celte ville de la maladie contagieuse, lorsqu’un pourvoyeur de Tarascon arriva dans la Grau au commencement de novembre 1720, apportant de Marseille, par contrebande, diverses marchandises pestiférées. Le nommé Robert, chez lequel ces marchandises avaient été déposées, ne tarda pas à se sentir malade. Il profita de la nuit pour entrer dans la ville sans être aperçu par les gardes et se rendit dans sa maison, au milieu des Arènes, où il mourut avec sa femme, malgré les secours les plus prompts. Sa belle-mère et plusieurs voisins qui avaient communiqué avec lui, succombèrent à la fin du mois de décembre. Les habitants prirent l’alarme. Cependant à la fin d’avril 1721, il n’était mort que quarante-six personnes. »

Augustin Fabre – Histoire de Provence – 1833, page 249 :

« Les mendians furent séquestrés au faubourg de Trinquetaille, et Jacques d’Arlatan de Beaumont, qui exerçait dans la ville le commandement militaire, la fit cerner par des troupes réglées, avec défense de passer la ligne prescrite sous peine de la vie. Le 4 juin ? trois mille individus, pâles de faim et de misère, se joignirent aux pestiférés en quarantaine, se répandirent dans la ville, enlevèrent le pain destiné aux malades et forcèrent les barrières de Trinquetaille. L’archevêque Jacques de Forbin-Janson sortit de son palais avec le chanoine Lecamus, son grand vicaire, le commandant d’Arlatan, les consuls et plusieurs notables pour calmer les perturbateurs. Il y parvint par ses paroles touchantes, après avoir été repoussé par les plus audacieux, dont un osa lui jeter une pierre. En ce moment de tumulte et de désordre les Corbeaux (on donnait ce nom aux hommes qui enlevaient les cadavres et les jetaient dans la fosse) se livrèrent à des pillages. Le lieutenant-général de Caylus, commandant en Provence, entra dans Arles pour y rétablir le bon ordre, et fit fusiller, au pont de Grau, trois chefs des révoltés. »

Sources et bibliographie

 Auteurs anciens

Augustin Fabre, Histoire de Provence, 1833, pages 248-251.

Victorin Laval Lettres et documents pour servir l’histoire de la peste d’Arles en Provence de 1720-1721. André Catelan éditeur, Nîmes, 1878

Jean-Charles Roux, Arles, 1914, réédition 1984

 Travaux récents

Jean-Maurice Rouquette (dir.), Arles, histoire, territoires et cultures, Actes Sud, 2008

Odile Caylux, Arles et la peste de 1720-1721, Publications de l’Université de Provence, collection Le temps de l’histoire, 2009

Robert Bouchet et Pauline Fargue, Les cahiers d’Arles n°1, « Chronique d’une année de peste Arles 1720-1721 », Actes sud, Arles, 2009.

ART ET SPIRITUALITE, ART RELIGIEUX, ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE, PEINTRES, PEINTURE, PROVENCE, VIERGE MARIE

L’Assomption de la Vierge en Provence au XVIIème siècle

 

L’Assomption en Provence au XVIIème siècle.

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Rétable du Parlement d’Aix. Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence


par Charlotte Siat
Aix-Marseille Université – Master II Histoire de l’Art moderne spécialité Art moderne et contemporain 2013

 Assomption de la Vierge au XVIIè siècle en Provence

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Assomption par Trophime Bigot. Cathédrale Sainte- Trophime (Arles)

Biographie

Trophime Bigot naît à Arles en 1579 où il reçoit sa formation artistique ; il aurait été en particulier l’élève de Louis Finson lors du passage de ce dernier à Arles vers 1613.  Entre 1620 et 1634 , il passe de nombreuses années en Italie, en particulier à Rome. On le retrouve à Arles dès 1634 où il exécute des tableaux, une Assomption de la Vierge (1635) et un Saint Laurent condamné au supplice (1638) pour des églises locales, notamment l’église Saint-Trophime. Propriétaire en Camargue, il y fait exploiter quelques biens. De 1638 à 1642, il vit à Aix-en-Provence, place des Prêcheurs, où il peint une autre Assomption de la Vierge. Il revient à nouveau à Arles et partage à cette date ses activités entre sa ville natale et Avignon où il meurt en 1650.

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HISTOIRE DE LA PROVENCE, LA PESTE DE MARSEILLE EN 1720, MALADIE, MALADIES, MARSEILLE (Bouches-du-Rhône), PESTE, PESTE (Marseille ; 1720), PROVENCE

La peste de 1720 à Marseille

Peste de Marseille (1720)

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Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille), tableau de Michel Serre (musée AtgerMontpellier). L’inhumation des cadavres à la Tourette par le Chevalier Roze, qui figure de façon exemplaire l’intervention de l’État, a été l’objet de représentations iconographiques nombreuses

La peste  de Marseille de 1720 est la dernière grande épidémie de peste enregistrée en France.

Elle fut propagée à par280px-Mgr_de_Belsuncetir du Grand-Saint-Antoine, un bateau en provenance du Levant (la région de la Syrie), accostant à Marseille le 25 mai 1720, jugé comme étant à l’origine de l’épidémie. En effet, sa cargaison constituée d’étoffes et de balles de coton est contaminée par le bacille de Yersin responsable de la peste. À la suite de graves négligences, et malgré un dispositif de protection très strict comportant notamment la mise en quarantaine des passagers et des marchandises, la peste se propage dans la ville. Les quartiers déshérités et les plus anciens sont les plus touchés. La peste s’étend rapidement dans la cité où elle entraîne entre 30 000 et 40 000 décès sur 80 000 à 90 000 habitants, puis dans toute la Provence, où elle fait entre 90 000 et 120 000 victimes sur une population de 400 000 habitants environ.

La responsabilité de la non-application de la réglementation pour les navires potentiellement infectés a été recherchée auprès du commandant du navire, le capitaine Jean-Baptiste Chataud, et du premier échevin, Jean-Baptiste Estelle. Aucune preuve formelle n’a pu être trouvée. Il est cependant certain que les échevins et les intendants de santé chargés de cette réglementation ont agi avec beaucoup de légèreté.

Lors de l’épidémie, l’alimentation de la population ainsi que l’évacuation des cadavres posent de graves problèmes et mobilisent les échevins qui montrent beaucoup de courage. L’enlèvement des cadavres du quartier de la Tourette par les galériens de l’Arsenal des galères mobilisés à cet effet et placés sous le commandement du Chevalier Roze constitue un fait majeur de ce tragique évènement. Les religieux avec à leur tête Mgr de Belsunce apportent quant à eux un réconfort moral aux mourants.

Cette épidémie a donné naissance à de nombreuses représentations artistiques parmi lesquelles celles du peintre Michel Serre, témoin direct de l’épidémie. Elle constitue un épisode historique marquant, toujours présent dans la mémoire collective des Marseillais.

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Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille), tableau de Michel Serre (musée Atger, Montpellier). L’inhumation des cadavres à la Tourette par le Chevalier Roze, qui figure de façon exemplaire l’intervention de l’État, a été l’objet de représentations iconographiques nombreuses.

 

 

Marseille à la veille de l’épidémie

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Situation économique

Malgré les difficultés financières de la ville de Marseille, fortement endettée depuis la fin du xviie siècle, le commerce marseillais est en plein essor après une crise passagère consécutive au traité de Rastadt (signé en 1714) qui mettait fin à la guerre de Succession d’Espagne. La valeur des produits du Levant apportés dans le port de Marseille en 1714 s’élève à vingt-trois millions de livres, somme jamais atteinte précédemment. C’est à ce moment où s’amorcent des conditions de vie meilleures et un essor économique auxquels un coup d’arrêt brutal est donné par l’apparition de la peste.

 

Urbanisme de la ville

La ville est entièrement ceinturée par un nouveau rempart construit sur ordre de Louis XIV par Nicolas Arnoul. Cette enceinte prend appui sur chacune des deux puissantes forteresses placées de part et d’autre de l’entrée du port : le fort Saint-Jean et le fort Saint-Nicolas. Les remparts du Moyen Âge ont été démolis et la superficie de la ville intra-muros est triplée, passant de 65 à 195 hectares. Dans les espaces intérieurs ainsi conquis sont construites des voies nouvelles se coupant perpendiculairement.

Il en résulte deux types d’urbanisation qui ne seront pas sans influence sur le développement et la propagation de la peste qui apparut d’abord dans les vieux quartiers. Au nord du port est située la ville ancienne qui correspond à celle du Moyen Âge avec des rues étroites, tortueuses et insalubres où se trouvent artisans et commerçants ; c’est dans cette zone que la peste apparaît et atteint son paroxysme. À l’est et au sud se développe la ville nouvelle avec ses nouvelles voies rectilignes : rue de Rome, rue Paradis, rue Saint-Ferréol.

 

Réglementation sanitaire

La peste constitue une menace permanente pour Marseille en liaison fréquente avec le Proche-Orient où cette maladie est endémique. Des épidémies frappent la ville à de nombreuses reprises, notamment en 1580 où la peste a été très meurtrière et a fait proportionnellement autant de morts sinon davantage que celle de 1720. Un système est progressivement mis en place et montre son efficacité puisqu’en 1720 Marseille n’a pas connu d’épidémie depuis soixante ans. Cette protection repose d’une part sur un cordon sanitaire mis en place à l’échelle méditerranéenne avec délivrance de patentes dans les ports du Levant et d’autre part sur un bureau de santé composé d’intendants qui décident de la durée de la mise en quarantaine pour l’équipage, les passagers et les marchandises.

 Les patentes

Chaque navire faisant escale dans un port du Levant se voit délivrer une patente, certificat délivré par les consuls des ports orientaux aux capitaines des vaisseaux souhaitant rentrer en France, qui précise l’état sanitaire de la ville. On distingue trois types de patentes :

la patente nette lorsque rien de suspect n’existe dans la région au moment du départ du vaisseau ;

la patente suspecte lorsque règne dans le pays une maladie soupçonnée pestilentielle ;

la patente brute lorsque la région est contaminée par la peste.

En cas de patente nette la durée de la quarantaine est ordinairement de dix-huit jours pour les personnes, vingt-huit pour le navire et trente-huit pour la cargaison. Ces périodes sont portées respectivement à vingt-cinq, trente et quarante si la patente est suspecte et trente-cinq, cinquante et soixante si la patente est brute

 Le bureau de santé

Un bureau de santé est créé à Marseille. Sa date de création est inconnue mais forcément avant 1622 car un texte émanant du parlement de Provence daté de cette année fait référence à cet établissement. Ce bureau, renouvelé chaque année par le conseil de ville, est composé de quatorze intendants bénévoles choisis parmi les négociants, marchands et anciens capitaines de vaisseau. La présidence est assurée à tour de rôle chaque semaine par l’un des intendants qui prend alors le nom d’intendant semainier. Afin d’assurer une bonne coordination entre le conseil municipal et le bureau de santé, les deux échevins à la sortie de leur charge font partie de droit du bureau de santé, ce qui porte le nombre total de ses membres à seize. Ils sont assistés dans leur tâche par un personnel nombreux : secrétaires, commis, etc. Un médecin et un chirurgien sont attachés à cet établissement.

Le siège du bureau de santé se trouve d’abord sur un ponton flottant basé près du fort Saint-Jean, puis à la consigne sanitaire, bâtiment construit à partir de 1719 sur les plans d’Antoine Mazin au pied du fort Saint-Jean. Ce bâtiment est toujours visible et a été classé monument historique par arrêté du 23 novembre 19497.

Les démarches sont strictes : le capitaine d’un vaisseau en provenance du Levant laisse son navire à l’île de Pomègues et se rend en barque au bureau de santé pour présenter la patente qui lui a été délivrée et selon le type de celle-ci, le bureau de santé décide de la durée de la quarantaine à appliquer aux marchandises et aux personnes.

 

Les lieux de quarantaine

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Carte de la rade de Marseille établie au xviie siècle, avec les îles de l’archipel du Frioul.

Les lieux de quarantaine des vaisseaux ont été établis à l’île Jarre, au sud de la rade de Marseille, si la peste est avérée, ou à l’île de Pomègues où cinq hectares de terrains et de bâtiments ainsi qu’un petit port ont été aménagés pour recevoir environ trente-cinq navires.

D’autre part, des infirmeries, parfois appelées lazarets car elles sont placées sous la protection de saint Lazare, ont été aménagées pour les passagers et les marchandises. Ces infirmeries sont situées au bord de la mer, entre l’anse de la Joliette et celle d’Arenc, à 400 m environ au nord de l’enceinte de la ville ; construites sous Colbert, elles sont constituées de hangars pour les marchandises et d’habitations pour les voyageurs, sur une emprise de 12 hectares, ceinturée de murailles et ne comportant que trois points d’accès.

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L’arrivée du Grand-Saint-Antoine

Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine, navire en provenance du Proche-Orient, arrive à Marseille. Il apporte un précieux chargement d’étoffes de soie et de balles de coton, pour une valeur de 300 000 livres destinées à être vendues à la foire de Beaucaire de juillet.

Une partie de la cargaison appartient à plusieurs notables de Marseille, dont le premier échevin Jean-Baptiste Estelle et le capitaine du navire Jean-Baptiste Chataud. Le bateau a été armé par Ghilhermy et Chaud, Jean-Baptiste Estelle, Antoine Bourguet et Jean-Baptiste Chataud, intéressés chacun pour un quart. Comment ce vaisseau qui apporte la peste a-t-il pu être contaminé ?

 

Périple et mortalité à bord

Le Grand-Saint-Antoine quitte Marseille le 22 juillet 1719 et relie successivement Smyrne, Larnaca (Chypre), et Sidon (Liban). Dans cette ville, il embarque des tissus de soie et des sacs de cendre destinés au lest et afin d’absorber l’humidité des cales pour assurer une meilleure conservation des précieuses étoffes. Cette cendre se vendait à Marseille aux savonneries qui l’incorporaient dans leurs fabrications (en 1978 des plongeurs qui ont repéré l’épave du Grand Saint-Antoine au large de l’île Jarre ont remonté des échantillons de cendre). Le consul Poullard, qui ignore que la peste sévit à Damas, délivre une patente nette alors que le chargement est probablement contaminé. Le navire arrive à Tyr (aujourd’hui Sûr) et complète sa cargaison par de nouvelles étoffes probablement aussi contaminées. Le navire reprend la mer, mais doit faire escale à,Tripoli du Liban pour  remédier à des dégâts causés par une violente tempête. Le vice-consul de Tripoli, Monhenoult, délivre également une patente nette. Le 3 avril 1720 le navire se dirige vers Chypre après avoir embarqué quatorze passagers Le 5 avril un Turc meurt à bord et son cadavre est jeté à la mer. Les passagers descendent à Chypre et le navire repart le 18 avril 1720 en direction de Marseille. En cours de route meurent successivement cinq personnes, dont le chirurgien de bord.

L’alerte est grave et le capitaine Chataud décide de s’arrêter alors dans la rade du Brusc, à proximité de Toulon. Cette rade bien abritée par l’île des Embiez constitue un mouillage forain apprécié des navigateurs depuis l’Antiquité. Il s’agit en effet de l’ancienne Tauroentum.  Les raisons de cette escale sont assez mystérieuses, mais certains historiens estiment que Chataud a voulu prendre l’avis des propriétaires de la cargaison pour fixer la conduite à tenir.

Le Grand-Saint-Antoine fait alors demi-tour pour gagner Livourne, où il arrive le 17 mai. Les Italiens interdisent l’entrée du navire dans le port et le font mettre à l’ancre dans une crique gardée par des soldats. Cette précaution est d’autant plus judicieuse que le lendemain trois personnes décèdent à bord. Les cadavres sont examinés par des médecins qui concluent à une « fièvre maligne pestilentielle » ; ce terme ne doit pas prêter à confusion, car pour les médecins de l’époque il ne désigne pas la peste. Les autorités de Livourne mentionnent, au dos de la patente de Tripoli, qu’elles ont refusé l’entrée du navire dans le port à cause de la mortalité d’une partie de l’équipage en raison de cette fièvre.

Le navire retourne alors vers Marseille : il y a eu depuis le départ de Tripoli neuf décès à bord.

 La mise en quarantaine

À son arrivée, le capitaine Chataud se rend au bureau de santé faire sa déclaration à l’intendant semainier Tiran Il produit les patentes nettes et ne peut que l’informer des décès survenus durant la traversée. Le 27 mai, deux jours seulement après l’arrivée du navire, un matelot meurt à bord. Le bureau de santé, à l’unanimité décide d’envoyer le bateau à l’île de Jarre, puis se ravise et dans une seconde délibération, décide de faire transférer le cadavre aux infirmeries pour examen et d’envoyer le navire à l’île de Pomègues, dans l’archipel du Frioul. Le 29 mai ce même bureau décide, fait inhabituel, de faire débarquer aux infirmeries les marchandises de valeur tandis que les balles de coton doivent être transférées à l’île de Jarre.

Le 3 juin, le bureau revient sur sa position et prend une décision encore plus favorable aux propriétaires de la cargaison : toutes les marchandises seront débarquées aux infirmeries. Si aucune preuve écrite n’existe, il est probable que des interventions ont eu lieu pour faire adopter la réglementation la moins contraignante ; il est impossible de connaître les personnes qui sont réellement intervenues, mais l’intrication des intérêts des familles de négociants et des autorités qui dirigeaient la ville suffisent à comprendre les raisons de ces nombreuses négligences. La déclaration du capitaine Chataud est falsifiée par addition d’un renvoi indiquant que les membres d’équipage décédés en mer sont morts de mauvais aliments. Les intendants de santé ont probablement voulu sauver la cargaison destinée en partie à la foire de Beaucaire, qui devait avoir lieu le 22 juillet 1720.  Le 13 juin, veille du jour de sortie de quarantaine des passagers, le gardien de santé du vaisseau décède. Le chirurgien de service du port, Gueirard, examine le cadavre et conclut à une mort par vieillesse, sans observer des marques de peste.

Un mousse tombe malade et meurt le 25 juin. À partir de ce jour plusieurs portefaix qui ont manipulé les ballots de coton succombent à leur tour. Le bureau de santé s’inquiète très sérieusement et décide de transférer le vaisseau à l’île de Jarre, de faire brûler les hardes des personnes décédées et d’enterrer les cadavres dans de la chaux vive. Mais ces mesures arrivent trop tard, car des tissus sortis en fraude des infirmeries ont déjà transmis la peste dans la ville.

L’épidémie de peste

 Propagation de la peste

Les dix décès survenus à bord du navire ne présentaient pas apparemment les symptômes caractéristiques de la peste que sont les charbons et les bubons. Ces manifestations évidentes apparaîtront dans la ville lorsque commenceront à s’y répandre les tissus en provenance du Grand-Saint-Antoine infestés de puces porteuses du bacille de Yersin.

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Légende de la carte

Propagation de la peste.

A- Porte de la Joliette, B- Porte royale ou porte d’Aix, C- Porte Bernard-du-Bois, D- Porte des Chartreux ou des fainéants, E- Porte de Noailles, F- Porte d’Aubagne, G- Porte de Rome, H- Porte de Paradis, I- Porte Notre-Dame-de-la-Garde, J- Porte de Saint-Victor, K- Arsenal des galères, L- Estacade isolant les galères, M- Abbaye Saint-Victor, N- Fort Saint-Nicolas, O- Fort Saint-Jean.

1- Église Saint-Laurent, 2- Cathédrale de la Major, 3- Église des Accoules, 4- Église Saint-Martin, 5- Église Saint-Ferréol, 6- Église des Augustins, 7- La Vieille Charité, 8- Hôpital du Saint-Esprit (Hôtel-Dieu), 9- Couvent des Présentines, 10- Couvent des Récollets, 11- Couvent de la Visitation, 12- Rue Belle-Table, 13- Place du Palais, 14- Rue de l’Échelle, 15- Rue Jean-Galant, 16- Place des Prêcheurs, 17- Rue de l’Oratoire, 18- Rue des Grands-Carmes, 19- Rue des Fabres, 20- Cours Belsunce, 21- Hôtel de ville, 22- Place des Moulins, 23- Place de Lenche, 24- La Canebière, 25- Rue Saint-Ferréol, 26- Rue Paradis, 27- Place du Champ-Major (place Montyon), 28- Chantier de construction.

 

Les premiers cas

Le 20 juin 1720, rue Belle-Table, venelle étroite et sombre des vieux quartiers, une femme, Marie Dauplan, meurt en quelques heures. À ce moment les médecins doutent que ce décès soit vraiment dû à la peste. Il semble en effet qu’un premier foyer pesteux au sein de l’équipage ait été contenu jusqu’au déballage des balles de coton qui allaient répandre les puces porteuses de la maladie.

Le 28 juin, un tailleur, Michel Cresp, meurt subitement. Le 1er juillet, deux femmes, Eygazière et Tanouse, demeurant rue de l’Échelle, autre quartier déshérité de la ville, meurent l’une d’un charbon (escarre surinfecté à l’endroit de la piqûre de puce, à ne pas confondre avec la maladie du charbon) sur le nez, l’autre avec des bubons, signes évidents de la peste.

À partir du 9 juillet il est évident que la peste est présente ; ce jour-là Charles Peyssonnel et son fils Jean-André Peyssonnel, tous deux médecins, appelés au chevet d’un enfant d’une douzaine d’années rue Jean-Galland, diagnostiquent la peste et avertissent les échevins. Les morts sont enterrés dans de la chaux vive et leurs maisons sont murées Les échevins espèrent toujours qu’il s’agit d’une contagion limitée. La cargaison du navire est transférée des infirmeries à l’île de Jarre. À partir du 21 juillet le nombre de décès ne fait que croître ; le père Giraud peut écrire que « Dieu déclare la guerre à son peuple ».

 

Pic de l’épidémie

Les mesures prises, telles que la combustion de soufre dans les maisons, sont peu efficaces. L’épidémie de peste progresse dans la vieille ville. Les gens aisés quittent Marseille pour se réfugier dans leurs bastides situées dans les environs. Le corps des galères, à la demande du médecin des galères qui affirme qu’il s’agit bien de la peste, se retranche dans l’arsenal qui s’isole de la mer par une estacade faite de poutres flottantes. Les personnes modestes créent un immense campement sur la plaine Saint-Michel (actuellement place Jean-Jaurès). Le 31 juillet 1720 le parlement d’Aix fait interdiction aux Marseillais de sortir de leur terroir et aux habitants de la Provence de communiquer avec eux.

À partir du 9 août, il meurt plus de cent personnes par jour. Les infirmeries ne peuvent plus recevoir les malades ; les cadavres sont jetés dans les rues. À la mi-août des médecins, François Chicoyneau et Verny, de l’université de Montpellier, viennent à Marseille sur ordre du Régent, conseillé par son premier médecin Pierre Chirac. Émules de l’école de médecine de Salerne, leur diagnostic, s’opposant aux médecins marseillais à la formation scolastique, est évident : c’est la peste.

Fin août tous les quartiers de Marseille sont touchés, y compris le quartier de Rive-Neuve séparé de la ville par le port et le vaste arsenal des galères. Malgré les mesures prises par le chevalier Roze qui est alors capitaine de ce quartier, il a été impossible de couper toute communication avec la vieille ville contaminée d’où l’extension de la contagion. Il meurt alors trois cents personnes par jour. Des familles entières disparaissent, aucune rue de la vieille ville n’est épargnée. Les églises ferment leurs portes les unes après les autres : il meurt alors mille personnes par jour.

De nombreuses réglementations sont mises en place par les diverses autorités locales et les parlements. Afin d’harmoniser la réglementation, le Conseil d’État prend le 14 septembre 1720 un arrêt qui annule toutes les mesures prises, prononce le blocus de Marseille et règle la police maritime. Mais il est déjà trop tard : le bacille s’est répandu dans l’intérieur des terres et il faudra encore deux années de lutte pour éradiquer la peste du Languedoc et de la Provence car c’est le 22 septembre 1722 que la dernière quarantaine est ordonnée à Avignon. Un cordon sanitaire est mis en place pour protéger le reste de la France, avec le mur de la peste dans les monts de Vaucluse prolongé jusqu’à la Durance le long du Jabron puis jusqu’aux Alpes.

Extension aux régions voisines

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Mur de la peste dans le Vaucluse, édifié en 1720 pour isoler les régions atteintes.

Marseille n’est pas la seule cité provençale attaquée par l’épidémie qui touche également Arles, Aix-en-Provence et Toulon. Les petites communes situées dans le voisinage de ces grandes villes sont également atteintes par la peste : Allauch, Cassis, Aubagne, etc. Seule la commune de La Ciotat, protégée par ses murailles, est épargnée par la peste.

Le Languedoc et le Comtat sont également touchés avec les villes d’Alès et d’Avignon. La ville de Beaucaire est épargnée, probablement grâce à la sage précaution de supprimer la foire traditionnelle.

Le Gévaudan est aussi contaminé avec les villes de Marvejols et de Mende. L’épidémie du Gévaudan ne fait « que » 5 500 victimes, ce qui représente 41 % de la population des régions touchées. La Canourgue perd 64 % de sa population et Marvejols 53%.

Au total, l’épidémie fait entre 90 000 et 120 000 victimes environ (Marseille y compris) sur une population de 400 000 personnes. Les derniers foyers s’éteignent à la fin de 1722 dans les communes d’Avignon et d’Orange.

 

L’apaisement

À partir du mois d’octobre 1720 la peste se met à reculer dans Marseille et les personnes atteintes guérissent plus facilement ; la mortalité journalière tombe à une vingtaine de personnes. Cette baisse se poursuit au début de l’année 1721 avec une mortalité journalière de une ou deux personnes. Les boutiques rouvrent, le travail reprend sur le port et la pêche est de nouveau pratiquée. Parmi les différents signes qui marquent ce renouveau de l’activité en 1721, peut être retenue par exemple la reprise le 19 février des délibérations de la Chambre de commerce qui les a interrompues depuis le 19 juillet 1720. Le 20 juin 1721 Mgr de Belsunce organise une grande procession à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur malgré les réticences de Langeron qui craint un retour de la peste.

 

Description contemporaine

Mme Leprince de Beaumont, dans les Mémoires de madame la baronne de Batteville, décrit les conditions dramatiques dans lesquelles la population de Marseille dut vivre : « Les rues, les devants des portes étaient couverts de malades qui confondus avec les mourants, étaient abandonnés de tout le monde, les hôpitaux ne pouvant plus les contenir. On y rencontrait peu de monde, personne n’osant paraître dans les rues sans un besoin absolu. (…) Heureusement l’évêque de Marseille, accompagné de quelques ecclésiastiques, portait des secours spirituels et corporels à tous les malades sans distinction de rang. »

 

La rechute de 1722

De nouveaux cas de peste se produisent en avril 1722. C’est la panique À la demande de Mgr de Belsunce, les échevins font le 28 mai 1722 à la suite de cette rechute le vœu solennel d’aller entendre à chaque date anniversaire la messe au monastère de la Visitation et d’offrir « un cierge ou flambeau de cire blanche, du poids de quatre livres, orné de l’écusson de la ville pour le brûler ce jour-là devant le Saint-Sacrement». Ce vœu du 28 mai 1722 ne cesse d’être accompli jusqu’à la Révolution. À partir de 1877, la Chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence reprend le vœu sans qu’il n’y ait plus eu d’interruption jusqu’à nos jours, se chargeant de l’organisation d’une cérémonie religieuse marquée par l’offrande d’un cierge tel que celui décrit en 1722. La cérémonie a lieu dans l’église du Sacré-Cœur du Prado.

Dès le début du mois d’août 1722, l’épidémie est enrayée, il n’y a plus ni malades ni décès causés par la peste.

 

Causes de la propagation et type de peste

L’ignorance au xviiie siècle des causes et modes de propagation de la peste est responsable du peu d’efficacité de la médecine de l’époque et des mesures de précautions prises : le bacille responsable de la peste n’a été découvert par Alexandre Yersin qu’en 1894. D’après les descriptions de l’époque, il est possible d’affirmer que la peste de Marseille fut bubonique ou plus exactement bubo-septicémique. En revanche la forme pulmonaire, transmissible par la seule respiration du malade, doit être écartée. Si ce type de peste avait sévi, certains historiens pensent que la maladie aurait pu toucher l’ensemble du pays, et toute l’Europe, avec un nombre de morts considérable. Cette affirmation n’est absolument pas fondée pour d’autres auteurs.

Les rats et les puces d’un animal sont généralement les vecteurs de la maladie. Or, les descriptions de l’époque faites par des contemporains tels que le docteur Bertrand ou Pichatty de Croissainte25 ne font aucune mention de mortalité de rats. Le vecteur de transmission est cependant bien la puce, mais qui se transmet d’homme à homme ou par l’intermédiaire de leurs vêtements et des étoffes. Certains pensent que le rat a joué un certain rôle dans la transmission de la maladie. À l’époque, seul le rat noir est présent en France ; toutefois, le comportement de ce rongeur est différent de celui du rat gris qui est actuellement très répandu. Le rat noir malade irait mourir dans des lieux écartés, tandis que le rat gris va mourir dans les rues. D’un point de vue strictement entomologique, la puce impliquée (Xenopsylla cheopis) ne peut généralement pas résister à des températures inférieures à 22 °C. Après la disparition des vecteurs principaux (rats puis humains les plus exposés), les conditions météorologiques et températures locales à Marseille ont pu être l’un des facteurs aggravants puis réducteurs de la propagation de la peste via les puces depuis fin mai 1720 jusqu’au mois d’octobre de la même année. D’un point de vue météorologique, la moyenne historique des températures diurnes relevées à Marseille s’élève à 25 °C pour le mois de juin et 23 °C en septembre alors qu’en octobre, cette valeur tombe à une moyenne de 18 °C seulement. En revanche, lors des pics de chaleur de juillet à août, ces valeurs moyennes s’élèvent à 26 °C à Marseille, ce qui favorise la reproduction et l’expansion des puces Xenopsylla cheopis.

 

Moyens de lutte

Les médecins (même les médecins de peste) sont impuissants devant cette épidémie dont ils ne connaissent que les symptômes apparents. Les mesures préventives sont largement traditionnelles, voire superstitieuses, telles que l’utilisation de phylactères. Certains médecins comme Chicoyeau, gendre de Pierre Chirac, premier médecin du Régent, estiment que la maladie n’est pas contagieuse. Il touche les malades, dissèque les cadavres sans aucune précaution : il a cependant la chance extraordinaire de ne pas avoir contracté la maladie.

La maladie étant inconnue, il en résulte une thérapeutique traditionnelle pour l’époque : transpiration, vomissement, purgation et bien sûr et surtout l’inévitable saignée qui n’a d’autre résultat que d’abréger les souffrances du malade. Quant aux pratiques chirurgicales, elles consistent à inciser les bubons lorsqu’ils arrivent à maturité.

Cependant tout n’est pas inutile. L’accoutrement des médecins avec leur tablier de cuir ou de toile cirée diminue les risques de piqûre des puces. Les parfums utilisés pour désinfecter les habitations à base de soufre et d’arsenic peuvent avoir un impact sur la destruction des puces. En revanche le fameux vinaigre des quatre voleurs n’a aucun effet. L’origine de cette potion est la suivante : quatre voleurs sont arrêtés alors qu’ils détroussaient les pestiférés au cours de l’épidémie de Toulouse en 1628-1631. Afin d’avoir la vie sauve, ils révèlent le secret de la composition d’un remède qui leur permettait de se préserver de la contagion. La préparation se faisait à partir d’absinthe, sauge, menthe, romarin, rue, lavande, cannelle, girofle et ail. Malgré la révélation de ce secret les voleurs auraient été pendus. Ce vinaigre antiseptique connut des heures de gloire et ne disparut du Codex qu’en 1884.

 

Organisation des secours

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Tableau de Magaud : Le chevalier Roze et les échevins.

Dans le désarroi général, peu de responsables demeurent à leur poste. Sous l’autorité du viguier, Louis-Alphonse Fortia, marquis de Pilles, les échevins de l’année, Jean-Pierre de Moustiès et Balthazar Dieudé, et ceux de l’année précédente, Jean-Baptiste Estelle et Jean-Baptiste Audimar, se dépensent sans compter et font preuve d’un grand courage. Peu de leurs collaborateurs demeurent en fonction à l’exception de Capus, archivaire secrétaire général de l’hôtel de ville, et Pichatty de Croissainte, procureur du roi. Restent également à leur poste, Jean-Pierre Rigord, subdélégué de l’intendant de Provence, et Jean-Jacques de Gérin, lieutenant de l’amirauté.

Un chef d’escadre, Charles-Claude Andrault de Langeron, arrive à Marseille le 4 septembre 1720 revêtu de pouvoirs extraordinaires : il a sous ses ordres tous les fonctionnaires, y compris le viguier et les échevins. D’autres civils apportent leur aide : le peintre Michel Serre ou le docteur Bertrand, qui laissent chacun un témoignage très intéressant sur ce qu’ils ont vu sous la forme de tableaux représentant des scènes de cette épidémie pour l’un et d’un mémoire intitulé Relation historique de la peste de Marseille en 1720 pour l’autre.

Cardin Lebret collectionne les titres et les fonctions puisqu’il est à la fois intendant de Provence et président du parlement de Provence. Élevé à l’école des grands fonctionnaires qui s’étaient directement inspirés des méthodes de Colbert et de Louvois, il aime avant tout l’ordre ; il est le représentant du roi en Provence et par son activité et sa compétence encourage et stimule les échevins. Mais il ne combat la peste que de loin et réside suivant l’évolution des zones contaminées à Aix-en-Provence, puis Saint-Rémy-de-Provence et Barbentane. C’est dans cette dernière ville qu’il accueille le 21 mars 1721 un groupe de vingt-et-un apprentis chirurgiens et médecins venus de Paris apporter leur aide. Parmi ces volontaires figure Jacques Daviel, qui deviendra maître chirurgien et oculiste du roi. De même, le parlement de Provence suit de loin l’évolution de l’épidémie et devant la propagation se retire à Saint-Rémy de Provence puis à Saint-Michel de Frigolet.

Sous la direction des échevins l’administration municipale assure une triple tâche : le ravitaillement des populations, le maintien de l’ordre et surtout l’enlèvement des cadavres. Les achats de blé sont effectués auprès des particuliers, des consuls de la province et de l’intendant du Languedoc. Le viguier et les échevins sont investis avec l’accord de l’intendant Lebret de pouvoirs extraordinaires et les délits sont réprimés avec sévérité. L’enlèvement des cadavres est la tâche la plus angoissante à cause du manque de main d’œuvre et des risques de contagion.

Un tableau de Dominique Antoine Magaud intitulé « Le Courage civil : la peste de 1720 à Marseille » peint en 1864 et actuellement exposé au musée des Beaux-Arts de Marseille, montre une réunion de travail des principales personnes chargées de l’administration de la ville. Les personnages représentés sont : debout, le chevalier Roze montrant de son bras gauche Mgr de Belsunce en arrière-plan ; autour de la table se trouvent les échevins Estelle, Dieudé, Audimar qui tourne le dos, et Moustier ; à la droite du chevalier Roze est représenté le commandant de Langeron s’appuyant sur son coude et semblant plongé dans une profonde méditation. En arrière-plan et à gauche se distinguent le peintre Michel Serre, le père Milley et un capucin

 

Évacuation des cadavres

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Avis au public de 1720 concernant l’enlèvement des cadavres morts de la peste.

Dès le début du mois d’août 1720 les caveaux des églises ou les cimetières ne sont plus autorisés à recevoir les corps des pestiférés qui doivent être emmenés aux infirmeries par les « corbeaux » (croque-morts). À partir du 8 août l’ouverture de fosses communes s’impose. Une compagnie de grenadiers enlève de force des paysans dans les campagnes pour creuser à l’extérieur des remparts une quinzaine de fosses.

Le 9 août, les civières ne suffisent plus et apparaissent les premiers tombereaux pour l’enlèvement des cadavres. À la mi-août, les infirmeries ne peuvent plus recevoir les malades ou les morts, les cadavres sont laissés dans les rues. Les chariots viennent à manquer ; les échevins font prendre d’autorité des attelages dans les campagnes. Les tombereaux ne pouvant circuler dans les rues étroites du quartier Saint-Jean de la vieille ville, des civières sont confectionnées pour apporter les cadavres jusqu’aux chariots. Pour conduire les chariots et enlever les cadavres, il est alors fait appel aux forçats de l’arsenal des galères, choisis parmi les plus médiocres rameurs. Mais cette main d’œuvre pour le moins indisciplinée nécessite une surveillance étroite. L’échevin Moustier en personne, précédé et suivi de quatre soldats baïonnette au canon, conduira lui-même chaque jour un détachement de forçats.

Si les échevins arrivent à nettoyer la ville d’une grande partie des cadavres, le quartier de la Tourette n’est pas dégagé. Ce quartier habité par des familles de marins et situé à proximité de l’église Saint-Laurent a été totalement ravagé par la peste. Seul le chevalier Roze qui s’est distingué dans le nettoiement du quartier de Rive-Neuve, accepte la mission de débarrasser de ses cadavres le quartier de la Tourette. À la tête d’un détachement de cent forçats, il fait jeter dans deux vieux bastions un millier de cadavres qui sont recouverts de chaux vive. C’est l’épisode le plus célèbre de cette lutte contre la peste. Parmi les forçats cinq seulement survécurent

 

Paléopathologie

 Charnier de l’Observance

Tout au long du xixe siècle plusieurs anciennes fosses communes ont été découvertes au cours de divers travaux d’aménagement. Ces charniers n’ont jamais été jugés dignes d’intérêt archéologique et les restes humains ont été réinhumés ou mis en décharge. C’est pour lutter contre cette destruction régulière d’archive qu’a été entreprise en 1994 une fouille d’une fosse commune découverte à l’angle des rues Jean-François-Leca et de l’Observance.

Cette fosse se trouvait dans les anciens jardins du couvent de l’Observance situé en contrebas de la Vieille Charité. Ce couvent appartenait aux frères mineurs de l’étroite observance, appelés ainsi parce qu’ils observaient à la lettre la règle de saint François. Il fut utilisé comme hôpital lors de l’épidémie de peste et fut ensuite vendu comme bien national à la Révolution.

Près de deux cents squelettes ont été exhumés entre août et septembre 1994 et ont fait l’objet d’études anthropologique et biologique Les archéologues ont constaté que la fosse a été inégalement remplie. Trois zones apparaissent : à l’est une zone à forte densité avec empilement des corps, au centre une zone à faible densité avec individualisation des inhumations et enfin à l’ouest une zone à densité presque nulle. Cette variation traduit les phases successives de l’épidémie qui va en décroissance rapide. Ce nombre relativement faible des inhumations pousse les archéologues à estimer qu’il s’agit d’une fosse qui aurait fonctionné au cours de la deuxième période de l’épidémie, soit de mai à juillet 1722.

Le décès par peste des individus inhumés dans ce charnier ne fait aucun doute puisque l’ADN du bacille de la peste a été mis en évidence. Les corps étaient systématiquement recouverts de chaux vive. À l’exception d’un corps possédant une boucle de ceinture, il n’y a aucun élément de parure. Des fragments de draps démontrent que les cadavres ont été enterrés nus dans des linceuls. Une épingle en bronze plantée dans la première phalange du gros orteil a souvent été trouvée : il s’agit d’une pratique habituelle à cette époque pour vérifier la mort effective de l’individu. Cette approche multidisciplinaire révéla des faits et des renseignements inconnus auparavant concernant l’épidémie de 1722 tels que la mise en évidence d’un geste anatomique d’ouverture de la boîte crânienne d’un adolescent de quinze ans environ. La restauration de ce crâne en laboratoire a permis de reconstituer la technique d’anatomie utilisée pour cette autopsie, qui semble être identique à celle décrite dans un livre de médecine datant de 1708.

 Étude de 2016 de l’Institut Max Planck

Selon Sciences et Avenir, une nouvelle étude de l’Institut Max Planck en 2016 révèle que cette épidémie de peste « marseillaise » ne venait pas du Moyen-Orient comme on le pensait, mais était une résurgence de la grande peste noire ayant dévasté l’Europe au xive siècle. Le bacille Yersinia pestis apporté par le navire Grand-Saint-Antoine, à l’origine de l’épidémie de peste qui a ravagé la Provence entre 1720 et 1722, est donc resté latent quatre siècles. Cette étude suggère ainsi l’existence probable d’un foyer permanent de peste des rongeurs en Europe centrale et de l’est (foyer aujourd’hui disparu) en lien avec ceux du Caucase.

Il existe en effet deux grandes théories sur le déroulement de la deuxième pandémie de peste en Europe (du xive au xviiie siècle) : l’une qui l’explique par des apports répétés d’Asie centrale, l’autre par la persistance de foyers européens ou caucasiens.

 

Les responsables de l’épidémie et les intervenants

Durant cette épidémie plusieurs personnes interviennent pour apporter une aide matérielle ou morale à la population particulièrement éprouvée. Les diverses responsabilités relatives à la propagation de la peste sont difficiles à établir avec précision et impartialité.

 Personnalités civiles

Le Grand-Saint-Antoine aurait dû effectuer sa quarantaine à l’île de Jarre conformément à une instruction de 1716 et n’aurait jamais dû débarquer directement ses marchandises aux infirmeries car le navire a connu plusieurs décès à bord durant son retour vers Marseille. Pourquoi la réglementation n’a-t-elle pas été respectée et quelles sont les diverses responsabilités ?

À l’époque, la première personne mise en cause est le capitaine Chataud. Il sait très probablement que la peste est à bord de son navire mais il fait une déclaration conforme à la réglementation, sans cacher les décès survenus durant la traversée. Il est cependant écroué le 8 septembre 1720 au château d’If et ne sera libéré que le 1er septembre 1723, bien que sa non-culpabilité ait été admise depuis longtemps.

Le deuxième personnage qui fait l’objet de nombreuses controverses est le premier échevin de la ville de Marseille, Jean-Baptiste Estelle, qui est propriétaire d’une partie de la précieuse cargaison. Cette marchandise dont la valeur est estimée entre 300 et 400 000 livres appartient pour les deux tiers à un grand nombre de petits propriétaires, le reste, soit le tiers de la valeur, se répartissant à parts égales entre quatre propriétaires dont Estelle. Le premier échevin est donc propriétaire d’une marchandise d’une valeur d’environ 25 000 livres, somme certes élevée mais non considérable pour un négociant de cette importance. Estelle est tout d’abord soupçonné de trafic d’influence auprès des intendants de la santé aussi bien pour son propre compte que pour les autres négociants. Grâce au soutien de l’intendant Lebret, il sera reconnu innocent par le roi en 1722 qui lui octroie des lettres de noblesse et lui accorde une rente annuelle de 6 000 livres. Estelle ne bénéficie pas longtemps d’une telle faveur car il décède peu après le 16 janvier 1723 à l’âge de 61 ans. La responsabilité éventuelle de certaines personnes dans l’origine de l’épidémie ne doit pas faire oublier le grand dévouement des échevins et celui de leurs collaborateurs.

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Le vœu des échevins : Vitrail de la basilique du Sacré-Cœur.

Les intendants sanitaires ont probablement une lourde responsabilité. En effet ils sont juges et parties : non indépendants par rapport aux négociants et au pouvoir municipal, ils se sont probablement laissés fléchir pour adopter des règles moins rigoureuses pour la mise en quarantaine des marchandises du Grand-Saint-Antoine. Par ailleurs le laxisme généralisé peut s’expliquer par la non-propagation de maladies contagieuses pendant une soixantaine d’années. Le manque de discipline au sein des infirmeries a entraîné une sortie en fraude de tissus contaminés provenant notamment de diverses pacotilles appartenant à l’équipage. Ce sont très probablement ces tissus sortis en fraude des infirmeries qui ont propagé la peste.

Parmi les personnalités civiles, la figure qui se détache le plus est celle du chevalier Roze qui, nommé capitaine du quartier de Rive-Neuve, organise le ravitaillement et engage tous ses biens pour trouver du blé. L’épisode du nettoiement du quartier de la Tourette est le plus célèbre. La modestie du chevalier Roze l’empêchera de faire valoir ses mérites.

Enfin parmi les personnalités civiles il ne faut pas oublier les médecins qui, malgré une science balbutiante à l’époque, se sont sacrifiés. Le nom du docteur Peyssonnel doit être rappelé mais il faut aussi se souvenir que vingt-cinq chirurgiens sur trente moururent. De même une centaine d’adolescents servirent comme infirmiers et succombèrent en grand nombre.

 

Ecclésiastiques

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Mgr de Belsunce consacrant la ville de Marseille au Sacré-Cœur de Jésus. : Vitrail de la basilique du Sacré-Cœur à Marseille.

 

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La personnalité religieuse la plus connue est l’évêque de Marseille, Mgr de Belsunce, qui se signala notamment par son zèle et son dévouement à secourir les malades. Face à cette épidémie sans précédent, il décide de rendre visite aux malades en leur administrant les derniers sacrements. On le vit aussi distribuer d’abondantes aumônes afin de soulager ses ouailles. Sur les conseils d’Anne-Madeleine Rémusat, il décide le 1er novembre 1720 de consacrer la ville au Sacré-Cœur de Jésus au cours d’une cérémonie expiatoire sur le cours qui porte aujourd’hui son nom. L’évêque célèbre la messe tête nue, pieds nus et un flambeau à la main.

Le 31 décembre 1720, il organise une procession générale sur les fosses communes situées pour la plupart à l’extérieur des remparts ; la bénédiction est donnée à chacune de ces fosses. Afin d’apporter une aide matérielle aux malades, il aliène une grande partie de son patrimoine

Sur plus de deux cent cinquante religieux, un cinquième d’entre eux, comme le père jésuite Millet succombent à l’épidémie en soignant et portant secours aux pestiférés. Ces attitudes courageuses ne sont pas généralisées. Ainsi les moines de l’abbaye Saint-Victor se renferment derrière les murailles de leur monastère et se contentent d’envoyer quelques aumônes. De même les chanoines de l’église Saint-Martin, qui sera démolie au xixe siècle pour la réalisation de la rue Colbert, se réfugièrent à la campagne.

 

Bilan et conséquences économiques

La ville de Marseille comptait avant la peste, au début de 1720, environ 90 000 habitants. Le nombre de décès provoqués par cette épidémie varie suivant les estimations. Il se situerait entre 30 000 et 35 000 morts pour certains, tandis que d’autres retiennent le chiffre de 40 000 pour la ville et 50 000 pour la ville et son terroir réunis.

Cette perte de population est rapidement compensée en trois ou quatre ans seulement. Un tel phénomène s’explique par la chute de la mortalité et une poussée importante de la natalité liée à une multiplication de mariages mais aussi et surtout par une immigration en provenance des régions proches (actuel département des Alpes-de-Haute-Provence) ou lointaines. L’immigration a réparé la plus grande partie des pertes.

Pour l’économie le coup d’arrêt est brutal car le port est fermé trente mois et les fabriques arrêtées. Mais les conséquences dues uniquement à la peste sont difficilement identifiables car elles s’enchevêtrent avec celles provoquées par l’effondrement du système de Law. Il est cependant évident que la paralysie du port a eu des répercussions multiples sur l’économie. À cela s’ajoute une méfiance des ports envers celui de Marseille qui ne prend fin qu’en 1724, bien après la fin de l’épidémie en 1722.

 

La peste et ses représentations

Le souvenir de la peste de 1720, évènement tragique d’une ampleur exceptionnelle, semble toujours présent dans la mémoire collective des Marseillais. Ainsi, jusque dans les années 1940, pour dire merde, les Marseillais prononçaient parfois le nom de Moustier. Cela peut expliquer le grand nombre de réalisations de peintures, gravures ou sculptures et de publications d’ouvrages historiques ou romans concernant cette épidémie.

 

Peintures et gravures

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Vue du Cours : huile sur toile de Michel Serre.

Une dizaine d’œuvres semblent avoir été réalisées pendant ou peu de temps après l’épidémie : trois toiles de Michel Serre, quatre gravures de Jacques Rigaud, un ex-voto de François Arnaud, une toile de Jean-François de Troy et une esquisse attribuée à Dandré-Bardon. Les toiles de Michel Serre, commissaire courageux du quartier Saint-Ferréol, sont d’autant plus intéressantes qu’il a été un témoin direct de l’évènement. Ces œuvres contemporaines peuvent être classées en deux groupes.

Le premier représente les scènes des rues. Il s’agit de deux toiles imposantes de Michel Serre : « Vue de l’hôtel de ville » (h. 3,05 × L. 2,77) et « Vue du Cours » (actuellement cours Belsunce) (h. 3,17 × L. 4,40), et de quatre gravures de Rigaud. Les deux toiles de Michel Serre sont achetées par M. de Cannis qui les fait exposer en Angleterre et en Hollande. Elles font partie de la collection attribuée par Mgr de Belsunce au collège des Jésuites qui porte son nom. Elles y demeurent jusqu’à la suppression de l’ordre en 1762. Elles sont ensuite acquises par délibération de la ville en date du 24 octobre 1763 pour être placée à l’hôtel de ville d’où elles seront transférées en 1804 dans le nouveau musée installé dans l’ancien couvent des Bernardines, actuel lycée Thiers. Elles se trouvent aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Marseille. La toile « Vue de l’Hôtel de ville » est remarquablement rendue depuis les scènes d’enlèvement des cadavres jusqu’au pavillon de l’hôtel de ville et de l’immeuble qui le jouxte avec ses fenêtres à meneaux. Cette toile est parvenue mutilée de sa partie gauche, au couchant de l’hôtel de ville.

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Le Chevalier Roze à la Tourette : Ensevelissement des cadavres par les forçats . Gravure de Thomassin (1727).

Le deuxième groupe représente l’inhumation des cadavres pestiférés de l’esplanade de la Tourette par le chevalier Roze ; il s’agit de la troisième toile de Michel Serre, « Scène de la peste de 1720 à la Tourette » (h. 1,25 × L. 2,10) exposée au musée Atger de Montpellier, du tableau de Jean-François de Troy, « Le chevalier Roze à la Tourette » (h. 2,28 × L. 3,75) peint en 1725 et actuellement au musée des Beaux-Arts de Marseille. Ce dernier tableau a servi de modèle à Thomassin pour réaliser une gravure en 1727 qui se trouve au musée de la Marine à Marseille. L’esquisse attribuée à Dandré-Bardon qui se trouve au musée des beaux-arts de Rouen concerne également le chevalier Roze. La toile « Scène de la peste de 1720 à la Tourette » de Michel Serre aurait appartenu au chevalier Roze en personne ; c’est celle où les pestiférés sont les plus présents avec les forçats dont l’aspect dramatique est renforcé par un bandeau imbibé de vinaigre qui est censé les protéger de la contagion. La présence du chevalier Roze, des échevins et des piquets de troupe à l’angle des rues est rendue nécessaire par la conduite redoutée des forçats. Cette toile donne par ailleurs en arrière-plan la meilleure représentation du portail baroque de l’ancienne cathédrale de la Major, détruit en 1851 pour faire place à la nouvelle cathédrale.

D’autres artistes ont, postérieurement à l’évènement, réalisé différents tableaux le représentant : on peut citer Paulin Guérin avec « Le Chevalier Roze faisant inhumer les pestiférés », toile peinte en 1826 et exposée au musée des Beaux-Arts à Marseille, J.B. Duffaud avec « Le Chevalier Roze à la montée des Accoules », toile peinte en 1911 et exposée au musée du Vieux Marseille et D.A. Magaud avec « Le Courage civil : la peste de 1720 à Marseille » exposée au musée des Beaux-Arts de Marseille.

Ces toiles participent à la glorification de héros, civil pour le chevalier Roze, religieux pour Mgr de Belsunce, en mettant en relief le courage et le dévouement de ces personnages. Le chevalier Roze personnifie l’exemplarité de l’intervention de l’État, élément nouveau et décisif en 1720.

 

Sculptures et vitraux

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Colonne de la peste à Marseille avec le génie de l’immortalité.

La statue la plus célèbre est celle de Mgr de Belsunce, réalisée par Joseph Marius Ramus et érigée en 1853 sur le cours qui porte aujourd’hui son nom ; elle se trouve actuellement sur le parvis de la cathédrale de la Major. Pendant la Seconde Guerre mondiale cette statue a été cachée par des résistants dans un entrepôt du boulevard de Louvain afin qu’elle ne soit pas prise par l’armée d’occupation pour la récupération du bronze après refonte.

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D’autres monuments et sculptures commémorent cet évènement : les statues de Mgr de Belsunce, du chevalier Roze et de l’intendant de Provence Lebret se trouvent sur les façades de la préfecture ; le buste de J. Daviel à l’Hôtel-Dieu de Marseille et celui du chevalier Roze. Les portraits du docteur Peyssonnel et du chirurgien Daviel figurent sur les murs de la station de métro La Timone.

Deux vitraux de la basilique du Sacré-Cœur de Marseille représentent l’un la consécration de la ville de Marseille au Sacré-Cœur de Jésus par Mgr de Belsunce sur les conseils de la visitandine Anne-Madeleine Rémusat et l’autre le vœu prononcé par les échevins le 28 mai 1722 à la suite de cette consécration.

Afin d’honorer l’héroïsme des Marseillais pendant la peste de 1720, un monument est érigé sous le Premier Empire place Estrangin-Pastré et inauguré le 16 septembre 1802 par le préfet Delacroix. Ce monument est constitué d’une sculpture de Chardigny représentant le génie de l’immortalité placé au sommet d’une colonne extraite des cryptes de l’abbaye Saint-Victor. Ce monument est transporté en 1839 place Félix-Baret (ancienne place Saint-Ferréol), puis en 1865 au jardin de la bibliothèque où il est toujours visible. L’original de la statue de Chardigny est au musée des Beaux-Arts de Marseille et ce n’est qu’une copie qui couronne aujourd’hui l’édifice. Sur le socle sont scellées quatre plaques de marbre avec les inscriptions suivantes :

Inscriptions du monument
Face antérieure Face droite Face gauche Face postérieure
À l’éternelle mémoire
des hommes courageux dont les noms suivent
Langeron, commandant de Marseille
de Pilles, gouverneur viguier
de Belsunce, évêque
Estelle, premier échevin
Moustier, Audemar, Dieudé, échevins
Roze, commissaire général
pour le quartier de Rive-Neuve
Milley, jésuite, commissaire pour la rue
de l’escale, principal foyer de la contagion
Serre, peintre célèbre, élève de Puget
Roze l’ainé et Rolland, intendant de la santé
Chicoineau, Verny, Peyssonel, Montagnier
Bertrand Michel et Deydier, médecins
ils se dévouèrent pour le salut des Marseillais
dans l’horrible peste de 1720
Hommage à plus de cent cinquante religieux
à un grand nombre de médecins
de chirurgiens
qui moururent victimes de leur zèle
à secourir et à consoler les mourants
leur nom ont péri
puisse leur exemple n’être pas perdu !
puissent-ils trouver des imitateurs
si ces jours de calamité venaient à renaître !
Hommage à Clément XII
qui nourrit Marseille affligé
Hommage au rais de Tunis
qui respecta le don
qu’un pape faisait au malheur
Ainsi la morale universelle
rallie à la bienfaisance
les hommes vertueux que divisent
les opinions religieuses
Ce monument a été élevé
L’an X de la République Française
une et indivisible
1802 de l’ère vulgaire
le général Bonaparte étant premier consul
les citoyens Cambacérés et Lebrun étant
deuxième et troisième consuls
le citoyen Chaptal, ministre de l’Intérieur
par les soins du citoyen Charles Delacroix
préfet du département des Bouches-du-Rhône
organe de la reconnaissance
des Marseillais

Sur la face gauche du socle il est fait allusion à la capture par des pirates tunisiens d’un navire chargé de blé envoyé par le pape Clément XII pour venir en aide aux Marseillais ; ayant apprètés la destination du chargement, les corsaires tunisiens laissèrent le vaisseau poursuivre sa route

 

La peste et la littérature

Cet événement est repris par de nombreux écrivains.

Dans les Mémoires d’outre-tombe, François-René de Chateaubriand parle de la peste et de celle de Marseille en particulier : « Dans un quartier dont tous les habitants avaient péri, on les avait murés à domicile, comme pour empêcher la mort de sortir. De ces avenues de grands tombeaux de famille, on passait à des carrefours dont les pavés étaient couverts de malades et de mourants étendus sur des matelas et abandonnés sans secours. (…) Sur l’esplanade de la Tourette, au bord de la mer, on avait, pendant trois semaines, porté des corps, lesquels, exposés au soleil et fondus par ses rayons, ne présentaient plus qu’un lac empesté. Sur cette surface de chairs liquéfiées, les vers seuls imprimaient quelque mouvement à des formes pressées, indéfinies, qui pouvaient avoir été des effigies humaines»

Dans les années cinquante, Marcel Pagnol écrit un texte sur l’épidémie qui deviendra, sous le titre Les Pestiférés, le chapitre neuf de son livre posthume Le Temps des amours (1977).

Dans Autant en apporte la mer (1993), Jean-Jacques Antier se base sur d’amples recherches parmi les documents historiques pour décrire le déroulement de la peste de 1720 à Marseille.

Dans Ce mal étrange et pénétrant (Editions Anfortas 2018) Bertrand Boileau publie pour la première fois des extraits du journal de Pierre-Honoré Roux commissaire général à Marseille pendant la peste de 1720.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Peste_de_Marseille_(1720)

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L’Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence

Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence :

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Tout ce que vous voulez savoir et voir

Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence

 

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La façade de l’église du Saint-Esprit

 

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Statue de saint Roch dans sa niche (au dessus de la façade)

 

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Chapiteau sur un mur extérieur de l’église. 

 

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Les portes de l’église du Saint-Esprit 

 

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Intérieur de l’église après sa construction

 

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L’intérieur de l’église aujourd’hui

 

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Le maître-autel de l’église

 

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Grilles devant le maître-autel

 

Les tableaux

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Le retable du Parlement (1520-1525)

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L’Assomption de la Vierge Marie (Panneau central du Retable du Parlement)

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Retable du Parlement : L’Annonciation au revers des panneaux

 

 

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La Présentation de la Vierge au Temple. François Marot (Paris, 1667-1719)

 

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Mort de Saint Joseph. 1783. Antoine-Gabriel Goyrand (1754-1826)

 

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Le Christ en Croix. 1731. Michel-François Dandré-Bardon (Aix, 1700 – Paris, 1783)

 

 

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Tableaux de Jean-Baptiste Daniel 

Jésus et les Docteurs. 1712

Le Repas chez Simon le pharisien. XVIIIè siècle

 

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L’Adoration des Coeurs de Jésus et de Marie par les Anges. XVIIIè siècle. Philippe Sauvan (Arles, 1697 – Avignon, 1792).

 

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La Vision de Saint-Jérôme. Commande de l’Etat en 1842. Alphonse Angelin (Aix, 1814 – ap. 1850).

 

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Vierge intercédant pour les Âmes du Purgatoire. Jean Daret

 

La chaire

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Ferroneries de la chaire à prêcher

L’Orgue des Grands Carmes

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Orgue du Saint-Esprit. 1669-1676. Charles Royer, facteur d’orgue et Aldolphe Dumas, menuisier aixois pour le buffet d’orgue.

Les lustres

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Lustres en cristal. XIXè siècle.

Les statues

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Statue du Christ Sauveur.

 

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Satue de saint Jean Baptiste.

 

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Statue de sainte Marie Madeleine

 

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Statue de saint Jérôme

 

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Statue du Sacré-Coeur de Jésus

 

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Chapelle et statue de Notre-Dame-de-Bon-Secours.

 

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Chapelle et statue de saint Joseph

Les vitraux

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Vitrail de la Pentecôte

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Saint Jérôme

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Saint Mitre, premier évêque du diocèse d’Aix

 

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Communion de la sainte Vierge

 

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Saint Antoine et saint Paul, ermites

 

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Croix de mission (1850)

 

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Bénitiers 

 

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Fonds baptismaux

 

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EGLISE CATHOLIQUE, FRERE GERARD, GERARD TENQUE, ORDRE DE MALTE, ORDRE DE SAINT JEAN DE JERUSALEM, ORDRE DES HOSPITALIERS DU SAINT-ESPRIT, ORDRE SOUVERAIN MILITAIRE HOSPITALIER DE SAINT JEAN DE JERUSALEM RODHES ET MALTR, ORDRES HOSPILATIERS ET MILITAIRES, PROVENCE

Frère Gérard (1047-1120)

Frère Gérard

Frère Gérard ou Gérard l’Hospitalier, né vers 1047 dans une famille de la région d’Amalfi (Italie), et mort le 3 septembre 1120, est le fondateur d’une congrégation, les Hospitaliers de Saint-Jean, qui deviendra par la suite l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

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Origine

Frère Gérard est quelquefois appelé Pierre-Gérard de Martigues pour appuyer son lieu de naissance à Martigues en Provence. Mais cette origine n’est pas établie. Une autre version voudrait que frère Gérard soit originaire d’Amalfi ce qui parait plus probable. L’écrivain et historien italien Gian Francesco Galeani Napione et l’historien de la ville d’Amalfi, Giuseppe Gargano, auraient retrouvé frère Gérard dans un certain Gerardo Sasso ou Saxus, mais les preuves apportées ne sont pas convaincantes.

 

Gérard Tenque

Appelé souvent par erreur Gérard Tenque ou Tum, Tune, ou encore Thom, cette confusion vient d’une erreur de traduction de Pierre-Joseph de Haitze qui traduit des textes latins, entre autres, pour l’écriture de son Histoire de la vie et du culte du bienheureux Gérard Tenque, fondateur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il aurait appelé le frère Gérard, Gérard Tenque : « Fr. Gerardus tunc Hospitalis praefectus cum a Christianis duce Godefredo Hyerusalem capta est anno domini MLXXXIX » où tunc doit se traduire par « à l’époque » ou « alors » : « Frère Gérard, à l’époque administrateur des Hospitaliers… » et non « Frère Gérard Tenque, administrateur des Hospitaliers… ». C’est Ferdinand de Hellwald qui a relevé l’erreur de traduction en 1885.

 

Biographie

 

Guillaume de Tyr donne pour origine une famille d’Amalfi. Il attribue la construction d’origine à Pantalone di Mauro commerçant amalfitain à Constantinople. Son commerce le menait régulièrement à Jérusalem où il allait prier au Saint-Sépulcre, partiellement reconstruit en 1048. Mauro aurait obtenu du calife fatimide du Caire, gardien des lieux, l’autorisation de construire une maison. L’autorisation obtenue, il fit construire, en plus d’une maison, un monastère et une église, Sainte-Marie-Latine. Il en confia la gestion à des moines bénédictins. Quelque temps plus tard, il fit construire un couvent et un oratoire dédiée à Marie-Madeleine réservée aux femmes. Enfin, il fit construire un xenodochium pour accueillir des pèlerins. Lorsque les croisés prirent Jérusalem ils trouvèrent Agnès, l’abbesse du couvent féminin, et Gérard qui n’était sans doute pas un religieux

C’est comme oblat des moines bénédictins de Sainte-Marie-Latine qu’il soignait, et dirigeait sous leur autorité, les malades au xenodochium (hôpital en grec) de Jérusalem que des marchands d’Amalfi avaient construit entre 1068 et 1071 et dédié au bienheureux Jean l’Aumônier. Lors du siège de Jérusalem par les croisés de Godefroy de Bouillon, il est suspecté d’entente avec l’ennemi, et, à la prise de la ville, il se met à la disposition de tous les blessés.

À la suite de la conquête latine de la première croisade, le xenodochium et son recteur Gérard se séparent des moines bénédictins de Sainte-Marie-Latine, et changent de patronage en le dédiant désormais à saint Jean-Baptiste. Gérard se consacre aux pauvres et aux pèlerins, recrutant du personnel et recevant de nombreux dons de toute la chrétienté. Il fit construire une église dédiée à Jean le Baptiste et un monastère lui aussi dédié au même saint. Ses premiers compagnons dans la congrégation qu’il fonde seront les aides des malades, impressionnés par son engagement et sa foi.

Frère Gérard institua peut être une règle pour régir l’Hospital en s’inspirant de celle de saint Augustin et de saint Benoît mais il n’en a pas laissé trace. La première règle connue date de Raymond du Puy.

Frère Gérard meurt à Jérusalem le 3 septembre 1120, il est considéré comme bienheureux par l’Église catholique.

 

Les donations à L’Hospital

Les premiers dons viennent d’abord de Godefroy de Bouillon qui va faire donation aux Hospitaliers de frère Gérard d’un casal à Hessilia et de deux tours à Jérusalem, le premier patriarche d’Antioche lui cède un emplacement face à l’hôpital d’Antioche puis le roi de Jérusalem Baudouin de Boulogne qui confirme, en 1110, toutes les possessions de L’Hospital à Jérusalem, Naplouse, Jaffa, Acre, Ascalon, Azot, Césarée, Qaqoum, dans le Soeth, à Haïfa, Capharnaüm, Ramallah, Saint-Georges, Saint-Abraham et Jéricho ; en 1118, l’archevêque d’Apamée, pour le comté de Tripoli et Roger de Salerne, régent d’Antioche, confirment à leur tour les possessions hospitalière. L’Église ne veut pas être en reste et en 1112 elle exempt les Hospitaliers du paiement des dimes dans le patriarcat de Jérusalem et dans l’évêché de Césarée. Mais cela ne s’arrête pas à la Terre sainte mais aussi en Angleterre à Clerkenwell vers 1100 ; en Espagne à Seron, Angglerilium,  Lhorens et Biosea en 1109, d’une dime à Benaias en 1110, des églises de Cireza, Llorach  en 1111, Guillaume Arnal de Perbes donne avec l’accord d’Arnal Mir, comte de Pallars, le huitième de la dime qu’il perçoit de Roger et de Bernard de Sotsterres en 1113, donations à Balaguer, Iborra, Vallesa et Bóveda en 1116, de Taniol et de Mamez en 1118 ; au Portugal, d’Idanha a Velha en 1114 ; en Italie, d’hôpitaux à Asti, Pise, Bari, Otrante et Messine en 1113.  

La reconnaissance papale

C’est le pape Pascal II dans une bulle Pie postulatio voluntatis datant du 15 février 11137 qui fait du fondateur, le recteur Gérard, « instituteur et prévôt du xenodochium de Jérusalem » Il obtient divers privilèges, avantages et exceptions pour L’Hospital, une institution, une sorte de congrégation, sous la tutelle et protection exclusive du pape. La bulle précise également qu’à la mort de frère Gérard, les frères éliront entre eux son successeur15. Elle confirme aussi toutes les donations faites aux Hospitaliers et les autorisent à lever la dîme sur leurs terres.

Le 19 juin 1119, le pape Calixte II, par la bulle Ad hoc nos disponente, confirme toutes les possessions et privilèges de L’Hospital en l’étendant aux dîmes et églises récemment acquises dans l’évêché de Tripoli.

 

Les Hospitaliers ne sont pas des gents d’armes

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Il faut se poser la question aux regards de son évolution ultérieur et la réponse est non. Gérard, involontairement sans doute, en payant des gents d’armes et des chevaliers pour protéger les pèlerins sur les chemins de la Méditerranée à Jérusalem, engagea l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans la direction de la militarisation qui ne sera effective que le 15 mai 1179 sous Roger de Moulins. Si les Hospitaliers avaient participé en tant que gents d’armes, il n’aurait pas manqué d’historiens pour relater les faits comme ils le feront plus tard quand ce sera le cas.

Le miracle de Gérard

Gérard est resté dans Jérusalem lors de l’attaque de la ville par les croisés. Il aidait ceux-ci en leur jetant du haut de la muraille des miches de pain. Surpris, il fut conduit devant le gouverneur de la ville. Les miches de pain s’étaient transformées en pierres. Le gouverneur n’y vit pas malice et renvoya Gérard lapider les croisés avec … des miches de pain

Les reliques de la chapelle du château de Manosque

Il ressort d’un longue étude d’Alain Beltjens au sujet des différentes reliques qui, avant et après la révolution française, ont été attribuées à Gérard l’Hospitalier, elles ne seraient en fait que celles de saint Géraud d’Aurillac. Géraud fut déclaré saint par la voix populaire. C’est un des premiers exemples de saint à avoir été canonisé sans avoir subi le martyre ou être entré dans les ordres. Beltjens dénie la béatification de frère Gérard , car les Hospitaliers auraient profité de la confusion entretenue entre Géraud et frère Gérard qui lui, n’aurait jamais été déclaré saint par la voix populaire

 

Mémoire

A Martigues, dans le quartier de Jonquières, se trouve la Place Gérard Tenque.

À Manosque se trouve la rue Gérard Tenque.

À Saint-Mitre-les-Remparts se trouve l’impasse Gérard Tenque.

À Gimeaux, dans la banlieue d’Arles, se trouve le chemin Gérard Tenque.

 

Sources bibliographiques

Alain Beltjens, « Trois questions à propos de l’hospitalier Gérard : les reliques, qui ont reposé pendant plusieurs siècles dans la chapelle du château de Manosque, appartenaient-elles au premier chef de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ? Dans la négative, de qui étaient-elles et sommes nous encore en droit de décerner à l’hospitalier Gérard le titre de bienheureux ? », Revue de la société de l’histoire et du patrimoine de l’ordre de Malte, nos 19 et 20,‎ 2008 et 2009

Alain Beltjens, Aux origines de l’ordre de Malte. De la fondation de l’Hôpital de Jérusalem à sa transformation en ordre militaire, Alain Beltjens, 1995

Nicole Bériou (dir. et rédacteur), Philippe Josserand (dir.) et al. (préf. Anthony Luttrel & Alain Demurger), Prier et combattre : Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge, Fayard, 2009, 1029 p.

Lucien Dégut et Octave Vigné, Martigues, Uzès, La Capitelle, 1964, p. 252

Joseph Delaville Le Roulx, Les Hospitaliers en Terre sainte et à Chypre, 1100-1310, Paris, Ernest Leroux éditeur, 1904

Alain Demurger, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Paris, Tallandier, 2013, 574 p. )

Bertrand Galimard Flavigny, Histoire de l’ordre de Malte, Paris, Perrin, 2006

Eugène Harot, Essai d’armorial des Grands-Maîtres de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, Rome, Collegio Araldico, 1911

 

Bibliographie

Giacomo Bosio Dell’istoria della sacra Religione, dell’illustrissima milizia di Santo Giovanni Gierosolimitano, Rome, 1621

Abbé de Vertot, Histoire des chevaliers hospitaliers de S. Jean de Jerusalem, appellez depuis les chevaliers de Rhodes, et aujourd’hui les chevaliers de Malte, À Paris, chez Rollin, Quillau, Desaint, 1726,