AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EPIDEMIES, ROCH (saint ; 1350-1380), ROCH DE MONTPELLIER (saint ; 1295-1327), STATUES, TABLEAUX

Saint Roch : statues ou tableaux : Aix-en-Provence

Saint Roch :

en tableaux ou en statues à Aix-en-Provence

Il est fort probable que les représentations en Provence de saint Roch ont été installées dans les églises ou au coin des rues lors des grandes épidémies ; du moins elles témoignent de la dévotion populaire de ce saint prié pour la protection contre les épidémies de peste en particulier.

 

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Saint Roch en la Cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence

 

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Saint Roch implorant le ciel pour les pestiférés. P. Roland. 1721. Cathédrale Saint-Sauveur (Aix-en-Provence)

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Détail du tableau

 

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Saint Roch – Rue Espariat

 

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Saint Roch -Angle rues d’Ialie et Cardinale

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Quand sévissaient les épidémies autrefois

 

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Face à l’épidémie du coronavirus qui frappe le monde entier depuis quelques mois déjà il est judicieux de se rappeler que par le passé le monde a traversé ce genre d’épreuve. Les mesures de quarantaine prises par les gouvernements ou les responsables religieux sont semblables à celles d’aujourd’hui ; et malgré les progrès de la médecine on remarque le même sentiment d’impuissance et aussi les mêmes comportements des populations : accusations contre les autorités qui ne font rien pour protéger les populations, volonté de certains d’amasser de la nourriture par crainte de manquer ou d’user de passe-droits pour obtenir des privilèges pour soi et les siens.

 

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 Si l’on s’en réfère aux siècles passés on constate que la maladie est synonyme d’épidémie et l’on pense aussitôt aux deux fléaux que sont la peste et le choléra. Pourtant, une vulgaire grippe ou tout autre indisposition, une carence en nourriture, des accidents corporels, des mauvais traitements, entraînent également la maladie, parfois la mort, par manque de connaissance médicale, de moyens et de soins. Les femmes meurent très souvent en couches, les enfants qui meurent en bas-âge sont fréquents. Les maladies infantiles sévissent avec force et la sélection naturelle s’opère ; les couples ont une famille très nombreuse, 10 à 12 enfants, afin d’assurer leur succession, car combien arriveront à l’âge adulte ?

Cependant, ce qui effraie le plus la population, ce sont ces cycles épidémiques qui font disparaître, en quelques jours, plusieurs membres d’une même famille ; ce mal se répand très vite dans tous les villages devant le désespoir général. La lèpre, épidémie redoutable, est apparue avec les légions romaines au début de l’ère chrétienne. On la retrouve à nouveau au moment des Croisades aux XIIe et XIIIe siècles. Les lépreux sont isolés dans des maladreries : on retrouve tout au long des siècles l’éloignement systématique des lépreux de toute population de ces malades. De 1346 à 1720, la Provence subit la pandémie de peste noire. Pendant cette période, la peste se manifeste une année sur six en moyenne. Venu le l’Inde, le choléra apparaît en Europe vers 1830. La variole, aussi appelée petite vérole, est présente jusqu’à la fin du XIXe siècle. Elle sévit en permanence touchant un village puis un autre.

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Parmi les grandes épidémies, la grippe saisonnière qui prend une forme meurtrière pendant l’automne et l’hiver 1918-1919 que l’on appelée « grippe espagnole » du fait que la presse espagnole fut la première à en révéler l’importance quand les pays ayant subi les ravages de la Grande Guerre ont fait silence autour de cette épidémie. La diphtérie, atteint, elle, les nourrissons en particulier. Le typhus épidémique, transmis par le pou, appelé populairement fièvre des camps, est responsable de nombreuses pertes humaines.

Le manque d’hygiène, l’accumulation d’immondices, favorisent la prolifération des rats. Ces rongeurs sont atteints de la peste, mais il faut un intermédiaire pour qu’elle se transmette : la puce en est l’unique vecteur. L’épidémie se propage par les piqûres de puces, mais également par l’homme dans le cas de peste pulmonaire qui contamine les personnes en contact avec lui. La peste s’annonce par une légère douleur à l’aîne et débute par des frissons, des maux de tête, un enrouement. Puis surviennent, les vertiges, la prostration, le délire, la soif ardente. Le souffle devient court, lent, irrégulier. Au bout de deux jours apparaissent, là où la puce a piqué, les bubons ou ganglions lymphatiques qui se gangrènent. Le corps refroidit, hoquets, vomissements, marbrures de la peau… annoncent l’issue fatale. La propagation de la peste est lié à la prolifération des puces, le fléau se ralentit pendant l’hiver et atteint son maximum en été. Les grandes invasions et les fréquents passages de troupes sont des causes de propagation de la maladie. Mais le plus souvent, les habitants, dans l’ignorance de l’origine du mal, vont attaquer toute personne suspecte.

Ainsi les pauvres deviennent responsables de la peste, on les regroupe, on fait des listes, on cherche des parents à ces malheureux, afin de les prendre en charge pour les enfermer à l’extérieur des villes dans des sortes de camps où les germes de la peste vont proliférer. Les vagabonds doivent passer leur chemin sous peine de mort.. La surveillance s’exerce surtout dans certains lieux, comme les tavernes et les cabarets qui peuvent devenir des foyers d’infection. Les personnes inconnues et sans bulletin de santé ne peuvent être hébergées. Les foires et réunions publiques sont purement et simplement supprimées au vu de l’impossibilité de contrôler toutes les personnes venant de différents endroits.

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Comment soigne-t-on ces maladies, quand on sait que le bacille de la peste ne sera découvert qu’en 1894 par Alexandre Yersin à Hong-Kong et le mode de transmission par la puce, en 1898. Le bacille du choléra sera découvert en 1854 par Filippo Pacini et redécouvert par Robert Koch en 1882.

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Jusque là, on emploie des remèdes de bonne femme, c’est-à-dire ceux qui se transmettent depuis des générations. Contre la peste, un remède : l’orviètan, à base de vipères séchées est sensé soigner la gale, la teigne, la peste, la goutte, la vérole. De nombreuses plantes sont utilisées : les raves de Paris, les giroflées ou œillets  de jardins, la verveine femelle, les soucis, les lentilles d’eau et l’oranger. Pour lutter contre le choléra, au XIXe siècle, on retrouve des remèdes similaires, pourtant à cette époque, on voit apparaître les premiers médicaments encore fabriqués aujourd’hui : l’élixir Bonjean en 1854 pour faciliter la digestion et surtout combattre le choléra.

Que devient le corps médical lors de ces épidémies ? Du XVIe au XIXe siècle, il est peu efficace, car le nombre de médecins est très faible et la pratique presque nulle. Cependant, la population ne s’en plaint pas. On n’appelle pas le médecin dès le moindre mal. Il existe dans les villages importants des chirurgiens qui contrairement à notre époque sont également barbiers, aux ordres souvent du médecin. Ils sont chargés d’ouvrir les abcès superficiels, de panser les plaies et surtout de faire les saignées. Il existe également le Magistrat de Santé : diverses personnalités politiques et médicales se réunissent afin de recenser les besoins. Des Capitaines de Santé coordonnent la liaison entre cet organisme et les villages ou hameaux touchés par une épidémie. Il s’agit de mettre en place un cordon sanitaire, surtout efficace au XVIIIe siècle, lors de la grande peste de Marseille. Toute personne voulant entrer en Provence doit présenter un billet de santé mais également être mise « au parfum » dans un lazaret. C’est un établissement spécial où l’on enferme les personnes en quarantaine dans un local clos et où l’on jette sur des braises un mélange de genièvre, encens, myrrhe, soufre, poix, résine et salpêtre : un quart d’heure par séance. Tout est parfumé pour entrer en Provence, même le courrier ! Toute personne ne satisfaisant pas à ces deux règles est passée par les armes ! Le contrôle de la nourriture est nécessaire, quand on sait que les bouchers n’hésitent pas à vendre de la viande avariée pour augmenter leur profit ! . L’hygiène est inexistante, et lors des épidémies, on doit interdire les sépultures dans les églises qui deviennent de véritables nids à microbes. Les morts sont ensevelis à 60 cm à peine dans le sol de l’église constamment ouvert pour une nouvelle sépulture ; ces lieux sont dans un état de puanteur extrême. En période d’épidémies les morts sont ensevelis en dehors des habitations et les cadavres que l’on amènent par charretés sont dissous dans la chaux vive pour éviter toute propagation de la maladie. On a chassé les vivants, on éloigne également les tombes. Mais est-ce suffisant comme prévention ? Seule solution connue : éloigner les malades et les loger à l’extérieur des villages et hameaux, d’où l’expression « mettre en cabane »… qui est en fait un terme médical. Tout ce qui appartient au malade est brûlé avec de nombreux parfums. Après la mort, les corps sont enterrés dans de grandes fosses ou tout simplement jetés à la rivière.

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Quand il faut absolument se rendre auprès du malade, alors le médecin n’a pas d’autre solution que de revêtir l’habit de contagion, sorte de grande robe de cuir avec chapeau et gants, masque à bec pour respirer l’air sain filtré à travers des plantes aromatiques. A la main une baguette qui sert à l’estimation du pouls du malade… ! Dernière ressource fasse à la maladie : la religion. Selon la croyance, les épidémies sont le reflet de la colère de Dieu. On va donc prier les saints protecteurs : Sébastien et Roch ainsi que Fabien. Au XVIe siècle, de nombreuses processions ont lieu : les boutiques doivent être fermées, les rues nettoyées sur le passage du cortège. Tous les habitants doivent y participer sous peine d’amende. Il faut attendre le XXe siècle (dernière alerte de la peste à Marseille et Paris en 1920) pour qu’une importante dératisation permette d’enrayer rapidement cette terrible maladie. Le développement de l’hygiène en dehors des périodes à risque et la découverte des vaccins vont arrêter l’évolution de ces maladies épidémiques. 

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Guérir avec les saints

 Guérir avec les Saints

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Saint Sébastien (256-288)

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Saint Sébastien (256-288)

Fêté le 20 Janvier

Lieux de culte en Normandie.

Saint Sébastien de Raids(Canton de Périers 50).

Mantilly (Canton de Passais la conception 61).

Nom.

D’origine grecque, signifie « Vénérable »

Iconographie.

Deux scènes dominent l’iconographie:

Sébastien est percé de flèches. et celle (moins courante) des soins apportés par Iréne. (Souvent représentés par Georges de La Tour « Saint Sébastien soigné par Iréne« )

Patronages.

Il est le patron des athlétes.

des archers.

des prisonniers.

des employés des pompes funébres.

des arquebusiers

des soldats.

Dictons.

A la Saint-Sébastien, l’hiver reprend ou se casse les dents.

 

Sa vie /Histoires/Légendes

Il est sans doute l’un des plus célèbres martyrs romains.

Un récit du V° siècle raconte sa vie et son martyr.

Sébastien, citoyen de Narbonne, élevé à Milan, est un soldat apprécié des empereurs Dioclétien et Maximien, qui lui confient le commandement de la première cohorte prétorienne, ignorant qu’il est chrétien. L’officier a en effet dissimulé sa foi afin de pouvoir mieux réconforter ceux qui sont promis au martyr. C’est ainsi qu’il exhorte à la fermeté les deux frères jumeaux Marcus et Marcellianus et, ce faisant, parvient à convertir aussi, par la parole et les miracles, tout leur entourage : les parents, le geôlier, sa femme, ses frères… En tout soixante-huit personnes recevront le baptême ! Le préfet Agrestius, voyant les miracles que provoquent ces conversions, finit par détruire les idoles qu’il adorait, pour se tourner vers le vrai Dieu… et obtenir la guérison ! C’est l’époque où Dioclétien et Maximien déclenchent une vaste persécution contre les chrétiens. Dioclétien accuse Sébastien d’avoir trahit sa confiance. Bien que Sébastien rappelle qu’il a toujours prié Dieu pour le salut de Rome, l’empereur ordonne de le percer de flèches, jusqu’à ce qu’il en soit criblé « comme un hérisson de ses piquants ». Après le supplice, Irène, une veuve pieuse, va prendre le corps pour l’ensevelir, mais constatant qu’il est encore vivant, le ramène chez elle pour le soigner. Guéri, Sébastien se place sur le chemin de l’empereur Dioclétien, afin de lui prouver que ce sont les prêtres païens qui accusent à tord les chrétiens. Ces derniers ne cessent de prier pour la sauvegarde de l’Empire. Arrêté, Sébastien est battu à mort et son corps est jeté dans l’égout principal de la ville. L’officier apparaît en songe à Lucine, une chrétienne, lui indique où elle trouvera son corps, et où elle aura à l’ensevelir.

 

Intercessions.

Invoqué contre la poliomyélite.

Contre la paralysie

Contre les maladies contagieuses.

Contre les fièvres.

Contre la peste

(Vénéré comme un saint efficace contre la peste, au même titre que saint Roch, saint Antoine, saint Adrien et saint Christophe. Cette vénération vient de l’efficacité d’une procession avec des reliques de Sébastien qui mit fin à une peste à Rome en 680. Invoqué à Pavie pour les mêmes causes, il obtient le même miracle. Les grandes épidémies du Moyen-Age entraînent une renaissance de cet aspect du culte de Sébastien.)

 

 

Prière à Saint Sébastien

Saint Sébastien écoute ma prière et présente là au Seigneur. Tu as été attaché et percé de flèches, mais ton corps inerte a été remis en vie.

Obtiens moi une nouvelle vigueur dans mes membres qui ne peuvent bouger, rends fermes mes pas sur les chemins que Dieu a tracé.

Saint Sébastien, mon âme est bouleversée et toute ma force m’a abandonné. Les flèches t’ont fait perdre du sang, mais pas la Foi.

Ne m’abandonne pas et aide-moi à garder l’espérance dans le Seigneur et la volonté de guérir.

Amen

 

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 Saint Roch (1350-1380)

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Fêté le^16 Août

Nom et iconographie

D’origine germanique signifie: »incertain »

On le représente habillé en pèlerin,une plaie sur la cuisse ;un chien se tient prés de lui,avec un morceau de pain .

 

Patronages.

des chirurgiens

des fossoyeurs

des pharmaciens

des pèlerins

des voyageurs

des invalides

des prisonniers.

 Dictons.

Connaissez-vous l’origine du proverbe: «C’est saint Roch et son chien» pour désigner deux personnes inséparables?

Intercessions.

Invoqué contre la peste, invocation un peu désuette aujourd’hui bien sûr, mais on peut se placer sous sa protection: lorsqu’on craint une épidémie, ou une contagion.

Pour se prémunir ou soigner les malades incurables.

Contre les rhumatismes, et les problèmes aux genoux.

Il intercède aussi pour aider à maigrir.

 

 

Prières 

Prière en cas d’épidémie

Roch, laïc pèlerin en Europe,

Pestiféré, emprisonné,

Toi qui guérissais les corps

Et amenais les hommes à Dieu,

Intercède pour nous

Et préserve-nous des misères

Du corps et de l’âme

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Coronavirus : Roch, le saint à invoquer contre les épidémies

 

Alors que l’épidémie de coronavirus semble prendre des proportions difficilement contrôlables dans le monde entier, les chrétiens peuvent se tourner vers saint Roch pour prier. Depuis le Moyen Âge et les pestes dévastatrices, c’est lui qui est invoqué comme protecteur des épidémies.

Saint Roch est le saint le plus invoqué, dès le Moyen Âge, comme protecteur contre le terrible fléau de la peste, et sa popularité est toujours aussi grande, notamment en Asie en ce moment, d’après les témoignages de missionnaires sur place. Sa protection s’est progressivement étendue au monde agricole, aux animaux, aux grandes catastrophes telles que les tremblements de terre, les épidémies et les maladies très graves. De façon plus récente, sa protection est également un exemple de solidarité humaine et de charité chrétienne, sous le signe du bénévolat.

Une vie auprès des pestiférés

Saint Roch était le fils d’un gouverneur de Montpellier. Ses parents, âgés, obtinrent sa naissance par de persévérantes prières, se promettant de donner à Dieu l’enfant qu’il leur accorderait. À la mort de ses parents — il a 20 ans — il décide alors de vendre ses biens, de se faire pauvre du Christ à l’exemple de saint François d’Assise. Il entre dans le Tiers-Ordre, et, vêtu en pèlerin, il prend le chemin de Rome, en demandant l’aumône. La peste sévissant en Italie, il se dévoue aux soins des pauvres pestiférés et il obtient beaucoup de guérisons.

Atteint à son tour de la maladie, et de retour à Montpellier, il est mourant et se retire dans une cabane dans les bois où un chien va lui apporter chaque jour un petit pain. D’où sa représentation dans l’histoire de l’art avec un chien à ses côtés. Miraculeusement guéri, il réapparait à Montpellier sans donner son identité et, considéré comme espion, il est mis en prison. Il y meurt au bout de cinq ans après avoir reçu les sacrements en révélant alors sa véritable identité au prêtre.

Peu de temps après sa mort, son culte devient très populaire en Italie, en France puis dans toute l’Église. Saint Roch est le protecteur notamment invoqué lors des épidémies de peste, depuis le concile de Ferrare, après les graves ravages de ce mal venu d’Orient et transmis par les marins, en particulier à Venise, Marseille, Lisbonne, Anvers et en Allemagne… Il est fêté le 16 août.

 

Voici une petite prière d’intercession à saint Roch :

Roch, laïc pèlerin en Europe,
Pestiféré, emprisonné,
Toi qui guérissais les corps
Et amenais les hommes à Dieu,
Intercède pour nous
Et préserve-nous des misères
Du corps et de l’âme.

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