AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANDREA SACCHI (1599-1661), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PEINTURE, SAINT ANDRE DEVANT LA CROIX

Saint André devant la croix (église Saint-Jean-de-Malte, Aix-en-Provence)

Saint André devant la Croix

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Peinture Saint André devant la Croix.

XVIIè siècle. Attribué à Carlo Magnone

« André est très tôt représenté dans l’art chrétien. Son image reflète la signification étymologique de son nom d’origine grecque qui veut dire « viril » ou « courageux ». C’est pourquoi il est représenté sous les traits d’un homme au corps musculeux. La forme en X, de la croix du martyre d’André apparaît vers le XIe siècle et plus certainement au XIIe avant de prendre sa forme définitive à la fin du XIVe siècle. Au sein du collège apostolique, André dont l’iconographie est proche de celle de son frère Simon-Pierre est, avec Paul, l’un des apôtres le plus représenté.

« L’artiste situe, conformément à la tradition, la Passion d’André à Patras, ville située au bord de la mer Méditerranée que l’on aperçoit au fond du tableau. L’œuvre est découpée par une diagonale qui sépare, à gauche la manifestation du Seigneur figurée par une masse lumineuse entourée de nuées, la Croix du martyre et André agenouillé ; à droite la force et la puissance séculière représentées par des hommes en armes, qui conduisent André vers son martyre. Le visage de saint André est situé exactement au centre du tableau.

« La position du saint est symbolique, il est à genoux, les yeux tournés vers la lumière divine et les bras tendus. Elle exprime son amour de Dieu et sa soumission. Tout le drame se joue entre l’apparente fragilité du vieil homme et la force des soldats. La lumière divine, en éclairant les personnages, met l’accent sur les personnages principaux. La composition qui respecte la règle des 3 tiers, crée un effet de tension entre saint André et Dieu.

« L’œuvre de l’église Saint-Jean-de-Malte est une copie du tableau exécuté par Andrea Sacchi (1599-1661) entre 1633 et 1650 pour l’une des chapelles de la basilique Saint-Pierre de Rome. Elle peut également, être rapprochée de deux autres œuvres, le « saint André » de Jacques Courtois (1621-1676) peintre français établi à Rome et le « saint André» de Carlo Cavaliere Maratta ou Maratti (1625-1713), élève d’Andréa Sacchi. Il s’agit d’une copie non servile de l’œuvre de Sacchi, le peintre s’est singularisé en introduisant la lumière divine derrière la croix. Saint André n’est plus seul face à la croix de son martyre, il est en communication avec Dieu.

« L’hypothèse d’une autre version du tableau de Sacchi à Saint-Pierre de Rome ayant été écartée, Madame Ann Harris Sutherland l’attribue à Carlo Magnone, élève de Sacchi Nous n’avons pas véritablement retrouvé de trace de ce tableau pour la période antérieure au XIXe siècle, seul, le « Rapport des tableaux et bustes ou statues qui sont dans les ci-devant églises de la Magdeleine, du St-Esprit, de St Jean et du Faubourg du 19 fructidor an II [5 septembre 1794] » mentionne au numéro 62 un « tableau de Saint André par un mauvais peintre ». C’est la seule mention dans les inventaires révolutionnaires qui pourrait désigner ce tableau. Malheureusement aucune dimension n’est indiquée qui pourrait préciser le rapprochement, pas plus que l’origine précise du tableau. La restitution en 1802, des œuvres saisies à la Révolution, n’ayant pas été faite au hasard, il est possible que cette œuvre provienne de l’église Saint-Jean-de-Malte mais nous n’en avons aucune certitude. En 1891, Honoré Gibert signale le tableau dans son ouvrage « Histoire et description des monuments religieux de la ville d’Aix ». En 1906, il est présent sur l’inventairre réalisé après la loi de séparation de 1905. »

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Saint André devant la croix

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Andrea Sacchi

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Andrea Sacchi né le 30 novembre 1599 à Nettuno, dans la province de Rome, dans le Latium et mort dans la même ville le 21 juin 1661) est un peintre italien du mouvement baroque, actif à Rome.

Son style a influencé une génération d’artistes dont les peintres Nicolas Poussin et Giovanni Battista Passeri, les sculpteurs Alessandro Algardi et François Duquesnoy et son biographe et contemporain Giovanni Bellori.

 

Biographie

Andrea Sacchi est le fils de Benedetto Sacchi, un peintre mineur. Il entre dans l’atelier de Francesco Albani, dont il fut le dernier élève.

Parti à Rome en 1621, il y passe la majeure partie de sa vie. Avec Pierre de Cortone (1596-1669), dont il fut le rival, il est actif dans le cercle de Cassiano Dal Pozzo et du cardinal Antonio Barberini (1569-1646) qui le commissionne pour l’église des Capucins et au palais Barberini. En 1628, sous la direction de Pierre de Cortone, il travaille avec Andrea Camassei (1602-1649) pour la décoration de la galerie de la propriété de Tumoleto de Fassano, que le cardinal Giulio Cesare Sacchetti (1586-1663) a achetée en 1620 au florentin Vincenzo Mazzingli à Castel Fusano.

Une controverse l’opposa avec Pierre de Cortone.

Il voyage à Venise et à Parme et étudie les travaux du Corrège.

Deux de ses travaux majeurs se trouvent au Vatican.

Son fils illégitime Giuseppe Sacchi , meurt jeune après avoir produit quelques œuvres remarquables.

 Œuvres

La Vision de saint Romuald (vers 1631), Rome, Pinacothèque vaticane.

La Mort de sainte Anne, Rome, église San Carlo ai Catinari.

Saint André, Rome, palais du Quirinal.

Saint Joseph, Caponile Case.

Retables à Pérouse, Foligno et Camerino.

Didon abandonnée, vers 1630-1635, musée des Beaux-Arts de Caen.

La Vision de saint Romuald, vers 1631, Rome, Pinacothèque vaticane.

Interieur de Santa Maria in Vallicella, 1622, huile sur toile, 98 × 74 cm, Rome, Pinacothèque vaticane.

Le cardinal Lelio Biscia, vers 1630, huile sur toile, 134,3 × 99,7 cm, Ottawa, musée des Beaux-Arts du Canada