JESUS CHRIST, PASSION DE JESUS, SAMEDI SAINT, SEMAINE SAINTE, TRIDUUM PASCAL

Samedi Saint

nuit (1)

 

Ancienne homélie pour le grand et Saint Samedi

« Eveille-toi ô toi qui dors

 « Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblée et elle s’est apaisée, parce que Dieu s’est endormi dans la chair. » C’est par ces mots que commence l’homélie très ancienne que la liturgie des Heures nous donne à méditer chaque année le Samedi saint lors de l’Office des Lectures.

« Éveille-toi, ô toi qui dors »

Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblé et elle s’est apaisée, parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler. ~

C’est le premier homme qu’il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. Oui. c’est vers Adam captif, en même temps que vers Ève, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs. ~

Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s’écria vers tous les autres : « Mon Seigneur avec nous tous ! » Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit ». Il le prend par la main et le relève en disant : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.

« C’est moi ton Dieu, qui, pour toi, suis devenu ton fils ; c’est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans les chaînes : Sortez. À ceux qui sont dans les ténèbres : Soyez illuminés. À ceux qui sont endormis : Relevez-vous.

« Je te l’ordonne : Éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t’ai pas créé pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d’entre les morts : moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains ; lève-toi, mon semblable qui as été créé à mon image. Éveille-toi, sortons d’ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.

« C’est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils ; c’est pour toi que moi, le Maître, j’ai pris ta forme d’esclave ; c’est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre et au-dessous de la terre ; c’est pour toi, l’homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts ; c’est pour toi, qui es sorti du jardin, que j’ai été livré aux Juifs dans un jardin et que j’ai été crucifié dans un jardin.

« Vois les crachats sur mon visage ; c’est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.

« Vois la flagellation sur mon dos, que j’ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois. ~

« Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t’es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Ève. Mon côté a guéri la douleur de ton côté ; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.

« Lève-toi, partons d’ici. L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis ; moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie ; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi. J’ai posté les chérubins pour qu’ils te gardent comme un serviteur ; je fais maintenant que les chérubins t’adorent comme un Dieu. ~

« Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité. »

 

Homélie ancienne pour le grand et Saint samedi, Office des Lectures

Source : AEL

JESUS CHRIST, JESUS-CHRIST, MEDITATIONS, PRIERES, TRIDUUM PASCAL

Semaine Sainte : Grand mystère de la foi

Les trois jours saints : du Jeudi Saint au Samedi Saint : le grand mystère de notre foi 

 

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N’y aurait-il pas plus grand scandale sur la terre, plus grand mystère sur notre terre que ces trois jours de la Semaine Sainte ? Ce sont trois jours que la raison ne peut comprendre, trois jours où la raison se révolte, trois jours où il nous est demandé de croire au-delà  de nos peurs et de nos doutes. Trois jours où il nous faut dire « Amen ! Je crois ! »

Le Jeudi Saint Jésus dit : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang ; prenez et manger, prenez et buvez ! ».  La raison dit « Non ! ».  Peut-être même que les disciples n’ont pas compris tout de suite ! Qui peut comprendre et croire quand il est : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang aura en lui la vie éternelle ! » (Jean  6, 53). Aujourd’hui  la raison ne peut rien expliquer pour lever les doutes qui nous habitent seule  la confiance dans ses paroles demeure, seule la foi demeure encore au-delà de tout ! « Crois, et tu comprendras ! » nous dit saint Augustin !

Le Vendredi Saint le jour où le drame se dénoue car tout bascule !  Quand Jésus est arrêté, condamné à mort et qu’il meurt sur la croix les disciples l’abandonnent. Ce jour-là Dieu se tait, ce jour-là Dieu s’est retiré du monde et tout laisse à croire que les forces du mal ont triomphé  Que reste-t-il des acclamations du jour des Rameaux ? Rien ! Le triomphe se termine dans le sang, le triomphe se termine sur une simple Croix ! Il n’y a plus rien à dire ! Il n’y a même plus rien à comprendre : un Dieu qui se laisse traiter comme le pire des criminels ! Les raisonnements n’y feront rien ! Car seul c’est amour là nous sauve ! Seul le silence est capable de  nous dire que « seul l’amour est digne de foi » (Hans Urs Balthasar).

Le Samedi Saint il n’y a plus rien à comprendre ! Le scandale est trop grand ! Le mystère est trop grand ! Un fils est mort et sa mère le pleure ! Un prophète est mort et ses disciples se terrent au Cénacle ! Un ami est mort et Marie de Magdala pleure aussi ! Un Dieu est mort et Dieu lui-même  se tait ! Un Dieu est mort et Dieu reste absent ! Celui qui a dit « Je suis la Vérité et la Vie ! » est maintenant dans le tombeau et il a rejoint Adam, Abraham et Moïse, les rois et les prophètes et tous les justes d’Israël au séjour des morts ! Tout espoir semble vain ! Il ne reste plus rien que le silence ! Celui qui a dit « Je suis la Résurrection  et la Vie ! » aurait-il pu nous tromper ? Il reste encore l’espérance enfoui au plus profond du cœur et le souvenir de ses paroles pour pouvoir dire encore : « Je crois ! »

 

Seigneur ne reste pas dans tombeau

Reviens d’au-delà des morts

Seigneur ne reste pas dans le tombeau

Réveille-toi ô toi qui dors !

 

®Claude-Marie T.

31 mars 2018.